Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Pensées


De l'importance de la confiance dans notre histoire personnelle

Saint-Denis de La Réunion, samedi 24 août 2019

 

Samedi soir, dans la nuit tombée, un feu de bois tente de démarrer au fond de mon jardin. Je bois un verre de vin rouge de ma cave, un petit Saint-Julien sans aucune prétention de 2008 et je pense au monde qui nous entoure. Notre vie entière repose sur la confiance que l'on peut accorder à d'autres gens. La confiance, c'est la clef de voûte de toute notre vie, de la vie de chacun d'entre nous.

 

Evidemment, notre vie commence dans cette confiance. Bébé et enfant, nous sommes incapables de nous défendre et nous dépendons des parents chez lesquels nous vivons, ou chez lesquels nous avons été placés par la DDASS éventuellement. On ne choisit pas ces parents pas plus qu'on ne choisit sa famille. Toute notre vie sera conditionnée en grande partie par ces quelques dix-huit ou vingt ans que l'on passera avec eux, au milieu d'eux.

 

La confiance est aussi au fondement de la vie en couple, du mariage, de la famille. Derrière le couple, derrière l'amour, derrière le sexe, tout est avant tout question de confiance, confiance en l'autre certes, mais surtout confiance en sa bonté, en sa mansuétude, confiance en le fait qu'elle ou lui ne cherchera pas qu'à nous détruire, à nous faire payer quelque chose, à se venger (de quoi de rien éventuellement), à nous battre ou nous frapper éventuellement, parfois à nous tuer. La mise en couple est un pari, un jeu de hasard, un moment où on cherche la personne idoine et on espère pouvoir lui faire confiance.

 

La confiance est aussi à la base de nombreux autres phases ou situations de notre vie. Lorsque l'on conduit, cas où notre vie et celles de nos proches reposent sur la confiance que l'on peut avoir sur le comportement des autres usagers de la route, même si certains comme les motards font peu de cas du respect des autres usagers ... Heureusement, leurs motos sont si fragiles qu'ils ne représentent pas un véritable danger ... même si certains comme les chauffeurs de camions et de bus font peu de cas également des autres usagers ... mais heureusement aussi, la majorité connaissent la dangerosité des mastodontes qu'ils conduisent ... et puis ils ne sont pas si nombreux. La conduite automobile repose sur la confiance, et aussi sur les probabilités. Quelle probabilité y aurait-il pour que le gars suicidaire ou terroriste choisisse justement le moment où vous les croisez pour se suicider ou pour se sacrifier en emportant  vie. Pour le reste des situations dangereuses, comme les personnes saoules ou zamalées, ou les tombeaux roulants qui ne devraient pas circuler, on fait aussi confiance à l'action des forces de l'ordre, des forces de police qui devraient être capables d'arrêter les dangers publics. Et parfois, l'un d'eux échappe aux contrôles, et sèment parfois la mort.

 

Autre situation qui repose sur la confiance, les moments où on prend l'avion, mais également les moments où l'on doit être opéré. Cela peut presque paraître le moment le plus important ; ce moment où notre vie, deja en danger, repose entre les mains, sous le scalpel d'un chirurgien, d'un anesthésiste ou d'un docteur. Un moment où nous sommes absolument sans protection, un peu comme à notre naissance, lors de nos premiers mois ou premières années chez nos parents, dans notre famille.

 

Et d'une certaine manière, c'est aussi le cas en cas de guerre, lorsque des hommes et des femmes désarmés peuvent se retrouver entre les griffes d'hommes armés. Même si nous n'avons plus connu ces situations en Occident depuis plusieurs décennies.

 

Mais l'endroit qui repose le plus sur la confiance, c'est le couple. C'est cette histoire dans laquelle nous vivons presque tous les jours, presque toute notre vie d'adulte, à laquelle nous avons peut-être révé depuis notre plus petite enfance, ou au moins depuis notre adolescence, cette recherche de la personne presque parfaite à laquelle nous avons toujours aspiré, et cette certitude que nous ne pourrons pas non plus correspondre à la personne presque parfaite à laquelle notre autre, notre moitié, aspire également vraisemblablement. 

 

Voilà les quelques pensées nées en cette soirée, ce samedi 24 août 2019, nées des difficultés racontées par une personne rencontrée au cours de mes courses, au supermarché, un vigile avec lequel j'ai sympathisé, empêtré dans des difficultés avec une ex petite amie qui lui réclame le règlement de pensions alimentaires.

 

 

Saucratès


24/08/2019
5 Poster un commentaire

Agir ou se cacher

Saint-Denis de La Réunion, samedi 10 août 2019

 

Un samedi soir à écrire dehors, dans la fraîcheur du soir naissant, devant un bon feu de bois éclairant un jardin entennebré, un bon verre de vin à la main, en mangeant un petit fromage de chèvre ... Tout ceci ne fait pas trop, voire pas du tout révolutionnaire. Il y a quelques dizaines de minutes, je finissais d'écrire un article appelant à la revolution, pourfendant macronistes et puissants de ce monde ... Peut-on se limiter à prôner la revolution depuis son jardin, depuis son salon, sans jamais en sortir et sans jamais s'engager, ni même s'exposer ? L'un de mes lecteurs, Frédéric, m'engageait à agir, à m'exposer, à prendre des risques, parce qu'il y avait tant de choses à faire selon lui. Mais s'exposer, s'exhiber, cesser de se cacher derrière un anonymat fragile, mais malgré tout utile si on soupçonne le gouvernement qui nous dirige de velléités dictatoriales, totalitaires, c'est particulièrement dangereux et inquiétant. Il est tellement plus rassurant de rester anonyme, cacher dans la pseudo invisibilité d'internet. Au fond, l'anonymat nous protège surtout des abrutis de tout bord, bien plus que d'un gouvernement ou d'une administration qui auraient de nombreux outils pour percer nos déguisements. 

 

Dans ce sens-là, je me rappelle de Julien Coupat, soupçonné par un gouvernement de droite, sous Nicolas Sarkozy, d'être celui qui se cachait sous le nom de «comité invisible», d'en être le chef, le leader, la plume. Ce groupuscule anonyme avait publié un petit opuscule appelant à la révolution, intitulé «L'insurrection à venir». Ce livre écrit sous la présidence de Nicolas Sarkozy trouve sa mise en application, sa mise en œuvre, sous la présidence d'Emmanuel Macron, avec le mouvement des gilets jaunes. Il n'est pas tant prophétique que décrivant un malaise généralisé. 

 

Le mouvement des gilets jaunes n'a pas tant que cela à voir avec les principes décrits dans «L'insurrection à venir». On ne voit pas dans ce mouvement spontané, de rejet du pouvoir et des élites, cette reference aux sept cercles de l'enfer ! 

 

Mais ce que je retiens de cette histoire, c'est plutôt l'importance de demeurer invisible, imparfaitement invisible évidemment ... mais le plus invisible possible malgré tout. Cela ne suffira jamais à nous protéger d'un éventuel intérêt de l'Etat, des forces coercitives de l'Etat ... mais la probabilité que les forces coercitives de l'Etat francais s'intéressent à ma petite personne sont après tout insignifiantes, epsilonesques. Heureusement ...

 

 

Saucratès


10/08/2019
2 Poster un commentaire

Quelques pensées d'un nouveau samedi soir

Saint-Denis de La Réunion, samedi 27 juillet 2019

 

Nous sommes le samedi 27 juillet, en un début de soirée. Un feu de barbecue brûle un plus bas dans mon jardin et les flammes dévorent les bûches qui craquent et chantent. Et je vais vous parler d'éthique, je veux reflechir sur certains aspects éthiques. La première question qui me vient a trait au rapport entre ethique et religion, et notamment à l'aspect richesse. L'éthique est-elle compatible avec la richesse ; peut-on être considéré comme éthique si on est riche, aisé, ou bien l'éthique n'est-elle concevable qui lorsqu'on est pauvre, ou du moins lorsque l'on donne tout ce que l'on a dans le respect de l'idéal de charité ? Et c'est pour cette raison que je fais le lien avec la religion, car la charité est un principe religieux, que ce soit dans la religion catholique, où les religieux font vœux de pauvreté (et de chasteté), ou dans la religion musulmane, où l'obligation de charité est l'un des piliers de l'islam. Si la charité et le vœu de pauvreté n'est pas un élément important d'un comportement éthique, pourquoi ces comportements, ces façons d'être et de se comporter seraient-ils imposés par les religions et si particulierement valorisés dans les jugements sociaux ? De l'un, on dira qu'il a le cœur sur la main. De l'autre, on dira que c'est un grippe-sou !

 

Peut-on donc être considéré et se considérer soi-même comme une personne ethique si on ne fait que respecter les lois et chercher simplement à ne pas faire de tord à ses voisins et ses interlocuteurs, mais sans être véritablement charitable ? Et les personnes que l'on dit religieuses, pieuses, qui se disent pieuses et religieuses, ces personnes-là sont-elles véritablement charitables, ou bien leur charité ne s'arrête-t-elle qu'à donner la pièce à leurs pauvres ? Sur la base d'un autre exemple, je voudrais revenir sur ce même problème : François de Rugy et sa femme étaient présentés comme des personnes particulièrement croyantes et religieuses. Et on sait ce qu'il en advint. François de Rugy et sa femme organisaient quand même des dîners sur des fonds de la République, dîners qui, s'ils n'avaient pas été Président de l'Assemblée nationale, auraient dû être réglés de leur propre poche ! Même si ces dîners ne sont pas considérés comme contraires à l'usage des fonds publics (bien que les Rugy devront rembourser l'assemblée pour deux ou trois de ces dîners), on peut s'interroger sur le fait qu'un homme qui défend pour les autres, parlementaires, francais dans leur ensemble, une obligation d'economies et de restrictions, ne trouve pas problématique de ne pas s'appliquer les mêmes mesures de restriction et d'obligations. Et ma question est de savoir si malgré tout cela, M. et Mme de Rugy se pensaient comme des personnes éthiques ? Pensaient-ils être des personnes éthiques, moralement irreprochablesL de bonnes personnes, charitables, ou bien savaient-ils qu'ils trichaient avec les lois, avec les principes qu'ils imposaient et préféraient-ils profiter de leur pouvoir et de leur richesse, en se disant qu'ils étaient bien bons de ne pas abuser plus que cela de leur pouvoir, de leur toute-puissance ? Après tout, évidemment, ils auraient pu faire bien pire. Emmanuel Macron pourrait faire bien pire. Ils pourraient enlever des femmes ou des jeunes filles (ou des jeunes hommes) tous les soirs, puis les tuer. Ils en ont le pouvoir. Et l'impunité. Et pourtant ils ne le font pas. Peut-être s'estiment-ils éthiques de ne pas le faire. De ne pas être tentés de le faire. De ne pas faire pire. De ne pas atomiser tel ou tel petit État qui un jour leur aurait manqué de respect ! Certainement que certains gilets jaunes, lors des mouvements de blocage des routes qu'ils mettaient en œuvre, ont eux-aussi, abusé de leur pouvoir, même si leur pouvoir était bien plus petit que ceux de Macron ou de Rugy. Le fait par exemple de pouvoir bloquer untel ou untel sur un carrefour parce que sa tête ou son comportement, ou la voiture ne leur plaisaient pas. Et malgré cela, ce gilet jaune se pensait peut-être éthiquement irréprochable, parce qu'il pensait combattre l'arrogance des classes des possédants, des riches, et le gouvernement. Lui aussi se croyait peut-être parfaitement éthique, irréprochable moralement.

 

Nota : comme de nombreux spécialistes de la philosophie morale, je considère l'éthique et la morale comme deux notions parfaitement interchangeables, comme deux synonymes. Ces deux termes, même s'ils se réfèrent à des racines divergentes (éthique vient du grec ethos ήθος «lieu de vie» et du latin ethicus «morale» tandis que morale vient du latin mores «mœurs»), signifient évidemment une seule et même chose, ou plutôt pratiquement la même chose. 

 

Selon Wikipédia, «la morale désignerait ainsi l'ensemble des règles et préceptes, obligations ou interdictions relatifs à la conformation de l'action humaine aux mœurs et usages d'une société donnée». «L'éthique, de son côté, est une discipline philosophique portant sur les jugements moraux. C'est une réflexion fondamentale sur laquelle, en principe, la morale de tout peuple pourrait établir ses normes, ses limites et ses devoirs».

 

Autre question lié à cette question de charité et d'éthique, peut-on se considérer comme éthique si on ne se sent pas concerné par les souffrances des réfugiés et des migrants africains. N'est-on éthique que si et seulement si on œuvre pour faciliter l'accès en France ou en Europe à des migrants clandestins. La charité chrétienne n'implique-t-elle pas de les aider et de les accueillir ? Ces questions peuvent vous sembler politique ou excessive. Evidemment, les personnes qui par charité ou par compassion facilitent l'accueil et aident des migrants clandestins font œuvre de comportements éthiques et charitables. La charité est indissociable de l'éthique et l'absence de compassion et de charité peut conduire à priver la vie la plus exemplaire, la plus conforme à ce que l'on attend d'une bonne personne et d'un bon citoyen, de la possibilité de se penser et d'etre une personne ethique et morale. Une telle personne serait droite, mais non charitable et sans compassion envers les autres.

 

Concernant les migrants clandestins, on se trouve alors face à l'opposition connue, résolue, entre les impératifs de la morale et de l'éthique et les impératifs de la loi. Il arrive que la loi n'indique pas les comportements et les façons de se comporter les meilleurs. Il arrive parfois qu'il ne faille pas obéir aux lois civiles mais agir en fonction de ses idéaux, de ce que l'éthique ou la morale vous dicte. Cela arrive parfois. Et parfois ces actes sont stupides ... comme d'aider des migrants clandestins qui demain pourront peut-être les voler, les tuer ou les assassiner. Mais au moins ces personnes auront agi en fonction de leur conscience, conformément à leur conscience.

 

 

Saucratès


27/07/2019
2 Poster un commentaire

Pensées autour de quelques articles de presse

Saint-Denis de La Réunion, lundi 22 juillet 2019

 

Le journal Libération a publié une tribune des députés de La France Insoumise qui traite de la brutalité du pouvoir du gouvernement et du président Macron, à l’égard du peuple et de ses contradicteurs. Cette tribune, signée par l’ensemble des députés du mouvement, est particulièrement bien écrite, faisant le parallèle entre les violences faites aux jeunes lors de la fête de la musique de Nantes, qui conduira à la disparition et à la mort vraisemblable d’un jeune homme, Steve Caniço, aux violences contre les gilets jaunes et aux mesures d’arrestation massive et préventive, à la mort de Zineb Redouane âgée de 80 ans, touchée par un tir de grenade lacrymogène, aux blessures de Geneviève Legay à Nice, âgée de 73 ans, entre autres.

 

Comme ils l’écrivent, «mais qu’aurait-on pu attendre d’un président de la République pour qui certains ne sont rien ? La brutalité policière à l’œuvre depuis de longs mois est la main armée du mépris présidentiel.» Comment oublier Emmanuel Macron appelait Mme Geneviève Legay à plus de sagesse, alors qu’elle était hospitalisée, côtes cassées et traumatisme crânien consécutifs aux coups reçus de la part des forces de l’ordre ? Comment oublier que le gouvernement confiait à la femme du policier mis en cause l’enquête sur cette affaire ? Et comment oublier que le gouvernement a médaillé une grande partie des membres des forces de l’ordre responsables de violence à l’égard des manifestants gilets jaunes ?

 

https://www.liberation.fr/debats/2019/07/19/la-brutalite-bruit-de-fond-du-macronisme_1740877

 

Autre sujet politique, François de Rugy a accusé Médiapart de lynchage politique et annonçait porter plainte. Il a parlé «d’une erreur regrettée et payée au prix le plus élevé et le plus cruel». « La volonté de nuire, de salir, de démolir, ne fait pas de doute. Je suis soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques. » François de Rugy s’est également comparé à Pierre Bérégovoy, qui s’était suicidé le 1er mai 1993 après avoir été contraint à la démission.  Il a indiqué qu'il pensait aux mots de François Mitterand à l’égard de Pierre Bérégovoy, qui avait alors déclaré que l’honneur de son premier ministre avait été livré aux chiens.

 

«Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie, au prix d'un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d'entre nous», avait déclaré François Mitterrand  lors des obsèques de Pierre Beregovoy, le 4 mai 1993.

 

Façon de regretter qu’Emmanuel Macron n’ait pas eu, lui, de mots en faveur de son ministre (d’Etat) après sa démission ?

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/17/francois-de-rugy-parle-d-une-erreur-regrettee-et-payee-au-prix-le-plus-eleve-et-cruel_5490426_823448.html

 

Les politiques de plusieurs bords politiques critiquent ce déballage médiatique et dénoncent une chasse à l’homme. Pourtant, il y a de cela un peu plus de deux ans, peu des supporters et des proches d’Emmanuel Macron contestaient les révélations médiatiques successives et permanentes contre François Fillon, qui avaient l’intérêt de détruire sa candidature et permettre au candidat Emmanuel Macron de se positionner en vue du second tour de l’élection présidentielle.

 

Ne rêvons pas d’ailleurs, comme Le Monde le rappelle, François de Rugy devrait retrouver son poste de député LRM à l’Assemblée nationale à la suite de sa démission du gouvernement. Il reprendrait à l’issue d’un délai d’un mois la place de son suppléant, M. Mounir Belhamiti. Donc, ceux qui parlent d’une décision courageuse prise pour protéger la représentation nationale se foute de la gueule des électeurs et de l’opinion publique. Ainsi Damien Abad, député Les Républicains (LR) : « C’était nécessaire pour éviter de jeter le discrédit sur l’ensemble de la représentation nationale et éviter de creuser le fossé entre les Français et les politiques ». Quel sens cela a-t-il puisque M. François de Rugy va redevenir député ?

 

J’en arrive donc à cette interview de l’historien des médias, M. Patrick Eveno, professeur émérite à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne et président de l’Observatoire de la déontologie de l’information. Selon lui, Médiapart a pleinement «joué son rôle de contre-pouvoir et de vigie dans notre démocratie d’opinion».

 

«Lorsqu’ils sont attaqués, les politiques se retournent contre les médias qu’ils accusent d’être instrumentalisés ou de mauvaise foi. Mais l’opinion publique est de moins en moins naïve, elle a gagné en maturité. Soutenir que l’on est seulement victime d’une machination, d’un complot, d’un lynchage médiatique quand on a dissimulé au fisc ses revenus, ou utilisé l’argent public à des fins personnelles avec une grande légèreté, n’est plus accepté par l’opinion publique. Et ce de plus en plus indépendamment des préférences partisanes. Cette démocratie d’opinion ne résout pas tout, loin de là, mais elle a le mérite de maintenir les pouvoirs sous un contrôle permanent qui globalement contribue à moraliser leurs pratiques. Evidemment, il y a le danger que ce dégagisme débouche sous une forme de nihilisme et de désespérance démocratique nourrissant un seul refrain, celui du «tous pourris». Mais on peut aussi voir les choses autrement et se féliciter que non seulement les médias jouent à fond leur rôle de contrôle et de vigie mais que leur travail soit suivi d’effets. »

 

https://www.liberation.fr/france/2019/07/17/le-pouvoir-politique-ne-peut-plus-ignorer-les-revelations-de-la-presse_1740368

 

Dernière affaire politique en date ; l'ouverture de l'Assemblée nationale à la jeune égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, Greta Thunberg, la danoise qui fait la grève de l'école pour alerter son pays et désormais le monde. Elle avait été reçue par les chefs d'Etat et les délégations lors de la dernière COP (conférence des parties à la convention ...). Donc pourquoi pas à l'Assemblée nationale française ! 

 

Mais au fond, je suis comme eux. Quel besoin avons-nous de recevoir cette gamine donneuse de leçons à la Terre entière et aux adultes à l'Assemblée nationale ? Que visent la centaine de députés qui se proposent de l'inviter à l'Assemblée nationale, si ce n'est justement de donner des leçons au reste des députés sceptiques, au gouvernement qui n'avance pas assez vite pour interdire toute une série de comportements insuffisamment écolos parmi les citoyens et les automobilistes français ! Effectivement, nous n'avons pas besoin de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale française ! 

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/22/des-deputes-de-droite-protestent-contre-la-venue-de-greta-thunberg-a-l-assemblee-nationale_5492016_823448.html

 

 

Saucratès


22/07/2019
0 Poster un commentaire

Retour à la politique

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 7 juillet 2019

 

L'actualité récente va me ramener à la politique et au Macronisme. Un de mes meilleurs amis (et lecteur) semble me dépeindre, me considérer comme un anti-macroniste acharné, maladif, compulsif. Selon lui, j'en ferais une fixation ! Certes ...

 

Emmanuel Macron devait représenter une autre manière de faire de la politique. Ni de droite ni de gauche, c'était son leitmotiv. Mais ce n'était qu'une forme de marketing ; pour battre des adversaires de droite et de gauche, il lui fallait se présenter hors des clivages politiques. On a appris depuis que des groupes d'influence, des milliardaires et leurs nombreux journaux, avaient programmé sa victoire, les nombreux ralliements de personnalités politiques qui lui ont permis de s'affirmer comme un recours. Et programmer la défaite de son principal concurrent : François Fillon qui était le seul capable de l'empêcher de passer le premier tour.

 

Les francais ont été manipulés par la presse et par des groupes de pression et d'influence. Aujourd'hui, le parti politique que ces groupes ont créé (à savoir LaREM) essaie de détruire ses adversaires idéologiques à sa droite et à sa gauche. Sur les ruines du PS et de LR, ils veulent construire un nouveau parti, hégémonique. Mais c'est peine perdue. Macron risque de ne pas représenter une nouvelle manière de faire de la politique ; il risque plutôt de devenir le fossoyeur de la démocratie à la française. Et au fond, il a déjà été le fossoyeur de notre démocratie : en volant et en trompant les francais sur son personnage, sur son histoire, en manipulant l'élection présidentielle de 2017, une grande partie des français ont compris qu'ils avaient été trompés. Les gilets jaunes ne sont qu'une forme de la révolte, du refus de se laisser manipuler. 2017 n'aura-t-il été que le dernier cri du cygne, avant que les extrêmes ne l'emportent ? 

 

Macron et son gouvernement continuent donc de nous manipuler. Nous sommes entrés dans l'acte II du quinquennat d'Emmanuel Macron et de ses réformes. Les macronistes veulent s'implanter dans les municipalités locales et ils essaient de capturer le maximum d'élus dans leurs filets. Prendre Paris aux socialistes ! Mais les francais se révolteront-ils enfin contre Macron ou bien vont-ils continuer à voter aveuglement pour les candidats de Macron sous prétexte qu'ils ont juste l'étiquette Macron ?

 

Le Monde titrait sur les agissements sur les réseaux sociaux des macronistes qui se radicalisent pour défendre la politique de leur champion et de leur gouvernement. Les réseaux sociaux sont ainsi devenus un lieu de bataille. Des militants extrémistes macronistes qui se croient victimes d'une cabale journalistique avec l'affaire Benalla, ou avec les gilets jaunes qu'ils semblent abhorrer !

 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/07/06/anonymat-represailles-ciblees-et-faux-comptes-voyage-dans-la-macronie-numerique_5486029_4355770.html

 

Mais ces militants n'ont connu que les unes dithyrambiques des journaux manipulés par leurs propriétaires milliardaires voulant faire élire leur petit protégé à la présidentielle de 2017 ; le retour à la réalité et à une présentation normale et moins complaisante du pouvoir macroniste a ainsi dû leur paraître comme une injuste et incompréhensible trahison, eux qui se croyaient investis d'une mission civilisatrice ou divine ...

 

Le pouvoir macroniste a un deuxième souci. Son absence de tolérance de la contestation, cette croyance en sa toute-puissance. Les gilets jaunes en ont forcément fait les frais, tombés sous les balles (de défense) des forces de l'ordre. Mais les syndicalistes et les professeurs contestataires en font aujourd'hui aussi les frais. Comment des enseignants peuvent-ils oser vouloir contester une loi écrite par un ministre de l'Education nationale omnipotent et tout-sachant ! 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/07/05/resultats-du-bac-jean-michel-blanquer-mene-l-epreuve-de-force_5485715_3224.html

 

J'ai vu ce triste personnage passer vendredi soir aux informations télévisées, et les menaces qu'il portait vis-à-vis des grévistes qui avaient osé conserver des copies du baccalauréat. Il semble ainsi interdit à ses yeux de contester une réforme du baccalauréat et du lycée qu'il a décidé de faire envers et contre tous, et que les parlementaires ont voté ... Mais le parlement est entièrement acquis aux macronistes et remplis de députés godillots incompétents choisis pour obéir aveuglément aux ordres de la Macronie. Et en France, ce sont les députés qui ont le dernier mot. 

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/05/bac-sortir-du-face-a-face_5485689_3232.html

 

Cette réforme du lycée et du baccalauréat est une ineptie remarquable. Une aberration absolument pas préparée, et dont nos jeunes qui vont devoir en faire les frais et qui en seront les premiers cobayes, risquent d'en être aussi les premières victimes. Il est anormal de lancer une telle réforme dans une telle impréparation. Les jeunes qui passent l'année prochaine en première générale n'ont pas bénéficié en 2018-2019 des nouveaux programmes de seconde. Alors que les programmes scolaires de première sont sensés reposer sur ces mêmes acquis de seconde. La mise en œuvre de cette réforme est bien trop rapide, désorganisée, incompréhensible. Il n'est même pas sûr que les jeunes lycéens de première auront des manuels terminés et à jour début septembre (voire mi-août dans le département de La Réunion) pour la rentrée scolaire !

 

Est également une ineptie cette idée de sortir du principe des séries litteraires ou scientifiques en faisant disparaître les mathématiques des enseignements généraux en première et en terminale et en rabaissant les sciences à des enseignements de spécialité ! Pourquoi l'histoire, le francais, la philosophie, les langues étrangères ou même le sport continuent-ils d'être enseignés à tous les jeunes lycéens en première et en terminale du baccalauréat général, mais pas les mathématiques, les sciences physiques et la biologie ? Des enseignants et des parents idiots expliquent que c'est pour les enfants qui n'aiment pas les mathématiques  !

 

Mais c'est idiot ! Et si je n'aime pas le francais, l'histoire, l'anglais ou le sport ? Pourquoi devrais-je continuer à en faire malgré tout ? Et pour quelle raison ce serait différent pour les mathématiques ? Une immense majorité des enfants et des parents leur ont d'ailleurs donné tord ! Une immense proportion des futurs lycéens de première ont choisi cette année comme enseignements de spécialité les mathématiques, la physique et les SVT. La réforme voulait faire disparaître la prépondérance du baccalaureat scientifique ou S ... elle va démontrer la prépondérance des enseignements de spécialité scientifique. Mais avec un risque terrible. Les parents et les enfants n'ont aucune possibilité de contester le refus du choix des enseignements de spécialité pour leur enfant ! Et les places dans ces enseignements sont extrêmement chères, des lors que tout le monde les demande !

 

Vive la contestation des enseignants ! Et NON à la réforme du lycée ! NON à la dictature de Macron et de ses valets ! Et on appelle cela une nouvelle façon de faire de la politique ?

 

https://www.lemonde.fr/education/article/2019/07/04/des-jurys-fortement-perturbes-a-la-veille-de-l-annonce-prevue-des-resultats-du-bac_5485391_1473685.html

 

 

Saucratès


07/07/2019
0 Poster un commentaire