Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Sur la politique


Qu’est-ce qu’une démocratie libérale

Au fond, qu’est-ce qu’une démocratie libérale ? Qu’est-ce qu’un État de droit ?

Par Saucratès 

Saint-Denis de la Reunion, jeudi 24 novembre 2022

 

Mes lecteurs peuvent raisonnablement s’interroger devant la teneur de plus en plus réactionnaire de mes points de vue et articles. Mais je pense que les points de vue que j’y exprime dénotent en priorité un élément, un questionnement qui les sous-tend tous.

 

Cette question, c’est : qu’est-ce réellement qu’une démocratie libérale ? Qu’est-ce réellement qu’un État de droit ? Si c’est bien le nom que l’on donne au système politique dans lequel nous vivons ?

 

Le risque me semble particulièrement élevé qu’un certain nombre de pays européens, qu’un certain nombre de peuples européens, remettent en cause les grands principes fondamentaux et les grands principes juridiques arrêtés au sortir de la seconde guerre mondiale, arrêtés sur les ruines, sur les décombres, des sociétés européennes traumatisées. 
 
- exclusion du champ politique des partis d’extrême-droite 

- respect des droits de l’homme et leur consécration internationale

- importance et protection accordées au droit d’asile et aux demandeurs d’asile

- mise en place d’un État Providence profitant uniformément à tous, sans distinction de statut

- primauté d’un droit international et des traités ratifiés par les gouvernements

 

Qu’est-ce donc qu’une démocratie libérale ou un État de droit ? Les différences entre ces deux notions divergentes ne me semblent au fond pas vraiment pertinentes. Elles recouvrent les deux faces d’une même apparence mensongère. Car c’est dans ces deux régimes politiques que les dérives des dernières années se sont produites.

 

Avant les années 2020 et les confinements décidés un peu partout dans le monde, avant 2012 et le gouvernement socialiste de François Hollande en France, et encore plus avant la crise des gilets jaunes sous la présidence d’Emmanuel Macron, la question ne se posait pas. Une démocratie libérale, un État de droit, était un État où les droits de chacun, où les libertés publiques de chacun d’entre nous, étaient protégés, défendus, et où personne n’imaginait qu’il pourrait se trouver priver de ses droits, de sa liberté, sans avoir été en contravention avec la loi. Et il y avait des tribunaux pour nous permettre de nous défendre, le conseil constitutionnel pour défendre les libertés publiques, contre les attaques à nos droits. 

 

Par opposition, les États ou les zones de non-droit étaient des régions où les libertés publiques étaient bafouées, où le droit de manifestation et de contestation était interdit, impossible ou criminalisé, où le droit de propriété n’était pas reconnu ou défendu, et enfin où des hommes ou des femmes se maintenaient au pouvoir par la force ou par la ruse et la manipulation des foules. C’était des pays où la presse était bâillonnée, le droit à l’information était bafoué, où l’information était manipulée, où les médias relayaient la propagande du gouvernement, des dirigeants politiques.

Mais aujourd’hui, que reste-t-il de nos droits et de nos libertés publiques ? Notre gouvernement, et les gouvernements de nombreux autres pays, ont interdit tout déplacement aux citoyens français pendant des semaines et des mois, sauf aux chefs d’entreprise, aux grands commis de l’Etat, tout ceci sous la menace des forces de l’ordre qui étaient chargés de contrôler toute personne circulant, où seuls des laisser-passer nous permettaient de circuler dans un rayon de quelques kilomètres, pendant une heure, comme en zone de guerre. Et tout ceci pour quelle raison ? Une guerre ? Une invasion de notre pays par une armée étrangère ? Non, juste un virus, juste un test grandeur nature de confinement et d’enfermement de toute la population adulte d’un pays !

 

Nous avons aussi eu la mise en oeuvre d’une obligation vaccinale imposée à toute la population, à l’échelle de tous les pays du monde. Toujours pour un virus. Et l’unanimité politique qui a prévalu, de la gauche du Parti socialiste et des écologistes, jusqu’à la droite, en passant par les centristes et le parti gouvernemental LAREM, a laissé la contestation et la représentation politique des millions de citoyens en colère au seul parti d’extrême-droite du Rassemblement National (et peut-être à quelques Insoumis peu diserts). 

A compter des manifestations contre la Loi Travail, puis à l’époque des Gilets Jaunes, on a vu se mettre en œuvre des mécanismes croissants de gestion des manifestations dans le but de les criminaliser, de les pénaliser et d’éliminer ceux considérés comme des casseurs. Avoir sur soi un foulard, un bouclier de protection, des lunettes, un masque ou un casque de chantier, suffisait à faire de vous un casseur, même à des kilomètres de la manifestation, et permettre votre incarcération puis votre condamnation et des interdictions de vous rendre à Paris ou à tel ou tel lieu !

 

Mon impression ? Depuis 2012 et l’élection de François Hollande et encore plus depuis celle d’Emmanuel Macron et le coronavirus, les seuls défenseurs de nos libertés publiques et des valeurs de la démocratie sont l’extrême-droite. Ce sont les seuls à représenter les français, le peuple, et non pas la frange mondialisée des bobos écologistes LBT+ et des immigrés réunis. 

Quand on en arrive à remettre au centre de son discours le «peuple», par opposition à une frange corrompue mais ayant confisqué l’exercice du pouvoir politique, lorsqu’on en arrive à opposer les nationaux et les immigrés, on peut penser que les affres du précédent conflit mondial, de l’horreur du nazisme sont en train de resurgir. Et la question importante est la suivante : Pourquoi en est-on arrivé là? Comment en est-on arrivé là?

 

Une démocratie libérale, un État de droit, ne peut pas être le régime de privation de nos droits, des libertés publiques, dans lequel nous vivons depuis Hollande, Valls et Macron, de mise sous contrôle de nos vies, de nos libertés. Une démocratie libérale, un État de droit, ne peut pas être ce régime politique où il n’existe plus de liberté de presse, avec des journaux, des médias, relayant la sainte parole macroniste comme un seul homme, un lieu de privation de tout esprit critique, où les journalistes transmettent, relaient sans réflexion, sans aucune critique, les saintes paroles du président et de ses séides.

 

La question n’est pas de savoir s’il existe des endroits pires au monde ? Dans la Russie de Poutine, la Chine ou la Corée du Nord des Kim?

 

Non! La question est de savoir si nous pouvons encore dire que nous vivons toujours dans une démocratie libérale, dans un État de droit ? Et si c’est cela un État de droit, un État où les libertés publiques du peuple sont bafouées, alors comment faudra-t-il réellement appelé un véritable régime démocratique, où les droits respectées ne seront pas seulement ceux d’une petite minorité, LGBT+, migrants et hommes araignée célébrés, féministes extrémistes, et riches, puissants et membres de l’aristocratie ? 


Non, nous ne vivons plus en démocratie. Et lorsque le seul espoir du peuple est d’être représenté et défendu par les partis politiques des extrêmes, d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, c’est qu’il y a un problème de régime et qu’il est temps de refonder la république.

 

 

Saucratès 


24/11/2022
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De l’extrémisme en Politique et de l’inéquité médiatique

De l’extrémisme en Politique et de l’inéquité médiatique 

Et pour quelles raisons les médias prennent-ils faits et causes pour certains extrémismes et s’acharnent-ils sur les autres ?

Par Saucratès

Saint-Denis de la Réunion, samedi 19 novembre 2022

 

Tout n’est-il pas qu’extrémisme en Politique ? Pour les Ecologistes, pour la France Insoumise, pour le Rassemblement National, la question ne se pose évidemment pas.

 

Pour les Républicains américains, la question ne se pose pas non plus, puisque ceux-ci sont rentrés dans une lutte idéologique contre le droit à l’avortement, contre la théorie du genre à l’école, et il est tellement simple d’incriminer l’influence néfaste d’un seul homme, Donald Trump, alors que celui-ci a juste permis que cela se produise. 

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/11/04/ils-montent-l-opinion-publique-contre-nous-dans-le-kentucky-comme-dans-le-reste-des-etats-unis-les-republicains-a-l-assaut-de-l-ecole_6148424_3210.html


L’article du Monde ci-dessus a aussi le mérite de rappeler que les Démocrates américains non plus ne sont pas en reste en matière d’extrémisme politique, parce qu’ils ont aussi lancé une guerre culturelle contre une partie du peuple américain, de la même manière que le font les élus et le gouvernement LAREM en France. Faire de Willie Carver l’enseignant de l’année du Kentucky et le convier à la Maison Blanche juste parce qu’il met en avant son identité gay et la cause de la communauté LGBTQ+, n’est pas extrémiste ? Vouloir faire changer une société par la contrainte, n’est-ce pas extrémiste ?

 

La question n’est pas de savoir si on est favorable ou au contraire gêné par l’homosexualité ? La question est de savoir si c’est une raison de mettre en avant une personne comme enseignant ? Et la réponse selon moi est non. Sinon, on peut aussi imaginer qu’à l’autre bout des États-Unis, un autre enseignant sera élu pour mettre en œuvre des thérapies de conversion forcée dans sa classe, et il pourra aussi être reçu à la Maison Blanche par un autre président. 

 

Concernant LAREM, les Républicains ou les Socialistes, ces partis sont tout autant extrémistes que les premiers cités. Ces sont des ultralibéraux extrémistes. Emmanuel Macron tout juste élu a sorti des ordonnances sur le dialogue social réformant et révolutionnant un droit social datant de 1945, voire du Front populaire de 1936, et l’imposant à tous et partout. Sa réforme a entrainé un recul drastique des droits des salariés et des élus dans les entreprises, et désormais même dans la fonction publique, sans aucune concertation, sans aucune discussion. Tout ceci s’était fait au cours de l’été 2017. Concernant les socialistes, ils partagent comme les démocrates américains la même volonté de violenter la majorité du corps politique français avec leurs théories sur le genre, sur l’ouverture à l’immigration africaine, pour détruire l’identité nationale. Tout comme LAREM. Ce n’est pas un mystère si tant de députés socialistes ont basculé du côté de LAREM. Les idées sont les mêmes sur tous les sujets. Simplement, il faut bien occuper l’ensemble du champ politique et éviter que l’appareil politique des socialistes ne tombent entre les mains de vrais révolutionnaires à la Jaurès. Et puis il faut une offre politique apparemment adverse même si c’est exactement la même, avec les mêmes personnes qui se font successivement élire sous des étiquettes différentes, pour laisser croire à une alternance politique. 

 

Pour l’écologie politique, la question de l’extrémisme est plus simple à comprendre. On le voit notamment dans les mouvements violents de l’actualité de ces dernières semaines ou derniers mois. Si on élimine les politiques pro-islamistes et non laïquement neutres des mairies écologistes françaises, on peut penser aux actions contre le projet des mégabassines dans les Deux-Sèvres, qui a vu l’opposition entre Sandrine Rousseau, des jeunes écologistes extrémistes et Yannick Jadot, ou bien les happenings muséaux de Just Stop Oil à Londres ou Letzte Generation à Potsdam. 

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/11/04/simon-persico-l-histoire-de-l-ecologie-politique-est-marquee-par-la-tension-entre-responsabilite-et-radicalite_6148441_3232.html

 

J’en arrive au final à cette idée ‘aussi sotte que grenue’ que les médias ne traitent pas équitablement l’actualité et les partis politiques. Il y a les partis et les hommes politiques qui sont protégés par les médias, pour lesquels les moindres faux pas politiques sont masqués, tus, gommés, et inversement, ceux pour lesquels les moindres faux pas sont grossis, traités à outrance, voire exacerbés. On y trouve Donald Trump ou bien Marine Le Pen et Eric Zemmour. Il ne sert à rien d’avoir des codes de déontologie journalistiques si on ne les applique pas, et si au fond, à la base, l’appréciation de l’intérêt d’un quelconque sujet journalistique dépend au final de d’indépendance journalistique de chaque journaliste, de chaque journal.

 

Rappelons-nous de la blague d’Emmanuel Macron sur les kwassa-kwassa mahorais. La dépêche du Monde qui en traitait a disparu en quelques secondes du site internet du Monde. Macron était-il protégé à cette époque par le journal Le Monde ? Jeune président qui représentait l’espoir de la France face aux chemises brunes de Marine Le Pen. Les journaux titraient alors que Macron était l’espoir des démocraties occudentales. Ce n’est qu’après l’épisode de la place de la Contrescarpe que le journal Le Monde a fait évoluer son positionnement pro-macroniste, sans toutefois jamais le renier. 

Inversement, pourquoi s’acharner de cette manière sur le député du Rassemblement National de Fournas ? Parce qu'une phrase à double sens lui a échappé dans l’hémicycle ? Et parce qu’il a été exclu de l’hémicycle pour deux semaines pour cette simple raison ? Parce qu’il a fait de la publicité pour son vin familial sur compte twitter de député ? Mais par le passé, plusieurs députés de gauche ou LAREM ont également déjà fait l’objet de rappel ou de sanction à la déontologie par le déontologue de l’Assemblée nationale, notamment de la France Insoumise («François Ruffin avait été rappelé à l’ordre, en novembre 2017, pour avoir diffusé une vidéo sur YouTube le montrant dans son bureau à l’Assemblée relatant son activité hebdomadaire et invitant le spectateur à acheter son journal, Fakir») ou du parti majoritaire LAREM («Pascale Fontenel-Personne, dont l’entreprise de transports proposait une prestation payante comprenant une visite du Palais-Bourbon, avait été sanctionnée en 2017), sans que le journal Le Monde ne le mentionne. Pourquoi donc le Monde titre-t-il sur le député de Fournas actuellement, alors qu’au mieux les deux autres députés préalablement épinglés ont à peine fait l’objet d’un entre-filet dans les colonnes du Monde ? 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/11/17/gregoire-de-fournas-depute-rn-tance-pour-manquement-deontologique_6150358_823448.html 

 

Et si un jour futur, un gouvernement Rassemblement National ‘tancera’ des journaux ou des journalistes pour manquement déontologique et les sanctionneront, certains hurleront-ils à la fin de la démocratie ?

 

 

Saucratès 


19/11/2022
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De la démocratie ou du principe de graphè paranomon

De la démocratie ou du principe de graphè paranómōn

 

Par Saucratès 

 

Istanbul, mardi 6 septembre 2022

 

La France est-elle une démocratie ? Et si cette réponse est «oui», est-il possible d’expliquer comment on peut appeler «démocratie» un régime dans lequel le pouvoir est confisqué par une infime minorité de personnes appartenant à une élite économique, financière, administrative ou nobiliaire, et dans lequel le peuple n’a d’autres choix que d’obéir aux lois et voter une fois l’an pour l’un des cinq gugusses qu’on lui présente pour supposément le représenter ? Et tous ceux qui applaudissent frénétiquement au mot «démocratie», qui agressent aveuglément toute critique de la supposée démocratie française (pour faire simple AMA, POLO, Bokapola ou Lesseps) ne sont-ils pas tout simplement les bénéficiaires de ce système ?

 

Démocratie : Du grec ancien, démos, peuple, et kratos, pouvoir. Ou en conséquence, «du pouvoir du peuple». Il s’agit véritablement à la fois d’un mot fourre-tout, qui englobe tout (après tout, les pays de l’Europe de l’Est du Pacte de Varsovie ne se faisaient-ils pas appeler des «démocraties populaires» alors que les États d’Europe occidentale, liés à l’OTAN, ne se faisaient-ils pas appeler «démocratie parlementaire»), mais aussi de la plus grande invention de l’humanité, qui nous vient dans son acceptation première, de la Grèce Antique, et tout particulièrement de la cité antique d’Athènes. C’est la première civilisation à avoir mis en œuvre une organisation démocratique de la vie publique, entre ses membres, à théoriser le droit de chacun des citoyens de la cité, d’Athènes, à participer à la vie collective, à l’élaboration des lois, aux décisions publiques engageant la vie de tous. 

On a parlé de miracle grec en parlant de cette invention de la démocratie et cela énervait Cornelius Costariadis. Lire Cornelius Costariadis est intéressant, comme la lecture de tous les grands philosophes, parce que cela nous permet de nous placer sur les épaules des géants qui nous ont précédé plutôt que de tenter de réinventer stupidement et péniblement ce que d’autres ont déjà écrit ou pensé avant nous. En effet, selon lui, il faudrait alors parler de miracle pour toutes les autres civilisations qui sont apparues sur Terre depuis l’Antiquité.

 

Au fond, la démocratie athénienne n’est qu’une réinterprétation d’un fond immémoriel de l’humanité que l’on trouve dans toutes les sociétés sans État encore existantes, en Australie ou en Amérique amazonienne, et dans les sociétés archaïques passées, disparues ou assimilées comme les tribus germaniques de l’Antiquité ou la Ligue des Iroquois, de son vrai nom «le peuple de la grande maison».

 

Cette légende, cette histoire ont survécu aux siècles et aux millénaires et nous ont été transmis à nous, européens, leurs descendants, leurs représentants, et tous les peuples que nous avons influencés. 

 

Évidemment, on peut tout dire de la démocratie athénienne, qu’elle ne concernait que les citoyens hommes, mais excluait les femmes et les esclaves. Qu’elle avait inventé ce principe invraisemblable d’élection et de nomination de représentants dont la durée du mandat s’étendait de un jour à une année. Qu’elle avait inventé ce droit invraisemblable du peuple à faire la loi, à proposer des textes de loi au vote de l’assemblée, par tout citoyen. Ce même droit que l’on retrouvait aussi dans les structures démocratiques du «peuple de la grande maison», où, là aussi, les lois, les affaires étudiés par le grand conseil de la Fédération  pouvaient être soumises par n’importe quel membre du «peuple de la grande maison».

Mais il y avait une autre disposition contingente à ce droit octroyé à tout citoyen athénien. Il existait une procédure dite ‘graphè paranómōn’ (en grec ancien γραφὴ παρανόμων). «Cette expression grecque signifie poursuite contre des projets de lois illégaux. Il s’agissait d’une action publique, portant sur un acte présumé contraire à l’intérêt général.»

 

Cornelius Costariadis en parlait de la manière suivante :

 

«Ainsi de la graphè paranomôn, institution très importante et sur laquelle nous reviendrons. Elle est bien connu depuis longtemps (Gustave Glotz fut l’un des premiers à insister sur l’importance de la graphè paranomôn, l’action publique pour Motion illégale, comme frein que la démocratie athénienne s’impose à elle même), mais il a fallu attendre que Moses Finley en parle à nouveau dans son livre sur la démocratie grecque pour que l’on voie clairement à quel point c’est une institution fantastique, fondamentale. De quoi s’agit-il ? Tout citoyen athénien peut proposer une loi à l’Assemblée du peuple, et celle-ci peut éventuellement l’approuver ; mais n’importe quel autre citoyen peut ensuite traîner le citoyen auteur de la proposition devant un tribunal et le faire condamner pour avoir poussé le corps souverain, l’ekklèsia, l’assemblée du peuple, à voter une loi up injuste : voilà la graphè paranomôn. Fantastique vaccination, énigme de la démocratie, de la société autonome ! Le fait etait là, mais personne avant Finley n’en avait vu la signification profonde. On pourrait d’ailleurs ajouter d’autres traits à ceux qu’il indique, et notamment que cette procédure renvoie à une conception explicite de la démocratie comme régime sans aucune norme extérieure à lui-même, en tout cas aucune norme politique législative. Il revient donc aux citoyens non seulement de faire la loi mais de répondre à la question : qu’est-ce qu’une loi juste, une bonne loi ? Et cela sans ouvrir aucun livre sacré ni écouter un prophète - il n’y a pas de prophète. Ni non plus, et c’est très étonnant, consulter l’oracle. On consulte l’oracle de Delphes pour savoir quelles sont les actions qu’il faut ou non entreprendre : organiser une expédition, bâtir une cité, choisir où la bâtir, etc. Mais on n’a jamais eu l’idée de lui demander quelle loi établir. Jamais.»

 

Cornelius Costoriadis, «Ce qui fait la Grèce», Séminaire du 17 novembre 1982.

 
L’institution de la graphè paranómōn est une procédure qui possède de nombreuses autres dispositions, comme par exemple d’engager la responsabilité du président de l’ekklésia pendant une année complète, année pendant laquelle toutes les lois qui auront été votées pourront entraîner sa condamnation, sachant que la peine d’atimie pouvait être prononcée apres trois condamnations pour graphè paranómōn.

 

https://www.frwiki.net/wiki/Graphe_paranomon

 
Bizarrement, nos si belles démocraties parlementaires n’ont jamais proposé ni envisagé de mettre en œuvre une procédure tirée ou inspirée de la graphè paranómōn athénienne. Jamais. Il n’existe rien de tel. La possibilité de poursuivre un ministre devant la cour de justice de la République n’est en rien une procédure ressemblant à la graphè paranómōn, au mieux une pâle interprétation. 

Nos parlementaires peuvent ainsi proposer des lois qui les avantagent eux personnellement ou les groupes de pression, les industriels, les membres de l’élite qui en profiteront ensuite. Ainsi, certains peuvent se faire désigner comme PDG du groupe issu du rapprochement des caisses d’épargne et des banques populaires même si ce même personnage en avait été lui-même le promoteur et l’instigateur lorsqu’il était secrétaire général de l’Élysée, sans qué celui-ci puisse être condamné par la suite. Des entreprises et des banques peuvent faire privatiser des établissements où des entreprises publiques sous l’égide dé gouvernements de gauche ou de droite afin de les faire disparaître ou de s’enrichir immodérément. Un président des riches peut faire disparaître l’impôt sur la fortune au bénéfice des milliardaires qui ont organisé ou permis son élection à la présidence de la République, sans qu’aucune action ne puisse être menée contre ces lois iniques ou illégitimes. 

La seule procédure apte à combattre la prise illégale d’intérêts de toutes ces élites qui nous gouvernent, est justement cette institution qui n’a pratiquement jamais été étudiée, n’a jamais été copiée, n’a jamais été envisagée comme moyen de réguler cette démocratie et ces innombrables dérives. À quand la mise en œuvre de la graphè paranómōn dans la démocratie européenne ou la démocratie française ? À quand la possibilité de faire condamner des hommes politiques et ceux qui cherchent à profiter des modifications des lois, et faire annuler les lois iniques votées au cours de ces dernières mandatures ?

 

 
Saucratès

 

Nota : Le terme ‘graphè’ ou ‘graphai’ (en grec ancien γραφὴ ou γραφαί) qui signifie actions publiques se distingue des «dikai» (δίκαι) qui se rapportent aux actions privées civiles, commerciales ou pénales.

 

A noter que dans ces actions judiciaires, que ce soit des actions privées (dikai) ou publiques (graphai), lorsque le demandeur ou le plaideur échouait à démontrer la faute de son adversaire, il devait donner des dommages ou intérêts. En cas de graphai, «les peines étaient afflictives ou pécuniaires au profit du trésor. S’il y avait acquittement, et que l’accusateur n’avait pas obtenu 1/5ème des voix, il devait payer une amende de 1000 drachmes.»

http://philo-lettres.fr/grec-ancien/justice-athenienne/


11/09/2022
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Espoir en Europe après la demande d’indemnisation polonaise

Espoir en Europe après la demande d’indemnisation polonaise


Ou les allemands et les français vont-ils enfin se rendre compte que l’extension européenne dite UE27 est une aberration historique dont ils doivent au plus vite sortir ?

 

Par Saucratès

 

Istanbul, samedi 3 septembre 2022

 

Il y a de temps à autre de l’espoir dans ce monde, et parfois pas. Parfois, il ne nous reste plus qu’à prier pour que certains groupes, certains partis, n’accèdent jamais au pouvoir et ne disposent jamais d’une majorité parlementaire. Et parfois, on peut penser qu’il y a de l’espoir. 

 

Evidemment, en parlant de ces partis qui ne devaient jamais arriver au pouvoir, je ne pensais pas au Rassemblement National de Marine Le Pen. Ils ne pourront jamais faire pire que les lois iniques votées par la majorité présidentielle de Macron. Je pensais plutôt aux écologistes et à leur idéologie punitive, ségrégationniste, raciste et féministe, telle Sandrine Rousseau et autres féministes, ou aux Insoumis de Jean Luc Mélenchon et autres sbires.

L’intervention de Ségolène Royal sur l’Ukraine fait partie de ces moments d’espoir. Parce qu’il n’y a rien qui m’énerve plus que le temps de parole octroyé au président ukrainien Zelensky par les journaux occidentaux, par les parlements occidentaux. Si les journaux ukrainiens répandaient ses bonnes et vaines paroles, ce serait évidemment normal. Mais les journaux français ? ou anglais ? Les parlements européens ou américains ?

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/09/01/segolene-royal-met-en-doute-les-crimes-de-guerre-commis-en-ukraine-malgre-les-preuves_6139873_823448.html

 

Merci Ségolène d’intervenir sur ce conflit armé dans lequel la France ne devrait pas s’immiscer, pas plus qu’elle ne s’était immiscée dans les conflits d’Europe de l’Est aux temps de la Guerre froide. Que Zelensky disparaisse dans les poubelles de l’histoire ! Mais évidemment, Zelensky joue la partition éculée de la prise d’otage des européens dans son conflit avec la Russie de Poutine, du terrorisme de la peur. L’Ukraine n’était en aucun cas un parangon de vertus avant cette aventure militaire russe. L’Ukraine était liée aux intérêts du clan Biden. L’Ukraine était un havre pour les pirates du cyber espace, et pour le terrorisme informatique. On y trouvait aussi une mafia qui avait des ramifications jusqu’aux Etats-Unis. Et les Etats-Unis ont la fâcheuse habitude d’élire des présidents liés à la mafia qu’ils parent des plus grandes vertus. 

 

Un autre moment d’espoir est né avec la demande d’indemnisation présentée par la Pologne à l’Allemagne. J’y vois la fin de cette aberration intellectuelle et politique que constitue l’UE27, cette Union européenne à 27 Etats qui n’a aujourd’hui plus aucun sens. 

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/01/la-pologne-veut-negocier-avec-berlin-des-reparations-pour-les-pertes-liees-a-la-seconde-guerre-mondiale-qu-elle-estime-a-1-300-milliards-d-euros_6139858_3210.html

 

La Pologne veut donc 1.300 milliards d’euros pour l’indemniser des pertes et des morts de la seconde guerre mondiale. La France et l’Allemagne, sous Adenauer et le Général de Gaulle, ont mis en œuvre la construction européenne pour mettre fin aux cycles de guerre, de vengeance et de revanche des européens. La CECA d’abord, la communauté européenne du charbon et de l’acier, qui regroupait initialement 6 pays européens dont la France, l’Italie et l’Allemagne, trois des principaux pays belligérants de la première et de la seconde guerre mondiale, puis la construction européenne elle-même, qui s’est ensuite ouvert à 9 États européens, puis 12, puis 15, puis …

 

Mais la Pologne n’a rien à voir avec cela. Ces pays-là ont choisi d’adhérer à l’Union européenne par opportunisme financier ou économique ; ils n’ont rien à voir avec sa philosophie, rien à foutre de l’Europe, rien à voir avec la sauvegarde de la paix en Europe. L’erreur gravissime a été d’ouvrir l’Europe aux pays d’Europe de l’Est, de l’étendre. Et la grande erreur sera de l’étendre demain à l’Ukraine, comme de l’étendre à la Turquie ou aux pays du Maghreb. Que l’Allemagne vote l’intégration de l’Ukraine dans l’Union Européenne, et dans quelques décennies, elle se verra aussi demander le versement de réparation pour la seconde guerre mondiale. 

 
Il n’y a qu’une réponse à cette demande d’indemnisation polonaise demandée à l’Allemagne. Le départ de l’Allemagne et de la France, et des pays limitrophes, de l’UE27. Cette structure folle qui réglemente la teneur en cacao du chocolat et toutes les choses importantes ou stupides de notre économie et de notre vie. Nous devons l’exemple de l’Angleterre. La France et l’Allemagne n’ont plus rien à faire dans l’UE. Il leur faut reconstituer la CECA des débuts, une véritable construction européenne fédéraliste qui ne devra plus penser à s’étendre aux pays limitrophes étrangers à notre sens de la démocratie, à nos valeurs occidentales. Que l’UE27 qui sortira de cette scission voit si elle peut survivre sans les pays qui l’ont fondée, qui constituaient son cœur. Ils n’auront qu’à récupérer la bureaucratie inutile de l’administration européenne bruxelloise ... s’ils arrivent à les payer …

 

Il y a de l’espoir, si les européens, les allemands ouvrent enfin les yeux sur la stupidité de cette ouverture de l’Europe et de cette construction abracadabrentesque europénao-administrative.

 

 

Saucratès


03/09/2022
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L’écologie comme idéologie punitive

L’écologie comme idéologie punitive, totalitaire et raciste

 

Par Saucratès 

 

Istanbul, samedi 3 septembre 2022


Les valeurs du parti et du parti Europe Ecologie Les Verts ne sont décidément pas miscibles dans les valeurs de la démocratie et de la République française. Et notamment celles citées dans l’article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 : «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.»

 

Et l’article quatre de cette même Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 précise : «La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.»

 

De même que l’article dix : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.» Ou l’article onze : «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.»

 

Enfin, on trouve aussi l’article cinq de cette déclaration : «La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.»

 

L’écologie, telle que la pratique le parti EELV et ses députés telle Sandrine Rousseau, ou les Insoumises ou Insoumis telle Clémentine Autain, n’est pas démocratique. C’est une idéologie ! Cette écologie punitive est une idéologie au même titre que le fascisme, le nazisme ou le communisme. Le nazisme comme le communisme étaient construits sur l’adoration d’un homme, Adolf Hitler ou Karl Marx et/ou Lénine. Le nazisme reposait aussi sur la supériorité de la race arienne. L’écologie punitive se base pour sa part sur un certain nombre de diktats politiques concernant la nocivité pour la planète de telles ou telles pratiques ou habitudes, en fonction des us, coutumes, pratiques de quelques dictateurs auto-déclarés. Les hommes hétérosexuels sont des dangers publics et des Cro-Magnon nocifs pour la planète et les femmes. 

 

Et maintenant, ils en arrivent à vouloir réglementer ce que les hommes et les femmes mangent dans leur assiette, ou plutôt ce que les hommes mangent de plus que les femmes. Les hommes de Cro-Magnon sont donc coupables selon la député EELV Sandrine Rousseau de manger de plus gros steaks de boeuf que les femmes, ou bien d’être des spécialistes de la cuisson sur des barbecues (BBQ). À quand une loi pour réglementer la portion de viande de bœuf   (ou d’agneau) que l’on sera autorisé à manger ? Ou bien interdisant pour un homme de manger plus qu’une femme ? A quand l’obligation de changer de sexe pour tous les hommes, afin de devenir des femmes afin de moins manger ?

 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/09/01/sandrine-rousseau-et-l-entrecote-symbole-de-virilite-les-faits-derriere-la-polemique_6139857_4355770.html

 

Mais ces gens sont plus que agressifs ! Ces gens sont dangereux ! Ce sont les premiers à critiquer les stéréotypes lorsqu’ils ou elles se sentent concerné.es, mais ce sont aussi les premiers consommateurs et producteurs de ces stéréotypes, qu’ils autorisent et adorent dès lors qu’ils ne les visent pas eux, mais visent les autres, ceux qui ne pensent pas comme EELV. Parce qu’en fait, leurs stéréotypes punitifs visent non seulement les hommes mais aussi les femmes, ravalées au stade d’une certaine de comportement moyen. 

 

https://www.valeursactuelles.com/politique/sandrine-rousseau-il-faut-changer-de-mentalite-pour-que-manger-une-entrecote-cuite-sur-un-barbecue-ne-soit-plus-un-symbole-de-virilite

 

La député Sandrine Rousseau, c’est également la même qui estime qu’en fonction de ta couleur de peau ou ton orientation sexuelle, tu mérites d’être caricaturé ou bien tu ne dois surtout pas être caricaturé (si tu es une personne noire ou une personne LGBT). En clair, seuls les blancs et les blanches hétérosexuels devraient être caricaturés. L’écologie est donc pour conclure une idéologie raciste et racialiste ! Et des français votent pour ces gens-là ?

 

https://www.valeursactuelles.com/politique/video-cest-tres-humiliant-pour-sandrine-rousseau-il-ne-faut-pas-caricaturer-les-personnes-noires-et-lgbt

 
Accessoirement, Europe Ecologie Les Verts, c’est aussi le parti politique qui veut considérer tous les véhicules SUV de plus d’une tonne cinq comme des poids-lourds, avec des vitesses sur autoroutes limitées à 90 kilomètres-heure, en France. Ils pourront donc rouler à des vitesses illimitées en Allemagne, et à 90 kilomètres-heure en France. Vive l’écologie politique punitive et leurs lubies extrémistes !

 

https://www.automobile-propre.com/breves/limiter-les-suv-a-90-km-h-sur-autoroute-letrange-proposition-des-verts/

 

 

Saucratès 


02/09/2022
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