Critiques de notre temps

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Devoir d’hospitalité - Il est si simple pour le pape de donner des leçons aux européens

Devoir d’hospitalité - Il est si simple pour le pape de donner des leçons aux européens

Par Saucratès 

 

Paris, lundi 6 décembre 2021

 


La question de l’accueil des migrants est un sujet extrêmement complexe, et en même temps extrêmement simple. Il ne s’agit que de personnes en très grande précarité, en très grande pauvreté, confrontées à des conditions de vie et de voyage extrêmement dures, pratiquement inhumaines, et qui ont risqué leur vie où celles de leurs proches et de leurs enfants, à la merci de filières parfois mafieuses ou esclavagistes.

 

Dans cette situation, le discours moraliste et excessivement simpliste du Pape François se comprend parfaitement. Pour la religion catholique, le devoir d’hospitalité à l’égard des pauvres et des précaires est un impératif catégorique. Il ne peut pas souffrir d’exceptions, de la peur de l’autre. Mais tout ceci est un absolu.

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/12/05/le-pape-francois-a-lesbos-arretons-ce-naufrage-de-civilisation_6104799_3210.html

 

Il y a une première limite à prendre en compte, qui est celle de la folie, du terrorisme islamique, qui fait que certains de ces migrants sont parfois les auteurs d’actes barbares, terroristes. Dans cette masse de migrants qui affluent aux frontières de l’Europe, venant de pays parfois gangrenés par la violence islamique (Tchétchénie, Afghanistan, Syrie ...), comment être sûrs que des terroristes, des adeptes de la haine de l’occidental, ne se cachent pas parmi eux, ne se travestissent pas au milieu d’eux ? Comment être sûr aussi que demain, après-demain, les enfants de ses migrants ne se transformeront pas eux-aussi en terroristes, comme l’assassin barbare de Samuel Paty ?

 

Il est tellement simple pour le Pape François de s’entourer de deux ou trois jeunes filles migrantes, de deux ou trois jeunes enfants, et d’en appeler à la raison des européens, de les appeler l’espoir du Monde ! Les États européens ne peuvent pas choisir parmi les migrants qui se pressent à leurs frontières, les plus jeunes, les plus photogéniques, les plus diplômés, les plus susceptibles de ressembler aux migrants et migrantes dont le Pape s’est trouvé entouré sur cette île de Lesbos.

 

S’agit-il d’un naufrage de civilisation comme le condamne le Pape ? L’Europe doit-elle et peut-elle accueillir sur son sol l’ensemble de la misère africaine, du Proche-Orient et de l’Asie ? L’idéal de l’accueil, du devoir d’hospitalité ne doit vraisemblablement avoir aucune limite aux yeux du Très Saint Père, mais il ne s’agit que d’une façon de voir le monde, de le questionner, de l’interpréter. Interessant de voir que sort en ce moment (ou ressort) un livre de Jacques Derrida intitulé «Hospitalité».

 

«La réflexion préliminaire de Derrida dans cette première année de son séminaire «Hospitalité» est structurée par la distinction rigoureuse, quoique sans opposition, entre deux logiques hétérogènes qui risquent toujours de se pervertir l’une l’autre : celle d’une hospitalité stricte et conventionnelle (toujours finie, conditionnelle et subordonnée à la maîtrise du chez soi ou de l’ipséité) et l’idée d’une hospitalité inconditionnellement ouverte à l’arrivant.»

 

Ceci est évidemment magnifique, mais cela fait peu de cas des désordres, des peurs, des assassinats et des actes terroristes, et enfin et surtout, de l’existence d’une Nation française et d’un peuple français. Que restera-t-il de la France et du catholicisme si on pousse au bout de la réflexion ces magnifiques principes d’ouverture à tous les migrants de la Terre, de l’Afrique à l’Asie en passant pour l’Irak et l’Asie ?

 

 

Saucratès 



06/12/2021
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