Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Débat sur les retraites (1)

 

Réflexion cinq (17 mai 2010)
Quelles seront les réactions des organisations syndicales françaises face aux propositions de réforme des régimes de retraites présentées par le gouvernement ?...

Le projet présenté hier par le gouvernement aux organisations syndicales paraît à l'évidence relativement équilibré, entre d'une part une cotisation supplémentaire supportée par les plus hauts revenus et par les revenus du capital, qui échappera par ailleurs au si contesté bouclier fiscal (malgré les allégations passées des membres du gouvernement selon lesquels un parapluie qui laisse passer les gouttes n'est plus un parapluie ou un bouclier) ... et d'autre part un allongement mesuré de la durée de cotisations, qui me semble malgré tout obligatoire et indispensable pour les actuelles jeunes générations (dont je fais encore partie) ...

Evidemment, ce projet heurtera de front tous les français qui la cinquantaine à peine passée (parfois même avant) n'aspirent déjà plus qu'à une seule chose : partir à la retraite en estimant avoir déjà largement assez travaillé ! Et il me semble presque inévitable que tous les syndicats de salariés vont combattre ce projet de texte d'orientation en appelant à des mouvements de grève nationaux pour infléchir la politique du gouvernement ...

Le plus intéressant dans cette affaire sera de regarder l'argumentaire qui sera opposé au gouvernement. En instituant une taxe sur les plus hauts revenus et en l'excluant du bouclier fiscal, le gouvernement aura retiré aux organisations syndicales de salariés leur principal argument contre le projet. Il ne restera plus à des organisations syndicales qui dans les faits ne peuvent accepter un recul de l'âge de départ en retraite des salariés face à une base syndicale qui rêverait de pouvoir partir bien avant soixante ans, même si cette position est mortellement dangereuse pour notre système de retraite qui implosera si rien n'est fait, que d'attaquer aveuglement sur des arguments bidons et totalement subjectifs.

Les entreprises seront vraisemblablement attaquées par les syndicats puisque le gouvernement les épargne dans ce projet de texte d'orientation ... Les principales fautives du problème des retraites et du chômage selon les organisations syndicales (même si les entreprises sont avant tout les principales pourvoyeuses d'emplois dans notre système économique capitaliste ainsi que les principales sources de croissance et de recettes budgétaires) ne pourront pas éviter d'être mises à l'encan par des syndicalistes obtus et archaïques ...

La mesure de taxation des hauts revenus sera évidemment également attaquée par les uns ou les autres sur son obligatoire (à ce stade) imprécision ... Quels revenus ? Quel taux de taxation ? Quelle importance des produits attendus ? Gageons que les revenus concernés seront vraisemblablement concernés comme trop bas, puisque les personnes concernées ne se considérerons pas comme appartenant aux hauts revenus mais qu'en sens inverse les syndicats considéreront que les taux seront aussi trop faibles ... La difficulté de la quadrature du cercle ... Si on pouvait estampiller des gens dans ce pays comme d'horribles capitalistes que l'on pourrait pressurer à souhait, ce serait tellement plus simple !

Quelle organisation syndicale, mais aussi quel parti politique de gauche, auront-ils le courage de se déclarer favorable à un allongement important de la durée de la cotisation et de l'âge de départ en retraite ? Certains croient-ils encore que les français pourront partir durablement en retraite à 60 ans et passer pratiquement autant d'années en retraite (jusqu'à 90 ans) qu'ils en ont passé à travailler ... sans que le financement de leur retraite ne repose sur les frêles épaules de leurs enfants ? La France ne serait-elle qu'un pays de parents profiteurs et égoïstes, sur le dos de leurs propres enfants ?

... Je n'avais pas tord !...
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/05/17/reactions-au-texte-d-orientation-du-gouvernement-sur-la-reforme-des-retraites_1352633_3224.html
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/05/17/retraites-le-gouvernement-entretient-le-flou-sur-la-taxation-du-capital_1353082_823448.html

Au fait, que pensent les jeunes lycéens, étudiants et salariés de moins de 25 ans de la question des retraites ? Tout en sachant que cette tranche d'âge n'est absolument pas représentée dans les syndicats, et encore moins parmi les décideurs syndicaux ... Ce serait peut-être intéressant de faire une réforme des retraites (ou une contestation de cette réforme) qui tienne compte de leur opinion ; eux qui seront les financeurs des retraites de demain et d'après demain ...

 

 

Réflexion quatre (26 avril 2010)
Le problème du déficit du régime des retraites ...


Les membres du Conseil d'orientation des retraites, appartenant au patronat et aux syndicats, ont reçu récemment des documents intéressants sur l'évolution des équilibres des régimes de retraite au cours des prochaines décennies. Ces prévisions reposent d'abord sur trois scénariis alternatifs, pour lesquels les résultats obtenus en matière de déficit sont relativement différents.

a) Le premier scénario optimiste envisage un taux de chômage inférieur à 7% de la population active dès 2014 (soit dans quatre ans) et de 4,5% à partir de 2020. La productivité du travail, moteur de la croissance, augmenterait de 1,8% par an à long terme.
b) Le deuxième scénario médian reprend les mêmes hypothèses pour le taux de chômage que le premier scénario mais retient une productivité du travail inférieure de 1,6% par an après 2020 (ce scénario permet de déterminer l'influence de ce simple facteur sur l'évolution des équilibres des retraites).
c) Le troisième scénario, le plus pessimiste, prévoit un chômage qui demeurerait proche de 8% entre 2014 et 2020 et de 7% ultérieurement. La productivité du travail n'y progresserait que de 1,5% par an (ce dernier scénario paraît en fait extrêmement probable, en légère amélioration même par rapport aux décennies passées).

La présidente du Medef a jugé ces scénariis trop optimistes. Il est clair que seul le troisième scénario paraît à peu près cohérent avec la situation actuelle et passé du marché du travail. Après avoir connu plusieurs décennies en France de chômage de masse, il serait extrêmement surprenant que l'on réussisse à revenir dès 2020 à une situation de quasi plein-emploi avec un taux de chômage de l'ordre de 4,5%, même si on anticipe dans les prochaines années le départ à la retraite des classes d'âge issues du baby boom. Comme Laurence Parisot, il me semble qu'un scénario reposant sur une hypothèse de chômage entre 8 et 10% de la population active jusqu'en 2020 voire après ne serait pas particulièrement pessimiste. En effet, les personnes écartées ces dernières années des statistiques du chômage ne sont pas réellement en activité continue. Les classes d'âge issues du baby boom sont déjà pour une bonne partie en pré-retraite et l'appel d'air sur le marché de l'emploi risque de ne pas être si sensible. Ce n'est pas encore demain que les entreprises viendront chercher les étudiants sur les campus pour les embaucher. Enfin, l'appel à la main d'oeuvre étrangère et les courants migratoires risquent de maintenir un fort taux de chômage pendant encore pas mal d'années en France, je le crains.

Ces trois scénarios ont permis de chiffrer les besoins de financement des régimes de retraite jusqu'en 2050. Les chiffres présentés au COR sont sans appel. En 2010, le déficit annuel des régimes de retraite atteignait 32,2 milliards d'euros. Dans le scénario le plus optimiste, il atteindrait annuellement 71,6 milliards d'euros en 2050, et 114,4 milliards d'euros dans le scénario le plus pessimiste.

Toute la question est de savoir si de tels niveaux de déficits sont supportables. Ou si comme le martèlent les organisations syndicales, on peut les couvrir en imposant d'autres revenus que ceux du travail ou d'autres bases de financement que les salaires. Les documents transmis au COR présentent l'intérêt d'étudier différentes pistes pour combler ces déficits. Trois variables peuvent en effet être actionnées pour diminuer les déficits : l'âge de départ à la retraite, les taux de prélèvements, la diminution des pensions.

1) En jouant uniquement sur l'âge de départ à la retraite, il faudrait augmenter l'âge moyen de départ à la retraite de 5 ans d'ici à 2020 pour revenir à l'équilibre dans le cas du scénario le plus optimiste (et peu réaliste, surtout avec un report des départs en retraite). Le report nécessaire atteindrait 7 ans et demi pour 2030 et 10 ans pour 2050.
2) En jouant uniquement sur le niveau des prélèvements, il faudrait les augmenter de 8 points à l'horizon 2030, en plus des 28,8 points de prélèvements actuels sur les salaires bruts.
3) En jouant uniquement sur le niveau des pensions, il faudrait baisser le niveau des pensions par rapport aux revenus d'activité de 30% d'ici à 2030 pour combler les déficits.

Que peut-on déduire de tout cela ? Les déficits des régimes de retraite sont premièrement un vrai problème, que l'on ne peut ni ignorer, ni laisser perdurer. Deuxièmement, il semble fort probable que l'on sera obligé d'aller vers un panachage des trois types de mesures (report de l'âge de départ en retraite, hausse des prélèvements, baisse des taux de remplacement des retraites) pour arriver à un système supportable et acceptable par une petite majorité.

Troisièmement, il y a néanmoins un problème grave en France autour de l'âge de départ à la retraite, puisqu'un grand nombre de français ne pensent qu'à partir en retraite bien avant d'avoir atteint soixante ans, le plus souvent à peu près à partir de cinquante ans en fait, alors que tous les états européens voisins ont fixé maintenant l'âge de départ à la retraite entre 65 ans et 67 ans (cas de l'Allemagne ou de l'Espagne entre autres) sans que cela ne fasse l'objet de grands débats ou de manifestations monstres (seule la Grèce est touchée par de telles manifestations syndicales pour combattre les mesures de redressement alors que pourtant l'Etat grec est pratiquement en faillite).

Peut-on aujourd'hui envisager de partir en retraite à 60 ans en sachant que ce sont nos enfants d'une dizaine ou d'une vingtaine d'années qui subiront les conséquences de notre égoïsme actuel et de notre refus de continuer à travailler quelques années de plus pour permettre le maintien de ce système ?... Tout ceci pour déclamer qu'il faut plus imposer les revenus du capital et les autres sources de valeur ajoutée des entreprises !

Peut-on également se répandre dans la presse sur la misère des pauvres retraités, obligés de se nourrir dans les poubelles, alors que ces mêmes personnes ne songent qu'à partir le plus tôt possible en retraite, à quelques conditions que ce soit, même avec des retraites minorées extrêmement basses ?  

Selon moi, tout ceci n'est pas possible. Il faut prendre des choix courageux (et impopulaires) immédiats de façon à ce que l'effort soit partagé par tous ! Une génération sera forcément sacrifiée ; des personnes qui pensaient pouvoir partir à 60 ans et qui devront travailler jusqu'à 65 ans ... Mais je préfère que ce soit le plus tôt possible, plutôt que de voir mes enfants devoir travailler jusqu'à 80 ans pour payer ma retraite ...

(nota : pour ce post, je me suis servi d'un article des Echos)
http://www.lesechos.fr/info/france/020475642754-la-crise-a-accru-de-plus-de-20-milliards-d-euros-les-besoins-de-financement-pour-les-retraites.htm


Réflexion trois (30 octobre 2007)
De la légitimité d'une réforme des régimes spéciaux de retraite ?


Si je me réfère à mon argument d'hier ... est-il encore possible aujourd'hui, de partir à la retraite dès 55 ans, voire à 60 ans ?... on peut en déduire qu'une réforme des régimes spéciaux de retraite est absolument indispensable et moralement justifiable ...

Mais en même temps, ce débat est plus large que ce seul aspect des régimes spéciaux de retraite. Comme le rappelait Pascal Gobry dans un point de vue publié dans le journal Le Monde le 18 octobre dernier, les régimes de retraite sont de simples salaires indirects, et nul au gouvernement n'a jamais songé à imposer une égalité des rémunérations entre les diverses entreprises. « ... si l'on accepte que les salaires soient différents d'une entreprise à l'autre, pourquoi les retraites devraient-elles être alignées ?... » Evidemment, Pascal Gobry n'argumentait pas sur cet élément de réflexion, mais insistait au contraire sur le fait que ces retraites n'étaient pas financées sur les salaires des salariés des anciens monopoles publics, mais au contraire payées par les usagers des divers services publics. Mais cet argumentation de Gobry est sans intérêt. Dans toutes les entreprises du privé, les salaires et les cotisations de retraite sont également réellement réglés par les consommateurs de leurs produits (que ce soit à IBM, chez Danone ou chez le boulanger du village). En suivant cet argumentation, on en viendrait alors à rechercher les plus bas salaires possibles, donc à délocaliser toutes les entreprises à la recherche du moins-disant social.

Mais, pour en revenir à cette notion importante de salaire indirect, il faut imaginer que ces régimes spéciaux de retraite correspondent à un 'contrat social' interne à ces entreprises publiques, à un équilibre entre rémunération immédiate, avantage sociaux et retraite future. On rentre à EDF pour son comité d'entreprise, dans les banques pour les rémunérations, les nombreux mois de salaires et les prêts avantageux, à la SNCF pour sa retraite, dans des compagnies aériennes pour voyager à des tarifs intéressants, dans la fonction publique pour la garantie de l'emploi et dans l'enseignement pour les congés scolaires. Mais dans ces entreprises ou administrations, il y a également des inconvénients ... souvent en terme de niveaux de rémunération ou de potentiel de carrière.

De la sorte, peut-on réformer à la hussarde ces régimes spéciaux de retraite, en affirmant que cette réforme doit être déconnectée d'une réforme complète des niveaux de rémunération et de carrière dans ces entreprises publiques ? Cela semble beaucoup moins facile à affirmer.

Il y a évidemment un besoin de réformer tous les régimes de retraite, mais pas à n'importe quel prix, et sans oublier que ces régimes de retraite font partie d'un 'tout social' ... le coût pour les générations futures des retraites qui seront à payer n'étant que la contrepartie d'une insuffisante rémunération des générations actuelles de cheminots, de militaires, d'électriciens ou de gaziers. Il s'agit en quelque sorte d'un transfert sur les générations futures de charges actuelles, ce que sont réellement l'ensemble des régimes de retraite par répartition lorsqu'ils ne disposent pas de réserves financières couvrant les droits futurs de leurs cotisants.

La réforme voulue des régimes de retraite par les gouvernements de droite successifs qui se sont succédés depuis 2002 perdent ainsi beaucoup de son intérêt et de sa force ... Il ne s'agit plus alors de sauver les régimes de retraite en s'attaquant notamment aux régimes spéciaux non encore touchés jusqu'à présent par les réformes successives, mais simplement de diminuer les retraites d'une partie des citoyens de ce pays (en sachant que les régimes de retraite d'une minorité massivement riche ou puissante ne sont pas touchés) pour que le coût en soit supportable quelques années de plus.

Le débat actuel en devient alors beaucoup moins important.


Réflexion deux (29 octobre 2007)
De la légitimité de la contestation de la réforme des régimes spéciaux de retraite ?


Selon toute vraisemblance, il y a un risque non nul que le public n'adhère absolument pas aux prochains mouvements de grève enclenchés par les employés de certaines entreprises publiques françaises et par le corps des fonctionnaires. En effet, ces grèves ne présentent aucun caractère commun ou fédérateur au-delà de ces catégories de citoyens. La défense des régimes spéciaux de retraite des cheminots ou des gaziers, parmi d'autres, ne s'étendra pas aux autres catégories de travailleurs, même si certains syndicats promettent, à mots couverts, de poursuivre ensuite la contestation pour faire annuler la précédente réforme des régimes de retraite du privé prise sous le gouvernement Raffarin, qui avait soigneusement évité de toucher aux régimes spéciaux de retraites. De même, les grèves pour contester les insuffisantes augmentations des rémunérations de fonctionnaires ne concerneront personne à part les fonctionnaires eux-mêmes.

Le public adhère même plutôt favorablement à l'argumentation du gouvernement de généraliser les efforts demandés à l'ensemble des futurs retraités. D'une certaine façon, nous avons tous été trompés par le gouvernement, qui s'est d'abord attaqué au régime général des retraites, sans toucher aux régimes spéciaux ni aux régimes des fonctionnaires, faisant augmenter les durées de cotisation des seuls travailleurs du privé. Puis, un autre gouvernement de droite s'est ensuite attaqué au régime de retraite des fonctionnaires, en soulignant la nécessité de généraliser les efforts demandés au privé, avec l'accord de certains syndicats qui ont obtenu en échange certaines avancées pour les salariés du privé. Et aujourd'hui enfin, cette réforme est également imposée aux régimes spéciaux de retraite, auxquels on demande de se rapprocher du régime de la fonction publique, déjà réformé. On en revient ainsi, douze ans plus tard, à la même situation qu'en 1995, mais avec de plus grandes chances de réussir cette réforme, après avoir séparé les divers bénéficiaires possibles, et en ayant créé cet argumentaire du partage des efforts demandés à tous les français (sauf aux grands patrons, aux ministres et aux députés ...).

Est-il légitime pour ces employés bénéficiaires de régimes spéciaux de retraite, de contester dans la rue et par la grève la réforme que le gouvernement veut conduire ? Le droit de grève est inscrit dans la Constitution et il s'agit d'un droit fondamental et inaliénable. Mais en même temps, est-il encore possible aujourd'hui, de partir à la retraite dès 55 ans, voire à 60 ans ? Nos enfants pourront-ils toujours continuer à cotiser pour payer nos retraites, sans savoir si ce régime par répartition continuera encore de fonctionner lorsqu'ils atteindront eux-mêmes l'âge de partir en retraite ? C'est le seul argument que j'entends et accepte. Ne vaut-il pas mieux réformer dès maintenant nos régimes de retraite en repoussant rapidement nos dates de départ en retraite, pour qu'ils puissent se maintenir le plus longtemps possible, au coût le moins élevé possible pour nous, nos enfants et nos petits-enfants ? Je ne partirais pas à la retraite à 60 ans, plus vraisemblablement vers 65 ans ou après. Evidemment, il n'est pas évident de continuer à travailler jusqu'à un tel âge, même lorsque l'on a la chance d'être encore salarié. Et pourtant quelques grands patrons n'ont aucun problème à demeurer en activité jusqu'à 65 ans, en pleine possession de leurs moyens physiques et intellectuels ...


Réflexion une (28 octobre 2007)
Quelques éléments sur la contestation de la réforme des régimes spéciaux de retraite ?


Nous sommes de nouveau rentrés dans une période de conflits sociaux nationaux, entre des syndicats et des salariés qui veulent se mesurer à un gouvernement de droite, et un gouvernement libéral qui entend réformer de manière croissante le fonctionnement du marché du travail.

Cette situation n'est pas nouvelle puisqu'elle a déjà été observée notamment en 1995 (le plan Juppé) et en 2006 (le CPE), mais elle voit pour la première fois des organisations syndicales désormais plutôt classées à la gauche de l'échiquier politique affronter le gouvernement de Nicolas Sarkozy et son discours extrêmiste en matière sociale.

De part et d'autre, les intervenants ont des responsabilités dans ce conflit prévisible. Les syndicats cherchent depuis au moins un semestre de bonnes raisons pour faire adhérer leur base à une contestation du gouvernement Sarkozy. Pour certains syndicats gauchistes (CGT, Sud), il s'agit même d'une occasion de lancer le troisième tour social pour faire tomber ce gouvernement issu des élections de mai et juin 2007.

De son côté, Nicolas Sarkozy et son premier ministre ont lancé successivement de nombreuses réformes et préparé le mécontentement de fractions importantes du corps social français (droit de grève, franchises médicales, régimes spéciaux, retraite supplémentaire, diminution du nombre de fonctionnaires, absence de revalorisations ...).

Les français sont-ils actuellement prêt à affronter un long conflit social qui affecterait les transports publics et l'enseignement au cours des prochaines semaines ? Sont-ils prêts à prendre parti pour les grèvistes ; cette forme de grève par procuration qui fait la force des syndicats français et des salariés des entreprises publiques à régime protégé ?


Saucratès



02/11/2010
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