Critiques de notre temps

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Sur l’islamo-gauchisme

Saint-Denis de la Réunion, dimanche 8 mars 2021


L’islamo-gauchisme serait-il un gros mot, une insulte ? Que trouve-t-on pourtant à la croisée de l’islamisme, du gauchisme et du féminisme, dans cette théorie qui se nomme elle-même théorie de l’intersectionnel ou de l’intersectionnisme ? Si ce n’est justement l’islamo-gauchisme.

À en croire une bonne partie de l’intelligentsia universitaire française, La France comme les Etats-Unis seraient ainsi des pays où les descendants des immigrés de nos anciennes colonies, ou les descendants des anciens esclaves, ou les descendants des peuples premiers, seraient victimes de multiples discriminations dans l’accès à l’éducation, à la formation, à l’emploi, au logement, ou à la santé. Et ces discriminations se combineraient supposément aux mêmes difficultés d’accès des femmes et des personnes LGBTQ+, ce qui accroisseraient d’autant l’atteinte pour ceux qui cumuleraient ses deux formes d’handicaps, liés au sexe et à l’origine ou à la couleur de peau.

 

Ce serait en réaction à ces discriminations, et en réponse à leurs luttes pour l’égalité des droits que des mouvements comme le féminisme, l’indigénisme, l’islamisme seraient nés et qu’ils porteraient désormais des revendications d’exclusion de l’ennemi, de l’homme hétérosexuel blanc de type européen ou caucasien.

 
Certains me diront évidemment que c’est faux, que cette guerre n’existe pas, que les mouvements féministes n’ont pour seul objectif que l’obtention de l’égalité entre l’homme et la femme, que l’indigénisme n’a également que ce seul objectif à l’esprit.

 

https://www.lemonde.fr/education/article/2021/03/02/islamo-gauchisme-s-il-y-a-un-effet-de-mode-quant-a-ce-nouveau-type-de-recherche-notre-role-n-est-pas-de-les-censurer-mais-de-les-encadrer_6071733_1473685.html 

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/02/islamo-gauchisme-l-introduction-de-certains-termes-comme-racise-ou-feminicide-ne-fait-que-rendre-visibles-des-prejudices-deja-existants_6071716_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/03/02/mysterieuse-modification-d-une-fiche-de-poste-de-l-universite-paris-est-creteil_6071744_3224.html

 

Mais tout ceci me semble fallacieux. L’islamo-gauchisme existe véritablement. Il n’est que la rencontre de ces divers mouvements séparatistes et de la gauche politique, ou le plus souvent de l’extrême-gauche politique, rencontre qui donne cet amalgame que l’on nomme islamo-gauchisme. Parce que la droite ne rencontre que rarement l’indigénisme et ne se complait pas non plus dans l’admiration, l’adoration des thèses islamistes qui plaisent autant à gauche et à la gauche de la gauche. 


Parce qu’il est de bon ton, à gauche, à l’extrême gauche, de se reconnaître dans la sainteté du combat islamiste, de la contestation de l’héritage néocolonial de la France, de l’histoire néocoloniale de la France, du vol et de la captation de l’héritage des biens illégitimement acquis lors de la colonisation de l’Afrique ou d’ailleurs. Il y est par contre beaucoup moins légitime, beaucoup moins acceptable, de se déclarer simplement catholique et de gauche ou de croire dans le Dieu chrétien tout en étant de gauche, comme si la seule option pour une femme ou un homme de gauche était d’être athée, musulman ou animiste, mais surtout pas catholique !

 
Effectivement, je ne me reconnais plus dans une telle gauche. Je ne me reconnais dans la gauche des années 2010-2020, cette gauche construite au cours des candidatures des époux Hollande, à compter des années 2007 et surtout depuis 2012, cette gauche qui a nourri en son sein Emmanuel Macron et tous les transfuges députés libéraux de gauche qui l’ont suivi lors de la création de son parti politique LaREM. Cette gauche de compromission avec l’entreprise et avec l’islamisme.

Depuis l’assassinat de Samuel Paty, il n’était plus de très bon ton de se déclarer islamo-gauchiste ou d’être affublé d’une telle étiquette. Autrefois, on était facilement taxé d’islamo-phobie et traîné dans la boue (médiatique), mais dorénavant, la défense de l’islam en politique est plus difficile, mais cela ne durera qu’un temps. 

Et ce temps est déjà terminé d’ailleurs. Et les Islamo-gauchistes, jeunes étudiants en mal de pensée et en mal de réflexion, indigénistes mal dans leur peau et aigris, ou universitaires dévoyées, se ruent déjà pour combattre toutes les abominables islamophobes blancs ou noirs que comptent la France et qui ont osé se croire autoriser à médire sur ce merveilleux islam et son non moins  magnifique message de paix et d’amour (des armes et de la décapitation) et à nier les abominables souffrances des pauvres ostracisés.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/03/08/sciences-po-grenoble-enquete-ouverte-apres-les-accusations-d-islamophobie-contre-deux-professeurs_6072295_3224.html

 

Il faut avoir confiance. Dès que les socialistes ou l’extrême gauche reviendront au pouvoir, l’islam redeviendra l’alpha et l’oméga de la pensée politique et le phare guidant l’éducation nationale. Et même bien avant ... Dans peu de temps, on aura oublié le lâche assassinat de Samuel Paty et l’islam redeviendra le logiciel de pensée de tant de gauchistes. Déjà, toute référence à des problèmes concernant l’islam a apparemment totalement disparu de la sphère médiatique, comme si le fait de ne plus en parler permettait de faire oublier qu’il y a un problème musulman en France et dans les banlieues. 


Il n’y a plus que certains méchants qui veulent étudier un problème evidemment totalement inventé d’islamo-gauchisme dans les milieux universitaires français et dans le domaine de la recherche publique. Alors qu’évidemment, il n’y a nulle emprise de l’intersectionnel, de l’intersectionnisme dans l’Université française, et qu’il est évidemment indispensable de se lancer dans les «gender studies» et l’étude de toutes les formes de discriminations dont souffrent tous ceux qui ne sont ni hommes ni blancs.

 

Pour ma part, je trouve trop simple d’appeler «discriminations» le résultat des choix individuels de jeunes issus de la diversité, de jeunes issus de quartiers populaires, qui choisissent de ne pas travailler à l’école, au collège ou au lycée, quelqu’en soit la raison. Des discriminations, des différences de dotation initiale, en intelligence, en capacité d’attention, en capital éducatif, il y en a d’ailleurs entre chaque enfant, entre tout un chacun. Tous ne réussissent pas de la même manière, voire ne réussissent pas du tout à l’école ou dans la vie, tous font des choix de travail différents, et n’auront pas les mêmes choix de carrière dans leur vie future.

Mais ceux qui réussissent le mieux à l’école ne sont pas forcément ceux qui seront les plus heureux, ou ceux qui réussiront le mieux dans la vie. Ceux-ci ne font que partir dans la vie professionnelle avec un avantage sur les autres, ceux qui pour une raison ou une autre n’ont pas réussi à l’école. Mais à force de se battre, avec de la chance, nombre d’entre eux réussiront dans la vie. Mais il leur faut forcément se battre, chercher à réussir, travailler. Il ne suffit pas de se croire victime de discrimination, et attendre que l’Etat, la société française se repentent de les avoir maltraités. Il n’existe pas de droit à la réussite, de même que travailler et se battre pour réussir n’est pas un chemin pavé de roses et de jonquilles. 

 

 

Saucratès 



08/03/2021
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