Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Morale et politique


De l'importance des médias comme en atteste les dossiers du Consortium international des journalistes d'investigation

Mardi 27 novembre 2017

Saint-Denis, Ile de la Réunion

 

En ce début de semaine, le journal Le Monde, comme de nombreux autres journaux dans le monde, publie une nouvelle enquête dont l'origine est le Consortium international des journalistes d'investigation (CIJI ou ICIJ en anglais). Je veux parler de l'enquête dite des «Implants files», ou fichier des implants médicaux. Et alors que ce sujet était totalement ignoré par les médias et les politiques jusqu'à ce week-end, grâce à ces articles, les médias et les commentateurs découvrent brutalement l'absence de tout contrôle sur ces implants médicaux. Gageons que d'ici quelques semaines, les députés auront prochainement à se prononcer sur un projet de loi ou une proposition de loi sur ce sujet. 

 

Cet exemple démontre la puissance et l'importance de la presse lorsqu'elle fait son travail d'analyse critique, au lieu de servir de simple caisse de résonance de l'Etat et du gouvernement.

 

Non pas que je cautionne les critiques et la violence véhiculées par certains gilets jaunes à l'encontre de la presse et des reporters de presse. La violence n'est que rarement une solution, et la liberté de la presse est une chose trop importante pour s'attaquer à ses représentants. Les gilets jaunes haineux qui s'attaquent à des reporters et aux journalistes sont les mêmes qui violent, tuent, et volent pendant les guerres et les conflits sociaux. Des sociopathes en puissance, qui n'ont besoin que d'une proie, d'un ennemi sur lequel s'acharner. Il s'est trouvé que c'est tombé sur un journaliste, mais cela aurait pu tomber sur un autre automobiliste qui n'aurait pas partagé leur opinion radicale, ou sur une femme seule les croisant dans un coin désert. Des hyènes et des chacals qu'il faudrait éradiquer, éliminer !

https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/11/26/gilets-jaunes-la-violence-contre-des-journalistes-prend-une-ampleur-inedite_5388961_3224.html

 

Qu'est-ce que le CIJI ou ICIJ ? «L'International Consortium for Investigative Journalism (ICIJ), en français Consortium international pour le journalisme d'investigation, est un réseau mondial de 185 journalistes d'investigation dans plus de 65 pays qui collaborent pour enquêter en profondeur sur des affaires ayant essentiellement un retentissement international : corruption, fraude, crise économique, abus de pouvoir ....». Fondé en 1997 aux Etats-Unis.

https://www.glossaire-international.com/pages/tous-les-termes/international-consortium-for-investigative-journalism-icij.html

 

Quatre journalistes francais feraient partie du CIJI : Fabrice Arfi et Karl Laske, de Mediapart, ainsi qu'Édouard Perrin et Aurore Gorius. Le Journal Le Monde collabore régulièrement et publie régulièrement des articles sur les enquêtes du CIJI, comme de très nombreux autres journaux en Europe ou dans le monde entier. 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Consortium_international_des_journalistes_d%27investigation

 

La première fois que j'ai entendu réellement parler du CIJI, ce devait être pour les Panama Papers, dans lequel Le Journal Le Monde avait mis en grand titre, en exergue, son appartenance, sa collaboration avec le CIJI.

 

Wikipedia cite les principales enquêtes du CIJI : 

 

- Les Offshore Leaks (signifiant littéralement «Fuites extraterritoriales») qui paraissent en avril 2013, et qui correspondent à «une série de fuites d'informations relatives aux paradis fiscaux et à leur utilisation à des fins de fraude fiscale et de blanchiment d'argent à travers le monde.» Les Offshore Leaks représentent 2,5 millions de documents financiers et 120.000 sociétés écran (ou offshore). Les documents proviendraient de deux entreprises basées aux îles Vierges britanniques.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Offshore_Leaks

 

- Les Luxembourg Leaks paraissent en novembre 2014. Le CIJI en collaboration avec une quarantaine de journaux, révèlent «le contenu de centaines d'accords fiscaux préalables très avantageux conclus avec le fisc luxembourgeois par le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers pour le compte de nombreux clients internationaux au nombre desquels sont cités AppleAmazonHeinzPepsiIkea et Deutsche Bank. Des copies de ces documents sont publiées sur un site web librement accessible au public.

https://www.icij.org/investigations/luxembourg-leaks/explore-documents-luxembourg-leaks-database/

 
- Les Swiss Leaks paraissent en février 2015. L'enquête révèle «un système international de fraude fiscale et de blanchiment d'argent qui aurait été mis en place par la banque britannique HSBC à partir de la Suisse. Selon les journalistes, entre novembre 2006 et mars 2007, plus de 180 milliards d’euros ont transité, à Genève, sur les comptes de 100 000 clients et de 20 000 sociétés offshore, concernant 188 pays différents.»
 
A noter que cette affaire est différente du procès qui a eu lieu en octobre 2018 et qui concernait la banque suisse UBS poursuivie pour avoir démarcher de manière illégale de riches contribuables français pour qu'ils échappent au fisc français. La Banque HSBC devrait également être poursuivie prochainement pour les mêmes motifs de démarchage illégal et pour délit de blanchiment aggravé.
 
- Les Panama Papers paraissent en mars 2016. «109 rédactions membres de l'ICIJ dans 79 pays révèlent simultanément ce que l'ICIJ qualifie de plus gros scandale d'évasion fiscale. Plusieurs millions de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca constituent une source d'information sur les activités des clients de ce cabinet, impliquant des personnalités de premier plan dans une quarantaine de pays.»
 
- En septembre 2016 sortent les «Bahamas Leaks». Des «documents obtenus par la Süddeutsche Zeitung portent sur 175 480 structures offshore enregistrées aux Bahamas entre 1959 et 2016. Ils dressent l’équivalent d’un registre du commerce pour ce paradis fiscal opaque, levant le voile sur l’identité des administrateurs de certaines de ces sociétés, jusque-là anonymes».
 
- Les Malta Files sortent en mai 2017, notamment par le site Mediapart. «Mediapart et douze autres médias internationaux du réseau d’investigation European Investigative Collaboration (EIC) publient des révélations sur les pratiques fiscales de Malte». «L’hebdomadaire allemand Der Spiegel et le site d’information roumain The Black Sea ont obtenu des fichiers internes d’un cabinet fiduciaire maltais spécialisé dans l’immatriculation et l’administration de sociétés ... ainsi que ... l’ensemble des données du registre du commerce maltais, soit 53 247 sociétés au 20 septembre 2016.»
 

- Les Paradise Papers sortent en novembre 2017. «À l’issue d’un an d’enquête collaborative menée par 381 journalistes de 67 pays, 95 médias partenaires coordonnés par le Consortium ont publié les premières révélations des Paradise Papers, une fuite massive de documents issus notamment du cabinet d’avocats Appleby, spécialisé dans les activités offshore, mais aussi de documents issus des registres confidentiels des sociétés de dix-neuf paradis fiscaux.»

 
- Les Implants Files sortent donc le 25 novembre 2018. «250 journalistes issus de 59 médias internationaux, révèlent un scandale sanitaire mondial : les dégâts causés par les prothèses et implants médicaux sont nombreux, souvent sous-estimés, difficiles à cartographier. La réglementation en la matière est insuffisante. L'opacité des autorités de santé en France, et de l'ANSM est spécifiquement pointée.» En se basant sur les chiffres des autorités de contrôle sanitaire des Etats-Unis, le CIJI fait apparaitre une première mesure des taux de morts et d'incendie sur la majeure partie des types d'implants médicaux, permettant la mise en lumière d'un débat, d'un suivi et d'une transparence nécessaire. 
 
Le Monde, en collaboration avec d'autres journaux européen, a également publié des dossiers sur un complément d'analyse aux Panamas Papers, analysant les suites des Panama Papers, pour le cabinet Panamaéen Mossack Fonseca (où on découvrait que les filiales du cabinet panaméen s'étaient juste contenté de changer de nom pour continuer à encourager l'évasion fiscale, que les banques françaises continuaient de travailler avec des sociétés offshores malgré tous leurs démentis et assurances de bien se comporter, et que les pratiques d'évasion fiscales perduraient) et pour les pratiques d'évasion fiscale (ou d'extraterritorialité). C'était en juin 2018.
 
Un peu plus récemment, en octobre 2018, Le Monde a également sorti un dossier sur les pratiques d'optimisation fiscale et sur les combines de remboursement indu d'impôts sur les dividendes par les grandes entreprises et les grands groupes internationaux, sur le dos des finances publiques des États européens : «les CumEx Files» (aussi appelé «arbitrage de dividendes», en abrégé div-arb). Et gageons que Macron, lorsqu'il était à la Banque Rothschild, devait vraisemblablement connaître ses astuces des grands groupes qu'il conseillait. Alors que ce sujet était complètement ignoré par les médias et par les hommes politiques (même si l'ex salarié de la Societe Générale, Jérôme Kerviel, avait alerté sans succès les sénateurs lorsqu'ils l'avaient auditionné), l'Assemblée nationale a décidé la création d'une mission d'information parlementaire sur ce sujet.
 
 
Saucratès

27/11/2018
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La montée des populismes

Réflexion une (mardi 11 septembre 2018)

Une montée inéluctable des populismes ?

 

Un article intéressant du Monde d'hier 10 septembre traitait de la montée d'un vote populiste, d'extrême droite, voire raciste, dans le plus parfait et le plus emblématique des États européens : la Suède. Comment ce modèle d'intégration, d'inclusion, de vivre ensemble, pouvait-il voir une telle montée des idéaux et d'un vote d'extrême-droite ?

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/10/la-suede-un-pays-europeen-comme-les-autres_5352960_3232.html

 

Mais peut-être que la réponse, la raison concernant la Suède est à chercher ailleurs. La Suède est un pays parfait où l'égalité entre les hommes et les femmes est érigée en paradigme, ou l'idée même de ségrégation et le racisme est niée. Mais comment peuvent faire ceux qui ne se retrouvent pas dans cette perfection, qui ne trouve pas normal qu'on nie les différences physiologiques entre les hommes et les femmes, ou que l'on place sur le même plan d'égalité toutes les religions, qu'elles soient autochtones comme le protestantisme ou le catholiscisme, ou importées récemment comme l'islam ? Ces hommes et ces femmes qui ne se retrouvent pas dans le discours de la perfection, des politiques parfaits proches de leurs administrés, ont simplement choisi cette possibilité du vote protestataire d'extrême droite. Et ce vote devrait prendre de plus en plus d'ampleur, comme dans les autres pays d'Europe, ou plutôt faudrait-il dire dans les autres pays occidentaux.

 

Un autre article encore plus intéressant à été publié dans le Monde Diplomatique de septembre 2018, en pages 22 et 23 : «Libéraux contre populistes, un clivage trompeur», de Serge Halimi et Pierre Rimbert. Les auteurs rappellent les nombreux renoncements et mensonges des dirigeants de droite ou de gauche de ces dernières décennies. Comme ils l'écrivent, «en gouvernant à rebours de leurs promesses, les dirigeants libéraux, de droite comme de gauche, ont conforté ce soupçon à l'issue de presque chaque élection.»

 

 - «Élu pour rompre avec les politiques conservatrices de ses prédécesseurs, M. Obama réduit les déficits publics, comprimé les dépenses sociales et, au lieu d'instaurer pour tous un systeme public de santé, impose aux américains l'achat d'une assurance médicale à un cartel privé.»

 

 - «En France, M. Nicolas Sarkozy retarde de deux ans l'âge de la retraite qu'il s'était formellement engagé à ne pas modifier ; avec la même désinvolture, M. François Hollande fait voter un pacte de stabilité européen qu'il avait promis de renégocier.»

 

 - «Au Royaume-Uni, le dirigeant libéral Nick Clegg s'allie, à la surprise générale, au Parti Conservateur, puis devenu vice-premier ministre, accepte de tripler les frais d'inscription universitaires qu'il avait juré de supprimer.»

 

 - «En 1992, rappelle le journaliste Jack Dion, les Danois ont voté contre le Traité de Maastricht : ils ont été obligés de retourner aux urnes» (et ils ont servi d'exemples au reste de l'Europe de ce qu'il ne fallait pas faire si on ne voulait pas etre exclu de l'Europe comme cela allait être le cas des pauvres Danois ... qui sont d'ailleurs toujours dans l'Europe ... normal, ils ont bien voté par la suite me direz-vous).

 

 - «En 2001, les Irlandais ont voté contre le Traité de Nice : ils ont été obligés de retourner aux urnes.»

 

 - «En 2005, les Francais et les Neerlandais ont voté contre le Traité constitutionnel europeen (TCE) : celui-ci leur a été imposé sous le nom de Traité de Lisbonne.»

 

 - «En 2008, les Irlandais ont voté contre le Traité de Lisbonne : ils ont été obligés de revoter.»

 

 - «En 2015, les Grecs ont voté à 61,3% contre le plan d'amaigrissement de Bruxelles - qui leur a été quand même infligé.»

 

Et on pourrait y rajouter l'exemple plus ancien de l'élection en 1995 de M. Jacques Chirac, élu sur la promesse de combattre la fracture sociale, et qui appliqua en 1995, puis en 2002, une politique au seul bénéfice des puissants et des riches, comme un bon homme politique de droite ...

 

De ces multiples exemples, il en ressort effectivement que les promesses des hommes politiques ne les ont jamais engagés une fois élus, et qu'ils ont effectivement tous appliqué, qu'ils soient de droite ou de gauche, la même politique libérale avec les mêmes programmes de réductions des dépenses sociales, de destruction des lois protectrices des salariés, pour toujours plus de libéralisme, de marchéisation de l'économie, au bénéfice des super-riches, des banques, des grandes entreprises et des grandes firmes !

 

Les auteurs de l'article du Monde Diplomatique soulignent également la proximité économico-idéologique entre les dirigeants libéraux et les dirigeants populistes qui sont élus pour les remplacer, comme Donald Trump aux Etats-Unis, Viktor Orbán en Hongrie, Jaroslaw Kaczyński en Pologne ou Matéo Salvini en Italie. Les uns et les autres sont simplement des défenseurs du capitalisme, du libéralisme, des grandes entreprises et des plus riches, même si les populistes défendent «un capitalisme véhiculé par une autre culture, illibérale nationale et autoritaire, exaltant le pays profond plutôt que les valeurs des grandes métropoles.» Ce que sous-entend aussi cet article, c'est que les populistes de gauche comme Bernie Sanders aux Etats-Unis, Jeremy Corbyn au Royaume-Uni ou les membres de Podemos ou de la France Insoumise, sont également des partisans de cette même démocratie illibérale, d'une démocratie expurgée des travers de la démocratie. 

 

Au-delà de ces deux articles, il en ressort un ensemble cohérent. Les mensonges et les politiques libérales menées par tous les hommes politiques de droite comme de gauche depuis des dizaines d'années ont creusé le sillon du populisme, que ce soit hier Orbán, Salvini ou Trump, ou demain Le Pen en France entre autres. Chaque nouvel essai de porter un autre homme politique au pouvoir, qu'il soit afro-américain aux États-Unis ou jeune et inconnu en France ou au Canada, conduit à la mise en place de la même politique néo-libérale. Qu'en sera-t-il demain ? Les électeurs continueront-ils à nouveau à se mobiliser pour empêcher une nouvelle fois l'élection possible d'un leader populiste, raciste, ou ouvertement xénophobe ? Ou bien une majorité de ces électeurs se diront-ils qu'après tout, cela ne devrait pas être très différent avec ce populiste qu'avec ces prédécesseurs ultra-libéraux ? Et je ne pourrais pas leur jeter la pierre. Pour la France, l'exemple de l'élection de Macron et la politique qu'il mène en est un parfait exemple. La majeure partie de son électorat doit se sentir particulièrement floué par sa politique depuis un an, hormis les électeurs de droite qui avaient compris que le candidat ni de droite ni de gauche était simplement un pur néo-libéral de droite ! Dans quatre ans, un échec éventuel de Macron offrira un boulevard à l'extrême droite francaise, à moins d'une apparition et de la victoire d'un islam politique comme l'a décrit Michel Houellebecq dans son livre «Soumission» (victoire du candidat islamique soutenu par l'ensemble des vieilles formations qui se croient démocratiques et bien-pensantes).

 

Mais la morale de cette histoire est à chercher ailleurs selon moi. La victoire des leaders populistes et leur extension dans tout l'espace occidental me rappelle fortement l'essor des fascismes dans les années 1930-1940. Leur cortège de discours politistes, les tentatives de guerres commerciales que certains d'entre eux développent à outrance, tout ceci rappelle les grandes heures de l'Entre-Deux-Guerres et de la Grande Dépression. Stopper cette machinerie me semble être devenu presque impossible, parce que ce qui est en cause, comme l'indique cet article du Monde Diplomatique, c'est le raz-le-bol des électeurs qui voient non seulement des hommes politiques élus violer leurs engagements de campagne, mais surtout que les politiques économiques et étatiques mises en place sont toujours uniquement favorables aux plus riches, aux plus puissants, aux dirigeants eux-mêmes et à leurs proches ou à leurs amis ! Face à ceci, il n'y a pas d'espoir. 

 

En 1945, les États européens survivants, libérés, ont mis en place un nouveau contrat social articulé autour du partage d'idéaux communs : nationalisations, protection sociale collective, lois protectrices. Plus de soixante dix années après, tout ceci a été remis en cause et les derniers vestiges sont en voie d'être jetés aux orties, pour prétendre d'être plus efficace, plus efficient !

 

C'est l'élan de 1945 qu'il faut retrouver. Etre capable de mettre en œuvre des politiques qui ne soient plus favorables aux seuls grands propriétaires et aux seuls maîtres du capitalisme, mais au contraire qui soient pensées pour l'intérêt du plus grand nombre. Alors seulement, les jours des populismes seront comptés. Comme en leur temps les jours des fascismes furent comptés !

 

 

Saucratès


11/09/2018
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La mise en question de la fin ultime de la souveraineté (redite)

 

Saint-Denis de la Réunion - Mardi 2 janvier 2018

 

En ce début d'année 2018, je voudrais ressortir un post écrit il y a quelques années, en octobre 2010, sur la morale et la politique. Ce post avait été écrit sous l'hyper présidence de Nicolas Sarkozy, et elle interrogeait les fins ultimes de la souveraineté dans un Etat de droit démocratique.

 

Ce post n'a rien perdu de sa contemporanéité, sous la présidence d'Emmanuel Macron, qui certains médias (ou lui-même) aiment à appeler «jupitérien», ce qui renforce d'autant le rapprochement pouvant être fait avec l'Ancien Régime absolutiste royal. Je pourrais tout à fait utiliser les mêmes mots pour décrire la situation française présente. Et cette réflexion est tout autant valable pour les Etats-Unis d'Amérique sous l'ère Trump. 

 

Réflexion quarante-quatre (19 octobre 2010)
La mise en question de la fin ultime de la souveraineté
 
Il est une question que l'on ne pose pratiquement plus, comme si elle ne se posait plus, comme si on lui avait trouvé une réponse parfaite, indépassable, réponse qui résolvait tous les problèmes qui pouvaient exister auparavant. Cette question, c'est de savoir qu'elle est la fin d'un gouvernement, la fin de la souveraineté du gouvernement, la raison (ou les raisons) pour laquelle nous donnons mandat à certains d'entre nous (ou à certains) pour nous représenter, ou pour nous gouverner. Cette question était posée par certains philosophes à l'époque de l'absolutisme royal. Face à un souverain qui estimait régner par droit divin et qui détenait un pouvoir conquis par la force et par la conquête, il était nécessaire pour certains philosophes de fonder la légitimité de sa souveraineté sur autre chose que sur la force, sur l'obligation qui lui était faite de gouverner en fonction du bien public, de l'intérêt général.
 
Ainsi Pufendorf écrivait : «On ne leur a conféré (à ces souverains) l'autorité souveraine qu'afin qu'ils s'en servent pour procurer et maintenir l'utilité publique (...). Un souverain ne doit rien tenir pour avantageux à lui-même, s'il ne l'est aussi à l'Etat.» Cette mise en question est évidemment fondamentale dans le cadre des anciens régimes monarchiques où un souverain succède à un de ses parents.
 
Mais pour autant, n'est-il pas bizarre de ne plus se poser cette question dans le cadre d'un régime démocratique. Qu'est-ce qui expliquerait que cette mise en question ne se pose plus, qu'il ne soit plus nécessaire de s'interroger sur la fin ultime du pouvoir confié à quelques uns de nous représenter, de nous gouverner, même si leur légitimité provient du suffrage universel ?
 
J'aime rappeler que le terme démocratie provient du grec dhmo (dêmos - peuple) et kratia (kratos - pouvoir). Une fort belle introduction à toute réflexion sur ce concept politique et social. L'exercice que fait le président Nicolas Sarkozy du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire, le mélange des genres qu'il pratique, entre les diverses fonctions (président de la république, chef du parti majoritaire), entre les différents pouvoirs, entre les intérêts de l'état, les siens personnels et ceux des plus riches fortunes de France dont il s'affiche comme l'ami (non pas seulement lui mais de nombreux autres ministres de son gouvernement) ...
 
Tout cela doit nous permettre de souligner que le simple fait de recevoir sa légitimité du suffrage universel ne résout pas par magie toutes les interrogations que l'on peut avoir, que l'on doit avoir, sur la légitimité de la souverainté de nos gouvernants, de nos gouvernements. Certains ont pu croire que la démocratie résolvait tous ces problèmes, que le simple fait d'énoncer que le pouvoir émanait du peuple dans son entier et que ce peuple avait la possibilité de le confier à quelques uns de ses représentants était suffisant. Mais ce n'est pas vrai. La façon dont une personne a obtenu son pouvoir, la manière dont elle est devenue un gouvernant, par le biais du suffrage universel, ou par la force des armes, du poison ou par la conquête, n'a aucune incidence sur la façon dont elle gouvernera.
 
 
Saucratès

02/01/2018
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Le fait religieux en politique

 

Réflexion deux (28 octobre 2017)

Islam et signe d'ouverture


Un commentaire de mon ami Nolats va m'amener à discourir sur l'islam et sur ma position vis-à-vis de cette religion. Et d'une certaine façon, le titre de cet article n'est peut-être plus parfaitement en adéquation avec son contenu. Je parle certes de la religion, mais parle-je bien de la religion et de la politique ? Sauf à considérer que tout est politique.

 

Le plus simple serait de me dire et de me penser islamophobe. Ou plutôt de me dénoncer comme islamophobe. Je dis cela pour mes lecteurs. Mais je ne suis pas sûr pourtant que les partis qui jouent avec l'islamophobie soient la bonne réponse à nos problèmes. Je ne suis pas sûr que voter Front National ou bien Marine Le Pen soit une bonne réponse, une bonne idée. Je suis même persuadé du contraire. 

 

Plusieurs années d'attentats terroristes islamistes ont donc changé mon regard sur l'islam. Auparavant, je croyais dans les écrits pronostiquant une prochaine guerre de religion à venir entre l'islam et la chrétienté, tel le choc des civilisations décrit par Samuel Huntingdon. Aujourd'hui, après ces multiples événements terroristes, j'en suis désormais persuadé. Il n'y a pas d'espoir autre qu'une prochaine guerre de religion. Elle est en cours. Elle se limite pour l'instant à nos forces de police et à nos forces armées, contre une poignée de terroristes se revendiquant de l'islam radical. Mais elle s'étend.

 

Pourtant, je ne me sens pas raciste ou islamophobe. Vu la société où je vis et mes études en anthropologie, je crois en la pluralité et en la diversité culturelles. Je crois en la tolérance vis-à-vis des autres, dès lors qu'il y a des valeurs minimales communes. Il y a quelques rares peuples qui arrivent à vivre les uns à côté des autres, en paix et en relation harmonieuse, et parmi eux les réunionnais. Non pas sans différence de couleur de peau, mais plutôt sans que cela ne soit vraiment important. Peu importe la couleur de peau dès lors que des croyances communes minimalistes existent entre les uns et les autres. Mais lorsque ces croyances communes n'existent plus, ne sont plus respectées, lorsque l'«autre» dans son altérité est nié, alors, dans ce cas, il n'y a plus de possibilité de vie commune. Et c'est ce qui est en train d'arriver entre les français et une minorité croissante islamo-afro-arabe vivant dans les cités francaises, persuadée d'être ostracisée par les «blancs». 

 

Deux exemples issus de l'actualité des semaines passées pour l'illustrer. Premièrement, les tensions à Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, où des jeunes immigrés attaquent la police pour une histoire de bavure policière. Ce même Val-Fourré où un adepte de l'Etat islamique avait tué un commandant de police et sa compagne à leur domicile. 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/11/21/la-cite-du-val-fourre-a-mantes-la-jolie-sous-tension_5218082_3224.html

 

Deuxièmement, un stage ethnique organisé par un syndicat Sud dans le 93 se basant sur la couleur de peau. Pour les «blancs», un stage réservé pour «interroger nos représentations et nos postures dominantes». Pour les autres, les «enseignant.e.s racisé.e.s», un stage également réservé pour «un récit d'expérience» interrogeant leur vie professionnelle. Faire réfléchir les sales blancs sur leur domination et aider les pauvres enseignants racisés (Lol, j'ai oublié l'écriture inclusive ... je suis contre d'ailleurs) à exprimer leur vécu malheureux. Au-delà des faits eux-mêmes, ces histoires interpellent quant à l'impossibilité de vivre ensemble. Et quand c'est relayé par des organisations syndicales.

http://www.huffingtonpost.fr/2017/11/20/jean-michel-blanquer-condamne-le-stage-antiracisme-non-mixte-dun-syndicat_a_23283106/

 

Je ne me reconnais pas dans le discours politique ambiant traitant de ce sujet. Lorsqu'il est affiché qu'il faut une certaine dose de diversité de couleur de peau au gouvernement, à l'Assemblée Nationale ou dans le paysage audiovisuel français. Ou à la tête des partis politiques français, comme par exemple au Parti socialiste. Lorsqu'il est impossible de déclarer que la France est un pays aux racines chrétiennes, la fille aînée de l'Eglise catholique! Mensonge obscurantiste ? De la même manière qu'Isrël est juive et que l'Arabie Saoudite est terre d'islam et patrie du prophète, la France est un pays de religion chrétienne. Les campagnes francaises résonnent encore du clocher de ses églises, et autrefois ceux-ci vibraient des sons des cloches et pleuraient au son du tocsin. Et pourtant aujourd'hui, ceux qui ont le malheur de dire cela sont victimes de l'acharnement médiatique des bien-pensants, des adeptes de la pensée unique, et des vendus à l'islamisme. Et ce sont les mêmes qui proclament qu'Israel est une terre juive et que la terre d'Arabie est entièrement sacrée, ou qui acclament ceux qui le défendent. Evidemment, cela ne signifie pas que d'autres religions n'aient pas de nombreux adeptes en France, dont certains de religions extrémistes prônant l'anéantissement des religions autres que la leur, celles des mécréants. De la même manière que dire qu'Israel est juive n'est pas incompatible avec le fait qu'il y existe une forte minorité d'arabes israéliens ! Et pourtant, ceux qui disent quelque chose d'identique de la France sont considérés comme des racistes !

 

L'histoire de l'islam n'est pas l'histoire d'une religion tolérante et ouverte à l'extérieur. D'une Afrique majoritairement chretienne ou juive (en éliminant tout le Sud et l'Ouest africain qui est longtemps resté animiste), l'islam s'y est imposé par les guerres et les annexions militaires. Savons nous que des royaumes chrétiens, à l'égale de Constantinople et des royaumes francs ou burgondes, se sont maintenus jusqu'au XII-XVe siècles après JC dans le Sud de l'Afrique, victimes de guerres régulières de leurs voisins islamistes. Au Soudan, dans les boucles du Nil, et en Ethiopie ... Se rappelle-t-on que l'Egypte était majoritairement copte et que le patriarcat d'Alexandrie et de Constantinople avait une influence jusqu'au fond de l'Afrique. L'islam s'est imposé très rapidement par la guerre à toute l'Afrique du Nord, puis à l'Espagne et à toute l'Afrique. L'islam est une religion de guerre, qui par malheur, n'a pas véritablement changé depuis quatorze siècles, à la différence de la chrétienté. Même si il y a encore peu, il y a à peine quelques siècles, la chrétienté elle-même s'était crue investie du devoir d'évangéliser la planète entière.

 

L'histoire de l'islam est une succession de guerre, et de peuples qui suivirent l'exemple de Mahomet. D'abord ces descendants de Medine puis d'Arabie, puis les peuples berbères qui donnèrent naissance aux civilisations des Almoravides puis des Almohades, qui occupèrent jusqu'à l'Espagne. 

 

Alors, laisser entendre que s'ouvrir à l'islam puisse être une preuve d'ouverture d'esprit me semble un raccourci sémantique problématique. C'est plus certainement une affirmation d'une confiance dans la bonté humaine, que le terrorisme islamique pourra nous épargner si on arrive à communiquer avec les musulmans que l'on pense modérés. C'est certainement une preuve de croyance en l'avenir et de foi (bizarrement le concept même de «foi» est un concept strictement chrétien). Mais pour peu que l'islam n'est pas abandonné ses objectifs d'universaliser guerrier, ce serait comme si un peuple de moutons proposait d'accueillir une horde de loups pour vivre en harmonie, ou bien comme les états européens qui cherchèrent aveuglement pendant les années 1935-1938 à sauvegarder leurs espoirs de paix face à la montée de l´Allemagne nazie, à l'époque de Munich. 

 

Vision pessimiste de notre futur, de l'islam tel que l'histoire nous permet de le voir, inchangé et toujours djihadiste ? Quelqu'un dira-t-il bientôt, comme Winston Churchill en 1938 : «Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre.» Et ce quelqu'un fera-t-il parti des vainqueurs ou bien sa phrase se perdra-t-elle dans les poubelles de l'histoire en tant qu'histoire des vaincus ? 

 

 
Réflexion une (28 octobre 2017)
Quelle place accorder à la religion


Il y a quelques années, je regardais une émission télévisée sur la montée du Front National dans l'électorat, et sur les transferts de voix entre la Gauche et l'Extrême Droite, dont la pertinence était contestée par certaines des personnes présentes. L'une des explications avancées était que certains électeurs se reconnaissaient dans les positions de plusieurs partis politiques, et pouvaient donc à la fois avoir envie de voter pour le Front National ou pour le Parti Socialiste.

 

C'est très certainement possible. En tant qu'être humain, nous ne sommes pas monolithiques. Nous faisons face à des aspirations divergentes, nous avons des opinions divergentes sur un certain nombre de sujets très divers et variés. Evidemment, nous ne pouvons pas trouver des réponses à tous les sujets qui nous préoccupent chez un seul parti politique, dans une seule église philosophique, chez un seul auteur, chez un seul représentant politique. 

 

Qu'est-ce qui fait que nous nous sentons à un moment donné proche de tel parti politique, de tel homme politique, de telle école philosophique, de telle religion ? C'est une question de construction politique, de construction d'un moi, d'une évolution personnelle intérieure. Et cette construction évolue au fil de notre vie, au fil du déroulement de notre vie !

 

On est souvent gauchiste lorsque l'on est jeune, avant de devenir réactionnaire (de droite) en vieillissant et en s'embourgeoisant. Je ne sais plus qui disait que de ne pas être de gauche en étant jeune était un signe d'absence de coeur, et ne pas être de droite en vieillissant était un signe d'absence d'intelligence ? C'était vrai autrefois, de mon temps, dans les années 1980 ; mais cela peut-il encore être vrai de nos jours ?

 

De mon temps, les jeunes pouvaient difficilement échapper aux idées de l'UNEF-ID, de «Pas touche à mon pote», de SOS Racisme ou à une participation aux mouvements estudiantins post mai 1968. C'était l'époque où François Mitterand était Président de la République, où l'on pouvait encore se reconnaitre dans les grandes idées de la Gauche, d'une Gauche qui ne s'était pas encore vendue aux néolibéraux et aux islamo-trotskistes ! Une Gauche qui parlait encore de nationalisation, d'avancée des droits sociaux pour les travailleurs, pour les pauvres et pas seulement pour les homosexuels et les transgenres. Aujourd'hui, les jeunes peuvent-ils encore de gauche tout en étant jeune ? Alors que le néolibéralisme semble triomphant en France, sous la nouvelle hyper présidence d´Emmanuel Macron, où la seule philosophie acceptable est de réformer partout, pour tout, à tout niveau, pour relancer la France, apparemment avec l'assentiment d'une majorité de francais et de la presque totalité des médias !

Alors, quid de la religion ? La dernière élection présidentielle a vu le sujet religieux être mis en avant par certains candidats, surtout à droite. François Fillon et Marine Le Pen sont deux représentants de la France catholique et François Fillon, bien plus que Marine Le Pen, se présentait en étendard de la morale chrétienne. Mais le «père la morale», héro des catholiques convaincus, ne s'appliquait pas véritablement à lui même les principes moraux catholiques voire protestants qu'il professait si fort. Même si on peut trouver invraisemblable le lynchage médiatique et l'acharnement juridique dont il fut victime (et qui s'arrêta finalement presque totalement une fois l'élection présidentielle terminée et l'homme retiré dans sa retraite), on ne peut que remarquer que les usages qu'il fit des fonds liés à l'embauche d'assistants parlementaires n'est pas si parfaitement 'catholique' que cela !

 

Et l'islam dans tout cela ? L'islam occupe déjà la scène du terrorisme islamique, qui frappe la France et plus largement l'Europe entière ... de l'Espagne à l'Allemagne ... Par ailleurs, tels les trotskistes autrefois, dans les années 1960-1970, l'islam joue aussi l'entrisme dans les formations de gauche, du Parti socialiste (ce qui était déjà le cas à l'époque de SOS Racisme et «Touche pas à mon pote») jusqu'au mouvement des insoumis. On a l'impression que dans les partis de gauche, la laïcité a plus de difficultés à s'accorder avec le catholicisme qu'avec l'islam. Comme si être catholique était une tare pour un socialiste, un signe de droitisation (mais pas de néolibéralisme ... ce qui y est par contre très bien vu et très apprécié aujourd'hui comme hier) et de sidaisation/lepenisation des esprits ... tandis qu'être musulman y est au contraire considéré comme un signe d'ouverture d'esprit, d'intelligence et un plus certain pour une carrière politique dans un Parti de gauche et devant les électeurs. De la même manière que c'est un plus certain pour devenir syndicaliste à la CFDT. 

 

 

Saucratès


26/06/2013
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Homosexualité, parentalité et religion

 
Réflexion cinq (19 juin 2013)
Le Hollandisme, les défaites électorales du Parti socialiste et l'homosexualité


Il y a pratiquement six mois que je n'ai plus rien écrit sur ce blog. Six mois au cours desquels un certain nombre d'évènements politiques se sont produit en France. 

 

Il y a d'abord eu tous les débats portant sur le mariage des homosexuels, appelé imparfaitement le mariage pour tous. Pour tous ? En se limitant aux seuls êtres humains, majeurs ... Cette affaire m'a profondément heurté. Je ne peux pas me retrouver dans cette décision politique, qui entre en opposition avec mes croyances religieuses profondes ; le fait que le terme d'union ne peut concerner selon moi que l'union d'un homme et d'une femme. Le fait aussi que je ne considère pas l'homosexualité comme une forme 'normale' de sexualité, mais comme une aberration, en liaison avec des déséquilibres psychologiques ou affectifs dans le développement psychique des personnes concernées. Peu importe que je considère que l'homosexualité s'explique par une relation dégradée avec l'image du père ou de la mère, une mère envahissante/violente/poison/assassine ou un père absent/envahissant/violent ... Les défendeurs du mariage homosexuel et de l'homosexualité peuvent évidemment estimer/considérer  que l'homosexualité est parfaitement normale ; je la considère comme pathologique, non pas comme une perversion ou une maladie, mais simplement comme un déséquilibre du développement psychologique et affectif normal de l'enfant, de l'adolescent ou du jeune adulte.

 

Et pour les personnes qui comme moi ont cette image de l'homosexualité, il est évident que la naissance et l'éducation de jeunes enfants dans un modèle de famille homosexuelle ne peut qu'être considéré comme dangereux pour le développement affectif et psychologique de ces enfants, que nous ayons raison ou tord. Mais je comprends parfaitement que ma position puisse choquer, être considérée comme rétrograde ou infamante.

 

Un article du Monde de ces derniers jours faisait apparaître un recul de l'acceptation de l'homosexualité en France depuis ces débats sur le mariage homosexuel. Moi le premier, je ne regarde plus l'homosexualité de la même manière que je la regardais avant cette affaire. L'homosexualité n'est plus à mes yeux une simple différence d'inclinaison sexuelle ; elle est devenue un danger social, une forme de contestation de ma propre inclinaison sexuelle, une violation de mes croyances, de mes convictions morales et religieuses, que je ne peux plus accepter.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/06/l-homosexualite-est-aujourd-hui-moins-acceptee-qu-en-2007-en-france_3424577_3224.html

 

Ce qui me semble extrêmement dangereux, ce sont les suites de cette décision législative reconnaissant le droit au mariage pour les homosexuels/homosexuelles. Il y a bien sûr le droit de recourir à des méthodes d'insémination artificielle, pour suppléer à l'impossibilité biologique qu'ont deux hommes ou deux femmes de procréer ensemble. Mais il y a aussi et surtout le risque juridique de voir l'Eglise catholique être contrainte de devoir reconnaître la possibilité pour deux hommes ou deux femmes de se marier religieusement. Je sais pertinemment que l'Eglise sera attaquée pénalement dans quelques semaines, mois ou années, par un couple homosexuel par que l'Eglise aura refusé de bénir leur union. Et face à l'aberration de la justice en France, il arrivera un jour que l'Eglise sera condamnée pour discrimination parce qu'elle aura refusée de bénir des homosexuels/homosexuelles souhaitant être mariés/mariées religieusement ... parce que ces gens sont des extrêmistes pour la reconnaissance de leur droit à l'homosexualité.

 

Ils ne s'arrêteront en fait que lorsque l'hétérosexualité sera condamnée en France, et que seule l'homosexualité sera autorisée !

 

Mon impression plus large sur cette affaire, sur l'année qui vient de s'écouler depuis l'élection présidentielle, c'est que François Hollande et le parti socialiste ont déclaré la guerre aux personnes qui se reconnaissent dans les valeurs religieuses du catholicisme. On ne peut plus se reconnaître à la fois dans le socialisme français et dans le catholicisme.

 

Et c'est plus largement dans le cadre de cette analyse qu'il faut appréhender les multiples défaites électorales qu'ont subi les socialistes en France depuis un an. Le Parti socialiste va durablement pâtir de la présidence de François Hollande et de son équipe gouvernementale. Comme de nombreux catholiques, même pas forcément pratiquants, je ne voterais plus jamais socialiste, quoiqu'il m'en coûte. C'est un divorce de fond qui va séparer le Parti socialiste, François Hollande, et les électeurs catholiques. Libre à certains de vouloir croire qu'il ne s'agit que d'un désenchantement passager, le contre-coup d'une affaire Cahuzac qui sera oubliée dans quelques mois. Pour moi, il s'agit d'une rupture beaucoup plus forte, d'un aveuglement auquel il a été violemment mis fin, d'un mensonge qui est enfin mis en pleine lumière. Le socialisme n'a aucune considération pour les valeurs religieuses catholiques, aucun respect des différences d'opinion religieuse. Les socialistes et François Hollande respectent parfaitement les différences d'inclinaison sexuelle, de couleur de peau, mais absolument pas les différences d'opinions religieuses, qui n'ont pas le droit selon eux de citer, d'exister.

 

L'enjeu actuel concerne la récupération de ces suffrages en déshérence. Soit ces suffrages seront récupérés par un centre reconstruit, régénéré ... Soit notre pays basculera vers l'extrême droite, qui est remarquablement dirigée par une dirigeante qui a su gommer toutes les traces infâmantes des sorties verbales de son père. 

 

 

Réflexion quatre (5 décembre 2012)
Le gouvernement, ses projets et sa guerre contre l'Eglise


Le dernier épisode de la guerre menée par le gouvernement socialiste contre l'Eglise catholique concerne le problème de l'accueil des sans-abris. Nous sommes aujourd'hui représentés par des hommes ou des femmes politiques dont les petites haines recuites et les sentiments anti-catholiques influent sur les positions publiques et médiatiques. Quel besoin avait la ministre du logement d'exprimer l'opinion suivante : «je ne comprendrais pas que l'Eglise ne partage pas nos objectifs de solidarité». Comme si l'Eglise n'avait pas été de tout temps, depuis les plus sombres heures du Moyen-Âge jusqu'à aujourd'hui, en passant par les sombres années d'occupation, en première ligne dans toutes les actions de solidarité menées au sein de la Cité. Cette phrase est inutilement vexatoire et ne sert qu'à faire transpirer une incompréhension grandissante entre les croyants catholiques et un gouvernement dont l'intégrisme laïque commence à poser problème.

 

Comme si ce gouvernement voulait dégoûter à jamais les français de voter à gauche !

 

Quelles raisons à ce besoin de heurter les sensibilités religieuses, que l'on trouve déjà dans cette histoire de négation des sexes et de mise en avant du mariage pour les homosexuels ? Quelques articles intéressants du Monde sur ces sujets :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/12/04/logement-les-chiffres-derriere-la-polemique_1799641_823448.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/04/intolerable-intolerance-sexuelle-de-l-eglise_1799493_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/04/non-a-un-monde-sans-sexes_1799504_3232.html

http://www.lemonde.fr/education/article/2012/12/04/sos-homophobie-se-voit-retirer-son-agrement-dans-les-ecoles_1799815_1473685.html

 

Je ne suis évidemment pas d'accord avec chacun de ces articles, notamment sur celui qui parle d'une intolérable intolérance sexuelle de l'Eglise. Mais il fait parfaitement contrepoids voire vaut démonstration de cet autre article des psychologues Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter s'opposant à un monde sans sexe, qui parle de «revendication d'une minorité d'activistes qui savent parler le langage que l'on désire entendre aujourd'hui : celui de l'égalitarisme idéologique, synonyme de dédifférenciation. Et manier efficacement le chantage à l'homophobie qui empêche de penser». Le premier article dont j'ai parlé n'exprime au fond que cette seule idée ; l'Eglise s'oppose au mariage des gays et lesbiennes parce qu'elle est homophobe.

 

L'article des psychologues Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter développe un certain nombre d'idées intéressantes, notamment lorsqu'elle parle du politiquement correct. Avec le mariage pour tous, nous sommes face à l'extrêmisme du politiquement correct, et toute personne qui est contre cette aberration est sommée d'argumenter pour justifier son point de vue et elle est immédiatement soupçonnée/considérée comme homophobe.

 

«Ce déni de la différence, une femme est un homme, Freud le nommait déni de la castration. Cela signifie, dans le jargon psychanalytique, que la castration n'existe pas, il suffit que je la nie mentalement pour que son existence réelle soit réfutée. Quand un licenciement devient plan social, on est mal à l'aise. Quand un ballon devient référent rebondissant, on se demande si on rêve. Quand le mariage devient une discrimination légale contre les citoyens fondée sur leur orientation sexuelle, on commence à avoir peur. Politiquement correct : le discours doit être poli, sans aucun tranchant. Le polissage de la forme, objet d'une surveillance idéologique pointilleuse, masque le terrorisme qu'elle fait régner et conduit à une éthique de la haine et de la confusion, au nom du bien débarrassé de toute négativité...».

 

Ce gouvernement n'a pas le droit de gommer les différences de genre (sexe) dans sa volonté de légitimiser les amours homosexuels. Est-ce être homophobe que d'être heurté par le fait d'appeler 'amour' les relations homosexuelles, que de penser que le seul amour véritable puisse exister entre un homme et une femme ? Est-ce être homophobe que d'être heurté par l'idéologie véhiculée par une association comme SOS Homophobie, qui intervenant en milieu scolaire, explique par exemple que «les représentants des religions interviennent souvent publiquement pour s'opposer aux avancées en matière de droit des homosexuels» ? Imaginer que les militants de cette association aient pu s'approcher de nos enfants pour les gagner à leurs arguments malsains et à leurs sophismes, avec la bénédiction du ministère de l'éducation nationale, me pose un problème existentiel.

 

Comme le tribunal administratif de Paris l'a indiqué dans son jugement, «les scénarios intitulés 'le proviseur homophobe' ou 'la mère homophobe', bâtis à partir de témoignages et destinés à faire réfléchir les élèves, sont à ce point insuffisamment nuancés qu'ils portent atteinte au principe de neutralité qui s'impose aux associations qui interviennent dans l'enseignement public».

 

Il reste désormais un sentiment anti-catholique rampant dans le gouvernement socialiste français, et une volonté de s'attaquer aux 'riches' (ou ceux considérés comme riches touchant plus de 4.000 euros par mois) et aux catholiques. Je pronostique que ce gouvernement va prochainement s'attaquer une nouvelle fois à l'enseignement privé, pour tenter de faire disparaître ses spécificités, tout ce qui le rend différent, préférable à l'enseignement public, dans une volonté maladive de détruire tout ce qui permet à une fraction des classes moyennes de s'arracher à la haine et à la violence de la masse.

 

Il reste des hommes et femmes politiques confrontées à l'impuissance de la chose publique, à l'étau des contraintes budgétaires, à un état bloqué où le fonctionnariat est vécu à l'opposé d'un travail pour la collectivité, un état incapable d'aucune action publique effective, et auquel il ne reste plus que l'arme de confiscation, de l'invective et du jugement de valeur pour pouvoir agir. A défaut de pouvoir agir réellement en faveur de l'habitat et des sans-abris, il ne restait pour la ministre du logement qu'à s'attaquer aux ennemis naturels du gouvernement socialiste : les riches, les banques, les grandes entreprises et l'Eglise catholique, sans aucunement tenir compte de l'action concrète de l'Eglise et des congrégations religieuses en faveur des sans-abris, des mal-logés, des exclus de la société !

 

 

Réflexion trois (14 novembre 2012)
L'homosexualité dans le monde


A l'heure où se pose la question de l'autorisation du mariage des homosexuels en France, un article du Monde vient rappeler que «l'homosexualité est réprimée dans de nombreux pays dans le monde. (...) 84 Etats (ou parties d'Etat) font de l'homosexualité un crime ou un délit. Certains de ces pays condamnent l'homosexualité, tandis que d'autres condamnent uniquement l'homosexualité masculine ou encore uniquement la sodomie, quel que soit le sexe».

http://www.lemonde.fr/societe/visuel/2012/11/13/homosexualite-un-crime-dans-de-nombreux-pays-d-afrique-et-du-moyen-orient_1789748_3224.html

 

Intéressant de rappeler cela alors que certains partisans des droits des homosexuels considèrent toute contestation du mariage homosexuel comme un signe d'homophobie.

 

Cet article interactif permet ainsi de rappeler les peines prévues dans un certain nombre de pays, avec un certain nombre de surprises dans quelques cas.

- ainsi, l'Arabie Saoudite prévoit la peine capitale par lapidation pour les hommes mariés homosexuels, et seulement (!) 100 coups de fouet pour les célibataires. Elle prévoit aussi la peine capitale pour tout non-musulman pratiquant la sodomie avec un musulman.

- en Iran, l'homosexualité est passible de la peine capitale en cas de consentement mutuel, de 74 coups de fouet pour une personne non mature, de 100 coups de fouet s'il n'y a pas de pénétration,, et de 60 coups de fouet en cas de baiser entre hommes.

- au Yémen, les peines sont proches de celles prononcées en Arabie Saoudite : lapidation pour les hommes mariés, flagellation pour les hommes célibataires.

 

Ces peines ne me surprennent pas ; elles sont parfaitement en phase avec les lois extrêmement éclairées et justes de ces divers pays et avec le sort qui y est réservé aux femmes ainsi qu'aux minorités religieuses, ainsi qu'à l'application éclairée et clémente de la si douce et tolérante religion musulmane. Adorable religion qui pour mémoire punit également de mort la renonciation à la religion musulmane (apostasie) : «ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à l’infidélité, ceux-là ont sur eux une colère de Dieu et ils ont un châtiment terrible» .

 

On retrouve aussi dans ce groupe d'états 'tolérants' le Soudan, la Somalie, le Nigéria, mais également le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda, la Zambie, le Malawi, ou à l'autre bout de la Terre, la Malaisie ou la Papouasie-Nouvelle Guinée (les peines prononcées vont de la lapidation à des peines de prison, à vie ou pour 14 ans).

 

D'autres législations très contraignantes me surprennent, telles par exemple celles de l'Île Maurice (5 ans de prison), des Seychelles (14 ans de prison), le Sénégal (1 à 5 ans de prison et jusqu'à 1,5 million de francs CFA d'amende) ou le Maroc et la Tunisie (3 ans de prison). Gageons que les touristes homosexuels qui s'y aventurent ignorent les peines qui pourraient être prononcées à leur encontre.

 

 

Réflexion deux (7 novembre 2012)
Passage en force gouvernemental - La place du religieux en politique


Le mariage homosexuel me semble mériter l'ouverture d'un véritable débat de société ... ce que ne respecte ce gouvernement socialiste qui entend faire passer de force ce projet de loi de généralisation du mariage aux couples homosexuels, et qui impliquera une réforme importante de la filiation et des appellations administratives en France.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/07/mariage-pour-tous-le-gouvernement-devoile-son-projet-au-milieu-des-polemiques_1786909_3224.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/07/bertinotti-pas-de-parent-a-dans-le-livret-de-famille_1786017_3224.html

 

Se réfugier comme le font certains politiques socialistes derrière quelques sondages qui expliquent qu'une majorité de français (en fait une majorité de sondés d'un échantillon de 1.371 personnes, jugé représentatif) nous replace une nouvelle fois dans une démocratie d'opinions, une démocratie de sondage, alors que l'on sait que ces sondages n'ont pratiquement aucune valeur (si ce n'est la valeur de la déontologie de la société qui les réalise), et que les résultats d'un éventuel référendum sur un tel sujet verrait se cristalliser les différences d'opinions ...

 

La France suivrait les traces de quelques pays avant-gardistes sur ce sujet en légalisant les mariages homosexuels, comme en Espagne, en Belgique, au Canada ou dans quelques états états-uniens ? La belle affaire ! Mais on perd de vue l'essentiel ! Comment peut-on déclarer mari et femme deux hommes ou deux femmes ensemble, sans dénaturer ce qui fait justement la solennité de la cérémonie du mariage, de cet engagement pour tous ceux qui ne sont pas homosexuels !

 

François Hollande présente ce texte comme «un progrès pas seulement pour quelques-uns mais pour toute la société» selon la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Celui-ci souhaite que le débat «soit maîtrisé et respectueux des opinions comme des croyances en laissant la place à une large concertation». Mais j'aimerais comprendre de quelle manière ce texte peut constituer un progrès et non une régression pour les couples hétérosexuels. Et que l'on me démontre pourquoi le fait de mettre sur un même plan des relations pédérastes, sodomites ou lesbiennes avec des relations sexuelles entre un homme et une femme ne peut pas être considéré comme déstabilisant. Les inclinaisons sexuelles peuvent être libres sans devoir obligatoirement être valorisées sur un même plan. On doit pouvoir les accepter, les tolérer, sans cesser parallèlement de les considérer comme des pratiques déviantes, choquantes, que l'on ne peut aucunement souhaiter pour ceux que l'on aime.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/07/homoparentalite-aucune-etude-n-a-pu-demontrer-un-risque_1787295_3224.html

 

Il y a un autre sujet qui m'interpelle dans la position gouvernementale sur cette affaire du mariage homosexuel. C'est par exemple celle de David Assouline, porte-parole du Parti socialiste, qui juge «que l'Eglise n'était pas vraiment dans son rôle en s'opposant à une mesure qui concerne le mariage civil dans la République laïque». Il y a aussi la position du sociologue Jean Baubérot, spécialiste de la laïcité, qui fait valoir que «toutes les convictions, incluant les religions, ont le droit à la libre expression, mais qu'aucune ne prévaut face au suffrage universel».

 

Ces interventions interpellent en remettant en perspective la notion de la place de la religion catholique au sein de la république française. Selon le parti socialiste, l'Eglise catholique, par la voix de ses évêques et de ses archevêques, n'aurait pas à intervenir dans le débat public français sur une question de valeur morale fondamentale : le mariage ! Alors que je continue de rappeler que le mariage civil étatique n'est qu'une transposition du mariage religieux chrétien, que l'état français a récupéré pour prendre le contrôle de la société française à la fin du Moyen-âge, pour restaurer la place de l'Etat pour ne pas laisser à l'Eglise chrétienne le contrôle administratif des corps !

 

Plus largement, cette histoire montre les limites d'une laïcité comprise comme la négation des valeurs religieuses. C'est la place de la religion dans la république qui est ici interpelée, mis en lumière. Nous sommes sensés vivre dans une république laïque, sans lien avec de quelconques valeurs religieuses, surtout pas chrétiennes ; cette république laïque est censée tenir à égale distance toutes les religions, d'où qu'elles soient, quelque soit leur histoire et leur rapport à la France ... Et en même temps, près de 80% des français ont été élevés avec des préceptes moraux et philosophiques issus/tirés de la religion catholique/chrétienne et dans lesquels ils se reconnaissent plus ou moins, même si cela peut parfois entrer en contradiction avec leur inclinaison sexuelle par exemple.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/03/homos-et-cathos-comment-ils-vivent-le-paradoxe_1785184_3224.html

 

En même temps, la république s'interroge sur les violences ethniques et sociales de groupes marginaux au sein des cités françaises, et la société attend que les citoyens respectent un ensemble de préceptes de citoyenneté dont l'essentiel relève des principes moraux et religieux chrétiens. C'est la place de Dieu et de la morale chrétienne dans la société qui est niée/interpelée. En violant de la sorte les croyances religieuses dans toute une fraction de la population française, le parti socialiste prend le risque de rappeler à l'ensemble du corps électoral que la place du religieux ne peut être oubliée en politique et que seuls les partis politiques de centre-droit peuvent la prendre en compte. Le parti socialiste va se couper de toute une frange de son électorat, et ressusciter un parti centriste moribond ou une UMP en voie d'éclatement. 

 

Quant à parler de l'onction du suffrage universel comme l'avance un supposé spécialiste de la laïcité (un thésard qui a vraisemblablement écrit une bafouille sur le sujet), il faut ramener à sa juste place la sainte onction dont se revendiquent les politiques. Ils ont été élus à la suite d'un président de la république, sur la base de quelques promesses qu'il va peut-être tenir, pour lui servir de majorité. La seule onction démocratique que je reconnaîtrais, qui aurait une valeur démocratique, serait un référendum populaire, comme c'est le cas aux Etats-Unis ou en Suisse. Et il resterait malgré tout à se demander de quelle manière une majorité peut laisser des droits à une minorité.

 

Après plus d'un siècle de laïcité, il me semble que l'on arrive à un point de sans retour. La république française est-elle laïque, sans religion, ou bien son essence morale est-elle avant tout rattachée à la religion catholique, et ne faudrait-il pas revenir sur le concept même de laïcité, pour que l'on reconnaisse que toutes les opinions religieuses ne se valent pas en France, que toutes les lois scélérates ne peuvent pas être promulguées par des politiques athés, que nos valeurs morales et citoyennes sont rattachés aux préceptes chrétiens ? 

 

 

Réflexion une (5 novembre 2012)
Contre le mariage homosexuel


Je ne comprends pas l'intégrisme juridique des partisans de l'homosexualité dans leur lutte pour généraliser le mariage aux couples homosexuels. Les couples gays et lesbiennes (lesbiens ?) ont obtenu en 1999, sous un précédent gouvernement socialiste (Jospin), une reconnaissance de leur union par le biais du Pacs, le pacte civil de solidarité. Le Pacs est également devenu la forme privilégiée d'union entre les jeunes couples hétérosexuels, de préférence au mariage.

 

Je me reconnais par contre parfaitement dans les positions publiques de l'église catholique sur ce sujet, comme par exemple les positions de l'archevèque de Paris, André Vingt-Trois, notamment lorsqu'il déclare que le «changement législatif ouvrant le mariage aux personnes homosexuelles ne serait pas un mariage pour tous mais le mariage de quelques-uns imposé à tous».

http://www.lavie.fr/religion/andre-vingt-trois-le-mariage-de-quelques-uns-impose-a-tous-03-11-2012-32882_10.php

http://religion.blog.lemonde.fr/2012/11/03/mariage-pour-tous-a-lourdes-mgr-vingt-trois-denonce-une-supercherie-et-les-lobbies/

 

Il est trop simple d'accuser les personnes opposées à la généralisation du mariage aux couples homosexuels d'être homophobes ou d'avoir une vision archaïque du mariage. Nous nous trouvons devant un problème d'ordre éthique concernant l'imposition d'un choix individuel de vie aux autres. Après la reconnaissance du mariage homosexuel et de la liberté d'adopter, quel sera la prochaine revendication des intégristes homosexuels ? Le droit d'enfanter librement ? Mais cela est un choix divin (ou de la Nature) d'interdire à deux personnes de même sexe de se reproduire librement ! Ou bien iront-ils ensuite jusqu'à faire interdire juridiquement les mariages et les unions hétérosexuels ?

 

Toute personne qui s'oppose à la généralisation du mariage aux homosexuels semble devoir se défendre d'être homophobe. Pour ma part, je ne m'estime pas homophobe, même si l'affichage public d'une liaison homosexuelle, dans la rue ou à la télévision (comme dans Plus belle la vie par exemple) me gêne profondément, alors que je trouve attendrissante une liaison hétérosexuelle ... Je n'ai pas non plus d'amis homosexuels, pour ce que j'en sais, mais il me semble que cela relève d'un choix de vie personnel. J'ai vraisemblablement été marqué par le rejet de l'homosexualité, de la différence tout simplement, observé dans mes années de collégien et de lycéen, où l'insulte suprême était d'être accusé d'avoir un comportement ou une apparence de pédé.

 

Je ne m'estime pas homophobe, donc, mais je considère l'homosexualité comme un dérèglement psychique, le résultat d'une souffrance psychique, une relation ratée à ses parents et notamment à la figure de la mère. Je ne pense pas ainsi que l'homosexualité soit naturelle (même si de nombreux animaux sont indistinctement homosexuels ou hétérosexuels et que l'homosexualité entre mâles semble relever chez de nombreuses espèces du processus de domination, comme chez les primates ou les félins). Mais ce n'est pas non plus une déviation sexuelle ou morale, juste un biais observé dans nos jeunes années et qui nous conduit à avoir une orientation sexuelle déséquilibrée. Peut-on parler d'orientation sexuelle librement consentie par certains, sans traumatismes antérieurs, et de relation d'amour ? Cela me paraît difficile à imaginer. D'où la souffrance des parents de jeunes homosexuels/homosexuelles, pères ou mères, qui peuvent culpabiliser, s'estimer responsables de l'orientation sexuelle de leurs enfants. 

 

Ainsi, l'homosexualité n'est selon moi, ni un choix de vie personnel autonome, ni à l'inverse une perversion ou une maladie ... mais un déséquilibre dans la construction personnelle psychique de la personne, et la réponse que ces personnes en donneront, l'équilibre que ces personnes trouveront en réponse. C'est peut-être une vision excessivement psychanalytique ou psychologique, et je ne me persuade pas que j'ai forcément raison.

 

En même temps, l'histoire étant pleine de génies, d'héros et d'écrivains homosexuels, défendre une telle position implique de considérer que ce genre de traumatismes, de relations à problème avec les figures paternelle et maternelle, du père et de la mère, est extrêmement courant et constitue une sorte de norme pour l'humanité !

 

Comme de nombreux évèques catholiques, je considère que la norme doit rester de fonder une famille, d'élever des enfants dans un couple hétérosexuel, entre une présence paternelle (sécurisante) et une présence maternelle (sécurisante et aimante). Evidemment, on peut estimer cette image passéiste et archaïque, mais en est-on sûr ? L'enfant ne doit-il pas passer par des phases, par un complexe d'Oedipe qu'il doit dépasser. Peut-on envisager un enfant essayant de s'immiscer dans la relation entre deux hommes (ou deux femmes) ... Et quelles en seront les conséquences en terme de construction psychique pour ces enfants de couples homosexuels ?

 

Et je considère que la voix de l'Eglise et de ses représentants doit être entendue parce que le mariage, avant d'être une institution civile, a d'abord été une institution religieuse catholique, et que l'Etat n'a repris la comptabilisation des mariages, après le Moyen-Age obscur, que dans un but de reconstruction étatique, pour contester aux Eglises le contrôle des populations, pour reprendre les thèses de Michel Foucault (accessoirement également notoirement homosexuel). La sanctification de l'union de deux êtres par une cérémonie religieuse est une constante catholique (même si une telle union préexistait sûrement aux religions catholiques et juives), et le catholiscisme me semble tout à fait fondé à contester une généralisation problématique et contraire à son objet de l'institution du mariage.



Saucratès


07/11/2012
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