Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Premières pensées d’un premier samedi soir de 2021

Saint-Denis de La Réunion, samedi 2 janvier 2021


C’est le tout premier samedi soir de cette nouvelle année 2021 et cette nouvelle année commence comme l’année 2020 s’était terminée. Dans mon jardin, devant la nuit tombante, à la lueur des flammes d’un feu de bois qui brûle doucement au fond de mon jardin, à quelques mètres de ma terrasse. Ses flammes orangées et dansantes viennent éclairer d’une lumière crépusculaire le décor environnant, et dans quelques dizaines de minutes, j’y ferais grillé quelques entrecôtes. Quelques esprits facétieux semblent s’échapper du feu, être crachés par les flammes qui ondulent dans le feu, des sortes de lutins ou des brindilles enflammées. 

On serait tenté de dire que les années se suivent et se ressemblent toutes, et que le temps semble s’écouler de plus en plus vite au fur et à mesure que l’on vieillit. Comme si le temps était un barrage qui s’effondre peu à peu, avec les années qui s’écoulent ... À moins que le temps ne s’écoule reellement de plus en plus vite, pour chacun d’entre nous, qui que nous soyons. Le passage du temps et des heures est en effet une perception extrêmement personnelle, et nul ne peut savoir ce qu’il en est pour les autres. Il n’y a pas véritablement de mesure objective du temps, si ce n’est la mesure atomique dé la seconde sur laquelle la mesure du temps repose. On suppose que le temps s’écoule plus vite lorsque l’on est adulte par rapport au temps où l’on était enfant, mais nul ne peut comparer la durée reelle du temps d’un enfant à une génération d’écart. 

Dans ces conditions, si le temps s’accélérait réellement, la durée d’une année aujourd’hui et un siècle plus tôt, pourrait ne plus rien avoir en commun. Mais cela pourrait alors signifier que la mesure même de l’allongement de la durée de vie ne serait qu’un mythe, une aberration mathématique. On ne vivrait pas plus longtemps, on ne ferait que vivre plus d’années, mais plus courtes. 

2020 aura-t-elle été une mauvaise année ? Certains d’entre nous diront peut-être que 2020 fut une année pourrie. Mais le fait de tomber, d’être touché par des attaques que l’on considère comme injustes, injustifiées, le fait d’apprendre que l’on est malade, le fait de s’effondrer, d’être frappé, tout cela peut aussi nous permettre de mieux rebondir, de mieux nous relever, de renaître plus fort, de remettre les choses et les gens qui nous entourent à leur juste place, de se rendre compte de ce qui compte et de ce qui ne compte pas. Le bonheur, la recherche du bonheur, la poursuite du bonheur, et surtout cette évidence : le bonheur est accessible partout, il ne depend d’un cadre de vie particulier ou de rêve. Le bonheur est en nous, au fond de nous. Il ne nécessite vraisemblablement pas de tout redémarrer, car nos problemes nous suivront immanquablement.

 

Evidemment, il est peut-être plus simple d’être heureux dans un nouveau pays, merveilleux, avec des personnes nouvelles que l’on vient de rencontrer, qui semblent être sous notre charme, avec lesquelles tout est beau, neuf, nouveau ... Plutôt que dans le lieu où l’on vit depuis toujours, avec une conjointe (ou un conjoint) avec laquelle tout n’est qu’habitude, avec des enfants qui ne sont parfois plus que des étrangers absents ... Mais non, il n’en est rien. Au fond, le vrai bonheur est peut-être là, dans ces moments si doux, si tranquilles, si parfaits ... S’il était si simple d'être heureux et qu’il suffisait de tout quitter pour cela, le monde serait rempli de voyageurs heureux et solitaires. Et ils n’auraient plus personne à observer, à regarder.

 

Mon souhait pour 2021 sera-t-il que rien ne change ? La santé et le courage pour mes ami.e.s et ceux que j’aime et qui m’entourent. Pour mon amie A. surtout qui en a tant besoin et à laquelle nous sommes très nombreux à penser. Cette maladie aussi, le coronavirus, pour laquelle on a tant rogner sur nos libertés publiques et civiques, pour laquelle on nous enfermé dans nos domiciles, pour laquelle on nous inventé tant de règles, d’interdictions et d’obligations aberrantes, tout cela supposément pour nous protéger, ou alors pour mieux nous contrôler dans le futur ... Cette maladie dont on aimerait ne plus en entendre parler en cette nouvelle année, ni de ces petits satanés vaccins dont on ignore les potentielles conséquences sur notre santé.

 

2021 commence donc exactement comme 2020 s’était terminée ... Entre espoir et paranoïa ... Entre rêves et fantasmes.

 

 

Saucratès



02/01/2021
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