Critiques de notre temps

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L’affaire de la plainte Rokhaya Diallo - ou l’Afrique est-elle un endroit merveilleux où il fait si bon vivre

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 14 février 2021


Il ne fait pas bon s’exprimer dans un débat public lorsque l’on ne veut pas se cantonner à exprimer des platitudes et des phrases toutes faites. En octobre 2020, une auditrice de Sud Radio exprime une position, une idée, avec laquelle, malgré l’existence d’une liberté d’expression et une liberté de presse en France, il m‘est impossible et interdit d’être en accord. Il existe des sujets, touchant le féminisme, la trans-sexualité, l’islam, la judéité ou la couleur de peau, où toute forme d’humour ou de débat est impossible. On peut dire à un blanc de retourner dans sa campagne, mais pas l’inverse. On peut se moquer d’un homme blanc, mais pas d’un ou d’une trans-sexuel, ou d’une femme (cf. l’affaire Xavier Gorce) ...

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/celine-pina-rokhaya-diallo-pratique-ce-qu-elle-condamne-c-est-a-dire-l-essentialisation-20201222

 

Très chère liberté d’opinion. Voilà donc une scène se déroulant il y a quelques mois, lorsqu’une auditrice de Sud Radio ose s’en prendre à Rokhaya Diallo.

 

«Dimanche 20 décembre, la réalisatrice et militante antiraciste Rokhaya Diallo a relayé sur Twitter pour s'en indigner un extrait de l'émission "Les Vraies Voix", diffusé deux mois plus tôt sur Sud Radio mais qui lui avait jusqu'alors "échappé". Une auditrice y prend la parole, en réponse à un débat sur les indigénistes et les attentats. 

 
Madame Diallo se plaint de la France, elle se plaint des blancs, mais si aujourd'hui elle est journaliste (...) elle le doit à l'ouverture d'esprit de notre éducation et de notre pays", démarre-t-elle. "Parce que Mme Diallo, elle n'aurait pas bénéficié de tout ce que donne la France, je crois qu'il y a de fortes chances qu'elle serait en Afrique, avec 30 kilos de plus, 15 gosses en train de piler le mil par terre et d'attendre que son mari lui donne son tour entre les 4 autres épouses", ajoute l'auditrice. 
 

"Attention (la députée LFI) Danièle Obono va vous tomber dessus", ironise alors le magistrat Philippe Bilger, présent en studio aux côtés de l'essayiste Céline Pina, du psychologue Jean Doridot et du présentateur Philippe Rossi, qui répond pour sa part : "il suffit de dire comme vous l'avez dit que Rokhaya Diallo a eu de la chance d'être en France et d'avoir une vraie liberté d'expression".»

https://www.ladepeche.fr/2020/12/22/sans-la-france-elle-serait-en-afrique-avec-30-kilos-de-plus-et-15-gosses-insultee-sur-sud-radio-rokhaya-diallo-porte-plainte-9272201.php

 

Et la réaction sur Twitter de Mme Diallo ...

 

«Ces propos traduisent un mélange de mépris de «l’Afrique» (comme s’il s’agit d’un pays!) et de négation de la légitimité politique des non Blanc.he.s en France (+grossophobie).»

 

Un mois et demi plus tard, je ne trouve pas de suite à cette histoire. Mais cela ne fait qu’un mois et demi. Je crains que cette pauvre auditrice de Sud Radio ne soit retrouvée ou dénoncée et que l’on apprenne un jour qu’elle aura été lourdement condamnée, comme une pauvre gilet jaune qu’elle est vraisemblablement.

Je n’ai pour ma part aucune sympathie pour le mouvement qui se fait appeler les indigénistes de la République, et dont la proximité idéologique avec les mouvements islamiques me pose problème. J’estime pour ma part également qué ces indigénistes ont bien de la chance de vivre en France au sein de laquelle on tolère tant de critiques, à la différence de pays beaucoup moins tolérants comme la Chine ou la Russie (pour ne pas parler de pays africains).

 

Mais comme je ne peux résister à l’envie de vérifier les assertions de cette auditrice de Sud Radio, ou plutôt de corroborer ses affirmations, j’ai simplement noté quelques informations transmises par le journal Le Monde sur la situation sécuritaire de quelques pays africains. 

Ainsi on peut parler du Mali, où, on le sait, la France entretient une force d’intervention intitulée Barkhane pour sécuriser cette région et y combattre, au prix du sang, les forces djihadistes. Le Mali où les envoyés spéciaux du Monde nous informent régulièrement des désordres ethniques qui y règnent, entre ethnies ennemies, milices armées ou groupes djihadistes. Et villages rasées et populations assassinées.

 

https://www.lemonde.fr/afrique/visuel/2021/01/24/dans-le-centre-du-mali-des-villages-rases-par-les-violences-et-la-famine_6067424_3212.html

 
Vaut-il mieux par,er du Niger. Le Niger, et sa capitale Niamey, n’est guère plus sûre. Il suffit de se rappeler l’attaque terroriste qui conduisit à la mort de sept employés d’Acted et de leur guide.

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/08/18/niamey-une-ville-qui-se-croyait-sure_6049236_3212.html 

 
Faut-il parler de la Guinée d’Alpha Condé ? Pas de guerre civile pour l’instant, simplement des arrestations et des emprisonnements  arbitraires met des élections truquées. Mais après tout, ce n’est guère différent de la situation américaine et de la victoire de Joe Biden, ou de la situation électorale française. Simplement, en France et aux États-Unis, on a parfaitement compris qu’aucune accusation de triche ne peut être portée lorsque tous les médias sont dans la connivence et participent au vol electoral. Même les contestations populaires comme celles des Gilets jaunes ou des défenseurs de Donald Trump pourront être assimilés à des voyous ou à des groupuscules sans enjeu politique. 

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/01/08/en-guinee-des-centaines-de-personnes-toujours-emprisonnees-apres-la-reelection-d-alpha-conde_6065615_3212.html

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/07/guinee-alpha-conde-proclame-president-pour-un-troisieme-mandat-d-affilee_6058915_3212.html

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/10/en-guinee-le-passage-en-force-d-alpha-conde-laisse-un-pays-divise_6059264_3212.html

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/23/en-guinee-la-promesse-d-un-gouvernement-paritaire-premier-pas-vers-une-egalite-des-droits_6060782_3212.html

  

https://www.jeuneafrique.com/315733/economie/guinee-panama-papers-disent-de-mamadie-toure-scandale-de-corruption-simandou/

 

Peut-être peut-on aussi parler du Sud Soudan ou de l’Ethiope ? Là aussi, des conflits ethniques incessants entraînent meurtres de villageois et des villageoises et destruction de villages. Et contrairement aux apparences, les villages de Maikadra et de Benishangul-Gumuz ne sont pas du tout dans la même zone.

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/01/09/au-soudan-du-sud-la-resilience-des-villageois-chasses-par-les-inondations-et-les-conflits_6065718_3212.html

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/30/en-ethiopie-le-mystere-du-village-de-maikadra-revele-la-profondeur-des-conflits-ethniques_6061595_3212.html

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/23/en-ethiopie-plus-de-cent-personnes-tuees-dans-une-attaque-par-des-hommes-armes_6064370_3212.html

 

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201013-ethiopie-violences-12-morts-region-benishangul-gumuz

 

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201115-%C3%A9thiopie-nouveaux-massacres-ethniques-la-r%C3%A9gion-benishangul-gumuz

 

http://french.xinhuanet.com/2019-05/23/c_138083744.htm

 

Mais tout ceci n’est qu’une fraction de la partie visible de l’iceberg, les quelques articles récemment sortis sur des massacres en Afrique. On pourrait aussi parler de la situation en Mauritanie, qui applique si tranquillement la charria, de la Casamance au sein même du si tranquille Sénégal, et de la Gambie qu’il enclave, de toute la zone Sahélienne dont le Mali n’est qu’une petite partie, des pays comme le Nigéria ou le Cameroun où le groupe djihadiste Boko Haram sévit, tue, assassine et enlève des jeunes et des enfants. Sans parler évidemment des massacres et de la guerre en Lybie.
 
Et au fond, même ce dossier spécial du Monde sur l’éducation des filles souligne l’extrême fragilité de la cause de La Défense des femmes en terre africaine. 

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/06/le-coronavirus-s-invite-dans-l-equation-de-l-education-des-filles-en-afrique_6062357_3212.html 

 

Au fond, tout ceci ne sonne-t-il pas raison à cette auditrice de Sud Radio ? Evidemment, il ne faut pas le dire, pas l’exprimer, on a juste le droit de le penser ... il n’est pas encore interdit de penser ... mais surtout ne pas le dire, même quand nos interlocuteurs sont des indigénistes qui se croient persécutés et qui insultent la France et son racisme institutionnel.

 

Je crois qu’il faut tirer une conclusion de tout cela. Au titre de l’asile politique, on intègre et on protège des millions de personnes de ces pays en guerre, mais eux-mêmes ou leurs enfants nous conchient ou parfois nous assassinent au nom de leur religion ou de notre couleur de peau et de notre supposé racisme. Il y a un peu plus d’une décennie, un économiste américain, William Easterly, avait parlé du fardeau de l’homme blanc. Près de quinze ans plus tard, on ne peut que considérer que nous avons perdu.

 

 

Saucratès


14/02/2021
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Philosophie et réchauffement climatique

Saint-Denis de la Réunion, mardi 2 février 2021

 

Je cherchais des réponses à mes interrogations concernant le réchauffement climatique et j’espérais en trouver dans le Hors série n°46 de «Philosophie magazine» consacré à la philosophie du réchauffement climatique. Mais je n’en ai pas trouvé qui m’ont satisfaites. 

Ce numéro de «Philosophie magazine» ne présente pas diverses positions au sujet des réponses à apporter aux enjeux du réchauffement climatique. Il ne défend qu’une seule position et il ne donne la parole qu’aux seuls partisans d’une philosophie de l’écologie, de la nature, de l’environnement. On y trouve essentiellement les positions des philosophies adeptes de Gaïa, des plantes, de l’antispécisme, de la libération animale.

 

Je pense que le seul philosophe interrogé qui ne participe pas à cet acharnement philosophique est le slovène Slavoj Zizek, qui remet en cause cette sacralisation de la nature, qu’il présente comme fondamentalement «brutale, radicale, indifférente aux droits et aux devoirs, à nos idées de bien et de mal». À mille lieux de l’idealisme des philosophies parlant de Gaïa. «Les choses en effet peuvent tourner terriblement mal dans la nature. Nous devons l’accepter, mais non y voir un exemple à suivre. Placez-vous par exemple du point de vue d’un évolutionniste strict : que devrait-il penser de l’épidémie de coronavirus ? C’est évident. Qui meurt en effet ? Les personnes âgées, les individus les plus fragiles, les malades. Du point de vue de la sélection naturelle, l’épidémie est une aubaine : elle purge l’espèce des faibles et ne conserve que les forts. C’est une idee impossible à cautionner. Voilà pourquoi je pense que nous devons à tout prix éviter de sacraliser la Terre, de nous y fier.» Mais le pauvre s’est senti obligé de commencer son interview en rappelant qu’il était pro-écologie !

 

La troisième partie de ce magazine est consacrée aux climatosceptiques et aux techno-optimistes, mais aucune de ces deux espèces de personnes ne trouvent grâce aux yeux des rédacteurs de ce magazine. Ce n’est même pas un procès qui leur est fait, mais le prononcé d’une condamnation. 

«Sous couvert de légitimes et nécessaires interrogations sur la validité d’hypothèses, de mesures et de modèles (n’ayez pas peur, le magazine ne développera aucune de ces légitimes et nécessaires interrogations), les premiers (les climatosceptiques) se réclament du doute, vertu éminemment scientifique, pour nier l’origine humaine du réchauffement. Les seconds (les techno-optimistes) assurent que les humains s’en sortiront toujours par la technique et que c’est le génie d’Homo Faber que de tirer de sa besace une solution au moment opportun. Les uns ne sont pas moins néfastes que les autres (voilà enfin la position du magazine). Pas facile de faire naviguer la Terre entre Charybde et Scylla. Entre négationnistes et zélotes

 

Cette introduction à cette troisième partie du développement de la réflexion de ce magazine donne le ton de la charge portée contre tous ceux qui ne rejoignent pas la collapsologie, l’écologie, le véganisme et l’adoration de Gaïa.

 

Je n’y ai donc pas trouvé une lecture critique des positions et des enjeux des diverses courants philisophiques et éthiques autour de cette notion de réchauffement climatique. À moins d’imaginer que nul philosophe n’interroge ce concept de réchauffement climatique et les moyens d‘y faire face ou de le combattre, que nul philosophe ne propose une autre approche de la réalité différente de l’inéluctabilité de la survenue d’une catastrophe écologiste planétaire ou de la recherche d’autres moyens que le Véganisme et l’antispécisme pour y faire face ou pour y répondre.

La philosophie peut-elle donc apporter une réponse au problème qui nous fait face ? Et d’abord, quel est ce problème ?
 - Trouver une solution technique ou économique pour continuer à vivre comme nous le souhaitons, sans nous préoccuper de la finitude du monde ? Non.
 - Savoir comme réagir au réchauffement climatique et empêcher un emballement du climat terrestre ? Non plus. Pas exactement.

La question serait plutôt de savoir guider le monde vers la mise en place d’une organisation économique mondiale vertueuse nous permettant de régler le problème du réchauffement climatique, la moins contraignante possible pour les libertés publiques et pour les individus. Evidemment, on trouve là une première opposition d’envergure entre ma vision de ce qui serait souhaitable et les visions philosophiques, ou les courants de pensée, dont rend compte ce «Philosophie magazine». Je pense «droits des individus» et ils répondent «droits des autres êtres vivants, des animaux et des plantes», alors que moi, je ne reconnais aucun droit au reste de la biosphère terrestre ! Le droit de la vache ou du poulet à ne pas être abattus dans un abattoir ? Le droit de la graminée à pouvoir pousser librement dans son champ ?

 

Une deuxième opposition à ma question n’est pas traitée dans ce magazine. Il a trait à l’opposition entre pays occidentaux et reste du tiers monde, c’est-à-dire la responsabilité des peuples dans les émissions des dernières décennies et des derniers siècles. Les états développés d’Occident doivent-ils porter seuls les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou bien ces efforts doivent-ils être appliqués par tous, sans s’intéresser aux responsabilités passées ? Bizarre que le magazine n’ait retracé aucun débat sur ce sujet, éminemment philosophique. Et évidemment, lorsque je parle de mesures le moins contraignantes possibles, ces mesures n’ont évidemment pas du tout la même incidence selon que je parle d’un américain, d’un européen, ou d’un africain qui adorerait vraisemblablement disposer du niveau et du confort de vie de son homologue américain ou européen. Et inversement. 

À la différence de Slavoj Zizek, je ne commencerais pas cette discussion en me déclarant favorable à l’écologie. L’écologie est un courant politique et je n’ai aucune raison de m’y référer. Les adeptes de la collapsologie et de l’écologie adorent se référer pour leur part à des interdictions. Il faut interdire la consommation de viande, les véhicules automobiles à moteur à combustion, les voyages en avion, et le financement des industries productives ou d’extraction émettrices de CO2. Et c’est justement cette tentation de l’interdiction que j’estime attentatoire aux droits des individus et moralement répréhensible. Qui sont-ils pour déterminer ce qui est bon ou mauvais au niveau de la planète ? Ces adeptes peuvent monopoliser internet sans s’intéresser au coût invraisemblable du refroidissement des centres de serveur pour les téléphones et la technologie dont ils n’envisagent pas de se passer pour véhiculer leurs messages et communiquer sur leurs actions, ils peuvent vivre dans des maisons ou des appartements climatisés ou chauffés, sans s’interroger sur l’impact de cette consommation électrique sur la planète, mais ils décident par contre que telles ou telles autres choses (automobile, viande, avion) sont mauvaises et doivent être interdites ! Je trouve cela extraordinaire, cette certitude d’avoir raison et de savoir ce qui est bon ou mauvais pour la planète, ce qui cause la destruction d’un iceberg et ce qui ne le cause pas. Très clairement, à les entendre, ce qui leur sert est bon ; ce dont ils ont appris à se passer ou qu’ils n’ont pas commencé à se servir est mauvais !

 

Les mouvements activistes qui se réclament de la collapsologie ont trouvé une nouvelle forme d’intervention contre les activités économiques, industrielles, et bientôt de consommation, qu’ils condamnent. Imposer aux grands établissements bancaires de cesser de financer certaines industries émettrices de gaz à effet de serre, comme l’industrie pétrolière. Pour l’instant, cela ne concerne que HSBC et TOTAL. Il faut également noter que des banques se trouvent aux côtés des groupes activistes, comme le Crédit Mutuel ou La Banque Postale. Et on peut imaginer que HSBC devra demain se ranger également aux côtés de ces fonds activistes pour avoir la paix dans le futur. 

 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/11/hsbc-sous-pression-de-ses-actionnaires-pour-arreter-de-financer-les-energies-fossiles_6065853_3234.html


https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/16/climat-le-petrolier-total-sous-pression-d-un-groupe-d-investisseurs_6036751_3234.html

 

Certains peuvent évidemment estimer que de telles actions de groupes activistes sont souhaitables. Pour ma part, je ne le pense pas. Si ces attaques réussissaient, si toutes les banques étaient obligées de cesser de financer ces sociétés comme TOTAL et les autres fournisseurs d’énergies fossiles, celles-ci devraient disparaître, avec des centaines de milliers de salariés jetés au chômage, et une impossibilité de se fournir en nombre de produits indispensables à la vie, à notre vie.

 

Par ailleurs, si ce genre d’attaques activistes réussissent, elles se généraliseront à tout un tas d’autres activités bancaires et elles concerneront demain tels ou tels constructeurs automobiles, tels ou tels fabricants de ciment, puis aux prêts des simples consommateurs. Les banques se verront alors contraintes de ne plus financer les véhicules automobiles autres qu'électriques, puis demain tout moyen de locomotion individuel. Est-ce un futur enviable ? Sont-ce des pratiques activistes souhaitables ? Non. Parce que ces pratiques activistes ne visent toujours que l’interdiction et la contrainte !

 

Je ne dis évidemment pas qu’il n’y a rien à faire pour influer sur le monde de la Finance et de l’industrie, par le biais de normes plus contraignantes et de lois dont l’application doit se faire à l’échelle mondiale. La finance a évidemment un impact catastrophique sur les évolutions des pratiques industrielles et il faut réformer, contraindre, imposer drastiquement le monde de la Finance et l’empêcher de se réfugier dans des paradis fiscaux.

 

Mais il n’y a pas que la Finance ! Il y a aussi l’aspect démographie. Il faudrait aussi vraisemblablement contraindre tous les états de la planète à restreindre l’accroissement de leur population ; on ne peut pas laisser la population terrestre continuer de croître indéfiniment avec toutes les conséquences migratoires qui en résultent vers les pays occidentaux. On ne peut pas se contenter d’attendre la stabilisation de la population terrestre à 10 ou 12 milliards d’habitants par le simple biais de la transition démographique. La solution chinoise d’un seul enfant par femme (ou par couple) est vraisemblablement la seule réponse possible à l’urgence démographique qui est devant nous ! Evidemment, là aussi, c’est un sujet dont l’impact est différent en Occident, ou la transition démographique a eu lieu il y a plus d’un siècle, et dans les pays en développement qui n’y sont pas encore. 

 

 

Saucratès


02/02/2021
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De la liberté de se moquer

Saint-Denis de La Réunion, samedi 30 janvier 2021


Je vais vous parler de quelques incidents de ces dernières semaines qui viennent démontrer que la liberté de presse et de se moquer dont il est fait si grand étalage par les politiques et autres n’existe plus véritablement en France de nos jours. Et je pense que l’on peut même dire que cette liberté n’est au fond qu’une imposture intellectuelle, un hoax, une belle invention de l’esprit mais qui n’a réellement jamais existé en France, qu’elle a simplement été toléréé par les puissants tant qu’elle demeurerait dans un certain nombre de limites.

 

Je vais évidemment d’abord vous parler de la censure des dessins des indégivrables de Xavier Gorce, du lâche abandon par le journal Le Monde dont il fut victime, et du déferlement de plaintes de bien-pensants et des imbéciles qui ont visé ses dessins. Xavier Gorce collaborait avec le journal Le Monde et le dernier dessin qu’il aura fait pour Le Monde, sur le sujet de l’inceste, à été jugé extrêmement inapproprié par de nombreux internautes extrémistes et de nombreux politiques qui aiment juger de ce qui peut être dit et de ce qui ne peut pas être dit. Ce dessin de Xavier Gorce est certainement accessible sur Le Monde mais on le trouve aussi sur son blog https://www.lemonde.fr/blog/xaviergorce/.


J’imagine que Xavier Gorce ne me fera pas grief de publier son dessin tiré de son blog. Je trouve ce dessin ou plutôt le texte absolument drolatique. «Si j’ai été abusé par le demi-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre devenu ma mère, est-ce un inceste ?». En tout cas, rien qui ne mérite un tel tintouin. On adore se moquer des «fils du frère du cousin de la tante de l’oncle du père». En quoi rajouter une version 

 

Il existe donc des sujets desquels il est interdit de se moquer, au premier rang l’inceste, et au deuxième rang, ou inversement, les personnes transgenre ? On est sensé pouvoir, être autorisé, à se moquer de l’islam et du prophète, de Dieu et du pape, mais pas des victimes d’inceste ni des pauvres personnes trans-genres. Et j’imagine qu’il ne faut pas non plus se moquer des homosexuels et des homosexuelles, ou des femmes. Seules victimes expiatoires acceptées par ces bien-pensants et ces extrémistes de la pensée autorisée, les hommes hétérosexuels et les musulmans, pour quelques jours ou semaines ... Il existerait donc des sujets trop sérieux pour accepter d’être caricaturé ou simplement moqué !

 

Je pense que la lecture de la tentative d’auto explication des journalistes du Monde au sujet de cette tentative réussie de censure vaut son paquet de cacahouètes.

 

https://www.lemonde.fr/le-monde-et-vous/article/2021/01/23/paroles-de-lecteurs-au-sujet-du-dessin-de-xavier-gorce-sur-l-inceste-et-des-excuses-du-monde_6067350_6065879.html

 

Grosse modo, pour les traduire, les pauvres ont été confrontés à une pluie de plaintes suite au dessin de Xavier Gorce incriminé et ils ne comprennent pas pourquoi ils sont également confrontés à une nouvelle pluie de plaintes suite à leur reddition en basse campagne lorsqu’ils ont abandonné Xavier Gorce à la vindicte populaire. Bizarrement, ceux qui demandaient la tête de Xavier Gorce ne sont pas manifestés lorsque le journal la leur a offerte sur un plateau en s’excusant platement de cet abominable dessin !

 

L’article du Figaro suivant est bien plus intéressant. Il fait réellement le parallèle entre cette triste et banale affaire, d’une sorte de police des moeurs, et le droit à la caricature affirmé pour Charlie Hebdo lorsque cela concerne les religions et l’Islam. 

 

https://www.lefigaro.fr/vox/medias/l-affaire-xavier-gorce-nouveau-symptome-d-une-regression-democratique-20210121

 

Evidemment, le journal Le Figaro, supposé être à l’exact opposé politique du Monde (mais tous deux ne défendent-iIs pas au fond des sujets très proches, d’un côté les Républicains, de l’autre le gouvernement macroniste qui a tiré des Républicains ses premiers ministres et nombre de ministres), a peut-être beau jeu de critiquer son adversaire. Certes. Mais lorsque l’on parle de respect du droit à la caricature, on ne peut pas interdire en même temps des dessins humoristiques relativisant l’inceste ou parlant de trans-genre».

«On a vu, dans certaines réactions au dessin de Xavier Gorce, des personnalités de gauche expliquer, avec l’arrogante certitude de ceux qui ne pensent pas, que la liberté d’expression ne pouvait pas être la liberté de choquer ou de se moquer, en particulier envers ceux qui ont déjà beaucoup souffert, et que la caricature est misérable quand elle s’en prend aux faibles. Mais qui sont-ils pour décider de ce qui est autorisé de dire et de ne pas dire? Qui sont-ils pour redéfinir à leur manière ce qu’est la liberté d’expression en France?»

 

Je n’aimais pas franchement Le Figaro, mais là, ils me donnent envie de les lire. Le problème n’est pas les 66 millions de procureurs que comptent La France, comme l’exprime le President Emanuel Macron, mais les millions de procureurs de la vertu, les extrémistes moraux et les extrémistes écologistes qui polluent notre espace médiatique et politique. 

 

Saucratès


30/01/2021
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Confiance, coronavirus et vaccination

Saint-Denis de la Réunion, mercredi 27 janvier 2021

  

Une pure question de confiance ... mais la confiance se presume-t-elle ?

 

La partie est forcément truquée lorsque l’on parle de santé, et à plus forte raison dans la situation actuelle de politique mondiale de lutte contre le Covid et de politique nationale de vaccination. Et face à des enjeux qui nous dépassent, les citoyens ordinaires qui essaient d’y comprendre quelque chose ou qui essaient de ne pas prendre des risques inconsidérés sont perdus et déboussolés. 

C’est beaucoup plus frappant qu’en matière d’assurance ou de banque, voire de mécanique automobile ou de plomberie, où le différentiel entre les sachants et les simples utilisateurs ou consommateurs est bien moindre. Et c’est sûrement pour cette raison que les médecins doivent respecter le serment d’Hypocrate alors qu’en banque, en assurance ou en plomberie, au mieux, il y a un code de déontologie à respecter.

 

Dans la situation pandémique actuelle, ces citoyens ordinaires ne peuvent être que désabusés, énervés, devant les rares explications que les politiques, les professionnels de santé, et les médias consentent à leur donner.

 

C’est désormais une simple question de confiance, confiance aveugle que l’épidémie (ou la pandémie) nous demande vis-à-vis des sachants, vis-à-vis de ceux qui décident ou qui connaissent ... et comme en matière de toute confiance, elle doit être donnée aveuglement sans que l’on ne puisse avoir aucune certitude que ces sachants et ces décideurs savent ou connaissent véritablement, en priant pour qu’ils n’agissent pas eux-mêmes sans aucune visibilité, ou sur la base de calculs de probabilité qui impliqueraient des victimes collatérales.

 

Ce débat est encore plus compliqué par le fait que la majorité de tous ceux qui s’expriment sur ce vaccin et sur la vaccination ne sont pas prioritaires dans le programme de vaccination. Il est tellement simple de conseiller ou d’imposer le fait de se faire vacciner lorsque l’on n’est pas immédiatement concerné, que notre tour viendra dans plusieurs mois et que l’on espérera alors avoir suffisamment de recul sur les effets indésirables du vaccin ! Il est alors tellement facile de lever les yeux au ciel en découvrant que la personne qui vous fait face n’est pas favorable à cette vaccination. Il en va de même pour les hommes politiques et les journalistes qui relaient en boucle l’obligation vaccinale.

 

Prenons les cas de décès survenus juste après la vaccination. Une trentaine de cas en Norvège, une vingtaine de cas aux Etats-Unis, neuf cas en France, et aucun cas supposément en Angleterre, en Israël, ou en Allemagne, pays très avancés dans la politique de vaccination. Tous les articles dans les médias qui traitent de ces décès survenus quelques jours après l’administration du vaccin disent la même chose : « aucun lien ne peut être établi entre les décès et la vaccination ».

 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/01/24/vaccin-contre-le-covid-19-a-ce-jour-aucun-exces-d-effets-secondaires-n-a-ete-identifie_6067413_4355770.html

 

Ce qui est, au fond, particulièrement rageant. Dans le cas du décompte des morts du Coronavirus, tous les décès où il y a une supposition ou une suspicion de contamination par le coronavirus sont décomptées par l’administration, mais lorsque l’on parle de la campagne de vaccination, il leur faut un lien immédiat de cause à effet !

 

La confiance ne se présume pas ... elle se gagne ...

 

Aujourd’hui, c’est un peu comme si les médias tentaient de faire naître, de faire croire à un sentiment de confiance croissant des citoyens français vis-à-vis du corps scientifique français et du gouvernement français.

 

Oublié les à peu près, les oukases et les impératifs contradictoires gouvernementaux des premiers mois de la lutte contre le coronavirus, les médias français, journaux télévisés, grands titres de la presse écrite, semblent tous véhiculer les mêmes messages, tous sur la même ligne éditoriale, tous au garde à vous, sans une tête qui dépasse. 

 

Comme si face à une opinion publique française que l’on dit rétive, face à une fraction de cette opinion publique anti-vaccination, le gouvernement et les médias avaient compris qu’ils ne gagneraient pas le combat de la confiance et qu’ils préfèrent alors submerger cette opinion publique d’informations favorables au Vaccin pour noyer cette fraction contestataire de l’opinion publique française, et surtout l’empêcher d’être visible, l’empêcher de pouvoir se compter.

 

Comme une membre du corps scientifique l’exprimait il y a peu, la politique gouvernementale a donné trop d’importance à la fraction de l’opinion publique anti-vaccin. Désormais, le gouvernement et les médias semblent vouloir faire comme si cette opposition n’existe pas, comme si les opposants au vaccin ne sont rien, invisibles. Et médiatiser le manque de disponibilité du vaccin permet de rendre désirable ce vaccin ... comme si c’était un luxe inaccessible ...

 

Pour conclure temporairement sur cette question, on peut noter que cet épisode d’épidémie de coronavirus a remis en lumière certaines techniques scientifiques propres à l'expérimentation notamment en médecine, et le décalage existant avec le ressenti que peuvent en avoir les citoyens lambda. Et observer que ces divergences d’appréciation peuvent également survenir au sein même du corps des spécialistes en médecine hospitalière, comme par exemple autour des traitements à base d’hydroxycloroquine. Mais ce sera l’objet de mon prochain post.

Saucratès


27/01/2021
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FaceBook et Twitter - Exemple des évolutions liberticides de nos sociétés occidentales actuelles

Saint-Denis de la Réunion, samedi 23 janvier 2021


Ce qui s’est passé aux Etats-Unis ces dernières semaines doit me semblerait-il nous alerter sur les évolutions liberticides de nos sociétés occidentales actuelles. Je ne parle pas des diverses interventions et prises de parole de l’ancien président Donal Trump ni de l’assaut du Capitole américain par ses partisans et des militants de l’extrême droite américaine. Non, je veux parler de la manière partisane dont la presse rend compte, qui est particulièrement visible dans le cadre de la passation de pouvoir entre Joe Biden et Donald Trump. On nous parle même du chien du président, du moindre de ses secrétaires d’Etat nommé pour peu qu’ils soient hispaniques, transgenre ou que sais-je encore, du moindre des premiers decrets que le président prend de toute urgence, et le contraste est frappant avec la manière dans cette même presse rendait compte de la moindre des décisions de Donal Trump, immédiatement catalogué de mégalomane, de désaxé, de malade mental, de fou. La réalité ne peut pas être si binaire, si extrême. 

Cette même presse a suivi avec délectation les affrontements et les émeutes orchestrés par le mouvement «black live matter» et a passé sous silence les pires exactions de ces mouvements comme les incendies de certains postes de police dans certaines villes. Comme si les médias avaient déjà fait leur choix entre les émeutiers et les représentants des forces de l’ordre qui ne comptaient pas sous prétexte qu’ils étaient très majoritairement favorables à la présidence de Donald Trump. Ces émeutes urbaines des mouvements «black live matter» seront indissociables des derniers mois de la présidence de Donald Trump et témoigneraient du fractionnement de la société americaine que Donald Trump aurait encouragé, mais personne ne s’interroge sur les commanditaires de ces événements ? Ce serait des mouvements nés spontanémeut d’une colère liée à des exactions policières à l’encontre de jeunes noirs ? Moi, cela ne me convainc pas. 

 

Au delà ce rendu de ces événements médiatiques, il me semble aussi qu’il nous faut traiter du précédent catastrophique de l’irruption de la censure d’un président démocratiquement élu par des médias sociaux qui n’ont absolument aucune légitimité démocratique pour agir de la sorte. Pour quelles raisons Twitter ou FaceBook pourraient avoir une légitimité pour censurer le président des Etats-Unis ? Evidemment, la majorité des analystes politiques estiment que Twitter aurait dû exclure Donald Trump bien auparavant. Mais 90% des journalistes américains sont démocrates. Normal, l‘électorat principal du parti démocrate sont ces classes aisées, de toute origine et tous sexe, tandis que l’électorat républicain est désormais rural, populaire et ouvriériste, soit aux antipodes du milieu journalistique en général. 

Evidemment, jamais un président des Etats-Unis n’avait autant utilisé un réseau social que Donal Trump n’a utilisé Twitter, que ce soit en matière de politique intérieure ou surtout en matière de politique internationale ! C’était du jamais vu, et j’imagine que la censure du président en exercice tout comme le retour à une communication politique normale sous la présidence démocrate de Joe Biden et Kamela Harris doit amplement les satisfaire. Nul autre président au monde ne fait un tel usage de Twitter ou de FaceBook. Mais cette censure opportuniste doit être analysée d’une autre manière, sous l’angle de la legitimité et du risque de precedent.

 

S’ils ont pu censurer le président en exercice Donald Trump, ils pourront désormais censurer n’importe qui, quelque soit la réalité de leurs accusations, ou même en l’absence de tout motif.

 

Quant à FaceBook, on n’a appris récemment (ce jeudi 21 janvier 2021) que celui-ci demandait à sa cour suprême de valider la suspension du compte personnel de Donald Trump. 

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/01/21/suspension-du-compte-de-trump-facebook-demande-a-sa-cour-supreme-de-se-prononcer_6067122_4408996.html


Je n’avais pas encore eu le temps d‘écrire sur cette aberration intellectuelle et politique que représente cette notion de «cour suprême» de FaceBook. Cet article date de mai 2020.

 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/06/facebook-reussit-a-reunir-vingt-membres-pour-sa-cour-supreme_6038898_3234.html

 

Le terme de «Cour suprême» n’est pas rien ; c’est la plus haute juridiction judiciaire et constitutionnelle américaine. C’est l’équivalent de notre Conseil d’Etat (français), de notre Cour de cassation et de notre Conseil constitutionnel tous ensemble réunis. Et le fondateur de FaceBook, dans sa mégalomanie, n’a pas eu ni peur ni honte d’appeler «Cour suprême» la sorte de Conseil sensé se prononcer sur certains sujets concernant FaceBook ! En y faisant nommer et en y faisant désigner un certain nombre de membres de la société civile mondiale, comme si son fondateur avait le pouvoir d’un président des États-Unis d’Amerique ! Et cela n’inquiète personne ? Effectivement, il est même plus puissant que le président des Etats-Unis puisqu’il est capable de suspendre son compte ! Extrêmement inquiétant sachant que le même personnage envisage également de se doter d’une monnaie de réserve sensée se substituer au dollar et à l’euro. Et cette manœuvre est sensée mettre à l’abri FaceBook et Twitter des poursuites du nouveau pouvoir démocrate. 

Une société qui n’a aucune légitimité démocratique, si ce n’est d’avoir conçu une application informatique et inventé le concept de médias sociaux, peut-elle s’estimer au-dessus de la Loi de son pays d’origine et de la justice internationale en se dotant supposément d’une sorte de tribunal d’exception.

 

Non, ce qui s’est passé en janvier 2021 aux États-Unis d’Amérique est catastrophique dans le cadre de l'évolution démocratique et de la liberté de presse de notre civilisation occidentale pseudo-démocratique. Ces événements seront l’an 0 de notre futur ; un futur où la liberté de la presse et de l’opinion sera désormais conditionnée à sa conformité à la doxa dominante. 

 
 

Saucratès


23/01/2021
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