Critiques de notre temps

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Sujets de société


Gilets jaunes à La Réunion - Populisme, anarchisme ou racisme - Ter

 

Réflexion quatre (lundi 10 décembre 2018)

Le spectre du racisme dans le mouvement des gilets jaunes réunionnais - Ou jusqu'où peut aller la haine des blancs !

 

Je n'ai encore à cette heure aucune idée de l'ampleur du mouvement des gilets jaunes réunionnais en ce lundi 10 décembre 2018. Notre département sort de deux semaines de blocages sur les routes, pris en otage par quelques centaines de représentants du peuple, crevant supposément de faim. L'un des principaux représentants de ces gilets jaunes, l'un de leurs principaux meneurs, l'un des plus actifs sur les réseaux sociaux, celui qui intervient régulièrement au niveau des médias, celui qui se présente comme un représentant des crèves la dalle représentants le peuple, roule en fait dans des véhicules automobiles de luxe (Porsche Macan et BMW X6) même si en fait ce n'est pas lui qui les a payé ! Et qu'il est apparemment apparenté à un homme politique éliminé de la vie politique réunionnaise ... 

 

Il y a d'abord un premier niveau d'interrogation : comment des personnes peuvent-elles se présenter comme le peuple réunionnais ? Au nom de quel principe des quidams lambda peuvent-ils déclarer qu'ils sont le peuple, le peuple qui crève de faim, qui n'ont même pas de quoi offrir un cadeau à leurs petits enfants ? Comment peut-on prendre au sérieux des gens qui avancent de tels arguments, si ce n'est sous la contrainte de la peur, par crainte des exactions de ces mêmes personnes, dont on se sent obliger de se déclarer solidaire de leur combat, parce que sinon ils vous tabasseraient sur des barrages, dans la rue, sur internet ou sur les réseaux sociaux, qu'ils appelleraient à vous lyncher ... J'appartiens au peuple ; c'est une affirmation correcte. Comme de dire que j'appartiens (à tord ou à raison) à la classe moyenne. Mais de dire que je suis (ou nous sommes) le peuple, c'est une nouvelle prise en otage de la multitude des réunionnais par une fraction agissante, agressive, haineuse.

 

Deuxième niveau d'interrogation, comment un tel mouvement peut-il être ouvertement raciste sans réaction de personne, et surtout pas des forces de police, voire des spectateurs réunionnais ? Imagine-t-on des scènes de pogrom dans de le mouvement des gilets jaunes en France métropolitaine à l'encontre de tous ceux qui seraient un peu trop sombres de peau ??? Que dirait-on si les gilets jaunes arrêtaient les noirs (ou bien ceux parlant français avec un accent africain ou antillais) aux barrages, les caillassaient, ou les prenaient à partie, voire appeler à les lyncher ? La Réunion n'est pourtant pas sensée être une île de tolérance et un exemple de savoir vivre-ensemble ?

 

Revenons en donc à ces épisodes qui expliquent le titre de ce post. D'abord ces gilets jaunes du rond point de Gillot qui n'hésitent pas à agresser physiquement les zoreils qui leur tombent sous la main, surtout si le pauvre bougre à la mauvaise idée de vouloir prendre des photos du mouvement. Il a fallu l'intervention des gendarmes mobiles pour éviter que le pauvre bougre ne se fasse lyncher.

 

Deuxièmement, cet épisode dont tant de personnes parlent au sujet d'un métropolitain (ou zoreil) qui a utilisé une bombe insecticide sur un gilet jaune au bord de la route, au rond-point de Saint-Gilles. Une multitude d'internautes réunionnais condamnent son geste et je pense qu'ils auraient aimé pouvoir lyncher ce pauvre bougre, parce que selon eux, la vidéo réalisée de son geste montre que le barrage n'était pas bloquant, qu'il pouvait circuler librement. Une de mes collègues condamnait aussi cette personne. Je pense pour ma part juste que le pauvre bougre était juste super énervé par des semaines de blocage. Ou par les kilomètres ou les centaines de mètres de bouchon qu'il venait de subir. Moi même, j'ai des pensées assassines rien qu'en voyant un pauvre travailleur en gilet jaune au bord d'une route, même si en fait ce n'est même pas un gilet jaune, mais juste un ouvrier en train de travailler. Je comprends donc parfaitement son geste. 

https://www.zinfos974.com/▶%EF%B8%8FSigne-d-une-exasperation-grandissante-Bagarre-au-barrage-de-St-Gilles_a134732.html

 

Mais ce n'est pas là le pire. Le pire se trouve à la fin de cette vidéo. Le meneur du barrage (parce que les barrages des gilets jaunes ont des meneurs autoproclamés) interdit que l'on tabasse l'horrible et criminel 'zoreil'. Mais il l'interroge (entravé et bousculé - un gendarme qui aurait ce genre de méthode d'interrogatoire irait directement en prison) pour savoir si c'est un zoreil, s'il habite sur l'île ou si c'est un vacancier, puis sachant qu'il habite sur l'île, fait faire un gros plan du visage du bougre pour ensuite appeler à lyncher l'horrible zoreil et que les reunionnais lui fassent comprendre qu'il n'a rien à faire à La Réunion! Comme l'écrit le site d'information Zinfos974, ils ne peuvent diffuser la vidéo complète de cet épisode parce qu'ils ne peuvent pas cautionner un appel au lynchage public ! Vu la profession de ce monsieur, serment d'Hypocrate ou non, j'espère que les racistes qui l'ont interpelé, l'ont molesté et ont appelé à le lyncher n'auront pas besoin de cette personne au cours de leur vie !

https://www.zinfos974.com/Les-raisons-pour-lesquelles-nous-avons-censure-la-video-de-la-bagarre-a-St-Gilles_a134735.html

https://www.zinfos974.com/Bagarre-sur-le-barrage-de-St-Gilles-L-automobiliste-a-l-insecticide-et-un-gilet-jaune-juges-en-fevrier-pour-violences_a134810.html

 

Des épisodes à vous dégoûter de cette île admirable, mais dans laquelle des irresponsables et des racistes essaient de pourrir l'atmosphère pour je ne sais quels enjeux politico-politiciens, ou juste pour avoir un peu de pouvoir ou de reconnaissance.

 

 

Saucratès


09/12/2018
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Les gilets jaunes - Populisme ou anarchisme - Bis

Réflexion trois (jeudi 6 décembre 2018)

Le mouvement des gilets jaunes est-il conforme à la morale ou à l'éthique ?

 

En d'autres termes, le fait de bloquer la circulation automobile, les autres automobilistes et les autres usagers de la route, de la circulation, pour défendre des idées individuelles ou pour contester une réforme, des taxes ou une politique est-il moralement et éthiquement acceptable et normal ? Evidemment, dans cette interrogation, il me faudra déterminer ce que j'entends par «éthique», «morale», «moralement» ou «éthiquement». Heureusement qu'il ne me faudra pas définir ce que l'on peut entendre par «mouvement» ou par «gilets jaunes». 

 

Pourquoi cette interrogation ? Parce que ces mêmes gilets jaunes revendiquent le droit de manifester, de bloquer pacifiquement (selon eux) la circulation automobile pour faire entendre leur voix ! Parce qu'ils estiment que c'est cela la démocratie, un droit à s'exprimer par tous les moyens qu'ils souhaitent, quelque soit la forme de cette expression ! Et parce que selon eux, l'intervention des forces de police pour les empêcher de bloquer des axes routiers, pour les déloger des barrages qu'ils ont érigé au milieu des voies de circulation, sont une atteinte à leur droit de s'exprimer, de faire entendre leurs revendications, une atteinte à leur liberté !

 

Ont-ils donc raison ? Est-ce cela la démocratie ? Le droit pour chacun de faire ce qu'il veut, d'exprimer comme il veut ses revendications, sans s'intéresser le moins du monde à ce que pensent les autres ou bien sans prendre en compte la gêne qui en résulte pour les autres ? Si leur combat est juste, si les objectifs, les buts de leurs actions sont éthiques et morales, si les formes de leurs actions sont conformes à l'éthique et à la morale, alors effectivement, ils auraient absolument raison ! Ils pourraient agir de cette manière, bloquer leurs concitoyens, les emmerder autant qu'ils le souhaitent, appeler à la révolution et à la guerre civile, rançonner les autres usagers et piller demeures et commerces autant qu'ils le souhaitent pour leurs intérêts personnels, parce qu'ils le peuvent, parce que leur nombre le leur permet ! Et la réponse répressive de l'Etat serait alors effectivement disproportionnée si leurs mobiles, leurs moyens, leurs actes étaient moralement et éthiquement acceptables !

 

Inversement, si les mobiles, si les buts, si les objectifs, si les moyens d'action utilisés, si les formes de leurs actions, si leurs actions elles-mêmes ne sont pas conformes à la morale et à l'éthique, alors l'ensemble du mouvement des gilets jaunes ne correspondrait pas à l'usage normal de la démocratie et ce mouvement serait une vaste fumisterie, une énorme violation du droit et de la morale, une agression contre la pensée, contre les droits des autres usagers, contre les principes mêmes de ce qui devrait régler les relations entre des personnes civilisées, humaines et éthiques ! Il va de soi que j'ai déjà mon idée de la réponse à apporter à ces événements. Je ne vois rien d'éthique ou de morale dans les actes que j'ai vu se perpétrer, dans les comportements des personnes que j'ai pu observer dans la réalité, dans les médias ou que j'ai entendu être rapportés par des amis ou des connaissances. Si la règle de l'emmerdement maximal était éthiquement et moralement acceptable, cela ferait longtemps qu'on le saurait !

 

Evidemment, les gilets jaunes n'ont pas inventé les blocages de la circulation ! Cette arme de blocage a été régulièrement utilisée par des professionnels de la route comme les transporteurs routiers et les chauffeurs routiers, que ce soit en France métropolitaine ou à la Réunion, par le passé. Le fait d'investir des centres-villes ou la circulation autour de préfectures a également régulièrement été observée par le passé, notamment par les agriculteurs, qui n'aiment rien d'autres que de déverser des tonnes de lisier ou de pommes de terre, chou-fleurs ou autres légumes ou fruits devant les entrées ou les places des préfectures. Je pense même que le déversement de lisier (déjections des oiseaux) ou de purin (déjection des animaux porcins) marque beaucoup plus les esprits et les narines des préfets et des représentants de l'Etat que toute autre forme d'actions ! Les mouvements estudiantins ou lycéens ont également régulièrement utilisé l'arme de l'occupation de la voie publique pour faire entendre leurs revendications ou leur colère. Le mouvement des gilets jaunes n'est donc pas si novateur dans ses méthodes et ses moyens d'action. 

 

S'il est novateur, c'est plus par le fait de son inorganisation apparente, par son surgissement à l'écart de toute organisation pensée, comme s'il s'agissait d'un mouvement pratiquement révolutionnaire, spontané, à l'image des grandes révolutions qui ont parsemé l'histoire de notre pays, de la France, comme la révolution mère de toutes les révolutions suivantes, celle de 1789, et celles qui l'ont suivi comme celles des années 1848 et 1870, et au final 1968. 

 

Mais en disant cela, je n'ai encore rien démontré.

 

Cette forme d'actions, les buts et les objectifs de ces actions, sont-ils conformes à l'éthique ou à la morale ? D'abord, il est d'usage en philosophie morale de ne pas faire de différence entre l'éthique et la morale. Ces deux termes sont considérés comme strictement équivalents. Une seule petite différence concerne l'aspect parfois plus restrictif du concept d'éthique en matière professionnelle. On ne parlera pas de la morale du médecin ou de l'avocat ; on parlera d'une éthique, de chartes éthiques, avec la même acceptation que lorsque l'on passe de déontologie, de charte déontologique. Il n'y a donc pas dans mon acceptation de ces deux termes d'éthique et de morale de différences entre eux. De la même manière, je pourrais parler de déontologie, même si dans ce cas, il existe des différences puisque la déontologie est plus centrée sur des professions particulières, sur des cas concrets, et se rapportent à des ensembles de règles, de lois, d'attitudes obligatoirement et précisément prescrites et auxquelles il faut se référer et auxquelles il faut obéir absolument !

 

Ce serait ainsi appréciable qu'il y ait une éthique ou une déontologie du manifestant, du gilet jaune, du casseur, du pilleur !!! Ce qui n'est évidemment pas le cas.

 

Puisque j'ai expliqué ce que j'entends par «conformité à la morale ou à l'éthique», puisque j'ai même posé que selon moi, les manifestants, les casseurs et les gilets jaunes n'avaient pas de codes d'éthique ou de déontologie, il me reste à expliquer ce qui selon moi est contraire à la morale ou à l'éthique dans leurs actions, dans leurs buts, dans leurs objectifs et dans les modes d'actions. 

 

Avant d'indiquer ce que j'indique comme «loi morale» ou «loi éthique», je me permettrais de prendre un exemple a contrario. Si les moyens d'actions, les buts et les objectifs des gilets jaunes étaient conformes à la morale et à l'éthique, il serait alors normal que moi ou d'autres usagers de la route, excédés par les barrages érigés par ces gilets jaunes, nous décidions maintenant de venir bloquer leurs propres domiciles pour les empêcher de sortir de chez eux, pour les emmerder, pour les bloquer deux semaines durant à leur domicile. Juste pour les emmerder ! Si leur mode d'actions était conforme à l'éthique et à la morale, alors ce même mode d'actions à leur égard serait tout également conforme à l'éthique et à la morale, et ils n'auraient aucun droit de le contester ou de s'énerver ! On ne ferait que leur faire ce qu'ils auraient fait de la même manière !

 

On est bien d'accord ? A l'inverse, si le fait de bloquer maintenant des gilets jaunes pour les empêcher de sortir de chez eux, pour les emmerder, n'était pas conforme à l'éthique et à la morale, s'ils avaient le droit d'appeler les forces de police et de gendarmerie pour nous faire dégager, ou s'ils avaient le droit de nous attaquer et de nous faire déguerpir par la force, alors leur propre mouvement est tout aussi contraire à la morale et à l'éthique. 

 

Et il n'y avait dans le mouvement absolument rien de démocratique, rien de conforme au droit de s'exprimer et d'afficher librement une opinion ! Ce n'était qu'une violation des droits des autres usagers de la route, une prise en otages du reste de la population du département de la Réunion, et plus largement de l'ensemble des français au plan national ! Un usage illégitime de la force et d'une soit-disant liberté d'expression !

 

Je citerais Emmanuel Kant pour expliciter ce que j'entends par le terme de morale ou d'éthique.

 

« Mais quelle peut donc bien être cette loi dont la représentation (...) doit déterminer la volonté pour que celle-ci puisse être appelée bonne absolument et sans restriction ? (...) En d'autres termes, je dois toujours me conduire de telle sorte que je puisse aussi vouloir que ma maxime devienne une loi universelle ».

 

Cette citation est tirée des «Fondements de la métaphysique des moeurs» (éditions Vrin page 68), ouvrage initialement publié en 1785. Une autre citation un peu plus loin explicite légèrement cette loi universelle :

 

« Donc, pour ce que j'ai à faire afin que ma volonté soit moralement bonne, je n'ai pas précisément besoin d'une subtilité poussée très loin. Sans expérience quant au cours du monde, incapable de parer à tous les événements qui s'y produisent, il suffit que je demande : Si tu ne le peux pas, la maxime est à rejeter, et cela en vérité non pas à cause d'un dommage qui peut en résulter pour toi ou même pour d'autres, mais parce qu'elle ne peut pas trouver place comme principe dans une législation universelle possible (...) ». 

 

Je pense que cette définition de ce qui peut être «bon» ou «pas bon», «moral» ou conforme à l'«éthique» est suffisamment claire et suffisamment universellement valable. De multiples formes d'actions, de formes de manifestations sont conformes à la légalité. Les personnes doivent le droit de manifester leur désaccord, leur opposition à une politique, leur colère devant un gouvernement ou des politiques, contre des réformes injustes ou inéquitables, ils doivent avoir le droit de manifester physiquement, mais les modes d'actions du mouvement des gilets jaunes à la Réunion, comme dans d'autres départements d'outre-mer dans d'autres occasions (je pense à Mayotte, à la Guyane avec le mouvement des 100 frères ou à la Guadeloupe à l'époque du LKP), où prime la volonté de prendre en otages la population et de causer le maximum d'emmerdement, tout ceci afin d'exprimer une haine et une rage in-maitrisées et in-maitrisables, ne sont ni «bonnes», ni «morales», ni conformes à l'«éthique» ! 

 

 

Saucratès

 


06/12/2018
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Les gilets jaunes - Populisme ou anarchisme

Réflexion deux (lundi 26 novembre 2018)

Quelle réponse citoyenne au mouvement des gilets jaunes ?

 

La mobilisation des gilets jaunes se poursuit, en France métropolitaine mais surtout et aussi à La Réunion. On observe néanmoins une surprenante tolérance aux nuisances de ces personnes, de ces manifestants, de ces gêneurs, de ces empêcheurs de rouler en paix ... Aujourd'hui, j'étais même prêt à assassiner l'un de ces insupportables gilets jaunes si l'un d'eux me bloquait ou bien se mettait en travers de mon chemin ... Ou plutôt j'en mourrais d'envie mais évidemment, je n'aurais jamais laissé libre cours à mon envie de meurtre si je m'étais trouvé dans cette situation ! Je ne suis pas un fou furieux ! En tout cas, je ne me suis pas trouvé face à ce choix, heureusement pour moi. J'ai bien été longuement bloqué sur la route en rentrant chez moi en sortant de mon travail, mais aucun gilet jaune n'a tenté de m'arrêter lorsque je passais. Pas plus que ce matin d'ailleurs ... Juste quelques automobilistes excédés qui forçaient le passage à des feux ou à des stops.

 

On peut se poser la question de savoir jusqu'à quand les usagers de la route supporteront-ils cette situation et ces blocages ? Et surtout pour quelle raison les pouvoirs publics laissent perdurer ce genre de barrages, de blocages, comme s'ils espéraient le pourrissement de la situation, la dégradation des relations, l'explosion sociale ? Le gouvernement attend-il que les automobilistes se fassent justice eux-mêmes, fassent déguerpir eux-mêmes les manifestants et les blocages routiers ? Veut-il des dérapages, des morts, des automobilistes excédés qui tuent des manifestants, comme lors du premier samedi ? Pour que les automobilistes fassent le sale boulot et partent en prison ?

 

Evidemment, les gilets jaunes français ou réunionnais estiment être dans leur bon droit, que la démocratie les autorise à manifester leur opposition au gouvernement en bloquant les routes et les autres automobilistes sous prétexte qu'ils veulent se faire entendre du gouvernement. Imaginons un instant qu'un groupe d'automobilistes énervés décident de faire un carnage sur un barrage quelconque, et ces mêmes gilets jaunes survivants se lamenteront sur les médias en se plaignant que la police et la gendarmerie ne les ont pas protégés et ne sont pas intervenus ! Ce serait l'ironie de l'histoire ou de la situation. Les forces de police et de gendarmerie que les gilets jaunes combattent depuis une semaine seraient appelés au secours par ces mêmes gilets jaunes !

 

Qu'attend donc le préfet pour faire évacuer les barrages routiers aux quatre coins de l'île ? Attend-il le chaos ou les premiers incidents graves ?

 

Quelle réponse faut-il donner aux manifestants ? Premièrement, les réponses seront différentes en France métropolitaine et dans le département. Autant aucun changement de politique n'est à attendre en France métropolitaine, autant la situation réunionnaise conduira ce gouvernement à prendre des décisions politiques. Non pas des décisions qui nous intéresserons ... mais la poursuite de toutes les politiques ultra libérales récentes, toutes les idées qu'ils n'ont pas encore pu mettre en œuvre ces dernières années. Je pense notamment à la suppression de l'abattement fiscal pour les DOM, la suppression de la sur-rémunération des fonctionnaires et assimilés ; tout ce qui permettra au gouvernement de faire des économies budgétaires sur les dépenses publiques, tout en promettant de réaffecter ces sommes en faveur du département, de l'économie et des aides sociales.

 

Pour finir, une fois encore, aux informations, on a eu la démonstration de la duplicité de cette mobilisation des gilets jaunes. Nous avons une porte-parole des gilets jaunes qui conteste toute possibilité d'interroger la légitimité des représentants des gilets jaunes. «Vous n'avez rien compris disait-elle, vous êtes encore dans l'ancien Monde dont nous ne voulons plus, nous sommes les représentants des 40 barrages et barricades qui bloquent le département ...». Sous-entendu que «nous n'avons pas à nous expliquer sur notre légitimité à porter la parole des manifestants». Des chefs autoproclamés représentants d'un peuple qui souffre, du peuple réunionnais qui crève de faim ... 

 

Comme quoi 4.000 pèquenots peuvent bloquer toute La Réunion et exprimer leur haine et leur rage. Et la préfecture et le gouvernement leur déroulera le tapis rouge, pour écouter les revendications des chefs autoproclamés de ces pèquenots ! Chefs autoproclamés qui veulent faire croire qu'ils ne sont chefs de rien, simplement des membres du peuple qui souffre ! À chacun son petit quart d'heure de gloire ... et avec peut-être cachés dans l'ombre les véritables marionnettistes qui tirent les ficelles ! Et qui se garderont peut-être bien d'apparaitre au grand jour !

 

Cet épisode est intéressant pour comprendre le fonctionnement des groupes informels, tels les soviets des années 1917, la révolte populaire des années 1789, ou le mouvement de mai 1968. Sans oublier les évènements de Guadeloupe avec le LKP en 2009. Et pour observer de quelle manière des leaders apparaissent dans de tels mouvements, tels les Robespierre, les Marat, les Lénine et les Staline ou les Cohn-Bendit. Cette mobilisation est aussi intéressante pour comprendre comme de tels mouvements de foule disparaissent, s'effondrent, s'essoufflent. Pourquoi un beau jour, des groupes qui occupaient des croisements cessent d'y venir et d'y foutre le bordel. 

 

 

Réflexion une (dimanche 25 novembre 2018)

Que peut-on penser du mouvement des gilets jaunes ?

 

En préambule, en un seul mot, il me faut dire que je suis à 100% avec le mouvement des gilets jaunes. À 100% parce que comme eux, je suis rempli de haine et de rage vis-à-vis de Macron, de son gouvernement et de sa politique ... Même si au fond, évidemment, il n'y a eu presque aucune différence avec les politiques menées par les gouvernements précédents qui se sont succédés ces dernières décennies, qu'ils soient de droite ou de gauche. Pas vraiment de différences, ou plutôt des politiques juste pires, encore plus libérales, avec encore plus d'arrogance et de morgue !

 

Donc oui, le mouvement des gilets jaunes me parle, même si je n'ai pas envie de m'emmerder pendant des journées complètes à bloquer des routes et des carrefours, à subir la colère des uns, la violence des autres et les charges et les tirs de bombes lacrymogènes des gendarmes et de la police. Je suis bien trop craintif pour cela, ou bien pas assez énervé. Je recherche juste avant tout le minimum d'emmerdements.

 

Evidemment aussi, je suis contre la violence, la haine, les débordements et les exagérations que l'on observe dans ces attroupements et dans ces mouvements de rue. Je ne cautionne pas cette violence. Je cautionne l'expression de la colère du peuple, je condamne la réponse qui en est faite par le gouvernement, mais j'aimerais d'autres formes d'actions, qu'il s'agisse de manifestations pacifistes ou d'occupations légitimes de sites emblématiques, comme l'Elysée par exemple ou comme les préfectures. Et surtout je voudrais d'autres sortes de gilets jaunes, non pas les excités et les haineux qui passent à la télévision, qui s'acharnent sur les uns ou les autres ou qui pensent pouvoir décider qui doit passer ou non, quels magasins doivent ouvrir, quels magasins doivent brûler ou non.

 

Je pense que le problème se situe ailleurs. Comme de nombreux manifestants, je pense que c'est une colère légitime due à des années de violences subies, d'absence de prise en compte des vrais gens, de la vraie France. La rage que traduit ce mouvement social n'est pas née avec Macron. Elle est bien plus ancienne ; elle a été nourrie des résultats des politiques libérales menées ces dernières années, sous Hollande, sous Sarkozy et avant elles sous les présidences Chirac et surtout Mitterand. C'est la négation de la vie des vrais gens, tout ce qu'on leur prend, toutes ces taxes qu'on nous prélève et dont sont exonérés une large frange de la population, que ce soit les plus pauvres ou les plus riches. Cela fait évidemment belle lurette que les plus riches ne vivent plus avec nous, qu'ils se sont mondialisés, qu'ils ont fui sous d'autres latitudes, sous d'autres contrées fiscalement plus intéressantes, qu'ils ne paient plus d'impôts et de taxes à la hauteur de leur utilisation des biens publics dont ils sont les principaux utilisateurs.

 

C'est donc cette immense classe moyenne, toutes ces personnes qui estiment en faire partie, qui se retrouvent dans un même sentiment d'être les laissés pour compte de la société moderne, libérale, exclue des prises de décisions politiques, surtaxée et surimposée. Une partie de cette immense classe moyenne a peut-être cru trouver un espoir de changement dans Emmanuel Macron et dans son mouvement des Marcheurs de la République en Marche, dans sa recherche de non-personnalités de la société civile, pour les permettre d'être désigné comme députés. Mais comme moi, ils ont finalement compris qu'ils avaient été floués, volés. Les députés de la République en Marche ne sont que des femmes ou des hommes politiques recyclés venant d'autres partis, des amis ou amies d'amis à des puissants ou d'Emmanuel Macron ou de son épouse Brigitte Macron. Mais tout cela avait été habillé de couleurs chatoyantes, d'un mouvement citoyen, et la déception est à la hauteur de l'immensité de l'espoir qui avait habité certains.

 

Il se trouve par ailleurs que l'envolée du prix de l'essence est le plus parfait de tous les prétextes pour alimenter une explosion sociale, à tord ou à raison. C'est l'étincelle parfaite pour alimenter une jacquerie, une révolution. C'est la mère de toutes les guerres civiles pour les français. Et de manière absolument inconsciente, ce gouvernement Macron-Philippe a allumé la mèche explosive en décidant l'envol des prix de l'essence et du diesel en augmentant les taxes ! Et j'espère que ce gouvernement, ce président arrogant et autiste n'y survivront pas !

 

Après, on peut comprendre les causes de ce mouvement, on peut se réjouir des conséquences de cette révolte, tout en ne comprenant pas, en n'adhérant pas à la violence et aux modes de combat retenus par ces gilets jaunes, et surtout en ne partageant pas l'expression de cette révolte, les porte-paroles choisis ou les individus qui s'expriment en leur nom, sur les barrages ou dans les manifestations. Ce sont rarement les plus modérés, les plus réfléchis, les plus posés qui s'expriment. Ce sont toujours les plus éructants, les plus haineux, les plus abrutis, les plus cons qui sont interviewés par les médias, ou bien simplement ceux qui pensent comme les journalistes ou les présentateurs qui les interviewent. 

 

Je pense qu'il faut séparer le mouvement des gilets jaunes métropolitains, des gilets jaunes réunionnais. D'un côté des francais en colère, plus ou moins posés, plus ou moins intelligents, et de l'autre une masse d'abrutis et d'enragés, qui estiment représenter le «peuple» réunionnais, le peuple qui souffre dans son ensemble. D'un côté des travailleurs qui ne comprennent plus la politique liberaliste menée depuis des décennies par les gouvernements qui se succèdent. De l'autre, une foule majoritairement d'assistés et d'exclus qui ont trouvé là une façon d'être entendu. Ils trouvent dans un tel mouvement, dans cette situation d'anarchie née des barages, la possibilité de prendre la place qu'ils n'ont pas réussi à obtenir dans la société. Dans cette anarchie, ce sont ceux qui crient les plus forts qui sont les maîtres. Nul besoin d'être intelligent ou réfléchi. Il suffit d'afficher comme un étendard sa rage et sa haine des autres.

 

Certains s'érigent donc en contrôleur des uns ou des autres, tous s'érigent en gendarmes ou en policiers, décidant de qui peut vendre des produits et à quel prix ils peuvent vendre. Un mouvement social peut très vite se transformer en une organisation de soviets ! Mais qui décide, comment ou sous quelle forme ? C'est là que l'on redécouvre l'existence de leaders naturels, de personnes qui naturellement arrivent à se faire obéir par les autres, par on ne sait quels mécanismes inconscients, inconscients pour eux-mêmes et pour les autres qui leur obeissent, qui les suivent, qui les écoutent.

 

Pour finir, je suis donc favorable à l'esprit de ce mouvement, mais absolument pas aux gilets jaunes eux-mêmes qui les représentent, qui les constituent !

 

Il me faudrait aussi parler de la réponse politique donnée par le gouvernement, que ce soit en France métropolitaine, ou bien dans le département de La Réunion. Ou ferai-je mieux de parler d'une absence de reponse politique donnée par ce gouvernement ? Ce qui est amusant, c'est que c'est directement la démission de Macron qui est demandée par les manifestants, pas celle de l'un ou l'autre des pantins ou des incompétents qui l'entourent, mais directement de l'homme providentiel qu'il était censé incarner. «Macron démission» scandent les manifestants ! Le contraste est egalement invraisemblable avec les députés de «La République en Marche». Tous ceux qui ont voté les yeux fermés pour des gigolos inconnus, simplement parce qu'ils portaient une étiquette de macronistes, doivent aujourd'hui pouvoir admirer ces mêmes inconnus totalement inconnus, incapables d'aller sur un terrain qu'ils ne connaissent meme pas, qui croient être les salariés du Palais Bourbon et etre capable de faire des lois, incapables de représenter ces mêmes francais qui les ont élus et qu'ils devraient pouvoir écouter. Le mouvement des gilets jaunes démontrent par l'absurde l'incongruité de l'idée de désigner des représentants de la société civile pour nous représenter. 

 

Dernière chose en terme de politiques, c'est l´antienne des manifestants qui s'expriment dans les médias de ne pas vouloir voir leur mouvement être récupéré par des hommes ou des femmes politiques, de ne pas vouloir être instrumentaliser. Mais là encore, comment se fait-il que quelques poignées de manifestants ou d'excités puissent s'arroger le droit de penser pour les autres ou pour tout le monde. Ces excités refusent que d'autres puissent les représenter mais ils s'arrogent le droit eux-mêmes de représenter les autres, de s'exprimer au nom des autres ? Comment peut-on être aussi abrutis et cons ? Comment est-il possible de ne pas comprendre que ce que l'on dit n'a aucun sens ? Que les porteurs de paroles auto-proclamés n'ont même pas la légitimité des politiques qui au moins ont bénéficié à un moment où un autre du vote de leur concitoyens !

 

Ce mouvement est en fait le défouloir de tous ceux qui n'ont pas réussi dans leur vie, qui se rêvaient en politiques et qui ont échoué, qui se rêvaient en travailleurs et qui ont échoué, qui se rêvaient en riches mais qui ont échoué, qui se rêvaient même en parents mais qui ont aussi échoué, laissant leurs marmailles brûler et piller des magasins ou des commerces.

 

Triste mouvement, mais quelle joie si ce gouvernement d'autistes et d'incompétents tombait ! Nul doute qu'un nouveau gouvernement et un nouveau président naîtrait d'un tel désordre ! À moins que ce soit les gilets jaunes qui prendraient le pouvoir, qui joueraient à la police et aux gendarmes. Que Dieu nous protège ! La chien-lit !

 

Le plus triste, c'est que tant de journalistes, tant de personnes interviewés, jusqu'aux représentants syndicaux des policiers, ne se sentent obligés/contraints de dire qu'ils sont favorables au mouvement des gilets jaunes. Comme moi pour commencer cet article. Est-ce par peur ?

 

 

Saucratès 


26/11/2018
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Billet d'humeur sur le prélèvement à la source

Réflexion une (mardi 4 septembre 2018)

Le prélèvement à la source

 

Voilà l’arlésienne de la réforme de l’impôt sur le revenu qui revient à la Une de l’actualité. Cette réforme se fera-t-elle ou ne se fera-t-elle pas ? Et pour quelle raison l’Etat et le gouvernement veulent-ils faire une telle réforme de cet impôt ?

 

L’Etat a lancé dans les entreprises une grande campagne d’explication de cette réforme, à travers les agents des impôts, et le ministère du budget a lancé au courant de l’été une grande campagne de publicité médiatique pour promouvoir cette réforme. Campagne médiatique complètement faussée évidemment, comme de nombreuses autres campagnes médiatiques gouvernementales. Je pense notamment aux publicités sur les onze (ou treize) mètres gagnés grâce à la réduction de la vitesse sur les routes départementales (onze ou treize mètres qui lui ont sauvé la vie !). Imaginons la même publicité expliquant les 10 centimètres qui ont sauvé la vie à un conducteur grâce à la réduction de la vitesse de 10 à 9 kilomètres-heures. De cette manière, on peut ramener la vitesse à 70, puis à 60, puis à 50 et jusqu’à 0 kilomètres heure sur les routes nationales ou départementales, avec toujours les mêmes arguments.

 

Revenons donc à la réforme de l’impôt sur les revenus. Quelques articles retracent les principales interrogations des pouvoirs publics sur cette réforme. Notamment un article des décodeurs du Monde.

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/08/31/prelevement-a-la-source-les-quatre-risques-qui-font-hesiter-le-gouvernement_5348666_4355770.html

 

 - Doutes sur sa compatibilité avec le système fiscal français

 - Peur d’une incompréhension des contribuables

 - Risque d’un effet négatif pour la croissance

 - Crainte des bugs pour les contribuables et les entreprises

 

Si l’on en croit le ministre du budget, il n’y aurait plus aucun bug dans le système. Pourtant, hier, un article du même journal Le Monde faisait état que chaque mois, plusieurs centaines de milliers de nouveaux bugs apparaissaient à chaque mise à jour, pour des problèmes d’homonymie notamment, et que ces bugs continueront d’apparaître.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/09/02/prelevement-a-la-source-de-nombreuses-erreurs-lors-de-la-phase-d-essai_5349086_3234.html

https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/09/03/le-prelevement-a-la-source-une-mesure-toujours-en-sursis_5349459_823448.html

 

Pour ma part, je suis aussi opposé à cette réforme et mes arguments diffèrent des raisons, des risques évoqués par Le Monde. Et je m’étonne que ces risques ne soient absolument pas évoqués par les journalistes, ce qui conforte mon interprétation que les médias ne sont présents que pour distiller les opinions du gouvernement, et en aucun cas pour servir de contre-pouvoir à ce gouvernement, surtout sous l’ère macroniste.

 

1)     La réduction des revenus retenus par les banques sur la capacité d’emprunt des ménages imposables

 

L’instauration du prélèvement à la source va mécaniquement faire baisser les salaires virés par les employeurs. Bien évidemment ! Les salariés vont se voir retenir leurs impôts par leurs employeurs, à charge à celui-ci de les reverser à l’Etat, comme ceux-ci reversent déjà les cotisations sociales et les cotisations de retraite aux organismes sociaux. Néanmoins, bien évidemment, les salaires que les banques vont voir être versés sur les comptes de leur clientèle salariée vont être minorés, d’un pourcentage compris en 5% à 20% vraisemblablement. Evidemment, ces mêmes clients n’auront plus à payer leurs impôts par prélèvements mensuels ou par tiers provisionnels, ce qui devrait être plus ou moins neutre pour leur trésorerie. Néanmoins, comment vont réagir les banques pour le calcul de la capacité d’endettement de ces ménages (ou plutôt de la totalité des ménages) ? Je pense notamment au calcul de la capacité maximum d’un ménage égale à 33% de ces revenus. Les banques vont-elles continuer à se baser sur un salaire net théorique qu’elles ne verront jamais pour lui appliquer le taux de 33%, ou bien se baseront-elles sur le salaire réellement versé, qui sera ainsi minoré de 5% à 20% selon la situation fiscale des salariés ? Evidemment que très vite, les banques utiliseront ce revenu sans tenir compte du prélèvement à la source. Les magazines qui se font fort de déterminer la surface habitable maximale moyenne qu’un salarié peut acheter dans l’immobilier (en fonction du prix moyen observé) devrait s’intéresser à ce sujet. De -5% à -20% de surface habitable, ce n’est pas rien alors que l’on s’amuse à calculer l’impact de la moindre infime variation de taux.

 

2)     La remise en cause du système fiscal français global

 

Comme l’article des décodeurs du Monde le signale, le prélèvement à la source n’est pas parfaitement compatible avec notre système de calcul de l’impôt sur le revenu basé sur les revenus du ménage dans son ensemble et de sa composition familiale. Le risque de cette réforme de la collecte de l’impôt, c’est bien que le gouvernement modifie ensuite par la suite la méthode de calcul elle-même de l’impôt sur le revenu, pour qu’il s’applique directement sur le salaire de chaque contribuable, sans référence au ménage, à la composition familiale ou aux diverses réductions ou déductions fiscales. Il y aura forcément des gagnants et des perdants dans une telle réforme fiscale qui ne dit pas son nom.

 

On peut donc contester et craindre une telle modification de la fiscalité, surtout puisqu’à nouveau, elle ne concernera principalement que les seuls salariés. Dans certains départements comme en outre-mer, ou dans les cités de la région Ile de France, il n’y a qu’une infime minorité des contribuables qui sont imposables, notamment en raison de l’existence d’une économie informelle institutionnalisée. Ce ne seront encore qu’une infime minorité des contribuables qui seront à nouveau ponctionnés, tandis qu’ils pourront se voir retirer toute aide de la collectivité dans le cadre de la réforme probable des déductions d’impôts pour déduction familiale (quotient familial, etc ...).

 

3)     La différence de traitement entre les très nombreux non imposables non salariés de l’économie informelle ou des bénéficiaires des aides sociales et les beaucoup moins nombreux salariés ou fonctionnaires corvéables et tondables à satiété

 

Quelle est la proportion de contribuables non imposables en France ? On en arrive à la proportion tout bonnement incroyable de 57% de contribuables non imposables pour la France entière. Seuls 43% des ménages français payent l’impôt sur les revenus ! Les autres en sont exemptés. En outre-mer, et notamment à la Réunion, c’est 80% des foyers fiscaux qui sont non imposables. Inversement, cela signifie donc que la charge de l’impôt se trouve concentrée sur seulement 20% des foyers fiscaux réunionnais ! Je trouve ces ratios invraisemblables. Ces ratios s’expliquent non pas par une misère générale des ménages français, mais pour une grande part, par une inimposabilité organisée par de nombreux contribuables potentiels, soit pour bénéficier des aides sociales et des aides publiques, ou pour profiter des divers biais de notre système fiscal, qui permet aux très riches contribuables, aux entrepreneurs individuels, aux patrons d’entreprise d’échapper à l’impôt en toute légalité.

 

En toute fin de chose, la machinerie fiscale se trouve concentrer sur les seules épaules des salariés et des fonctionnaires, qui se voient seuls imposer de financer l’Etat et le gouvernement, et la machinerie administrative et policière qui n’est chargée que de leur tomber dessus, de les contrôler, de les surveiller, de leur imposer limitations, amendes et taxes.

 

4)     Quid de la perception des impôts reposant sur les entreprises, sachant que de nombreuses entreprises ne sont déjà pas capables de reverser convenablement les cotisations sociales qu’elles prélèvent déjà sur leurs salariés

 

La question du prélèvement des cotisations sociales salariales et employeurs et leurs paiements réels aux organismes de sécurité sociale ou de retraite complémentaire est pourtant déjà un enjeu monstrueux. De très nombreuses entreprises ne règlent comme elles le devraient la TVA perçues, les cotisations salariales prélevées sur leurs employés, les éventuelles cotisations au profit de caisse de congés payés (dans le bâtiment), ou dans les organismes de retraite complémentaire, et le gouvernement veut leur transmettre le paiement de l’impôt sur le revenu, sachant que ce sera donc de nouvelles sommes que des employeurs peut scrupuleux pourront faire disparaître ou simplement ne pas payer, avec tous les risques et tous les ennuis qui s’abattront ensuite sur leurs salariés qui risqueront de se voir prélever deux fois ces sommes ? Les patrons peu scrupuleux sont-ils si rares, sachant que le gouvernement envisage une amélioration du taux de recouvrement de l’impôt sur le revenu, qui selon lui, devrait passer de 98% de taux de recouvrement à 99% de taux de recouvrement ? Quel est le taux de recouvrement de la TVA ? Des cotisations sociales dues à la Sécurité Sociale ? Des cotisations sociales dues aux organismes de retraite complémentaires ? Pour ces raisons, un taux de recouvrement de 99% me paraît immensément exagéré ! 

 

Et au final, les salariés feront-ils les frais de défaut de remboursement de leurs impôts par leurs employeurs ? Les employés du Fisc qui font la promotion de cette réforme de la collecte de l'impôt certifient que ce ne sera pas le cas. Mais qu'en sera-t-il réellement lorsque des patrons s'envoleront réellement avec les salaires, les cotisations, les taxes et les impôts de leurs salariés, ou quand ils ne remettront pas de fiches de paye à leurs salariés ? 

 

La logique et la sécurité voudraient que les salariés soient opposés à cette réforme, comme à tout projet de ce gouvernement ni de droite ni de gauche et sûrement pas du centre.

 

 

Saucratès


04/09/2018
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Billets d'humeur

Réflexion deux (mercredi 8 août 2018)

Le transfert aux entreprises du financement des arrêts maladie des salariés. Fausse bonne idée ou piège ultralibéral

 

Les Echos s’étaient fait l’écho d’un projet, de pistes de réflexion du gouvernement à l’étude, concernant un transfert du paiement des indemnités journalières de maladie de la Sécurité Sociale vers les entreprises. Le Monde s’en est également fait l’écho plus récemment.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/08/07/le-gouvernement-veut-faire-payer-les-indemnites-journalieres-d-arret-maladie-aux-patrons_5339969_3234.html

 

Le projet est assez simple. Aujourd’hui, les arrêts maladies sont indemnisés par la Sécurité Sociale, au-delà des trois premiers jours de carence pour lesquels il n’y a pas d’indemnisation. Mais l’on sait que de nombreuses entreprises maintiennent les salaires de leurs salariés pendant une partie des congés maladie, en couvrant notamment les jours de carence non indemnisés. Le projet du gouvernement viserait à transférer le versement des indemnités journalières pour la première semaine ou pour le premier mois des arrêts maladie en les mettant à la charge des entreprises.

 

Le Monde présente cette réforme comme une mesure inquiétant au plus haut point les principales organisations patronales, au premier rang desquelles le MEDEF et la CPME. Et apparemment, selon le journal Le Monde, le gouvernement « donnerait l’impression de prendre contre-pied de sa politique pro-entreprise » qu’il mène actuellement ! Mais un tel aveuglement d’un tel journal est coupable. A moins qu’il ne s’agisse d’une nouvelle forme de manipulation médiatique : aveugler le bon peuple pour lui masquer une nouvelle attaque des droits des salariés.

 

Car il ne faut pas être idiot. Quel sera la compensation qui sera octroyée/obtenue par le patronat si le financement d’une partie du coût lié aux arrêts de travail leur serait transférée ? Pour quelle raison un gouvernement ouvertement ultralibéral pourrait-il vouloir transférer/mettre à la charge du patronat, des entreprises, le financement des arrêts de travail ? Ne pensez-vous pas qu’en échange de ce financement des arrêts de travail de courte durée, les employeurs n’obtiendront pas une plus grande possibilité de surveillance, de contrôle des salariés en arrêt maladie ? Que ce soit ceux de l’entreprise ou plus largement l’ensemble des salariés ? Pour l’instant, un salarié en arrêt maladie avait impact sur l’organisation des entreprises. Il fallait éventuellement suppléer à l’absence d’un salarié ou au minimum organiser différemment l’entreprise pour pallier à une absence. Demain, un arrêt maladie aura en plus un coût financier supplémentaire et je suis presque certains que les employeurs bénéficieront demain d’une plus grande marge de manœuvre en matière de contrôle de la véracité de la maladie de leurs salariés, ou alors qu’ils seront incités (financièrement) à les contrôler plus précisément, plus méthodiquement.

 

Cette mesure, ce projet aujourd’hui à l’état hypothétique, que l’on voudrait nous faire croire comme un projet anti-entreprise, auquel les organisations patronales commencent à réagir en mettant en avant le coût financier supplémentaire qui devrait peser sur les entreprises, est en fait très vraisemblablement un projet anti-salariés, de régression des droits collectifs des salariés, visant à davantage de contrôle et de souplesse d’un régime de sécurité sociale présenté comme archaïque par un gouvernement ultralibéral. Cette mesure porte en germe le démantèlement de la Sécurité Sociale universelle française pensée au sortir de la seconde guerre mondiale. Dans quelques années, chaque entreprise sera autorisée à faire varier les niveaux de remboursement des arrêts maladie, dans le pur respect des idéaux ultra-libéraux aujourd’hui au pouvoir en France.

 

Cette mesure n’inquièterait pas les organisations patronales, si elle arrivait à être accompagnée de mesures de réduction des cotisations ou de contrôle supplémentaire de leurs salariés en arrêt maladie. Ce n’est qu’un nuage de fumée, alimenté par les organisations patronales, qui se disent alarmées, pas certaines organisations de salariés qui vont se déclarer favorables à cette juste mesure permettant de ramener la barre gouvernementale vers l’intérêt des salariés (réaction typique à attendre de la CFDT nationale) au détriment des entreprises, et enfin par les médias nationaux, qui loin d’essayer d’en analyser les conséquences à plus long terme, vont surtout dépeindre un gouvernement voulant casser son image pro-entreprise !

 

Non, il faut préserver par-dessus tout le fonctionnement de la Sécurité sociale universelle à la base du modèle social français, et éviter toute remise en cause, démantèlement de ce régime. Et combattre dans la rue tous les projets de ce gouvernement ni de droite ni de gauche mais surtout ultralibéral (GNDDNDGMSU). Nous n’avons passé qu’une seule année de ce gouvernement et il reste encore quatre autres années à subir ce gouvernement et sa politique.

 

 

Réflexion une (samedi 14 juillet 2018)

Propos liminaires sur l'acharnement médiatique dont sont victimes tous les hommes qui ont aussi le malheur d'être blanc ou juif en France 

 

Est-il normal que tant de petites choses nous énervent? Est-il normal d'entendre, de rencontrer tant de situations qui nous paraissent inacceptables, incompréhensibles, incohérentes voire injustes et iniques? Est-il normal que tant de décisions prises par ce gouvernement nous paraissent injustes, iniques, incompréhensibles? Pourquoi? Cela fait certes beaucoup de questions sans réponses. Ce sera les sujets traités dans ces prochains billets d'humeur.

 

La lecture d'un journal comme Le Monde est particulièrement instructive sur ce sujet. Bizarrement, j'aime toujours la façon dont ce journal traite l'information même si je ne partage plus forcément certaines des idées qu'il véhicule et surtout la position pro-macroniste qu'il défend ou bien que certaines personnes/actionnaires le contraint à tenir. 

 

1) Naomi Musenga

 

Le premier sujet que j'aborderais dans ces billets d'humeur traite de cette histoire de cette jeune femme, Naomi Musenga, morte fin décembre 2017 malgré un appel passé au SAMU, et des poursuites judiciaires intentées contre la personne ayant reçu/eu à traiter son appel dans ce SAMU. Que peut-on dire de Naomi Musenga, si ce n'est qu'elle avait 22 ans, que ses parents et sa famille sont effondrés et qu'elle est décédée d'une défaillance de plusieurs organes et viscères, suite à une intoxication au paracétamol qu'elle prenait apparemment en surdose depuis pourtant à peine une semaine. Ce qui lui est arrivé est certes dommageable, mais je n'arrive pas à comprendre comment on peut à partir de cette histoire très triste, s'acharner sur le SAMU et sur cette pauvre opératrice en assistance de régulation médicale ! Et l'information judiciaire ouverte du chef de non-assistance à personne en péril contre l'opératrice du centre des appels d'urgence et tous autres, ainsi que du chef d'homicide involontaire contre X, indiqué en ce debut juillet 2018 par la Procureur de la République de Strasbourg, n'est qu'une nouvelle forme d'acharnement contre cette pauvre opératrice, déjà suspendue à titre conservatoire par son employeur.

https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/05/12/au-samu-l-onde-de-choc-du-drame-de-strasbourg_5297917_1651302.html

 

Ces parents dont l'unique pensée est de chercher un responsable au décès de leur fille, tous ces politiques qui clament à la faute inexcusable de la fautive, ces médias et ces réseaux sociaux africains qui hurlent au racisme , qui s'inventent des expériences dans les centres d'appel du SAMU, toute cette exagération, toute cette exaspération, me donne envie de vomir. De manière amusante, en lisant un blog comme le  www.bondyblog.fr, on se demande très vite si les partisans de l'antiracismosphère ne sont pas finalement aussi racistes que les pseudo-racistes qu'ils combattent, en décrivant des méchants blancs racistes qui seraient partout selon eux.

 

Rares sont les articles de presse ou les opinions exprimées sur les réseaux sociaux qui mettent en avant les multiples appels factices que les opérateurs du SAMU doivent en permanence subir. Quand les jeunes de certains quartiers cherchant à caillasser des pompiers ou des urgentistes et n'hésitent pas à appeler le SAMU afin  d'attirer les secours dans des guets-apens pour pouvoir s'amuser. Combien d'appels factices cette pauvre opératrice n'avait-elle pas eu à subir dans les heures précédant cet appel de Naomi Musenga, ou dans les jours précédents ? Mais elle aurait dû évidemment savoir l'urgence de la situation ! Les opératrices du SAMU doivent certainement disposer d'une boule de voyance pour savoir reconnaitre les vraies urgences de toutes les faux symptômes que certains trouvent amusants de balancer au SAMU. Mais non, vous avez raison, haro sur l'opératrice !

 

Certes, cette opératrice a osé dire à cette jeune femme qui n'allait pas tarder à décéder, que tout le monde meurt un jour. Certes mais en même temps c'est pourtant vrai. Elle l'a envoyé vers SOS Médecins au lieu de lui passer un médecin référant du SAMU. Mais est-il possible de transférer tous les appels vers les quelques rares médecins présents sur un plateau du SAMU, qui seront vraisemblablement très souvent en ligne dans ce cas-là? D'une certaine façon, ce n'est pas de chance pour cette opératrice que Naomi Musenga soit morte juste après ! Ce qui pose problème, c'est bien la recherche permanente des fautes de certaines personnes, moquées, agressées mais auxquelles on ne reconnaît pas le droit d'être humain et d'être faillible. Mais c'est certainement beaucoup plus facile à dire dans ma position, dans ce blog, et beaucoup plus difficile lorsque l'on se retrouve face à la mort d'un proche. On a alors seulement envie de trouver un coupable, qui que ce soit, que ce soit un médecin, un opérateur du SAMU ou un fou du volant ou du guidon.

 

2) Eric Zemmour et l'islamophobie

 

Autre billet d'humeur, l'ostracisme et les condamnations pénales dont est victime Eric Zemmour. Eric Zemmour est un incompris, condamné pour racisme et islamophobie.

https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2018/07/14/la-chronique-d-eric-zemmour-supprimee-des-programmes-de-rtl_5331330_3236.html

 

On appelle cela le politiquement correct. Il ne faut rien dire ni rien écrire qui ne soit pas politiquement correct, sinon vous êtes immédiatement poursuivis par des islamistes et des bien pensants, des violeurs patentés et vous risquez d'être condamné par la justice française. Cette même justice française incapable de condamner des terroristes ou des islamistes idéologues. Le crime de chrétienophobie ou de catholiscismophobie (ni même les termes d'ailleurs) n'existe pas d'ailleurs. Comment pourrait-on condamner des gens pour un crime voire même un mot qui n'existent même pas ? Des francais sont donc condamnés pour islamophobie alors que les tarés haineux et racistes qui appellent au djihad et à la guerre sainte ne sont même pas inquiétés sur le sol francais (et je ne parle pas de tous ceux qui depuis l'Algerie, le Maroc, la Tunisie, la Lybie, les Comores, l'Arabie Saoudite ou l'indonésie, appelent encore bien plus nombreux et plus violemment au Djihad et à la mort des infidèles chrétiens !).

 

Il n'est donc pas possible en France d'être islamophobe publiquement ou de dire que «la plupart des trafiquants sont noirs et arabes» ? Bon on est d'accord, Zemmour là dessus est idiot, il aurait aussi pu parler des roms qui ne sont ni noirs ni arabes. C'est vachement insultant d'être oublié de cette manière. Ou se trouve le crime dans ce que Zemmour a déclaré ? Est ce parce qu'il est interdit de faire des statistiques ethniques en France qu'il est condamnable de déclarer cela ? Ou bien au contraire est ce parce que les statistiques existent et démontrent le contraire ? Ou bien encore est-ce parce que le fait d'expliciter le trafic par la couleur de peau et la religion revient à réduire les autres facteurs à néant ? Si ces statistiques existaient et étaient accessibles, que démontreraient-elles ? Donneraient-elles tord à Eric Zemmour ? Et n'est-il pas aberrant qu'une personne comme Eric Zemmour puisse être condamné alors qu'il a raison, ou bien sans que personne ne se fatigue à démontrer le contraire ? 

 

N'est-ce pas au fond étonnant et insupportable ? De la même manière que l'acharnement dont est victime Eric Zemmour interroge également ? Pour la justice française, il semble qu'il vaille mieux être une victime noire ou islamique qu'être blanc, chrétien ou juif !

 

3) Les délires ultrafeministes des suprémacistes féministes de #meetoo et de #balancetonporc.org et du journal Le Monde

 

Nouvel article sur les salauds de mecs dans le journal Le Monde. C'est fatigant! Chaque jour, on a droit aux rancœurs de femmes ou de jeunes femmes sur les horribles harceleurs mâles. Pourquoi cette accumulation de témoignages à charge à l'encontre des hommes ? Des témoignages sans aucune possibilité de contrôle ou de vérification. Des putains d'hommes qui se permettent des remarques sexistes sur les femmes qui prennent des douches ou bien qui se permettent des attouchements dans la foule, dans les concerts ou dans le métro ! Y en a marre à la fin de cette fixation anti-homme du Monde !

https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/07/14/en-festival-tous-les-ans-il-y-a-un-mec-pour-me-peloter-pendant-un-concert_5331327_3224.html

 

 

4) La Turquie d'Erdigan

 

Dernier point de ce billet d'humeur, l'absence de toute forme de remise en cause de la position officielle gouvernementale sur les dernières élections présidentielles et législatives turques. A-t-on lu une remise en cause du résultat affiché de la dernière présidentielle, avec Erdogan élu avec 52% des voix? A-t-on lu une analyse critique de ce résultat, de la reconnaissance de leur défaite par les principaux adversaires d'Erdogan, dont Le Monde indiquait qu'ils reconnaissaient leur défaite ? A-t-on même lu une contestation du nombre astronomique de limogeages dans la fonction publique turque, plusieurs centaines de milliers de limogeages depuis la dernière tentative de coup d'état avortée, et 18.000 il y a quelques jours ?

https://www.lemonde.fr/international/article/2018/07/08/turquie-plus-de-18-000-fonctionnaires-renvoyes-par-un-nouveau-decret-loi_5327975_3210.html

 

La veille de l'election présidentielle turque, j'avais lu un article du Monde indiquant que la chaîne de télévision gouvernementale s'était trompé et avait transmis par erreur des résultats de la présidentielle indiquant une victoire d'Erdogan avec 52%. Apres coup, la chaîne avait indiqué qu'il s'agissait d'une erreur. Certains imaginaient que cet essai correspondait à un test des réactions de la population turque. 

 

Finalement, dimanche soir, les résultats de l'élection d'Erdogan tombaient : victoire d'Erdogan avec 52% des voix soit exactement les résultats testés par la chaîne progouvernementale turque ! Donc, soit les médias turcs ont des capacités à prévoir l'avenir et notamment les résultats électoraux de leur glorieux leader, soit c'est un pur hasard que cette chaîne gouvernementale soit tombée sur le même résultat ! 

 

Le plus triste, ce n'est pas simplement qu'un pays aux portes de l'Europe soit une dictature qui travestisse les résultats des opérations électorales pour permettre la réélection d'un dictateur, pays qui soit toujours d'ailleurs candidat à une adhésion a l'Union Européenne ... Ce n'est pas non plus que les droits de l'homme y soient niés ... Non, le plus atroce dans cette histoire, c'est qu'un journal comme Le Monde n'interroge pas ces résultats qu'ils publient. Ne signalent pas cette histoire de test précédant l'élection présidentielle et reflétant exactement les scores d'Erdogan ! Ne se demande même pas si les candidats turcs malheureux reconnaissant leur défaite ne sont pas victimes de chantage ou de violence ? 

 

La Turquie est aux portes de l'Europe. Aux portes même de l'Union Européenne, qu'elle assiège continuellement et qu'elle compte bien envahir grâce à la pression des réfugiés africains qu'il lui serait possible d'encourager ou au contraire de décourager ... Une dictature à l'idéologie islamiste aux portes de notre Europe ! Ceci ne représente-t-il pas un danger particulièrement grand ? Et pourtant le journal Le Monde traite ce pays comme une démocratie insoupçonnable, parfaite, au dessus de tout soupçon ! Incompréhensible ! En 1938, il en avait été de meme avec Hitler et les nazis. L'Allemagne était la démocratie par excellence et Adolphe Hitler le démocrate par essence !

 

 

Saucratès


14/07/2018
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