Critiques de notre temps

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#metoo, #black lives matter et intersectionnalité

#metoo, #black lives matter et intersectionnalité

Suite de la démocratie en France

 

Par Saucratès 

 

Amsterdam, lundi 17 octobre 2022

 

Le mouvement #meetoo remonte à cinq ans. Et le journal lemonde.fr sort ces jours-ci des dizaines d’articles sur le phénomène #metoo, en quoi il a changé les vies, les entreprises, les relations entre les hommes et les femmes, la justice, l’éducation …

 
https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/10/11/metoo-dans-les-entreprises-plus-d-enquetes-mais-des-victimes-trop-peu-protegees_6145250_3224.html

 

https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/10/11/metoo-cinq-ans-apres-la-presomption-d-innocence-ne-peut-pas-etre-un-totem-d-immunite_6145321_3246.html

 
https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/10/13/apres-metoo-comment-les-parents-eduquent-leurs-enfants-et-sont-eduques-par-eux_6145579_3224.html

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/10/13/metoo-la-prescription-une-notion-au-c-ur-des-affaires-les-plus-mediatisees-depuis-cinq-ans_6145690_3224.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/10/14/metoo-la-justice-doit-avoir-le-monopole-de-la-sanction-elle-n-a-pas-celui-de-la-verite_6145852_3232.html
 

Cinq années pendant lesquelles j’ai très peu parlé de ce mouvement #metoo, que j’ai toujours analysé comme un mouvement de délation et de vengeance immonde. Évidemment, l’immense majorité de ces histoires sont vraies, racontées comme elles ont été vécues, mais comment imaginer qu’une histoire de mains aux fesses, de drague un peu lourde, survenue dix ou vingt ans auparavant, puissent encore être considérées comme un viol, comme une violence inoubliable, qui aurait marqué au fer rouge ces personnes ? Je ne peux toujours pas comprendre ce déferlement de haine et de rage dont témoigne #metoo. Vraisemblablement à cause de ma position de mâle dominant.

 

Cinq années plus tard, je n’ai toujours pas changé d’avis sur #metoo. Le mouvement ‘Black lives Matter’ est plus récent mais il repose sur des présupposés comparables. Ces deux mouvements reposent tous deux sur la haine de l’autre, sur la haine du mâle et du blanc. Par le passé, les mouvements antiracistes, qu’ils soient européens, français ou américains, s’étaient construits sur l’absence de racisme. L’autre n’était pas différent de nous, l’autre quelque soit sa couleur de peau, était notre frère. C’était l’époque des potes.

 

Les mouvements intersectionalistes ne reposent pas sur ce présupposé ; ils reposent sur la haine du blanc, sur la haine de l’autre, coupable des crimes de toute sa race. Ce mouvement ‘Black lives Matter’ se repose sur la négation de l’autre, du non-noir, du non-différent, de la même manière que le mouvement #metoo repose sur la haine de l’homme, du mâle hétérosexuel, coupable par nature même de tous les maux du patriarcat. Les européens avaient construit leurs mouvements anti racistes et féministes sur l’égalité de tous, quelque soit la couleur de peau, quelque soit le sexe. Dorénavant les mouvements intersectionalistes reposent, sont bâtis, sur le principe de l’exclusion de l’autre, du mâle blanc patriarcal. Hier nous étions tous frères, nous rêvions d’être tous frères. Désormais nous sommes tous en guerre, tous ennemis, hommes contre femmes, blancs contre noirs, hétérosexuels contre homosexuels.

 
Romain Gary avait déclaré que le premier devoir d’une personne victime de racisme était de ne pas être raciste. Cette déclaration me semble normal et les premières victimes du racisme en France ou aux États-Unis sont les juifs et les commerçants chinois. C’est invraisemblable. Comment une lutte antiraciste peut-elle avoir pour conséquence plus de racisme pour les personnes véritablement victimes de racisme et d’antisémitisme ?


Et cette propension à considérer comme suprématiste blanc, toute personne blanche qui interroge le mouvement antiraciste américain me semble caractéristique d’un mouvement au fond raciste et xénophobe, d’un mouvement où toute contestation est impossible. La comparaison effectuée avec le mouvement des gardes rouges de Mao, de la Revolution culturelle chinoise, me semble extrêmement pertinente et il en va de même pour le mouvement féministe #metoo.

 

Quand je vois l’ex-ministre française Rama Yade déclarer qu’elle voit la statue de Colbert aux États-Unis comme une micro agression, je crois rêver. Et en fait je pense que l’histoire est faite comme ça, de cette manière. Les héros d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui. Demain, les leaders de ces mouvements auront forcément droit eux-aussi à des statues et des descendants quelconques mettront eux aussi à bas leurs statues, les déboulonneront, les jetteront à la mer. L’histoire se répète. Les héros d’un jour seront considérés comme les pestiférés du futur.

 

Ma conclusion : les mouvement #metoo et #Balancetonporc, ou ‘Black lives matter’, ne sont pas différents des pires mouvements du passé. Ils ont libéré la parole des femmes ? Ou celles des personnes racisées ? Ils ont surtout libéré une parole de délation.

 

De la même manière que l’invasion nazie de la France en 1940 avait conduit à une libération de la parole des petites gens, des concierges, en leur permettant de dénoncer à la milice et à la Gestapo les grands bourgeois, les grandes familles juives qui les méprisaient ou les dédaignaient auparavant. #metoo, #Balancetonporc ou #Black lives matter ne sont pas différents, ce sont des mouvements basés sur la délation, sur la condamnation arbitraire de supposés bourreaux, que ces mouvements voudraient pouvoir exterminer sans autre forme de jugement, parce qu’ils sont condamnés sans même pouvoir se défendre, puisqu’ils sont forcément coupables, coupables parce que dénoncés et immédiatement condamnés. Une femme victime ne peut pas mentir. Une personne racisée ne peut pas mentir. Par contre, évidemment un homme, blanc de surcroît, ment forcément, toujours. Et le système patriarcal autour de lui aussi évidemment. CQFD

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/10/13/belinda-cannone-des-sa-naissance-metoo-etait-potentiellement-porteur-de-derives_6145698_3232.html

 

«Cependant, dès sa naissance, #metoo était potentiellement porteur de dérives : la libre parole des femmes peut se dégrader en dénonciation des hommes et en justice expéditive. En témoigne #balancetonporc, qui accusait nommément. Si cette dérive a été possible et, en France, quasi instantanée, c’est du fait du médium utilisé : les réseaux sociaux, avec leur extraordinaire simplicité d’utilisation, leur anonymat, leur viralité, permettent l’émergence de tribunaux populaires.

 

Si bien qu’au bout de cinq ans le vrai débat autour de #metoo s’est déplacé sur le terrain judiciaire. Pendant des décennies, il avait fallu combattre la suspicion entourant les témoignages des victimes. Mais, à présent, surprenante bascule, certaines féministes affirment qu’il faut croire toute parole féminine. Voilà la présomption d’innocence mise à mal. Plus encore, puisque les femmes disent forcément vrai, la punition ne saurait attendre : comités, dénonciations sur les réseaux sociaux, balance des noms dans les médias avant jugement… Et l’enquête ? Et le débat contradictoire qui permet à chaque partie de se défendre devant des juges impartiaux ?»

 
 
Saucratès



17/10/2022
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