L’avis de la CIJ sur le réchauffement climatique
Que faut-il penser de l’avis de la Cour de justice internationale de l’ONU traitant de justice climatique internationale et des différents articles de presse en rendant compte ?
1. Pourquoi cette résistance populaire aux mesures de lutte contre le réchauffement climatique ?
Je me suis souvent opposé aux arguments et aux velléités liberticides des écologistes et collapsologistes de tout crin, de toute espèce, en France et en Europe. Je ne rejoins pas leurs arguments, leurs alertes, leurs appels à agir de toute urgence.
Je combats aussi et surtout l’activisme médiatique à tout crin de tous les journaux et médias bien-pensants qui martèlent leurs discours alarmistes sur tous les tons, obéissant en cela au gouvernement français et à son bras armé, l’ARCOM, qui impose de lier toute information sur le climat aux conséquences du réchauffement climatique. Je ne sais pas si l’effet observé de cet acharnement médiatique ne sera pas l’inverse de l’effet escompté ou recherché. À force d’entendre tout lier au réchauffement climatique à longueur de JT et à longueur de pages, j’en viens à douter de tout ce discours. Évidemment, j’ai plutôt un esprit d’opposition. Mais la crise des gilets jaunes m’a démontré une chose : je suis loin d’être le seul à avoir un esprit d’opposition. L’immense majorité des citoyens français ne sont pas des citoyens moutons lambdas qui avalent tout ce que les médias et les JT leur vendent. Ce qui pouvait marcher en 2007 pour la violence et l’insécurité ne fonctionne pas pour un mensonge de spécialistes comme le réchauffement climatique.
Il faudrait en faire un sujet d’étude à part entière, qui doit d’ailleurs exister. Pourquoi ce qui fonctionne pour la violence et l’insécurité ne fonctionne probablement pas pour le réchauffement climatique. Le discours sur la violence et l’insécurité répondait à un sentiment de vécu par la population et par les électeurs. Ces mêmes électeurs et citoyens ressentent deja que la lutte contre le réchauffement climatique est une arnaque pour imposer des mesures liberticides et les faire payer toujours plus. Tout ce battage médiatique ne sert ainsi à rien si ce n’est à les persuader que le gouvernement, les écologistes, les élites veulent les priver un peu plus des maigres libertés qui leur reste, les imposer un peu plus, leur faire payer toujours plus, les priver toujours plus de libertés.
Cet acharnement médiatique est contre-productif, mais si les gens qui nous dirigent nous reconnaissaient quelques bribes d’intelligence, quelques bribes de compétences, ils ne seraient plus là. Ils vont donc continuer, et avec eux les juges administratifs, les fonctionnaires de toute sorte, les spécialistes du climat, de la biodiversité … à force de considérer le peuple comme un troupeau de gens stupides, ils se préparent une révolution d’envergure, comme l’exemple américain nous le démontre parfaitement.
Dans un système idéologique reposant sur l’idéal du peuple souverain, il est d’ailleurs surprenant que ces mêmes élites puissent être autant aveugles et arrogantes, persuadées de la stupidité de la masse des citoyens lambdas.
2. L’avis de la CIJ est important mais présente un risque financier catastrophique pour les États occidentaux
Et pourtant, il nous faut prendre en compte cet avis marquant en matière de justice climatique internationale de la part de la Cour de justice internationale de l’ONU.
Selon Le Monde, «Il s’agit d’un avis certes consultatif mais inédit, destiné à influencer la jurisprudence mondiale. Les Etats qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte illicite et pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés, a conclu, mercredi 23 juillet, la Cour internationale de justice (CIJ).
La plus haute juridiction de l’ONU, basée à La Haye, établit à l’unanimité dans cet avis, initialement demandé par des étudiants sur l’archipel de Vanuatu, une interprétation juridique du droit international, dont des législateurs, avocats et juges du monde entier peuvent désormais se saisir pour changer les lois ou attaquer en justice les Etats pour leur inaction climatique.
(…) La partie la plus conséquente de l’avis, et qui suscitera le plus de résistance chez les pays riches, découle selon la Cour de ces obligations : les compensations dues aux pays ravagés par le climat. La violation des obligations climatiques par un Etat constitue un fait internationalement illicite engageant sa responsabilité, a déclaré Yuji Iwasawa. Les conséquences juridiques résultant de la commission d’un fait internationalement illicite peuvent inclure (…) la réparation intégrale du préjudice subi par les Etats lésés sous forme de restitution, de compensation et de satisfaction, a également dit le président de la CIJ.»
Je suis bien obligé de noter le caractère exceptionnel de cet avis de la CIJ et de son impact potentiel phénoménal sur les futures décisions de justice qui seront rendues en matière climatique. Il s’agit quand même de la plus haute Cour de justice du monde, et à ce titre, cet avis, certes consultatif, pris à l’unanimité, est exceptionnellement important.
Les conséquences de cet avis de la CIJ seront probablement terribles pour les finances publiques de nombreux États de part le monde, et notamment pour la France. Parce qu’avec des juges administratifs qui ne réfléchissent en aucun cas aux conséquences financières funestres de leur décision de justice, la France a toute raison de craindre la prise de jugements catastrophiques pour ces finances publiques. Aux Etats-Unis également, avec le conflit politique actuellement en cours, où des juges fédéraux démocrates pourraient être tentés de ruiner l’Etat fédéral dans leur conflit politique, des risques existent. Mais leur Cour Suprême veille chez eux. Pas chez nous, inféodée aux intérêts de nos élites, de ceux qui les ont nommés.
Imaginons la Chine condamner l’Etat chinois pour inaction climatique ou donner raison à un groupe d’activistes antipatriotiques ? Même une entreprise étrangère perd ses procès en Chine même quand le droit lui donne raison. C’est au fond normal ; c’est ce que l’on appelle à tord ou à raison le patriotisme. Rien de cela en France ou en Europe. On estime être des États de droit, où l’indépendance de la Justice est naturelle et normale, inscrit dans la Constitution. Tout justiciable est égal, qu’il soit riche, puissant ou pauvre. Et donc, quelque soit sa nationalité et sa raison pour laquelle il attaque l’Etat ou une entreprise.
Dans une planète où la justice est partout patriotique, il est stupide et dangereux d’avoir une justice anti-patriotique en France ou en Europe. Suicidaire pour l’exprimer simplement, L’Etat français pourrait donc être le premier Etat au monde à tomber en faillite du fait des jugements de sa propre justice interne. Ou si ce n’est pas la France, très probablement, cela pourra être dans un autre pays européen. Le problème, c’est que la faillite de la France impactera l’ensemble des contribuables français. Ceux qui paieront au final, ce seront les contribuables qui n’auront pas réussi à fuir la France.
3. Quelles alternatives aux législations coercitives écologiques ?
Il n’en reste pas moins que cette décision de la CIJ est une immense victoire pour la justice climatique ou environnementale. Parce que si je ne rejoins pas les législations coercitives et liberticides bien-pensantes de nos libéraux et écologistes français, qui cherchent à nous interdire tout ce qu’ils estiment individuellement mauvais (par exemple les barbecues masculins selon l’écologiste Sandrine Rousseau…), je reste persuadé que les atteintes à l’environnement et au climat par les grands pollueurs doivent être réglementées et interdites.
Mais il reste à se mettre d’accord sur ce qu’est un grand pollueur, sur ce qui est une atteinte ou non à l’environnement ou au climat, et à quel niveau doit se situer la responsabilité ?
- Est-on individuellement coupable d’atteinte à l’environnement du fait de sa consommation ?
- L’utilisateur lambda d’un véhicule à moteur pour se déplacer ou aller travailler est-il coupable d’atteinte à l’environnement ?
- Celui qui trafiquerait son véhicule à moteur thermique pour qu’il soit plus puissant, et plus polluant, est-il coupable ?
- Comment faire la part entre les différentes types d’atteintes à l’environnement ou au climat ? L’écologiste qui se déplacerait en avion pour voyager ou se rendre à un colloque est-il plus ou moins coupable que l‘automobiliste lambda qui utilise son véhicule pour faire ses courses ou aller à son travail ?
- Et qui décide surtout de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas ? Qui est juge et partie ? L’écologiste polluant qui donne des leçons à tout le monde sur leurs graves atteintes au climat est-il légitime à édicter ce qui est bon ou mauvais pour le reste de la planète et pour le reste de ces concitoyens, pour les autres ?
Toutes ces interrogations ne remettent pas en cause l’importance de ce jugement rendu par cette importante instance de justice internationale. Elle interroge surtout la légitimité des politiques prises pour combattre le réchauffement climatique. Mais elle interroge aussi la légitimité de ceux qui décident et votent les lois pour nous.
Saucratès
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