Critiques de notre temps

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Ce qui ne va pas sous l'ère Macron - Quater

Réflexion quatre (samedi 21 avril 2018)

Derrière l'uniformisation de la pensée, une dictature de la bien-pensance ... l'immonde Bête est toute proche ...

 

Un parfait exemple en a été donné lors de l'attentat contre le supermarché de Trèbes. Les interventions critiques du président du Parti des Républicains à l'égard du Gouvernement et de son action contre le Terrorisme ont été immédiatement descendues par les médias comme excessivement critiques et inappropriées, la raison principale en étant l'unanimité de l'hommage et des réactions des députés de l'Assemblée nationale. Mais ce que les médias taisaient dans cette analyse, c'est que l´Assemblée Nationale est majoritairement composée de députés à la solde, favorables, à Macron, qu'ils soient de droite, appartenant aux «constructifs», qu'ils soient de gauche (prêts à se vendre à la première occasion à celui qui a été ministre de l'économie d'un socialiste et qui appliqué plus ou moins la même politique !), ou qu'ils appartiennent à l'immense majorité de la République en Marche ou du Modem ! L'unanimité de l'Assemblée Nationale n'est ainsi que le symptôme d'un malaise, que l'ensemble de la représentativité soit aux mains d'un seul homme, d'un seul groupe économique, d'un seul système de groupe d'intérêt !

 

Nous sommes rentrés dans un système médiatique où l'obéissance et la loyauté sont considérées comme la seule réponse autorisée, où toute information critique a réussi à être éliminée, cachée, masquée. L'admiration à l'égard des décisions gouvernementales est la seule réponse autorisée ainsi que la remise en cause des critiques des adversaires. Ainsi, il fallait rendre compte en termes dithyrambiques de l'hommage rendu au gendarme tué lors de cet attentat. Il fallait se féliciter de la réponse gouvernementale apportée aux actions terroristes. Derrière l'unanimité de l'hommage national, il y a un grave manque de démocratie, de possibilité de réponse démocratique. 

 

De la même manière, il est incompréhensible que tous les dérapages verbaux d´Emmanuel Macron ne soient jamais repris par le journal Le Monde et une grande partie des médias. Lorsque Emmanuel Macron s'était laissé aller à faire une blague sur les comoriens et les kwasa-kwasa, il était impossible de trouver toute trace de cette blague de mauvais goût sur le site internet du Monde. Bizarrement, l'information y avait totalement disparu alors qu'une dépêche avait pourtant été publiée juste avant ! C'est comme si un filtre ou un contrôle était là pour éliminer toute information défavorable à Emmanuel Macron ! Impossible d'y avoir accès ! 

 

Tout esprit critique a ainsi été éliminé de la presse et des médias. Par exemple, la volonté du gouvernement de privatiser les voitures radars sur nos routes est évidemment extrêmement grave pour nos libertés. Non pas parce qu'une surveillance accrue serait dangereuse pour notre sécurité et pour nos libertés, mais parce que les dérives observées dans la gestion des amendes à Paris par une société privée sont là pour nous rappeler les dangers extrêmes de la privatisation des forces de police et de coercition à des intérêts privés ! Pour une dérive prouvée et comdamnée par la justice, combien y aura-t-il d'arrangements et de mic-macs qui seront ignorés du public, de milliers de fausses contraventions données à des automobilistes non fautifs ? Et pourtant, même si les poursuites judiciaires contre cette société en charge des contraventions parisiennes sont connues de tous, les médias ne rejettent en aucune façon en cause la décision gouvernementale plus large de privatiser les voitures radars automobiles aujourd'hui gérées par la gendarmerie et la police. Aucun média ne fait état de ce risque immense. La privatisation des forces de coercition de l'Etat aux mains d'une caste de capitalistes. Mais non, les médias ne sont là que pour faire assaut de complaisance vis à vis du pouvoir, vis-à-vis du gouvernement. Et pour masquer la réalité au peuple, aux moutons que nous sommes, aveuglés par un jeune homme brillant qui va révolutionner la France et les français. Nous sommes des moutons conduits à l'abattoir qui bêlons stupidement notre amour à notre tortionnaire. 

 

Heureusement ou tristement, une caste d'apparatchiks qui ont juré allégeance et soumission à Macron et à son gouvernement occupent la société, contrôlent les médias et l'espace médiatique. Pour certains, ils jouent leurs cartes individuelles, d'autres lorgnent sur un poste ou des responsabilité, d'autres espèrent une reconnaissance, d'autres enfin ne cherchent qu'à dominer les décombres fumants qui resteront de notre société, attendant la chute de leurs concurrents. Evidemment, le monde politique a toujours été rempli de ces pantins et de ces zelateurs prets à toutes les compromissions ! C'est simplement que ce sont des revirements très courts, en quelques mois, particulièrement visibles, et d'une ampleur invraisemblable ! Parmi tous ces certains et ces autres, on trouve évidemment les responsables des médias que j'ai abondamment cité, mais également ces syndicalistes comme la CFDT qui répugnent à engager le combat, la mobilisation contre la politique libérale de ce gouvernement. La CFDT préfère peser sur les négociations avec le gouvernement, plutôt que d'appeler ses adhérents à descendre dans la rue. Mais peut-on négocier avec le diable, avec l'innommable ? Peut-on traiter avec celui et ceux qui seront peut-être demain les fossoyeurs de notre démocratie, de la République ? A-t-on pardonner à ceux qui avaient préféré entre 1938 et 1945 traiter avec les nazis plutôt que de les affronter, plutôt que les combattre, même par des actes terroristes ? Et si Macron n'était rien d'autre que la fin de la démocratie française ? De cette démocratie certes imparfaite, certes instrumentale, mais malgré tout vivante. Le peuple sera-t-il capable de se réveiller comme en 1789, malgré l'énergie dépensée par les grands médias pour l'endormir, le charmer, le tromper, lui cacher la réalité et les contestations de ceux qui combattent déjà ce gouvernement et sa politique ultra-libérale ?

 

Saucratès


21/04/2018
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Ce qui ne va pas sous l'ère Macron - Ter

Réflexion trois (jeudi 19 avril 2018)

Ce qui ne va pas dans le Monde de la politique politicienne

 

Je me suis essentiellement focalisé sur ce qui relevait des médias (papier, internet ou télévisés) dans mes deux articles des jours précédents. Et l'apparition et la prise de pouvoir d'Emmanuel Macron semble s'être accompagnée d'une disparition d'une presse libre et indépendante. C'est comme si la majeure partie des médias étaient contrôlés, surveillés par le gouvernement ou par l'Elysee, ou par un hypothétique cabinet noir qui contrôlerait les médias et les poursuites judiciaires. À la lecture de la presse ou à l'écoute des médias, difficile de se croire en démocratie, en république !

 

Au fond c'est assez simple. Une partie de la presse, de droite (Le Figaro, TF1), ne peut pas l'attaquer, parce que Macron applique le programme social et économique qu'elle a toujours rêvé de voir mettre en œuvre (réduction des droits sociaux des salariés et bientot des fonctionnaires), tout cela sous une apparence, sous des titres menteurs de «renforcement du dialogue social». L'autre partie de la presse, traditionnellement de gauche, porteuse du sens social, des exclus (Le Monde notamment) se trouve inféodée aux intérêts de ses actionnaires, qui appuient ou qui ont créé Macron ! Par ailleurs, le monde politique lui-même donne la même impression d'absence de toute contestation, contestation d'ailleurs qui ne trouve aucun écho dans la presse, réduite à la portion congrue. Entre une Assemblée nationale où les nouveaux élus de la République en marche et du Modem, de la droite des constructifs, représentent une telle majorité qu'ils écrasent toute contestation, comme au temps des godillots du General de Gaulle ! Entre une droite qui se veut décomplexée, qui est bien gênée de voir ses idées être mises en œuvre au delà même de leurs rêves ! Entre un Parti socialiste exsangue, dont les rares élus sont pratiquement tous des partisans de Macron et ne rêvent que de revenir au pouvoir, pour appliquer la même politique que lui, avec juste un vernis un peu différent, pour satisfaire les masses d'électeurs qui sont leurs électeurs ! Le petit nombre de députés de la France Insoumise sont tous ceux qui restent pour contester ce gouvernement !

 

D'où cette impression nauséeuse d'une forme d'unanimité sur la politique du gouvernement et de l'Elysée !

 

A la fin des années 1970, Guy Debord, et avec lui le courant philosophique des Situationnistes, avait développé l'idée d'une société du spectacle, qui était à l'œuvre selon lui dans le monde politique francais. Cette société du spectacle a perduré selon moi jusqu'à très récemment, et l'affaire du groupe de Tarnac, qui vient de connaître son épilogue judiciaire avec l'acquittement des coupables désignés par les services anti-terroristes européens, par le gouvernement de Nicolas Sarkozy et surtout son ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie (MAM pour les intimes ou les journalistes). Il faut reconnaître à Julien Coupat un certain talent pour retourner les médias, l'organisation du spectacle, contre le gouvernement et les services de lutte contre le terrorisme.

 

Mais Emmanuel Macron et ceux qui le contrôlent ou qui l'appuient ont mis en œuvre un nouveau système politique et médiatique, qui n'est plus explicable par le système du spectacle théorisé, présenté par les Situationnistes et Guy Debord. À moins que ce ne soit simplement que la société du spectacle de Debord poussée à son paroxysme, l'essence même de la société du spectacle à son maximum ! Une forme de dictature totalitaire/totalitariste des médias qui contrôlent tout ce que nous voyons, lisons, pensons, afin que rien ne nous arrache à cette horrible évidence : «There is no alternative» («TINA» en abrégé), expression rendue célèbre dans les années 80 par Margaret Thatcher.

 

Nous sommes rentrés dans une ère nouvelle, une ère de l'information contrôlée, une ère où toute contestation politique peut être niée, ignorée, oubliée dès lors que tous les moyens de communication sont unilatéralement utilisés pour la propagande du gouvernement, des puissants, du lobby patronal. Evidemment, le système TINA n'est pas si récent ; elle a été mise en œuvre au Royaume Uni dès le début des années 1980. Ce que l'on observe en France est-il différent, ou bien est-ce uniquement qu'un succédané de l'expérience Thatcher des années 1980, appliquée avec près de 40 ans d'écart en France ?

 

Saucratès


19/04/2018
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Ce qui ne va pas sous l'ère Macron - Bis

Réflexion deux (mercredi 18 avril 2018)

Ce qui ne va pas non plus dans le fonctionnement des médias

 

J'ai traité dans mon article précédent (https://saucrates.blog4ever.com/ce-qui-ne-va-pas-sous-l-ere-macron) des questions liées à l'élection présidentielle, à la publicité et surtout à l'absence de toute contre-publicité de la part des grands médias quant au candidat Macron, et aux tentatives de mise à mort médiatique dont furent victimes ses principaux adversaires ou certains de ses parrains. Mon impression, c'est qu'Emmanuel Macron semble avoir été le candidat rêvé, parfait, espéré par des journaux comme le Monde ou des sites comme Mediapart, comme s'il avait été fabriqué par leurs soins !

 

Macron a quand même fait l'objet d'une couverture médiatique inédite par les principaux médias, pour un petit candidat inconnu tout juste sorti de l'anonymat, simplement auréolé de quelques semestres passés en tant que ministre de l'économie, pour un candidat sans Parti politique ayant pignon sur rue ! J'ai vraiment de la peine à croire que tout ceci était tout à fait normal, que l'opinion publique française n'ait pas été victime d'une inédite manipulation médiatique massive. Evidemment, au final, Emmanuel Macron a été élu à la présidence de la république, puis les électeurs francais lui ont donné une majorité massive à l'Assemblée nationale ! Les médias ont gagné leur pari ! À noter qu´il (ils) voulait même avoir la même majorité au Sénat, et il n'a pas compris que les grands électeurs n'aient pas été éblouis, hypnotisés, comme le reste de l'électorat ! De dépit, il a dû faire tomber quelques têtes !

 

Mais l'impact de manipulation des grands médias francais ne s'arrête pas seulement à cela ! Le Monde comme Mediapart ne se contentent pas non plus seulement d'attaquer les principaux adversaires de Macron, pour les décrédibiliser ... ils contrôlent également les informations dont nous disposons sur la contestation quant à la politique menée par Emmanuel Macron. Donner la parole uniquement à ceux qui adhèrent aux réformes décidées par son gouvernement. Pour cette raison, c'est surtout la CFDT qui était audible dans leurs colonnes lors de la réforme par ordonnances du Code du Travail. Beaucoup moins la CGT qui y était opposée ! De la même manière, les mouvements d'occupation des universités françaises ne sont absolument pas suivis par le journal Le Monde, de même que la grève des cheminots de la SNCF ... ou d'Air France. Silence Radio ! 

 

Deux mois que certaines universités sont occupées et bloquées par des étudiants ... Et Le Monde n'y envoie pas de journalistes, et les nouvelles sont noyées/ignorées/reléguées. Un jugement d'un tribunal administratif condamnant une telle occupation par des étudiants recevra  par contre évidemment un traitement beaucoup plus interessé ! 

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/04/18/une-quinzaine-d-universites-perturbees-la-justice-demande-l-evacuation-de-montpellier-iii_5287355_4401467.html

 

J'en étais sûr sans même avoir cherché sur le site du Monde. Et c'est bien le cas. Dans un article rempli de contradictions, puisque Le Monde réussit à ecrire dans un même article dans les premières lignes que les actions de mobilisation (on ne parle même pas de blocage ou d'occupation, juste de mobilisation!) dans les universités ont commencé il y a un mois, alors qu'un peu plus bas, on peut lire que l'université de Montpellier est occupée et bloquée depuis deux mois, soit mi-février !  Cet article est une honte. 

 

On y observe aussi que le syndicat étudiant bien de droite (voire d'extrême droite) UNI combat comme à son accoutumée les occupations d'université, et se trouve donc au côté du gouvernement Macron/Philippe. Ce qui ramene donc à sa juste place et sa juste image ce gouvernement de droite/ultra-libéral qui nous gouverne depuis bientôt un an. Un gouvernement de droite sans aucune attache sociale, même si certains socialistes s'y sont acoquinés/vendus pour une parcelle de pouvoir ou un mandat électoral !

 

Au final, on sait à qui appartient le Journal Le Monde. Son indépendance et sa ligne éditoriale n'existe plus. Les grands journalistes qui suivirent les grandes grèves des années 2000, dont l'une des dernières était Ariane Chemin, doivent pouvoir observer cette évolution. Le Monde s'est vendu au capitalisme et il est soit le démiurge qui a créé et fait exister Emmanuel Macron, soit l'outil minable de la décervelation de l'opinion publique française !

 

Lorsque l'on ne peut plus compter sur les médias pour nous informer sur la réalité de la situation française et des luttes sociales, syndicales et politiques conduites contre un gouvernement illégitime (au sens où il n´est là que du fait d'une manipulation, d'un éblouissement, d'une hypnose de l'électorat francais), que nous reste-t-il ? Se rabattre sur les nouveaux médias utilisés par la jeunesse, Facebook, Twitter, les messageries instantanées et les vidéos YouTube ! Comme nos enfants ! En sachant comme eux que les médias sont inféodés aux grands intérêts financiers capitalistes, et que les informations qu'ils nous transmettent sont biaisées, instrumentalisé, fausses. Tout ceci tuera les journaux papiers et internet. Ils ne se relèveront pas de la découverte de leur responsabilité dans l'élection d´Emmanuel Macron et de la mise en œuvre de sa politique ultra-liberale !

 

Saucratès


18/04/2018
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Ce qui ne va pas sous l'ère Macron

Réflexion une (mardi 17 avril 2018)

Ce qui ne va pas dans l'usage du pouvoir et des médias

 

Si on regarde la présidence Macron, la première chose qui n'a pas été normale a évidemment été la manière dont il a été élu. Inconnu au début du quinquennat de François Hollande, il est élu un an après s'être porté candidat en abandonnant le poste de ministre de l'économie. François Mitterand, grand stratège et fin homme politique, s'était présenté trois fois à la présidentielle avant d'être élu, même si évidemment, il avait eu à combattre le Général de Gaulle à sa première tentative. Valéry Giscard d'Estaing également avait connu l'échec à la présidentielle avant de se faire élire, de même que Jacques Chirac, à plusieurs reprises. Seuls, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient également été élus à leur première tentative. Mais cela faisait des années que ces deux-là occupaient le terain politique. Rien de comparable avec Emmanuel Macron !

 

La deuxième chose qui interpelle, c'est l'avanlache des attaques ayant frappé ses adversaires. Faut-il rappeler les attaques médiatiques et judiciaires ininterrompues contre François Fillon, qui se sont si mystérieusement arrêtées dès lors qu'il a été battu lors du premier tour de la présidentielle ! Incroyable comme les informations, les mises en examen, sont brutalement devenues inaudibles dès lors que François Fillon a cessé d'être un danger pour Emmanuel Macron ! Que s'est-il passé depuis ? François Fillon est-il toujours mis en examen ? A-t-il été entendu par la justice, par la police. C'est comme si cette histoire n'intéressait plus les journalistes et les journaux, alors que ceux-ci ne parlaient que de cela pendant toute la campagne présidentielle et l'élection présidentielle. Cela ne vous choque-t-il pas ?

 

Quant à François Bayrou et le Modem, son idée du Centre-droit avait enfin réussi à prendre le pouvoir et le palais présidentiel ; il en rêvait depuis des décennies ! Il était celui qui avait permis la victoire du jeune président de la République. À défaut du mandat présidentiel, il était devenu le Garde des sceaux. Patatras ! Pour lui également,  la presse et la justice faisaient sortir une affaire politico-financière et instruisaient des mises en examen. Et de manière assez proche, le faiseur de rois etait obligé de se retirer du gouvernement, avec sa collègue et vice présidente du Modem. Et comme pour François Fillon, la presse et la justice devenaient subitement inaudibles et silencieuses dès lors qu'il ne représentait plus une menace pour Emmanuel Macron ! Avant cela, il y avait egalement eu le retrait surprenant de Francois Hollande, obligé pour l'on ne sait quelle raison de ne pas se présenter pour un deuxième mandat !

 

Qu'est-ce qui peut expliquer cela ? Qu'est-ce qui se passe dans les arcanes politiques et médiatiques françaises ? Le précédent événement qui me rappelle tout cela, c'est l'affaire Dominique Strauss-Kahn au Sofitel de New-York. Le futur favori de l'élection présidentielle française se trouve mis en cause dans une affaire sexuelle avec une femme de chambre, et se trouve arrêté et jeté en prison, puis traîné dans la boue médiatique. Et là encore, il n'est toujours pas possible de savoir ce qui s'est réellement passé dans cette chambre de l'hôtel Sofitel. Y a-t-il eu agression sexuelle, et si oui, pour quelle raison Dominique Strauss-Kahn s'était-il autorisé cela ? Quelle information lui avait-on donné ? Pourquoi cet acharnement de la justice américaine ? Qui sont derrière toute cette affaire du Sofitel ? Evidemment, à cette époque, on pense immédiatement à un piège de l'UMP au bénéfice de Nicolas Sarkozy, qui aurait été bien gêné par une candidature Strauss-Kahn. Mais en est-on si sûr ? Y avait-il un cabinet noir autour de François Hollande qui orchestrait ces opérations ? Après tout, c'est lui qui a été le principal bénéficiaire de l'éviction de Dominique Strauss-Kahn ! Ce cabinet noir a-t-il par la suite changé de poulain en lui préférant Emmanuel Macron ? Bizarrement, les rumeurs sur Dominique Strauss-Kahn sont revenues régulièrement dès lors qu'il réapparaissait médiatiquement. Il a fallu le mettre en examen dans l'affaire du Carlton de Lille et pour ses liens avec Dodo La Saumure. Et là aussi, bizarrement, la presse est relativement peu prolixe sur les suites de ces affaires juridico-médiatiques. 

 

Que faut-il déduire de toutes ces mystérieuses coïncidences ?

# Que François Fillon, François Bayrou, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn ont enfin compris que s'ils veulent la paix et ne pas être envoyés croupir ad vitam eternum en prison, ils doivent se cacher et ne plus faire d'ombre au patron ?

# Qu'il s'agit d'un simple travers médiatique, et qu'il est normal que les affaires judiciaires de personnalités médiatiques soient seulement mises en exergue par la presse. Et que dès qu'ils sortent de l'actualité, leur traitement médiatique disparaisse ! Cela me paraît improbable.

# Que les médias et la presse sont contrôlés par un groupe si puissant que ces derniers peuvent faire élire la personne qu'ils souhaitent à la présidence de la république, et qu'ils peuvent dezinguer tous ceux qui leur déplaisent ?

 

Je rajouterais deux événements plus récents. Un, la mise en cause pour une plainte pour agression sexuelle contre le ministre de l'écologie, suivie d'un emballement mediatique dans la lignée de l'affaire Weinstein et des sites «balance ton porc» qui s'est brutalement arrêtée lorsque le president de la république a renouvelé sa confiance à son ministre ! Comme si ce dernier avait sifflé la fin de partie : «celui-là, vous n'y touchait pas. J'en ai besoin !». Et boom, plus un mot dans la presse ! 

 

Deuxièmement, il y a bien évidemment le traitement judiciaire et médiatique actuel à l'encontre de Nicolas Sarkozy, mis en cause pour le financement de sa campagne électorale par la Lybie. Même si je ne l'appréciait pas outre-mesure (voire pas du tout), je ne pense pas que même sous son quinquennat, la liberté et la démocratie n'étaient pas autant en danger qu'elles ne le sont aujourd'hui ! C'est comme si le traitement réservé à Nicolas Sarkozy était un message destiné à tout ceux qui pouvaient faire de l'ombre à Emmanuel Macron. «Regarde ce qui risque de t'arriver si tu ne te couches pas !»

 

Nous ne saurons jamais ce qui se passe réellement dans notre pays, ce qui s'est réellement passé dans ces différents cas ... On ne saura peut-être même jamais les suites judiciaires de ces affaires mediatico-politiques ! Ces affaires resteront peut-être comme des épées de Damoclès au dessus de leur tête, au cas où ils se risqueraient à parler ou à avoir à nouveau des prétentions politiques ! Il nous reste donc à savoir si nous vivons reellement dans une démocratie ou non !

 

Mais aussi si nous ne sommes pas non plus pour partie responsables de ces emballements médiatiques auxquels nous assistons. Après tout, s'il n'y avait pas une opinion publique aussi friande de ces ragots politico-médiatiques, aussi prompte à juger et à condamner les gens en général, peut-être alors, ces emballements médiatico-politiques se seraient étouffés tout seuls, noyés dans leur propre fange !

 

Saucratès 


17/04/2018
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Les prémices d'un grand mouvement estudiantin et social

Réflexion une (jeudi 1er février 2018)

Sélection à l’université - Réforme du baccalauréat - Le gouvernement Macron-Philippe joue avec le feu et à l’apprenti sorcier

 

Le président de la République française pensait avoir trouvé la solution pour faire exploser les conservatismes sociaux des français. Il l’avait expérimenté avec la réforme du droit du travail menée tambour battant et au pas de charge entre l’été et l’automne 2017. Mener au pas de course une réforme qui l’on indique effectuée dans la plus grande concertation. La réforme des institutions représentatives du personnel est ainsi passée comme une lettre à la poste, grâce à la complicité bienveillante de certaines organisations syndicales qui y trouvaient un intérêt correspondant à leur marotte (la CFDT pour ne pas la citer et la représentation du personnel des toutes petites entreprises).

 

La solution est de mener réforme après réforme pour noyer les éventuelles oppositions et contestations. Etant obligé de combattre plusieurs réformes successives, conduites au pas de charge, les contestations sont sensées s’étouffer ; essoufflement aidé par le fatalisme des grands médias écrits qui encensent les réalisations de ce président de la République qu’ils avaient appelé de leurs vœux (et je pense ici à mon quotidien préféré, Le Monde, qui ne fait preuve d’aucune impartialité dans le traitement médiatique accordé au macronisme !). 

 

Les syndicats contestataires, les partis de gauche gauchistes, furent ainsi dans l’impossibilité de rallier l’opinion publique à leur contestation et à leur mobilisation. Ces partis et syndicats avaient en effet à peine commencé à mobiliser au sortir de l’été 2017 que les ordonnances étaient votées et publiées et que le gouvernement passait à un autre sujet de réforme : la réforme de l’indemnisation du chômage, la réforme de la formation professionnelle ...

 

Du côté pro-gouvernement, la CFDT, malgré une contestation de façade, a joué le jeu de la négociation avec ce gouvernement, soit-disant pour influer sur le texte ! Mais il ne faut pas oublier qu’ils étaient déjà prêts, lors d’une précédente négociation, à signer un texte approchant avec le patronat, supposé instituer les conseils d'entreprises. Seule l’impossibilité d’obtenir l’adhésion de trois syndicats représentatifs avait fait reculer le patronat, la CFDT et le gouvernement socialiste, sur un texte tout à fait comparable, voire encore plus réactionnaire ! Les apparentes contestations de façade de la CFDT ne sont ainsi vraisemblablement que de la poudre aux yeux. Et que penser de leurs réactions face à des élus CFDT leur demandant une mobilisation contre les textes des ordonnances, et de leur réponse : « regarder ce qu’est devenu la CGT, voulez-vous devenir comme elle ? ».

 

Donc évidemment, en matière de droit du travail, en matière de droit social, face à un front syndical désuni, la contestation syndicale ne pouvait pas prendre, évidemment ou plutôt malheureusement parlant. Et Macron a facilement gagné.

 

Mais cette belle machine bien huilée, cette belle idéologie de la réforme permanente, du déséquilibre institué en système peut-il résister à la grogne des étudiants, aux projets de réforme du lycée et de l’université souhaitée par le gouvernement Macron/Philippe ? La réactivation de la sélection à l'entrée de l'université, contenue dans le projet de réforme du logiciel APB, est une véritable poudrière qui risque d'exploser dans les prochains mois. Pour avoir connu les évènements d'octobre 1986, nés d'une contestation de la réforme du secrétaire d'état Alain Devaquet, je sais que cette simple idée d'une sélection à l'entrée à l'université risque de servir de catalyseur à une révolte massive, comme à tant d'autres moments lors d'autres mouvements estudiantin. Ce seul combustible, la réforme du logiciel APB et l'idée de mettre en place une sélection à l'entrée de l'université, peut faire naître un mouvement estudiantin, qui risque d'enfler jusqu'au mois de mai 2018. 

 

Le gouvernement pensait peut-être refaire le même coup qu'à l'automne 2017 en ouvrant un nouveau front avec le nouveau projet de réforme du baccalauréat. Macron et Philippe pensaient sûrement pouvoir nous refaire la même entourloupe. Que les jeunes ne sachent plus qui combattre, que contester. Mais si Macron ou Philippe, et ses conseillers savent parfaitement comprendre les organisations syndicales, et les diviser grâce à une proximité idéologique avec certains d'eux (Force Ouvrière et la CFDT), ils ne connaissent absolument rien aux jeunes. L'une des explications vient du fait que Macron ou Philippe n'ont jamais eu aucun rapport avec les organisations estudiantines et avec les mouvements estudiantins ou lycéens.

 

C'était l'une des principales craintes du gouvernement au sortir de l'été 2017 ; la conjonction, la cristallisation des contestations. Crainte qui ne s'est évidemment pas réalisée, face à un mouvement syndical divisée et face à une opinion publique partagée, tolérante. Mais dans le cas présent, en cette fin d'hiver 2018, et pour le printemps 2018, le risque, la probabilité d'une telle évolution, la conjonction d'une fronde massive des etudiants et des lycéens, conjuguées à la contestation des parents d'élèves et des enseignants, sans oublier le désir de revanche d'une organisation syndicale comme la CGT ou l'envie d'en découdre des militants CFDT ou FO, pourrait faire naître un mouvement social majeur, qui pourrait ressembler pour la premiere fois à ce que fut mai 1968. 

 

Et aussi intelligent, brillant et grand stratège qu'est notre ami Macron, il n'a ni l'aura du général De Gaulle ni l'appui d'un militaire comme le général Massu à Baden Baden. Ce serait une révolution, un retournement qui me plairait, qui me satisferait. Que ce président si extraordinaire, si jeuniste, si pimpant, déclenche un mouvement social si majeur qu'il ne l'emporte finalement ! Pour la première fois dans l'histoire de la Cinquième République. Ce serait une juste revanche de l'histoire, mais aussi une incroyable vengeance. Alors que des présidents impopulaires comme Sarkozy ou Hollande n'auraient pas connu le moindre embrasement social, il serait amusant que ce soit un président comme Macron qui soit emporté par une telle révolte.

 

Les premiers prémices de cet embrasement ont eu lieu aujourd'hui, avec des mouvements dans de multiples universités, à Paris et en province.

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/02/01/2-400-manifestants-a-paris-contre-les-reformes-de-l-universite-et-du-bac_5250547_4401467.html

 

Octobre 1986 avait commencé à peu près de la même manière, mais beaucoup plus tardivement, sur un petit projet  de loi abscon que pratiquement aucun étudiant contestataire n'avait lu. Avec un seul principal mot d'ordre : «non à la sélection !». Et les mêmes personnes bien pensantes avaient déjà beau jeu d'expliquer que la sélection existait déjà dans de nombreuses filières ! Comme aujourd'hui ... Selon ces personnes bien-pensantes, plus de la moitié des jeunes diplômés s'orientent déjà dans des filières sélectives. Mais rien ne peut y faire : le marqueur idéologique, c'est l'absence de sélection à l'entrée à l'université ! Et je me rappelle encore de ce que l'on chantait en 1986 : «Devaquet, si tu savais, ta réforme, où on se la met ! Au cul, au cul, aucune négociation ! » Cela doit bien rimer également avec Macron ou avec le nom du ministre de l'éducation nationale du gouvernement Macron/Philippe.

 

 

Saucratès


01/02/2018
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