Critiques de notre temps

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Sur la politique


Réforme du statut de la fonction publique territoriale - Une nouvelle loi synonyme de recul des droits des fonctionnaires

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 16 août 2019 

 

Je vais parler ce jour d'une loi publiée au Journal Officiel du 7 août 2019, traitant de nombreux domaines du statut de la fonction publique territoriale: réforme des instances de dialogue social, du cadre déontologique, élargissement du recours aux contractuels, harmonisation de l’échelle des sanctions disciplinaires, mesures facilitant la mobilité, l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, ainsi que les parcours professionnels des personnes en situation de handicap. Il s'agit de la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, l'une des dernières lois fabriquées par les élus Macronistes. Des décrets d’application et des ordonnances d'adaptation de cette loi sont attendus dans les prochains mois. L'objectif de cette loi : détruire la fonction publique, territoriale ou d'état, la rendre plus productiviste, plus productive, plus efficace. 

 

Cet article se basera pour partie sur une analyse réalisée par l’Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF), par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et par la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG).

 

Tout ceci, me direz-vous, n'est pas forcément synonyme de recul des droits des fonctionnaires. Parler d'efficacité n'est après tout pas un gros mot pour beaucoup de personnes ; les critiques de tant d'usagers se portant sur l'absence d'efficacité de la fonction publique. J'ai pourtant un regard très différent de ce texte, une agression contre les fonctionnaires (surtout) territoriaux et contre les organisations syndicales.

 

Je developperais ci-après les principaux reculs de ce texte de loi paru au cours de l'été, en ce mois d'août 2019.

 

- Article 10. La remise en cause du rôle des commissions paritaires pour tout ce qui traite des avis en matière d'avancement et de promotion interne.

 

- Article 34. Suppression de la commission de déontologie de la fonction publique et rôle accru de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), avec accroissement des obligations et des possibilités de sanctions à l'égard des fonctionnaires.

 

- Article 47. Obligation de travailler 1.607 heures par an pour pratiquement tous les fonctionnaires territoriaux sans possibilité de dérogation à la durée hebdomadaire de travail d'ici janvier 2021 ou 2022.

 

- Article 56. Encadrement du droit de grève des fonctionnaires dans certains services publics dits sensibles, avec obligation de prévenir individuellement 48 heures à l'avance pour la participation aux mouvements de grève et possibilité de sanctions disciplinaires pour les fonctionnaires n'ayant pas respecté cette obligation.

 

- Article 72. Expérimentation de la rupture conventionnelle de 2020 à 2025 avec obligation de remboursement des sommes versées si le fonctionnaire est de nouveau recruté par la collectivité territoriale dans les six années suivantes.

 

- Article 76. Possibilité de détachement d'office des fonctionnaires dont les missions ou services seront externalisés à des personnes morales de droit privé ou de droit public, sans leur demander leur avis, et renouvellement ad vitam eternam dès lors que le contrat de l'organisme d'accueil sera reconduit ou transféré à un autre établissement.

 

Ce texte est une déclaration de guerre du pouvoir macroniste aux fonctionnaires territoriaux. Loin de prendre le temps de faire des réformes consensuelles, l'acte 2 du quinquennat d'Emmanuel Macron et de son gouvernement continue d'être une déclaration de guerre contre les français. C'est une réponse énergique et unanime qu'il doit recevoir de la part des fonctionnaires et plus largement de tous les français, qu'ils soient fonctionnaires, salariés, retraités ou chômeurs.

 

Un sujet rarement abordé par le législateur

 

Cette loi va impacter et réguler le cadre d’action de 5,5 millions d’agents publics qui font vivre, chaque jour, le service public. Ces agents publics représentent ainsi un cinquième des personnes salariées en France.

 

La fonction publique constitue un domaine où le Parlement intervient rarement dans le cadre d’une loi spécifique. Au cours d’une législature, en règle générale, une seule loi est dédiée spécifiquement à la fonction publique. Au cours de la législature précédente, une seule loi spécifique à la fonction publique avait été adoptée. Il s’agissait de la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires. Durant la législature 2007-2012, deux lois spécifiques à la fonction publique avaient été adoptées : la loi n° 2009-972 du 3 août 2009 relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique et la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012 relative à l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions d’emploi des agents contractuels dans la fonction publique, à la lutte contre les discriminations et portant diverses dispositions relatives à la fonction publique. À la fin de la législature précédente, deux textes d’importance, les lois des 2 et 19 février 2007 ont considérablement modifié le statut mais également les institutions de la FPT. La loi n°2007-148 du 2 février 2007 a apporté plusieurs changements aux règles applicables aux agents des trois Fonctions Publiques en matière de formation, de déontologie ainsi qu’en matière de mise à disposition. 

 

De manière plus particulière, la loi n°2007-209 du 19 février 2007 a modifié en profondeur le versant territorial, en s’intéressant d’une part à son organisation institutionnelle mais d’autre part aux règles relatives à la formation et au recrutement.

 

Une loi qui impacte fortement la fonction publique territoriale mais qui a été déclarée conforme à la constitution par le Conseil constitutionnel.

 

65 des 95 articles de la loi de transformation de la fonction publique impactent directement la fonction publique territoriale et ses employeurs. Certaines de ces dispositions auront un impact financier non négligeable.

 

La loi de transformation de la fonction publique a fait l’objet d’un recours devant le Conseil Constitutionnel par 60 députés. Ces derniers estimaient que cette loi était manifestement contraire à plusieurs principes à valeur constitutionnelle notamment le principe de participation consacré par l’alinéa 8 du Préambule de la Constitution de 1946, le principe d’égalité devant la loi pour l’accès aux emplois publics consacré par l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, le droit de grève proclamé par l’alinéa 7 du Préambule de la Constitution de 1946 et le Principe fondamental reconnu par les lois de la république d’indépendance des professeurs d’université. Les députés requérants contestaient la conformité à la Constitution de certaines dispositions des articles 1er, 4, 10, 16, 18, 21, 25, 30, 33 et 76 et les articles 19 et 56. 

 

Dans sa décision n° 2019-790 du 1er août 2019, le Conseil constitutionnel a écarté tous les arguments d’inconstitutionnalités soulevés par les députés et ne s’est pas autosaisi des autres dispositions. La loi a par conséquent été promulguée telle qu’élaborée et adoptée par le Parlement.

 

Je ne reprendrai dans cet article que les sujets que j'estime les plus impactants pour le fonctionnement de la fonction publique et le statut des fonctionnaires. Je passerais sous silence de nombre autres sujets qui pourraient paraître tout aussi importants à nombre d'entre vous. Ce que l'on lit d'abord dans cette nouvelle loi, c'est un nouveau rapprochement avec le code du travail, avec les dispositions du code du travail. Ainsi en est-il par exemple de l'obligation de fourniture d'une sorte de bilan social des collectivités locales à leur organe de représentation du personnel (création du «rapport social unique» à  l'article 5). Mais tout cela ne me semble être que de la «poudre aux yeux» pour masquer la réalité ; le recul des droits toujours plus nombreux, comme toutes les réformes voulues par Macron.

 

Article 10. La remise en cause de l'importance des commissions administratives paritaires (CAP)

 

L'article 10 de cette loi réorganise le fonctionnement des CAP. Disparition de l'avis préalable de la CAP sur les questions liées à l’avancement et la promotion interne. L’avis préalable de la CAP est supprimé également en cas de mutation et de transferts d’agents entre collectivités. L’avis préalable des CAP restera requis en ce qui concerne les décisions individuelles en matière de licenciement d’un fonctionnaire ou en matière disciplinaire. Et les représentants au CAP pourront assister les fonctionnaires dans l’exercice des recours administratifs contre les décisions individuelles défavorables prises en matières d’avancement, de promotion, de mutation.

 

La création des comités sociaux territoriaux leur permettra de formuler un avis sur les lignes directrices de gestion prévues par l’article 30 de la loi dont l’objet est de fixer les critères à l’aune desquels les autorités territoriales prendront les décisions individuelles en matière d’avancement et de promotion. 

 

Evidemment, cette réforme favorise les représentants des employeurs. Pour l’établissement des listes d’aptitude au titre de la promotion interne le président du centre de gestion pourra se faire assister du collège composé des représentants des employeurs des collectivités affiliées.

 

A noter egalement à l'article 32 la suppression des conseils de discipline de recours et de la procédure disciplinaire d’appel. Dans leur grande bonté, le législateur LaREM permet malgré tout que les agents contestant une sanction pourront toujours saisir le tribunal administratif territorialement compétent.

 

Article 34. Sous prétexte de renforcer et de redéfinir les contrôles déontologiques dans la fonction publique, suppression de la «Commission de déontologie de la fonction publique» et modification du rôle de la «Haute autorité pour la transparence de la vie publique» (HATVP)

 

L'article 34 a pour objet de redéfinir certaines des règles déontologiques applicables aux agents publics, introduites préalablement par la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires.

 

Bizarrement, alors que les questions de déontologie devraient être au cœur des préoccupations de ce gouvernement après les affaires de Rugy, bien au contraire, ce gouvernement fait disparaître les commissions de déontologie et à la place fait porter aux fonctionnaires un controle exacerbé de la HATVP. 

 

L'HATVP donnera donc son avis sur tout départ d'un fonctionnaire vers le privé lucratif, création ou reprise d'une entreprise, ou retour ou de réintégration d'un fonctionnaire (lorsque cet agent exerce ou a exercé au cours des trois dernières années une activité privée lucrative). C'est au fonctionnaire de saisir préalablement la HATVP et le fonctionnaire peut faire l’objet de poursuites disciplinaires lorsque l’avis rendu par la Haute Autorité n’est pas respecté. 

 

Ces sanctions s’appliquent également en l’absence de saisine préalable de l’autorité hiérarchique. Lorsqu’elle n’a pas obtenu les informations nécessaires ou qu’elle constate que son avis n’a pas été respecté, la Haute Autorité informe l’autorité dont relève l’agent dans son cadre d’emplois d’origine pour permettre la mise en œuvre de poursuites disciplinaires.

 

Article 47. Fin des dérogations à la durée hebdomadaire de travail de 35 heures dans la fonction publique territoriale (1.607 heures)

 

Jusqu'à présent, par dérogation aux règles de droit commun, l’article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 prévoyait la possibilité de maintenir des régimes de travail plus favorables aux agents, c’est-à-dire inférieurs à la durée légale, à la double condition qu’ils aient été mis en place antérieurement à l’entrée en vigueur de la loi n° 2001-2 du 3 janvier 2001, et que cette dérogation ait été formalisée par une décision expresse de l’organe délibérant de la collectivité, après avis du comité technique. Le temps de travail effectif moyen, dans la fonction publique territoriale, pouvait ainsi être inférieur aux 1 607 h annuelles. L'article 47 supprime ces régimes dérogatoires à la durée légale du travail.

 

Seuls sont exclus les régimes de travail établis pour tenir compte des sujétions spécifiques auxquelles sont soumis certains agents publics (travail de nuit, le dimanche, jours fériés, travail pénible ou dangereux, etc.) et certains cadres d’emplois (enseignement artistique ou pompiers). Les nouveaux cycles de travail devront être mis en œuvre à partir de janvier 2022 (communes) ou 2023 (départements et régions).

 

Article 56. Encadrement du droit de grève dans certains services publics 

 

Le droit de grève des agents publics appartenant à six secteurs des services publics se trouve encadré. Ces secteurs où est instauré un droit à la continuité des services public sont :

la collecte et le traitement des déchets des ménages ;

− le transport public de personnes ;

− l’aide aux personnes âgées et handicapées ;

− l’accueil des enfants de moins de trois ans ;

− l’accueil périscolaire ;
− la restauration collective et scolaire ;

 

Les agents devront indiquer leur intention de participer à la grève au plus tard 48 heures avant le début de la cessation concertée du travail. Dans le cas où un préavis de grève a été déposé et en vue de l’organisation du service public et de l’information des usagers, les agents des six secteurs précités devront informer, au plus tard quarante-huit heures avant de participer à la grève l’autorité territoriale ou la personne désignée par elle, de leur intention d’y participer.

 

La posture de l’agent qui se déclare gréviste ou qui est gréviste, est très encadrée et susceptible de constituer une faute disciplinaire. L’agent qui a déclaré son intention de participer à la grève et qui renonce à y prendre part doit en informer l’autorité territoriale au plus tard vingt-quatre heures avant l’heure prévue de sa participation afin que celle-ci puisse l’affecter (même chose pour l’agent qui participe à la grève et qui décide de reprendre son service).

 

Encourt une sanction disciplinaire l’agent qui n’a pas informé son employeur de son intention de participer à la grève ou qui n’a pas exercé son droit de grève dès sa prise de service. Une sanction disciplinaire peut également être prise à l’encontre de l’agent qui, de façon répétée, n’a pas informé son employeur de son intention de renoncer à participer à la grève ou de reprendre son service. 

 

Article 72. Expérimentation de la rupture conventionnelle dans le secteur public

 

A titre d’expérimentation, il est prévu d’appliquer le dispositif de rupture conventionnelle à titre expérimental pendant 5 ans, à compter du 1er janvier 2020 jusqu’au 31 décembre 2025.

 

Le fonctionnaire qui, dans les six années suivant la rupture conventionnelle, est recruté en tant qu’agent public pour occuper un emploi au sein de la collectivité territoriale avec laquelle il est convenu d’une rupture conventionnelle ou auprès de tout établissement public en relevant ou auquel appartient la collectivité territoriale, est tenu de rembourser à cette collectivité ou cet établissement, au plus tard dans les deux ans qui suivent le recrutement, les sommes perçues au titre de l’indemnité de rupture conventionnelle.

 

La même disposition étend le bénéfice de l’assurance-chômage aux agents publics volontairement privés d’emploi.

 

Article 76. Détachement d'office des fonctionnaires dont les missions ou services sont externalisés.

 

Au titre du chapitre 2 de cette loi, intitulé «Sécuriser les transitions professionnelles en cas de restructuration», l'article 76 prévoit que lorsque l’activité d’une personne morale de droit public employant des fonctionnaires est reprise par une personne morale de droit privé ou par une personne morale de droit public gérant un service public industriel et commercial, les fonctionnaires exerçant cette activité peuvent être détachés d’office, pendant la durée du contrat liant la personne morale de droit public à l’organisme d’accueil, sur un contrat de travail conclu à durée indéterminée auprès de l’organisme d’accueil.

 

En cas de renouvellement du contrat liant la personne morale de droit public à l’organisme d’accueil (ou en cas de conclusion d’un nouveau contrat entre la personne morale de droit public et une autre personne morale de droit privé ou une autre personne morale de droit public gérant un service public industriel et commercial), le détachement du fonctionnaire est renouvelé d’office.

 

C’est le second cas de détachement d’office d’un fonctionnaire inscrit dans le statut. Le précédent, introduit par la loi du 20 avril 2016, relatif à la déontologie, permettait à une autorité territoriale de détacher un fonctionnaire suspendu qui fait l’objet de poursuites pénales. 

 

Voilà certaines des principales dispositions réformant le statut des fonctionnaires, notamment ceux appartenant à la fonction publique territoriale, issues d'une loi votée et publiée au plus fort de cet été. Au vu des reculs des droits des fonctionnaires, je pense qu'on peut se préparer à des mouvements de grève de grande ampleur à la rentrée de septembre. Je pense ou plutôt je l'espère. À défaut, Macron aurait tout gagné et plus rien ne l'arrêtera dans la remise en cause des droits des travailleurs et des fonctionnaires de notre pays.

 

 

Saucratès


16/08/2019
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Violences policières - Qu'est-ce qui différencie une démocratie d'une dictature ou d'un régime illibéral ?

Saint-Denis de La Réunion, samedi 3 août 2019

 

Dans une supposée ou plutôt prétendue démocratie libérale comme la France, il est invraisemblable d'observer un tel niveau de violences policières, niées et rejetées d'ailleurs par le gouvernement au pouvoir, un tel niveau d'injustice et de différenciation dans le traitement judiciaire des plaintes et des poursuites pénales selon que l'on soit puissant, appartenant aux forces de l'ordre ou au contraire faible et manifestant ou contestataire. 

 

Cet état de fait n'est évidemment pas veritablement une nouveauté, une novation. Cette situation n'est pas propre à la présidence d'Emmanuel Macron. Il y a eu les violences commises contre les manifestants contre la loi travail sous François Hollande, où des socialistes décomplexés n'hésitaient pas à combattre l'idéologie gauchiste et les syndicats irresponsables. C'est cette même génération de socialistes qui s'est dans son ensemble jetée dans les bras du libéralisme, du macronisme et du centre-droit ultralibéral. Ou bien dans les élections municipales espagnoles pour d'autres !

 

Il y a eu aussi toujours sous François Hollande les violences commises contre les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la mort d'un manifestant, Rémi Fraisse, tué par une grenade de désencerclement lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens. Et on peut remonter plus loin. Je me rappelle de la mort de Malik Oussekine en décembre 1986 lors des manifestations contre le projet Devaquet de privatisation des universités, tabassé par des policiers et des gendarmes ... et je ne peux éviter de faire le rapprochement entre ce tabassage et ce dont sont victimes les gilets jaunes et les manifestants d'aujourd'hui. La même haine, la même violence, la même rage des forces de l'ordre auxquels un gouvernement a lâché la bride pour effrayer ses contradicteurs, ses opposants.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/08/02/les-violences-policieres-decoulent-directement-de-la-volonte-des-gouvernants-d-annihiler-toute-contestation_5495728_3232.html

 

Et la présidence Macron aura donc aussi son lot de morts, d'infirmes et de victimes. L'un des derniers en date étant Steve Maia Canico. Et dans chaque situation, dans le cas de chaque agression, l'Inspection de la police nie qu'il y ait eu violence. Jusqu'au terme même de violences policières dont l'usage est dénié d'être utilisé par les victimes de la police et des gendarmes par un gouvernement de millionnaires représentants les plus riches.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/02/mort-de-steve-maia-canico-a-nantes-la-police-engrange-un-stock-de-haine-qu-elle-n-imagine-pas_5496029_3224.html

 

On peut quand même indiquer que jamais la violence policière, les arrestations illégales, les procédures disproportionnées et en un mot, une violence généralisée pour rendre impossible le droit de manifester et de revendiquer contre le gouvernement, n'avaient été mises en œuvre par un groupe pour se maintenir au pouvoir et pour maintenir la mise en œuvre d'une politique menée dans l'intérêt d'un seul groupe, d'une seule idéologie, l'ultra libéralisme revanchard et tout-puissant. Et évidemment, la marque de fabrique du macroniste, de l'ultra libéralisme macroniste, c'est d'utiliser la force de matraquage des médias, des journaux, des télévisions pour persuader le peuple, désormais indocile pour certains, la masse des citoyens, que tout ceci est merveilleux, que tout ceci permet de redresser la France et était indispensable, que tout ceci fonctionne, que tout ceci marche, que la France redevient une destination attractive pour les étrangers, que tout ceci conduit à des hausses vertigineuses du pouvoir d'achat des francais, que tout ceci repose sur l'unanimité des organisations politiques responsables, toutes d'accord sur les méthodes et sur les diagnostics, que tout ceci est approuvé par la majorité des citoyens français qui plébiscitent tous notre extraordinaire Président de la République et ses extraordinaires et courageux ministres dévoués ...

 

C'est cela le macronisme, l'ultra libéralisme macroniste. C'est plus «1984» de Georges Orwell ou «Le meilleur des mondes» d'Aldous Huxley plutôt que l'idéologie TINA de Margareth Thatcher. Ce n'est même plus le «there is not alternative» popularisé par Margareth Thatcher ; c'est une tentative de décérébration de la grande masse de citoyens pour leur faire accepter une politique favorable aux seuls puissants, milliardaires et la caste qui les sert et les représente. 

 

Et tout ceci se passe en France, dans une supposée démocratie, dans une prétendue démocratie, celle pour laquelle nos grands-parents, nos arrières grands-parents, nos parents ou pour certains nos frères voire nous-mêmes, se sont battus pour l'arracher à la barbarie nazie, à la barbarie des totalitarismes. Tout cela pour ça ? Nos pères, nos mères, nos frères, nos grands pères, nos arrières grands-parents se sont battus pour que des hommes comme Macron, comme Castaner, comme Philippe nous écrasent, tuent nos enfants ou nos proches, parce qu'ils veulent que la France ressemble à leur besoin, à leur idéal ultralibéral, à la France rêvée des milliardaires qui les ont placés au pouvoir ?

 

La France est-elle au fond encore une démocratie ? Qu'est-ce qui différencie une démocratie d'une dictature ou d'un régime illibéral ? Pourquoi les citoyens francais acceptent-ils toutes ces violences dirigées contre eux et contre d'autres eux-mêmes ?

 

Pourquoi n'est-il pas évident que la France a cessé d'être une démocratie, quelque part entre 2007 et 2019, entre l'élection de 2007 de Nicolas Sarkozy, embourbé dans l'affaire du financement Libyen de sa campagne présidentielle, l'élection de 2012 de Francois Hollande, faux socialiste élu par des électeurs socialistes, et l'élection de 2017 d'Emmanuel Macron, élection volée, fabriquée par des médias aux mains des manipulateurs de l'opinion publique ? La France serait assimilée à une dictature que les agissements de ses forces de l'ordre seraient dénoncés et condamnés par l'ensemble des pays européens. Les violences policières seraient alors dénoncées comme telles, même si le Président de la République française, le premier ministre ou le ministre de l'intérieur contestaient l'usage de ce terme ! Mais non, bizarrement, il n'en est rien. Il suffit que ce gouvernement gouverne en ayant obtenu 22,42% des suffrages exprimés lors d'une élection européenne, avec à peine 50,12% de votants, pour que l'on parle d'une démocratie et d'un gouvernement légitimé.

 

Un gouvernement de millionnaires et d'apparatchiks aux mains de quelques milliardaires et d'énarques, peut donc gouverner et appliquer toutes les lois et les réformes qu'ils entendent, malgré le fait qu'ils ne bénéficient que du soutien d'une infime minorité de quelques 11% du corps électoral des citoyens français ? C'est cela une démocratie ? Une caste d'apparatchiks et de vendus au plus offrant, ayant pris le pouvoir par hasard, par la ruse, se maintenant  au pouvoir par la force des armes et par la violence ? Avec des médias aux mains du pouvoir, véhiculant les seuls messages du gouvernement en place ? Et une interdiction de manifester, et une répression aveugle de toute contestation ? Des interpellations et des arrestations sans raison d'opposants politiques, et des condamnations à l'unisson ? Et on appelle cela une démocratie ? En tout cas, je trouve que tout ceci ressemble vachement à une dictature, non pas militaire, mais ultralibérale. 

 

 

Saucratès


03/08/2019
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Que faut-il savoir et que reste-t-il des élections européennes ?

Saint-Denis de La Réunion. Jeudi 6 juin 2019

 

Les élections européennes sont donc terminées depuis un peu plus d'une semaine, bientot deux semaines. Presque deux semaines plus tard, qu'en reste-t-il ? De quoi ces élections européennes ont-elles accouché ? Au-delà de nouveaux ou d'anciens députés europeens, il va sans dire ! Emmanuel Macron a retenu de cette élection qu'il en sortait conforté politiquement et qu'il pouvait passer à la phase deux de son quinquennat, en accélérant les réformes (réforme de la fonction publique, réforme des retraites, réforme de la constitution de la Cinquième République, privatisations de la Française des jeux ... entre autres projets ...). Ceux qui ont voté pour la liste Macroniste doivent certainement se réjouir de ces projets et des souffrances des salariés qui en découleront ou des milliardaires qui pourront un peu plus s'enrichir avec les projets de réforme fiscale ou de privatisation de pans entiers d'entreprises publiques. Ne pas oublier ces milliardaires tchèques qui sont intéressés depuis aujourd'hui une année complète à la privatisation de la Française des Jeux. N'y a-t-il pas lieu de se demander pour qui roulent le gouvernement francais et le Président de la République ? Est-ce si innocent que la société de gestion des jeux de hasard francaise, pratiquement en situation de monopole, puisse être proposée en vente aux appétits du privé et des milliardaires ? Des articles datant de juin 2018, remontant à pres d'un an, permettent de rappeler certains faits (pour ceux qui douteraient de cette source, un article du Monde comparable existe aussi mais ne peut être consulté dans son intégralité).

 

http://www.news.ccft-fcok.cz/deux-milliardaires-tcheques-interesses-lachat-de-francaise-jeux/

 

Ces élections européennes ont également accouché du limogeage/démission du Président du Parti des Républicains (LR) et à la poursuite de l'implosion de la Droite parlementaire française. LREM, apres avoir phagocyté le Parti socialiste, est en train de digerer et de faire disparaître la droite, sur les décombres desquels LREM espère pouvoir dominer la politique française ! 

 

Les condamnations des gilets jaunes continuent aussi par ailleurs de pleuvoir ; l'objectif des pouvoirs constitués et du gouvernement semblant être de vouloir faire s'éteindre ce mouvement qui n'a plus selon eux la moindre nécessité ... et qui fait surtout tâche sur le pedigree d'Emmanuel Macron. Gageons que ce dernier aura à coeur de faire payer leur outrecuidance aux rustres et aux misérables leaders de ce mouvement qui ont osé le défier et appeler à le défier. Des assassinats politiques sont-ils possibles dans notre démocratie ? Ou un acharnement  judiciaire et fiscal sera-t-il jugé suffisant par ce gouvernement ?

 

Enfin, comment ne pas rappeler alors que l'on parle d'Europe, que ce jeudi 6 juin est la date anniversaire du D-Day ou débarquement allié sur les plages de Normandie !!! Début de la libération de la France et de l'anéantissement du régime nazi allemand !

 

Mais ces élections européennes sont malgré tout l'occasion de réfléchir plus avant sur ce que nous en comprenons ! Je ne parlerais ici que de la tenue de ces élections et sur leur forme. Idiotement, j'imaginais que s'agissant d'élections pour le parlement européen, c'était l'Europe ou le parlement européen qui décidaient de règles uniques pour tous les pays pour la tenue de ces élections ! Imagine-t-on que chaque département francais décident de la manière dont se derouleront les élections pour le parlement francais ? 

 

C'est pourtant le cas pour les élections europeennes. Chaque pays européen décide librement des modalités du scrutin pour le parlement europeen. Je ne sais pas si certains d'entre vous le savait, mais moi cela ne me serait pas venu à l'esprit. C'est pour cette raison que les modes de scrutin changent régulièrement d'une élection europeennes à l'autre, qu'il y a quelques années, on votait par région géographique et que desormais il y a eu des listes uniques pour l'ensemble de la France. Ce n'est pas l'Europe qui change de mode de scrutin, mais la France.

 

https://elections-europeennes.robert-schuman.eu/les-regles-specifiques/

 

Le fait de fixer à 2,5% le plafond de remboursement des dépenses engagées : la France. Le fait de fixer à 5% le seuil d'attribution de sièges au parlement européen ? Toujours la France ...

 

Pour éclairer cette incongruité, vous trouverez ci-dessous la liste de chaque pays (28 au total pour l'instant avant la sortie du Royaume-Uni) et les modalités du scrutin pour les élections européennes (source Le Monde du 28 mai 2019 - supplément sur les résultats des élections europeennes à partir de la page 2)

 

-01- Allemagne - membre fondateur (1957)

Représentation proportionnelle avec listes bloquées : l'électeur vote pour une liste sans indiquer de préférence pour les candidats ni changer leur ordre. Tous les partis présentent une liste au niveau fédéral sauf la CSU, représentée uniquement en Bavière, et la CDU, qui presente une liste spécifique dans chacun des 15 autres Länder. Pas de seuil. Ainsi, des partis comme PIRATEN ou VOLT, qui ont obtenu 0,70% des suffrages ont pu obtenir chacun un siège de député européen.

 

-02- Portugal - membre depuis 1986

Représentation proportionnelle avec liste bloquées : l'électeur vote pour une liste sans indiquer de préférence pour les candidats ni changer leur ordre. Circonscription unique sans seuil.

 

-03- Royaume-Uni - membre depuis 1973

Représentation proportionnelle avec listes bloquées en Angleterre, Ecosse et Pays de Galles : l'électeur vote pour une liste sans indiquer de préférence pour les candidats, ni changer leur ordre. Pas de seuil. Vote unique transférable en Irlande du Nord : l'électeur classe ses candidats, si le premier n'est pas élu, son vote est reporté sur son deuxième choix, etc.

 

-04- Irlande - membre depuis 1973

Vote unique transférable sur trois circonscriptions : l'électeur classe ses candidats, si le premier n'est pas élu, son vote est reporté sur son deuxième choix, etc.

 

-05- Bulgarie - membre depuis 2007

-06- Danemark - membre depuis 1973

-07- Estonie - membre depuis 2004

-08- Finlande - membre depuis 1995

-09- Pays-Bas - membre fondateur (1957)

-10- Slovénie - membre depuis 2004

Représentation proportionnelle avec vote préférentiel : l'électeur peut modifier l'ordre des candidats sur la liste qu'il a choisie. Pas de seuil.

 

-11- Chypre - membre depuis 2004

Représentation proportionnelle avec vote préférentiel : l'électeur peut modifier l'ordre des candidats sur la liste qu'il a choisie. Seuil de 1,8%.

 

-12- Grèce - membre depuis 1981

Représentation proportionnelle avec vote préférentiel : l'électeur peut modifier l'ordre des candidats sur la liste qu'il a choisie. Seuil de 3%.

 

-13- Autriche - membre depuis 1995 

-14- Suède - membre depuis 1995 

Représentation proportionnelle avec vote préférentiel : l'électeur peut modifier l'ordre des candidats sur la liste qu'il a choisie. Seuil de 4%.

 

-15- Italie - membre fondateur (1957)

Représentation proportionnelle dans cinq circonscriptions avec vote préférentiel : l'électeur peut modifier l'ordre des candidats sur la liste qu'il a choisie. Seuil de 4%.

 

-16- Belgique - membre fondateur (1957)

Représentation proportionnelle avec vote préférentiel dans trois collèges électoraux : l'électeur peut modifier l'ordre des candidats sur la liste qu'il a choisie. Seuil de 5%.

 

-17- Croatie - membre depuis 2013

-18- Lettonie - membre depuis 2004

-19- Lituanie - membre depuis 2004

-20- République Tchèque - membre depuis 2004

-21- Slovaquie - membre depuis 2004

Représentation proportionnelle avec vote préférentiel : l'électeur peut modifier l'ordre des candidats sur la liste qu'il a choisie. Seuil de 5%.

 

-22- Pologne - membre depuis 2004

Représentation proportionnelle dans treize circonscriptions avec vote préférentiel : l'électeur peut modifier l'ordre des candidats sur la liste qu'il a choisie. Seuil de 5%.

 

-23- Luxembourg - membre fondateur (1957) 

Vote par liste avec panachage : l'électeur peut voter pour une liste complète ou bien panacher ses votes entre différents candidats sur plusieurs listes

 

-24- Malte - membre depuis 2004

Vote unique transférable : l'électeur classe ses candidats, si le premier n'est pas élu, son vote est reporté sur son deuxième choix, etc ...

 

-25- Espagne - membre depuis 1986 

Représentation proportionnelle avec liste bloquées : l'électeur vote pour une liste sans indiquer de préférence pour les candidats ni changer leur ordre. Circonscription unique. Pas de seuil.

 

-26- Roumanie - membre depuis 2007

-27- Hongrie - membre depuis 2004

-28- France - membre fondateur (1957)

Représentation proportionnelle avec liste bloquées : l'électeur vote pour une liste sans indiquer de préférence pour les candidats ni changer leur ordre. Circonscription unique. Seuil de 5%.

 

Quelle conclusion tirée de cet inventaire à la Prévert ??? Premièrement, que le principe d'une absence de seuil pour cette élection est quand même relativement fréquent en Europe, notamment dans les pays les plus anciens et les plus démocratiques, à l'exception notable de la France (et de la Belgique et de l'Italie). Il est aussi surprenant que le gouvernement français change aussi regulierement les règles de cette élection en France (plusieurs circonscriptions puis circonscription unique). 

 

Il est également notable que la France applique des règles comparables à celles de deux pays illibéraux et parmi les moins démocratiques d'Europe, à savoir la Roumanie et la Hongrie (Viktor Orban que je croyais être l'ennemi juré d'Emmanuel Macron !). Ils appliquent pourtant les mêmes règles pour interdire la représentation à Bruxelles de leurs opposants !

 

Deuxièmement, on peut aussi en déduire que l'information ne circule absolument pas sur les mécanismes de ces élections européennes et qu'il est tentant pour un gouvernement, pour des journaux, de masquer le fait que ces décisions émanent de leurs faits et de prétendre que c'est cette Europe lointaine qui est responsable de ces règles changeantes, qui n'avantagent que les plus grosses formations politiques.

 

Les listes qui font entre 2 et 5% des voix pourraient se voir attribuer avec d'autres règles entre 2 et 5 députés européens, sièges de députés qui sont en fait redistribués aux plus grosses formations politiques ! Et le Parti socialiste, qui a si longtemps été bénéficiaire de cet état de fait, a failli disparaître et pâtir de ces règles qui l'avantageait tellement lorsqu'il était au pouvoir ! Juste retour de boomerang !

 

Et on s'étonne en France que les électeurs se désintéressent de cette élection alors que le gouvernement se garde bien d'expliquer que c'est lui qui est à l'origine des modifications des règles régulières, de l'imposition de seuil dommageable pour les petites listes, et des modifications incessantes des modes d'élection, comme s'il voulait rendre impossible pour des partis politiques peu structurés de présenter des listes. C'est raté évidemment vu le nombre record de listes présentées en France, alors que dans les pays sans seuil, il n'y a le plus souvent qu'un nombre très limité de listes concurrentes. Et on s'étonne d'ailleurs que l'électeur francais ne comprenne rien à cette élection ! Toujours ce meme besoin de considérer l'électeur français comme un incompétent qui a besoin des élus et des politiques pour lui expliquer les choses et les enjeux ? On en a vu les résultats avec le mouvement des gilets jaunes et le rejet de tous les politiques !

 

 

Saucratès


06/06/2019
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Des gilets jaunes et de l'écologie politique

Saint-Denis de La Réunion, samedi 1er juin 2019

 

Un samedi soir à La Réunion, comme tous les samedi soir sur ma terrasse, devant de préférence une bonne bouteille de vin et un bon feu de bois pour y cuire de bonnes entrecôtes, et à manger du fromage. À Paris et ailleurs en France, des gilets jaunes continuent bravement, courageusement, à défiler et à manifester contre Macron, son gouvernement, son élection et/ou sa politique.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/01/les-gilets-jaunes-se-mobilisent-pour-l-acte-xxix_5470272_3224.html

 

Samedi après samedi, et ce gouvernement, au lieu de répondre à leurs demandes, à leurs revendications, préfère compter sur le pourrissement de la situation, sur la lassitude de ces courageuses personnes. J'imagine même bien Macron, lui aussi devant une bouteille de vin, bonne aussi vraisemblablement (mais qu'il n'aura pas payée), non pas devant son écran à écrire un billet sur un blog, mais sûrement avec d'autres maîtres du monde, milliardaires ou propriétaires de grands journaux, patrons de grandes entreprises, membres de telles ou telles coteries, à se moquer des gilets jaunes qui le contestent et le conspuent, de la même manière que celui qui l'intronisa et qui le précéda à l'Elysée se moquait des sans dents (François Hollande pour ne pas le nommer).

 

Au fait, à quels intérêts privés ce dernier a-t-il obéi pour accepter de ne pas se représenter et laisser le champ libre à Emmanuel Macron ? De quoi avait-il peur ? Juste la peur de la défaite électorale comme on a voulu nous le faire croire ? Quelles informations compromettantes certains avaient-ils sur lui ? Lui avait-on promis le même sort que celui qui fut fait à François Fillon pour le discréditer ? Pour le jeter en prison ? Quelles sont ces personnes qui peuvent faire et défaire des carrières aux plus hauts postes de l'Etat ? Et comment peut-on l'accepter dans une démocratie supposée comme est sensée être la nôtre ? Drôle de démocratie où des journaux et l'ensemble de la presse ont tiré en permanence à boulets rouges sur le favori (François Fillon), diabolisé (mais pas trop) une deuxième concurrente, mais qui n'était pas trop dangereuse (Marine Le Pen), et qui ont présenté une image merveilleuse de chérubin si brillant, si parfait, d'un presque inconnu favori de leurs propriétaires (Emmanuel Macron) ! 

 

Heureusement qu'il y a des gilets jaunes en France, aptes, capables de se révolter, de contester, de refuser de continuer à vivre leur vie pendant que l'inacceptable occupait l'Elysée et dirigeait la France, avec l'appui de réseaux occultes ou masqués ! Philippe, Colomb, Bayrou qui se rêvait roi et qui n'a même pas compris qu'il s'était fait avoir comme un bleu, confisqué son parti politique. 

 

En fait, ce soir, j'avais prévu de parler d'écologie politique. Oui, je parle de ce parti politique qui a réussi à terminer à la troisième place lors des élections européennes de 2019, regroupant notamment une grande partie des votes des jeunes générations. Et c'est extrêmement amusant, parce que mon plus jeune fils, qui n'est pas en âge de voter, mais qui a l'âge de raison (15 ans), m'a dit un soir de la semaine dernière qu'il voterait pour la liste des ecologistes s'il devait voter, juste apres l'avoir vu à la télévision. Il y a donc selon moi deux possibilités ; soit les jeunes sont particulierement sensibles aux thèmes écologiques (comme il me l'a indiqué, cela fait des années qu'on leur rabâche des thèmes écologiques à l'école, au collège et au lycée et il l'assimilait lui-même à du bourrage de crâne) ; soit cette publicité pour la liste d'Europe Écologie Les Verts contenait des messages subliminaux ou subauditifs uniquement audibles par les jeunes générations (les jeunes entendent des ultrasons que les plus vieux ne peuvent entendre et cela amuse enormément les jeunes). Et comme je suis totalement paranoïaque et que je l'assume, l'élection de Macron à l'Elysée ayant démontré la réalité de l'existence d'un complot médiatique, je penche sérieusement pour la deuxième solution pour expliquer le score d'Europe Ecologie Les Verts lors de ces élections. Des messages subauditifs que seul l'inconscient des jeunes serait capable d'entendre, et qui aurait influencé leurs votes ...

 

Mais la deuxième explication est aussi pertinente ; un bourrage de crâne au collège et encore plus au lycée sur l'écologie, pour alerter les jeunes sur le réchauffement climatique et l'écologie. J'ai entendu récemment une écologiste dans les médias qui préconisait de sensibiliser encore plus les jeunes générations aux risques du dérèglement climatique. Sauf qu'une manipulation des esprits reste une manipulation des esprits. Est-il plus acceptable de manipuler les esprits des jeunes lycéens et des jeunes collégiens sur le climat, l'écologie, la nature que sur autre chose ? En quoi les manipulations des esprits des nazis sur la jeunesse de leur temps, pour leur inculquer la supériorité de la race arienne, des blonds aux yeux bleus, sur toutes les autres races, serait-elle pire que de manipuler les esprits des jeunes sur le dérèglement climatique ? En quoi serait-ce différent ? Est-ce l'objet de la manipulation qui est condamnable ou bien plutôt le fait même, l'acte même de manipuler les esprits des jeunes générations ? Les jeunesses écologiques seraient-elles plus acceptables que les jeunesses hitlériennes ?

 

J'en reviens donc à l'écologie. Cette écologie qui a récolté, pour des raisons qui m'échappent, une très forte proportion des votes des jeunes néo-votants, qui apparemment seraient écologistes pour une raison ou une autre. Cette même écologie qui j'imagine très bien rejoindre le gouvernement de Macron et prendre le ministère de l'écologie et du développement durable (s'il existe encore). Une juste désignation en réaction à leur score des européennes. Dans la lignée du projet de modification de la Constitution projetée par Macron et qui vise à inscrire l'écologie dans son article premier (on y trouve de tout dans cet article premier désormais ... mais tout est tellement important ... bientôt un président inventera l'article zéro ... ou on rajoutera des mots dans le préambule ... ou dans le titre ...) et qui devrait plaire plaire aux écologistes, signe que Macron veut les séduire, eux et leurs électeurs. Macron, la grenouille qui voulait devenir plus grosse que le bœuf, qui a mangé le centre, puis le parti socialiste, la droite et qui mangera peut-être bientôt les écologistes.

 

Je voulais donc parler de l'écologie, cette philosophie qui veut contrôler l'ensemble de nos vies, de nos façons de vivre, de consommer, de nous déplacer, nos relations avec le reste de la nature ... cette sorte d'intrusion agressive dans nos maisons et dans nos cœurs, ces ayatollahs qui voudraient nous régenter et nous forcer à vivre comme ils l'entendent, comme ils estiment que nous devrions vivre ! Je ne suis pas vraiment contre l'écologie ; je suis contre les ayatollahs, contre la contrainte, qu'elle soit politique, philosophique, violente ou non-violente, dans le discours ou bien seulement financière, par le porte-monnaie ! 

 

Est-il encore possible que notre génération puisse vivre librement comme elle le désire, sans passer pour d'horribles individualistes criminels ?

 

 

Saucratès


01/06/2019
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Pour une médiation de la Norvège en faveur des gilets jaunes

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 31 mai 2019

 

On apprenait il y a quelques jours que la Norvège se proposait comme médiateur pour tenter de sortir le Venezuela de la crise entre le président légitime, Nicolas Maduro, et son opposition. Des représentants du pouvoir et de l'opposition devaient se retrouver à Oslo pour commencer des discussions pour sortir de l'impasse. 

https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Discussions-Oslo-lavenir-Venezuela-2019-05-29-1201025440

 

Et si nous nous prenions à rêver ? Si on imaginait que la Norvège se proposait egalement comme un médiateur entre le gouvernement de Macron et les gilets jaunes, en France ? Evidemment, quelle claque se serait pour Emmanuel Macron et pour la France, persuadés d'être un exemple, un paragon, un modèle de démocratie dans le Monde et en Europe ! Evidemment, me rétorqueront certains, la situation française et la situation vénézuélienne n'ont absolument rien à voir !!! Mais est-ce si sûr ? Maduro est considéré comme illégitimement élu, mais Emmanuel Macron est-il plus légitime ? Le fait d'avoir manipuler l'opinion publique en mentant sur sa personne, sur lui, sur ce qu'il est, sur qui sont ses amis, ses soutiens, notamment parmi les milliardaires qui détiennent l'ensemble de la presse écrite, tout ceci n'est-il pas aussi grave que de truquer des élections ou de gaver des urnes ? Les élections françaises ne sont guère plus démocratiques que celles au Venezuela ou aux Etats-Unis ; seules les méthodes pour manipuler les résultats diffèrent !

 

Les gilets jaunes devraient appeler la Norvège à l'aide pour qu'elle serve de médiation entre les gilets jaunes et le gouvernement macroniste. Après tout, le mouvement des gilets jaunes dure depuis six mois et la seule réponse que les gilets jaunes ont reçu de ce gouvernement, c'est de la répression policière, des tirs et des blessures, de la répression judiciaire avec de nombreuses condamnations pour quelques mots lancés dans la foule (l'affaire de la guillotine, l'affaire des suicidez-vous, l'affaire des insultes à l'encontre d'un pseudo philosophe) ou quelques coups de poing rendus à des gendarmes habitués à en donner sans rencontrer de résistance ..., et de la represssion politique, réglementaire (les nombreux arrêtés d'interdiction de manifestations) ou législative (la loi anti-casseurs).

 

Les gilets jaunes sont-ils les principaux opposants au gouvernement d'Emmanuel Macron ? Ce sont d'abord eux qui affrontent samedi apres samedi les forces de l'ordre et manifestent inlassablement contre la politique menée par Emmanuel Macron et son gouvernement. L'opposition à Emmanuel Macron n'est évidemment pas les partis politiques comme LR ou le Parti Socialiste. Il a été le ministre de l'économie des socialistes il y a trois ans. Et une bonne partie des députés de la majorité macroniste et des membres du gouvernement ne sont pas seulement des transfuges de LR (ou du Parti socialiste) ... ils en font encore partie. Le PS, LR et La République en Marche ne sont qu'une seule et même famille politique, issue des mêmes écoles, appliquant les mêmes politiques, passant d'un Parti à l'autre au gré des alternances politiques et gouvernementales. Ce qui n'était qu'une exception auparavant est devenu une évidence avec la victoire d'Emmanuel Macron.

 

L'opposition à Emmanuel Macron provient-elle du monde du syndicalisme, comme les journaux voudraient essayer de nous le vendre. Laurent Berger serait-il le principal opposant à Emmanuel Macron comme on veut nous le faire croire ? Berger et la CFDT ? Cette même CFDT nationale qui n'a pas combattu les projets de lois socialistes qui ont détruit le code du travail qui protégeait les salariés des entreprises ? Comme la loi Travail, mais qu'il faudrait appeler du nom du ministre du travail qui la défendit à l'Assemblée Nationale ? Ou du nom du ministre de l'Economie et des Finances qui voulait même aller encore plus loin dans la destruction du code du Travail ... j'ai nommé Emmanuel Macron ... Cette même CFDT encore qui était prête à signer à un accord voulu par le gouvernement et par le patronat pour réformer drastiquement les instances représentatives du personnel (devenu l'instance unique représentative du personnel) et faire disparaître délégués du personnel, membres des CHSCT et comités d'entreprise, tout ceci pour obtenir d'hypothétiques avancées en faveur des petites entreprises ? Proposition qu'Emmanuel Macron fera passer par ordonnances dès le lendemain de son élection, dans une ordonnance intitulée «amélioration du dialogue social» ... mais il n'a pas dit pour qui c'était une amélioration ... Non, Laurent Berger et la CFDT ne sont pas des opposants à Macron. Ils défendent les mêmes idées. Et ils ne sont d'ailleurs pas plus légitimement élus les uns que les autres ! Les uns se sont fait élire grâce aux journaux de leurs sponsors. Les autres se font élire en contrôlant les votes de quelques syndicats ou fédérations à la tête desquels ils ont mis des obligés, des moutons (de Panurge) ou des bénis-oui-oui.

 

Reste qui ? Le Rassemblement National ? Les ecologistes ... certes ... mais ceux qui affrontent le gouvernement de Macron sur le terrain depuis plus de six mois, ce sont les gilets jaunes.

 

Si la Norvège acceptait la demande de médiation de l'opposition française au gouvernement Macron, il resterait aux gilets jaunes à se mettre d'accord sur des revendications communes et sur la désignation de négociateurs qui pourraient les représenter face au gouvernement de Macron à Oslo. Les revendications communes seraient assez faciles à determiner :

 

1- L'arrêt des violences contre les manifestations des gilets jaunes, et notamment l'arrêt des tirs de grenades de desencerclement et l'arrêt de l'usage de lanceurs de balles de défense !

 

2- La libération et l'annulation des condamnations prononcées contre les prisonniers politiques membres des gilets jaunes. Les gilets jaunes seraient plus aptes que moi à faire la liste de tous les gilets jaunes condamnés par la justice française pour des actes abracadabrantesque. Je ne connais que les plus médiatisés, comme le boxeur de gendarmes ... Ce sont des prisonniers politiques au sens où ils sont condamnés pour avoir participé ou avoir voulu participer à des manifestations des gilets jaunes.

 

3- Le partage des postes dans les ministères pour pouvoir mener la politique économique souhaitée par les gilets jaunes. Des représentants des gilets jaunes devraient donc pouvoir être nommé au ministère de l'économie, au ministère du travail, des représentants du Parti Europe Écologie Les Verts devraient pouvoir se voir confier le ministre de l'écologie et du developpement durable ... et des représentants du Rassemblement National devraient aussi pouvoir se voir confier un ministère (ses deux partis en tant que seuls partis politiques d'opposition au gouvernement Macron).

 

En disposant du ministere de l'Economie et des Finances et du ministère du Travail, il serait alors temps pour les gilets jaunes francais de se mettre d'accord sur les réformes à conduire en matière fiscale et économique, et en matière de travail.

 

Une proposition de médiation de la Norvège à destination du parangon de vertu démocratique qu'est notre président Emmanuel Macron serait une fantastique leçon d'humilité qui pourrait lui être donnée, lui qui récuse le droit aux instances internationales d'intervenir dans l'usage excessif des armes létales face à son propre peuple  (mais les élites font-elles partie du peuple ?) et face aux gilets jaunes !

 

Chiche ? Et peut-être que comme pour le Venezuela, Washington mettra également la pression pour que les discussion à Oslo portent uniquement sur le départ d'Emmanuel Macron de la présidence de la République ! Apres tout, il s'agit bien de leur position en ce qui concerne le Venezuela ! Pourquoi pas pour la France alors s'il ne s'agit que de considérations démocratiques ? 

 

 

Saucratès


30/05/2019
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