Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

L’infamie n’est peut-être pas là où l’on croit !

Saint-Denis de la Réunion, jeudi 7 janvier 2021


Ce qui se passe aux Etats-Unis est-il OUI ou NON une infamie ? Ce qui se passe en France autour de la gestion de l’épidémie de coronavirus et de la vaccination est-il également OUI ou NON une infamie ? Et un journal comme Le Monde peut-il prendre aveuglément parti dans la manière de rendre compte des événements politiques se déroulant dans un autre pays étranger ? Ce sont les questions qui me tarabustent lorsque je suis l’actualité politique de ce début d’année 2021.

 

Le président d’un Etat démocratique comme les Etats-Unis peut-il appeler le peuple, ses électeurs, ses partisans, ceux qui ont voté pour lui, à manifester devant le parlement américain contre le vote de reconnaissance de la victoire de son adversaire ? Et ce dernier est-il responsable si ces manifestants réussissent à pénétrer dans le parlement et à empêcher le vote reconnaissant la victoire de son adversaire démocrate ? Le parlement américain, comme le parlement français, ne sont-ils pas la demeure du peuple et de ses représentants, et en quoi l’irruption de ce peuple dans sa maison serait-il la pire infamie de l’histoire des Etats-Unis et un jour de honte ? Pour quelle raison ces élus ne peuvent-ils voter devant le peuple ? Pourquoi le Peuple américain (ou français) ne peut-il plus avoir accès à son parlement ? 

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/07/violences-au-capitole-jour-de-honte-aux-etats-unis_6065464_3232.html

 

Oui, je peux comprendre la rage des électeurs du parti républicain qui ont l’impression, la certitude que les élections présidentielles et sénatoriales leur ont été volées. La société américaine est évidemment fracturée entre partisans et ennemis de Donald Trump, de même que la société française va l’être dans quelques mois lors des prochaines présidentielles. Il n’y a d’ailleurs aucune raison pour les électeurs américains de ne pas douter également des deux dernières élections sénatoriales en Géorgie, qui ont vu la supposée victoire des deux candidats démocrates au Sénat. Si les démocrates ont pu voler l’élection présidentielle, ils ont également pu voler ces deux élections partielles.

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/07/le-senat-ayant-bascule-dans-le-camp-democrate-joe-biden-se-retrouve-les-mains-libres_6065442_3210.html

 

Evidemment, écrire cela, c’est propager des théories complotistes, c’est être complotiste. Penser que les élections en Turquie, en Russie, en Chine ou au Vénézuéla ne sont pas démocratiques, c’est normal, c’est la vérité. C’est la raison pour laquelle un simple député du Venezuela peut être considéré par tous les Etats occidentaux comme le véritable chef de l’Etat vénézuélien, même s’il n’est même plus élu. Par contre, contester les résultats des élections dans une démocratie occidentale comme la France ou les Etats-Unis, c’est être complotiste !

 

Je trouve cela improbable. Il y aurait donc d’un côté les Etats où les élections sont forcément contestables et sujettes à suspicion, et de l’autre côté, les États forcément et indubitablement démocratiques, et où la validité des scrutins ne peut être remise en cause ? C’est contraire à toute forme de logique, à tout traitement équitable de l’information.

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/07/chaos-a-washington-le-monde-stupefait-partage-entre-solidarite-et-sarcasmes_6065469_3210.html 

 
J’en arrive ainsi à mon autre question touchant le droit du journal Le Monde de prendre parti dans le rendu de l’actualité politique française et internationale et de ne plus traiter l’information de manière objective et non partisane.

 

On lit ainsi dans l’article ci-dessus :

 

«Les images des émeutiers pénétrant dans l’enceinte parlementaire, mercredi 6 janvier, ont fait le tour du monde de façon instantanée, provoquant l’effarement des alliés des Etats-Unis. Elles ont aussi suscité des sarcasmes, à peine dissimulés, chez les Etats carnivores, qui ont profité ces dernières années du vide laissé par l’Amérique dans les affaires du monde. 

 

De nombreux dirigeants occidentaux se sont fendus d’un Tweet de réaction, à l’instar du premier ministre canadien, Justin Trudeau, ou de son homologue britannique, Boris Johnson. La violence ne parviendra jamais à renverser la volonté du peuple, a clamé le premier, tandis que le second a évoqué des scènes honteuses au Capitole. Mais l’intervention la plus spectaculaire est venue de Paris.»

 

D’abord un Cocorico retentissant à cause d’une banale intervention sur Twitter du si génialissime président français Emmanuel Macron. Ensuite, on parle de «renversement de la volonté du peuple» ... Alléluia ! Enfin, il faudrait m’expliquer ce qu’est un «Etat carnivore» ? Les états qui sont citer ultérieurement dans l’article du monde sont la Russie, l’Iran et la Turquie. Qu’est-ce donc qu’un «Etat carnivore» ? Un Etat qui dévore ses citoyens ? Comment peut-on écrire cela ?

 

Le Monde se permet d’ailleurs même d’écrire sur l’intervention d’un élu turc le commentaire suivant : «De son côté, Mustafa Sentop, président du Parlement turc, a invité toutes les parties concernées au calme. Nous croyons que les problèmes seront toujours résolus dans le cadre de la loi et de la démocratie, a-t-il osé.»

 

Cet article est truffé de prise de position partisane et subjective, mais ce n’est pas le seul. Dans cet autre article, l’éditorial du Monde daté d’aujourd’hui, 7janvier 2021, le président Trump est décrit comme un fou furieux, comme cela est habituel dans les colonnes du Monde. 

«Elu il y a quatre ans sur la promesse de rendre sa grandeur à l’Amérique, le président Donald Trump achève son mandat en la couvrant de honte. L’histoire retiendra que la démocratie américaine a été défiée, et un moment suspendue, mercredi 6 janvier, par une foule de partisans extrémistes que le président lui-même avait incitée à marcher sur le Capitole pour empêcher son adversaire démocrate, Joe Biden, d’être officiellement déclaré vainqueur de l’élection du 3 novembre 2020.

 

Ce jour noir pour les Etats-Unis est l’aboutissement d’une présidence tumultueuse qui a fini par diviser le pays en deux parties, celle qui respecte l’ordre constitutionnel et les décisions de justice, et celle qui vit dans un univers parallèle. Cet univers, nourri de théories complotistes, est celui d’une réalité alternative dans laquelle Donald Trump n’a pas perdu l’élection par une différence de 7 millions de suffrages populaires et le vote de 302 voix au collège électoral contre 232, mais veut croire qu’elle lui a été volée par une fraude massive et orchestrée.

 

Dans cet univers de déni, peu importe qu’une soixantaine de décisions de justice, y compris au plus haut niveau, celui de la Cour suprême, aient rejeté les recours en annulation de l’élection. Peu importe, puisque le président lui-même, demandant par téléphone le 2 janvier au responsable des opérations électorales de Géorgie de modifier les résultats du scrutin dans son Etat, affirme qu’il ne peut y avoir été battu par 11 779 voix, comme l’indiquent les registres, car il sait qu’il a gagné de probablement un demi-million de voix.

 

La nation américaine a récolté mercredi ce que son président, populiste, démagogue et narcissique, a semé pendant quatre ans, avec la complicité du Parti républicain...»

 

Le Monde y indique aussi que «M. Trump n’a jamais fait mystère de ses intentions séditieuses...»

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/07/violences-au-capitole-jour-de-honte-aux-etats-unis_6065464_3232.html 


Je retiendrais ici la quintessence de cet éditorial du Monde, en séparant la population des Etats-Unis en deux moitiés, «celle qui respecte l’ordre constitutionnel et les décisions de justice, et celle qui vit dans un univers parallèle.» 

 

Accessoirement, on est bien d’accord que l’on parle de cette même moitié de l’électorat idéalisée qui entretient des émeutes urbaines dans le cadre du mouvement Black Lives Matter ... ce que Le Monde doit penser correspondre au respect de l’ordre constitutionnel et des décisions de justice ... ce même mouvement qui récuse les decisions de la justice américaine lorsqu’elle ne condamne pas les policiers blancs, ou cette même moitié qui avait refusé de reconnaître en 2000 la victoire du Républicain Georges W. Bush junior contre le Démocrate Al Gore dans l’Etat de Floride.

 

Dernier sujet que j’avais indiqué, peut-on dire si ce qui se passe en France autour de la gestion de l’épidémie de coronavirus et de la vaccination est également une infamie ? Mon interprétation des faits évoqués est que le Président Macron veut nous refaire le coup de Trafalgar de la Convention citoyenne sur le climat. Il a besoin de faire croire aux citoyens français qu’un groupe de citoyens aura préconisé une série de mesures liberticides et impopulaires que le gouvernement pourra mettre en œuvre sous la pression médiatique de ce comité des citoyens sur la politique vaccinale française. Extraordinaire capacité du président Macron de vouloir faire avaler des couleuvres aux citoyens français que nous sommes et de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! Au vu de l’extraordinaire réussite de la Convention citoyenne sur le climat, je comprends que le président Macron puisse tenter de réitérer la même entourloupe.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/05/vaccin-anti-covid-la-fausse-bonne-idee-du-collectif-de-citoyens_6065250_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/01/05/vaccins-a-peine-lance-le-collectif-citoyens-voulu-par-macron-est-sous-le-feu-des-critiques_6065217_823448.html

 

Bizarrement, quelques réactions viennent critiquer la création de ce collectif citoyen, même venant du journal Le Monde. Peut-être tous ces penseurs et journalistes n’ont-ils pas compris que la démarche ne présentait aucun risque, que le choix aléatoire des français n’était pas aléatoire, mais que comme lors du choix des candidats Députes d’En Marche en 2017, ne seraient retenus que les candidats défendant l’idéologie du Président, des énarques et des hauts cadres ou DRH de grandes entreprises. Seule certitude (les textes de loi sont peut-être déjà ecrits), ces courageux citoyens préconiseront des mesures liberticides et imposeront la vaccination à tout le monde. Mais chut, il ne faut pas l’écrire ou le dire.



Saucratès



07/01/2021
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 39 autres membres