Critiques de notre temps

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Sur la politique


Lettre ouverte au Parti Socialiste français

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 7 février 2019

 

Le Secrétaire Général du Parti Socialiste a ouvert un droit d'inventaire sur le quinquennat de Francois Hollande. Je ne suis pas adhérent au Parti mais j'estime qu'en tant qu'ancien électeur de Lionel Jospin en 1997 et en 2002, de Ségolène Royal en 2007 et de François Hollande en 2012, j'ai le droit de m'exprimer sur ce droit d'inventaire, sur la manière dont le Parti Socialiste a gouverné de 2012 à 2017 suite à mon vote !

 

Alors que l'on entend régulièrement François Hollande se gargariser par presse interposée ou par colloque interposé sur l'excellence de son bilan, j'aimerais que le Parti socialiste n'omette dans cet indispensable droit d'inventaire de ce quinquennat maudit aucune des erreurs, manipulations et compromissions auxquelles des socialistes (supposément) ont participé. Ce n'est qu'à cette unique condition que je pourrais un jour envisager de revoter pour des socialistes.

 

Je vous ai d'ailleurs entendu dire que ce droit d'inventaire ne pouvait pas se limiter à la seule responsabilité des députés frondeurs socialistes ! Je pense pour ma part que si certains députés et certains socialistes ont dû fronder, s'opposer à la ligne d'un gouvernement et d'un Parti supposément Socialiste, c'est parce que ces supposés socialistes n'étaient plus des socialistes, ne défendaient plus et n'appliquaient pas une politique de gauche, Socialiste. Les frondeurs ne peuvent être les responsables d'un fiasco ; ils ne sont que les quelques courageux qui souhaitèrent défendre une autre vision du socialisme.

 

Je vais donc vous lister ce que je retiens de ce quinquennat maudit, où je pense que le Parti Socialiste a perdu son âme de gauche.

 

1) La première et plus monstrueuse trahison concerne l'adoption de la Loi Travail et des mesures de réécriture du Code du Travail et des droits sociaux. Le gouvernement Socialiste a même indiqué à plusieurs reprises être prêt à remettre en cause ou à flexibilités les trente-cinq heures, mais aussi à transcrire dans la Loi française une proposition d'accord réformant les instances représentatives du personnel dans les entreprises, que le patronat, la CFDT et deux autres syndicats étaient prêts à signer. C'est uniquement parce que la CFE/CGC n'a finalement pas avalisé cet accord que cet accord n'a pas été signé et n'a finalement pas été transposé en droit français., avant 2017. Comme vous le savez sûrement, le texte de Macron de réforme des instances représentatives du personnel, qu'il a appelé pompeusement «modernisation du dialogue social», mais qui constitue un recul phenomenal du dialogue social dans les entreprises, n´est rien d´autre que ce projet d´accord initialement concocté par le MEDEF et la CFDT et que le gouvernement socialiste avait prévu de transcrire dans la Loi ! Le président Macron n'a fait que reprendre votre propre texte.

 

L'idéologie des Socialistes entre 2002 et 2007 a été de répondre favorablement à toutes les demandes du patronat pour toujours plus de flexibilité en matière de droit du travail, en matière de protection sociale. Quelle decheance pour un parti qui en 1982, a ecrite et mis en oeuvre les Lois Auroux qui ont créé de nouveaux droits pour les salariés, qui permettaient aux salariés de mettre en place des groupes de discussion dans les entreprises, pour un parti qui a généralisé les comités d'entreprise ou les comités d'établissement dans toutes les entreprises de plus de cinquante salariés, qui a également généralisé les comités d´hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) dans toutes entreprises de plus de cinquante salariés, et ceci malgré la colere et l´opposition du patronat de l'époque. Quelle déchéance aussi pour un parti qui en 1988, a remis en cause la reforme du RPR pendant la cohabitation, en privant de contenu leur réforme des DUP (délégation unique du personnel) qui restreignait drastiquement le dialogue social dans les entreprises de cinquante à deux cent salariés. Quelle decheance pour un parti qui en 1981, a diminué le temps de travail hebdomadaire de 40 heures à 39 heures, et offert aux salariés une cinquième semaine de congés payés. Quelle déchéance enfin pour un parti qui en 1997 avait fait voter la loi sur les trente-cinq heures payés trente-neuf heures, toujours en faisant face à l'opposition et à la condamnation du patronat !

 

En 2007, le parti socialiste s'est presenté devant les electeurs sans aucune nouvelle proposition, en se declarant l´ennemi de la Finance, mais en menant une politique ultraliberale favorable aux theses du patronat, qui ne rompait ni avec la politique de Nicolas Sarkozy qui l´avait précédé, ni avec celle d´Emmanuel Macron qui lui a succédé. Voilà je pense la premiere leçon de l´inventaire qu´il convient de tirer des annees Holande.

 

Je dirais également que cet inventaire permet de souligner les enjeux des futurs prochains programmes des socialistes pour 2022 : rétablir le dialogue social dans les entreprises en accroissant les nombres d'élus dans les nouveaux CSE, leurs heures de délégation, et la présence des suppléants comme des titulaires dans les réunions avec l'employeur. Recréer les CHSCT dans toutes les entreprises parce qu´une seule et unique instance avec 5 ou 6 élus ne peut pas s´occuper de tous les sujets, et que les conditions de travail et la sécurité des travailleurs sont extrêmement important. Proposer de consentir une sixième semaine de congés payés pour tous les salariés. Et revenir sur la monetisation du compte personnel de formation qui conduit en fait à une diminution drastique des droits des salzriés à la formation. Précédemment, avant la monétisation, le CPF ne servait qu´à rémunérer les heures passées en formation. Les couts de formation et les frais pédagogiques étaient automatiquement à la charge des entreprises. Ces frais et ces coûts sont désormais ponctionnés dans le CPF qui ne sert plus a financer la participation des salariés aux formations. A défaut, il faut revaloriser très fortement les taux de conversion des heures qui ont été utilisés.

 

Mais tout ceci ne vise qu'à corriger les déviations ultraliberales des années Macron-Hollande. Au plan du travail, il me semble qu'un programme socialiste ne peut se passer d'avoir un grand projet, comme Mitterrand en 1981 ou Jospin en 1997. De la même manière qu'un gouvernement de droite a toujours un projet en faveur du patronat de simplification, de suppression de dispositions législatives sur le travail (restreindre les droits des IRP, faciliter les licenciements, ou réduire les indemnisations des chômeurs ou des licenciés économiques ...). Et c'est pour cette raison que la trahison du quinquennat Hollande est encore plus insupportable à vivre, parce que n'est pas sensé être un programme de gauche ! Un grand projet socialiste pour 2022 pourrait être la co-gestion à l'allemande dans toutes les grandes entreprises et dans tous les établissements publics, sans exception. Imposer que la moitié de tous les postes d'administrateurs soient occupés par des administrateurs salariés élus. Généraliser cela à toutes les formes de sociétés quelque soit leur statut. Leur permettre de voter sur toutes les décisions car bien souvent, sur les sujets importants, comme les nominations, ou autres, les dirigeants leur imposent de quitter la salle de réunion. Il resterait à déterminer à article de quels effectifs on généraliserait la co-gestion, car il peut être contre-productif de l'imposer dans une entreprise d'une dizaine de salariés.

 

2) Pendant la période 2012-2017, le gouvernement socialiste était également particulièrement trop à l'écoute des demandes des grands commis de l'Etat, des dirigeants d'entreprises publiques ou privées qui travaillaient autrefois, auparavant, dans les ministères ou les cabinets ... Le quinquennat d'Hollande a commencé avec cette idée idiote de fusion de plusieurs établissements publics pour creer Bpifrance Financement, dont les coûts humains lies à la fusion ont été complètement niés mais sont pourtant extrêmement lourds. Bpifrance correspond toujours à la même tare initiale du quinquennat Hollande : répondre aux besoins des entreprises sans faire attention aux salariés. Il y a d'autres fusions dans le secteur public pendant ce quinquennat, comme pendant le quinquennat précédent. La Banque de France voulait récupérer un établissement public assurant l'émission monétaire dans les départements d'outre-mer, issu de la France libre. Le gouverneur, qui était au cabinet du ministère de l'économie fin des années 1990-début des années 2000, à l'époque d'une précédente tentative de filialisation de cet institut, a trouvé cette fois-ci dans un cabinet ami la volonté politique de parvenir à faire disparaître cet institut. Il y a eu aussi l'idée de fusionner la CDC et l'AFD, quelqu'en puissent être les coûts humains. Au temps de ce quinquennat Hollande, les politiques croyaient avoir de géniales idées dictées par les grands commis de l'état qui les entouraient, sans s'occuper des conséquences humaines de telles fusions, de telles révolutions. Et c'était d'autres grands commis de l'état, bien introduits, issus de ces mêmes cabinets ministériels, qui orchestraient à marche forcée les conséquences sociales de ces décisions funestres, sans humanité, avec l'aide du haut encadrement de ces établissements. 

 

Comment faire en sorte, si Le Parti socialiste revient au pouvoir, que les hauts fonctionnaires (socialistes ou non) de chaque cabinet ministériel ne s'attachent pas à favoriser tels ou tels de ses anciens condisciples ou en échange ou non de certaines faveurs ? Que les dirigeants de tous les établissements publics, de tous ces organismes, ne soient pas confiés seulement à des hauts fonctionnaires, à des membres d'une nébuleuse constituée d'une même caste issue des mêmes écoles ? Une solution à un tel souci (car c'en est un pour les français extérieurs à cette caste, c'est à dire 99,99% de la population française) serait d'instaurer la co-gestion dans toutes les entreprises et tous les établissements publics et de faire en sorte que les postes de directions generales et de présidence soit pour moitié occupés par un représentant des actionnaires ou de l'état, et de l'autre désigné ou élu par les administrateurs salariés, issu de l'entreprise ou de l'établissement. Evidemment, cela ne marchera pas partout, mais on peut espérer qu'au fil des années, une culture de la co-gestion naîtra et que la prise en compte des intérêts des salariés dans les décisions des entreprises, que la participation des salariés à ces prises de décisions, deviendra une évidence et progressera.

 

3) Un programme socialiste ne peut pas non plus ignorer les enseignants. Ils étaient les principaux partisans, défenseurs du Parti socialiste. Ceux qui ouvraient parfois aussi les yeux aux collégiens ou lycéens dans leur classe. Le projet socialiste pour le quinquennat Hollande visait à leur imposer une réforme de l'école, imposant une demi-journée de travail hebdomadaire supplémentaire au primaire et quelques semaines de congés annuels en moins ! Tout ceci en fonction d'une réforme de l'enseignement pondu par quelques socialistes ignorants étrangers au Monde de l'enseignement. Que cette réforme corresponde aux prescriptions des chronospecialistes des capacités cognitives des enfants ne fait pas d'une mauvaise réforme imposée une bonne chose.

 

Le quinquennat Hollande a aussi démontré un autre versant de la pensée socialiste. Cette idée qu'il faut niveler par le bas les matieres que les collégiens ou lycéens peuvent étudier. Cette idée que pour donner les mêmes chances à tout le monde à l'école, il faut surtout empêcher que des enfants interessés puissent étudier des matières que les enfants non intéressés ne souhaitent pas étudier. Je pense au latin et au grec au collège, je pense à l'apprentissage dès la sixième d'une deuxième langue vivante (ou classe bilangue). Si des enfants sont intéressés, souhaitent apprendre, pourquoi ne pas leur permettre d'étudier une troisieme langue vivante ou des langues mortes. Est-ce que cela a un sens de vouloir avoir une lecture comptable du coût des enseignements par enfant ? Que ce coût financier doive être le même pour tous les élèves, pour tous les collégiens ?

 

Il y a aussi la question de l'islamisation croissante de l'école. Est-ce que pour plaire à l'altérité voulue de l'électorat socialiste, le Parti socialiste doit-il une prise en compte de la diversité religieuse ? Pendant le quinquennat Hollande, j'ai eu l'impression que cette islamisation de l'enseignement prenait de l'ampleur. L'enseignement est laïc et doit le rester. Les programmes d'histoire doivent parler  de l'histoire de la France, et n'en déplaise en certains et certaines, l'enseignement de «mes ancetres les gaulois» n'a rien de choquant. J'ai appris l'histoire du Sénégal à l'école primaire au Sénégal et je  n'en suis pas offusqué. Et cela m'a ouvert un intérêt pour tout ce qui concerne l'anthropologie et l'histoire d'ailleurs !

 

Il reste aussi le souci des méthodes d'enseignement sur lesquelles le Parti socialiste doit réfléchir. De la Méthode globale, au principe voulant faire sortir la connaissance des propres connaissances des enfants, des méthodes d'enseignement reposant sur des exercices et non sur des leçons ... les difficultés de l'enseignement des mathématiques, où les élèves ne se voient plus donner de leçons qu'ils peuvent apprendre mais doivent tirer des enseignements des exercices qu'on leur fait faire, devraient nous alerter sur l'importance des méthodes d'enseignement et éclaire d'un jour nouveau le constat d'une dégradation des résultats en mathématiques et en culture scientifique des jeunes francais dans les enquêtes internationales comme PISA ou TIMMSS. Ce n'est pas forcément en révolutionnant contre les parents d'eleves et contre les enseignants les programmes du scolaire, du collège ou du lycée que l'on combattra cette perte de qualité ou le fait que le système francais d'enseignement est particulierement inegalitaire, ce n'est pas en privatisant comme dans les pays scandinaves les écoles et en précarisant les enseignants que les résultats s'amélioreront. La solution est peut-être dans la révision des méthodes d'enseignement, dans l'ouverture des choix et des méthodes que les enseignants peuvent utiliser, dans une réforme des inspections académiques qui se sont muées parfois en ayatollah des méthodes d'enseignement modernes au détriment des méthodes connues et issues du passé qui fonctionnaient très bien.

 

Il y a un programme de l'école et de l'enseignement à mettre en œuvre, un programme qui ne peut être décidé par quelques ex-syndicalistes étudiants ou énarques mais qui doit être concerté avec la base de l'électorat socialiste : le monde de l'enseignement et non pas par quelques énarques ou managers des collèges ou lycées. Avec une idée forte : cesser de vouloir niveler par le bas le monde de l'enseignement pour y étendre la médiocrité, ou l'ouvrir à l'islam, comme cela a pu être vécu pendant ce quinquennat Hollande.

 

4) On ne peut réfléchir à un droit d'inventaire sans citer le mariage pour tous. Là aussi, nous avons un projet imposé. S'agit-il d'une ouverture ou d'un droit nouveau pour une communauté malgré tout discriminée, à savoir les couples homosexuels ? Peut-être. Ou bien s'agissait-il d'un projet électoral pour capter des voix d'une fraction de l'électorat ? Seuls ceux qui ont pensé cette réforme le savent. Neanmoins, ce projet a profondement divisé la société française. Et surtout, était-ce un projet fondamentalement socialiste, un projet phare ? En 1981 et en 1988 Mitterrand avait mis en œuvre le revenu minimum d'insertion (RMI), la couverture mutuelle universelle (CMU) qui constituent aujourd'hui encore des socles indépassables des droits sociaux des francais dans leur ensemble. Je ne vois rien de tel dans le mariage pour tous. Juste une uniformisation de la société française, ouvrant la porte aux prochaines aspirations de certains couples : aspiration au droit à l'enfant pour tous. Demain, que peut-on imaginer comme prochain droit  à demander ? La PMA pour tous, la GPA pour tous ? Ou bien autoriser la polygamie et la polygynie (pour satisfaire aussi les féministes) afin de capter une fraction d'une partie de l'électorat musulman pour gagner les prochaines élections ? 

 

Derrière ce sujet de société, on touche au positionnement des socialistes ! Les socialistes défendent-ils la laicité par volonté, par idéal, ou bien s'opposent-ils au catholicisme, à la chrétienté, par calcul ou par souci d'opposition ? Les socialistes défendent-ils et avancent-ils des propositions heurtant les croyants catholiques et chretiens pour défendre un ideal ou bien cherchent-ils juste à heurter les catholiques pour les combattre ? Le quinquennat d'Hollande a ainsi vu des attaques de plus en plus régulières contre des symboles religieux catholiques, tout en donnant de plus en plus l'impression de défendre des positions pro-islamiques. Des petits riens comme une remise en cause des crèches dans les espaces publics mais qui heurtent les catholiques ou les chrétiens qui constituent encore une majorité des francais. Quelle est la limite à la diversité culturelle, à la pluralité culturelle et religieuse ? Et à partir de quand ce souci du pluralisme visible impose une dictature de la bienpensance et de la soumission ?

 

5) Enfin, on ne peut pas faire un inventaire des manquements, des erreurs du quinquennat Hollande sans conclure sur sa fin, sur le fait qu´une majorité de députés, d'élus socialistes ont tourné casaque et ont choisi une investiture LaREM, auprès de Macron. On ne peut pas oublier que le ministre de l'économie d'Hollande, et auparavant un des membres de son cabinet à l'Elysée, a défendu un projet politique ni de droite ni de gauche mais ultra-libéral. On ne peut pas oublier que tant de deputés socialistes ou d'hommes politiques aient rejoint le camp du vainqueur, qui avait enterré les socialistes. Je pense à l'ex ministre de l'intérieur de Macron, le maire de Lyon, Gérard Colomb, supposément être un vieux socialiste avant de trahir. Il y a tant de noms de socialistes qui se sont fait élire ou qui ont tenté de se faire élire sous une étiquette LaREM : Monique Orphé, Jean-Michel Clément, Manuel Valls, premier ministre socialiste de Francois Hollande (qui a demandé l'investiture de LaREM qui lui a été refusée, mais qui n'avait pas d'adversaire LaREM), Anne-Christine Lang, Richard Ferrand ... entre autres ... Ou d'autres encore, comme Ericka Bareigh, qui évitaient de s'afficher comme socialistes pour les dernières législatives comme si c'était une maladie honteuse.

 

Tous ces élus n'ont même pas forcément été exclus du Parti socialiste (par exemple Mme Monique Orphé, battue, pourtant avec une étiquette LaREM mais qui serait toujours PS ?) mais dont les défections doivent interpeler. Comment autant de traitres ont pu occuper et avoir des responsabilités au sein du Parti socialiste et voter des lois ? Et basculer du jour au lendemain dans un Parti qui promeut des idées ultra-libérales ? Pourquoi alors s'étonner que le quinquennat Hollande ait pu être aussi marqué d'ultra-libéralisme, aussi à droite, si la majeure partie des élus et des ministres et des hommes politiques socialistes étaient des ultra-liberaux maquillés en socialistes ? 

 

Tant d'exemples que cette lettre ne pourrait pas tous les contenir. Les socialistes ne peuvent faire cette économie de s'interroger sur ces trahisons et d'en faire un véritable procès. Parce que cela nourrit sinon chez les francais cette impression de similitude entre tous les partis, qui au final ne peut qu'attiser les pires extrêmismes. Lorsqu'un élu trahit et change de camp, c'est une brebis galeuse. Lorsqu'une centaine d'élus trahissent en même temps, il faut se poser des questions, non pas sur la raison de leur départ, mais sur les raisons pour lesquelles on les avait choisi comme députés, et sur ce qu'ils ont pu faire avant de partir et sur les dégâts qu'ils ont pu causer ! 

 

A défaut d'un véritable droit d'inventaire, d'un véritable tournant politique, d'un rejet de l'ultra-libéralisme qui était devenu le mantra du PS de François Hollande, je ne pense pas que le Parti socialiste est un quelconque avenir.

 

 

Saucratès


09/02/2019
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La démocratie est-elle en danger en France et dans les États occidentaux ?

Saint-Denis de La Réunion, mercredi 6 février 2019

 

C'était plus ou moins le titre d'un article publié dans le média Le Monde citant le politologue et professeur d'Harvard Yascha Mounk. 

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/30/le-systeme-de-gouvernement-des-democraties-est-aujourd-hui-menace_5416634_823448.html

 

Un certain nombre d'Etats précédemment considérés comme de grandes démocraties ont basculé ces dernières années dans des régimes populistes d'extrême droite. Il y a eu la Hongrie de Viktor Orbán, les États-Unis de Donald Trump, l'Italie de Giuseppe Conte, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, le Brésil de Jair Bolsonaro ... Difficile de considérer par ailleurs que la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan, le Vénézuela de Nicolás Maduro Moros ou la Russie de Vladimir Poutine puissent encore être considérées comme des démocraties, même si des élections supposément libres, ouvertes et démocratiques y ont régulièrement/parfois lieu. Certains de ces régimes, de ces gouvernements sont appelés régimes illiberaux par certains politologues, c'est à dire qu'ils considérés comme étant opposés au libéralisme en politique. 

 

Cette situation rappelle-t-elle la situation des années 1920-1930 et la montée des fascismes en Europe, qui a conduit à l'arrivée au pouvoir des Adolf Hitler, des Benito Mussolini, des Francisco Franco ou des Joseph Staline ? Un tel parallèle a-t-il un sens et doit-il nous faire peur ? Et dans ce sens, le mouvement des gilets jaunes, son populisme par essence, même en l'absence de leader, n'est-il qu'une autre forme du MAL qui gangrène lentement mais sûrement les démocraties occidentales ? 

 

C'est une thèse que certains défendent. C'est une thèse que l'on peut comprendre et craindre, dès lors que des régimes politiques populistes d'extrême droite prennent le pouvoir dans de plus en plus d'Etats, et qu'ils se font élire et défendent des formes de plus en plus assumées de nationalisme et de rejet des étrangers, des migrants et des musulmans (puisqu'il s'agit le plus souvent de pays occidentaux). Si la France ou l'Allemagne basculaient elles-aussi prochainement dans un régime d'extrême-droite, ce serait certainement un signal d'inquiétude, de retour des pires moments de l'histoire. Sauf que l'Europe n'est plus le centre du monde, qu'un risque de conflagration mondiale risque difficilement de sortir de la vieille Europe, et qu'elle naitra plus vraisemblablement des conflits existant entre les Etats-Unis, la Chine, l'Inde ou la Russie, les grands pays continents. 

 

Le mouvement des gilets jaunes valide, à tord ou à raison, cette impression d'un retour des grandes insurrections du passé, mai 1968, le Front populaire de 1936, les jacqueries, le boulangisme ou les épisodes de la commune de Paris. Mais le discours de Macron me semble complètement décrédibilisé parce qu'il veut jouer sur les peurs des gens, des francais, de la classe moyenne, parce qu'il veut nous faire croire que c'est lui ou le déluge, lui ou le retour de la barbarie, lui ou le retour de l'extrême droite. À défaut de pouvoir être aimé pour lui-même, pour sa politique, il veut jouer sur les peurs des français. Mais il n'a aucunement l'aura du Général de Gaulle. Parce qu'il n'est rien d'autre qu'un triste personnage issu de la caste des hauts fonctionnaires, des hauts managers de l'Etat ou des entreprises privées.

 

J'ai lu avec gourmandise l'analyse du Monde diplomatique (ou plutôt de Serge Halimi et de Pierre Rimbert) sur  la crise des gilets jaunes, notamment leur article de février 2019 sur la «Lutte des classes en France».

 

«D'ordinaire, le champ du pouvoir se déploie en composantes distinctes et parfois concurrentes : hauts fonctionnaires français ou européens, intellectuels, patrons, journalistes, droite conservatrice, gauche modérée. C'est dans ce cadre aimable que s'opère une alternance calibrée, avec ses rituels démocratiques (élections puis hibernation).»

 

Le Monde diplomatique cite également le dirigeant socialiste français Jules Guesde, qui indiquait en 1900, en parlant de longévité au pouvoir de la classe capitaliste :

 

«On s'est divisé en bourgeoisie progressiste et en bourgeoisie républicaine, en bourgeoisie cléricale et en bourgeoisie libre-penseuse, de façon à ce qu'une fraction vaincue pût toujours être remplacée au pouvoir par une autre fraction de la même classe également ennemie. C'est le navire a cloisons étanches qui peut faire eau d'un côté et qui n'en demeure pas moins insubmersible.»

 

Le Monde diplomatique (Serge Halimi et Pierre Rimbert) continue :

 

«Face aux gilets jaunes, la bourgeoisie à effectué un mouvement de ce type. Ses porte-paroles habituels, qui par temps calme, veillent à entretenir l'apparence d'un pluralisme d'opinions, ont associé d'une même voix les contestataires à une meute de possédés racistes, antisémites, homophobes, factieux, complotistes. Mais surtout ignares.»

 

Le pire, c'est que plus largement, au delà du complot d'une caste qui nous fait croire qu'ils constituent l'ensemble unique des choix possibles, j'ai participé à cette même interprétation du mouvement des gilets jaunes. Au delà du complot, cela doit être inhérent à l'appartenance à la classe bourgeoise, cette peur du pauvre, du peuple. 

 

«Tout un univers social ... (d'Europe Écologie Les Verts aux débris du Parti Socialiste, de la CFDT à deux animateurs de France Inter) ... s'est retrouvé pour pilonner les personnalités politiques bienveillantes envers le mouvement. Leur tord ? Attenter à la démocratie en ne se montrant pas solidaires de la minorité apeurée.»

 

Le Monde diplomatique de février 2019

 

Depuis maintenant plus d'un siècle, le champ politique est obstrué par une même haute classe sociale qui occupe pratiquement tout l'échiquier politique, de la droite à la gauche en passant par le centre et les verts, et qui a rendu possible cette impression que quelque soit les personnes portées au pouvoir, rien ne changeait jamais et que tous les partis appliquaient les mêmes politiques, les mêmes décisions, privant de la sorte de toute substance la politique et déclenchant une détestation légitime du politique par le peuple, dont le mouvement des gilets jaunes se nourrit, qu'il a parfaitement compris. Au fond, cette «meute de possédés racistes, antisémites, homophobes, factieux, complotistes et ignares» avait tout compris bien avant moi, bien avant eux, preuve que ces gilets jaunes sont bien loin d'être bêtes et ignares !

 

La plus violente démonstration de l'existence de cette caste fut cette alternance entre Sarkozy, Hollande puis Macron. Comment les mêmes remèdes ultrà libéraux purent être mis en place par la droite décomplexée, puis par la gauche anti-finance puis enfin par l'homme ni de droite ni de gauche ? Comment l'homme ni de droite ni de gauche a-t-il pu être rejoint à la fois par des politiques de droite et de gauche ?

 

Si j'en reviens à mon propos liminaire, si la démocratie est en danger en France, plus largement dans les pays occidentaux, la responsabilité n'en revient pas aux électeurs trop bêtes, trop racistes, trop haineux qui votent pour les extrêmes en politique. Ce n'est pas la faute aux électeurs américains de Trump, ni aux électeurs italiens de la Ligue ou du mouvement Cinq Étoiles, ni aux électeurs du Rassemblement National. La responsabilité écrasante en revient aux politiciens de la bourgeoisie ultralibérale qui se sont succédés en France depuis plus d'un siècle. Cette classe de riches et puissants bourgeois avait réussi à nous faire croire au concept TINA cher à Margareth Thatcher : «There is no alternative» ! Le mouvement des gilets jaunes les effraie-t-il ? En tout cas, ce gouvernement, l'ensemble des députés tout parti politique confondu qui tendent à criminaliser ce mouvement des gilets jaunes, qui cherchent à terroriser les francais pour les empêcher de venir manifester, qui criminalisent des individus avant même tout passage à l'acte, juste parce qu'ils sont porteurs de quelques outils dans leur véhicule ou d'un masque de chantier, semblent avoir tellement peur de ces vrais français qu'ils ne reculeront devant aucune loi scélérate,  aucune privation de droits constitutionnels ! Au mépris de cette habitude de nous faire croire qu'il y avait une pluralité d'opinions, de possibilités et de choix en politique ...

 

 

Saucratès


06/02/2019
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Ce qui ne va pas sous l'ère Macron (bis)

Réflexion six (dimanche 14 juin 2018)

Macron et sa politique de droite libérale - Comment des économistes se disant socialistes ont-ils pu se laisser aveugler ? Ou les risques d'une dérive droitisante de la démocratie française.

 

Un certain nombre de penseurs, d'hommes politiques ou d'économistes se disant socialistes ou socio-democrates commencent à faire étalage de leur état d'âme et de leurs interrogations quant à la politique menée depuis maintenant douze mois par Emmanuel Macron et Édouard Philippe. «On nous aurait menti ?», disent-ils tout surpris ! Emmanuel Macron n'est pas le gentil moitié socialiste moitié homme de droite qui va mettre en œuvre une bonne politique de gauche protectrice des salariés et des petites gens ?

https://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2018/06/09/ces-fideles-historiques-decus-par-l-an-i-du-quinquennat_5312104_5008430.html 


Si ces penseurs/politiques/économistes de gauche y ont vraiment cru, c'est qu'ils sont complètement aveugles/abrutis. On a certes été obligé de voter pour Macron au second tour de l'élection présidentielle, mais j'aurais voté pour tout autre candidat si je l'avais pu, si la seule autre alternative n'était pas Marine Le Pen et le Front National ! Mais à aucun moment, je n'ai cru en cet apparatchik nouvellement apparu et je savais que ce personnage allait nous faire les pires vilénies possibles. Je n'imaginais juste pas qu'il puisse obtenir une majorité lors des élections législatives suivantes.   

 

Douze mois plus tard, apres une réforme du Code du travail à la hussarde, avec la bénédiction bienveillante des syndicats CFDT et FORCE OUVRIÈRE, avec différents passages en force, le dernier en date touchant la SNCF et les cheminots, certains commencent donc à ouvrir les yeux et se rendement compte qu'il n'y a pas de social dans la politique mise en œuvre par Macron et le gouvernement Philippe ! Et qu'il n'y en a jamais eu, mis à part dans le programme économique qu'ils avaient écrit pour le candidat Macron, et que celui-ci n'appliquera pas. 

 

Et je rejoins totalement le secrétaire général de Force Ouvrière, Pascal Pavageau, dans son analyse de la dérive possible vers la radicalisation extrême des mouvements sociaux dans les entreprises, et plus largement dans la société française. Car, avec la réforme des institutions représentatives du personnel (IRP), avec la réforme du Code du travail, avec la bascule des curseurs politiques en faveur des patrons et des employeurs, mis en œuvre par des ordonnances qui se nommaient faussement pour l'amélioration du dialogue social, alors qu'ils ne visaient qu'à favoriser les seuls employeurs, les salariés et leurs représentants syndicaux n'ont plus pour seules perspectives que la guerre radicale contre les employeurs et contre le gouvernement qui les représentent.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/06/10/le-secretaire-general-de-fo-met-en-garde-le-gouvernement-contre-une-derive-vers-la-radicalite-des-mouvements-sociaux_5312550_823448.html

 

On se trouve ainsi face à une situation extrêmement dommageable, où un pouvoir politique illégitime, représentant et défendant les intérêts des seuls possesseurs du pouvoir et de la richesse, mène une politique de droite ultra-libérale, associé à toute la clique des administratifs et politiques de droite ou de gauche qui se sont succédés au fil des années dans les administrations, entreprises publiques et cabinets ministériels. En cette deuxième décennie du vingt-et-unième siècle, On se retrouve dans la situation française de la fin du dix-neuvième siècle, lorsque des gouvernements aristocrato-bourgeois menaient des politiques libérales contre le peuple des ouvriers et des pauvres, privés du droit d'expression. Une époque où le droit de grève comme d'association n'était pas reconnu, où le syndicalisme était un crime passible de prison et de mort en France comme dans d'autres pays (comme aux Etats-Unis), et où le dialogue social n'existait pas encore ! Voilà l'époque vers laquelle nous nous dirigeons à toute vitesse, avec la bénédiction d´hommes et de femmes politiques de tout horizon, de responsables administratifs et fonctionnaires de toute obédience, réfugiés dans le culte de la personnalité du chef messianique, et d'organisations syndicales traitres à leurs cotisants, légitimés par des structures de pouvoir perverses et népotiques.

 

Un vingt-et-unième siècle qui commence à ressembler au dix-neuvième siècle des débuts du grand capitalisme financier, où ce dernier disposait de tous les pouvoirs, et de la Force des armees et de la police pour contraindre et combattre le syndicalisme et la populace ! Et certains ont donc cru en celui par lequel arrive ce retour en arrière historique !

 

Dernier article intéressant du Monde, cet article qui traite de l'«illiberalisme» ! Mais c'est des régimes relevant du populisme, comme le régime hongrois, dont Le Monde veut traiter. Sauf que ce n'est pas à La Hongrie à laquelle je pense en lisant cet article, mais bien plutôt à La France de Macron que me fait penser le terme d'illiberalisme, un illiberalisme politique, meme si ce régime veut nous faire croire que nous vivons dans un état de droit ! Mais un état de droit pour les puissants, pour les possesseurs. 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/06/07/la-ou-s-abime-la-democratie_5311194_3232.html

 

Parce que le règne du mensonge d'état, des manipulations médiatiques, du refus du dialogue social, de lois et d'ordonnances votées et passées en Force, sans prendre en compte les aspirations et les droits du peuple, ne peuvent conduire qu'à une révolte populaire, et à l'instauration d'un régime illibéral pour permettre le maintien au pouvoir de cette clique et des représentants des possesseurs. De telle sorte que ce n'est pas la Hongrie de Victor Orban qui me semble être l'archétype de l'état illibéral, mais bien plutôt la France de Macron. Mais evidemment, on ne peut pas attendre ce niveau d'analyse et de critique de la part d'un journal comme Le Monde, capturé et vendu aux grands possesseurs qui ont mis au pouvoir leur ami Macron.

 

Evidemment, Macron va s'attaquer à toute une frange des petits possesseurs terriens, ceux qui comme une majorité de francais de basse extraction, ont réussi à s'en sortir, à posséder une maison ou un appartement, quelques économies dues à une vie de privation et de travail. Ces possesseurs là, Macron, Philippe et les grands possesseurs capitalistes n'en veulent pas. Il faut leur retirer leurs économies, leurs possessions, les faire payer, les ruiner, les spolier. On peut faire confiance à Macron et Philippe pour trouver la solution pour ravaler cette classe moyenne de petits épargnants et de petits possesseurs à la classe des pauvres dont ils n'auraient pas dû sortir ! 

 

En attaquant ces petits épargnants et ces petits possesseurs, Macron essaiera de faire croire qu'il n'est pas le président des riches ! Analyse factice et mensonge instrumentalisé, qui sera relayée par une presse captive, traîtresse ou vendue. Beau vingt-et-unième siècle que nous nous préparons là maintenant, pour lequel l'espoir est d'autant plus restreint que cette montée au pouvoir d'éléments néolibéraux et pro-capitalistes n'est pas simplement un cas francais, mais une situation mondiale, avec notamment Trump aux Etats-Unis, milliardaire mégalomane et twitter compulsif.

 

Et comme en France, des millions d'américains comme des millions de francais ont voté pour ces pantins du grand capitalisme. 

 

 

Saucratès


14/06/2018
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Ce qui ne va pas sous l'ère Macron

Réflexion cinq (dimanche 22 avril 2018)

Le retour des tenants de l'ultra libéralisme et du «There is no alternative» ... et son impact sur l'évolution de notre société.

 

Comment définir la politique conduite par Emmanuel Macron et par son gouvernement ? Ou pour l'aborder d'une autre manière, comment définir l'équipage dont il s'est entouré dans son gouvernement ? Il n'y a donc jamais eu un gouvernement plus riche que le gouvernement Philippe/Macron. Le ministre du travail, chantre des réformes du Code du travail, est la deuxième ministre la plus riche de ce gouvernement et ancienne DRH ayant notamment grassement profité des difficultés financières d'une entreprise où elle gérait les ressources humaines et qu'elle a pu «dégraisser». Ayant fréquenté suffisamment de DRH, je sais que rares sont celles que je qualifierais «d'humains». La majeure partie sont inhumaines, juste intéressées à progresser le plus haut possible. Le plus riche ministre, à l'écologie, ancien animateur de télévision, dispose d'un patrimoine très peu écologique, en contradiction avec tous les combats politiques qu'il a défendu et toutes les positions qu'il a prise ! Bruno Le Mer à l'économie, Édouard Philippe comme premier ministre, sont des transfuges de la droite, qui ont rarement brillé par leurs idées sociales. La seule véritable surprise est le ministre de l'intérieur, Gérard Collomb, ancien maire de Lyon, et dont les positions très fortement ancrées à droite me surprennent toujours. Comment a-t-il pu basculer de cette manière ? Opération de décervelage ? On lui a greffé un nouveau cerveau de droite libérale ?  L'appât du pouvoir à un âge où il ne pouvait plus rien espérer de sa propre formation politique, qui basculait aux mains des petits jeunots ?

 

Réforme de l'ISF pour en exonérer l'ensemble des supporters d'Emmanuel Macron, et transformation de cet impôt en un impôt sur les seules possessions immobilières, qui a l'avantage de toucher beaucoup moins les grands capitalistes (voire dont ils peuvent vraisemblablement totalement s'exonérer) et de toucher certainement une cible un peu plus large ... ou qui pourra devenir beaucoup plus large lors d'une prochaine réforme de cet impô. N'oublions que les libéraux ont comme grande idée de faire payer un loyer aux propriétaires de leur appartement ou de leur habitat afin de permettre de rebrasser les patrimoines. Derrière cette idée de révolutionner l'économie française, il y a surtout cette envie fondamentale des ultra libéraux de ramener la plus grande partie du peuple à la plus extrême pauvreté, afin que les puissants sont veritablement riches et puissants, avec une masse de malheureux travailleurs sans aucune protection à leur disposition ! Toute la politique libérale ne se comprend qu'avec cette principale grille d'analyse. Cette mise en valeur du capitalisme de l'âge d'or du dix-neuvième siècle, ce capitalisme du laisser-faire, ne doit se comprendre qu'en corollaire de la situation de la plus grande partie du peuple au cours de ce dix-neuvième siècle, réduit à la mendicité, à la peur du lendemain, à la peur de la maladie, où l'essentiel des salaires permettait tout juste de se nourrir chichement. Siècle où le syndicalisme n'était pratiquement nulle part reconnu, autorisé, mais était au contraire un crime (puni de mort par pendaison aux Etats-Unis par exemple), où les congés payés et la retraite n'existaient pas pour le plus grand nombre parmi le peuple ... et où seule la compromission, les connaissances et la naissance vous permettaient de vivre confortablement et dans le confort !

 

Toutes les formules ultra libérales ne peuvent se comprendre qu'à l'aune de cette interprétation. Les volontés de destruction et de remise en cause (pour l'instant) de la Sécurité sociale, des régimes de retraites, dans l'objectif de leur privatisation, permettront un jour de solder les acquis sociaux mis en œuvre au sortir de la seconde guerre mondiale. C'est l'objectif ultime des économistes ultra libéraux dans ce domaine, et de manière extrêmement triste, une grande partie des salariés les plus aisés ne verront que ce qu'ils pourront gagner à très court terme dans cette opération de privatisation, ignorant ce qu'ils auront à payer à plus long terme du fait de cette réforme. Car l'économie entière de notre système de sécurité sociale repose evidemment sur son caractère universel. Si les plus riches des salariés sont libres de transférer leurs cotisations vers des assureurs privés, ce système explosera assurément. Evidemment, me direz-vous, Emmanuel Macron n'a pas parlé de la privatisation partielle de la sécurité sociale ! Evidemment que non. Il parle de réforme des régimes de retraite, de fin des régimes spéciaux de retraite, comme ceux des cheminots de la SNCF (également de celui de la Banque de France ?) il parle aussi d'équilibre des comptes de la Securite Sociale. Non, ce discours, c'est celui qui est sous-jaccent aux politiques ultra libérales actuellement à l'œuvre en France, et je suis presque sûr qu'il sera mis en avant à un moment donné par son gouvernement, vraisemblablement sous forme d'une plus grande liberté donnée à ceux qui le souhaiteront. À moins que cela ne viennent de la justice française ou européenne, puisqu'un certain nombre d'actions judiciaires sont aujourd'hui en cours contre l'obligation faite de s'affilier obligatoirement à la caisse de Sécurité Sociale ...

 

Il reste évidemment la réforme du Code du travail et des instances représentatives du personnel qu'Emmanuel Macron a fait adopter à marche forcée à la suite des élections présidentielle et législatives. Ces projets d'ordonnances, intitulées «renforcement du dialogue social», ne sont évidemment qu'un immense recul social, qui au final aboutit à la déliquescence du dialogue social dans l'ensemble des entreprises francaises, petites ou grandes, et permettra aux employeurs de se séparer tellement facilement des empêcheurs de tourner en rond syndicalistes ! Cadeau de Macron aux employeurs et chèque en blanc donné par la CFDT au patronat et au gouvernement, parce qu'au fond, la CFDT au niveau des grands décideurs confédéraux, était totalement gagnée à ce même texte qu'elle était prête à signer quelques mois auparavant, en l'état. Les responsables confédéraux de la CFDT sont clairement des vendus à l'ultra libéralisme qui se répand tel un fléau en France ! À noter que les publications cédétistes insistent desormais sur les difficultés de cette réforme et les reculs possibles, et la nécessité de négocier dans les entreprises pour permettre de limiter ses reculs. Alors que la CFDT a pourtant failli quelques mois avant, signer ce même texte, qu'elle aurait alors présenté comme un texte novateur et riche de grandes avancées ... lesquelles ? La CFDT confédérale ne s'intéresse de toute façon qu'aux «toutes petites entreprises» et à la «féminisation» des cadres intermédiaires ! Le reste ? Ce qu'elle est prête à vendre au plus offrant.

 

Licenciement facilité pour les entreprises avec la rupture conventionnelle collective, organes de représentation du personnel annihilés et chambreboulés par une réforme à la hussarde, imposée obligatoirement sans aucune forme de liberté dans sa mise en œuvre, avec une ministre du travail VRP du grand patronat, après avoir été leur exécutrice des basses œuvres (DRH), sans compter toutes les réformes du champ social qui nous attendent au cours des prochains mois et des prochaines années ! 

 

Il y a de quoi désespérer ! Ou bien se révolter ! 

 

 

Réflexion quatre (samedi 21 avril 2018)

Derrière l'uniformisation de la pensée, une dictature de la bien-pensance ... l'immonde Bête est toute proche ...

 

Uniformisation de la pensée et du discours dominant : Un parfait exemple en a été donné lors de l'attentat contre le supermarché de Trèbes. Les interventions critiques du président du Parti des Républicains à l'égard du Gouvernement et de son action contre le Terrorisme ont été immédiatement contestées par les médias comme excessivement critiques et inappropriées : la raison principale étant l'unanimité de l'hommage et des réactions des députés de l'Assemblée nationale. Ceux qui rompaient cette unanimité affichée comme telle (Laurent Wauquiez et Marine Le Pen) étaient donc les sordides politiques mûs par de tous aussi sordides intérêts personnels.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/03/26/25001-20180326ARTFIG00223-attentats-la-majorite-denonce-la-recuperation-politique-choquante-de-wauquiez-et-le-pen.php

 

Mais ce que les médias taisaient dans cette analyse, c'est que l´Assemblée Nationale est majoritairement composée de députés à la solde, favorables, à Macron, qu'ils soient de droite, appartenant aux «constructifs», qu'ils soient de gauche (prêts à se vendre à la première occasion à celui qui a été ministre de l'économie d'un socialiste et qui appliquait plus ou moins la même politique !), ou qu'ils appartiennent à l'immense majorité de la République en Marche ou du Modem ! L'unanimité de l'Assemblée Nationale n'est ainsi que le symptôme d'un malaise, que l'ensemble de la représentativité soit aux mains d'un seul homme, d'un seul groupe économique, d'un seul système de groupe d'intérêt !

 

Nous sommes rentrés dans un système médiatique où l'obéissance et la loyauté sont considérées comme la seule réponse autorisée, où toute information critique a réussi à être éliminée, cachée, masquée. L'admiration à l'égard des décisions gouvernementales est la seule réponse autorisée ainsi que la remise en cause des critiques des adversaires. Ainsi, il fallait rendre compte en termes dithyrambiques de l'hommage rendu au gendarme tué lors de cet attentat. Il fallait se féliciter de la réponse gouvernementale apportée aux actions terroristes. Derrière l'unanimité de l'hommage national, il y a un grave manque de démocratie, de possibilité de réponse démocratique. 

 

De la même manière, il est incompréhensible que tous les dérapages verbaux d´Emmanuel Macron ne soient jamais repris par le journal Le Monde et une grande partie des médias. Lorsque Emmanuel Macron s'était laissé aller à faire une blague sur les comoriens et les kwassa-kwassa, il était impossible de trouver toute trace de cette blague de mauvais goût sur le site internet du Monde. Bizarrement, l'information y avait totalement disparu alors qu'une dépêche avait pourtant été publiée juste avant ! C'est comme si un filtre ou un contrôle était là pour éliminer toute information défavorable à Emmanuel Macron ! Impossible d'y avoir accès ! 

http://www.liberation.fr/france/2017/06/04/macron-et-les-kwassa-kwassa-quand-le-vernis-craquelle_1574470

 

Tout esprit critique a ainsi été éliminé de la presse et des médias. Par exemple, la volonté du gouvernement de privatiser les voitures radars sur nos routes est évidemment extrêmement grave pour nos libertés. Non pas parce qu'une surveillance accrue serait dangereuse pour notre sécurité et pour nos libertés, mais parce que les dérives observées dans la gestion des amendes à Paris par une société privée sont là pour nous rappeler les dangers extrêmes de la privatisation des forces de police et de coercition à des intérêts privés ! Pour une dérive prouvée et comdamnée par la justice, combien y aura-t-il d'arrangements et de mic-macs qui seront ignorés du public, de milliers de fausses contraventions données à des automobilistes non fautifs ? Et pourtant, même si les poursuites judiciaires contre cette société en charge des contraventions parisiennes sont connues de tous, les médias ne rejettent en aucune façon en cause la décision gouvernementale plus large de privatiser les voitures radars automobiles aujourd'hui gérées par la gendarmerie et la police. Aucun média ne fait état de ce risque immense. La privatisation des forces de coercition de l'Etat aux mains d'une caste de capitalistes. Mais non, les médias ne sont là que pour faire assaut de complaisance vis à vis du pouvoir, vis-à-vis du gouvernement. Et pour masquer la réalité au peuple, aux moutons que nous sommes, aveuglés par un jeune homme brillant qui va révolutionner la France et les français. Nous sommes des moutons conduits à l'abattoir qui bêlons stupidement notre amour à notre tortionnaire. 

 

Heureusement ou tristement, une caste d'apparatchiks qui ont juré allégeance et soumission à Macron et à son gouvernement occupent la société, contrôlent les médias et l'espace médiatique. Pour certains, ils jouent leurs cartes individuelles, d'autres lorgnent sur un poste ou des responsabilité, d'autres espèrent une reconnaissance, d'autres enfin ne cherchent qu'à dominer les décombres fumants qui resteront de notre société, attendant la chute de leurs concurrents. Evidemment, le monde politique a toujours été rempli de ces pantins et de ces zélateurs prets à toutes les compromissions ! C'est simplement que ce sont des revirements sur des temps très courts, en quelques mois, particulièrement visibles, et d'une ampleur invraisemblable ! Parmi tous ces «certains» et tous ces «autres», on trouve évidemment les responsables des médias que j'ai abondamment cité, mais également ces syndicalistes comme ceux de la CFDT qui répugnent à engager le combat, la mobilisation contre la politique libérale de ce gouvernement. La CFDT préfère peser sur les négociations avec le gouvernement, pour de bien piètres résultats, plutôt que d'appeler ses adhérents à descendre dans la rue.

 

Mais peut-on négocier avec le diable, avec l'innommable ? Peut-on traiter avec celui et ceux qui seront peut-être demain les fossoyeurs de notre démocratie, de la République ? A-t-on pardonné à ceux qui avaient préféré entre 1938 et 1945 traiter, collaborer, avec les nazis plutôt que de les affronter, plutôt que les combattre, même par des actes terroristes ? Et si Macron n'était rien d'autre que la fin de la démocratie française ? De cette démocratie certes imparfaite, certes instrumentale, mais malgré tout vivante. Le peuple sera-t-il capable de se réveiller comme en 1789, malgré l'énergie dépensée par les grands médias pour l'endormir, le charmer, le tromper, lui cacher la réalité et les contestations de ceux qui combattent déjà ce gouvernement et sa politique ultra-libérale ?

 

 

Réflexion trois (jeudi 19 avril 2018)

Ce qui ne va pas dans le Monde de la politique politicienne

 

Je me suis essentiellement focalisé sur ce qui relevait des médias (papier, internet ou télévisés) dans mes deux articles des jours précédents. Et l'apparition et la prise de pouvoir d'Emmanuel Macron semble s'être accompagnée d'une disparition d'une presse libre et indépendante. C'est comme si la majeure partie des médias étaient contrôlés, surveillés par le gouvernement ou par l'Elysee, ou par un hypothétique cabinet noir qui contrôlerait les médias et les poursuites judiciaires. À la lecture de la presse ou à l'écoute des médias, difficile de se croire en démocratie, en république !

 

Au fond c'est assez simple. Une partie de la presse, de droite (Le Figaro, TF1), ne peut pas l'attaquer, parce que Macron applique le programme social et économique qu'elle a toujours rêvé de voir mettre en œuvre (réduction des droits sociaux des salariés et bientot des fonctionnaires), tout cela sous une apparence, sous des titres menteurs de «renforcement du dialogue social». L'autre partie de la presse, traditionnellement de gauche, porteuse du sens social, des exclus (Le Monde notamment) se trouve inféodée aux intérêts de ses actionnaires, qui appuient ou qui ont créé Macron ! Par ailleurs, le monde politique lui-même donne la même impression d'absence de toute contestation, contestation d'ailleurs qui ne trouve aucun écho dans la presse, réduite à la portion congrue. Entre une Assemblée nationale où les nouveaux élus de la République en marche et du Modem, de la droite des constructifs, représentent une telle majorité qu'ils écrasent toute contestation, comme au temps des godillots du General de Gaulle ! Entre une droite qui se veut décomplexée, qui est bien gênée de voir ses idées être mises en œuvre au delà même de leurs rêves ! Entre un Parti socialiste exsangue, dont les rares élus sont pratiquement tous des partisans de Macron et ne rêvent que de revenir au pouvoir, pour appliquer la même politique que lui, avec juste un vernis un peu différent, pour satisfaire les masses d'électeurs qui sont leurs électeurs ! Le petit nombre de députés de la France Insoumise sont tous ceux qui restent pour contester ce gouvernement !

 

D'où cette impression nauséeuse d'une forme d'unanimité sur la politique du gouvernement et de l'Elysée !

 

A la fin des années 1970, Guy Debord, et avec lui le courant philosophique des Situationnistes, avait développé l'idée d'une société du spectacle, qui était à l'œuvre selon lui dans le monde politique francais. Cette société du spectacle a perduré selon moi jusqu'à très récemment, et l'affaire du groupe de Tarnac, qui vient de connaître son épilogue judiciaire avec l'acquittement des coupables désignés par les services anti-terroristes européens, par le gouvernement de Nicolas Sarkozy et surtout son ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie (MAM pour les intimes ou les journalistes). Il faut reconnaître à Julien Coupat un certain talent pour retourner les médias, l'organisation du spectacle, contre le gouvernement et les services de lutte contre le terrorisme.

 

Mais Emmanuel Macron et ceux qui le contrôlent ou qui l'appuient ont mis en œuvre un nouveau système politique et médiatique, qui n'est plus explicable par le système du spectacle théorisé, présenté par les Situationnistes et Guy Debord. À moins que ce ne soit simplement que la société du spectacle de Debord poussée à son paroxysme, l'essence même de la société du spectacle à son maximum ! Une forme de dictature totalitaire/totalitariste des médias qui contrôlent tout ce que nous voyons, lisons, pensons, afin que rien ne nous arrache à cette horrible évidence : «There is no alternative» («TINA» en abrégé), expression rendue célèbre dans les années 80 par Margaret Thatcher.

 

Nous sommes rentrés dans une ère nouvelle, une ère de l'information contrôlée, une ère où toute contestation politique peut être niée, ignorée, oubliée dès lors que tous les moyens de communication sont unilatéralement utilisés pour la propagande du gouvernement, des puissants, du lobby patronal. Evidemment, le système TINA n'est pas si récent ; elle a été mise en œuvre au Royaume Uni dès le début des années 1980. Ce que l'on observe en France est-il différent, ou bien est-ce uniquement qu'un succédané de l'expérience Thatcher des années 1980, appliquée avec près de 40 ans d'écart en France ?

 

 

Réflexion deux (mercredi 18 avril 2018)

Ce qui ne va pas non plus dans le fonctionnement des médias

 

J'ai traité dans mon article précédent des questions liées à l'élection présidentielle, à la publicité et surtout à l'absence de toute contre-publicité de la part des grands médias quant au candidat Macron, et aux tentatives de mise à mort médiatique dont furent victimes ses principaux adversaires ou certains de ses parrains. Mon impression, c'est qu'Emmanuel Macron semble avoir été le candidat rêvé, parfait, espéré par des journaux comme le Monde ou des sites comme Mediapart, comme s'il avait été fabriqué par leurs soins !

 

Macron a quand même fait l'objet d'une couverture médiatique inédite par les principaux médias, pour un petit candidat inconnu tout juste sorti de l'anonymat, simplement auréolé de quelques semestres passés en tant que ministre de l'économie, pour un candidat sans Parti politique ayant pignon sur rue ! J'ai vraiment de la peine à croire que tout ceci était tout à fait normal, que l'opinion publique française n'ait pas été victime d'une inédite manipulation médiatique massive. Evidemment, au final, Emmanuel Macron a été élu à la présidence de la république, puis les électeurs francais lui ont donné une majorité massive à l'Assemblée nationale ! Les médias ont gagné leur pari ! À noter qu´il (ils) voulait même avoir la même majorité au Sénat, et il n'a pas compris que les grands électeurs n'aient pas été éblouis, hypnotisés, comme le reste de l'électorat ! De dépit, il a dû faire tomber quelques têtes !

 

Mais l'impact de manipulation des grands médias francais ne s'arrête pas seulement à cela ! Le Monde comme Mediapart ne se contentent pas non plus seulement d'attaquer les principaux adversaires de Macron, pour les décrédibiliser ... ils contrôlent également les informations dont nous disposons sur la contestation quant à la politique menée par Emmanuel Macron. Donner la parole uniquement à ceux qui adhèrent aux réformes décidées par son gouvernement. Pour cette raison, c'est surtout la CFDT qui était audible dans leurs colonnes lors de la réforme par ordonnances du Code du Travail. Beaucoup moins la CGT qui y était opposée ! De la même manière, les mouvements d'occupation des universités françaises ne sont absolument pas suivis par le journal Le Monde, de même que la grève des cheminots de la SNCF ... ou d'Air France. Silence Radio ! 

 

Deux mois que certaines universités sont occupées et bloquées par des étudiants ... Et Le Monde n'y envoie pas de journalistes, et les nouvelles sont noyées/ignorées/reléguées. Un jugement d'un tribunal administratif condamnant une telle occupation par des étudiants recevra  par contre évidemment un traitement beaucoup plus interessé ! 

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/04/18/une-quinzaine-d-universites-perturbees-la-justice-demande-l-evacuation-de-montpellier-iii_5287355_4401467.html

 

J'en étais sûr sans même avoir cherché sur le site du Monde. Et c'est bien le cas. Dans un article rempli de contradictions, puisque Le Monde réussit à ecrire dans un même article dans les premières lignes que les actions de mobilisation (on ne parle même pas de blocage ou d'occupation, juste de mobilisation!) dans les universités ont commencé il y a un mois, alors qu'un peu plus bas, on peut lire que l'université de Montpellier est occupée et bloquée depuis deux mois, soit mi-février !  Cet article est une honte. 

 

On y observe aussi que le syndicat étudiant bien de droite (voire d'extrême droite) UNI combat comme à son accoutumée les occupations d'université, et se trouve donc au côté du gouvernement Macron/Philippe. Ce qui ramene donc à sa juste place et sa juste image ce gouvernement de droite/ultra-libéral qui nous gouverne depuis bientôt un an. Un gouvernement de droite sans aucune attache sociale, même si certains socialistes s'y sont acoquinés/vendus pour une parcelle de pouvoir ou un mandat électoral !

 

Au final, on sait à qui appartient le Journal Le Monde. Son indépendance et sa ligne éditoriale n'existe plus. Les grands journalistes qui suivirent les grandes grèves des années 2000, dont l'une des dernières était Ariane Chemin, doivent pouvoir observer cette évolution. Le Monde s'est vendu au capitalisme et il est soit le démiurge qui a créé et fait exister Emmanuel Macron, soit l'outil minable de la décervelation de l'opinion publique française !

 

Lorsque l'on ne peut plus compter sur les médias pour nous informer sur la réalité de la situation française et des luttes sociales, syndicales et politiques conduites contre un gouvernement illégitime (au sens où il n´est là que du fait d'une manipulation, d'un éblouissement, d'une hypnose de l'électorat francais), que nous reste-t-il ? Se rabattre sur les nouveaux médias utilisés par la jeunesse, Facebook, Twitter, les messageries instantanées et les vidéos YouTube ! Comme nos enfants ! En sachant comme eux que les médias sont inféodés aux grands intérêts financiers capitalistes, et que les informations qu'ils nous transmettent sont biaisées, instrumentalisé, fausses. Tout ceci tuera les journaux papiers et internet. Ils ne se relèveront pas de la découverte de leur responsabilité dans l'élection d´Emmanuel Macron et de la mise en œuvre de sa politique ultra-liberale !

 

 

Réflexion une (mardi 17 avril 2018)

Ce qui ne va pas dans l'usage du pouvoir et des médias

 

Si on regarde la présidence Macron, la première chose qui n'a pas été normale a évidemment été la manière dont il a été élu. Inconnu au début du quinquennat de François Hollande, il est élu un an après s'être porté candidat en abandonnant le poste de ministre de l'économie. François Mitterand, grand stratège et fin homme politique, s'était présenté trois fois à la présidentielle avant d'être élu, même si évidemment, il avait eu à combattre le Général de Gaulle à sa première tentative. Valéry Giscard d'Estaing également avait connu l'échec à la présidentielle avant de se faire élire, de même que Jacques Chirac, à plusieurs reprises. Seuls, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient également été élus à leur première tentative. Mais cela faisait des années que ces deux-là occupaient le terain politique. Rien de comparable avec Emmanuel Macron !

 

La deuxième chose qui interpelle, c'est l'avanlache des attaques ayant frappé ses adversaires. Faut-il rappeler les attaques médiatiques et judiciaires ininterrompues contre François Fillon, qui se sont si mystérieusement arrêtées dès lors qu'il a été battu lors du premier tour de la présidentielle ! Incroyable comme les informations, les mises en examen, sont brutalement devenues inaudibles dès lors que François Fillon a cessé d'être un danger pour Emmanuel Macron ! Que s'est-il passé depuis ? François Fillon est-il toujours mis en examen ? A-t-il été entendu par la justice, par la police. C'est comme si cette histoire n'intéressait plus les journalistes et les journaux, alors que ceux-ci ne parlaient que de cela pendant toute la campagne présidentielle et l'élection présidentielle. Cela ne vous choque-t-il pas ?

 

Quant à François Bayrou et le Modem, son idée du Centre-droit avait enfin réussi à prendre le pouvoir et le palais présidentiel ; il en rêvait depuis des décennies ! Il était celui qui avait permis la victoire du jeune président de la République. À défaut du mandat présidentiel, il était devenu le Garde des sceaux. Patatras ! Pour lui également,  la presse et la justice faisaient sortir une affaire politico-financière et instruisaient des mises en examen. Et de manière assez proche, le faiseur de rois etait obligé de se retirer du gouvernement, avec sa collègue et vice présidente du Modem. Et comme pour François Fillon, la presse et la justice devenaient subitement inaudibles et silencieuses dès lors qu'il ne représentait plus une menace pour Emmanuel Macron ! Avant cela, il y avait egalement eu le retrait surprenant de Francois Hollande, obligé pour l'on ne sait quelle raison de ne pas se présenter pour un deuxième mandat !

 

Qu'est-ce qui peut expliquer cela ? Qu'est-ce qui se passe dans les arcanes politiques et médiatiques françaises ? Le précédent événement qui me rappelle tout cela, c'est l'affaire Dominique Strauss-Kahn au Sofitel de New-York. Le futur favori de l'élection présidentielle française se trouve mis en cause dans une affaire sexuelle avec une femme de chambre, et se trouve arrêté et jeté en prison, puis traîné dans la boue médiatique. Et là encore, il n'est toujours pas possible de savoir ce qui s'est réellement passé dans cette chambre de l'hôtel Sofitel. Y a-t-il eu agression sexuelle, et si oui, pour quelle raison Dominique Strauss-Kahn s'était-il autorisé cela ? Quelle information lui avait-on donné ? Pourquoi cet acharnement de la justice américaine ? Qui sont derrière toute cette affaire du Sofitel ? Evidemment, à cette époque, on pense immédiatement à un piège de l'UMP au bénéfice de Nicolas Sarkozy, qui aurait été bien gêné par une candidature Strauss-Kahn. Mais en est-on si sûr ? Y avait-il un cabinet noir autour de François Hollande qui orchestrait ces opérations ? Après tout, c'est lui qui a été le principal bénéficiaire de l'éviction de Dominique Strauss-Kahn ! Ce cabinet noir a-t-il par la suite changé de poulain en lui préférant Emmanuel Macron ? Bizarrement, les rumeurs sur Dominique Strauss-Kahn sont revenues régulièrement dès lors qu'il réapparaissait médiatiquement. Il a fallu le mettre en examen dans l'affaire du Carlton de Lille et pour ses liens avec Dodo La Saumure. Et là aussi, bizarrement, la presse est relativement peu prolixe sur les suites de ces affaires juridico-médiatiques. 

 

Que faut-il déduire de toutes ces mystérieuses coïncidences ?

# Que François Fillon, François Bayrou, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn ont enfin compris que s'ils veulent la paix et ne pas être envoyés croupir ad vitam eternum en prison, ils doivent se cacher et ne plus faire d'ombre au patron ?

# Qu'il s'agit d'un simple travers médiatique, et qu'il est normal que les affaires judiciaires de personnalités médiatiques soient seulement mises en exergue par la presse. Et que dès qu'ils sortent de l'actualité, leur traitement médiatique disparaisse ! Cela me paraît improbable.

# Que les médias et la presse sont contrôlés par un groupe si puissant que ces derniers peuvent faire élire la personne qu'ils souhaitent à la présidence de la république, et qu'ils peuvent dezinguer tous ceux qui leur déplaisent ?

 

Je rajouterais deux événements plus récents. Un, la mise en cause pour une plainte pour agression sexuelle contre le ministre de l'écologie, suivie d'un emballement mediatique dans la lignée de l'affaire Weinstein et des sites «balance ton porc» qui s'est brutalement arrêtée lorsque le president de la république a renouvelé sa confiance à son ministre ! Comme si ce dernier avait sifflé la fin de partie : «celui-là, vous n'y touchait pas. J'en ai besoin !». Et boom, plus un mot dans la presse ! 

 

Deuxièmement, il y a bien évidemment le traitement judiciaire et médiatique actuel à l'encontre de Nicolas Sarkozy, mis en cause pour le financement de sa campagne électorale par la Lybie. Même si je ne l'appréciait pas outre-mesure (voire pas du tout), je ne pense pas que même sous son quinquennat, la liberté et la démocratie n'étaient pas autant en danger qu'elles ne le sont aujourd'hui ! C'est comme si le traitement réservé à Nicolas Sarkozy était un message destiné à tout ceux qui pouvaient faire de l'ombre à Emmanuel Macron. «Regarde ce qui risque de t'arriver si tu ne te couches pas !»

 

Nous ne saurons jamais ce qui se passe réellement dans notre pays, ce qui s'est réellement passé dans ces différents cas ... On ne saura peut-être même jamais les suites judiciaires de ces affaires mediatico-politiques ! Ces affaires resteront peut-être comme des épées de Damoclès au dessus de leur tête, au cas où ils se risqueraient à parler ou à avoir à nouveau des prétentions politiques ! Il nous reste donc à savoir si nous vivons reellement dans une démocratie ou non !

 

Mais aussi si nous ne sommes pas non plus pour partie responsables de ces emballements médiatiques auxquels nous assistons. Après tout, s'il n'y avait pas une opinion publique aussi friande de ces ragots politico-médiatiques, aussi prompte à juger et à condamner les gens en général, peut-être alors, ces emballements médiatico-politiques se seraient étouffés tout seuls, noyés dans leur propre fange !

 

 

Saucratès


22/04/2018
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L'Europe et la Catalogne

 

Réflexion deux (27 novembre 2017)

L'histoire espagnole, le séparatisme catalan et les précédents franquistes

 

Au minimum deux versions et deux lectures de l'histoire s'affrontent dans cette affaire de la Catalogne. Il s'agit d'abord d'une histoire longue, ce que l'on ne comprend pas réellement à la lecture de la presse française ou en regardant les journaux télévisés français. On a en effet l'impression que la déclaration d'independance du gouvernement catalan et du peuple (ou d'une partie du peuple) catalan est un soubresaut récent de l'histoire, une sorte d'épiphénomène qui remonterait à quelques mois voire à quelques années, et absolument pas un mouvement de fond remontant au début du vingtième siècle, aux années 1920-1930 pour être exact, et se ramifiant jusqu'à nos jours.

 

Pour le comprendre, il faut lire l'excellent article paru dans Le Monde du 19-20 novembre 2017 intitulé : «L'intransigeance de Madrid nourrit le séparatisme catalan».

https://www.pressreader.com/france/le-monde/20171119/281943133179904

 

Deux versions, deux visions, deux interprétations de l'histoire ! La vision de nombre d'espagnols et d'espagnoles vis-à-vis de la sécession, de la déclaration d'indépendance de la Catalogne est sans concession. C'est un crime selon eux et ceux-ci se réjouissent de la violence policière à l'encontre des indépendantistes ... ou plutôt faudrait-il dire des catalans quelque soit leur bord politique. Ceux-ci nient toute légitimité aux indépendantistes, tout droit à se dire un peuple différent des espagnols, tout droit sur leurs terres, sur la Catalogne. Selon ces espagnols, les catalans n'ont aucune histoire commune en tant que peuple séparé de l'Espagne ; la Catalogne n'a jamais été selon eux un royaume ou une principauté. Ils leur nient aussi le droit de pouvoir déclarer la Catalogne indépendante ; ils les comparent à des locataires n'ayant aucun droit sur l'appartement où la maison où ils habitent, et dont ils veulent proclamer l'indépendance pour s'en emparer comme des voleurs !

 

Voici en quelques images la manière dont nombre d'espagnols et d'espagnols interprètent cette histoire. L'acharnement de la justice espagnole à l'encontre des membres du gouvernement séparatiste catalan les remplit d'aise, ainsi que la fermeté du premier ministre espagnol, M. Mariano Rajoy. Selon l'article cité du Monde, c'est justement pour profiter d'un gain électoral, reposant sur l'anticatalanisme cultivé en Espagne depuis 40 ans, que Mariano Rajoy a joué la carte de l'inflexibilité !

 

A ces quelques images de l'anticatalanisme véhiculé par de nombreux espagnols se rajoute une dernière (ou une autre) : «l'égoïsme d'une région riche qui cherche à garder ses richesses pour elle», comme l'écrit Le Monde. Selon des espagnols, la Catalogne est la région industrielle de l'Espagne et les catalans veulent faire un hold-up sur les entreprises espagnoles ! Le Monde cite une autre réalité : «avec 16% de la population espagnole, la Catalogne apporte 22% des recettes fiscales nationales, mais ne reçoit que 8% des investissements publics».

 

Ne fréquentant pas de catalans independantistes, je ne saurais pas présenté leur lecture de ces mêmes événements. Je ne pourrais que relever les similitudes historiques concernant le mouvement séparatiste catalan et le traitement qui lui a été appliqué par l'état espagnol.

 

La déclaration d'indépendance catalane n'est ainsi pas une nouveauté. Le 14 avril 1931, une république catalane est déclarée unilateralement par le Parti ERC, la «Gauche républicaine de Catalogne». Cette déclaration conduit Madrid a accordé un large statut d'autonomie à la Catalogne en septembre 1932. En octobre 1934, le président de la Généralité catalane, Lluis Companys, «proclame l'indépendance de la Catalogne au sein de la République fédérale d'Espagne». Comme aujourd'hui Carles Puigdemont, Lluis Companys est arrêté, accusé de rébellion militaire et traduit devant la Cour constitutionnelle. Le parquet requiert contre lui la peine de mort mais il n'est condamné qu'à 30 ans d'emprisonnement (seulement). En février 1936, il est cependant rétabli dans ses fonctions. Mais le 18 juillet 1936 a lieu le coup d'état militaire du general Franco, «qui a pour but déclaré d'éliminer sans scrupule ou hésitation ceux qui ne pensent pas comme nous». Celui-ci entreprendra la conquête du territoire espagnol région apres région, et la Catalogne paiera un lourd tribu. «Des milliers de catalans sont détenus dans des camps de concentration et leurs biens spoliés, et des milliers d'autres contraints à l'exil». Lluis Companys est arrêté en France par la Gestapo et livré aux autorités espagnoles le 13 août 1940. Une nouvelle fois accusé de rébellion militaire, il est condamné à mort par une cour martiale le 14 octobre 1940 et fusillé le lendemain.

 

On a ainsi aujourd'hui l'impression que l'histoire se répète implacablement, et que l'Espagne est toujours malade du franquisme ! Puigdemont, Companys même histoire et même combat. Puigdemont ne craint peut-être plus la peine de mort (mais c'est encore à vérifier ... il y a d'autres manières de tuer qu'en fusillant quelqu'un) mais il encoure toujours 30 années de prison !

 

En 1977-1978, l'Espagne reconnaît plus largement l'autonomie d'un certain nombre de ses régions (16 en tout dont les trois nationalités historiques : Catalogne, Pays Basque et Galice). En 1979, le statut d'autonomie de la Catalogne est adopté par référendum. Un nouveau statut de la Catalogne sera par la suite adopté en juin 2006 et ratifié par référendum en Catalogne. Mais ce statut sera dénoncé par le Parti populaire de Mariano Rajoy. Le tribunal constitutionnel espagnol, très conservateur, invalide plusieurs articles du statut de la Catalogne de 2006, notamment ceux relatifs à la perequation fiscale, et celui definissant la Catalogne comme une nation (arrêt du Tribunal constitutionnel du 28 juin 2010). Cette décision, à l'origine de laquelle on trouve le premier ministre espagnol actuel, M. Mariano Rajoy, attise un indépendantisme catalan jusqu'au boutiste.

 

Le 9 novembre 2014, c'est un économiste catalan, M. Arthur Mas, au pouvoir avec le parti politique Convergence, qui organise un referendum sur l'indépendance de la Catalogne, que le gouvernement espagnol déclare illegal, mais sans prendre les mesures drastiques prises en 2017. 37% des electeurs catalans se deplacent et votent pour l'indépendance à 80,76%. Ces resultats seront insuffisants pour permettre d'ouvrir la voie à un processus d'indépendance ! Suite à des elections anticipées en septembre 2015, M. Mas n'est pzs reconduit à la tete de la Generalité catalane et c'est M. Puigdemont qui est elu comme president de la Generalité  le 9 janvier 2016. La repression s'abat par ailleurs sur M. Arthur Mas qui est jugé et condamné à deux ans d'interdiction d'activité politique le 13 mars 2016 pour avoir appelé au referendum de novembre 2014.

 

Et on rattrape alors l'histoire actuelle. M. Puigdemont convoque le referendum du dimanche 1er octobre 2017 que nous avons connu, référendum auquel le gouvernement espagnol de M. Rajoy decide de faire echec en faisant intervenir brutalement 10.000 policiers et gardes civils espagnols, avec utilisation de tirs de balles en caoutchouc et recours excessif à la force, tout en assurant que «les violations des droits de l'homme étaient proportionnées» (interventions du PP reprises par le roi Felipe VI).

 

Voilà pour ce rappel historique tiré de cet article du journal Le Monde du 19-20 novembre 2017. La ressemblance avec les evenements des années 1930-1940 sous Franco est frappante. Les mêmes espagnols d'ailleurs qui condamnent les catalans sont aussi les mêmes qui regrettent l'époque de Franco, qui refusent de considérer que Franco ait pu être un fasciste pour le dépeindre comme un grand homme d'état ... une position proche d'ailleurs de celle du PP de M. Mariano Rajoy ! 

 

Venant de France et d'Europe, on ne peut être que choquer de ce qui se passe en Espagne et en Catalogne. L'appareil répressif espagnol à l'encontre des catalans et des dirigeants politiques catalans qui osent vouloir mettre en oeuvre des processus politiques legaux et non violents pour permettre au peuple catalan de s'exprimer laisse pantois. C'est une guerre idéologique et des procès politiques qui sont organisés par l'Espagne contre ses opposants catalans, et cette guerre est condamnable. Il n'y a guere de différences entre les purges staliniennes du passé, les purges du president turc Erdogan, et celle du premier ministre espagnol Rajoy. C'est un pays encore fascisant et non démocratique que nous avons à nos portes, à l'intérieur de l'Europe. Et ce pays n'a rien à faire en Europe, à la difference de la Catalogne, qui elle, a toute sa place en Europe.

 

 

Réflexion une (2 novembre 2017)

Du droit à l'autodétermination du peuple catalan

 

C'est un sujet brûlant pour nombre d'espagnols qui le prennent notamment particulièrement à cœur ! J'en ai notamment parlé avec certains amis espagnols, que les velléités d'indépendance de la Catalogne mettent atrocement en rage. Selon eux, c'est comme si vos locataires décidaient de faire une votation dans votre maison pour déclarer l'indépendance de votre maison, afin de la récupérer et de vous en déposséder. C'est de cette manière qu'ils interprètent et réagissent à l'affaire catalane.

 

Je ne comprends pas particulièrement leur position et je ne la partage pas. En France, nous avons déjà eu à traiter des velléités indépendantistes de la part de certains bretons, basques et corses. Et je comprends les aspirations de ces peuples à vouloir vivre dans l'indépendance. Le droit à l'autodétermination ne fait-il pas partie des droits inaliénables des peuples libres ? N'est-ce pas un principe du droit international, reconnu dans la Charte des Nations unies, qui reconnaît que les Nations peuvent développer «des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes» ? Des peuples n'ont-ils pas combattu les armes à la main contre des envahisseurs ennemis et ne sont-ils pas morts pour ce droit à vivre libre, dans leur pays, sous leurs propres lois et sous leur propre gouvernement ? Pour quelle raison le droit à l'autodétermination serait-il reconnu aux malgaches, aux vietnamiens, aux algériens, ou aux israéliens mais pas aux bretons, aux basques francais ou espagnols, aux corses ou aux catalans ? Comment peut-on défendre une telle position ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_des_peuples_à_disposer_d'eux-mêmes

 

Après cela, ce droit à l'autodétermination doit être un droit démocratique. L'ensemble des habitants de ces pays doivent pouvoir donner leur position sur leur indépendance. Et malheur à la minorité, qui devra suivre la position majoritaire de ce peuple. «Malheur aux vaincus» (ou «Vae Victis») comme l'a dit il y a bien longtemps le gaulois Brennos. Et quand une telle aspiration ne rencontre pas l'assentiment de tout un peuple, que les séparatistes sont ultra-minoritaires comme se fut le cas en Bretagne ou au Pays Basque français, voire en Corse, il ne reste alors plus à cette minorité que la voie du terrorisme séparatiste !

 

Mais même là, l'analyse n'est pas si simple. Même à Madagascar, en Algérie, en Israël ou en Indochine, au début, les indépendantistes ne furent jamais majoritaires et les vainqueurs au final dûrent d'abord choisir la voie du terrorisme pour affronter initialement leurs colonisateurs ! Même les français en 1941-1944, sous le régime de Vichy et contre l'occupant nazi, dûrent recourir au terrorisme pour combattre la milice française, la Wehrmacht et les SS !

 

Après avoir dit cela, qu'est-ce que je peux en penser ? Premièrement, même si cette situation horripile les espagnols non catalans, il me semble que les catalans ont droit à voir respecter leur droit à leur autodétermination. Et le parlement qui avait déclaré l'indépendance de la Catalogne avait été élu démocratiquement, avec une présence massive des independantistes catalans ! Les catalans ont droit de vouloir vivre sous leur propres lois, sous leur propre gouvernement, et hors de l'Espagne s'ils le souhaitent majoritairement ! 

 

Deuxièmement, les réactions du gouvernement espagnol ... mise sous tutelle et démission d'office du gouvernement catalan ... ainsi que les poursuites judiciaires enclenchées contre les membres du gouvernement catalan, sont un signe d'une absence de culture démocratique de l'Espagne. L'Espagne nous démontre désormais que ce n'est pas un pays démocratique, un État de droit, un État digne de l'Europe et des valeurs européennes des droits de l'homme. Son histoire démocratique est trop récente et celle-ci n'a toujours pas fait le solde de son passé franquiste, dirigiste, fasciste. En témoigne la fascination que tant d'espagnols gardent encore pour le personnage de Franco !

 

Enfin, je comprends le gouvernement catalan en exil face aux poursuites judiciaires dont il est désormais la victime. Evidemment, il me semble que ces hommes auraient dû prévoir les réactions du gouvernement espagnol et anticiper leurs prochaines actions, et non pas fuir à l'étranger. Comme je le disais, certains peuples ont donné la vie pour combattre pour la liberté et l'indépendance ; j'aurais aimé que les leaders catalans soient prêts à se laisser embastiller et emprisonner pour l'indépendance de la Catalogne ! Mais après, c'est facile pour moi de dire cela de derrière mon écran, lorsque je ne risque rien. Et puis, même le Général de Gaulle lui-même a également fui la France en 1940 pour se refugier en exil en Angleterre, fondant le gouvernement de la France libre, sous la protection du gouvernement de Winston Churchill. Des esprits chagrins ont évidemment critiqué sa fuite, arguant qu'il ne craignait alors rien en France ! L'Histoire décidera si le leader catalan sera un héros catalan ou un traitre espagnol !

 

Au final, l'Espagne doit respecter la volonté d'autodétermination du peuple catalan, comme du peuple basque espagnol, et elle ne doit pas poursuivre les leaders du gouvernement catalan pour des positions politiques. Sinon, l'Espagne et son premier ministre Rajoy ne valent pas mieux que les pires dictatures dans le Monde, comme la Turquie, la Russie, l'Iran ou la Corée du Nord. Ces pays ressemblent souvent à des démocraties, comme l'Espagne, mais appliquent des lois d'exception pour traquer leurs opposants ou les contestataires (ou même parfois les ont totalement erradiqués) !

 

 

Saucrates


02/11/2017
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