Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Mouvements sociaux


Manifestations, manifestants, émeutiers et retraite

Saint-Denis de la Réunion, dimanche 15 décembre 2019

 

Quelques mots sur le sujet des retraites et des manifestations. Comment pourrais-je parler du temps présent sans les évoquer ? Les syndicats ont-ils des raisons légitimes de contester ce projet du gouvernement, cette réforme promise par le candidat Macron ? Et comment pourrait-on vouloir des manifestations qui se déroulent dans le calme (et sans blocage) alors que le gouvernement met en place un programme sécuritaire monstrueux en vue de se protéger de tout potentiel dérapage (ou au contraire pour inciter à l'affrontement afin de discréditer ce mouvement social). 

 

J'écris tout ceci de très loin, à 9 ou 10.000 kilomètres de distance de Paris. Le soleil se couche, un ciel sans nuage me surplombe sur ma terrasse, et il fait très loin d'y faire les températures hivernales parisiennes. Mais il y a une semaine, j'étais au cœur de la zone occupée de Paris, à tenter de m'extraire des mailles de la nasse qui enfermait la place de La République à Paris, au cœur de l'appareil sécuritaire protégeant Macron et ses ministres, ses députés et les hauts (ou petits) fonctionnaires qui le serve. Un pouvoir qui tient par la peur et la contrainte d'un appareil policier peut-il encore être appelé un gouvernement democratique ? Je ne le pense pas. Pour la même raison que l'on ne peut pas dire que le Vénézuela de Maduro est encore un régime démocratique. 

 

Je lisais ainsi un article du Journal Le Monde qui tentait d'expliciter le phénomène «black blocs». Un article écrit par Sylvain Boulouque, enseignant à l'ESPE, intitulé «Loin des visions complotiste sur les black blocs ne sont pas une création de la police» (Le Monde du 5 décembre 2019). Son interprétation de ce phénomène «black blocs», c'est que c'est «une pratique manifestante à laquelle toute personne peut se joindre.»

 

«... Derrière les coupe-vent, les sweet-shirts noirs et les lunettes de piscine, n'importe quel manifestant - femme ou homme, jeune ou moins jeune, de toutes catégories socioprofessionnelles - pas forcément violent, peut, en adoptant cette tenue, se montrer solidaire sans participer à l'affrontement.

 

Il existe (je continue de le citer) une partie importante de la population prête à remettre en cause l'ordre imposé, soit en donnant un autre cours à une manifestation officielle soit dans des affrontements directs avec les forces de l'ordre. Il suffit de suivre certains concerts de rap ou de rock, de se pencher sur les statistiques de consultation des sites pro-insurrection ou d'observer les comportements des manifestants, pour constater qu'il existe en France actuellement une certaine sympathie pour ces pratiques.

 

La tentation émeutière demeure minoritaire mais elle attire et participe d'une nouvelle forme de révolte mondialisée, une contestation qui s'étend de Hongkong à Santiago en passant par Paris et, loin des visions complotistes, qui défie les pouvoirs.»

 

Je ne le rejoins pas totalement à ce sujet. C'est selon moi la violence policière (et accessoirement la haine d'un gouvernement considéré comme illégitime) qui créé lui-même les conditions d'apparition du mouvement «black blocs». Evidemment, je ne parle pas de la poignée de manifestants professionnels, ultra-gauchistes ou d'extrême-droite, comme il y en a toujours eu depuis les années soixante et pour lesquels combattre la police et le gouvernement est leur principale activité, leur principale raison d'être et leur raison d'exister ! Et pourtant, même pour eux, la violence policière et d'Etat est la principale explication de leur radicalisation. Ils ne combattent que parce qu'il y a une force policière à combattre. Le droit de manifester n'est plus en droit reconnu en France et l'ultra-gauche comme l'extrême-droite ne sont aujourd'hui que la résultante de ce droit bafoué ! Evidemment, les violences de l'extrême-droite préexistaient sans lien avec l'existence de la police, de même que des mouvements terroristes d'extrême gauche comme «Fraction Armée rouge» ou «La bande à Bader». Ce n'est pas ce que je dis.

 

Ce que je dis, c'est que n'importe quel manifestant pacifiste, bon père de famille, normalement constitué, peut se radicaliser, peut se transformer en un «black bloc», dans une manifestation, confronter à la violence policière, à la violence institutionnalisée et autorisée ... Ce qui n'est pas très différent de ce qu'écrit Sylvain Boulouque ... Mais là où je m'en séparerais, c'est que je ne pense pas que ces personnes «remettent en cause l'ordre imposé». Selon moi, tout manifestant peut se radicaliser et se transformer en «black bloc» face à la violence illégitime et institutionnalisée des forces de l'ordre, quelque soit son âge, son origine, son milieu social. Pour l'avoir moi-même vécu, face aux violences policières, on peut facilement basculer dans des scènes de guérillas et voir dans les militaires qui nous font face un ennemi à abattre.

 

La disproportion des moyens engagés, des deux côtés des manifestations, que j'ai pu mesurer jeudi dernier place de la République à Paris, alors qu'il fallait un sacré courage pour affluer place de la République, devant l'immensité des moyens militaires mis en œuvre pour cadenasser cette place le long de toutes les artères y menant, alors que tout avait été prévu pour les forces de l'ordre pour transformer cette place en une souricière, entourée de milliers de militaires armés de fusils mitrailleurs et de forces anti-émeutes ... cette disproportion est la principale explication de l'apparition du mouvement «black blocs».  

 

Au-delà de ces manifestations et des éventuels débordements, que puis-je écrire d'autre sur le sujet des réformes. Je citerais un livre relativement célèbre d'un grand économiste français, Thomas Piketty (livre écrit avec un autre économiste, Antoine Bozio), qui étudie et propose des pistes sur les systèmes de retraites («Pour un nouveau système de retraite: des comptes individuels de cotisations financés par répartition»).

http://piketty.pse.ens.fr/files/BozioPiketty2008.pdf

 

On pourrait croire que Thomas Piketty, qui est également à l'origine d'une autre innovation des présidents Hollande et Macron (à savoir le prélèvement de l'impôt à la source), est derrière le projet gouvernemental de réforme des retraites. Mais il n'en semble rien être, puisque Thomas Piketty est signataire d'un appel à s'associer aux mouvements jaune, vert, rouge, noir ou arc-en-ciel publié également dans le Monde du 5 décembre 2019, qui vise à soutenir «celles et ceux qui luttent» :

 

«Face aux offensives d'un gouvernement néolibéral et autoritaire, nous estimons qu'il est de notre responsabilité d'affirmer que notre présent et notre avenir émergeront des luttes sociales et politiques ...»

 

Sur le fond de ce sujet, à savoir le principe et la nécessité même d'une réforme de notre régime de retraite, il me faudra un autre article. Ce qui me semble malgré tout frappant, c'est que derrière l'idée érigée en dogme du gouvernement de créer un régime universel unique afin de faire disparaître supposément l'ensemble des régimes spéciaux, le gouvernement oublie et tait l'existence de certains régimes spéciaux auxquels ils ne s'attaquent pas, les plus iniques et les plus avantageux, comme ceux des ministres, des députés ou des sénateurs (cf. lien). Ou bien le recul très rapide du gouvernement sur le régime spécial des policiers et des gendarmes qui avaient menacé eux-aussi de rejoindre le mouvement de grève, ou plutôt de faire grève. Ce régime spécial des policiers continuera donc d'exister (cf. lien). Exit donc Le principe même d'un régime universel unique ! Comme par le passé, il existera des régimes spéciaux, mais ils concerneront seulement les nouveaux maîtres de notre société et leurs chiens de garde. Mais ces régimes spéciaux ne doivent plus profiter aux petits besogneux présentés comme des nantis, tels les cheminots, les fonctionnaires ...

 

Et aujourd'hui, le gouvernement entend faire pression sur les cheminots pour qu'ils fassent une pause pendant les fêtes de Noël ?

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/12/15/greve-dans-les-transports-la-treve-de-noel-franchement-pour-nous-c-est-non-dit-laurent-brun-de-la-cgt-cheminots_6022975_823448.html

 

Dernier commentaire sur ce projet de réforme des retraites de ce gouvernement, au sujet du hold-up que représente cette décision de transférer sur les réserves financières de tous les actifs, des caisses de retraite complémentaires, des réserves récupérées sur les régimes spéciaux, les engagements de retraites dûs au titre de la carrière passée des fonctionnaires, enseignants et autres. L'Etat français et les collectivités territoriales peuvent-ils transférer à la collectivité des engagements de retraites qu'ils se sont engagés statutairement à payer aux fonctionnaires lors de leur départ en retraite, sans verser au nouveau régime supposément universel les réserves financières correspondant aux engagements qui sont transférés ? Aujourd'hui, les retraites versées aux fonctionnaires retraités sont imputées sur le budget de l'Etat ou des collectivités territoriales. Il s'agit d'une dépense publique au même titre que le paiement des traitements des fonctionnaires. Demain, avec cette réforme prétendument universelle, les retraites des fonctionnaires seront payées comme pour tous les retraités à l'aide des cotisations perçues par l'ensemble des salariés, fonctionnaires compris vraisemblablement, mais le coût pour le budget de l'Etat en sera vraisemblablemment allégé. L'Etat peut-il transférer à des institutions privées ou un établissement public une charge sans en transférer les produits correspondants ? En transférant versement des retraites aux fonctionnaires retraités à cette nouvelle caisse, en transférant seulement des cotisations pour les droits futurs, mais sans couvrir les engagements dûs au titre des années de carrière passées de ces fonctionnaires, l'Etat ne lui transfere-t-il pas une charge future sans lui avoir fourni les recettes correspondantes ?

 

Ce «gouvernement néolibéral et autoritaire» ne craint aucune honte, aucune manipulation, aucune forfaiture !

 

 

Saucratès


15/12/2019
0 Poster un commentaire

Du traitement médiatique du mouvement social du 5 décembre 2019

Saint-Denis de La Réunion, samedi 7 décembre 2019

 

A quel jeu jouent les médias qui servent à nous informer ? Bien avant la grève du jeudi 5 décembre 2019, ils ne cessaient de se faire l'écho de l'importance à venir de ce mouvement social, de la convergence en cours des différentes colères, des différentes luttes, qui semblaient pouvoir se rencontrer à cette occasion, contre ce projet gouvernemental de réforme des retraites. Et, même s'il ne faut pas s'en plaindre, leur traitement de l'information le jour venu ne fut pas une occasion de minimiser une nouvelle fois les manifestations et le nombre de manifestants. Bien au contraire. Ils titraient sur «des syndicats légitimés». Puis le lendemain venu, ces mêmes médias titraient sur les réponses possibles du gouvernement. «Le gouvernement sous pression». Ils titraient même déjà sur la fin du mouvement social, comme si le gouvernement avait déjà lâché des concessions majeures.

 

Et c'est là que le danger guette. Ce mouvement social que les médias ont légitimisés, jouant contre le gouvernement, ils peuvent tout autant le rendre invisible médiatiquement, illégitime s'ils décident de considérer que de possibles annonces du gouvernement sont des avancées majeures qui retirent tout objet à la grève. Les médias n'ont-ils pas une autre raison de s'attaquer, de s'opposer à ce gouvernement que la simple bonne volonté de rendre compte, d'offrir une bonne couverture de l'information ? La raison pourrait elle en être l'institution d'un conseil de l'ordre des médias qu'ils combattent, de cette institution d'une commission de déontologie de la presse écrite ? Pour faire reculer le gouvernement sur ce conseil de l'ordre, sur ce conseil externe de déontologue, ne cherchent-ils pas à démontrer au gouvernement leur pouvoir de nuisance, pour faire reculer le gouvernement sur le sujet qui les intéresse réellement, ce conseil de l'ordre ?

 

Une manière de rappeler à ce gouvernement que, de la même manière qu'ils ont pu favoriser son élection et lui donner une légitimité, les médias peuvent tout autant donner de l'importance, offrir une caisse de résonance à ce mouvement social, aider les syndicats à mobiliser leurs troupes en présentant leur combat comme légitime. 

 

Car le traitement de la grève du jeudi 5 décembre, rompt avec le traitement de tous les autres mouvements de grève, toutes les autres manifestations depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Voilà un mouvement social qui n'est pas ridiculisé, dont l'importance n'est pas remise en cause, mais qui bien au contraire, est mis en avant bien avant le 5 décembre, de façon à ce que le gouvernement, les décideurs n'oublient pas que ce mouvement arrive et qu'il sera un obstacle majeur sur leur route. Un test majeur. Je ne peux en déduire qu'une chose. Soit les médias ont une capacité invraisemblable à capter l'essence du temps, la réalité des choses, et je ne peux là que m'extasier devant la qualité de leur capacité à appréhender le réel, les événements qui vont arriver ; soit les médias ont démontré une nouvelle fois à cette occasion leur capacité d'influencer leurs auditeurs, leurs lecteurs, leur public en arrivant à les persuader qu'il leur fallait manifester ce jour-là, malgré les risques d'affrontement.

 

Ou bien y a-t-il un peu des deux ? 

 

Car pour avoir été autour de la place de la République ce jour-là, il fallait du courage pour s'enfoncer dans ce qui ressemblait à une souricière, passer devant ces milliers de forces de l'ordre, ces milliers de fourgons alignés les uns derrière les autres dans toutes les avenues ou rues menant à la place de la République, ces gendarmes ou ces militaires armés de fusils mittrailleurs, prêts à en découdre, prêts à refermer la nasse, un peu comme un poisson qui verrait des milliers de pêcheurs converger vers un même point où justement il lui faudrait aller ! Il fallait un certain courage ou une certaine forme d'inconscience pour se jeter ce jeudi 5 décembre dans le piège de la place de la République, à Paris ! 

 

Autre interprétation possible ... Ce traitement médiatique rompt notamment totalement avec le traitement réalisé à l'occasion du mouvement des gilets jaunes. Au minimum, les médias français (même au-delà du Monde) semblent très favorables à ce mouvement de contestation, comme si ce mouvement leur était intelligible, à la différence du mouvement des gilets jaunes !

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/12/07/reforme-des-retraites-les-syndicats-maintiennent-la-pression_6022028_823448.html

 

 

Saucratès


07/12/2019
0 Poster un commentaire

Mouvements sociaux et représentativité

Saint-Denis de La Réunion, mercredi 21 février 2019

 

Une scène récente dont les journaux télévisés ont rendu compte m'a rendu perplexe ; celle de ces jeunes lycéens et étudiants qui avaient envahi vendredi après-midi le ministère parisien de la transition écologique et solidaire (ex-écologie et développement durable), mais qui ont refusé de désigner une délégation en leur sein pour être reçu par le ministre. Alors que certains des étudiants et des lycéens présents semblaient vouloir désigner une délégation apte à être reçue, une autre partie du groupe refusait une telle désignation et souhaitait que la négociation est lieu dans la cour du ministère, en public, devant tout le monde.

https://etudiant.lefigaro.fr/article/greve-pour-le-climat-lyceens-et-etudiants-jugent-l-ecologie-delaissee_0c7fa1c6-313b-11e9-9f0e-0e92effe80a7/

 

J'ai vu dans cet épisode surprenant une conséquence du mouvement des gilets jaunes, puisque c'est justement le mode de fonctionnement privilégié des gilets jaunes, remettant en cause et refusant de reconnaître la légitimité de toute forme de désignation démocratique ou de toute forme de représentativité, et qui les conduit depuis trois mois à ne pas pouvoir se reconnaître de porte-parole ou de représentants. Épisode surprenant parce que l'ensemble des mouvements estudiantins ou lycéens ont toujours pu se doter de représentants, de dirigeants, de leaders, éventuellement facilement révocables, mais aptes à les représenter en coordination nationale ou face aux interlocuteurs du gouvernement. À ma connaissance, ce devait être l'une des premières fois où un mouvement étudiant se refusait à participer à ce dialogue qu'ils semblaient appeler de leurs vœux ... Sinon pourquoi se rendre dans un ministère ? 

 

J'ai senti dans cet épisode l'influence des gilets jaunes. Mais à lire ou écouter Martin Gurri ou Nicolas Colin, il s'agirait d'un mouvement plus large, que Martin Gurri fait remonter aux années des printemps arabes.

 

«Autour de 2011, année du printemps arabe, il [Martin Gurri] a observé une rupture brutale dans le rapport du grand public à l’information. Dans le monde entier, des informations émanant d’individus sans affiliation ou d’organisations émergentes ont commencé à prendre l’ascendant sur celles issues de sources plus institutionnelles. Les idées se sont mises à être diffusées en réseau plutôt que d’être imposées par le haut. Les autorités autrefois les plus respectées, comme les pouvoirs publics, les grands organes de presse, les universités et les think tanks, ont été peu à peu marginalisées.»

 

L'article du Monde intitulé «Les réseaux d'individus sur internet se caractérisent par la colère» de Nicolas Colin

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/19/nicolas-colin-les-reseaux-d-individus-sur-internet-se-caracterisent-par-la-colere_5425080_3232.html

 

Le mouvement des gilets jaunes ne serait alors qu'un simple exemple d'un mouvement plus large de marginalisation des hommes politiques, des journalistes, des organes de presse et des intellectuels au sens large. Cet épisode d'occupation d'un ministère sans que ces jeunes ne soient prêts à désigner des représentants ne serait alors qu'un autre exemple de cette remise en cause de la légitimité de toute forme de représentation. 

 

Ces deux épisodes (gilets jaunes et occupation estudiantine) font apparaître un même malaise, plus facilement perceptible dans l'épisode estudiantin. Ces lycéens et étudiants ont énoncé une liste de revendications, et il appartient selon eux au ministre, au gouvernement, de les mettre en application. Il y a une forme d'autisme, de morgue et de suffisance chez ses jeunes étudiants ou lycéens. Cette certitude qu'ils connaissent une vérité absolue qu'il revient aux dirigeants de mettre en application, de mette en œuvre. Ces jeunes sont imbus d'eux-mêmes. Mais c'est peut-être tout à fait naturel, nous étions peut-être nous-mêmes comme ca lorsque nous étions jeunes ?

 

A un autre niveau, il y a certainement du comparable dans le mouvement des gilets jaunes, une même morgue, une même suffisance, les conduisant à s'estimer représentatifs de l'ensemble du peuple (cette même forme de représentation qu'ils refusent pourtant de reconnaître pour eux-mêmes) et qu'en tant que représentants du peuple réel, ils savent ce qui est nécessaire et ce qu'il convient de faire. Sauf que bien évidemment, la France des ronds-points est tellement dispersée, le nombre de gilets jaunes est tellement important, leurs idées sont tellement diverses et variées, leurs propositions sont tellement disparates, qu'ils sont pour l'instant apparemment incapables d'énoncer cette liste de revendications que le gouvernement pourrait être sommé de mettre en oeuvre, de mettre en application ! 

 

Cette analyse ne se veut pas néanmoins critique. Les hurlements indignés du gouvernement à l'encontre de toute personne insuffisamment critique des débordements de foule, de tout débordement lors des manifestations, me rendent bien plus malade à vomir que cette découverte d'un nouveau mode de fonctionnement qui ne serait plus représentatif, mais qui échoue aujourd'hui apparemment à fonctionner. De la même manière, l'acharnement judiciaire contre tel ou tel gilet jaune me semble tout autant inqualifiable. Que je pense au boxeur Christophe Dettinger condamné à 30 mois de prison, ou à des leaders des gilets jaunes, qu'ils veulent condamner à la prison pour appel à une manifestation non déclarée ! Et pendant ce temps là, des policiers et des gendarmes peuvent écloper ou énucléer des gilets jaunes sans être aucunement inquiétés, sans être poursuivis ! Le moindre dérapage est instrumentalisé pendant que ces pitres de LRM paradent à la télévision où se posent en défenseurs des veuves et des orphelins. Oui j'enrage !

 

Je pensais aussi aux hurlements indignés des députés de la majorité, si on les menace de la guillotine, ou bien si le president du mouvement Debout la France appelle à ne pas les laisser partir vivants du pouvoir ! Ces cris d'orfraie me laissent mort de rire !

 

Quelle peuvent être les conséquences de cette évolution/révolution des mouvements sociaux, car c'est bien de cela dont il est ici question ? Premièrement, ce mouvement atypique et incontrôlable a réussi ce qu'aucun autre mouvement n'avait réussi à faire depuis bien longtemps : perdurer trois mois durant malgré le froid, les intempéries et les fêtes de Noel.   Rares sont les mouvements depuis mai 1968 à avoir réussi à durer aussi longtemps. Il est donc incorrect de dire que ce mouvement à échouer à se structurer ou qu'il a échoué. Il s'est juste structuré d'une manière qu'on ne peut encore analyser, qu'on ne peut encore comprendre.

 

Deuxièmement, que peut devenir ce mouvement ? Comme au début des années 2010, est-il possible que comme au cours des printemps arabes, le mouvement des gilets jaunes peut-il conduire à un renversement victorieux du gouvernement de Macron et de ses séides ? Est-ce même souhaitable ? Après tout, de quoi les printemps arabes ont-ils accouché ? De gouvernements assez ressemblants à ceux qui les avaient précédés, après quelques temps d'anarchisme et de pillage. Les événements observés lors de ce dernier samedi, avec des menaces antisémites à l'encontre d'un grand philosophe, ou à l'encontre d'une de leur porte-paroles, pourraient devenir récurrentes et normales !

 

Certes ! Mais la criminalisation que conduit actuellement le gouvernement et les forces de police et de gendarmerie à l'encontre du mouvement des gilets jaunes et de toute contestation sociale, sur ordre du pouvoir, me semble tout autant dangereux et inacceptable ! Ce n'est pas seulement contre l'antisémitisme qu'il faudrait manifester ce mardi, mais aussi pour le droit de manifester, d'être écouté, d'être entendu et d'être respecté ! 

 

 

Saucratès


19/02/2019
0 Poster un commentaire

Les prémices d'un grand mouvement estudiantin et social

Réflexion une (jeudi 1er février 2018)

Sélection à l’université - Réforme du baccalauréat - Le gouvernement Macron-Philippe joue avec le feu et à l’apprenti sorcier

 

Le président de la République française pensait avoir trouvé la solution pour faire exploser les conservatismes sociaux des français. Il l’avait expérimenté avec la réforme du droit du travail menée tambour battant et au pas de charge entre l’été et l’automne 2017. Mener au pas de course une réforme qui l’on indique effectuée dans la plus grande concertation. La réforme des institutions représentatives du personnel est ainsi passée comme une lettre à la poste, grâce à la complicité bienveillante de certaines organisations syndicales qui y trouvaient un intérêt correspondant à leur marotte (la CFDT pour ne pas la citer et la représentation du personnel des toutes petites entreprises).

 

La solution est de mener réforme après réforme pour noyer les éventuelles oppositions et contestations. Etant obligé de combattre plusieurs réformes successives, conduites au pas de charge, les contestations sont sensées s’étouffer ; essoufflement aidé par le fatalisme des grands médias écrits qui encensent les réalisations de ce président de la République qu’ils avaient appelé de leurs vœux (et je pense ici à mon quotidien préféré, Le Monde, qui ne fait preuve d’aucune impartialité dans le traitement médiatique accordé au macronisme !). 

 

Les syndicats contestataires, les partis de gauche gauchistes, furent ainsi dans l’impossibilité de rallier l’opinion publique à leur contestation et à leur mobilisation. Ces partis et syndicats avaient en effet à peine commencé à mobiliser au sortir de l’été 2017 que les ordonnances étaient votées et publiées et que le gouvernement passait à un autre sujet de réforme : la réforme de l’indemnisation du chômage, la réforme de la formation professionnelle ...

 

Du côté pro-gouvernement, la CFDT, malgré une contestation de façade, a joué le jeu de la négociation avec ce gouvernement, soit-disant pour influer sur le texte ! Mais il ne faut pas oublier qu’ils étaient déjà prêts, lors d’une précédente négociation, à signer un texte approchant avec le patronat, supposé instituer les conseils d'entreprises. Seule l’impossibilité d’obtenir l’adhésion de trois syndicats représentatifs avait fait reculer le patronat, la CFDT et le gouvernement socialiste, sur un texte tout à fait comparable, voire encore plus réactionnaire ! Les apparentes contestations de façade de la CFDT ne sont ainsi vraisemblablement que de la poudre aux yeux. Et que penser de leurs réactions face à des élus CFDT leur demandant une mobilisation contre les textes des ordonnances, et de leur réponse : « regarder ce qu’est devenu la CGT, voulez-vous devenir comme elle ? ».

 

Donc évidemment, en matière de droit du travail, en matière de droit social, face à un front syndical désuni, la contestation syndicale ne pouvait pas prendre, évidemment ou plutôt malheureusement parlant. Et Macron a facilement gagné.

 

Mais cette belle machine bien huilée, cette belle idéologie de la réforme permanente, du déséquilibre institué en système peut-il résister à la grogne des étudiants, aux projets de réforme du lycée et de l’université souhaitée par le gouvernement Macron/Philippe ? La réactivation de la sélection à l'entrée de l'université, contenue dans le projet de réforme du logiciel APB, est une véritable poudrière qui risque d'exploser dans les prochains mois. Pour avoir connu les évènements d'octobre 1986, nés d'une contestation de la réforme du secrétaire d'état Alain Devaquet, je sais que cette simple idée d'une sélection à l'entrée à l'université risque de servir de catalyseur à une révolte massive, comme à tant d'autres moments lors d'autres mouvements estudiantin. Ce seul combustible, la réforme du logiciel APB et l'idée de mettre en place une sélection à l'entrée de l'université, peut faire naître un mouvement estudiantin, qui risque d'enfler jusqu'au mois de mai 2018. 

 

Le gouvernement pensait peut-être refaire le même coup qu'à l'automne 2017 en ouvrant un nouveau front avec le nouveau projet de réforme du baccalauréat. Macron et Philippe pensaient sûrement pouvoir nous refaire la même entourloupe. Que les jeunes ne sachent plus qui combattre, que contester. Mais si Macron ou Philippe, et ses conseillers savent parfaitement comprendre les organisations syndicales, et les diviser grâce à une proximité idéologique avec certains d'eux (Force Ouvrière et la CFDT), ils ne connaissent absolument rien aux jeunes. L'une des explications vient du fait que Macron ou Philippe n'ont jamais eu aucun rapport avec les organisations estudiantines et avec les mouvements estudiantins ou lycéens.

 

C'était l'une des principales craintes du gouvernement au sortir de l'été 2017 ; la conjonction, la cristallisation des contestations. Crainte qui ne s'est évidemment pas réalisée, face à un mouvement syndical divisée et face à une opinion publique partagée, tolérante. Mais dans le cas présent, en cette fin d'hiver 2018, et pour le printemps 2018, le risque, la probabilité d'une telle évolution, la conjonction d'une fronde massive des etudiants et des lycéens, conjuguées à la contestation des parents d'élèves et des enseignants, sans oublier le désir de revanche d'une organisation syndicale comme la CGT ou l'envie d'en découdre des militants CFDT ou FO, pourrait faire naître un mouvement social majeur, qui pourrait ressembler pour la premiere fois à ce que fut mai 1968. 

 

Et aussi intelligent, brillant et grand stratège qu'est notre ami Macron, il n'a ni l'aura du général De Gaulle ni l'appui d'un militaire comme le général Massu à Baden Baden. Ce serait une révolution, un retournement qui me plairait, qui me satisferait. Que ce président si extraordinaire, si jeuniste, si pimpant, déclenche un mouvement social si majeur qu'il ne l'emporte finalement ! Pour la première fois dans l'histoire de la Cinquième République. Ce serait une juste revanche de l'histoire, mais aussi une incroyable vengeance. Alors que des présidents impopulaires comme Sarkozy ou Hollande n'auraient pas connu le moindre embrasement social, il serait amusant que ce soit un président comme Macron qui soit emporté par une telle révolte.

 

Les premiers prémices de cet embrasement ont eu lieu aujourd'hui, avec des mouvements dans de multiples universités, à Paris et en province.

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/02/01/2-400-manifestants-a-paris-contre-les-reformes-de-l-universite-et-du-bac_5250547_4401467.html

 

Octobre 1986 avait commencé à peu près de la même manière, mais beaucoup plus tardivement, sur un petit projet  de loi abscon que pratiquement aucun étudiant contestataire n'avait lu. Avec un seul principal mot d'ordre : «non à la sélection !». Et les mêmes personnes bien pensantes avaient déjà beau jeu d'expliquer que la sélection existait déjà dans de nombreuses filières ! Comme aujourd'hui ... Selon ces personnes bien-pensantes, plus de la moitié des jeunes diplômés s'orientent déjà dans des filières sélectives. Mais rien ne peut y faire : le marqueur idéologique, c'est l'absence de sélection à l'entrée à l'université ! Et je me rappelle encore de ce que l'on chantait en 1986 : «Devaquet, si tu savais, ta réforme, où on se la met ! Au cul, au cul, aucune négociation ! » Cela doit bien rimer également avec Macron ou avec le nom du ministre de l'éducation nationale du gouvernement Macron/Philippe.

 

 

Saucratès


01/02/2018
0 Poster un commentaire

Mouvements sociaux (2)

 

Réflexion douze (16 août 2011)
Réactions politiques aux émeutes urbaines anglaises ...


Quatre nuits d'émeutes ont touché l'Angleterre la semaine dernière. A chaque fois, ces images de nuits enflammées surprennent. Les états concernés semblent dépassés par la violence de ces bandes de jeunes qui se déchaînent contre la société, contre l'autorité. Les états avoisinant se déclarent surpris qu'une société aussi moderne, aussi développée, puisse craquer de cette manière. Devant les images des émeutes londonniennes, on ne peut oublier les nuits d'émeutes que la France a connu ces dernières années, dans les banlieues parisiennes ou dans l'Est, parce qu'un ou des  jeunes avaient été tués par des forces de l'ordre, avaient été pourchassés par des policiers et qu'ils avaient trouvé la mort stupidement, ou s'étaient fait abattre alors qu'ils venaient de braquer un casino. Souvent, les états voisins expliquent doctement que de tels faits ne pourraient plus se produire chez eux, qu'ils se sont attaqués aux racines des problèmes des jeunes ... Leur étonnement n'a d'égal que l'étonnement de leurs voisins lorsque ces mêmes évènements explosent chez eux ... De telles émeutes se sont en effet produites aux Etats-Unis, en Grèce, en Italie, en France et en Angleterre, et certainement dans de nombreux autres états occidentaux ... Et elles continueront de se produire parfois pour un rien, parce qu'un jeune d'une communauté sensible sera passé à tabac ou abattu par la police, ou simplement parce qu'un excité l'aura décidé.

 

La réponse sécuritaire anglaise du gouvernement conservateur de David Cameron fera certainement date. Près de 3.000 émeutiers britanniques devraient être jugés une semaine seulement après ces faits, et les peines d'emprisonnement prononcées laisseront certainement des traces dans les esprits. De même, la condamnation pour recel de tous ceux qui acceptent de recevoir les biens volés pendant ces soirs d'émeutes serviront également de leçons. Enfin, les anglais ne badinent pas avec la loi et les prestations sociales. Les parents d'émeutiers verront leurs allocations sociales coupées en cas de condamnation d'un de leurs enfants et ils se verront également expulser de leurs logements sociaux au cas où ils en bénéficieraient ...

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/08/14/emeutes-en-grande-bretagne-tolerance-zero-contre-solutions-simplistes_1559582_3214.html

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/08/16/quatre-ans-de-prison-pour-deux-britanniques-qui-ont-incite-aux-emeutes-sur-facebook_1560307_3214.html

 

Faire payer à toute une famille le délit d'un de ses membres peut paraître injuste. Mais en même temps, comment combattre ces actes criminels d'incivilité lorsque les parents les excusent, les autorisent, les trouvent normaux, naturels, voire les encouragent ? Serait-il souhaitable que la France applique le même genre de sanctions et de politique sécuritaire dans le cas d'émeutes urbaines comparables ? Je le pense, même par un gouvernement de gauche. Car il s'agit bien d'un effondrement des valeurs morales au sein de nos sociétés occidentales modernes, traversées de courants communautaires qui ne se reconnaissent pas toujours dans nos institutions et nos valeurs, que nos sociétés de chômage de masse ne réussissent pas à intégrer socialement ...

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/08/15/david-cameron-veut-s-attaquer-a-l-effondrement-moral-de-la-societe-britannique_1559865_3214.html

 

La réponse anglaise est celle du tout-sécuritaire, de la tolérance zéro, de la responsabilité présumément automatique des parents ... C'est aussi le rejet de toute responsabilité sociale de la 'misère', de l'explication par le milieu social ! Comme si ce ne serait qu'un hasard que ces explosions de violence puissent avoir lieu à Clichy-sous-bois en région parisienne et non à Neuilly-sur-Seine ou dans le sélect Seizième arrondissement parisien ... Toute la question est de savoir quelle place faudrait-il accorder à l'excuse sociale et à la réponse ultra-sécuritaire ... Et il est certainement beaucoup plus pédagogique de jouer la carte ultra-sécuritaire de la responsabilité parentale, que d'excuser tous les débordements sociaux en expliquant que ce n'est pas la faute des gentils émeutiers poussés à la misère. 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/emeutes-de-gauche-a-droite-denoncer-avant-d-expliquer_1559915_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/emeutes-une-crise-d-un-nouveau-genre_1559936_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/emeutes-les-jeunes-ne-doivent-pas-etre-les-grands-oublies-des-projets-politiques_1559943_3232.html 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/une-revolte-mondiale-de-la-jeunesse_1560105_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/12/en-grande-bretagne-les-emeutes-urbaines-decoulent-des-inegalites-sociales_1558929_3232.html

 

 

Réflexion onze (3 novembre 2010)
Les bénéfices choquants de Molex ...


On se rappelle de l'affaire des Molex. Cette entreprise française, spécialisée dans la connectique automobile, fermée par ses actionnaires américains et dont les salariés licenciés s'étaient révoltés en 2009 et avaient même séquestré leurs dirigeants (ce qui m'avait semblé illégitime et condamnable). L'entreprise avait été fermée en octobre 2009 après onze mois de lutte de ses 280 salariés. Cette même entreprise avait également bénéficié fin mars 2010 du soutien du ministre du travail, Eric Woerth, pour licencier ses représentants syndicaux, malgré un avis contraire de l'inspection du travail du Tarn. A l'époque, un conseiller officieux d'Eric Woerth au ministère du travail, M. de Sérigny, travaillait également pour la société en investissement financier Atéma, qui collaborait avec les avocats (le cabinet d'avocats Mayer Brown) défendant les intérêts des dirigeants de la direction de Molex (les intéressés nient évidemment toute intervention).
http://www.ladepeche.fr/article/2010/08/21/892310-Affaire-Woerth-et-maintenant-Molex.html

Mais depuis septembre 2010, l'Etat français change désormais de ton à l'encontre du groupe américain Molex, suite au refus de ce dernier de financer le plan social de sa filiale française. Le gouvernement s'est d'abord associé à une plainte des salariés contre le groupe américain. Il appelle désormais les groupes automobiles français Renault et PSA de boycotter l'équipementier automobile américain. Ce dernier vient en effet de publier mercredi 27 octobre un bénéfice record au troisième trimestre 2010, et de proposer d'augmenter de 14,8% le dividende versé à ses actionnaires. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 897,7 millions de dollars, en hausse de 33% sur un an, et un bénéfice net de 75,1 millions de dollars contre une perte de 15,1 millions un an plus tôt.

«Les revenus et le bénéfice par action ont atteint un record absolu en septembre, les recettes étant même supérieures à ce qu'elles étaient avant la récession», a commenté le PDG Martin Slark dans un communiqué. «Compte tenu de ces revenus et profits record, couplés à une organisation plus efficace qui résulte de la restructuration, nous augmentons le dividende de 14,8 %, avec date d'effet au moment de son paiement en janvier.»

Evidemment, cette situation n'est pas très exceptionnelle. Des entreprises qui licencient parce qu'elles font des pertes une année et redeviennent très rentables dès l'année suivante ; cela se voit régulièrement. Parfois, ces entreprises ne font même pas de pertes, mais veulent simplement accroître leur rentabilité en fermant leurs sites et en recourant à de la sous-traitance.

Mais ces très bons résultats interviennent alors que Molex a annoncé récemment qu'en réponse aux plaintes déposées aux prud'hommes par des salariés, il allait cesser de financer le plan social de son usine de Haute-Garonne pour en laisser la charge financière à la collectivité. En septembre 2009, Molex avait accepté de verser 5,4 millions d'euros pour la réindustrialisation du site, l'Etat français garantissant 6,6 millions de prêts.

«Le ministre Estrosi a une nouvelle fois adopté une approche très agressive concernant notre situation en France», a répondu au cours de la semaine dernière la vice-présidente de Molex, Ana Rodriguez, en charge des ressources humaines, dans un entretien téléphonique à l'AFP. «Nous sommes très surpris que le gouvernement français interfère dans nos relations commerciales», s'est-elle étonné. «Il y a eu beaucoup de confusion entre les résultats que nous avons publiés pour l'ensemble du groupe et ce qui se passe en France». Selon Ana Rodriguez, la situation financière du groupe Molex dans son ensemble s'améliore grâce à la reprise économique en Asie et grâce au plan d'économies qu'il a mis en place et qui s'est traduit par des fermetures d'usines. Concernant la situation de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), fermée en 2009, «elle n'était pas rentable», a fait valoir la dirigeante du groupe américain. «Nous avons payé plus de 90 % de nos obligations, nous sommes toujours prêts à négocier (...) mais nous voulons parler avec des gens raisonnables qui respectent leurs engagements et ce n'est pas le cas des employés de Villemur», a-t-elle encore affirmé.
http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/10/27/l-etat-demande-a-renault-et-psa-de-boycotter-molex-apres-l-annonce-de-benefices-records_1431717_3234.html

Effectivement, des salariés qui osent contester leur licenciement auprès du tribunal des prud'hommes et qui pourraient être réintégrés, avec paiements des salaires depuis leur licenciement, dès lors que la procédure de leur licenciement serait considérée comme illégale par un tribunal administratif ... c'est vraiment pas raisonnable pour des américains qui sont habitués à pouvoir licencier leurs salariés du jour au lendemain ....

Les salariés de Molex continuaient pourtant encore récemment d'être poursuivis par la justice française (et donc pas le parquet français) pour les actes commis pendant la période de grève ...

Peut-être que si le gouvernement cessait d'appuyer systématiquement le patronat et les riches en France, pour défendre l'intérêt général et la justice, il ne se retrouverait pas alors à défendre des patrons voyous et des voleurs.

Bon maintenant, il serait tout simplement normal que les constructeurs français Renault et PSA cessent de se fournir auprès de Molex et de ses usines étrangères (tout comme auprès de tout autre équipementier étranger), et que ceux-ci se fournissent de manière préférentielle auprès d'équipementiers installés en France, pour faire tourner les entreprises françaises et faire travailler les salariés français des ces entreprises. Mais cela constitue peut-être le retour du protectionnisme des années 1930 ...
 
 
Réflexion dix (26 janvier 2010)
«Personne n'est en fin de droit en France», selon le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez ...

C'est une bonne nouvelle qui va certainement réjouir tous les chômeurs et ceux qui ne savent pas de quoi seront fait les prochains jours ... Problème évidemment, Laurent Wauquiez arrive à dire une chose («personne n'est en fin de droit en France») et son contraire quelques phrases plus loin («cette situation concerne chaque année, et notamment en période de croissance, à peu près 750.000 à 800.000 demandeurs d'emploi qui arrivent à la fin de leurs droits») ... Alors y a-t-il ou non des chômeurs en fin de droits (ou de leurs droits) en France ?
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=185ef2743cff7f81e76c22fa408452c2

Etre en fin de droit, c'est devoir faire vivre sa famille, ses enfants avec le montant du RMI, du RSA (revenu de solidarité active) ou de l'ASS (allocation spécifique de solidarité) ... c'est-à-dire à peine quelqes centaines d'euros mensuellement ... Des personnes comme Laurent Wauquiez, comme Nicolas Sarkozy, qui bénéficient depuis des années de rémunérations d'homme politique, ministre, secrétaire d'état, ou parlementaire colossales, dépassant largement 5.000 euros, voyageant en grand luxe aux frais de la princesse, à la charge de l'état, donc des finances publiques, peuvent-ils comprendre ce que cela veut dire de faire manger, de loger, d'habiller, de faire rêver une famille, des enfants, avec quelques centaines d'euros par mois ?

Ce genre de commentaire d'un membre du gouvernement est inacceptable, intolérable, insupportable. Ces gens qui sont censés nous représenter, nous français, ne savent même plus ce qu'est la vie, ce que signifie être français.

Il y a moins d'un an, c'était le printemps puis l'été des révoltes salariales. La cécité de ce gouvernement libéral aux amitiés dévoyées ne devrait plus nous représenter. Que donnera sur le terrain social et contestataire l'année 2010. Les mouvements sociaux demanderont-ils enfin le départ de Nicolas Sarkozy et de sa clique d'apparatchiks ?...

 

 

Réflexion neuf (14 août 2009)
L'affaire Molex ...


Après les Continental de Clairoix (Oise), les New Fabris de Châtellerault (Vienne), les Nortel de Châteaufort, les Michelin de Montceau-les-Mines, les Sony de Pontonx-sur-l'Adour (Landes) , les Caterpillar de Grenoble et Echirolles (Isère), les Pinault Printemps Redoute de Paris, les Scapa France de Bellegarde (Rhône), les Aubades de Saint-Savin (Vienne), les Faurecia de Brières-les-Scellés (Essonne), les Faure et Machet (FM Logistic) de Woippy (Moselle), les agents de la Caisse de Sécurité Sociale (et de la CAF) de la Réunion, les Crédit Agricole de la Réunion, les 3M Santé de Pithiviers (Loiret), c'est au tour des salariés de Molex (de Villemur-sur-Tarn en Haute-Garonne), une entreprise contrôlée par un groupe américain, d'être au centre de l'actualité sociale et de représenter le fer de lance de la lutte contre le capitalisme.
http://www.urcf.net/uniondesrevolutionnairescommunistesdefrance_luttes_frontdesluttesavril2009.htm

Mais on se trouve en plein imbroglio. Des salariés qui menaient jusqu'à présent un mouvement de grève dur, qui votent la reprise du travail et se plaignent de ne pas pouvoir reprendre le travail ... La justice française qui annule un plan de licenciement et oblige l'entreprise à reprendre les procédures de consultation des instances représentatives du personnel ... D'autres jugements qui refusent à l'entreprise le droit de fermer temporairement leurs locaux ...
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/08/12/molex-l-affrontement-social-tourne-a-l-imbroglio-juridique_1227855_3234.html

Ces conflits sociaux témoignent avant tout selon moi d'une hystérie croissante des relations sociales entre salariés, organisations syndicales et patronat, dans ses mouvements sociaux, qui traduisent à la fois une absence de confiance des salariés dans la justice sociale française, et une manipulation des esprits et des salariés par des leaders syndicaux ou politiques incompétents ou dépassés. Lorsque l'entreprise cesse d'être un lieu de dialogue et de cheminement ensemble, pour devenir un lieu d'affrontement entre des salariés et une direction, la fin est de toute façon l'unique possibilité qui demeure à une entreprise.

J'estime personnellement que les organisations syndicales qui poussent les salariés dans de telles voies, dans la contestation hystérique, dans la violence symbolique ou physique (par les coups ou par des jets d'oeufs), dans la séquestration, dans les agressions verbales, dans les actes terroristes ou de guerre, sont dangereuses et ne regardent pas l'intérêt des salariés mais ne s'intéressent qu'à leur propre médiatisation, à leur petite heure de gloire.

L'imbroglio juridique autour des Molex me paraît risible. Comment les mêmes salariés grévistes qui interdisaient l'accès de leur usine peuvent-ils aujourd'hui se plaindre de ne pas pouvoir travailler, simplement parce qu'ils ont voté la reprise du travail ? Ce serait maintenant eux qui voudraient passer pour des pauvres salariés victimes d'un patron indélicat. J'ai vu le même genre de comportement en Guadeloupe où les salariés arguaient après la fin d'une grève qui leur étaient impossible de travailler puisque celle-ci était fermée, ou bien lors des grèves des enseignants de la fonction publique où ces derniers estimaient ne pas être en grève (et devoir donc être rémunérés) puisque leurs établissements (collèges ou lycées) étaient fermés en raison de l'impossibilité de recevoir les élèves, décision elle-même prise en raison du fait de l'absence des enseignants ...

Du côté des salariés et des syndicats, je ressens une absence de respect à l'égard des dirigeants de ces usines, de ces entreprises, de l'activité même de l'entreprise ... un lieu de création de richesse, de valeurs, de liens sociaux ... Comment reprendre une activité commune après de tels conflits ? Comment accepter de continuer à prendre des risques capitalistiques pour les employeurs face à une telle rupture, de telles agressions, de tels agissements ? Dans le cas présent, pourquoi cette incapacité à maintenir un dialogue social cordial puisque de toute façon les erreurs procédurales de la direction allaient conduire fatalement à l'annulation de la procédure de plan social engagée ? Je ne comprends pas l'exaspération observée dans le dialogue social dans notre société. Je ne comprends pas non plus cette méfiance dans le droit et la justice française de la part des organisations syndicales. C'est loin d'être sain pour la France et pour le dialogue social.

Evidemment, on me dira que de très nombreux dirigeants ne considèrent pas forcément leur entreprise comme un lieu de création de valeurs ou de liens sociaux, un lieu de dialogue et de cheminement ensemble, et nombre d'entre eux ne témoignent d'un grand respect pour les représentants de leurs salariés ou pour leurs salariés eux-mêmes. J'ai souvent entendu cela de la bouche d'un certain nombre de salariés ou de représentants syndicaux, notamment pour expliquer le déclenchement de mouvements de grêve. Mais lance-t-on un mouvement de grève en expliquant que le patron en face est ouvert au dialogue et qu'il paye très bien ses salariés ? Evidemment non !

Comme dans toute organisation sociale, il y a dans l'entreprise une attente de plus en plus forte pour une participation à la gestion de l'entreprise et une hypersensibilité à toute véléité autoritaire au fur et à mesure que les relations sociales y sont moins hiérarchiques, moins inégalitaires que par le passé. Au fur et à mesure que les inégalités décroissent, la sensibilité à celles qui demeurent (comme la capacité de prendre seul une décision qui est le propre de la direction d'une entreprise) s'accroît pour sembler devenir insupportable. La même règle qui a été observée dans la société dans son ensemble s'observe également au sein des entreprises, notamment dans celles qui sont les plus avancées socialement ...


Réflexion huit (31 juillet 2009)
Les indemnités de licenciement sont-elles suffisantes ... ou la leçon des mouvements de contestation salariale contre les fermetures d'usines en France ...


Je m'étais exprimé un peu trop vite sur Ségolène Royal il y a une semaine. La présidente du conseil régional de Poitou-Charente apporte donc également son soutien aux salariés de New Fabris qui menacent de faire exploser leur usine. Une nouvelle fois, une prise de position médiatique pour continuer d'exister ... et peut-être aussi pour sortir cette affaire de l'oubli et du silence ...
http://www.lepost.fr/article/2009/07/30/1640459_news-fabris-segolene-royal-demande-un-geste-supplementaire-a-christian-estrosi.html

Mais il me semble que le véritable objet de ce débat, porté avant cette affaire, par les salariés de Continental ou par les salariés de Nortel, c'est le montant des indemnités de licenciement. On peut être, comme moi, opposé aux moyens de menaces terroristes utilisés par ces salariés en grève, estimer que la séquestration de dirigeants est un crime, être opposé à la violence physique, estimer que les salariés qui recourent à ce genre d'action (et se vantent de la peur lue dans le regard de leurs dirigeants après des années soit-disant de mépris ...) ... Mais on peut également estimer que les indemnités de licenciement, les procédures de licenciement, les coûts liés à des licenciements pour cause économique sont absolument insuffisants, et qu'ils mériteraient d'être fortement revalorisés.

J'attendrais d'un dirigeant socialiste que celui-ci (ou celle-ci) prenne la mesure de ce problème et qu'il (ou elle) propose une telle revalorisation des indemnités de licenciement, que ce soit pour des motifs économiques ou pour des motifs personnels (faute) ... Or, jusqu'à présent, aucune mesure de la sorte n'a été proposée par Ségolène Royal (sauf erreur de ma part ...) ... Pourquoi pas envisager une indemnité minimum de licenciement dans le cadre d'une procédure collective de 30.000 euros par salarié ... Le montant en lui-même ne serait pas choquant.

Les montants actuellement prévus par la loi sont effectivement très faibles. Le minimum légal (souvent amélioré dans les conventions collectives) s'établit à un cinquième de mois de salaire par année d'ancienneté en deça de dix ans d'ancienneté (donc deux mois de salaire pour un salarié ayant dix ans d'ancienneté) dans le cas d'un licenciement collectif pour motif économique ... et un tiers de mois de salaire par année d'ancienneté au delà de dix ans d'ancienneté (donc cinq mois et un tiers de salaire pour un salarié ayant vingt ans d'ancienneté) ... On note ainsi que l'on est effectivement très loin des 30.000 euros réclamés pour chaque salarié ... Un salarié ayant quarante ans d'ancienneté toucherait par contre douze mois de salaire ... soit pas très loin toutefois des 30.000 euros réclamés. La demande défendue par les salariés de New Fabris, de Nortel ou de Continental ne leur apporterait ainsi rien (si certains salariés ont quarante ans d'ancienneté, ce que j'ignore dans le cas de sociétés peut-être très récentes).

Il me semble indispensable de réformer le coût financier des procédures de licenciement collectif pour motif économique, pour combattre les licenciements boursiers régulièrement mis en oeuvre par les sociétés côtées en bourse. Ce renchérissement doit viser plus particulièrement ces dernières entreprises, et pourquoi pas prévoir une majoration extrêmement importante du coût de ces mesures (une multiplication par dix des indemnités de licenciement dues) si le motif n'est pas d'assurer la survie de l'entreprise, confrontée à de graves difficultés financières qui compromettraient à très court terme sa survie. Une indemnisation des mécanismes d'assurance publique devrait aussi être envisagée dans ce cas, afin d'indemniser les caisses publiques d'indemnisation du chômage, car il n'est pas normal que ce soit à la collectivité de financer l'absence de responsabilité sociale des grandes entreprises côtées.

Il n'est pas sain par contre de déconnecter ces indemnités de licenciement de l'ancienneté des salariés. Il est injuste que les syndicats défendent une homogénéisation à 30.000 euros des indemnités dues aux salariés, en imposant un même montant à des salariés ayant quarante d'ancienneté, qui pourraient aujourd'hui percevoir 30.000 euros d'indemnités de licenciement, et à des salariés ayant un an d'ancienneté ... Il est injuste de défendre une telle égalisation, notamment parce que ces personnes âgées sont incapables de défendre leur position à moins d'être taxées d'égoïsme ...

Enfin, il est clair que même si une telle loi, revalorisant fortement les indemnités de licenciement, était votée et mise en place dans les prochaines années ... et que tous les salariés concernés toucher au minimum 30.000 euros (et plus pour les salariés ayant une très grande ancienneté), les combats syndicaux continueraient avec des salariés qui demanderaient alors un minimum de 50.000 euros ou plus par salarié, en menaçant encore de faire sauter leur usine !

C'est un signe et une conséquence à mon avis de l'absence de responsabilité des organisations syndicales et politiques en charge de la contestation sociale dans notre société ... Et concernant les moyens de contestation utilisés, ils sont manifestement totalement inappropriés, disproportionnés, et injustifiés ... L'ordre public doit prévaloir, de tout côté ... Et les programmes politiques de ceux qui se déclarent du côté des salariés, au parti socialiste, doivent prendre en compte cette revendication pour modifier les exagérations en matière de licenciement économique, des grands groupes côtés français ou étrangers, et les faire condamner financièrement très lourdement, pour que l'on assiste plus au cours des prochaines années, à de tels plans de licenciement sans aucune justification. En période de crise ou de difficultés, les actionnaires doivent également participer au redressement de leur entreprise, et ne plus faire supporter ce poids aux seuls salariés ...

Mais ceci est un autre débat, au-delà du sujet de ce jour ... les intolérables violences des salariés victimes de plans sociaux ... et la large condamnation de ces violences que rien ne doit pouvoir excuser !


Réflexion sept (22 juillet 2009)
Nouveaux débordements à Nortel, à New Fabris et à l'usine Michelin de Montceau-les-Mines ...


On se rappelle tous vraisemblablement de l'interview de Ségolène Royal disant comprendre la rage des salariés et leurs actes de séquestration de leurs dirigeants, comme gestes de désespoir. On se rappelle certainement moins la position presque comparable affichée par Nicolas Sarkozy avant qu'il ne devienne président de la république, disant comprendre le désespoir des salariés. Sa position en tant que président de la république étant notamment devenue absolument contraire, même si au fond, les réactions des autorités publiques françaises sont extrêmement mesurées sur ce sujet, alors que les préfets pourraient engager des poursuites pénales contre les salariés séquestrant leurs employeurs ...

Les salariés de Nortel à Châteaufort ont donc obtenu des indemnités plus importantes (entre 30.000 et 50.000 euros) après avoir menacé de faire sauter leur usine. Les salariés de New Fabris usent également du même moyen de pression, avec une dizaine de bonbonnes de gaz, pour obtenir des indemnités de licenciement plus importantes que celles prévues par la loi. Il ne servirait pourtant pas à grand chose d'augmenter les indemnités légales de licenciement, puisque, celles-ci étant un minimum légal, les syndicats et les salariés souhaiteraient de toute façon avoir mieux que ce minimum. Du danger d'avoir des syndicats irrresponsables ...

Quant aux salariés de l'usine Michelin de Montceau-les-Mines, ils retenaient hier soir quatre membres de leurs directions dans l'usine, pour contester des sanctions prises contre un de leur collègue, en contrat à durée déterminé (CDD), poursuivi pour avoir refusé de travailler sur une machine-outil pour laquelle il estimait ne pas avoir été formé.

« ... Ils vont passer la nuit sur le site, car ils ne veulent pas engager de discussions sur nos demandes ... » selon un responsable du syndicat Sud ... Il est certain que cela devrait les amener à revoir leur position. De toute façon, si cela n'est pas suffisant, les syndicalistes et les salariés pourront aussi les soumettre à la torture, pour changer leur regard sur la situation, voir leur mettre un pistolet sur la tempe ! Semblerait-il, il n'y a plus grand chose qui arrête désormais des salariés qui ne voit plus la société que comme un grand supermarché où l'on se sert ...

A la différence de Ségolène Royal, je trouve que ce genre de situation est inacceptable et intolérable. L'usage de la force physique, impliquée nécessairement dans le fait de séquestrer une personne, que ce soit un dirigeant d'entreprise, ou un quidam, ou un enfant, ou une femme, dès lors qu'il y a atteinte à la personne, est contraire à l'esprit des lois et à la plus simple des morales.

On ne peut pas condamner des sans-domicile-fixe qui séquestrent une personne dans une maison et le brutalise ou le torture, on ne peut pas comdamner des pervers qui enlèvent et violent des jeunes femmes ou leur propre fille, s'en offusquer à grands cris, et comprendre et accepter les actions d'un groupe de salariés qui usent des mêmes méthodes à l'égard de leurs dirigeants, dont le seul crime est d'avoir des responsabilités d'encadrement.

Il faut des valeurs, des repères et des limites, en matière de syndicalisme et d'actions syndicales ; sinon, plus rien ne différencie le syndicalisme du terrorisme ou des comportements mafieux ...

Pour rappel, les peines encourus en cas de séquestration ... « Le fait, sans ordre des autorités constituées et hors les cas prévus par la loi, d'arrêter, d'enlever, de détenir ou de séquestrer une personne, est puni de vingt ans de réclusion criminelle. » La loi ne fait aucune distinction entre salariés et criminels ou pervers. L'article 224-1 du code pénal reconnaît quatre actions distinctes qui sont regroupées sous la même infraction: le fait d'arrêter, d'enlever, de détenir ou de séquestrer une personne. La détention et la séquestration d'une personne sont des comportements continus qui impliquent une privation de liberté d'une certaine durée. Il peut suffire de quelques minutes de privation de liberté pour que l'action soit considérée comme une séquestration. Retenir son patron dans son bureau et l'empêcher d'en sortir rentre clairement dans cette catégorie d'infraction. Mieux vaut ne pas retenir un patron trop longtemps. La peine de 20 ans est réduite à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende si la victime est libérée avant le septième jour sans atteinte physique. Toute mutilation ou infirmité de la victime entraîne un alourdissement de la peine maximale à 30 ans. Dans les cas extrême de torture, d'acte de barbarie ou de mort de la victime, l'infraction devient même passible de la prison à perpétuité.

Il devient désormais nécessaire que des peines exemplaires soient prononcées contre les responsables des diverses séquestrations de ces derniers moi, et que la justice soit saisie des diverses affaires qui ont défrayé la chronique. Car aujourd'hui, dans le cadre d'un mouvement de grève, peu de responsables syndicaux peuvent s'opposer aux lancements de telles idées par quelques salariés excités, sans se faire traiter de foies jaunes ou de vendus ... Il faut des peines exemplaires ... 


Saucratès

 

 

Précédent article sur le même sujet :

1.https://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2293254-mouvements_sociaux__1_.html


25/04/2011
0 Poster un commentaire