Critiques de notre temps

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Pensées


Nouvelles pensées d’un samedi soir : renouveau

Saint-Denis de la Réunion, samedi 30 avril 2022


Samedi 30 avril au soir, je suis partagé quant à ce que je veux écrire, ce sur quoi je veux écrire. Les dernières élections présidentielles qui ont vu une victoire d’Emmanuel Macron, porté par tout ce que la France compte d’intelligentsia, de groupements organisés ? En regard de l’immensité de ses soutiens, sa victoire paraît étriquée. Près de 45% des français ont voté contre lui, déjouant tous les pronostics, contre tous les sondages, contre tous les appels de toutes parts à voter Macron, contre toutes les unes des médias qui appelaient à voter pour lui et surtout pas pour son adversaire injustement diabolisée.

 

Veux-je donc écrire sur cette France déchirée ? Déchirée entre trois blocs antagonistes ? Ceux qui ont voté Macron. Ceux qui ont voté Marine par détestation de Macron. Ceux enfin qui ont voté Melenchon ou se sont abstenus.

 

Veux-je donc écrire sur les péripéties autour de cette élection présidentielle ? Mon fils me parlait notamment d’un tweet d’un fonctionnaire (ou juge français) qui avait pronostiqué dès les résultats connus de la Présidentielle, les résultats anticipés des prochaines élections législatives. Les prévisions du gouvernement, selon ce tweet, donnaient entre 350 et 420 députés au parti du président, sur un total de 500 députés. Les français sont cons ; ce type ne représente qu’une infime partie des francais et pourtant, les électeurs vont lui offrir à nouveau une large majorité pour appliquer ces réformes dont normalement personne ne veut. Pas d’autres explications possibles que le fait que les électeurs français sont cons, que ce type les a hypnotisés. 

Le tweet de ce fonctionnaire, de ce juge apparemment, a été immédiatement supprimé et il n’en existe apparemment plus aucune trace. Vraisemblablement, il faut cacher au peuple français que la partie est déjà jouée, que les dés sont pipés, que toutes les autres interventions ne sont que rodomontades. Il n’y aurait plus que moins d’une dizaine de députés socialistes dans la prochaine Assemblée nationale, guère plus de Les Républicains, peu d’insoumis. Et Hollande, le fossoyeur du Parti socialiste, donne encore son avis sur le devenir du Parti socialiste.

 

Normalement, LaREM disposerait de 420 députés sur un total de 500. Comme en 2017, cela va être la course à l’investiture LaREM. Je pense que dans cette histoire, c’est le silence complice des médias, de la presse, sur ces trahisons et ces retournements de veste, des ex-socialistes et des ex-LR, pour briguer un nouveau mandat sous l’étiquette LaREM, qui pose le plus problème. Par le passé, lorsqu’une telle trahison était observée, comme celle de M. Besson en faveur de M. Sarkozy pendant l’entre deux-tours de 2007, cela faisait la Une des médias. Idem pour celles concernant Marine Le Pen et Zemmour. Mais lorsqu’il s’agit de Macron, c’est un grand silence qui masque ces retournements de veste. Parce qu’il y a en eu trop ? Ou parce que Macron était protégé par la presse et les médias ? Protégé en tant que seul rempart contre l’extrême droite ? Ou du fait de ses liens avec les grands patrons propriétaires de ces divers médias ? 

Mais je pourrais aussi parler de mon prochain sujet d’intérêt, parce que la politique, ses magouilles et ses compromissions, c’est beaucoup trop fatigant, épuisant. Ma priorité serait donc de parler d’évolutionnisme des sociétés humaines, ou plutôt de classification des sociétés humaines. L’idée est de savoir s’il existe une possibilité de retracer l’évolution des sociétés humaines des premiers chasseurs-cueilleurs de la lointaine préhistoire, des premiers groupes d’humanoïdes, jusqu’aux sociétés modernes.

 

En disant cela, je fais comme si nos sociétés modernes étaient l’aboutissement ultime de la civilisation humaine. En tant que taille de sociétés, on peut dire sans se tromper que les sociétés modernes, occidentales, russes, chinoises, ou indiennes, représentent la concaténation du maximum d’humains sur cette Terre, vraisemblablement de tous les Temps. Donc effectivement, ils constituent l’aboutissement ultime de la civilisation humaine. Ils n’en constituent peut-être ni le futur, ni la meilleure forme d’organisation, ils vont peut-être même entraîner l’Humanité et la Terre elle-même dans le mur, mais ce n’est pas ce que l’on vise ici à rechercher.

 

Y a-t-il un intérêt à s’intéresser à une telle évolution ou une telle classification ? Ne vous êtes-vous jamais demandés comment les peuples grecs anciens avaient pu inventer la démocratie primitive des cités grecques, ces légendes qui sont arrivées jusqu’à nous de l’Athènes antique, de la Sparte antique ? Ne vous êtes-vous jamais demandé comment se faisait-il que des peuples amérindiens comme les Guayakis pouvaient être organisés sur une base d’une démocratie primitive ? Comment se faisait-il que des peuples comme les Sans ne connaissaient pas le pouvoir d’un chef, ou les aborigènes australiens ? Si c’est le cas, ne lisez pas mon prochain papier.

 

 

Saucratès  

 

 

Post scriptum : Qu’est-ce qui explique que les médias semblent être aussi subjectivement partisans de Macron et de LaREM ? C’était incroyablement visible pendant l’élection présidentielle, mais il était difficile de savoir si la raison en était le combat contre les idées de l’extrême-droite, ou la compromission ou la soumission aux intérêts de Macron et des milliardaires qui le supportent.

 

Aujourd’hui, dans cet article tout simple, que l’on peut difficilement lier au combat contre l’extrême-droite, on voit un journaliste qui considère que la célébration de la victoire du président sortant par ses troupes déchaînées aux pieds de la Tour Eiffel, sur le Champ-de-Mars, était «sobre» ! 

 

«Depuis sa réélection, célébrée sobrement dimanche 24 avril au Champ-de-Mars, Emmanuel Macron peaufine lentement l’architecture de son futur gouvernement …»

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/04/28/second-quinquennat-macron-un-gouvernement-ressere-avant-les-elections-legislatives_6124016_823448.html

 

Suis-je le seul à être choqué de voir affubler cette célébration de la victoire du président sortant du sobriquet, du qualitatif «sobrement» ! On nage dans le délire le plus extrême, dans l’enfilade de perles. Qu’est-ce donc que la démesure ? Faut-il uniquement se réunir au Foucquet´s pour que la presse, les médias, s’en émeuvent ? 

La question que je me pose est simple. Ce journaliste a-t-il tellement peur pour son poste, pour son emploi, pour oser l’ironie en parlant de la fête Jupitérienne organisée par Macron au Champ-de-Mars pour ses partisans ? Cela semble être cela, la démocratie Macronienne, un monde où le moindre faux pas, la moindre déclaration ou le moindre écrit qui déplairait en haut lieu, sera synonyme de licenciement ou de révocation pour tout fonctionnaire, tout journaliste, tout membre de l’intelligentsia. Vive la démocratie comme disent certains adeptes du doigt sur la couture du pantalon.


30/04/2022
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Pensées d’un samedi soir à la veille du deuxième tour des élections présidentielles

Pensées d’un samedi soir à la veille du deuxième tour des élections présidentielles

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, samedi 23 avril 2022


Samedi 23 avril 2022, veille du second tour de l’élection présidentielle 2022. S’agit-il d’un de ces moments historiques fondamentales que l’on retrouvera un jour dans les livres d’histoire du vingt-deuxième siècle ? Un de ces moments où tout aurait pu basculer ? Plus prosaïquement, il est très probable que cette élection présidentielle ne sera qu’un nouvel épisode des multiples événements tragi-politiques marquants à l’échelle française, mais insignifiants à l’échelle du monde. 

Malgré tout, on se trouve peut-être à un de ses moments de l’histoire où la marche en avant à marche forcée de l’ultra-libéralisme que défend et prône Macron aurait pu être stoppée, aurait pu être arrêtée par l’élection d’une présidente et d’un gouvernement différent, non inféodé aux intérêts des puissants oligarques qui contrôlent notre démocratie. 

Le futur se souviendra peut-être du fait que 2022 aurait pu voir la destruction de nos économies occidentales par l’hyper-capitalisme être stoppée et l’Europe être ramenée à un projet au service des peuples, et non seulement à celui de ses élites.

 

Il faut lire un très bon papier du Monde sur cette question, sur l’idée que l’hyper-capitalisme occidental a été le fossoyeur de nos démocraties en permettant la destruction et la disparition (ou l’exportation) leurs emplois industriels sur l’autel du profit et du Dieu Argent.

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/04/21/en-exportant-leurs-emplois-industriels-les-etats-unis-ou-la-france-ont-alimente-une-menace-pour-leurs-democraties_6123121_823448.html

 

La lecture du Monde ne me satisfait que très rarement depuis la campagne électorale présidentielle de 2017 et le début du quinquennat d’Emmanuel Macron. Il n’y a qu’à voir la lecture et la communication que Le Monde a fait autour du débat Macron vs Le Pen et les cocoricos exaltés que le journal en a fait. Le Monde n’informe pas ses lecteurs ; il les manipule. Il ne leur donne pas à lire ce qu’ils ont envie de lire. Il tente de les manipuler, sournoisement, insidieusement. Pour tous ceux qui n’auront pas vu le débat Macron vs Le Pen, Macron sera le grand vainqueur absolu s’ils se fient au 

Monde !

 

Par exemple, sur le rôle croissant des experts dont Macron et ses sbires, et ses clones, sont les grands thuriféraires, Le Monde sort un papier pour expliquer qu’ils sont justement apparus sous le régime de Vichy (qui est si proche idéologiquement, selon un article du Monde, de la candidate Le Pen). Insidieusement. Et ainsi de suite …

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/21/comment-sous-le-regime-de-vichy-les-economistes-ont-commence-a-devenir-des-experts_6123120_3232.html

 

Sans oublier évidemment de rappeler les deux moments terribles pour les journalistes démocrates que sont l’élection de Donal Trump aux Etats-Unis et la victoire du camp pro-Brexit en Angleterre.

 

«Si de tels scénarios inattendus, voire impensables méritent d’être rappelés à la veille du second tour de la présidentielle française, c’est qu’ils procèdent d’un contexte politique présentant de troublantes similitudes avec celui du nouveau duel Macron-Le Pen. Et que, aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, l’impensable est survenu alors que le camp censé incarner la raison était quasi certain de l’emporter. Patriotes contre mondialistes, gens ordinaires contre donneurs de leçons, l’affiche de notre présidentielle 2022 était déjà celle de la joute où se sont affrontés partisans et adversaires du Brexit au Royaume-Uni il y a six ans.»

 

https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/04/22/les-scenarios-de-l-election-de-trump-et-du-brexit-presentent-de-troublantes-similitudes-avec-le-duel-macron-le-pen_6123324_6059010.html 

 

Le Monde se transforme même en assénant, en certifiant un indubitable pourcentage expliquant que le programme politique de Macron est beaucoup plus catho-compatible que celui de Marine Le Pen. Ce doit être la première fois de leur vie que les journalistes ou chroniqueurs du Monde ne crachent pas sur leurs ennemis catholiques (j’exagère, Le Monde n’est quand même pas Charlie Hebdo), mais pour défendre leur idole Emmanuel Macron, ils sont prêts à toutes les compromissions, à tous les mensonges, à toutes les alliances contre-nature.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/22/election-presidentielle-les-propositions-de-marine-le-pen-sont-bien-moins-catho-compatibles-que-celles-d-emmanuel-macron_6123312_3232.html

 
Si cette élection présidentielle restera le témoin, le témoignage de quelque chose d’aberrant, ce sera l’absence de reconnaissance, de représentation publique pour les 45%, 49% ou 51% des français qui auront voté pour Marine Le Pen sans être pratiquement représentés par aucun parti politique, aucun média, aucun journal, aucun syndicat, aucun sportif ni aucun personnage médiatique. Comment est-ce possible un tel aveuglement des élites françaises. Ce mépris, cet aveuglement sera lourd de conséquences. Ce n’est pas le vote de tous ces français qui est une aberration, une faute, c’est l’aveuglement de ces élites qui va conduire à la survenue d’une catastrophe politique et intellectuelle !

 

Julien Benda dans les années 1920 avait parlé de la trahison des clercs, en parlant de la trahison des intellectuels de son temps ayant permis la montée des idéologies. Il faudrait de nouveau écrire le même livre aujourd’hui pour parler de la trahison de tous les intellectuels, politiques, journalistes, experts, hauts fonctionnaires, membres de l’élite intellectuelle et politique de notre société, ces quelques dizaines de milliers de macronistes, macronisants, macro-compatibles qui sont en train de détruire la France et sa démocratie, en se faisant appeler ´défenseurs de la démocratie´ et en faisant appeler leurs ennemis du nom de xénophobes, de fascistes et de racistes !

 

De tout temps, il y a eu en France un combat entre des élites et le peuple. Le boulangisme. 1789. Est-ce la première fois que l’élite n’a plus qu’une petite moitié du peuple pour les défendre face à l’autre moitié du peuple ? Ou bien est-ce déjà arrivé, en 1789, en 1968, en 1981, sans que cela ne change rien ; une autre élite venant rejoindre l’élite au pouvoir et lui permettant de reprendre le contrôle du peuple et de ses aspirations, pour quelques dizaines d’années supplémentaires, jusqu’à la prochaine crise ?

 

 

Saucratès

 

 

Nota : l’histoire se rappellera peut-être aussi du 23 avril 2022 comme du jour où le populisme aura triomphé en France, ouvrant la voie à un possible éclatement de l’Europe. Comme du jour où les électeurs français auront fait le choix du populisme, de la contestation des élites. Et la construction européenne n’est rien d’autre qu’une conception de technocrates à mille lieux des aspirations des peuples européens et encore moins français. 


23/04/2022
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Parle-t-on de front républicain vis-à-vis du bon candidat

Parle-t-on de front républicain vis-à-vis du bon candidat dans cette présidentielle ?

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de La Réunion, samedi 16 avril 2022

(veille du dimanche de Pâques)


Pourquoi parle-t-on de front républicain pour cette élection présidentielle ? Pourquoi pratiquement tous les partis politiques, pourquoi toutes les organisations syndicales de salariés, pourquoi pratiquement tous les journaux, toute la presse, appellent-ils à voter contre Marine Le Pen et pour le président sortant ultra-libéra Emmanuel Macron ? À les croire, la République française nécessiterait d’être sauvée du danger Rassemblement National ou du danger Marine Le Pen ? Mais toutes ces personnes, tous ces politiques, tous ces intellectuels, ne ressentent pas ou ne ressentaient pas le même danger pour la survie de la République avec la candidature Macron ou la candidature Mélenchon ?

 

On sait pourtant les formes que prit la République française sous la présidence Macron, avec ces manifestants blessés ou tués, la liberté de manifestation écornée ou niée lorsqu’elle visait à contester le pouvoir de Macron (bizarrement, les manifestations anti-Le Pen n’enregistrent aucune interdiction d’accès aux centre-villes), les confinements et couvre-feus imposés à tous les français, enfin à presque tous, puisque les puissants continuaient à avoir le droit de se déplacer librement (ministres, préfets, chefs d’entreprise, etc) et probablement à faire la fête et à s’offrir des réceptions à l’abri des regards, et enfin le choix entre l’obligation de vaccination ou l’exclusion de toute vie sociale pour les non-vaccinés.

 

On sait aussi la forme qu’aurait la République française avec Jean-Luc Mélenchon, et ses colères homériques en cas d’enquêtes judiciaires. Et pourtant, on a pu observer une complaisance invraisemblable des médias à son encontre, aucune analyse de son programme politique mais juste des envolées lyriques des journalistes sur sa prestance, et sur le caractère de vote utile de sa candidature. Un peu auparavant, c’était l’indigéniste Taubira-Delanon qui était adulée de cette manière.

 

Alors que la mesure politique de retraite dès 60 ans de Mélenchon n’a jamais été condamnée ou chiffrée par Le Monde, la mesure de Marine Le Pen visant à permettre un départ à 62 ans, ou à 60 ans en cas de carrière longue, elle, est jugée irréaliste par ce même Le Monde, alors que c’est au fond, le maintien inchangé de la situation actuelle. 

Au fond, je ne cherche pas vraiment à comprendre pourquoi pratiquement personne n’ose appeler à voter pour Marine Le Pen, puisque, au fond, c’est la peur des autres, la peur de perdre son poste ou sa responsabilité, la peur d’être catalogué définitivement comme d’extrême droite, comme un raciste, comme un xénophobe, qui fait qu’aucune personne en responsabilité n’ose ou ne peut faire ce pas. Les gens qui combattent Marine Le Pen se disent démocrates, se disent républicains, se disent défenseurs de la liberté d’opinion et de conscience qui seraient supposément en grave danger si Marine Le Pen l’emportait, mais ce sont eux qui utilisent les pires méthodes fascistes et d’harcèlement à l’encontre de ceux qui ne pensent pas comme eux. Nous sommes dans un monde où on peut faire son coming out, ou toute personne qui oserait un commentaire déplacé serait poursuivie pénalement, mais on ne peut pas dire qu’on va voter pour Marine Le Pen. Ce doit etre cela ce que l’on appelle une démocratie !

 

Entre 45 et 49% des électeurs français envisagent pour l’instant de voter pour Marine Le Pen, mais ils ne sont représentés par personne, par pratiquement aucun journal, par aucun syndicat, et par pratiquement aucun parti politique si ce n’est le Rassemblement national ou Reconquête. N’est-ce pas terrible ? N’est-ce pas abominable ? Des dizaines de journaux et de médias, de syndicats, ne font que prêcher le vote pour un type contre lequel il faudrait réellement instaurer un front républicain pour empêcher sa réélection, pour seulement à peine une moitié de l’électorat ?

 

N’y a-t-il qu’une seule moitié de l’électorat francais qui compte, et l’autre moitié qui n’a aucune importance, aucune valeur, dont personne se soucie de les représenter ?


J’en reviens donc à ma question initiale : pourquoi cette haine de l’extrême-droite ? Quelques connards parlent d’ailleurs encore de peste brune à l’encontre de l’extrême-droite, dans une référence aux nazis des années 1930-1940. L’histoire française est construite autour du mythe des méchants allemands et des méchants nazis. Personne ne se rend compte que ce n’est qu’une partie de l’histoire. L’extrême-droite est restée au pouvoir en Europe bien après la fin de la seconde guerre mondiale. Le général Franco est resté le maître de l’Espagne jusque dans les années 1970, mais également au Portugal ou en Grèce avec le régime des colonels. Sur quoi repose le procès fait à l’extrême-droite française ? Les exagérations du père, même si celui-ci a permis de faire avancer les idées nationalistes de son parti dans l’opinion publique ? L’idée même de considérer que la France doit cesser d’attirer toute la misère du monde par la largesse de son système de protection sociale plus généreux pour les étrangers qu’il ne l’est pour ses propres concitoyens français ? 

 

L’idée même d’une idée d’un front républicain en recul ne s’explique au fond que parce que les électeurs qui se reconnaissent désormais dans les idées de l’extrême-droite ne représentent plus seulement 18% des électeurs comme en 2002, 36% en 2017, mais désormais pratiquement la moitié de l’électorat français ! En effet, Le Monde a raison, le front républicain recule parce qu’il ne parle plus seulement qu’à une petite moitié de l’électorat, au mieux. 


https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/04/16/presidentielle-2022-coup-de-fievre-general-sur-le-front-republicain-avant-le-second-tour_6122415_6059010.html

 

Dimanche prochain, dans une semaine, on saura si malgré les appels hystériques de tous les médias et des partis politiques et des syndicats réunis, le candidat des milliardaires, de la France d’en Haut, des technocrates et des idées ultra-libérales, aura réussi à se faire réélire, conformément à tous les calculs, à tous les pronostics, ou bien si ce sera son opposante qui sera élue pour sa deuxième tentative.

 

 

Saucratès

 

 

Post scriptum : Je ne parle pas de l’aberration intellectuelle que représentent les multiples appels à voter pour le candidat ultra-libéral Emmanuel Macron de la part des candidats et des dirigeants d’extrême-gauche comme Mélenchon, Poutou, les Communistes ou bien localement la Présidente du Conseil régional de la Réunion Bello.   Comme si tous ces supposés révolutionnaires en herbe cherchaient à rendre crédibles l’accusation de «tous pourris» du Rassemblement national, comme s’ils cherchaient à démontrer qu’ils défendent tous leurs propres intérêts, les mêmes interêts, sous des étiquettes diverses et variées. Abominable.


16/04/2022
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La mort et une question

La mort et une question

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, samedi 19 mars 2022


Il arrive que des morts d’amis proches ou d’inconnus vous fassent prendre conscience de certains faits troublants. La mort est une chose abominable lorsqu’elle touche des gens bons, humains, justes. Si la mort devait me prendre, elle ne ferait que faire disparaître quelqu’un de haineux, rancunier, méchant, sans cœur, n’aimant pas les autres. Mais Atoussa était tout le contraire de moi, une jeune femme douce, aimante, avec des rêves plein la tête. Quelqu’un de foncièrement bon, foncièrement gentille, foncièrement aimante, foncièrement tolérante. Elle rêvait d’ailleurs, elle rêvait de vivre en Corse, de travailler à la Banque de France de Corse, de vivre à Saint-Pierre-et-Miquelon. Et c’est vrai que moi aussi, j’en ai rêvé de cette île de Saint-Pierre-et-Miquelon. La faute pour ma part à un film que je n’ai même pas vu : la veuve de Saint-Pierre. Si Atoussa avait su qu’il lui restait si peu d’années à vivre, qu’aurai-elle fait de sa vie et de ses rêves ? Lorsque l’on meurt aussi jeune … elle avait à peine plus de cinquante ans … lorsque l’on sait que l’on ne pourra pas vivre ses rêves, qu'éprouve-t-on ? 

Atoussa est allée au bout de nos angoisses. A-t-elle éprouvé cette peur d’en parler à ses proches que j’ai moi-même ressentie ? En tout cas, elle est partie vivre et combattre sa maladie loin de ses proches pendant de longs mois, auprès de ses parents, auprès de ses nombreux frères et sœurs, et puis elle est finalement rentrée auprès de ses proches, pour mourir. C’est horrible. Atoussa était une personne si bonne.

 

Lorsque je vois les personnes autour de moi, leur capacité d’empathie, la manière dont ils sont touchés par les malheurs qui frappent autour de nous ou par le décès d’Atoussa, je me dis que je n’ai pas vraiment de cœur, que je ne ressens pas vraiment d’empathie pour ceux qui m’entourent, que je suis sans cœur. Un cœur sec. Peut-être est-ce le cas. Suis-je incapable de rien éprouver pour les autres ? Suis-je un monstre sans coeur, incapable de penser à autre chose que de calcul et de rationalité ? Atoussa, tu étais autre chose qu’une simple amie. Tu étais notre sœur, notre collègue, notre amie, même si je t’ai fuie lors de tes derniers mois de ta vie. J’en suis désolé. J’eusse dû profiter de chaque moment où j'aurais pu te revoir. Sache que je garderai de toi l’image de quelqu’un de foncièrement bonne, foncièrement humaine, de foncièrement attachée aux autres, préoccupée des autres.

 

Atoussa, de son nom de baptême Thérèse, était née en Iran, exilée avec sa famille en France, et morte à la Réunion, à l’âge de 51 ans. Repose en paix Atoussa.

 
 

Saucratès

 

 

Nota : 

 

Me reviennent ces quelques mots ouvrant une chanson d‘Adrian Ström (en remplaçant homme par femme pour parler d’Atoussa) :

 

«Je n'ai rien de particulier. Je suis un homme ordinaire avec des pensées ordinaires et une vie ordinaire. Aucun monument ne m'est dédié et mon nom sera vite oublié. Mais d'un certain côté, j'ai aussi bien réussi que n'importe qui.»

 


20/03/2022
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Pensées éreintées d’un samedi soir, sous le coup d‘une nouvelle trahison du conseil constitutionnel

Pensées éreintées d’un samedi soir, sous le coup d‘une nouvelle trahison du conseil constitutionnel 


Par Saucratès 


Saint-Denis de la Réunion, samedi 22 janvier 2022

 
Nous sommes un nouveau samedi soir du mois de janvier 2022. Les années passent, les mois passent et rien ne change. Les vagues de contamination passent les unes après les autres sur nos têtes, et le gouvernement pond, vague après vague, des textes législatifs de plus en plus liberticides. Et les remparts de la démocratie sautent les uns après les autres. Sous les vivats de tous les bons démocrates, tous les bonnes âmes de la république qui applaudissent toutes les privations de liberté qui frappent leurs concitoyens. 
 

Cela me rappelle ce film de la Guerre des Étoiles (Star Wars pour les angliscistes), le sixième qui a été produit par Georges Lucas, le troisième si on se réfère à l’ordre chronologique, le plus sombre puisqu’il explique comment le héros, Anakin Skywalker, est devenu Dark Vador. Dans ce film, l‘héroïne (Padme Amidala) décrit ainsi : 

 

«Ainsi s'éteint la liberté, sous une pluie d'applaudissements.»

Star Wars, épisode III : La revanche des Siths, Georges Lucas

 

Ce sont surtout les images du film, avec les ovations des députés rassemblés, acclamant le futur empereur Dark Sidious, qui me donne cette impression d’une abominable ressemblance avec l’époque presente et la situation actuelle en France. Ce samedi soir, comme depuis le début de cette pandémie, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement entre le gouvernement du président Macron et la mort de la République et la naissance de l’Empire. Et cette citation tourne en boucle dans ma tête. 
 

Dans quelques décennies, j’imagine que le point Godwin ne représentera plus l’irruption des mots «nazisme» ou «Hitler» dans une conversation, mais les mots «macronie» ou «Macron». Lorsqu’on parlera de «tyrannie», ce sera le synonyme de «macronie» qui viendra immédiatement à la pensée.

 

En parlant de remparts de notre démocratie qui sautent les uns après les autres, je pense évidemment aux avis rendus par le Conseil Constitutionnel. Un conseil qui ne fait pas seulement que se coucher devant ce président de la république et son gouvernement. Mais qui collabore honteusement avec une entreprise d’harcèlement des français non vaccinés que le président Macron a assimilé à des non-citoyens. À quand une loi égale à celles de Vichy privant ces français-là de leur citoyenneté ? Mais les priver de tout droit n’est-il pas déjà une forme de privation de leur cotoyenneté. Les citoyens français réunionnais non vaccinés n’ont ainsi déjà plus le droit de quitter leur territoire de 2.500 km2, en dehors de motifs impérieux (décès d’un proche, convocation judiciaire…). Tout comme les citoyens français guadeloupéens. Et vous vous demandez pourquoi ils se révoltent ?
 

Initialement, le pass sanitaire avait été validé par le Conseil constitutionnel parce qu’il ne privait pas les citoyens de droits essentiels, de l’accès à très peu d’événements festifs, et aussi parce qu’il n’imposait pas à la vaccination (possibilité de tests PCR valables trois jours). Puis ce pass sanitaire a été étendu à pratiquement tous les événements de la vie sociale. Puis la validité des tests a été ramené à 24 heures au lieu de 72 heures. Et maintenant, le pass sanitaire devient le pass vaccinal. Et à chaque fois, le garant ultime de nos droits, de la Constitution, le Conseil constitutionnel, a validé chacun une de ces entorses, de ces entraves supplémentaires à nos libertés publiques, sous les vivats d’une partie de nos concitoyens, de nos politiques (LaREM et PS pour la plupart). 
 

Le général de Gaulle avait pensé des institutions républicaines où le Conseil constitutionnel devait être le rempart ultime, le protecteur ultime de nos libertés publiques pour empêcher la survenue d’un nouveau régime totalitaire comme le nazisme ou l’Etat francais. Mais ce gardien ultime a failli, et le pire est que son président est un socialiste, du même parti que Francois Mitterrand, ce François Mitterrand qui parlait de coup d’état permanent en parlant de la cinquieme république et du général de Gaulle. Et c’est un socialiste qui vend nos libertés publiques à Macron !

 

Tout ceci est terrible. J’aimerais que ces deux dernières années ne soient qu’un cauchemar et que je me réveille dans quelques instants dans le monde que j’aurais quitté fin 2019. Ni extraordinaire, ni égalitariste, mais au moins la France était encore une démocratie, menée certes par un petit tyran qui faisait tirer sur la foule des gilets jaunes par les forces de gendarmerie et de police. Mais au moins, nous n’étions point encore totalement sous la botte d’une dictature et d’un dictateur fantoche.

 

 

Saucratès


22/01/2022
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