Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Ce qui ne va pas sous l'ère Macron

Réflexion cinq (dimanche 22 avril 2018)

Le retour des tenants de l'ultra libéralisme et du «There is no alternative» ... et son impact sur l'évolution de notre société.

 

Comment définir la politique conduite par Emmanuel Macron et par son gouvernement ? Ou pour l'aborder d'une autre manière, comment définir l'équipage dont il s'est entouré dans son gouvernement ? Il n'y a donc jamais eu un gouvernement plus riche que le gouvernement Philippe/Macron. Le ministre du travail, chantre des réformes du Code du travail, est la deuxième ministre la plus riche de ce gouvernement et ancienne DRH ayant notamment grassement profité des difficultés financières d'une entreprise où elle gérait les ressources humaines et qu'elle a pu «dégraisser». Ayant fréquenté suffisamment de DRH, je sais que rares sont celles que je qualifierais «d'humains». La majeure partie sont inhumaines, juste intéressées à progresser le plus haut possible. Le plus riche ministre, à l'écologie, ancien animateur de télévision, dispose d'un patrimoine très peu écologique, en contradiction avec tous les combats politiques qu'il a défendu et toutes les positions qu'il a prise ! Bruno Le Mer à l'économie, Édouard Philippe comme premier ministre, sont des transfuges de la droite, qui ont rarement brillé par leurs idées sociales. La seule véritable surprise est le ministre de l'intérieur, Gérard Collomb, ancien maire de Lyon, et dont les positions très fortement ancrées à droite me surprennent toujours. Comment a-t-il pu basculer de cette manière ? Opération de décervelage ? On lui a greffé un nouveau cerveau de droite libérale ?  L'appât du pouvoir à un âge où il ne pouvait plus rien espérer de sa propre formation politique, qui basculait aux mains des petits jeunots ?

 

Réforme de l'ISF pour en exonérer l'ensemble des supporters d'Emmanuel Macron, et transformation de cet impôt en un impôt sur les seules possessions immobilières, qui a l'avantage de toucher beaucoup moins les grands capitalistes (voire dont ils peuvent vraisemblablement totalement s'exonérer) et de toucher certainement une cible un peu plus large ... ou qui pourra devenir beaucoup plus large lors d'une prochaine réforme de cet impô. N'oublions que les libéraux ont comme grande idée de faire payer un loyer aux propriétaires de leur appartement ou de leur habitat afin de permettre de rebrasser les patrimoines. Derrière cette idée de révolutionner l'économie française, il y a surtout cette envie fondamentale des ultra libéraux de ramener la plus grande partie du peuple à la plus extrême pauvreté, afin que les puissants sont veritablement riches et puissants, avec une masse de malheureux travailleurs sans aucune protection à leur disposition ! Toute la politique libérale ne se comprend qu'avec cette principale grille d'analyse. Cette mise en valeur du capitalisme de l'âge d'or du dix-neuvième siècle, ce capitalisme du laisser-faire, ne doit se comprendre qu'en corollaire de la situation de la plus grande partie du peuple au cours de ce dix-neuvième siècle, réduit à la mendicité, à la peur du lendemain, à la peur de la maladie, où l'essentiel des salaires permettait tout juste de se nourrir chichement. Siècle où le syndicalisme n'était pratiquement nulle part reconnu, autorisé, mais était au contraire un crime (puni de mort par pendaison aux Etats-Unis par exemple), où les congés payés et la retraite n'existaient pas pour le plus grand nombre parmi le peuple ... et où seule la compromission, les connaissances et la naissance vous permettaient de vivre confortablement et dans le confort !

 

Toutes les formules ultra libérales ne peuvent se comprendre qu'à l'aune de cette interprétation. Les volontés de destruction et de remise en cause (pour l'instant) de la Sécurité sociale, des régimes de retraites, dans l'objectif de leur privatisation, permettront un jour de solder les acquis sociaux mis en œuvre au sortir de la seconde guerre mondiale. C'est l'objectif ultime des économistes ultra libéraux dans ce domaine, et de manière extrêmement triste, une grande partie des salariés les plus aisés ne verront que ce qu'ils pourront gagner à très court terme dans cette opération de privatisation, ignorant ce qu'ils auront à payer à plus long terme du fait de cette réforme. Car l'économie entière de notre système de sécurité sociale repose evidemment sur son caractère universel. Si les plus riches des salariés sont libres de transférer leurs cotisations vers des assureurs privés, ce système explosera assurément. Evidemment, me direz-vous, Emmanuel Macron n'a pas parlé de la privatisation partielle de la sécurité sociale ! Evidemment que non. Il parle de réforme des régimes de retraite, de fin des régimes spéciaux de retraite, comme ceux des cheminots de la SNCF (également de celui de la Banque de France ?) il parle aussi d'équilibre des comptes de la Securite Sociale. Non, ce discours, c'est celui qui est sous-jaccent aux politiques ultra libérales actuellement à l'œuvre en France, et je suis presque sûr qu'il sera mis en avant à un moment donné par son gouvernement, vraisemblablement sous forme d'une plus grande liberté donnée à ceux qui le souhaiteront. À moins que cela ne viennent de la justice française ou européenne, puisqu'un certain nombre d'actions judiciaires sont aujourd'hui en cours contre l'obligation faite de s'affilier obligatoirement à la caisse de Sécurité Sociale ...

 

Il reste évidemment la réforme du Code du travail et des instances représentatives du personnel qu'Emmanuel Macron a fait adopter à marche forcée à la suite des élections présidentielle et législatives. Ces projets d'ordonnances, intitulées «renforcement du dialogue social», ne sont évidemment qu'un immense recul social, qui au final aboutit à la déliquescence du dialogue social dans l'ensemble des entreprises francaises, petites ou grandes, et permettra aux employeurs de se séparer tellement facilement des empêcheurs de tourner en rond syndicalistes ! Cadeau de Macron aux employeurs et chèque en blanc donné par la CFDT au patronat et au gouvernement, parce qu'au fond, la CFDT au niveau des grands décideurs confédéraux, était totalement gagnée à ce même texte qu'elle était prête à signer quelques mois auparavant, en l'état. Les responsables confédéraux de la CFDT sont clairement des vendus à l'ultra libéralisme qui se répand tel un fléau en France ! À noter que les publications cédétistes insistent desormais sur les difficultés de cette réforme et les reculs possibles, et la nécessité de négocier dans les entreprises pour permettre de limiter ses reculs. Alors que la CFDT a pourtant failli quelques mois avant, signer ce même texte, qu'elle aurait alors présenté comme un texte novateur et riche de grandes avancées ... lesquelles ? La CFDT confédérale ne s'intéresse de toute façon qu'aux «toutes petites entreprises» et à la «féminisation» des cadres intermédiaires ! Le reste ? Ce qu'elle est prête à vendre au plus offrant.

 

Licenciement facilité pour les entreprises avec la rupture conventionnelle collective, organes de représentation du personnel annihilés et chambreboulés par une réforme à la hussarde, imposée obligatoirement sans aucune forme de liberté dans sa mise en œuvre, avec une ministre du travail VRP du grand patronat, après avoir été leur exécutrice des basses œuvres (DRH), sans compter toutes les réformes du champ social qui nous attendent au cours des prochains mois et des prochaines années ! 

 

Il y a de quoi désespérer ! Ou bien se révolter ! 

 

 

Réflexion quatre (samedi 21 avril 2018)

Derrière l'uniformisation de la pensée, une dictature de la bien-pensance ... l'immonde Bête est toute proche ...

 

Uniformisation de la pensée et du discours dominant : Un parfait exemple en a été donné lors de l'attentat contre le supermarché de Trèbes. Les interventions critiques du président du Parti des Républicains à l'égard du Gouvernement et de son action contre le Terrorisme ont été immédiatement contestées par les médias comme excessivement critiques et inappropriées : la raison principale étant l'unanimité de l'hommage et des réactions des députés de l'Assemblée nationale. Ceux qui rompaient cette unanimité affichée comme telle (Laurent Wauquiez et Marine Le Pen) étaient donc les sordides politiques mûs par de tous aussi sordides intérêts personnels.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/03/26/25001-20180326ARTFIG00223-attentats-la-majorite-denonce-la-recuperation-politique-choquante-de-wauquiez-et-le-pen.php

 

Mais ce que les médias taisaient dans cette analyse, c'est que l´Assemblée Nationale est majoritairement composée de députés à la solde, favorables, à Macron, qu'ils soient de droite, appartenant aux «constructifs», qu'ils soient de gauche (prêts à se vendre à la première occasion à celui qui a été ministre de l'économie d'un socialiste et qui appliquait plus ou moins la même politique !), ou qu'ils appartiennent à l'immense majorité de la République en Marche ou du Modem ! L'unanimité de l'Assemblée Nationale n'est ainsi que le symptôme d'un malaise, que l'ensemble de la représentativité soit aux mains d'un seul homme, d'un seul groupe économique, d'un seul système de groupe d'intérêt !

 

Nous sommes rentrés dans un système médiatique où l'obéissance et la loyauté sont considérées comme la seule réponse autorisée, où toute information critique a réussi à être éliminée, cachée, masquée. L'admiration à l'égard des décisions gouvernementales est la seule réponse autorisée ainsi que la remise en cause des critiques des adversaires. Ainsi, il fallait rendre compte en termes dithyrambiques de l'hommage rendu au gendarme tué lors de cet attentat. Il fallait se féliciter de la réponse gouvernementale apportée aux actions terroristes. Derrière l'unanimité de l'hommage national, il y a un grave manque de démocratie, de possibilité de réponse démocratique. 

 

De la même manière, il est incompréhensible que tous les dérapages verbaux d´Emmanuel Macron ne soient jamais repris par le journal Le Monde et une grande partie des médias. Lorsque Emmanuel Macron s'était laissé aller à faire une blague sur les comoriens et les kwassa-kwassa, il était impossible de trouver toute trace de cette blague de mauvais goût sur le site internet du Monde. Bizarrement, l'information y avait totalement disparu alors qu'une dépêche avait pourtant été publiée juste avant ! C'est comme si un filtre ou un contrôle était là pour éliminer toute information défavorable à Emmanuel Macron ! Impossible d'y avoir accès ! 

http://www.liberation.fr/france/2017/06/04/macron-et-les-kwassa-kwassa-quand-le-vernis-craquelle_1574470

 

Tout esprit critique a ainsi été éliminé de la presse et des médias. Par exemple, la volonté du gouvernement de privatiser les voitures radars sur nos routes est évidemment extrêmement grave pour nos libertés. Non pas parce qu'une surveillance accrue serait dangereuse pour notre sécurité et pour nos libertés, mais parce que les dérives observées dans la gestion des amendes à Paris par une société privée sont là pour nous rappeler les dangers extrêmes de la privatisation des forces de police et de coercition à des intérêts privés ! Pour une dérive prouvée et comdamnée par la justice, combien y aura-t-il d'arrangements et de mic-macs qui seront ignorés du public, de milliers de fausses contraventions données à des automobilistes non fautifs ? Et pourtant, même si les poursuites judiciaires contre cette société en charge des contraventions parisiennes sont connues de tous, les médias ne rejettent en aucune façon en cause la décision gouvernementale plus large de privatiser les voitures radars automobiles aujourd'hui gérées par la gendarmerie et la police. Aucun média ne fait état de ce risque immense. La privatisation des forces de coercition de l'Etat aux mains d'une caste de capitalistes. Mais non, les médias ne sont là que pour faire assaut de complaisance vis à vis du pouvoir, vis-à-vis du gouvernement. Et pour masquer la réalité au peuple, aux moutons que nous sommes, aveuglés par un jeune homme brillant qui va révolutionner la France et les français. Nous sommes des moutons conduits à l'abattoir qui bêlons stupidement notre amour à notre tortionnaire. 

 

Heureusement ou tristement, une caste d'apparatchiks qui ont juré allégeance et soumission à Macron et à son gouvernement occupent la société, contrôlent les médias et l'espace médiatique. Pour certains, ils jouent leurs cartes individuelles, d'autres lorgnent sur un poste ou des responsabilité, d'autres espèrent une reconnaissance, d'autres enfin ne cherchent qu'à dominer les décombres fumants qui resteront de notre société, attendant la chute de leurs concurrents. Evidemment, le monde politique a toujours été rempli de ces pantins et de ces zélateurs prets à toutes les compromissions ! C'est simplement que ce sont des revirements sur des temps très courts, en quelques mois, particulièrement visibles, et d'une ampleur invraisemblable ! Parmi tous ces «certains» et tous ces «autres», on trouve évidemment les responsables des médias que j'ai abondamment cité, mais également ces syndicalistes comme ceux de la CFDT qui répugnent à engager le combat, la mobilisation contre la politique libérale de ce gouvernement. La CFDT préfère peser sur les négociations avec le gouvernement, pour de bien piètres résultats, plutôt que d'appeler ses adhérents à descendre dans la rue.

 

Mais peut-on négocier avec le diable, avec l'innommable ? Peut-on traiter avec celui et ceux qui seront peut-être demain les fossoyeurs de notre démocratie, de la République ? A-t-on pardonné à ceux qui avaient préféré entre 1938 et 1945 traiter, collaborer, avec les nazis plutôt que de les affronter, plutôt que les combattre, même par des actes terroristes ? Et si Macron n'était rien d'autre que la fin de la démocratie française ? De cette démocratie certes imparfaite, certes instrumentale, mais malgré tout vivante. Le peuple sera-t-il capable de se réveiller comme en 1789, malgré l'énergie dépensée par les grands médias pour l'endormir, le charmer, le tromper, lui cacher la réalité et les contestations de ceux qui combattent déjà ce gouvernement et sa politique ultra-libérale ?

 

 

Réflexion trois (jeudi 19 avril 2018)

Ce qui ne va pas dans le Monde de la politique politicienne

 

Je me suis essentiellement focalisé sur ce qui relevait des médias (papier, internet ou télévisés) dans mes deux articles des jours précédents. Et l'apparition et la prise de pouvoir d'Emmanuel Macron semble s'être accompagnée d'une disparition d'une presse libre et indépendante. C'est comme si la majeure partie des médias étaient contrôlés, surveillés par le gouvernement ou par l'Elysee, ou par un hypothétique cabinet noir qui contrôlerait les médias et les poursuites judiciaires. À la lecture de la presse ou à l'écoute des médias, difficile de se croire en démocratie, en république !

 

Au fond c'est assez simple. Une partie de la presse, de droite (Le Figaro, TF1), ne peut pas l'attaquer, parce que Macron applique le programme social et économique qu'elle a toujours rêvé de voir mettre en œuvre (réduction des droits sociaux des salariés et bientot des fonctionnaires), tout cela sous une apparence, sous des titres menteurs de «renforcement du dialogue social». L'autre partie de la presse, traditionnellement de gauche, porteuse du sens social, des exclus (Le Monde notamment) se trouve inféodée aux intérêts de ses actionnaires, qui appuient ou qui ont créé Macron ! Par ailleurs, le monde politique lui-même donne la même impression d'absence de toute contestation, contestation d'ailleurs qui ne trouve aucun écho dans la presse, réduite à la portion congrue. Entre une Assemblée nationale où les nouveaux élus de la République en marche et du Modem, de la droite des constructifs, représentent une telle majorité qu'ils écrasent toute contestation, comme au temps des godillots du General de Gaulle ! Entre une droite qui se veut décomplexée, qui est bien gênée de voir ses idées être mises en œuvre au delà même de leurs rêves ! Entre un Parti socialiste exsangue, dont les rares élus sont pratiquement tous des partisans de Macron et ne rêvent que de revenir au pouvoir, pour appliquer la même politique que lui, avec juste un vernis un peu différent, pour satisfaire les masses d'électeurs qui sont leurs électeurs ! Le petit nombre de députés de la France Insoumise sont tous ceux qui restent pour contester ce gouvernement !

 

D'où cette impression nauséeuse d'une forme d'unanimité sur la politique du gouvernement et de l'Elysée !

 

A la fin des années 1970, Guy Debord, et avec lui le courant philosophique des Situationnistes, avait développé l'idée d'une société du spectacle, qui était à l'œuvre selon lui dans le monde politique francais. Cette société du spectacle a perduré selon moi jusqu'à très récemment, et l'affaire du groupe de Tarnac, qui vient de connaître son épilogue judiciaire avec l'acquittement des coupables désignés par les services anti-terroristes européens, par le gouvernement de Nicolas Sarkozy et surtout son ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie (MAM pour les intimes ou les journalistes). Il faut reconnaître à Julien Coupat un certain talent pour retourner les médias, l'organisation du spectacle, contre le gouvernement et les services de lutte contre le terrorisme.

 

Mais Emmanuel Macron et ceux qui le contrôlent ou qui l'appuient ont mis en œuvre un nouveau système politique et médiatique, qui n'est plus explicable par le système du spectacle théorisé, présenté par les Situationnistes et Guy Debord. À moins que ce ne soit simplement que la société du spectacle de Debord poussée à son paroxysme, l'essence même de la société du spectacle à son maximum ! Une forme de dictature totalitaire/totalitariste des médias qui contrôlent tout ce que nous voyons, lisons, pensons, afin que rien ne nous arrache à cette horrible évidence : «There is no alternative» («TINA» en abrégé), expression rendue célèbre dans les années 80 par Margaret Thatcher.

 

Nous sommes rentrés dans une ère nouvelle, une ère de l'information contrôlée, une ère où toute contestation politique peut être niée, ignorée, oubliée dès lors que tous les moyens de communication sont unilatéralement utilisés pour la propagande du gouvernement, des puissants, du lobby patronal. Evidemment, le système TINA n'est pas si récent ; elle a été mise en œuvre au Royaume Uni dès le début des années 1980. Ce que l'on observe en France est-il différent, ou bien est-ce uniquement qu'un succédané de l'expérience Thatcher des années 1980, appliquée avec près de 40 ans d'écart en France ?

 

 

Réflexion deux (mercredi 18 avril 2018)

Ce qui ne va pas non plus dans le fonctionnement des médias

 

J'ai traité dans mon article précédent des questions liées à l'élection présidentielle, à la publicité et surtout à l'absence de toute contre-publicité de la part des grands médias quant au candidat Macron, et aux tentatives de mise à mort médiatique dont furent victimes ses principaux adversaires ou certains de ses parrains. Mon impression, c'est qu'Emmanuel Macron semble avoir été le candidat rêvé, parfait, espéré par des journaux comme le Monde ou des sites comme Mediapart, comme s'il avait été fabriqué par leurs soins !

 

Macron a quand même fait l'objet d'une couverture médiatique inédite par les principaux médias, pour un petit candidat inconnu tout juste sorti de l'anonymat, simplement auréolé de quelques semestres passés en tant que ministre de l'économie, pour un candidat sans Parti politique ayant pignon sur rue ! J'ai vraiment de la peine à croire que tout ceci était tout à fait normal, que l'opinion publique française n'ait pas été victime d'une inédite manipulation médiatique massive. Evidemment, au final, Emmanuel Macron a été élu à la présidence de la république, puis les électeurs francais lui ont donné une majorité massive à l'Assemblée nationale ! Les médias ont gagné leur pari ! À noter qu´il (ils) voulait même avoir la même majorité au Sénat, et il n'a pas compris que les grands électeurs n'aient pas été éblouis, hypnotisés, comme le reste de l'électorat ! De dépit, il a dû faire tomber quelques têtes !

 

Mais l'impact de manipulation des grands médias francais ne s'arrête pas seulement à cela ! Le Monde comme Mediapart ne se contentent pas non plus seulement d'attaquer les principaux adversaires de Macron, pour les décrédibiliser ... ils contrôlent également les informations dont nous disposons sur la contestation quant à la politique menée par Emmanuel Macron. Donner la parole uniquement à ceux qui adhèrent aux réformes décidées par son gouvernement. Pour cette raison, c'est surtout la CFDT qui était audible dans leurs colonnes lors de la réforme par ordonnances du Code du Travail. Beaucoup moins la CGT qui y était opposée ! De la même manière, les mouvements d'occupation des universités françaises ne sont absolument pas suivis par le journal Le Monde, de même que la grève des cheminots de la SNCF ... ou d'Air France. Silence Radio ! 

 

Deux mois que certaines universités sont occupées et bloquées par des étudiants ... Et Le Monde n'y envoie pas de journalistes, et les nouvelles sont noyées/ignorées/reléguées. Un jugement d'un tribunal administratif condamnant une telle occupation par des étudiants recevra  par contre évidemment un traitement beaucoup plus interessé ! 

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/04/18/une-quinzaine-d-universites-perturbees-la-justice-demande-l-evacuation-de-montpellier-iii_5287355_4401467.html

 

J'en étais sûr sans même avoir cherché sur le site du Monde. Et c'est bien le cas. Dans un article rempli de contradictions, puisque Le Monde réussit à ecrire dans un même article dans les premières lignes que les actions de mobilisation (on ne parle même pas de blocage ou d'occupation, juste de mobilisation!) dans les universités ont commencé il y a un mois, alors qu'un peu plus bas, on peut lire que l'université de Montpellier est occupée et bloquée depuis deux mois, soit mi-février !  Cet article est une honte. 

 

On y observe aussi que le syndicat étudiant bien de droite (voire d'extrême droite) UNI combat comme à son accoutumée les occupations d'université, et se trouve donc au côté du gouvernement Macron/Philippe. Ce qui ramene donc à sa juste place et sa juste image ce gouvernement de droite/ultra-libéral qui nous gouverne depuis bientôt un an. Un gouvernement de droite sans aucune attache sociale, même si certains socialistes s'y sont acoquinés/vendus pour une parcelle de pouvoir ou un mandat électoral !

 

Au final, on sait à qui appartient le Journal Le Monde. Son indépendance et sa ligne éditoriale n'existe plus. Les grands journalistes qui suivirent les grandes grèves des années 2000, dont l'une des dernières était Ariane Chemin, doivent pouvoir observer cette évolution. Le Monde s'est vendu au capitalisme et il est soit le démiurge qui a créé et fait exister Emmanuel Macron, soit l'outil minable de la décervelation de l'opinion publique française !

 

Lorsque l'on ne peut plus compter sur les médias pour nous informer sur la réalité de la situation française et des luttes sociales, syndicales et politiques conduites contre un gouvernement illégitime (au sens où il n´est là que du fait d'une manipulation, d'un éblouissement, d'une hypnose de l'électorat francais), que nous reste-t-il ? Se rabattre sur les nouveaux médias utilisés par la jeunesse, Facebook, Twitter, les messageries instantanées et les vidéos YouTube ! Comme nos enfants ! En sachant comme eux que les médias sont inféodés aux grands intérêts financiers capitalistes, et que les informations qu'ils nous transmettent sont biaisées, instrumentalisé, fausses. Tout ceci tuera les journaux papiers et internet. Ils ne se relèveront pas de la découverte de leur responsabilité dans l'élection d´Emmanuel Macron et de la mise en œuvre de sa politique ultra-liberale !

 

 

Réflexion une (mardi 17 avril 2018)

Ce qui ne va pas dans l'usage du pouvoir et des médias

 

Si on regarde la présidence Macron, la première chose qui n'a pas été normale a évidemment été la manière dont il a été élu. Inconnu au début du quinquennat de François Hollande, il est élu un an après s'être porté candidat en abandonnant le poste de ministre de l'économie. François Mitterand, grand stratège et fin homme politique, s'était présenté trois fois à la présidentielle avant d'être élu, même si évidemment, il avait eu à combattre le Général de Gaulle à sa première tentative. Valéry Giscard d'Estaing également avait connu l'échec à la présidentielle avant de se faire élire, de même que Jacques Chirac, à plusieurs reprises. Seuls, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient également été élus à leur première tentative. Mais cela faisait des années que ces deux-là occupaient le terain politique. Rien de comparable avec Emmanuel Macron !

 

La deuxième chose qui interpelle, c'est l'avanlache des attaques ayant frappé ses adversaires. Faut-il rappeler les attaques médiatiques et judiciaires ininterrompues contre François Fillon, qui se sont si mystérieusement arrêtées dès lors qu'il a été battu lors du premier tour de la présidentielle ! Incroyable comme les informations, les mises en examen, sont brutalement devenues inaudibles dès lors que François Fillon a cessé d'être un danger pour Emmanuel Macron ! Que s'est-il passé depuis ? François Fillon est-il toujours mis en examen ? A-t-il été entendu par la justice, par la police. C'est comme si cette histoire n'intéressait plus les journalistes et les journaux, alors que ceux-ci ne parlaient que de cela pendant toute la campagne présidentielle et l'élection présidentielle. Cela ne vous choque-t-il pas ?

 

Quant à François Bayrou et le Modem, son idée du Centre-droit avait enfin réussi à prendre le pouvoir et le palais présidentiel ; il en rêvait depuis des décennies ! Il était celui qui avait permis la victoire du jeune président de la République. À défaut du mandat présidentiel, il était devenu le Garde des sceaux. Patatras ! Pour lui également,  la presse et la justice faisaient sortir une affaire politico-financière et instruisaient des mises en examen. Et de manière assez proche, le faiseur de rois etait obligé de se retirer du gouvernement, avec sa collègue et vice présidente du Modem. Et comme pour François Fillon, la presse et la justice devenaient subitement inaudibles et silencieuses dès lors qu'il ne représentait plus une menace pour Emmanuel Macron ! Avant cela, il y avait egalement eu le retrait surprenant de Francois Hollande, obligé pour l'on ne sait quelle raison de ne pas se présenter pour un deuxième mandat !

 

Qu'est-ce qui peut expliquer cela ? Qu'est-ce qui se passe dans les arcanes politiques et médiatiques françaises ? Le précédent événement qui me rappelle tout cela, c'est l'affaire Dominique Strauss-Kahn au Sofitel de New-York. Le futur favori de l'élection présidentielle française se trouve mis en cause dans une affaire sexuelle avec une femme de chambre, et se trouve arrêté et jeté en prison, puis traîné dans la boue médiatique. Et là encore, il n'est toujours pas possible de savoir ce qui s'est réellement passé dans cette chambre de l'hôtel Sofitel. Y a-t-il eu agression sexuelle, et si oui, pour quelle raison Dominique Strauss-Kahn s'était-il autorisé cela ? Quelle information lui avait-on donné ? Pourquoi cet acharnement de la justice américaine ? Qui sont derrière toute cette affaire du Sofitel ? Evidemment, à cette époque, on pense immédiatement à un piège de l'UMP au bénéfice de Nicolas Sarkozy, qui aurait été bien gêné par une candidature Strauss-Kahn. Mais en est-on si sûr ? Y avait-il un cabinet noir autour de François Hollande qui orchestrait ces opérations ? Après tout, c'est lui qui a été le principal bénéficiaire de l'éviction de Dominique Strauss-Kahn ! Ce cabinet noir a-t-il par la suite changé de poulain en lui préférant Emmanuel Macron ? Bizarrement, les rumeurs sur Dominique Strauss-Kahn sont revenues régulièrement dès lors qu'il réapparaissait médiatiquement. Il a fallu le mettre en examen dans l'affaire du Carlton de Lille et pour ses liens avec Dodo La Saumure. Et là aussi, bizarrement, la presse est relativement peu prolixe sur les suites de ces affaires juridico-médiatiques. 

 

Que faut-il déduire de toutes ces mystérieuses coïncidences ?

# Que François Fillon, François Bayrou, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn ont enfin compris que s'ils veulent la paix et ne pas être envoyés croupir ad vitam eternum en prison, ils doivent se cacher et ne plus faire d'ombre au patron ?

# Qu'il s'agit d'un simple travers médiatique, et qu'il est normal que les affaires judiciaires de personnalités médiatiques soient seulement mises en exergue par la presse. Et que dès qu'ils sortent de l'actualité, leur traitement médiatique disparaisse ! Cela me paraît improbable.

# Que les médias et la presse sont contrôlés par un groupe si puissant que ces derniers peuvent faire élire la personne qu'ils souhaitent à la présidence de la république, et qu'ils peuvent dezinguer tous ceux qui leur déplaisent ?

 

Je rajouterais deux événements plus récents. Un, la mise en cause pour une plainte pour agression sexuelle contre le ministre de l'écologie, suivie d'un emballement mediatique dans la lignée de l'affaire Weinstein et des sites «balance ton porc» qui s'est brutalement arrêtée lorsque le president de la république a renouvelé sa confiance à son ministre ! Comme si ce dernier avait sifflé la fin de partie : «celui-là, vous n'y touchait pas. J'en ai besoin !». Et boom, plus un mot dans la presse ! 

 

Deuxièmement, il y a bien évidemment le traitement judiciaire et médiatique actuel à l'encontre de Nicolas Sarkozy, mis en cause pour le financement de sa campagne électorale par la Lybie. Même si je ne l'appréciait pas outre-mesure (voire pas du tout), je ne pense pas que même sous son quinquennat, la liberté et la démocratie n'étaient pas autant en danger qu'elles ne le sont aujourd'hui ! C'est comme si le traitement réservé à Nicolas Sarkozy était un message destiné à tout ceux qui pouvaient faire de l'ombre à Emmanuel Macron. «Regarde ce qui risque de t'arriver si tu ne te couches pas !»

 

Nous ne saurons jamais ce qui se passe réellement dans notre pays, ce qui s'est réellement passé dans ces différents cas ... On ne saura peut-être même jamais les suites judiciaires de ces affaires mediatico-politiques ! Ces affaires resteront peut-être comme des épées de Damoclès au dessus de leur tête, au cas où ils se risqueraient à parler ou à avoir à nouveau des prétentions politiques ! Il nous reste donc à savoir si nous vivons reellement dans une démocratie ou non !

 

Mais aussi si nous ne sommes pas non plus pour partie responsables de ces emballements médiatiques auxquels nous assistons. Après tout, s'il n'y avait pas une opinion publique aussi friande de ces ragots politico-médiatiques, aussi prompte à juger et à condamner les gens en général, peut-être alors, ces emballements médiatico-politiques se seraient étouffés tout seuls, noyés dans leur propre fange !

 

 

Saucratès


22/04/2018
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Les prémices d'un grand mouvement estudiantin et social

Réflexion une (jeudi 1er février 2018)

Sélection à l’université - Réforme du baccalauréat - Le gouvernement Macron-Philippe joue avec le feu et à l’apprenti sorcier

 

Le président de la République française pensait avoir trouvé la solution pour faire exploser les conservatismes sociaux des français. Il l’avait expérimenté avec la réforme du droit du travail menée tambour battant et au pas de charge entre l’été et l’automne 2017. Mener au pas de course une réforme qui l’on indique effectuée dans la plus grande concertation. La réforme des institutions représentatives du personnel est ainsi passée comme une lettre à la poste, grâce à la complicité bienveillante de certaines organisations syndicales qui y trouvaient un intérêt correspondant à leur marotte (la CFDT pour ne pas la citer et la représentation du personnel des toutes petites entreprises).

 

La solution est de mener réforme après réforme pour noyer les éventuelles oppositions et contestations. Etant obligé de combattre plusieurs réformes successives, conduites au pas de charge, les contestations sont sensées s’étouffer ; essoufflement aidé par le fatalisme des grands médias écrits qui encensent les réalisations de ce président de la République qu’ils avaient appelé de leurs vœux (et je pense ici à mon quotidien préféré, Le Monde, qui ne fait preuve d’aucune impartialité dans le traitement médiatique accordé au macronisme !). 

 

Les syndicats contestataires, les partis de gauche gauchistes, furent ainsi dans l’impossibilité de rallier l’opinion publique à leur contestation et à leur mobilisation. Ces partis et syndicats avaient en effet à peine commencé à mobiliser au sortir de l’été 2017 que les ordonnances étaient votées et publiées et que le gouvernement passait à un autre sujet de réforme : la réforme de l’indemnisation du chômage, la réforme de la formation professionnelle ...

 

Du côté pro-gouvernement, la CFDT, malgré une contestation de façade, a joué le jeu de la négociation avec ce gouvernement, soit-disant pour influer sur le texte ! Mais il ne faut pas oublier qu’ils étaient déjà prêts, lors d’une précédente négociation, à signer un texte approchant avec le patronat, supposé instituer les conseils d'entreprises. Seule l’impossibilité d’obtenir l’adhésion de trois syndicats représentatifs avait fait reculer le patronat, la CFDT et le gouvernement socialiste, sur un texte tout à fait comparable, voire encore plus réactionnaire ! Les apparentes contestations de façade de la CFDT ne sont ainsi vraisemblablement que de la poudre aux yeux. Et que penser de leurs réactions face à des élus CFDT leur demandant une mobilisation contre les textes des ordonnances, et de leur réponse : « regarder ce qu’est devenu la CGT, voulez-vous devenir comme elle ? ».

 

Donc évidemment, en matière de droit du travail, en matière de droit social, face à un front syndical désuni, la contestation syndicale ne pouvait pas prendre, évidemment ou plutôt malheureusement parlant. Et Macron a facilement gagné.

 

Mais cette belle machine bien huilée, cette belle idéologie de la réforme permanente, du déséquilibre institué en système peut-il résister à la grogne des étudiants, aux projets de réforme du lycée et de l’université souhaitée par le gouvernement Macron/Philippe ? La réactivation de la sélection à l'entrée de l'université, contenue dans le projet de réforme du logiciel APB, est une véritable poudrière qui risque d'exploser dans les prochains mois. Pour avoir connu les évènements d'octobre 1986, nés d'une contestation de la réforme du secrétaire d'état Alain Devaquet, je sais que cette simple idée d'une sélection à l'entrée à l'université risque de servir de catalyseur à une révolte massive, comme à tant d'autres moments lors d'autres mouvements estudiantin. Ce seul combustible, la réforme du logiciel APB et l'idée de mettre en place une sélection à l'entrée de l'université, peut faire naître un mouvement estudiantin, qui risque d'enfler jusqu'au mois de mai 2018. 

 

Le gouvernement pensait peut-être refaire le même coup qu'à l'automne 2017 en ouvrant un nouveau front avec le nouveau projet de réforme du baccalauréat. Macron et Philippe pensaient sûrement pouvoir nous refaire la même entourloupe. Que les jeunes ne sachent plus qui combattre, que contester. Mais si Macron ou Philippe, et ses conseillers savent parfaitement comprendre les organisations syndicales, et les diviser grâce à une proximité idéologique avec certains d'eux (Force Ouvrière et la CFDT), ils ne connaissent absolument rien aux jeunes. L'une des explications vient du fait que Macron ou Philippe n'ont jamais eu aucun rapport avec les organisations estudiantines et avec les mouvements estudiantins ou lycéens.

 

C'était l'une des principales craintes du gouvernement au sortir de l'été 2017 ; la conjonction, la cristallisation des contestations. Crainte qui ne s'est évidemment pas réalisée, face à un mouvement syndical divisée et face à une opinion publique partagée, tolérante. Mais dans le cas présent, en cette fin d'hiver 2018, et pour le printemps 2018, le risque, la probabilité d'une telle évolution, la conjonction d'une fronde massive des etudiants et des lycéens, conjuguées à la contestation des parents d'élèves et des enseignants, sans oublier le désir de revanche d'une organisation syndicale comme la CGT ou l'envie d'en découdre des militants CFDT ou FO, pourrait faire naître un mouvement social majeur, qui pourrait ressembler pour la premiere fois à ce que fut mai 1968. 

 

Et aussi intelligent, brillant et grand stratège qu'est notre ami Macron, il n'a ni l'aura du général De Gaulle ni l'appui d'un militaire comme le général Massu à Baden Baden. Ce serait une révolution, un retournement qui me plairait, qui me satisferait. Que ce président si extraordinaire, si jeuniste, si pimpant, déclenche un mouvement social si majeur qu'il ne l'emporte finalement ! Pour la première fois dans l'histoire de la Cinquième République. Ce serait une juste revanche de l'histoire, mais aussi une incroyable vengeance. Alors que des présidents impopulaires comme Sarkozy ou Hollande n'auraient pas connu le moindre embrasement social, il serait amusant que ce soit un président comme Macron qui soit emporté par une telle révolte.

 

Les premiers prémices de cet embrasement ont eu lieu aujourd'hui, avec des mouvements dans de multiples universités, à Paris et en province.

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/02/01/2-400-manifestants-a-paris-contre-les-reformes-de-l-universite-et-du-bac_5250547_4401467.html

 

Octobre 1986 avait commencé à peu près de la même manière, mais beaucoup plus tardivement, sur un petit projet  de loi abscon que pratiquement aucun étudiant contestataire n'avait lu. Avec un seul principal mot d'ordre : «non à la sélection !». Et les mêmes personnes bien pensantes avaient déjà beau jeu d'expliquer que la sélection existait déjà dans de nombreuses filières ! Comme aujourd'hui ... Selon ces personnes bien-pensantes, plus de la moitié des jeunes diplômés s'orientent déjà dans des filières sélectives. Mais rien ne peut y faire : le marqueur idéologique, c'est l'absence de sélection à l'entrée à l'université ! Et je me rappelle encore de ce que l'on chantait en 1986 : «Devaquet, si tu savais, ta réforme, où on se la met ! Au cul, au cul, aucune négociation ! » Cela doit bien rimer également avec Macron ou avec le nom du ministre de l'éducation nationale du gouvernement Macron/Philippe.

 

 

Saucratès


01/02/2018
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De l'égalité entre les hommes et les femmes - Bis

 

 

Réflexion sept (lundi 15 janvier 2018)

Mon accord avec le manifeste des cents - ou bien comment on peut se sentir heureux en découvrant qu'une grande actrice comme Catherine Deneuve ait pu signer cette tribune et défendre ces idées !

 

J'ai en effet appris avec plaisir qu'un groupe avait publié et signé un manifeste contestant l'hystérie internationale contre les hommes que nous (les hommes) subissons depuis des mois, depuis l'affaire Weinstein. C'est ainsi qu'un journal comme Libération peut parler de la rupture d'une forme d'unanimité des féministes au plan international et du commencement d'une sorte de guerre naissantes entre féministes. Le manifeste publié dans le journal Le Monde commençait ainsi de cette manière : «Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste ...»

http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/01/09/nous-defendons-une-liberte-d-importuner-indispensable-a-la-liberte-sexuelle_5239134_3232.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/01/14/catherine-deneuve-presente-ses-excuses-aux-victimes-d-actes-odieux-qui-ont-pu-se-sentir-agressees-par-la-tribune_5241610_3224.html

http://www.liberation.fr/france/2018/01/10/tribune-sur-la-liberte-sexuelle-cent-signataires-aux-signaux-contradictoires_1621596

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/01/14/01016-20180114ARTFIG00122-le-manifeste-des-100-reveille-la-guerre-des-feminismes.php

 

Comme ces nombreuses signataires de ce manifeste, je pense également que le viol et les agressions sexuelles violentes, perpétrées contre des femmes (et je ne parle même pas de ceux perpetrés contre des enfants) sont des crimes et doivent être punis comme tels. Mais comme ces signataires, je pense que l'emballement médiatique auquel on assiste ces derniers temps n'a plus aucun rapport avec ces faits, ni avec les violences que subissent les femmes. 

 

Ce que nous avons observons ces derniers temps de la part des mouvements féministes, c'est plus qu'une hystérie collective, c'est un déferlement de rage, de rancoeur et de haine d'une armée de féministes racistes et haineuses, dans un combat sans merci contre les hommes : une guerre des sexes. Comment appréhender autrement ce site : https://www.balancetonporc.com ?

 

Alors que les femmes combattent depuis des années le rôle de femme objet qui leur est assigné par les médias et par la publicité, les plus extrémistes de ces féministes ramènent les hommes à des porcs (!), c'est-à-dire non seulement ravalent les hommes au plan des animaux, mais en plus, à celui qui est considéré comme le pire et le plus sale des animaux, celui qui est considéré comme impur par deux des trois religions du Livre ! Ces extrémistes féministes ne nous traitent pas seulement de cochons ; elles nous ravalent, nous les hommes, au stade du porc ! Même si le procès fait au porc est peut-être injuste ; le porc est peut-être celui qui est le plus proche de l'homme (et de la femme) jusqu'à pouvoir envisager de pratiquer des xéno-greffes à partir d'organes porcins. 

 

A lire ce site (https://www.balancetonporc.com), les hommes ne sont pas seulement des porcs, mais aussi des prédateurs sexuels et des animaux sauvages. Tout un chacun d'entre nous peut en fait se retrouver clouer au pilori sur ce site, ou a pu l'être, puisqu'il n'y a pas de présomption d'innocence sur ce site, pas de preuves à apporter ; il suffit d'y raconter ce que l'on a subi ou que l'on prétend y avoir subi, de dénoncer un porc, de le jeter à l'opprobe public. On peut même y dénoncer un contradicteur public, dès lors qu'on le connaîtrait, que l'on connaîtrait son identité. En matière de justice, tout le monde est supposé être présumé innocent tant qu'il n'a pas été jugé. C'est plus qu'un principe de base de notre justice : présomption d'innocence, jugement contradictoire, droit à être défendu, justice impartiale et non partisane ! Aucune de ces dispositions n'est respectée par ce site «balance ton porc», qui est seulement un site de délation et d'insultes vis-à-vis des hommes. Un site créé par quelques femmes pour se venger de l'espèce masculine ! 

 

Il deviendrait urgent de psychanalyser ces extrémistes féministes. Pour quelles raisons cette haine et cette fixation ? Et si je peux comprendre que ces extrémistes soient également les plus grandes intéressées pour la possibilité pour les couples de lesbiennes de recourir à la procréation médicale assistée (PMA) ... de façon à pouvoir avoir des enfants sans passer par un homme ... enfin presque, puisque malgré tout, la semence inséminée provient bien d'un homme ... on peut s'interroger sur les risques que ce genre d'extrémistes est malgré tout des bébés garçons et pas seulement seulement des bébés filles ! Comment réagiraient-elles face à un petit garçon ? Recourraient-elles à l'infanticide par haine des hommes, ou bien se vengeraient-elles sur leur petit garçon ou sur leur jeune adolescent de ce qu'elles estiment avoir subi des hommes, ou bien encore forceraient-elles ce jeune garçon à se conformer à leur modèle masculin ou bien à un modèle feminin ? Ou bien encore, comment réagiraient ces extrémistes face à la rébellion de leur jeune adolescent ou jeune garçon si celui-ci rejetait leur modèle de comportement ? D'où la nécessité pour ces personnes d'être psychanalisées selon moi !

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/harcelement-sexuel-pour-en-finir-avec-le-porc-et-la-pute_1953963.html 

 

Risque d'eugénisme ou d'infanticide afin de ne donner naissance qu'à des filles, éducation mortifère d'un jeune garçon comme porteur du mal en tant qu'homme en formation, ou au contraire d'une jeune fille élevée dans la haine des hommes ; l'extension de la PMA aux couples de lesbiennes n'est-il pas extrêmement dangereux ? A-t-il été suffisamment réfléchi ?

 

Plus largement, un site comme «balance ton porc» n'est-il pas assimilable à un acte, à un fait terroriste ? Terrorisme non pas contre les croyants d'autres religion comme peut l'être le terrorisme islamique, qui attaque indistinctement les autres musulmans trop tièdes ou bien d'autres croyances, les chrétiens, les juifs ... mais terrorisme contre la moitié masculine de l'humanité, contre l'esprit même de l'humanité ... car autant l'homme ne peut se suffire sans femmes, autant les femmes ne peuvent se suffire et se reproduire sans hommes ! Et si derrière ce site et ces actions des extrémistes feministes, se cachaient de véritables terroristes, soit islamiques (comme l'utilisation du mot «porc», impur pour l'islam, pourrait le laisser imaginer), soit simplement féministes ! De la même manière dont les femens sont considérées comme un envahissement occidental du Monde musulman, les islamistes auraient-ils pu imaginer de frapper au cœur l'Occident en dressant les hommes contre les femmes, grâce à quelques extrémistes féministes qui auraient noyauté les organisations féministes occidentales, en France, en Europe ou aux Etats-Unis ? 

 

Pour toutes ces raisons, parce que j'ai si souvent aimé Catherine Deneuve dans ces divers films, inoubliable par exemple dans «Indochine», je ne peux qu'être heureux qu'une actrice comme elle se désolidarise de l'extrémisme féministe ambiant et qu'elle laisse entendre, avec une centaine d'autres femmes, une autre voix dans l'uninanisme féministe extrémiste ! Cette autre voix m'a ravi et je ne rejoins pas les aboiements de la poignée d'irréductibles terroristes qui souhaitent instruire le procès des hommes via les médias interposés ! Ce qui me ravit, ce que face à notre impossibilité collective de nous défendre, de nous faire entendre, nous les hommes, cette centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, aient pu accepter de nous défendre, de faire entendre une autre voix ! Et quand je dis nous, je parle des hommes, certes imparfaits, certes parfois lourds, mais en aucun cas des violeurs !

 

 

Saucratès


16/01/2018
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L'alibi de la sécurité routière

 

Réflexion une (jeudi 11 janvier 2018)

Sécurité routière et victimologie - ou contre l'abaissement des limitations de vitesse

 

Notre nouveau gouvernement ni de droite ni de gauche (NNGNDDNDG) a donc développé une nouvelle politique en matière de sécurité routière, ou plutôt, car ceci ressemble à un oxymore, les spécialistes de la victimologie et les associations de tout crin de la sécurité routière ont enfin trouvé une oreille compatissante ou gagnée/ouverte à leurs idées au sein de NNGNDDNDG (que l'on pourrait aussi appeler 4N3D2G). NNGNDDNDG a donc le projet d'abaisser la vitesse maximale autorisée sur le réseau routier secondaire, pour la ramener de 90 kilomètres heure à 80 kilometres heure ! Extraordinaire idée, qui selon les victimologues de tout bord et tout crin, pour les diverses associations contre les violences routières, vont abaisser le nombre de victimes d'accidents routiers ! Evidemment, cette idée me paraît totalement farfelue et aberrante. 

 

J'ai une bien meilleure idée ; s'il s'agit d'abaisser le nombre de morts sur les routes et si on pense que c'est en abaissant la vitesse limite autorisée, alors ramenons la vitesse maximale autorisée de 90 kilometres heure à zéro kilomètre heure. À zéro kilomètre à l'heure, plus d'accidents ! Pour les piétons évidemment aussi, il faudrait ramener la vitesse limite autorisée à zéro kilomètres heure. Ils sont capables de renverser une pauvre vieille sur un trottoir, ces fous de piétons kamikazes marchant à 5 kilomètres heure ! Zéro accident = zéro kilomètre heure ! Evidemment ! Pas de privilégiés ! Idem pour les trains, les avions, les vélos ... Vive un Monde de l'immobilisme ! 

 

Argumentation ad nominem me direz-vous ? Je n'ai rien contre les membres des associations de victimologie ou de lutte contre les violences (routières, des hommes, des maris jaloux ...), même si ce sont souvent les mêmes tristes personnages/dames qui y officient, mais je ne pense pas personnellement que le fait d'abaisser la vitesse limite autorisée changera quelque chose aux nombres de morts sur les routes. Par contre, faire appliquer drastiquement le Code de la route existant, les limitations de vitesse existantes, les interdictions de conduire sous l'effet de l'alcool ou de drogues ; cela, je pense par contre que ce serait une bonne et saine pratique, indispensable. Car pour ceux qui respectent les limitations de vitesse, il n'y a rien de plus rageant que tous ces kamikazes et chauffards qui ne respectent aucunement les règles du Code de la route ... et je pense également aux motards (même si j'ai un très bon ami qui fait partie de ces motards pour lesquels la moto c'est la liberté ... et la liberté est évidemment incompatible avec les règles liberticides, comme tout le monde le sait ... et même si c'est essentiellement leur vie que les motards mettent en jeu, à la différence des chauffards en grosses bagnoles ou SUV, leur conduite passablement rapide et en dépassement permanent n'est-il pas source de danger et de crainte pour les autres usagers de la route ?). 

 

Le nombre de victimes serait donc corrélé à la vitesse, et donc aux vitesses limites autorisées ? Si on croit le gouvernement, mais également les associations de lutte pour la sécurité routiere et de victimologie ? À ce moment là, est-il possible de nous expliquer le contre exemple allemand ? Un pays qui enregistre moins d'accidents que nous, mais où le réseau autoroutier n'a pas de limite de vitesse ; ce sont les constructeurs généralistes allemands qui ont plafonné la vitesse de la majorité de leurs modèles à une vitesse de 250 kilomètres heure. Seules les voitures de sport, comme les Porsches, les italiennes ou les anglaises (Lol - mais pas de françaises, avez-vous remarqué - mis à part la Bugatti qui n'est cependant aucunement française) peuvent ainsi dépasser les 250 kilomètres heures sur les autoroutes allemandes de manière absolument légale, et pourtant les allemands n'enregistrent pas plus d'accident que la France ! Pourquoi ?

 

Evidemment, nous n'aurons jamais d'explications sur cela. On continuera à nous rabâcher que lutter contre la mortalité routière passe par l'abaissement de la vitesse limite autorisée sur le réseau routier français, en nous certifiant que des études ont été menées et qu'elles attestent de ce lien causal certain. La réalité n'intéresse pas NNGNDDNDG ni les associations de lutte en faveur de la sécurité routière. Ceux-ci aimerait qu'il n'y ait plus de voitures sur les routes ; ce sont des professionnelles de la vie associative, extrémistes féministes, anti-voitures, écologistes et pro-je-ne-sais-quoi ... 

 

Ce que je pense, c'est que ce sont les comportements aberrants qui sont à l'origine d'une grande partie des accidents et l'accidentologie. C'est l'absence de respect des règles et des lois qui est l'origine d'une grande des problèmes observées. Si les allemands affichent un nombre de tués et d'accidents sur leurs routes non significativement plus élevé qu'en France voire plus faible, malgré des autoroutes non limitées en vitesse, c'est parce que les allemands (de même qu'en règle générale les peuples du Nord de l'Europe) sont beaucoup plus respecteux des règles que les francais, et que lorsque les réseaux routiers sont limités à 90 kilomètres heure ou à 60 kilometres heures, ils respectent tous ces limitations de vitesse, qu'ils conduisent des porsches ou des smarts, des motos ou des vélos ! Et c'est la grande difference d'avec la France et les francais, pour lesquels seule compte la peur du gendarme. Sans gendarme, pas de respect des limitations de vitesse. 

 

Alors, je serais favorable à plus de radars routiers, de meilleurs radars routiers comme notamment les radars tronçons, l'interdiction des systèmes comme Coyotte qui servent aux chauffards à ne pas se faire prendre en excès de vitesse, et surtout le renchérissement des tarifs des infractions routières, de telle sorte que le fait de violer la loi et d'être pris soit véritablement dissuassif ! Il faudrait évidemment également contrôler le respect des limitations de vitesse des camions et véhicules de transport en commun, car ce sont de véritables armes de destruction ou d'anéantissement qui sont entre les mains de chauffards, le plus souvent étrangers (notamment sur les autoroutes françaises), et qui ne respectent absolument pas leur limitation de vitesse abaissée mais ne peuvent être inquiétés par les radars ou les contrôles radars, et qui sont de véritables dangers publics (comme nous le rappelle l'accident survenu sur le viaduc de Saint-Paul à La Réunion) ! Sans oublier qu'étant immatriculés par des entreprises ou des sociétés, les retraits de points ne les concernent pas ; le chauffeur responsable de la société ne risquant pas de se déclarer lui-même ! Ou alors qu'appartenant à une société étrangère, ils ne se verront même pas poursuivre ! 

 

Abaisser les limitations légales ne sert à rien ! Si ce n'est accroître l'écart entre les conducteurs responsables et les fous furieux, incompétents et chauffards qui continueront à conduire comme des tarés mais sans être pris en contravention. Ce sont les comportements qu'il faudrait changer : greffer des cerveaux germaniques aux chauffards français, pour lesquels les lois sont faites pour être violées si aucun gendarme ou policier ne les voient ou s'il n'y a pas de radar ! Après tout, on est bien déjà obligé d'acheter des voitures germaniques si on veut une bonne voiture, solide, fiable avec un moteur qui ne soit pas un trois cylindres de 1000 ou 1200 centimètres cubes ! Ahahah !

 

 

Saucratès


11/01/2018
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Du contrat social

 

Réflexion une (mardi 9 janvier 2018)

De l'existence d'un contrat social ou de son application dans le cadre de notre société française 

 

Qu'est-ce que le «contrat social» ? Il est sensé s'agir d'une construction mentale des philosophes des Lumières, du dix-huitième siècle, popularisé notamment par Jean-Jacques Rousseau. Le contrat social serait donc mythique, un mythe permettant d'expliciter le fait par lequel des humains accepteraient/auraient accepté de quitter la vie sauvage pour vivre en communauté, en société. À la différence des mythes des sociétés anciennes ou premières, il s'agirait d'un mythe construit pour nos sociétés modernes, sur la base d'une idée fondée sur l'organisation des sociétés premières telles qu'elles étaient observées à l'époque de Jean-Jacques Rousseau, et reposant sur une certaine image idéalisée ou non de l'homme sauvage : bon sauvage ou loup pour l'homme, selon que l'on écoute Jean-Jacques Rousseau ou Thomas Hobbes. 

 

Si on suit ces philosophes du dix-huitième siècle, le contrat social serait donc un temps précis, une époque précise, où des hommes sauvages auraient accepté la vie en société en signant un pacte, un contrat entre eux, acceptant de fait des limitations à leurs libertés en échange d'une sécurité apportée par le groupe, par le nombre, par l'instrumentalisation ou par l'institutionnalisation de la violence légitime. Pour certains de ces philosophes, l'homme était bon avant la vie en société et était devenu mauvais après (Jean-Jacques Rousseau), ou inversement (Thomas Hobbes). Pour d'autres comme Etienne de la Boetie, c'est la violence de l'un sur les autres en sein de la société, c'est-à-dire cette violence institutionnalisée, qui était incompréhensible selon lui. Ou comment un homme seul peut-il dominer un pays entier ! Des centaines, des milliers, des dizaines de milliers de sujets !

 

Des philosophes récents ont repris à leur compte cette interprétation des fondements de la vie en société. Je veux parler notamment de John Rawls. L'instant de la conclusion de ce contrat social est toujours un instant mythologique selon Rawls, mais celui-ci est surtout célèbre pour avoir théorisé la forme de la mise en forme du contrat social, de ce moment où des hommes énoncent les règles de leur future vie en société. C'est ce que John Rawls a appelé le voile d'ignorance. 

 

En effet, si on demandait à des hommes ou des femmes de définir les règles d'une société et les statuts des uns et des autres, qui ne seraient pas tentés de se voir promu roi ou reine, ou membre de la noblesse ? Le voile d'ignorance permet de théoriser une manière de s'assurer que chaque homme ou femme est ignorant de sa place exact au sein de la société, de sa force, de son sexe voire de sa santé. Et chaque homme ou femme sera alors conduit à proposer des règles de société où chacun sera plus ou moins traité de manière égale, de facon à minimiser le risque et le désappointement de tomber dans les plus bas statuts sociaux !

 

Les débats vont évidemment beaucoup plus loin ou sont beaucoup plus complexes. D'autres philosophes ont peut-être theorisé d'autres réponses ou d'autres interprétations du contrat social depuis Rawls, ce dont je doute néanmoins. Evidemment, toute une branche de la philosophie politique depuis Rousseau et depuis Rawls a démontré qu'il n'était nul besoin d'un tel contrat social, d'une analyse ou d'une approche en terme de contractualisation de la vie sociale. Il s'agit de tout le débat opposant le conséquentialisme (ou analyse de la justesse de nos choix en fonction de leurs conséquences), l'utilitarisme (où la justesse de nos actes dépend de leur utilité) qui n'est qu'une variation du conséquentialisme, la déontologie (ou science des devoirs) dont font partie les théories d'Emmanuel Kant et de John Rawls, et l'éthique des vertus (ou perfectionnisme moral).

 

Apres avoir donc explicité ce que j'entends par «contrat social» et en avoir rapidement situé les sources philosophiques, je voudrais en revenir à mon idée première, à savoir que le contrat social est un composant actuel pertinent pour définir la vie en société dans une société comme la nôtre, comme la société francaise, justement traversée par des événements comme les émeutes urbaines, comme la radicalisation islamique et terroriste d'une partie de la jeunesse d'origine immigrée, d'Afrique du Nord ou d'Afrique noire, ou parles evenements du jour de l'an où des émeutiers ont tabassé/lynché deux fonctionnaires de police sur lesquels ils étaient tombés. Car, ces comportements émeutiers, terroristes, islamiques ou agressifs ne sont qu'une et même seule chose ; le fait que ces jeunes ou moins jeunes, ces supposés ou non exclus de notre société ne se reconnaissent pas dans la société française, dans ses valeurs, dans ses principes, dans ses engagements, dans ses droits et dans ses devoirs. 

 

Ces jeunes ou moins jeunes, principalement issus des cités urbaines, principalement issus des minorités d'origine immigrés d'Afrique, de la première, de la deuxième ou troisième génération, s'estiment souvent exclus de la société, non intégrés ou non attendus dans le monde du travail, et trouvent hors des règles de la société française la reconnaissance qu'ils pourraient en attendre. D'où la radicalisation islamique de nombre d'entre eux, mais pas uniquement d'eux (puisque les radicalisés islamiques en Syrie viennent de toute origine et de tout milieu), d'où les émeutes urbaines, pendant lesquelles le fait de brûler des voitures ou d'affronter les forces de l'ordre ou les forces de secours (pompiers) devient un rite de passage marquant l'entrée dans l'âge adulte, d'où la haine des forces de l'ordre ! 

 

Derrière ces images, il s'agit simplement d'un rejet par cette jeunesse (ou ces moins jeunes) du contrat social sur lequel repose notre société. Et j'en arrive donc à cette conclusion, contrairement à ce que pouvait penser Jean-Jacques Rousseau autrefois ou John Rawls plus récemment, que le contrat social n'est pas un instant mythique, appartenant à l'histoire ancienne, une construction mythologique théorique, mais que l'adhésion au contrat social est une décision permanente, régulière pour chaque individu. Chaque individu, au cours de sa vie, au cours de la construction de son être, de sa vie et de son devenir d'adulte, se trouve confronté à ce choix d'adhérer ou non au contrat social tel qu'il l'appréhende, tel que la société française l'a construit, avec le respect de ses institutions, de ses règles, et de la place et du statut social que la société peut lui proposer.

 

Le contrat social n'est ainsi pas qu'une construction de philosophe, qu'un souvenir mythologique. Le contrat social est une décision individuelle de chacun d'entre nous, une construction mentale, et par malheur, pour notre choix, nous ne sommes pas confrontés à ce fameux voile d'ignorance. Nous savons quel rôle et quelle place nous sera réservé dans cette société, et évidemment, il doit être plus difficile d'accepter ce contrat social lorsque l'on se sait déjà exclu, originaire d'une cité urbaine en voie de déclassement, sans perspective d'avenir, brillant ou non, que lorsque l'on se sait membre de la jeunesse dorée, héritier d'une grande fortune, privilégié En un mot !

 

Et pourtant, c'est cela le contrat social. À chaque génération, pour chacun d'entre nous, nous trouvons tous autant que nous sommes confrontés à cette décision. Accepter ou non notre place dans la société. Accepter ou non de signer le contrat social qui régit la société dans laquelle nous nous insérons ! C'est un choix d'une certaine façon de tous les instants ; accepter les règles qui sous-tendent notre vie et nos relations aux autres. Accepter les règles qui nous avantagent, qui nous protègent comme celles qui nous contraignent, qui nous désavantagent. C'est un choix souvent que nous comprenons tardivement, après que nous ayons réellement fait ce choix. Par exemple, c'est un choix qu'on fait les jeunes qui ont choisi la voie de la radicalisation islamique, du terrorisme islamique. Peut-être pas simplement ceux qui ont choisi de partir faire le djihâd en Syrie. Pas forcément non plus ceux qui se sont acharnés sur les deux policiers le jour de l'an. Parce qu'ils se sont peut-être laissés emportés par la foule, par l'effet de foule, cette force qui vous fait croire que vous êtes plus forts, aptes à attaquer ceux qui représentent l'Etat, que, en cet instant, vous croyez plus fort, que vous croyez être l'ennemi.

 

Je pense donc que le contrat social est nécessairement accepté et ressigné par chacun d'entre nous, à un moment ou un autre de notre vie, par chaque génération. Ce contrat social intègre tous les droits et devoirs que la société octroie et impose à chacun d'entre nous, ainsi que l'ensemble des institutions qui représentent la société, qui donnent corps à la société. Se pose alors le probleme du comportement à adopter envers tous ceux qui n'acceptent pas ce contrat social, ou qui dévient à un moment donné, choisissant de tuer et d'être des criminels ou des voleurs ? Mais il y a surtout tous ceux qui choisissant la voie de l'exclusion, ne comprennent pas l'existence de ce contrat social putatif. Parce que c'est sûrement là qu'il y a un souci, c'est qu'à aucun moment, personne ne vient vous indiquer que ce contrat social existe et que l'on vous demande de le signer. Et que votre choix conditionnera votre vie future. Parce qu'on ne le comprend que très tard, trop tard sûrement pour beaucoup d'entre nous !

 

 

Saucratès


09/01/2018
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