Critiques de notre temps

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De l’éducation et de l’enseignement


De la réécriture des programmes scolaires en histoire

De la réécriture des programmes scolaires en histoire

 

Par Saucratès 

 

Istanbul, samedi 20 août 2022


Je vais en revenir à un thème que certains estimeront peut-être Zemmourien. Mais ce n’est pas grave. Je vais donc en revenir aux programmes scolaires de l’école, et à la constitution, ou à la détérioration de ce qui fait, de ce qui constitue l’identité nationale à travers les programmes scolaires enseignés aux jeunes générations.

 

Certains parleront donc peut-être d’une reprise des idées de Zemmour, mais chaque candidat, ou plutôt, chaque candidat élu a réécrit les programmes scolaires. En tout cas, les socialistes sous Hollande l’ont fait, en réécrivant d’abord les programmes du primaire puis du collège, et ensuite Macron l’a fait en reecrivant les programmes du lycée et les enseignements. Si Zemmour n’a aucune légitimité selon certains pour décider de réécrire des programmes d’histoire, alors ni Hollande ni Macron n’avaient pas plus de légitimité à mettre en œuvre les réformes scolaires qu’ils ont mené.

 

Deuxième critique potentielle de mes contradicteurs, pourquoi l’histoire ? Il se trouve que le principal outil pour forger une identité nationale est l’histoire, ou plutôt l’histoire et l’imposition d’une langue commune et unique. On le voit bien dans le microcosme académico-politico-independiste réunionnais, l’identité des créoles ne pourra s’exprimer qu’à l’aide de la langue créole et d’une histoire de la Réunion enseignée aux marmailles. 

Donc pour la France, toucher à l’identité nationale, fragiliser l’identité nationale des jeunes générations passe par la remise en cause, la réécriture des programmes d’histoire telle qu’elle est enseignée à nos jeunes. Et c’est une politique de réécriture de notre histoire, l’histoire de la France, l’histoire de la Nation française, qui est menée, qui est à l’oeuvre depuis des décennies. Quelle est le nom de l’idéologie qui est ici mise en œuvre ? Il faudrait être un grand spécialiste de l’histoire des programmes scolaires, en matière d’histoire pour le savoir. Ce que je ne suis pas.

 

Ce que je sais, c’est que l’histoire que j’ai apprise dans mes années d’école, de collège et de lycée, n’est plus du tout celle que mes enfants ont apprise. Ecidemment, depuis les années 1970-1980, l’histoire a continué à s’écrire et les années 1970 qui représentaient le présent à l’époque de ma jeunesse, en constitue désormais un passé déjà ancien. Le mur de Berlin n’était pas encore tombé et le communisme régnait en maitre de l’autre côté du rideau de fer. Mao Tse Toung était encore vivant et la Chine n’était pas encore l’usine du monde. Les socialistes n’avaient pas encore pris le pouvoir en France et on ne pouvait l’imaginer ! 

Mais quand même, que mes enfants n’aient jamais entendu parler d’un héros de la Guerre de cent ans comme Bertrand du Guesclin, cela me semble incommensurable. Que l’histoire, que dis-je l’épopée de Jeanne d’Arc ne fasse plus partie des faits enseignés me semble tout autant incompréhensible, impardonnable. La réécriture des programmes scolaires et des manuels scolaires avaient évidemment commencé bien avant ma jeunesse. Je n’ai ainsi jamais entendu parler du Grand Ferré, ce paysan qui défendit une place-forte en Picardie face aux anglais et en tuant avec sa hache des dizaines d’anglais, et qui, même mourrant, alité, réussit encore à en estourbir un ou deux de plus et à mettre en fuite le reste de ses assaillants anglais, avant de mourir.

 

Par contre, nos enfants se trouvent obliger d’avoir des leçons complètes sur l’islam et sur le coran, connaître le nombre de sourates dont est composé ce livre, livre qui ne concerne en aucun l’histoire de la France, dans ce livre importé dans notre culture. Pourquoi l’histoire est-elle réécrite, pourquoi des pans entiers de notre histoire, de l’histoire de la France, disparaît-elle des programmes d’histoire de nos enfants ? Au nom de l’histoire globale, au nom de préceptes de spécialistes de l’histoire et de l’écriture des programmes, de théoriciens de l’enseignement ?

 

Ou bien plus bassement, plus pernicieusement, de manière plus rampante, à la manière d’une cinquième colonne ennemie, l’objectif de cette réécriture n’est-elle pas de détruire la France et le sentiment patriotique, le sentiment d’appartenance à une Nation. Détruire la France pour tenter d’y intégrer l’histoire de l’ensemble des nouveaux immigrants, puisque les spécialistes pensent que ces nouveaux immigrants ne pourront jamais accepter de s’intéresser à une histoire qui ne les concerne pas, comme nous le prouve les commentaires de cette ex-candidate à l’élection présidentielle de 2007, qui disait s’être sentie humiliée lorsqu’on lui parlait de «nos ancêtres les gaulois». Et les socialistes ont pourtant fait d’elle une ministre, une garde des sceaux, dans un pays qu’elle ne reconnaissait pas comme le sien, dans elle ne reconnaissait pas l’histoire !

 

Evidemment, lorsqu’on apprend l’histoire telle qu’elle s’est déroulée tout au long des millénaires du royaume de France puis de l’Empire, puis de la République française, on apprend la haine. La haine des anglais surtout. Ceux qui ont brûlé vive Jeanne d’Arc. Ceux qui ont assassiné Napoléon. Mais aussi la haine des allemands et de leur atrocité pendant les trois guerres qui nous opposaient les uns contre les autres. Les défaites et les armistices infamants qu’ils nous ont imposés en 1871 et en 1940.

 

Mais il suffit parfois simplement d’un match de foot, comme le France-Allemagne de 1982 et l’agression de Battiston par Schumacher, l’archétype de l’Allemand nazi, pour faire basculer des personnes dans la haine de tout un peuple. Il suffit du meurtre barbare de Samuel Paty par un musulman fanatique pour en arriver à haïr tous les musulmans, ou bien la publication de quelques caricatures dans un obscur journal français pour conduire des peuples aussi lointains que les indonésiens ou les pakistanais à haïr la France. Nul besoin de l’histoire enseignée à l’école primaire, au collège ou au lycée pour cela. 

 

L’histoire de la France ne devrait pas être un outil de propagande ou d’intégration de minorité ethnique. L’histoire du royaume de France, l’histoire de la Gaulle, l’histoire de la République française, appartiennent à notre histoire, et les grands hommes, ou les femmes illustres en font également partie. Si certains veulent apprendre l’histoire des mahométans, l’histoire des peuples d’Afrique ou d’Amerique du Sud, qu’ils ou elles aillent dans ces pays au loin là-bas, qu’ils y vivent, mais qu’ils laissent la France à ceux qui l’aime, à ceux qui se sentent ou qui sont français. La construction européenne fait suite à des siècles et à des millénaires de guerres intestines, de conflits et de morts atroces et inutiles.

 

Et on nous dit aujourd’hui que la Guerre est à nos portes, aux portes de l’Europe. Tout ceci n’est qu’une vaste fumisterie. La guerre était aussi à nos portes à l’époque du Printemps de Prague, en 1968, ou à Budapest en 1956, tout comme pour matter des révoltes en Pologne. Ou bien dans les Balkans, à Sarajevo. Ou bien au Pays basque espagnol lorsque des résistants basques courageux d’Iparretarrak et de l’ETA militaire combattaient des fascistes et un État totalitaire. Ou bien quand les CRS et leurs blindés français attaquaient les résistants du FLB ou du FLNC. Les terroristes des uns sont les résistants des autres. La mémoire de nos politiques et de nos leaders d’opinion est bizarrement flexible, à l’indignation variable. Tout comme les spécialistes de l’enseignement qui réécrivent l’histoire et les programmes scolaires en fonction de leurs lubies personnelles ou du pied selon lequel ils se sont levés le matin.

 

Y a-t-il quelque chose à espérer du nouveau ministre de l’éducation nationale ? Un approfondissement de l’entreprise de démolition de la Nation française pour l’ouvrir sur l’histoire globale, c’est-à-dire de l’histoire des autres et non de l’histoire de France ?

 

 

Saucratès


20/08/2022
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Le racialisme, le wokisme, l’indigénisme et le ministère de l’Education nationale

Le racialisme, le wokisme, l’indigénisme et le ministère de l’Education nationale

 

Par Saucratès 

 

Saint-Denis de la Reunion, dimanche 22 mai 2022


Le journal Le Monde est-il en train de défendre la culture «woke» ou de favoriser l’implantation du «wokisme» au sein de la république française, par trahison de l’idéal républicain et français, ou bien cherche-t-il à interroger et à relativiser une peur d’une partie de la population française face à un débat qui n’a peut-être aucun sens pour eux ?

 

Il s’agit en tout cas des deux manières de voir et d’analyser l’accumulation d’articles publiés par Le Monde sur la question du «wokisme» ces derniers temps, et dans les faits, la nomination de Pap N’Daye comme ministre de l’éducation nationale semble être du pain béni pour le journal Le Monde et tous ceux qui prônent l’ouverture aux minorités.

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/05/21/gouvernement-borne-l-extreme-droite-prend-pour-cible-pap-ndiaye-le-nouveau-ministre-de-l-education-nationale-la-premiere-ministre-le-defend_6127133_823448.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/05/09/la-panique-woke-des-craintes-identitaires-deraisonnees_6125382_3232.html

 

https://www.bfmtv.com/politique/la-verif-sur-quoi-se-basent-les-attaques-dont-pap-ndiaye-est-la-cible-depuis-sa-nomination_AV-202205210269.html

 

Que fait au ministère de l’éducation nationale un professeur des universités, spécialiste de la culture américaine et pionnier de la recherche sur les discriminations dont sont victimes les noirs (et j’imagine également des minorités ethniques ou sexuelles), de mère française et de père sénégalais (dixit Le Monde) ? Quel rapport cela peut-il donc avoir avec le monde de l’éducation nationale, avec l’enseignement dans les écoles, dans les collèges et les lycées. Il se dit un pur produit de la méritocratie républicaine. Mais nous le sommes tous, sans exception, quelque soit notre parcours éducatif et universitaire. C’est effectivement déjà cela le wokisme, le fait d’imaginer que, parce qu'une personne est noire, qu’une personne porte un nom manifestement sénégalais, étranger, le simple fait qu’elle s’en sorte dans ses études est une exception, quelque chose d’extraordinaire ! Alors que la vraie explication réside en la profession de sa mère ; il est également reconnu que les enfants d’enseignants s’en sortent mieux que les autres. 

 

Qu’est-ce qui peut sortir de cette nomination ? En tout cas, Pap N’Daye voit cette nomination comme un signe envoyé aux jeunes des cités (pour lui, apparemment, tous les jeunes des côtés sont noirs ou d’origine étrangère) pour leur dire qu’eux-aussi peuvent réussir grâce aux études, en suivant son exemple. La nomination sous François Hollande de Najat Belkacem avait déjà eu comme résultats la mise en œuvre d’une philosophie ultra-gauchiste d’alignement et de suppression de toutes les matières d’enseignement supposément élitistes (classes bilangues anglais-espagnol, anglais-allemand ou anglais-chinois ou enseignement du grec et du latin ancien).

 

Celle-ci avait beau être très fière de son bilan au ministère de l’éducation nationale, on ne pouvait que noter la mise en œuvre d’une politique stupide d’allocation et de ré-allocation des ressources pour une égalité des chances fantasmée et idéologique, selon laquelle l’excellence doit être éradiquée (dans la suite de la politique de François Mitterrand qui avait aussi cherché à faire disparaître le droit à l’enseignement privé) et les programmes véhiculant l’usage de l’arable ou de l’islam favorisés (mon fils a quand même dû apprendre des versets du Coran pour une leçon d’histoire en cinquième ou en quatrième au collège, alors que le programme ne comprenait pas d’interrogations sur la Bible !).

 

https://www.bfmtv.com/societe/education/l-arabe-a-l-ecole-une-idee-soutenue-par-des-ministres-de-gauche-comme-de-droite_AV-201809100108.html

 

La nomination de Jean-Michel Blanquer à sa suite a permis de revenir sur la suppression de l’enseignement des langues anciennes, à bon escient, ou d’acteur la fin des expérimentations sur l’enseignement les mercredis ou samedis à l’école primaire, autre stupidité socialiste, que ce même fils avait raccourci en 2012 à sa manière de jeune écolier de 8 ou 9 ans : «Francois Hollande veut nous faire travailler un jour de plus en semaine et il veut nous piquer deux semaines de vacances scolaires ! Il ne faut pas voter pour Hollande.».

 

Mais la nomination de Blanquer a conduit à la disparition des filières scientifiques et littéraires au Lycée et la réforme du baccalauréat, qui est maintenant obtenu par 95% des candidats. Et les parents des 5% de recalés ne comprennent pas pourquoi leurs rejetons ne l’ont pas  obtenus alors qu’on l’a donné à tous les autres ! Normal au fond. 

Quel pouvait donc bien être l’objet de cette réforme du baccalauréat ? Permettre de passer les années Covid en trouvant une solution pour donner le baccalauréat à des gamins qui sans cela n’auraient pas pu le passer ? Ou bien permettre l’irruption dans les systèmes de l’enseignement supérieur de gamins complètement inadaptés et incompétents. Mais n’était-ce pas déjà le cas ? Confronté à des jeunes étudiants diplômés ayant décrochés des concours de la fonction publique, j’étais complètement désarçonné par leur absolue inculture économique il y a déjà de nombreuses années. 

Pap N’Daye me fait peur ? Non. Je crois que c’est déjà trop tard pour la France. La culture Woke y est déjà à l’œuvre. L’assimilation étrangère également. Lorsque certains peuvent prendre Adama Traoré ou sa sœur comme des exemples à suivre, des modèles, alors que ce n’était qu’un délinquant multi-récidiviste et elle une sécessionniste, c’est déjà le signe que le Malin est profondément implanté. 

Ainsi Pap N’Daye, directeur du musée de l’histoire de l’immigration en 2020 au sujet des affaires Traoré et Floyd :

 

«L'attitude de déni en ce qui concerne les violences policières en France est classique depuis longtemps. Quelque chose est en train de se passer en France, avait-il déclaré au micro de France Inter le 4 juin 2020, quelques jours après la mort de Georges Floyd, victime d'un policier aux États-Unis.

 

Invité à analyser les réactions de la société civile américaine à ce meurtre, l’ancien directeur du musée de l’histoire de l’immigration a regretté que les autorités françaises se raidissent dans un refus de comparer les affaires George Floyd et Adama Traoré.»

 

https://www.bfmtv.com/politique/la-verif-sur-quoi-se-basent-les-attaques-dont-pap-ndiaye-est-la-cible-depuis-sa-nomination_AV-202205210269.html

 

Il n’y a aujourd’hui plus rien à défendre. La Réunion va devenir sous très peu une nouvelle Mayotte, et la France une nouvelle Afrique. La seule solution ? Que la France des campagnes fasse sécession de Paris et de sa région. Cette sécession arrivera. L’éclatement de la France. Au fond, c’est bien ce que cherche à faire l’Europe. Une Europe des régions et non plus une Europe des nations. C’était justement l’une des conclusions possibles de «Soumission», livre prophétique de Michel Houellebecq (ou satyrique si l’on suit l’article suivant de Télérama). Mais il est des satyres qui deviennent avec le temps des prophéties. 

 

https://www.telerama.fr/livre/la-france-n-a-pas-bien-compris-le-soumission-de-houellebecq-estime-la-presse-americaine,133142.php

 

Il reste quoi à détruire, ou à réparer ? La réforme du lycée de Jean-Michel Blanquer semblait vouloir permettre à la France d’obtenir de bonnes notes aux enquêtes internationales PISA ou autres au niveau de la classe de première. Si les seuls lycéens à pouvoir être interrogés suivaient des cours intensifs de mathématiques et n’étaient plus qu’une minorité de bons élèves, la France aurait pu remonter dans les classements internationaux. Mais c’était imaginer que les enquêtes PISA occupent une grande importance pour nos politiques, ce qui ne doit pas être le cas. Si c’était le cas, il existerait des enseignements pour apprendre à répondre à des enquêtes comme PISA. La France changerait ces systèmes d’évaluations des connaissances si elle cherchait vraiment à améliorer ses résultats aux tests PISA. Le système scolaire français s’efforcerait d’habituer les jeunes écoliers, collegiens et lycéens français à répondre correctement à des tests du type PISA si seulement c’était une priorité, si seulement de bons résultats à ces tests internationaux avaient une quelconque importance. Mais ce n’est pas le cas. Au fond, les tests PISA ne font que tendre à niveler toutes les méthodes d’enseignement, comme si ces mécanismes d’évaluation à la PISA étaient une référence en soi ! 

Le retour de l’enseignement des mathématiques dans le tronc commun des enseignements en première et terminale sera peut-être une autre priorité de ce ministre et de ce gouvernement. Mais ce qui est beaucoup plus évident, ce sera le retour de la priorité de l’égalité des chances entre les écoliers, collégiens, lycéens ou étudiants. Et on sait très bien que pour parler d’égalité des chances, on ne donne pas plus à ceux qui ont moins, mais on prend à ceux qui ont en plus. Nivellement vers le bas est le maitre mot de nos gouvernants, de Macron à Hollande. Il faut s’attaquer à ceux qui ont plus de chance que les autres, non pas les enfants de milliardaires ou les enfants des puissants (ceux-là sont protégés), mais juste aux enfants des classes moyennes ou hautes. Il faut ramener leurs enfants vers le bas, vers les autres, pour que tous disposent de la même absence de chances que leurs camarades. Putain d’idéologie Woke, socialiste, arabisante ou extrémiste !

 

 

Saucratès 


22/05/2022
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Quelques enseignements tirés de l’enquête TIMSS 2019

Saint-Denis de la Réunion, samedi 14 aout 2021


La réforme de l’école et des enseignements est un des sujets qui m’intéresse tout particulièrement. Cet intérêt m’a conduit à écrire plusieurs posts sur ce sujet. La réforme des rythmes scolaires pondue par le candidat socialiste François Hollande en 2012 et mis en musique par un penseur à la gomme comme Bruno Julliard ou par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, avait marqué le début de ma détestation des méthodes politiques des socialistes. 

De manière régulière, des enquêtes internationales viennent mesurer et comparer le niveau des élèves entre les différents pays. Ces enquêtes sont TIMSS ou PISA. Cèdre est une enquête uniquement nationale.

La dernière enquête dont les résultats viennent de sortir est donc l’enquête TIMSS de 2019, dont les résultats ont commencé à être discutés en fin d’année 2020 à ma connaissance. Et ces résultats sont désastreux.
(Nota : TIMSS signifie «Trends in International Mathematics and Science Study»)

 

Qu’est-ce que TIMSS ? «L'enquête internationale TIMSS évalue tous les 4 ans le niveau en maths et sciences d'un nombre important de pays : 58 pour le CM1 (plus un certain nombre de régions) et 39 en 4ème. Les épreuves ont été passées en 2019 par près de 4000 écoliers et collégiens dans 150 à 200 écoles et établissements. L'enquête croise les résultats avec de nombreuses informations sur l'environnement de l'élève : son origine sociale, l'équipement culturel de la famille, l'ancienneté et la formation des enseignants, la composition sociale des établissements, la langue parlée à la maison etc. Autant de données qui ouvrent des fenêtres sur des exploitations possibles.»

 

Quels résultats ? TIMSS 2019 fait apparaître une nouvelle dégringolade des résultats en mathématiques et en sciences des jeunes écoliers français par rapport à leurs homologues des autres pays. 

«On croyait avoir atteint le fond en 2015. Malheureusement les résultats de l'enquête internationale TIMSS (2019) sont désastreux pour la France. En CM1 les résultats baissent encore et nous mettent tout en bas en Europe et dans l'OCDE. En 4ème la situation n'est pas meilleure et on observe une véritable dégringolade par rapport à Timss 1995. Le ministère a pris la mesure des enjeux. Mais il n'est pas certain qu'il ait pris celle des causes.»


Enquêtes TIMSS après enquêtes TIMSS, enquêtes PISA après enquêtes PISA, il semble que les résultats des élèves français décroissent régulièrement et inexorablement d’années en années. Et à chaque fois, hommes politiques après hommes politiques proposent de nouvelles idées pour améliorer ces résultats. Sans aucun effet jusqu’à présent. 

L’un des sites intéressants sur ce sujet est le Café pédagogique

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/Lecture_maths_primaire.aspx

 

Certains articles sont particulièrement intéressants parce qu’ils traitent de possibles solutions proposés par des intervenants et des enseignants de ce domaine d’expertise.

 

Deux graphiques présentés dans l’article ci-dessous expriment les principaux enjeux de cette réflexion sur ce qui pourrait ou qui devrait être mené. 
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/12/08122020Article637430181438022232.aspx

 

En CM1 - Résultats moyens en mathématiques par nations

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Éléments d’explications et éléments de lecture de l‘article sur ces résultats :

 

«En CM1, avec un score de 485 points en mathématiques la France se situe nettement en dessous de la moyenne des pays de l'UE (527) et de l'Ocde (529). Cet écart d'une cinquantaine de points correspond à peu près à une année d'enseignement ! En Europe seuls de petits états des Balkans (hors UE) font moins bien que nous. Et il faut aller chercher le Chili dans l'OCDE pour ne pas être dernier aussi de l'OCDE.

 

De plus notre score a encore baissé depuis les très mauvais résultats de l'enquête précédente de 2015 où on comptait 488 points. Les pays qui caracolent en tête en 2019 sont les mêmes que lors de l'enquête précédente de 2015 : Singapour, la Corée du Sud, le Japon, l'Angleterre, les Pays Bas, les Etats-Unis, la Finlande. Tous sont au dessus de 527 points.

 

Ce qui distingue les écoliers français de la moyenne de l'OCDE c'est  le faible nombre de très bons élèves : 3% (contre 7% dans l'OCDE) et le nombre important d'élèves très faibles (en dessous du niveau faible) : 12% contre 8% dans l'OCDE.

 

Ces résultats ne sont pas vraiment une surprise. L'enquête nationale Cèdre, publiée en octobre dernier, montrait une baisse des résultats par rapport à 2016 en CM2.»

 

En 4ème - Résultats moyens en mathématiques par nation

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«En 4ème, ce n'est pas plus fameux. La France a un score de 483 points ce qui nous met en dessous des moyennes de l'OCDE et de l'UE (511). Seuls la Roumanie dans l'UE et le Chili dans l'OCDE font pire que nous. On retrouve les mêmes caractéristiques qu'en CM1 : un très faible nombre d'élèves très bons : 2% (contre 11% dans l'UE) et de niveau élevé : 17% (contre 34% dans l'UE). Là aussi nos élèves ont presque une année de retard par rapport à leurs camarades des autres pays européens ou de l'OCDE. Il faut remonter à 1995 pour avoir une participation de la France dans TIMSS en 4ème. Et là la chute est brutale : en 1995 les collégiens français avaient un score moyen de 530 points !

 

En CM1 comme en 4ème, la France se distingue aussi par un net écart de niveau entre garçons et filles : les garçons font 13 points de mieux en Cm1 et 9 en 4ème. Cet écart augmente.»

 

Le problème de Café pédagogique, c’est évidemment sa proximité avec les thèses des socialistes. Ainsi, ils ne mettent en cause que les décisions de changement de programme pris par le ministre Blanquer pour expliciter la dégringolade. 
  

«Comment expliquer des résultats aussi catastrophiques ? A l'évidence la crise vient de loin. En 2016, N. Vallaud-Belkacem avait accusé les décisions prises par F. Fillon d'être responsables de la situation. En 2019, les élèves qui ont participé à l'enquête ont connu des changements de programmes en cascade : programmes de 2015 révisés par JM Blanquer dans le premier degré, programmes de 2016 révisés en 2018 au collège. Plutôt que pointer tel ou tel programme on peut s'interroger sur la pertinence de cette valse incessante des programmes qui déstabilise les enseignants et inquiète les parents.»

 

J’arrête là la lecture ou le commentaire des interprétations des résultats de l’enquête TIMSS 2019. Parce que je ne partage aucunement l’idéologie véhiculée par ces intervenants et par ce site et par le ministère. En 2012, on a mis en œuvre une réforme socialiste des rythmes scolaires qui répondait notamment aux préconisations des pédagogues et des spécialistes de l’enfant et de ses rythmes. Et ces résultats sont avant tout la conclusion que l’on peut donner de l’expérience socialiste. En 2015, les socialistes font porter la responsabilité à François Fillon, et en 2019, on ferait porter les résultats piteux de cette enquête à Blanquer sachant que les élèves interrogés ont dû subir cinq années de réformes socialistes, que soit en CM1 ou en quatrième !

 

Egalitarisme à outrance pour faire disparaître tout enseignement un peu sélectif, au bénéfice des bourgeois, comme la disparition des classes bilangues ou de l’enseignement du latin ou du grec ancien. Sans oublier le souhait socialiste de les remplacer par l’enseignement obligatoire de l’arabe ! Pour l’école primaire, les socialistes avaient inventé le rétablissements des cours sur une cinquième demi-journée, le raccourcissement des vacances scolaires, et l’instauration d’activités sportives obligatoires.

 

Et en voilà le résultat indubitable, marqué par une poursuite de la dégringolade. L’échec des idées socialistes qui visaient à redresser la barre. Le simple fait que Mme Vallaud-Belkacem ne soit plus ministre de l’éducation ne peut pas suffire à exonérer les islamo-socialo-égalitaristes de leurs responsabilités écrasantes dans cet échec.

 

Leur échec est celui de leurs idées, également véhiculées par ce site. Le problème ne vient pas selon moi, contrairement aux idées véhiculées, de l’inégalitarisme entre élèves et entre établissements scolaires.

 

La première responsabilité doit être portée par la méthode d’enseignement. Cette idée pédagogique abracadabrantesque qui veut que l’enseignant tire la connaissance de l’enfant. C’est stupide et c’est extrêmement compliqué à mettre en œuvre si on entend les enseignants. Dans les années 1970-1980, la connaissance était apportée par l’enseignant. Aujourd’hui on a inventé cette idée stupide qu’il faut puiser dans les connaissances de l’enfant. Mais on ne va pas très loin comme ça. C’est déjà cela qu’il faut remettre en cause. Arrêter avec les résultats minables de la pédagogie pour en revenir aux enseignements et des connaissances apportées par un enseignant, sans chercher à valoriser les maigres connaissances des enfants eux-mêmes. Pour les mathématiques, au collège, le résultat est la disparition des cours de maths. Un élève au collège ne dispose plus d’un cours, mais uniquement d’exercices. Et celui-ci doit tirer de ces exemples, de ces exercices, une règle et une méthode. Et il est alors impossible de l’aider s’il n’a pas tout compris, ce qui arrive très souvent. Comme le démontrent ces résultats extrêmement minables, dans les derniers de l’Europe et de l’OCDE.

 
Si les résultats ne font que baisser depuis plusieurs décennies, c’est qu’il y a un problème dans les méthodes d’apprentissage. Ca me parait évident. Limpide. Evidemment, en matière de sciences de l’éducation, on ne peut pas accepter de s’être fourvoyé toutes ces dernières années et ils ne peuvent pas déclarer benoîtement qu’il faut en revenir aux méthodes des années 1970 ou 1980, avant l’invention des sciences de l’éducation, avant que leurs théoriciens ne révolutionnent la manière d’apprendre aux enfants. Sauf que ça ne marche pas en France, que ça marchait bien mieux autrefois, il y a quarante ans, avant que ces théoriciens n’inventent les méthodes d’apprentissage modernes. 


Il y a un deuxième volet d’explication qui me semble évident : avec la méthode française d’évaluation, les enfants ne sont pas capables, même les meilleurs d’entre eux, d’appréhender les réponses à apporter aux enquêtes TIMSS ou PISA. La France dévalorise l’erreur au plus haut point. Les enseignants français sont conditionnés à moquer et à dévaloriser ceux qui font des erreurs. Mieux vaut ne pas répondre que de se tromper, c’est le principe du système d’enseignement français, d’aujourd’hui comme d’hier. Alors que des systèmes étrangers, allemands notamment ou australiens, s’articulent autour de la bienveillance vis-à-vis des élèves, sur la valorisation des choses bien faites, des bonnes réponses. Ne pas mettre en lumière les erreurs à coup de «c’est nul», de «rien compris», mais au contraire mettre en lumière les réussites, les bonnes réponses, les points positifs. Et TIMSS ou PISA fonctionnent de cette manière : les mauvaises réponses ou une absence de réponse sont sanctionnées de la même manière, du coup se tromper n’est pas grave, et même si on n’est pas sûr de soi, au pire, on ne gagnera pas de points. Mais mieux vaut se tromper que de ne rien tenter.

 

Mais le système d’appréciation français ne fonctionne pas de cette manière. Se tromper est plus grave, est plus source de moquerie dans la classe, qu’une non-réponse.

 

S’il y a quelque chose à changer, c’est le système d’évaluation scolaire français, afin de le rendre bienveillant, afin de rendre bienveillants les enseignants. Et cela, c’est évidemment mort ! Sans espoir. On ne change pas des enseignants auxquels on a appris, qui s’acharnent sur des gosses depuis des décennies, qui leur font payer leur mal-être et leur sentiment d’impuissance et de déclassement.

 

Il y a bien un moment où les élèves français vont toucher le fond, où leur niveau scolaire ne pourra plus baisser. De toute façon, arriver aux dernières places du classement, ils ne peuvent plus trop descendre. Il reste aussi à appréhender quels écoles et quels collèges sont retenus dans cette enquête TIMSS 2019, sur la méthode dont on sélectionne les élèves pour leur faire passer les tests. On peut même se demander si les questions sont bien rédigées en français et non pas en anglais, comme le lien suivant semble le laisser penser. Si les écoliers français ne comprennent pas la question, comment pourraient-ils y répondre convenablement ? Si ce n’est pas le cas, bizarre que Mme Claire Lommé ait donné des exemples de questions en anglais !
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/12/08122020Article637430181177547399.aspx

 

Au fond, les pédagogues préfèrent mettre en cause le niveau social des parents et la mixité des établissements scolaires. Ca, c’est important pour les pédagogues. L’absence de mixité sociale ne posait pas problème il y a quarante ans, mais aujourd’hui, cela explique tout. Il faut dire que l’immigration massive depuis quarante ans a changé la face du monde de l’enseignement et des écoles et collèges en zone difficile. 

  

«D'abord le fait que les résultats soient étroitement liés à la condition sociale des élèves. On a peu d'indicateurs dans TIMSS mais on a quand même les ressources disponibles à la maison (nombre de livres par exemple). Entre les enfants des familles bien équipées et ceux où il  y a très peu de ressources l'écart est de presque 100 points (538-419) en CM1 et en 4ème (534-432). C'est deux années d'enseignement d'écart. On voit mal comment résorber cela alors que la pauvreté galope dans le pays.

 

Il y a aussi des facteurs liés à l'organisation du système scolaire. Et d'abord la ségrégation sociale entre les écoles et établissements. Entre l'école qui compte très peu d'élèves défavorisés et celle qui en compte beaucoup l'écart est de 511 à 453 points en CM1, et 510 à 463 en 4ème. Là aussi plus d'une année d'enseignement. Autre facteur encore plus déterminant l'absentéisme des élèves. En CM1 entre l'élève qui est tout le temps présent et celui qui est absent un jour par semaine l'écart est de presque cent points. C'est la même chose en 4ème. Il y aussi le harcèlement : entre l'enfant jamais harcelé en CM1 et celui qui l'est toutes les semaines l'écart est plus de 60 points (494-430) en CM1. 


(...) Surtout il omet totalement tout ce qui relève de l'organisation du système éducatif en terme d'inégalités. C'est quand même le facteur principal d'échec scolaire en France comme ne cesse de l'affirmer Pisa depuis des années. Les expérimentations lancées sous le gouvernement précédent pour mettre un peu plus de mixité sociale dans l'Ecole sont gelées. Au lieu de renforcer la politique d'éducation prioritaire, le ministre est en train de la détruire. Sur ces points le ministère actuel a ses responsabilités.»

 

Je ne pourrais que finir sur un dernier point qui concerne les différences garçons/filles dans ces enquêtes. L’auteur nous indique ainsi qu’une doctorante, Mme Camille Terrier, a pu mettre en place un processus discriminatoire à l’égard des garçons et au bénéfice des filles, en matière de notation, ce qui me semble correspondre à un crime. 

«Une pédagogie qui met l'accent sur la réussite est aussi un facteur d'amélioration des résultats. C'est évalué dans TIMSS avec un écart de 519 à 468 points en CM1. En 2014 Camile Terrier, doctorante à la PSE, avait pu montrer que la surnotation des filles par les professeurs de maths a un effet positif sur leur niveau final en maths. Un point à retenir alors que la France se caractérise par un écart important entre filles et garçons.»

 

L’auteur de ce papier du Café pédagogique ne propose rien de moins que d’institutionnaliser, de généraliser une telle politique sexiste discriminatoire. Félicitations !!!

 

 

Saucratès 

 

Autres articles traitant de ce sujet :

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14/08/2021
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De la nécessité de remettre en question l'idée de noter dur pour le bien des élèves au Lycée Levavasseur

Saint-Denis de la Réunion, mercredi 15 juillet 2020

 
Paradoxe au lycée Levavasseur ! Jamais les résultats du baccalauréat n’ont été aussi élevés en France et à La Réunion. Plus de 90% de réussite au premier tour. Et sûrement beaucoup plus attendu après les oraux de rattrapage. Et malgré tout, jamais le lycée Levavasseur de Saint-Denis de la Réunion n’aura affiché un aussi faible taux de réussite au baccalauréat ! Paradoxe réellement ? Ou bien était-ce une évidence en regard des méthodes de notation de cet établissement privé ? En tant que parent d’un lycéen de Levavasseur, je tiens à exprimer mon ressenti sur cette situation inquiétante.

 
Le lycée Levavasseur était ce que l’on appelait autrefois une boite à Bac. Un établissement privé catholique dans lequel on inscrivait ses enfants avec la quasi certitude qu’ils obtiendraient leur baccalauréat, avec le plus souvent une mention «Bien» ou «Très bien». Y faire entrer ses enfants était souvent compliqué, la scolarité y était relativement onéreuse, mais les enfants y étaient préparés aux études supérieures.

 

Je ne souhaite cependant pas critiquer ce lycée. Installé dans le centre historique de Saint-Denis, le lycée Levavasseur est un endroit magnifique pour y passer ces années de lycée. Il y a bien pire ! Mais il y a aussi un problème de notation des enseignants ... un problème de sous-notation chronique, qui a toujours existé, qui n’a jamais posé problème jusqu’à cette année, mais qui continuera à poser problème dans les années futures dans le cadre du nouveau Baccalauréat.
 

Une partie des enseignants de ce lycée partent du principe qu’ils préparent leurs élèves aux études supérieures, et pour cela, ils les notent comme ils estiment que leurs élèves seront notés ultérieurement dans le supérieur. Il y a même certains enseignants du lycée qui ne font pas seulement que truffer leurs devoirs de pièges, ils truffent également leurs corrections de pièges pour s’assurer que leurs élèves sont attentifs et travaillent ! Aberrant ? Non, juste la réalité d’un lycée élitiste.
 

Ce qui était une force autrefois, ce qui était une force les années précédentes, ce qui permettait au lycée d’afficher un taux de réussite invraisemblable proche de 100% aux épreuves du Baccalauréat, devient désormais une faiblesse, dès lors que l’on prend en compte des notes issues du contrôle continu, comme par exemple pour le Baccalauréat de cette année 2020, ou des années ultérieures. 
 

Je ne vais pas argumenter autour de l’aberration de l’utilisation du contrôle continu pour l’attribution du Bac. La réforme du Bac est passée et elle entrera en application pour la première fois l’année prochaine.

 

Non, la véritable aberration, c’est le système de notation des enseignants des lycées privés, et en particulier du lycée Levavasseur. Il est aberrant qu’un enfant ne puisse pas être noté de la même manière, qu’il ne puisse pas être évalué de la même manière quel que soit le lycée où il étudie ! Puisqu’une telle objectivité des notations n’est pas possible, n’est-il pas aberrant que les notes du contrôle continu servent à l’obtention du Bac ? En tout cas, il est aberrant que les enseignants du lycée Levavasseur ne se remettent pas en cause, que la direction de ce lycée ne se saisisse pas de ce problème colossal.

 

Car lorsqu’il deviendra clair qu’en raison du système de sous-notation, un lycéen de Levavasseur aura moins de chance d’avoir son Bac dans ce lycée que dans un lycée public comme Bellepierre ou Leconte, puisqu’il perd 3 ou 4 points de moyenne générale, le lycée se trouvera face à une fuite de ses élèves et des parents !

 

Mais pour l’instant, il n’y a aucune remise en cause de la part des enseignants et de la direction de Levavasseur. Les mauvais résultats du baccalauréat 2020 ne sont dûs qu’à l’absence de travail suffisant des élèves selon leurs enseignants ! On met en cause le travail des élèves, on va nous parler de la nécessité d’un travail régulier de nos enfants tout au long de l’année scolaire, mais à aucun moment, les enseignants ne reconnaitront que le souci vient de leur méthode de sous-noter leurs élèves, supposément pour les préparer aux études supérieures ... Mais encore faut-il qu’ils réussissent à avoir leur Bac à Levavasseur !

 

Pour citer le magazine «Famille & éducation» n°532 de Mai-juin 2020 : «... si les mentions baissaient dans certains établissements cette année - en raison du contrôle continu imprévu - cela permettrait peut-être de remettre en question l'idée de noter dur pour le bien des élèves.» Cette citation est attribuée à M. Pierre Mathiot, concepteur de la réforme du baccalauréat et du lycée.

 

Nombre de parents des lycéens de Levavasseur seraient certainement d’accord avec cette remise en question ! Le lycée Levavasseur va-t-il communiquer sur les mauvais résultats du Bac 2020 ? Sur le plus faible taux de mention «Bien» et «Très bien» en regard des années précédentes ? Sans se défausser de cette responsabilité sur les enfants et sur leur supposé absence de travail ... Chiche !

 

 

Saucratès


14/07/2020
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Réforme de l’ENA ou échec du système scolaire français ?

Saint-Denis de la Réunion, Mercredi 1er juillet 2020


Je regardais une émission télévisée intéressante sur la haute fonction publique. La question posée était de savoir : Faut-il réformer l’ENA ? Faut-il supprimer l’ENA ? Émission et reportage extrêmement interessants. L’ENA serait-elle essentiellement composée d’étudiants tirés du même moule, un monde de reproduction de schémas anciens  demandés permettant de répondre aux codes et aux attentes des examinateurs et des notateurs ? Tous les étudiants et les énarques se ressemblent-ils ? La proportion d’étudiants à l’ENA issus des milieux populaires serait extrêmement faible, de l’ordre de 5%. Mais en fait, qu’est-ce que le milieu social, et en quoi le milieu social peut-il influencer le comportement du haut fonctionnaire dans sa vie future. 

 

Il y avait également autre chose qui a été dit sur ce sujet. La député européenne Nathalie Loiseau disait ainsi que la France serait une société de défiance, les français se méfiant de tous et de toutes, des politiques, des hauts fonctionnaires, des journalistes ... Idée assez véridique, recouvrant assez bien ce que je pense. Je ne crois pas en un quelconque sens du devoir et d’un idéal du bien public des préfets de la République. Ces gens sont juste affamés de pouvoir et d’ambition personnelle, et ne ré cherchent que les honneurs et leur enrichissement. Je pense que n’importe qui, dans la rue, dans la société civile, pourrait tout aussi bien qu’eux, se trouver charger de leurs missions et de leurs responsabilités, et de leurs pouvoirs.

 

Y a-t-il besoin de l’ENA ? A-t-on besoin de jeunes hauts-fonctionnaires énarques qui accèdent directement aux plus hautes fonctions de la République francaise ? Y a-t-il simplement besoin des hauts-fonctionnaires ? De la même manière que l’on peut se demander si on a réellement besoin de managers dans nos entreprises ? Non. La réponse est non. Il n’y a besoin de managers que pour transmettre les ordres et accaparer les honneurs. Il n’y a besoin de hauts fonctionnaires que pour accaparer les plus hautes responsabilités, pour empêcher que les fonctionnaires issus de la base n’accèdent au sommet de la hiérarchie. Non, on n’a nul besoin de hauts fonctionnaires, d’énarques ou de managers dans nos entreprises.

 

L’une des personnalités interviewées indiquait que l’on a sûrement eu besoin de l’ENA par le passé (au sortir de la deuxième guerre mondiale) mais cette école avait peut-être atteint son but et que l’on pouvait peut-être la faire disparaître et la remplacer par autre chose. Très certainement ! Il était également indiqué que l’absence de diversité dans le recrutement de l’ENA représentait moins un échec des modalités de recrutement par le biais des concours d’accès que l’échec du système éducatif français dans son ensemble. Le système éducatif français ne permet plus le fonctionnement de l’ascenseur social, ne permet plus aux enfants issus des classes populaires de croître dans l’échelle sociale. Il était aussi indiqué par un des intervenants que ce défaut de diversité sociale ne concernait pas uniquement l’ENA mais également les troisièmes cycles universitaires. 

 

Mais c’est justement là le problème ! Qu’il faille atteindre un troisième cycle universitaire, au delà de bac+5, pour pouvoir progresser dans l’échelle sociale ! Autrefois le bac suffisait, puis le fait d’accéder à l’université. Puis on a inventé les concepts du baccalauréat pour tous, puis de l’université pour tous, phis du droit au Master pour tous. Aujourd’hui, tout le monde dans une génération a son bac. Et une licence voire un master. Mais la sélection doit toujours s’opérer. Elle s’opere donc encore plus loin, et il faut que les parents continuent de financer leurs enfants au-delà de Bac+5 pour qu’ils aient une chance dans la vie. C’est la rançon de l’échec du concept de massification de l’enseignement supérieur. Les concepteurs socialistes de ce slogan de la massification de l’enseignement promouvaient l’idée d’une jeunesse éduquée, mais en fait on a généralisé l’analphabétisme des étudiants. Apres le mariage pour tous (ou avant d’ailleurs), on a eu le bac pour tous et l’université pour tous. Et toujours autant d’analphabètes. 

Et surtout un grand désespoir. Pour les malheureux qui malgré tout, n’ont pas eu le bac, qui ont décroché scolairement. Mais aussi pour l’immense majorité de ceux qui n’ont toujours rien malgré cinq ans d’études supérieures, qui pointe au chômage malgré leurs licences ou leurs masters, ou qui doivent se contenter du même travail que leurs parents qui n’avaient pas le bac.

 
En conclusion, que peut-on en conclure ? Y a-t-il besoin de l’ENA, vraisemblablement non. Mais est-il nécessaire de supprimer toutes les écoles élitistes françaises sous prétexte que leurs étudiants sont privilégiés ? Non, évidemment non. Car après l’ENA, on parlera ensuite de supprimer l’X, puis les écoles normales supérieures comme Ulm ou Cachan. Puis ce sera au tour des lycées et des écoles privés catholiques, jusqu’à ce que l’ensemble du système éducatif français soit ce magma uniformisateur où la médiocrité sera la norme. Mais il y sera malgré tout toujours nécessaire de sélectionner une fraction, à Bac+10 ou BAC+15 dans quelques années ?

La suppression de l’ENA n’est donc pas la solution. Par contre, ce que ce reportage m’a fait prendre conscience, c’est qu’il est inconcevable que seuls les élèves énarques puissent découvrir la richesse de l’administration française, les missions de service public, qu’ils puissent assister lors de leurs stages d’énarque à des opérations de gendarmerie ou de police, ou au travail et aux actions des fonctionnaires. C’est l’ensemble de la jeunesse française qui doit pouvoir y assister, tout ceux que cela intéressera. L’importance des moyens de formation déployés au seul bénéfice d’une poignée de privilégiés n’est pas normal. Si on veut faire disparaitre le fossé existant entre les forces de l’ordre, entre l’administration et les jeunes des milieux défavorisés, ou de tous les jeunes, il faut généraliser ces immersions lors des opérations de police, de gendarmerie, de contrôle. C’est auprès de tous les jeunes intéressés qu’il faut déployer ce temps, ces moyens, ce respect et ces explications ! Et pas seulement pour de futures élites. Et on cessera peut-être alors de voir des dérapages du côté des forces de l’ordre mais aussi du côté des jeunes.


Il est une dernière idée que j’ai retenue de cette émission. Nathalie Loiseau qui parlait de «La pensée magique qui veut qu’on puisse faire mieux avec moins». Ces dernières années, on a retrouvé cette idée magique à l’œuvre dans tous les compartiments de la pensée de l’Etat. Elle explique le fiasco de la lutte contre la pandémie du coronavirus en France, en matière de masques ou en matière de lits d’hospitalisation. On l’a vu à l’œuvre dans toutes les administrations. Faire plus avec moins. Et c’est amusant que ce soit une représentante de LREM qui sorte cette idée, popularisée et généralisée par les tenants de cette branche idéologique dont l’ultime représentant est le macronisme.



Saucratès 


01/07/2020
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