Critiques de notre temps

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Vaccination – La grande méprise

Vaccination – La grande méprise
Entre experts et antivax, où se trouve la vérité ?

Par Saucratès 

Saint-Denis de la Reunion, jeudi 19 janvier 2023, jour de grève 

 

Qui a raison, des antivax ou des journalistes obsédés de porter la voix de la Macronie et de la raison ?

 

Nous n’aurons jamais la réponse, coincé entre les antivax qui se sentent confortés par tout nouveau décès qu’ils attribuent forcément à la vaccination et au vaccin, et les journalistes et experts gouvernementaux, qui ne reconnaitront jamais le moindre lien entre vaccination et décès, même si les décès devaient exploser.

 

C’est certainement là le cœur du problème ; le fait qu’il n’y aura jamais de réponse. Parce qu’on ignore à partir de combien de centaires de milliers ou de millions de décès le gouvernement et les experts reconnaitront qu’il y a un problème et qu’ils en sont les instigateurs avec l’obligation vaccinale qu’ils auront mis en œuvre ! Parce qu’il y a forcément des décès les années passant, même pour des causes naturelles, mais que chacun de ces décès vient conforter la position des antivax, et que chaque dénégation des experts et du gouvernement vient les conforter dans leur certitude !

 

Si on lit le journal Le Monde, ardent partisan et défenseur de la vaccination obligatoire, ardent partisan et défenseur des confinements et du tour de vis policier et sécuritaire de la démocratie française, ardent partisan et défenseur de l’exclusion des soignants ou des salariés essentiels ou non-essentiels non vaccinés, on comprend que ce journal mène une croisade acharnée contre les positions des antivax. Avec le terme ‘croisade’, on est effectivement très proche de la réalité de ce combat mené par Le Monde, un combat entre le ‘BIEN’ (le vaccin, les gens sérieux, vaccinés, le gouvernement et le président Macron …) et le ‘MAL’ (les antivax, ennemis d’aujourd’hui, et les fascistes et membres de l’ultra-droite, les opposants au confinement, les ‘gilets jaunes’ …). Le Monde se croit du côté du BIEN, se prend pour un soldat du BIEN, qui doit combattre inlassablement les fausses informations (tout ce qui est contraire à la logique, à la raison, aux positions du gouvernement).

 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2023/01/14/les-infarctus-de-sportifs-de-l-obsession-antivax-morbide-a-la-manipulation-ehontee_6157842_4355770.html

 

Ma position au milieu de tout cela ?

Quelle est-elle ? Je suis à la fois gêné par les positions extrémistes des antivax, parce que ce qu’ils racontent ne tient pas la route, un peu comme face un naturopathe fou que vous n’arriveriez pas à suivre dans ces délires naturistes et énergétiques, mais également gêné par les positions des journalistes et des experts gouvernementaux, parce que je sens bien qu’ils ne cherchent qu’à nous manipuler, à nous mentir, à inventer de nouvelles règles pour mieux nous imposer leurs règles et leurs décisions. Et évidemment, je suis également vacciné comme une large fraction des français, un peu contraint, un peu forcé, sans avoir vraiment eu le choix … Cette contrainte m’aurait plutôt poussé à ne pas me faire vacciner que l’inverse.

 

Parce qu’on n’aura jamais la réponse, sauf à ce que la mort s’arrête complètement (ce qui enlèvera tout argument aux antivax) ou bien sauf à ce que la mort et le vaccin extermine totalement l’immense majorité de la population occidentale (ce qui donnera raison aux antivax), il me reste à répondre à une autre question …

 

Comment tout ceci est-il né ?

Tout ceci est né d’une méprise ou plutôt de non-dits. Les arguments des antivax se nourrissent de tous les à-peu-près de la communication du gouvernement depuis l’apparition du coronavirus, c’est-à-dire depuis 2020. On ne va pas revenir sur l’argument des masques chirurgicaux, première erreur de communication du gouvernement et des ministres. On pourrait parler des confinements en dépit du bon sens qui a été mis en œuvre partout dans les mêmes conditions, qu’il y ait des cas de coronavirus dans les départements ou qu’il n’y avait pas de circulation de l’épidémie. 

 

Mais, à l’inverse, si le gouvernement avait confiné le territoire métropolitain mais pas la Réunion ou pas les Antilles, que n’aurait-on entendu sur un gouvernement qui ne protégeait pas la population domienne, dont la santé ne lui importait pas. Résultat, nous avons été confiné alors qu’il n’y avait que quelques cas épisodiques dans l’île. Des entreprises mises à l’arrêt. Des salariés interdits de se déplacer librement.

 

Non, je ne m’intéresserais qu’à la seule question de l’obligation vaccinale et de l’exclusion des soignants et des personnels essentiels non vaccinés. Et là, on se trouve véritablement face à une méprise et à une déformation des faits.

 

Quel est l’impact des déboires des précédentes campagnes de vaccination, notamment contre la grippe H1N1, sur les décisions prises par ce gouvernement pendant l’épidémie de coronavirus ? Une ministre comme Roselyne Bachelot a pu être moquée et mise en cause sur l’histoire des millions de doses inutilisées de vaccins contre le virus de la grippe H1N1 ; Macron et le gouvernement ne voulaient en aucun cas se retrouvaient dans une telle situation. Et la seule façon d’y échapper, lorsqu’il est apparu clair que la manipulation médiatique des publicités pour la vaccination ne suffirait pas, cela a été de mettre en place la vaccination obligatoire pour tout le monde. On a ainsi imposé la vaccination de tout le monde pour éviter de dilapider des millions de doses de vaccins commandés et livrés

 

Quelles sanctions pouvait-on mettre en œuvre pour rendre obligatoire la vaccination ? Puisque qui dit ‘obligation’ implique forcément de penser ‘sanctions’ et ‘exclusions’. La première solution retenue a été d’interdire aux citoyens non vaccinés de sortir dans des restaurants, en boite, dans les bars, à défaut de pouvoir les forcer à rester chez eux enfermés. N’oublions pas les mots du président de la république à cette époque, indiquant « qu’il avait bien envie d’emmerder les non-vaccinés ». Et le plus triste, ce fut cette absence de réactions de toute la presse et tous les médias. Aucune condamnation unanime des propos de Macron de la part de la classe politique ou des médias, dont la majeure partie véhiculait les mêmes arguments, les mêmes positions idéologiques.

 

La deuxième solution quelques mois plus tard fut d’aller encore plus loin dans l’emmerdement des non-vaccinés, en leur refusant le droit de travailler s’ils n’étaient pas vaccinés. Mais là encore, il y avait méprise et travestissement de la réalité. L’argument de Macron, des ministres du gouvernement, des parlementaires et des journalistes, c’était qu’il était intolérable d’attraper le Covid et d’être contaminé en étant hospitalisé. C’est même ce qui motive toujours le maintien de l’obligation vaccinale pour les soignants et le refus de leur réintégration. 

 

Mais c’est un travestissement de la réalité, puisqu’une personne vaccinée peut toujours être contagieuse, porteuse du virus, et qu’elle peut contaminée des patients ou d’autres soignants. Evidemment, le risque est censé être plus faible que pour une personne vaccinée, mais il y aura bien toujours potentiellement des malades qui auront été hospitalisés et qui auront été contaminé à l’hôpital. Ce qui était supposé être intolérable.

 

Il n’y a pas de réponse définitive. L’argumentaire du gouvernement relayé jusqu’à plus soif par les médias n’effaceront jamais l’énorme gâchis démocratique que la gestion abracadabrantesque de cette épidémie par le gouvernement de Macron a causé. Parce que ce gouvernement était incapable de faire entendre raison aux français, de persuader les français qu’ils agissaient pour leur bien, pour le bien commun de tous, ils ont pris des décisions abracadabrantesques, obligatoires, imposées sans concertation, ce qui a encore plus creusé un fossé béant, un gouffre infranchissable, entre ce gouvernement et les citoyens français qui ne croient plus en ce gouvernement.

 

Et si demain, ce gouvernement a véritablement besoin de l’appui des citoyens face à un nouveau danger, il ne trouvera pratiquement plus personne pour le croire, pour adhérer à ses alertes. C’est une victoire à la Pyrrhus, si l’on peut dire, avec une grosse proportion des français, des classes moyennes qui ne se reconnaitront plus dans ses discours et dans ses actions.

 

La vaccination aurait dû demeurer un choix individuel. Le droit de chacun d’entre nous à disposer de son corps aurait dû pouvoir résister à cette épidémie et à ses conséquences. Le droit de pouvoir faire ses propres choix et d’en assumer les conséquences aurait dû survivre à cette épidémie. Et c’était le rôle du gouvernement français de protéger ce droit, de protéger nos libertés publiques. Et non pas l’inverse.

 

 
Saucratès



19/01/2023
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