Critiques de notre temps

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Pensées


Retour à la politique

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 7 juillet 2019

 

L'actualité récente va me ramener à la politique et au Macronisme. Un de mes meilleurs amis (et lecteur) semble me dépeindre, me considérer comme un anti-macroniste acharné, maladif, compulsif. Selon lui, j'en ferais une fixation ! Certes ...

 

Emmanuel Macron devait représenter une autre manière de faire de la politique. Ni de droite ni de gauche, c'était son leitmotiv. Mais ce n'était qu'une forme de marketing ; pour battre des adversaires de droite et de gauche, il lui fallait se présenter hors des clivages politiques. On a appris depuis que des groupes d'influence, des milliardaires et leurs nombreux journaux, avaient programmé sa victoire, les nombreux ralliements de personnalités politiques qui lui ont permis de s'affirmer comme un recours. Et programmer la défaite de son principal concurrent : François Fillon qui était le seul capable de l'empêcher de passer le premier tour.

 

Les francais ont été manipulés par la presse et par des groupes de pression et d'influence. Aujourd'hui, le parti politique que ces groupes ont créé (à savoir LaREM) essaie de détruire ses adversaires idéologiques à sa droite et à sa gauche. Sur les ruines du PS et de LR, ils veulent construire un nouveau parti, hégémonique. Mais c'est peine perdue. Macron risque de ne pas représenter une nouvelle manière de faire de la politique ; il risque plutôt de devenir le fossoyeur de la démocratie à la française. Et au fond, il a déjà été le fossoyeur de notre démocratie : en volant et en trompant les francais sur son personnage, sur son histoire, en manipulant l'élection présidentielle de 2017, une grande partie des français ont compris qu'ils avaient été trompés. Les gilets jaunes ne sont qu'une forme de la révolte, du refus de se laisser manipuler. 2017 n'aura-t-il été que le dernier cri du cygne, avant que les extrêmes ne l'emportent ? 

 

Macron et son gouvernement continuent donc de nous manipuler. Nous sommes entrés dans l'acte II du quinquennat d'Emmanuel Macron et de ses réformes. Les macronistes veulent s'implanter dans les municipalités locales et ils essaient de capturer le maximum d'élus dans leurs filets. Prendre Paris aux socialistes ! Mais les francais se révolteront-ils enfin contre Macron ou bien vont-ils continuer à voter aveuglement pour les candidats de Macron sous prétexte qu'ils ont juste l'étiquette Macron ?

 

Le Monde titrait sur les agissements sur les réseaux sociaux des macronistes qui se radicalisent pour défendre la politique de leur champion et de leur gouvernement. Les réseaux sociaux sont ainsi devenus un lieu de bataille. Des militants extrémistes macronistes qui se croient victimes d'une cabale journalistique avec l'affaire Benalla, ou avec les gilets jaunes qu'ils semblent abhorrer !

 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/07/06/anonymat-represailles-ciblees-et-faux-comptes-voyage-dans-la-macronie-numerique_5486029_4355770.html

 

Mais ces militants n'ont connu que les unes dithyrambiques des journaux manipulés par leurs propriétaires milliardaires voulant faire élire leur petit protégé à la présidentielle de 2017 ; le retour à la réalité et à une présentation normale et moins complaisante du pouvoir macroniste a ainsi dû leur paraître comme une injuste et incompréhensible trahison, eux qui se croyaient investis d'une mission civilisatrice ou divine ...

 

Le pouvoir macroniste a un deuxième souci. Son absence de tolérance de la contestation, cette croyance en sa toute-puissance. Les gilets jaunes en ont forcément fait les frais, tombés sous les balles (de défense) des forces de l'ordre. Mais les syndicalistes et les professeurs contestataires en font aujourd'hui aussi les frais. Comment des enseignants peuvent-ils oser vouloir contester une loi écrite par un ministre de l'Education nationale omnipotent et tout-sachant ! 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/07/05/resultats-du-bac-jean-michel-blanquer-mene-l-epreuve-de-force_5485715_3224.html

 

J'ai vu ce triste personnage passer vendredi soir aux informations télévisées, et les menaces qu'il portait vis-à-vis des grévistes qui avaient osé conserver des copies du baccalauréat. Il semble ainsi interdit à ses yeux de contester une réforme du baccalauréat et du lycée qu'il a décidé de faire envers et contre tous, et que les parlementaires ont voté ... Mais le parlement est entièrement acquis aux macronistes et remplis de députés godillots incompétents choisis pour obéir aveuglément aux ordres de la Macronie. Et en France, ce sont les députés qui ont le dernier mot. 

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/05/bac-sortir-du-face-a-face_5485689_3232.html

 

Cette réforme du lycée et du baccalauréat est une ineptie remarquable. Une aberration absolument pas préparée, et dont nos jeunes qui vont devoir en faire les frais et qui en seront les premiers cobayes, risquent d'en être aussi les premières victimes. Il est anormal de lancer une telle réforme dans une telle impréparation. Les jeunes qui passent l'année prochaine en première générale n'ont pas bénéficié en 2018-2019 des nouveaux programmes de seconde. Alors que les programmes scolaires de première sont sensés reposer sur ces mêmes acquis de seconde. La mise en œuvre de cette réforme est bien trop rapide, désorganisée, incompréhensible. Il n'est même pas sûr que les jeunes lycéens de première auront des manuels terminés et à jour début septembre (voire mi-août dans le département de La Réunion) pour la rentrée scolaire !

 

Est également une ineptie cette idée de sortir du principe des séries litteraires ou scientifiques en faisant disparaître les mathématiques des enseignements généraux en première et en terminale et en rabaissant les sciences à des enseignements de spécialité ! Pourquoi l'histoire, le francais, la philosophie, les langues étrangères ou même le sport continuent-ils d'être enseignés à tous les jeunes lycéens en première et en terminale du baccalauréat général, mais pas les mathématiques, les sciences physiques et la biologie ? Des enseignants et des parents idiots expliquent que c'est pour les enfants qui n'aiment pas les mathématiques  !

 

Mais c'est idiot ! Et si je n'aime pas le francais, l'histoire, l'anglais ou le sport ? Pourquoi devrais-je continuer à en faire malgré tout ? Et pour quelle raison ce serait différent pour les mathématiques ? Une immense majorité des enfants et des parents leur ont d'ailleurs donné tord ! Une immense proportion des futurs lycéens de première ont choisi cette année comme enseignements de spécialité les mathématiques, la physique et les SVT. La réforme voulait faire disparaître la prépondérance du baccalaureat scientifique ou S ... elle va démontrer la prépondérance des enseignements de spécialité scientifique. Mais avec un risque terrible. Les parents et les enfants n'ont aucune possibilité de contester le refus du choix des enseignements de spécialité pour leur enfant ! Et les places dans ces enseignements sont extrêmement chères, des lors que tout le monde les demande !

 

Vive la contestation des enseignants ! Et NON à la réforme du lycée ! NON à la dictature de Macron et de ses valets ! Et on appelle cela une nouvelle façon de faire de la politique ?

 

https://www.lemonde.fr/education/article/2019/07/04/des-jurys-fortement-perturbes-a-la-veille-de-l-annonce-prevue-des-resultats-du-bac_5485391_1473685.html

 

 

Saucratès


07/07/2019
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La question à laquelle il nous faudrait savoir répondre pour être heureux

Saint-Denis de La Réunion, samedi 16 juin 2019 au soir

 

Si nous savions répondre à la question «que nous manque-t-il pour être heureux», serions-nous heureux ? Parce qu'au fond, quand nous sommes au fond de l'énervement, prêt à nous «fighter» avec la première personne venue, parfois même nos plus propres proches, qu'il y a une sorte de forme de rage qui nous habite (ou selon les personnes, selon notre sexe, une forme de profonde tristesse), qui nous pousse soit à partir pour évacuer cette rage ou cette tristesse, soit à nous réfugier dans les pleurs, existe-t-il véritablement quelque chose, une chose ou un ensemble de choses, qui nous manque, qui serait/seraient à l'origine de notre état d'esprit ? 

 

Autrement dit, y a-t-il quelque chose ou un ensemble de choses qui nous manquent et dont l'obtention, ou le fait de pouvoir en bénéficier, nous rendrait heureux à jamais, nous remplirait de joie et de bonheur ? Ma première tentation serait de répondre que «oui». Il doit y avoir quelque chose qui nous manquerait qui nous remplirait de bonheur en l'obtenant, forcément. Pour les uns, ce serait un conjoint ou une conjointe qui deviendrait brutalement ce que nous souhaitons par dessus tout. Gentil ou gentille, prévenant ou prévenante, sexie et desirable ou bien sexy et désirable ... ou bien fantasque, surprenant-surprenante ... ou mille autre chose ... un autre ou une autre ... Pour d'autres, ce pourrait être d'avoir à manger à sa faim, ou de gagner à la loterie ou au tiercé ... ou mille autres choses que l'on pourrait imaginer manquer à notre bonheur. 

 

Mais tout ceci nous démontre que justement, il n'y a rien que l'on puisse désirer qui nous rendrait heureux. Il y a des gagnants à la loterie qui deviennent malheureux, des gens qui mangent à leur faim qui sont malheureux, des gens qui ont un conjoint ou une conjointe attentionné/attentionnée et qui sont malgré tout malheureux. Le lieu n'importe également pas du tout. Il y a des gens malheureux qui vivent à Paris et qui peuvent rêver de vivre à La Réunion, et inversement ... ou tout à fait ailleurs. Et inversement, il y a peut être des gens sages, heureux de vivre, même s'ils n'ont pas grand chose, vivant à Paris, ou à La Réunion, voire même à Mafate. J'ai justement toujours eu l'impression que je pourrais être parfaitement heureux en vivant dans le cirque de Mafate. Même si au fond, je sais aussi que je n'aurais qu'une envie, m'en échapper pour rejoindre la côte, la civilisation, l'animation des villes. 

 

Au fond, certains d'entre nous, et moi en premier lieu, sommes-nous uniquement fait pour ne jamais être pleinement satisfait de notre vie, de ce que nous avons, de ce que nous sommes ? Alors qu'au fond, nous avons pratiquement tout ce qu'il nous faut pour être heureux, pour pouvoir être heureux, sauf un petit quelque chose dont on a aucune idée, absolument aucune idée, et dont on ne peut même pas être sûr qu'il nous permetttrait d'être heureux, pleinement heureux.

 

Après, il y a les gens qui nous entoure dont on se dit qu'ils semblent parfaitement heureux, satisfaits de leur sort, de leur situation, qui semblent avoir fait et faire ce qui est nécessaire pour être heureux. On en connaît tous autour de nous. Des sages vieux ou jeunes, comme s'ils étaient capables de retenir de la vie ce qui les rend heureux. Vrai ou faux ; le seul fait de l'imaginer ne nous rend pas plus heureux, ne nous donne pas l'espoir qu'on saura apprendre à être heureux. Non, cela nous conduit à nous interroger sur ce qui nous manque pour savoir être heureux, pour être normal. 

 

En conclusion, donc, je ne suis ainsi pas capable de répondre à la question de ce qui me manque pour être heureux ? Je ne pense donc pas en fait qu'il me manque réellement quelque chose pour être heureux, ou plutôt qu'il pourrait y avoir quelque chose qui pourrait suffire à me rendre durablement heureux ? Au fond, je me pense durablement insatisfait, incapable d'être heureux, inaccessible au bonheur ? Sommes-nous nombreux à être comme cela ? Est-ce cela la condition humaine ? Être incapable d'être heureux, de se satisfaire de ce que l'on est, de ce que l'on a, de ceux qui nous entourent ? Oh, évidemment, on traverse parfois, je traverse parfois de petits moments de bonheur, de plénitude, comme lors d'une marche en montagne, à admirer quelques paysages ou le soleil jouant sur les nuages ou sur les versants montagneux, ou simplement sur des brins d'herbe ... ou bien dans des instants comme celui-ci, dans la nuit, dans mon jardin, devant un feu de bois, en écrivant ces lignes ... Est-ce celà le bonheur, ces quelques instants de plénitude ? Est-ce trop demander de vouloir être toujours heureux, de manière permanente ? Ou bien a-t-on besoin (ai-je besoin) d'être parfois malheureux pour se/me sentir pleinement vivant ? Je clôturerais ce post par cette dernière pensée, insatisfaisante.

 

 

Saucratès


15/06/2019
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Si les journalistes français faisaient bien leur travail ...

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 9 juin 2019

 

L'élection d'Emmanuel Macron puis le mouvement des gilets jaunes ont permis de mettre en lumière un véritable problème d'affichage médiatique. Les journalistes français ont défendu becs et ongles la candidature d'Emmanuel Macron jusqu'à permettre et favoriser outrageusement son élection, puis ils ont enjolivé exagérément les premiers mois de sa présidence. Un président si brillant, si merveilleux, si parfait ... Ses quelques dérapages verbaux, par exemple au sujet des kwassa kwassa mahorais, étaient immédiatement étouffés par des médias aux ordres et exagérément ver

 

La couverture des gilets jaunes est également apparue exagerement favorable au gouvernement. Filmer le moindre désordre des gilets jaunes, de la moindre de leurs violences, et transmettre leurs vidéos aux forces de l'ordre, semblait être les seuls objectifs des journalistes et des télévisions françaises, tout en évitant soigneusement de rendre compte des dérapages des mêmes forces de l'ordre voire simplement de les filmer. Criminaliser un mouvement citoyen révolutionnaire : voilà apparemment le maître mot des journalistes français de la presse écrite et plus encore de la presse télévisuelle ! 

 

Mais si les journalistes faisaient en fait réellement leur travail, un travail d'investigation, proprement, déontologiquement, avec professionnalisme, on aurait une analyse réfléchie des actions du gouvernement, de ce qu'Emmanuel Macron fait, et de ce que d'autres gouvernements font en comparaison. Mais il faudrait pour cela que les principes journalistiques français soient révolutionnés, et qu'ils cessent d'être contrôlés par les principales fortunes, par des milliardaires qui contrôlent les gouvernements successifs et qui ont fait élire Macron, l'idée que représentait Emmanuel Macron. Élu initialement avec les voix des bonnes gens de droite, du centre et de gauche, il est maintenant devenu le héraut des possédants de la droite orpheline. 

 

Par exemple, les journalistes auraient pu s'intéresser, à l'époque de la finale du Mondial de football en Russie, aux différences entre le comportement de la présidente croate, Kolinda Grabar Kitarović, et de son homologue français, Emmanuel Macron ! Parce que la Croatie à été confrontée à un gros problème de corruption des hommes politiques, Mme Garbar Kitarović «a fait savoir qu’elle avait pris des congés pour assister aux matchs de son équipe, voyageant en classe tourisme sur des lignes régulières payées de sa poche». Comme l'écrivait le blogueur (ou la blogueuse), c'est «un détail qui compte dans un pays où les affaires de corruption polluent la vie politique».

 

https://blog.challenges.fr/femmes/la-presidente-croate-star-du-mondial-2018/

Mais je serais plus que tenté de dire : Mais pas que là-bas ! Chez nous aussi, n'est-il pas invraisemblable en comparaison qu'Emmanuel Macron ait fait le voyage en jet privé, avec l'ensemble de son gouvernement, vraisemblablement quelques amis milliardaires ou de quelques uns des milieux qui l'ont accompagnés dont son ascension politique, de l'école de Sciences-Po Paris en passant vraisemblablement par quelques loges maconniques. Non pas sur des vacances mais supposement pour travailler ... Il serait indispensable que l'on puisse savoir quelles personnes ont voyagé avec Emmanuel Macron dans l'avion présidentiel au moment du Mondial 2018 de football, lesquelles l'accompagnaient pendant ces déplacements, dans quelles conditions ils étaient hébergés, sur quels fonds et par qui ... et ainsi de suite. 

 

Mais bizarrement, aucune trace de telles questions, de telles interrogations dans la presse à cette époque-là, aucune comparaison avec le comportement vertueux de la présidente croate, tellement la sphère journalistique francaise, à la fois leurs patrons mais également l'ensemble des journalistes, s'est aussi profondément compromise avec le pouvoir politique depuis des années. Plus rien ne les étonne, plus rien ne les choque, si ce n'est la violence dont font preuve les méchants gilets jaunes à leur égard. Quel manque de respect semblent penser les journalistes francais !

 

La presse francaise ? Un quatrième pouvoir ? Absolument pas. Plutôt un monde de viles flatteurs, de flagorneurs et de cireurs de pompe ! Ils ne s'attaquent à quelqu'un que lorsqu´il s'agit d'un petit, d'un sans-grade, d'un de ces petits sans-dent (comme les appelait François Hollande) qui ose faire peur, mettre en danger le pouvoir des puissants ou des journalistes, leur petit monde si feutré. Ou alors il s'agit d'un meurtre politique, dans lequel ils agissent aux ordres des puissants, lorsqu'il s'agit d'éliminer quelqu'un, comme par exemple Dominique Strauss-Kahn avant la présidentielle de 2012 ou bien François Fillon pendant la présidentielle de 2017. Telle une meute de loups, les journalistes, les médias peuvent se jeter sur leur proie pour la détruire, la déchiqueter. Une meute de loups aux ordres, dressée par quelques puissants dont on ne connaît pas réellement les identités. Mais une meute veule, de collabos, de traitres et de tueurs à gage. Voilà ce qu'est la presse actuelle. 

 

Et donc pour ce Mondial 2018, on a eu droit à des articles de presse dithyrambiques sur les extraordinaires prouesses des footballeurs français et sur leur merveilleux président de la République qui poussait la bonté et la grandeur d'âme à s'afficher enlaçant la belle présidente croate aupres de laquelle il avait vécu le match de son équipe, sous le regard que l'on imaginait réprobateur de la première dame francaise qui se trouvait quelques mètres derrriere lui ! Mais de remise en question du train de vie dispendieux de l'Elysée, du Président Emmanuel Macron, d'une interpellation sur l'identité de ceux qui avaient partagé l'avion présidentiel (aux côtés vraisemblablement de quelques journalistes triés sur le volet), rien de tout cela. Des nèfles ... 

 

 

Saucratès


09/06/2019
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Pensées pour une amie

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 9 mai 2019

 

Je voudrais essayer de répondre aux questions d'une amie sur le sens que l'on peut donner à sa vie. Ou plutôt pas tant y répondre que de tenter d'y réfléchir ... Que peut-on attendre d'une vie. Comment est-il possible de se satisfaire de sa vie. Parce qu'on est vraisemblablement tous relativement insatisfait de notre vie. Existe-t-il une personne qui pense que sa vie est parfaite, merveilleuse, qu'il fait un métier qui le satisfait pleinement, totalement, qu'il vit dans un cadre idyllique, qu'il vit avec les personnes parfaites, avec lesquelles vivre est un véritable bonheur, une bénédiction, et qu'il est en somme parfaitement heureux ? De telles personnes existent forcément : ce sont des sages, non pas des philosophes mais juste des personnes heureuses, sages. Mais sinon, l’immense majorité des personnes ne sont pas sages, ou alors elles ne sont pas chanceuses (au cas où le bonheur ne serait pas question de sagesse mais simplement de chance). Sinon, il n'y aurait pas des couples qui se sépareraient. Il n'y aurait pas des personnes qui demenageraient, qui changeraient d'employeurs, qui accepteraient des mutations jusqu'à l'autre bout de la Terre, aussi sages et epanouies que ces personnes puissent paraitre. 

 

Le secret de la sagesse ? L'âge d'abord ! Il est tellement plus simple d'apprendre à être heureux lorsque l'on a pris de l'âge, lorsque l'on a vécu, lorsque l'on a vecu des histoires, des situations et des relations différentes, nombreuses. On apprend à tout âge, on apprend de soi sur ses relations aux autres à tout âge. Devenir sage  ou apprendre, c'est prendre des coups et apprendre de ces coups. Mais c'est surtout apprendre à se satisfaire de ce que l'on a, de ce que nous entoure, de ceux qui nous accompagnent. On peut etre heureux dans la pire misère, et on peut être malheureux dans la plus grande opulence financière. Tout ceci n'existe pas. Seul compte nous. On n'a besoin de rien pour être heureux. Et on peut apprendre à être heureux lorsque l'on a quand même beaucoup de chose, que l'on a un toit pour vivre, un travail pour exister, suffisamment pour manger pour soir et pour ses proches. Tout le reste n'est que du superflu. Et il faut aussi apprendre à se contenter de ceux qui nous entourent, apprendre à voir à eux l'etincelle de vie divine qui les qui les emplit, et apprendre à voir en leurs faiblesses et en leurs limitations, leurs fautes, ce qui les rend uniques, ce qui nous doit nous attendrir. Les sages le font avec leurs pires ennemis ; on devrait être capable de le faire avec des gens que l'on a aimé par dessus tout, avant que l'habitude ne bousille tout.

 

Evidemment, l'homme et la femme sont des êtres insatisfaits par nature. Je ne peux parler que de ce qu'un homme peut souhaiter. Aucune idée de ce qu'une femme peut penser. Je pense que la majorité des hommes souhaitent, rêvent de scènes de sexe torride, souhaitent vivre avec la femme parfaite, et rien n'est plus étranger à cette femme fantasmée que leur épouse qui a donné la vie à leurs enfants. Forcément, c'est la rencontre entre le fantasme et la réalité de l'amour. Mais si ma femme me demandait si notre relation me satisfaisait, que lui répondrais-je ? Je ne lui répondrais jamais que je rêve d'une autre femme. Je l'embrasserais, je souhaiterais la rassurer en l'assurant que je n'aime qu'elle. Evidemment. Mais au fond, serais-je vraiment heureux avec la femme parfaite, mince, merveilleusement belle, au corps sublime, rousse, blonde ou brune, que je vois dans des magazines ? Je sais évidemment qu'il n'en serait rien. Que je suis mille fois plus heureux là que je ne pourrais l'être avec la femme sublime, parfaite, fantasmée ! De la même manière, je doute qu´une femme (que ma femme) ne rêverait pas non plus d'un Apollon aux yeux de braise, aux abdominaux en forme de tablette de chocolat, que ce soit un dieu norvégien ou un dieu d'Hollywood. Evidemment que la comparaison ne serait pas à mon avantage.

 

Quoiqu'une femme puisse vouloir, ou quel que soit ce dont elle rêve, ce ne devrait pas être beaucoup plus accessible que ce sur quoi un homme fantasme. Je pense que le sens de la vie, c'est d'apprendre à être heureux, à se satisfaire de ce que l'on a, de ce qui est notre vie. 

 

Chercher un sens à la vie, penser à chercher le bonheur en envisageant éventuellement de tout recommencer, une nouvelle fois, seul ou à deux ou à trois, je pense que c'est le propre des gens en bonne santé. Il faut pour cela avoir une espérance de vie de plusieurs dizaines d'années devant soi, il ne faut pas avoir peur de mourir le lendemain, ou dans deux ou trois ans. Cela ne veut pas dire qu'une personne qui sait sa vie menacée à brève échéance ne voudra pas justement vivre ses dernières années sans faux semblants, sans vivre à moitié, une vie de merde, sans beauté. Mais penser que l'on peut recommencer sa vie, c'est une coquetterie de personnes en bonne santé. Lorsque l'on est confronté à sa propre mortalité, il est peut-être plus simple de devenir sage, de se rendre compte que l'on était heureux, que l'on était chanceux. Ou pas ! On peut aussi s'apercevoir que l'on s'était fourvoyé.

 

J'aimerais être sage, j'aimerais être heureux (et d'une certaine façon, je le suis souvent), et j'aimerais pouvoir expliquer comment le devenir. Dans ma jeunesse, j'ai longtemps été beaucoup moins heureux de ma vie, de mon existence. À une époque, chaque semaine qui commençait était sans intérêt, sans joie, une corvée. Et puis, j'ai peu à peu découvert le bonheur d'être en couple, d'être à deux, puis plus nombreux. Aujourd'hui, je suis même peut-être presque heureux, non pas sage, parce que je ne sais toujours pas me satisfaire de ce que j'ai. Mais juste heureux le plus souvent ...

 

 

Saucratès


09/05/2019
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Attentats au Sri Lanka, culture du viol et unanimité en politique

Saint-Denis de la Réunion, lundi 22 avril 2019

 

En ce lundi de Pâques, en l'an de grâce 2019 de la Chrétienté, je ne peux que m'interroger sur le sens de la vie. Des attentats criminels ont eu lieu au Sri Lanka, visant des églises chrétiennes et des hôtels de luxe, alors que des centaines de migrants de ce pays tentent de rejoindre nos côtés, à des milliers de kilomètres. Que cherchent à faire ces hommes et ces femmes qui tentent d'envahir ou de se réfugier dans notre Île ? Préparent-ils de futurs attentats sur notre Île ou en Europe, ou bien cherchent-ils simplement une vie juste meilleure ? S'agit-il d'un plan d'invasion ou bien seulement le hasard si des migrants parcourent des milliers de kilomètres dans l'océan pour rejoindre un petit bout d'Europe en plein milieu de l'Océan Indien ? Et que sont-ils ? Des victimes ou des potentiels tueurs ?

 

On ne peut s'empêcher de faire un lien entre ces arrivées successives de bateaux supposés venir directement du Sri Lanka, après des dizaines et des dizaines de jours de traversée maritime, entassés à une cinquantaine sur un minuscule rafiot bravant supposément les flots déchaînés de l'Océan Indien, et la signature de ce pacte de Marrakech par le président Macron, qui soit-disant, n'a pas vendu la France et ne nous oblige pas à accepter l'immigration de millions de réfugiés climatiques et de migrants ! Les deux événements n'ont apparemment rien à voir mais la concomitance de ces événements interpellent ! Comme si la signature de ce pacte avait envoyé un message aux  filières qui jettent sur les routes, les mers et les océans des populations issues des pays pauvres. Combien de ces pseudos réfugiés disparaissent avant que leur demande d'asile n'aboutisse ou soit rejetée, préférant basculer dans la clandestinité des sans-papiers, sachant que des âmes charitables seront prêtes à les cacher ou à les héberger. Combien de ces clandestins sont des terroristes en puissance ou des assassins ! Un article choc du journal Le Monde signalait qu'un quart des hommes de la zone Asie-Pacifique avaient déjà violé une femme. La moitié des viols étaient d'ailleurs commis alors qu'ils étaient adolescents. Et ce n'était qu'une enquête faite sur la base d'une auto déclaration. On pourrait parler d'une culture du viol. Et ce sont ces gens-là que l'on laisse rentrer chez nous, au milieu de notre société ?

 

https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/09/10/en-asie-pacifique-un-quart-des-hommes-ont-deja-commis-un-viol_3474055_3216.html

 

Cette enquête de L'ONU se base sur «les témoignages de plus de 10 000 hommes de 18 à 49 ans interrogés sous couvert de l'anonymat dans six pays (Bangladesh, Cambodge, Chine, Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée et Sri Lanka) ...». Et il y a fort à parier qu'une partie de ces hommes, même sous couvert de l'anonymat, n'aient pas reconnu avoir commis des viols. La proportion de 24% de violeurs parmi ces hommes est peut-être largement sous-estimée.

 

J'en arrive donc à la deuxième partie de mes réflexions en ce lundi de Pâques, sur les dangers de l'unanimité en politique. Et je dirais aussi dans les médias. J'avais déjà trouvé nauséeux l'unanimité des partis politiques francais, et des médias francais, à écarter systématiquement toute potentielle explication de la survenue de l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris par un attentat ou par un incendie volontaire

 

Mais lorsque pratiquement tous les partis politiques confondus ont hurlé à l'ignominie parce que des gilets jaunes ont moqué les forces de l'ordre leur faisant face et les chargeant en les encourageant à se suicider en scandant des «suicidez-vous !», là, je ne comprends plus. Ce serait ignoble de se moquer des policiers qui se suicident ? Des policiers dans leur ensemble ?

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/21/suicidez-vous-indignation-apres-ce-slogan-lance-par-des-gilets-jaunes-aux-policiers_5453119_3224.html

 

Cela fait 23 semaines que des gilets jaunes, des révoltés se font charger, agresser, arrêter par des forces de police, se font gazer, se voient mettre des amendes pour obstruction de la circulation, pour participation à des manifestations illégales, se ramassent des balles de lanceurs de balles de defense dans la tête, que des manifestants sont frappés, jetés par terre et roués de coups, même lorsque comme à Nice, ces manifestants sont des vieilles dames sans danger qui ont juste le tord de vouloir crier leur indignation. Et ces manifestants n'auraient pas le droit de haïr ces policiers et ces gendarmes qui leur font face, qui les chargent , les agressent et leur tirent dessus ? 

 

Comme des millions d'autres francais, je comprends la rage de ces gilets jaunes, de ces manifestants, de ces casseurs, même si je n'en fais pas partie, même si j'ai bien trop peur de me faire tabasser, charger, gazer par forces de police et de répression de notre État supposé démocratique pour participer à ce mouvement des gilets jaunes et à leurs manifestations. La violence et la répression aveugle de ce pouvoir autiste est le seul responsable de ce qui est en train de se passer. Macron, Philippe et Castaner conduisent la pire répression qu'il soit possible de mener contre le peuple de France, non pas la caste de grands bourgeois et de managers qui les ont mis au pouvoir, mais le véritable peuple de France, des campagnes et des petites villes oubliées de la Macronie de l'an I. 

 

On peut regretter cette haine du flic qui habite les gilets jaunes. Mais les Macron, Philippe, Castaner en sont les seuls responsables. Avec la police et la gendarmerie qui font trop bien leur travail, qui prennent trop au sérieux les ordres de violence qui leur sont donnés, qui ne fraternisent absolument pas avec les manifestants qui leur font face, même lorsque ces manifestants sont de vieilles dames âgées de plus 70 ans. La violence engendré la violence ! Le pouvoir macroniste joue le matador : juste avant l'épisode XXIII, je lisais dans Le Monde que 60.000 membres des forces de l'ordre seraient mobilisés pour contrer un peu plus de 20.000 gilets jaunes. Cette surenchère guerrière d'un pouvoir haineux, agressif, autiste aura un coût : une haine durable entre les forces de l'ordre et une partie de la population, non pas seulement comme autrefois la France des cités, mais cette fois-ci la France des campagnes. Quel dommage que les cités ne se soulèvent pas aussi pour renverser ce gouvernement de va-t-en-guerre !

 

Mais voilà, nous ne sommes plus dans une démocratie d'opinion. Il n'y a plus de liberté de manifester en France, avec des manifestations interdites un peu partout qui n'ont plus le droit d'accéder à certains quartiers où les intérêts touristiques des grandes fortunes sont privilégiées (comme les Champs Elysées ou le Quartier Latin à Paris). La liberté d'opinion est également en danger, où toute opinion subversive est de plus en plus condamnée, moralement ou pénalement. On essaie de faire peur, de bâillonner les gilets jaunes et leurs représentants. Condamnation pour appel à participer à une manifestation interdite, pour menace de mort ... et tous les macronistes de notre beau pays entonnent d'une voix chargée d'émotion : j'ai été choqué que l'on me menace de l'échafaud, de la guillotine, ou bien «condamnons ensemble ces paroles révoltantes» ...

 

Le danger, c'est bien l'unanimité en politique. C'est en fait le signe que l'ensemble des hommes et des femmes politiques en France appartiennent à une seule et même caste politique, à un seul et même groupe social, et que malgré leurs supposés différences politiques, il s'agit en fait d'un seul et même milieu. Les différences ne sont là que pour nous faire croire qu'il y a un échappatoire, qu'il y a une alternative. Meme si au fond, «there is no alternative» comme nous l'avait expliqué Maragareth Thatcher !

 

On peut estimer que je fais le jeu de l'extrême droite francaise, ou bien des extrêmes en politique. Mais ce serait oublié que Marine Le Pen a aussi condamné les «suicidez-vous» lancés aux forces de l'ordre Place de la République. Elle appartient comme les autres au même microcosme politique, même si elle n'est toujours pas arrivée au pouvoir !

 

Ce problème n'est même pas limité à La France. Il saute également aux yeux aux Etats-Unis en lisant un article dans Le Monde Diplomatique traitant de la situation en Louisiane, dans la ville de la Nouvelle-Orleans. Il n'y a aucune différence entre les positions des démocrates et des républicains dans la gestion de la crise ayant touché cette ville lors et après le passage de la tempête Katrina. Des deux côtés, on lit la même haine et la même absence d'empathie pour les victimes noires et natives de la Nouvelle Orléans. Des deux côtés de l'échiquier politique, on lit la même volonté de les faire disparaître et de tuer leur mode de vie, pour privilégier la gentrificatin de la Nouvelle-Orléans, pour qu'elle ressemble désormais au Monde rêvée de la classe sociale des dominants et des possédants. (lire l'article du Monde Diplomatique : «Stratégie du choc à La Nouvelle-Orléans dans le sillage de l'ouragan Katrina - Comment tuer une ville», d'Olivier Cyran). Accessoirement le terme de «Stratégie du choc» renvoie vraisemblablement à un livre écrit par Noami Klein, sous-titré «La montée d'un capitalisme du désastre», également autour du célèbre livre «No Logo» et qui dépeint les mêmes mécanismes de destruction culturelle et sociale de l'élite possédante et de la classe des dirigeants et des grandes entreprises. 

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/CYRAN/59367

 

Je reprendrais quelques citations de personnalités américaines citées dans cet article, qui, bien que démocrates ou républicaines, tiennent toutes les mêmes discours :

 

«J'ai un message pour les pillards : nos troupes savent comment tirer et tuer. Elles sont parfaitement disposées à passer à l'acte et j'espère bien qu'elles le feront.» Kathleen Blanco, gouverneure démocrate de Louisiane

 

«On a finalement réussi à nettoyer les logements sociaux de La Nouvelle-Orléans. On n'y arrivait pas par nous-mêmes, mais Dieu l'a fait pour nous.» Richard H. Baker, élu républicain de La Louisiane à la Chambre des Représentants.

 

«Katrina, c'est une tragédie. C'est aussi une chance de réformer radicalement le système éducatif.» Milton Friedman, économiste libéral (theoricien du «Monétarisme»)

 

«L'ouragan Katrina est la meilleure chose qui soit jamais arrivée au système éducatif de la Nouvelle-Orleans.» Arne Duncan, ministre démocrate de l'éducation dans l'administration de Barack Obama (l'ensemble des enseignants, majoritairement noirs, de la Nouvelle-Orleans ont été licenciés après le passage de Katrina, remplacés par des «charter schools» ou écoles sous contrats du privé).

 

Il y a unanimité politique parce que, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, derrière les oppositions idéologiques dramatisées et théâtralisées, il n'y a au fond aucune différence, aucune alternative, et tous ne font que défendre les intérêts que d'un seul et unique groupe social, à savoir les dominants et les possédants. Et même si j'en fais peut-être moi aussi partie (mais uniquement de la frange la plus éloignée, celle qui fera partie des premiers à être sacrifiés), je ne peux m'empêcher de trouver abject cet état de fait, cette situation dramatique et inacceptable. Je ne peux m'empêcher d'attendre et de craindre le jour où ce Monde explosera, où le peuple réussira à se révolter, à renverser ce monde de privilèges, comme le peuple l'avait déjà réussi en 1789, avant de se faire voler/confisquer sa victoire.

 

 

Saucratès


22/04/2019
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