Critiques de notre temps

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En quoi l’image castratrice, identitaire, écologiste de La Gauche expliquait-elle ou non sa prochaine disparition ?

En quoi l’image castratrice, identitaire, écologiste de La Gauche expliquait-elle ou non sa prochaine disparition ?

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de La Reunion, vendredi 11 février 2022


C’est une question qui m’intéresse particulièrement : pourquoi la Gauche a-t-elle pratiquement disparu dans les intentions de vote des français ? Cet article du Monde donne un certain nombre d’éléments d’explications qui me paraissent assez intéressants. 

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/02/11/la-gauche-porterait-deux-combats-lui-donnant-une-image-castratrice-l-ecologie-et-la-question-identitaire_6113255_3232.html

 

Ainsi, selon Le Monde, «la Gauche aurait délaissé la bataille culturelle au profit de la droite au motif que le plaisir serait devenu bourgeois.» Mais au-delà du titre de cet article, c’est l’argumentation qui me semble parfaitement représentative de ce que la Gauche est devenue.

 

«En quelques années, la gauche serait passée du camp des joyeux à celui des tristes, des jouisseurs aux puritains. Elle aurait délaissé cette bataille culturelle au profit de la droite au motif que le plaisir serait devenu bourgeois. Caricatural sans doute, mais dans l’air du temps, moult livres abordant cette question, certains y voyant même le signe d’une déconfiture annoncée.

 

La gauche porterait deux combats lui donnant une image castratrice, donc invendable. L’écologie d’abord, sommant chacun de réduire sa consommation, de chasser le plastique, de manger cinq légumes et fruits par jour, de boire avec modération, d’arrêter la viande, de troquer la voiture pour le vélo, de bannir l’avion. Et puis la question identitaire : être bienveillant avec les minorités, multiplier les précautions dans les gestes et les mots, adopter l’écriture inclusive.»

 

Cette démonstration, cette opinion, est encore plus évidente lorsque le journaliste donne l’exemple de la satie du candidat communiste Fabien Roussel, sur le fait qu’«un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, c’est la gastronomie française. Vision excluante, on peut aussi adorer le couscous, a rétorqué la Verte Sandrine Rousseau.»

 

Je pense que tout est dit dans ces quelques mots. Deux visions du monde, deux visions de la vie, deux façons d’envisager la Gauche et le Peuple. Évidemment, on peut préférer ou adorer le couscous, ou le poulet Yassa, ou le cari poulet, tout ceci n’est qu’une question de goût ! Mais il n’est pas nécessaire d’avoir honte d’aimer manger une bonne viande, un bon fromage, de boire un bon vin, ni de se sentir obliger de déclamer que l’on préfère le couscous pour avoir le droit de se dire de Gauche ! Et en aucun cas, il ne s’agit de gastronomie française. Le couscous est de la cuisine marocaine ou algérienne, le cari poulet appartient à la cuisine créole réunionnaise, le poulet Yassa appartient à la cuisine sénégalaise, et en aucun cas à la cuisine ou à la gastronomie française. De la même manière que l’hamburger appartient à la cuisine américaine.


Cet article, cette chronique, met le doigt sur un vrai problème de la pensée de Gauche, de cette gauche triste, puritaine, adepte des bons sentiments, écologiste ou plutôt collapsologiste, bienveillante avec les minorités, précautionneuse dans les gestes et les mots, féministe et inclusive.

 

Mais au fond, cette Gauche qui nous est ici décrit est simplement la Gauche des écologistes, ces quelques pour-cent de la population qui se sont toujours reconnus dans l’idéologie des écologistes. Nul fraction d’un peuple parmi ces adeptes de cette pensée, juste des bourgeois bon chic bon genre, qui idéalise la nature, eux qui vivent dans les villes et dans des immeubles cossus. 

Pour expliquer la disparition du reste de l’électorat gauchiste, il faut trouver une autre explication, comme j’ai déjà cherché à y réfléchir. Comprendre comment un parti de gouvernement pesant entre 25% et 30% des suffrages au temps de François Mitterrand a pu disparaître jusqu’à ne plus dépasser la barre des 6% aux dernières présidentielles. Le dernier grand représentant de la Gauche dite Plurielle, Lionnel Jospin, n’a été éliminé du deuxième tour en 2002 qu’en raison de la dispersion des voix de Gauche, de ces 10% à 15% de voix qui s’étaient émiettées sur les candidatures de Christiane Taubira (déjà) ou d’Arlette Laguillier. 

Pour moi, à côté de ces arguments d’une Gauche austère, triste, castratrice, il faut aussi parler d’un électorat durablement trahi, perdu, qui a cru élire un socialiste en 2012 en la personne de François Hollande, et qui a vu une politique ultra-libérale être mise en œuvre en matière sociale et en matière salariale, et qui a vu à la fois apparaître Emmanuel Macron et des idéologies islamiques à l’école et au collège et LGBTQ+ dans la société. Cet électorat de gauche s’est simplement évaporé selon moi ; cette trahison ne pourra plus jamais être oubliée ni pardonnée. 

 

La grande question est bien sûr de savoir où sont passés ces électeurs. Sont-ils venus grossir la foule des abstentionnistes ? Ou bien ont-ils rejoint les candidats qui assument de représenter le véritable Peuple, les français, même s’ils aiment le vin et la bonne viande ? Je veux évidemment parler des candidats anti-système, l’extrême-droite. Se sentiront-ils une nouvelle fois trahis par les candidats d’extrême-droite, si ceux-ci passent lors des prochaines élections présidentielles et législatives ?

 

Et la France ne sera-t-elle pas encore une fois encore plus déchirée quelque soit le futur vainqueur des prochaines échéances électorales ? Un peu comme ce qui est dit des États-Unis d’Amérique de Joe Biden. 

 

 

Saucratès



11/02/2022
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