Critiques de notre temps

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Pensées


Pensées d’un premier samedi soir d’octobre 2021

Pensées d’un premier samedi soir d’octobre 2021

Par Saucratès

 

Saint-Denis de La Réunion, samedi 2 octobre 2021


Nouveau samedi soir sur cette terre réunionnaise, et des pensées qui demeurent à mon grand désespoir essentiellement politique, ou plutôt anti-politiques. Le pass-sanitaire est plus ou moins rentré dans les mœurs et gêne de moins en moins de monde, et ses opposants perdent graduellement en virulence et surtout en visibilité. Continuer à défier le gouvernement demande une persévérance remarquable, invraisemblable que les autres citoyens devraient noter et surtout s’en féliciter et les remercier. C’est grâce à des gens aussi remarquables que le gouvernement ne passe pas n’importe quelles lois. Et c’est aussi à cause du reste de la population, manipulable et moutonnière, que des lois aussi abjectes que le pass-sanitaire, les confinements, les couvre-feux, la loi Travail et toutes les lois liberticides que Macron et Hollande nous ont pondu toutes ces dernières années ont pu passer. 

 

Mais je dis cela mais je fais partie de cette population moutonnière et surtout fainéante, qui ne veut surtout pas remettre en cause son petit confort matériel pour défier ce gouvernement et ces lois scélérates. Comme au travail, il est tellement plus simple de faire juste ce que l’on vous demande, plutôt que de se révolter, de se mettre en danger et de ne pas se réfugier dans ses petites habitudes moutonnières, ses petits loisirs, son petit travail et ses petites activités que l’on peut faire sans trop réfléchir. 

Se révolter ! Voilà ce qui est devenu si compliqué ! Agir contre l’injustice ? Tout aussi compliqué. Tellement plus simple de donner quelques euros pour se sentir moins coupable de jouir, ou de ne rien donner et passer droit sans un regard, parce qu'il est si facile d’oublier et de passer à autre chose. On peut penser ce que l’on veut de la fondation de Bill et de Melinda Gates, ou de leur divorce, mais ils ont eu la volonté d’agir. Ils nous manipulent peut-être tous, eux ou certains dans leur fondation, mais ils ont agi ! Ils eussent pu jouir simplement de leurs centaines de milliards, ou chercher à s’enrichir toujours plus. Mais ils ont cherché à aider, à intervenir, à agir !

 

Politique toujours avec les dérapages quotidiens du président Macron. Apres l’affaire des sous-marins australiens et de la crise de nerfs piquées par Macron et par la diplomatie française (un certain nombre de guignols s’étaient quand même vantés des milliers d’emplois sauvés par ce contrat du siècle et de l’excellence de la technologie française, en assurant de la neutralité -toute relative- des américains, et en jouant le même tour de cochon à leurs concurrents, notamment japonais), on découvre les insultes proférés par le même petit dictateur à l’égard du président malien qui a osé contester à la tribune de l’ONU les décisions françaises de retrait de ses troupes. 

 

«J’ai été choqué. Ces propos sont inacceptables. Alors que, hier, nous avons présidé à l’hommage national au sergent Maxime Blasco, c’est inadmissible. C’est une honte et ça déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement», a-t-il déclaré.

 

«Je sais que les Maliens ne pensent pas ça », a estimé Emmanuel Macron, en soulignant que « la légitimité du gouvernement actuel », issu de deux coups d’Etat depuis 2020, était « démocratiquement nulle».

 

«Qu’ils respectent leurs engagements : qu’en février il y ait des élections, qu’ils arrêtent de mettre en prison les opposants politiques, qu’ils fassent leur travail, c’est-à-dire le retour de l’Etat, ce qu’ils ne font pas depuis des mois »

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/10/01/mali-emmanuel-macron-qualifie-de-honte-les-propos-du-premier-ministre-sur-un-abandon-par-la-france_6096707_3212.html

 
Discours assez invraisemblable et inacceptable, qui équivaut à mon avis au qualificatif de «pays de merde» utilisé par le président Trump à une autre époque, mais qu’aucun journaliste français n’osera jamais relevé, n’aura jamais le cran de relever, parce que notre petit dictateur est une star, un démocrate extraordinaire, un homme si brillant et si respectueux des règles de la démocratie ! 

Notre petit dictateur qui est incapable de savoir ce que les français pensent, mais qui semble persuadé de savoir ce que les maliens pensent ! Qui fait emprisonner et fait condamner ses contestataires, ses opposants politiques que sont les gilets jaunes ou les anti vaccins, mais qui va donner des leçons au gouvernement malien !

 

Comme d’autres l’ont fait avant moi, je présente mes excuses au premier ministre malien de transition Choguel Kokalla Maïga :

 

«Monsieur le premier ministre Choguel Kokalla Maïga, je vous présente mes excuses, au nom du peuple français dont je fais également partie, pour les paroles déplacées et offensantes du président de la République française Emmanuel Macron. Le peuple malien est libre de choisir la forme de gouvernement qui lui convient et il n’appartient pas un étranger de se prononcer sur la légitimité de telle ou telle forme de gouvernement. Il n’existe pas une seule et unique mesure de la légitimité d’un gouvernement. Et la France, et tout particulièrement son président de la république Emmanuel Macron, est très mal placé pour donner des leçons de démocratie à votre gouvernement.»

 

 

Saucratès 

 


02/10/2021
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Pensées d’un samedi soir sur la vaccination obligatoire et le pass-sanitaire

Saint-Denis de La Réunion, samedi 31 juillet 2021


En ce dernier samedi soir du mois de juillet 2021, en ce dernier jour de ce mois terrible, je ne peux toujours que parler de la vaccination et de l’instauration de cet abject pass-sanitaire. Ce qui me hérisse dans le débat politique et philosophique actuel ... car il s’agit au fond avant tout d’un sujet de philosophie politique, de liberté publique et de la priorité et de la priorisation à donner entre libertés, droits et contraintes sanitaires collectives ... ce n’est pas tant le fait ou non de se faire vacciner, que l’impossibilité décrétée d’y échapper et l’obligation presque imposée de se faire vacciner. 

Je ne suis pas fondamentalement anti-vaccin même si je n’apprécie aucune obligation vaccinale nouvelle. La réussite de certaines formes d’obligation vaccinale, contre les oreillons, contre la coqueluche, contre la poliomyélite, contre le tétanos, tous ces vaccins obligatoires depuis des décennies et des décennies dans notre pays, ne peut pas servir de preuve absolue pour tous les autres vaccins. Heureusement, mes enfants sont nés bien après les nouvelles obligations vaccinales instaurées par Emmanuel Macron pour le bénéfice de Big Pharma. Je ne suis donc pas contre ce vaccin, mais j’aimerais le faire de ma propre volonté, sans risquer de mourir (la probabilité d’en mourir et de subir des effets indésirables est néanmoins faible), pour mes propres raisons, et non pas uniquement parce que le gouvernement, Macron, Castex, Véran, ou Brigitte, l’a décidé. 

Mais je sais aujourd’hui que je n’ai plus le choix. Je n’ai rien à attendre du Conseil d’Etat, comme il l’a prouvé en validant cette loi scélérate, ni du Conseil constitutionnel, qui la validera pour l’essentiel, ou sans aucune remarque ... quand on apprend en plus que le fils de Laurent Fabius conseille le gouvernement, on comprend que la partie est définitivement perdue. Et je n’ai malheureusement rien à attendre des journaux, des médias, des politiques, quand on voit l’unanimité qui prévaut sur cette question de la vaccination obligatoire.

 

Alors non, je ne suis pas contre le vaccin, juste contre une mesure liberticide, qui cherche à couper une France en deux, une Réunion en deux, contre le pass-sanitaire, sans avoir néanmoins le courage de participer à des manifestations contre lui ... même si de tout coeur, je les soutiens et je pense qu’ils me représentent, qu’ils se battent pour moi, pour ma liberté, pour mon droit à disposer de mon corps, même si j’ai pu choisir de me vacciner, pour de multiples raisons, parce qu’au fond, j’ai compris que nous n’aurons pas le choix ! Parce que je n’aimerais pas que mes enfants puissent imaginer qu’ils m’auront condamné en me contaminant. Mais ceci ne signifie pas que je suis pour la vaccination obligatoire, pour le pass-sanitaire, pour le gouvernement, pour les reves totalitaires des vaccinés qui rêvent d’une époque où eux auraient tous les droits et nous, les autres, aucun.

J’aime sûrement trop mon confort personnel pour m’emmerder à manifester contre cette saleté de pass-sanitaire. Il faut une telle dose d’humanisme, une telle envie de se battre pour les autres, pour faire masse pour faire reculer le gouvernement, une telle envie et un tel désintéressement que je n’ai pas - je ne suis pas prêt à perdre un samedi après-midi, un temps de sieste, ou une soirée confortablement installé devant un barbecue, une bouteille de vin, des entrecôtes ... J’admire ceux qui en sont capables, qui ont cette volonté, ce désintéressement, ce besoin de faire entendre leur voix, de se battre pour les autres.

 

Le gouvernement nous a projeté dans une situation où nous sommes incités à nous battre les uns contre les autres. Les médias se jettent comme des chiens enragés sur le moindre député ou la moindre députée qui se différencie de la ligne officielle du soutien au gouvernement, du vote des lois d’exception qui cherche à séparer les bons français des mauvais français. C‘est ce combat, c’est cette guerre civile à laquelle nous convie ce président et ce gouvernement indigne qui me fait réagir. La démocratie française a atteint en ce mois de juillet 2021 un point de non-retour. Le futur ne ressemblera plus au passé. Le gouvernement et Macron sont responsables de cette haine qui pousse deux France, deux Réunion, à se déchirer et à s’affronter.

 

 

Saucratès


31/07/2021
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La France et le monde vont de plus en plus mal. Regard pessimiste sur la politique

Saint-Denis de la Réunion, samedi 10 juillet 2021

 

Le monde entier va de plus en plus mal. La France va de plus en plus mal. En matière sanitaire, nous nageons déjà en plein délire. Le gouvernement d’Emmanuel Macron et de Jean Castex envisage, ou plutôt souhaite imposer, la vaccination obligatoire pour tous les personnels soignants. Avec un argument débile, infâme, inacceptable, selon lequel les malades ne souhaitent pas se faire contaminer à l’hôpital ! On ne souhaite pas non plus mourir en se faisant opérer à l’hôpital, mais cela arrive. On ne souhaite pas non plus mourir en se faisant vacciner, mais cela arrive aussi. Et enfin et surtout, le fait qu’une personne soit vaccinée ou non ne l’empêchera pas de tomber malade et de contaminer d’autres personnes !!! Arrêter de prendre les francais pour des cons, Messieurs du gouvernement et Monsieur le Président !

 

Nous nageons en plein délire parce que la vaccination est déjà obligatoire dans l’armée. C’est deux mois de trou pour les soldats, pour les engagés qui refusent de se faire vacciner, ou de se laisser vacciner. Et cela, personne ne le sait ! 

L’obligation de se faire vacciner nous pend au nez, nous attend indubitablement. Nous n’y échapperons pas. La France n’est évidemment plus une démocratie depuis bien longtemps, nous le savions parfaitement.

 

Mais elle devient désormais une dictature sanitaire et une dictature médiatique.  Et on continue dans la lignée du marriage pour tous, de la dissolution de toutes les valeurs les plus sacrées de notre société. On généralise maintenant la PMA pour tous, enfin, surtout pour toutes. La PMA, c’est-à-dire la procréation médicalement assistée, qui permet à des couples de femmes ou à des femmes seules, de procréer sans interférence masculine. Au fond, rappelons quand même qu’il faut encore des donneurs de sperme. Elles n’ont pas encore réussi ce tour de force à s’en passer. Leur rêve ou non ? Après tout, ravaler l’homme à une banque de sperme, n’est-ce pas le rêve de toutes ces féministes acharnées ? Le combat de toutes ces ultra-féministes et de leurs ancêtres ?

La France va mal. Les islamistes et les gauchistes ne se cachent plus et ne cachent plus leur proximité idéologique. Les ultra libéraux du gouvernement et les Macronistes ne cachent plus non plus leur proximité idéologique avec ces islamogauchistes. Tout ce monde ne vise plus que la destruction de tout ce qui est la France profonde, des classes moyennes, du milieu ouvrier, des syndicats, du monde de l’enseignement, des fabriques à élite. Ces dirigeants, ces islamogauchistes visent le même et unique objectif mais pas pour les mêmes raisons : les uns veulent la domination du marché, la paupérisation des masses pour asseoir leur propre pouvoir et leur propre domination, les autres veulent le règne de l’islam et de la charia, également pour établir leur propre pouvoir.

 

N’est-il pas trop tard pour se réveiller ?

 

 

Saucratès


10/07/2021
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Roland-Garros : lendemain de gueule de bois

En ce samedi matin, je me lève avec une impression de vide. Raphaël Nadal a été vaincu en demi-finale à Roland-Garros par Djokovic, par le Djoker. Il ne remportera pas cette année pour la quatorzième fois ce tournoi de grand-chelem. Pas cette année, pas en 2021, stoppé en demi-finale.

 

La dernière balle du match jouée, je me suis rendu compte que le monde ne s’arrêterait pas de tourner malgré la défaite de Raphaël Nadal, même si je ne pourrais pas me réjouir le lendemain de lire le compte-rendu de sa victoire. Ce n’était pas si grave.

 

Ce que j’ai aimé, c’est que contrairement aux autres joueurs à la fin d’un match perdu, il n’a pas disparu directement à la fin de son match perdu, mais il a longuement salué le public, comme pour le remercier de toutes ces longues années de soutien. J’ai trouvé cela remarquable ... même vaincu par son pire ennemi, il a longuement salué son public qui, il m’a semblé, a souvent conspué son adversaire dans ce match.

 

On ne refera pas ce match, mais on peut se demander ce qui se serait passé si Nadal avait remporté le troisième set sur cette balle de set qu’il avait au cours de ce douzième jeu sur le service du Serbe, avant que Djokovic ne remporte sa mise en jeu, égalisant à 6-6. Malgré tout, Raphaël Nadal semblait jouer trop souvent trop court face à Djoko dans les échanges, un poil en dessous, un peu émoussé, incapable de le mettre sous pression. Il était aussi trop souvent trop friable sur son service, à mon humble avis. Insuffisamment dangereux sur sa mise en jeu. À moins que Djokovic n’ait été beaucoup trop fort cette fois-ci pour Raphaël Nadal. 

Mais j’espère que Raphael Nadal reviendra encore plus fort l’année prochaine, une nouvelle fois, comme après chacune de ses deux précédentes défaites, pour remporter encore une nouvelle fois ce tournoi.

 

Maintenant, la finale de Roland-Garros de cette année perdra beaucoup de son intérêt, de son attrait. Ma seule consolation serait que le jeune Stefanos Tsitsipas soit capable de le vaincre en finale, Djokovic, demain dimanche.

 

 

Saucratès 


12/06/2021
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Réflexions pessimistes sur le monde d’après

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 11 juin 2021


Refrain

 

Si l’on compare la situation actuelle de l’économie et de la société mondiale à l’aune de la crise économique de 1929, ce qu’a fait la «Revue des Deux Mondes», on peut s’apercevoir d’un certain nombre de convergences et de ressemblances entre ces périodes. Celles de deux mondes en voie d’effondrement, en route vers l’abîme, vers une conflagration monumentale et monstrueuse. Celle d’un monde à la veille de son crépuscule, la fin d’une époque, alors que les prémices du monde d’après peuvent se distinguer, de la même manière que la toute-puissance de l’Amérique et de l’URSS, et de la technologie, était déjà perceptible dans les années 1920-1930.

 

Primo

Quels enseignements tirés de la crise financière de 1929 selon M. Jean-Claude Trichet, interviewé par la «Revue des Deux Mondes» ?

 

M. Jean-Claude Trichet est avant tout un spécialiste de la politique monétaire, en regard duquel je n’ai aucune légitimité pour le contredire voire simplement pour le commenter. Il a été successivement directeur du Trésor, gouverneur de la Banque de France, puis président de la Banque Centrale Européenne. C’est évidemment un haut fonctionnaire francais, mais surtout un ultra-libéral qui a oeuvré aussi bien sous les gouvernements de droite ou de gauche entre les années 1987 et 2011. Et il demeure écouté, si ce n’est en tant que conseiller des gouvernements qui nous dirigent aujourd’hui. Lorsqu’il parle, dans le discours qu’il tient, dans les idées qu’il énonce et qu’il avance, on peut y lire le programme politique de nos dirigeants pour les prochaines années. 

Je me réfère ainsi pour cette première partie sur l’article de la «Revue des Deux mondes» de janvier 2021 intitulé «Préparer l’économie et la société aux défis de demain».

 

L’histoire de la crise de 1929 telle que racontait par M. Trichet colle parfaitement à ce que l’on connaît de cette crise économique. A l’origine, on trouve une violente crise boursière à Wall Street, et l’histoire en a conservé l’image de ces tradeurs se jetant du haut des buildings américains après avoir été ruinés et avoir tout perdu. Cette violente correction boursière n’a néanmoins touché que la bourse new-yorkaise ; la lenteur de la transmission des nouvelles en 1929 choque dans notre monde actuel où l’information circule en simultané sur l’ensemble des places boursières. Alors que l’information demandait des semaines pour se répandre en 1929, on parle à notre époque de nanosecondes avec les programmes de trading à haute fréquence.

 

En 1929, cette crise boursière se double d’une crise financière et économique parce que les banques centrales et les gouvernements se trompent de diagnostic. Alors qu’ils auraient dû inonder les marchés de liquidité pour éviter les faillites en chaîne des banques, les autorités monétaires des principaux pays ne croient pas en une contagion de la sphère financière vers la sphère réelle et ils ne font rien. On comprend en lisant M. Trichet que la crise de 1929 servira d’anti modèle lors de la crise financière de 2007-2008-2009, également née aux Etats-Unis, mais aussi au cours de cette crise de la pandémie du coronavirus en 2020. Les États ne proposent pas non plus de plans de relance budgétaire en 1929, et bien au contraire, cette crise économique s’amplifiera en raison de la montée du protectionnisme dans chaque pays dans le but de protéger l’industrie et l’économie. 

Mais la lecture de M. Trichet permet aussi de rappeler que le concept de relance budgétaire n’existait pas encore, que le keynésianisme n’avait pas encore été inventé, et que John Maynard Keynes n’avait pas encore publié ses traités. Le «New Deal» ne sera mis en œuvre qu’en 1933 et c’est l’effort de guerre industriel américain puis la reconstruction de l’Europe qui permettra seulement de relancer la machine économique occidentale et permettra l’euphorie des trente glorieuses. 

Selon M. Trichet, et là je ne le rejoins pas, en 1929, les gouvernements et les banques centrales se trouvaient confrontés à une situation qu’ils n’avaient jamais connu. Mais M. Trichet ne rappelle pas ce que l’on a appelé la grande dépression (ou grande déflation) des années 1873-1896, où l’ensemble des économies occidentales avaient traversé crises financières sur crises financières. 1929 n’était pas au fond si différente de ces crises précédentes et les décideurs politiques de l’époque auraient pu chercher à mieux gérer cette crise pour éviter de reproduire les années 1873-1896. Mais après tout, le monde s’était relevé sans encombre de la longue dépression, sans guerre mondiale, et cela peut expliquer qu’il n’est pas paru nécessaire de changer de politique. La longue dépression n’a pas autant marqué les esprits que la grande dépression des années 1930 ! Quatre-vingt ans plus tard, en 2007-2009, les banques centrales se rappelaient heureusement encore des erreurs commises en 1929 et le gouverneur de la FED, M. Bernanke, était considéré comme le grand spécialiste de la crise de 1929. 

https://www.lefigaro.fr/tauxetdevises/2008/03/18/04004-20080318ARTFIG00333-quand-ben-bernanke-dissequait-la-crise-de-.php


Autre élément totalement oublié par M. Trichet, vraisemblablement parce que cela ne rentre pas dans son analyse, qui a comme objectif de démontrer, de faire apparaitre, que la gestion actuelle des crises financières et des pandémies est parfaite et qu’elle a permis d’éviter des situations potentiellement bien plus catastrophiques que la crise boursière de 1929, c’est l’Union latine. Un certain nombre d’Etats européens mettent en place à partir de 1865 une union monétaire, précurseur du SME européen et de la mise en circulation de l’euro. Cette union monétaire sera l’Union latine, avec une monnaie commune et des parités fixes. Initialement constituée entre le Luxembourg, la Belgique, l'Italie, la Suisse et la France, ils seront rejoint par la Grèce en 1868. Au plus haut, l’Union latine rassemblera 33 pays. Mais ni le Royaume-Uni, ni l’Empire Allemand, ne rejoindront l’Union latine. Elle sera dissoute le 1er janvier 1927, un peu plus de deux ans avant là crise de 1929 citée comme modèle par M. Trichet. Mais cette Union latine n’empêcha pas la survenue de la première guerre mondiale, entre pays appartenant à l’Union latine (l’empire austro-hongrois) et constitue un précédent cruel rappelant que les unions monétaires comme l’euro ne sont pas forcément immortelles. 

 

Mais l’objet de cet entretien donné par M. Trichet n’est pas d’expliquer la sortie de la crise de 1929, mais de nous préparer «aux défis de demain». Et ses derniers propos dans cet entretien est conforme à la doxa néolibérale :

 

«... L’attitude habituelle de la France lorsqu’il y a une crise mondiale consiste à en faire supporter le coût à son secteur productif et à protéger les ménages. C’est ce qui s’est passé lors du premier choc pétrolier. Les entreprises ont payé le prélèvement supplémentaire massif imposé par les producteurs de pétrole et la population a été largement préservée. Mais le résultat a été le début du chômage de masse français. Il faut à mon avis tout faire pour protéger les entreprises viables, actuelles et futures., donc les emplois de demain, contre le choc de la Covid-19. Ce qu’ils est essentiel, aujourd’hui et demain, c’est l’elevation de notre potentiel de croissance, le renforcement de nos progrès de productivité, l’investissement dans les technologies du futur et les emplois d’avenir, et certainement pas la préservation de toutes les situations acquises présentes.»

 

Plusieurs choses me gênent dans ce programme. Le choix du premier choc pétrolier pour son exemple, comme s’il lui fallait trouver une crise pour laquelle il n’avait pas été en responsabilité. Et je doute que les ménages y aient été tellement préservés, confrontés à la hausse du prix de l’essence et de la consommation. Le chômage de masse date également de cette crise, mais cette crise marque aussi la fin des trente glorieuses au plan mondial. La montée du chômage et de l’inflation est mondiale à l’issue de cette crise. 
 

De même, lorsqu’il parle de s’attaquer aux situations acquises, je suis certain qu’il ne considère pas que lui-même et les énarques qu’il représente bénéficient de situations acquises et je ne pense pas qu’il se réjouirait si on remettait en cause leurs avantages, leurs retraites.
 

Enfin, quand je lis ce programme, j’y vois se dessiner ce qui nous attend à l’issue de la prochaine élection présidentielle, si Emmanuel Macron repart sur un nouveau mandat présidentiel et législatif de cinq ans. Je ne pense pas que le gouvernement continuera à nous assurer à ce moment-là que les impôts n’augmenteront pas et que la dette publique française ne pose pas de problème. Ce seront les classes moyennes qui paieront la facture, encore une fois. Et je doute que ce discours sera clairement audible pendant la prochaine campagne pour la présidentielle du côté du candidat Macron.

  

Dernière chose pour conclure : cette surprenante habitude du silence religieux des ultra-libéraux pendant les périodes de crise, lorsque les états doivent massivement intervenir pour soutenir les économies en difficulté, en rupture totale avec les enseignements de l’ultra-liberalisme, comme cela a été le cas en 2008-2009 lors de la crise des subprimes ou en 2020 face à la pandémie de Covid-19. Ces crises mettent à chaque fois en lumière que les vertus auto-régulatrices du libéralisme ne fonctionne pas en période de crise et que les états seuls sont capables d’intervenir pour sauver les économies. Comme M.Trichet lui-même le reconnaît, la crise de 1929 fut catastrophique parce que les états ne firent rien pour sauver les économies. On croit alors que l’ultra-libéralisme ne se remettra pas de ses erreurs et de l’inanité de ses fondements théoriques sur les bienfaits du marché et que les penseurs qui s’en inspiraient n’oseront plus intervenir publiquement.
 

Et pourtant, dès que la crise s’estompe, les penseurs ultra-libéraux recommencent à intervenir pour imposer à nouveau leurs vieilles recettes, et les gouvernements et les journalistes les écoutent à nouveau religieusement, remettant en œuvre des recettes que tout le monde pensait dépassées pendant les moments de crise. Mais c’est simplement parce que nos gouvernements sont infestés de ces ultra-libéraux à tous les postes de responsabilité et qu’ils s‘appuient les uns les autres. 

 

Saucratès


11/06/2021
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