Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Le peuple et le réchauffement climatique

Le peuple et le réchauffement climatique

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 6 mai 2022

 

Parlons de réchauffement climatique. Les experts du GIEC nous alertent régulièrement sur les graves conséquences qu’auraient une hausse des températures moyennes de 2 degrés centigrades au niveau mondial, et les journaux occidentaux relaient tout aussi régulièrement ces informations aux populations occidentales.

 

Pour ma part, je remonterais de 15.000 à 10.000 ans dans le temps, à l’époque de la fin de la précédente et dernière période glaciaire, en imaginant le monde tel qu’il existait alors. En regard de cette période glaciaire, peut-on dire que le monde était plus habitable à cette époque-là ?

 

Les glaciers arrivaient jusqu’à la hauteur des îles britanniques, et couvraient aussi une partie de la France. On croisait des mammouths et des rhinocéros laineux dans les plaines françaises. L’essentiel de l’Afrique était inhabitable, à l’exception des côtes de ses deux extrémités, sur la Méditerranée et en Afrique australe. Pour le reste de l’Afrique, cette période est appelée «le grand aride». J’ai moins d’informations sur les conséquences de cette glaciation sur l’Asie du Sud-est voire sur la région du Moyen-Orient. Mais l’on sait qu’une grande partie de d’Indonésie, de l’Irian-Jaya et de l’Australie etaient émergées et rattachées dans une seul continent, et que l’homme préhistorique a pu rejoindre à pied l’Australie venant de l’Asie du Sud-est. Par rapport à cette période, en quelques milliers d’années, les températures ont pu remonter de plus de 6 degrés à l’échelle du globe et les mers ont remonté d’une centaine de mètres en quelques millénaires. 

Les conséquences de cette catastrophe climatique monstrueuse ont pourtant été le dégel de toute l’Europe et le recul des calottes glaciaires à leur niveau actuel, le verdissement de l’Afrique et même du Sahara, avant que la modification des précipitations et des moussons n’entrainent à nouveau sa désertification. Mais on ne parle plus de grande aride. On a aussi assisté à la disparition des mammouths et des rhinocéros laineux mais il n’existait pas encore de journalistes, de médias et de réseaux sociaux pour faire pleurer dans les chaumières sur leur fin tragique, comme c’est aujourd’hui le cas pour les ours polaires perdus sur des glaçons à la dérive ou contraints de rejoindre des villes pour trouver à se nourrir.

 

Je pense que c’est là que se trouve la principale différence entre la situation actuelle et celle d’il y a 15.000 à 10.000 : l’absence ou la présence de médias, de journalistes et de réseaux sociaux. On peut ainsi voir un président d’un atoll quelconque faire un discours au milieu de l’océan (mais sans risque pour sa sécurité, car il avait choisi un endroit sans vagues … mais on pourrait aussi imaginer faire une interview du fond de sa piscine). On est aujourd’hui dans le sensationnel, dans l’attente de grandes mesures, de grandes décisions, que ces mêmes médias, ces mêmes groupes de pression, ces mêmes experts, considèreront toujours comme insuffisants.

 

Mon Dieu, si ces groupes avaient existé il y a 10.000 ou 15.000 ans, on vivrait encore en période glaciaire, au milieu des mammouths et l’Afrique serait inhabitable, comme l’Europe du Nord et la Russie. s’il y aura forcément des gagnants et des perdants à toute évolution du climat, et à tout réchauffement climatique, même si ce ne sont pas les mêmes. Il n’y avait donc pas de cyclones en -13.000 à -8.000 avant Jesus-Christ ? Même si on ne peut pas le vérifier, j’en doute forcément. Les légendes de l’antiquité grecque sont malgré tout remplies de tempêtes et des colères du Dieu Poseidon.

 

Pour en revenir donc à la période actuelle, il nous faudrait croire que les deux mètres de remontée des océans attendus pour les prochaines décennies sont catastrophiques, ainsi que des remontées de températures de quelques dixièmes de degré (puisque les deux degrés sont aujourd’hui déjà presque atteints). Certains expliquaient malgré tout que le problème par rapport au passé, il y a dix millénaires, venait de la taille de notre population. Quelques millions ou bien comme aujourd’hui près de huit milliards d’humains, ce n’est pas la même chose. Mais cela signifie que le problème n’est pas le réchauffement climatique et l’emballement des températures, mais bien l’emballement de la démographie humaine, mais ce n’est pas ce point là qui est remis en cause. On ne parle pas de stérilisation de force de populations dont l’indice de fécondité est trop élevée. Non, la taille de la population mondiale et les mesures pour la contrôler dictatorialement sont des tabous. On préfère culpabiliser les peuples occidentaux de trop consommer et de rouler en véhicules automobiles, plutôt que de soulever le tabou de la stérilisation indispensable pour contenir la population humaine.

 

Il y a un problème entre le peuple et ses élites. Et c’est un très vieux problème ; Julien Benda avait déjà parlé de la trahison des clercs pour la période des années 1930. Les élites ne peuvent pas manipuler et obliger les peuples à agir de certaines manières, à les forcer à se priver et à les punir écologiquement, sans qu’il n’y ait de révoltes sporadiques, sans que se développe un complotisme diffus, virulent, un rejet des messages de ses élites. Il y aura forcément des mouvements populistes ou poujadistes croissants. L’élection de Donald Trump a marqué la victoire du populisme sur les élites. Il y en aura d’autres, même si les élites américaines ont réussi à le renverser, à le présenter comme un fou furieux. Mais lui ne nous a pas conduit au bord du précipice de la troisième guerre mondiale !

 

Le pire, c’est qu’il n’existe pas un complot des élites. Chacun des membres de l’élite médiatique, chacun des experts, chaque journaliste, est persuadé de la valeur de ses avis, de ses combats, de chercher à sauver la démocratie ou la planète. Il n’y a pas de plan caché. Au pire, c’est leur passage obligé par certaines grandes écoles, certaines formations, qui expliquent la similitude de leurs points de vue, leur conformisation à la position dominante. Ils communiquent, ils diffusent de l’information de bonne foi. Ils croient en ce qu’ils disent. Lorsque des journalistes et des politiques expliquent que la gauche se trompe de combat, que les législatives ne seront pas un troisième tour des présidentielles, et qu’il faut donner une majorité au Président de la République pour gouverner, ils sont de bonne foi, ils y croient réellement. 

Il y a un hiatus affolant entre les élites, entre le GIEC et les peuples occidentaux ou d’ailleurs. Il n’est pas acceptable aux yeux de tous ceux qui croient appartenir aux élites, de chercher à contester ou à interroger les positions dominantes défendues par les médias. Remettre en cause les rapports des experts du GIEC sera bientôt considéré comme un crime. Aujourd’hui, c’est déjà une faute impardonnable, un motif de condamnation médiatique. Et les pauvres peuples russes qui croient que le réchauffement climatique peut être une bénédiction sont forcément manipulés, trompés par un tyran devenu complètement fou.

Les élites, les médias et les réseaux sociaux peuvent-ils gagner cette guerre médiatique, contre les peuples. Soyons clair, ils ont déjà pratiquement gagné cette guerre ; les révoltes de tel ou tel peuple, de tel ou tel mouvement de gilets jaunes, ne peuvent conduire qu’à quelques débordements vite contenus, matés sous les tirs de LBD, d’arrestations et de condamnations. À moins d’une nouvelle révolte du peuple comme en 1789, nous allons disparaitre sous les tirs du conformisme et la bien-pensance.

 

 

Saucratès


06/05/2022
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Nouvelles pensées d’un samedi soir : renouveau

Saint-Denis de la Réunion, samedi 30 avril 2022


Samedi 30 avril au soir, je suis partagé quant à ce que je veux écrire, ce sur quoi je veux écrire. Les dernières élections présidentielles qui ont vu une victoire d’Emmanuel Macron, porté par tout ce que la France compte d’intelligentsia, de groupements organisés ? En regard de l’immensité de ses soutiens, sa victoire paraît étriquée. Près de 45% des français ont voté contre lui, déjouant tous les pronostics, contre tous les sondages, contre tous les appels de toutes parts à voter Macron, contre toutes les unes des médias qui appelaient à voter pour lui et surtout pas pour son adversaire injustement diabolisée.

 

Veux-je donc écrire sur cette France déchirée ? Déchirée entre trois blocs antagonistes ? Ceux qui ont voté Macron. Ceux qui ont voté Marine par détestation de Macron. Ceux enfin qui ont voté Melenchon ou se sont abstenus.

 

Veux-je donc écrire sur les péripéties autour de cette élection présidentielle ? Mon fils me parlait notamment d’un tweet d’un fonctionnaire (ou juge français) qui avait pronostiqué dès les résultats connus de la Présidentielle, les résultats anticipés des prochaines élections législatives. Les prévisions du gouvernement, selon ce tweet, donnaient entre 350 et 420 députés au parti du président, sur un total de 500 députés. Les français sont cons ; ce type ne représente qu’une infime partie des francais et pourtant, les électeurs vont lui offrir à nouveau une large majorité pour appliquer ces réformes dont normalement personne ne veut. Pas d’autres explications possibles que le fait que les électeurs français sont cons, que ce type les a hypnotisés. 

Le tweet de ce fonctionnaire, de ce juge apparemment, a été immédiatement supprimé et il n’en existe apparemment plus aucune trace. Vraisemblablement, il faut cacher au peuple français que la partie est déjà jouée, que les dés sont pipés, que toutes les autres interventions ne sont que rodomontades. Il n’y aurait plus que moins d’une dizaine de députés socialistes dans la prochaine Assemblée nationale, guère plus de Les Républicains, peu d’insoumis. Et Hollande, le fossoyeur du Parti socialiste, donne encore son avis sur le devenir du Parti socialiste.

 

Normalement, LaREM disposerait de 420 députés sur un total de 500. Comme en 2017, cela va être la course à l’investiture LaREM. Je pense que dans cette histoire, c’est le silence complice des médias, de la presse, sur ces trahisons et ces retournements de veste, des ex-socialistes et des ex-LR, pour briguer un nouveau mandat sous l’étiquette LaREM, qui pose le plus problème. Par le passé, lorsqu’une telle trahison était observée, comme celle de M. Besson en faveur de M. Sarkozy pendant l’entre deux-tours de 2007, cela faisait la Une des médias. Idem pour celles concernant Marine Le Pen et Zemmour. Mais lorsqu’il s’agit de Macron, c’est un grand silence qui masque ces retournements de veste. Parce qu’il y a en eu trop ? Ou parce que Macron était protégé par la presse et les médias ? Protégé en tant que seul rempart contre l’extrême droite ? Ou du fait de ses liens avec les grands patrons propriétaires de ces divers médias ? 

Mais je pourrais aussi parler de mon prochain sujet d’intérêt, parce que la politique, ses magouilles et ses compromissions, c’est beaucoup trop fatigant, épuisant. Ma priorité serait donc de parler d’évolutionnisme des sociétés humaines, ou plutôt de classification des sociétés humaines. L’idée est de savoir s’il existe une possibilité de retracer l’évolution des sociétés humaines des premiers chasseurs-cueilleurs de la lointaine préhistoire, des premiers groupes d’humanoïdes, jusqu’aux sociétés modernes.

 

En disant cela, je fais comme si nos sociétés modernes étaient l’aboutissement ultime de la civilisation humaine. En tant que taille de sociétés, on peut dire sans se tromper que les sociétés modernes, occidentales, russes, chinoises, ou indiennes, représentent la concaténation du maximum d’humains sur cette Terre, vraisemblablement de tous les Temps. Donc effectivement, ils constituent l’aboutissement ultime de la civilisation humaine. Ils n’en constituent peut-être ni le futur, ni la meilleure forme d’organisation, ils vont peut-être même entraîner l’Humanité et la Terre elle-même dans le mur, mais ce n’est pas ce que l’on vise ici à rechercher.

 

Y a-t-il un intérêt à s’intéresser à une telle évolution ou une telle classification ? Ne vous êtes-vous jamais demandés comment les peuples grecs anciens avaient pu inventer la démocratie primitive des cités grecques, ces légendes qui sont arrivées jusqu’à nous de l’Athènes antique, de la Sparte antique ? Ne vous êtes-vous jamais demandé comment se faisait-il que des peuples amérindiens comme les Guayakis pouvaient être organisés sur une base d’une démocratie primitive ? Comment se faisait-il que des peuples comme les Sans ne connaissaient pas le pouvoir d’un chef, ou les aborigènes australiens ? Si c’est le cas, ne lisez pas mon prochain papier.

 

 

Saucratès  

 

 

Post scriptum : Qu’est-ce qui explique que les médias semblent être aussi subjectivement partisans de Macron et de LaREM ? C’était incroyablement visible pendant l’élection présidentielle, mais il était difficile de savoir si la raison en était le combat contre les idées de l’extrême-droite, ou la compromission ou la soumission aux intérêts de Macron et des milliardaires qui le supportent.

 

Aujourd’hui, dans cet article tout simple, que l’on peut difficilement lier au combat contre l’extrême-droite, on voit un journaliste qui considère que la célébration de la victoire du président sortant par ses troupes déchaînées aux pieds de la Tour Eiffel, sur le Champ-de-Mars, était «sobre» ! 

 

«Depuis sa réélection, célébrée sobrement dimanche 24 avril au Champ-de-Mars, Emmanuel Macron peaufine lentement l’architecture de son futur gouvernement …»

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/04/28/second-quinquennat-macron-un-gouvernement-ressere-avant-les-elections-legislatives_6124016_823448.html

 

Suis-je le seul à être choqué de voir affubler cette célébration de la victoire du président sortant du sobriquet, du qualitatif «sobrement» ! On nage dans le délire le plus extrême, dans l’enfilade de perles. Qu’est-ce donc que la démesure ? Faut-il uniquement se réunir au Foucquet´s pour que la presse, les médias, s’en émeuvent ? 

La question que je me pose est simple. Ce journaliste a-t-il tellement peur pour son poste, pour son emploi, pour oser l’ironie en parlant de la fête Jupitérienne organisée par Macron au Champ-de-Mars pour ses partisans ? Cela semble être cela, la démocratie Macronienne, un monde où le moindre faux pas, la moindre déclaration ou le moindre écrit qui déplairait en haut lieu, sera synonyme de licenciement ou de révocation pour tout fonctionnaire, tout journaliste, tout membre de l’intelligentsia. Vive la démocratie comme disent certains adeptes du doigt sur la couture du pantalon.


30/04/2022
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Pensées d’un samedi soir à la veille du deuxième tour des élections présidentielles

Pensées d’un samedi soir à la veille du deuxième tour des élections présidentielles

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, samedi 23 avril 2022


Samedi 23 avril 2022, veille du second tour de l’élection présidentielle 2022. S’agit-il d’un de ces moments historiques fondamentales que l’on retrouvera un jour dans les livres d’histoire du vingt-deuxième siècle ? Un de ces moments où tout aurait pu basculer ? Plus prosaïquement, il est très probable que cette élection présidentielle ne sera qu’un nouvel épisode des multiples événements tragi-politiques marquants à l’échelle française, mais insignifiants à l’échelle du monde. 

Malgré tout, on se trouve peut-être à un de ses moments de l’histoire où la marche en avant à marche forcée de l’ultra-libéralisme que défend et prône Macron aurait pu être stoppée, aurait pu être arrêtée par l’élection d’une présidente et d’un gouvernement différent, non inféodé aux intérêts des puissants oligarques qui contrôlent notre démocratie. 

Le futur se souviendra peut-être du fait que 2022 aurait pu voir la destruction de nos économies occidentales par l’hyper-capitalisme être stoppée et l’Europe être ramenée à un projet au service des peuples, et non seulement à celui de ses élites.

 

Il faut lire un très bon papier du Monde sur cette question, sur l’idée que l’hyper-capitalisme occidental a été le fossoyeur de nos démocraties en permettant la destruction et la disparition (ou l’exportation) leurs emplois industriels sur l’autel du profit et du Dieu Argent.

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/04/21/en-exportant-leurs-emplois-industriels-les-etats-unis-ou-la-france-ont-alimente-une-menace-pour-leurs-democraties_6123121_823448.html

 

La lecture du Monde ne me satisfait que très rarement depuis la campagne électorale présidentielle de 2017 et le début du quinquennat d’Emmanuel Macron. Il n’y a qu’à voir la lecture et la communication que Le Monde a fait autour du débat Macron vs Le Pen et les cocoricos exaltés que le journal en a fait. Le Monde n’informe pas ses lecteurs ; il les manipule. Il ne leur donne pas à lire ce qu’ils ont envie de lire. Il tente de les manipuler, sournoisement, insidieusement. Pour tous ceux qui n’auront pas vu le débat Macron vs Le Pen, Macron sera le grand vainqueur absolu s’ils se fient au 

Monde !

 

Par exemple, sur le rôle croissant des experts dont Macron et ses sbires, et ses clones, sont les grands thuriféraires, Le Monde sort un papier pour expliquer qu’ils sont justement apparus sous le régime de Vichy (qui est si proche idéologiquement, selon un article du Monde, de la candidate Le Pen). Insidieusement. Et ainsi de suite …

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/21/comment-sous-le-regime-de-vichy-les-economistes-ont-commence-a-devenir-des-experts_6123120_3232.html

 

Sans oublier évidemment de rappeler les deux moments terribles pour les journalistes démocrates que sont l’élection de Donal Trump aux Etats-Unis et la victoire du camp pro-Brexit en Angleterre.

 

«Si de tels scénarios inattendus, voire impensables méritent d’être rappelés à la veille du second tour de la présidentielle française, c’est qu’ils procèdent d’un contexte politique présentant de troublantes similitudes avec celui du nouveau duel Macron-Le Pen. Et que, aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, l’impensable est survenu alors que le camp censé incarner la raison était quasi certain de l’emporter. Patriotes contre mondialistes, gens ordinaires contre donneurs de leçons, l’affiche de notre présidentielle 2022 était déjà celle de la joute où se sont affrontés partisans et adversaires du Brexit au Royaume-Uni il y a six ans.»

 

https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/04/22/les-scenarios-de-l-election-de-trump-et-du-brexit-presentent-de-troublantes-similitudes-avec-le-duel-macron-le-pen_6123324_6059010.html 

 

Le Monde se transforme même en assénant, en certifiant un indubitable pourcentage expliquant que le programme politique de Macron est beaucoup plus catho-compatible que celui de Marine Le Pen. Ce doit être la première fois de leur vie que les journalistes ou chroniqueurs du Monde ne crachent pas sur leurs ennemis catholiques (j’exagère, Le Monde n’est quand même pas Charlie Hebdo), mais pour défendre leur idole Emmanuel Macron, ils sont prêts à toutes les compromissions, à tous les mensonges, à toutes les alliances contre-nature.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/22/election-presidentielle-les-propositions-de-marine-le-pen-sont-bien-moins-catho-compatibles-que-celles-d-emmanuel-macron_6123312_3232.html

 
Si cette élection présidentielle restera le témoin, le témoignage de quelque chose d’aberrant, ce sera l’absence de reconnaissance, de représentation publique pour les 45%, 49% ou 51% des français qui auront voté pour Marine Le Pen sans être pratiquement représentés par aucun parti politique, aucun média, aucun journal, aucun syndicat, aucun sportif ni aucun personnage médiatique. Comment est-ce possible un tel aveuglement des élites françaises. Ce mépris, cet aveuglement sera lourd de conséquences. Ce n’est pas le vote de tous ces français qui est une aberration, une faute, c’est l’aveuglement de ces élites qui va conduire à la survenue d’une catastrophe politique et intellectuelle !

 

Julien Benda dans les années 1920 avait parlé de la trahison des clercs, en parlant de la trahison des intellectuels de son temps ayant permis la montée des idéologies. Il faudrait de nouveau écrire le même livre aujourd’hui pour parler de la trahison de tous les intellectuels, politiques, journalistes, experts, hauts fonctionnaires, membres de l’élite intellectuelle et politique de notre société, ces quelques dizaines de milliers de macronistes, macronisants, macro-compatibles qui sont en train de détruire la France et sa démocratie, en se faisant appeler ´défenseurs de la démocratie´ et en faisant appeler leurs ennemis du nom de xénophobes, de fascistes et de racistes !

 

De tout temps, il y a eu en France un combat entre des élites et le peuple. Le boulangisme. 1789. Est-ce la première fois que l’élite n’a plus qu’une petite moitié du peuple pour les défendre face à l’autre moitié du peuple ? Ou bien est-ce déjà arrivé, en 1789, en 1968, en 1981, sans que cela ne change rien ; une autre élite venant rejoindre l’élite au pouvoir et lui permettant de reprendre le contrôle du peuple et de ses aspirations, pour quelques dizaines d’années supplémentaires, jusqu’à la prochaine crise ?

 

 

Saucratès

 

 

Nota : l’histoire se rappellera peut-être aussi du 23 avril 2022 comme du jour où le populisme aura triomphé en France, ouvrant la voie à un possible éclatement de l’Europe. Comme du jour où les électeurs français auront fait le choix du populisme, de la contestation des élites. Et la construction européenne n’est rien d’autre qu’une conception de technocrates à mille lieux des aspirations des peuples européens et encore moins français. 


23/04/2022
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Parle-t-on de front républicain vis-à-vis du bon candidat

Parle-t-on de front républicain vis-à-vis du bon candidat dans cette présidentielle ?

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de La Réunion, samedi 16 avril 2022

(veille du dimanche de Pâques)


Pourquoi parle-t-on de front républicain pour cette élection présidentielle ? Pourquoi pratiquement tous les partis politiques, pourquoi toutes les organisations syndicales de salariés, pourquoi pratiquement tous les journaux, toute la presse, appellent-ils à voter contre Marine Le Pen et pour le président sortant ultra-libéra Emmanuel Macron ? À les croire, la République française nécessiterait d’être sauvée du danger Rassemblement National ou du danger Marine Le Pen ? Mais toutes ces personnes, tous ces politiques, tous ces intellectuels, ne ressentent pas ou ne ressentaient pas le même danger pour la survie de la République avec la candidature Macron ou la candidature Mélenchon ?

 

On sait pourtant les formes que prit la République française sous la présidence Macron, avec ces manifestants blessés ou tués, la liberté de manifestation écornée ou niée lorsqu’elle visait à contester le pouvoir de Macron (bizarrement, les manifestations anti-Le Pen n’enregistrent aucune interdiction d’accès aux centre-villes), les confinements et couvre-feus imposés à tous les français, enfin à presque tous, puisque les puissants continuaient à avoir le droit de se déplacer librement (ministres, préfets, chefs d’entreprise, etc) et probablement à faire la fête et à s’offrir des réceptions à l’abri des regards, et enfin le choix entre l’obligation de vaccination ou l’exclusion de toute vie sociale pour les non-vaccinés.

 

On sait aussi la forme qu’aurait la République française avec Jean-Luc Mélenchon, et ses colères homériques en cas d’enquêtes judiciaires. Et pourtant, on a pu observer une complaisance invraisemblable des médias à son encontre, aucune analyse de son programme politique mais juste des envolées lyriques des journalistes sur sa prestance, et sur le caractère de vote utile de sa candidature. Un peu auparavant, c’était l’indigéniste Taubira-Delanon qui était adulée de cette manière.

 

Alors que la mesure politique de retraite dès 60 ans de Mélenchon n’a jamais été condamnée ou chiffrée par Le Monde, la mesure de Marine Le Pen visant à permettre un départ à 62 ans, ou à 60 ans en cas de carrière longue, elle, est jugée irréaliste par ce même Le Monde, alors que c’est au fond, le maintien inchangé de la situation actuelle. 

Au fond, je ne cherche pas vraiment à comprendre pourquoi pratiquement personne n’ose appeler à voter pour Marine Le Pen, puisque, au fond, c’est la peur des autres, la peur de perdre son poste ou sa responsabilité, la peur d’être catalogué définitivement comme d’extrême droite, comme un raciste, comme un xénophobe, qui fait qu’aucune personne en responsabilité n’ose ou ne peut faire ce pas. Les gens qui combattent Marine Le Pen se disent démocrates, se disent républicains, se disent défenseurs de la liberté d’opinion et de conscience qui seraient supposément en grave danger si Marine Le Pen l’emportait, mais ce sont eux qui utilisent les pires méthodes fascistes et d’harcèlement à l’encontre de ceux qui ne pensent pas comme eux. Nous sommes dans un monde où on peut faire son coming out, ou toute personne qui oserait un commentaire déplacé serait poursuivie pénalement, mais on ne peut pas dire qu’on va voter pour Marine Le Pen. Ce doit etre cela ce que l’on appelle une démocratie !

 

Entre 45 et 49% des électeurs français envisagent pour l’instant de voter pour Marine Le Pen, mais ils ne sont représentés par personne, par pratiquement aucun journal, par aucun syndicat, et par pratiquement aucun parti politique si ce n’est le Rassemblement national ou Reconquête. N’est-ce pas terrible ? N’est-ce pas abominable ? Des dizaines de journaux et de médias, de syndicats, ne font que prêcher le vote pour un type contre lequel il faudrait réellement instaurer un front républicain pour empêcher sa réélection, pour seulement à peine une moitié de l’électorat ?

 

N’y a-t-il qu’une seule moitié de l’électorat francais qui compte, et l’autre moitié qui n’a aucune importance, aucune valeur, dont personne se soucie de les représenter ?


J’en reviens donc à ma question initiale : pourquoi cette haine de l’extrême-droite ? Quelques connards parlent d’ailleurs encore de peste brune à l’encontre de l’extrême-droite, dans une référence aux nazis des années 1930-1940. L’histoire française est construite autour du mythe des méchants allemands et des méchants nazis. Personne ne se rend compte que ce n’est qu’une partie de l’histoire. L’extrême-droite est restée au pouvoir en Europe bien après la fin de la seconde guerre mondiale. Le général Franco est resté le maître de l’Espagne jusque dans les années 1970, mais également au Portugal ou en Grèce avec le régime des colonels. Sur quoi repose le procès fait à l’extrême-droite française ? Les exagérations du père, même si celui-ci a permis de faire avancer les idées nationalistes de son parti dans l’opinion publique ? L’idée même de considérer que la France doit cesser d’attirer toute la misère du monde par la largesse de son système de protection sociale plus généreux pour les étrangers qu’il ne l’est pour ses propres concitoyens français ? 

 

L’idée même d’une idée d’un front républicain en recul ne s’explique au fond que parce que les électeurs qui se reconnaissent désormais dans les idées de l’extrême-droite ne représentent plus seulement 18% des électeurs comme en 2002, 36% en 2017, mais désormais pratiquement la moitié de l’électorat français ! En effet, Le Monde a raison, le front républicain recule parce qu’il ne parle plus seulement qu’à une petite moitié de l’électorat, au mieux. 


https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/04/16/presidentielle-2022-coup-de-fievre-general-sur-le-front-republicain-avant-le-second-tour_6122415_6059010.html

 

Dimanche prochain, dans une semaine, on saura si malgré les appels hystériques de tous les médias et des partis politiques et des syndicats réunis, le candidat des milliardaires, de la France d’en Haut, des technocrates et des idées ultra-libérales, aura réussi à se faire réélire, conformément à tous les calculs, à tous les pronostics, ou bien si ce sera son opposante qui sera élue pour sa deuxième tentative.

 

 

Saucratès

 

 

Post scriptum : Je ne parle pas de l’aberration intellectuelle que représentent les multiples appels à voter pour le candidat ultra-libéral Emmanuel Macron de la part des candidats et des dirigeants d’extrême-gauche comme Mélenchon, Poutou, les Communistes ou bien localement la Présidente du Conseil régional de la Réunion Bello.   Comme si tous ces supposés révolutionnaires en herbe cherchaient à rendre crédibles l’accusation de «tous pourris» du Rassemblement national, comme s’ils cherchaient à démontrer qu’ils défendent tous leurs propres intérêts, les mêmes interêts, sous des étiquettes diverses et variées. Abominable.


16/04/2022
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Quelle recomposition pour la Gauche ou la Droite à l’issue de cette présidentielle ?

Quelle recomposition pour la Gauche ou la Droite à l’issue de cette présidentielle ?

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Réunion, dimanche 10 avril 2022

 

Le Parti socialiste est crédité de moins de 2% des suffrages pour ce premier tour de l’élection présidentielle. Le résultat est presque aussi catastrophique pour Les Républicains, avec un score d’à peine 4,8% des suffrages. La conséquence principale de ces scores microscopiques sera d’abord financière, avec le non-remboursement des frais de campagne par ces deux anciens grands partis de gouvernement. 

 

Ils ont dominé la vie politique français depuis pratiquement les débuts de la cinquième République, ou tout du moins depuis depuis le début des années 1970. Les Républicains faisaient encore 20% des voix en 2017, avec un candidat sur lequel les médias et les juges s’étaient acharnés en vue de l’éliminer, pour permettre l’élection d’Emmanuel Macron. Le Parti socialiste ne représentait déjà qu’un peu plus de 6% des suffrages en 2017, laminé par le quinquennat de François Hollande et sa politique libérale indigne des socialistes.

 

Au fond, que les représentantes politiques de ces deux partis politiques dramatisent l’enjeu du deuxième tour de la présidentielle et appellent à faire barrage à l’extrême droite et à voter pour ´Emmanuel Macron n’a absolument rien de surprenant ! Les hommes et femmes politiques de ces deux partis sont parfaitement compatibles avec l’idéologie ultra-libérale d’Emmanuel Macron, les députés LaREM de la précédente mandature étaient déjà pour les deux tiers composés de transfuges de ces deux partis dits de gouvernement, qui avaient cherché dans ce changement d’étiquettes à préserver leur statut et leur mandat. En d’autres temps, on aurait pu dire que Macron, Pecresse et Hidalgo, c’est «blanc bonnet et bonnet blanc».

 

Comment la Gauche de gouvernement pourrait-elle se reconstituer, se recomposer autour du parti politique de Jean-Luc Melenchon, qui semble changer de nom de parti comme de chaussettes ? Union populaire ? Insoumis ? Les scores de l’extrême-gauche française sont d’ailleurs extrêmement élevés, représentant à peu près un quart des électeurs. Face à la Gauche de gouvernement qui pèse à peine 2% des suffrages, il semblerait bien que la messe soit dite ! Il n’y a plus de place pour le projet de la Gauche ultra-libérale représentée en son temps par François Hollande, Emmanuel Macron et tous ces socialistes transfuges ayant rejoints LaREM.

 

Exit les socialistes cinquante ans après le congrès d’Epinal et le hold-up réussi par François Mitterrand. Je pense que ce sera le seul enseignement de ce premier tour des élections présidentielles de 2022 ! Le PS a eu cinq ans pour comprendre et reconnaître son échec du quinquennat de François Hollande, pour reconnaitre l’infâme trahison des ministres socialistes et des politiques menées pendant ces cinq années. Ils ne l’ont pas fait. Ils ont évité de condamner et de juger François Hollande, les traîtres au projet socialiste. Ils vont simplement désormais disparaître. Il n’y aura pas de recomposition avec eux.

Il reste un dernier sujet autour de cette élection presidentielle 2022. Quel choix faire entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ? J’ai entendu la belle unanimité de la majorité des candidats éliminés appelant à ne pas apporter une voix à Marine Le Pen, de Jean Luc Mélenchon jusqu’au Nouveau Parti Anticapitaliste. Une journaliste sur un plateau télévisé a eu le bon mot : ce sera l’opposition entre la détestation de Macron et la détestation de Marine Le Pen. Il paraît improbable que Marine Le Pen l’emporte. Mais où se trouve le plus grand danger ? La poursuite de la politique de privation de nos libertés publiques déjà à l’œuvre sous une nouvelle présidence macroniste ? Ou bien de nouvelles potentielles privations de libertés publiques dans un programme potentiellement xénophobe et potentiellement aussi ultra-libéral avec Marine Le Pen ? 

Je me prépare pour ma part à une chose. La litanie des appels au sursaut républicain et à faire barrage à l’extrême droite en faveur d’un président honni, détestable, arrogant et qui a déjà conduit le droit du travail dans un cercueil, enrichissant au passage les plus riches d’entre nous, dans une République des experts au bénéfice unique des plus riches et de ses amis. 

 

Saucratès


10/04/2022
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