Critiques de notre temps

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La France : une démocratie ?

Saint-Denis de la Réunion, dimanche 2 mai 2021


Qu’est-ce qu’une démocratie ? C’est un régime politique qui défend et reconnaît un certain nombre de libertés publiques et de droits à ses citoyens, ainsi qu‘une forme d’organisation des pouvoirs législatifs, judiciaires et exécutifs particulière qui permet et garanti leur indépendance les uns des autres, de façon à sécuriser les libertés de leurs compatriotes, des citoyens appartenant à cet État. Voilà la manière dont je serais enclin à définir ce que serait une démocratie.

 

Si on se réfère à Wikipédia, la définition de la démocratie est plus courte et plus simple : «il désigne aujourd'hui tout système politique dans lequel le peuple est souverain». Souveraineté du peuple : notion que j’ai complètement éludé dans ma définition. Et notion totalement inopérante ; la France est certainement considérée par Wikipedia actuellement comme une grande démocratie, et pourtant, comment peut-on oser affirmer que c’est le peuple qui est le souverain, alors que ce peuple est bâillonné et que son vote est subtilisé par des politiques ! Le vote pour le citoyen lambda n’est qu’une possibilité de choix parmi les moins pires des candidats possibles qui lui sont présentés. Et le plus souvent, ce sera le plus machiavélique, le plus manipulateur, le plus dangereux, le plus séduisant, le plus puissant des candidats qui sera le favori des médias et des urnes, celui qui attirera le plus, qui sera le plus mis en avant par les médias qui font les élections. Le principe de la «souveraineté du peuple» est ainsi une stupidité ; vrai dans la Grèce antique qui a inventé ce terme et cette notion, à notre connaissance, mais la souverainté du peuple n’est plus aujourd’hui qu'un concept abscons.

Wikipedia cite également des critères retenus par l'institut «Human Security Report Project» pour lister les démocraties et «évaluer la qualité des institutions et des processus politiques. Ce sont en particulier :

  • la manière dont est recruté l'exécutif (élection, nomination, pouvoir héréditaire, libre arbitre des électeurs…) ;
  • les moyens de contrôle sur l'action de l'exécutif (autres pouvoirs : législatif et judiciaire…) ;
  • la manière dont est traitée la concurrence politique (opposition des partis politiques, contre-pouvoirs comme la presse ou l'opinion publique…)»

 

Ces critères me semblent offrir une vision plus large de ce que peut représenter une démocratie, et au fond, ils recouvrent bien mieux la définition que celle reposant sur la souveraineté du peuple.
 
La France correspond-t-elle à une démocratie selon ces critères ou selon ma propre définition ? On parle de cette France, de ce régime politique, qui a imposé pour des raisons sanitaires le confinement de l’ensemble de sa population par temps de paix, pour des raisons d’epidemie de coronavirus, non pas en faisant appel à la conscience des citoyens, mais en recourant à la répression policière, en leur laissant la liberté totale d’apprécier la véracité des motifs invoqués et de sanctionner par des amendes le respect ou l’irrespect du confinement et le port ou le non-port du masque. On parle de ce régime policier qui a arrêté, emprisonné, condamné, embastillé, des dizaines de milliers de manifestants, de gilets jaunes parce qu’ils envisageaient de manifester contre ce gouvernement et le président de la République, parce qu’ils détenaient des masques à gaz, des matraques ou des boucliers, ou parfois pour rien. Il est interdit en France de vouloir se protéger des violences policières !
 
On parle aussi de cette France qui élimine les concurrents politiques, les potentiels rivaux du candidat des puissants de ce monde, du désormais président de la République qui doit être réélu ? Cette même France qui a éliminé médiatiquement puis judiciairement François Fillon en 2017 et maintenant Nicolas Sarkozy en vue de l’élection de 2022. Sans oublier les poursuites en cours contre Marine Le Pen ? On parle de cette France où la tentation grandit de faire disparaître, de déclarer antirépublicain le Rassemblement National de cette même Marine Le Pen, au fur et à mesure que le vote RN progresse dans l’opinion publique.

Le RN ne représentait aucun danger en 2002 où son score a atteint 80/20. En 2017, son score était de 66/33 et il grossit. Quand des électeurs qui se sont crus socialistes toute leur vie, comme moi, en arrivent à penser que le front républicain devrait conduire à voter pour n’importe qui lors de la prochaine élection présidentielle, sauf pour Emmanuel Macron, c’est que soit ces électeurs sont devenus fous, soit la France va extrêmement mal.

Nous ne sommes plus dans une démocratie. Nous sommes désormais dans un État controlé par un groupe, de politiques qui ont fui de droite et de gauche pour s’encarter dans le nouveau parti ni de droite ni de gauche d’Emmanuel Macron, de journalistes, d’experts en tout genre. Nous sommes dans une démocratie mediatique contrôlée par ce groupe de puissants ou d’influents, qui contrôlent l’image donnée de cette opinion. Comment être capable de se compter, comment être capable de savoir que nous sommes une multitude à en avoir ras le bol si les médias donnent une fausse image de notre nombre et de nos combats. 

Lorsque la France ne sera plus que l’ombre d’une démocratie, où un despote et ses sbires se maintiendront au pouvoir de la même manière que Poutine le fait en Russie, en s’asseyant sur les lois et sur la Constitution, non pas par la force militaire, mais par l’endormissement médiatique et la répression militaire de leurs rares opposants gilets jaunes, présentés par les médias à la solde des puissants comme des fous et des extrémistes, comme c’est aujourd’hui le cas, il sera peut-être trop tard, ou alors, il sera peut-être temps de se révolter.

 
 
Saucratès


02/05/2021
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