Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Le fait religieux en politique

 
Réflexion une (28 octobre 2017)
Quelle place accorder à la religion


Il y a quelques années, je regardais une émission télévisée sur la montée du Front National dans l'électorat, et sur les transferts de voix entre la Gauche et l'Extrême Droite, dont la pertinence était contestée par certaines des personnes présentes. L'une des explications avancées était que certains électeurs se reconnaissaient dans les positions de plusieurs partis politiques, et pouvaient donc à la fois avoir envie de voter pour le Front National ou pour le Parti Socialiste.

 

C'est très certainement possible. En tant qu'être humain, nous ne sommes pas monolithiques. Nous faisons face à des aspirations divergentes, nous avons des opinions divergentes sur un certain nombre de sujets très divers et variés. Evidemment, nous ne pouvons pas trouver des réponses à tous les sujets qui nous préoccupent chez un seul parti politique, dans une seule église philosophique, chez un seul auteur, chez un seul représentant politique. 

 

Qu'est-ce qui fait que nous nous sentons à un moment donné proche de tel parti politique, de tel homme politique, de telle école philosophique, de telle religion ? C'est une question de construction politique, de construction d'un moi, d'une évolution personnelle intérieure. Et cette construction évolue au fil de notre vie, au fil du déroulement de notre vie !

 

On est souvent gauchiste lorsque l'on est jeune, avant de devenir réactionnaire (de droite) en vieillissant et en s'embourgeoisant. Je ne sais plus qui disait que de ne pas être de gauche en étant jeune était un signe d'absence de coeur, et ne pas être de droite en vieillissant était un signe d'absence d'intelligence ? C'était vrai autrefois, de mon temps, dans les années 1980 ; mais cela peut-il encore être vrai de nos jours ?

 

De mon temps, les jeunes pouvaient difficilement échapper aux idées de l'UNEF-ID, de «Pas touche à mon pote», de SOS Racisme ou à une participation aux mouvements estudiantins post mai 1968. C'était l'époque où François Mitterand était Président de la République, où l'on pouvait encore se reconnaitre dans les grandes idées de la Gauche, d'une Gauche qui ne s'était pas encore vendue aux néolibéraux et aux islamo-trotskistes ! Une Gauche qui parlait encore de nationalisation, d'avancée des droits sociaux pour les travailleurs, pour les pauvres et pas seulement pour les homosexuels et les transgenres. Aujourd'hui, les jeunes peuvent-ils encore de gauche tout en étant jeune ? Alors que le néolibéralisme semble triomphant en France, sous la nouvelle hyper présidence d´Emmanuel Macron, où la seule philosophie acceptable est de réformer partout, pour tout, à tout niveau, pour relancer la France, apparemment avec l'assentiment d'une majorité de francais et de la presque totalité des médias !

Alors, quid de la religion ? La dernière élection présidentielle a vu le sujet religieux être mis en avant par certains candidats, surtout à droite. François Fillon et Marine Le Pen sont deux représentants de la France catholique et François Fillon, bien plus que Marine Le Pen, se présentait en étendard de la morale chrétienne. Mais le «père la morale», héro des catholiques convaincus, ne s'appliquait pas véritablement à lui même les principes moraux catholiques voire protestants qu'il professait si fort. Même si on peut trouver invraisemblable le lynchage médiatique et l'acharnement juridique dont il fut victime (et qui s'arrêta finalement presque totalement une fois l'élection présidentielle terminée et l'homme retiré dans sa retraite), on ne peut que remarquer que les usages qu'il fit des fonds liés à l'embauche d'assistants parlementaires n'est pas si parfaitement 'catholique' que cela !

 

Et l'islam dans tout cela ? L'islam occupe déjà la scène du terrorisme islamique, qui frappe la France et plus largement l'Europe entière ... de l'Espagne à l'Allemagne ... Par ailleurs, tels les trotskistes autrefois, dans les années 1960-1970, l'islam joue aussi l'entrisme dans les formations de gauche, du Parti socialiste (ce qui était déjà le cas à l'époque de SOS Racisme et «Touche pas à mon pote») jusqu'au mouvement des insoumis. On a l'impression que dans les partis de gauche, la laïcité a plus de difficultés à s'accorder avec le catholicisme qu'avec l'islam. Comme si être catholique était une tare pour un socialiste, un signe de droitisation (mais pas de néolibéralisme ... ce qui y est par contre très bien vu et très apprécié aujourd'hui comme hier) et de sidaisation/lepenisation des esprits ... tandis qu'être musulman y est au contraire considéré comme un signe d'ouverture d'esprit, d'intelligence et un plus certain pour une carrière politique dans un Parti de gauche et devant les électeurs. De la même manière que c'est un plus certain pour devenir syndicaliste à la CFDT. 

 

 

Saucratès



26/06/2013
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