Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Sur la politique


L'Europe et la Catalogne

 

Réflexion deux (27 novembre 2017)

L'histoire espagnole, le séparatisme catalan et les précédents franquistes

 

Au minimum deux versions et deux lectures de l'histoire s'affrontent dans cette affaire de la Catalogne. Il s'agit d'abord d'une histoire longue, ce que l'on ne comprend pas réellement à la lecture de la presse française ou en regardant les journaux télévisés français. On a en effet l'impression que la déclaration d'independance du gouvernement catalan et du peuple (ou d'une partie du peuple) catalan est un soubresaut récent de l'histoire, une sorte d'épiphénomène qui remonterait à quelques mois voire à quelques années, et absolument pas un mouvement de fond remontant au début du vingtième siècle, aux années 1920-1930 pour être exact, et se ramifiant jusqu'à nos jours.

 

Pour le comprendre, il faut lire l'excellent article paru dans Le Monde du 19-20 novembre 2017 intitulé : «L'intransigeance de Madrid nourrit le séparatisme catalan».

https://www.pressreader.com/france/le-monde/20171119/281943133179904

 

Deux versions, deux visions, deux interprétations de l'histoire ! La vision de nombre d'espagnols et d'espagnoles vis-à-vis de la sécession, de la déclaration d'indépendance de la Catalogne est sans concession. C'est un crime selon eux et ceux-ci se réjouissent de la violence policière à l'encontre des indépendantistes ... ou plutôt faudrait-il dire des catalans quelque soit leur bord politique. Ceux-ci nient toute légitimité aux indépendantistes, tout droit à se dire un peuple différent des espagnols, tout droit sur leurs terres, sur la Catalogne. Selon ces espagnols, les catalans n'ont aucune histoire commune en tant que peuple séparé de l'Espagne ; la Catalogne n'a jamais été selon eux un royaume ou une principauté. Ils leur nient aussi le droit de pouvoir déclarer la Catalogne indépendante ; ils les comparent à des locataires n'ayant aucun droit sur l'appartement où la maison où ils habitent, et dont ils veulent proclamer l'indépendance pour s'en emparer comme des voleurs !

 

Voici en quelques images la manière dont nombre d'espagnols et d'espagnols interprètent cette histoire. L'acharnement de la justice espagnole à l'encontre des membres du gouvernement séparatiste catalan les remplit d'aise, ainsi que la fermeté du premier ministre espagnol, M. Mariano Rajoy. Selon l'article cité du Monde, c'est justement pour profiter d'un gain électoral, reposant sur l'anticatalanisme cultivé en Espagne depuis 40 ans, que Mariano Rajoy a joué la carte de l'inflexibilité !

 

A ces quelques images de l'anticatalanisme véhiculé par de nombreux espagnols se rajoute une dernière (ou une autre) : «l'égoïsme d'une région riche qui cherche à garder ses richesses pour elle», comme l'écrit Le Monde. Selon des espagnols, la Catalogne est la région industrielle de l'Espagne et les catalans veulent faire un hold-up sur les entreprises espagnoles ! Le Monde cite une autre réalité : «avec 16% de la population espagnole, la Catalogne apporte 22% des recettes fiscales nationales, mais ne reçoit que 8% des investissements publics».

 

Ne fréquentant pas de catalans independantistes, je ne saurais pas présenté leur lecture de ces mêmes événements. Je ne pourrais que relever les similitudes historiques concernant le mouvement séparatiste catalan et le traitement qui lui a été appliqué par l'état espagnol.

 

La déclaration d'indépendance catalane n'est ainsi pas une nouveauté. Le 14 avril 1931, une république catalane est déclarée unilateralement par le Parti ERC, la «Gauche républicaine de Catalogne». Cette déclaration conduit Madrid a accordé un large statut d'autonomie à la Catalogne en septembre 1932. En octobre 1934, le président de la Généralité catalane, Lluis Companys, «proclame l'indépendance de la Catalogne au sein de la République fédérale d'Espagne». Comme aujourd'hui Carles Puigdemont, Lluis Companys est arrêté, accusé de rébellion militaire et traduit devant la Cour constitutionnelle. Le parquet requiert contre lui la peine de mort mais il n'est condamné qu'à 30 ans d'emprisonnement (seulement). En février 1936, il est cependant rétabli dans ses fonctions. Mais le 18 juillet 1936 a lieu le coup d'état militaire du general Franco, «qui a pour but déclaré d'éliminer sans scrupule ou hésitation ceux qui ne pensent pas comme nous». Celui-ci entreprendra la conquête du territoire espagnol région apres région, et la Catalogne paiera un lourd tribu. «Des milliers de catalans sont détenus dans des camps de concentration et leurs biens spoliés, et des milliers d'autres contraints à l'exil». Lluis Companys est arrêté en France par la Gestapo et livré aux autorités espagnoles le 13 août 1940. Une nouvelle fois accusé de rébellion militaire, il est condamné à mort par une cour martiale le 14 octobre 1940 et fusillé le lendemain.

 

On a ainsi aujourd'hui l'impression que l'histoire se répète implacablement, et que l'Espagne est toujours malade du franquisme ! Puigdemont, Companys même histoire et même combat. Puigdemont ne craint peut-être plus la peine de mort (mais c'est encore à vérifier ... il y a d'autres manières de tuer qu'en fusillant quelqu'un) mais il encoure toujours 30 années de prison !

 

En 1977-1978, l'Espagne reconnaît plus largement l'autonomie d'un certain nombre de ses régions (16 en tout dont les trois nationalités historiques : Catalogne, Pays Basque et Galice). En 1979, le statut d'autonomie de la Catalogne est adopté par référendum. Un nouveau statut de la Catalogne sera par la suite adopté en juin 2006 et ratifié par référendum en Catalogne. Mais ce statut sera dénoncé par le Parti populaire de Mariano Rajoy. Le tribunal constitutionnel espagnol, très conservateur, invalide plusieurs articles du statut de la Catalogne de 2006, notamment ceux relatifs à la perequation fiscale, et celui definissant la Catalogne comme une nation (arrêt du Tribunal constitutionnel du 28 juin 2010). Cette décision, à l'origine de laquelle on trouve le premier ministre espagnol actuel, M. Mariano Rajoy, attise un indépendantisme catalan jusqu'au boutiste.

 

Le 9 novembre 2014, c'est un économiste catalan, M. Arthur Mas, au pouvoir avec le parti politique Convergence, qui organise un referendum sur l'indépendance de la Catalogne, que le gouvernement espagnol déclare illegal, mais sans prendre les mesures drastiques prises en 2017. 37% des electeurs catalans se deplacent et votent pour l'indépendance à 80,76%. Ces resultats seront insuffisants pour permettre d'ouvrir la voie à un processus d'indépendance ! Suite à des elections anticipées en septembre 2015, M. Mas n'est pzs reconduit à la tete de la Generalité catalane et c'est M. Puigdemont qui est elu comme president de la Generalité  le 9 janvier 2016. La repression s'abat par ailleurs sur M. Arthur Mas qui est jugé et condamné à deux ans d'interdiction d'activité politique le 13 mars 2016 pour avoir appelé au referendum de novembre 2014.

 

Et on rattrape alors l'histoire actuelle. M. Puigdemont convoque le referendum du dimanche 1er octobre 2017 que nous avons connu, référendum auquel le gouvernement espagnol de M. Rajoy decide de faire echec en faisant intervenir brutalement 10.000 policiers et gardes civils espagnols, avec utilisation de tirs de balles en caoutchouc et recours excessif à la force, tout en assurant que «les violations des droits de l'homme étaient proportionnées» (interventions du PP reprises par le roi Felipe VI).

 

Voilà pour ce rappel historique tiré de cet article du journal Le Monde du 19-20 novembre 2017. La ressemblance avec les evenements des années 1930-1940 sous Franco est frappante. Les mêmes espagnols d'ailleurs qui condamnent les catalans sont aussi les mêmes qui regrettent l'époque de Franco, qui refusent de considérer que Franco ait pu être un fasciste pour le dépeindre comme un grand homme d'état ... une position proche d'ailleurs de celle du PP de M. Mariano Rajoy ! 

 

Venant de France et d'Europe, on ne peut être que choquer de ce qui se passe en Espagne et en Catalogne. L'appareil répressif espagnol à l'encontre des catalans et des dirigeants politiques catalans qui osent vouloir mettre en oeuvre des processus politiques legaux et non violents pour permettre au peuple catalan de s'exprimer laisse pantois. C'est une guerre idéologique et des procès politiques qui sont organisés par l'Espagne contre ses opposants catalans, et cette guerre est condamnable. Il n'y a guere de différences entre les purges staliniennes du passé, les purges du president turc Erdogan, et celle du premier ministre espagnol Rajoy. C'est un pays encore fascisant et non démocratique que nous avons à nos portes, à l'intérieur de l'Europe. Et ce pays n'a rien à faire en Europe, à la difference de la Catalogne, qui elle, a toute sa place en Europe.

 

 

Réflexion une (2 novembre 2017)

Du droit à l'autodétermination du peuple catalan

 

C'est un sujet brûlant pour nombre d'espagnols qui le prennent notamment particulièrement à cœur ! J'en ai notamment parlé avec certains amis espagnols, que les velléités d'indépendance de la Catalogne mettent atrocement en rage. Selon eux, c'est comme si vos locataires décidaient de faire une votation dans votre maison pour déclarer l'indépendance de votre maison, afin de la récupérer et de vous en déposséder. C'est de cette manière qu'ils interprètent et réagissent à l'affaire catalane.

 

Je ne comprends pas particulièrement leur position et je ne la partage pas. En France, nous avons déjà eu à traiter des velléités indépendantistes de la part de certains bretons, basques et corses. Et je comprends les aspirations de ces peuples à vouloir vivre dans l'indépendance. Le droit à l'autodétermination ne fait-il pas partie des droits inaliénables des peuples libres ? N'est-ce pas un principe du droit international, reconnu dans la Charte des Nations unies, qui reconnaît que les Nations peuvent développer «des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes» ? Des peuples n'ont-ils pas combattu les armes à la main contre des envahisseurs ennemis et ne sont-ils pas morts pour ce droit à vivre libre, dans leur pays, sous leurs propres lois et sous leur propre gouvernement ? Pour quelle raison le droit à l'autodétermination serait-il reconnu aux malgaches, aux vietnamiens, aux algériens, ou aux israéliens mais pas aux bretons, aux basques francais ou espagnols, aux corses ou aux catalans ? Comment peut-on défendre une telle position ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_des_peuples_à_disposer_d'eux-mêmes

 

Après cela, ce droit à l'autodétermination doit être un droit démocratique. L'ensemble des habitants de ces pays doivent pouvoir donner leur position sur leur indépendance. Et malheur à la minorité, qui devra suivre la position majoritaire de ce peuple. «Malheur aux vaincus» (ou «Vae Victis») comme l'a dit il y a bien longtemps le gaulois Brennos. Et quand une telle aspiration ne rencontre pas l'assentiment de tout un peuple, que les séparatistes sont ultra-minoritaires comme se fut le cas en Bretagne ou au Pays Basque français, voire en Corse, il ne reste alors plus à cette minorité que la voie du terrorisme séparatiste !

 

Mais même là, l'analyse n'est pas si simple. Même à Madagascar, en Algérie, en Israël ou en Indochine, au début, les indépendantistes ne furent jamais majoritaires et les vainqueurs au final dûrent d'abord choisir la voie du terrorisme pour affronter initialement leurs colonisateurs ! Même les français en 1941-1944, sous le régime de Vichy et contre l'occupant nazi, dûrent recourir au terrorisme pour combattre la milice française, la Wehrmacht et les SS !

 

Après avoir dit cela, qu'est-ce que je peux en penser ? Premièrement, même si cette situation horripile les espagnols non catalans, il me semble que les catalans ont droit à voir respecter leur droit à leur autodétermination. Et le parlement qui avait déclaré l'indépendance de la Catalogne avait été élu démocratiquement, avec une présence massive des independantistes catalans ! Les catalans ont droit de vouloir vivre sous leur propres lois, sous leur propre gouvernement, et hors de l'Espagne s'ils le souhaitent majoritairement ! 

 

Deuxièmement, les réactions du gouvernement espagnol ... mise sous tutelle et démission d'office du gouvernement catalan ... ainsi que les poursuites judiciaires enclenchées contre les membres du gouvernement catalan, sont un signe d'une absence de culture démocratique de l'Espagne. L'Espagne nous démontre désormais que ce n'est pas un pays démocratique, un État de droit, un État digne de l'Europe et des valeurs européennes des droits de l'homme. Son histoire démocratique est trop récente et celle-ci n'a toujours pas fait le solde de son passé franquiste, dirigiste, fasciste. En témoigne la fascination que tant d'espagnols gardent encore pour le personnage de Franco !

 

Enfin, je comprends le gouvernement catalan en exil face aux poursuites judiciaires dont il est désormais la victime. Evidemment, il me semble que ces hommes auraient dû prévoir les réactions du gouvernement espagnol et anticiper leurs prochaines actions, et non pas fuir à l'étranger. Comme je le disais, certains peuples ont donné la vie pour combattre pour la liberté et l'indépendance ; j'aurais aimé que les leaders catalans soient prêts à se laisser embastiller et emprisonner pour l'indépendance de la Catalogne ! Mais après, c'est facile pour moi de dire cela de derrière mon écran, lorsque je ne risque rien. Et puis, même le Général de Gaulle lui-même a également fui la France en 1940 pour se refugier en exil en Angleterre, fondant le gouvernement de la France libre, sous la protection du gouvernement de Winston Churchill. Des esprits chagrins ont évidemment critiqué sa fuite, arguant qu'il ne craignait alors rien en France ! L'Histoire décidera si le leader catalan sera un héros catalan ou un traitre espagnol !

 

Au final, l'Espagne doit respecter la volonté d'autodétermination du peuple catalan, comme du peuple basque espagnol, et elle ne doit pas poursuivre les leaders du gouvernement catalan pour des positions politiques. Sinon, l'Espagne et son premier ministre Rajoy ne valent pas mieux que les pires dictatures dans le Monde, comme la Turquie, la Russie, l'Iran ou la Corée du Nord. Ces pays ressemblent souvent à des démocraties, comme l'Espagne, mais appliquent des lois d'exception pour traquer leurs opposants ou les contestataires (ou même parfois les ont totalement erradiqués) !

 

 

Saucrates


02/11/2017
0 Poster un commentaire

La rage au ventre

 

Réflexion deux (17 août 2017)

Encore et toujours enragé !

 

Il me faut peut-être clarifier un point avant de continuer plus loin dans cet écrit. Si je suis à ce point déçu et critique vis-à-vis des socialistes, c'est que j'ai été longuement un ardent partisan du Parti socialiste, jusqu'au point d'écrire que sauf à être millionnaire, il faut être fou et débile pour voter pour un Parti de droite ! Cela, c'était avant 2012, avant l'arrivée de François Hollande à la Présidence et de Valls au gouvernement ! C'était avant que je comprenne que les socialistes n'aiment pas les classes moyennes, qu'ils les haïssent, qu'ils les jalousent et qu'ils n'envisagent la politique qu'à la manière dont on fait son marché : des mesures pour les étrangers, les homosexuels, les assistés, les islamistes intégristes pour lesquels on réforme l'école pour y nier tout ce qui représente la France ...

 

J'ai été un chaud partisan de François Hollande, je me suis réjoui de sa victoire en mai 2012 ... et puis ... j'ai très vite déchanté ... mon fils de 8 ans le détestait déjà, avant même l'élection, avec son projet de lui voler plusieurs semaines de vacances scolaires pour l'été et de le faire travailler une journée de plus chaque semaine. J'aurais dû l'écouter ! Nous aurions tous dû écouter nos enfants scolarisés au primaire ce jour-là ! Au moins le Parti socialiste serait encore debout et prêt à prendre le pouvoir, avec d'autres leaders à sa tête que cette bande d'oiseaux de malheur qui nous ont dirigés cinq années durant !

 

D'où la violence de mes réactions sur les politiques menées par un groupe d'imbéciles, au nom du socialisme ! Putain mais pourquoi tous ces libéraux et ces personnes haineuses et intéressées ne se sont Pas affichées comme de droite (ou plutôt comme «ni gauche ni droite») dès avant 2012 ... On aurait pu alors avoir de véritables socialistes au gouvernement et à la Présidence de la République, et non pas ces girouettes haineuses n'aimant ni les pauvres, ni les riches, ni les classes moyennes ... Qui aiment-ils ? Mis à part les homosexuels ? Aucune idée. Les pauvres assistés, tricheurs, voleurs, avec des dents ?

 

Donc nous voilà cinq ans plus tard. Entre temps, des lois scélérates ont été votées : loi Macron, loi «travail» ou loi El Konnerie, loi sur le mariage pour tous, réforme des rythmes scolaires puis de l'enseignement au collège (interdire tout ce qui intéresse les classes moyennes ... latin, grec, classes bilangue ... sous prétexte du sacro-saint égalitarisme pour niveler par le bas ... surtout pas une tête qui dépasse ... alors que les politiques socialistes bien sûr ne sont pas concernés ... ils doivent soit avoir leur propre école hors contrat ... dans l'idée de tuer la concurrence pour leurs gosses, qu'ils partent avec un avantage dans la compétition des études ?) ... Puis un ancien socialiste, brillant paraît-il se présente comme un sauveur ... ni de droite ni de gauche ... et il est élu. Tout ceci etait-il programmé à l'avance ? Tuer le Parti socialiste, le phagocytet, lui et tous les insupportables rêveurs gauchistes qui le remplissent ? Et la suite elle aussi est-elle aussi écrite. Avec François Hollande qui reste pas loin des manettes, et qui se présentera bientôt en sauveur ? La transformation en Parti islamique, puisque ces hommes politiques là n'aiment pas les français, ni pauvres, ni riches, ni classe moyenne ?

 

Tristement, la déroute vécue par le Parti socialiste ne nous a même pas mis à l'abri du dévoiement des idéaux socialistes. Les ultra libéraux sont toujours là, avec Hollande à leur tête, ses affidés et son cabinet noir (celui qui causa la perte de Strauss-Kahn et de Fillon ?), mais également ceux en embuscade à l'extérieur comme Valls chez les macronistes, avec d'autres ... Mais l'on y trouve aussi tous les identitaires, de Belkacem à Harlem Desir en passant par Bareigh ... pour lesquels priment des intérêts identitaires ou communautaristes en lieu et place de l'intérêt collectif et de la grandeur de la France. Autrefois, l'extrême gauche pouvait faire de l'entrisme au Parti socialiste ... après tout c'est ce qui fut reproché à Lionel Jospin ... Aujourd'hui je crains que ce pourra plutôt être le fait, non plus de l'extrême gauche, mais des islamistes et des communautaristes ... Au point où en est le Parti socialiste, comment pourrait-il refuser les voix de tous les musulmans de France et des banlieues ?

 

Le pire n'est toujours pas arrivé ? Peut-on tomber encore plus bas, dans les manipulations ?

 

 

Réflexion une (28 août 2015)

La rage

 

Parler de l’actualité politique de notre beau pays, c’est s’exposer à faire éclater sa rage, son écœurement, son incompréhension devant les diverses décisions de nos bons dirigeants. D’une certaine façon, l’action du gouvernement semble avoir pour objectif de se mettre à dos l’ensemble des citoyens français, tout en nous faisant croire que ce gouvernement bénéficie du soutien des français, grâce à un traitement déformé et complaisant par les médias, télévisuels notamment.

 

Ce gouvernement n’a plus rien de ‘socialiste’ au sens propre du terme, c’est-à-dire la « recherche d’une organisation sociale et économique plus juste ». Ou bien, je ne suis plus socialiste. Ce gouvernement promet toujours plus de libéralisme au pire patronat de notre temps, et en même temps il s’attaque toujours plus aux classes moyennes, afin qu’elles bénéficient le moins possible des dispositifs étatiques (allocations, services publics ...). Nous avons un gouvernement socialiste qui hait les classes moyennes, déteste les riches et méprise les pauvres (voir à ce sujet l'interview de la député socialiste réunionnaise Monique Orphé sur le quartier populaire du Chaudron), les sans-dents comme notre président aime à les appeler. Et les médias muselés sont même incapables de faire un point véritable sur l’absence de politique de ce gouvernement, se faisant simplement l’écho de la parole politique autorisée (promesses en tout sens) sans s’intéresser à la réalité de l’action gouvernementale.

http://www.clicanoo.re/487909-monique-orphe-une-elue-de-gauche-qui-s-exprime-comme-les-pires-ultras.html

 

Hausse des impôts depuis l’élection de François Hollande, diminution par 2 ou 4  des allocations familiales sous prétexte que les classes moyennes sont des riches nantis (mais je suppose que cette mise sous condition de ressources des allocations familiales ne s’applique pas aux rémunérations des parlementaires encartés au PS), volonté d’imposer à la source les salariés et de fusionner la CSG et l’impôt sur les revenus afin de pouvoir plus facilement continuer à plumer les classes moyennes, jusqu’à leur disparition et que dans un souci d’égalitarisme maladif, les classes moyennes rejoignent non pas les prolétaires de notre société (qui constituent en fait les classes moyennes d’aujourd’hui), mais le peuple des voleurs et des assistés. Pas une tête qui dépasse, semble être le leit-motif de ceux qui nous dirigent aujourd’hui, afin que les classes dirigeantes, politiques ou économiques, soient véritablement au-dessus de la foule. Une foule d’anonymes, avec une partie de serfs et d’esclaves, trimant pour tenter de survivre sans aucune aide de l’état, juste apte à payer des impôts pour faire fonctionner l’état, et une autre partie d’assistés, étrangers ou voleurs ou caids. Et un état ne servant que les intérêts de la minorité des très riches, ou faisant la machine à exclusion, payant les assistés pour que soit maintenue la paix des très riches et des politiques.

 

Alors oui, la ministre des affaires sociale, de la santé et des droits de la femme, Marisol Touraine, nous a adressé une belle lettre pour vanter sa magnifique réforme, pour nous expliquer qu’elle nous retirait les dernières miettes d’allocations auxquelles nous avions tristement droit pour plus de justice, parce que c’est clair que des gens qui ne travaillent pas, qui ne veulent pas travailler, sont bien plus importants que des sales représentants des classes moyennes, qui ont l’outrecuidance de gagner un peu trop d’argent.

 

Alors oui, quelques politiques veulent aussi imposer le prélèvement à la source des impôts sur le revenu et la fusion de la CSG et de l’impôt, et ils arguent d’un soutien des économistes de tout côté, de droite ou de gauche. Il s’agit d’un discours bien commode, puisqu’il est bien facile d’ignorer la position de ceux qui ne sont pas d’accord. Les français qui travaillent vont forcément se faire bien ‘entuber’ dans cette histoire (ceux qui ne travaillent pas ne payent de toute façon ni impôts ni CSG, ne cotisent à rien mais bénéficient de toutes les aides possibles, toutes celles que nous ne toucheront jamais). Cette belle réforme permettra au gouvernement socialiste de ponctionner encore plus les salariés et les classes moyennes, et je suis même sûr qu’un prochain gouvernement aura ensuite toute latitude pour rétablir un nouvel impôt sur le revenu, une nouvelle taxe sur les classes moyennes, dans quelques années, parce qu’il faudra bien trouver des ressources pour financer les allocations des assistés et des voleurs de notre société.

 

Dans le domaine politique, il y a aussi la réforme du collège qui me fait réagir, cette réforme du collège de cette autre pseudo-ministre issue de la diversité culturelle, dont l’objectif est d’égaliser encore plus par le bas le fonctionnement des institutions de l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur. Interdiction des classes bi-langues en sixième, interdiction de l’enseignement du latin, qui est pourtant au fondement de la langue française. Quel est le prochain pas vers la disparition de la spécificité française et la disparition du sentiment d’appartenance à notre Nation ? Le remplacement de l’enseignement du français par l’anglais ou bien par l’arabe ? L’enseignement du grec ancien et du latin me semble être des marqueurs de culture important et il est invraisemblable qu’un ministère d’incompétents veuille interdire son enseignement en France. Alors oui, le latin est aussi un vecteur de sélection sociale, mais son enseignement est ouvert à tous ; il faut juste que les enfants le sachent et acceptent de subir un enseignement supplémentaire (je le sais pour avoir dû batailler avec mon fils pour qu’il accepte de suivre cet enseignement, dont il a compris l’intérêt plus tardivement, arrivé au Bac et dans les études supérieures). Mais le latin, c’est avant tout une ouverture sur une autre pensée, antique, sur les racines de notre langue, sur la culture. Et c’est peut-être justement cela qui gêne les socialistes : la possibilité laissée de renforcer la culture et les racines françaises, la possibilité laissée aux enfants de s’élever intellectuellement. Eux ne visent qu’à faire disparaître les français dans une foule anonyme, de pauvres et de sans dents, à la merci des intégrismes. Les réformes socialistes en matière d’enseignement scolaire sont catastrophiques ; au final, la présidence de François Hollande aura été cinq années de perdues pour la démocratie française, pour le monde de l’enseignement ; et on n’a pas encore tout vu !

 

Saucratès


28/08/2015
0 Poster un commentaire

Sur la Politique (7)

 
Réflexion cinquante-neuf (14 août 2017)
Changement de règne


Je reprends ma plume (électronique) après plus de trois ans de silence. Les élections présidentielles et législatives sont passées par là, de même que la macronisation de la vie politique française. Un illustre inconnu a été élu président de la république française du jour au lendemain, devenant le plus jeune président français jamais élu, plus jeune même que l'inconnu Louis Napoléon Bonaparte en 1848. Un président sans parti politique obtient une majorité à l'Assemblée Nationale en présentant des candidats parfois totalement inconnus. Des dizaines d'hommes politiques autrefois socialistes ou parfois de droite ont aussi changé d'appartenance politique, se découvrant brutalement macron-compatibles. Jusqu'au premier ministre socialiste (dont j'ai presque déjà oublié le nom ... Manuel Valls) qui change complètement d'accointance politique, même si le nouveau parti politique  du nouveau président ne voulait même pas de lui.

 

Les français sont bizarres. Ils ont éliminé des dizaines d´hommes politiques connus des anciens partis politiques pour accepter d'élire des inconnus, ou bien des hommes politiques versatiles changeants recyclés. Des transfuges et des traitres. Quelle tristesse que les français soient aussi facilement manipulables !

 

La grande question est quand même de savoir qui est derrière cette manipulation ? Macron est le nom de quelle manipulation ? Peut-il être son propre créateur ? Et pourquoi les français ont-ils à ce point besoin d'être manipulés ? Ce sont des questions auxquelles on n'obtiendra pas facilement de réponses.

 

Ce  qui m'aurait vraiment amusé, cela aurait été de voir les réactions de ces mêmes hommes politiques versatiles, ces mêmes traitres aux idées politiques qu'ils défendaient jusqu'à lors, dans le cas où Macron eut été battu aux dernières élections présidentielles en avril-mai dernier, si le phénomène Macron avait fait psschit! Qu'auraient fait tous ces politiques s'étant déclarés macronistes compatibles ? Aurait-ce été la débandade, l'affolement généralisé, jupitérien ? Se seraient-ils tous brutalement redécouverts une forte envie de redevenir socialistes ou centristes ? Ce sont en effet essentiellement des socialistes qui ont rejoint Macron avant cette élection. Je pense notamment au maire de Lyon, M. Colomb, ou le maire de St-Denis, M. Anette. J'aurais aimé voir leurs réactions, leur rétro-pédalages affolés, même si au final, leurs mandats électoraux de maires n'auraient pas été remis en jeu immédiatement et que leur versatilité eusse été oublié d'ici là. 

 

Mais bien sûr, ces girouettes ont gagné ! Macron a été élu brillamment puis a remporté les législatives. Et ces politiques versatiles sont maintenant bien souvent soit députés soit ministres. 

 

Trois ans auparavant, le Parti socialiste avait enregistré un recul historique lors des précédentes élections municipales, perdant de nombreuses municipalités (68 villes de plus de 30.000 habitants et 87 villes de plus de 9.000 habitants ... sur un total de 260 villes de plus de 30.000 habitants en France selon Wikipédia ...). C'était alors au bénéfice de l'UM. Que donneront les prochaines municipales ? Quel recul enregistreront l'UMP et le Parti socialiste ?

 

A cette époque, il était également amusant lors de ces élections d'observer le jeu des hommes politiques. Au Parti socialiste, les représentants interrogés au cours des semaines précédentes parlaient d'élections purement locales sans lien avec le plan national. Selon eux, il était incompréhensible d'en tirer des conclusions nationales.  Mais pas du côté des élus UMP par contre. Lors de cette dernière élection législative, les socialistes ne mentionnaient même plus leur appartenance au Parti socialiste, de peur d'être éclaboussés par son imminente destruction. Au mieux, à peine acceptaient-ils de rosir l'écriture de leur nom sur le bulletin de vote (comme par exemple Mme Ericka Bareig, pourtant ministre). Mais pas de rose ou d'indications de l'appartenance au PS !

 

A quoi a-t-on participé également. A une mise à mort programmée du Parti socialiste ? À un hold-up organisé ? Étaient-ce François Hollande et son gouvernement qui étaient derrière cela ? Ou bien n'ont-ils été que des acteurs involontaires ... et incompétents ?

 

On a aussi observé la multiplication des affaires d'emplois familiaux parmi les assistants parlementaires de nos députés et sénateurs. Le premier à tomber a été le candidat UMP à l'Elysée, François Fillon. La campagne présidentielle a bruissé des informations le concernant. Bizarrement, maintenant que les élections sont passées, on n'entend plus rien sur l'affaire « Pénélope Fillon ». C'est vraiment bizarre, un peu comme pour le groupe terroriste du Larzac, du Comité invisible. Bien sûr, il restera mis en examen pendant encore 5 ou 10 ans, de manière à s'assurer que François Fillon ne se représentera jamais plus en politique. Par contre, les mêmes journaux sortent des affaires sur d'autres politiques, comme Ferrand ou d'autres ... Mais qui donc est derrière  tout ça ? Qui alimente les journaux en informations ? Qui a des dossiers sur tous les hommes politiques dangereux ? Existe-t-il un cabinet noir qui officiait auprès d'Hollande et qui officie désormais auprès de Macron ?

 

Le plus amusant dans cette histoire, c'est quand même ce qui est arrivé au principal soutien de Macron, à savoir François Bayrou et le Modem. Marielle de Sarnez et François Bayrou se sont crus ministres et vainqueurs des dernières élections présidentielles et législatives ; ils n'avaient été aussi proches du pouvoir, et ils se sont retrouvés trahis comme les autres, exclus du gouvernement et renvoyés dans les poubelles de l'histoire. Triste encore une fois.

 

 

Saucratès
 

 

Mes précédents écrits sur la Politique :

1. http://saucrates.blog4ever.com/sur-la-politique-1

2. http://saucrates.blog4ever.com/sur-la-politique-2

3. http://saucrates.blog4ever.com/sur-la-politique-3

4. http://saucrates.blog4ever.com/sur-la-politique-4

5. http://saucrates.blog4ever.com/sur-la-politique-5

6. http://saucrates.blog4ever.com/sur-la-politique-6


13/08/2017
0 Poster un commentaire

Sur la politique (6)

 
Réflexion cinquante-huit (31 mars 2014)
Les élections municipales : une claque pour le PS


Les élections municipales de ce dimanche 30 mars 2014 ont démontré un fort recul électoral du parti socialiste et de son implantation. Le Parti socialiste a ainsi perdu dans ces élections 68 villes de plus de 30.000 habitants et 87 villes de plus de 9.000 habitants (et moins de 30.000 habitants). A noter que selon Wikipédia, les villes de plus de 30.000 habitants en France sont au nombre de 260 au total, outre-mer compris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_communes_de_France_les_plus_peuplées
http://www.lemonde.fr/municipales/article/2014/03/31/la-chute-du-socialisme-municipal_4392563_1828682.html

 

Dans ces conditions, le chiffre de 68 villes ayant basculé représente une proportion énorme (26%) qui permet réellement de considérer ce recul électoral comme un séisme politique. Quelle proportion des villes de plus de 30.000 habitants demeurent dans le giron du Parti socialiste ? Alors que l'UMP de son côté claironne qu'il contrôle désormais plus de la moitié des villes de plus de 9.000 habitants.

 

Il a été également amusant lors de ces élections d'observer le jeu des hommes politiques. Au Parti socialiste, les représentants interrogés au cours des semaines passées parlaient d'élections purement locales sans lien avec le plan national. Selon eux, il était incompréhensible d'en tirer des conclusions nationales. Du côté des élus UMP par contre, ils s'évertuaient à chaque fois de resituer ces élections dans le contexte national. De manière amusante, lors des précédentes municipales (2008), les situations étaient inversées et les politiques socialistes, au premier rang desquels François Hollande, s'efforçaient de tirer un enseignement national de ces élections alors que les politiques UMP, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy, limitaient ces élections municipales à un niveau purement local.

 

Qu'est-ce qui explique le fort recul du Parti socialiste ? Les positions sont diamétralement opposées entre le PS, l'UMP et le FN. De ce que j'ai pu entendre hier, au soir des élections et des réactions des personnes interrogées, le PS parlait d'un message de colère, d'un problème de chômage et d'un besoin de justice sociale. Pour le PS, il faut pouvoir inciter les entreprises à investir et à embaucher pour faire repartir l'emploi dans les entreprises. Pour l'UMP, le message n'est pas très différent. Il faut permettre aux entreprises de créer de l'emploi et diminuer les impôts, sur les entreprises et sur les ménages. Il n'y a que du côté du FN que le message semble différent : il faut arrêter le matraquage fiscal sur les classes moyennes, et relancer le pouvoir d'achat.

 

Les solutions préconisées divergent également. Pour certains, il faut mettre fin au pacte de responsabilité pour les entreprises qui n'est pas compris par les électeurs (FN ?). Pour le FN, il faut aussi sortir de l'Europe et de l'euro-monnaie, qui impose l'austérité fiscale et une monnaie surévaluée de 30% qui tue les entreprises françaises. Pour les autres, il faut autre chose ... Mais quoi ?

 

Ce qui me marque, c'est l'accord de l'UMP et du PS sur le diagnostic sur les entreprises. Défendre la compétitivité des entreprises, leur permettre d'investir et d'embaucher, sans lien avec un diagnostic social qui devrait être la préoccupation première des socialistes. C'est cela qui est le plus choquant. Que des socialistes développent l'idée de compétitivité, alors que l'on sait que la compétitivité vise en premier lieu l'abaissement du coût du travail ou l'accroissement du temps de travail ! Et il est certainement aberrant que tant d'électeurs aient voté pour des maires UMP qui défendront des idées encore plus extrêmistes sur des retours en arrière sociaux alors qu'au fond, tant d'électeurs sont en colère contre le discours socialiste qui a oublié ses accents sociaux.

 

Le plus grand problème du Parti socialiste ne sont pas les personnes au gouvernement ou bien le premier ministre. Ce n'est même pas forcément la politique menée. Le plus grand problème du Parti socialiste, c'est François Hollande. C'est lui qui devrait démissionner. Un homme comme le Général de Gaulle aurait entendu ce message mais Hollande n'est pas de Gaulle.

 

François Hollande est élu depuis bientôt deux ans, et il est extrêmement bas dans les sondages, en deça même de Nicolas Sarkozy. les politiques qu'il a mené depuis deux ans ont divisé les français irrémédiablement, encore plus que sous la précédente présidence. Ces politiques ne visent une nouvelle fois qu'à satisfaire les revendications de franges de l'électorat du PS, quelques groupes de pression comme les homosexuels par exemple. La politique éducative menée par le ministre de l'éducation, sur la réforme des rythmes scolaires par exemple ou sur les programmes, vise à faire quoi ? Arracher les enfants à leur famille ? Les arracher à l'idée de Nation ? Supprimer Jeanne d'Arc, Saint Louis ou Clovis du programme scolaire, qu'est-ce que cela veut dire ? «Arracher l'élève à tous les déterminismes familiaux, ethniques, sociaux ou intellectuels» ? J'ai appris l'histoire africaine en classes primaires en Afrique dans les années 1970, celles des grandes civilisations arabes et africaines. Cela n'a pas fait de moi un enfant déterminé, mais bien au contraire un enfant ouvert à d'autres réalités, à d'autres histoires. Ce qui pose problème, c'est le rejet de l'histoire de notre pays par certains jeunes et leurs familles, comme si elle était illégitime ... et l'écho que cette contestation reçoit chez les politiques et les pédagogues socialistes, qui appuient cette délégimitisation qui répond à leur volonté de sacrifier la Nation et ses racines chrétiennes.

 

Je me dis parfois que la colère actuelle subie par François Hollande et par le Parti socialiste doit trouver une ressemblance dans la France de François Miterrand. La politique de nationalisation et les hausses d'impôts (avec la création de l'impôt sur la richesse) ont dû faire naître également une profonde contestation politique à son encontre. Cette contestation conduisit même à la première cohabitation avec Jacques Chirac, le Parti socialiste ayant perdu les élections législatives de 1986.

 

En même temps, je pense que la France du début des années 1980 n'a à rien à voir avec la France des années 2010. En trente ans, une profonde mutation de la société française a pu être observée. En 1981, la France ouvrière existait encore alors qu'elle a presque disparu dans la France d'aujourd'hui. Le monde ouvrier a muté également en devenant plus un monde de techniciens. Plus même que le monde ouvrier, c'est le monde capitaliste qui a muté en cours de ces trente dernières années. Les capitalistes ont été remplacés par les managers. La démocratisation de la bourse fait que des millions de petits porteurs se croient détenteurs d'une fraction du capital et du pouvoir dans les entreprises et dans les banques, alors qu'il y a trente ans, la bourse était une abstraction et le pouvoir détenu par quelques grandes familles bourgeoises ou capitalistes. Les banques il y a trente ans étaient l'émanation de quelques grandes familles. Elles sont aujourd'hui devenues des entreprises comme les autres, mutualistes pour certaines d'entre elles. On ne parle plus des grandes familles qui les contrôlent mais de ces quelques managers qui les dirigent, payer à des salaires astronomiques. 

 

Le monde a changé. Des dizaines de millions de français se considèrent comme appartenant aux classes moyennes, ce qui est d'ailleurs le cas, par construction statistique. Il n'y a plus d'opposition de classes entre les capitalistes et les ouvriers chacun de leur côté, et les employés au milieu. Les français des classes moyennes se sentent à la fois concernés, à tord ou à raison, par les hausses d'impôts décidés et par la montée des risques du chômage. Les managers des entreprises essaient de faire croire que les entreprises peuvent avoir des préoccupations sociales ou éthiques qui pourraient faire des entreprises des citoyens à part entière, non uniquement préoccupés par la recherche du profit. Mais ceci est faux. Les managers ne défendent qu'une idée : l'asservissement de leurs employés à l'intérêt de l'entreprise et une préoccupation d'image des entreprises pour faire joli, pour faire vendre. Les managers n'auront jamais de préoccupations purement sociales, même ceux qui se disent socialistes ou de gauche. Seul les intéressent la recherche du pouvoir et du profit !

 

Même si peu le savent, l'action législative de ce gouvernement de gauche a été une nouvelle fois de détricoter le droit du travail français et de répondre à toutes les revendications des patrons et des managers visant à plus de souplesse dans les relations de travail. Bientôt, le gouvernement prendra de nouvelles mesures pour unifier les instances représentatives du personnel dans les entreprises, ce qui est une préoccupation habituelle de la droite et non pas de la gauche.

 

Il y a ainsi une erreur stratégique insupportable des gouvernants socialistes.
--> En s'attaquant aux classes moyennes, ils s'attaquent à la majorité des français qui se sentent concernés.
--> En défendant les revendications de quelques groupes de pression ethniques ou d'identité sexuelle, ils ne touchent qu'une infime minorité de leurs électeurs, et ils agressent les sentiments d'une grande majorité d'entre eux.
--> Ils s'aliènent la classe d'âge des plus jeunes qui dans huit-dix ans, disposeront du droit de vote et n'oubliront pas la réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon.
--> En défendant les entreprises et leurs managers et en oubliant la mantra socialiste de défense des travailleurs, ils s'aliènent le peuple de gauche, le peuple des travailleurs, qui n'aura bientôt plus comme seule solution pour être entendu que de se tourner vers les extrêmes, et notamment vers le Front National qui présente l'avantage de ne pas être moribond.
--> Surtout, ils oublient qu'ils ne sont plus en 1980. Il n'y aura pas de législative intermédiaire qui leur permettra d'être oublié par les électeurs, ni à François Hollande d'apparaître comme un arbitre au dessus des partis !

 

 
Réflexion cinquante-sept (7 janvier 2014)
Les voeux 2014 aux Français de François Hollande : comment y croire ?


Ce que j'ai pu lire ou voir en racourci des voeux de François Hollande m'a largement suffi pour conforter mon opinion négative de ce personnage. «Des voeux de combat et de confiance dans l'avenir» ? A d'autres ! Derrière une image pompeuse que l'Elysée veut promouvoir pour les voeux 2014, il y a le même personnage grotesque et le même gouvernement d'incompétents et d'apprentis sorciers que les mois précédents. Rien à attendre de bon de ces ministres socialistes, même si ceux-ci ont normalement le monopole de la parole publique pour les prochaines années. Et j'ai lu qu'une proportion très importante des français ne lui faisait absolument pas confiance pour cette année 2014. «Depuis janvier 2013, le chef de l’Etat est [ainsi] passé de 46 % à 31 % de jugements positifs sur  sa compétence». Et «de 48 % à 26 % sur sa  capacité à prendre des décisions qui s’imposent». Seuls «27% des Français ont une bonne opinion de lui». «L’image du capitaine de pédalo inventée par Jean-Luc Mélenchon lui [colle] à la peau comme un sparadrap».

http://www.leparisien.fr/politique/sondage-seuls-31-des-francais-jugent-francois-hollande-competent-04-01-2014-3462501.php

 

Des voeux de combat ! Comment peut-on croire aux grandes idées, aux grands enjeux que François Hollande met en avant ? La lutte pour inverser la courbe du chômage, pour relancer l'emploi ? Promesse oubliée du même personnage pour cette fin d'année 2013 ! Evidemment, à force de faire cette promesse, avec un peu de chance, il arrivera à la tenir avant la fin de son mandat en 2017. En l'absence d'une nouvelle crise économique, cette promesse ne devrait pas être trop difficile à tenir. Mais même en l'absence de gouvernement et de président de la république, cette promesse aurait été tenue. L'emploi devrait repartir avant 2017 !

 

Ce qui pose problème dans ces voeux sur ce sujet, c'est plus simplement que François Hollande et son gouvernement n'ont absolument rien fait pour relancer l'économie et l'emploi depuis l'élection présidentielle de 2012. Rien du tout, si ce n'est une cacophonie sur quelques emplois aidés qui n'arrivent même pas à se mettre en place. Comment créer de l'emploi, comment consommer lorsque l'on a aucune confiance dans la politique qui va être menée par un gouvernement ? Investir, embaucher, consommer, s'endetter lorsque l'on ne sait pas combien d'impôts on va se voir prélever, qu'une équipe d'incompétents parle de pause fiscale en même temps que de création de nouveaux impôts, voire de réforme de la fiscalité ! Il ne faut pas être devin pour comprendre que lorsqu'un gouvernement incompétent parle uniquement de baisser les impôts sur les plus ménages les plus modestes (et surtout les plus assistés) ainsi que sur les entreprises, les classes moyennes ainsi que les plus hauts revenus vont être encore plus matraquées fiscalement qu'ils ne l'étaient par le passé. En effet, ce gouvernement est incapable de baisser les dépenses pour permettre d'abaisser le niveau des prélèvements fiscaux ! En matière de niveau d'imposition, de consommation et d'investissement, la science économique a totalement raison : la confiance est indispensable à leur redémarrage. L'absence de confiance des agents économiques dans le niveau des prélèvements futurs les conduit à bloquer la consommation et l'investissement, et interdit à la machine économique de repartir.

 

La promesse de baisser les impôts des français ? Vaine promesse également puisqu'il est évident que les baisses qui seront consentis à certains seront obligatoirement prélevées sur d'autres français, les classes moyennes que François Hollande semble haïr depuis 2007 et ses diverses sorties contre les classes moyennes ou sa politique anti-familiale ou pro-homosexuels depuis son élection de 2012 ... Moins d'impôts pour certains, les assistés que le parti socialiste ne cesse de défendre depuis le début des années 1990 ... et plus d'impôts pour d'autres, les classes moyennes en général qui seront les plus faciles à matraquer fiscalement !

 

La baisse des charges des entreprises pour celles qui respecteraient le pacte de responsabilité ? Encore une fois, ce sont encore les salariés (appartenant à la classe moyenne) qui subiront les baisses des charges patronales promises par le gouvernement aux entreprises françaises, pacte de responsabilité ou non ! Ce sont nos salaires qui baisseront à hauteur de la hausse de la CSG pour permettre de baisser les charges patronales payées par les entreprises. On s'amuse à nous faire croire que les cadeaux aux entreprises seront favorables à l'emploi ou neutres pour les salariés, mais si on touche à la CSG, on touche aux salaires des salariés !

 

Je ne peux finir cet article sans reprendre cet excellent article de Paris Match, qui retranscrit si admirablement ce que j'ai tant de peine à exprimer. J'y retrouve exprimer la majeure partie des points de crispation qui ne me conduisent plus désormais à me dire socialiste ...

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-France-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-541989

 

«On est forcé de dire, et les sondages, hélas, l’attestent, que Hollande ne répond pas aux attentes des Français. Loin d’être rassurant, il est anxiogène dans sa manière tranquille de dire que tout va s’arranger. Cet homme incontestablement intelligent, sympathique, qu’on disait fin politique, a déçu ceux qui voyaient en lui un nouveau Blair. Au lieu de redonner de l’espoir en relançant la machine économique, il l’a bloquée par une surtaxation généralisée. Rien de plus démotivant pour les entrepreneurs, de plus paralysant pour l’investisseur et le consommateur. Loin de tenir politiquement un discours de consensus qu’on attendait, de tolérance politique, il a détricoté l’œuvre de son prédécesseur et entonné un discours idéologique qu’on croyait appartenir aux vieilles lunes du socialisme. Bénéficiant d’un a priori favorable, il est aujourd’hui décalé par rapport aux aspirations d’une opinion déboussolée.
Les Français ont en outre mal supporté la manière soviétique avec laquelle a été mené le projet du mariage pour tous : aucune concertation, pas de débat, mépris de ses adversaires ont envenimé une question qui aurait pu, et aurait dû, être traitée avec tact et compréhension. D’autant que les questions ne touchaient pas le fond mais la forme. Beaucoup de gens qui n’étaient coupables que de vouloir maintenir à la famille son caractère traditionnel se sont vus traités avec mépris par un pouvoir politique arrogant. Quant au projet qui vise à faire condamner les clients des prostituées, il a été de même voté à la va-vite sans qu’on en ait mesuré les conséquences, plus par souci de satisfaire sa bonne conscience idéologique que de venir réellement en aide aux malheureuses prostituées. Ces deux réformes ont cependant un point commun : ce sont des importations de l’Europe du Nord. On les a adoptées avec un zèle technocratique sans se soucier de savoir si elles s’inséraient dans la tradition française. Et que dire du grand cafouillage qui a accompagné le rapport sur l’intégration, commandé par le Premier ministre ! On a eu le sentiment que le gouvernement, pris de folie, était subitement submergé par une idéologie gauchiste totalement irréaliste.»

 

 
Réflexion cinquante-six (24 juin 2013)
La législative partielle de Villeneuve-sur-Lot : face à un Parti socialiste désavoué, le Front National fait jeu égal avec l'UMP


Ce qui s'est passé ce week-end (et les semaines précédentes) lors de la législative partielle du Lot-et-Garonne (à Villeneuve-sur-Lot) devrait être considéré comme extrêmement préoccupant. Le candidat du Front National, Etienne Bousquet-Cassagne, âgé de 23 ans, a recueilli 46,24% des suffrages (après 26,04% au premier tour) derrière le candidat de l'UMP, Jean-Louis Costes, qui a lui recueilli 53,76% des suffrages.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/23/villeneuve-sur-lot-le-candidat-ump-l-emporte-face-au-fn_3435118_823448.html

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/10/a-l-assemblee-nationale-la-majorite-absolue-des-socialistes-fragilisee_3427321_823448.html

 

Cette victoire du candidat de l'UMP ne doit pas masquer l'ampleur de la progression du vote Front National. Face à l'ensemble des partis de gouvernement et aux appels au vote républicain, le Front National fait pratiquement jeu égal avec son adversaire politique.

 

Consternation. D'un côté, nous avons un parti socialiste qui perd des milliers de voix lors des huit dernières législatives partielles enclenchées depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la république, et qui perd ces huit dernières législatives ... Et de l'autre, nous avons un parti frontiste qui progresse inexorablement dans l'électorat.

 

A chaque fois, évidemment, les commentateurs et les hommes politiques trouvent des explications à ce qui est en train de se passer dans l'électorat. L'élimination au premier tour de Villeneuve-sur-Lot s'expliquerait par les séquelles de l'affaire Cahuzac, ou par la désunion des forces de gauche ! Ceux qui se réfugient derrière ces arguments misérables, en premier lieu le président de la république et le chef du gouvernement, devraient avoir le courage de regarder la vérité en face : c'est la politique menée depuis un an par le gouvernement socialistes qui est à l'origine du désaveu de l'électorat de la gauche ! Et il ne s'agit pas d'un désaveu temporaire, mais d'une rupture.

 

Le gouvernement socialiste a attaqué les valeurs dans lesquelles croyaient une partie de son électorat de gauche. Des valeurs humanistes et religieuses qui n'empêchaient pas ces électeurs de voter socialiste parce qu'ils croyaient en une justice sociale, en des valeurs de partage et de respect des autres. Mais l'affaire du mariage des homosexuels/homosexuelles et les attaques de François Hollande vis-à-vis de la religion catholique, orchestrée depuis son élection, ont créé un fossé croissant entre cet électorat modéré et le parti socialiste.

 

Et se pose aujourd'hui de façon drastique la question de la récupération de cet électorat, qui est perdu à la fois pour le Parti socialiste et pour l'UMP. Cet électorat pourra-t-il trouver ses représentants au sein d'un parti centriste dans lequel cet électorat modéré et croyant devrait pouvoir être recueilli (mais encore faudrait-il qu'un tel parti émerge de la multitude de factions qui croient représenter le centre) ? Mais cette possibilité est empêchée par tous ceux qui croyant bien faire s'échinent à défendre l'idée d'un parti UMP unitaire regroupant la Droite et le Centre (voir par exemple les interventions de Jean-Pierre Raffarin). 

 

Ou bien cet électorat échouera-t-il auprès du Front national dont l'une des composantes est justement constituée par une aile catholique intégriste ... mais dont la dirigeante réussit à tenir un discours extrêmement fédérateur, asseptisé ... Le vote Front national n'est aujourd'hui plus un vote repoussoir, ou bien de moins en moins, et il n'en est que plus dangereux ! 

 

 
Réflexion cinquante-cinq (22 décembre 2012)
Le MEDEF, les exilés fiscaux et 1789


Laurence Parisot, la patrone du MEDEF, a eu quelques mots extrêmement révélateurs d'un certain état d'esprit. Que voulait-elle dire lorsqu'elle a déclaré : «On est en train de recréer un climat de guerre civile, qui s'apparente à 1789».

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Economie/Depeches/Parisot-exil-fiscal-un-climat-de-guerre-civile-453685/

 

1789, moment emblématique de l'histoire française, qui voit la fin des privilèges d'une classe de nobles, la fin de l'esclavage dont était victime l'immense majorité de la population, dont la servitude à l'égard de leurs suzerains pouvait toujours être rétablie, qui était de temps à autre rétabli par quelques seigneurs violents ... La fin d'une justice seigneuriale possiblement injuste ... La fin des privilèges de quelques uns ... et la fin de la royauté.

 

1789 fut aussi le temps de l'exil des nobles vers l'Angleterre toute proche, mais également vers les empires voisins (Autriche-Hongrie, le Saint empire romain germanique ...).

 

Et enfin 1789 et les années suivantes furent aussi l'époque de la guillotine, d'abord pour les nobles, puis pour la famille royale, et enfin pour tous ceux considérés comme ennemis du peuple, jusqu'à Robespierre lui-même.

 

De quel 1789 nous parle Laurence Parisot. Auquel pense-t-elle en nous en parlant. De cette société de privilèges pour les puissants que la France est devenue depuis les années 1970-1980 sous les coups de boutoir du libéralisme, où la richesse est désormais considérée comme un but ultime ? On ne peut s'empêcher de penser à cette France des privilèges et des privilégiés lorsqu'elle nous parle de 1789 ; elle, la représentante de ce monde des puissants et des privilégiés !

 

On ne peut s'empêcher lorsqu'elle nous parle de 1789 de faire ce rapprochement entre les exilés fiscaux actuels et les exilés nobles de l'époque. Mais aujourd'hui leur fuite est beaucoup moins difficile, beaucoup moins dangereuse, mais plus simple. Ils partent avec toutes leurs richesses non pas parce qu'ils craignent pour leur vie, mais simplement parce qu'ils veulent économiser de l'argent, payer moins d'impôts ... Il ne s'agit plus de fuir en callèche en évitant les ornières et en fuyant des bandes de paysans assoifés de sang ... Ils prennent simplement l'avion au vu et au sus de tous, en se gaussant de ceux qui restent, des pauvres qu'ils mettent au chômage, juste dans un but politique, pour faire pression sur le gouvernement ...

 

Laurence Parisot nous parle de guerre civile mais ne craint-elle pas une révolte de tous ceux qui n'ont rien vis-à-vis de tous ceux qui ont tout, qui possèdent tout, jusqu'à la vie des pauvres, comme aux pires moments qui précédèrent 1789 ?

 

Il y a des discours qui vous trahissent. Celui de Laurence Parisot en fait partie ... Le discours d'une représentante de la nouvelle classe des nobles de notre temps, qui ont reconstruit la même domination de classe que celle qui avait existé jusqu'avant 1789. Une forme d'aveu !

 

 
Réflexion cinquante-quatre (16 décembre 2012)
Le gouvernement, l'exil fiscal de Depardieu et les impôts ...


Quelques mois se sont écoulés depuis les dernières élections présidentielles et législatives ... Depuis lors, les cotes de popularité de François Hollande et de son premier ministre se sont effondrées, de nombreux français semblent particulièrement insatisfaits de la politique gouvernementale, et les plus récentes élections législatives partielles montrent un recul du parti socialiste, qui n'a pas réussi à rassembler ses électeurs selon ses dirigeants, ou qui plutôt fait déjà l'objet d'un vote sanction des élections plus probabablement. De mon côté, si c'était à refaire, je ne revoterais plus pour François Hollande à la présidentielle.

 

Pour un homme qui a si peu agi depuis l'élection présidentielle, comment expliquer ce désamour dont il fait désormais l'objet ? Comment expliquer ce mécontentement diffus de tant de millions d'électeurs ? J'ai de la peine personnellement à m'expliquer ma propre déception. C'est une accumulation de petites déceptions, de petites décisions plus ou moins déjà actées mais soi-disant non encore arrêtées, qui avantagent on ne sait quels groupes de pression mais qui ne servent aucunement l'intérêt de tous, prises par quelques uns des sbires qu'il a placé au gouvernement. C'est le débat sans aucune réelle concertation autour de l'école, autour de l'idée hollandaise arrêtée au cours de la campagne de faire travailler les enfants cinq jours par semaine. C'est le mariage pour les homosexuels, faisant par la même disparaïtre les notions de père et de mère. C'est la découverte que la laïcité socialiste est un dogmatisme anti-clérical scélorosé et haineux, me permettant de comprendre que les croyants catholiques ne devraient pas voter socialiste, mais rejoindre la droite ou le centre-droit. C'est aussi cette impression que ce gouvernement élu par des électeurs socialistes mène une politique purement libérale, tournée autour de la préservation de la compétitivité des entreprises par le biais de la baisse des salaires, et qui a un jour envisagé sereinement de remettre en cause l'acquis social des trente-cinq heures. 

 

Les socialistes pourront-ils tenir encore quatre ans et demi de cette manière, menant une politique appelée à devenir de plus en plus impopulaire, de plus en plus éloignée des aspirations de ceux qui les ont élus ? A moins que l'appui des seuls homosexuels ne leur suffise !

 

Le débat autour de la fiscalité que l'exil fiscal de Gérard Depardieu en Belgique a déclenché présente un certain nombre d'autres points intéressants. Des hommes politiques de premier plan comme le premier ministre et des députés ou sénateurs devraient-ils émettre des opinions plus mesurées, plus respectueuses lorsqu'ils parlent d'autres français, dont le seul crime est de vouloir quitter la France ? Le premier ministre pouvait-il traiter le départ de Gérard Depardieu de minable ?

 

Au-delà de ce point rhétorique, la politique fiscale de la France pose de véritables questions. L'impôt peut-il reposer principalement sur quelques hauts revenus très lourdement imposés sans risque ? La pression fiscale n'est-elle pas trop importante sur ceux qui restent, avec le risque que le nombre de ceux lourdement imposés ne croissent à proportion de la fuite des plus riches d'entre eux ? Le fait de devoir verser au fisc 85% des revenus d'une année n'est-il pas exagéré, même lorsque l'on est immensément riche ?

 

La réponse à toutes ces questions me semble évidente. Il me semble que le système fiscal français devrait être revu pour imposer de manière beaucoup plus générale tous les contribuables français, quelque soit leur niveau de revenu. Il n'est pas normal qu'une si forte proportion de français ne paient pas d'impôt sur le revenu, voire que tant bénéficient de remboursement d'impôts (la prime à l'emploi). Le nombre de contribuables imposés tend ainsi à diminuer d'années en années, et la base fiscale à se rétrécir au fur et à mesure de l'exil des plus riches ... Un impôt vraisemblablement moins élevé mais concernant tout le monde, contrepoint à une citoyenneté désormais vécue comme ouvrant des droits et non des devoirs. La fuite des français devant l'impôt n'est pas normale, qu'elle concerne l'exil et les triches des plus riches ou les triches des moins riches ! Il ne s'agit pas simplement de prendre aux pauvres pour donner aux riches, mais de reconnaître que la politique fiscale française va désormais dans le mur. Il s'agit de remettre en cause non seulement les niches fiscales des plus riches, mais aussi celles qui permettent à tous les pauvres et les fraudeurs sociaux d'échapper à l'impôt.

 

Concernant enfin les exilés fiscaux et la politique à conduire à leur égard, c'est d'abord aux français de réagir. Si les français continuent à acheter les disques de Johny Halliday ou ceux de Florent Pagny, s'ils continuent à affluer à leurs spectacles, si les français continuent d'aller voir les films de Gérard Depardieu, alors ces riches fuyards ont tout à fait raison de s'enfuir à l'étranger pour payer moins d'impôt et échapper à la justice française. Les français n'ont qu'à être eux-mêmes citoyens, refuser de regarder les émissions de variété qui invitent ces exilés fiscaux, refuser que des exilés fiscaux puissent être capitaine d'une équipe de France de coupe Davis, ou les représentent dans une compétition internationale. C'est aux français de les punir ! Tant qu'il ne sera pas possible au sein de l'Europe de disposer de dispositions fiscales qui imposent à nos ressortissants exilés de payer les impôts qu'ils auraient dû acquitter en France !


Saucratès
 

 

Mes précédents écrits sur la Politique :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002350-sur_la_politique__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002365-sur_la_politique__2_.html

3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002377-sur_la_politique__3_.html

4.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002564-sur_la_politique__4_.html

5.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2291860-sur_la_politique__5_.html


16/12/2012
3 Poster un commentaire

Sur la politique (5)

 
Réflexion cinquante-trois (24 juillet 2012)
Les attaques incessantes de l'UMP à l'égard des socialistes et le problème du régime de Vichy ...


Depuis les dernières élections, chaque mot ou phrase (ou Tweet) prononcés par François Hollande, sa compagne, le premier ministre ou l'un quelconque des ministres donnent systématiquement lieu à une campagne de dénigrement de la part d'une meute de députés ou d'élus UMP. C'était d'ailleurs déjà le cas bien avant ces dernières élections, lorsque l'UMP contrôlait pourtant l'Elysée, le gouvernement et l'assemblée nationale, lorsqu'il s'agissait de délégitimiser les postulants socialistes au pouvoir suprême. Et François Hollande, tout comme également Martine Aubry, en ont fait largement les frais.

 

Bizarrement, je n'ai pas l'impression que les socialistes agissent de cette manière et que chaque discours ou fait des membres de l'UMP, des anciens ministres aient pu faire l'objet d'une telle forme de harcèlement politique. Evidemment, je ne pense pas au traitement médiatique dont Eric Woerth et sa femme firent l'objet de la part de certains médias, ni aux nombreuses critiques médiatiques sur Nicolas Sarkozy, mais c'est le rôle des médias dans une démocratie.

 

Il me semble que le comportement de l'UMP peut être rapproché de ce que l'on appelle la sophistique, ou l'art du sophisme. En effet, un sophisme «est fallacieux : il est prononcé avec l'intention de tromper l'auditoire afin, par exemple, de prendre l'avantage dans une discussion. Souvent, les sophismes prennent l'apparence d'un syllogisme (...). Ils peuvent aussi s'appuyer sur d'autres mécanismes psychologiques jouant par exemple avec l'émotion de l'auditoire, l'ascendant social du locuteur (argument d'autorité) ou des biais cognitifs» (Wikipédia).

 

Leur discours politique ne repose pas sur la logique, sur une argumentation réelle, sur une vision réelle de la société, mais uniquement sur une interprétation de la réalité, sur les émotions de ceux qui les écoutent, sur le registre de la peur, des angoisses, dans le seul but de rendre illégitime la personne qu'ils attaquent. Il suffit de se rappeler les attaques visant les robes des ministres socialistes (Cécile Duflo), leur appartenance à la diversité (Fleur Pellerin) ou les prises de position sur certaines familles de capitalistes (Arnaud Montebourg) ...

 

Les attaques actuelles des élus UMP visent le discours prononcé par François Hollande pour la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv. Ces attaques personnelles, comme le discours de François Hollande, posent pourtant simplement une nouvelle fois le problème du positionnement du régime de Vichy dans l'histoire de France.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/23/rafle-du-vel-d-hiv-guaino-scandalise-par-la-declaration-de-hollande_1736970_823448.html

 

Il n'est pas exagéré de parler dans ce cas d'attaques personnelles. Lorsque le député Henri Guaino, député UMP des Yvelines, dit que «peut-être M. Hollande se sent proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice», ne faut-il pas y voir un pur sophisme parce que François Hollande exprime les regrets de la France sur les actes de français ?

 

En effet, «François Hollande a qualifié, dimanche 22 juillet, l'arrestation, l'internement et la déportation de 13.152 juifs de nationalité étrangère réfugiés en France, dont plus de 4.000 enfants de crime commis en France par la France» (Le Monde). Cette période de l'histoire de France pose problème. Le général de Gaulle a le premier fait disparaître (en tirant une parenthèse pudique) le régime de Vichy de l'histoire des institutions françaises, à Londres d'abord (cela se comprend) puis à la tête du gouvernement provisoire. Les présidents successifs de la république française, sous la quatrième puis la cinquième république, ont suivi la même politique, en ignorant cette partie de notre histoire politique et la capitulation des politiques français, qui remirent les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et s'autodissolurent. Le premier président français à reconnaître une responsabilité de la France et en à faire répentance fut Jacques Chirac en 1995.

 

Il est compréhensible de condamner les actes de Vichy, atroces, de collaboration avec une puissance d'occupation, qui plus est avec le régime des nazis et sa politique d'éradication des juifs et des tsiganes, afin d'éviter que ce régime ne donne des idées à des courants politiques passéistes. Mais de manière amusante, c'est plutôt l'échiquier politique de la droite de l'époque qui servit aveuglement le régime de Vichy, les notables comme les a appelés Henri Guaino ... alors que la résistance fut au contraire essentiellement plutôt composé au départ des communistes (dès la violation du pacte germano-soviétique) ... Ce n'est que grâce à un hasard de l'histoire que cet autre homme providentiel que fut le général de Gaulle fonda le parti politique que devint plus tard le RPR puis l'UMP, devenu héritier du gaullisme.

 

Le maréchal Pétain a-t-il fait porter ses crimes atroces de l'époque de l'occupation par un Etat français en rupture avec la tradition républicaine pour en exonérer volontairement la république française, pour que la faute ne touche pas la France ? C'est une question que je me pose. Mais encore faudrait-il pour cela penser qu'en 1940-1941 le maréchal Pétain n'était pas ce vieillard sénile que l'histoire dépeint, et qu'il avait à coeur de sauver non seulement la France mais également la république française en ne lui faisant pas porter le poids de la défaite. Ce régime de Vichy dans lequel tous les notables, capitalistes, grands électeurs qui votent aujourd'hui pour l'UMP, se reconnaissaient avec tant de bonheur (notamment dans sa nouvelle devise : travail, famille, patrie).

 

Ce sont des gendarmes français qui obéirent aux ordres et déportèrent ses familles juives vers l'internement et la mort. C'est un artifice de l'esprit de vouloir faire croire que ce n'était pas La France qui est responsable de ses crimes. Un artifice bien commode pour éviter à La France de payer pour ses crimes ignobles, pour tout ce qui a été commis, pour sa responsabilité. Mais il y a un moment dans la vie, dans l'histoire, où il faut reconnaître ses erreurs, ses crimes. Et il est peut-être temps aujourd'hui, en 2012, plus de soixante-dix ans plus tard, de reconnaître que certaines institutions françaises ont mal agi ... Il ne nous faut pas non plus oublier la coupable mansuétude qui fut professée par le gouvernement provisoire et la république qui suivie aux autres institutions qui faillirent dans les actes de collaboration, que ce soit la Banque de France et ses employés, le Trésor Public et ses agents, entre autres ...

 

Et il est trop commode de considérer que parce qu'un homme seul s'est élevé contre l'histoire, le général de Gaulle en se réfugiant à Londres et en appelant à la résistance, cet homme initialement seul peut racheter tous nos péchés, toutes nos fautes et permettre d'oublier, de nier le rôle tenu par La France dans l'horreur que fut l'occupation nazie. 

 

Aussi je trouve particulièrement honteuse les insinuations et les réactions de divers hommes ou femmes politiques de l'UMP dans cette affaire, aussi honteuses que furent les agissements des notables de l'époque se reconnaissant dans le régime de Vichy et son idéologie paternaliste et collaborationniste !

 

 

Réflexion cinquante-deux (2 avril 2012)
Plus que quelques jours avant la présidentielle française - Enjeux et comparaison avec les élections espagnoles ...


Dans quelques jours, je saurais si mon pronostic précédent se sera ou non réalisé. Le candidat du parti socialiste n'est pas Dominique Strauss-Kahn, descendu en flammes depuis lors pour ses turpitudes sexuelles, avérées ou non avérées. C'est son ancien secrétaire général, François Hollande, qui a été désigné. Par contre, comme je l'avais anticipé, il y aura pléthore de candidats à gauche avec la menace persistante d'élimination du candidat du parti socialiste au second tour. Alors que Nicolas Sarkozy ne subira pas la concurrence d'autres candidats de son camp. Et il faut bien reconnaître que ce sont les égos des candidats à l'élection présidentielle qui sont à mettre en cause dans ces multiples candidatures à gauche, du Front de Gauche qui croit pouvoir l'emporter au premier tour, en passant par les multiples extrêmistes de gauche qui croient tous faire avancer la cause révolutionnaire avec leur 1% d'intention de vote.

 

Quels sont les enjeux de cette élection présidentielle, au-delà des batailles d'égos des candidats ? Le principal enjeu de cette élection est le même que celui de l'Italie, de la Grande-Bretagne ou de l'Espagne contemporaine, ou celui de la Grande-Bretagne de l'ex Dame de fer, au début des années 1980. Il s'agit de l'enjeu de l'ultra-libéralisme économique. Ce qui n'est nullement exprimé par Nicolas Sarkozy, qui se complaît dans des attaques assassines, des promesses oiseuses et vides autour de la sécurité et de la valeur travail, et une défense d'un bilan de gouvernement difficile (le brave capitaine dans la tempête ayant fait face aux flots déchaînés), c'est la remise en cause des protections sociales et du droit du travail qui se profilera en France après son éventuelle victoire à la présidentielle.

 

Evidemment, cela n'est pas dit. C'est pour cette raison que l'exemple espagnol doit nous servir de référence. Là-bas, pas très loin de nous, le peuple espagnol devait se prononcer entre une gauche affaiblie pour quelques années de gouvernement et une crise financière extrêmement violente, et une droite qui a surfé sur le rejet socialiste, en en promettant le moins possible. Cent jours après les élections législatives espagnoles, les espagnols découvrent enfin le programme de la droite : remise en cause du droit du travail et mise en pièces des droits sociaux. Le patronat se croit même désormais autorisé à contrôler le droit de grève pour casser une grève générale à laquelle une forte minorité des travailleurs se sentent prêts à adhérer.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201979564596-l-espagne-en-greve-generale-aujourd-hui-307193.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/29/20002-20120329ARTFIG00684-l-espagne-en-greve-generale-replonge-dans-l-austerite.php

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/03/29/greve-generale-en-espagne-contre-la-reforme-du-travail-et-l-austerite_1677083_3214.html

 

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, les ultra-libéraux européens appliquent les recettes de l'ultra-libéralisme pour contrer les effets d'une crise née des excès de l'ultra-libéralisme anglo-saxon. Inimaginable de penser que l'ultra-libéralisme, loin d'avoir été délégitimé par la crise financière née des excès du libéralisme, du tout-marché, de la poursuite de l'argent fou par tous les moyens, a pu y trouver une nouvelle légitimité, alors qu'il n'a rien pu faire pour sauver la situation au plus fort de la crise, que seules des recettes keynésiennes ont pu enrayer. Mais une fois le pire de la crise passée, les dérives du tout-marché, du libéralisme exacerbé, ont repris encore plus violemment en s'attaquant aux dettes publiques accrues émises pendant la crise financière. 

 

Ce qu'il faut garder de l'expérience espagnole, c'est à la fois l'insurmontable idiotie des travailleurs espagnols qui ont pu voter plus ou moins massivement pour un parti de droite qui va appliquer une idéologie ultra-libérale ... A quoi cela sert-il de se battre aujourd'hui contre la politique d'un tel gouvernement lorsque l'on a voté pour lui lors des dernières élections ? N'aurait-il pas mieux vallu comprendre les enjeux politiques et électoraux cent jours auparavant, et n'aurait-il pas mieux vallu que les travailleurs espagnols n'y votent pas contre leurs intérêts ?

 

Il faut aussi se rappeler de cette expérience espagnole l'absence de toute promesse précise de la part du candidat conservateur espagnol Marino Rajoy. Il s'était lui aussi contenté de promesses vagues de rétablir la solidité financière de l'Espagne et n'avait jamais publiquement envisagé de mettre en oeuvre une réforme du code du travail et de détruire les avantages sociaux des salariés.

 

Un tel tournant ultra-libéral nous guette-t-il en France après cette élection présidentielle ? Selon moi, une telle possibilité est très probable ; elle est contenue dans les propositions de la fin du quinquénat sur la réforme des accords d'entreprises et des accords-compétitivité à l'allemande, dans les attaques du candidat Sarkozy contre les corps intermédiaires (dont les syndicats de travailleurs) ... et elle était impraticable dans les mois qui précédaient une élection présidentielle qui tenait autant à coeur à Nicolas Sarkozy.

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/02/la-flexibilite-du-travail-sujet-fantome-de-la-campagne-electorale_1678941_1471069.html

 

Travailleurs et travailleuses français, réfléchissez bien avant de voter et pensez à l'exemple espagnol ... ou italien.

 

 
Réflexion cinquante-et-une (24 avril 2011)
Dans un an, la présidentielle ...


Récemment, j'entendais dire que le préféré des médias un an avant le scrutin était rarement le vainqueur de l'élection. Que nous réservera la prochaine élection présidentielle ? Apparemment, Marine Le Pen, du Front National, serait présente selon toute probabilité dans tous les cas de figure au deuxième tour de cette élection, faisant nettement mieux que son vieux père et ses discours sur les chambres à gaz. En changeant de dirigeant, le Front National se serait apparemment racheté une conduite et une légitimité.

 

Mais qui se trouvera face à Marine Le Pen dans ce second tour ? Le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy selon toute probabilité, ou bien le ou la candidate du Parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn, sa secrétaire générale, son ancien secrétaire général, voire Ségolène Royal ?

 

L'élimination de l'un ou de l'autre de ses deux candidats dépendra des candidats des autres partis politiques proches de ses positions. Pour Nicolas Sarkozy, le danger viendra des candidats des autres partis de sa formation politique, le centre ou son frère ennemi Dominique de Villepin ... Pour le candidat ou la candidate du Parti socialiste, le danger viendra des autres partis de gauche, de l'extrême gauche au parti communiste, du Front de gauche au NPA, et jusqu'aux écologistes ...

 

En ne m'intéressant qu'au Parti socialiste, je trouve terrible que malgré ce que l'histoire nous a appris, malgré la catastrophe de 2002 et l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle due à la présence d'une multitude de candidats de gauche, et la bêtise des électeurs, moi compris, qui préférèrent voter pour des candidats sans intérêt, sans programme, juste pour faire joli, mais éliminant du coup le candidat socialiste pour lequel ils avaient finalement le désir de voter au second tour ... malgré cela, les écologistes, le Front de gauche, le parti communiste, le NPA se présentent à cette nouvelle élection présidentielle avec le désir d'éliminer le candidat du parti socialiste et l'espoir de devenir la nouvelle force dominante de la Gauche !

 

Il y a ainsi de fortes probabilités qu'il y ait une nouvelle fois une pléthore de candidats à gauche, et que cela se traduise de nouveau par l'élimination du candidat du Parti socialiste, de même que de tous les autres candidats de gauche ...

 

La logique voudrait que la Gauche fasse tout son possible pour avoir un candidat au deuxième tour de l'élection présidentielle ... Mais il est clair que l'égo des divers candidats à cette élection sera le plus fort ...

Il est également aussi clair que malgré le fait que Ségolène Royal n'ait pratiquement aucune chance de passer le premier tour ou de l'emporter au second tour, elle fera tout son possible pour être la candidate du Parti socialiste ... une nouvelle fois question d'égo ...
 
Il y a enfin une dernière chose à signaler. Que feront cette fois-ci les électeurs de gauche face à un éventuel deuxième tour entre Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, scénario apparemment privilégié par Nicolas Sarkozy ? Rejoueront-ils le front républicain en votant massivement contre le candidat Front National comme en 2002 ? Mais les idées politiques de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen sont-elles vraiment différentes ? Les déconvenues des salariés dans ces deux cas de figure ne seront-elles pas aussi grandes dans les deux cas ? Personnellement, je ne voterais en aucun cas pour Nicolas Sarkozy ! Et Marine Le Pen faisant beaucoup moins peur que son père, le candidat FN aurait vraisemblablement beaucoup plus de voix qu'en 2002.

 

Mais la même question se poserait dans le cas d'un deuxième tour Front National contre Parti socialiste ... Comment se partagerait l'électorat de droite entre le Parti socialiste et le Front National ? Sacrée question sans réponse à ce jour ! Le front républicain sera de toute façon beaucoup moins massif qu'en 2002 ...

 

 
Réflexion cinquante (29 janvier 2011)
La notion élastique de peuple chez les émeutiers égyptiens et chez les cordonniers ...

 

Les évènements de contestation du pouvoir égyptien et de son chef d'état, sur le même modèle que les évènements tunisiens qui avaient conduit à la fuite de leur président à vie Ben Ali, se transforment en des scènes d'émeutes indescriptibles. Le président égyptien pourra-t-il se maintenir au pouvoir et juguler les scènes d'émeutes qui frappent la capitale égyptienne ? Ces scènes d'émeutes montrent qu'aucun pouvoir étatique, aussi dictatorial soit-il, aussi coercitif soit-il (mais tout pouvoir étatique est coercitif), ne peut se maintenir face à la rue déchaînée dans les états arabes, et très vraisemblablement quelque soit le pays, même en Europe ou aux Etats-Unis.

 

Un certain nombre de blogueurs appuient vigoureusement la lutte de leurs frères tunisiens ou égyptiens. Pour ma part, je suis gêné. Les évènements tunisiens et plus encore égyptiens ne risquent très vraisemblablement que de conduire à l'avènement au pouvoir des partis islamistes tunisiens ou égyptiens (les frères musulmans) et je ne sais si je ne préfère pas une dictature infâme (surtout si je n'y vis pas) à un régime islamiste supplémentaire dans le monde, qui aura pour obectif l'asservissement de l'Occident, la mort des infidèles (nous-mêmes chrétiens) et le djihad ...

 

Une deuxième chose me gêne. A la suite des évènements tunisiens, des groupes de miliciens nettoient la Tunisie des militaires, gendarmes et policiers de l'ancien régime honni ! Ces scènes pour la plupart cachées par les médias conduisent à des atrocités, qui n'ont guère à envier aux scènes antérieures du régime dictatorial de Ben Ali. Ce ne sont que scènes de lynchage où seule la mort attend ceux qui sont soupçonnés d'être d'anciens gendarmes ou policiers ... Il suffit qu'une personne dans une foule désigne une personne d'en être, et la foule en délire se jette sur le malheureux, sur l'infortunée victime ... Combien de morts dans ces scènes d'émeutes et de lynchages en Tunisie ? Et combien d'innocentes victimes, victimes de règlement de compte ou autres ...

 

Enfin, une dernière chose. Qui expliquera d'ailleurs le titre de cet article ... J'entends des émeutiers égyptiens déclaraient que le peuple veut le départ du président Moubarak. Mais ils ne sont que quelques centaines de milliers de manifestants et d'émeutiers et ils considèrent qu'ils parlent au nom du peuple dans son entier ! Cette généralisation me gêne énormément. Que des émeutiers activistes puissent se croire investis d'un pouvoir les dépassant, représentant le peuple dans son entier !

 

Mais il y a quelque chose de plus risible (ou consternant) encore ... Lorsque j'entends le gouvernement français de Nicolas Sarkozy reconnaître, au détour d'une déclaration sur la situation égyptienne, qu'il faut respecter la décision du peuple, en parlant de quelques centaines de milliers d'émeutiers ... Mais il y a quelques mois, lorsque la rue française revendiquait contre la réforme des retraites, pourquoi le président français et ce même gouvernement n'ont-ils pas respecté le souhait du 'peuple' français et de ses quelques millions de manifestants ?

 

 

Réflexion quarante-neuf (15 novembre 2010)
Les surprises du remaniement ministériel de novembre 2010 ...

Le remaniement ministériel français présente son lot de surprises. La reconduction de François Fillon comme premier ministre semblait acquise ces derniers jours et ne constitue pas vraiment une grande surprise. De même, l'arrivée d'Alain Juppé, mais pas forcément au ministère de la défense, était largement anticipée. Par contre, le départ de Jean Louis Borloo du ministère de l'écologie et du développement durable, d'Eric Woerth du ministère du travail ou de Rama Yade du secrétariat au sport, pour des raisons vraisemblablement différentes, surprennent nettement.
http://www.lemonde.fr/politique/infographie/2010/11/14/le-gouvernement-fillon-ministere-par-ministere_1439926_823448.html

Pour quelles raisons Jean Louis Borloo, longtemps donné comme favori pour remplacer François Fillon comme premier ministre, a-t-il disparu du nouveau gouvernement Fillon ? Des explications poindront vraisemblablement dans la presse les prochains jours.

De même, Eric Woerth disparaît (enfin) du gouvernement pour redevenir un simple député, après avoir été ministre du budget puis ministre du travail, où il ne laissera pas un souvenir agréable, mais où son nom demeurera longtemps dans l'opinion publique celui qui fit passer maladroitement mais inflexiblement un texte largement contesté et considéré comme injuste. Accessoirement, il y est remplacé par son prédécesseur Xavier Bertrand qui retrouve donc le ministère du travail après la parenthèse empoisonnée des affaires Woerth et de la réforme des retraites.

Enfin qu'est devenue la benjamine Rama Yade dans ce nouveau gouvernement ? Que devient-elle, elle qui refusa de devenir euro-député puis de se présenter aux élections régionales.
http://www.lemonde.fr/depeches/2010/11/15/rama-yade-veut-continuer-a-jouer-un-role-en-vue_3208_38_43848613.html

Disparaît également Bernard Kouchner du ministère des affaires étrangères après sa vraie-fausse démission, où il se trouve remplacé par Michèle Alliot-Marie, précédemment garde des sceaux.

Parmi ceux qui ne bougent pas, on trouve François Baroin au ministère du budget, Christine Lagarde au ministère de l'économie et des finances, Luc Chatel au ministère de l'éducation nationale, Frédéric Mitterand au ministère de la culture, Valérie Pécresse au ministère de l'enseignement supérieur et Bruno Lemaire au ministère de l'agriculture. Sans parler évidemment du maintien de Brice Hortefeux (l'ami de trente ans) au ministère de l'intérieur.


L'arrivée de Michel Mercier comme garde des sceaux ne pose problème qu'en raison de l'enquête le visant dans le cadre de l'attibution d'un marché public pour un tram-train dans la région Rhône Alpes, même si cette enquête s'est soldée très récemment par un classement sans suite (décision en date du 10 novembre).

Enfin, il faut noter la promotion de Nathalie Kosciusko-Morizet qui passe de l'économie numérique au ministère de l'écologie, du développement durable, de l'énergie et des transports, où elle remplace Jean-Louis Borloo.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/11/15/l-enquete-sur-le-nouveau-ministre-de-la-justice-est-classee_1440383_823448.html


Saucratès
 

 

Mes précédents écrits sur la Politique :
1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002350-sur_la_politique__1_.html
2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002365-sur_la_politique__2_.html

3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002377-sur_la_politique__3_.html
4.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002564-sur_la_politique__4_.html


24/04/2011
0 Poster un commentaire