Critiques de notre temps

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Violences policières

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 19 mai 2019

 

Où on continue toujours à parler de violences policières ! Le discours du gouvernement, du président Macron comme du ministre de l'intérieur Castaner, n’a évidemment pas changé : il ne faut toujours pas parler de violences des forces de l’ordre, mais uniquement de la sauvegarde de l’ordre républicain, et de l’extrême  violence des casseurs et des manifestants ! Il y a évidemment encore un autre discours en œuvre. Celui que les manifestations des gilets jaunes ne servent plus à rien ... et c'est une forte évolution si on se rappelle les discours d'il y a quelques mois, où le même président assurait que les manifestations n'avaient jamais servi à rien et que les manifestants étaient illégitimes, n'avaient aucune légitimité ... Il y a donc une énorme avancée si M. Macron reconnaît aujourd'hui que les manifestations ne servent plus à rien ... Signe qu'ils ont bien servi à quelque chose dans les mois précédents.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/17/gilets-jaunes-emmanuel-macron-estime-avoir-fait-sa-part-de-travail_5463669_3224.html

 

Quelques citations reprises de l'article du Monde ... un florilège de la pensée de notre cher président : 

 

«Je crois que [pour] celles et ceux qui continuent aujourd’hui [à manifester], il n’y a plus de débouché politique, a-t-il ajouté.»

 

 

«A une semaine des élections européennes, le président a aussi appelé au calme ceux qui continuent à manifester, les invitant à voter, voire à se présenter aux élections. C’est beaucoup plus difficile de proposer un projet pour que d’être contre tout le reste. On n’avance pas en étant contre, a poursuivi M. Macron.

«Que celles et ceux qui ont une autre vision de ce que doit devenir le pays la dessinent politiquement, lui donnent forme et se présentent aux élections. Mais la démocratie, ça ne se joue pas le samedi après-midi, a-t-il insisté, appelant chacun à retrouver le cours de sa vie, à exprimer ses divergences d’opinion, à le faire librement et à le faire en particulier dans les temps que prévoit la démocratie, ceux du vote.»

 

Quel mépris dans ces quelques idées de Macron ! Quel mépris également dans les idées proposées à la suite de cette crise, de cette contestation sociale relativement inusitée, hors normes. 

 

Ce qui est par contre rassurant, c'est que le discours, la position d’un journal comme le quotidien Le Monde semble peu à peu changer, évoluer. Ce journal, ce quotidien a quitté le rôle de défenseur forcené de l'establishment parisien, de l'enarchie, de la macronie, pour revenir à un traitement équitable, ou retraçant simplement un mouvement social, comme il avait pu le faire par le passé lors des précédents mouvements sociaux comme celui du contrat première embauche (CPE). La reconnaissance du fait que les forces de police et de maintien de l’ordre puissent faire oeuvre de violence gratuite, d'agression, n'est subitement plus devenu une omerta, mais à désormais sa place dans les colonnes du Monde.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/13/violences-policieres-la-nouvelle-strategie-de-maintien-de-l-ordre-inquiete_5461303_3224.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/13/frapper-un-manifestant-a-terre-c-est-se-frapper-soi-meme_5461292_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/13/manifestations-briser-l-engrenage-de-la-violence_5461384_3232.html

 

Trois articles publiés par Le Monde le même jour (le 13 mai 2019). À croire que le garde-chiourme, la censure était en vacances ce jour-là, ou bien qu'il ou elle s'est endormi. Parce qu'évidemment, je ne suis pas dupe. Le Monde n'a pas cessé subitement d'appartenir à un milliardaire ayant installé et défendant Emmanuel Macron. Le journal Le Monde n'a pas subitement retrouvé sa liberté éditoriale. Il n'est pas brutalement devenu, le 19 mai, un défenseur des droits des gilets jaunes. Non, au mieux, il s'agit d'une pause de la censure que s'autoinfligent les journalistes du Monde. Au pire, il s'agit d'une manoeuvre du Monde pour faire croire que tous les médias francais ne défendent pas uniquement le gouvernement, Macron et les élites qui nous gouvernent. 

 

Ce dernier samedi a été émaillé une nouvelle fois de manifestations interdites, d'endroits où les gilets jaunes ne sont pas les bienvenus, de condamnations politiques unanimes d'actions de manifestants ou de casseurs ... et une nouvelle fois, on découvre qu'un gilet jaune qui attaque des CRS, des gardes mobiles ou des flics, voire des journalistes, ou bien qui dégrade un organisme ou une chaîne de television, est un criminel, un casseur, la honte de la notre société, mais par contre, lorsqu'il s'agit de faits reprochés à ces mêmes gendarmes ou policiers, il s'agit du juste rétablissement de l'ordre public. Il s'agit de juste violence légitime. Il ne s'agit même pas de violence d'ailleurs, suis-je bête  !

 

Ce que j'aimerais, c'est qu'un leader reconnu des gilets jaunes, ou bien Marine Le Pen, se proclame comme au Venezuela président autoproclamé de la République française. Et on verrait alors si Emmanuel Macron ferait œuvre de la même mansuetude, de la même admiration qu'il n'en a fait p le président autoproclamé du Vénézuela ! Si la police et l'armée française feraient aussi oeuvre de la même retenue, et si les autres autres pays occidentaux, si prompte à reconnaitre un des leurs dans le lointain et riche producteur de petrole sud-americain, furoncle dans la chasse gradée des Etats-Unis, seraient aussi prompts à reconnaître une éventuelle légitimité populaire d'un gilet jaune ou de l'opposante que pourrait représenter Marine Le Pen ! Evidemment, les gilets jaunes connaissent tous la reponse. Ce serait la prison à vie pour cette personne pour insurrection. À moins qu'elle disparaisse corps et âme ... Ce n'est pas tant le suffrage universel qui est la clef de notre démocratie et de sa légitimité, mais l'argent et les réseaux pour manipuler l'opinion et faire élire ceux que les puissants veulent. 

 

La seule solution qui reste au peuple français : la prise de la Bastille. La Révolution et la prise d'assaut de l'Elysée. Un appel à l'insurrection ? Pas du tout. Juste une simple constatation. Oui je sais, le pouvoir ne peut pas tolérer de telles constatations. Cela avait conduit Julien Coupat à des années de prison et de procédures judiciaires pour avoir peut-être participé à l'écriture d'un opuscule appelant à la Révolution ! Même si je ne ressemble ni de près ni de loin à Julien Coupat. Ce sont d'une certaine façon les violences de l'Etat qui donnent une onction aux révolutionnaires sur lesquels l'Etat s'acharne (à moins qu'il ne les fasse disparaitre) !

 

 

Saucratès



19/05/2019
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