Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

De la laïcité à la française

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 18 janvier 2019

 

Je vais traiter aujourd'hui de nos institutions, du respect de la laïcité de l'Etat francais. Le principe de la laïcité de notre État, de notre gouvernement, est un débat immémorial. Il remonte à plusieurs siècles dans le passé, mais il a opposé historiquement les tenants de l'Etat, de l'école laique, des gauchistes aux tenants des curés, de l'école privée, de la droite ! C'est un vieux débat ancien que l'on retrouve dès lors que l'on lit des écrivains de la fin des années 1800, début des années 1900. C'est l'époque où les religieux perdent peu à peu de leur influence dans les campagnes françaises, mais aussi dans les grandes villes françaises. C'est l'époque de ceux que l'on a appelé les hussards noirs de la République. C'est une époque où le fait d'être absent de l'église lors de la messe était un signe remarqué d'athéisme. Et le mal, la condamnation, l'excommunication n'était jamais très loin à cette époque envers les athées, ceux qui n´allaient pas à l'église. 

 

C'est une opposition aujourd'hui qui semble irréelle, parce que cette opposition entre les curés et les instituteurs, les syndicalistes, les communistes, n'a plus aucun sens. La société française s'est presque totalement pacifiée aujourd'hui, et l'église s'est presque totalement sécularisée. Il ne reste presque plus d'enjeu à ce niveau ; la pratique religieuse étant devenue une pratique privée et les curés n'empiètant plus du tout sur la vie de la cité. La véhémence n'est désormais pratiquement plus que le fait que des athées, des agnostiques, qui érigent leur athéisme, leurs doutes, leur refus de la religion en étendard sanglant, comme si l'existence même, la persistance, la survivance de la religion catholique représentait pour eux une insulte, un danger, une remise en cause de leurs propres valeurs, de leurs propres façons de voir la vie.

 

Mais en même temps, un autre combat autour de la laïcité s'est développé autour de l'affichage des signes d'appartenance religieuse. Ce combat ne concerne plus en premier lieu la religion catholique, mais surtout la religion musulmane. Mais ce combat touche également par ricochet l'affichage de signes religieux catholiques. La défense de la laïcité a visé l'obligation faite aux femmes musulmanes de porter le voile islamique, la burka, c'est-à-dire de se cacher en public, de se cacher le visage ou les cheveux. Par ricochet, le port de signe extérieur religieux a aussi pu concerner le port de la croix catholique, ou pourrait concerner le port de la kipa juive. La défense de la laïcité est ainsi devenue un système empiétant sur des signes d'affichage privé d'une croyance religieuse. Et on en arrive à des situations ubuesques. Interdire à des femmes de se couvrir la tête, alors que c'était une obligation autrefois pour pénétrer dans une église en France ! Pour protéger quelques centaines/milliers/millions de femmes ou jeunes filles qui seraient forcées de se couvrir et qui ne le souhaiteraient pas, on criminalise celles qui préfèrent se couvrir, quelqu'en soit le motif ! Un peu bizarre.

 

Evidemment, ce combat a fait d'autres victimes collatérales. Sous le prétexte de la laïcité, les communes, collectivités locales n'ont plus le droit de faire, de symboliser des crèches dans l'espace public. Des nouveaux venus des grandes villes dans des petites communes rurales ont fait interdire en justice les sonneries des clochers parce que cela gênait les nouveaux venus. De la même manière qu'ils font interdire les chants des coqs. Et ils ont parfois gagné ! En même temps, sous le prétexte du respect de la diversité culturelle envers les autres religions, des symboles religieux de l'islam ont envahi les cantines de nos écoles. On réfléchit à proposer des repas halal et on y banit la viande de porc parce que les pauvres enfants musulmans ne pourraient pas manger dans nos cantines sans cela. Bientôt, on y mangera halal parce que ce sera considéré comme non incommodant pour les non-musulmans. Et pourtant, la nourriture halal est un signe religieux fondamental pour l'islam.

 

La laïcité à la française est un truc bizarre. Elle s'attaque essentiellement aux symboles de la religion catholique, comme pour démontrer que la France n'a aucune racine chrétienne et qu'elle est a-religieuse ou athée, oubliant, niant plus d'un millénaire de racines chrétiennes de celle qui était la fille aînée de l'Eglise catholique. Elle s'attaque aussi avec véhémence aux symboles de l'islam qui entravent l'émancipation des femmes occidentales, comme si le seul combat à mener contre l'islam était un combat de féministes ! Les fervents défenseurs de la laicité estiment-ils qu'ils seraient plus heureux en tant qu'athées, en tant qu'agnostiques, dans un régime islamiste que dans un pays aux racines chrétiennes ? J'en ai parfois l'impression. 

 

Dans un monde aussi profondément religieux, que je pense aux Etats-Unis, à l'Inde, au Japon et à la Chine, aux pays arabes et du Maghreb, peut-on imaginer qu'un pays au milieu de cette tempête envisage de rester athée, non religieux ? Je ne pense pas que cela soit possible. Et l'article suivant publié par BFMTV ne peut que me confirmer dans cette idée. 

https://www.bfmtv.com/societe/islam-francais-un-rapport-accablant-1038242.html

 

Avec quelques idées fortes qui en ressortent. 

 

1. «les musulmans comptent pour 5,6% des habitants de métropole (...). Mais ils sont 10% des moins de 25 ans, signe de la prégnance croissante de la deuxième religion du pays auprès des jeunes générations.»

 

2. «28% des croyants ont adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République, s'affirmant en marge de la société (... et) 29% des interrogés se sont également déclarés d'accord à l'affirmation suivante : la loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République.»

 

3. «Une écrasante majorité des musulmans interrogés ne refusent pas la mixité, acceptant de se faire soigner par un médecin (92,5%) ou de serrer la main d'une personne (88%) du sexe opposé». Mais a contrario, cela signifie que 7,5% des musulmans interrogés refuseraient de se faire soigner par un médecin du sexe opposé, et 12% refuseraient de serrer la main d'une personne du sexe opposé.

 

4. «70% des répondants déclarent toujours acheter de la viande halal (... et) 65% se déclarent favorables au port du foulard (et 24% à celui du niqab), (tandis que) 37% des personnes de culture musulmane considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée.»

 

Dans un autre article, mais il s'agissait peut-être d'un article d'un site identitaire, j'avais lu l'interview d'un responsable musulman espérant que la France pourrait devenir un État islamique sous une vingtaine d'années. «Laissez-nous rêver» indiquait-il. 

 

Mais la position inverse existe aussi, la volonté de français musulmans d'émigrer en terre d'islam pour mieux vivre leur foi musulmane. 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/19/reve-d-islam_1293760_3224.html

 

Peut-on en déduire que je suis ou non favorable à la laïcité en fait ? Je suis favorable à la laïcité parce que je n'aurais pas aimé vivre dans le totalitarisme chrétien des années 1800-1900, où les bigots, les bien-pensants surveillaient qui allait à l'église et qui n'y allait pas. Je suis aussi favorable à la laïcité parce que je n'aimerais pas vivre sous un totalitarisme islamique, pour des raisons comparables. Mais je ne suis pas favorable à la laïcité lorsque l'on méconnaît, rejette les racines chrétiennes de l'Europe et de la France, lorsque l'on veut mettre l'islam sur un plan d'égalité avec la chrétienté. L'Europe pour moi est judéo-chrétienne, et s'est construite dans la suite de la Grèce et la Rome Antique, qui ont façonné notre Monde et nos institutions. La morale, l'éthique et la méta-morale se sont construites sur des fondements chrétiens. Elles sont à mon sens inséparables de la religion chrétienne. Et en ce sens, la laïcité à la française pourrait être considérée selon moi comme une aberration, une relique du passé qui n'a plus de nécessité aujourd'hui.

 

 

Saucratès


18/01/2019
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Les gilets jaunes - Quater

Réflexion huit (mercredi 16 janvier 2019)

Où le mouvement des gilets jaunes réinterroge le principe même du consentement à l'impôt, ou plutôt les injustices face aux taxes et à l'impôt !

 

Ce mouvement des gilets jaunes, que ce soit au niveau national, ou à son niveau réunionnais, a remis en exergue, en lumière, le principe premier de l'importance du consentement à l'impôt pour le citoyen ! Ce qui n'était qu'un principe juridique voire philosophique, cantonné aux livres juridiques, aux théories constitutionnelles, redevient brutalement, dans le cadre de ce mouvement social, un sujet d'actualité brûlante !

 

Qu'est-ce que le consentement à l'impôt ? C'est avant tout une notion très ancienne, remontant au début du parlementarisme occidental, à l'époque de la royauté. Ultérieurement, ce principe du consentement à l’impôt est reinstauré par un décret de la Constituante le 17 juin 1789. «Le texte proclame que désormais toutes les contributions existantes sont illégales et nulles parce qu’elles n’ont pas été consenties. Dorénavant, aucune levée d’impôt ne pourra s’effectuer si elle n’a pas été préalablement décidée par l’assemblée représentative des citoyens.» On retrouve ce principe dans l’article 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 27 août 1789, qui dispose : «Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée».

 

https://www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie-2007-1-page-27.htm

 

http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/impot/consentement-impot-mutations-du-citoyen-contribuable.html

 

Voilà pour le principe juridique du consentement à l'impôt. En clair, cela signifie simplement qu'il n'est pas aussi évident que cela d'accepter de payer les taxes et les impôts que l'Etat, le fisc, nous demande, et que notre consentement, notre acceptation s'explique par le fait que ce sont nos propres représentants au parlement, des représentants dans lesquels nous avons placés notre confiance et dans lesquels nous avons confiance, qui les ont votés. Et c'est bien cela qui est remis en cause par le mouvement des gilets jaunes, et plus largement et de manière souterraine, par une majorité des contribuables français. Cette question de confiance et de consentement. Ce ne sont d'ailleurs plus nos représentants au parlement qui décident des quotités, assiettes et recouvrements, mais des énarques et des technocrates.

 

Le lien ci-dessus sur Cairn.info fait également un lien intéressant entre le paiement de l'impôt et la citoyenneté dans les pays en développement, qui, selon l'auteur, «ne fiscalisent généralement qu’une partie de leur économie, souvent les quelques grandes sociétés étrangères présentes, leurs salariés et ceux des organismes publics. Le reste de la population, c’est à dire l’essentiel, constitue un secteur pudiquement nommé informel».

 

Il poursuit :

 

«La fiscalité ne peut jouer dans ce cadre le rôle de lien de citoyenneté qu’elle a historiquement rempli dans les pays occidentaux (...). L’impôt est nécessaire à l’éveil de la conscience politique. Sans impôt, pas de nécessité de rechercher le consentement des citoyens, pas de conscience des droits et des devoirs, et pas de débat démocratique réel.»

 

Dans un pays comme la France où le travail non déclaré, le secteur informel, dans certains secteurs d'activité est aussi fortement developpé, on peut s'interroger. Ce fort développement s'explique-t-il par l'ancienneté de la contestation de l'impôt ou simplement par une volonté d'échapper au fisc et la volonté de bénéficier de prestations sociales indues ?

 

Le fait de lier la fiscalité et la citoyenneté est un des messages forts que j'ai entendu dans le mouvement des gilets jaunes. Derrière la contestation de telle ou telle taxe sur les carburants, on entend aussi une remise en cause des cadeaux faits aux très riches, comme la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) voulue et donnée par Macron. 

 

On peut alors s'interroger sur la poursuite de l'existence de ce lien entre impôts et citoyenneté, lorsque l'on voit les plus riches des contribuables organiser leur non-imposition en France, cherchant les cieux les plus cléments en matière fiscale ou les paradis fiscaux les plus opaques pour y cacher leurs fortunes ! Lorsque l'on voit des stars du business ou des milliardaires français se réfugier en Patagonie, en Suisse, en Belgique, en Russie ou au Portugal pour ne plus payer d'impôts, même ces mêmes personnes continuent d'utiliser les infrastructures publiques françaises ... routes, autoroutes, aéroports ... les forces de police pour proteger leurs biens, qu'ils continuent à vendre leurs albums, leurs films ou leurs produits à des francais, à parader dans des émissions de télévision francaise ... ou à se faire enterrer royalement en France !

 

Enfin, le dernier message que j'ai retenu des gilets jaunes, c'est la remise en cause de l'absence égalité de tous devant l'impôt. Cette impression que les énarques et technocrates parisiens ignorent ce qu'est la vie en province (ou à La Réunion), où l'on ne peut se passer de voitures, où les réseaux de transport en commun ne permettent pas de se déplacer aussi facilement qu'à Paris et en région parisienne. 

 

Mais on découvre aussi par la même occasion que nous ne sommes pas tous égaux devant l'impôt. Un article du Monde indiqué ainsi que des députés échappent totalement à l'impôt. Comment est-il possible qu'une personne dont les revenus dépassent 5.300 euros nets mensuel, sans compter les défraiements pour frais de mandat (5.000 euros par mois dans sa forme précédente), la gratuité des voyages en train ou en avion, puisse ne pas avoir d'impôts sur le revenu à payer et même se faire rembourser quelques centaines d'euros au titre de l'impôt. 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/12/pourquoi-certains-deputes-ne-paient-pas-d-impot-sur-le-revenu_5408319_3224.html

 

Il n'y a aucune égalité devant l'impôt. Les députés en premier, qui votent nos impôts, se sont octroyés le droit d'échapper à l'impôt sur le revenu, en déclarant non imposables certaines des sommes qu'ils touchent (alors que nous, nous devons même payer des impôts sur des taxes  que l'on paye sans les toucher, à savoir la CSG et la CRDS), en construisant des systèmes pour échapper à l'impôt, ou en organisant leur non imposition !

 

Pour conclure, je reprendrais une phrase de l'article publié sur Cairn.info dont le lien est reproduit plus haut :

 

«Lorsque les individus sont soumis à une autorité qui ne repose sur aucune autre légitimité que la force brutale, le prélèvement fiscal apparaît comme purement confiscatoire et il est évident que la résistance à l’impôt se confondra avec la résistance au pouvoir.» On est plus très loin de cette situation en France !

 

 

Saucratès

 

 

Précédents écrits sur le même sujet

1.Les gilets jaunes - Populisme ou anarchisme

2.Les gilets jaunes - Populisme ou anarchisme - Bis

3.Les gilets jaunes - Ter


16/01/2019
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Existe-t-il une chape de plomb médiatique autour de la dangerosité des migrants et des risques encourus ?

Saint-Denis de La Réunion, le 15 janvier 2019

Existe-t-il une chape de plomb médiatique autour de la dangerosité des migrants et des risques encourus ?

 

Est-ce qu’on nous ment sur les réfugiés demandeurs d’asile, et surtout, qui nous ment ? Quand je dis «qui nous ment ?», je cherche surtout à ne pas paraître paranoïaque et à ne pas accuser le gouvernement pour tout et n'importe quoi.

 

Sur le sujet des réfugiés, il y a un péril à éviter : vérifier au maximum ses sources pour ne pas reproduire des informations non vérifiées provenant de sites identitaires affiliés à l’extrême-droite, française ou américaine. Je ne veux pas forcement dire que ces informations sont obligatoirement fausses ; simplement qu'elles sont orientées et peuvent être grossies, déformées.

 

Néanmoins, il y a une question qui me trotte quand même dans la tête, sur l’immigration : courre-t-on un risque en France en devant accueillir assez massivement des réfugiés demandeurs d’asile, majoritairement de religion islamique ? C’est une question qui peut paraître être politisée, mais c’est une question qui me semble normale. Dans l’Ile de la Réunion, il y a désormais la même interrogation possible à se poser, au sujet des réfugiés Sri-Lankais. Ce n’est pas parce qu’une question ne plait pas à certains qu’elle est forcément illégitime ! 

 

Sur la dangerosité des réfugiés, il me semble qu’il y a un silence de l’Etat et plus largement de tout le monde, médias, associations, intellectuels. Il n’est pas politiquement correct de s’exprimer sur ce sujet, et la presse est aussi particulierement silencieuse. Un des États européens qui a apparemment très largement ouvert ces frontières et a accueilli un nombre très important de migrants est la Suède. Dans une moindre mesure, il y a également le cas de l’Allemagne. Ces deux pays sont-ils ou non confrontés à une forte progression de la délinquance du fait des migrants, et notamment des agressions à caractère sexuel (viol) ? Je me rappelle notamment des chasses aux femmes observées dans la ville de Cologne qui avaient particulièrement marqué les esprits en Allemagne il y a quelques années (la nuit de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre 2015). Un événement certes ponctuel, mais au combien choquant ! Sur lequel en fait une chape de plomb a été déposée ; les journaux français ayant soigneusement évité de donner de plus amples informations :  combien de victimes, combien d'agressions ? des couples d’hommes et de femmes ont-ils été attaqués ? Y a-t-il eu des morts ? Aujourd'hui encore, si on fait des recherches sur ces événements de Cologne, on ne trouve que des sites identitaires pour en parler. Est-ce à dire que c'est de l'intox, qu'il ne s'est rien passé à Cologne ? Ou bien est-ce à dire que les médias traditionnels n'en parlent pas, soit parce qu'il n'y a rien à en dire, soit parce que ce n'est pas politiquement correct de faire un lien entre immigrés et violences (surtout les violences sexuelles faites aux femmes) ? Où est la vérité ? 

 

Je vais prendre un exemple beaucoup plus proche et plus récent. Il concerne le meurtre d'un citoyen qui hébergeait un jeune migrant chez lui, tué avec 28 coups de couteau. L'information n'est normalement pas à prendre trop avec méfiance, puisqu'elle provient du site de BFMTV, qui, malgré ses soucis avec les gilets jaunes, donne normalement des informations fiables. Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 11 au 12 décembre 2018, et l'alerte aurait été donnée le 16 décembre 2018 au soit, après que des invités du migrant aurait découvert le corps du quinquagénaire planqué sous un lit. 

 

https://www.bfmtv.com/police-justice/indre-et-loire-un-migrant-tue-de-28-coups-de-couteau-l-homme-qui-l-hebergeait-1604970.html

 

Le défunt était apparemment bénévole aux Restos du cœur depuis près de 20 ans, et il était engagé depuis avril 2018 auprès d’Utopia 56, une association d’aide aux migrants. 

 

Ce n'est pas le fait divers sordide qui m'alerte particulièrement. Evidemment, c'est terrible d´imaginer que le migrant soit-disant en extrême difficulté que l'on peut héberger puisse être un tueur sanguinaire. Ce qui est arrivé à ce quinquagenaire aurait pu arriver à plein d'autres personnes qui veulent bien faire, être solidaire, en hébergeant des migrants. 

 

Non, ce qui est choquant, c'est d'abord l'absence de médiatisation de cette histoire, et la presque impossibilité de tomber sur des informations concernant cette affaire par le biais des moteurs de recherche, comme si il existait une chape de plomb sur ce genre d'informations, pour pas qu'elles sortent. Je ne pense pas ainsi que Le Monde en est parlé, comme s'il ne fallait pas communiquer sur des informations qui pourraient faire peur aux gens, qui pourrait leur faire prendre conscience des dangers encourus, ou bien qui pourrait rompre la bien-pensance autour de l'accueil des migrants et du gentil et malheureux migrants. À La Réunion aussi, des familles accueillent peut-être aussi des migrants Sri-Lankais ou pourraient être tentées de le faire. De telles histoires pourraient aussi arriver, même si cet incident ne concerne peut-etre qu'un seul migrant sur des centaines de milliers d'autres pour lesquels cela se passe bien.

 

Mais comment peut-on le savoir. N'y a-t-il qu'une seule histoire de ce type tue ? Pourquoi les médias ne camouffleraient pas des centaines d'affaires de ce type. Ils sont l'un de nos seuls et principaux moyens d'information sur le Monde qui nous entoure, encore aujourd'hui.

 

L'autre élément choquant de cette histoire, c'est l'absence de toute mention de cet incident sur le site de Utopia 56 ( http://www.utopia56.com/fr). Le site continue à promouvoir l'hébergement citoyen, un article traite du fondateur de l'association, mais pas un mot sur le drame ayant touché ce quinquagénaire, qui était pourtant engagé avec eux depuis avril 2018. Comment peut-on appeler le comportement de cette association, ce manque criant d'empathie ?

 

Concernant cette même association Utopia 56, les sites identitaires consultés fait état de débats autour de l'habillement conseillé aux femmes intervenant sur des camps de migrants. L'association semble leur demander de se couvrir pour respecter les coutumes des migrants. Disons qu'au delà de la légitime interrogation que cela peut poser sur les acquis des combats des féministes des decennies passées, cela met bien à contrario en valeur les risques potentiels d'agressions de la part de ces migrants à l'encontre des femmes si elles ne sont pas suffisamment couvertes ! Sous la limite que ces débats reproduits par les sites identitaires soient véridiques.

 

 

Alors oui, ce post n'est pas très politiquement correct, mais où se trouve la vérité ?

 

 

Saucratès


14/01/2019
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Les gilets jaunes et la démocratie directe - Ter

Réflexion sept (jeudi 10 janvier 2019)

Que nous raconte l'affaire du boxeur de gendarme sur ce gouvernement et sur la presse, et accessoirement sur notre vision du mouvement des gilets jaunes ?

 

En premier lieu, je tiens à dire que je ne suis pas très favorable aux actions du mouvement des gilets jaunes réunionnais. Je suis même contre et extrêmement critique à leur encontre. À l'encontre des méthodes employées, le blocage et la prise en otage des automobilistes, des salariés, des autres réunionnais, comme si les gilets jaunes réunionnais savaient mieux que tout le monde ce qui est bon pour tout le monde, pour les autres gens, à notre propre place ! Ils ont décimé de nombreuses entreprises qui vont devoir fermer dans les prochains mois ou semaines, si ce n'est pas déjà fait. Et surtout, ces quelques gilets jaunes s'arrogent des pouvoirs de vie ou de mort, qui a droit de passer, qui doit rester bloqué, qui mérite d'être prioritaire ! On croit rêver. Ces gilets jaunes ont beau jeu de critiquer l'absence de démocratie en France ou à La Réunion, La manière dont ils ont organisé leur blocage des routes était le règne du népotisme, du favoritisme, et  des emmerdements maximums vis-à-vis des autres !

 

Mais malgré tout, les réponses du gouvernement au mouvement des gilets jaunes francais (et non pas réunionnais, n'oublions pas que ce gouvernement à envoyer une ministre des outre-mers pour négocier) me semblent outrancières, et donnent envie de renverser ce gouvernement autiste, avec tous ces ministres et hauts fonctionnaires imbus d'eux-mêmes et de leur pouvoir ! Les réponses du premier ministre d'abord, visant à faire passer une nouvelle loi pour interdire les manifestations non préalablement déclarées, pour sanctionner les manifestants qui se couvrent le visage, pour creer un nouveau fichier des personnes interdites de manifestation, tout ceci me semble correspondre à un gigantesque recul des libertés publiques, de notre droit à manifester ! Nous nous trouvons face à une crispation du pouvoir politique afin de lui permettre d'interdire tout rassemblement. Demain, sera-t-il même encore possible de pouvoir manifester si le gouvernement estime le contraire ? 

 

Les contempteurs béats du gouvernement me questionneront évidemment sur les possibilités de combattre les débordements des groupes identitaires ou d'ultra-gauche ? Je croyais pourtant que la défense des libertés publiques était fondamentale, comme par exemple le fait que des menaces terroristes ne doivent pas conduire à legitimer des mesures contraires à l'ordre public comme la torture ? Pourquoi cela serait-il différent avec la liberté constitutionnelle de manifester ?

 

La répression des tribunaux francais et du gouvernement vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes me semble également totalement infondée et disproportionnée. Parce que les gilets jaunes et les électeurs découvrent brutalement qu'ils ont élu à l'Assemblée nationale une ribambelle de députés LRM incompétents, de managers minables, d'haineux personnages ... Parce que des gens ont voté sans réfléchir pour des députés LRM juste pour donner une majorité à un président inconnu ... et que la supercherie de ce pouvoir est aujourd'hui patente, et détestées par une majorité de francais ! Parce que les députés LRM croyaient que les lois se faisaient dans un petit coin du parlement, hors du regard des français ...

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/09/la-multiplication-des-violences-contre-les-deputes-n-a-pas-d-equivalent-sous-la-ve-republique_5406990_823448.html

 

Des députés LRM obtiennent ainsi la condamnation à de la prison avec sursis pour des gilets jaunes qui ont osé prononcé le terme de «guillotine» à leur encontre. Le moindre port de boulons, de masques de chantier permet d'arrêter préventivement des gens envisageant ou appelant à manifester, ou juste d'envahir le palais de l'Elysée !

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/01/03/gilets-jaunes-un-homme-condamne-a-quatre-mois-de-prison-avec-sursis-pour-menaces-envers-un-depute-lrm_5404790_1653578.html

 

Et aujourd'hui, ce même gouvernement et la justice s'acharnent sur un homme ayant osé frapper des gendarmes mobiles ! Un homme qui aurait osé exprimer son accord avec les gilets jaunes et son rejet du gouvernement !

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/01/07/gilets-jaunes-le-boxeur-soupconne-d-avoir-agresse-deux-gendarmes-s-est-rendu-a-la-police_5405950_1653578.html

 

Je suis désolé, mais même si la violence dont cet homme a fait preuve, en boxant des gendarmes, peut être condamnée et critiquée, elle est compréhensible. Je la comprend totalement. Devant la violence dont sont capables les forces de l'ordre, violence considérée comme légitime parce que ces derniers représentent un État partial, aux ordres de la Macronie comme hier de la Hollandie, il peut arriver que des gens biens, des bons pères de famille perdent temporairement leur bon sens et decident de faire justice, d'intervenir , portés par la foule, par leurs proches, pour les defendre ... Et quand ces gens sont en plus de grands combattants, des boxeurs professionnels, alors cela donne cette histoire ! Pourquoi des gendarmes mobiles auraient-ils le droit de tirer des grenades sur des gens, de les tabasser, de les frapper par terre, que ce soit des hommes ou des femmes, et pourquoi l'inverse n'est-il pas possible ? Cela nécessitait-il de l´emprisonner de manière préventive ? Non !

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/01/10/agression-de-gendarmes-a-paris-l-ex-boxeur-place-en-detention-provisoire_5407018_1653578.html

 

Là où on tombe en plein délire, ce sont les attaques et les condamnations des membres du gouvernement et de LRM à l'encontre de la cagnotte du boxeur professionnel. Pour quelle raison une ministre des droits des hommes et des femmes peut-elle demander les identités de ceux qui ont donné à cette cagnotte, comme si c'était un crime ! Comment des ministres peuvent-ils demander de clôturer cette cagnotte et nous accuser d'encourager la violence pour cette raison ? Alors qu'il ne s'agit que d'un signe de compréhension à l'égard du geste d'une personne. Mais ce gouvernement n'a aucune compréhension, aucune empathie à l'égard des gens autres qu'eux-mêmes et leurs copains managers ou milliardaires !

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/09/gilets-jaunes-la-bataille-numerique-des-cagnottes-solidaires-fait-rage_5406957_3224.html

 

Alors oui, cette accumulation d'injustices de la part de l'Etat me donne envie de rejoindre ce mouvement des gilets jaunes. Ou de mettre à bas ce gouvernement et cette présidence par tous les moyens à ma disposition, et notamment par mon bulletin de vote. 

 

Pour finir, j'aimerais terminer par le rejet de la presse de la part du mouvement des gilets jaunes. J'avais indiqué ne pas le comprendre il y a quelques jours ou semaines, parce que le journalisme d'investigation est fondamental et extrêmement important ! Et je n'ai pas changé d'avis ! Mais lorsqu'on découvre que tous ces gilets jaunes sont condamnés à cause des images prises par les journalistes, qui enregistrent chaque acte des gilets jaunes, on peut se demander si on parle bien de journalisme d'investigation ou de journalisme de délation ! Si ce gilet jaune à été condamné pour avoir dit «la guillotine», c'est parce que de médias filmaient. Si ce boxeur est poursuivi, c'est parce qu'il y avait des médias ! Pas d'images des violences antérieures de ces mêmes gendarmes, pas de publication des images de la place de la Contrescarpe, par contre des images immédiates de toute violence dont les gilets jaunes sont coupables. Ce n'est plus de l'investigation, ce n'est plus de l'information ; c'est plus de la délation, de l'appui au gouvernement et aux opérations de police. Qu'une chaîne comme BFM TV et ses journalistes soient attaqués par des gilets jaunes, c'est certes regrettable mais c'est la conséquence d'un positionnement délataire de cette chaîne et de nombreuses autres. La liberté d'informer est importante mais les médias devraient faire attention à l'usage que le pouvoir, les tribunaux font de leurs images et de leurs vidéos.

 

https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2019/01/07/gilets-jaunes-apres-des-agressions-les-reporters-de-bfm-tv-refusent-de-couvrir-le-mouvement-ce-lundi_5405979_3236.html

 

 

Réflexion six (vendredi 4 janvier 2019)

Quelle responsabilité des gilets jaunes dans les liquidations à venir des entreprises réunionnaises ?

 

Combien de centaines d'entreprises réunionnaises, combien de milliers de salariés réunionnais vont-ils faire les frais du mouvement de blocage des gilets jaunes du mois de décembre 2018, ou des prochains mois ? C'est aujourd'hui une certitude, le nombre de liquidations judiciaires d'entreprises réunionnaises va exploser au cours des prochaines semaines. Ce nombre a déjà sensiblement progressé en ces tous premiers jours de janvier 2019. Une entreprise emblématique comme la société Graphica a ainsi dû déposer son bilan en ce début d'année 2019, tuée par le mouvement des gilets jaunes réunionnais et l'impossibilité pour cette entreprise de fonctionner normalement, d´assurer sa production pendant la période la plus importante de l'année pour elle ! Et ce n'est qu'un minuscule exemple. Combien de centaines ou de milliers d'autres entreprises vont suivre dans les prochaines semaines ou mois ? 

 

Combien de dizaines d'emplois disparaissent avec la disparition de Graphica ? Combien de salariés se sont retrouvés sur le carreau à la suite de cette liquidation judiciaire ? Combien d'ex-salariés qui avaient un emploi jusqu'à là se sont-ils retrouvés à devoir pointer au chômage ? Et combien de milliers d'autres futurs chômeurs vont suivre leurs traces dans les prochains jours, semaines ou mois ?

 

Les salariés de Graphica, les salariés des futures entreprises qui suivront Graphica dans la liquidation judiciaire savent-ils que les responsables de la disparition de leurs entreprises et de leurs emplois sont ces quelques centaines de gilets jaunes, de manifestants qui ont détruit leurs entreprises en les empêchant de fonctionner, en les empêchant d'être approvisionnées en matières premières, en les empêchant de pouvoir livrer des produits fabriqués ou de vendre des marchandises qu´il n'était possible de vendre qu'en ces quelques semaines précédant Noël ? 

 

Individuellement, chacun des gilets jaunes qui bloquaient les routes réunionnaises, les rond-points, les axes ou le port de commerce, peuvent-ils être poursuivis par ces salariés, par les dirigeants ou les propriétaires de ces entreprises auxquels on a volé leur emploi, leur travail, leurs moyens de subsistance ? Pris individuellement, les gilets jaunes sont-ils responsables financièrement de leurs actions ? Ou bien ne sont-ils simplement que moralement responsables du malheur qu'ils auront causé autour d'eux ? Ces gens-là en ont-ils même simplement conscience ? Ou bien ne voient-ils que le juste combat qu'ils ont cru mener contre la vie chère, contre ceux qui avaient un travail ?

 

Si les gilets jaunes pris individuellement ne sont pas responsables financièrement des conséquences des blocages qui vont entraîner des centaines ou des milliers d'entreprises en liquidation judiciaire, les meneurs de ces gilets jaunes, dont certains pouvaient être riches, propriétaires d'entreprises, ces meneurs qui haranguaient les foules via Facebook ou Twitter, ne sont-ils pas responsables de ces actions, des conséquences de leurs actes ? De manière certaine, je peux assurer que ces gens sont moralement véritablement responsables de ces destructions d'entreprises, de ces milliers de salariés qui vont être jetés dans le monde du chômage, hors du monde de l'emploi ! Tous ceux qui les ont suivi, tous ceux qui les ont rejoint, tous ceux qui ont appelé à les rejoindre, pour bloquer axes et routes en sont egalement responsables.

 

Je serais à la place de ces salariés licenciés, j'aimerais pouvoir leur demander des comptes à ces gilets jaunes, à ces leaders autoproclamés. Mais évidemment, personne ne sait qui étaient ces gilets jaunes, qui étaient sur les points de blocage, au nom de qui et de quelle idéologie ces derniers bloquaient ! 

 

J'imagine que les gilets jaunes ne s'estiment pas du tout responsables de ces disparitions d'entreprises, de ces centaines ou milliers de licenciements en cours et à venir. Selon eux, j'imagine que les responsables sont sûrement l'Etat qui n'a pas répondu suffisamment rapidement à leurs revendications, le Président de la République ou de la Région Réunion qui ne les ont pas écoutés, voire les dirigeants de ces entreprises qui se ont dû se mettre plein d'argent dans les poches (j'imagine que c'est ce qu'ils pensent) et qui voudraient en rejeter la faute sur leur admirable mouvement citoyen !

 

Evidemment, certaines de ces entreprises devaient bien avoir quelques difficultés financières avant ce mouvement. Graphica avait ainsi été placée en redressement judiciaire quelques mois auparavant. Mais ce mouvement a achevé cette entreprise, comme il achèvera des centaines ou des milliers entreprises réunionnaises dans les prochains jours, semaines ou mois. Ce n'est pas parce qu'une personne a une jambe cassée qu'il faut lui tirer une balle dans la tête, en faisant porter la responsabilité à celui qui lui a cassé la jambe ! 

 

Nous sommes tous forcément responsables de nos actions, de nos paroles, forcément moralement, si ce n'est financièrement, dès lors que nos actes ont des conséquences dommageables pour les autres! Je pense que les salariés licenciés en raison du mouvement des gilets jaunes devraient demander des comptes aux leaders des gilets jaunes, aux gilets jaunes de leur entourage, à leurs voisins gilets jaunes, qu'ils devraient se rendre dans les maisons du peuple pour qu'on leur explique pourquoi les destructions de leurs entreprises, de leurs emplois étaient nécessaires pour la lutte contre la vie chère, pour faire entendre raison à l'Etat, pour combattre les politiques légitimement élus !

 

Il est tellement grisant de tout bloquer, de prendre en otage toute une économie. Cela nous donne une grande importance, un grand pouvoir. C'est surtout tellement plus rapide, tellement plus facile de faire plier un préfet, un gouvernement, de les forcer à venir s'expliquer. Lorsque l'on ne bloque pas toute une Île, mais juste une place et une rue devant une préfecture, dans une seule ville, sans tout bloquer, c'est tellement plus compliqué, plus difficile d'obtenir raison, d'obtenir des résultats ! J'en suis bien conscient ! Sauf que dans ce dernier cas, lorsque l'on ne bloque pas tout, lorsqu'on n'empêche pas une économie de fonctionner, lorsque l'on ne crée pas les conditions d'une révolution, d'une révolte, on n'est pas non plus à l'origine de la disparition de centaines d'entreprises, on n'est pas responsable du licenciement de milliers de salariés. C'est ce que font de manière responsable les syndicats et les représentants des travailleurs ou des fonctionnaires. C'est dommage que les gilets jaunes aient voulu des résultats plus rapides, plus violents, plus marquants, plus impactant. Parce que ce ne sont pas eux qui en paieront les conséquences ; ce sont les responsables et les salariés des entreprises qui auront été détruites par ce mouvement ! Et leurs proches, femmes, parents et enfants !

 

 

Réflexion cinq (mardi 18 décembre 2018)

Les gilets jaunes et la démocratie directe

 

Je peux comprendre le mouvement des gilets jaunes même si je n'adhère pas avec bon nombre de leurs représentants qui passent aux JT des différentes chaines de télévision. Même si je n'adhère pas du tout avec leurs méthodes et leurs moyens d'action ! Après tout, cela n'a aucun rapport ! Je n'apprécie presque jamais les hommes ou les femmes politiques qui nous représentent à l'Assemblée Nationale, au Sénat ou dans les assemblées locales, et pourtant, cela ne me conduit pas à remettre en cause leur légitimité à représenter les citoyens que nous sommes. Donc, je peux ne pas me reconnaître dans les combats défendus par les gilets jaunes mais cela ne retire pas sa légitimité à ce mouvement !

 

Par leur refus affiché de reconnaître une légitimité aux hommes politiques pour les représenter, par leur refus apparent de voir leur mouvement être récupéré par des partis politiques, qu'ils soient d'extrême gauche ou d'extrême droite, par leur impossibilité visible à accepter la nomination de représentants de leur mouvement, les gilets jaunes français rejettent la démocratie représentative sous toutes les formes que l'on a connu depuis des décennies voire plusieurs siècles. Le mouvement des gilets jaunes, c'est un appel à la démocratie directe. C'est le retour de l'opposition entre le basisme et le fédéralisme, que connaissent bien les membres des organisations syndicales, celle qui oppose un syndicat comme la CFDT (Confédération française démocratique du travail - qui n'a de démocratique que le nom et l'existence de représentants élus) à un syndicat comme SUD (Solidaires, unitaires, démocratiques). Les décisions sont-elles prises depuis le sommet (le fédéralisme comme la CFDT) ou bien émanent-elles directement de la base des adhérents (le basisme comme SUD) ?

L'appropriation du mot sud par les militants sud-ptt

 

C'est aussi la très vieille opposition entre Sparte et Athènes, entre la démocratie représentative athénienne et une forme de démocratie directe du peuple spartiate, entre le pouvoir des édiles et des élites contre un idéal du pouvoir du peuple lui-même. C'est une opposition vieille comme le monde, comme la démocratie elle-même, opposition qui a été de tout temps tranché au bénéfice des élites, des représentants élus par le peuple, qui ne représentent plus le peuple dès lors qu'ils sont élus pour le représenter, de cette démocratie parlementaire qui confisque le pouvoir au peuple dès lors que les fièvres révolutionnaires redescendent, retombent ! Parce qu'il n'a jamais été possible au peuple de réussir tous ensemble à gérer une multitude sans déléguer le pouvoir à certains, sans être incapables de contrôler l'usage par certains des pouvoirs qui leur étaient donnés. Parce qu'au final, les élus, quels qu'ils soient, quoiqu'ils représentent, utilisent toujours l'armée en dernier ressort pour écraser le peuple, pour opprimer la révolution, même lorsqu'ils en sont eux-mêmes issus !

 

C'est cela qui se rejoue dans le mouvement des gilets jaunes : le combat entre des membres du peuple contre des élites, des édiles, des membres de l'aristocratie et de l'oligarchie. Est-il possible que ce mouvement débouche sur autre chose que sur la désignation de nouveaux représentants désignés ou élus, sachant que chaque gilet jaune ne veut pas entendre autre chose que sa propre désignation pour se représenter lui-même !?! C'est donc à celui qui saura parler le plus fort, hurler le plus violemment, qui au final l'emportera. Ce sera celui qui aura le plus important comité de soutien, celui qui sera le plus démagogique, le plus populiste, celui qui saura répondre le mieux aux attentes populistes et parfois racistes de la foule des autres gilets jaunes, celui qui au fond sera le plus grand meneur d'hommes ou de femmes ! Le mouvement des gilets jaunes, c'est donc aussi la vieille opposition socratique entre la philosophie et le sophisme, entre la raison et l'argumentation vide de sens pour canaliser et contrôler les foules et atteindre au pouvoir !

 

Je pense par ailleurs qu'un parti comme celui de Macron, cette soit-disant République en marche (LRM) porte une responsabilité écrasante dans l'apparition de cette révolte des gilets jaunes. La naissance du mouvement de Macron nous a été vendu comme l'investiture de citoyens comme vous et moi, issus presque aléatoirement du peuple, ouvert à tout un chacun, qui allaient représenter le peuple lui-même, par différence avec tous les autres partis politiques remplis de caciques. Et le peuple a voté pour ces personnes pour donner un majorité parlementaire à un nouveau venu complètement inconnu juste avant cela, qui s'était lancé un an auparavant dans le monde de la politique.

 

Mais les parlementaires élus de la République en marche n'ont absolument rien eu à voir avec ce qui nous avait été présenté ! Ce ne sont pas des membres des classes populaires. Ce ne sont que des personnes issues des multiples réseaux dont bénéficiaient Macron, avec un seul type de langage : tous les managers dont nos administrations et les grandes entreprises sont remplies, avec pour seul mot d'ordre la productivité, la compétence, l'efficacité, les services rendus aux usagers (non pas par eux mais par leurs subalternes), l'amélioration des chiffres et des ratios. Ce sont ces gens-là qui remplissent les réseaux de Macron, issus de tous les partis politiques de gauche comme de droite, issus des entreprises, issus des administrations publiques, mais qui n'ont absolument rien à voir avec les classes populaires, avec les gens comme vous et moi, ceux qui bossent, qui triment, avec ceux qui constituent le peuple ! La République en Marche nous a menti ! Macron nous a menti ! Les élus qui se sont fait élire sous l'étiquette La République en Marche nous ont menti ! Ce ne sont que les pires représentants de l'oligarchie des puissants, de la classe managériale qui ont été élus en 2017.

 

Et ce mouvement des gilets jaunes a juste permis de faire apparaître en pleine lumière que LRM n'est qu'une vaste fumisterie, une vaste intoxication intellectuelle. Voilà ce que sont réellement que les députés LRM ? Non pas des membres un peu nouveau de la classe politique mais simplement des managers simplement incompétents, perdus face à une foule qu'ils sont incapables de comprendre, vis-à-vis de laquelle ils sont incapables d'avoir la moindre empathie ! Mais le peuple réunionnais et le peuple français peuvent-ils s'en apercevoir ? Je crains que non quand par exemple je lis que les intentions de vote en faveur de LRM atteignent près de 22% lors des prochaines élections européennes ! Comme cela est-il possible !

 

Je ne sais pas ce qui accouchera du mouvement national ou réunionnais des gilets jaunes ? Au delà des relents racistes, xénophobes qu'il est obligatoire de découvrir dans de tels types de mouvements populaires et populistes, j'espère que ce mouvement réussira à faire apparaître une autre forme de politique, une autre exigence de démocratie directe, un vrai contrôle des représentants de la Nation par leurs mandants. C'est le discours général en fait des gilets jaunes et si en plus, il émanait de ce mouvement la mise en lumière de l'escroquerie du Macronisme et de LRM, ce serait parfait ! Même si les autres partis politiques ne valent guère mieux, bien qu'ils aient été nettoyés de tous les libéraux managers ayant rejoint LRM !

 

 

Saucratès

 

 

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1.Les gilets jaunes - Populisme ou anarchisme

2.Les gilets jaunes - Populisme ou anarchisme - Bis


18/12/2018
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Elles s'appellent ou s'appelaient Rahaf Mohammed Al-Qunum, Dina Ali Lasloom, Ashwaq et Areej Hamoud, Tala et Rotana Farea ...

Saint-Denis de La Réunion, le 8 janvier 2019


Elle s'appelle Rahaf Mohammed Al-Qunun, et elle risque toujours d'être tuée par sa famille ou bien d'être condamnée à mort en Arabie Saoudite si on l'y renvoie. Son crime : avoir résisté à sa famille, s'être fait couper les cheveux, vouloir abandonner la religion musulmane, refuser de porter le hidjab ... 

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/07/menacee-par-sa-famille-une-jeune-saoudienne-demande-l-asile-depuis-l-aeroport-de-bangkok_5405917_3210.html

 

On note d'ailleurs que dans le respect des belles valeurs traditionnelles musulmanes, son frère avait tenté de la remettre dans le droit chemin en la frappant pour lui faire accepter le hidjab et de prononcer ses prières ! Vive la famille !

 

Elle a apparemment eu de la chance. À l'aeroport de Bangkok, les services de l'immigration lui avaient apparemment confisqué son passeport et ses billets d'avion et souhaitaient la renvoyer vers l'Arabie Saoudite, mais elle a réussi à alerter le Haut commissariat des Nations unies pour l'accueil des réfugiés, ainsi que la presse internationale. L'Australie, où elle avait apparemment prévu de demander asile, «a contacté le HCR et les autorités thaïlandaises pour obtenir des garanties afin qu’elle puisse accéder au processus d’obtention du statut de réfugié, a fait savoir un porte-parole du gouvernement australien».

 

Comme l'indique les services de l'immigration thailandais, selon le journal Le Monde, 

 

«Le chef de la police de l’immigration, Surachate Hakparn, avait d’abord soutenu que la jeune fille n’avait ni billet de retour, ni réservation d’hôtel et ne pouvait donc pas entrer en Thaïlande et devait retourner au Koweït, d’où elle était arrivée.

 

Le responsable de l’immigration de l’aéroport, Pruettipong Prayonsiri, avait abondé en ce sens. D’où qu’elle vienne, elle doit y rentrer, avait-il déclaré, expliquant qu’elle n’était pas une réfugiée mais une enfant que sa famille veut récupérer et que l’ambassade [saoudienne] a fait tout le travail avec nous».

 

C'est clair qu'un passager en transit ne risque pas d'avoir des réservations d'hôtel, ni de billet de retour dans le cas où cette personne veut fuir son pays ! Mieux vaut en rire !

  

Elle a eu beaucoup plus de chance que de précédentes jeunes femmes ayant elles-aussi tenté de fuir leur famille et l'Arabie Saoudite (ou d'autres pays arabes). On parle ainsi de Dina Ali Lasloom en avril 2017, qui avait été bloqué à l'aéroport de Manille aux Philippines, alors qu'elle voulait elle aussi demander asile en Australie pour échapper à sa famille saoudienne et à un mariage forcé. Mais Dona Ali Lasloom n'a pas eu autant de chance : elle avait été renvoyée par les Philippines en Arabie Saoudite, remise à ses oncles, et on n'a apparemment plus eu de nouvelles de sa part depuis cette date !

 

https://www.aufeminin.com/news-societe/mariage-force-dina-ali-saoudienne-arabie-saoudite-human-rights-watch-ong-koweit-philippines-manille-s2219245.html

 

Il y a aussi eu l'histoire des sœurs Ashwaq and Areej Hamoud, également en 2017, mais je n'ai retrouvé aucun lien, aucun article en francais sur leur histoire. Elles étaient aussi originaires d'Arabie Saoudite, elles voulaient demander l'asile en Nouvelle-Zelande apparemment, mais j'ignore ce qui leur est arrivé, si elles ont également été renvoyées en Arabie Saoudite, et dans quel pays ont-elles été interceptées (la Turquie apparemment). Et j'ignore si elles sont toujours en vie, si on a eu la moindre nouvelle de ces deux sœurs.

 

https://www.aljazeera.com/news/2017/12/saudi-sisters-fled-turkey-fear-forced-return-171222115345162.html

 

Et en 2018, il y a également eu l'affaire du décès des soeurs Tala and Rotana Farea, mortes alors qu'elles étaient sur le point d'être renvoyées en Arabie Saoudite avec leurs parents. Là aussi, pas d'articles en francais. Cela s'est passé à New-York et Il ouvrait s'agir d'un pacte de suicide passée entre les deux soeurs. 

 

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Deaths_of_Tala_and_Rotana_Farea

 

Rahaf Mohammed Al-Qunun réussira-t-elle à échapper à sa famille et à se réfugier en Australie, et pourra-t-elle y avoir la vie dont elle doit rêver ? Cette histoire nous rappelle l'histoire des passagers Sri-lankais qui débarquent à La Réunion et qui souhaitent y demander l'asile politique ? Comment déterminer ceux qui réellement risquent la mort et ceux qui ne cherchent qu'à profiter des aides sociales et bénéficier d'une plus belle vie, poussés par des réseaux mafieux de passeurs ? Comment séparer les personnes véritablement en danger de mort (pour des motifs que l'on estime injustes) de ceux qui ne sont pas en danger de mort dans leur pays d'origine ?

 

Et comment décider de ce qui est juste et injuste ? Un criminel fuyant son pays, où il risque la prison à vie ou la peine de mort, est-ce un motif juste ou injuste ? Une jeune femme rejetant la religion musulmane, ce qui est justifiable de la peine de mort en application de la charia (ce que l'on appelle l'apostasie), comment pourrait-on décider que ce motif n'est pas un motif juste ? Évidemment, j'ai comme tout un chacun, mon opinion sur ces motifs ! Mais d'autres français d'une autre religion pourraient avoir un discours totalement différent !

 

Autrement dit, est-ce que seules les jeunes filles venant d'Arabie Saoudite refusant le mariage forcé ou voulant rompre avec l'islam peuvent-elles bénéficier de l'asile politique dû aux personnes en danger ? Et pas les hommes ni les femmes avec une famille ? C'est une putain de question à laquelle je n'ai aucune réponse à donner !

 

 

Saucratès


08/01/2019
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