Critiques de notre temps

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Gestion de l’épidémie de coronavirus et liberté de presse - Situation comparée de la France et de la Chine

Saint-Denis de la Réunion, Dimanche 10 janvier 2021


Je vais continuer de parler des médias en général, de l’épidémie de coronavirus, et de la liberté de presse et d’opinion. 

La Chine passe pour un modèle de réussite en matière de gestion de l’épidémie de coronavirus. Ils étaient vraisemblablement les premiers à être touchés par cette épidémie, ils ont été les premiers à mettre en place des mesures drastiques de confinement, et leur économie est également la première à avoir redémarré comme si de rien n’était à partir du printemps-été 2020, alors que le reste du monde occidental demeure engluer dans cette pandémie mondiale et doit encore maintenir des mesures drastiques de confinement et de couvre-feu. La Chine est-elle donc le modèle qu’elle semble être ? 

En terme de respect des libertés publiques mais également du respect de la liberté de presse et d’informer, ce n’est vraisemblablement pas le cas. Lundi 28 décembre 2020, une journaliste citoyenne chinoise, Zhang Zhan, ex-avocate, a été condamnée à quatre ans de prison pour provocation aux troubles, pour avoir suivi et dénoncé le confinement à Wuhan et évoqué une violation des droits de l’homme à partir du 1er février 2020. «Elle avait mis en ligne sur YouTube de courtes interviews avec des habitants mais aussi des commentaires et des images d'un crématorium, d'hôpitaux et de l'Institut de virologie de la ville».

 

https://fr.investing.com/news/world-news/quatre-ans-de-prison-pour-une-journalistecitoyenne-chinoise-ayant-couvert-lepidemie-a-wuhan-1995581

 

D'après le même article, «d’autres journalistes-citoyens ont également été portés disparus en Chine, parmi lesquels Fang Bin, Chen Qiushi et Li Zehua». Et le 24 avril 2020, la blogueuse Liu Yanli avait aussi été condamnée à quatre ans de prison pour avoir critiqué le Parti communiste chinois et certains de ses principaux dirigeants (Xi Jinping, Zhou Enlai et Mao Zedong).

 

https://rsf.org/fr/actualites/chine-une-celebre-blogueuse-condamnee-4-ans-de-prison-pour-avoir-critique-le-parti-communiste

 

En comparaison, la situation démocratique française paraît bien privilégiée, avec une liberté de presse respectée et une liberté d’opinion. Si tous ceux qui critiquent l’action gouvernementale et de LRM étaient emprisonnés, cela ferait des millions de prisonniers ! Dont moi !
 
Néanmoins, je crains que cette pseudo liberté de presse et d’opinion ne soit que de façade dans notre belle France. Les médecins qui ne s’alignent pas sur la doxa (ou doctrine) officielle sont régulièrement visés par des plaintes et des enquêtes de l’ordre des médecins, comme semblait l’indiquer Bruno B. dans le département de la Réunion. Mais ces plaintes visent aussi les plus médiatiques contestataires de l’Ordre, comme le professeur Didier Raoult de Marseille ou Christian Perronne. On assiste à une véritable pression policière en France à l’encontre de toute réflexion critique s’éloignant des canons de la pensée autorisée.
 
 
Concernant la presse, je crains que la mise au pas ne soit plus insidieuse. D’un côté, tous les sites et blogs contestataires sont englobés dans une sphère complotiste, et tout référencement par les médias sociaux, Twitter, Facebook, notamment américains, est bloqué ou interdit, dans le cadre de la lutte contre les fausses informations sur le coronavirus.
 
De l’autre côté, la presse officielle ou ayant pignon sur rue est contrôlée, soit par l’argent de leurs propriétaires et par leur ligne éditoriale, soit par les pressions sur les plans de carrière des journalistes eux-mêmes. Lorsqu’on écoute et réécoute le point de presse du premier ministre Jean Castex tenu le jeudi 7 janvier 2021 à Paris, on peut s’interroger sur l’ordre des questions et sur les questions posées par les journalistes au premier ministre.
 
La première journaliste qui est autorisée à prendre la parole au point presse, lorsqu’il est prêt à répondre aux questions journalistes, est la journaliste Camille Colin de TF1/LCI, et la deuxième journaliste est Julia Van Aelst pour BFMTV. Et la première partie de la question que celle-ci pose est la suivante (49 min et 20 sec de l’enregistrement) : «sommes-nous pas en train de payer les fêtes de fin d’année, notamment Noel, avec les familles francaises qui ont pu se réunir à Noël...». Et juste après cette intervention, on peut voir la même Julia Van Aelst intervenir pour BFMTV pour commenter l’intervention du premier ministre. 
 
 
Cette question, qui a permis au premier ministre Jean Castex de se présenter comme un modérateur, en rappelant qu’avant les fêtes, mesdames les journalistes contestaient les limites apportées aux libertés de se réunir en famille, et qu’après les fêtes, celles-ci contestent les conséquences sanitaires, ce qui le conduit à penser «que la vérité doit se trouver au juste milieu» ... cette question me pose un problème considérable.
 
Une journaliste intelligente peut-elle poser de son propre fait une telle question ? Lorsque l’on voit le nombre de journalistes présents à cette conférence de presse, on ne peut que se douter que l’ordre des interventions des journalistes n’est pas dû au hasard, mais qu’il est forcément le fruit d’un arrangement. On voit ainsi clairement les journalistes faire passer le micro jusqu’à Mme Camille Colin, alors que les journalistes plus proches du microphone auraient pu poser des questions avant elle. Et si l’ordre des interventions des journalistes n’est pas le fruit du hasard, les questions elles-mêmes ne peuvent-elles pas aussi correspondre à des commandes du gouvernement ou de la chaîne télévisée (dans le cas présent BFMTV) ? Et une question permettant au premier ministre de se poser en modérateur n’est-elle pas le garant d’une place de choix pour un ou une journaliste ? Par ailleurs, est-ce également un hasard si les deux premières questions sont posées par des journalistes femmes ? Ou bien est-ce seulement parce que leurs deux chaînes sont les chaînes d’informations en continue ?
 
(Cet épisode du 7 janvier 2021 me rappelle un film, Deep Impact, où une journaliste inconnue se trouve autorisée à poser la première question au président américain lors d’une conférence de presse en échange de son silence au sujet d’un scoop).
 
Je pense que nous avons une liberté de presse factice pour la majeure partie des grands journaux et des grands médias contrôlés par des capitaux privés et des milliardaires français, dont on a vu la réelle influence lors de l’élection présidentielle de 2017. Mais par contre, en regard de la situation chinoise, on a évidemment malgré tout une réelle et très large liberté d’opinion et d’expression en France (pour le moment), même si cette liberté est malgré tout entravée à la fois par les technologies les plus récentes et par les médias sociaux qui l’autorisent et la permettent. 

 
Saucratès


10/01/2021
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