Critiques de notre temps

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Pensées


Morale et culpabilité

Morale et culpabilité

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de La Réunion, samedi 8 janvier 2022


Mes réflexions de ce samedi soir porteront sur la notion de culpabilité et de morale. Vous avez tous remarqué je pense que certaines personnes ne semblent nourrir aucune forme de culpabilité, de remords, de honte lorsqu’elles sont prises en faute, lorsqu’elles violent des lois ou des règles, lorsqu’elles font le mal ou y participent. On l’observe dans la vie de tous les jours, mais l’un des endroits où ce genre de comportements est le plus criant est sur la route, en conduite automobile. Le genre de conducteur ou de conductrice qui vous brûle une priorité, ou qui manque de vous écraser sur un passage protégé pour les piétons, mais qui se contente de vous faire un doigt d’honneur, ou qui hausse dédaigneusement les épaules. Mais le monde de la conduite automobile n’est que l’endroit où ce genre de comportement est le plus visible, le plus emblématique, ce monde est les règles et les interrelations entre des gens qui ne se connaissent absolument pas sont les plus sensibles, l’endroit où l‘on croise le plus de monde que l’on ne connaît pas, que l’on ne croisera jamais ailleurs.

 

Ces gens qui ne connaissent pas la culpabilité, la responsabilité, le vivre-ensemble, ces gens-là, vous ne les rencontrez que dans très peu d’endroits : la route et la conduite automobile, le monde du travail également, et les grands magasins. Mais dans ces deux derniers endroits, le plus souvent, vous ne faites que croiser la route de ces gens-là, dans un bref moment, le plus souvent vous ne les voyez même pas, vous ne croisez pas leur regard - vous déroulez votre travail ou votre vie à côté de la leur. Ces gens-là, vous le les croiserez normalement jamais dans votre cercle d’amitié, parce que normalement, vous n’avez vraisemblablement rien à voir avec eux.

 

Ma question sur ces gens-là, c’est de savoir si on peut dire qu’ils sont ou non dotés d’une morale, d’un sens moral ? Cette personne incapable de s’excuser sur la route et de reconnaître sa faute, sa responsabilité, de s’excuser, même si vous ne l’entendez pas, cette personne persuadée d’être dans son droit, dans son bon droit, persuadée que le monde entier lui doit quelque chose, qu’elle a des droits et en aucun cas le moindre devoir envers les autres, cette personne-là est-elle au fond dotée du moindre sens moral, ou bien inversement, cette personne-là est-elle privée de tout sens moral, de toute morale, de toute forme de conscience ?

 

Je pense pour ma part que l’existence d’une morale chez une personne est intimement liée à la présence, ou la connaissance de la culpabilité. Si une personne n’est pas capable de se sentir coupable, même pour une simple peccadille, cette personne-là ne peut pas être morale. Sans reconnaissance de sa propre culpabilité, sans capacité à s’excuser même pour de simples peccadilles, on ne peut pas se considérer soi-même, et encore moins les autres (mais ce n’est pas cela qui compte), comme une personne morale, une personne éthique, une personne bonne. 

Ces personnes-là, persuadées de leurs droits, persuadées qu’on leur doit des choses, ces gens-là ne sont pas doués de morale. Ce sont des gens privés de ce qui fait un humain, de ce qui fait l’humanité. Des gens amoraux.

 
Mon analyse ne souffre cependant que d’au moins une limite ; le cas où cette personne ne sait pas qu’elle enfreint des règles, des lois, lorsqu’elle les viole. Si cette personne ne sait pas qu’elle enfreint des lois ou des règlements, des normes, en agissant d’une certaine manière, comment pourrait-elle se sentir coupable ? Et comment pourrait-on la considérer comme dénuée de morale pour cette raison ? Prenons l’exemple d’un hindou pratiquant qui considère que la vache est un symbole sacré, ou un musulman ou un juif pratiquant qui considère que là viande de porc est un aliment interdit à la consommation. Si je consomme soit du porc soit du bœuf, ces personnes pourraient considérer que je viole leurs lois et leurs usages, et ils pourraient considérer qu’à leurs yeux, je suis amoral. Si je vis dans leurs pays, je serais normalement astreint à respecter leurs règles. Mais pas en France. 

Ces personnes que je décris donc comme amorales, privées de morale, ne considèrent peut-être pas que nos lois, nos règlements, s’appliquent à eux. Mais cela voudrait donc dire que ces personnes ne seraient donc pas amorales, mais refuseraient simplement de reconnaître nos lois comme les leurs, comme des lois les engageant en tant que citoyens de notre pays ?

 

Comment un citoyen français, ou une personne habitant en France, pourrait-il refuser de reconnaître et de respecter les lois françaises ? D’une certaine manière, j’en reviens à ma première interprétation. Une telle personne est forcément amorale si elle refuse de respecter les règles de l’Etat dans lequel elle vit. 

La culpabilité est donc ainsi le signe que nous avons une âme et que celle-ci combat ainsi pour racheter nos fautes. Celui qui n’aurait pas connu la faute, la chute, ne pourrait ainsi pas être considéré comme bon ? Mais tout faire dépendre de la faute, de la culpabilité n’est-il pas excessif, extrémiste, synonyme d’une image de Dieu terrible, courroucé, à cent mille lieux d’un Dieu de pardon et de miséricorde ?

 

 

Saucratès


08/01/2022
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Quelques pensées éparses pour les dernières heures de cette année 2021

Quelques pensées éparses pour les dernières heures de cette année 2021

 
Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, vendredi 31 décembre 2021

 
Pour finir cette année 2021, je ne vois rien de plus beau que ces quelques mots de cette citation, tirés d’un morceau de musique d‘Adrian Ström :

 

«Je n'ai rien de particulier. Je suis un homme ordinaire avec des pensées ordinaires et une vie ordinaire. Aucun monument ne m'est dédié et mon nom sera vite oublié. Mais d'un certain côté, j'ai aussi bien réussi que n'importe qui.»

 



Je trouve ces premiers mots magnifiques, cette voix qui exprime non pas une ode à l’amour, mais une ode à notre vie à tous. Moi également, je n’ai qu’une vie ordinaire, et effectivement, je ne survivrais pas longtemps dans les souvenirs des gens. Je serais vite oublié, moi aussi. On ne parlera plus de moi dans quelques dizaines d’années, dans quelques siècles, rejoignant en cela la situation de centaines de millions de nos contemporains, et de nos prédécesseurs. Rares sont ceux que les gens n’oublient pas ; tout le monde ne peut pas être un Charles de Gaulle, un Voltaire ou un Jean-Jacques Rousseau, ou un George Washington. 
 
Le plus souvent, ceux qui survivent dans les mémoires, ceux dont on se rappelle, le sont pour de mauvaises raisons. Ce sont souvent les monstres. Je pense que les noms d’Adolf Hitler ou Joseph Staline hanteront ainsi longtemps les mémoires. Du coup, peut-être vaut-il mieux alors ne laisser que peu de traces dans les mémoires, d’être rapidement oublié …

 

Pour en revenir à cette magnifique chanson, la voix que l’on entend n’est pas celle d’Adrian Ström, mais celle de James Garner (ou plutôt celle de sa doublure en français, Marc Cassot), qui interprète le personnage de Noah Calhoun, dans le film «N’oublie jamais». Ces paroles sont d’ailleurs tirés du livre de Nicolas Sparks, «Les pages de notre amour».

 

Sur ces derniers mots, je vais vous laisser fêter ses derniers instants de cette année 2021 avec ceux que vous aimez. Derniers instants d’une drôle d’année. En espérant que 2022 ne sera pas encore pire que 2021 avec ce nouveau variant Omicron et ses centaines de milliers de cas diagnostiqués chaque jour.

 

Meilleurs vœux pour 2022.

 

 

Saucratès 


31/12/2021
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Sur l’Histoire enseignée dans les écoles

Sur l’Histoire enseignée dans les écoles

Par Saucratès

 

Saint-Denis de la Réunion, France, samedi 30 octobre 2021

Nouveau samedi soir sur cette bonne vieille Ile de La Réunion, bientôt reconfinée ? Et il me faut trouver un nouveau sujet de discussion, tout trouvé parce qu’il s’agit des dialogues entretenus avec quelques lecteurs du site internet de ZINFOS974 (autrement appelés zinfonautes).

 

Le sujet est donc le débat sur la place de l’enseignement de l’histoire dans les programmes scolaires d’un État comme la France, ou d’une région comme la Guyane ou La Réunion.

 

Tout est venu d’une ancienne interview de Mme Christiane Taubira-Delanon, interview dans laquelle elle avait fait état de sa honte, de sa rage, lorsque enfant, on lui faisait apprendre et réciter ce que certains appellent le mythe de «nos ancêtres les gaulois». Cette expression a-t-elle été inventée, et popularisée, par Henri Salvador, ou bien appartient-elle réellement aux programmes scolaires qui ont été appris et inculqués à Mme Christiane Taubira-Delanon enfant, et aux zinfonautes comme Bokapola ou Lodiab ? Et ce pseudo-mythe est-il encore appris à nos marmailles dans les cours d’école ?

Au fond, ce n’est pas tant la question qui est intéressante mais plutôt le principe même de l’enseignement de l’histoire d’une Nation, d’un État comme ferment d’une conscience nationale. Faut-il apprendre à nos jeunes, quelque soit leur origine ethnique, quelque soit l’endroit où ils habitent, quelque soit l’endroit dont viennent ou descendent leurs ancêtres, l’histoire de la France et de son peuplement, ses grands hommes, ou bien faut-il au contraire respecter l’histoire personnelle et familiale de chacun de ces enfants ou de ces jeunes. Aurait-il fallu apprendre à l’enfant Christiane Taubira-Delanon l’histoire de ses propres ancêtres, ou aux enfants Lodiab et Bokapola l’histoire de leurs ancêtres réunionnais ? 

Evidemment, pour ma part, j’ai ma réponse. Il y a de cela très très longtemps, j’ai été scolarisé au Sénégal, à l’école des frères Maristes, en classe de CM1 et de CM2. Et j’ai même retrouvé une photo de ma classe à cette époque là. Première surprise, le nombre de gamins et de gamines sur cette photo de classe s'élevait à 44. Et je n’ai pas souvenir d’avoir eu des difficultés à apprendre malgré ce nombre élevé d’enfants dans ma classe. Nous étions quelques enfants d’occidentaux dans cette classe mais j’ai parfaitement souvenir des leçons d’histoire et de géographie où on nous enseignait l’histoire du Sénégal, l’histoire des invasions Almoravides, des rois Toucouleurs et des empereurs Peuls qui s’étaient succédés dans le peuplement du Sénégal. J’en ai un souvenir très précis, que j’ai retrouvé, dont je me suis souvenu en lisant les livres d’histoire de l’Afrique publiés sous couvert de l’UNESCO.

 

Je ne sais pas si, comme les enfants Lodiab, Bokapola ou Taubira-Delanon, je considérais cette histoire comme inutile parce que j’étais un petit français blanc et que ce n’était pas mon histoire, ou bien si cette histoire m’intéressait à cause de son étrangeté pour un petit blanc qui quelques mois plus tôt vivait dans sa Charente maritime et apprenait l’histoire des rois français et de ses ancêtres les gaulois. Je ne sais pas si comme eux, je me sentais offensé parce qu’on me forçait à apprendre une histoire qui n’était pas la mienne, celle de mes ancêtres.

 

A moins que je n'étais un enfant moins fermé, moins obtus, moins persuadé de ma supériorité intellectuelle ou ethnique que les enfants Lodiab, Bokapola ou Taubira-Delanon. En tout cas, ce que je sais, ce que je me rappelle, ce que j’ai retrouvé dans la magnifique collection sur l’histoire de l’Afrique publié sous l’égide de l’UNESCO, ce sont ces noms de peuples et de dynasties qui ne m’ont jamais quittés, les Almoravides (il existait un quartier et une promenade à Dakar, au bord de l’Océan, qui portait ce nom de promenade des Almoravides) et les noms des rois et des reines qui ont régné sur cette partie de l’Afrique au cours de cette période.

 

Et il m’est aussi resté un amour, un intérêt pour l’Afrique, pour l'étrangeté, qui m’ont notamment conduit à découvrir et à adorer l’anthropologie (encore appelé ethnologie). Quelle émotion, quel plaisir au sortir d’une journée harassante de travail, de se retrouver en licence d’anthropologie et d’entendre parler par des enseignants de rois sacrés, de prémices (ou prémisses) de récolte, de noms de peuple comme les Nuers, ou d’entendre parler de Madagascar, ou d’anthropologie urbaine. Le plus difficile était certainement de comprendre ou d’assimiler la différence existant entre la sociologie, l’anthropologie et l’ethnologie. Ce que j’en ai retiré, c’est au fond qu’on a plus ou moins la même différence entre sociologie et anthropologie qu’on en trouve entre la macro et la micro-économie. 

 

Pour en revenir à mon sujet, contrairement à ce qui était avancé par Bokapola ou Lodiab, je ne comprends pas pourquoi ce serait choquant, ce qu’il y aurait d’infâme à faire apprendre à des enfants d’origine diverse, l’histoire de la France et des peuples à l’origine de notre peuplement, ou à de petits français blancs habitant au Sénégal l’histoire du Sénégal, de l’Afrique de l’Ouest et de son peuplement (ou d’un autre pays).

 

Mais très vraisemblablement, les petits occidentaux et leurs parents ne cultivent pas les mêmes complexes d’infériorité ou de supériorité que nombre d’immigrés ou de natifs de lointaines contrées qui estiment que l’histoire de la France ne les concerne pas, qui rêvent déjà de la détruire en tant que nation, ou d’indépendance.
 

Donc aujourd’hui, dans une classe avec des enfants maliens, des enfants afghans et des enfants tchétchènes, ou réunionnais, il faudrait leur apprendre à chacun l’histoire de leur pays ? Mes contradicteurs sur ZINFOS me demandaient si «vous ou vos parents auraient accepté qu'on vous inculque une unique version erronée lors de vos cours d'histoire?» En quoi est-ce que l’histoire des peuls ou des toucouleurs représente-t-elle une version erronée de l’histoire (pour reprendre leurs mots) ? Je suis évidemment en total opposition avec cette interprétation de l’enseignement de l’histoire. C’est l’histoire du Sénégal et je l’ai trouvée extraordinaire.

 

Et ceux qui vivent au Sénégal et qui ne veulent pas que l’on apprenne cette histoire à leurs enfants, ou les enfants qui s’offusquent qu’on veuille leur faire apprendre cette histoire, n’ont qu’à quitter le Sénégal et repartir dans leur France chérie pour y apprendre une histoire qui leur conviendrait mieux.

 

Les propros de Lodiab et de Mme Taubira ne sont donc pas audibles. L’indigénisme n’est pas audible pour moi. Si on a cessé de faire apprendre à nos enfants, à nos jeunes l’histoire du peuplement de la France, des peuples qui l’ont fondé, constitué, sous prétexte de métissage et de culturalisme pour ne pas choquer les consciences, il y a un problème. Il y a aussi un problème de méthode d’apprentissage, puisque l’enseignant ne va plus apporter la connaissance, mais va devoir chercher à sortir la connaissance d’enfants qui ne connaissent rien.

Pour citer ces Zinfonautes :«Est-il judicieux de conformer la jeunesse et de lui imposer l'histoire d'un autre pays sans l'informer de l'histoire du pays où ses ancêtres sont nés et surtout de son héritage culturel?» J’y ai déjà répondu. C’est l’histoire du pays où ils sont nés ou bien où leurs parents ont choisi d’émigrer. Pourquoi y rester s’ils ne sont pas d’accord ? Comment étudier en classe l’histoire de tous les pays où les ancêtres des jeunes sont nés ? Faudrait-il faire des classes de maliens, de sénégalais, d’afghans, de tchadiens dans les écoles françaises pour que ces enfants soient heureux ? Et comme ces mêmes parents voudront aussi de la diversité, il faudra aussi mettre dans chacune de ces classes des enfants blancs ? Et à eux, on ne leur demandera pas leur accord pour leur apprendre une autre histoire que celle de leurs ancêtres ?

 

Au fond, il y a eu en France métropolitaine la même sensibilité. On a appris aux petits bretons, aux petits corses, aux petits occitans, aux petits basques, l’histoire de leur pays, la France. Et on les a forcé à s’exprimer en français. Cela a eu lieu plus de 50 à 60 ans avant ce que vous dites avoir vécu. Il faut lire le Cheval d’orgueil. Aujourd’hui, les écoles Diwan tentent de conserver l’enseignement du breton pour conserver cette histoire. Y apprennent-ils une autre histoire ? Cela a-t-il un sens ? Non selon moi.

 

Faudra-t-il créer des écoles créoles comme il y a eu, et qu’il y a encore, des écoles Diwan ? À moins que l’indigénisme et la théorie de la repentance mémorielle aient tellement progressé en France qu’il ne soit plus nécessaire de fonder de nouvelles écoles, payantes, chères parce que non sous contrat, et que les indépendantistes de tout crin soient désormais capables d’obliger l’éducation nationale à modifier ses programmes pour imposer l'étude des particularismes locaux ou ethniques, pour ne pas heurter les petites sensibleries des racistes persuadés par les thèses intersectionnalistes.

 

Pour la petite histoire, l’histoire de la Bretagne a une toute autre épaisseur que celle de la Reunion, ou de l’île Bourbon. Elle ne remonte pas à 1600 mais à l’histoire des celtes, plusieurs milliers d’années avant JC. Les Lodiab et les Bokapola, comme tous ceux de leur clan, semblent persuadés de la justesse de leur combat. Combattre l’hydre de la domination des méchants français qui ont envahis leur magnifique île, qui detruisent leur belle langue, qui nient leur histoire et leurs souffrances. Mais ils oublient que nous sommes très nombreux à combattre contre l’injustice, et que leurs ancêtres, eux-aussi, ont tous débarqué sur cette île à un moment ou un autre au cours des 400 dernières années ... puisqu’ils ne peuvent pas descendre des dodos qui étaient les premiers habitants de cette île et qui furent exterminés !

 

 
Saucratès


30/10/2021
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Pensées désabusées d’un nouveau Samedi soir de 2021

Pensées désabusées d’un nouveau Samedi soir de 2021

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, samedi 23 octobre 2021


Le pass sanitaire et la politique du gouvernement français, de Macron, pour faire face à l’épidémie de coronavirus occupe toutes mes pensées et tous mes écrits sur ce blog, depuis de très longs mois, depuis de trop longs mois. Au point qu’il me masque tous les autres sujets de réflexion, pratiquement toutes les autres pensées autres.


Pour rien d’ailleurs, puisque nul politique ne me lit, nul mis à part Frédéric Amany qui s’est lancé dans la course aux parrainages pour les prochaines élections présidentielles. Ces prochaines élections présidentielles auront donc lieu dans à peine six mois et nous nous trouvons face à un futur parsemé d’incertitudes. Seule certitude ; il faut battre Macron et ses séides car si ce type l’emporte à nouveau, une nouvelle fois, il ne va plus simplement dépecer la France et monter les français les uns contre les autres, peuple des gilets jaunes contre peuple des villes, peuple de ceux qui n’ont presque plus rien à perdre contre peuple de ceux qui vivent dans les villes et qui croient dans un pouvoir qui leur ment ... vaccinés contre non vaccinés et anti pas sanitaire ... Il ne va pouvoir le faire parce que c’est déjà fait. Mais avec l’appui de la police, il se retournera contre ceux qui ont quelques biens, quelque épargne, pour les spolier. Et comment ces petits possédants pourraient-ils se révolter, jeter en pâture comme victime expiatoire aux gilets jaunes, comme profiteurs de crise. Parce qu’il faudra bien rembourser ces montagnes de dettes amassées pendant la crise.

 

La nécessité de faire battre Macron et le monde de la haute finance est ma seule certitude pour cette élection. Mais je sais aussi que c’est pratiquement chose impossible. Avec le risque de tomber de Charybde en Scylla. Avec le risque de remplacer un apprenti dictateur (désolé pour tous ceux qui l’idéalise) par un autre dictateur ou dictatrice, qu’il soit écologiste ou d’extrême droite.

Aucun président avant lui n’a réussi à se faire réélire alors que son parti gouvernait le pays, et ceci depuis les années 1970. Mitterrand a perdu chacune des deux élections législatives qui ont eu lieu au cours de ses deux septennats, en 1986 et en 1993. Et dans ces deux cas, le gouvernement au pouvoir a également perdu la présidentielle qui a suivi : Miterrand a été réélu en 1988 face à son premier ministre Chirac et Chirac l’a emporté en 1995 face au premier ministre Balladur. En 1997, Chirac a perdu face à la Gauche plurielle de Jospin et il a dû supporter cinq ans de cohabitation avec cette gauche plurielle. Seul Jospin et sa gauche plurielle n’avaient apparemment pas été usés par l’exercice de ce pouvoir de gouvernement. En 2002, Jospin aurait dû remporter cette élection présidentielle, mais il n’a pas passé le premier tour, battu par la multitude des candidatures de gauche et par la stupidité des électeurs qui ont voté pour Lutte ouvrière ou pour le MRG. À moins qu’en fait, son elimination au premier ne soit justement le signe de cette usure du pouvoir de Jospin et de sa gauche plurielle !

 

En 2007, première exception, le nouveau candidat de la droite, Nicolas Sarkozy, auréolé de ses réussites comme ministre de l’intérieur puis ministre de l’économie, bat la candidate du PS, Ségolène Royal. Pour la première fois, un parti au pouvoir (l’UMP à l’époque) réussit à se maintenir, avec un nouveau candidat. Mais le PS a fait une première fois montre de son inaptitude à se choisir un candidat potentiellement susceptible de remporter les élections présidentielles. Il récidivera en 2017 avec le choix d’Hamon, et en 2022 avec le choix de la maire de Paris, Hidalgo.

 

En 2012, une nouvelle fois, un président en exercice, ce même Sarkozy, au pouvoir, gouvernant la France, est battu par son adversaire. Hollande l’emporte face à Sarkozy au deuxième tour. En 2017, Hollande, relativement bas dans les sondages, ne se représente même pas pour tenter d’être réélu lors de l’élection présidentielle. Et il laisse la place grande ouverte à un absolu inconnu, son ancien bras droit à l’Elysée, parachuté au ministère de l’économie et des finances au départ du détenteur du poste Montebourg. Macron qui sera facilement élu face à la candidate du FN, fille de celui qui fut si largement battu par Chirac en 2002. Je veux parler des Le Pen.

 

Et en 2022, que va-t-il se passer ? Macron et son gouvernement qui distribue à tour de bras des chèques pour se faire réélire, chèque culture pour les jeunes de 18 ans, chèque inflation pour une majorité de français, et pas un seul média qui ne nomme ces largesses envers ceux-là même qu’il traitait de rien du tout, de derniers de cordée, de profiteurs du système il y a à peine quelques mois. S’il doit à nouveau affronter la candidate du Rassemblement National ; il devrait l’emporter. S’il doit affronter une candidate socialiste, il l’emportera aussi très vraisemblablement. Mais moins largement. Pourra-t-il être battu par un candidat de LR ou par Éric Zemmour ? C’est toute l’interrogation.

 

Après avoir été élu sans parti politique derrière lui, à la différence de tous ses adversaires, après avoir été élu à sa première tentative électorale (Mitterrand avait été battu deux fois à la présidentielle, de même que Chirac), seule Sarkozy ayant réussi precedemment à être élu pour sa première tentative, mais il avait été précédemment élu maire de Neuilly, député ... Macron deviendra-t-il le premier président depuis le Général de Gaulle à être réélu tout en gouvernant la France ? Les français sont-ils si stupides qu’ils puissent le réélire ?

 

 

#Jesuiscassandre


23/10/2021
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Pensées d’un premier samedi soir d’octobre 2021

Pensées d’un premier samedi soir d’octobre 2021

Par Saucratès

 

Saint-Denis de La Réunion, samedi 2 octobre 2021


Nouveau samedi soir sur cette terre réunionnaise, et des pensées qui demeurent à mon grand désespoir essentiellement politique, ou plutôt anti-politiques. Le pass-sanitaire est plus ou moins rentré dans les mœurs et gêne de moins en moins de monde, et ses opposants perdent graduellement en virulence et surtout en visibilité. Continuer à défier le gouvernement demande une persévérance remarquable, invraisemblable que les autres citoyens devraient noter et surtout s’en féliciter et les remercier. C’est grâce à des gens aussi remarquables que le gouvernement ne passe pas n’importe quelles lois. Et c’est aussi à cause du reste de la population, manipulable et moutonnière, que des lois aussi abjectes que le pass-sanitaire, les confinements, les couvre-feux, la loi Travail et toutes les lois liberticides que Macron et Hollande nous ont pondu toutes ces dernières années ont pu passer. 

 

Mais je dis cela mais je fais partie de cette population moutonnière et surtout fainéante, qui ne veut surtout pas remettre en cause son petit confort matériel pour défier ce gouvernement et ces lois scélérates. Comme au travail, il est tellement plus simple de faire juste ce que l’on vous demande, plutôt que de se révolter, de se mettre en danger et de ne pas se réfugier dans ses petites habitudes moutonnières, ses petits loisirs, son petit travail et ses petites activités que l’on peut faire sans trop réfléchir. 

Se révolter ! Voilà ce qui est devenu si compliqué ! Agir contre l’injustice ? Tout aussi compliqué. Tellement plus simple de donner quelques euros pour se sentir moins coupable de jouir, ou de ne rien donner et passer droit sans un regard, parce qu'il est si facile d’oublier et de passer à autre chose. On peut penser ce que l’on veut de la fondation de Bill et de Melinda Gates, ou de leur divorce, mais ils ont eu la volonté d’agir. Ils nous manipulent peut-être tous, eux ou certains dans leur fondation, mais ils ont agi ! Ils eussent pu jouir simplement de leurs centaines de milliards, ou chercher à s’enrichir toujours plus. Mais ils ont cherché à aider, à intervenir, à agir !

 

Politique toujours avec les dérapages quotidiens du président Macron. Apres l’affaire des sous-marins australiens et de la crise de nerfs piquées par Macron et par la diplomatie française (un certain nombre de guignols s’étaient quand même vantés des milliers d’emplois sauvés par ce contrat du siècle et de l’excellence de la technologie française, en assurant de la neutralité -toute relative- des américains, et en jouant le même tour de cochon à leurs concurrents, notamment japonais), on découvre les insultes proférés par le même petit dictateur à l’égard du président malien qui a osé contester à la tribune de l’ONU les décisions françaises de retrait de ses troupes. 

 

«J’ai été choqué. Ces propos sont inacceptables. Alors que, hier, nous avons présidé à l’hommage national au sergent Maxime Blasco, c’est inadmissible. C’est une honte et ça déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement», a-t-il déclaré.

 

«Je sais que les Maliens ne pensent pas ça », a estimé Emmanuel Macron, en soulignant que « la légitimité du gouvernement actuel », issu de deux coups d’Etat depuis 2020, était « démocratiquement nulle».

 

«Qu’ils respectent leurs engagements : qu’en février il y ait des élections, qu’ils arrêtent de mettre en prison les opposants politiques, qu’ils fassent leur travail, c’est-à-dire le retour de l’Etat, ce qu’ils ne font pas depuis des mois »

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/10/01/mali-emmanuel-macron-qualifie-de-honte-les-propos-du-premier-ministre-sur-un-abandon-par-la-france_6096707_3212.html

 
Discours assez invraisemblable et inacceptable, qui équivaut à mon avis au qualificatif de «pays de merde» utilisé par le président Trump à une autre époque, mais qu’aucun journaliste français n’osera jamais relevé, n’aura jamais le cran de relever, parce que notre petit dictateur est une star, un démocrate extraordinaire, un homme si brillant et si respectueux des règles de la démocratie ! 

Notre petit dictateur qui est incapable de savoir ce que les français pensent, mais qui semble persuadé de savoir ce que les maliens pensent ! Qui fait emprisonner et fait condamner ses contestataires, ses opposants politiques que sont les gilets jaunes ou les anti vaccins, mais qui va donner des leçons au gouvernement malien !

 

Comme d’autres l’ont fait avant moi, je présente mes excuses au premier ministre malien de transition Choguel Kokalla Maïga :

 

«Monsieur le premier ministre Choguel Kokalla Maïga, je vous présente mes excuses, au nom du peuple français dont je fais également partie, pour les paroles déplacées et offensantes du président de la République française Emmanuel Macron. Le peuple malien est libre de choisir la forme de gouvernement qui lui convient et il n’appartient pas un étranger de se prononcer sur la légitimité de telle ou telle forme de gouvernement. Il n’existe pas une seule et unique mesure de la légitimité d’un gouvernement. Et la France, et tout particulièrement son président de la république Emmanuel Macron, est très mal placé pour donner des leçons de démocratie à votre gouvernement.»

 

 

Saucratès 

 


02/10/2021
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