Critiques de notre temps

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Du Néo-malthusianisme

Du Néo-malthusianisme

 

Par Saucratès 

 

Istambul, le 24 juillet 2022

 

Qu’appelle-t-on «Néo-malthusianisme» ? Thomas Robert Malthus (1766-1834) était un économiste du début du dix-neuvième siècle qui était opposé notamment à Adam Smith et surtout à David Ricardo (1772-1823) sur certains sujets comme l’évolution de la population humaine, entre autres, et aussi sur le principe des enclosures en Angleterre. Malthus avait estimé que la population humaine croissait de manière géométrique (fonction d’une suite de raison géométrique) tandis que les ressources nécessaires à l’entretien de la vie de cette population humaine croissaient de manière arithmétique (fonction d’une suite de raison arithmétique). Cela signifiait en clair que la population humaine croitrait toujours plus vite, plus rapidement, que les ressources nécessaires à son entretien et à sa survie.

 

La suite de l’histoire aux dix-neuvieme et vingtième siècle a donné tord à Malthus. Des innovations technologiques successives ont permis d’accroître significativement la production agricole terrestre pour lui permettre de nourrir un milliard d’habitants, puis deux, puis trois, puis sept à huit milliards d’habitats comme aujourd’hui. Mais le terme «malthusien» et «malthusianisme» est resté pour décrire une philosophie ou des propositions aussi pessimistes que ses prédictions et pour décrire des propositions prônant le contrôle de la fécondité des populations.

 

Et aujourd’hui, je crois que l’histoire lui a donné raison, que les prophètes de mauvais augures, les grandes prêtresses de l’effondrement, lui ont donné raison. Plus d’un siècle plus tard, il aura finalement raison sur Ricardo. Car tous ceux qui nous accusent de consommer plus d’une fois et demie notre Terre ne lui donnent-ils pas raison ? Ces méthodes révolutionnaires de méthodes de culture, d’agriculture ne font que nous pousser à consommer au-delà du raisonnable les ressources de notre planète ! Et Malthus préconisait le contrôle des populations humaines, le contrôle des naissances pour éviter que les humains ne se multiplient au-delà de la raison, comme ils l’ont stupidement fait.

 

En 1800, la Terre comptait environ 1 milliard d’habitants, plus ou moins 125 millions d’habitants. En 1950, la population terrestre humaine s’élevait déjà à 2,5 milliards d’habitants, et en 2020, on estime qu’elle s’élève désormais à près de 8 milliards d’habitants. Pour 2050, les estimations parlent d’une population terrestre comprise entre 9,6 et 10 milliards d’habitants. Et certaines estimations pessimistes des Nations Unis parlent de 17 milliards d’habitants pour 2100. 

 

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Source : Wikipédia (trois scénarios d'évolution possible de la population mondiale. Origine des données : Nations unies, Projections de population 2013 - estimations de population entre 2800 et 1950 - US Census Bureau)

 
Prévisions a faire frémir. Les préconisations du GIEC ou des Nations Unies au sujet de la population mondiale terrienne sont-elles relayées ou discutées par les médias occidentaux ? Non, vous n’en trouverez aucune trace. Par contre, on parlera du jour du dépassement calculé, on parlera de modération de la consommation des occidentaux, car les seules préconisations possibles pour faire diminuer la population mondiale ne sont pas médiatiquement acceptables voire même discutables.

 

Le «néo-malthusianisme» devrait être à la source de toute politique publique mondiale. Et au point où désormais, nous en sommes, il ne s’agit même plus de n’autoriser qu’un certain nombre d’enfants par femme ou pour couple. Les seules solutions possibles seront désormais bien plus gravissimes : stérilisation temporaire ou permanente de populations entières, régime d’autorisation préalable mondiale pour avoir le droit d’avoir un enfant …

 

Parce que le néo-malthusianisme est considéré comme médiatiquement inacceptable et indéfendable par ces mêmes médias, tout débat est pratiquement interdit et impossible. Tout ce que le monde occidental compte de libéraux, d’écologistes et de gauchistes combattraient de toutes leurs forces les préconisations malthusiennes. La stérilisation de force de population à forte croissance démographique serait considérée comme du racisme et de la xénophobie. Ces intellectuels, ces internautes aiment rappeler qu’un occidental lambda consomme 10 ou 100 fois plus qu’un africain ou un indien, et qu’il suffirait que les occidentaux divisent par deux leur empreinte écologique pour que l’on puisse nourrir 5 ou 50 fois plus d’humains sur Terre vivant en Afrique. Et pourtant, pendant ce même temps, attirés par la société de consommation européenne, française, allemande, anglaise, canadienne, américaine ou australienne, des dizaines millions de migrants cherchent à rejoindre les rivages européens pour, non pas consommer comme des biaffrais, mais comme des européens. 
 
La Terre ne pourra pas contenir 10 ou 15 milliards d’habitants. Il est bien beau de se fixer des objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour supposément contenir le réchauffement climatique. Mais le véritable sujet dont pratiquement aucun média ne veut se saisir est l’explosion démographique qui est aujourd’hui à l’œuvre. C’est cela le véritable danger. Et les mesures à prendre sont évidemment catastrophiques.

 

On va priver la génération de nos enfants d’avoir des enfants, ou éventuellement d’avoir plus d’un enfant. On va priver des peuples qui ont l’habitude d’avoir des dizaines d’enfants par femme, de pouvoir se reproduire. On va parler de stérilisation de populations entières, tout en sachant que pour l’instant, de telles mesures conduisent des dirigeants politiques en prison. On va parler d’eugénisme, on va envisager de sélectionner les parents que l’on autorisera à avoir des enfants en fonction de leur QI ou de leur profession ou de leurs dons artistiques. Mais dès lors que le nombre de nouvelles naissances devra être drastiquement limité, il faudra bien soigneusement sélectionner ceux que l’on autorisera à se reproduire, ceux dont on voudra que leurs gènes se perpétuent. 
 

Nous aurons été la dernière génération ayant eu le droit de choisir librement sa reproduction, le nombre d’enfants que l’on voulait avoir, le type de famille que l’on voulait fonder, nombreuses, nucléaires ou célibataires.

 

Malthus a aujourd’hui eu rétrospectivement raison. Tout le monde ne le sait pas encore. Les médias ne le disent pas encore. Il faudra encore de nombreuses années pour que l’ONU, les opinions publiques l’acceptent et le reconnaissent. Il faudra que les humains aient dépassé la barre des 10 ou des 15 milliards pour que cette évidence soit acceptée : Malthus avait raison, Ricardo avait eu tord ! Non pas en 1850 puisque l’amélioration des techniques agricoles a permis de repousser le problème. Mais en 2030 ou en 2050 ou en 2080, ce sera le cas. À moins qu’un conflit mondial gigantesque, ou une épidémie monstrueuse, comme le coronavirus ou un prochain virus, ne règlent pour nous ce problème en éliminant la plus grande part de l’humanité.

 

 

Saucratès



24/07/2022
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