Réflexions politiques 1
J’aime opposer l’illibéralisme de Trump, Vance et Musk à l’idéologie Woke du Monde et de leurs homologues démocrates occidentaux.
Selon moi, Le Monde avait parfaitement dépeint le débat en cours actuellement entre l'illibéralisme et les valeurs libérales et progressives dans un article du 24 février dernier :
«On peut le résumer ainsi : la souveraineté de l’Etat-nation est primordiale et ne peut être limitée par des lois ou des institutions supranationales ; la société ne peut fonctionner sans autorité morale, et cette autorité peut conduire à des formes d’autoritarisme à l’encontre des institutions démocratiques si celles-ci sont jugées dysfonctionnelles ou capturées par les élites woke ; les lois doivent être faites pour la majorité, non pour les minorités ; les sociétés doivent être culturellement homogènes, les étrangers peuvent s’y intégrer en acceptant l’assimilation, mais non en demandant le multiculturalisme ; les individus ne sont pas des cartes blanches en termes d’identité, mais sont pétris d’histoire et de géographie, des marqueurs identitaires qui doivent être protégés et valorisés ; les normes culturelles en matière de famille, de sexe et de genre ne peuvent évoluer rapidement.»
J’y indiquais que Le Monde décrivait parfaitement et tout simplement une Nation telle qu’elle devrait être, normalement nationaliste, une image d’un peuple fier d’être une Nation et d’appartenir à une Nation. Un peuple faisant Nation ne se reconnaissant pas uniquement dans sa diversité mais d’abord dans tout ce qui les rapprochent.
Mais comme Bruno Bourgeon me l’a rappelé, mon analyse est trop partielle comme celle du Monde probablement.
https://saucrates.blog4ever.com/trump-zelensky-et-lilliberalisme#message_1936511878
Nous n’assistons pas seulement au combat entre deux uniques visions du monde, l’illibéralisme contre les valeurs libérales et progressives, mais à une opposition entre une multitude de visions du monde. Parce que l’illibéralisme de Trump et compagnie et les valeurs libérales et progressives de Macron et consorts sont en fait en accord sur l’essentiel du libéralisme et de l’ultra-libéralisme. Ils ne s’opposent que sur ce qui fait ou représente la Nation, le Peuple, sans qu’aucun des deux côtés n’en fasse partie.
Ils sont même d’accord sur les principes et les méthodes, sur l’idée que l’administration ‘coûte un pognon de dingue’, ne sert à rien. Ils ne s’opposent que sur la manière de le dire, sur la manière dont ils l’affichent : un affichage aux yeux de tous pour les illibéraux, comme pour la remise en cause de l’USAID, l’éducation ou la santé, ou de manière masquée et par la manipulation pour Macron et ses sbires, comme pour la remise en cause du CESE, des CESER ou des agences gouvernementales, ou dans les coupes budgétaires. Une même méthode, la même idéologie, mais une façon différente de l’afficher, avec une intervention différente de la presse d’état macroniste : dénonciation vigoureuse lorsque cela vient des illibéraux - aveuglement veule et complice pour les agissements des démocrates libéraux.
Comment donc définir les choix et les combats qui s’offrent à nous ? Et comment savoir qui défend ces diverses autres options ? Les libéraux comme les illibéraux ultra-libéraux défendent en effet une seule et même vision du monde, extractiviste, illimitiste, capitaliste ou communiste, puisque ces deux philosophies politiques se rejoignent aussi sur ce plan. La course au profit maximal, illimité, sans fin, dans une planète considérée comme infinie, aux ressources intarissables, avec une population de consommateurs et de producteurs aussi considérés comme une ressource infinie.
Quelles sont donc les autres options ou alternatives ? Qui les représente ? Ceux qui comme Greta Thunberg défendent la fin de la course en avant ? N’est-il pas extraordinaire que cette jeune femme ait réussi à personnaliser à elle toute seule cette option, alors qu’elle a commencé en faisant seule la grève de son école les vendredis alors qu’elle avait quinze ans, pour une durée indéterminée jusqu’à ce que la Suède respecte ses engagements pris lors des Accords de Paris ? «Fridays for futures».
Peut-on se retrouver dans une écologie politique qui ne diffère en aucun cas de la posture Woke des socialistes libéraux, qui prônent l’abolition des racines chrétiennes de notre civilisation occidentale pour récupérer les voix de l’électorat de la diversité ? Des partisans d’une écologie punitive cherchant plus à exclure le peuple de France qu’à l’inclure ? S’attaquant aux pauvres des campagnes et aux classes moyennes, aux hommes dès lors qu’ils appartiennent aux classes moyennes blanches ?
Je rejoins effectivement l’analyse de Bruno Bourgeon mais je ne vois rien ni personne susceptible de personnaliser cet espoir, si ce n’est quelques ultra-féministes écologistes haineuses abhorrant les hommes et leurs barbecues, des jeunes militantes chevronnées galvanisées par les discours de leur égérie suédoise prônant la fin du monde. Et je me sens tout autant étranger aux quelques extrémistes écologistes ou associatifs qui croient connaitre la seule vraie réponse à tous nos problèmes. Pourquoi faut-il que tous ces personnes soient des extrémistes exaltés persuadés d’être les seuls à avoir les vraies réponses ?
Au fond, les moins pires, les plus rassurants ne sont-ils pas soit les libéraux progressistes comme Macron et consorts, qui nous promettent la tranquillité, soit les illibéraux qui nous fournissent une réponse simple et un bouc émissaire commode à tous nos problèmes ?
Même si je rejoins partiellement Bruno Bourgeon lorsqu’il appelle de ses vœux :
- une autre démocratie plus participative et plus directe dans laquelle tous les citoyens pourraient participer et se reconnaître
- un système plus juste économiquement où quelques ploutocrates ne détiendraient pas l’essentiel de la richesse et du pouvoir, contrôlant les gouvernements, les médias et les politiques publiques
- un meilleur partage des richesses même si je crains qu’une telle politique prendra d’abord aux classes moyennement riches pour servir encore et toujours plus les parasites du système, ceux cherchant à vivre aux crochets de la société sans travailler, en reproduisant leurs modes de vie extérieurs (même si ceux-ci sont peut-être moins énergivores que les nôtres) …
Au fond, les dérives potentielles du système que Bruno Bourgeon appelle de ses vœux, celui d’un fascisme écologiste intégral pour nous protéger de l’abîme qui nous attend dans le futur, résultats de nos dérives actuelles, ne craint-il pas tout autant pour la démocratie que les réponses toutes simples et faciles des illibéraux ou que les promesses anesthésiantes des libéraux progressistes ?
Saucratès
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