Critiques de notre temps

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L'affaire de la photographie recadrée de Vanessa Nakate ou quand l'absence d'hommes de cette photographie me paraît bien plus problématique

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 30 janvier 2020

 

Le Journal L'Humanité et Mme Vanessa Nakate font un scandale parce qu'une agence de presse internationale a retouché une photographie pour faire disparaître une personne d'origine africaine. Mme Vanessa Nakate est ougandaise, il semble qu'elle est 23 ans, et elle semble lutter contre le réchauffement climatique. Elle aurait fondé un mouvement contestataire intitulé Rise Up Movement.

 

Elle participait au forum de Davos et elle aurait participé le vendredi 24 janvier 2020 à une conférence de presse aux côtés de quatre autres activistes européennes, Mmes Greta Thunberg, Loukina Tille, Luisa Neubauer et Isabelle Axelsson. Et le photographe de l'agence AP aurait osé recadrer la photographie ci-dessous en la faisant disparaître. 

 

vanessa nakate.jpg

 

Toute la blogosphère s'est donc enflammée pour cette atrocité, que dis-je cette insupportable injustice. Mme Vanessa Nakate se pose en victime du racisme et se demande, entre autre chose, si «une activiste africaine doit-elle se positionner au milieu d’une photo juste à cause de la peur d’être coupée ?» De son côté, Twitter sort un tag signifiant «vous ne pouvez pas effacer la mélanine» #YouCantEraseMelanin.

 

AP-Cropped-Image-Climate-Activists.jpg

 

Et ainsi de suite. On a aussi droit à des articles du Journal Le Monde, de Courrier International et donc de L'Humanité. Et tout cela pour une simple photographie recadrée pour faire disparaître un immeuble disgracieux et une jeune femme noire ?

 

https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/01/28/j-ai-compris-la-definition-du-mot-racisme-la-militante-vanessa-nakate-rognee-d-une-photo-au-forum-de-davos_6027541_4832693.html

 

Il n'y a pas très longtemps, j'ai retrouvé un article de presse d'un obscur journal antillais qui rendait compte de la réception au ministère des finances de syndicalistes des départements d'outre-mer. L'article était accompagné d'une belle photographie de mes collègues domiens. Mais le blanc que je suis n'avait même pas été ni interviewé ni photographié. Exclu tout simplement. Pas simplement recadré. Je me suis senti victime du racisme ? Non même pas. Juste victime de la connerie humaine. De rien d'autre.

 

Dans cette histoire, le photographe est peut-être pas très doué s'il n'a pas vu l'immeuble disgracieux qui rentrait dans la composition de sa photographie. Et même s'il avait l'intention de recadrer cette photographie dès la prise de vue, il faudrait malgré tout qu'on m'explique s'il existe vraiment un droit à être photographié ? 

 

Mais ce qui me choque le plus dans cette photographie sur les activistes participant au forum de Davos, c'est l'absence de tout homme sur cette photographie. Quatre (ou cinq) jeunes femmes devant l'objectif du photographe, mais pas une seule personne de sexe masculin ! Et cela, cela ne semble choquer personne ? 

 

Personnellement, je trouve bien plus choquant que personne ne soit choqué que Mme Greta Thurnberg ne soit entourée que de jeunes femmes pour parler de l'activisme politique au forum de Davos, plutôt que le fait Mme Vanessa Nakate ait été recadrée et supprimée dans la photographie publiée ! Mme Greta Thurnberg nous fera-t-elle l'honneur, à nous les hommes, de nous manifester également son soutien ?

 

Je vous rassure, j'ai noté que sur une autre photographie, cette jeune femme était placée au centre du groupe d'activistes pour qu'elle ne puisse plus être éliminée de la photographie. Ces jeunes femmes étant exactement habillées de la même manière que sur l'autre photographie litigieuse, les deux photographies doivent avoir été prises le même jour. Tout ceci ne serait donc qu'un scandale habilement orchestré ?

 

Vanessa-750x375.jpeg

 

Mais il n'y a toujours aucun homme sur cette photographie. La lutte contre le réchauffement climatique aux côtés de Greta Thurnberg et la participation au forum de Davos semblent être réservées aux seules jeunes femmes !

 

La morale de cette histoire ? Bizarrement, l'absence d'égalité entre les sexes ou entre les races ne semble gêner que lorsque ce sont les femmes ou les personnes de couleur qui sont exclues ou en nombre insuffisant, et jamais dans le sens inverse ! Mais je sais parfaitement que cette morale que je tire de cette histoire n'est pas politiquement correcte, n'est pas #meetoo compatible.

 

 

Saucratès



31/01/2020
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