Critiques de notre temps

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De la réécriture des programmes scolaires en histoire

De la réécriture des programmes scolaires en histoire

 

Par Saucratès 

 

Istanbul, samedi 20 août 2022


Je vais en revenir à un thème que certains estimeront peut-être Zemmourien. Mais ce n’est pas grave. Je vais donc en revenir aux programmes scolaires de l’école, et à la constitution, ou à la détérioration de ce qui fait, de ce qui constitue l’identité nationale à travers les programmes scolaires enseignés aux jeunes générations.

 

Certains parleront donc peut-être d’une reprise des idées de Zemmour, mais chaque candidat, ou plutôt, chaque candidat élu a réécrit les programmes scolaires. En tout cas, les socialistes sous Hollande l’ont fait, en réécrivant d’abord les programmes du primaire puis du collège, et ensuite Macron l’a fait en reecrivant les programmes du lycée et les enseignements. Si Zemmour n’a aucune légitimité selon certains pour décider de réécrire des programmes d’histoire, alors ni Hollande ni Macron n’avaient pas plus de légitimité à mettre en œuvre les réformes scolaires qu’ils ont mené.

 

Deuxième critique potentielle de mes contradicteurs, pourquoi l’histoire ? Il se trouve que le principal outil pour forger une identité nationale est l’histoire, ou plutôt l’histoire et l’imposition d’une langue commune et unique. On le voit bien dans le microcosme académico-politico-independiste réunionnais, l’identité des créoles ne pourra s’exprimer qu’à l’aide de la langue créole et d’une histoire de la Réunion enseignée aux marmailles. 

Donc pour la France, toucher à l’identité nationale, fragiliser l’identité nationale des jeunes générations passe par la remise en cause, la réécriture des programmes d’histoire telle qu’elle est enseignée à nos jeunes. Et c’est une politique de réécriture de notre histoire, l’histoire de la France, l’histoire de la Nation française, qui est menée, qui est à l’oeuvre depuis des décennies. Quelle est le nom de l’idéologie qui est ici mise en œuvre ? Il faudrait être un grand spécialiste de l’histoire des programmes scolaires, en matière d’histoire pour le savoir. Ce que je ne suis pas.

 

Ce que je sais, c’est que l’histoire que j’ai apprise dans mes années d’école, de collège et de lycée, n’est plus du tout celle que mes enfants ont apprise. Ecidemment, depuis les années 1970-1980, l’histoire a continué à s’écrire et les années 1970 qui représentaient le présent à l’époque de ma jeunesse, en constitue désormais un passé déjà ancien. Le mur de Berlin n’était pas encore tombé et le communisme régnait en maitre de l’autre côté du rideau de fer. Mao Tse Toung était encore vivant et la Chine n’était pas encore l’usine du monde. Les socialistes n’avaient pas encore pris le pouvoir en France et on ne pouvait l’imaginer ! 

Mais quand même, que mes enfants n’aient jamais entendu parler d’un héros de la Guerre de cent ans comme Bertrand du Guesclin, cela me semble incommensurable. Que l’histoire, que dis-je l’épopée de Jeanne d’Arc ne fasse plus partie des faits enseignés me semble tout autant incompréhensible, impardonnable. La réécriture des programmes scolaires et des manuels scolaires avaient évidemment commencé bien avant ma jeunesse. Je n’ai ainsi jamais entendu parler du Grand Ferré, ce paysan qui défendit une place-forte en Picardie face aux anglais et en tuant avec sa hache des dizaines d’anglais, et qui, même mourrant, alité, réussit encore à en estourbir un ou deux de plus et à mettre en fuite le reste de ses assaillants anglais, avant de mourir.

 

Par contre, nos enfants se trouvent obliger d’avoir des leçons complètes sur l’islam et sur le coran, connaître le nombre de sourates dont est composé ce livre, livre qui ne concerne en aucun l’histoire de la France, dans ce livre importé dans notre culture. Pourquoi l’histoire est-elle réécrite, pourquoi des pans entiers de notre histoire, de l’histoire de la France, disparaît-elle des programmes d’histoire de nos enfants ? Au nom de l’histoire globale, au nom de préceptes de spécialistes de l’histoire et de l’écriture des programmes, de théoriciens de l’enseignement ?

 

Ou bien plus bassement, plus pernicieusement, de manière plus rampante, à la manière d’une cinquième colonne ennemie, l’objectif de cette réécriture n’est-elle pas de détruire la France et le sentiment patriotique, le sentiment d’appartenance à une Nation. Détruire la France pour tenter d’y intégrer l’histoire de l’ensemble des nouveaux immigrants, puisque les spécialistes pensent que ces nouveaux immigrants ne pourront jamais accepter de s’intéresser à une histoire qui ne les concerne pas, comme nous le prouve les commentaires de cette ex-candidate à l’élection présidentielle de 2007, qui disait s’être sentie humiliée lorsqu’on lui parlait de «nos ancêtres les gaulois». Et les socialistes ont pourtant fait d’elle une ministre, une garde des sceaux, dans un pays qu’elle ne reconnaissait pas comme le sien, dans elle ne reconnaissait pas l’histoire !

 

Evidemment, lorsqu’on apprend l’histoire telle qu’elle s’est déroulée tout au long des millénaires du royaume de France puis de l’Empire, puis de la République française, on apprend la haine. La haine des anglais surtout. Ceux qui ont brûlé vive Jeanne d’Arc. Ceux qui ont assassiné Napoléon. Mais aussi la haine des allemands et de leur atrocité pendant les trois guerres qui nous opposaient les uns contre les autres. Les défaites et les armistices infamants qu’ils nous ont imposés en 1871 et en 1940.

 

Mais il suffit parfois simplement d’un match de foot, comme le France-Allemagne de 1982 et l’agression de Battiston par Schumacher, l’archétype de l’Allemand nazi, pour faire basculer des personnes dans la haine de tout un peuple. Il suffit du meurtre barbare de Samuel Paty par un musulman fanatique pour en arriver à haïr tous les musulmans, ou bien la publication de quelques caricatures dans un obscur journal français pour conduire des peuples aussi lointains que les indonésiens ou les pakistanais à haïr la France. Nul besoin de l’histoire enseignée à l’école primaire, au collège ou au lycée pour cela. 

 

L’histoire de la France ne devrait pas être un outil de propagande ou d’intégration de minorité ethnique. L’histoire du royaume de France, l’histoire de la Gaulle, l’histoire de la République française, appartiennent à notre histoire, et les grands hommes, ou les femmes illustres en font également partie. Si certains veulent apprendre l’histoire des mahométans, l’histoire des peuples d’Afrique ou d’Amerique du Sud, qu’ils ou elles aillent dans ces pays au loin là-bas, qu’ils y vivent, mais qu’ils laissent la France à ceux qui l’aime, à ceux qui se sentent ou qui sont français. La construction européenne fait suite à des siècles et à des millénaires de guerres intestines, de conflits et de morts atroces et inutiles.

 

Et on nous dit aujourd’hui que la Guerre est à nos portes, aux portes de l’Europe. Tout ceci n’est qu’une vaste fumisterie. La guerre était aussi à nos portes à l’époque du Printemps de Prague, en 1968, ou à Budapest en 1956, tout comme pour matter des révoltes en Pologne. Ou bien dans les Balkans, à Sarajevo. Ou bien au Pays basque espagnol lorsque des résistants basques courageux d’Iparretarrak et de l’ETA militaire combattaient des fascistes et un État totalitaire. Ou bien quand les CRS et leurs blindés français attaquaient les résistants du FLB ou du FLNC. Les terroristes des uns sont les résistants des autres. La mémoire de nos politiques et de nos leaders d’opinion est bizarrement flexible, à l’indignation variable. Tout comme les spécialistes de l’enseignement qui réécrivent l’histoire et les programmes scolaires en fonction de leurs lubies personnelles ou du pied selon lequel ils se sont levés le matin.

 

Y a-t-il quelque chose à espérer du nouveau ministre de l’éducation nationale ? Un approfondissement de l’entreprise de démolition de la Nation française pour l’ouvrir sur l’histoire globale, c’est-à-dire de l’histoire des autres et non de l’histoire de France ?

 

 

Saucratès



20/08/2022
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