Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Recension du livre de Juan Branco «Crépuscule»

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 23 mai 2019

 

Parce que ce livre rejoint mon incompréhension de l'élection d'Emmanuel Macron à l'Elysée en 2017 et cette impression que les journaux et les differents médias ont eu un rôle dans l'élection de ce parfait inconnu, je me permets de parler dans ce post de ce bouquin. Accessoirement, c'est un de mes amis et lecteur régulier (John pour ne pas le citer) qui m'en a parlé à plusieurs reprises. Et à sa lecture, c'est vrai que ce livre m'a interpellé, parce qu'il va encore plus loin que moi dans la critique des médias et des journaux. Et pourtant, comme mon fils me le rappelle régulièrement, je suis déjà particulièrement complotiste. La lecture de Juan Branco ne risque pas de vous rendre moins sensible à l'éventualité de conspiration contre nous ou de croire en l'existence de complots. Mais comme ce sont ces mêmes médias et journaux qui diffusent cette idee que les personnes qui croient en l'existence de conspirations sont plus susceptibles que les autres de voter pour Marine Le Pen, on peut donc se demander si cette théorie est vraie et si ce n'est pas au fond rien d'autre qu'une autre partie de cette même conspiration.

 

Dernier intérêt de cette recension de ce livre ; ce livre est accessible librement sur internet à l'une des adresses suivantes :

http://branco.blog.lemonde.fr/files/2019/01/Macron-et-son-Crepuscule.pdf

 

La première question que l'on peut se poser est de savoir qui est ce monsieur. D'après sa fiche Wikipédia, Juan Branco est né en 1989 en Espagne, il a acquis la nationalité française en 2010. Il a fait une partie de ses études à l'Ecole privée alsacienne (école select du 6e arrondissement de Paris dont il parle abondamment dans son livre et où il a dû connaître l'un des portes-flingues de Macron, le sieur Gabriel Attal qui semble avoir le même âge que lui). D'après Wikipedia, il serait diplômé de l'université de Paris Sorbonne (2011 - Maîtrise en litterature moderne), de l'université de Panthéon Sorbonne (2012 - Master de Philosophie politique et 2013 - Master de Géopolitique), de Sciences-Po Paris (2012 - Master Affaires publiques), de l'Ecole Normale Supérieure d'Ulm (2013 et 2014 - doctorat en droit international et philosophie du droit).

 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Juan_Branco

 

Quand je pense que certains jeunes (comme mon fils ou moi-même dans un passé lointain) ont de la peine à boucler un diplôme en 4 ou 5 ans ! Toujours d'après Wikipedia, il aurait été le collaborateur du procureur de la Cour Pénal Internationale entre 2010 et 2011 puis collaborateur extérieur du Ministère des affaires étrangères (2013). Il aurait travaillé pour l'université de Yale, chercheur invité à la Yale Law School (2013-2014), Senior research fellow à l'Institut Max Planck de droit international à Luxembourg, chargé de travaux dirigés à l'Université de Panthéon-Sorbonne ... En 2015 enfin, il participe à l'équipe de défense de WikiLeaks et de Julien Assange, dirigée par Baltasar Garzòn, puis il sera l'avocat de Jean-Luc Mélanchon en 2017 et récemment du gilet jaune Maxime Nicolle. Il travaillerait aussi pour le Monde Diplomatique depuis 2012 pour lequel il aurait suivi deux conflits. Quelle boulimie ! 

 

Que tout ceci soit absolument vrai ou faux importe peu (c'est le problème avec Wikipedia qui peut être modifié par presque n'importe qui ou renfermer des choses potentiellement inventées) ! Si le quart de ce qui est écrit sur lui est vrai (ce qui est vraisemblable), on peut supposer que ce sur quoi et ceux sur lesquels il écrit renferment une bonne partie de vérité, et qu'il parle de choses qu'il connaît et de personnages qu'il a connu.

 

Que dire de ce livre ? Qu'il défend d'abord l'idée que l'élection d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République française a été un vol, un viol de notre démocratie, une imposture. Et que ce mensonge est le résultat d'une amitié nouée avec des milliardaires français qui détiennent pratiquement l'ensemble de la presse française. Juan Brando démontre également ad nauseum que les journalistes, l'ensemble de la presse française, sont complices par lâcheté ou par compromission, de cette manipulation géante de l'opinion publique à laquelle nous avons assisté avant l'élection presidentielle, fin 2016 et début 2017, et qu'aucun d'entre eux n'a rien dit alors que tous savaient ! Il décortique aussi les relations existants entre un certain nombre d'oligarques français, les réseaux et les personnes à l'œuvre autour et pour Emmanuel Macron, Xavier Niel, Bernard Arnault ou Arnaud Lagardère, entre autres. Et plein d'autres démonstrations.

 

Un livre à lire et à télécharger, qui permet de mettre un nom, un visage, une explication, sur le sentiment diffus et malsain qui habitait vraisemblablement certains d'entre nous devant le personnage d'Emmanuel Macron, sur l'impression de parachutage qui a été le mien ou le nôtre avec sa victoire expéditive, et le sentiment de toute-puissance qui semblait l'habiter.

 

Ce livre démontre que le mouvement des gilets jaunes est la seule réponse possible à la dénaturation de notre régime politique, que la puissance des oligarques qui contrôlent la presse française, a complètement vidé de son contenu, de sa substance, de sa valeur. Si quelques personnes hyper riches sont capables de faire élire la personne qu'ils souhaitent, même totalement inconnue quelques mois auparavant (inconnue du grand public, pas inconnue des puissants et des oligarques), alors notre régime politique n'a plus aucun sens, est complètement dévoyé ! Le magnifique système politique imaginé par le Général de Gaulle, cette cinquième république, n'a plus alors aucune valeur, aucune possibilité de légitimité. 

 

Nous nous sommes fait voler l'élection présidentielle par une personne totalement fausse, fabriquée par les médias, qui n'ont reculé devant aucune manoeuvre pour éliminer ses concurrents et permettre son élection. Et l'ensemble de son programme politique ne vise qu'à servir les intérêts de ces oligarques, en menant une politique qui écrase l'ensemble du reste de la population française. 

 

A lire d'urgence. Attention, ce livre rend complotiste.

 

 

Saucratès


23/05/2019
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Violences policières

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 19 mai 2019

 

Où on continue toujours à parler de violences policières ! Le discours du gouvernement, du président Macron comme du ministre de l'intérieur Castaner, n’a évidemment pas changé : il ne faut toujours pas parler de violences des forces de l’ordre, mais uniquement de la sauvegarde de l’ordre républicain, et de l’extrême  violence des casseurs et des manifestants ! Il y a évidemment encore un autre discours en œuvre. Celui que les manifestations des gilets jaunes ne servent plus à rien ... et c'est une forte évolution si on se rappelle les discours d'il y a quelques mois, où le même président assurait que les manifestations n'avaient jamais servi à rien et que les manifestants étaient illégitimes, n'avaient aucune légitimité ... Il y a donc une énorme avancée si M. Macron reconnaît aujourd'hui que les manifestations ne servent plus à rien ... Signe qu'ils ont bien servi à quelque chose dans les mois précédents.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/17/gilets-jaunes-emmanuel-macron-estime-avoir-fait-sa-part-de-travail_5463669_3224.html

 

Quelques citations reprises de l'article du Monde ... un florilège de la pensée de notre cher président : 

 

«Je crois que [pour] celles et ceux qui continuent aujourd’hui [à manifester], il n’y a plus de débouché politique, a-t-il ajouté.»

 

 

«A une semaine des élections européennes, le président a aussi appelé au calme ceux qui continuent à manifester, les invitant à voter, voire à se présenter aux élections. C’est beaucoup plus difficile de proposer un projet pour que d’être contre tout le reste. On n’avance pas en étant contre, a poursuivi M. Macron.

«Que celles et ceux qui ont une autre vision de ce que doit devenir le pays la dessinent politiquement, lui donnent forme et se présentent aux élections. Mais la démocratie, ça ne se joue pas le samedi après-midi, a-t-il insisté, appelant chacun à retrouver le cours de sa vie, à exprimer ses divergences d’opinion, à le faire librement et à le faire en particulier dans les temps que prévoit la démocratie, ceux du vote.»

 

Quel mépris dans ces quelques idées de Macron ! Quel mépris également dans les idées proposées à la suite de cette crise, de cette contestation sociale relativement inusitée, hors normes. 

 

Ce qui est par contre rassurant, c'est que le discours, la position d’un journal comme le quotidien Le Monde semble peu à peu changer, évoluer. Ce journal, ce quotidien a quitté le rôle de défenseur forcené de l'establishment parisien, de l'enarchie, de la macronie, pour revenir à un traitement équitable, ou retraçant simplement un mouvement social, comme il avait pu le faire par le passé lors des précédents mouvements sociaux comme celui du contrat première embauche (CPE). La reconnaissance du fait que les forces de police et de maintien de l’ordre puissent faire oeuvre de violence gratuite, d'agression, n'est subitement plus devenu une omerta, mais à désormais sa place dans les colonnes du Monde.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/13/violences-policieres-la-nouvelle-strategie-de-maintien-de-l-ordre-inquiete_5461303_3224.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/13/frapper-un-manifestant-a-terre-c-est-se-frapper-soi-meme_5461292_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/13/manifestations-briser-l-engrenage-de-la-violence_5461384_3232.html

 

Trois articles publiés par Le Monde le même jour (le 13 mai 2019). À croire que le garde-chiourme, la censure était en vacances ce jour-là, ou bien qu'il ou elle s'est endormi. Parce qu'évidemment, je ne suis pas dupe. Le Monde n'a pas cessé subitement d'appartenir à un milliardaire ayant installé et défendant Emmanuel Macron. Le journal Le Monde n'a pas subitement retrouvé sa liberté éditoriale. Il n'est pas brutalement devenu, le 19 mai, un défenseur des droits des gilets jaunes. Non, au mieux, il s'agit d'une pause de la censure que s'autoinfligent les journalistes du Monde. Au pire, il s'agit d'une manoeuvre du Monde pour faire croire que tous les médias francais ne défendent pas uniquement le gouvernement, Macron et les élites qui nous gouvernent. 

 

Ce dernier samedi a été émaillé une nouvelle fois de manifestations interdites, d'endroits où les gilets jaunes ne sont pas les bienvenus, de condamnations politiques unanimes d'actions de manifestants ou de casseurs ... et une nouvelle fois, on découvre qu'un gilet jaune qui attaque des CRS, des gardes mobiles ou des flics, voire des journalistes, ou bien qui dégrade un organisme ou une chaîne de television, est un criminel, un casseur, la honte de la notre société, mais par contre, lorsqu'il s'agit de faits reprochés à ces mêmes gendarmes ou policiers, il s'agit du juste rétablissement de l'ordre public. Il s'agit de juste violence légitime. Il ne s'agit même pas de violence d'ailleurs, suis-je bête  !

 

Ce que j'aimerais, c'est qu'un leader reconnu des gilets jaunes, ou bien Marine Le Pen, se proclame comme au Venezuela président autoproclamé de la République française. Et on verrait alors si Emmanuel Macron ferait œuvre de la même mansuetude, de la même admiration qu'il n'en a fait p le président autoproclamé du Vénézuela ! Si la police et l'armée française feraient aussi oeuvre de la même retenue, et si les autres autres pays occidentaux, si prompte à reconnaitre un des leurs dans le lointain et riche producteur de petrole sud-americain, furoncle dans la chasse gradée des Etats-Unis, seraient aussi prompts à reconnaître une éventuelle légitimité populaire d'un gilet jaune ou de l'opposante que pourrait représenter Marine Le Pen ! Evidemment, les gilets jaunes connaissent tous la reponse. Ce serait la prison à vie pour cette personne pour insurrection. À moins qu'elle disparaisse corps et âme ... Ce n'est pas tant le suffrage universel qui est la clef de notre démocratie et de sa légitimité, mais l'argent et les réseaux pour manipuler l'opinion et faire élire ceux que les puissants veulent. 

 

La seule solution qui reste au peuple français : la prise de la Bastille. La Révolution et la prise d'assaut de l'Elysée. Un appel à l'insurrection ? Pas du tout. Juste une simple constatation. Oui je sais, le pouvoir ne peut pas tolérer de telles constatations. Cela avait conduit Julien Coupat à des années de prison et de procédures judiciaires pour avoir peut-être participé à l'écriture d'un opuscule appelant à la Révolution ! Même si je ne ressemble ni de près ni de loin à Julien Coupat. Ce sont d'une certaine façon les violences de l'Etat qui donnent une onction aux révolutionnaires sur lesquels l'Etat s'acharne (à moins qu'il ne les fasse disparaitre) !

 

 

Saucratès


19/05/2019
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L'Europe et les élections européennes de mai 2019

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 12 mai 2019

 

Les élections européennes se joueront à la fin de ce mois de mai (2019). Il peut paraitre surprenant que ce soit la seule élection concernant cette Europe qui régie la totalité de nos vies, des herbicides qui sont dans nos champs au type de chocolat que nous avons le droit de manger, des droits élémentaires qui sont les nôtres en matière de travail, jusqu'aux types de politiques publiques que nous avons le droit de mettre en place dans nos États Nation, qui établit les réglementations qui régissent nos rapports avec notre banque ou notre compagnie d'assurance, qui explique que nous soyons dans l'obligation de fournir pièces d'identité, preuve de domiciliation et déclaration de revenu ou de salaire régulièrement à notre Banque, à notre compagnie d'assurance (ce qu'ils appellent en language barbare KYC - prononcer : kie aie ciii pour «Know your customer») jusqu'à la réglementation de la moindre parcelle d'intimité de nos vies. C'est encore elle qui impose la dissolution du service publique d'EDF ou de la Poste française ; le grand apôtre de la mise en concurrence generalisée de l'ensemble du Marché unique, et de son mise à disposition des ogres des GAFA et de la Chine. Comme si elle était composée de hauts fonctionnaires européens obnibulés par le mantra de l'extraordinaire libre concurrence, ou de vendus aux plus offrants des grandes puissances étrangères ! 

 

Comment se fait-il que ce soit la seule occasion où les peuples européens ont la possibilité de donner leur opinion au sujet de cette organisation Européenne, mais que ce vote n'ait absolument aucune espèce d'importance en ce qui concerne le devenir des politiques européennes parce que les décideurs européens ont maintenu ces élections dans un cadre national, et qu'aucune liste politique ne peut être présente dans plusieurs États européens ce qui lui donnerait une légitimité et un poids européen. Et la deuxième raison pour expliquer que ce scrutin n'a aucune importance, c'est parce que le parlement européen lui-même n'a pratiquement aucun pouvoir. C'est comme dans les cabinets ministériels français ; seuls les hauts fonctionnaires européens décident des politiques européennes, ainsi que leurs représentants officiels, à savoir les commissaires européens dont la désignation relève chacun d'un État différent. Pour changer quelque chose à l'Europe qui régit nos vies, il faudrait pouvoir prendre le pouvoir dans chacun des États qui constituent l'Europe et virer l'ensemble des hauts fonctionnaires qui contrôlent nos États ainsi que les hauts fonctionnaires européens qui contrôlent Bruxelles. Et encore ce n'est même pas certains que ceux qui nous contrôlent n'aient pas prévu encore autre chose pour conserver le pouvoir. On découvrira peut-être alors que le vrai pouvoir se trouve dans les mains des GAFA, ou d'une éventuelle commission trilatérale ou autre joyeuseté ! 

 

Pourtant, l'Europe était une merveilleuse idée ! Celle du General de Gaulle et du chancellier Adenauer. Celle de deux anciens combattants de deux pays anciens pays ennemis, du fondateur de la France libre et du représentant de l'ennemi nazi, du pays qui avait mis à feu et à sang l'Europe entre les années 1930 et 1945, avec le premier des résistants francais ! Cette Europe qui se construisait pour mètre fin à un siecle et demi d'affrontements et de guerres fratricidesqui avaient causé des millions de mort entre les années 1800 et 1945 ! Oui je crois en cette Europe là, en cette idée là ! On a tous aussi encore en mémoire le président Mitterrand et le chancellier Kohl se tenant chacun par la main lors d'une cérémonie de commémoration d'une de ces guerres. L'Europe est certes une grande idée mais cette idée a été confisquée par une caste de traitres, de vendus ou d'aveugles qui ont entrepris de detruire l'idée même d'Europe pour qu'elle devienne ce qu'elle est devenue aujourd'hui : une entreprise de destruction des identités europeennes, de la culture européenne. Peut-être sont-ils tous secrètement musulmans, ou plus certainement francs maçons, ou juste d'une religion dans le Dieu suprême porte le nom de Marché, Concurrence, grand capital ! 

 

C'est pour tout cela que nous allons devoir voter. Pour un organe pratiquement sans pouvoir, vérolé par les lobbys des grandes entreprises qui aident à produire les normes qui nous aliènent toujours plus, qui nous contrôlent toujours plus. 

 

A une époque où même le fait de manifester contre un gouvernement est devenu un crime en France et est presque impossible, sans risquer de se faire gazer, frapper, tuer, puis accuser d'actes de terrorisme, on s'approche du moment où il ne sera même plus possible en Europe de tenir un blog comme celui-ci, un blog où l'on peut librement appeler à combattre un État qui n'a plus de démocratique que le nom.

 

Les élections europeennes s'approchent. Et il semble qu'on est le choix entre la liste d'un gouvernement honni, haineux, liberticide, tueur, assassin et une liste diamétralement opposée, que je pourrais qualifier de patriotique. Mais certainement également dangereuse, dont on ignore les projets réels, et dont certains des membres ne doivent pas être très recommandables. Crânes rasés, blousons noirs et croix gammées.

 

Voilà le choix qui nous attend. Et une certitude : nous aurons une putain de surprise le soir du 26 mai 2019. 

 

 

Saucratès 


12/05/2019
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Pensées pour une amie

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 9 mai 2019

 

Je voudrais essayer de répondre aux questions d'une amie sur le sens que l'on peut donner à sa vie. Ou plutôt pas tant y répondre que de tenter d'y réfléchir ... Que peut-on attendre d'une vie. Comment est-il possible de se satisfaire de sa vie. Parce qu'on est vraisemblablement tous relativement insatisfait de notre vie. Existe-t-il une personne qui pense que sa vie est parfaite, merveilleuse, qu'il fait un métier qui le satisfait pleinement, totalement, qu'il vit dans un cadre idyllique, qu'il vit avec les personnes parfaites, avec lesquelles vivre est un véritable bonheur, une bénédiction, et qu'il est en somme parfaitement heureux ? De telles personnes existent forcément : ce sont des sages, non pas des philosophes mais juste des personnes heureuses, sages. Mais sinon, l’immense majorité des personnes ne sont pas sages, ou alors elles ne sont pas chanceuses (au cas où le bonheur ne serait pas question de sagesse mais simplement de chance). Sinon, il n'y aurait pas des couples qui se sépareraient. Il n'y aurait pas des personnes qui demenageraient, qui changeraient d'employeurs, qui accepteraient des mutations jusqu'à l'autre bout de la Terre, aussi sages et epanouies que ces personnes puissent paraitre. 

 

Le secret de la sagesse ? L'âge d'abord ! Il est tellement plus simple d'apprendre à être heureux lorsque l'on a pris de l'âge, lorsque l'on a vécu, lorsque l'on a vecu des histoires, des situations et des relations différentes, nombreuses. On apprend à tout âge, on apprend de soi sur ses relations aux autres à tout âge. Devenir sage  ou apprendre, c'est prendre des coups et apprendre de ces coups. Mais c'est surtout apprendre à se satisfaire de ce que l'on a, de ce que nous entoure, de ceux qui nous accompagnent. On peut etre heureux dans la pire misère, et on peut être malheureux dans la plus grande opulence financière. Tout ceci n'existe pas. Seul compte nous. On n'a besoin de rien pour être heureux. Et on peut apprendre à être heureux lorsque l'on a quand même beaucoup de chose, que l'on a un toit pour vivre, un travail pour exister, suffisamment pour manger pour soir et pour ses proches. Tout le reste n'est que du superflu. Et il faut aussi apprendre à se contenter de ceux qui nous entourent, apprendre à voir à eux l'etincelle de vie divine qui les qui les emplit, et apprendre à voir en leurs faiblesses et en leurs limitations, leurs fautes, ce qui les rend uniques, ce qui nous doit nous attendrir. Les sages le font avec leurs pires ennemis ; on devrait être capable de le faire avec des gens que l'on a aimé par dessus tout, avant que l'habitude ne bousille tout.

 

Evidemment, l'homme et la femme sont des êtres insatisfaits par nature. Je ne peux parler que de ce qu'un homme peut souhaiter. Aucune idée de ce qu'une femme peut penser. Je pense que la majorité des hommes souhaitent, rêvent de scènes de sexe torride, souhaitent vivre avec la femme parfaite, et rien n'est plus étranger à cette femme fantasmée que leur épouse qui a donné la vie à leurs enfants. Forcément, c'est la rencontre entre le fantasme et la réalité de l'amour. Mais si ma femme me demandait si notre relation me satisfaisait, que lui répondrais-je ? Je ne lui répondrais jamais que je rêve d'une autre femme. Je l'embrasserais, je souhaiterais la rassurer en l'assurant que je n'aime qu'elle. Evidemment. Mais au fond, serais-je vraiment heureux avec la femme parfaite, mince, merveilleusement belle, au corps sublime, rousse, blonde ou brune, que je vois dans des magazines ? Je sais évidemment qu'il n'en serait rien. Que je suis mille fois plus heureux là que je ne pourrais l'être avec la femme sublime, parfaite, fantasmée ! De la même manière, je doute qu´une femme (que ma femme) ne rêverait pas non plus d'un Apollon aux yeux de braise, aux abdominaux en forme de tablette de chocolat, que ce soit un dieu norvégien ou un dieu d'Hollywood. Evidemment que la comparaison ne serait pas à mon avantage.

 

Quoiqu'une femme puisse vouloir, ou quel que soit ce dont elle rêve, ce ne devrait pas être beaucoup plus accessible que ce sur quoi un homme fantasme. Je pense que le sens de la vie, c'est d'apprendre à être heureux, à se satisfaire de ce que l'on a, de ce qui est notre vie. 

 

Chercher un sens à la vie, penser à chercher le bonheur en envisageant éventuellement de tout recommencer, une nouvelle fois, seul ou à deux ou à trois, je pense que c'est le propre des gens en bonne santé. Il faut pour cela avoir une espérance de vie de plusieurs dizaines d'années devant soi, il ne faut pas avoir peur de mourir le lendemain, ou dans deux ou trois ans. Cela ne veut pas dire qu'une personne qui sait sa vie menacée à brève échéance ne voudra pas justement vivre ses dernières années sans faux semblants, sans vivre à moitié, une vie de merde, sans beauté. Mais penser que l'on peut recommencer sa vie, c'est une coquetterie de personnes en bonne santé. Lorsque l'on est confronté à sa propre mortalité, il est peut-être plus simple de devenir sage, de se rendre compte que l'on était heureux, que l'on était chanceux. Ou pas ! On peut aussi s'apercevoir que l'on s'était fourvoyé.

 

J'aimerais être sage, j'aimerais être heureux (et d'une certaine façon, je le suis souvent), et j'aimerais pouvoir expliquer comment le devenir. Dans ma jeunesse, j'ai longtemps été beaucoup moins heureux de ma vie, de mon existence. À une époque, chaque semaine qui commençait était sans intérêt, sans joie, une corvée. Et puis, j'ai peu à peu découvert le bonheur d'être en couple, d'être à deux, puis plus nombreux. Aujourd'hui, je suis même peut-être presque heureux, non pas sage, parce que je ne sais toujours pas me satisfaire de ce que j'ai. Mais juste heureux le plus souvent ...

 

 

Saucratès


09/05/2019
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Répression judiciaire et manipulations médiatiques à l'encontre du mouvement des gilets jaunes

Saint-Denis de la Réunion, dimanche 5 mai 2019

 

Un ministre de l'intérieur qui transforme et présente une fuite désordonnée de manifestants comme une attaque d'un hôpital par des gilets jaunes et des black blocks. C'est le quotidien de cette guerre que livrent Emmanuel Macron, Édouard Philippe et le gouvernement macroniste au mouvement des gilets jaunes et à leurs plus populaires porte-paroles ! Chaque samedi de manifestations présente son lot de manipulations médiatiques, de scènes détournées de la part d'une majorité et d'un gouvernement aux abois, apeurés, qui ne tiennent que par la protection des forces de police et de l'armée, que par la peur de la violence étatique. 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/04/1er-mai-les-gardes-a-vue-de-la-pitie-salpetriere-denoncent-un-engrenage-politique_5458338_3224.html

 

On en a vu des scènes édifiantes sur quelques chaînes télévisées de débats, des scènes surréalistes où des vieux messieurs et de vieilles dames, réfugiés derrière des rideaux métalliques, se font frapper, rouer de coups, gifler, tabasser par des policiers ou des gendarmes mobiles visiblement excédés, dépassés, violents. Et ce même gouvernement, ce même président de la République nous expliquent doctement qu'on ne peut parler de violences policières, qu'il n'y a pas de violences policières. Très bizarrement, pour ce gouvernement, lorsque l'on voit des violences policières se produire, il faut toujours se rapporter aux événements qui les ont précédés. Par contre, lorsque des violences proviennent de gilets jaunes ou de citoyens, il n'est jamais fait référence aux événements qui ont précédé. Je pense notamment au boxeur de flics de la passerelle Léopold Sedar Senghor à Paris ; a-t-on entendu un membre du gouvernement indiquer qu'il fallait regarder ce qui s'était passé juste avant, lorsque ces mêmes policiers frappaient des gilets jaunes, des femmes et des enfants, avant de rencontrer quelqu'un qui soit de leur taille, qui soit capable de se défendre ? Non ! Ce qui marche pour les flics ne marche pas pour les gilets jaunes. Pour les gilets jaunes, on ne parle que répression policière, répression judiciaire et acharnement médiatique !

 

Cette fois-ci, l'arnaque de Castaner a échoué ! Des médias de presse ont démontré et ramené la supposée attaque terroriste de l'hôpital parisien de la Salpetrière à sa juste proportion. Des politiques de droite, de gauche, d'extrême droite ou d'extrême droite ont exigé la démission du ministre de l'intérieur, pour avoir menti éhonteusement à la représentation nationale et aux médias. Mais pour une manipulation macroniste des esprits qui a échoué, combien d'autres manipulations médiatiques de ce même gouvernement n'ont pas échoué, ont réussi, ont payé ? Combien de fois les politiques à l’unisson ont condamné les horribles gilets jaunes criminels ? Comme dans le cas de ces manifestants qui avaient osé railler les suicides des policiers et des gendarmes en les 'incitant' à se suicider (comme si c'était possible d'inciter à un tel acte !).

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/04/30/un-gilet-jaune-condamne-a-huit-mois-de-prison-avec-sursis-pour-avoir-crie-suicidez-vous-a-des-policiers_5456517_1653578.html

 

Ou bien le cas de ce boxeur qui s’est laissé aller à boxer des policiers ou des gendarmes, alors qu’il aurait dû laisser ces brutes frapper des femmes, des vieux et des enfants, sans rencontrer de résistance, comme ils aiment tellement le faire. Ou encore celui de ces manifestants qui osent parler de guillotine à un député LREM, qui s’était senti tellement menacé et choqué. Et qui seront aussi condamnés par la justice aux ordres. Ou bien ceux de ces manifestants qui ont osé dégrader l’arc de triomphe sur les Champs Elysées. 

 

Et après ces condamnations politiques unanimes, à l’unisson, on voit intervenir la pénalisation à outrance, immédiate à l’encontre de ces monstres, de ces horribles terroristes, de ces affreux fâcheux qui ont osé troubler la tranquille et éclairée présidence jupitérienne du dieu réincarné de la politique, le héraut de la sociale démocratie française. Alors que les violences perpétrées par les forces de l’ordre restent impunies, sont peut-être même encouragées par le pouvoir en place, par leur hiérarchie, la justice est expéditive à l’encontre des gilets jaunes. 

 

Ce n’est pas simplement incompréhensible, ce n’est pas inaudible, c’est la preuve que la France n’est plus une démocratie, la preuve que l’élection de François Hollande puis d’Emmanuel Macron nous a fait basculer hors du champ démocratique, dans le champ d’une anti-démocratie ultra libérale. Il faut lire à ce sujet la charge du Monde Diplomatique contre les réformes judiciaires en matière de droit du travail de ces deux derniers gouvernements.

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/05/MEYNAUD/59867

 

 

Saucratès


05/05/2019
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