Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Réchauffement climatique


Le peuple et le réchauffement climatique

Le peuple et le réchauffement climatique

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 6 mai 2022

 

Parlons de réchauffement climatique. Les experts du GIEC nous alertent régulièrement sur les graves conséquences qu’auraient une hausse des températures moyennes de 2 degrés centigrades au niveau mondial, et les journaux occidentaux relaient tout aussi régulièrement ces informations aux populations occidentales.

 

Pour ma part, je remonterais de 15.000 à 10.000 ans dans le temps, à l’époque de la fin de la précédente et dernière période glaciaire, en imaginant le monde tel qu’il existait alors. En regard de cette période glaciaire, peut-on dire que le monde était plus habitable à cette époque-là ?

 

Les glaciers arrivaient jusqu’à la hauteur des îles britanniques, et couvraient aussi une partie de la France. On croisait des mammouths et des rhinocéros laineux dans les plaines françaises. L’essentiel de l’Afrique était inhabitable, à l’exception des côtes de ses deux extrémités, sur la Méditerranée et en Afrique australe. Pour le reste de l’Afrique, cette période est appelée «le grand aride». J’ai moins d’informations sur les conséquences de cette glaciation sur l’Asie du Sud-est voire sur la région du Moyen-Orient. Mais l’on sait qu’une grande partie de d’Indonésie, de l’Irian-Jaya et de l’Australie etaient émergées et rattachées dans une seul continent, et que l’homme préhistorique a pu rejoindre à pied l’Australie venant de l’Asie du Sud-est. Par rapport à cette période, en quelques milliers d’années, les températures ont pu remonter de plus de 6 degrés à l’échelle du globe et les mers ont remonté d’une centaine de mètres en quelques millénaires. 

Les conséquences de cette catastrophe climatique monstrueuse ont pourtant été le dégel de toute l’Europe et le recul des calottes glaciaires à leur niveau actuel, le verdissement de l’Afrique et même du Sahara, avant que la modification des précipitations et des moussons n’entrainent à nouveau sa désertification. Mais on ne parle plus de grande aride. On a aussi assisté à la disparition des mammouths et des rhinocéros laineux mais il n’existait pas encore de journalistes, de médias et de réseaux sociaux pour faire pleurer dans les chaumières sur leur fin tragique, comme c’est aujourd’hui le cas pour les ours polaires perdus sur des glaçons à la dérive ou contraints de rejoindre des villes pour trouver à se nourrir.

 

Je pense que c’est là que se trouve la principale différence entre la situation actuelle et celle d’il y a 15.000 à 10.000 : l’absence ou la présence de médias, de journalistes et de réseaux sociaux. On peut ainsi voir un président d’un atoll quelconque faire un discours au milieu de l’océan (mais sans risque pour sa sécurité, car il avait choisi un endroit sans vagues … mais on pourrait aussi imaginer faire une interview du fond de sa piscine). On est aujourd’hui dans le sensationnel, dans l’attente de grandes mesures, de grandes décisions, que ces mêmes médias, ces mêmes groupes de pression, ces mêmes experts, considèreront toujours comme insuffisants.

 

Mon Dieu, si ces groupes avaient existé il y a 10.000 ou 15.000 ans, on vivrait encore en période glaciaire, au milieu des mammouths et l’Afrique serait inhabitable, comme l’Europe du Nord et la Russie. s’il y aura forcément des gagnants et des perdants à toute évolution du climat, et à tout réchauffement climatique, même si ce ne sont pas les mêmes. Il n’y avait donc pas de cyclones en -13.000 à -8.000 avant Jesus-Christ ? Même si on ne peut pas le vérifier, j’en doute forcément. Les légendes de l’antiquité grecque sont malgré tout remplies de tempêtes et des colères du Dieu Poseidon.

 

Pour en revenir donc à la période actuelle, il nous faudrait croire que les deux mètres de remontée des océans attendus pour les prochaines décennies sont catastrophiques, ainsi que des remontées de températures de quelques dixièmes de degré (puisque les deux degrés sont aujourd’hui déjà presque atteints). Certains expliquaient malgré tout que le problème par rapport au passé, il y a dix millénaires, venait de la taille de notre population. Quelques millions ou bien comme aujourd’hui près de huit milliards d’humains, ce n’est pas la même chose. Mais cela signifie que le problème n’est pas le réchauffement climatique et l’emballement des températures, mais bien l’emballement de la démographie humaine, mais ce n’est pas ce point là qui est remis en cause. On ne parle pas de stérilisation de force de populations dont l’indice de fécondité est trop élevée. Non, la taille de la population mondiale et les mesures pour la contrôler dictatorialement sont des tabous. On préfère culpabiliser les peuples occidentaux de trop consommer et de rouler en véhicules automobiles, plutôt que de soulever le tabou de la stérilisation indispensable pour contenir la population humaine.

 

Il y a un problème entre le peuple et ses élites. Et c’est un très vieux problème ; Julien Benda avait déjà parlé de la trahison des clercs pour la période des années 1930. Les élites ne peuvent pas manipuler et obliger les peuples à agir de certaines manières, à les forcer à se priver et à les punir écologiquement, sans qu’il n’y ait de révoltes sporadiques, sans que se développe un complotisme diffus, virulent, un rejet des messages de ses élites. Il y aura forcément des mouvements populistes ou poujadistes croissants. L’élection de Donald Trump a marqué la victoire du populisme sur les élites. Il y en aura d’autres, même si les élites américaines ont réussi à le renverser, à le présenter comme un fou furieux. Mais lui ne nous a pas conduit au bord du précipice de la troisième guerre mondiale !

 

Le pire, c’est qu’il n’existe pas un complot des élites. Chacun des membres de l’élite médiatique, chacun des experts, chaque journaliste, est persuadé de la valeur de ses avis, de ses combats, de chercher à sauver la démocratie ou la planète. Il n’y a pas de plan caché. Au pire, c’est leur passage obligé par certaines grandes écoles, certaines formations, qui expliquent la similitude de leurs points de vue, leur conformisation à la position dominante. Ils communiquent, ils diffusent de l’information de bonne foi. Ils croient en ce qu’ils disent. Lorsque des journalistes et des politiques expliquent que la gauche se trompe de combat, que les législatives ne seront pas un troisième tour des présidentielles, et qu’il faut donner une majorité au Président de la République pour gouverner, ils sont de bonne foi, ils y croient réellement. 

Il y a un hiatus affolant entre les élites, entre le GIEC et les peuples occidentaux ou d’ailleurs. Il n’est pas acceptable aux yeux de tous ceux qui croient appartenir aux élites, de chercher à contester ou à interroger les positions dominantes défendues par les médias. Remettre en cause les rapports des experts du GIEC sera bientôt considéré comme un crime. Aujourd’hui, c’est déjà une faute impardonnable, un motif de condamnation médiatique. Et les pauvres peuples russes qui croient que le réchauffement climatique peut être une bénédiction sont forcément manipulés, trompés par un tyran devenu complètement fou.

Les élites, les médias et les réseaux sociaux peuvent-ils gagner cette guerre médiatique, contre les peuples. Soyons clair, ils ont déjà pratiquement gagné cette guerre ; les révoltes de tel ou tel peuple, de tel ou tel mouvement de gilets jaunes, ne peuvent conduire qu’à quelques débordements vite contenus, matés sous les tirs de LBD, d’arrestations et de condamnations. À moins d’une nouvelle révolte du peuple comme en 1789, nous allons disparaitre sous les tirs du conformisme et la bien-pensance.

 

 

Saucratès


06/05/2022
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Que dire de la COP26 de Glasgow ?

Que dire de la COP26 de Glasgow ?

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, Dimanche 14 novembre 2021
 

La COP 26 se tenait donc jusqu’à hier, samedi 13 novembre, à Glasgow, au Royaume-Uni. Comme pratiquement chaque année, à la même époque, c’est le sommet où il faut être vu, que l’on soit dirigeant de la planète, leader d’un groupe qui se bat pour la planète, responsable ou militant d’une organisation non gouvernementale, ou patron d’un établissement finançant le développement. C’est le lieu où il faut être vu ! «It’s the place to be !»

 
>> Quelques rappels sur ce que représentent les COP ...

 

COP est l’acronyme anglais signifiant «Conférence of Parties», ou «Conférence des parties» signataires de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Son nom anglais est «United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC)». Ce terme ne concerne pas uniquement cette convention cadre et le climat en régle générale, puisque «COP» désigne simplement l’organe suprême de suivi d’un certain nombre de conventions internationales (sur l’interdiction des armes chimiques, contre la désertification …). 

 

Pour mémoire, la première conférence, dite COP1, s’est déroulée à Berlin du 28 mars 1995 au 7 avril 1995. Elle faisait suite au Sommet de la Terre de Rio qui s’était déroulé à Rio de Janeiro au Brésil du 3 juin 1992 au 14 juin 1992 et qui avait donné lieu à l’adoption de trois conventions dites de Rio, sur la diversité biologique (CDB), sur la lutte contre la diversification (CLD) et donc sur les changements climatiques (CCNUCC).

https://www.franceculture.fr/ecologie-et-environnement/il-etait-une-fois-la-cop1-la-premiere-conference-de-lonu-sur-le-climat$

 

Depuis 1995, pratiquement chaque année se déroule donc une nouvelle réunion COP, même si rares sont celles qui ont marqué les esprits ou bien sont passées à la postérité, essentiellement en raison des accords conclus à ces occasions. On pense ainsi à la COP21 qui s’était déroulée à Paris du 30 novembre au 12 décembre 2015, qui avait accouché du célèbre accord de Paris sur le climat. Mais on se rappelle aussi et surtout de la très célèbre COP3 qui s’est tenue du 1er au 10 décembre 1997 à Kyoto et qui a conduit à l’adoption du Protocole de Kyoto, où pour la première fois, les principaux Etats prirent des engagements contraignants de réduction des gaz à effet de serre.

https://saucrates.blog4ever.com/rechauffement-climatique-abecedaire

 

On peut aussi citer parmi les principales COP celle de novembre 2001 (COP7), qui donna naissance aux accords de Marrakesh, ou bien celle de novembre 2005 (COP11) qui conduit au processus de Montréal (mise en application et sur le financement des mécanismes de flexibilité du marché du carbone prévus au Protocole de Kyoto).

 

>> Sur la COP26 et le rapprochement qu’on peut en faire avec la COP21

 

Que peut-on donc penser de cette conférence de Glasgow ? Personnellement, nous français avons connu de l’intérieur les préparatifs de la COP21 de Paris sur le climat. On a vécu toute cette effervescence gouvernementale. On a vu se déployer toute une signalétique autour de cette conférence. C’était comme si l’honneur de la France était en jeu, si l’aura de la France et du président de la République, François Hollande à l’époque, dépendait des résultats de cette conférence sur le climat. Il fallait que cette COP débouche sur un accord ambitieux, mais pas tant pour la planète, mais plutôt pour l’aura de la France !

 
Glasgow, c’est donc d’abord et avant tout une mise en avant du pays qui la reçoit et de son dirigeant Boris Johnson, et des quelques personnalités auxquelles on a confié la responsabilité de son organisation, de sa préparation, des discussions en vue de parvenir à des accords. Pour la COP21, ces personnalités peu connues du grand public était Laurence Tubiana, mais aussi les dirigeants de l’AFD. Mais évidemment, ces conventions sont également des lieux de rencontre de rivalités internationales.

 

Rivalités internationales entre le Royaume-Uni et l’Union Europeenne et/ou la France. Que la Cop26 débouche sur un accord extrêmement ambitieux pour le climat n’est-il pas dangereux dans le cadre de la rivalité entretenue entre la France, l’Europe et le Royaume-Uni ? Heureusement pour Boris Johnson, la prochaine COP ne se déroulera pas dans un grand pays concurrent. La COP27 se déroulera ainsi en 2022 en Égypte, dans la station balnéaire de Charm el Cheikh, tandis que la Cop28 se déroulera en 2023 aux Emirats arabes unis. 
 

En effet, pour en revenir à 2015, à la COP21, et aux COP l’ayant précédée, peut-on imaginer que la France aurait accepté de signer un accord et accepter la signature d’un accord un an avant la COP21 ? Aurait-elle pu tolérer que la COP20, qui s’était tenue à Lima au Pérou, du 1er au 14 décembre 2014, débouche un an avant la COP21 de Paris, sur la signature d’un accord ambitieux sur le climat ? Jamais la France n’aurait pu le tolérer évidemment.  
 

On nous a ainsi vendu, à nous téléspectateurs français, les trésors de diplomatie de Francois Hollande, qui avait réussi à persuader tous les grands chefs d’Etat qui comptent de la planète de se mettre d’accord à Paris et de parvenir à un accord, que l’on présentera ensuite comme un accord extrêmement ambitieux ... Mais au fond, qui se souvient encore de François Hollande et de son rôle pendant la COP21 ?
 

>> Du rôle des médias dans l’interprétation des avancées obtenues en matière de lutte contre le réchauffement climatique

 

Je ne prendrais qu’un exemple. D’un côté, la couverture médiatique accordée à l’annonce que l’Inde promettait la neutralité carbone de son économie pour 2070. Heureuse nouvelle ou grande surprise pour les médias relayant cette nouvelle !

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/02/cop26-l-inde-cree-la-surprise-en-promettant-la-neutralite-carbone-pour-2070_6100669_3244.html

 

Et de l’autre côté, la couverture médiatique consentie à l’annonce russe d’atteindre la neutralité carbone en 2060, que Le Monde ou d’autres médias comme LCI considéraient comme tout à fait insuffisant et inacceptable. Mythe. Aveuglement d’un dirigeant précipitant la planète, et son pays, dans les affres du dérèglement climatique et des incendies. Tout ceci me semble bien bizarre. L’image donnéé par un dirigeant est-elle plus importanté que les annonces elles-mêmes ? 

https://www.lci.fr/planete/rechauffement-climatique-derriere-l-annonce-d-un-plan-climat-la-russie-de-vladimir-poutine-a-la-traine-sur-l-environnement-2142073.html

 

Lutte de pouvoir, d’influence au plan interne tout comme au plan international ; il est à craindre que la COP26 de Glasgow, comme la COP21 et toutes les autres conférences qui se sont déjà tenues, se préoccupent en fait très peu du climat et de la lutte contre le réchauffement climatique. Tout n’y est qu’affichage et lutte de pouvoirs et lieu d’affrontement. Gageons que les COP qui se tiendront à Pékin et à Washington déboucheront toutes deux sur de très grands accords, s’il est un jour prévu qu’une COP se tienne dans leurs murs. De même pour la prochaine COP qui se tiendra un jour à Paris.

 

>> Les résultats de la COP26 sont déjà considérés comme insuffisants … comme c’était déjà le cas à la sortie de la COP21 … sans qu’aucun média français n’ose le relayer …

 

Défiance maximale entre pays pauvres et pays riches … Effort insuffisant en faveur du climat. Mais tout ceci n’est qu’une gigantesque blague, une farce médiatique, un compte-rendu médiatique visant avant tout à nous culpabiliser dans la vie de tous les jours. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/13/climat-la-cop26-accouche-d-un-accord-en-demi-teinte-notamment-sur-le-charbon_6101980_3244.html

 

Les pays riches ne sont pas seulement des États occidentaux consommateurs de pétrole, mais aussi les États producteurs de pétrole, directement impactés par les mesures anti-énergies fossiles.

 

Et enfin et surtout, le réchauffement climatique n’a pas uniquement pour cause des émissions de gaz à effet de serre, mais également le rythme de progression de la population humaine et les migrations de population qui en résultent ! Et les responsables de cette inflation insoutenable des naissances ne se trouvent pas forcément dans les pays riches, ni ne sont issus des populations des pays riches. Mais tel n’est pas le mandat ou les préoccupations des COP de la CCNUCC.

 

 

Saucratès

 

 
Post scriptum : 
Liste des 26 conférences des parties de la CCNUCC

 

- COP 1 à Berlin (Allemagne) en mars-avril 1995, qui donna naissance à la décision connue sous le nom de 'mandat de Berlin', où les parties entamèrent un cycle de négociations en vue de décider d'engagements plus solides et plus détaillés pour les pays industrialisés.

- COP 2 à Genève (Suisse) du 8 au 19 juillet 1996.

- COP 3 à Kyoto (Japon) du 1er au 12 décembre 1997, et qui vit l'adoption du Protocole de Kyoto.

- COP 4 à Bueno Aires (Argentine) du 2 au 14 novembre 1998.

- COP 5 à Bonn (Allemagne) du 25 octobre au 5 novembre 1999.

- COP 6 à La Haye (Pays Bas) du 13 au 24 novembre 2000.

- COP 7 à Marrakech (Maroc) du 29 octobre au 10 novembre 2001, qui débouchera sur la signature des accords dits de Marrakech, qui présentent la traduction juridique des règles de mise en œuvre du Protocole de Kyoto.

- COP 8 à New Delhi (Inde) en novembre 2002.

- COP 9 à Milan (Italie) en novembre 2003.

- COP 10 à Buenos Aires (Argentine) en novembre 2004.

- COP 11 à Montréal (Canada) en novembre 2005, qui donnera naissance au processus de Montréal.

- COP 12 à Nairobi (Kenya) du 6 au 17 novembre 2006.

- COP 13 à Bali (Indonesie) du 3 au 14 décembre 2007.

- COP 14 à Poznan (Pologne) du 1er au 12 décembre 2008.

- COP 15 à Copenhague (Danemak) du 7 au 18 décembre 2009, qui débouchera sur la signature d'un accord non contraignant dit de Copenhague.

- COP 16 à Cancun (Mexique) du 29 novembre au 10 décembre 2010.

- COP 17 à Durban (Afrique du Sud) du 28 novembre au 11 décembre 2011.

- COP 18 à Doha (Qatar) du 26 novembre au 7 décembre 2012.

- COP 19 à Varsovie (Pologne) du 11 au 23 novembre 2013.

- COP 20 à Lima (Pérou) du 1er au 14 décembre 2014.

- COP 21 à Paris (France) du 30 novembre au 12 décembre 2015, qui a donné lieu à la signature de l'accord de Paris.

- COP 22 à Marrakech (Maroc) du 7 au 18 novembre 2016.

- COP 23 à Bonn (Allemagne) du 6 au 17 novembre 2017, qui a donné lieu au lancement du dialogue de Talanoa, à l'invitation du Premier ministre fidjien Frank Bainimaram.

- COP 24 à Katowice (Pologne) du 3 au 14 décembre 2018.

- COP 25 à Madrid (Espagne) du 2 au 13 décembre 2019, dans les faits présidée par le gouvernement du Chili et organisée avec le soutien de l’Espagne

- COP 26 à Glasgow (Royaume-Uni) du 31 octobre au 12 novembre 2021


14/11/2021
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L’affaire du siècle sur l’urgence climatique : vaste escroquerie gouvernementale

L’affaire du siècle sur l’urgence climatique : vaste escroquerie gouvernementale? Où comment imposer à un peuple français réticent et à des gilets jaunes remuants des mesures fiscales et réglementaires hautement impopulaires? Et les rendre obligatoires aux gouvernements suivants quelque soit les résultats des urnes en 2022 ?

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, dimanche 17 octobre 2021

 


Qu’est-ce que l’affaire du siècle ? Il s’agit d’une plainte initialement déposée par quatre associations écologistes («Fondation Nicolas Hulot» (FNH), «Greenpeace France», Notre affaire à tous» et «Oxfam France») et d’une pétition associée qui a récolté plus de 2,1 millions de voix de citoyens (tous français ?) ou d’activistes écologistes. La campagne a été lancée en décembre 2018 et elle visait à poursuivre en justice l’Etat français pour inaction en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/15/proces-climatiques-dans-les-coulisses-de-trois-ans-de-batailles-dans-et-en-dehors-des-tribunaux_6098444_3244.html

 

La France n’est évidemment pas le seul État à être poursuivi devant sa propre justice ou la justice internationale pour faire respecter les accords internationaux signés sur le climat. En 2017, l’ONU (le programme des Nations Unies pour l’environnement - PNUE) comptabilisait neuf cents procès climatiques. En 2021, je n’ose imaginer le nombre de ces procès.

«Le , dans une décision que les associations considèrent comme une victoire historique pour le climat, le tribunal administratif de Paris reconnaît la faute de l'État, et ordonne un complément d'information avant de se prononcer sur l'injonction à agir.» Il attribue 1 euro symbolique à trois des quatre associations ayant poursuivi l’Etat pour inaction.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/affaire-du-siecle-audience-conclusions-rapporteur-public-tribunal-administratif-paris-36886.php4

 

Le 14 octobre 2021, le tribunal administratif de Paris «a ordonné au Premier ministre de prendre d'ici au  toutes les mesures utiles pour réparer le préjudice».

 

Voilà donc pour les éléments de contexte et les éléments objectifs sur cette affaire du siècle. Il y a eu le procès du siècle pour le procès du pétrolier Ericka. On a donc maintenant l’affaire du siècle, qui, entre parenthèses, ne vient que de commencer.

 

Tout ce qui suit n’est plus que mon interprétation de ce qui est en train de se jouer. Pour certains, l’affaire du siècle est une immense victoire. Mon interprétation personnelle de cette ‘affaire’ est qu’elle n’est rien d’autre qu’une immense manipulation de l’opinion publique utilisée par le gouvernement pour lui permettre de faire passer des mesures hautement impopulaires, surtout dans le milieu des campagnes, dans la France provinciale, et auprès des gilets jaunes, en lui permettant de se présenter comme étant contraint par la justice administrative française. 

 

Le ministre de l’écologie, avant qu’il ne soit exclu du gouvernement, puis exclu de la présidence de l’assemblée Nationale, François de Rugy, indiquait ainsi que la pétition citoyenne pouvait être considérée comme «une réplique au mouvement des gilets jaunes qui parlent parfois de l’écologie comme un problème.»

 

Deux France s’opposent. La France des urbains, des jeunes, face à la France des campagnes, majoritairement plus âgée, majoritairement moins diplômée. Les urbains et les écologistes contre les gilets jaunes et ceux qui vivent difficilement avec quelques centaines d’euros par mois. Deux peuples pour schématiser, et un gouvernement, une justice, qui ne représente qu’un seul de ces deux peuples. Et accessoirement, le peuple des villes, qui déclare lutter pour le réchauffement climatique, est aussi celui qui ne vit pas proche de la nature, qui ne le connaît pas hormis dans les reportages télé, ou en dehors des vacances qu’il est le seul à pouvoir prendre. N’est-ce pas aberrant que celui qui prétend défendre la nature soit justement celui qui ne s’en occupe jamais, qui ne vit pas avec elle ?

 

La justice administrative française est particulière. C’est l’une des deux branches de la justice française qui traite des relations entre l’administration et le justiciable, ou le citoyen. Qui traite des problèmes des fonctionnaires vis-à-vis de l’Etat, ou des particuliers avec les collectivités publiques ou l’Etat. Si le tribunal administratif de Paris a condamné l’Etat français pour inaction climatique, c’est parce que le rapporteur public auprès du tribunal administratif (avant 2009, on l’appelait «commissaire du gouvernement») - pour le jugement de janvier 2021, il s’agissait d’Amélie Fort-Besnard - dans ses conclusions, a proposé de condamner le gouvernement pour inaction climatique. J’ignore le nom du rapporteur public pour le jugement du 14 octobre 2021.

 

Mais le rapporteur public parle avant tout au nom de l’Etat. On ne peut pas imaginer que la position du rapporteur public, autrefois intitulé commissaire du gouvernement, sur une affaire impliquant l’ensemble de l’Etat et du gouvernement, n’est pas reçu préalablement l’aval de l’Etat lui-même. On ne parle pas de la simple contestation d’un permis de construire ou d’une indemnité d’expropriation, ou de l’annulation d’une simple procédure de licenciement ! On parle de l’affaire du siècle ! Et on voudrait nous faire croire que ce juge n’a reçu aucune directive ni n’en a attendue ?

 

https://www.dalloz-actualite.fr/flash/climat-rapporteur-public-conclut-carence-fautive-de-l-etat-dans-l-affaire-du-siecle#.YWyEOS8uef1

 

L’Etat est donc condamné par sa propre justice administrative sur les réquisitions d’un de ses magistrats, qui agit au nom et pour le compte des intérêts supérieurs de l’Etat lui-même ! 

http://paris.tribunal-administratif.fr/Actualites-du-Tribunal/Communiques-de-presse/L-Affaire-du-Siecle-l-Etat-devra-reparer-le-prejudice-ecologique-dont-il-est-responsable

 

Il y a deux façons de l’interpréter et deux façons de répondre à ce jugement. Dans le premier cas, d’ici le 31 décembre 2022, le gouvernement français doit prendre des mesures supplémentaires pour faire descendre les émissions de gaz à effet de serre de 15 millions de tonnes d’équivalent CO2. Ce jugement, même s’il condamne le gouvernement français à prendre ce genre de décisions correctives et passe pour une grande victoire symbolique pour les associations écologistes ayant poursuivi l’Etat, permet également de stopper l’action de ces associations écologistes d’ici 2022, met fin à la poursuite des actions judiciaires auprès du Conseil d’Etat (sauf si ces associations estiment que la condamnation n’est pas suffisante) et les empêche de saisir les juridictions européennes comme la Cour de justice européenne. 

Mais ce même jugement peut avoir un autre objectif : permettre d’imposer au peuple français des mesures fiscales et réglementaires extrêmement impopulaires, tout en expliquant aux français que le gouvernement y est obligé, y est contraint de prendre ces mesures, parce que sa propre justice administrative, parce qu’une condamnation judiciaire, lui impose de les prendre. 

Ce même jugement a potentiellement une autre portée symbolique. Imposer au gouvernement, quelque soit celui qui sortira des urnes en juin 2022, de mener cette politique et prendre ces décisions climatiques, que ce soit LREM qui remporte les prochaines élections, ou un quelconque adversaire, de droite ou d’extrême-droite ... même si cela est extrêmement improbable.

 

Est-il possible que ce gouvernement est choisi de se saisir de cette plainte judiciaire de quelques associations écologistes, pour ourdir un plan machiavélique visant à faire passer des mesures liberticides ou impopulaires ou contraindre un futur gouvernement à suivre une feuille de route pré-établie ? Et pourquoi faut-il que les journaux et médias n’aillent jamais chercher sous la surface des choses, en se contentant de se réjouir de la victoire de groupes de pression écologistes en la surnommant «l’affaire du siècle», sans chercher d’autres tenants ou aboutissants. Est-il possible que tout ceci ne soit qu’une mise en scène, une manipulation médiatique, où les manipulateurs ne seraient pas les associations qui ont cru manipuler l’opinion publique ? Un plan dans un plan ?

 

 

Saucratès


17/10/2021
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Réchauffement climatique, défaite de la pensée

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 21 mars 2021


Nous sommes un nouveau samedi soir, en ce mois de mars 2021, en pleine gestion désordonnée de l’épidémie de coronavirus. Une épidémie à laquelle nos sociétés démocratiques occidentales n’étaient apparemment absolument pas préparées. Normal, depuis des mois et des années, les écologistes et les collapsologues de toute obédience et de tout bord, ainsi que le gouvernement français et les énarques qui le composent, qui les constituent, ne pensent que privation de droits et imposition de nouvelles normes climatiques et de nouvelles taxes.


En un sens, même s’ils n’y étaient absolument pas préparés, cette épidémie doit les satisfaire pleinement ! Disparition ou réduction drastique des déplacements aériens, confinements généralisés qui induit l’enfermement chez soi de millions d’européens, séquestration et enfermement des vieilles personnes dans les EPHAD, interdites de sorties et de visites, cachées aux yeux de tous et de toutes, supposément pour leur propre sécurité, les égéries et les prophétesses de malheur du réchauffement climatique ont toutes les raisons de se satisfaire de cette épidémie de coronavirus et surtout de la gestion décidée par nos gouvernements !

 

Cerise sur le gâteau, les collapsologues pourront en plus présenter cette épidémie comme la conséquence des désordres et des dysfonctionnements économiques et individuels mondiaux, et une juste vengeance de Mère Nature sur la race humaine ! La conséquence de notre inaction, à nous adultes occidentaux, et de la pression insoutenable exercée sur les écosystèmes naturels ! Et dire qu’autrefois, ces collapsologues inflexibles ont été de charmantes têtes blondes (ou brunes) adorables qui s’extasiaient devant des jouets qu’il leur fallait absolument, sous peine de crise de larmes et de campagne de piétinements couroucés ! Comme ils ont changé !

 

La lutte contre le réchauffement climatique et les remèdes présentés aujourd’hui (taxation tout azimut et privation généralisée) sont une défaite de la pensée et de l’éthique. Et une défaite de la pensée occidentale. Ne faire que penser privation, interdiction, et taxation confiscatoire est la négation de toutes nos valeurs occidentales, européennes. L’Europe s’était arrachée depuis le dix-neuvième siècle au diktat des famines et de la misère, mais sous prétexte que son niveau de consommation n’est pas duplicable à l’échelle de l’ensemble de l’ensemble de la population mondiale, certains collapsologues et égéries, ou grandes prophétesses, de la lutte contre le réchauffement climatique, estiment que nous devons, nous européens, nous restreindre pour ne pas détruire notre/leur monde. Ils ont inventé le jour du dépassement, ce jour au-delà duquel nous consommons plus que ce que la planète peut produire !

 

Tout ceci participe de la même imposture. Une vision partisane et parcellaire de la lutte contre le réchauffement climatique et des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir, une vision intentionnellement tronquée des raisons expliquant le réchauffement climatique et des moyens de parvenir à ramener les émissions de gaz à effet de serre en deçà d’un certain niveau, pour certains pays ! Et le principal coupable de cette imposture est évidemment le milieu scientifique international, autrement dit le GIEC (le groupement international d’étude du climat).

 

Cette vision étriquée de la lutte contre le réchauffement climatique, et son corollaire, la criminalisation de toutes les activités humaines occidentales émettrices de gaz à effet de serre, trouvent un de leurs principaux moyens d’actions dans la finance occidentale. Ils ont gagné le combat de la pensée. C’est de cela dont je parle lorsque je traite de défaite de la pensée ! Lorsque l’Agence française de Développement, l’Afd, ne parle plus que de financement pour le climat et d’impact climatique, c’est que les collapsologues de tout crin ont gagné la bataille de la pensée. Lorsque des banques sont la cible de fonds spéculatifs et de mouvements écologistes ou de collapsologues pour les forcer à cesser de financer des industries polluantes ou l’industrie du pétrole, c’est également le signe que nous avons perdu le combat de la réflexion et de la pensée.

 

https://www.oxfamfrance.org/wp-content/uploads/2019/11/Rapport-La-colossale-empreinte-carbone-des-banques-françaises.pdf

 

https://www.businessinsider.fr/les-6-banques-francaises-qui-financent-le-plus-dactivites-polluantes-selon-oxfam-185703#des-efforts-encore-insuffisants-notamment-dans-le-petrole

 

Les amis de la Terre, Oxfam, toutes ses associations cherchent des moyens d’agir, des moyens d’action pour priver ceux qu’ils appellent des industries polluantes de polluer la planète. Mais quand ils auront gagné en ayant interdit aux établissements bancaires occidentaux de financer les industries polluantes, quel sera leur prochain cheval de bataille ? Selon vous ? Leur cheval de bataille deviendra très vite, à Oxfam ou à quelque autre groupe de pression, l’interdiction les achats et les financements de produits éthiquement incorrects, ou non responsables, à leurs yeux. Un véhicule individuel à moteur thermique par exemple, une moto, un jetski... et je ne sais quoi encore. Nous allons entrer dans le fascisme de la pensée, en fonction des goûts et des idées de ces donneurs de leçon en caleçon ou en jupon.

 

C’est cela que ces personnes appellent «finance éthique» et «finance responsable» ! Bientôt, tous ces quarterons en herbe, apprentis dictateurs en couche ou en jupons, et ces écolos-extrémistes décideront de ce que l’on aura le droit d’acheter, de financer, de se payer. Accepteraient-ils eux de se voir refuser l’achat ou le financement du dernier portable dernier cri, du dernier smartphone à la mode, ou de la dernière chaussure ou robe qui leur plairait ?... Non, impossible, votre dernier smartphone n’a pas encore cinq ans. Vous avez déjà trois paires de chaussure, vous n’avez pas besoin d’en avoir une de plus. Et pourtant, c’est ce que leur mouvement programme de faire ! C’est le monde que ces jeunes, ces écolos-extrémistes nous préparent. 

Dernière idée de ces écolos-extrémistes : s’attaquer aux banques centrales. En plus de s’occuper de la stabilité des prix et de combattre l’inflation, et parfois de garantir un certain niveau d’emploi et de combattre le chômage, un économiste comme Barry Eichengreen voudrait que les banques centrales s’occupent de lutter contre le réchauffement climatique et contre les inégalités sociales, tout particulièrement raciales.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/12/un-nouveau-modele-de-banque-centrale-pour-eviter-le-desastre_6072910_3232.html 

 
Mais les banques, les banques centrales, la monnaie plus largement, ne peuvent et ne doivent en aucun cas s’occuper de ces sujets. Ils ne sont que des moyens d’échange et des dispositifs de gestion et/ou de contrôle de ces échanges. Ils ne peuvent en aucun cas devenir les moyens d’action d’un fascisme de la pensée, même si ces fascistes ont l’impression qu’ils pourront de la sorte influer sur l’économie et un capitalisme occidental patriarcal qu’ils haïssent.

 

 

Saucratès


21/03/2021
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Philosophie et réchauffement climatique

Saint-Denis de la Réunion, mardi 2 février 2021

 

Je cherchais des réponses à mes interrogations concernant le réchauffement climatique et j’espérais en trouver dans le Hors série n°46 de «Philosophie magazine» consacré à la philosophie du réchauffement climatique. Mais je n’en ai pas trouvé qui m’ont satisfaites. 

Ce numéro de «Philosophie magazine» ne présente pas diverses positions au sujet des réponses à apporter aux enjeux du réchauffement climatique. Il ne défend qu’une seule position et il ne donne la parole qu’aux seuls partisans d’une philosophie de l’écologie, de la nature, de l’environnement. On y trouve essentiellement les positions des philosophies adeptes de Gaïa, des plantes, de l’antispécisme, de la libération animale.

 

Je pense que le seul philosophe interrogé qui ne participe pas à cet acharnement philosophique est le slovène Slavoj Zizek, qui remet en cause cette sacralisation de la nature, qu’il présente comme fondamentalement «brutale, radicale, indifférente aux droits et aux devoirs, à nos idées de bien et de mal». À mille lieux de l’idealisme des philosophies parlant de Gaïa. «Les choses en effet peuvent tourner terriblement mal dans la nature. Nous devons l’accepter, mais non y voir un exemple à suivre. Placez-vous par exemple du point de vue d’un évolutionniste strict : que devrait-il penser de l’épidémie de coronavirus ? C’est évident. Qui meurt en effet ? Les personnes âgées, les individus les plus fragiles, les malades. Du point de vue de la sélection naturelle, l’épidémie est une aubaine : elle purge l’espèce des faibles et ne conserve que les forts. C’est une idee impossible à cautionner. Voilà pourquoi je pense que nous devons à tout prix éviter de sacraliser la Terre, de nous y fier.» Mais le pauvre s’est senti obligé de commencer son interview en rappelant qu’il était pro-écologie !

 

La troisième partie de ce magazine est consacrée aux climatosceptiques et aux techno-optimistes, mais aucune de ces deux espèces de personnes ne trouvent grâce aux yeux des rédacteurs de ce magazine. Ce n’est même pas un procès qui leur est fait, mais le prononcé d’une condamnation. 

«Sous couvert de légitimes et nécessaires interrogations sur la validité d’hypothèses, de mesures et de modèles (n’ayez pas peur, le magazine ne développera aucune de ces légitimes et nécessaires interrogations), les premiers (les climatosceptiques) se réclament du doute, vertu éminemment scientifique, pour nier l’origine humaine du réchauffement. Les seconds (les techno-optimistes) assurent que les humains s’en sortiront toujours par la technique et que c’est le génie d’Homo Faber que de tirer de sa besace une solution au moment opportun. Les uns ne sont pas moins néfastes que les autres (voilà enfin la position du magazine). Pas facile de faire naviguer la Terre entre Charybde et Scylla. Entre négationnistes et zélotes

 

Cette introduction à cette troisième partie du développement de la réflexion de ce magazine donne le ton de la charge portée contre tous ceux qui ne rejoignent pas la collapsologie, l’écologie, le véganisme et l’adoration de Gaïa.

 

Je n’y ai donc pas trouvé une lecture critique des positions et des enjeux des diverses courants philisophiques et éthiques autour de cette notion de réchauffement climatique. À moins d’imaginer que nul philosophe n’interroge ce concept de réchauffement climatique et les moyens d‘y faire face ou de le combattre, que nul philosophe ne propose une autre approche de la réalité différente de l’inéluctabilité de la survenue d’une catastrophe écologiste planétaire ou de la recherche d’autres moyens que le Véganisme et l’antispécisme pour y faire face ou pour y répondre.

La philosophie peut-elle donc apporter une réponse au problème qui nous fait face ? Et d’abord, quel est ce problème ?
 - Trouver une solution technique ou économique pour continuer à vivre comme nous le souhaitons, sans nous préoccuper de la finitude du monde ? Non.
 - Savoir comme réagir au réchauffement climatique et empêcher un emballement du climat terrestre ? Non plus. Pas exactement.

La question serait plutôt de savoir guider le monde vers la mise en place d’une organisation économique mondiale vertueuse nous permettant de régler le problème du réchauffement climatique, la moins contraignante possible pour les libertés publiques et pour les individus. Evidemment, on trouve là une première opposition d’envergure entre ma vision de ce qui serait souhaitable et les visions philosophiques, ou les courants de pensée, dont rend compte ce «Philosophie magazine». Je pense «droits des individus» et ils répondent «droits des autres êtres vivants, des animaux et des plantes», alors que moi, je ne reconnais aucun droit au reste de la biosphère terrestre ! Le droit de la vache ou du poulet à ne pas être abattus dans un abattoir ? Le droit de la graminée à pouvoir pousser librement dans son champ ?

 

Une deuxième opposition à ma question n’est pas traitée dans ce magazine. Il a trait à l’opposition entre pays occidentaux et reste du tiers monde, c’est-à-dire la responsabilité des peuples dans les émissions des dernières décennies et des derniers siècles. Les états développés d’Occident doivent-ils porter seuls les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou bien ces efforts doivent-ils être appliqués par tous, sans s’intéresser aux responsabilités passées ? Bizarre que le magazine n’ait retracé aucun débat sur ce sujet, éminemment philosophique. Et évidemment, lorsque je parle de mesures le moins contraignantes possibles, ces mesures n’ont évidemment pas du tout la même incidence selon que je parle d’un américain, d’un européen, ou d’un africain qui adorerait vraisemblablement disposer du niveau et du confort de vie de son homologue américain ou européen. Et inversement. 

À la différence de Slavoj Zizek, je ne commencerais pas cette discussion en me déclarant favorable à l’écologie. L’écologie est un courant politique et je n’ai aucune raison de m’y référer. Les adeptes de la collapsologie et de l’écologie adorent se référer pour leur part à des interdictions. Il faut interdire la consommation de viande, les véhicules automobiles à moteur à combustion, les voyages en avion, et le financement des industries productives ou d’extraction émettrices de CO2. Et c’est justement cette tentation de l’interdiction que j’estime attentatoire aux droits des individus et moralement répréhensible. Qui sont-ils pour déterminer ce qui est bon ou mauvais au niveau de la planète ? Ces adeptes peuvent monopoliser internet sans s’intéresser au coût invraisemblable du refroidissement des centres de serveur pour les téléphones et la technologie dont ils n’envisagent pas de se passer pour véhiculer leurs messages et communiquer sur leurs actions, ils peuvent vivre dans des maisons ou des appartements climatisés ou chauffés, sans s’interroger sur l’impact de cette consommation électrique sur la planète, mais ils décident par contre que telles ou telles autres choses (automobile, viande, avion) sont mauvaises et doivent être interdites ! Je trouve cela extraordinaire, cette certitude d’avoir raison et de savoir ce qui est bon ou mauvais pour la planète, ce qui cause la destruction d’un iceberg et ce qui ne le cause pas. Très clairement, à les entendre, ce qui leur sert est bon ; ce dont ils ont appris à se passer ou qu’ils n’ont pas commencé à se servir est mauvais !

 

Les mouvements activistes qui se réclament de la collapsologie ont trouvé une nouvelle forme d’intervention contre les activités économiques, industrielles, et bientôt de consommation, qu’ils condamnent. Imposer aux grands établissements bancaires de cesser de financer certaines industries émettrices de gaz à effet de serre, comme l’industrie pétrolière. Pour l’instant, cela ne concerne que HSBC et TOTAL. Il faut également noter que des banques se trouvent aux côtés des groupes activistes, comme le Crédit Mutuel ou La Banque Postale. Et on peut imaginer que HSBC devra demain se ranger également aux côtés de ces fonds activistes pour avoir la paix dans le futur. 

 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/11/hsbc-sous-pression-de-ses-actionnaires-pour-arreter-de-financer-les-energies-fossiles_6065853_3234.html


https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/16/climat-le-petrolier-total-sous-pression-d-un-groupe-d-investisseurs_6036751_3234.html

 

Certains peuvent évidemment estimer que de telles actions de groupes activistes sont souhaitables. Pour ma part, je ne le pense pas. Si ces attaques réussissaient, si toutes les banques étaient obligées de cesser de financer ces sociétés comme TOTAL et les autres fournisseurs d’énergies fossiles, celles-ci devraient disparaître, avec des centaines de milliers de salariés jetés au chômage, et une impossibilité de se fournir en nombre de produits indispensables à la vie, à notre vie.

 

Par ailleurs, si ce genre d’attaques activistes réussissent, elles se généraliseront à tout un tas d’autres activités bancaires et elles concerneront demain tels ou tels constructeurs automobiles, tels ou tels fabricants de ciment, puis aux prêts des simples consommateurs. Les banques se verront alors contraintes de ne plus financer les véhicules automobiles autres qu'électriques, puis demain tout moyen de locomotion individuel. Est-ce un futur enviable ? Sont-ce des pratiques activistes souhaitables ? Non. Parce que ces pratiques activistes ne visent toujours que l’interdiction et la contrainte !

 

Je ne dis évidemment pas qu’il n’y a rien à faire pour influer sur le monde de la Finance et de l’industrie, par le biais de normes plus contraignantes et de lois dont l’application doit se faire à l’échelle mondiale. La finance a évidemment un impact catastrophique sur les évolutions des pratiques industrielles et il faut réformer, contraindre, imposer drastiquement le monde de la Finance et l’empêcher de se réfugier dans des paradis fiscaux.

 

Mais il n’y a pas que la Finance ! Il y a aussi l’aspect démographie. Il faudrait aussi vraisemblablement contraindre tous les états de la planète à restreindre l’accroissement de leur population ; on ne peut pas laisser la population terrestre continuer de croître indéfiniment avec toutes les conséquences migratoires qui en résultent vers les pays occidentaux. On ne peut pas se contenter d’attendre la stabilisation de la population terrestre à 10 ou 12 milliards d’habitants par le simple biais de la transition démographique. La solution chinoise d’un seul enfant par femme (ou par couple) est vraisemblablement la seule réponse possible à l’urgence démographique qui est devant nous ! Evidemment, là aussi, c’est un sujet dont l’impact est différent en Occident, ou la transition démographique a eu lieu il y a plus d’un siècle, et dans les pays en développement qui n’y sont pas encore. 

 

 

Saucratès


02/02/2021
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