Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

La France, un régime autoritaire

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 10 mars 2019

 

Les grands donneurs de leçon m´ont toujours fait me tordre de rire. Surtout quand cela eux-mêmes sont les derniers à mettre en application leurs propres recommandations. Faut faire ci. Faut faire ça. Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Dans le domaine politique, Emmanuel Macron en est un parfait exemple, ou plutôt contre-exemple. Il a donc souhaité expliquer à tous les peuples européens son projet européen ! Traduit en douze ou treize langues ! Pourquoi vos gouvernements sont nuls ou populistes. Et pourquoi mon projet européen est mieux que le vôtre (ou le leur) ! Diantre ! Quel programme ! Vive l'Europe qui ne marche que dans le sens qui m'intéresse. J'ai moi le droit de m'adresser à vos peuples pour leur donner ma bonne parole. Mais gare à vous si vous osez vouloir rencontrer certains de mes opposants, comme dans le cas de l'Italie qui a osé vouloir rencontrer un groupe de gilets jaunes francais candidats aux élections européennes ! Vive l'Europe des marchés qui ne marche que dans le sens que je decide. Mais gare à vous si l'Etat néerlandais decide de prendre également la même participation que mon pays dans une société qui se trouve etre aussi importante pour lui ! Mais l'Europe de Macron ne marche pas comme ça ! L'Europe de Macron n'est en fait pas une démocratie ! C'est une Europe qui fonctionne comme la France fonctionne. Une Europe où les Gros, les Puissants ont tous les pouvoirs, et où les petits obéissent, servilement, humblement, à leur place. Que ce soit des petits pays, et les Pays-Bas ou l'Italie sont des petits pays dans l'Europe de Macron, de même que la Hongrie d'Orbán.

 

Donc oui, Macron le donneur de leçon m'amuse. Le Macron qui reconnaît la légitimité d'un opposant politique non élu m'amuse aussi. J'imagine aussi qu'il applaudirait de la même manière un gilet jaune décrétant que ce dernier représente la France s'il se faisait investir pour la foule des Gilets jaunes en tant que Président de la République française. J'imagine ainsi très bien Macron reconnaître la légitimité d'un tel Monsieur Drouet dans ses prétentions à accéder à la présidence de la république, en dehors de tout cadre électoral !  De la même manière qu'il reconnaît la légitimité de l'adversaire autoproclamé de M. Maduro. Il accepterait de la même manière que des dirigeants politiques d'autres pays reconnaissent la légitimité de M. Drouet (par exemple) et le reconnaisse comme le véritable représentant de la France ! Sinon, pour quelle raison ose-t-il reconnaitre la légitimité du candidat des manifestants vénézuéliens contre le President Maduro au Venezuela ? 

 

Grande question en rapport : La France est-elle une démocratie ? Ou bien est-elle un Régime autoritaire, comme tous ceux que l'on condamne régulièrement dans la presse bien-pensante ? A quoi reconnait-on un régime autoritaire ? J’utiliserais pour y répondre une définition trouvée dans un article du Monde Diplomatique, pour y décrire la Guinée comme un État autoritaire. «Des forces de sécurité qui font un usage excessif de la Force contre les manifestants". Driante, j'ai l'impression que cela décrit très précisément la France de Macron, dans la volonté de son gouvernement de casser et de frapper le mouvement des gilets jaunes. Deuxieme argument utilisé par les journalistes pour décrire un État autoritaire : «des journalistes, des défenseurs des droits humains et les personnes qui s'expriment contre le gouvernement sont arrêtées arbitrairement». Là encore, cela me rappelle comme deux gouttes d'eau les arrestations arbitraires décidées dans l'ensemble de la France à l'encontre des gilets jaunes pour leur interdire de se rassembler contre la politique du gouvernement, en criminalisant le port du moindre outil ... pratiquement si les juges ne condamnent pas des automobilistes détenteurs de cric dans leur voiture, s'ils sont interceptés la veille d'un samedi ou un samedi matin ! Et quand on parle des journalistes, ce gouvernement désormais separe les bons journalistes (ceux qui sont à sa disposition, qui chantent les louanges de Macron ... comme Le Monde, Le Figaro ...) et les mauvais journalistes (bizarrement ceux qui sont à l'écoute du mouvement des gilets jaunes) ... Evidemment pas BFM TV qui filment les gilets jaunes pour mieux consigner les moindres de leurs dégradations et les transmettre aux autorités compétentes !  

 

Troisième argument relevé par les journalistes du Monde Diplomatique, pour dépeindre la Guinée (non pas la France mais cela y ressemble encore comme deux gouttes d'eau) : «l'impunité qui demeure monnaie courante». Là encore, on pourrait croire que cette description a pris la France comme cible. L'impunité des forces de l'ordre est patente malgré les blessures de manifestants. Bizarrement, les journalistes de BFM TV ou des autres médias ne prennent jamais en reportage les violences dont sont victimes les gilets jaunes ; seulement celles dont ils sont responsables ! Le gilet jaune énucléé sur Paris, pas de nouvelles. Par contre le moindre gilet jaune attrapé est prestement reconnu puis condamné, comme le boxeur de gendarmes mobiles d'un pont à Paris. Il faut aussi parler de l'impunité des politiques proches de Macron ; évidemment pas ceux qui étaient en travers de son chemin à l'encontre desquels la justice s'est prestement attaqué, et à l'égard desquels les médias rivalisaient de gros titres lorsqu'ils étaient susceptibles de battre ou de gêner l'election puis la mise en œuvre de la politique de Macron : Francois Fillon, Francois Bayrou ...

 

L'élection même de Macron en 2017 est aussi un problème. C'est un peu comme en 1848. On a compris apres coup pourquoi Louis Napoleon Bonaparte avait été élu brillamment, à l'encontre de tous les pronostics, comme premier président de la Seconde République. Parce qu'il était le neveu de l'empereur Napoleon. Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il été élu en 2017 ? Quand le découvrirons-nous ? A-t-il eu une couverture médiatique particulièrement avantageuse ? Et du fait de quelles personnes ? A-t-il bénéficié d'appui dans les deux principaux partis politiques opposés où les candidats, trop à gauche ou trop catholique, auraient conduit certains de leur camp à le rejoindre et à faire campagne pour lui, contre leur propre candidat ?

 

La France est-elle donc un État de droit ou bien plutôt un État autoritaire, où même l'élection présidentielle puis législative qui avait suivi avaient été manipulées, trafiquées ? A-t-on quelque chose à envier à La Russie de Poutine ou à La Turquie d'Erdogan. À part un comique qui se croit autoriser à donner des leçons à L'Europe entière ?

 

 

Saucratès



10/03/2019
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