Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Sur les médias


Les médias et les opinions dissidentes

Les médias et les opinions dissidentes

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, samedi 25 juin 2022


Un journal comme Le Monde a un problème avec les opinions dissidentes, celles qui entrent en opposition avec ses propres valeurs libérales. Comme on peut s’en apercevoir en lisant les différents articles que les journalistes du Monde publient à longueur de pages, au fil des jours, au fil des éditions successives, les opinions dissidentes par rapport à leurs valeurs sont systématiquement moquées, critiquées, descendues, ou attaquées. Cela se voit dans la manière dont les thèses des divers candidats d’extrême-droite sont présentées, descendues ou parfois ignorées. Cela se voit aussi dans la manière dont Le Monde traite des dernières décisions de la Cour Suprême américaine. J’y reviendrais.

 

Au fond, la liberté de presse, la liberté d’expression, le respect des libertés publiques et des opinions dissidentes n’est acceptée et ne semble valable que lorsqu’elle concerne la défense des droits de l’homme, lorsqu’il s’agit de défendre le droit des opposants politiques dans le combat contre les dictatures ou contre les idées des dirigeants conservateurs ou catalogués d’extrême-droite. Mais si le régime politique mis en cause est un régime considéré comme un régime ami, un régime libéral, dont les valeurs affichées sont conformes à la doxa du Monde, à ce moment-là, la critique des opposants n’est plus acceptée et elle sera combattu par tous les journalistes de ce média, comme par les journalistes de tous les médias qui se disent bien-pensants et bien-sachants. 

On en a eu évidemment la preuve dans le traitement médiatique réservé au mouvement des gilets jaunes, qui avaient le tord d’oser combattre à la fois le délicieux gouvernement de son jupitérien Président Macron, et de sa si délicieuse et si nécessaire politique de lutte contre le réchauffement climatique et de criminalisation de l’usage de la voiture à moteur thermique. Contester le prix du gazole, ce carburant si detesté de tous les écolo-libéraux et de tous les journaleux ? Mais quelle horreur ! Occuper des ronds-points ? Saccager un ministère et en faire fuir son locataire ? Mais quelle abomination !

 

En fait, dans une démocratie comme la démocratie française, la liberté d’expression n’est pas valable pour tout le monde, n’est pas la même pour tout le monde. Il faut laisser la parole aux sachants. Il n’y a déjà qu’eux qui s’expriment dans les médias. Ils sont professeurs d’université, journalistes, écrivains reconnus par leurs pairs, presidents d’association. Les autres, les sans-voix, les sans-grades, les petits, doivent se taire, laisser faire les sachants qui connaissent tout mieux qu’eux. Pour tuer le mouvement des gilets jaunes, il a fallu au gouvernement les mesures liberticides du confinement, car raillés par les journalistes, moqués, ignorés, ils continuaient malgré tout de se révolter contre ce gouvernement et les journalistes qui défendaient becs et ongles leur main mise sur le pouvoir. 

Y a-t-il une différence entre le sort fait aux dissidents dans nos délicieux régimes démocratiques français, européens ou américains, et le sort réservé aux dissidents politiques dans ce que ces mêmes médias libéraux appellent des dictatures et des tyrannies ? Quelle question stupide pour ces défenseurs de la démocratie ! Comment oser comparer une dictature et une démocratie ? Les opposants politiques dans une dictature sont incarcérés. Dans une démocratie, il faut qu’on les surprenne avec des boules de pétanque, un bouclier dans leurs voitures ou dans leurs sacs, et là, on peut les incarcérer, les juger et les condamner. Ou bien il faut qu’ils soient pris a discuter avec des gens louches dans une manifestation ! 

Bon personnellement, pour ma part, je ne vois pas de différence entre ces deux comportements. Un journal comme Le Monde glose et se gargarise de sa charte éthique mais au fond, tous les documents de la Terre ne feront pas d’une foule de journalistes libéraux, formés dans les mêmes écoles, défendant les mêmes idées libérales, des défenseurs de toutes les opinions, mêmes celles qui contreviennent à la délicieuse certitude qu’ils vivent tous un monde idéal où il leur faut combattre les méchants réactionnaires.

 

Mais il est tellement simple de comprendre leur horreur lorsqu’ils découvrent que les méchants juges de la Cour Suprême nommés par les méchants présidents républicains, osent vouloir revenir sur le droit imprescriptible des femmes à avorter librement ! Mais quelle horreur ! Comment est-ce possible ! La magnifique democratie américaine, tellement avancée et encensée parce qu’elle a vaincu l’horrible Donald Trump, comment peut-elle être pervertie par d’horribles juges de la Cour Suprême nommés par de méchants présidents républicains. C’est comme si on expliquait la vie à de pauvres journalistes effondrés. Mais depuis quand des droits obligatoires peuvent-ils être remis en cause ? Comment peut-on revenir en arrière dans la marche du progrès et dans les droits des femmes ou des hommes ? 

Meme chose avec le droit de porter une arme à feu. Comment la Cour Suprême peut-elle maintenir le droit de porter une arme et de se défendre lorsque l’on voit les massacres d’enfants et de jeunes dans les écoles ! Comment des juges conservateurs osent-ils s’opposer à la volonté des journalistes et aux demandes du délicieux gouvernement de son excellence Joe Biden ! Comment cela peut-il être possible dans une démocratie où normalement, toutes les élites œuvrent ensemble pour appliquer et mettre en œuvre les décisions éclairées et réfléchies des puissants ? La retraite à 60 ans ? Une aberration ? La seule chose de défendable est le report de l’âge de la retraite à 65 ans. Après tout, ces puissants ne s’arrêteront jamais de nous diriger, les journalistes ont tous moins de 30 ans et ils ne pensent pas vieillir, et ils ne sont pas concernés par ailleurs par nos règles de régime de retraite. Les ministres et les députés ont leur propre régime particulier beaucoup plus avantageux. 

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/06/23/etats-unis-la-cour-supreme-des-consacre-le-droit-des-americains-a-sortir-armes_6131752_3210.html

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/04/droit-a-l-avortement-menace-comment-le-mandat-de-donald-trump-a-scelle-le-virage-conservateur-de-la-cour-supreme_6124673_3210.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/06/25/la-cour-supreme-aggrave-l-affaissement-democratique-des-etats-unis_6132006_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/06/23/la-cour-supreme-une-institution-americaine-dans-la-tourmente_6131711_3210.html
 

Pour moi, il ne fait aucun doute que si Donald Trump avait osé remettre en cause la légitimité d’une décision libérale de la Cour Suprême, il aurait été condamné par tout ce qui compte de médias dans le monde entier. Mais dès lors que la contestation vise une décision de juges de conservateur, et que cette contestation émane du si parfait président Joe Biden, c’est évidemment normal, c’est évidemment conforme à l’opinion ultra-majoritaire de tout ce qui compte de bien-pensants et de bien-sachants de par le monde. 

 

Le compte-rendu des dernières élections legistaves françaises est également de la même veine. Alors que les médias, Le Monde se félicitaient à l’avance d’une victoire écrasante des forces du progrès, de la majorité au service du président Macron, les français ont osé faire battre le parti du Président, qui portait un si bon nom : #Ensemble#. Peuple de merde, disait les guignols de l’info il y a quelques décennies à l’époque de la dissolution ratée du President Jacques Chirac. Un gouvernement potentiellement minoritaire, mais quelle abomination. Et les articles des médias titre a longueur d’éditions sur les risques d’une France bloquée, d’un parlement immobilisé, comme si la France n’avait jamais connu une telle situation. Normal pour des journalistes dont l’expérience politique et dont les connaissances ne dépassent pas leur propre date de naissance. Il a existé trois périodes de cohabitation, pendant lesquelles des présidents élus ont dû accepter de composer avec une majorité parlementaire qui leur était opposée. Mais la dernière fois, c’etait il y a plus de vingt ans, et aucun journaliste de ces médias que l’on voit s’exprimer n’étaient alors en âge de voter. Avant 1958, pendant la Quatrième République, c’était également la situation normale d’avoir des gouvernements minoritaires qui tombaient régulièrement. La Cinquième République, avec le droit de dissoudre l’Assemblée Nationale en cas de motion de censure victorieuse, peut faire face à une telle situation.

 

https://www.lemonde.fr/elections-legislatives-2022/article/2022/06/19/legislatives-2022-craignant-une-paralysie-totale-le-camp-macron-evoque-une-dissolution-de-l-assemblee-nationale-dans-un-an_6131114_6104324.html

 

Le président Macron n’a même pas obligation de composer avec un gouvernement issu d’une majorité opposé à la sienne ; il lui faut juste accepter que les projets de loi qu’il déposera pourront être rejeté par un parlement dans lequel il ne dispose plus d’une majorité dithyrambique. Mais rien de tout cela dans les medias et dans Le Monde. Bien au contraire, il faut faire peur comme d’habitude aux français. Il faut leur faire comprendre à quel point leur vote inconséquent a de très graves conséquences. Quelles conséquences ? Aucune. Mais ce n’est pas le plus important. Le président si charmant et si délicieux ne pourra faire passer sa réforme de la retraite à 65 ans. Quelle horreur ! Ces ploucs de français, ces fainéants de français vont continuer à partir à la retraite à 62 ans et le gentil président Macron ne pourra pas financer grâce à ces économies ses si charmantes et indispensables autres mesures dont je ne sais absolument rien !

 

Vive la République, vive la France, vive la presse supposée libre et indépendante (marrant, Apple a modifié le mot «libre» en «ivre» !)

 

 

Saucratès


25/06/2022
0 Poster un commentaire

Le journal Le Monde défend l’innommable

Le journal Le Monde défend l’innommable

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Reunion, lundi 21 février 2022

 

La lecture de cet article témoigne d’un basculement des démocraties occidentales, sensées reposer sur des bases démocratiques, juridiques, sur le respect des libertés individuelles, vers un régime devenu dictatorial, reposant sur la seule prise en compte de la tyrannie de la majorité, sans respect des droits de certaines minorités (je parle de certaines minorités parce qu’il existe des minorités ethniques ou sexuelles qui sont adulées, idéalisées par cette même tyrannie majoritaire, dont ces minorités constituent justement une des composantes, voire la principale composante. Par contre, les minorités des gilets jaunes ou des non-vaccinés, c’est-à-dire ceux qui se révoltent contre l’ordre établi, eux, ils ne comptent pas. Et il est normal de chercher à les emmerder, les arrêter, les priver de leurs droits, les embastiller (au moins, Louis XVI offrait des conditions de détention acceptables à ceux qui bravaient sa censure, à l’inverse de Macron jupitérien).

 
https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/02/20/justin-trudeau-premier-ministre-depasse-par-la-trumpisation-de-la-politique-canadienne_6114541_3232.html

 

Je comprends cet article du Monde comme la comparaison entre un premier ministre canadien inerte face à des manifestants pacifiques, et un président de la République française encensé par ce journal pour avoir interdit l’accès de la capitale française aux convois de la liberté et pour avoir réprimé à coup d’amendes pharaoniques et d’arrestations arbitraires ses opposants qui réussissaient à rentrer dans Paris et à tenter de faire entendre leurs voix.

 

Un journal qui était ainsi le chantre de la démocratie, du respect des droits, de tous les droits, un journal qui faisait entendre la voix du peuple lors des grandes manifestations populaires contre les réformes Juppé ou les contrats jeunes se fait donc aujourd’hui le chantre de la répression arbitraire et des interdictions de manifester, permettant de libérer la France des corporatismes. La mue macroniste de nos représentants au parlement a ainsi également frappé les grands médias français ! Le peuple, les ouvriers, les employés sont désormais aussi leurs ennemis et ils écrivent désormais à la fois pour leur lectorat macroniste ou gagné au macronisme, mais aussi pour intoxiquer, manipuler, aveugler, hypnotiser, empoisonner l’esprit de leurs autres lecteurs pour que ceux-ci se transforment en électeurs de Macron !

 

Comme le disait Padmé Amidala, reine des Naboos, dans l’Episode III de Stars Wars, «La Revanche des Sith» : 

 

«Ainsi s’éteint la liberté, sous un tonnerre d’applaudissements.»

 

On en est arrivé à ce point en Occident, ou plutôt en France. Le premier quinquennat de Macron aura étouffé la démocratie française et permis de faire disparaître l’esprit de résistance à l’Innommable de la grande majorité de nos concitoyens. Tous ces gens bien pensants, désormais malveillants à l’encontre de tous ceux qui n’acceptent pas les privations de liberté, l’obligation vaccinale ou même simplement l’interrogation sur les bienfaits de la vaccination à l’aveugle, tous ceux qui n’acceptent le refus d’adulation de leur héros jupiterien, de leur sauveur. Un abruti les a tous hypnotisés et ces gens-là s’attaquent aveuglément à tous ceux qui ne partagent pas leur aveuglement et leur fascination pour cet abruti-là !

Et le journal Le Monde participe désormais à cette œuvre de manipulation des esprits, d’empoisonnement des esprits, apparemment contraint par les puissances de l’argent ou l’accointance vis-à-vis du pouvoir pharaonique et séduit par ses prébendes juteux. 

Les voilà donc à se réjouir de mesures de privation de liberté de se déplacer et de manifester, d’arrestations arbitraires, tout ceci soit disant pour sauver la démocratie, parce qu’ils croient voir derrière ces manifestants, derrière ces manifestations populistes, l’ombre de Moscou, la main de l’extrême droite française, ou de l’all-right trumpiste américaine !

 

 

«Ainsi s'éteint la liberté, sous un tonnerre d'applaudissements.»

 

 

Saucratès


21/02/2022
0 Poster un commentaire

Ce n’est pas en France que l’on verrait des médias enquêter sur des fêtes privées du pouvoir en place

Ce n’est pas en France que l’on verrait des médias enquêter sur des fêtes privées du pouvoir en place


Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, jeudi 17 février 2022


Bien plus encore qu’en Angleterre, la France est une monarchie. Une monarchie où les rois et princes sont issus d’une caste, d’un parti politique. La déférence, la soumission, des grands médias au pouvoir en place, au maître, n’a pas d’égal dans les autres pays démocratiques occidentaux. 

Ce n’est pas en France que l’on verrait des médias enquêter sur des fêtes privées du pouvoir en place, en plein confinement et en pleine interdiction de déplacement des français. Évidemment, il y a eu l’histoire des crustacés du président de l’Assemblée nationale, M. de Rugy. Mais c’était bien antérieur à la pandémie et au confinement.

 

En France, les lois ne semblent pas s’appliquer de la même manière à tous, dès lors que l’on est puissant ou pauvre. Le souci, c’est lorsque les médias ne jouent pas leur rôle de contre-pouvoir au pouvoir en place, mais cherchent au contraire à quémander quelques passe-droits et quelques places juteuses. Aucun journal ne s’est intéressé à de possibles réceptions, coquetelles, apéritifs ou dîners donnés en plein confinement au Château de l’Elysée, au Château de Matignon, ou dans quelques ministères. La mise en cause médiatique de 10 Downing Street par les médias anglais ; jamais on ne pourrait voir cela en France, vraisemblablement parce que les journalistes eux-mêmes y étaient invités ou que leurs actionnaires milliardaires ne seraient pas favorables à de telles enquêtes ou à de tels articles. Et une enquête parlementaire sur de tels dérapages ; la Majorité parlementaire de la République en marche ne le permettrait non plus en aucun cas !

 

Et cette même France monarchique se prétend être une démocratie et une terre de liberté d’opinion et de liberté d’informer ??? Mieux vaut en rire.

 

Sur le fait que les lois ne s’appliquent pas de la même manière pour tout le monde, j’en veux pour preuve la manière dont s’applique les couvre-feux pour l’immense partie des citoyens, même ceux déchus (ou surtout ceux déchus) de leurs droits civiques sur décision du président de la république, puisqu’il cherche à les emmerder. Par contre, imagine-t-on que M. le ministre Le Cornu se trouve lui aussi confiné dans une chambre d’hôtel où dans la préfecture passé 21 heures ? Imagine-t-on M. Le Préfet s’astreignant à respecter le couvre-feu sans bouger de son domicile, sans organiser de petites réceptions pour gens importants, sans organiser de petits repas où seront servis de tout aussi délicieux crustacés. Comme disait M. de Rugy, «j’en ai crustacé»!!!

Et de toute façon, comment démontrer de tels manquements, de tels irrespects des règles … Nous sommes tous confrontés au couvre-feu et les forces de police et de gendarmerie rôdent pour verbaliser et incarcérer tous ceux qui voudraient vérifier de leurs propres yeux les manquements de nos dirigeants … tous ceux hormis les puissants et les invités des puissants. Les puissants peuvent donc continuer à s’exonérer de toutes les règles qui frappent la multitude des citoyens, et que ceux-ci doivent respecter scrupuleusement à défaut de contravention ou de verbalisation !

 

Triste époque que la nôtre !


16/02/2022
0 Poster un commentaire

Pour conclure sur 2021 (primo)

Pour conclure sur 2021

Il y a un problème de démocratie en France

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de La Reunion, samedi 25 novembre 2021

 
Cette année 2021 qui se termine ne pourra être dissociée d’une terrible dégradation de la liberté d’opinion en France.

 

Normalement, en règle générale, les atteintes à la liberté d’opinion sont les faits des gouvernements et les journalistes et les médias en sont les premières victimes. Mais pas en France, pas plus qu’aux États-Unis d’Amérique. Les atteintes à la liberté d’opinion n’y sont pas le fait des gouvernements, mais elles sont le fait des médias et des journalistes eux-mêmes, en raison d’une polarisation extrême du débat politique.

 

Les médias y sont contrôlés par de grands groupes détenus par les capitaux d’un certain nombre de milliardaires fortunés, tandis que les journalistes sont contrôlés par les idées progressistes acquises pendant leurs années de formation à Sciences Po et dans les écoles journalistes.  

 

Évidemment, cela n’a pas commencé en 2021, mais on le ressentait déjà en 2020, depuis l’apparition du coronavirus, et en 2019 avec le traitement médiatique réservé aux gilets jaunes. 2021 n’est que le point d’orgue, situation qui risque d’ailleurs de n’aller qu’en s’aggravant les prochaines années. Les médias, et Le Monde en premier lieu, feront tout ce qui sera en leur pouvoir pour empêcher l’élection d’un président issu de l’extrême-droite, ou représentant le peuple de France, et pour favoriser la réélection d’Emmanuel Macron ou celle de Christiane Taubira-Delanon, celle qui fit chuter la gauche en 2002.

 

Atteinte à la liberté d’opinion, ou plutôt faudrait-il dire, atteinte à la liberté de s’informer, atteinte à la possibilité d’avoir accès à une information non-partisane, non biaisée de la réalité. Lorsque tous les médias d’un pays diffusent une même vérité, une même opinion, lorsqu’il devient alors nécessaire de consulter une presse dite alternative pour accéder à une autre lecture de la réalité, la vision du peuple, il y a un problème démocratique. 
 

Lorsque la presse ne fait plus son travail de rendre compte des attentes et des croyances des personnes du peuple français sous prétexte que ces attentes et ces croyances ne correspondent pas à la vision idéale que ces médias, que ces journalistes, ont des opinions légitimes que le peuple devrait avoir, il y a un problème de démocratie. C’est exactement la même chose, le même constat qui peut être fait au sujet des médias américains.

 

Lorsque la présentation des faits est réalisée de telle sorte de diaboliser, de ridiculiser les ennemis des journalistes, qu’ils soient d’extrême-droite, considérés comme populistes, ou bien gilets jaunes, et que les autres, ceux que les journalistes aiment, sont magnifiés, idéalisés, plébiscités, et que leurs erreurs sont minimalisées, passées sous silence, tues pour X raisons, il y a un problème de démocratie.

 

Des exemples de cet ordre, il y en a un des centaines en France en 2021. Toute la communication médiatique autour de la vaccination, du pass sanitaire, et aujourd’hui du pass vaccinal, en donne un parfait exemple. Rien qu’en cette journée de Noël, j’en ai encore trouvé un certain nombre dans le journal Le Monde.

 

- Entre la manière dont ils en rendent compte d’un déplacement du candidat Zemmour en Côté d’Ivoire, en indiquant que Zemmour drague les soldats français, manière minable et homophobe de ridiculiser sa tentative de récupération de leurs voix et de se donner une posture présidentielle alors que le président et candidat Macron a annulé sa propre visite africaine au Mali.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/12/24/a-abidjan-eric-zemmour-drague-les-soldats-en-operation-exterieure_6107244_823448.html

 

- Entre la manière dont Le Monde défend le pass sanitaire du gouvernement, en parlant de jeu de trouble des opposants politiques tout en excluant complètement les positions de Zemmour et Le Pen, comme si leurs positions et leurs opinions n’avaient aucune valeur, mais s’étendant à souhait sur les positions troubles des autres oppositions.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/12/25/covid-19-le-jeu-trouble-des-oppositions-vis-a-vis-du-passe-vaccinal_6107261_823448.html

 

- Inversement, comment qualifier autrement la bienveillance dont fait l’objet l’indigéniste et ex-ministre socialiste Christiane Taubira-Delanon, favorite des partisans de la primaire populaire, en osant appeler de dernière grande avancée sociale sa loi du mariage pour tous, et en évitant consciencieusement de rappeler ses thèses indigénistes sur l’école de la République …

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/12/24/election-presidentielle-2022-la-candidature-de-moins-en-moins-hypothetique-de-christiane-taubira_6107203_823448.html

 

- On trouve aussi quelques autres perles, comme cet article sur les loups, et on se demande alors ce que représente un comportement habituel ou inhabituel d’une meute de loups ? Le Monde, déformé par sa posture écologiste et animalière, semble ainsi oublier que chasser et tuer fait partie du comportement habituel du loup. Mais tout ceci fait tâche dans le monde rêvé de bisounours des journalistes du Monde où cohabitent macronistes et leur chef, gentils écologistes et défenseurs des passeurs et des migrants, végans et gentils animaux sauvages … contre tous les méchants populistes, extrémistes de droite, chasseurs, gilets jaunes et possesseurs de voitures roulant au diésel.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/12/24/quatre-loups-au-comportement-inhabituel-abattus-dans-un-zoo-du-tarn_6107250_3244.html

 

Quand des millions de personnes, de citoyens, ne peuvent plus se retrouver dans les médias télévisuels et écrits, ils peuvent soit se désespérer en pensant être les seuls à avoir une opinion opposée et divergente de la multitude, soit comprendre qu’ils sont une multitude mais que leur opinion est niée, tue, masquée par ceux qui ont fait profession d’informer le public et de rendre compte de l’état de l’opinion publique française. 
 

2021 aura encore plus que 2020 mis tout ceci encore plus en exergue. Et la candidature d’Eric Zemmour en fin 2021 permet de mettre tout ceci encore plus en évidence. 
 
Pour conclure et confirmer mon analyse, je me réfèrerais à cet article de France 24 citant une étude du groupe britannique The Economist qui indique que les libertés démocratiques et individuelles ont reculé dans près de 70 % des pays du monde en 2020, à cause des restrictions provoquées par la lutte contre la pandémie de coronavirus.

https://www.france24.com/fr/europe/20210203-les-libertés-ont-fortement-reculé-en-2020-notamment-dans-les-démocraties

 

Je les suis moins cependant lorsqu’ils écrivent : 

 

«L'abandon volontaire de libertés fondamentales par des millions de gens a été peut-être une des occurrences les plus remarquables de cette extraordinaire année (...) mais nous ne pouvons pas conclure que le haut niveau d'acceptation des mesures de confinement signifie que les gens dévalorisent la liberté, a commenté Joan Hoey, responsable de l'étude. Ils ont simplement jugé, sur la base des preuves (...), qu'éviter des décès catastrophiques justifiait une perte de liberté temporaire, selon elle.»

 
Avons-nous eu le choix, nous français, d’accepter ou de combattre les mesures de confinement ? Dans notre monde de 2020 et de 2021, pouvions-nous partir dans le maquis pour combattre un gouvernement qui restreignait nos libertés publiques ? Avons-nous eu à choisir entre décès et perte de liberté publique ?

 

Je ne le pense pas. Nous n’avons pas eu le choix parce que ce gouvernement ne s’est pas présenté comme une armée d’occupation contre lequel on pouvait se révolter. Nous n’avons pas eu le choix parce que les médias ne se sont présenté comme des médias inféodés à un occupant étranger, mais comme des relais d’opinion de la seule vérité. Parce que ceux qui devaient défendre nos libertés publiques, comme les tribunaux et le Conseil constitutionnel ont failli, nous ont trahi, nous le peuple.

 

 

Saucratès


25/12/2021
0 Poster un commentaire

Sur les médias et le complotisme

Sur les médias et le complotisme

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 14 octobre 2021

Où je vous parlerais de l’attribution du prix Nobel (de la paix) à deux journalistes et de la liaison faite par les médias occidentaux avec la difficulté d’informer. Où je vous parlerais du débat actuel autour non pas de la liberté de la presse, mais autour de la propagation des rumeurs et/ou du complotisme. Et où je vous parlerais enfin de la position du Monde, comme de tant de journaux bien-pensants, sur la remise en cause de la Constitution et des idées de la droite et de l’extrême-droite souverainiste. 

https://static.blog4ever.com/2010/11/447196/B9F61CD9-6808-4A10-9047-4E43DB217F09.jpeg

Je vous parlerais donc en premier lieu de l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Maria Ressa et Dmitry Muratov. Mme Maria Ressa est la fondatrice du site d’information philippin indépendant Rappler, tandis que M. Dmitri Mouratov est le rédacteur en chef du journal russe Novaïa Gazeta, dont plusieurs membres de la rédaction ont été tués, dont Anna Politkovskaia.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/11/liberte-de-la-presse-le-nobel-un-appel-a-l-eveil_6097882_3232.html

  

Selon l’éditorial du Monde, «C’est un appel à l’éveil, un signe bienvenu, contribuant à la prise de conscience des nombreuses menaces qui pèsent sur la liberté d’informer et sur celles et ceux qui incarnent ce combat. Dans de nombreuses régions, ce droit régresse».

 

Alors certes, l’activité de reporters est un métier à risque dans de nombreux pays au monde, et ce Prix Nobel de la Paix est une belle récompense et un beau symbole. Mais je différencie l’activité journalistique dans ces pays à risque, et en Occident où les journalistes s’érigent en censeurs, en supplétifs du pouvoir !

 

Prendre des photos et des vidéos des exactions des gilets jaunes ou des contestataires du pass sanitaire, est-ce cela une activité à risques ? Abonder dans le sens du pouvoir en ressassant des éléments de langage sur les plateaux de télévision pour préparer les téléspectateurs aux mesures sanitaires, est-ce un métier à risque ? Mener des croisades religieuses contre un président élu, contre des gouvernants élus parce que leurs positions sont diamétralement opposées aux valeurs libérales affichées par ces médias, est-ce cela un métier à risque ?

 

Non. Mais cela fait naître un sentiment de haine vis-à-vis des médias et des journalistes, même en Occident. Les gilets jaunes n’ont aucune confiance dans les journalistes qui les fliquent et leur tendent des pièges, et je les comprends. Les républicains aux Etats-Unis n’ont également aucune confiance dans les médias à plus de 90% démocrates et on les comprend.

 

L’activité de journaliste peut devenir risquée même en Occident mais ce sera la responsabilité des médias occidentaux qui auront cessé d’informer objectivement pour prendre parti pour la classe sociale des prédateurs de l’ultra libéralisme. On n’a pas le droit d’essayer de manipuler les opinions publiques en les aveuglant pour l’intérêt d’une minorité, sans prendre le risque que l’opinion publique se réveille et ne s’en rende compte.

 

Ce Prix Nobel est en fait une autre manipulation des consciences : essayer de nous faire croire que le journalisme est une belle et une saine chose, et non l’hydre qui nous aveugle et nous manipule pour ses propres croisades et pour l’intérêt d’une minorité de privilégiés !

 

Le gouvernement Macron n’est pas en reste dans cette manipulation médiatique avec la création de son observatoire du complotisme.

 

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/pourquoi-et-comment-emmanuel-macron-a-decide-de-s-attaquer-au-complotisme_2159232.html

 

On aime ou on n’aime pas les personnalités (pour ma part, je ne supporte pas les thèses de Rudy Reichstadt, directeur de l'observatoire du complotisme Conspiracy watch, également membre éminent de cette commission) qui sont dans cette «commission Bronner» chargée de «mesurer les dangers du numérique sur la cohésion nationale et nos institutions afin de mieux y faire face», mais on ne peut que s’inquiéter de voir un pouvoir gouvernemental, cherchant à se maintenir à la tête de l’Etat par tous les moyens, user de ce type de moyens pour combattre ses adversaires politiques : le peuple.

 

Gérald Bronner ne disait pas autre chose en 2015 : «Par théorie du complot, il faut entendre simplement une interprétation des faits qui conteste la version officielle.» (numéro 449 de la revue Pour la science)

 

Et c’est exactement ce qu’est le complotisme autour de la pandémie de Covid 19 et autour des vaccins : «une interprétation des faits qui conteste la version officielle». Rien d’autre que cela. Et c’est cela qui fait si peur aux puissants et à ce gouvernement. 

D’un côté les élites et les sachants, ceux qui sont autorisés à parler, ceux qui disent ce qui est bien de dire, ce qui est autorisé de dire, ceux qui obéissent aveuglément aux ordres qu’on leur a donné, que les autorités, quelques qu’elles soient, leur ont donné, et de l’autre coté, le peuple, ceux qui n’ont pas la légitimité administrative de parler, de s’exprimer, de donner leur opinion dès lors qu’elle contredit le discours officiel. Théorie du complot, complotisme, conspirationnisme.

 
«Le problème clef pour moi, c'est l'écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales, celle de quelqu'un qui n'est pas spécialiste mais a un avis sur le virus vaut la voix d'un scientifique, alertait le président. C'est ce poison qui nous menace.» Emmanuel Macron, décembre 2020, L’Express

 

Il y a un autre regard possible sur cette question du complotisme et du conspirationnisme, comme l’indique le journal Marianne.

 

https://www.marianne.net/agora/commission-bronner-et-si-on-surestimait-limportance-du-complotisme

 

«Quand certains experts sont enrôlés dans la commission anti-complotisme lancée mercredi 29 septembre par Emmanuel Macron, d’autres chercheurs questionnent la place prise par l’obsession pour ce phénomène qui, selon eux, en dirait plus sur les fantasmes des gouvernants que sur l’ampleur réelle du conspirationnisme.»

 

Je conclurais sur un dernier sujet, autour des prises de positions du Monde cherchant à rapprocher Droite et Extrême Droite autour des atteintes à la Constitution et aux règles d’un Etat de droit. 

 

https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2021/10/05/presidentielle-la-droite-et-l-extreme-droite-a-l-assaut-de-la-constitution_6097225_6059010.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/05/il-est-devenu-de-la-derniere-mode-d-en-appeler-a-des-referendums-constitutionnels-pour-contester-les-normes-europeennes_6097127_3232.html

 

Le Monde a donc pris parti dans l’arène politique, comme par le passé, mais c’est son changement d’adversaires qui m’a initialement déboussolé. J’ai toujours pensé que Le Monde était un journal de gauche, par opposition au Figaro qui était le journal de la Droite. Et l'irruption d’Emmanuel Macron, ex-ministre de gauche menant une politique de droite, comme les socialistes qui l’avait précédé, m’a déboussolé. Mais il n’en est rien. Le Monde, comme les autres journaux progressistes ou bien-pensants, est un journal libéral, de tout temps. Son ennemi, d’hier et aujourd’hui, reste non pas la droite, mais la droite souverainiste. Et son combat aujourd’hui est de faire reconnaitre, dépeindre, Macron comme le représentant de la Droite libérale, et de ringardiser Les Républicains en les présentant comme un parti fini de droite souverainiste. Que les alliés du jour soient les socialistes lorsqu’ils sont au pouvoir, ou Macron et la clique d’opportunistes de droite ou de gauche qui l’ont suivi depuis 2017, tout ceci n’est pas important. L’important est de défendre une idée, stupide et dangereuse : vendre la France, dissoudre la France et son histoire dans un melting pot libéral, LGBTQ+, où les sexes, l’origine, la couleur de peau n’existera pas, sans s’apercevoir que le monstre est déjà tapi dans l’ombre, non pas les chemises brunes des souverainistes, mais les djellabas blanches des terroristes islamistes. 

 
J’aime Le Monde parce qu’à une époque, je me reconnaissais dans la manière dont ce journal dépeignait la situation sociale des pauvres, des employés, des fonctionnaires et leurs luttes. Mais c’était il y a longtemps, quand la réflexion sociale au Monde n’avait pas été remplacée par les délires féministes, LGBTQ+, la défense du mariage gay, de la procréation assistée pour tous, la haine des gilets jaunes, la détestation des anti-pass-sanitaires, le mépris du peuple et de la France des campagnes, et l’admiration éperdue vis-à-vis de leur leader et Maitre à penser Emmanuel Macron !

 

Conclusion de tout ceci, à laquelle vous avez certainement dû arrivé tout.e seul.e  : je suis un putain de complotiste !

 

 

Saucratès 


14/10/2021
0 Poster un commentaire