Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Journal de confinement - septième semaine

Saint-Denis de La Réunion, Vendredi 1er mai 2020

 

Nous sommes aujourd'hui le 1er mai 2020, et nous sommes désormais confinés depuis plus d'un mois et demi. Nous sommes toujours sous le coup d'une sorte d'état d'exception, qui donne tout pouvoir aux forces de l'ordre d'apprécier la validité et la pertinence de notre autorisation de sortie. Cette période de temps restera-t-elle marquée comme l'époque où nous étions tous à la merci de l'arbitraire des policiers, gendarmes et militaires ? Arbitraire et liberté d'interprétation des règles par les forces de l'ordre seront-elles l'un des visages que l'on conservera de cette période ? En effet, chacun d'entre nous peut se trouver verbaliser s'il est arrêté hors de chez lui en étant sorti depuis plus d'une heure de temps, quelqu'en soit le motif ... Sport cela va sans dire, mais également achats de première nécessité, raisons familiales ou examens médicaux ... Ceci dépend absolument de l'interprétation que font les forces de l'ordre des textes instituant le confinement. Ou des ordres qui leur ont été donnés ...

 

Il est frappant de rapprocher les règles instituant le confinement des règles qui ont été imposées aux français au cours des pires moments et des heures les plus sombres que la France a connu par le passé. Je ne vois rien de plus ressemblant aux heures que nous vivons que les années d'occupation que la France a connu à partir de 1940 et l'invasion par les forces nazies. Le régime de Macron à réinventé les règles d'occupation nazie. Je pense qu'une vieille personne ayant connu les années 1941-1944 en zone occupée ou à Paris ne serait pas dépaysée si elle revenait aujourd'hui. Autorisation et certificat pour se déplacer, obligation de se déplacer et de rendre compte de son identité, forces de l'ordre et armée qui quadrillent nos villes et nos campagnes pour s'assurer du respect du confinement ... 

 

Et pourtant, cette période de confinement n'est pas, selon moi, le pire moment que nous allons vivre. Le pire est encore à venir ! Parce que le gouvernement qui nous dirige n'a pas fini de violer et d'attenter à nos libertés publiques, tout ceci supposément pour la santé publique, pour notre sécurité et pour notre santé. C'est pour notre bien que toutes ces règles liberticides sont élaborées ! Mieux vaut en rire. Des heures extrêmement sombres nous attendent !

 

Et sur tous ces sujets, on peut à la fois observer un grand processus d'intoxication et d'enfumage : diverses possibilités sont évoquées pour l'après-confinement tout en nous assurant que le gouvernement ne veut pas y recourir ... mais également un jeu extrêmement perturbant des médias et des journaux télévisés qui continuent d'agir comme des caisses de résonance et comme des relais serviles du pouvoir en place. Ces derniers ne jouent pas depuis le début de l'épidémie un rôle d'information critique des citoyens que nous sommes ... Mais ont-ils joué ce rôle depuis l'irruption d'Emmanuel Macron dans l'espace politique ? Je ne le pense pas. S'agit-il de fascination, de contrôle des médias par les plus grandes fortunes françaises, d'appartenance de tous ces intellectuels à un seul et même milieu ?

 

Nous sommes donc en plein brouillard, en plein amateurisme également, pour l'échéance du 11 mai 2020, qui pourrait marquer la fin de cette période de confinement. Plus qu'une dizaine de jours à tenir ... Premier sujet d'inquiétude : l'application «Stop Covid». Un outil de surveillance à grande échelle, pratiquement au niveau mondial, comme presque aucun gouvernement ne l'avait encore révé ! Bien sûr, on nous assure qu'il n'y a pas de données enregistrées ni transférées, et qu'elles seront effacées au bout de quelques semaines. Nous avons même des entreprises réunionnaises qui développent un projet similaire, avec le groupe Leclerc à La Réunion. Et selon ces gens, il ne faut pas parler de flicage de la population. Surtout ne pas faire peur ! Mais au-delà du flicage, c'est plus la cacophonie qui existe autour de ce projet qui inquiète. Et les dérives ! Selon le gouvernement, cette application ne sera pas rendu obligatoire. Mais on parle aussi de conditionner le droit de sortir de chez soi à son usage ! Ce qui veut dire que toute personne désirant sortir de son domicile devra l'utiliser. Si ce n'est pas une manière de la rendre obligatoire !

 

On a eu un exemple des risques de dérive d'un tel outil en Chine. Au jour du déconfinement dans la région de Wuhan, tous les étrangers auraient reçu un code rouge leur interdisant de sortir de leur domicile par le biais d'une application plus ou moins similaire. Demain en France, ce seront qui ? Les vieilles personnes que ce même gouvernement veut maintenir confinées jusqu'à la fin de l'année, pour leur bien et pour leur santé ? Les étrangers ? Il est clair que sur ce sujet, je suis contre tout système ressemblant à Big Brother !

 

Autre sujet : les centres de confinement pour tous les nouveaux arrivants, notamment à La Réunion ! Le fait que la grande majorité des cas de Covid 19 observés à La Réunion soient des cas importés de l'extérieur (en même temps, on ne teste pas les personnes qui développent des signes de Covid 19 mais qui n'ont pas voyagé récemment ou qui ne côtoient pas de personnes infectées ... on ne risque donc pas de détecter beaucoup d'autres types de cas de Covid 19 dans la population Générale !) pousse les autorités réunionnaises à mettre en œuvre une quarantaine (ou plutôt une quatorzaine) pour les voyageurs arrivant dans l'île. Ceci rappelle également les pires heures de l'histoire coloniale de La Réunion : les lazarets de si sinistre mémoire pour tous les esclaves nouvellement importés dans l'île ! Et bizarrement, parmi les politiques de gauche du département, cette ressemblance n'est même pas évoquée. Il faut dire que ce sont les premiers à demander leur mise en place, dès lors que leurs proches ne sont plus concernés.

 

Autre sujet d'inquiétude très approchant, presque un corolaire, c'est le souhait régulièrement évoqué de confiner à l'écart de leur famille les malades du Covid 19, de les isoler dans des centres fermés, dans des mouroirs, afin de casser supposément la chaîne de transmission du virus. Evidemment, il nous est expliqué que certains malades auraient aimé pouvoir être isolés de leurs proches pour ne pas risquer de les contaminer. Evidemment, si je peux éviter de contaminer un proche fragile ... Sauf que la contamination a eu toutes les chances d'avoir déjà eu lieu dans le milieu familial, lorsque le tes est pratiqué ! Le malade est déjà contagieux. On risque donc d'observer les membres d'une fratrie ou d'une famille être peu à peu transférer dans des mouroirs au fil des tests positifs pratiqués. En se demandant juste ce que ce gouvernement peut vouloir faire des appartements et des propriétés libérées de cette manière ? Les faire occuper par des migrants ? Les vendre pour couvrir les dépenses de soutien à l'économie ? Evidemment, le gouvernement là aussi expliqué parfois ne pas vouloir de cet isolement des malades, et à d'autres moments l'envisagent en cas de non-respect des règles d'isolement !

 

Ne nous masquons pas la triste réalité : le durcissement des mesures de confinement, cette limitation à une heure des déplacements par exemple, provient du non respect de ces règles de confinement par une partie des citoyens (ou des habitants) de La France. La France n'est ni la Suisse, ni l'Allemagne ; les règles n'existent que pour être contournées et seule la peur du gendarme marche ! Il suffit de voir l'absence de respect des limitations de vitesse en France et à La Réunion. Il ne sert pas à grand chose d'en appeler au civisme des français et des réunionnais. Et pourtant, il n'en demeure pas moins que même si je suis favorable à l'auto-confinement de chacun d'entre nous, par civisme, je suis contre son imposition par la terreur, par le biais de l'arbitraire policier !

 

Le monde de l'après 11 mai 2020 en France est lourd de menaces liberticides. Ce ne sont pas des lendemains de fête qui s'annoncent, ni des jours meilleurs, comme voudrait nous le faire croire le gouvernement, mais plutôt le retour des pires heures de notre pays, de notre département, la fin des libertés publiques, et l'arrivée de l'ère de «Big Brother is watching you».

 

 

Saucratès



01/05/2020
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