Critiques de notre temps

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Réforme du lycée


Les aberrations de Parcours Sup et de la réforme du baccalauréat

Saint-Denis de la Réunion, mercredi 9 juin 2021


En ce mois de juin 2021, je vais vous parler de «Parcours Sup», ou plutôt, de l’algorithme de «Parcours Sup». En effet, «Parcours Sup» vient de donner, ces dernières semaines, des résultats d’orientation à des centaines de milliers de lycéens, et ces derniers se trouvent confronter à son fonctionnement aberrant. Il existe de nombreuses informations sur le fonctionnement de Parcours Sup et sur l'algorithme informatique qui sous-tend son fonctionnement. Je n’en retiendrait que deux, les plus significatifs au sens de GOOGLE mais ce n’est pas très important, ce n’est pas ce que je cherche à expliquer ou à démontrer. Ils sont surtout là pour ceux qui voudraient plus d’explications.

 

https://blog.generationzebree.fr/blog/algorithme-parcoursup-vrai-ou-faux/

 

https://groupe-reussite.fr/blog/algorithme-parcoursup/

 

Nous sommes désormais dans un monde où il n’y a plus rien qui permet de comparer le niveau des élèves, et le niveau des lycées dont ils sont issus. Dans le passé, lorsque le baccalauréat était un diplôme national, on pouvait classer les lycées selon les résultats de leurs élèves au Baccalauréat. Les lycées élitistes avaient ainsi des proportions des mentions «Très bien» et «Bien» exceptionnelles, seuls quelques rares cancres avaient leur Bac avec seulement une mention «Assez bien» ou «Passable». Mais aujourd’hui que le Baccalauréat est distribué (généreusement) en fonction de la moyenne générale ou du contrôle continu, le Bac n’a plus aucune velléité de classement des élèves. N’importe quel lycéen d’un lycée élitiste comme Henri IV ou Louis Le Grand, même le dernier élève de ces lycées, qui aura difficilement son Bac au mieux avec un mention «Passable» ou «Assez Bien» au contrôle continu, aurait eu son Baccalauréat avec mention «Très Bien» et avec les félicitations du jury dans n’importe quel autre lycée de province ou de banlieue. «Parcours Sup» est ainsi totalement inadapté aux méthodes de notation et d’enseignement des lycées. Les enseignants de ces lycées élitistes préparent leurs étudiants, ou plutôt leurs lycéens, aux études supérieures. Mais à quoi cela peut-il donc servir si ces enfants, si ces jeunes, si ces lycéens, n’arrivent pas à rejoindre de grandes écoles ou des classes préparatoires parce que leurs moyennes générales sont trop basses !

 

Nous sommes rentrés dans l’ère du moyen, de l'égalitarisme. L’égalisation par le bas ! Tous égaux dans la médiocrité ! De mon temps, il y a plus de trente ou trente-cinq ans, nous ne disposions d’aucune information facilement accessible sur les études supérieures. Ceux qui connaissaient ce monde étaient évidemment privilégiés sur les autres. Internet n’existait pas. Ni les messageries. Ni même les téléphones portables. Il n’existait que les centres de documentation et les envois postaux. Et nous sommes aujourd’hui dans un monde où les concepts mêmes d’élitisme devraient être interrogés. Inscrire son enfant dans une boite à Bac comme Levavasseur, Saint-Charles, Henri IV, Louis le Grand ou Lakanal n’est plus un passeport vers les études supérieures, mais au contraire le risque potentiel de se voir fermer la majorité des classes préparatoires et des grandes écoles. 

Jusqu’à présent, comment savait-on que certains lycées étaient élitistes ? Comment savait-on que des lycées comme Louis Le Grand, Henri IV, Sainte-Genevieve, Lakanal, ou bien Levavasseur ou Saint-Charles à La Réunion avaient de meilleurs résultats que les autres ? Ils n’étaient pas seulement élitistes en raison du coût des études dans ces lycées ; ils étaient aussi élitistes par l’importance des résultats !

 

Mais désormais, tous les lycées, prestigieux ou d’un niveau extrêmement faible, auront à peu près désormais le même taux de mentions «Très Bien» ou «Bien». La majeure partie du Baccalauréat reposant sur des notes de moyenne générale ou de contrôle continu, noté par des enseignants du même lycée, le niveau des notes s’inscrira à peu partout dans les mêmes échelles de notes, entre 8/20 et 20/20. Chaque lycée, chaque classe de terminale ou de première, se trouvera dépendre d’une niveau moyen de la classe. Que cette classe soit composé d’une foultitude d’excellents élèves, ou majoritairement de cancres, ne sachant ni lire ni écrire, n’y changera pas grand chose ; chaque enseignant devant à peu près noter ses élèves sur une même échelle allant de 0 à 20, et une moyenne de la classe oscillant entre 10 et 14. Et chacun d’entre eux se trouve confronter à l’obligation de proposer des devoirs ni trop faciles, ni trop difficiles en fonction du niveau de la classe. Autrement dit, tous les enseignants, quelque soit le lycée, notent leurs élèves sur une échelle de notation allant de 5 et 20 et ils restreignent leurs exigences, ou au contraire les réhaussent, en fonction du niveau des élèves qu’ils ont en face d’eux ! 

 

Aujourd’hui, on sait encore évidemment que les lycées comme Louis Le Grand ou Henri IV sont des lycées prestigieux. Mais qu’en sera-t-il dans quelques années ? Dans quelques années, sur quelle base s’appuiera-t-on pour expliquer que ces deux lycées sont meilleurs que les autres, et que leurs élèves sont meilleurs que ceux des autres lycées ? (et quand je parle de ces lycées prestigieux, je ne parle pas des petits lycées élitistes de province qui auront encore plus de mal qu’eux à démontrer la qualité de leur enseignement).

 

La réussite au Baccalauréat ? Le nombre de mentions «Très bien» ou de «Félicitations du Jury» ? Le pourcentage de réussite au Baccalauréat ? Mais tous les lycées afficheront désormais peu ou prou les mêmes niveaux de résultat aux épreuves du Baccalauréat, des taux de mentions «Bien» et «Très bien» proches les uns des autres. Les lycées prestigieux n’afficheront pas des moyennes générales entre 16 et 20. Elles s’échelonneront comme partout ailleurs entre 8/20 et 20/20. Sauf que tous ces 20/20 (ou ces 15/20) ne seront pas comparables d’un lycée à l’autre.


Il y a en fait deux conséquences possibles de cette réforme du Baccalauréat. Sur lesquelles je reviendrais un peu plus loin.

 

Evidemment, nombre de mes lecteurs ne partagent vraisemblablement pas cette envie de défendre les lycées élitistes. La sélection par l’argent est mauvaise, sauf que payer quelques milliers d’euros par an pour offrir à ses enfants un cadre agréable pour étudier n’est pas un sacrifice si important. Nombre de parents de milieux très modestes n’hésitent souvent pas à mettre leurs enfants dans des écoles privées catholiques. Après tout, combien d’argent ne mettez-vous pas dans des abonnements de téléphonie mobile, d’Internet, ou de Canal Plus ou de chaînes de télévisions par câble ou satellites ? Et les familles pauvres n’y échappent pas non plus, bien au contraire. Il ne s’agit au fond que de priorités des familles pour l’utilisation d’une cinquantaine ou une centaine d’euros par mois. Voilà l’enjeu ! Evidemment, ce qui est sacrifice pour certains n’est qu’une dépense de plus pour d’autres, voire une dépense insignifiante pour les plus riches. 

Alors évidemment, défendre des lycées élitistes peut paraître indécent à certains. Mais les mêmes doivent peut-être maudire le niveau en grammaire, en conjugaison ou en français de leurs étudiants. Certains abandonnent même l’enseignement parce qu’on leur refuse le droit de noter l’orthographe de leurs étudiants. 

Quelles conséquences possibles à cette réforme ? Lorsqu’il deviendra impossible de différencier les lycées les uns des autres par leurs résultats, il deviendra probablement intelligent de ne plus mettre ses enfants dans des lycées élitistes et dans des classes regroupant les meilleurs élèves. Bien au contraire. Un élève aura d’autant plus de chance d’avoir son Baccalaureat avec une mention d’excellence si il se trouve dans un lycée moyen, dans une classe moyenne.

 

On peut ainsi imaginer que la conséquence de cette réforme sera de conduire à égaliser les niveaux moyens de tous les lycées et toutes les classes. Il pourrait ne plus y avoir de lycées élitistes ni de boites à bac. Mais après tout, à quoi sert une boite à bac lorsque le baccalauréat sera donné indifféremment à 85% des élèves de chaque classe ? 

Mais il y a une deuxième probabilité à cette réforme. La possibilité que les baccalauréats obtenus dans chaque lycée ne se valent plus, qu’ils ne soient plus équivalents. Qu’il y ait des sous-baccalauréats et des baccalauréats de différentes valeurs. On jugera peut-être les étudiants en fonction du lycée dans lequel ils ont obtenus leur baccalauréat. Et les élèves se verront peut-être interdire toute forme d’études supérieures s‘ils ont eu leur Bac dans les lycées de banlieue. C’est une probabilité qui me parait peu probable ; la premiere évolution  me paraissant plus probable.

Comment fonctionne dont «Parcours Sup», qui rappelons-le, utilise ces mêmes moyennes et notes des élèves pour les classer ? Des lycéens du Lycée Levavasseur, amis de mon fils, ont eu ainsi la surprise d’être acceptés dans les prépas extrêmement sélectives des lycées Henri IV, Louis Le Grand et de Sainte-Genevieve (Ginette), mais d’être refusés dans des prépas beaucoup moins sélectives de lycées métropolitains de province ! Ces derniers se basent simplement sur les algorithmes de PARCOURS SUP, lorsque des lycées extrêmement élitistes reconnaissent la qualité de l’enseignement d’un lycée comme Levavasseur. Mais pour encore combien de temps ?

 

Quel peut bien être l’objectif de ces diverses réformes du lycee, du Baccalauréat, d’APB transformé en PARCOURS SUP, du gouvernement Macron ? Une volonté de s’attaquer à l’enseignement privé et élitiste, dans la même veine que la disparition de l’ENA ? Un égalitarisme de mauvais aloi ? Ou juste cette idée stupide qu’il faut tout changer, qu’il faut réformer pour faire croire que l’on agit, que l’on réforme, qu’on combat les immobilismes ?

 

 

Saucratès


09/06/2021
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Retour sur la réforme du Baccalauréat - Des objectifs cachés ?

Saint-Denis de la Réunion, mercredi 28 avril 2021

 

Mes deux prochains posts sur ce blog aborderont quelques réflexions éparses sur deux sujets qui m’interpellent.

 

Le premier sujet concerne la réforme du lycée et du baccalauréat menée par le ministre Blanquer du gouvernement Macron. On peut faire remonter l’origine de ce mouvement de réformes à la suppression sous le président Chirac, il y a assez longtemps, des cours à l’école le samedi matin. Belle reforme pour nombre de parents d’élèves, mais cette réforme est à l’origine d’une vieille contestation, d’une vieille rancoeur des pédagogues socialistes, selon lesquels on doit étaler les enseignements pour les enfants plutôt que de les concentrer sur quatre jours. Evidemment, chaque gouvernement a à cœur de proposer une réforme du monde de l’enseignement. Réforme de l’université en 1986 avec la réforme Devaquet, finalement abandonnée sous la pression des manifestations estudiantines, déjà à l’époque de Chirac premier ministre. Reforme du collège unique dans les années 1975-1977, qui conduira à la disparition de l’examen du BEPC en 1980, puis une réforme du lycée en 1981 avec la création de la seconde indifférenciée, puis de la première S l’année suivante. Là aussi, une génération d’enfants avait subi les unes après les autres ses réformes successives ; celle des enfants nés au cours des années 1966-1967. 

Mais revenons-en aux réformes qui nous intéressent. En 2012, sous le président Hollande, on a donc d’abord eu le rétablissement au choix des cours le mercredi matin ou le samedi matin, et une réforme des rythmes scolaires à l’école élémentaire. Puis dans la foulée, on a eu droit à une deuxième réforme socialiste, du collège cette fois-ci, frappant toujours la même classe d’âge, les enfants nés en 2003-2004. Cette réforme visait cette fois-ci supposément à offrir à tous les élèves les mêmes chances. Mais la vision socialiste de cette égalité des chances, c’est d’interdire à tout enfant d’avoir plus que les autres. Suppression donc des options classes bilangues qui offraient dans certains collèges (trop élitistes au goût des socialistes) la possibilité d’apprendre deux langues vivantes (anglais-allemand-chinois-espagnol) aux collégiens de sixième. Interdiction donc des classes bilangue. Suppression également de l’enseignement du latin également au collège, vraisemblablement parce que c’est un enseignement trop élitiste, réservé selon les socialistes aux enfants de certains milieux sociaux, ou bien parce que Mme le ministre de l’éducation Vallot-Belkacem n’aimait pas le latin. Des enseignements qui ne bénéficient qu’à une fraction des élèves, ce n’est pas tres socialo-compatible ! Si en plus, cela donne des connaissances historiques aux élèves sur les racines latines du français, c’est extrêmement mauvais. Trop passéiste pour les socialistes, trop élitistes, trop europeano-centriste ...

 

L’arrivée du libéral socialo-centriste ni de droite ni de gauche Emmanuel Macron mis fin à ces deux expérimentations à l’école et au collège mais il lança une nouvelle réforme du lycée et du baccalauréat des son arrivée, dont les premières victimes sont toujours cette même génération des enfants nés en 2003-2004.

 

Si les réformes socialistes visaient à casser les privilèges accordés à certains enfants issus de certains milieux sociaux, ayant seuls les clefs leur permettant de comprendre le fonctionnement du système scolaire, aux yeux des socialistes, quels pouvaient bien être les objectifs des réformes Blanquer ? Macron et Blanquer ont évidemment également lancé les enseignements en demi-classe en CP en zone difficile de façon à permettre de meilleurs apprentissages. C’eut été une réforme socialiste, ils auraient plutôt imposé une mesure désavantageant les enfants honnis des classes privilégiées. 

Accessoirement, ces classes privilégiées qui connaissent si bien le fonctionnement du système scolaire sont surtout les enseignants et leurs enfants, et ce sont aussi les principaux électeurs historiques du parti socialiste. Ils étaient également, en tant qu’enseignants au primaire, les premières victimes de la réforme des rythmes scolaires. Y a-t-il d’ailleurs un lien avec le score des socialistes à la présidentielle ? Sanction idiote d’ailleurs, puisque les concepteurs de ces réformes, Vallot-Belkacem, Hollande, Valls, Macron et consorts avaient fui ailleurs, à LREM.

 

Pour en revenir au sujet qui m’interpelle, pourquoi donc Macron et Blanquer voulaient-ils réformer le Baccalauréat et les enseignements au lycée ? Etait-ce dans le but de casser la suprématie des filières scientifiques ? Objectif raté puisqu’avec cette réforme, plus de 70% des lycéens choisissent les spécialités scientifiques (Mathématiques-Physiques-SVT). Mais dans quel autre but alors ...

 

Le fait de généraliser la notation continue pour la plus grande partie des appréciations des matières et des examens du Baccalauréat met en lumière l’impossibilité de conserver un diplôme national qui aura une même valeur au plan national. Fini le rêve d’une épreuve nationale par laquelle tous les bacheliers étaient passés de la même manière, avec les mêmes angoisses, forts ou faibles. C’est un nouveau rite de passage qui disparaît, après le service militaire. Un rite de passage qui frappait tout le monde dans une génération, qui marquait toute une génération. 

Cette réforme butte sur un impensé de la réflexion pédagogique sur la réussite scolaire et sur les réformes du baccalauréat, du lycée, du collège et de l’école : l’impossibilité de noter tous les lycéens de la même manière, de manière égalitaire, et l’existence de différences de niveau scolaire et de niveau de notation entre les lycées et entre les élèves et/ou les enseignants.

Pour les examens du Baccalauréat, l’éducation nationale avait organisé au fil des années un système extrêmement complexe pour permettre que les évaluations des copies des élèves soient à peu près identiques au niveau de l’ensemble de la France et que l’ensemble des élèves se trouvent dans les mêmes conditions pour passer cet examen. Organisation militaire pour éviter que les sujets d’examen ne soient découverts et qu’ils puissent arriver le même jour dans chaque centre d’examen. Double notation de chaque copie et mise au point d’une grille d’évaluation pour que chaque enseignant note plus ou moins de manière comparable. Et anonymisation des copies afin que nul notateur ne sache quelle copie celui-ci notait, son identité, son lycée d’origine ... afin d’éviter tout a priori. Evidemment, toute cette machinerie ne permettait pas d’avoir une notation strictement équivalente dans la France entière. Mais cette machinerie extrêmement complexe et coûteuse permettait de s’en approcher. Evidemment, elle n’était pas parfaite. Deux notateurs ne suffisent pas à s’assurer de la véracité de la note attribuée. Un troisième notateur aurait certainement mis une note divergente, et un échantillonnage n’est considéré comme gaussien, ou respectant une loi normale, qu’au delà de 15 observations. Il eusse fallu 15 notations de chaque copie pour obtenir une note la plus objective possible. La seule autre manière d’avoir une notation uniforme, et donc une évaluation objective de la qualité de chaque copie, eusse été de faire noter toutes les copies par un seul et unique programme informatique, qui seul aurait été capable de noter toutes les copies et de les apprécier objectivement, de la même manière, quelque soit son état d’esprit, ses problèmes, ou la copie que l’évaluateur venait de noter.

 

Il existe évidemment des centaines de raison expliquant que les évaluateurs ne sont pas des robots et qu’ils vont forcément noter et évaluer une copie de manière différente. Passer derrière une copie excellentissime, ou derrière une copie minable, n’est évidemment pas sans conséquence. La machinerie mise en place par l’éducation nationale permettait malgré tout de limiter ce risque d’inobjectivité (ou de subjectivité) des notations. Il s’agissait du meilleur des systèmes possibles, au sens de Pangloss.

 

Mais la réforme du Baccalaureat de Blanquer oublie complètement tout ce souci d’une évaluation objectivement comparable pour le baccalauréat. Le recours au contrôle continu pour évaluer pour partie l’élève oublie complètement qu’aucun enseignant ne note de la même manière et ne donne les mêmes contrôles. Un même élève noté dans une classe d’excellence de Louis Le Grand ou dans un lycée public de banlieue ne sera pas apprécié de la même manière, n’aura pas les mêmes notes en contrôle continu. Il n’aura pas non plus le même niveau d’enseignement, me direz-vous. Il en va exactement de même de l’autre partie de la note du baccalauréat, les évaluations communes, dont les sujets doivent être recherchés dans une base de sujet commune. Là aussi, pas de système de notation pour permettre une objectivité des notations. C’est un autre enseignant du même lycée qui va noter ces évaluations. Avec là aussi forcément des niveaux d’attente différents selon que vous soyez dans un lycée de banlieue ou dans un lycée élitiste de la capitale ou dans une boite à bac.

 

Le nouveau baccalauréat de Blanquer ne permet plus de donner à chaque élève un baccalauréat reflétant le plus fidèlement possible une mesure de son excellence, de son niveau, de son travail. Une mesure qui était sensé être la plus objective possible, la plus régulière au niveau de l’ensemble de la France.

 

Non, ce nouveau Baccalauréat vient sanctionner l’élève par un diplôme dont le niveau sera différent d’une classe à l’autre, d’un enseignant à l’autre, d’un lycée à l’autre.

 

Au fond, l’aberration du baccalauréat uniforme sur l’ensemble de la France disparaît. C’était le seul diplôme à fonctionner de cette manière, l’ensemble des diplômes universitaires, jusqu’aux doctorats de troisième cycle, sont des diplomes délivrés par une université. On sanctionne un nombre d’années d’enseignement. On ne donne pas un diplôme équivalent, même si toutes les universités reconnaissent la validité de tous les diplômes de leurs consœurs, voire des universités étrangères.

 

Il y a deux conséquences possibles à ce projet de nouveau de Baccalauréat de Blanquer. La première conséquence voudrait que la valeur des diplômes de baccalauréat de chaque lycée soit différent. Il devrait y avoir de bons diplômes de baccalauréat qui seraient recherchés, venant de bons lycées, et d’autres qui ne vaudraient presque rien, quelque soit les mentions obtenues. Une mention assez bien obtenu à Louis Le Grand est bien plus difficile à obtenir qu’une mention très bien dans un lycée de banlieue où une moitié des élèves sont des cancres. Ce n’est pas 1 ou 2 points de moyenne générale qu’un élève perd en passant d’un lycée public à un lycée privé, mais plutôt 4 ou 5 points de moyenne générale. 

Mais je ne crois pas à cette conséquence. Je ne pense pas que ce soit le projet de Macron et de Blanquer. Parcours Sup apprécie à peu près tous les dossiers de la même manière, ne s’intéressant qu’aux moyennes obtenues, quelque soit les lycées fréquentés. Sinon, si Parcours Sup rajoutait entre 5 et 10 points aux moyennes générales des élèves des meilleurs lycées, ce serait une énorme levée de boucliers.

 

Et puis, aujourd’hui, que va-t-on appeler un meilleur lycée ? Celui qui a les meilleurs résultats au Baccalauréat, la plus grande proportion de diplômés, le meilleur taux de mention ? Autant les lycées élitistes avaient une chance dans le précédent système de notation du Baccalauréat, autant ils n’ont plus aucune chance dans ce nouveau régime !

 

Aujourd’hui, un élève bon ou moyen doit vraiment se poser la question de savoir s’il ne vaut mieux pas rejoindre un lycée public dans lequel le niveau est plus faible, plutôt que de rejoindre un lycée élitiste privé dans lequel il ne sera qu’un élève moyen et dans lequel il n’obtiendra que des notes moyennes, dans le milieu de sa classe. Est-ce cela le projet de Macron et de Blanquer ? Faire disparaître l’enseignement elitiste et privé, de la même manière qu’il veut désormais faire disparaître l’ENA ?

 

Oh evidemment, ces lycées élitistes privés continueront à préparer parfaitement leurs élèves pour les études supérieures et les classes préparatoires aux grandes écoles, à la différence des lycées publics normaux, ou de banlieue, comme aujourd’hui, même si ces derniers vont très vite devenir les lycées ayant les meilleurs taux de réussite au baccalauréat. Il faut juste que leurs élèves réussissent à rejoindre les classes préparatoires et les grandes écoles malgré le filtre de Parcours.Sup et de ce nouveau baccalauréat.

 

Il s’agit vraiment d’une drôle de réforme que cette réforme du Baccalauréat. À la différence des réformes des socialistes dont on comprenait parfaitement les tenants et les aboutissants, notamment l’égalitarisme le plus complet, qu’aucun élève n’obtienne plus que les autres, cette réforme Blanquer du lycée et du Baccalauréat est plus complexe, même si ce souci de l’égalitarisme républicain semble la piste la plus probable. Égaliser les chances de tous les élèves, quelque soit le lycée où ils étudient. 

Techniquement, ce système devrait conduire tous les lycées à noter plus souplement leurs élèves pour leur permettre d’avoir de meilleures mentions au Baccalauréat et une meilleure orientation derrière dans le cadre de Parcours Sup. Mais peut-être qu’au fond, c’est la focalisation sur la mention obtenue au Baccalauréat qui ne va plus avoir aucun sens ? La fin d’une époque ?

 

 

Saucratès


28/04/2021
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Le baccalauréat 2019 et le légitime mouvement de contestation de la réforme des enseignements au Lycée et du baccalauréat

Saint-Denis de La Réunion, samedi 20 juillet 2019

 

On aura entendu beaucoup de choses concernant la réforme du baccalauréat, sur les supposés insupportables enseignants ayant pris en otage de jeunes futurs bacheliers. Le ministère parle pratiquement d'actes terroristes ! 

 

1. Une remise en cause de droits syndicaux

 

Il s'agit d'abord de la négation du droit des enseignants à contester une réforme injuste et prise sans concertation. La remise en cause du lycée, de l'égalité de tous devant un examen national. La remise en cause surtout du droit de faire greve. Ce ministère, comme tant d'autres ministères, ce gouvernement, comme tant d'autres gouvernements avant eux, tentent la criminalisation du droit de grève. Les enseignants qui osent refuser la correction de copies du baccalauréat, les infirmiers et professions médicales qui osent tomber malades lorsqu'ils veulent faire grève parce qu'ils se voient imposer de soigner même lorsqu'ils sont en grève. Et ces ministres de Macron qui les accusent, qui les condamnent, parce qu'ils osent s'opposer à leurs politiques de destruction des emplois, des hôpitaux, des écoles !

 

Les enseignants grévistes prennent donc en otage, selon le ministre Blanquer et selon le ministère, les bacheliers et leurs parents en bloquant la restitution des copies et des notes ! Résultat, avec un an d'avance, les bacheliers se sont vus appliquer leur moyenne annuelle dans les matières où les notes n'étaient pas disponibles. Et comme les jurys d'enseignants refusaient parfois de se prononcer et d'appliquer les décisions du ministère, ce sont les équipes administratives qui ont suppléé aux jurys souverains pour saisir les notes et décider de l'attribution du baccalauréat. 

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/16/resultats-du-baccalaureat-2019-l-ideal-sacre-d-egalite-vient-d-etre-bafoue_5489837_3232.html

 

Certains ont applaudi le talent du ministre Blanquer, qui a réussi à mettre en application sa réforme du lycée avec deux ans d'avance pour combattre les enseignants grévistes. Mais pour quelle raison dit-on de cette réforme qu'elle n'est pas égalitaire ?

 

2. La réforme à l'origine de cette contestation

 

Tout ceci provient d'une réforme hâtive des enseignements au lycée et du baccalauréat, décidée par un gouvernement, par un ministre et imposée à la hussarde par ce même ministre. Cette réforme n'est pas le fruit d'une concertation au sein du monde de l'enseignement, de l'éducation nationale. Certes, M. Blanquer est considéré comme un spécialiste du monde de l'enseignement, de l'éducation nationale. Certes, le constat de base sur lequel tout le monde est plus ou moins d'accord, c'est la nécessité de réformer la place de la série scientifique pour le baccalaureat. S'il n'y a pas adhésion de tous, c'est en tout cas quelque chose qui ne semble pas être trop conflictuelle. Les mathématiques sont un critère comme un autre de sélection, au même titre que le francais d'ailleurs, mais il n'est sûrement pas normal que les autres matières soient ravalées au rang de voie de garage. Imaginons un enfant réfractaire au francais, Il n'est pas sur que notre système actuel d'enseignement ne rejeterait pas cet enfant hors du monde de l'enseignement, hors de l'école. N'est-ce pas tout aussi anormal ? Mais là n'est pas le sujet principal de mon post sur la réforme du baccalauréat ; il reste en effet toujours l'épreuve anticipée de francais à l'issue de la classe de première, et cette épreuve présente même désormais un nombre de textes encore plus important à préparer, vraisemblablement pour avantager encore plus certains profils de futurs Sciences Po. Je reviendrais sur ce point.

 

Donc, si cette réforme avait juste eu pour objectif de casser la suprématie des filières scientifiques dans le baccalauréat et dans l'accès à l'enseignement superieur, cette réforme aurait pu être acceptée. Ce n'est au fond pas normal que pour réussir dans le supérieur, il faille avoir un baccalaureat scientifique. Mais c'est certainement une conséquence non pas de la massification de l'enseignement secondaire ; cette massification existait depuis bien plus longtemps, depuis au moins trente ans ... Non, c'est plutôt une conséquence de la réussite (ou de l'échec) des enseignements des lycéens, et l'obtention par désormais plus de 80% des élèves de leur baccalauréat, qui crée une pression sur l'enseignement supérieur. Ce n'est pas la massification de l'enseignement qui est en cause, mais l'objectif que 80% d'une génération ait le niveau baccalauréat, et désormais un niveau licence. Le niveau de compétence moyen des élèves n'ayant pas pu progresser, il a bien fallu abaisser les niveaux des exigences et filtrer les candidatures. D'où la mise en place d'algorythmes et de programmes pour diriger les possesseurs d'un baccalauréat. Il y a trente ans, un bon baccalauréat littéraire pouvait très facilement défendre son dossier et rentrer dans de grandes écoles scientifiques ou techniques s'il le souhaitait. Aujourd'hui, face à un algorithme, l'humain a disparu, et si l'algorithme n'a pas prévu cette possibilité par un bachelier littéraire, les parents ou les élèves intelligents comprennent qu'il vaut mieux choisir une filière qui ne les enferme pas trop ; à savoir un baccalauréat scientifique à l'issue duquel l'algorithme de Prcoursup lui permettra d'aller où il voudra.

 

Le privilège dénoncé de la suprématie des baccalauréats scientifiques n'est ainsi qu'une simple conséquence de la mécanisation, de l'informatisation de la sélection à l'enseignement supérieur. Si on avait laissé l'humain sélectionner les candidats, les élèves de chaque établissement de l'enseignement supérieur ; on n'aurait pas eu ce biais de sélection. Mais comme on voulait se protéger d'un afflux de candidatures, ou de biais de sélection de ces mêmes écoles, on a tout informatisé. On utilise des algorithmes secrets pour proposer des choix aux élèves. Résultat, on a obtenu ces mêmes biais de sélection. Et aujourd'hui, on détruit le baccalauréat et les enseignements du lycée pour casser ce qui fonctionne et pour mettre fin au désordre que l'on a soit-même créé. Ce biais de sélection existait vraisemblablement avec la plate forme APB. La réforme de Macron et de Blanquer, qui voulaient la peau de APB (Macron lui attribue-t-il son échec scolaire ? Son incapacité à rejoindre l'ENS ?) pour mettre en place Parcoursup n'a rien réglé. Il y a autant de bacheliers sans affectation à quelques semaines de la reprise des enseignements supérieurs ... ce qui a été l'argument de Macron pour réformer APB. Mais ce qui était recherché, c'est plus de privilégier certains profils et surtout empêcher que la plèbe, les enfants de la plèbe, osent comprendre comment marche le système et arrive à en sortir. Quelle horreur ! Les enfants de la plèbe doivent n'avoir que des universités et des écoles de merde, tandis que les enfants des classes avantagées, supérieures, doivent eux pouvoir rejoindre les meilleures écoles et les meilleurs cursus ! Il est quand même surprenant que Blanquer et Macron aient eu besoin de mettre en place une nouvelle plateforme et de nouveaux algorithmes pour remplacer APB.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/06/cedric-villani-ce-qui-a-bugge-dans-apb-ce-n-est-pas-le-logiciel-mais-bien-l-etat_5225204_3232.html

 

(à noter que Parcourspu date de janvier 2018, promesse de campagne de Macron, tandis que APB -admission post bac- datait pour sa part de 2002 pour les seules admissions aux classès préparatoires et avait été généralisé à partir de 2009 à l'ensemble de la France et pratiquement toutes les filières d'enseignement post baccalauréat).

 

Nous avons donc une réforme du lycée hâtive. Les programmes scolaires sont en cours d'élaboration et les jeunes lycéens de première (dont mon fils) seront les cobayes de cette réforme. Ils auront peut être leurs livres de cours mi août à la reprise des enseignements. Mais c'est loin d'être certain. Après tout, les cours ne reprennent que début septembre en métropole et je doute que le ministère et les imprimeurs aient anticipé cette contrainte ! Cette réforme du lycée visait à combattre la prépondérance des mathématiques et des enseignements scientifiques. Résultat, tous les enseignements scientifiques sont relégués en matiere optionnelle En première et en terminale, ce qui me semble être une aberration totale. La majorité des jeunes pourrait ne plus faire de mathématiques à partir de 16 ans, apres la seconde ? 

 

Par ailleurs, on estime que tous les enfants doivent tous continuer à faire du francais, du sport, des langue vivante, de l'histoire, mais pas des mathématiques, ni des sciences physiques, ni des sciences de la vie et de la terre (SVT) ? Mais c'est quoi cette connerie. Et cela ne paraît aberrant à personne au gouvernement ? Le sport serait plus important que les maths ? Plus utile ? La revanche des matières de merde sur les enseignements scientifiques ; c'est cela l'objectif de cette réforme ? Résultat de cette réforme : 70% des élèves ont choisi en orientation la combinaison des trois matières scientifiques : mathématiques, Sciences physiques et SVT, au plan National. Et vraisemblablement, la majeure partie des lycees ont dû être contraints de sélectionner les candidatures pour rejoindre ces diverses options. 

 

La selection apres le baccalauréat en faveur des matières scientifiques à été remplacée par une selection masquée, larvée, qui ne dit pas son nom, apres la seconde, sur la base de résultats scolaires qui ne sont meme pas fondés sur la reussite à des examens égalitaires, et qui ne sont pratiquement pas contestables par les élèves et leurs parents. En effet, l'accès à ces spécialités d'enseignement reposait sur les moyennes des élèves dans ces matières, même s'il était demandé de prendre en compte les projets professionnels des enfants. Mais il n'existe pas de procédures pour contester le choix d'une option d'enseignement. Il en existe pour contester un redoublement, ou contester le refus d'un passage en serie littéraire ou scientifique, mais il n'a rien pour un enseignement. Et le résultat est binaire. Soit on fait des maths, ou de la physique, soit on n'en fait pas. Il n'existe pas de serie où le niveau de maths est un peu plus faible, mais qui permet quand même de conserver ses chances d'orientation. Non, là, soit on a une place maths, soit on n'en fera plus !

 

Une sélection contestée apres le Bac a ainsi été remplacée par une selection larvée, binaire, apres la seconde. Il restera une sélection apres le Bac, mais elle sera forcément limitée. Elle aura (comme autrefois, à l'époque des secondes et premières C) déjà eu lieu en seconde, mais sans aucune possibilité de retour en arrière. 

 

3. En quoi cette réforme n'est-elle pas égalitaire ?

 

Il y a le sujet de la place de l'enseignement des mathématiques au lycée comme enjeu de cette réforme. Il y a aussi selon moi l'enjeu de la réussite de la France dans les tests internationaux TIMMS. En restreignant drastiquement l'accès à la filière mathématiques en première et terminale, on devrait pouvoir améliorer significativement la place de la France dans cette enquête, en en limitant l'accès aux meilleurs.

 

Mais il y a aussi le sujet de la prise en compte des moyennes et du contrôle continu pour l'attribution du Bac. Vous me direz que les facultés et les universites, les grandes écoles, utilisent deja des moyennes issues du contrôle continu pour l'attribution de leurs diplomes. Mais justement, chaque universite ou ecole attribuent son propre diplôme, et ceux-ci valent différemment selon l'établissement. Une licence de Rennes ou de Brest ne vaut pas autant qu'une licence de Dauphine ou La Sorbonne. Rien de tout cela dans le baccalauréat vous me direz ? Certes, c'est vrai pour l'instant. On va donner un diplôme national à des bacheliers, mais les notes de contrôle continu des lycéens de lycees populaires seront très vraisemblablement superieures aux notes de leurs homologues des lycées privés ou sélectifs. En soi, c'est l'inégalité inversée. Pour une fois, les lycéens du public auront plus de chances d'obtenir une mention au Bac que leurs homologues des boîtes à Bac privées. Injustice et inégalité ; cela dépend des avis. 

 

Certains contesteront peut-être cette analyse. Pensent-ils vraiment que les notations au lycee parisien Henri IV et dans un lycee de banlieue sont comparables ? Qu'un lycéen de banlieue aurait les mêmes notes dans le lycée Henry IV ? Evidemment que non ! 

 

Les boîtes à Bac seront obligées de changer très vite de position. Sinon, les lycées de banlieue ou populaire auront des résultats bien meilleurs au baccalaureat qu'eux. Et de nombreux élèves feront le choix de quitter les lycées privés élitistes pour se rabattre sur les lycees publics, populaires. En fait, Blanquer et Macron auront reussi là où les socialistes échouent depuis des décennies, en mettant fin à la suprématie des boîtes à Bac. Sauf si l'objectif est de faire fuir une nouvelle fois les classes moyennes des boîtes à Bac et des lycées privés, afin de les réserver aux classes supérieures, pour lesquelles les mentions au Bac sont sans intérêt ; leurs enfants étant conditionnés et préparés ou bénéficiant de privilèges.

 

A partir du moment où ce n'est pas un examen National, que tout le monde passe dans les mêmes conditions, qui conditionne l'obtention d'un baccalauréat et l'attribution d'une mention, on tombe dans le règne de l'inégalité. Tout dépendra désormais de notes données en première et en terminale par quelques enseignants, avec un pouvoir de vie ou de mort sur les élèves de ces enseignants.

 

Cette réforme est non seulement floue et inégalitaire, avec des zones d'ombre sur les raisons qui ont poussé à éliminer les mathématiques et les matières scientifiques du tronc commun de tous les lycéens, sans aucune intelligence, sans aucun sens, sans aucune pertinence ... mais cette réforme est surtout prématurée et non concertée !

 

Le mouvement de grève des copies du Bac des enseignants était absolument légitime et indispensable. Mais ce gouvernement de parasites et de spécialistes a choisi la voie de l'affrontement pour délégitimer ce mouvement et criminaliser leurs leaders et les grévistes. Tout aussi minable que le comportement de la ministre de la santé.

 

 

Saucratès


20/07/2019
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Les nouveaux programmes d'enseignement au lycée - Guide et critiques des enseignements de spécialité

Saint-Denis de la Réunion - Le 14 décembre 2018

Réflexion une - Les nouveaux programmes pour la première et la terminale

 

On commence à y voir un peu plus clair dans la réforme du baccalauréat et des enseignements au lycée. Les différents enseignements, les programmes et les nombre d'heures sont enfin parus. Mais c'est la consternation ! La réforme du lycée résistera-t-elle à la fronde qui commence à agiter les lycées français en France métropolitaine, en liaison avec le mouvement des gilets jaunes et la contestation sociale qui commence à s'étendre à d'autres composantes des acteurs de la société française ? Cela me semble presque impossible à prédire. Ou plutôt, il me semble presque impossible que le gouvernement et le ministère de l'éducation nationale reculent sur ce sujet, quelque soit la hauteur de la mobilisation des lycéens. On peut aussi se poser la question d'une autre manière : en d'autres termes, la réforme actuelle voulue du baccalauréat et des enseignements au lycée est-elle une bonne ou une mauvaise chose, et l'ensemble de ses objectifs sont-ils bien apparents et surtout connus ?

 

Avant de développer ces arguments, de réfléchir sur ces sujets, il me semble surtout important de pouvoir disposer d'informations claires et accessibles sur ce que sera cette réforme des enseignements du lycée, car tout passe en fait par ces aspects des choses. Qu'est-ce qui est en jeu dans cette réforme des enseignements ? Je vais donc rapidement dessiner la réforme du lycée ci-dessous et donner les liens des différentes matières/enseignements tels/telles qu'ils/qu'elles ont été publiés/publiées dans les publications officielles.

 

Les enseignements en classe de première et de terminale seront désormais articulés, pour les enfants/adolescents qui entreront en première au lycée à partir de l'année prochaine, entre des enseignements de tronc commun, obligatoires, et des enseignements de spécialité, qui sont les suivants :

Image1.jpg
 

Le programme du tronc commun de la filière générale en classe de première sera le suivant (pour un total un volume d'heures d'enseignements de 16 heures par semaine) : Français (4h/semaine) - Histoire Géographie (3h/semaine) - Enseignement moral et civique (18h/an) - Langue vivante A et langue vivante B (4h30/semaine) - Éducation physique et sportive (2h/semaine) - Enseignement scientifique (2h/semaine).

 

Par ailleurs, chaque lycéen de première devra choisir trois enseignements de spécialité dans la liste suivante, de 4 heures d'enseignement par semaine. Sur ces trois enseignements de spécialité, le lycéen ne devra en retenir que deux en terminale (il devra en abandonner une) dont le volume horaire d'enseignement sera de 6 heures par semaine :  Arts - Histoire Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques - Humanités, Littérature et Philosophie - Langues, littératures et cultures étrangères - Littérature, langues et cultures de l'Antiquité - Mathématiques - Numérique et sciences informatiques - Physique Chimie - Sciences de la Vie et de la Terre - Sciences de l'Ingénieur - Sciences Économiques et Sociales.

 

La première chose qui ressort de ce nouveau programme des enseignements au lycée est la disparition des mathématiques du tronc commun. Une bonne partie des élèves lycéens vont désormais cesser de se voir enseigner (et de travailler) les mathématiques après la seconde ! C'est une catastrophe pour les futures générations, même si au fond savoir dériver une fonction ou factoriser des expressions mathématiques n'est pas extrêmement utile et n'est pas très souvent utilisé par les gens dans la vie de tous les jours. Ce qui fait néanmoins réagir mon gamin de 14 ans qui est aujourd'hui concerné par cette reforme, c'est que le francais, l'histoire-geographie ou le sport continue d'appartenir au tronc commun des enseignements, mais pas les mathématiques ! Le sport est donc apparemment considéré comme plus important que les mathématiques ??? Plus largement, c'est l'ensemble des matières scientifiques qui sortent du tronc commun des enseignements à partir de la première, mis à part un enseignement de tronc commun sur les méthodes scientifiques. Avec les arts, le dessin et la musique, ce sont les seuls enseignements majeurs qui disparaissent des enseignements communs à tous les lycéens de première de l'enseignement général ! On va créer une génération qui n'aura plus entendu parler des matières scientifiques à partir de l'âge de 15 ans !

 

L'option d'enseignement de spécialité en mathématiques est par ailleurs réservé aux très forts en maths, avec un programme d'enseignement encore plus compliqué que le programme de la première et de la terminale scientifique (S). De nombreuses notions mathématiques actuellement étudiées en terminale S sont ramenées en première dans cette spécialité mathématiques ! Ce n'est donc pas une option que des élèves  moyens peuvent prendre simplement pour continuer à faire des mathématiques ! Mais un lycéen qui ne choisira pas cette option, cet enseignement, se coupera un très grand nombre d'études, des écoles préparatoires et des écoles d'ingénieurs, jusqu'aux études de sciences économiques ! 

 

La suprématie de la filière scientifique qui est aujourd'hui décriée et combattue par le gouvernement et des enseignants continuera donc d'être, au bénéfice de ceux qui seront capables de suivre le programme de l'enseignement de spécialité en mathématiques ! Ceux-là se verront ouvrir la totalité des filières d'enseignement post-bac ; les autres devront se contenter des filières qui n'utilisent pas les mathématiques comme langage ou comme outils ! Simplement, en proposant une dizaine d'autres options toutes plus intéressantes que les autres, on aura donné l'impression aux lycéens et à leurs parents que la sélection par les études scientifiques n'est plus la seule voie possible, ou la voix royale ! Mais en fait ce sera un mensonge. Les mathématiques sont forcément l'alpha et l'oméga de la sélection. Faire semblant qu'il n'en est rien n'y changera rien !!! 

 

Est-ce la seule critique contre ce nouveau programme des enseignements ? Non parce qu'il est aberrant d'ouvrir à un enfant autant de branches d'enseignement différentes, pour au final ne l'autoriser à n'en sélectionner que trois, et à imposer ce choix dès la fin de la classe de seconde ! Je ne pense pas que nombre d'enfants sachent véritablement ce qu'ils veulent faire comme études supérieures en seconde, en sachant en plus que ce choix conditionnera l'ensemble de leur choix futurs. 

 

Pour quelle raison le ministère a-t-il pris cette décision de supprimer les mathématiques du tronc commun, et de sur-sélectionner les jeunes lycéens ? Il y a une explication que je n'ose imaginer : améliorer la réussite aux tests internationaux de la France en permettant de restreindre/sélectionner le nombre des élèves des voies scientifiques pour la réserver à une élite scientifique. En effet,  la France était particulièrement mal placée dans les deux tests internationaux qui appréhendent les compétences des élèves d'une classe d'âge dans les matières scientifiques, à savoir les tests PISA (culture scientifique des élèves âgés de 15 ans) et surtout le test TIMSS Advanced (élèves des classes de terminale scientifique). Restreindre de manière drastique l'enseignement des mathématiques et des sciences en faisant disparaître les classes de première et de terminale S, sous prétexte que de nombreux élèves choisissaient cette voie même en étant mauvais dans les domaine scientifiques parce que c'était une voie d'élite) et en créant à la fois de nombreuses autres options apparemment extrêmement intéressantes, riches, et en accroissant considérablement la difficulté de l'enseignement optionnel en mathématiques et sciences physiques, est-il juste une manière de diminuer le nombre des mauvais élèves des classes scientifiques et d'accroître potentiellement le niveau moyen des élèves restant qui pourront être testés dans les enquêtes internationales ?

https://www.linternaute.com/actualite/education/1310839-pisa-2019-combien-de-points-obtient-la-france/

http://www.cnesco.fr/fr/pisa-timss-comprendre-les-evaluations-internationales/

Comparaison_PISA_TIMSS.png

Je n'ose imaginer que c'est la manière dont le gouvernement a décidé d'améliorer le niveau de la France dans les tests internationaux auxquels nous participons ! Et je n'ose imaginer que pour y réussir, ils ont décidé de faire disparaître tout enseignements scientifiques à l'immense partie des adolescents qui ne seront pas capables de suivre les spécialités scientifiques en première et terminale. Quelle proportion de lycéens abandonneront la voie de la spécialité mathématiques en première et en terminale ? On le saura les prochaines années.

 

J'ai vraiment l'impression que cette classe d'âge des enfants aujourd'hui âgés de 15-16 ans, actuellement en seconde et devant passer en première l'année prochaine (2019-2020), est une classe d'âge victime des essais d'apprentis sorciers incompétents dans les ministères et dans le monde politique. Cette génération-là a déjà subi les nouvelles idées -à la con- des spécialistes socialistes de l'éducation avec la réforme des rythmes scolaires au primaire, qui les avaient conduit à devoir à nouveau travailler le mercredi matin ou le samedi matin (promesse électorale de François Hollande que nous, parents, nous avions plébiscité à l'élisant à la présidence de la république). Cette génération-là essuie désormais les plâtres pour la réforme du lycée et du baccalauréat, une réforme mal pensée et bâclés, aux objectifs inavoués et inavouables (modifier l'échantillonnage des enfants interrogés pour accroître le niveau moyen potentiel des gamins interrogés). Elle essuie les plâtres d'une réforme visant le principal diplôme qu'ils auront à passer dans leur vie (le baccalauréat) et pour le choix des enseignements qui conditionneront l'ensemble de leur orientation et de leurs possibilités d'accès à l'enseignement supérieur. 

 

Cette génération-là paie l'addition pour un enseignement dégradé des mathématiques qu'ils subissent depuis leur plus jeune âge, cet enseignement délétère visant à faire sortir la connaissance de ce que les enfants savent déjà. La France ne doit pas être le seul pays où les techniques issues des sciences de l'éducation ont pourri l'ensemble de notre méthode d'enseignement des mathématiques : faire sortir la connaissance de l'enfant, ne plus faire de leçon mais faire découvrir par l'exemple et par l'exercice des règles ... Ce système d'enseignement des mathématiques a échoué ! Nos enfants n'ont plus eu de leçons de mathématiques depuis le collège et même avant depuis le primaire. On en voit le résultat désormais : des enfants qui sont majoritairement perdus en mathématiques, qui n'y comprennent majoritairement plus rien. Cette méthode d'enseignement ne marche pas. Les mathématiques demandent des leçons. Tout le monde n'est pas capable de découvrir des théorèmes à partir de rien, à partir de l'observation du monde. Seuls quelques immenses mathématiciens en ont été capables, tels Pythagore, Thalès, Einstein ... Le reste des humains doivent apprendre. Et rien n'est aussi simple pour apprendre que l'existence d'une leçon que l'on peut apprendre, réviser, se faire expliquer ! 

 

Nos enfants doivent aujourd'hui payer la note parce que des enseignants incompétents en mathématiques n'ont pas été capables de faire comprendre les mathématiques à une génération, parce que des spécialistes incompétents en sciences de l'éducation, dans les ministères, dans les think-tanks libéraux ou socialistes en éducation, ont inventé des méthodes d'enseignement inapplicables et criminelles, qui ont conduit une/des générations dans le mur ! Et aujourd'hui, on continue à avancer dans le mur ! Jusqu'à quand ? Désormais, les générations à venir n'auront plus eu accès aux mathématiques et aux sciences à partir de la première, parce que des incompétents à tout niveau auront été incapables de leur faire bénéficier d'un enseignement de qualité en mathématiques et en sciences ! Les concepteurs de ces méthodes et les politiques et hauts fonctionnaires pourront-ils un jour être poursuivis et condamnés pour leur incompétence criminelle par les enfants de cette génération perdue ???

 

 

Saucratès 

 

 

Liens 

http://eduscol.education.fr/cid134825/consultation-sur-les-programmes-seconde-premiere.html

https://www.snes.edu/Projets-de-programmes-du-lycee-lever-le-voile.html

 

Rappel de la liste des matières d'enseignement

Tronc commun

- Français

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/77/0/PPL18_Francais_COM_1eGen-1eTec_1024770.pdf

- Histoire Géographie

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/86/3/PPL18_Histoire-geographie_COM_1eGen_1026863.pdf

- Enseignement moral et civique

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/42/2/PPL18_EMC_COM_1eGen-1eTec_1027422.pdf

- Langue vivante A et B

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/77/6/PPL18_Langues-vivantes_COM-OPT_1eGen-1eTec-TleGen-TleTec_1024776.pdf

- Education physique et sportive

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/76/6/PPL18_EPS_COM_2e-1eGen-1eTec-TleGen-TleTec_1024766.pdf

- Enseignement scientifique

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/76/4/PPL18_Enseignement-scientifique_COM_1eGen_1024764.pdf

 

Enseignements de spécialité

- Arts

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/74/0/PPL18_Arts-plastiques_SPE_1eGen_1025740.pdf

- Histoire Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/42/7/PPL18_HG-geopolitique-ScPo_SPE_1eGen_1027427.pdf

- Humanités, Littérature et Philosophie

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/07/2/PPL18_Humanites-litterature-philosophie_SPE_1eGen_1025072.pdf

- Langues, littératures et cultures étrangères

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/70/0/PPL18_LLCE-Anglais_SPE_1eGen_1025700.pdf

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/69/9/PPL18_LLCE-Allemand_SPE_1eGen_1025699.pdf

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/70/1/PPL18_LLCE-Espagnol_SPE_1eGen_1025701.pdf

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/70/2/PPL18_LLCE-Italien_SPE_1eGen_1025702.pdf

- Littérature, langues et cultures de l'Antiquité

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/82/7/PPL18_Litterature-LCA_SPE_1eGen_1024827.pdf

- Mathématiques

http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/20/0/1e_Mathematiques_Specialite_Voie_generale_1021200.pdf

- Numérique et sciences informatiques

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/70/7/PPL18_Numerique-sciences-informatiques_SPE_1eGen_1025707.pdf

- Physique Chimie

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/79/1/PPL18_Physique-chimie_SPE_1eGen_1024791.pdf

- Sciences de la Vie et de la Terre

http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/81/2/1e_SVT_Specialite_Voie_generale_1023812.pdf

- Sciences de l'Ingénieur

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/79/7/PPL18_Sciences-ingenieur_SPE_1eGen-TleGen_1024797.pdf

- Sciences Economiques et Sociales

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Consultations2018-2019/71/2/PPL18_SES_SPE_1eGen_1025712.pdf


15/12/2018
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La réforme des rythmes scolaires

 

Réflexion deux (mardi 22 octobre 2017)
Parmi les rares bonnes décisions du gouvernement Macron-Philippe, il y a le retour en arrière sur toutes les réformes sur l'éducation nationale, dont il faut se réjouir.

 

Depuis l'installation du nouveau gouvernement Macron-Philippe et du nouveau ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, de nombreuses réformes des socialistes visant au nivellement par le bas du système éducatif français ont été remis en cause et supprimés, ce que je vis comme une véritable victoire, un ravissement, une chance, ou en d'autres termes une excellente chose. Les politiques dogmatiques des Ayatollahs socialistes (comme de la precedente ministre Najat Valaud-Belkacem) visant à  une égalité supposée des chances, du nivellement par le bas des méthodes d'apprentissage, sont enfin mis à la poubelle de l'histoire. Plus de semaine de 4 jours et demi imposée à tous, et de manière amusante, presque toutes les mairies de France ont choisi de mettre fin à l'expérience de la réforme des rythmes scolaires, sauf les pires Ayatollahs socialistes comme le maire de Saint-Denis de La Réunion, Gilbert Annette, père de l'ex-ministre d'Hollande Ericka Bareigh. 

 

Najat Valaud-Belkacem n'avait pas comme seule marotte la réforme des rythmes scolaires en école primaire. C'était même plutôt la marotte de François Hollande, du précédent ministre de l'éducation, Vincent Peillon, et du premier conseiller en matière scolaire du candidat François Hollande en 2012, Bruno Julliard (ancien syndicaliste étudiant jusqu'à un âge avancé) qui prévoyait aussi en 2012 de réduire de deux semaines la durée des vacances d'été. Non, la véritable marotte de Najat Valaud Belkacem était, sous prétexte de combattre l'impression de forte inégalité du système d'enseignement français, de supprimer l'enseignement de deux langues étrangères pour certains élèves en sixième (les fameuses classes bi-langues que mes enfants ont évidemment suivies), ainsi que l'enseignement des langues antiques (latin et grec, que mes deux enfants ont evidemment également suivies). Toute la politique conduite par Najat Valaud-Belkacem tient en quelques idées : empêcher tout enseignement qui n'est pas utilisé par tous les enfants, ou bien dont les petits africains et petits arabes ne voient pas l'intérêt dans l'école française ... mais également de fragiliser tout enseignement de la culture européenne et de ses racines antiques et chretiennes, pour survaloriser l'islam au détriment de la chrétienneté. On l'aurait laissé encore quelques années au ministère de l'éducation nationale, et elle nous aurait imposé l'usage de l'arabe comme langue d'enseignement.

http://www.lemonde.fr/education/article/2012/05/10/le-programme-hollande-pour-la-rentree-scolaire_1698891_1473685.html#0PfO7yDzFTHm3osc.99

http://www.voxe.org/education-nationale-bilan-hollande/

http://www.lemonde.fr/education/article/2017/06/08/education-jean-michel-blanquer-veut-autoriser-a-nouveau-le-redoublement_5140325_1473685.html

 

Le nouveau ministre de l'Education Nationale Jean-Michel Blanquer, ainsi que ce gouvernement Macron-Philippe, nous ont donc rétabli l'enseignement de ces matières optionnelles (latin, grec, classe bilingue), certes parfois utilisées dans un but élitiste, mais également très formatrice (je suis sûr que jeune, Emmanuel Macron a suivi des cours de latin et de grec au collège et qu'il y excellait). Il faut être un Ayatollah socialiste obtus et psychorigide pour vouloir faire disparaître ces enseignements, qui ne sont en plus même pas réservés à certains enfants ! Si tous les collégiens voulaient faire du grec et du latin, il faudrait y mettre les moyens en professeurs mais ce serait possible ! Evidemment, en regard de toutes les difficultés que j'ai eu à y faire adhérer mes deux enfants, qui comptabilisent/comptabilisaient les heures de cours qu'ils ont/avaient de plus que leurs camarades de classe, je comprends parfaitement qu'il faille d'abord que les parents soient persuadés de l'intérêt de ces enseignements pour imposer ou négocier ce choix à leurs enfants. Il faut que ces parents soient eux-mêmes déjà éduqués, ou bien qu'ils aient regretté leur absence de connaissances dans ce domaine. En même temps, si le comble de la réussite pour des parents soit que leurs enfants rejoignent Daech en Syrie, il est clair que l'enseignement du grec et du latin soit d'un faible intérêt !

 

Opposé à tous les programmes d'Hollande, de Valls et de Valaud-Belkacem sur l'école et les programmes, comme des milliers d'enseignants et de parents d'élève, je pense que les décisions des cinq dernières années sous la présidence Hollande ne répondaient en aucun cas au constat que la France était devenue «le pays avec l’école la plus inégalitaire de l’OCDE» (constat effectué par le CNESCO en septembre 2016 - Conseil National d’Evaluation du Système Scolaire)Le rétablissement de ces enseignements ne permettra évidemment pas de modifier ce constat ... Mais on peut aussi voir dans l'ecole un processus permettant aux enfants qui veulent apprendre de les laisser apprendre. D'une certaine façon, on pourra faire tout ce que l'on veut, les enfants qui ne veulent pas apprendre n'apprendront jamais rien. 

 

Il y a un deuxième grand sujet qui me faire hurler et réagir violemment ; c'est la remise en cause des programmes d'enseignement par les descendants des peuples immigrés. Combien d'entre eux remettent en cause le traditionnel «nos ancêtres les gaulois» ? Je l'ai notamment entendu dans la bouche d'une independantiste guyanaise, et-ministre de la justice du gouvernement Hollande Valls, qui expliquait sa rage et son incompréhension lorsqu'on lui parlait de ces ancêtres gaulois. Mais de très nombreux jeunes collégiens ou lycéens descendants de parents immigrés, ou simplement antillais, l'expriment egalement violemment. Comment peut-on parler de leurs ancêtres gaulois alors qu'ils sont noirs ! Cela, je ne peux pas l'entendre ! C'est une question de simple tolérance ; on se doit de respecter l'histoire du pays dans lequel on vit, dans lequel on est hébergé. J'ai suivi deux années de primaires au Sénégal dans les années 1970, et j'y ai appris l'histoire des grands empires des Almoravides et de quelques autres grands empires africains. Et cela a développé mon intérêt pour les autres histoires, notamment de celle de l'Afrique (l'Unesco a publié une histoire tres bien écrit de l'Afrique) et cela m'a aussi dinné envie de l'altérité intellectuelle, notamment par le biais d'études universitaires en anthropologie. Il ne me sera pas venu à l'idée en 1970 de contester l'histoire du Sénégal telle qu'elle était enseignée sous prétexte que j'étais un petit français blanc !

 

Et sur les réformes des programmes sous Valaud-Belkacem, la survalorisation de l'islam m'a posé un véritable problème, notamment lorsque mon enfant s'est vu imposé des contrôles notés sur l'islam, qui comportaient des questions inaccessibles et disproportionnées (combien de sourates dans le Coran et de nombreuses autres questions imposant soit une étude approfondie, soit une connaissance préalable de l'islam) et qui témoignait d'un prosélytisme intolérable de l'islamisme dans l'enseignement au collège. Cela revenait à peu près à permettre à de jeunes descendants d'immigrés musulmans d'avoir pour une fois de bonnes notes au détriment des vilains petits français blancs. Et le professeur donnait-il des points bonus lorsque le devoir était rédigé en arabe ? Et Evidemment, aucune réciprocité dans l'étude de la chrétienté ; il ne faudrait quand même pas imposer à ces charmants chérubins musulmans d'étudier l'horrible et manipulatrice religion catholique ! J´ai trouvé tout ceci lamentable, résultat de cinq années de présidence socialiste et d'actions de Najat Valaud-Belkacem !

 

Enfin, peut-on ne pas parler de l'une des autres merveilleuses idées de ayatollahs socialistes qui avaient créé la commission de fabrique des programmes, pour confier cette tache de réécriture des programmes à une commission de spécialistes ? Manifestement, les ayatollahs socialistes ne savent pas ce que Bourdieu pensait des commissions et de ce que cela entend des objectifs cachés de la création d'une commission ... affaire de spécialistes sous le vernis de la respectabilité des personnes autorisées à penser pour les autres ! Comment contester quelque chose d'écrit par les spécialistes de la chose ? 

http://www.lemonde.fr/education/article/2017/10/14/inquietudes-sur-l-independance-de-la-fabrique-des-programmes_5200980_1473685.html

 

Et mon article traitant du rôle masqué des commissions selon Pierre Bourdieu

https://saucrates.blog4ever.com/les-roles-masques-des-commissions-nommees-par-l-etat-une-lecture-de-pierre-bourdieu

 

 

Réflexion une (mercredi 18 juin 2014)
Retour sur une décision gouvernementale abracadabrante

 

Je souhaitais ensuite parler de la réforme gouvernementale concernant les rythmes scolaires. Il s'agissait d'une promesse électorale du candidat François Hollande lors de l'Election présidentielle de 2012, mais plus largement d'une idée fixe des socialistes en matière d'éducation.

 

Le premier à m'en avoir parlé il me semble en 2012 avait été mon petit garçon (on l'appellera Nicolas) qui avec sa classe tenait une sorte de journal de la campagne électorale. Il avait 8 ans à l'époque et il était en classe de CM1. Donc, Nicolas avait débarqué un jour de l'école, complètement remonté contre François Hollande, qui voulait lui voler son mercredi hebdomadaire de repos, ainsi qu'une partie de ses vacances scolaires. Du jour au lendemain, il s'est transformé en anti-hollandiste acharné et en pro-sarkoziste convaincu.

 

Je suis presque sûr que si à l'époque, les enfants scolarisés en primaire avaient eu le droit de vote, François Hollande n'aurait jamais été élu à la Présidence de la République ! J'espère juste que ces enfants n'oublieront jamais cette décision absurde de François Hollande et des socialistes.

 

Evidemment le sujet des rythmes scolaires est plus vaste que cette petite introduction familiale que j'en donne. Les décisions politiques du gouvernement s'appuient sur un certain nombre d'avis de spécialistes éclairés !

 

Il y a d'abord les avis des chronobiologistes selon lesquels les rythmes scolaires doivent être concentrés sur les créneaux horaires journaliers au cours desquels les enfants sont les plus attentifs. Selon de nombreux chronobiologistes, les trop longues coupures les week-end désynchronisent les enfants en leur permettant de se coucher plus tard, les trop longues périodes de vacances scolaires sont également néfastes aux apprentissages ... A ce sujet là, ma position est très simple.

 

- Premièrement, je suis sûr que de tels personnages défendraient également que l'esclavage était bien meilleur pour la santé des travailleurs (les week-end de deux jours qui se suivent, quelle horreur ... et les congés payés, mauvais pour la productivité des salariés et des entreprises !) que nos droits sociaux occidentaux !

 

- Deuxièmement, depuis quand considère-t-on les positions des spécialistes comme légitimes dans leur domaine de compétence ? Ferait-on confiance à un banquier ou à un financier pour tout ce qui concerne les lois sur la Finance ou la Banque, pour traiter des questions d'endettement et de finances publiques ? On les a laissé faire tout ce qu'ils voulaient pendant des décennies et ils ont failli détruire l'économie mondiale et emporter toutes nos économies dans leur folie destructrice. Pourquoi faudrait-il avoir plus confiance dans les positions des spécialistes en chronobiologie ?

 

- Troisièmement, il risque d'y avoir autant de positions divergentes que de spécialistes de la question, entre ceux qui indique une chose (les enfants sont plus attentifs le matin) et ceux qui indique autre chose (créneaux privilégiés de 9h30 à 12h et de 14h30 à 17h).

 

La deuxième analyse repose sur la dégradation de la position de la France au sein d'enquêtes internationales comparatives sur les résultats éducatifs des différents états : les enquêtes PISA et PIRLS. Pour mémoire, les enquêtes PISA (programme international pour le suivi des acquis des élèves) émane de l'OCDE et couvre une soixantaine de pays (65 en 2012), dont une trentaine de pays de l'OCDE (34 en 2012). La première enquête PISA est sortie en 2000 et la plus récente date de 2012, sur la base d'un rythme triennal. La France recule régulièrement dans les différentes enquêtes PISA successives, en 2000, 2003, 2006, 2009 et 2012. Il est ainsi intéressant de lire les différentes analyses qui ont été publiées au fil des années sur les résultats des enquêtes PISA.

 

En 2009, la France obtenait la moyenne dans les trois capacités étudiées : lecture (496), maths (497) et sciences (498). Mais les critiques les plus importantes portées contre le système éducatif français ne porte pas tant sur les résultats bruts eux-mêmes, que sur leur hétérogénéité en fonction du milieu social des enfants (les milieux favorisés réussissent mieux que les milieux défavorisés) ou leur appartenance a des minorités ethniques, de première ou de deuxième génération. Accessoirement, on observe aussi une discrimination concernant le sexe, les filles réussissant mieux que les garçons, avec un écart qui atteint 40 points en lecture (insupportable discrimination que le gouvernement évidemment ne combattra pas !). Du coup, je trouve bizarre de vouloir combattre et dénoncer des discriminations de milieu ou ethniques, mais de trouver naturelles des discriminations de genre, sous prétexte qu'elles sont favorables au sexe féminin (ce serait au bénéfice du sexe masculin, par contre, je suis sûr que les bien pensants proposeraient d'y remédier !).
http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2010/08122010-pisa.aspx

 

Je serais forcément amené à revenir sur les résultats de ces enquêtes, justement parce que les réponses qui ont voulu y être apportées par le gouvernement, le ministère de l'éducation et les clampins socialistes qui se pressent autour de François Hollande ne me satisfont pas du tout.

 

Je vais ainsi revenir sur ces différentes enquêtes, pour lesquelles je vais transmettre des liens permettant de retrouver les données brutes et des analyses de première main. J'y reviendrais dans de prochaines analyses.

- L'enquête PISA de 2000
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2001/42/2/ni0152_22422.pdf

- L'enquête PISA de 2003
http://cache.media.education.gouv.fr/file/22/0/5220.pdf

- L'enquête PISA de 2006
http://www.education.gouv.fr/cid20804/l-evolution-des-acquis-des-eleves-de-15-ans-en-culture-mathematique-et-en-comprehension-de-l-ecrit.html
http://media.education.gouv.fr/file/2008/41/7/ni0808_22417.pdf
http://media.education.gouv.fr/file/2008/92/8/NI-08-08_23928.xls

- L'enquête PISA de 2009
http://www.education.gouv.fr/cid75400/l-evolution-des-acquis-des-eleves-de-15-ans-en-culture-mathematique-et-en-culture-scientifique.html
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2010/99/6/NIMENJVA1023_161996.pdf
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2010/02/9/NI-10-23_162029.xls

L'enquête PISA de 2012
http://www.education.gouv.fr/cid54176/pisa-2012-les-performances-des-eleves-francais-de-15-ans-restent-stables-en-comprehension-de-l-ecrit-et-en-culture-scientifique.html
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/92/9/DEPP_NI_2013_31_eleves_15_ans_France_selon_PISA_2012_culture_mathematique_baisse_performances_augmentation_inegalites_depuis_2003_285929.pdf
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/92/5/DEPP_NI_2013_30_evolution_acquis_eleves_15_ans_comprehension_ecrit_culture_scientifique_Premiers_resultats_evaluation_internationale_PISA_2012_285925.pdf
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/92/0/DEPP_NI_2013_30_donnees_evolution_acquis_eleves_15_ans_comprehension_ecrit_culture_scientifique_Premiers_resultats_evaluation_internationale_PISA_2012_285920.xls
http://www.oecd.org/pisa/keyfindings/pisa-2012-results-overview-FR.pdf

 

Au delà de ces analyses à venir, je voudrais réagir sur quelques éléments. Tous ceux qui ont déjà des enfants devraient pouvoir me comprendre. Comparer les résultats de ses enfants est extrêmement difficile. Mais expliquer ces différences par des questions de milieu social ou d'appartenance ethnique est une réduction de la réalité. Il y a des critères personnels qui interviennent dans les différences observées, qu'il est réducteur de rapporter à un milieu social ou ethnique. J'ai deux enfants, l'un qui adore lire (le deuxième que j'ai appelé ici Nicolas) et l'autre, l'aîné de mes enfants, que je n'ai jamais réussi à intéresser à la lecture, qui ne lit absolument pas. Je dois surveiller les heures de coucher du deuxième et d'extinction des lumières, et pas du premier qui n'a jamais lu le soir. Même milieu social, même origine ethnique, mais une soif de lecture totalement différente, et peut-être une capacité de compréhension du français très différente au même âge. Est-ce le fait d'être aîné ou benjamin qui influe sur ce comportement, est-ce une compétence individuelle particulière en matière de lecture (le plaisir de lire ou bien une capacité à combiner imagination et lecture) ? En tout état de cause, on peut observer des différences importantes au sein d'une même famille qui s'expliquent par des raisons totalement différentes du milieu social ou du milieu ethnique. Je doute donc de la pertinence de ces mêmes seuls arguments dans le cadre d'une enquête comme l'enquête PISA, au niveau d'une nation. Les écarts de sexe, de place dans la famille ou de compétences particulières me semblent tout autant pertinentes que celles concernant le niveau social ou l'appartenance ethnique.

 

Autre élément de réaction, j'ai également lu dans l'une des analyses qui avait été faite de l'enquête PISA de 2009, que les auteurs indiquaient que c'était «comme si l'Ecole française abritait trois systèmes éducatifs différents (pour les différences en capacité de lecture entre les immigrants de première génération - à 420 en lecture - ceux de seconde génération - à 448 - et les autochtones - à 502)». Les auteurs rapprochaient ainsi ces résultats de notre système éducatif «de la Thaïlande ou de Trinidad pour les immigrants de première génération, du Chili pour les immigrants de deuxième génération, et de la Norvège pour les autochtones». Mais pour ces pays de référence, il s'agissait également de moyennes, entre des bons ou très bons résultats, et des mauvais résultats, s'expliquant aussi par toute une autre série de facteurs d'explications. La comparaison et l'analyse ne me semble ainsi n'avoir aucune pertinence !

 

Enfin, toujours sur la méthodologie scientifique, au vu de tous les croisements d'origine ethnique et de milieu social, il est possible de s'interroger sur la représentativité et la qualité statistique de ces résultats. Il ne s'agit pas d'une enquête portant sur l'exploitation des résultats à des tests de l'ensemble des enfants français. Il ne s'agit que d'un échantillonnage de quelques milliers d'enfants pour la France, choisis de manière aléatoire entre une petite centaine d'établissements scolaires dans toute la France. Autant dire que la moindre erreur d'échantillonnage, un poids un peu trop important accordé à tel ou tel type d'établissements difficiles (zone d'éducation prioritaire) aurait un impact très fort sur les résultats finaux. Vous mettez le lycée Henri IV ou celui d'une ZEP de Sarcelles, et je pense que les résultats moyens obtenus seront fort différents.

 

(nota : ainsi l'enquête PISA de 2000 portait pour la France sur 184 établissements accueillant des élèves de 15 ans. Le tirage de l'échantillon tenait compte du type d'établissement (collège, SEGPA compris, lycée professionnel, lycée agricole, lycée d'enseignement général et technologique). Dans chacun de 184 établissements, une trentaine d'élèves au maximum étaient sélectionnés aléatoirement. L'échantillon français regroupait au total 4.673 élèves).
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2001/42/2/ni0152_22422.pdf

 

Autre élément de réaction, les seules pistes de réflexion envisagées par le gouvernement pour améliorer les résultats des écoliers, collégiens et lycéens français portent uniquement sur le nombre d'heures et de jours d'école des écoliers, et sur des modifications des programmes. Pourtant, je suis certain que la meilleure piste d'amélioration des résultats scolaires de nos enfants passerait par une réduction du nombre d'enfants par classe. Dans toutes les classes où mes enfants sont passés, ils étaient à plus de 30 élèves par classe. Je n'ai pas souvenir d'avoir été dans des classes aussi chargées dans les années 1970 et 1980. Si le gouvernement voulait vraiment améliorer les résultats de nos enfants, il imposerait un nombre maximum d'enfants par classe au primaire, au collège et au lycée d'une vingtaine d'enfants par classe. Les enseignants auraient moins d'enfants à encadrer et pourraient effectuer plus de suivis personnalisés. Mais cela demanderait des effectifs enseignants supplémentaires, des classes supplémentaires, des bâtiments supplémentaires que le gouvernement n'est absolument pas prêt à concéder. Je suis ainsi persuadé que la dégradation des résultats scolaires que l'on observe depuis 2000 par le biais des enquêtes PISA, et depuis les années 1960 ou 1980 en dehors de ces enquêtes, s'explique essentiellement par les politiques d'économie budgétaire des gouvernements successifs de droite et de gauche, par le non-remplacement des enseignants, par le transfert vers les collectivités locales des efforts d'investissement en nouveaux bâtiments que l'Etat ne veut plus engager, et par le refus du gouvernement de s'attaquer au lobby des enseignants sur la question de la durée du travail des enseignants. Entre les années 1960, 1980, et 2010, on a augmenté le nombre des élèves, des collègiens et des lycéens par classe, au détriment de la qualité de l'enseignement et du transfert de compétences. Dans des classes de 32 à 33 élèves, malheur à l'enfant qui décroche ou qui ne comprend pas une notion. Face à des enseignants parfois démissionnaires, ou prompts à condamner l'incapacité de l'enfant à apprendre (et plus largement l'enfant lui-même considéré alors comme un enfant à problème), l'enfant en difficulté sur une notion est forcément perdu. J'ai découvert récemment, en classe de CM2, que mon fils (Nicolas) avait mal compris les notions de Nord et de Sud. Il avait confondu (inversé) les hémisphères, et à aucun moment, l'enseignante ne s'en est aperçue. Elle a continué à enlever des points dans les évaluations de mon enfant sans jamais s'intéresser au fait de savoir si ces erreurs ne s'expliquaient pas par une notion mal comprise. Je suppose que soit, cette enseignante ne devrait pas enseigner, soit l'explication réside uniquement dans le nombre trop élevé d'élèves par classe. Selon moi, cette histoire révèle également l'inanité des systèmes de notation et d'évaluation à la française, qui, si ceux-ci ne permettent de relever ce genre de difficultés, ne servent tout simplement à rien.

 

Enfin, et je terminerais sur ce dernier sujet, ce qui est mis en cause dans plusieurs enquêtes PISA, c'est la politique française de redoublement. Plusieurs enquêtes PISA signale bien effectivement que d'autres pays pays, affichant de meilleurs résultats que la France, ne procède pas à un système de redoublement et que tous les enfants d'une même classe d'âge se trouvent dans les mêmes cursus scolaires, dans des classes de même niveau. Un certain nombre d'enquête PISA faisaient ainsi apparaître que les résultats des enfants variaient énormément selon la classe où ils étaient, s'ils avaient redoublé ou non.

 

Voilà en quelques mots ce que je voulais dire sur ce sujet des rythmes scolaires et sur mon incompréhension vis-à-vis des réponses abracadabrantes apportées par le gouvernement socialiste français.

 

En clair, pourquoi le retard de la France observée dans les enquêtes PISA, concernant les élèves âgés de 15 ans, principal argument avancé par le gouvernement pour la réforme des rythmes scolaires, ne concerne-t-il aucun des éléments qui impacteraient directement les élèves concernés (disparition du redoublement, baisse du nombre d'élèves par classe, modification du système français de notation/jugement) mais va uniquement toucher les jeunes écoliers qui ne seront concernés que dans au mieux 4 à 5 ans par les enquêtes PISA ?

 

 

Saucratès


17/10/2017
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