Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Pensées


Pensées pour une amie

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 9 mai 2019

 

Je voudrais essayer de répondre aux questions d'une amie sur le sens que l'on peut donner à sa vie. Ou plutôt pas tant y répondre que de tenter d'y réfléchir ... Que peut-on attendre d'une vie. Comment est-il possible de se satisfaire de sa vie. Parce qu'on est vraisemblablement tous relativement insatisfait de notre vie. Existe-t-il une personne qui pense que sa vie est parfaite, merveilleuse, qu'il fait un métier qui le satisfait pleinement, totalement, qu'il vit dans un cadre idyllique, qu'il vit avec les personnes parfaites, avec lesquelles vivre est un véritable bonheur, une bénédiction, et qu'il est en somme parfaitement heureux ? De telles personnes existent forcément : ce sont des sages, non pas des philosophes mais juste des personnes heureuses, sages. Mais sinon, l’immense majorité des personnes ne sont pas sages, ou alors elles ne sont pas chanceuses (au cas où le bonheur ne serait pas question de sagesse mais simplement de chance). Sinon, il n'y aurait pas des couples qui se sépareraient. Il n'y aurait pas des personnes qui demenageraient, qui changeraient d'employeurs, qui accepteraient des mutations jusqu'à l'autre bout de la Terre, aussi sages et epanouies que ces personnes puissent paraitre. 

 

Le secret de la sagesse ? L'âge d'abord ! Il est tellement plus simple d'apprendre à être heureux lorsque l'on a pris de l'âge, lorsque l'on a vécu, lorsque l'on a vecu des histoires, des situations et des relations différentes, nombreuses. On apprend à tout âge, on apprend de soi sur ses relations aux autres à tout âge. Devenir sage  ou apprendre, c'est prendre des coups et apprendre de ces coups. Mais c'est surtout apprendre à se satisfaire de ce que l'on a, de ce que nous entoure, de ceux qui nous accompagnent. On peut etre heureux dans la pire misère, et on peut être malheureux dans la plus grande opulence financière. Tout ceci n'existe pas. Seul compte nous. On n'a besoin de rien pour être heureux. Et on peut apprendre à être heureux lorsque l'on a quand même beaucoup de chose, que l'on a un toit pour vivre, un travail pour exister, suffisamment pour manger pour soir et pour ses proches. Tout le reste n'est que du superflu. Et il faut aussi apprendre à se contenter de ceux qui nous entourent, apprendre à voir à eux l'etincelle de vie divine qui les qui les emplit, et apprendre à voir en leurs faiblesses et en leurs limitations, leurs fautes, ce qui les rend uniques, ce qui nous doit nous attendrir. Les sages le font avec leurs pires ennemis ; on devrait être capable de le faire avec des gens que l'on a aimé par dessus tout, avant que l'habitude ne bousille tout.

 

Evidemment, l'homme et la femme sont des êtres insatisfaits par nature. Je ne peux parler que de ce qu'un homme peut souhaiter. Aucune idée de ce qu'une femme peut penser. Je pense que la majorité des hommes souhaitent, rêvent de scènes de sexe torride, souhaitent vivre avec la femme parfaite, et rien n'est plus étranger à cette femme fantasmée que leur épouse qui a donné la vie à leurs enfants. Forcément, c'est la rencontre entre le fantasme et la réalité de l'amour. Mais si ma femme me demandait si notre relation me satisfaisait, que lui répondrais-je ? Je ne lui répondrais jamais que je rêve d'une autre femme. Je l'embrasserais, je souhaiterais la rassurer en l'assurant que je n'aime qu'elle. Evidemment. Mais au fond, serais-je vraiment heureux avec la femme parfaite, mince, merveilleusement belle, au corps sublime, rousse, blonde ou brune, que je vois dans des magazines ? Je sais évidemment qu'il n'en serait rien. Que je suis mille fois plus heureux là que je ne pourrais l'être avec la femme sublime, parfaite, fantasmée ! De la même manière, je doute qu´une femme (que ma femme) ne rêverait pas non plus d'un Apollon aux yeux de braise, aux abdominaux en forme de tablette de chocolat, que ce soit un dieu norvégien ou un dieu d'Hollywood. Evidemment que la comparaison ne serait pas à mon avantage.

 

Quoiqu'une femme puisse vouloir, ou quel que soit ce dont elle rêve, ce ne devrait pas être beaucoup plus accessible que ce sur quoi un homme fantasme. Je pense que le sens de la vie, c'est d'apprendre à être heureux, à se satisfaire de ce que l'on a, de ce qui est notre vie. 

 

Chercher un sens à la vie, penser à chercher le bonheur en envisageant éventuellement de tout recommencer, une nouvelle fois, seul ou à deux ou à trois, je pense que c'est le propre des gens en bonne santé. Il faut pour cela avoir une espérance de vie de plusieurs dizaines d'années devant soi, il ne faut pas avoir peur de mourir le lendemain, ou dans deux ou trois ans. Cela ne veut pas dire qu'une personne qui sait sa vie menacée à brève échéance ne voudra pas justement vivre ses dernières années sans faux semblants, sans vivre à moitié, une vie de merde, sans beauté. Mais penser que l'on peut recommencer sa vie, c'est une coquetterie de personnes en bonne santé. Lorsque l'on est confronté à sa propre mortalité, il est peut-être plus simple de devenir sage, de se rendre compte que l'on était heureux, que l'on était chanceux. Ou pas ! On peut aussi s'apercevoir que l'on s'était fourvoyé.

 

J'aimerais être sage, j'aimerais être heureux (et d'une certaine façon, je le suis souvent), et j'aimerais pouvoir expliquer comment le devenir. Dans ma jeunesse, j'ai longtemps été beaucoup moins heureux de ma vie, de mon existence. À une époque, chaque semaine qui commençait était sans intérêt, sans joie, une corvée. Et puis, j'ai peu à peu découvert le bonheur d'être en couple, d'être à deux, puis plus nombreux. Aujourd'hui, je suis même peut-être presque heureux, non pas sage, parce que je ne sais toujours pas me satisfaire de ce que j'ai. Mais juste heureux le plus souvent ...

 

 

Saucratès


09/05/2019
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Attentats au Sri Lanka, culture du viol et unanimité en politique

Saint-Denis de la Réunion, lundi 22 avril 2019

 

En ce lundi de Pâques, en l'an de grâce 2019 de la Chrétienté, je ne peux que m'interroger sur le sens de la vie. Des attentats criminels ont eu lieu au Sri Lanka, visant des églises chrétiennes et des hôtels de luxe, alors que des centaines de migrants de ce pays tentent de rejoindre nos côtés, à des milliers de kilomètres. Que cherchent à faire ces hommes et ces femmes qui tentent d'envahir ou de se réfugier dans notre Île ? Préparent-ils de futurs attentats sur notre Île ou en Europe, ou bien cherchent-ils simplement une vie juste meilleure ? S'agit-il d'un plan d'invasion ou bien seulement le hasard si des migrants parcourent des milliers de kilomètres dans l'océan pour rejoindre un petit bout d'Europe en plein milieu de l'Océan Indien ? Et que sont-ils ? Des victimes ou des potentiels tueurs ?

 

On ne peut s'empêcher de faire un lien entre ces arrivées successives de bateaux supposés venir directement du Sri Lanka, après des dizaines et des dizaines de jours de traversée maritime, entassés à une cinquantaine sur un minuscule rafiot bravant supposément les flots déchaînés de l'Océan Indien, et la signature de ce pacte de Marrakech par le président Macron, qui soit-disant, n'a pas vendu la France et ne nous oblige pas à accepter l'immigration de millions de réfugiés climatiques et de migrants ! Les deux événements n'ont apparemment rien à voir mais la concomitance de ces événements interpellent ! Comme si la signature de ce pacte avait envoyé un message aux  filières qui jettent sur les routes, les mers et les océans des populations issues des pays pauvres. Combien de ces pseudos réfugiés disparaissent avant que leur demande d'asile n'aboutisse ou soit rejetée, préférant basculer dans la clandestinité des sans-papiers, sachant que des âmes charitables seront prêtes à les cacher ou à les héberger. Combien de ces clandestins sont des terroristes en puissance ou des assassins ! Un article choc du journal Le Monde signalait qu'un quart des hommes de la zone Asie-Pacifique avaient déjà violé une femme. La moitié des viols étaient d'ailleurs commis alors qu'ils étaient adolescents. Et ce n'était qu'une enquête faite sur la base d'une auto déclaration. On pourrait parler d'une culture du viol. Et ce sont ces gens-là que l'on laisse rentrer chez nous, au milieu de notre société ?

 

https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/09/10/en-asie-pacifique-un-quart-des-hommes-ont-deja-commis-un-viol_3474055_3216.html

 

Cette enquête de L'ONU se base sur «les témoignages de plus de 10 000 hommes de 18 à 49 ans interrogés sous couvert de l'anonymat dans six pays (Bangladesh, Cambodge, Chine, Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée et Sri Lanka) ...». Et il y a fort à parier qu'une partie de ces hommes, même sous couvert de l'anonymat, n'aient pas reconnu avoir commis des viols. La proportion de 24% de violeurs parmi ces hommes est peut-être largement sous-estimée.

 

J'en arrive donc à la deuxième partie de mes réflexions en ce lundi de Pâques, sur les dangers de l'unanimité en politique. Et je dirais aussi dans les médias. J'avais déjà trouvé nauséeux l'unanimité des partis politiques francais, et des médias francais, à écarter systématiquement toute potentielle explication de la survenue de l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris par un attentat ou par un incendie volontaire

 

Mais lorsque pratiquement tous les partis politiques confondus ont hurlé à l'ignominie parce que des gilets jaunes ont moqué les forces de l'ordre leur faisant face et les chargeant en les encourageant à se suicider en scandant des «suicidez-vous !», là, je ne comprends plus. Ce serait ignoble de se moquer des policiers qui se suicident ? Des policiers dans leur ensemble ?

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/21/suicidez-vous-indignation-apres-ce-slogan-lance-par-des-gilets-jaunes-aux-policiers_5453119_3224.html

 

Cela fait 23 semaines que des gilets jaunes, des révoltés se font charger, agresser, arrêter par des forces de police, se font gazer, se voient mettre des amendes pour obstruction de la circulation, pour participation à des manifestations illégales, se ramassent des balles de lanceurs de balles de defense dans la tête, que des manifestants sont frappés, jetés par terre et roués de coups, même lorsque comme à Nice, ces manifestants sont des vieilles dames sans danger qui ont juste le tord de vouloir crier leur indignation. Et ces manifestants n'auraient pas le droit de haïr ces policiers et ces gendarmes qui leur font face, qui les chargent , les agressent et leur tirent dessus ? 

 

Comme des millions d'autres francais, je comprends la rage de ces gilets jaunes, de ces manifestants, de ces casseurs, même si je n'en fais pas partie, même si j'ai bien trop peur de me faire tabasser, charger, gazer par forces de police et de répression de notre État supposé démocratique pour participer à ce mouvement des gilets jaunes et à leurs manifestations. La violence et la répression aveugle de ce pouvoir autiste est le seul responsable de ce qui est en train de se passer. Macron, Philippe et Castaner conduisent la pire répression qu'il soit possible de mener contre le peuple de France, non pas la caste de grands bourgeois et de managers qui les ont mis au pouvoir, mais le véritable peuple de France, des campagnes et des petites villes oubliées de la Macronie de l'an I. 

 

On peut regretter cette haine du flic qui habite les gilets jaunes. Mais les Macron, Philippe, Castaner en sont les seuls responsables. Avec la police et la gendarmerie qui font trop bien leur travail, qui prennent trop au sérieux les ordres de violence qui leur sont donnés, qui ne fraternisent absolument pas avec les manifestants qui leur font face, même lorsque ces manifestants sont de vieilles dames âgées de plus 70 ans. La violence engendré la violence ! Le pouvoir macroniste joue le matador : juste avant l'épisode XXIII, je lisais dans Le Monde que 60.000 membres des forces de l'ordre seraient mobilisés pour contrer un peu plus de 20.000 gilets jaunes. Cette surenchère guerrière d'un pouvoir haineux, agressif, autiste aura un coût : une haine durable entre les forces de l'ordre et une partie de la population, non pas seulement comme autrefois la France des cités, mais cette fois-ci la France des campagnes. Quel dommage que les cités ne se soulèvent pas aussi pour renverser ce gouvernement de va-t-en-guerre !

 

Mais voilà, nous ne sommes plus dans une démocratie d'opinion. Il n'y a plus de liberté de manifester en France, avec des manifestations interdites un peu partout qui n'ont plus le droit d'accéder à certains quartiers où les intérêts touristiques des grandes fortunes sont privilégiées (comme les Champs Elysées ou le Quartier Latin à Paris). La liberté d'opinion est également en danger, où toute opinion subversive est de plus en plus condamnée, moralement ou pénalement. On essaie de faire peur, de bâillonner les gilets jaunes et leurs représentants. Condamnation pour appel à participer à une manifestation interdite, pour menace de mort ... et tous les macronistes de notre beau pays entonnent d'une voix chargée d'émotion : j'ai été choqué que l'on me menace de l'échafaud, de la guillotine, ou bien «condamnons ensemble ces paroles révoltantes» ...

 

Le danger, c'est bien l'unanimité en politique. C'est en fait le signe que l'ensemble des hommes et des femmes politiques en France appartiennent à une seule et même caste politique, à un seul et même groupe social, et que malgré leurs supposés différences politiques, il s'agit en fait d'un seul et même milieu. Les différences ne sont là que pour nous faire croire qu'il y a un échappatoire, qu'il y a une alternative. Meme si au fond, «there is no alternative» comme nous l'avait expliqué Maragareth Thatcher !

 

On peut estimer que je fais le jeu de l'extrême droite francaise, ou bien des extrêmes en politique. Mais ce serait oublié que Marine Le Pen a aussi condamné les «suicidez-vous» lancés aux forces de l'ordre Place de la République. Elle appartient comme les autres au même microcosme politique, même si elle n'est toujours pas arrivée au pouvoir !

 

Ce problème n'est même pas limité à La France. Il saute également aux yeux aux Etats-Unis en lisant un article dans Le Monde Diplomatique traitant de la situation en Louisiane, dans la ville de la Nouvelle-Orleans. Il n'y a aucune différence entre les positions des démocrates et des républicains dans la gestion de la crise ayant touché cette ville lors et après le passage de la tempête Katrina. Des deux côtés, on lit la même haine et la même absence d'empathie pour les victimes noires et natives de la Nouvelle Orléans. Des deux côtés de l'échiquier politique, on lit la même volonté de les faire disparaître et de tuer leur mode de vie, pour privilégier la gentrificatin de la Nouvelle-Orléans, pour qu'elle ressemble désormais au Monde rêvée de la classe sociale des dominants et des possédants. (lire l'article du Monde Diplomatique : «Stratégie du choc à La Nouvelle-Orléans dans le sillage de l'ouragan Katrina - Comment tuer une ville», d'Olivier Cyran). Accessoirement le terme de «Stratégie du choc» renvoie vraisemblablement à un livre écrit par Noami Klein, sous-titré «La montée d'un capitalisme du désastre», également autour du célèbre livre «No Logo» et qui dépeint les mêmes mécanismes de destruction culturelle et sociale de l'élite possédante et de la classe des dirigeants et des grandes entreprises. 

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/CYRAN/59367

 

Je reprendrais quelques citations de personnalités américaines citées dans cet article, qui, bien que démocrates ou républicaines, tiennent toutes les mêmes discours :

 

«J'ai un message pour les pillards : nos troupes savent comment tirer et tuer. Elles sont parfaitement disposées à passer à l'acte et j'espère bien qu'elles le feront.» Kathleen Blanco, gouverneure démocrate de Louisiane

 

«On a finalement réussi à nettoyer les logements sociaux de La Nouvelle-Orléans. On n'y arrivait pas par nous-mêmes, mais Dieu l'a fait pour nous.» Richard H. Baker, élu républicain de La Louisiane à la Chambre des Représentants.

 

«Katrina, c'est une tragédie. C'est aussi une chance de réformer radicalement le système éducatif.» Milton Friedman, économiste libéral (theoricien du «Monétarisme»)

 

«L'ouragan Katrina est la meilleure chose qui soit jamais arrivée au système éducatif de la Nouvelle-Orleans.» Arne Duncan, ministre démocrate de l'éducation dans l'administration de Barack Obama (l'ensemble des enseignants, majoritairement noirs, de la Nouvelle-Orleans ont été licenciés après le passage de Katrina, remplacés par des «charter schools» ou écoles sous contrats du privé).

 

Il y a unanimité politique parce que, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, derrière les oppositions idéologiques dramatisées et théâtralisées, il n'y a au fond aucune différence, aucune alternative, et tous ne font que défendre les intérêts que d'un seul et unique groupe social, à savoir les dominants et les possédants. Et même si j'en fais peut-être moi aussi partie (mais uniquement de la frange la plus éloignée, celle qui fera partie des premiers à être sacrifiés), je ne peux m'empêcher de trouver abject cet état de fait, cette situation dramatique et inacceptable. Je ne peux m'empêcher d'attendre et de craindre le jour où ce Monde explosera, où le peuple réussira à se révolter, à renverser ce monde de privilèges, comme le peuple l'avait déjà réussi en 1789, avant de se faire voler/confisquer sa victoire.

 

 

Saucratès


22/04/2019
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Délire complotiste - De la fiabilité de nos médias

Saint-Denis de La Réunion, mardi 16 avril 2019

 

Notre monde occidental moderne fonctionne sur l'idée, sur le principe sous-jacent que nous avons accès à l'information et que nous pouvons nous fier aux médias qui nous informent. Les médias qui ont pignon sur rue, qui portent le nom de grands journaux, sont supposés nous fournir de l'information fiable, et nous raillons nos enfants ou les jeunes qui prennent pour de l'argent comptant les chaînes YouTube qu'ils découvrent dans les recoins de la toile ou qui sont mis en avant, en exergue, par les algorithmes de FaceBook, Google ou YouTube. 

 

Mais si nous avions tout faux ? S'il nous était impossible d'avoir confiance même dans les plus grands journaux les plus célèbres, les plus prestigieux ? On savait déjà que la première guerre du Golfe, contre l'Irak de Sadam Hussein, était déjà une invention de la diplomatie américaine. Qu'on nous avait vanté les dangers de la quatrième plus puissante armée de la planète pour que l'Occident tout entier se jette dans une guerre et dans l'invasion d'un des pays les plus riches en champs pétrolifères, pour l'intérêt des grandes compagnies pétrolières américaines voire occidentales. 

https://www.humanite.fr/node/19617

 

On nous a donc menti une ou deux fois, ou plutôt, on a exagéré le danger et la force d'un supposé ennemi - ce n'est encore pas trop gravissime. Il s'agissait d'une exagération des représentants des armées d'un pays belligérant, ce qui est souvent arrivé par le passé. Apres tout, en 1945, la seconde guerre mondiale est née de la sous-évaluation de la force de l'armée de l'Allemagne nazie. Mais les journaux eux-mêmes n'étaient pas vraiment complices de cette supercherie, même s'ils n'ont pas joué à l'époque leur rôle de vigie, d'alerte, d'informateurs fiables. Ce serait par contre bien plus catastrophique si ces journaux, ces médias, avaient menti sur de nombreux autres événements ou guerres menés depuis ou récemment. Le Monde Diplomatique indiquait ainsi en avril 2019 que le génocide bosniaque perpétré par le régime serbe, dans les années 1992-1995, contre lequel l'OTAN est intervenu militairement, n'est également qu'une vaste fake news, avec la complicité de nombreux gouvernements occidentaux et de nombreux médias. Et que ce vaste bobard n'est toujours pas avoué par ceux qui y ont participé ou qui l'ont couvert.

 

Si ceci est vrai, si l'expédition armée de l'OTAN dans le cadre de la guerre de Bosnie se basait sur de fausses informations, si le génocide bosniaque est un canular, dont on nous ressasse les oreilles depuis des décennies, alors il y a lieu de s'inquiéter monstrueusement. Il est alors impossible de croire dans la véracité des informations qui nous sont fournies, dans les discours des politiques qui se suivent aux manettes de nos gouvernements, et il devient obligatoire de douter de tout ce qui nous est dit et tout ce qui ne nous est pas dit. De douter de la capacité des médias de rendre compte de la réalité de ce qui s'est passé dans l'incendie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris hier soir, de la réalité du réchauffement climatique, de la réalité de la victoire du candidat Emmanuel Macron lors de la dernière élection présidentielle française. Si la guerre de Bosnie repose sur un mensonge, alors tout le reste est faux, tout peut être fabriqué ou inventé. 

 

Le gouvernement français d'Emmanuel Macron a-t-il intérêt à ce que l'incendie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris soit un attentat islamique ? Cette nouvelle risque-t-elle de favoriser le vote en faveur de la liste du Rassemblement National ou bien pourrait-elle conduire au retour d'une unité nationale ? Un simple incendie accidentel conduisant au même résultat, le gouvernement n'a vraisemblablement aucun intérêt à reconnaître la piste terroriste. Si la guerre de Bosnie a déjà été couverte par les grands médias occidentaux, nous ne pouvons rien espérer de leur part pour faire la lumière sur cet incendie ! Aucun d'entre eux ne parlent d'ailleurs de la moindre revendication ou récupération par des groupuscules terroristes de cet incendie. Est-il possible qu'il n'y ait eu aucune revendication terroriste ? Et si on ne pouvait plus avoir confiance dans nos médias ? Si toutes les informations dont nous nous nourrissons étaient filtrées, trafiquées, pour nous conduire à agir de la manière qui sied à ceux qui nous dirigent ? 

 

Oui, je sais, ce sont des thèses complotistes. Inacceptables dans le champ de la reflexion intelligente, du juste milieu. Pour le vérifier, il suffit de vérifier l'information du Monde Diplomatique : la guerre de Bosnie reposait-elle sur une fake news ?

https://www.bvoltaire.fr/le-monde-diplomatique-a-raison-le-kosovo-constitue-bien-le-plus-gros-bobard-de-la-fin-du-xxe-siecle/

(LOL je sais que le site Boulevard Voltaire n'est pas un site autorisé, mais le site du Monde Diplomatique ne donne pas accès librement à leurs articles - or, cet article existe bien dans la version papier d'avril 2019 du Monde Diplomatique en page 5).

 

Si je pars du principe que les médias occidentaux nous mentent, colportent de fausses nouvelles et des fake news tout en nous faisant croire qu'elles sont vraies, alors on ne peut plus être sûr d'aucun des traitements de leurs informations. Notre-Dame-de-Paris, la présence d'islamistes au sein de l'UNEF, la réalité du réchauffement climatique. 

 

Je suis ainsi tombé hier sur un site tout aussi peu fréquentable, qu'un modèle climatique mathématique prévoyait une mini-ère glaciaire à partir de 2030, c'est-à-dire dans une dizaine d'années. 

https://www.anguillesousroche.com/nature/une-mini-ere-glaciaire-arrive-bientot-indique-le-modele-de-cycle-solaire-dun-professeur-de-mathematique-precis-a-97/#comment-10266

 

Cet article se base sur plusieurs sources américaine allant à contre-courant de l'opinion médiatique commune visant la fonte régulière des banquises des pôles nord et sud et la montée inéluctable des océans qui se profilent. 

https://www.nasa.gov/feature/goddard/nasa-study-mass-gains-of-antarctic-ice-sheet-greater-than-losses

https://www.washingtonpost.com/blogs/capital-weather-gang/post/antarctic-sea-ice-reaches-greatest-extent-so-late-in-season-2nd-largest-extent-on-record/2012/09/28/472625d8-098e-11e2-a10c-fa5a255a9258_blog.html?noredirect=on&utm_term=.d803c4ebb9ac

 

Ces deux articles au moins ne pourront être taxés d'appartenir à la littérature complotiste. Par contre, si on ne croit plus en la réalité des informations communiquées par les grands médias traditionnels, si on peut soupçonner qu'ils ne font que transmettre l'information qui leur paraît être nécessaire, qui plaît à ceux qui nous dirigent, alors on peut craindre que seules les informations conformes à la théorie du réchauffement climatique planétaire seront diffusées par nos grands médias ayant pignon sur rue, et on peut aussi craindre que même confronté dans quelques années au retour d'une mini ère glaciaire, nos médias en feront porter la responsabilité au réchauffement climatique, et non à des causes liées aux évolutions solaires.

 

Si on ne peut plus croire nos médias, si nos médias nous mentent régulièrement, alors nous sommes définitivement perdus.

 

 

Saucratès


16/04/2019
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Un dimanche en fin de soirée

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 31 mars 2019

 

La nuit est tombée comme d'habitude, comme à chaque fin de week-end. Le temps s'écoule inexorablement et rien ne semble pouvoir stopper cette hémorragie d'heures, de minutes, de secondes. Je dis «hémorragie» et je pense à une amie qui doit bientôt se faire opérer. Hémorragie, règles, enfantement, surgissement ... Mort, Vie. Rien n'est simple. En nous promenant cet après-midi, nous avons croisé évidemment des dizaines de vélocyclistes pressés, d'autres dizaines de marcheurs ou de courreurs à pieds, quelques personnes qui marchaient même entourés de leur propre bruit, une radio qui diffusait du bruit tout autour d'eux (quelle horreur au fond que le silence lorsque l'on est confronté à sa propre insignifiance, à sa propre absence de pensée, à sa propre vacuité !). Nous avons eu de la chance, sur ce sentier réservé aux seuls marcheurs et velocyclistes (auxquels on demande de respecter les marcheurs, mais j'y reviendrais à ce concept de «respect»), nous n'avons pas croisé cette fois-ci de scootéristes imaginant certainement qu'ils conduisaient un vélo, comme les fois précédente. Un jour, nous y avions croisé un papa en vélo escortant son gamin sur un quad d'enfant. Quad d'enfant peut-être, mais quad avec un moteur à explosion. Et l'odeur d'essence qui accompagnait ce bambin, sur un sentier de marche interdit aux vehicules à moteur, était une infection. Plusieurs minutes plus tard, nous respirions encore les restes des émanations des pots d'échappement de ce quad d'enfant !

 

Mais cet après-midi, en plus de tout ceci, nous avons croisé un jeune-homme qui nous a souhaité le bonjour avec un bonheur tellement visible, tellement palpable, que cela m'a marqué. Il émanait de ce jeune-homme croisé pendant quelques secondes un tel bonheur de nous voir, de nous saluer. Cela tranchait tellement avec tous les salutations, brèves, formelles, rarement accompagnées d'un sourire, que nous avions échangés avec les autres marcheurs jusqu'à présent. En fait, ces salutations sont rarement accompagnées de sourires, même lorsqu'on se croise sur des sentiers de marche, même à Mafate ! Comme si nous étions tellement absorbés dans notre fatigue, dans nos problèmes, dans nos pensées, dans notre sport, dans notre activité physique, dans l'hygiénisme de notre vie, que l'on cesse en fait de s'intéresser aux autres, à ceux que l'on croise, voire à ceux que l'on croit aimer. Ce jeune-homme manifestement était heureux d'être là, de marcher, de croiser des gens, de les saluer. Peut-être ce jeune-homme n'avait-il pas toutes ses facultés, peut-être n'avait-il pas tous les filtres sur ces émotions que la vie en societe implique ? Ou peut-être que ce jeune-homme était-il juste heureux de voir d'autres gens, de pouvoir parler, de vivre. Je ne le saurais jamais. 

 

C'est vrai que pouvoir vivre est un luxe invraisemblable, qu'être heureux et avoir un toit sur la tête auprès de ceux que l'on aime et qui nous aiment est le comble du bonheur, et que pouvoir partager ces moments avec des amis, dans la chaleur de l'amitié fait partie des meilleurs moments de la vie. Tout le reste n'a pas beaucoup d'importance, si ce n'est les premiers soubresauts (affres) de l'amour lorsque nous étions jeunes et encore innocents !

 

Je voulais en revenir sur le respect des autres. Ce matin, chez mon boulanger, j'attendais dans la file derrière plusieurs personnes, dont un motard qui venait d'arriver juste avant moi. J'ai eu une envie de passer devant lui, pour commander mon pain. Après tout, les motards s'infiltrent devant tout les automobilistes dans la circulation, aux feux tricolores, aux stops, et ils estiment que c'est normal. Si j'étais passé devant lui, pour commander mon pain, je ne l'aurais pas gêné, je ne l'aurais pas touché, j'aurais juste pris sa place ! Je me suis demandé comment il aurait réagi ? Aurait-il rien dit ? Ou m'aurait-il mis son poing (ganté) dans la tronche ? Suivre des personnes sagement dans une file à une caisse, dans une boulangerie, est une forme de civisme, de respect des autres. Cela signifie : je ne suis pas plus important que vous ! Je ne suis pas plus que vous ! Je ne vous suis pas supérieur ! C'est ce que l'on appelle le respect dû aux autres. On attend aussi d'une personne bien éduquée qu'elle laisse également passée  devant elle les vieilles personnes, les personnes âgées, les très jeunes enfants, ou les personnes handicapées, même si on le fait rarement dans une boulangerie.

 

Mais cela ne marche-t-il que dans les files dans les magasins, dans les boulangeries ? Pourquoi cela ne marche-a-t-il pas par exemple sur la route ? Pourquoi ce que l'on appelle la bonne éducation ne fonctionne-t-elle pas pour tous sur la route, et pourquoi notamment les motards ne la respectent-ils pas ? Pourquoi accepte-t-on que certains automobilistes se rabattent au dernier moment pour éviter les bouchons, comptant sur la gentillesse des autres et la peur de l’accident ? On peut se demander si ces usagers de la route, les automobilistes incivils et les motards, respectent-ils les autres automobilistes ? Ou bien sont-ils persuadés que nous sommes des moutons indignes du moindre respect, qui leur devont droit de passage et obligation de libérer la route devant eux ?

 

Comment appellerait-on de telles personnes dans la vie de tous les jours, dans les queues des magasins, dans les queues des boulangeries, s'ils agissaient de la même manière ?

 

 

Saucratès


31/03/2019
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