Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Pensées autour de quelques articles de presse

Saint-Denis de La Réunion, lundi 22 juillet 2019

 

Le journal Libération a publié une tribune des députés de La France Insoumise qui traite de la brutalité du pouvoir du gouvernement et du président Macron, à l’égard du peuple et de ses contradicteurs. Cette tribune, signée par l’ensemble des députés du mouvement, est particulièrement bien écrite, faisant le parallèle entre les violences faites aux jeunes lors de la fête de la musique de Nantes, qui conduira à la disparition et à la mort vraisemblable d’un jeune homme, Steve Caniço, aux violences contre les gilets jaunes et aux mesures d’arrestation massive et préventive, à la mort de Zineb Redouane âgée de 80 ans, touchée par un tir de grenade lacrymogène, aux blessures de Geneviève Legay à Nice, âgée de 73 ans, entre autres.

 

Comme ils l’écrivent, «mais qu’aurait-on pu attendre d’un président de la République pour qui certains ne sont rien ? La brutalité policière à l’œuvre depuis de longs mois est la main armée du mépris présidentiel.» Comment oublier Emmanuel Macron appelait Mme Geneviève Legay à plus de sagesse, alors qu’elle était hospitalisée, côtes cassées et traumatisme crânien consécutifs aux coups reçus de la part des forces de l’ordre ? Comment oublier que le gouvernement confiait à la femme du policier mis en cause l’enquête sur cette affaire ? Et comment oublier que le gouvernement a médaillé une grande partie des membres des forces de l’ordre responsables de violence à l’égard des manifestants gilets jaunes ?

 

https://www.liberation.fr/debats/2019/07/19/la-brutalite-bruit-de-fond-du-macronisme_1740877

 

Autre sujet politique, François de Rugy a accusé Médiapart de lynchage politique et annonçait porter plainte. Il a parlé «d’une erreur regrettée et payée au prix le plus élevé et le plus cruel». « La volonté de nuire, de salir, de démolir, ne fait pas de doute. Je suis soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques. » François de Rugy s’est également comparé à Pierre Bérégovoy, qui s’était suicidé le 1er mai 1993 après avoir été contraint à la démission.  Il a indiqué qu'il pensait aux mots de François Mitterand à l’égard de Pierre Bérégovoy, qui avait alors déclaré que l’honneur de son premier ministre avait été livré aux chiens.

 

«Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie, au prix d'un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d'entre nous», avait déclaré François Mitterrand  lors des obsèques de Pierre Beregovoy, le 4 mai 1993.

 

Façon de regretter qu’Emmanuel Macron n’ait pas eu, lui, de mots en faveur de son ministre (d’Etat) après sa démission ?

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/17/francois-de-rugy-parle-d-une-erreur-regrettee-et-payee-au-prix-le-plus-eleve-et-cruel_5490426_823448.html

 

Les politiques de plusieurs bords politiques critiquent ce déballage médiatique et dénoncent une chasse à l’homme. Pourtant, il y a de cela un peu plus de deux ans, peu des supporters et des proches d’Emmanuel Macron contestaient les révélations médiatiques successives et permanentes contre François Fillon, qui avaient l’intérêt de détruire sa candidature et permettre au candidat Emmanuel Macron de se positionner en vue du second tour de l’élection présidentielle.

 

Ne rêvons pas d’ailleurs, comme Le Monde le rappelle, François de Rugy devrait retrouver son poste de député LRM à l’Assemblée nationale à la suite de sa démission du gouvernement. Il reprendrait à l’issue d’un délai d’un mois la place de son suppléant, M. Mounir Belhamiti. Donc, ceux qui parlent d’une décision courageuse prise pour protéger la représentation nationale se foute de la gueule des électeurs et de l’opinion publique. Ainsi Damien Abad, député Les Républicains (LR) : « C’était nécessaire pour éviter de jeter le discrédit sur l’ensemble de la représentation nationale et éviter de creuser le fossé entre les Français et les politiques ». Quel sens cela a-t-il puisque M. François de Rugy va redevenir député ?

 

J’en arrive donc à cette interview de l’historien des médias, M. Patrick Eveno, professeur émérite à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne et président de l’Observatoire de la déontologie de l’information. Selon lui, Médiapart a pleinement «joué son rôle de contre-pouvoir et de vigie dans notre démocratie d’opinion».

 

«Lorsqu’ils sont attaqués, les politiques se retournent contre les médias qu’ils accusent d’être instrumentalisés ou de mauvaise foi. Mais l’opinion publique est de moins en moins naïve, elle a gagné en maturité. Soutenir que l’on est seulement victime d’une machination, d’un complot, d’un lynchage médiatique quand on a dissimulé au fisc ses revenus, ou utilisé l’argent public à des fins personnelles avec une grande légèreté, n’est plus accepté par l’opinion publique. Et ce de plus en plus indépendamment des préférences partisanes. Cette démocratie d’opinion ne résout pas tout, loin de là, mais elle a le mérite de maintenir les pouvoirs sous un contrôle permanent qui globalement contribue à moraliser leurs pratiques. Evidemment, il y a le danger que ce dégagisme débouche sous une forme de nihilisme et de désespérance démocratique nourrissant un seul refrain, celui du «tous pourris». Mais on peut aussi voir les choses autrement et se féliciter que non seulement les médias jouent à fond leur rôle de contrôle et de vigie mais que leur travail soit suivi d’effets. »

 

https://www.liberation.fr/france/2019/07/17/le-pouvoir-politique-ne-peut-plus-ignorer-les-revelations-de-la-presse_1740368

 

Dernière affaire politique en date ; l'ouverture de l'Assemblée nationale à la jeune égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, Greta Thunberg, la danoise qui fait la grève de l'école pour alerter son pays et désormais le monde. Elle avait été reçue par les chefs d'Etat et les délégations lors de la dernière COP (conférence des parties à la convention ...). Donc pourquoi pas à l'Assemblée nationale française ! 

 

Mais au fond, je suis comme eux. Quel besoin avons-nous de recevoir cette gamine donneuse de leçons à la Terre entière et aux adultes à l'Assemblée nationale ? Que visent la centaine de députés qui se proposent de l'inviter à l'Assemblée nationale, si ce n'est justement de donner des leçons au reste des députés sceptiques, au gouvernement qui n'avance pas assez vite pour interdire toute une série de comportements insuffisamment écolos parmi les citoyens et les automobilistes français ! Effectivement, nous n'avons pas besoin de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale française ! 

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/22/des-deputes-de-droite-protestent-contre-la-venue-de-greta-thunberg-a-l-assemblee-nationale_5492016_823448.html

 

 

Saucratès



22/07/2019
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