Dieu
Histoire de la Laïcité
Parlons Histoire. Parlons de ce monument extraordinaire qu’est censée être la «loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise» de décembre 1905, socle de ce que l’on sanctifie comme étant la pierre angulaire de la sainte et très laïque Laïcité !
«La loi, adoptée et promulguée en décembre 1905, qui prononçait la séparation de l'État d'avec les Églises – le pluriel, souvent oublié, est d'importance – est considérée comme un des grands textes de la IIIe République qui ont modelé la société moderne, tant par sa portée symbolique que par ses propres dispositions.»
https://francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/40036#
Dans les faits, cette loi nait dans un climat beaucoup moins apaisé qu’il n’y parait, ou que l’on voudrait nous le faire croire aujourd’hui. Cette loi nait du conflit séculaire entre les monarchistes et les républicains, entre la Droite et la Gauche.
Nous sommes en effet en pleine période des soubresauts de l’affaire Dreyfus, alors que la Gauche est convaincue que la République est en danger en l’année 1899. La tentative de renversement du gouvernement par le dirigeant de la Ligue des Patriotes, Paul Déroulède, misant sur les sentiments antirépublicains de l'armée, qui tente sans succès d'entraîner les troupes du général Georges-Gabriel de Pellieux puis du général Roget à marcher sur le palais de l'Élysée lors des funérailles de Félix Faure, le , fait craindre le pire.
Aussi, le gouvernement de Défense républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau puis le cabinet Émile Combes cherchent à assurer le régime en procédant à une épuration contre les institutions considérées comme antidreyfusardes, au premier rang desquelles figure l'armée.
Carte postale satirique dépeignant la décapitation de l'Église catholique par Émile Combes
À noter qu’en parallèle des retombées de l'affaire Dreyfus, le cabinet Combes est déjà à l’époque largement influencé par la franc-maçonnerie et notamment par la loge du Grand-Orient de France. Ce projet de séparation de l’Etat et des Églises est d’ailleurs intimement lié à une autre affaire de cette époque dite des fiches : les convictions religieuses des officiers catholiques sont directement tenues comme une preuve d'hostilité à la République et le cabinet Combes veut pouvoir bloquer la carrière de ces officiers, quelque soit leur mérite et leurs compétences. Ces fiches sont élaborées et transmises au ministère de la guerre directement par les loges provinciales des francs-maçons du Grand Orient de France.
Émile Combes, ex-séminariste devenu athée et adversaire déterminé de la religion catholique, aux convictions anticatholiques affirmées, est porté au gouvernement par une poussée radicale, au terme des élections de 1904 qui se sont faites sur le thème : pour ou contre le fait d’appliquer la loi de 1901 (sur les association) avec une vigueur accrue ?
Combes ne cache pas dès son investiture sa volonté de mener une politique «énergique de laïcité». Cette déclaration est suivie d’un durcissement des dispositions prises précédemment par Waldeck-Rousseau : les demandes d’autorisations des congregations religieuses sont refusées en bloc, pour assurer définitivement la victoire du laïcisme anticlérical sur le catholicisme. De fait, religieux et religieuses sont expulsés de France. Ceux qui résistent en prétendant au droit de rester dans leurs couvents sont expulsés manu militari, tels les chartreux, que des gendarmes viennent tirer de leur retraite pour appliquer la loi d’interdiction. C’est ainsi que des milliers de religieux trouvent refuge dans des terres plus hospitalières.
A noter également que le grand Georges Clémenceau se fera encore plus radical en réclamant la suppression pure et simple des congrégations, considérées comme prolongements du «gouvernement romain» en France. Émile Combes interdit l’enseignement aux congrégations par la loi du 7 juillet 1904 et leur enlève ainsi également la possibilité de prêcher, de commercer, étant entendu que les congrégations enseignantes doivent disparaître sous un délai de dix ans. Combes prépare ainsi une laïcisation complète de l’éducation.
L’interdiction de l’enseignement aux congrégations provoque un conflit avec le pape qui entraîne la rupture des liens diplomatiques entre le gouvernement français et la papauté.
La fin des relations entre la République et la papauté rend le régime concordataire de 1802 caduc : la séparation est donc inévitable, et Combes s’y rallie, puis Aristide Briand.
La tâche d’Aristide Briand s’annonce complexe : il va devoir convaincre une partie de la droite catholique que cette loi n’est pas une loi de persécution de l’Église, sans toutefois se montrer trop conciliant aux yeux d’une gauche radicale ou d’une extrême gauche qui voudrait éradiquer le «bloc romain».
La loi fut votée le 3 juillet 1905 par 341 voix contre 233 à la Chambre, et le 6 décembre 1905 par 181 voix pour contre 102 au Sénat. Elle est promulguée le 9 décembre 1905 (publiée au Journal officiel le 11 décembre 1905) et entrée en vigueur le 1 janvier 1906. Elle met fin à la notion de «culte reconnu» et fait des Églises des associations de droit privé. De plus l’article 4 organise la dévolution des biens des établissements publics du culte à des associations cultuelles.
La Sacrée Pénitencerie du Vatican confirme en 1908 que les députés et sénateurs ayant voté la loi encourent l’excommunication.
La loi est violemment critiquée par le pape Pie X dans sa lettre encyclique Vehementer nos du 11 février 1906, qui condamne la rupture unilatérale du concordat de 1801 ; proteste contre les nouvelles spoliations ; refuse catégoriquement la mise en place des associations cultuelles, incompatibles avec l’organisation hiérarchique canonique catholique et les fonctions ministérielles respectives de l’évêque et du curé qui en découlent (Gravissimo officii munere, août 1906).
Les juifs et les protestants, quant à eux, font bon accueil à une loi qui correspond à leur mode d’organisation traditionnel de type presbytérien, le président de la commission ayant préparé la loi, Ferdinand Buisson, étant lui-même un protestant libéral.
Les inventaires et la confiscation des biens de l’Église suscitent des résistances dans certaines régions traditionalistes et catholiques, notamment l’Ouest de la France (Bretagne, Vendée), la Flandre et une partie du Massif central. Le 3 mars 1906, lors de la tentative d’inventaire faite dans la commune de Montregard, un homme, André Régis, est grièvement blessé ; il mourra le 24 mars. Le 6 mars 1906, à Boeschepe (Nord), lors d’un autre inventaire, un paroissien, Géry Ghysel, est abattu dans l’église.
Devenu ministre de l’Intérieur, Clemenceau, notoirement anticlérical, joue néanmoins l’apaisement, mettant fin à la querelle des Inventaires par une circulaire de mars 1906 invitant les préfets à suspendre les opérations d’inventaire dans les cas où elles doivent se faire par la force alors qu’il ne reste plus que 5 000 sanctuaires, sur 68 000, à inventorier.
C’est à l’occasion de la Première Guerre mondiale que la question religieuse est reléguée au second plan et que l’«Union sacrée» rassemble une France unie sous la bannière tricolore.
Dès le début de la Première Guerre mondiale, le , Louis Malvy, ministre de l’Intérieur, envoie une circulaire aux préfets demandant que les congrégations catholiques, expulsées, soient de nouveaux tolérées. Toutes les mises à l’écart du catholicisme sont révoquées et une ouverture appréciable est faite vers le monde catholique, qui n’est plus au ban de la République».
Et en mai 1921, les relations diplomatiques sont rétablies avec le Vatican, le pape Benoît XV se montrant bien plus conciliant que Pie X, notamment en promettant de consulter Paris avant la nomination des évêques. Le dialogue avec le Vatican aboutit, en 1924, au compromis des associations diocésaines. Autrement dit, l’organisation de type épiscopal de l’Église catholique est considérée conforme à la loi ce qui permet de sortir du blocage provoqué par l’absence, depuis 1905, de création des associations cultuelles catholiques prévues par la loi.
Enfin l’Alsace et la Lorraine rattachées à nouveau à la France sont maintenues dans le statut concordataire qu’elles avaient en 1870, lors de l’annexion à l’Empire allemand, sachant que le Reich leur avait conservé ce statut sans le modifier.
La querelle religieuse menace de se rallumer après le succès du Cartel des gauches aux législatives du dernier avait promis d’étendre la loi de 1905 à l’Alsace-Lorraine, malgré la promesse contraire faite lors du rattachement de 1919. Les élus des trois départements concernés s’y opposent. Des manifestations massives sont organisées et le gouvernement d’Édouard Herriot renonce finalement à remettre en cause les arrangements antérieurs.
Cette question est néanmoins revenu récemment (en 2013) dans l’actualité, à l'occasion de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) relative au concordat en Alsace-Moselle. Le Conseil constitutionnel a statué en février 2013 en reprenant dans ses attendus de larges passages de la loi du , intégrant de facto cette loi au bloc de constitutionnalité. Le conseil constitutionnel y avait confirmé la validité de cette exception du concordat en Alsace-Moselle.
Quelle conclusion ? Loin d’être un merveilleux moment de paix et de tolérance, la laïcité et la loi de 1905 de séparation de l’Etat et des Églises est avant tout une guerre opposants la haine des laïcards au peuple des catholiques français. A cette occasion, il faut se rappeler que longtemps durant, la France et les laïcards se sont acharnés à l’encontre des catholiques français et des associations catholiques qu’ils sont allés jusqu’à les placer au ban de la République.
https://www.vie-publique.fr/fiches/271400-la-loi-du-9-decembre-1905-de-separation-des-eglises-et-de-letat#
Je veux bien qu’on nous raconte plein de conneries sur la laicité, qu’on nous en fasse des panégyriques et des caisses, mais il ne faudrait pas qu’on oublie que c’est d’abord et avant tout une loi d’exclusion et de haine, cette haine des laïcards qui ne peuvent toujours pas tolérer la liberté de penser et de croire de ceux qui ne sont pas de leur avis, de ceux qui ne se positionnent pas comme athées. Tout en sachant que les francs-maçons oeuvrent toujours partout au sein du monde politique, et qu’eux n’ont jamais été inquiétés et agissent toujours dans l’ombre.
Saucratès
À tous ceux qui pensent qu’on doit tout accepter
C’est un message adressé à tous ceux qui pensent qu’on doit tous accepter en matière d’évolution des mœurs : suicide assisté, mariage homosexuel, transidentité, gestion pour le compte d’autrui, etc …
Les changements dans les opinions majoritaires des sociétés dans lesquelles nous vivons, les misères sociales, affectives ou les douleurs dans lesquelles certains disent vivre, estiment vivre, estiment ne plus pouvoir vivre, ce que certains estiment leur droit à vivre comme ils le veulent ou à mourir comme ils le veulent, tout ceci peut-il s’imposer à nous tous sans que nous n’ayons rien à dire contre, rien le droit de dire contre ?
Au fond, tout ceci heurte les morales religieuses, et tout particulièrement la morale catholique. Pour la plus grande partie de ces évolutions sociétales, le mal est déjà fait, portées par des partis politiques qui se trouvent historiquement en marge de la morale catholique, des partis politiques athées qui revendiquent leur athéisme. C’est au fond un clivage droite-gauche autour de la religion et de la morale que plus personne ne reconnaît en tant que tel, et bien plus prenant que l’opposition entre les riches et les pauvres. Opposition oubliée, écrasée dans le cadre de la recomposition entre la droite, le centre et la gauche orchestrée par Macron en cherchant à prendre le pouvoir.
On declare souvent que l’écologie est l’impensé du discours de la Droite. L‘existence de Dieu et de la morale chrétienne est également l’impensé du discours de LFI et des écologistes, ainsi qu’en partie du Parti socialiste. Il est évident qu’ils sont tous athées ; on ne peut être extrémiste et féministe en se reconnaissant dans la morale catholique.
Le drame de la France, c’est son basculement dans une ère post morale catholique, post réseaux sociaux 2.0, où une supposée morale républicaine, une supposée déontologie financière décidée dans les entreprises et dans les administrations remplacent les valeurs de morale catholique. Sommes-nous arrivés au terme de l’affrontement initié à la fin du dix-neuvième siècle et au debut du vingtième siècle entre la République, les laïcards, et les prêtres et notables, le peuple des catholiques pratiqusants ? Non parce qu’entre temps, la religion catholique elle-même a changé de place et loin d’être désormais l’ennemi, elle est devenue une philosophie morale parmi d’autres, qui aspirent juste à l’universalisme. Elle ne peut plus aspirer, et elle ne cherche plus, à diriger la société et à imposer sa volonté, sauf sur certains principes comme les sacrements, du mariage, du baptême, ou la mort. Et encore, ce n’est pas tant elle qui est en cause qu’une idée supérieure à l’humanité, propre à la nature, qui interdit ces choses-là.
On dit souvent que l’Homme s’est construit dans la Culture par opposition à la Nature, s’est arraché à la Nature. Cette opposition entre la Culture et la Nature se retrouve-t-elle dans le mariage homosexuel ? Évidemment que non puisque le mariage lui-même ne se retrouve probablement pas en dehors de la culture humaine ; il n’existe pas de cérémonies de mariage ailleurs dans le règne animal, mis à part dans le Roi Lion de Walt Disney. Le mariage homosexuel ne peut pas plus appartenir à la Culture que le mariage entre un homme et une femme à la Nature. Tous deux relèvent de la Culture. Et le premier de la Culture européenne dépravée.
Après le mariage homosexuel, on veut donc imposer à la société française la légalisation de l’Euthanasie et du suicide médicalement assisté ? Comme dans d’autres pays européens.
Comme tant d’autres personnes vraisemblablement, comme j’imagine de nombreux hommes d’Eglise et de croyants, j’ai un problème avec cela. Légiférer sur un droit à mourir dans la dignité est-il moralement et religieusement entendable ? Au fond, je n’ai pas de problème éthique avec cette question, à laquelle je serais peut-être confronté, ne pas finir comme une loque, comme un fardeau pour mes proches, sans toutes mes facultés. Je suis d’accord avec l’idée que nul ne devrait endurer cela. Perdre le sens de la réalité et cesser peu à peu d’être soi-même.
Je suis évidemment d’accord avec bon nombre de ces arguments, mais est-ce que cela rend légitime le fait même de se suicider volontairement, de mettre fin à ses jours, aux yeux de Dieu lui-même et des saintes écritures ? C’est là pour moi le principal problème. Et c’est là pour moi le problème éthique supérieur qui se pose à chaque député qui sera appelé à se prononcer sur ce texte. Pourra-t-il, en son âme et conscience, voter favorablement sur un tel texte, même si cela correspond à une évolution sociétale reconnue dans la société, sur un besoin de mourir dans la dignité. Cela ne risque-t-il pas demain de lui être reproché à l’heure de son propre jugement dernier ? Comment ne pourrait-il pas y penser ?
Le Paradis et l’Enfer existent-ils ? Les lois humaines peuvent-elles imaginer qu’elles contraignent les Lois divines ? Au fond, quelques puissent être les lois humaines et ce qu’elles autorisent et ce qu’elles condamnent, cela peut-il avoir le moindre effet sur les Lois Divines édictées par Dieu lui-même. Encore faut-il évidemment croire à Dieu pour croire cela.
Je n’ai bien évidemment rien contre l’homosexualité ou le droit à mourir dans la dignité, et je serais probablement attiré par l’un ou l’autre avant ma mort. Mais je crois aussi que le suicide, l’homosexualité, la masturbation, le vol, l’envie, sont des péchés capitaux. Nombre d’entre nous croient qu’ils ne peuvent plus croire en la religion catholique parce qu’elle interdit tout ceci. Mais il n’en est rien. Que le Pape leur donne sa bénédiction ou non ne changera rien au fait que ce sont probablement des péchés capitaux et que la justice Divine nous les reprochera le jour du Jugement dernier.
C’est pour cette raison que je condamne toute la polémique autour de l’abbé Pierre, même si il a fait souffrir des femmes et des enfants. Nous sommes tous confrontés à nos pulsions et nous cherchons tous plus ou moins à les contenir, à les contrôler, à correspondre à ceux que nous croyons être les attentes de Dieu nous concernant. Nous faisons tous du mieux que nous pouvons, avec nos pulsions. Certains d’entre nous ont probablement la chance de ne pas avoir de pulsions, ou de les contrôler parfaitement, les oublier, croire en l’amour de Dieu. D’autres n‘ont pas cette chance, dévorés par des pulsions qui les poussent à faire encore plus le Bien, être encore plus dévoué à Dieu pour tenter de racheter le plus possible leurs péchés, leurs manquements, l’abomination de leur lucre et de leurs pulsions. Au fond, cela rend ces personnes encore plus méritantes. Je ne sais pas si leurs bonnes actions compenseront leurs péchés, s‘ils se trouvent en Enfer ou au Paradis.
Saucratès
Aux origines de la Religion et de la Philosophie
Dieu, l’Homme et la philosophie
Par Saucratès
Paris onzième, jeudi 14 décembre 2023
Qu’est-ce que Dieu ? Qui est Dieu ? Pourquoi l’homme a-t-il besoin de croire en Dieu ou en autre chose ? Ou bien en quoi pourrait-il croire s’il ne croit pas en Dieu ? Pourquoi l’Homme pense-t-il ? Et depuis quand ? Et qu’est-ce que la philosophie ?
Sont-ce les grandes questions métaphysiques existentielles ? La première question porte, je pense, sur la place respective de la religion et de la philosophie. La religion a-t-elle commencé avec l’invention des Dieux, au début des premières civilisations de l’écrit, ou bien la religion et la croyance en un Dieu, ou des Dieux, bienveillants ou malveillants, préexistaient-elles à ces premières civilisations de l’écrit, aux temps antérieurs au néolithique ? De la même manière, la philosophie a-t-elle démarré avec la Grèce antique, avec Socrate ou avant cela avec les philosophes présocratiques, ou bien existait-elle avant la Grèce antique, au cours des millénaires antérieurs qui se sont déroulés en Égypte, en Sumer, en Chine ou dans la vallée de l’Indus ?
À la première question, sur l’existence préhistorique de la croyance en des Dieux, en des êtres surnaturels, on peut se rappeler toute la controverse sur l’existence ou non d’une croyance et d’une religion adorant une déesse mère, schématisée autour de ces multiples statuettes de déesses mères trouvées dans les grottes préhistoriques. Ces statuettes représentaient-elles, témoignaient-elles d’une adoration d’une sorte de déesse mère ? Ou bien s’agissait-il de toute autre chose, de symbole de la fécondité ou autre symbole ? Les préhistoriens ne sont pas tous d’accord sur l’objet et les symboles de ces statuettes.
Il existe une autre réponse à cette question. Elle se trouve dans l’ancienneté des grandes formes des mythes des origines, qui font tous intervenir des Dieux ou des personnages légendaires et supérieurs aux humains. Et ces mythes sont extrêmement anciens, bien antérieurs aux premières civilisations de l’écrit que j’ai cité. La répartition géographique de ces mythes permet de faire remonter l’origine de ces mythes de la création du monde, de ces discours sur l’origine des sociétés et de l’homme, à plus de 100.000 ans dans le passé pour les plus anciens des mythes primordiaux. Le discours des aborigènes australiens remontent probablement aux premiers temps de leur arrivée en Australie, vers il y a 50.000 ans.
Et ces mythes, quelque soit la manière dont ils ont évolué, dont ils ont pu se combiner avec d’autres mythes, d’autres discours, d’autres religions, font intervenir des Dieux ou des personnages ou des animaux légendaires. La croyance en des Dieux, en des entités surnaturelles, dépassent forcément de très loin les premières traces écrites que les premières civilisations de l’écrit nous ont laissé. On sait que l’écriture de la Bible a été influencé par les mythes babyloniens et sumériens. Vraisemblablement, ces premiers mythes sumériens ont dû également être influencés par des mythes bien plus anciens d’autres peuples dont il ne nous reste aucune trace écrite et aucun souvenir historique.
A l’exception de nos peuples occidentaux urbains modernes, le reste de l’humanité croit encore aujourd’hui en des entités surnaturelles. Je fais partie d’un peuple pétri de religiosité et de surnaturel, qui croit encore à la légende de l’Ankou. Et dans ma prime enfance, certainement bercé par les contes et légendes bretonnes, j’étais persuadé que je tomberais, en soulevant les rochers pour la pêche aux coquillages, sur le roi des crabes ou le roi des poissons. Un crabe à la carapace immense, bien plus grand que le jeune enfant que j’étais. Et même si j’étais d’un caractère rêveur, je ne peux avoir été le seul à croire en l’existence de tels êtres surnaturels. De telles croyances on existait de tout temps comme nous l’enseigne les contes et légendes qui se perpétue jusqu’à nous, depuis des temps immémoriaux.
Si ces croyances ont existé de tout temps, vraisemblablement depuis au moins 100.000 ans, il est possible que ces croyances ne reposaient pas sur l’existence d’un Dieu unique et tout puissant, ni sur un Dieu vengeur. L’existence de croyances préhistoriques en des entités surnaturelles n’implique pas évidement que l’on puisse parler de religions préhistoriques. Pas de bible. Juste une histoire de la création du monde que l’on se transmet de générations de conteurs en générations de conteurs …
Pour la deuxième question posée quant à l’origine de la philosophie, cette question équivaut à se demander si la manière de se penser des égyptiens et des sumériens de l’Antiquité correspondait à un questionnement sur le but de l’homme, sur la recherche du bonheur. Les hiéroglyphes égyptiens et les pictogrammes sumériens ne nous renseignent pas sur ce problème. On y trouve des codes de lois, des inventaires marchands, des discours de la création, mais pas de traités sur le bonheur ou sur le bon fonctionnement de la cité. Une autre façon de chercher une réponse à ces questions est d’interroger les civilisations archaïques que l’on a découvert au cours des derniers siècles, au moment de leur premier contact avec l’Occident, que ce soit en Afrique, en Australie, en Nouvelle-Guinée ou dans la forêt vierge amazonienne. Les hommes et les femmes de ces sociétés archaïques avaient-ils développé une philosophie, sur le bonheur, sur les formes idéales de fonctionnement des sociétés, sur ce qu’est l’homme et l’humanité ?
Question à laquelle, je le crains, il n’y ait pas vraiment de réponses. Les anthropologues qui ont étudié ces peuples nouvellement découverts, qui ont été au contact de ces peuples, s’intéressaient à collecter de nombreuses informations, mais je n’ai pas lu qu’ils avaient cherché véritablement à se demander s’ils disposaient d’un discours philosophique. Mis à part Pierre Clastres qui nous a transmis de sa rencontre avec les indiens Guayakis ce qu’il a appelé ‘Le grand Parler, Mythes et chants sacrés des Indiens Guarani’, ce qu’il a appelé comme une forme de discours mélancolique des indiens Guayakis sur la fin de leur vie d’errance.
Au fond, l’invention et l’usage du terme de philosophie n’est-il qu’un concept ethnocentrique de l’Occident et de ces racines qui plongent dans la Grèce antique platonicienne. N’est-ce pas uniquement parce que nous avons conquis le monde entier que nous pensons que la philosophie est une constante inamovible de la pensée humaine ? L’existence et l’invention de la philosophie ne dépendent-elles pas de la confrontation à de multiples formes de sociétés, d’organisations sociales différentes, comme cela a été le cas dans la Grèce antique, ce creuset géographique microscopique où s’inventa la cité athénienne ou spartiate, la démocratie et la tyrannie ? Des sociétés archaïques en Afrique, en Amazonie ou en Australie, qui ont réussi à maintenir inchangées et immuables des organisations sociales inchangées pendant des millénaires, qui ont réussi à rejeter toute apparition de l’Un, du pouvoir coercitif, ces sociétés pouvaient-elles avoir un discours sur la meilleure forme d’organisation de la société et de l’homme, alors que toute leur énergie passait dans le processus de maintien et de défense de leur forme de société. Le discours servait à rappeler l’origine de la tribu et l’égalité de tous contre tous, et ce discours n’aurait pas pu tolérer une réflexion philosophique sur ce que serait la meilleure forme de gouvernement, sur le rôle de l’homme, sur la recherche du bonheur …
La philosophie implique la possibilité d’interroger et de remettre en cause l’organisation de la société telle qu’elle fonctionne. La philosophie n’a probablement pas pu apparaître avant qu’une telle capacité de la société à accepter sa remise en cause ne soit acceptable et possible. Et probablement cette tolérance n’a pas été possible avant cet exceptionnel accident historique et géographique que fut l’apparition des premières cités de la Grèce antique. Tout comme cette tolérance n’a pas survécu, ou très difficilement survécu, aux temps obscurs du moyen-âge occidental tout comme aux siècles obscurs de l’islamisme, même si la splendeur des débuts de l’islam ont permis la redécouverte des sagesses antiques que l’Occident avait totalement oublié lors de ce même moyen-âge.
Il me resterait maintenant à parler de Dieu et de l’homme …
Saucratès
Du péché
Du péché
Par Saucratès
Saint-Denis de La Reunion, Samedi 5 novembre 2022
Parlons donc de la notion de péché ! Le péché est en effet sous-jacent à de nombreuses discussions sur la question de l’homosexualité et des positions que devrait prendre l’Eglise catholique apostolique vis-à-vis d’elle.
Évidemment, sur ce point-là, il n’y a vraiment rien de simple dans ce que l’on peut dire. On ne choisit pas son orientation sexuelle ; j’en ai bien peur. Je n’ai pas choisi d’aimer les femmes, pas plus que d’autres hommes n’ont choisi d’aimer les hommes. Et inversement. Certaines femmes aiment les hommes, et d’autres les femmes.
On peut ainsi croire en des centaines d’explications de l’homosexualité ou de l’hétérosexualité. Personnellement, je pense que c’est l’hétérosexualité qui est naturelle, c’est-à-dire conforme à la nature de l’homme et de la femme, que ce qui est naturel est le fait d’être attiré par une personne du sexe opposée. Mais d’autres personnes pensent que légitimement que le sexe d’une personne n’est pas fixé à la naissance, ou que des enfants peuvent ne pas se reconnaître dans leur sexe physique. Après tout, je ne suis pas totalement opposé à une telle vision dé la sexualité puisque je crois en la possibilité de la réincarnation et des vies antérieures.
Imaginons donc que dans toute la discussion que nous allons avoir, on ne veuille juger ni blesser personne mais que l’on cherche uniquement à réfléchir sur l’existence de cette notion de péché, de position de l’Eglise sur un certain nombre de sujets liés à la sexualité, et qu’en aucun cas, cela ne vaut jugement et condamnation de quelque orientation sexuelle que ce soit.
Ceci n’est pas non plus simple parce que nous avons tous aussi un jugement différent sur ce qu’est le péché, et nous ne parlons jamais de cette notion à personne d’autre qu’à notre for intérieur. On ne parle jamais de péché avec ses amis. L’un d’eux, David, se proclame athé mais ne croit-il vraiment pas en l’existence du péché ? J’avais une amie qui se disait agnostique mais elle a été frappée par une terrible maladie, le plus terrible des cancers, et avant de mourir, elle s’est fait baptiser et je pense qu’il n’y avait pas de personne plus religieuse et plus heureuse qu’elle dans ses derniers jours. Et pourtant, elle laissait une fille et un mari derrière elle. J’ai une autre amie (Bérénice) qui doit être la plus respectueuse des préceptes de la religion, mais son meilleur ami est homosexuel et elle se trouve être la plus ardente des défenseurs des droits des homosexuels.
Le péché est donc une notion apprise de notre enfance, fruit de l’éducation donnée par nos parents, de l’éducation religieuse que nous avons reçue au catéchisme ou à la mosquée, ou ailleurs, et de ce que l’on en a conservé, intégré, intériorisé. Et surtout, sauf dans de très très rares occasions comme des situations de malaise entre personnes très proches, on ne parle jamais de cette notion de péché. Je pense que nombre de mes amis cherchent en permanence à agir bien, conformément à ce qu’ils estiment être la morale, ils évitent de faire le mal intentionnellement, mais jamais on a abordé ce qu’ils estiment être le péché. Et inversement. Je pense même que ma femme ignore ce que je tiens pour péché et j’ignore ce qu’elle considère comme péché. Et ce n’est pas différent pour nos propres enfants. Seuls les prêtres par le biais de la confession en ont connaissance, pour ceux qui se confessent (ce n’est pas mon cas).
Il y a très longtemps, sur un autre site, la Nonobserverie, un autre internaute, Connaissance, m’avait plaint pour ma croyance religieuse. Je crois en un Dieu justicier, inflexible, comptable de chacune de mes actions, un Dieu vengeur, intransigeant, et qui me jugera ou me condamnera sur la somme de l’ensemble de mes mauvaises ou bonnes actions. Chacune mauvaise chose, chaque péché que je commettrais pèsera sur mon âme. La conséquence d’une mère terrible, tyrannique peut-être. Ou pas. Et la sexualité est certainement le lieu du pire de nos addictions, de nos mauvaises pensées. On en guérit avec l’âge, vraisemblablement pour la majeure partie d’entre nous. La vieillesse est un naufrage dit-on souvent, mais peut-être cela devient-il aussi une délivrance, que ce soit pour les femmes qui attirent moins la luxure des hommes, ou pour les hommes qui sont peu à peu délivrés de leurs pires instincts, de leurs pires désirs. Ou pas ….
Je parle ainsi de péché sans aucune référence à la religion. Je pense plus éducation, sur laquelle se greffe une notion forcément religieuse. Le père absent ou pas. La mère vengeresse, violente ou pas. Ou inversement un Dieu bon et aimant comme la mère que certains ont pu avoir, ou un père présent, proche, aidant. L’image de Dieu que nous avons tous dépend-il uniquement intimement de nos parents et des relations d’amour ou de peur que nous avons eu ? Si cela peut nous conduire à être des personnes bonnes cherchant à faire le Bien, tant mieux.
La notion de péché est donc aussi large que nos actions. Vol, viol, luxure, violence, meurtre et assassinat, mensonge, manipulation, diffamation, envie, la liste des péchés s’étend à l’infini. Pour certains et certaines, les relations sexuelles hors mariage sont également un péché. Mais parle-t-on de mariage civil, comme le mariage pour tous, ou de mariage religieux ? Aux yeux de certaines femmes, la polygamie serait ainsi moins un péché qu’un mariage civil sans mariage religieux, ce qui démontre ainsi la divergence entre cette notion de péché religieux et de légalité. Selon elles, un homme polygame musulman pourrait ainsi être moins fautif aux yeux de Dieu et de ses femmes qu’un occidental athée qui se refuserait à les épouser devant Dieu, à l’Eglise ?
La notion de péché semble ainsi extraordinairement variable d’une personne à l’autre, d’une religion à l’autre. Comment expliquer que la polygamie soit considérée comme un péché pour un catholique et non pas pour un musulman ? J’en suis arrivé à penser que si la première épouse du prophète avait refusé qu’il épouse une deuxième femme, la religion musulmane en eut été métamorphosée, et peut-être ne serait-elle jamais devenue la religion planétaire qu’elle est aujourd’hui.
On en arrive en quelque sorte à une vision psychologique du péché … Le péché ne serait qu’une construction psychologique, propre à une personne, en fonction de ce qu’on lui a appris, en fonction de la manière dont il l’a instrumentalisé, en fonction de la manière dont il a été éduqué, des parents ou des grands-parents qu’il a eus et qui l’ont éduqué.
Mais dans cette acceptation du péché, cela voudrait ainsi dire que si quelqu’un assassinait sans aucun remord, il ne commettrait pas de péché ? Sur une île de pirates, éduqué par des pirates tuant et détroussant les navires qu’ils capturent en haute mer, les enfants de ces pirates en tuant, assassinant, brûlant et violant les équipages des bateaux capturés, ne commettraient aucun péché ? Faux évidemment.
Le péché ne peut pas être ainsi psychologique. Il est indépendant de notre éducation, des étapes de notre vie, de nos parents. Il existe forcément une définition supérieure à l’homme du péché, des bonnes actions et des mauvaises actions. Et si le péché en lui-même existe, si nous sommes tous pêcheurs, alors Dieu existe forcément ! Je ne sais pas si ce Dieu pèse véritablement chacune de nos actions, leurs intentions ou leurs résultats, ou uniquement les mauvaises, ou uniquement les bonnes, ou si IL n’est qu’amour … mais Dieu existe forcément. Parce que si Dieu n’existe pas, le péché n’existerait pas plus que nos âmes, et il ne servirait à rien de ne violer, de ne pas tuer, de ne pas voler, de ne pas spolier femmes et orphelins, de faire le BIEN. Si DIEU n’existe pas, le BIEN n’a plus aucun sens !
Cela ne signifie en aucun cas que je fais le BIEN uniquement par peur de DIEU. Non pas uniquement. Par éducation aussi, par choix de vie, mais aussi et surtout parce que je crois en un DIEU vengeur, comptable de chacun de mes actes.
Et l’homosexualité dans tout cela, me demanderez-vous ? Péché, faiblesse, curiosité ? Au fond, tout ceci est sans importance tant que je ne le suis pas. Chacun se trouve confronter à son propre jugement, à sa propre conscience. Je sais qu’il n’y a pas de pire juge que sa propre conscience. C’est la seule dont le jugement, dont le regard ne vous quittera jamais ! Avec celui de DIEU.
J’en arrive ainsi à ma conclusion. Seuls ceux qui n’ont jamais péché peuvent condamner les pécheurs. Seuls ceux qui n’ont jamais été tentés, qui ne connaissent pas la tentation, peuvent condamner leurs frères pécheurs. Nous sommes tous des pécheurs, nous fautons tous. Et nous devons vivre avec nos péchés. Le sexe est bien sûr la principale source du sentiment de péché. Je me retrouvais notamment dans un des romans de Brian Aldiss intitulé «Helliconia l’été» (auteur britannique de science-fiction) où un Roi se faisait flageller après chaque rapport sexuel débridé avec son épouse la Reine, parce qu’il voulait se laver du lucre, du taureau en rut qui l’habitait dans ces moments-là.
Est-il normal que le sexe ait si mauvaise presse dans la religion catholique ? Que tant de péchés se rapportent au sexe, et que notre éducation catholique soit marquée par cette notion de péché ? Que le sexe ne soit accepté que dans le but de la procréation ? Et que l’usage du préservatif ou de moyens de contraception soit ainsi également considéré comme un péché ? Cela permet ainsi de relativiser la possible condamnation morale de l’épiscopat, de l’Eglise, vis-à-vis de l’homosexualité. Comme toute forme de sexualité dont l’objet premier n’est pas la procréation, le sexe est considéré comme un péché !
Je ne suis pas là pour faire le procès du catholicisme, et je ne vais pas non plus faire le procès d’une éducation qui m’a construit, qui a fait de moi ce que je suis. Ce qui est clair, c’est que c’est un poids extrêmement lourd à porter pour tous ceux qui, en plus, s’écartent de la norme communément admise. Effectivement, la situation doit être très compliquée à vivre pour des couples homosexuels ou pour des homosexuels. Ce n’est ni la faute de l’Eglise, ni de la religion. Certains arrivent à s’en séparer, à s’en libérer. Certains vivent d’ailleurs très bien en tuant, violant, volant, dépouillant les autres. L’absence de sensation du péché n’est pas une bénédiction. Bien au contraire, c’est une malédiction.
Nota :
2. Le problème vient aussi du militantisme homosexuel. Celui qui ne priera pas pour que Dieu le délivre de cette attirance, celui qui ne verra pas cela comme un péché dont il faut se confesser, mais au contraire comme un acte normal, naturel, une valeur à promouvoir, voir quelque chose dans l’ordre des choses, celui-là n’aura rien à faire dans une église ou dans la religion catholique. (Le terme ‘valeur à promouvoir’ renvoie à la philosophie morale et à la conception conséquentialiste de l’éthique).
3. Les dignitaires catholiques peuvent-ils s’élever contre cette loi scélérate. Oui pour ma part. Qui en dernier recours décide qu’une loi est légitime ou qu’elle ne l’est pas ? Pour ma part, je crois en l’existence d’une loi divine, supérieure, aux lois terrestres, des petits pouvoirs des potentats, des lois qui changent au gré du vent, au gré de l’opinion publique. C’est en regard de cette loi divine que des prélats peuvent condamner des lois scélérates, offensantes pour Dieu et les croyants.
4. Si on suit certains, dès lors qu’une loi est légalement votée et publiée, un homme d’église ne peut la contester. Cela marchait-il aussi pour les lois nazies ou vichystes contre les juifs et permettant la spoliation des biens juifs ? Ces lois étaient légales à ce moment-là, édictées par des pouvoirs légitimes, les nazis ou le régime de Vichy. Alors quoi, comment déterminer si une loi est bonne ou mauvaise. Se référer à ce que l’histoire en dira, dans 10 ou 50 ans. Ou alors en demandant l’avis d’une commission composée de quelques gourous autoproclamés ?
5. L’église n’a pas à suivre les effets de mode. C’est avant tout un endroit où des pécheurs (parce qu’on est tous des pécheurs) peuvent chercher des réponses et un réconfort dans la recherche de la foi. Ceux qui ne le comprennent pas, ce qui jugent l’Eglise et ses prélats, n’ont manifestement rien à y faire. Ou bien ils doivent chercher à devenir meilleurs, à se repentir, à comprendre son enseignement.
6. L’enseignement de la religion catholique n’est pas de chercher à exclure, mais à convaincre de changer, de s’amender, de sortir de la vie impie, du péché. Évidemment, certains diront que cela s’apparentent à une thérapie de conversion, interdite désormais par la loi. Là encore, on a une loi scélérate. Encore une. Même s’il est faux de parler de thérapie de conversion. Nul n’est obligé d’aller à l’église, nul n’est obligé de prier. Nul n’est obligé de se faire enterrer religieusement, avec une messe. Chacun est libre, libre de vivre de manière impie, libre de vivre de manière juste, et également libre de condamner une loi scélérate.
7. On parle du péché sexuel, mais on ne parle pas ici du péché climatique ! Le fait de polluer la planète ou de participer à la pollution de la planète ! Le péché au fait d’utiliser un moyen de transport émettant des gaz à effet de serre, comme un véhicule carburant au gasoil … mais il y a aussi le péché de prendre l’avion, moyen de transport émettant un volume criminel de gaz à effet de serre … le fait d’utiliser une climatisation, péché constituant à utiliser une électricité qui pourrait servir à autre chose qu’à son petit confort personnel ? Et là aussi, on se trouve face à des extrémistes, des ayatollahs de la pensée, de la religion, qui estiment qu’ils sont les seuls à être vertueux et que tous les autres sont des pécheurs ou des criminels ! Car là, on ne parle plus seulement de péché, mais de crimes. Écocides … de la même manière que les extrémistes féministes parlent de féminicides …
Saucratès
Dieu (2)
Réflexion onze (4 novembre 2010)
A quoi sert la religion ? Pourquoi les croyants ne sont-ils pas irréprochables ?
A quoi cela sert-il de se rendre régulièrement à l'église, à la messe, si on n'est pas les meilleures personnes du monde ? Je me suis souvent posé cette question en entendant parler de certaines personnes apparemment extrêmement pieuses mais pourtant ignobles dans la vie de tous les jours.
Cette question peut recevoir plusieurs réponses. Certaines personnes trouvent de la force dans leur foi, dans la messe, dans la prière, et ces personnes paticulièrement pieuses s'y ressourcent. Elles sont la preuve que Dieu existe, que la prière peut aider les autres, soulager les souffrances, répondre aux attentes des gens.
A un autre niveau de réponse, on peut se rappeler que l'église, la messe, les prières, peuvent correspondre à des actes de contrition de personnes qui y cherchent un soutien face à leurs démons, à leur tempérament, ou y recherchent le pardon ou l'absolution.
Ainsi, on n'est pas obligé de ne voir dans les présences de ces personnes soi-disant pieuses à la messe une sorte de présence obligatoire, de recherche de respectabilité, d'usage automatique, voire de mensonge ... On peut aussi y voir des actes de contrition et des actes de foi, avant tout. Ce n'est pas parce que l'on se rend régulièrement à l'église, à la messe, que l'on est meilleur que les autres. Simplement, on recherche simplement ailleurs que dans sa propre personne, la réponse à des problèmes qui nous dépassent.
Avant de rejoindre mon travail, j'aime en effet à passer dans la cathédrale de ma ville pour y prier, pour trouver le calme, la paix, le silence en moi-même, pour me vider de cette rage, de cette haine, qui parfois m'habite, pour rien, contre mes proches, contre rien, un autre conducteur dans la circulation, sans que je sache pour quelle raison je me sens habiter par de tels sentiments de rage, de haine ... Evidemment, je n'ai jamais trouvé de réponse à mes demandes dans cette église. Au sortir de ces minutes de prières, je me sens plus calme, plus en paix avec moi-même, moins énervé par un rien. C'est tout et c'est déjà énorme.
La réponse à mon mal être ? La vie de tous les jours. Des reminescences de mes relations avec ma mère, de mon enfance, qui me conduit peut-être à répéter le même comportement d'irrascibilité, de surveillance énervée, qui caractérisaient mes relations avec ma mère, avec mon propre fils aîné. La réponse est-elle vraiment à chercher en Dieu, ou plutôt avec un psycho-thérapeute ?
Et ceci me conduisit à comprendre que je n'étais peut-être pas le seul à chercher dans les églises, dans la participation aux messes, une réponse à des problèmes, une aide pour suppléer à une volonté défaillante, une possibilité de devenir meilleur ...
Réflexion dix (16 juin 2010)
Dieu, la religion et la tentation ...
Aucune volonté de polémique dans ce titre ; simplement une réflexion touchant à la religiosité. Quelle aide peut-on recevoir de la religion, de Dieu, dans notre combat quotidien contre la haine, contre la barbarie, l'envahissement du quotidien par les petits et parfois minuscules tracas de la vie, contre les tentations de toute sorte qui nous guette ? Il est habituel pour certains d'entre nous, pas forcément les meilleurs ni les plus bons, de demander dans une prière l'aide de Dieu. Certains autres, dans la religion catholique, dans d'autres religions qui croient en un Dieu vengeur, qui croient à la prédestination, qui croient en un Dieu appelant au Jihad et récompensant ses meilleurs soldats par des poignées de femelles vierges au paradis, se croient protéger, sauver ou guider par Dieu. D'une certaine manière, j'envie ces personnes qui affichent leur croyance en Dieu et en leur infaillibilité, en leur supériorité, à la manière d'un étendard, comme d'autres portent une croix.
Il est une prière chrétienne qui apporte une réponse à cette interrogation : le Notre père ... Il ne s'agit pas de demander à Dieu de résoudre à notre place nos problèmes, de se substituer à notre propre volonté, de se substituer à nous ; il s'agit de lui demander de nous préserver de la tentation ... En tant qu'être humain, même les meilleurs d'entre nous, qu'ils soient hommes d'église, simples quidams, ou boudha réincarnés, nous sommes tous malgré tout confrontés à la tentation, de la chair, de la pensée, de l'envie, de la violence ou d'autres ... Et il nous faut résister à ces tentations, trouver une réponse adéquate, y renoncer, s'en détourner, l'ignorer.
Mais cette réponse est parfois tellement difficile à donner, à longueur de jours, à longueur d'années. Je comprends ces prêtres pédophiles qui se trouvent confrontés à des appétîts inommables, face à des communautés qui les idéalisent, à une société qui ne peut pas comprendre un engagement qui la dépasse, et à une église qui récuse l'existence de la tentation et du problème. Je comprends la tentation qu'ils peuvent éprouver ; non pas les actes que ces prêtres pédophiles commettent.
Pour des personnes aussi imparfaites que nous-mêmes, soumis à tant de tentations, face à une absence totale de modèles auxquels nous pourrions nous comparer, nous référer, qu'ils soient hommes politiques, confrontés à la prévarication et aux luttes d'influence, qu'ils soient personnalités publiques ou stars, uniquement intéressés par l'argent, le pouvoir, la reconnaissance et la réalisation immédiate de leurs moindres souhaits, nous avons besoin de nous rattacher à tout espoir de rédomption, à tout personne pouvant apparaître comme un modèle. Dans certaines sociétés, et même en France dans un passé assez récent, ces modèles étaient trouvés parmi les militaires : Pétain, de Gaulle, Napoléon Bonaparte. C'est dans les armes, dans la violence, que de nombreux humains préfèrent se reconnaître ... en fait un modèle essentiellement réservé aux hommes ...
Mais face à l'éradication de la guerre ou plutôt à la mise à l'écart de l'armée, notre société française ne peut plus chercher ses modèles dans ses chefs militaires. Et les seules personnalités auxquelles il est encore possible de se référer comme à des modèles sont les hommes d'église. La même interprétation peut être conduite pour l'islam, avec l'attirance exercée par les imams et autres chefs religieux ... D'où la 'sanctification', l'adoration de certains religieux et religieuses, comme soeur Emmanuel ou le pape Jean Paul II. Et également l'idéalisation que leur communauté réserve aux prêtres, dont les engagements personnels sont tellement à l'opposé des tentations dont sont constituées nos vies : chasteté, pauvreté, humilité ...
Tout cela pour en revenir à Dieu, et à l'importance, à mes yeux, de lui demander de nous préserver des tentations de toute sorte ... Pensées issues de quelques instants passés dans une église ce matin, à la première heure du jour, au milieu de quelques autres communiants. Aberration de savoir aussi que la fréquentation assidue de la messe et des églises ne fait pas forcément de nous des hommes ou des femmes meilleures, car nous restons toujours soumis aux tentations, aux envies de toute sorte ... Il n'y avait autrefois pas de pires esclavagistes ou exploiteurs que les grenouilles de bénitiers et dames patronesses ! Et même aujourd'hui, dans certains milieux, la présence à l'église est encore considérée comme une obligation sociale. Pauvre religion !
Saucratès
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