Critiques de notre temps

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Violences policières - Qu'est-ce qui différencie une démocratie d'une dictature ou d'un régime illibéral ?

Saint-Denis de La Réunion, samedi 3 août 2019

 

Dans une supposée ou plutôt prétendue démocratie libérale comme la France, il est invraisemblable d'observer un tel niveau de violences policières, niées et rejetées d'ailleurs par le gouvernement au pouvoir, un tel niveau d'injustice et de différenciation dans le traitement judiciaire des plaintes et des poursuites pénales selon que l'on soit puissant, appartenant aux forces de l'ordre ou au contraire faible et manifestant ou contestataire. 

 

Cet état de fait n'est évidemment pas veritablement une nouveauté, une novation. Cette situation n'est pas propre à la présidence d'Emmanuel Macron. Il y a eu les violences commises contre les manifestants contre la loi travail sous François Hollande, où des socialistes décomplexés n'hésitaient pas à combattre l'idéologie gauchiste et les syndicats irresponsables. C'est cette même génération de socialistes qui s'est dans son ensemble jetée dans les bras du libéralisme, du macronisme et du centre-droit ultralibéral. Ou bien dans les élections municipales espagnoles pour d'autres !

 

Il y a eu aussi toujours sous François Hollande les violences commises contre les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la mort d'un manifestant, Rémi Fraisse, tué par une grenade de désencerclement lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens. Et on peut remonter plus loin. Je me rappelle de la mort de Malik Oussekine en décembre 1986 lors des manifestations contre le projet Devaquet de privatisation des universités, tabassé par des policiers et des gendarmes ... et je ne peux éviter de faire le rapprochement entre ce tabassage et ce dont sont victimes les gilets jaunes et les manifestants d'aujourd'hui. La même haine, la même violence, la même rage des forces de l'ordre auxquels un gouvernement a lâché la bride pour effrayer ses contradicteurs, ses opposants.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/08/02/les-violences-policieres-decoulent-directement-de-la-volonte-des-gouvernants-d-annihiler-toute-contestation_5495728_3232.html

 

Et la présidence Macron aura donc aussi son lot de morts, d'infirmes et de victimes. L'un des derniers en date étant Steve Maia Canico. Et dans chaque situation, dans le cas de chaque agression, l'Inspection de la police nie qu'il y ait eu violence. Jusqu'au terme même de violences policières dont l'usage est dénié d'être utilisé par les victimes de la police et des gendarmes par un gouvernement de millionnaires représentants les plus riches.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/02/mort-de-steve-maia-canico-a-nantes-la-police-engrange-un-stock-de-haine-qu-elle-n-imagine-pas_5496029_3224.html

 

On peut quand même indiquer que jamais la violence policière, les arrestations illégales, les procédures disproportionnées et en un mot, une violence généralisée pour rendre impossible le droit de manifester et de revendiquer contre le gouvernement, n'avaient été mises en œuvre par un groupe pour se maintenir au pouvoir et pour maintenir la mise en œuvre d'une politique menée dans l'intérêt d'un seul groupe, d'une seule idéologie, l'ultra libéralisme revanchard et tout-puissant. Et évidemment, la marque de fabrique du macroniste, de l'ultra libéralisme macroniste, c'est d'utiliser la force de matraquage des médias, des journaux, des télévisions pour persuader le peuple, désormais indocile pour certains, la masse des citoyens, que tout ceci est merveilleux, que tout ceci permet de redresser la France et était indispensable, que tout ceci fonctionne, que tout ceci marche, que la France redevient une destination attractive pour les étrangers, que tout ceci conduit à des hausses vertigineuses du pouvoir d'achat des francais, que tout ceci repose sur l'unanimité des organisations politiques responsables, toutes d'accord sur les méthodes et sur les diagnostics, que tout ceci est approuvé par la majorité des citoyens français qui plébiscitent tous notre extraordinaire Président de la République et ses extraordinaires et courageux ministres dévoués ...

 

C'est cela le macronisme, l'ultra libéralisme macroniste. C'est plus «1984» de Georges Orwell ou «Le meilleur des mondes» d'Aldous Huxley plutôt que l'idéologie TINA de Margareth Thatcher. Ce n'est même plus le «there is not alternative» popularisé par Margareth Thatcher ; c'est une tentative de décérébration de la grande masse de citoyens pour leur faire accepter une politique favorable aux seuls puissants, milliardaires et la caste qui les sert et les représente. 

 

Et tout ceci se passe en France, dans une supposée démocratie, dans une prétendue démocratie, celle pour laquelle nos grands-parents, nos arrières grands-parents, nos parents ou pour certains nos frères voire nous-mêmes, se sont battus pour l'arracher à la barbarie nazie, à la barbarie des totalitarismes. Tout cela pour ça ? Nos pères, nos mères, nos frères, nos grands pères, nos arrières grands-parents se sont battus pour que des hommes comme Macron, comme Castaner, comme Philippe nous écrasent, tuent nos enfants ou nos proches, parce qu'ils veulent que la France ressemble à leur besoin, à leur idéal ultralibéral, à la France rêvée des milliardaires qui les ont placés au pouvoir ?

 

La France est-elle au fond encore une démocratie ? Qu'est-ce qui différencie une démocratie d'une dictature ou d'un régime illibéral ? Pourquoi les citoyens francais acceptent-ils toutes ces violences dirigées contre eux et contre d'autres eux-mêmes ?

 

Pourquoi n'est-il pas évident que la France a cessé d'être une démocratie, quelque part entre 2007 et 2019, entre l'élection de 2007 de Nicolas Sarkozy, embourbé dans l'affaire du financement Libyen de sa campagne présidentielle, l'élection de 2012 de Francois Hollande, faux socialiste élu par des électeurs socialistes, et l'élection de 2017 d'Emmanuel Macron, élection volée, fabriquée par des médias aux mains des manipulateurs de l'opinion publique ? La France serait assimilée à une dictature que les agissements de ses forces de l'ordre seraient dénoncés et condamnés par l'ensemble des pays européens. Les violences policières seraient alors dénoncées comme telles, même si le Président de la République française, le premier ministre ou le ministre de l'intérieur contestaient l'usage de ce terme ! Mais non, bizarrement, il n'en est rien. Il suffit que ce gouvernement gouverne en ayant obtenu 22,42% des suffrages exprimés lors d'une élection européenne, avec à peine 50,12% de votants, pour que l'on parle d'une démocratie et d'un gouvernement légitimé.

 

Un gouvernement de millionnaires et d'apparatchiks aux mains de quelques milliardaires et d'énarques, peut donc gouverner et appliquer toutes les lois et les réformes qu'ils entendent, malgré le fait qu'ils ne bénéficient que du soutien d'une infime minorité de quelques 11% du corps électoral des citoyens français ? C'est cela une démocratie ? Une caste d'apparatchiks et de vendus au plus offrant, ayant pris le pouvoir par hasard, par la ruse, se maintenant  au pouvoir par la force des armes et par la violence ? Avec des médias aux mains du pouvoir, véhiculant les seuls messages du gouvernement en place ? Et une interdiction de manifester, et une répression aveugle de toute contestation ? Des interpellations et des arrestations sans raison d'opposants politiques, et des condamnations à l'unisson ? Et on appelle cela une démocratie ? En tout cas, je trouve que tout ceci ressemble vachement à une dictature, non pas militaire, mais ultralibérale. 

 

 

Saucratès



03/08/2019
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