Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Réchauffement climatique


Philosophie et réchauffement climatique

Saint-Denis de la Réunion, mardi 2 février 2021

 

Je cherchais des réponses à mes interrogations concernant le réchauffement climatique et j’espérais en trouver dans le Hors série n°46 de «Philosophie magazine» consacré à la philosophie du réchauffement climatique. Mais je n’en ai pas trouvé qui m’ont satisfaites. 

Ce numéro de «Philosophie magazine» ne présente pas diverses positions au sujet des réponses à apporter aux enjeux du réchauffement climatique. Il ne défend qu’une seule position et il ne donne la parole qu’aux seuls partisans d’une philosophie de l’écologie, de la nature, de l’environnement. On y trouve essentiellement les positions des philosophies adeptes de Gaïa, des plantes, de l’antispécisme, de la libération animale.

 

Je pense que le seul philosophe interrogé qui ne participe pas à cet acharnement philosophique est le slovène Slavoj Zizek, qui remet en cause cette sacralisation de la nature, qu’il présente comme fondamentalement «brutale, radicale, indifférente aux droits et aux devoirs, à nos idées de bien et de mal». À mille lieux de l’idealisme des philosophies parlant de Gaïa. «Les choses en effet peuvent tourner terriblement mal dans la nature. Nous devons l’accepter, mais non y voir un exemple à suivre. Placez-vous par exemple du point de vue d’un évolutionniste strict : que devrait-il penser de l’épidémie de coronavirus ? C’est évident. Qui meurt en effet ? Les personnes âgées, les individus les plus fragiles, les malades. Du point de vue de la sélection naturelle, l’épidémie est une aubaine : elle purge l’espèce des faibles et ne conserve que les forts. C’est une idee impossible à cautionner. Voilà pourquoi je pense que nous devons à tout prix éviter de sacraliser la Terre, de nous y fier.» Mais le pauvre s’est senti obligé de commencer son interview en rappelant qu’il était pro-écologie !

 

La troisième partie de ce magazine est consacrée aux climatosceptiques et aux techno-optimistes, mais aucune de ces deux espèces de personnes ne trouvent grâce aux yeux des rédacteurs de ce magazine. Ce n’est même pas un procès qui leur est fait, mais le prononcé d’une condamnation. 

«Sous couvert de légitimes et nécessaires interrogations sur la validité d’hypothèses, de mesures et de modèles (n’ayez pas peur, le magazine ne développera aucune de ces légitimes et nécessaires interrogations), les premiers (les climatosceptiques) se réclament du doute, vertu éminemment scientifique, pour nier l’origine humaine du réchauffement. Les seconds (les techno-optimistes) assurent que les humains s’en sortiront toujours par la technique et que c’est le génie d’Homo Faber que de tirer de sa besace une solution au moment opportun. Les uns ne sont pas moins néfastes que les autres (voilà enfin la position du magazine). Pas facile de faire naviguer la Terre entre Charybde et Scylla. Entre négationnistes et zélotes

 

Cette introduction à cette troisième partie du développement de la réflexion de ce magazine donne le ton de la charge portée contre tous ceux qui ne rejoignent pas la collapsologie, l’écologie, le véganisme et l’adoration de Gaïa.

 

Je n’y ai donc pas trouvé une lecture critique des positions et des enjeux des diverses courants philisophiques et éthiques autour de cette notion de réchauffement climatique. À moins d’imaginer que nul philosophe n’interroge ce concept de réchauffement climatique et les moyens d‘y faire face ou de le combattre, que nul philosophe ne propose une autre approche de la réalité différente de l’inéluctabilité de la survenue d’une catastrophe écologiste planétaire ou de la recherche d’autres moyens que le Véganisme et l’antispécisme pour y faire face ou pour y répondre.

La philosophie peut-elle donc apporter une réponse au problème qui nous fait face ? Et d’abord, quel est ce problème ?
 - Trouver une solution technique ou économique pour continuer à vivre comme nous le souhaitons, sans nous préoccuper de la finitude du monde ? Non.
 - Savoir comme réagir au réchauffement climatique et empêcher un emballement du climat terrestre ? Non plus. Pas exactement.

La question serait plutôt de savoir guider le monde vers la mise en place d’une organisation économique mondiale vertueuse nous permettant de régler le problème du réchauffement climatique, la moins contraignante possible pour les libertés publiques et pour les individus. Evidemment, on trouve là une première opposition d’envergure entre ma vision de ce qui serait souhaitable et les visions philosophiques, ou les courants de pensée, dont rend compte ce «Philosophie magazine». Je pense «droits des individus» et ils répondent «droits des autres êtres vivants, des animaux et des plantes», alors que moi, je ne reconnais aucun droit au reste de la biosphère terrestre ! Le droit de la vache ou du poulet à ne pas être abattus dans un abattoir ? Le droit de la graminée à pouvoir pousser librement dans son champ ?

 

Une deuxième opposition à ma question n’est pas traitée dans ce magazine. Il a trait à l’opposition entre pays occidentaux et reste du tiers monde, c’est-à-dire la responsabilité des peuples dans les émissions des dernières décennies et des derniers siècles. Les états développés d’Occident doivent-ils porter seuls les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou bien ces efforts doivent-ils être appliqués par tous, sans s’intéresser aux responsabilités passées ? Bizarre que le magazine n’ait retracé aucun débat sur ce sujet, éminemment philosophique. Et évidemment, lorsque je parle de mesures le moins contraignantes possibles, ces mesures n’ont évidemment pas du tout la même incidence selon que je parle d’un américain, d’un européen, ou d’un africain qui adorerait vraisemblablement disposer du niveau et du confort de vie de son homologue américain ou européen. Et inversement. 

À la différence de Slavoj Zizek, je ne commencerais pas cette discussion en me déclarant favorable à l’écologie. L’écologie est un courant politique et je n’ai aucune raison de m’y référer. Les adeptes de la collapsologie et de l’écologie adorent se référer pour leur part à des interdictions. Il faut interdire la consommation de viande, les véhicules automobiles à moteur à combustion, les voyages en avion, et le financement des industries productives ou d’extraction émettrices de CO2. Et c’est justement cette tentation de l’interdiction que j’estime attentatoire aux droits des individus et moralement répréhensible. Qui sont-ils pour déterminer ce qui est bon ou mauvais au niveau de la planète ? Ces adeptes peuvent monopoliser internet sans s’intéresser au coût invraisemblable du refroidissement des centres de serveur pour les téléphones et la technologie dont ils n’envisagent pas de se passer pour véhiculer leurs messages et communiquer sur leurs actions, ils peuvent vivre dans des maisons ou des appartements climatisés ou chauffés, sans s’interroger sur l’impact de cette consommation électrique sur la planète, mais ils décident par contre que telles ou telles autres choses (automobile, viande, avion) sont mauvaises et doivent être interdites ! Je trouve cela extraordinaire, cette certitude d’avoir raison et de savoir ce qui est bon ou mauvais pour la planète, ce qui cause la destruction d’un iceberg et ce qui ne le cause pas. Très clairement, à les entendre, ce qui leur sert est bon ; ce dont ils ont appris à se passer ou qu’ils n’ont pas commencé à se servir est mauvais !

 

Les mouvements activistes qui se réclament de la collapsologie ont trouvé une nouvelle forme d’intervention contre les activités économiques, industrielles, et bientôt de consommation, qu’ils condamnent. Imposer aux grands établissements bancaires de cesser de financer certaines industries émettrices de gaz à effet de serre, comme l’industrie pétrolière. Pour l’instant, cela ne concerne que HSBC et TOTAL. Il faut également noter que des banques se trouvent aux côtés des groupes activistes, comme le Crédit Mutuel ou La Banque Postale. Et on peut imaginer que HSBC devra demain se ranger également aux côtés de ces fonds activistes pour avoir la paix dans le futur. 

 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/11/hsbc-sous-pression-de-ses-actionnaires-pour-arreter-de-financer-les-energies-fossiles_6065853_3234.html


https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/16/climat-le-petrolier-total-sous-pression-d-un-groupe-d-investisseurs_6036751_3234.html

 

Certains peuvent évidemment estimer que de telles actions de groupes activistes sont souhaitables. Pour ma part, je ne le pense pas. Si ces attaques réussissaient, si toutes les banques étaient obligées de cesser de financer ces sociétés comme TOTAL et les autres fournisseurs d’énergies fossiles, celles-ci devraient disparaître, avec des centaines de milliers de salariés jetés au chômage, et une impossibilité de se fournir en nombre de produits indispensables à la vie, à notre vie.

 

Par ailleurs, si ce genre d’attaques activistes réussissent, elles se généraliseront à tout un tas d’autres activités bancaires et elles concerneront demain tels ou tels constructeurs automobiles, tels ou tels fabricants de ciment, puis aux prêts des simples consommateurs. Les banques se verront alors contraintes de ne plus financer les véhicules automobiles autres qu'électriques, puis demain tout moyen de locomotion individuel. Est-ce un futur enviable ? Sont-ce des pratiques activistes souhaitables ? Non. Parce que ces pratiques activistes ne visent toujours que l’interdiction et la contrainte !

 

Je ne dis évidemment pas qu’il n’y a rien à faire pour influer sur le monde de la Finance et de l’industrie, par le biais de normes plus contraignantes et de lois dont l’application doit se faire à l’échelle mondiale. La finance a évidemment un impact catastrophique sur les évolutions des pratiques industrielles et il faut réformer, contraindre, imposer drastiquement le monde de la Finance et l’empêcher de se réfugier dans des paradis fiscaux.

 

Mais il n’y a pas que la Finance ! Il y a aussi l’aspect démographie. Il faudrait aussi vraisemblablement contraindre tous les états de la planète à restreindre l’accroissement de leur population ; on ne peut pas laisser la population terrestre continuer de croître indéfiniment avec toutes les conséquences migratoires qui en résultent vers les pays occidentaux. On ne peut pas se contenter d’attendre la stabilisation de la population terrestre à 10 ou 12 milliards d’habitants par le simple biais de la transition démographique. La solution chinoise d’un seul enfant par femme (ou par couple) est vraisemblablement la seule réponse possible à l’urgence démographique qui est devant nous ! Evidemment, là aussi, c’est un sujet dont l’impact est différent en Occident, ou la transition démographique a eu lieu il y a plus d’un siècle, et dans les pays en développement qui n’y sont pas encore. 

 

 

Saucratès


02/02/2021
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La collapsologie - manipulation médiatique ?

Saint-Denis de La Réunion, mercredi 24 juillet 2019 

 

Le thème de l’effondrement des sociétés humaines, ou de la collapsologie, est un thème particulièrement ancien. La collapsologie est tiré du mot «collapsus», qui désigne en médecine «tout effondrement des fonctions physiologiques, ou même de la structure d'un organe».

 

—> Un grand nombre d’articles de presse ou d’émissions qui traitent de ce sujet en quelques jours

 

Quelques articles récents du Monde reviennent sur ce sujet, en lien vraisemblablement avec le débat sur l’invitation de la jeune Greta Thunberg à l’Assemblée nationale française à l’initiative d’un groupe de députés et du discours qu’elle devait y prononcer, ou bien avec les mises en discussion au parlement de la ratification des accords signés entre l’Europe et le Canada mais aussi le MERCOSUR.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/22/climat-la-collapsologie-fait-debat-c-est-une-bonne-nouvelle_5492085_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/07/23/jean-baptiste-fressoz-depuis-la-genese-on-pratique-la-collapsologie-sans-le-savoir_5492314_4415198.html

 

La presse a également la fâcheuse habitude de se faire l’écho, la caisse de résonance des sujets de débat à la demande du gouvernement ou de groupes de pression qui l’instrumentalise, pour (comme je le pense) manipuler l’opinion publique. Lors de l’élection présidentielle de 2012, pour favoriser l’élection de Nicolas Sarkozy, le grand sujet à la mode était ainsi le climat d’insécurité des français. Il fallait faire naître une peur chez les français pour qu’ils soient demandeurs de plus de police, d’un homme à poigne, un sujet de débat public qui avantageait la ligne dure, droitiste, de Nicolas Sarkozy.

 

Autre exemple, aujourd’hui, quiconque a entendu les médias français peut noter que les thèmes des fonctionnaires payés à ne rien faire, permanents syndicaux ou en dispense d’activité, sont le grand sujet à la mode des médias télévisuels. Cela correspond comme par hasard au grand chantier que veut mener Emmanuel Macron de réforme de la fonction publique territoriale, d’état ou hospitalière, et de remise en cause de l’emploi à vie dont les fonctionnaires disposent.

 

La collapsologie est également un thème médiatique à la mode, vraisemblablement parce que le gouvernement veut fragiliser, isoler, délégitimiser la contestation des gilets jaunes en faisant comprendre à ces ‘ploucs’, à ces gilets jaunes que le président méprise tant, qu’ils ont tout faux et que les politiques publiques françaises doivent changer, en leur faisant comprendre que la partie éclairée du peuple français, de la jeunesse française, de l’électorat moderne et urbain de la France et de LaREM veut plus d’écologie et de taxes sur l’essence et sur l’automobile.

 

Donc, on va se voir imposer de plus en plus d’articles, de documentaires, de reportage, traitant des dangers du réchauffement climatique, de la montée des températures, du dérèglement climatique, des catastrophes naturelles qui se produisent évidemment régulièrement dans le monde, et des migrations voulues ou imposées des peuples. Il va falloir que l’on s’y habitue ; ceci, et les reportages sur les salauds de petits fonctionnaires qui se la coulent douce à ne rien foutre, c’est le nouveau mantra des médias pour faire peur aux électeurs français afin qu’ils cessent de s’opposer aux réformes indispensables. Et face à nous, nous aurons l’ensemble des médias, des politiques et des corps constitués qui ont bien compris que le rejet dont ils font l’objet de la part des français, des gilets jaunes, du peuple, ne leur laisse aucun autre échappatoire. Bizarrement, on ne trouvera pas dans la presse et dans les médias d’articles sur les abuseurs de hauts fonctionnaires qui pantouflent dans les grands groupes privés après des passages dans les ministères parisiens où ils ont pu se constituer de beaux carnets d’adresse pour les monnayer ou les utiliser pour leur carrière personnelle, les salaires mirobolants auxquels ces derniers ont droit, les avantages dont ils bénéficient comme la mise à disposition d’appartements haut de gamme du parc social alors qu’ils n’y ont pas droit ... et ainsi de suite.

 

Non les médias ne visent qu’à nous manipuler, dans le sens qui intéresse le gouvernement et leurs riches actionnaires, afin d’obscurcir le jugement de ce peuple de partisans des gilets jaunes qui ont fait tant peur aux puissants, qu’il faut endormir, qu’il faut euthanasier, qu’il faut anesthésier, par tous les moyens. Inviter Greta Thunberg à l’Assemblée nationale est l’un des moyens imaginés par quelques bonnes âmes françaises, quelques députés qui prospèrent sur la vision catastrophisante du réchauffement climatique et de la collapsolgie.

 

—> Face à la remontée des températures et à la hausse des océans survenus il y a 10.000 ans, à la fin du dernier épisode glaciaire de notre histoire, le réchauffement climatique actuel est-il veritablement si alarmant et exceptionnel ?

 

L’histoire ancienne de l’humanité me conduirait à m’approprier, à interpréter de manière différente ce qui est en train de se passer. Qu’auraient dit nos médias manipulateurs, alarmistes, et nos politiques écologistes, collapsologues ou collapsolophes, il y a une dizaine de milliers d’années, s’ils avaient existé et sévi lorsque le niveau des océans et des mers était remonté de 100 mètres après la fin des dernières glaciations ? Heureusement, à cette époque préhistorique, ni les médias, ni les hommes politiques ne devaient exister. J’imagine que des villages de cabanes, des grottes, voire des villes ont dû être englouties au fil des siècles et des millénaires au fur et à mesure de la remontée des eaux et de la fonte des calottes glaciaires. Si l’on avait pu mesurer le recul des glaciers, de la banquise, la remontée des températures, on aurait vraisemblablement aussi entendu parler des disparitions d’espèces (je pense aux mamouths, aux rhinocéros laineux, aux antilopes ...) ou de la mise en danger des coraux. La Terre et l’’humanité s’est adaptée à un réchauffement climatique d’une dizaine de degrés entre la dernière époque glacaire et le début de l’holocène. La Terre et l’humanité s’est adaptée à la remontée des océans et des mers de plus de 100 mètres. Pour quelles raisons ne pourrait-on pas aujourd'hui faire face à une remontée de quelques mètres des océans et des mers du globe et à une augmentation de quelques degrés des températures terrestres ?

 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/07/24/la-quasi-totalite-de-la-planete-vit-sa-periode-la-plus-chaude-depuis-l-an-zero_5493029_3244.html

 

—> Pourquoi n’agit-on pas sur l’emballement démographique de la population humaine ?

 

Le vrai souci pour notre planète et pour l’écosystème terrestre, c’est l’emballement, non pas des températures et des concentrations de carbone, mais de la démographie. Le vrai souci, c’est le fait que la population terrestre soit passé deux milliards et demi d’habitants dans les années 1950 à sept ou huit milliards aujourd’hui qui pose problème, et le fait que cette population pourrait atteindre quatorze milliards d’ici quelques décennies ! Le vrai problème, c'est que la population mondiale croît désormais de plus 400.000 habitants tous les cinq années. 

 

Contrairement à ce que peuvent écrire les auteurs de la tribune publiée dans Le Monde, le problème n'est pas le fait qu'«en appliquant partout les standards de vie européens, la Terre ne pourrait nourrir que 2,2 milliards d'humains, contre 14 milliards avec une gestion sombre», pour reprendre les thèses de la tribune du Monde. Le problème, c'est que l'on puisse envisager de devoir nourrir 14 milliards d'humains sur Terre ; c'est cela le vrai problème. Et que l'on laisse l'humanité croître de près de 100.000 habitants par an, chaque année.

 

Mais comme il est beaucoup plus simple de s'attaquer aux habitants des pays riches, à ses salauds d'occidentaux qui se gavent, en les criminalisant et en les culpabilisant, plutôt que de s'attaquer au problème de la croissance hors de contrôle de la population des pays du tiers monde, des pays en développement, ou de la Chine et de l'Inde. On préfère alors s'attaquer aux habitudes alimentaires ou sociétales des citoyens des pays occidentaux, qui doivent cesser de consommer immodérément, plutôt que de s'attaquer à la croissance de la population mondiale. On se serait attaqué depuis les années 1980 ou 1990 à ce problème de surnatalité et de surpopulation, la population humaine en serait resté autour de 4,5 à 5 milliards d'habitants et on n'aurait pas tous ces débats et ce discours alarmiste sur une surconsommation des ressources de la Terre, sur le jour de dépassement de l'ONG américaine Global Footprint Network, date «à partir de laquelle l'humanité est supposée avoir consommé l'ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an».

 

—> Pourquoi est-on prêt à prendre des mesures extrêmes pour l’écologie, mais pas en matière démographique ? 

 

Evidemment, ce n'est pas le discours prononcé par Mlle Greta Thunberg à l'Assemblée nationale, ni les thèses défendus par les experts du GIEC. A croire que le discours religieux catholique est devenu le mantra de nos experts, dirigeants et gourous autoproclamés : «croissez et multipliez, et remplissez la Terre» tiré de l'Ancien Testament ... «crescite et multiplicamini» en latin ...

 

Pour ma part, je pense qu'il faut changer de discours, et s'attaquer enfin à la surnatalité, mettre fin à la croissance de la population mondiale. Pourquoi serait-il naturel d'imposer la fin de notre mode de vie occidental et aberrant de prôner la stérilisation pendant quelques décennies ou la politique généralisée de l'enfant unique ? Pourquoi l'un est un discours populaire et vendeur médiatiquement ... tandis que le second serait considéré comme criminel et intolérable ? Mon approche est-elle indéfendable et inaudible ? On est près à prendre des mesures extrêmes pour l’écologie, mais pas en matière démographique ? 

 

 

Saucratès


24/07/2019
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Réchauffement climatique (bis)

Saint-Denis de La Réunion, mardi 4 décembre 2018

Réflexion quarante-cinq


Je reviens sur un sujet qui me porte toujours particulièrement à coeur : le réchauffement climatique et ses conséquences pour l'homme et pour l'économie. Mes derniers écrits sur ce sujet remonteraient ainsi apparemment à décembre 2011, au moment de la COP 17 (Conférence des parties) qui se tenait à Durban.

 

Le terme COP renvoie à «une réunion périodique des États signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), issu du premier sommet de la Terre en juin 1992. 170 pays environ ont signé cette convention, que les États-Unis n'ont pas ratifié».

 

Mes différents écrits sur ce sujet se trouvent dans la liste ci-dessous. 

0.https://saucrates.blog4ever.com/rechauffement-climatique-abecedaire

1.https://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2012175-rechauffement_climatique__1_.html

2.https://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020927-rechauffement_climatique__2_.html

3.https://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020949-rechauffement_climatique__3_.html

4.https://saucrates.blog4ever.com/rechauffement-climatique-4

5.https://saucrates.blog4ever.com/rechauffement-climatique-5


On en est aujourd'hui à la COP 24, qui doit se tenir jusqu'au 12 décembre 2018 dans la ville de Katowice en Pologne. Pour mémoire, on peut facilement lister les lieux et les dates des dernières COP qui se sont tenues régulièrement ces dernières années :

- COP 18 à Doha (Qatar) du 26 novembre au 7 décembre 2012,

- COP 19 à Varsovie (Pologne) du 11 au 23 novembre 2013,

- COP 20 à Lima (Pérou) du 1er au 14 décembre 2014,

- COP 21 à Paris (France) du 30 novembre au 12 décembre 2015, qui a donné lieu à la signature de l'accord de Paris,

- COP 22 à Marrakech (Maroc) du 7 au 18 novembre 2016,

- COP 23 à Bonn (Allemagne) du 6 au 17 novembre 2017, qui a donné lieu au lancement du dialogue de Talanoa, à l'invitation du Premier ministre fidjien Frank Bainimaram.

 

Dans un de mes précédents écrits, j'avais déjà listé les lieux et dates des précédentes COP, sauf erreur de ma part. J'en redonne la liste en post scriptum à la fin de ce post.

https://saucrates.blog4ever.com/rechauffement-climatique-abecedaire 

 

Le sujet du réchauffement climatique s'invite régulièrement dans les médias français à l'occasion de ces conférences sur le climat, même si cette année, le mouvement des gilets jaunes vient occulter en France ce grand débat. Et évidemment, on n'a jamais autant parlé du réchauffement climatique et de ces effets en France qu'à l'occasion de la COP 21 qui s'était tenue à Paris en décembre 2015, et à l'occasion de laquelle la diplomatie française ou les différentes organisations bilatérales de financement du développement avaient fait assaut d'empressements et de promesses pour obtenir la signature d'un accord de la part des autres grands pays, et en premier lieu des USA d'Obama et de la Chine. C'était même l'objectif principal du président de la République de l'époque, M. François Hollande, sa consécration internationale, la démonstration de son entregent, ainsi que d'un organisme de financement comme l'Agence française de développement.

 

Mais en 2018, cet accord de Paris, certes ambitieux, attend toujours de pouvoir être appliqué. «Les engagements actuels  de l’accord de Paris ne sont pas suffisants pour limiter la hausse globale de la température à moins de 2 degrés C°. C’est pour cette raison que lors de la COP23, le dialogue de Talanoa a été initié. Il permettra de réaliser un premier bilan mondial des efforts collectifs d’atténuation des émissions lors de la COP24. Le dialogue de Talanoa est l’occasion pour 195 États membres des Nations unies de se retrouver pour établir d’ici fin 2018 un bilan global de leurs émissions de gaz à effet de serre». 

https://www.novethic.fr/lexique/detail/dialogue-de-talanoa.html

 

Pour ma part, quelle peut bien être ma position sur ce problème du réchauffement climatique, sur l'incidence de nos décisions individuelles sur le problème global du réchauffement climatique et de la montée des températures du globe, et sur les privations individuelles qui peuvent en résulter pour chacun d'entre nous ? Est-on chacun d'entre nous pris séparément responsables d'une fraction du processus collectif de réchauffement climatique et peut-on faire individuellement quelque chose pour changer ? Disons qu'en l'état, je n'ai pas l'impression que des actions individuelles puissent changer quelque chose. Et qu'il vaut mieux ne rien changer, ne pas se priver inutilement, tant que cela est encore possible et tant que l'on peut continuer à vivre bien sans que cela soit trop coûteux et tant que c'est possible.

 

C'est évidemment une position extrêmement égoïste et individualiste, qui prise collectivement, peut nous amener directement dans le mur, dès lors que tout le monde agirait de la même manière. On peut estimer qu'une telle position n'est tenable que si elle n'est mise en oeuvre que par une petite minorité d'entre nous, par une minorité de passagers clandestins qui continueraient à vivre sans se priver alors que l'ensemble de leurs concitoyens se priveraient et mettraient en oeuvre une politique vertueuse et économe.

 

Mais il n'en est évidemment rien. L'ensemble de la population française et de la population occidentale essaie pour l'instant de vivre de la même manière, en espérant que le progrès technologique leur permettra de continuer à consommer et à utiliser des moyens de locomotion automobile confortable et économe en émission de CO². En somme, on pense tous que c'est aux Etats de mettre en oeuvre des politiques d'économie d'émission de carbone, et aux industriels d'inventer des moyens de locomotion ou de production d'électricité moins polluants ! Mais en même temps, le mouvement des gilets jaunes français met en lumière que ces mêmes politiques étatiques ne doivent pas toucher les consommateurs français au porte-monnaie, sauf à vouloir causer une explosion sociale. Evidemment, les explications ne sont pas aussi simples ? Il y a dans le mouvement des gilets jaunes français une remise en cause plus large d'un excès de taxe qui dépasse la seule fiscalité sur l'essence, et l'évolution de la politique fiscale du gouvernement s'explique par autre chose que la seule volonté de mettre en oeuvre une fiscalité du carbone. Celle-ci n'évolue que parce que le gouvernement a décidé de diminuer une partie des taxes locales des collectivités locales (suppression partielle de la taxe d'habitation que le candidat Macron avait déclamé injuste). La hausse des taxes sur le diesel et sur l'essence est considérée tout autant injuste par les gilets jaunes français, et plus largement par l'opinion publique française. 

 

Se priver d'un moyen individuel de déplacement sous prétexte qu'il émet du dioxyde de carbone, se priver de manger de la viande bovine sous prétexte que les bovins sont de grands émetteurs de gaz à effet de serre, comme se priver de chauffage ou de climatisation sous prétexte qu'ils sont de grand consommateurs d'électricité, de gaz ou de fuel ... On peut tous s'interroger sur les impacts individuels des privations qui nous seront un jour demandé ou imposé par les pouvoirs publics ou par la nature lorsqu'il ne sera plus possible de continuer comme avant à polluer ou à émettre des gaz à effet de serre.

 

En même temps, je comprends aussi le président américain Donald Trump quand il remet en cause ou qu'il conteste les causes anthropiques du  réchauffement climatique (la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique). Malgré l'abondance des analyses sur le réchauffement climatique, il n'est pas si simple de trouver des données historiques fiables. Je vais donc m'attacher dans la fin de cet article d'essayer de donner à la fois une liste de graphiques et de courbes sur le phénomène de croissance des émissions de dioxyde de carbone (même si ce n'est pas le seul gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique à être en croissance rapide au cours des dernières décennies) mais également de fournir des liens et des données chiffrées sur ce sujet. 

Données taux co2 concentration.jpg

Comme il est régulièrement exposé, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone a commencé à progresser à partir du début des années 1800 et elle a commencé à exploser à partir des années 1950. On a atteint les 300 parties par million (ppm) de CO² en 1910 et on dépasse les 400 ppm de CO² à partir de 2015.

 

Il est tout aussi intéressant d'observer la saisonnalité des évolutions des émissions et de la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone, avec cette forme de courbe sinusoïdale croissante que l'on peut retracer graphiquement. Toutes ces courbes font bien apparaître une croissance régulière des émissions de carbone atmosphérique. 

https://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/global.html

 

Evidemment, toutes ces mesures et toutes ces données présentent des limites : elles peuvent concerner des estimations globales terrestres, correspondant donc à des moyennes mondiales de nombreuses mesures (c'est le cas des publications récentes) ou bien elles peuvent ne correspondre qu'à des mesures pour un lieu particulier donné (comme par exemple pour la courbe pseudo-sinusoïdale précédente, qui fait apparaître l'incidence des saisons en un lieu de mesure donné).

 

Vous trouverez ci-après les données correspondantes au graphique reproduit ci-dessus, tirées pour partie du site suivant

https://data.giss.nasa.gov/modelforce/ghgases/Fig1A.ext.txt

https://static.blog4ever.com/2010/11/447196/artfichier_447196_7981534_201812051959628.jpg
Il faudrait que des bases de données publiques soient facilement disponibles et facilement contrôlables, vérifiables, recoupables avec les données primaires. Il est en effet trop facile de se réfugier derrière l'inaccessibilité des données afin de remettre en cause l'idée même que l'homme influe directement sur le climat. La position de Trump est néanmoins compréhensible. Le réchauffement climatique est-il forcément un problème pour des pays occidentaux tempérés qui pâtissent encore régulièrement des affres d'hiver rigoureux ? Et le coût financier que représente la lutte contre le réchauffement climatique, les indemnisations que certains pays en développement d'Afrique menacent de réclamer aux États occidentaux pour les aider à accompagner leur transition énergétique, tout cela a-t-il un sens si en fait le réchauffement climatique est vécu comme une aubaine plutôt qu'une catastrophe, ou bien si en fait il est possible de démontrer que ce n'est pas l'impact de l'homme qui influe sur le climat ?

 

La lecture du graphique des mille dernières années donne notamment quelques arguments. Il est habituel de parler de l'optimum climatique de l'an mille, ainsi que du mini âge glaciaire des années 1700. Ces deux périodes s'observent parfaitement à la lecture du graphique des concentrations de CO2 atmosphérique, la concentration ayant commencé à baisser à partir des années 1535-1540. Or, la première période fut considéré comme une période très favorable et la deuxième période comme une période de froid intense, d'hiver glacial et de famines à répétition en Europe médiévale ! Il n´est donc pas si simple d'être certain que le réchauffement climatique soit non pas une bénédiction mais au contraire une mauvaise chose ! 

 

(nota : l'optimum climatique médiéval, parfois appelé réchauffement climatique de l'an mil ou embellie de l'an mil, est une période de climat inhabituellement chaud localisé sur les régions de l'Atlantique nord et ayant duré du Xe siècle jusqu'au XIVe siècle approximativement).

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2015/03/01/climat-quand-la-bretagne-produisait-du-vin-265028.html

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Evidemment, des concentrations de 400 parties par million (ppm) de CO2 dans l'atmosphère dépassent de très loin tout ce qui a pu être observé ces derniers millénaires. De telles concentrations n'avaient plus été mesurées depuis au moins un million d'années. Néanmoins, l'étude des climats conserve ses mystères. Pourquoi les niveaux de CO2 étaient-ils si élevés il y a un million d'années ? Pour quelles raisons ont-ils commencé à baisser il y a un million d'années, jusqu'à plonger la Terre dans une période glaciaire ? Et pourquoi ce taux de CO2 a-t-il eu naturellement tendance à fluctuer, alternant entre période glaciaire et période interglaciaire tout au long et à de nombreuses reprises tout au long du dernier million d'années ? Et ceci en l'absence vraisemblable de toute influence humaine ? Ces fluctuations historiques peuvent conduire logiquement des climatologues sceptiques à remettre en cause la pure explication humaine de l'influence sur le climat. Même si évidemment, la progression exponentielle observée de ce taux sur les dernières décennies ne peut pas s'expliquer autrement que par l'action de l'homme, ou par l'enclenchement de boucles de rétroactions dans le climat terrestre, dues bien évidemment à l'action de l'homme. 

 

D'autres types de données existent aussi sur la question du réchauffement climatique et sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre et de dioxyde de carbone. On trouve ainsi des données disponibles sur l'évolution historique des émissions de dioxyde de carbone par habitant, pays par pays. Ces données sont éclairantes sur un certain nombre de sujets, sur les efforts collectifs de réduction ou non des émissions de CO², mais également sur les mix énergétiques de chaque pays ; la part importante de production électrique par le biais de barrages hydroélectriques ou de centrales nucléaires explique notamment pour partie les excellents résultats de la France dans ce domaine. Ce qui explique le satisfecit gouvernemental que l'on trouve sur le site du ministère du développement durable :

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/indicateurs-indices/f/2492/0/evolution-concentration-carbone-latmosphere-niveau-mondial.html

 

«En matière de lutte contre le dérèglement climatique, l'engagement de la France sur la scène internationale se traduit concrètement au niveau national. Entre 1990 et 2013, la France a diminué ses émissions de gaz à effet de serre de plus de 10%, bien au-delà de son objectif dans le cadre du protocole de Kyoto, qui était de ne pas les augmenter. Cela représente une baisse de 21% par habitant. Rapportée à la production intérieure brute (PIB), la diminution des émissions a été de 55%. La France est ainsi l’un des pays industrialisés les moins émetteurs de gaz à effet de serre : elle représente seulement 1,2% des émissions mondiales alors qu’elle contribue à 4,2% du PIB mondial. Pour aller plus loin, la France a depuis 2012 engagé de nombreuses actions en matière de logements, transports, énergie, agriculture, industrie biodiversité, etc. et fait adopter la loi de transition énergétique.»

 

Il s'agit des données que l'on trouve notamment sur le site de la Banque Mondiale. Ces données rejoignent le satisfecit gouvernemental du ministère du développement durable, avec des émissions de CO² qui en 2014 s'élevaient à 4,57 tonnes métriques par habitant, contre 6,42 tonnes métriques en 1990, et 5,79 tonnes métriques en 1960. Les taux de l'Union Européenne sont supérieurs avec 6,379 tonnes métriques en 2014, de même que ceux de la Chine (7,54 tonnes métriques par habitant) et évidemment ceux des Etats-Unis (16,49 tonnes métriques par habitant en 2014 contre 16,0 en 1960).

https://data.worldbank.org/indicator/EN.ATM.CO2E.PC

 

D'une certaine façon, ces chiffres peuvent également interpeller sur la nécessité de la loi de transition énergétique concernant le prix des carburants. Quelle urgence y a-t-il réellement à renforcer la taxation sur l'essence et sur le diesel, en se basant essentiellement sur le respect des objectifs de réduction des gaz à effet de serre et de dioxyde de carbone pour que la France respecte ses engagements internationaux ? Il est terrible que l'absence de toutes données facilement accessibles et de véritables débats démocratiques et médiatiques ne permette pas la tenue d'un débat sain et transparent. La France respecte ses engagements internationaux. La hausse de la fiscalité sur l'essence correspond ainsi soit à une contrainte fiscale interne, soit une idée fixe d'un quelconque obscur haut fonctionnaire d'un ministère quelconque opposé aux automobiles, vivant à Paris et n'étant capable de rien imaginer d'autres que son petit métro et son petit RER. A moins que ce ne soit la marotte de certains de nos chers présidents ultralibéraux du centre ou de la 'gauche' ou de leurs gouvernements !

 

A ma petite mesure, je tenterais donc de mettre à disposition quelques-unes des données disponibles.

 


Saucratès

 

 

Post scriptum :

Liste des précédentes COP (CCNUCC ou UNFCCC en anglais)

- COP 1 à Berlin (Allemagne) en mars-avril 1995, qui donna naissance à la décision connue sous le nom de 'mandat de Berlin', où les parties entamèrent un cycle de negociations en vue de décider d'engagements plus solides et plus détaillés pour les pays industrialisés.

- COP 2 à Genève (Suisse) du 8 au 19 juillet 1996.

- COP 3 à Kyoto (Japon) du 1er au 12 décembre 1997, et qui vit l'adoption du Protocole de Kyoto.

- COP 4 à Bueno Aires (Argentine) du 2 au 14 novembre 1998.

- COP 5 à Bonn (Allemagne) du 25 octobre au 5 novembre 1999.

- COP 6 à La Haye (Pays Bas) du 13 au 24 novembre 2000.

- COP 7 à Marrakech (Maroc) du 29 octobre au 10 novembre 2001, qui débouchera sur la signature des accords dits de Marrakech, qui présentent la traduction juridique des règles de mise en œuvre du Protocole de Kyoto.

- COP 8 à New Delhi (Inde) en novembre 2002.

- COP 9 à Milan (Italie) en novembre 2003.

- COP 10 à Buenos Aires (Argentine) en novembre 2004.

- COP 11 à Montréal (Canada) en novembre 2005, qui donnera naissance au processus de Montréal.

- COP 12 à Nairobi (Kenya) du 6 au 17 novembre 2006.

- COP 13 à Bali (Indonesie) du 3 au 14 décembre 2007.

- COP 14 à Poznan (Pologne) du 1er au 12 décembre 2008.

- COP 15 à Copenhague (Danemak) du 7 au 18 décembre 2009, qui débouchera sur la signature d'un accord non contraignant dit de Copenhague.

- COP 16 à Cancun (Mexique) du 29 novembre au 10 décembre 2010.

- COP 17 à Durban (Afrique du Sud) du 28 novembre au 11 décembre 2011.

- COP 18 à Doha (Qatar) du 26 novembre au 7 décembre 2012.

- COP 19 à Varsovie (Pologne) du 11 au 23 novembre 2013.

- COP 20 à Lima (Pérou) du 1er au 14 décembre 2014.

- COP 21 à Paris (France) du 30 novembre au 12 décembre 2015, qui a donné lieu à la signature de l'accord de Paris.

- COP 22 à Marrakech (Maroc) du 7 au 18 novembre 2016.

- COP 23 à Bonn (Allemagne) du 6 au 17 novembre 2017, qui a donné lieu au lancement du dialogue de Talanoa, à l'invitation du Premier ministre fidjien Frank Bainimaram.

- COP 24 à Katowice (Pologne) du 3 au 14 décembre 2018.


04/12/2018
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Réchauffement climatique (5)

 

 

Réflexion quarante-quatre (16 décembre 2011)
La place des énergies fossiles - Données et enjeux en 2010


1) La place du charbon dans les énergies

 

Dans un nouveau rapport publié mardi 13 décembre, l'agence internationale de l'énergie, bras énergétique de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), fait un point sur la consommation de charbon dans le monde.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/12/13/la-consommation-de-charbon-dans-le-monde-continuera-a-croitre-d-ici-2016_1618126_3244.html

 

L'une des difficultés de ces études et publications, c'est la multitude des mesures existantes ... Dans un précédent article, je mentionnais que le charbon représentait la deuxième source d'énergie du bilan énergétique mondial soit 3,1 Gtep (giga tonnes équivalent pétrole) dans les années 2006-2007, et que les réserves prouvées actuelles représentaient entre deux et trois siècles de consommation ...

 

Le rapport de l'AIE chiffre la demande en charbon en 2010 à 5,225 milliards de tonnes équivalent carbone. Exprimée en tonne équivalent pétrole, elle a atteint 3,55 Gtep en 2010. Elle devrait atteindre 6,184 Gtce en 2016, soit une hausse prévue de +18%. Les réserves prouvées atteignent quant à elles 861 milliards de tonnes, soit au rythme actuel de consommation à peine plus d'un siècle désormais de consommation (à noter que je n'ai pas été capable de trouver une mesure de conversion entre les Mtce et les Gtep et que l'AIE publie normalement des études exprimées en Gtep).

 

La Chine est le plus gros consommateur actuel de charbon, soit 48% de la consommation mondiale, devant les Etats-Unis (15%) et l'Inde (8%). Selon l'AIE, les Etats-Unis ont longtemps été le premier consommateur de charbon de la planète, même si cela fait quelques années que la Chine les a dépassé. D'ici 2016, la consommation de charbon en Chine devrait encore progresser de +24% et celle de l'Inde de +40%. A noter que les Etats-Unis possèdent 28% des réserves de charbon prouvées contre 13% seulement pour la Chine (soit une trentaine d'années à peine de consommation).

http://www.commodesk.com/v2/fondamentaux/44/charbon

 

L'accroissement de la consommation chinoise (+0,4 Gtep) et indienne (+0,1 Gtep) dans une moindre mesure pose le problème des émissions de gaz à effet de serre induit par l'utilisation du charbon (CO² et autres gaz toxiques : SO², NOx et mercure notamment). En effet, il existe des solutions (technologie de centrales à charbon propres) pour limiter les rejets de ces gaz dans l'atmosphère dans le cadre de la production d'électricité à partir de centrales électriques brûlant du charbon mais la Chine et l'Inde ont un parc de centrales polluantes et les nouvelles centrales à charbon qu'ils vont construire ne seront pas toutes 'propres'.

 

Les technologies de centrales à charbon propres existantes actuellement ou encore à l'état de recherche :

a) installations à charbon pulvérisé à cycle supercritique (rendement de l'ordre de 43% à 46%)

b) cycle ultra-supercritique (rendement de l'ordre de 51% à 58%)

c) centrales à lits fluidisés circulants (LFC), permettant la destruction complète de certains polluants mais handicapées par un rendement encore faible

d) centrales à gazéification du charbon intégrée à un cycle combiné (IGCC)

Ces nouvelles technologies ont ou auront l'avantage de limiter les rejets de polluants dans l'atmosphère ou dans la nature ... Associées à des technologies de captage et de stockage du CO², elles permettraient de réduire l'impact de la production d'électricité sur le climat et l'environnement (mais il demeure le problème des risques liés à l'enfouissement du CO² capté et stocké ... dans des aquifères profonds ou dans des gisements de pétrole ... avec le problème des risques qui seront transférer aux générations qui vont nous suivre ...)

Ces technologies présentent toutefois l'inconvénient d'être coûteuses, ce qui en limite l'opportunité d'investissement pour les pays en développement ... Le marché potentiel concerne aussi la modernisation des installations existantes, que ce soit en Occident mais surtout dans les pays en développement et tout particulièrement en Chine, qui dispose d'installations extrêmement polluantes ... Une grosse vague de renouvellement des centrales électriques des pays de l'OCDE interviendra à compter des années 2020 et à partir des années 2040 dans les pays émergents ...

2) Le problème de la valorisation des réserves d'énergie fossile des grands groupes pétroliers ou miniers occidentaux

 

Autre article du Monde, traitant de la vraie valeur des réserves d'énergie fossile des majors pétrolières et minières occidentales.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/11/14/quelle-est-la-vraie-valeur-des-reserves-d-energie-fossile_1603275_3234.html

 

L'agence internationale de l'énergie mentionnait dans son rapport publié le 9 novembre 2011 que la combustion de l'énergie fossile (pétrole, gaz et charbon) produite actuellement et dans les années à venir par les équipements existants en 2010 (usines, transports, bâtiment) provoquera, à l'horizon 2050, un réchauffement du climat de 6 degrés celcius, alors que les climatologues estiment que nos écosystèmes et notre économie planétaire ne pourraient absorber sans catastrophe majeure qu'une élévation de température de 2 degrés.

 

Pour l'ONG britannique Carbon Tracker Initiative (CTI), soit les réserves d'énergie fossile prouvées, qui représenteront l'émission de 2 795 gigatonnes d'émissions de CO², seront effectivement utilisées et provoqueront une catastrophe climatique ; soit elles ne seront pas utilisées, pour éviter cette catastrophe, et la valorisation actuelle des entreprises du secteur énergétique n'a pas de sens économique, car elle ne tient pas compte de ce risque climatique.

 

La valorisation des grands groupes occidentaux du secteur énergétique devrait ainsi intégrer les possibilités de taxation dissuassive de la production de ces énergies, les difficultés croissantes des compagnies à faire accepter par l'opinion, les pouvoirs publics et les consommateurs l'extension ou la poursuite d'une activité considérée comme dommageable pour l'environnement, et /ou le coût des actions futures de lutte contre le réchauffement climatique.

 

A noter que les majors occidentales disent intégrer une telle réflexion. Ainsi, selon Shell, «même si l'on réussissait à conserver la part actuelle des énergies fossiles par rapport à l'ensemble des énergies et à répondre ainsi à la demande croissante, les émissions de CO² pourraient atteindre un niveau tel qu'elles constitueraient une véritable menace pour le bien-être de l'homme. (...) Il va être de plus en plus difficile de maintenir les niveaux souhaitables de concentration de CO² dans l'atmosphère».

 

L'article du Monde souligne également les investissements de ces majors des énergies fossiles dans les énergies renouvelables (éolien et solaire). Mais leurs investissements dans ce secteur sont faibles en regard de leurs investissements en exploration-production d'hydrocarbures (Total projette ainsi d'investir 7 milliards de dollars sur la période 2010-2020 dans les énergies renouvelables contre 16 milliards en exploration-production d'hydrocarbures pour la seule année 2011).

 

Cette situation est confortée par les hésitations des politiques énergétiques des états occidentaux. 285 fonds d'investissement internationaux, gérant au total plus de 20 milliards de dollars d'actifs, ont publié le 19 octobre un appel à «une action politique urgente sur le changement climatique». Ils la jugent nécessaire pour «stimuler l'investissement du secteur privé dans la lutte contre le changement climatique» et «assurer la soutenabilité à long terme et la stabilité du système économique mondial».

 

Marchés et investisseurs ne réagiront à temps que si une volonté politique forte et cohérente incite à l'efficience énergétique, à l'investissement massif dans les énergies nouvelles et à l'augmentation régulière et programmée (et non erratique) du prix des énergies fossiles. «Les politiques en place pour les cinq années à venir forgent les investissements pour les dix années à venir, qui façonneront largement le tableau énergétique global jusqu'en 2050.» (Shell)

 

3) Autres sujets

 

Dernier article du Monde que je ne ferais que citer sur ce sujet des projets de captage de CO2 ...

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/07/pourquoi-les-projets-de-captage-de-co2-ont-ete-abandonnes-en-europe_1801705_3244.html

 

 

Saucratès

 


Mes autres écrits sur le Réchauffement climatique :
1.https://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2012175-rechauffement_climatique__1_.html

2.https://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020927-rechauffement_climatique__2_.html

3.https://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020949-rechauffement_climatique__3_.html

4.https://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020964-rechauffement_climatique__4_.html


13/12/2011
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Démocratie et développement durable

Le 22 février 2012

 

 

La lutte contre le réchauffement climatique et la mise en oeuvre d'un mode de vie et d'un mode de production économique durables pourront-ils se faire de manière non dirigiste, de manière volontaire, sans actions arbitraires ni imposées par les états ou par un quelconque organisme national ou international ? 


Evidemment, mais il faut bien le rappeler, les styles de vie des ménages lambda chinois, américains, européens de l'ouest, congolais, ou thaïlandais, ne sont absolument pas comparables. L'américain des USA ou l'européen de l'ouest, même particulièrement ascète ou économe dans son train de vie, paraît vraisemblablement encore extrêmement pollueur et consommateur en regard de ses homologues des pays moins avancés. Mais chacun d'entre nous, dans notre coin, nous souhaitons avoir le style de vie qui nous soit le plus agréable, accessible en fonction de nos moyens financiers et de ce que nous pouvons disposer. Pour chacun d'entre nous, ce qui prime est avant tout notre confort personnel et celui de nos proches, dans l'idée d'avoir la qualité de vie la plus agréable possible. L'idée générale qui me semble représenter la plus grande partie de l'humanité, dont moi-même évidemment, c'est son caractère égoïste et aveugle aux obligations que la durabilité de notre mode de vie devrait nous imposer, quelles que soient les conséquences à long terme de notre mode de vie, de nos choix de vie. Et les chinois ou les indiens n'agiraient pas différemment des américains ou des européens en matière de consommation si leur niveau moyen de richesse était équivalent, s'ils pouvaient tous s'offrir plusieurs automobiles par couple, une maison climatisée et une piscine. 

A ce jour, l'incidence du développement durable, de la lutte contre le réchauffement climatique, ne me semble pas encore avoir été pris en compte et intégré par les pouvoirs publics des principaux états. Bien sûr, certains d'entre eux ont pris des engagements de réduction des gaz à effet de serre, notamment les principaux pays occidentaux à l'exception notable des Etats-Unis. Mais ces engagements ont été essentiellement mis en oeuvre par des incitations fiscales, que ce soit en faveur des formes d'énergies renouvelables, d'équipements automobiles respectueux de l'environnement (filtre à particule), de motorisations automobiles électriques ou propres, ou par la mise en oeuvre de marchés de droits carbone au niveau européen. La majeure partie des états n'ont pratiquement pas pris de mesures contraignantes en matière de développement durable et de lutte contre les gaz à effet de serre. Face à des comportements individuels foncièrement égoïstes ou plutôt individualistes, il n'y a pas de consensus nationaux sur la nécessité et la possibilité d'imposer de telles mesures contraignantes. 

Au delà de la nécessité d'user de politiques d'incitation fiscale, positives comme pour les subventions, ou négatives comme les taxes par exemple sur les carburants ou les grosses motorisations automobiles, un autre paradigme de la réflexion actuelle sur la lutte contre le réchauffement climatique concerne la croyance en l'existence de solutions scientifiques au problème du réchauffement climatique. Nous sommes tous persuadés que la science saura trouver des mécanismes nouveaux et économes pour nous permettre de continuer à consommer autant que nous le souhaiterons sans impact sur la durabilité de notre mode de vie, sur la durabilité de notre mode de développement économique. Nous autres occidentaux espérons encore en une solution scientifique au problème du réchauffement climatique, croyons toujours en la supériorité de la science moderne, de la recherche ! 

La science moderne a créé d'une certaine manière les problèmes que nous observons aujourd'hui ; nous sommes persuadés qu'elle nous apportera la réponse à ce même problème, sans intégrer d'ailleurs le fait qu'il y a de fortes chances qu'elle donnera naissance dans le futur à d'autres problèmes à venir. 

Enfin, je pense qu'il y a un dernier paradigme que nous avons tous à l'esprit, qui nous laisse toujours croire que la réponse aux difficultés que nous observons aujourd'hui trouvera une réponse automatiquement, sans arbitraire de la part des états ... Ce dernier paradigme c'est l'efficience des marchés. Nous sommes persuadés que les problèmes du développement durable et du réchauffement climatique se traduiront dans les prix des différents produits que nous consommons et qu'ils intégreront à la fois leurs risques et leurs impacts climatiques. Cela nous permet en fait de nous déculpabiliser ; si le prix des produits que nous consommons intègre leur impact environnemental, alors nous n'avons pas à nous sentir coupables de les utiliser puisque nous payons pour cela ! 

Le paradigme de l'efficience des marchés nous permet aussi de croire que les marchés seront capables de s'auto-réguler et de faire apparaître de nouveaux produits plus économes et plus durables lorsque leur utilisation deviendra nécessaire. Ce paradigme se retrouve dans le développement de la technolgie des capteurs solaires, de moins en moins chers et de plus en plus efficients, dans le développement des motorisations électriques, que l'on nous promet pour dans quelques années, avec des batteries que l'on nous promet moins chères et de plus grande autonomie ... 

Ce sont ces croyances en la science et en l'efficience des marchés qui nous laissent croire en une auto-adaptation de l'économie capitaliste pour intégrer les effets du réchauffement climatique et des limites à la disponibilités des ressources naturelles ! 

Dans les années ou décennies à venir, lorsque les conséquences du réchauffement climatique commenceront à avoir des effets véritablement mesurables, et lorsque la demande des populations des pays émergents créera une pression inflationniste forte sur les prix des matières premières et sur les volumes disponibles, on se trouvera alors devant une obligation d'agir au plan international. On s'apercevra alors que le mode de production capitaliste n'est pas capable de s'auto-réguler, même en étant guidé par les états, et que l'empilement des égoïsmes individuels ne permet pas de changer de mode de développement et de mode de consommation. 

Je suis persudé que des mesures violentes et arbitraires seront nécessaires pour que l'humanité puisse prendre le virage d'un développement durable sans impacts nocifs rédhibitoires sur son environnement et sur le reste du biome terrestre. Et ces mesures violentes et arbitraires me sembleront difficilement conciliables avec la démocratie telle que nous le connaissons actuellement dans nos états occidentaux. Des mesures arbitraires et violentes seront vraisemblablement également nécessaires entre états eux-mêmes, puisque le concept de passager clandestin dans la lutte contre le réchauffement climatique prendra également tout son sens ; dans un schéma démocratique, rien n'empêchera un peuple de refuser un mode de vie plus frugal, surtout si son impact au plan mondial demeure faible, et ce peuple pourra avoir tendance à vouloir profiter des efforts des autres pays de réduction de leur empreinte écologique sans en subir lui-même les restrictions ! 

De très nombreux interrogations naissent de ces quelques lignes. Par exemple, parler de lutte contre le réchauffement climatique ou d'un mode de développement durable n'est pas comparable. La lutte contre le réchauffement climatique ne vise qu'à atténuer l'impact des gaz à effet de serre sur le réchauffement du climat terrestre. Les conséquences du réchauffement climatique sont un risque de montée du niveau des océans, et donc de submersions des terres et d'îles ; un risque de disparition d'espèces animales et végétales, qui seraient incapables de s'adapter à une élévation des températures ; et un risque assurantiel d'augmentation des catastrophes climatiques ... Par contre, le développement durable intègre au réchauffement climatique l'idée d'un mode de développement économe en ressources naturelles et en matières premières, qui puisse s'inscrire dans la durée de l'existence de l'humanité, non seulement des générations actuelles qui consomment et décident, mais également des générations à venir, sur les prochaines décennies, siècles et millénaires. 

Evidemment, ces évolutions ne se feront pas sans contestations, sans conflits sociaux, opposant des riches et des pauvres, des citoyens aux grands groupes industriels ou pétroliers, des citoyens révoltés face aux états : la Grèce d'aujourd'hui, les mouvements sociaux des Antilles, de Mayotte ou de la Réunion des dernières années ... Chaque fois que des privations ou des hausses de prix seront demandées ou imposées à une population considérant que ces sacrifices demandés sont injustes ... 

Saucratès 

06/11/2017
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