Critiques de notre temps

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Le mouvement des gilets jaunes


Il vaut mieux être ministre et transmettre des informations confidentielles à des justiciables qu’être un gilet jaune ou être assimilé à un gilet jaune !

Saint-Denis de La Réunion, mardi 1er octobre 2019

 

Il vaut mieux être ministre et transmettre des informations confidentielles à des justiciables qu’être un gilet jaune ou être assimilé à un gilet jaune !

 

D’un côté, un ancien ministre socialiste, garde des sceaux de François Hollande, M. Jean-Jacques Urvoas, maître de conférence en droit public à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO Brest), ancien président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, transmet à un député, Thierry Solère, membre des Républicains et aujourd’hui membre du parti La République en Marche, des informations confidentielles sur une enquête pour fraude fiscale, blanchiment et trafic d’influence. Selon le journal Le Canard Enchaîné, il s’agissait d’«une note confidentielle émanant de la Direction des affaires criminelles et des grâces détaillant les investigations en cours» sur Thierry Solère. A noter que ce dernier est soupçonné :

-        de non paiement d’une partie des impôts dus entre les années 2010 à 2013.

-        d’utilisation de sa position d’élu pour favoriser des entreprises pour lesquelles il était rémunéré, lui ainsi que sa femme (Aliapur entre 2007 et 2012 puis Chimirec à partir de 2014).

-        d’avoir embauché comme assistante parlementaire l’épouse du directeur général d’Aliapur, Mme Isabelle Fabiew, à partir de 2014.

-        d’utilisation à des fins personnelles d’une partie de son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) suite à un signalement de la HATVP, qui a donné lieu à partir de janvier 2019 à une enquête judiciaire.

 

La transmission d’information s’était déroulée entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017, qui avait finalement vu la victoire d’Emmanuel Macron.

 

Malgré tout cela, M. Jean-Jacques Urvoas n’a été condamné ce lundi 30 septembre 2019 qu’à une peine d’un mois de prison avec sursis et à 5.000 euros d’amende pour « violation du secret professionnel » par la Cour de justice de la République (CJR). M. Urvoas et ses avocats contestaient la violation du secret professionnel. Il ne s’agissait selon eux que d’actes administratifs et il était tout à fait naturel de transmettre ces informations à un justiciable !

 

Il encourait une peine d’un an de prison et 15.000 euros d’amende ! Il s’en tire bien !

 

Il est néanmoins un peu fort de café de lire sous la plume du journaliste de Libération cette bien trop belle défense de ce monsieur, « ayant dédié sa vie au droit, loué par ses pairs pour son intégrité morale et sa rigueur politique » ! Parler d’intégrité morale me parait un brin exagéré, à moins que, ce gentil monsieur n’ait transmis ce genre de renseignements à toutes les personnes qui lui en faisaient la demande, même s’ils n’étaient pas puissants, membres reconnus de la société civile. Encore fallait-il savoir que ce genre de documents selon M. Urvoas étaient librement transmissibles à toutes les justiciables français !

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/30/jean-jacques-urvoas-condamne-a-un-mois-de-prison-avec-sursis-pour-violation-du-secret-professionnel_6013665_3224.html

https://www.liberation.fr/france/2019/09/30/jean-jacques-urvoas-condamne-a-minima_1754541

 

De l’autre côté, on a eu de nombreuses condamnations de membres des gilets jaunes, mais on a également un procès presque concomitant visant, non pas une gilet jaune, mais une observatrice de la Ligue de défense des droits de l’homme, qui est poursuivie pour participation à des mouvements des gilets jaunes et pour entrave à la circulation. Mme Camille Halut est convoquée, en correctionnelle, mardi 1er octobre 2019 devant le tribunal de grande instance de Montpellier pour entrave à la circulation, pour avoir bloqué le samedi 6 avril 2019 l’autoroute A709. Elle encourt une peine de deux ans d’emprisonnement et 4.500 euros d’amende.

 

Mme Camille Halut avait été placée en garde à vue le 29 avril 2019. Elle a été de nouveau interpellée et placée en garde à vue le samedi 21 septembre, à l’occasion d’un nouvel épisode des gilets jaunes. Elle sera poursuivie et convoquée pour être jugée le 12 décembre, cette fois-ci pour rebellion et refus de se soumettre à un prélèvement ADN. Selon la Ligue des droits de l’homme, Mme Halut « était en train de filmer les forces de l’ordre, à l’écart de ces dernières et des manifestants, lorsque plusieurs agents se sont dirigés vers elle pour l’empêcher de continuer à exercer sa mission d’observation ». Selon le procureur de la république de Montpellier, « elle portait des lunettes et un masque dissimulant son visage et a donné un coup de pied dans le tibia de l’agent qui l’interpellait ».

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/30/gilets-jaunes-une-observatrice-de-la-ldh-jugee-pour-entrave-a-la-circulation_6013669_3224.html

 

L’image de disproportion entre les faits reprochés à M. Urvoas, à M. Solère et à Mme Halut me semble invraisemblable. D’un côté des criminels en col blanc, qui font comme si la chose publique leur appartenait, à eux et aux membres de leur caste, et de l’autre des gens comme vous et moi, qui se trouvent broyer par une machinerie judiciaire et policière hallucinante, violente, impitoyable ! Une telle injustice, une telle disproportion dans l’action et dans l’énoncé de la justice, me fait frémir ! Bel exemple d’exercice de la démocratie à la française !

 

 

Saucratès


01/10/2019
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De l'injustice et de la férocité de la répression policière à l'encontre des gilets jaunes dans un Etat de droit

Saint-Denis de La Réunion, lundi 29 juillet 2019

 

La férocité de la répression à l’encontre des gilets jaunes est à la mesure de la peur ressentie par les puissants de notre monde. Mais ce qui choque également, c’est la rapidité de la répression contre les gilets jaunes, alors que les poursuites contre les violences perpétrées par les forces de l’ordre prennent un temps démesuré.

 

Ainsi, cette mère divorcée de deux enfants, Karine (prénom modifié par la rédaction du Monde) qui participe un soir de décembre 2018 à l’emballement et à l’incendie de radars routiers près de son domicile et qui est arrêtée dès le lendemain par les forces de police. Comment a-t-elle pu être immédiatement découverte ou dénoncée ?

 

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/07/26/gilets-jaunes-des-femmes-dans-le-box-des-accuses_5493786_4500055.html

 

Tout aussi marquant, la rapidité avec laquelle, à peine quelques minutes après avoir pris à parti et frappé des gendarmes le 5 janvier 2019 sur une passerelle à Paris, les forces de police (et/ou les forces de la presse) diffusent l’identité de l’ex-boxeur immédiatement identifié, M. Christophe Dettinger. Quelques minutes ou heures plus tard, les informations télévisées publient les publications de représentants syndicaux de la police et du gouvernement qui cite le nom Christophe Dettinger et le menace de le retrouver. Une chasse à l’homme débute immédiatement.

 

https://www.france24.com/fr/20190213-france-justice-gilets-jaunes-boxeur-christophe-dettinger-condamnation-prison

 

Et comment ne pas être également marqué par la rapidité de sa condamnation judiciaire, comme si le gouvernement et la justice devaient frapper le plus rapidement possible, le plus implacablement possible. Christophe Dettinger est condamné dès le 13 février 2019, pour des faits survenus le 5 janvier, à un an de prison ferme, et 18 mois de sursis avec mise à l’épreuve (soit une condamnation à deux ans et demi de prison lorsque le procureur avait requis trois ans de prison dont deux ans fermes). Et on a parlé de mansuétude de la justice ? La violence de la société ne s’arrêtant pas là, il faut aussi rappeler que Christophe Dettinger s’est vu suspendre par la commune qui l’employait (à la demande de qui ?) et risque de perdre son emploi (il était fonctionnaire territorial depuis 10 ans, responsable de la voirie et de la propreté de la commune d’Arpajon, dans l’Essonne) parce que le gouvernement, parce que la société, les puissants de ce monde ont tremblé devant ce mouvement révolutionnaire qui leur avait échappé. Pourtant, le maire est membre du parti socialiste. 

 

Dans le sens inverse, il faut attendre plus de six mois pour qu’une information judiciaire soit enfin ouvert dans le cadre de violences commises contre des gilets jaunes. Quand il y a poursuite ! Ainsi en janvier 2019, un commandant de police est filmé en train de frapper un homme lors d’une manifestation de gilets jaunes à Toulon. Il faut attendre le 26 juillet 2019 pour que le parquet de Toulon ouvre enfin une information judiciaire et saisissent un juge d’instruction pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique. Et entre temps, ce commandant de police a même eu le temps d’être décoré par le ministre de l’intérieur.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/07/26/gilets-jaunes-une-information-judiciaire-ouverte-pour-violences-policieres-a-toulon_5493953_3224.html

 

Pourquoi un tel délai lorsque l’action judiciaire et la condamnation pénale est tellement rapide lorsqu’elle concerne un gilet jaune que l’on identifie et que l’on retrouve immédiatement ?

 

Et ce n’est qu’un exemple parmi des centaines de violences policières non poursuivies, d’arrestations arbitraires et de coups portés qui ne seront jamais jugés, jamais poursuivis, jamais condamnés parce que l’Etat protègent des brutes qui ont eu pour mission de casser des manifestants, des contestataires, et rassurer la France des puissants, des journaleux, des hommes et des femmes politiques, des riches et des nantis qui ont tremblé de peur face à la colère de ce peuple français qu’ils avaient pris l’habitude de manipuler et d’exclure !

 

Hier dimanche 28 juillet au soir, on apprenait que l’un des leaders des gilets jaunes Jérôme Rodrigues était placé en garde à vue pour des soupçons de violences conjugales. Là aussi, on ne peut que conclure que la machine judiciaire française ne cherche qu’une excuse, une minuscule raison pour s’attaquer et embastiller un homme qui a osé s’attaquer à la sacro-sainte puissance publique et aux puissants. Tous ceux qui ont osé bravé l’Etat ne doivent pas attendre de mansuétude de sa peur : la justice et la police les détruira et les fera tomber et elles leur feront payer leur participation et leurs appels à la révolution et à l’insurrection. Mais évidemment, on parle là de violences faites aux femmes, chères à la ministre Marlène Schiappa, et le sujet est tellement sensible alors que l'on parle d'inaction de l'Etat. Acharnement judiciaire ? En tout cas, c'est ce que j'ai immédiatement ressenti en lisant le bandeau d'information dans les médias hier soir.

 

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Le-gilet-jaune-Jerome-Rodrigues-en-garde-a-vue-pour-des-violences-conjugales-1639559

 

Tout ceci n’est pas normal. Tout ceci n’est pas acceptable. Une telle différence de traitement entre le traitement judiciaire fait aux puissants de ce monde et les condamnations judiciaires faites à la masse des pauvres citoyens exclus du peuple de notre pays, n’est pas acceptable. On peut voler des millions d’euros à l’Etat si on fait partie des puissants, et au pire être condamné à quelques mois de prison, que l’on passera avec un bracelet électronique tout en étant autorisé à travailler tranquillement, et en face de cela, on passera des mois en prison parce qu’on se sera révolté face à l’injustice, face à la violence faite aux faibles, parce qu’on aura voulu combattre une société et un gouvernement méprisant ? Ou bien parce qu’on aura fait une quelconque minuscule bêtise ? Certains abusent et volent des fonds publics à hauteur de plusieurs millions d’euros et n’auront rien, et d’autres brûleront un malheureux radar ou autre petit bien public et seront condamnés le plus sévèrement possible et le plus rapidement possible !

 

Et tout ceci vous semble juste ?

 

Cette violence sociale est indigne de la démocratie que notre pays est sensée être et représentée. Mais la France est-elle encore une démocratie ? La France n’est-elle pas revenue au temps de l’Ancien régime et ne faudra-t-il pas une nouvelle révolution comme celle de 1789 pour réinstaurer la démocratie ? Mais il faudra que le peuple gagne cette révolution, sinon la répression par les puissants sera terrible, comme elle l’est aujourd’hui !

 

 

Saucratès


29/07/2019
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Violences policières

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 19 mai 2019

 

Où on continue toujours à parler de violences policières ! Le discours du gouvernement, du président Macron comme du ministre de l'intérieur Castaner, n’a évidemment pas changé : il ne faut toujours pas parler de violences des forces de l’ordre, mais uniquement de la sauvegarde de l’ordre républicain, et de l’extrême  violence des casseurs et des manifestants ! Il y a évidemment encore un autre discours en œuvre. Celui que les manifestations des gilets jaunes ne servent plus à rien ... et c'est une forte évolution si on se rappelle les discours d'il y a quelques mois, où le même président assurait que les manifestations n'avaient jamais servi à rien et que les manifestants étaient illégitimes, n'avaient aucune légitimité ... Il y a donc une énorme avancée si M. Macron reconnaît aujourd'hui que les manifestations ne servent plus à rien ... Signe qu'ils ont bien servi à quelque chose dans les mois précédents.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/17/gilets-jaunes-emmanuel-macron-estime-avoir-fait-sa-part-de-travail_5463669_3224.html

 

Quelques citations reprises de l'article du Monde ... un florilège de la pensée de notre cher président : 

 

«Je crois que [pour] celles et ceux qui continuent aujourd’hui [à manifester], il n’y a plus de débouché politique, a-t-il ajouté.»

 

 

«A une semaine des élections européennes, le président a aussi appelé au calme ceux qui continuent à manifester, les invitant à voter, voire à se présenter aux élections. C’est beaucoup plus difficile de proposer un projet pour que d’être contre tout le reste. On n’avance pas en étant contre, a poursuivi M. Macron.

«Que celles et ceux qui ont une autre vision de ce que doit devenir le pays la dessinent politiquement, lui donnent forme et se présentent aux élections. Mais la démocratie, ça ne se joue pas le samedi après-midi, a-t-il insisté, appelant chacun à retrouver le cours de sa vie, à exprimer ses divergences d’opinion, à le faire librement et à le faire en particulier dans les temps que prévoit la démocratie, ceux du vote.»

 

Quel mépris dans ces quelques idées de Macron ! Quel mépris également dans les idées proposées à la suite de cette crise, de cette contestation sociale relativement inusitée, hors normes. 

 

Ce qui est par contre rassurant, c'est que le discours, la position d’un journal comme le quotidien Le Monde semble peu à peu changer, évoluer. Ce journal, ce quotidien a quitté le rôle de défenseur forcené de l'establishment parisien, de l'enarchie, de la macronie, pour revenir à un traitement équitable, ou retraçant simplement un mouvement social, comme il avait pu le faire par le passé lors des précédents mouvements sociaux comme celui du contrat première embauche (CPE). La reconnaissance du fait que les forces de police et de maintien de l’ordre puissent faire oeuvre de violence gratuite, d'agression, n'est subitement plus devenu une omerta, mais à désormais sa place dans les colonnes du Monde.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/13/violences-policieres-la-nouvelle-strategie-de-maintien-de-l-ordre-inquiete_5461303_3224.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/13/frapper-un-manifestant-a-terre-c-est-se-frapper-soi-meme_5461292_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/13/manifestations-briser-l-engrenage-de-la-violence_5461384_3232.html

 

Trois articles publiés par Le Monde le même jour (le 13 mai 2019). À croire que le garde-chiourme, la censure était en vacances ce jour-là, ou bien qu'il ou elle s'est endormi. Parce qu'évidemment, je ne suis pas dupe. Le Monde n'a pas cessé subitement d'appartenir à un milliardaire ayant installé et défendant Emmanuel Macron. Le journal Le Monde n'a pas subitement retrouvé sa liberté éditoriale. Il n'est pas brutalement devenu, le 19 mai, un défenseur des droits des gilets jaunes. Non, au mieux, il s'agit d'une pause de la censure que s'autoinfligent les journalistes du Monde. Au pire, il s'agit d'une manoeuvre du Monde pour faire croire que tous les médias francais ne défendent pas uniquement le gouvernement, Macron et les élites qui nous gouvernent. 

 

Ce dernier samedi a été émaillé une nouvelle fois de manifestations interdites, d'endroits où les gilets jaunes ne sont pas les bienvenus, de condamnations politiques unanimes d'actions de manifestants ou de casseurs ... et une nouvelle fois, on découvre qu'un gilet jaune qui attaque des CRS, des gardes mobiles ou des flics, voire des journalistes, ou bien qui dégrade un organisme ou une chaîne de television, est un criminel, un casseur, la honte de la notre société, mais par contre, lorsqu'il s'agit de faits reprochés à ces mêmes gendarmes ou policiers, il s'agit du juste rétablissement de l'ordre public. Il s'agit de juste violence légitime. Il ne s'agit même pas de violence d'ailleurs, suis-je bête  !

 

Ce que j'aimerais, c'est qu'un leader reconnu des gilets jaunes, ou bien Marine Le Pen, se proclame comme au Venezuela président autoproclamé de la République française. Et on verrait alors si Emmanuel Macron ferait œuvre de la même mansuetude, de la même admiration qu'il n'en a fait p le président autoproclamé du Vénézuela ! Si la police et l'armée française feraient aussi oeuvre de la même retenue, et si les autres autres pays occidentaux, si prompte à reconnaitre un des leurs dans le lointain et riche producteur de petrole sud-americain, furoncle dans la chasse gradée des Etats-Unis, seraient aussi prompts à reconnaître une éventuelle légitimité populaire d'un gilet jaune ou de l'opposante que pourrait représenter Marine Le Pen ! Evidemment, les gilets jaunes connaissent tous la reponse. Ce serait la prison à vie pour cette personne pour insurrection. À moins qu'elle disparaisse corps et âme ... Ce n'est pas tant le suffrage universel qui est la clef de notre démocratie et de sa légitimité, mais l'argent et les réseaux pour manipuler l'opinion et faire élire ceux que les puissants veulent. 

 

La seule solution qui reste au peuple français : la prise de la Bastille. La Révolution et la prise d'assaut de l'Elysée. Un appel à l'insurrection ? Pas du tout. Juste une simple constatation. Oui je sais, le pouvoir ne peut pas tolérer de telles constatations. Cela avait conduit Julien Coupat à des années de prison et de procédures judiciaires pour avoir peut-être participé à l'écriture d'un opuscule appelant à la Révolution ! Même si je ne ressemble ni de près ni de loin à Julien Coupat. Ce sont d'une certaine façon les violences de l'Etat qui donnent une onction aux révolutionnaires sur lesquels l'Etat s'acharne (à moins qu'il ne les fasse disparaitre) !

 

 

Saucratès


19/05/2019
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Répression judiciaire et manipulations médiatiques à l'encontre du mouvement des gilets jaunes

Saint-Denis de la Réunion, dimanche 5 mai 2019

 

Un ministre de l'intérieur qui transforme et présente une fuite désordonnée de manifestants comme une attaque d'un hôpital par des gilets jaunes et des black blocks. C'est le quotidien de cette guerre que livrent Emmanuel Macron, Édouard Philippe et le gouvernement macroniste au mouvement des gilets jaunes et à leurs plus populaires porte-paroles ! Chaque samedi de manifestations présente son lot de manipulations médiatiques, de scènes détournées de la part d'une majorité et d'un gouvernement aux abois, apeurés, qui ne tiennent que par la protection des forces de police et de l'armée, que par la peur de la violence étatique. 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/04/1er-mai-les-gardes-a-vue-de-la-pitie-salpetriere-denoncent-un-engrenage-politique_5458338_3224.html

 

On en a vu des scènes édifiantes sur quelques chaînes télévisées de débats, des scènes surréalistes où des vieux messieurs et de vieilles dames, réfugiés derrière des rideaux métalliques, se font frapper, rouer de coups, gifler, tabasser par des policiers ou des gendarmes mobiles visiblement excédés, dépassés, violents. Et ce même gouvernement, ce même président de la République nous expliquent doctement qu'on ne peut parler de violences policières, qu'il n'y a pas de violences policières. Très bizarrement, pour ce gouvernement, lorsque l'on voit des violences policières se produire, il faut toujours se rapporter aux événements qui les ont précédés. Par contre, lorsque des violences proviennent de gilets jaunes ou de citoyens, il n'est jamais fait référence aux événements qui ont précédé. Je pense notamment au boxeur de flics de la passerelle Léopold Sedar Senghor à Paris ; a-t-on entendu un membre du gouvernement indiquer qu'il fallait regarder ce qui s'était passé juste avant, lorsque ces mêmes policiers frappaient des gilets jaunes, des femmes et des enfants, avant de rencontrer quelqu'un qui soit de leur taille, qui soit capable de se défendre ? Non ! Ce qui marche pour les flics ne marche pas pour les gilets jaunes. Pour les gilets jaunes, on ne parle que répression policière, répression judiciaire et acharnement médiatique !

 

Cette fois-ci, l'arnaque de Castaner a échoué ! Des médias de presse ont démontré et ramené la supposée attaque terroriste de l'hôpital parisien de la Salpetrière à sa juste proportion. Des politiques de droite, de gauche, d'extrême droite ou d'extrême droite ont exigé la démission du ministre de l'intérieur, pour avoir menti éhonteusement à la représentation nationale et aux médias. Mais pour une manipulation macroniste des esprits qui a échoué, combien d'autres manipulations médiatiques de ce même gouvernement n'ont pas échoué, ont réussi, ont payé ? Combien de fois les politiques à l’unisson ont condamné les horribles gilets jaunes criminels ? Comme dans le cas de ces manifestants qui avaient osé railler les suicides des policiers et des gendarmes en les 'incitant' à se suicider (comme si c'était possible d'inciter à un tel acte !).

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/04/30/un-gilet-jaune-condamne-a-huit-mois-de-prison-avec-sursis-pour-avoir-crie-suicidez-vous-a-des-policiers_5456517_1653578.html

 

Ou bien le cas de ce boxeur qui s’est laissé aller à boxer des policiers ou des gendarmes, alors qu’il aurait dû laisser ces brutes frapper des femmes, des vieux et des enfants, sans rencontrer de résistance, comme ils aiment tellement le faire. Ou encore celui de ces manifestants qui osent parler de guillotine à un député LREM, qui s’était senti tellement menacé et choqué. Et qui seront aussi condamnés par la justice aux ordres. Ou bien ceux de ces manifestants qui ont osé dégrader l’arc de triomphe sur les Champs Elysées. 

 

Et après ces condamnations politiques unanimes, à l’unisson, on voit intervenir la pénalisation à outrance, immédiate à l’encontre de ces monstres, de ces horribles terroristes, de ces affreux fâcheux qui ont osé troubler la tranquille et éclairée présidence jupitérienne du dieu réincarné de la politique, le héraut de la sociale démocratie française. Alors que les violences perpétrées par les forces de l’ordre restent impunies, sont peut-être même encouragées par le pouvoir en place, par leur hiérarchie, la justice est expéditive à l’encontre des gilets jaunes. 

 

Ce n’est pas simplement incompréhensible, ce n’est pas inaudible, c’est la preuve que la France n’est plus une démocratie, la preuve que l’élection de François Hollande puis d’Emmanuel Macron nous a fait basculer hors du champ démocratique, dans le champ d’une anti-démocratie ultra libérale. Il faut lire à ce sujet la charge du Monde Diplomatique contre les réformes judiciaires en matière de droit du travail de ces deux derniers gouvernements.

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/05/MEYNAUD/59867

 

 

Saucratès


05/05/2019
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Répression policière en France

Saint-Denis de La Réunion, mardi 23 avril 2019

 

Le gouvernement peut-il s'en sortir par la répression politique et par la remise en cause des libertés publiques vis-à-vis de ceux qui manifestent et de ceux qui les supportent, les défendent ? Comme dans un certain nombre de régimes autoritaires qui tentent de faire taire ceux qui s'opposent à eux (je pense par exemple à la Turquie de Recep Tayyip Erdogan ou au Vénézuela de Nicolas Maduro, entre autres pays liberticides). 

 

Voilà par exemple ce qu'écrivait Reporters sans frontière au sujet de la Turquie, en décembre 2016 : 

 

«RSF est pour l’heure en mesure de confirmer qu’au moins 41 personnes sont emprisonnées du fait de leurs activités journalistiques. Il faut noter que c’est vraiment un minimum provisoire et que très certainement des dizaines d’autres vont bientôt les rejoindre dans cette catégorie. Les journalistes qui sont emprisonnés à ce jour sont privés d’avocat pendant cinq jours. Lorsqu’ils voient leurs avocats, c’est enregistrés par une caméra et flanqués d’un gardien. Donc c’est vraiment au mépris du droit de la défense et du droit à un procès équitable que les journalistes sont jetés en prison aujourd’hui en Turquie. Plus de 150 médias ont d’ailleurs été fermés par décret et des mesures administratives se multiplient à l’encontre de journalistes critiques : des retraits de passeport, des retraits de cartes de presse.»

 

Comme on le sait, les médias français sont rarement dans un rôle critique. Les journalistes suivant le mouvement des gilets jaunes filment par exemple de manière pratiquement continue les évènements opposant les gilets jaunes et leurs vidéos sont systématiquement transmis aux forces de police et utilisées pour la répression policière et pénale à l'encontre des gilets jaunes. Par contre, fort bizarrement, il n'y a jamais de journalistes lorsque les forces de l'ordre tirent sur des manifestants ou les agressent, même quand il s'agit de vieilles dames jetées à terre. Les journalistes de BFM TV ou de France 24 doivent pudiquement baisser les yeux lorsqu'ils voient des dérapages des forces de l'ordre, à moins qu'il ne s'agisse de respecter des ordres.

 

Mais malgré tout, il y a quelques journalistes en France qui font leur métier de manière éthique ; informer de manière non partisane, non pas uniquement dans le sens des forces de l'ordre et de répression politique. 

 

«Déféré à l’issue de près de quarante-huit heures de garde à vue, lundi 22 avril, le journaliste indépendant Gaspard Glanz a été convoqué devant le tribunal de Paris, le 18 octobre, pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, a fait savoir son avocat, Raphaël Kempf. D’ici la date de son procès, il a interdiction de paraître à Paris les samedis, ainsi que le 1er-Mai, ce qui l’empêchera de couvrir les manifestations parisiennes pendant six mois.»

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/04/22/mobilisation-en-soutien-a-gaspard-glanz-defere-apres-une-interpellation-en-manifestation_5453511_1653578.html

 

«En sortant de garde à vue, le journaliste a fait savoir à la presse qu’il se rendrait, malgré l’interdiction, à la manifestation de samedi et à celle du 1er Mai. Parce que je suis journaliste, c’est mon travail, et j’habite à Paris, a précisé le reporter, regrettant ne pas être considéré par les autorités comme un journaliste, alors qu’il est spécialisé dans les mouvements sociaux depuis dix ans. Estimant que son arrestation était le signe d’un point de non-retour très grave dans la gestion du maintien de l’ordre, Gaspard Glanz a précisé qu’il faisait confiance à ses avocats pour lui permettre d’aller librement à la mobilisation. Et d’insister : Avec ou sans autorisation, j’y serai, quelles qu’en soient les conséquences, parce que je suis journaliste en France, dans un pays de liberté.

 

Sur les conditions de sa garde à vue, le journaliste, visage émacié, mine fatiguée, a précisé qu’elle s’était mal passée : J’ai des bleus partout. Quand je me suis fait arrêter, je me suis fait écrabouiller par terre. Je n’ai rien mangé depuis samedi.»

 

Quarante-huit heures de garde à vue, carte de presse retirée, violence et arrestation arbitraire, à l'encontre du fondateur de l'agence Taranis News, je trouve que cette description ressemble fortement à la description faite par RSF pour la Turquie, état liberticide s'il en est !

 

Et il ne s'agit pas seulement de Gaspard Glanz. Selon l'article du Monde, il y a aussi Alexis Kraland ou Clément Lanot. Par ailleurs, «à Paris, un photographe de l’AFP a reçu une grenade lacrymogène dans les jambes et a pris un coup, hors action, de la part d’un policier. Une vidéaste de l’AFP a fait savoir que sa chaussure avait pris feu après le tir d’une grenade de désencerclement.»

 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/04/23/arrestation-de-gaspard-glanz-pourquoi-les-journalistes-independants-sont-ils-plus-vulnerables_5453911_4355770.html

 

La grande question est donc de savoir si la répression à tout crin menée par le gouvernement, par Macron, par Philippe, par Castaner, suffira pour faire disparaître le mouvement des gilets jaunes, et si cette violence étatique, aveugle, pénale, policière, suffira à éliminer toute contestation ? En complément, l'ONU et le haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme accusent la France d'un usage excessif de la force à l'encontre de son peuple et en matière de répression des manifestations, ce que ce gouvernement récuse.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/24/gilets-jaunes-la-france-rejette-en-bloc-les-critiques-de-l-onu-sur-l-usage-excessif-de-la-force_5454020_3224.html

 

Soyons clair : quand des personnes comme moi, pères de famille, ou des vieilles dames de plus de 70 ans ne peuvent plus participer à des manifestations pour faire entendre leur voix à l'encontre de la politique menée par des hommes et un gouvernement, sans risquer leur vie, sans risquer de se faire tirer dessus par les forces de l'ordre ou sans risquer de se faire agresser, c'est que nous ne sommes plus dans une démocratie ! Et le simple fait qu'un président de la république se pose internationalement comme un défenseur de la démocratie, tout en faisant tirer sur son peuple, ne suffit pas pour faire croire que la France est encore une démocratie !

 

Une victoire par la peur et par la répression a-t-elle la moindre valeur ?

 

 

 Saucratès


23/04/2019
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