Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Des monstres - La noirceur de l'âme humaine (1)

Réflexion six (4 novembre 2009)
Naît-on 'monstre' ou choisit-on de devenir un 'monstre' ?


Connaissance me posait une question intéressante. Il m'interrogeait pour savoir sur ce que serait ma position si moi-même était un de ses 'monstres', si j'étais né 'monstre' ? Serais-je dans ce cas toujours partisan de la peine de mort à mon encontre ? Mais la question est avant tout de savoir si on naît effectivement monstre, si on le devient à notre corps défendant, sans que l'on puisse avoir de libre-arbitre, si c'est une forme de maladie, de tarre ... ou si au contraire, on choisit de devenir un 'monstre', s'il s'agit d'un choix conscient, d'un choix volontaire, d'une décision individuel ... Et, dans ce dernier cas, la société ne doit pas seulement se protéger de ses personnes en les considérant comme non responsables de leurs actes, mais elle doit au contraire les châtier à la mesure de leur crime.

Je suis persuadé que ces 'monstres', Fourniret, Pierrot le fou, Evrard, Cruz ... ont choisi volontairement et consciemment de laisser libre court à leurs pires instincts, pulsions, dépravations ... Il ne me semblerait pas impossible d'affirmer qu'une majorité des hommes de cette planète ont des pulsions ou des fantasmes sexuels, plus ou moins incorrectes, au regard des normes sociétales, pas forcément sur les petits garçons, mais plus certainement à l'égard des femmes qu'ils connaissent ou rencontrent. Et pourtant, l'immense majorité des hommes de cette planète ne donnent jamais libre court à leurs fantasmes ou pulsions sexuels, qui demeurent à l'état de simples envies, d'idées répugnantes ou de probabilités improbables.

Ce n'est que face à de tels évènements, face à la possibilité de réalisation d'un tel fantasme, que tel ou tel homme saura s'il demeurera un homme civilisé ou s'il laissera place à l'animal, la bête qui sommeille peut-être encore en lui. Et les guerres nous apprennent que placés dans de telles situations, devant la disparition des lois sociales, avec des armes dans les mains comme à l'époque néanderthale, face à des femmes considérées comme des ennemis, comme le ventre féminin des ennemis, de nombreux hommes se transforment en 'monstres', dès lors qu'ils croient qu'ils ne seront pas découverts ni jugés. Les guerres récentes ou anciennes sont pleines de ces épisodes, de ces actes immoraux à l'égard des femmes adverses ... C'est le propre de la guerre ; faire basculer des hommes dans de telles circonstances, où leurs pires instincts se réveillent.

Mais toujours, ces hommes ont un choix de demeurer humain ou de se comporter comme des bêtes. Ils ne sont pas plus malades que ces 'monstres' que notre justice juge parfois. Ils ne sont pas plus malades que les autres hommes, ceux que l'on appelle parfois 'justes', ou ceux qui demeurent simplement des 'hommes', sans se laisser dominer par leurs fantasmes, leurs pulsions, leurs désirs sexuels ... Les autres, ces 'monstres', ne sont pas vraiment différents de nous ? On ne naît pas 'monstre'. Ils ne sont pas nés 'monstres' contre leur volonté ... Ils ont simplement au contraire choisi de ne pas combattre leurs pires instincts et de se soumettre et de profiter de leurs pulsions ...

Est-on ou non responsable de ses pulsions et surtout de ses passages à l'acte ? N'est-ce pas trop simple de se réfugier derrière la maladie. Le primate et la brute sommeillent en tant de nous, près à se réveiller dès lors que le vernis craque, que les lois de la société se délitent à la faveur d'une guerre, que le risque d'être pris et jugé diminue ... Tant d'entre nous se laisseraient si facilement tenter par les actes que ces monstres s'autorisent si le risque d'être pris n'existait pas ... Sommes-nous tous malades, nous les hommes, ou au contraire ces monstres ne sont-ils pas tout simplement pas plus malades que nous, seulement plus incapables de maîtriser leurs pulsions ?

C'est la morale qui sert de protection, de rempart face à la monstruosité, face aux pulsions, face aux passages à l'acte, face à nos pires instincts C'est la morale et notre éducation d'être humain, d'être civilisé, d'homme ... Dans nos sociétés occidentales, les pulsions et les violences ne sont pas véhiculées par les religions officielles ni par la société, même si elles s'apprennent aux marges de nos sociétés, dans les zones de non-droit et de non-éducation. C'est notre morale et notre éducation qui devraient nous interdire le viol de personnes physiquement moins forte que nous, que ce soit en raison de notre âge, de notre force ou de notre nombre. C'est la morale et notre éducation qui devraient nous interdire les violences et le meurtre. C'est la morale et notre éducation qui devraient nous interdire les attentats suicide et les attentats terroristes, qui dispensent la mort sans compter. Mais face à la monstruosité, face au meurtre, face au viol d'êtres faibles et sans protection, la morale et notre éducation nous interdisent de demander la mort, et ceci est peut-être une faute de notre organisation sociale, d'être incapable de répondre par la seule action qui serait compréhensible par de tels êtres 'monstrueux'.

Et en appeler à la justice privée, à la loi du Talion dispensées par nous-mêmes, qui sommes justement trop policés, trop bien éduqués pour agir dans le cadre de la violence, n'est-ce pas aberrant et invraisemblable ? Dans la nature, les loups ne craignent pas la révolte des moutons, ni les lions et les chacals celle des antilopes. Les faibles ont toujours peur des 'monstres', des violents, des forts. La société et la loi ont justement été fondées dans cette optique ; l'instrumentalisation de la violence dans le cadre de la loi, pour défendre les plus faibles des plus forts ... à moins que ce ne soit le contraire ... pour instrumentaliser, pour rendre légitime, la force et la domination des forts sur la masse des faibles ...


Réflexion cinq (30 octobre 2009)
Quelle justice possible pour le petit Enis et sa famille, face au violeur (présumé !) Francis Evrard ?

Les évènements s'étaient déroulés à Roubaix, au mois d'août 2007. Francis Evrard, âgé de 61 ans à l'époque des faits, un âge où tout homme normalement constitué devrait se comporter comme un grand-père, surtout à l'égard d'un enfant de 5 ans comme le petit Enis ... Mais Francis Evrard avait déjà été condamné à trois reprises depuis 1975 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineurs. Il avait été libéré le 2 juillet 2007 de la prison de Caen après avoir purgé 20 ans de détention au titre de sa dernière peine. Il a enlevé Enis le 15 août suivant lors d'une braderie à Roubaix pour l'emmener dans un garage fermé de la ville où il est accusé de lui avoir fait subir des violences sexuelles.

Certains, dont Francis Evrard et son avocat, mettent en cause l'administration pénitentiaire pour ne pas l'avoir suivi psychologiquement à la suite de sa libération et l'avoir abandonné face à ses 'pulsions' pédophiles. Mais que peut la justice ou l'administration pénitentiaire face à un monstre tel Francis Evrard, qui se fait prescrire du Viagra à sa sortie de prison ! 

Francis Evrard encourt désormais la réclusion criminelle à perpétuité. Mais que signifie cette peine face à une telle dépravation ? Face à de tels monstres, la réponse policée et 'humaine' de la société occidentale bien-pensante arrive face un mur confrontée à ces contradictions. Face à des monstres qui ne respectent aucune loi et aucun interdit, qui tuent et violent impunément femmes et enfants pour satisfaire leurs plus bas instincts, leurs plus basses pulsions, leurs plus bas plaisirs immédiats, la justice modérée et humaine n'apporte plus aucune réponse censée. Ces monstres se sentent encouragés à agir de la sorte par une société permissive.

Quelle réponse peut être apportée par une démocratie censée défendre ses membres face au comportement de tels monstres ? L'enfermement à vie définitif des plus dangereux criminels et l'élimination physique de ces monstres me semblent la seule réponse possible, comme c'est le cas aux Etats-Unis. Ce serait en tout cas la seule réponse que des monstres tels Francis Evrard, Manuel da Cruz, Pierre Bodein, parmi quelques autres meurtriers violeurs ou pédophiles, pourraient entendre et comprendre. Je me demande ce qu'en pense, non pas Anna dont je connais la position très laxiste (la faute à la société et non pas à ces braves gens), mais le père du petit Enis, qui comme je l'aurais fait dans la même situation, a menacé au cours du procès de tuer lui-même le violeur (présumé) de son enfant lorsque celui-ci a proclamé que le petit Enis n'avait subi aucun préjudice physique.

C'est la question que devraient aborder les parlementaires français en proposant de rétablir la peine de mort en France à l'encontre des pires de ces meurtriers récidivistes.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/29/evrard-predateur-incurable-selon-les-experts_1260449_3224.html

(Nota. Le pire est peut-être de penser que si le père du pétit Enis se faisait justice lui-même, en tuant le violeur présumé de son enfant, Francis Evrard, qu'il ait été condamné ou non par la justice française, il serait poursuivi pour assassinat, condamné et jeté en prison, malgré le fait qu'il pourrait peut-être par son geste sauver ultérieurement les prochaines victimes de Francis Evrard ... de même que Marie Christine Hodeau serait aujourd'hui probablement encore en vie si Manuel da Cruz ou Pierre Bodein avit été abattu par un des proches de ses précédentes victimes. L'impunité dont bénéficient les détraqués et les gansters en France pourrait ainsi pousser leurs victimes ou leurs proches à se faire justice eux-mêmes. De la même manière, je trouve qu'il est aberrant qu'une victime comme le commerçant René Dahan, âgé de 58 ans, soit poursuivi pour assassinat devant une cour d'assise pour la mort d'un cambrioleur, qui l'avait, lui et sa femme, agressé en 2006 chez lui à Nogent-sur-Marne. La loi du Talion devrait fonder la justice humaine.)


Réflexion quatre (1er octobre 2009)
Nouveau meurtre d'une femme dans l'Essonne attribué à un condamné récemment libéré précédemment condamné pour viol et séquestration ...


Elle s'appelait Marie Christine Hodeau. Elle était âgée de 42 ans. On connaît peu de choses d'elle. Mais elle a été assassinée et violentée lundi dernier, dans l'Essonne, en France. Elle était partie courir à Oncy-sur-Ecole. Avant de mourir, elle a pu appeler la gendarmerie du coffre de la voiture où son ravisseur l'avait jetée. Son assassin présumé serait Manuel da Cruz, âgé de 47 ans, marié, père de quatre enfants, qui a reconnu les faits et a conduit les enquêteurs jusqu'au lieu où le corps de Marie Christine Houdeau a été retrouvé, enfoui dans un trou, recouvert de branchages.
http://www.closermag.fr/actualite/view/142153/Histoires-Vecues/Dernieres-News/Enlevement-et-meurtre-de-la-joggeuse-le-suspect-a-avoue
http://fr.news.yahoo.com/63/20091001/tfr-polmique-aprs-le-meurtre-de-marie-ch-019dcf9.html
http://www.lepost.fr/article/2009/09/30/1719632_l-adn-de-marie-christine-hodeau-retrouve-sur-le-suspect.html
http://www.lepost.fr/article/2009/10/01/1720869_les-dernieres-paroles-de-marie-christine.html#xtor=AL-277
http://fr.news.yahoo.com/63/20091001/tfr-meurtre-de-marie-christine-le-suspec-019dcf9.html
http://www.rmc.fr/edito/info/90751/marie-christine-hodeau-aurait-ete-enlevee-deux-fois/

Ce terrible assassinat remet d'abord en lumière le problème de la récidive par des délinquants sexuels et par les malades mentaux. Manuel da Cruz, qui a finalement reconnu les faits confronté aux traces ADN de sa victime sous ses ongles, même s'il demeure néanmoins présumé innocent jusqu'à sa condamnation, avait été condamné en 2000 à onze ans d'emprisonnement pour sequestration et viol sur la personne d'une mineure. Il avait bénéficié d'une libération anticipée en 2007. Il est aujourd'hui soupçonné d'une nouvelle agression sexuelle et d'assassinat, et peut-être de plusieurs autres (dont celui de Caroline Marcel, une attachée commerciale de 45 ans, retrouvée étranglée à Olivet, dans le Loiret, le 22 juin 2008 alors qu’elle faisait aussi son jogging).

Mais cet assassinat met également en question les durées d'emprisonnement auxquels les délinquants sexuels sont condamnés, mais ceci est encore plus agravé par la politique de réduction de peine et de sortie anticipée de prison appliquée par la justice française. Comment une personne aussi dangereuse qu'un violeur ayant séquestré une mineure peut-il n'être condamné qu'à onze d'emprisonnement, et peut-il bénéficier de mesures de libération conditionnelle anticipée au bout d'à peine six ou sept ans ? En tout cas, Marie Christine Hodeau et peut-être Caroline Marcel ont fait les frais de l'aveuglement de la justice française et des juges d'application des peines, qui ont libéré un violeur et un assassin, qui toutefois, au lieu de s'attaquer à ceux qui ont fait l'erreur de le libérer, s'est attaqué à d'innocentes passantes sur lesquelles il a déchaîné ses fantasmes.

Le pire, c'est néanmoins d'imaginer que malgré ce ou ces meurtres, ces viols successifs, cet individu, s'il est condamné, sera néanmoins de nouveau dehors dans quelques années, à peine âgé d'une cinquantaine d'années, prêt à recommencer à s'attaquer aux personnes de sexe féminin ou sans défense (comme des enfants) qui passeront à sa portée.

Seule la peine de mort serait à même de répondre au problème que pose cet individu et ses congénères assassins et violeurs. Ou à défaut de la peine de mort, abolie en France, il faudrait des peines d'emprisonnement susceptibles de protéger la société des agissements de ces monstres, par exemple quelques centaines d'années de prisons comme aux Etats-Unis !



Réflexion trois (23 août 2009)
Les prisons françaises ...


Vive Anna ! Il est des lectures instructives, que ce soit en bien ou en mal. Je pourrais donner des centaines d'exemples de lectures instructives en bien, de Marcel Proust à Claude Levy-Strauss, en passant par René Barjavel, Patrick Modiano ou le journal Le Monde. A l'inverse, la lecture du blog d'Anna fait partie des lectures instructives en mal, de ces lectures qui vous donnent immédiatement envie de réagir devant l'idiotie des idées développées.

Selon Anna, la plus grande partie des prisonniers dans les prisons françaises ne devraient pas y être, seraient tout aussi bien dehors s'il ne s'agissait de l'aveuglement d'une multitude silencieuse de moutons français ... Heureuse démonstration d'une idéologie pernicieuse, qui ont souvent conduit la blogueuse Anna à cautionner certaines dérives comme des agressions à l'encontre des forces de l'ordre ... Elle exclut à peine de sa grande mesure de clémence les prisonniers coupables d'assassinat ... mais vraisemblablement pas les assassins de flics ...

Nos prisons seraient remplies d'innocents ?
- Les voleurs, ceux qui fracturent les portes de maison pour y voler vos économies, vos bijoux, vos matériels hifi, vos ordinateurs, vos tableaux, n'auraient donc rien à faire derrière des murs de prisons ?
- Les violeurs d'enfant ou de femme, ceux qui détruisent à jamais les vies de leurs victimes, n'auraient donc rien non plus à y faire ?
- Les adeptes de la violence, les agresseurs qui, pour un oui ou un non, passent à tabac ou menacent de mort vous ou moi devraient donc être dehors, pour continuer de nous terroriser ?
- Les chauffards meurtriers, roulant en état d'ébriété, en grand excès de vitesse, ou méprisant la vie des autres devraient-ils également être dehors ? Je pense notamment à tous ceux, en fuite ou condamnés, ayant écrasé des piétons parce qu'ils ne connaissaient même pas leur code de la route et ignoraient que les piétons ont également le droit de pénétrer dans le domaine des voitures sans être tués.
- Les milliers d'assassins, qui tels Youssouf Fofana et les membres du groupe des barbares, tuent par sadisme, haine, ou connerie, devraient-ils aussi être dehors ?

Contrairement à Anna, je m'en fous que des connards, meurtriers, voleurs, violeurs, chauffards ou autres, se suicident en prison. Ce qui serait terrible, c'est que ces suicidés aient été innocents des crimes pour lesquels ils auraient été condamnés. Mais ce ne serait pas encore une mise en accusation de l'institution prison, mais une mise en cause de la justice et de ses erreurs. Si certains condamnés se suicident en prison, ce n'est que le signe d'une institution malade de la violence de ceux qui y sont enfermés, et les libérer ne serait que généraliser cette violence dans nos rues, dans nos maisons. L'institution de la prison n'est pas condamnable en elle-même ? Il est simplement regrettable qu'il soit relativement facile de basculer dans la case prison, notamment en raison de risques professionnels, de dénonciations imaginées, ou plus facilement en tuant quelqu'un sur la route ... Et que les conditions d'emprisonnement soient souvent extrêmement dégradées et vous mettent dans la même cellule que des malades mentaux ou des détraqués sexuels.

Contrairement à Anna, je suis choqué que les durées de condamnation soient aussi courtes en droit pénal français, que la peine maximale à laquelle le pire meurtrier puisse être condamné soit de trente ans, et que même s'il est condamné à la prison à perpétuité, avec une peine de trente ans incompressible, il ne soit pas impossible qu'on le retrouve dans quelques années dehors, libéré pour bonne conduite, ou grâce aux remises de peine.

Contrairement à Anna, je serais favorable à des peines de prison de plusieurs siècles pour certains assassins et tueurs, ou certains malades mentaux ... Contrairement à Anna, je suis favorable à leur élimination à jamais de notre société, au fait qu'ils puissent être enfermés à jamais dans quelques mètres carrés, avec la certitude qu'ils ne pourront plus jamais voir la lumière du jour, un coucher de soleil ou un paysage, dès lors que par sadisme, par détraquement mental, par vice, par jouissance, par haine, par connerie, ils auraient tué. Contrairement à Anna, je serais même favorable au rétablissement de la peine de mort dans certains cas de violence atroce, comme notamment dans cette histoire du gang des barbares, que ce soit pour Youssouf Fofana ou pour ses comparses.

Evidemment, il s'agit essentiellement ici d'une volonté de vengeance de la société à l'encontre de ses meurtriers et de ses délinquants. Une société doit-elle vouloir/pouvoir se venger ? Sans parler de vengeance, il est incompréhensible que des peines aussi légères soient toujours données dans la majeure partie des crimes, et que les condamnés ne les appliquent en plus qu'à peine aux deux tiers avant d'être libérés par le jeu des remises de peine.

Est-ce gratuit et est-ce le fruit du hasard si la blogueuse Anna pond ce texte alors qu'au même moment, on apprend qu'un condamné bénéficiant d'un aménagement de peine (port d'un bracelet électronique) a été impliqué dans de multiples braquages ? Le port du bracelet électronique comme alternative à l'emprisonnement devrait être abandonné, car quelque soit la légèreté de l'infraction qui a pu être commise par le condamné, une telle peine paraîtra toujours insuffisante à sa victime et lui donnera l'impression que sa détresse n'a pas été entendue. 

... La prison comme réparation du préjudice subie par la victime ... et comme protection de la société ... Voilà ce que cette institution représente. Et il est inacceptable d'entendre quelqu'un comme Anna d'appeler à l'anarchie et de traiter les autres citoyens normaux composant la société de moutons aveugles et craintifs.


Réflexion deux (9 septembre 2008)
Ouverture du procès en appel à Colmar de Pierre Bodein dit Pierrot le fou ... Ou de l'impossibilité pour nos sociétés de juger et de se protéger des monstres tels Pierre Bodein ou Fourniret, parmi d'autres ...


Pierre Bodein repasse en jugement, après avoir fait appel de sa condamnation à la perpétuité incompressible prononcée en juillet 2007, pour le meurtre d'Hedwige Vallée, 38 ans, de la séquestration, du viol et du meurtre de Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, et du viol et du meurtre de Julie Scharsch, 14 ans.

Son procès s'est ouvert ce mardi 9 septembre 2008 devant un jury d'assisses, à Colmar, dans le Haut-Rhin. Durant son précédent procès, en juillet 2007, qui avait duré trois mois, Pierre Bodein n'avait cessé de clamer son innocence, malgré des preuves ADN confondantes (notamment des empreintes génétiques des victimes retrouvées dans sa voiture et sur des couteaux lui appartenant). Les meurtres dont Pierre Bodein est soupçonné avaient eu lieu en juin et juillet 2004 dans la région de Barr et d'Obernai (Bas-Rhin). Pierre Bodein était alors en liberté conditionnelle depuis trois mois, après avoir purgé quelques années de sa précédente condamnation mais évidemment pas la totalité de la peine à laquelle il avait été précédemment condamné.

Cette affaire, comme toutes les affaires de ce genre, comme par exemple l'affaire Fourniret, pose un certain nombre de problèmes, tels la monstruosité et la réponse carcérale que la société peut lui apporter (1), le problème de la récidive de la part de dangereux criminels (2), le problème de la place qui devrait être laissée à la peine de mort dans notre régime répressif pour de tels crimes (3), ou à défaut les possibilités d'élimination de la société de ces monstres (4) ... et enfin le problème de la médiatisation et du regard de l'opinion publique porté sur ce genre de procès, avec la difficile question de la présomption d'innocence (5) ... Mais Pierre Bodein mérite-t-il une telle clémence ? A-t-il laissé ce genre de droits à ces victimes ?

(1) Face à la monstruosité, que peut la justice des hommes ? Qu'est-ce qu'un monstre d'ailleurs ? Aurait-on pu tous, nous autres hommes, basculer dans la monstruosité au détour d'une rencontre ou au bout d'un chemin, dans certaines circonstances ? Ou bien est-ce notre morale personnelle qui nous en aurait préservé ... Notre morale ou notre culpabilité ? Et cette morale n'est rien d'autre que couardise, comme je m'interrogeais il y a quelques mois. En somme, devient-on un 'monstre' par accident ... ou ces personnes sont-elles prédestinées à être des monstres ... Et est-ce la peur et la crainte qui expliquent que l'on soit moral ... N'est-on moral que parce qu'on est trop couard pour devenir un 'monstre' ? La morale n'a-t-elle pas d'autres fondements que la peur ?

(2) Le problème de la récidive continue également de poser question, lorsque l'on se rend compte que de dangereux criminels, tueurs et violeurs de femmes ou d'enfants, sont aujourd'hui libérés de prison, le plus souvent sans avoir purgé la totalité de la peine à laquelle ils avaient été initialement condamnés, et alors qu'ils présentent encore une grande dangerosité pour les personnes qu'ils pourraient être amenés à croiser à leur sortie de prison.

(3) Face à de tels monstres, est-il interdit de regretter l'abolition de la peine de mort ? Sans cette abolition inopportune, Hedwige Vallée, Jeanne-Marie Kegelin et Julie Scharsch ne seraient-elle pas toujours en vie, aujourd'hui, âgées de 4 ans de plus ? La vie de Pierre Bodein, déjà condamné pour des meurtres antérieurement, vaut-elle plus que celles de ces trois jeunes femmes, jeunes filles ou enfants ? Face à cette monstruosité, je ne peux que regretter cette abolition de la peine de mort, car il est impossible de mettre en balance la mort qui aurait déjà dû être prononcé contre cet homme, il y a de nombreuses années, bien avant 2004, et les morts de Hedvige, Jeanne-Marie et Julie, qui n'auraient jamais dû avoir lieu.

(4) En effet, de quelles protections disposent les citoyens normaux pour protéger leurs enfants, leur femme des pulsions sanguinaires et des agissements de tels monstres ? Se trouve ici posé le problème de la réponse carcérale qui peut être apporté aux actions incontrôlables de ces individus. Lorsque l'on voit l'âge de Fourniret à l'époque des différents assassinats qu'il a avoués, on ne peut même pas être rassuré en se disant qu'au delà d'un certain âge, ces personnes ne présentent plus la même dangerosité ... A défaut de l'application de la peine de mort, qui, pour ma part, me semble être la seule réponse que la société devrait donner à leurs agissements, il faut trouver une mesure d'élimination de ces monstres de notre société. Je n'ai pour ma part aucune confiance dans la castration médicamenteuse pour traiter leurs pulsions ... Seule l'application réelle de la pertuité serait une réponse valable, jusqu'à la mort ... dans des prisons de haute sécurité ... A défaut, la mesure de Rachida Dati peut permettre d'atteindre un résultat équivalent. Je ne comprends d'ailleurs pas comment la justice peut considérer qu'une personne condamnée à une peine de prison à perpétuité peut être libérée au bout de dix, quinze ou vingt ans ?

Evidemment, cette réponse qui pourrait être apportée (et que je préconise en tant que citoyen lambda) par la société peut faire peur. Michel Foucault dénonçait notamment cette propension de la société moderne à enfermer ses fous et ses déviants pour ne plus les voir. Mais n'est-il pas excessif de voir dans Bodein ou Fourniret ou tant d'autres assassins et violeurs d'enfants, que le reflet de notre société, que les travers de notre société ? Ce ne sont que des monstres, à la morale pervertie, irrécupérables pour la société, non pas en tant que force productive ou consommatrice, mais en tant qu'êtres humains, en tant que prédateurs tout simplement.

(5) Enfin, comment concilier la couverture médiatique dont les assassinats commis et l'inculpation de ces personnes ont fait l'objet, et la présomption d'innocence que ces personnes devraient mériter en regard de la loi ? Comment ne pas considérer Pierre Bodein, dit Pierrot le fou, comme un monstre, comme l'assassin d'Hedwige Vallée, de Jeanne-Marie Kegelin et de Julie Scharsch ? Exercice difficile ? Comment le juger normalement de manière équitable, alors qu'il a déjà été condamné par les médias ? Et comment même accepter de le juger équitablement lorsque cette personne n'a pas offert la même équité à ces victimes ?

Là réside le noeud de l'horreur. Comment traiter en humain et en sujet de droit un monstre, un animal, un prédateur ? A mon niveau, c'est impossible. Et en tant que parent de ses victimes, cela me serait encore plus impossible.

Je sais que dans ce cas, la seule réponse qui me satisferait serait sa mort, par ma main ou par celle de la société. Evidemment, cela peut choquer ! Anna dirait que le monde est fou ! Mais Robert Badinter a-t-il eu raison d'abolir la peine de mort dans ces circonstances très particulières (ci-après le discours de Robert Badinter lors de la discussion à l'Assemblée Nationale du projet de loi portant abolition de la peine de mort le 17 septembre 1981) ?


Réflexion une (8 mai 2008)
Des monstres et de la morale - Contrepoints et commentaires de l'article d'Anna


Anna écrivait hier sur les 'monstres' dont l'actualité nous renvoie l'écho régulièrement ... ce père incestueux autrichien ... Fourniret ... ainsi que tous les autres criminels qui hantent notre société et tuent des enfants ou des jeunes femmes (Pierrot le fou ...). Elle n'écrivait rien que je ne puisse partager sur la folie et la monstruosité. Sont-ce des 'monstres' ? Anna donnait la définition suivante du vocable 'monstre' ... « personne terrifiante par ses traits physiques ou moraux ».

Le vocable de 'monstre' renvoie premièrement à la notion de sanction pénale. Quelle sanction pénale peut être prononcée contre un 'monstre' ? Un 'monstre' peut-il se racheter, peut-il changer ? Selon la réponse apportée à cette deuxième question, la notion de sanction prend une portée différente. D'un côté, l'obligation d'une 'élimination' de cet être de notre société ... De l'autre, la possibilité d'accepter une réhabilitation après une peine suffisante. L'élimination, c'est soit la peine de mort (abolie en France et plus largement en Europe), soit la condamnation à des peines de prison véritablement à vie (comme aux Etats-Unis) ou enfin l'enfermement à vie. La France applique pour l'instant des procédures de réduction de peine automatique qui vident les peines prononcées de toute valeur. Un seul condamné n'a pas bénéficié du sort clément de nombreux criminels dangereux en France ... Lucien Léger qui purge actuellement une peine de prison depuis quarante ans et qui a fait condamné la France pour traitement inhumain pour l'avoir maintenu en prison un si grand nombre d'années. Mais en quoi l'Europe a-t-elle le droit de critiquer une peine de prison appliquée par le peuple souverain français à l'égard d'un meurtrier qu'elle a condamné, que celui-ci clâme son innocence ou non ...

Il semble ainsi difficile de répondre à cette interrogation sur la possibilité d'amendement d'un de ces monstres, que ce soit Fourniret, Pierrot le fou ou un autre ? Mais cette question renvoie aussi à une autre interrogation ... Initialement, à l'instant de leur premier meurtre, de leur premier crime, ces personnes étaient-elle comparables à nous ... ou étaient-elles déjà des monstres en puissance ? En d'autres termes, dans le même enchaînement de situations, serions-nous également devenus des monstres, ou sommes-nous différents de ces 'monstres' ?

Dit encore d'une autre manière, est-ce un enchaînement de faits, ou d'une absence de faits, qui peut expliquer que Fourniret se soit enfermé dans un comportement criminel, et peut-on imaginer que si, lors de sa première agression, il avait été découvert et sa victime sauvée, aurait-il pu être rongé par la culpabilité, la peur et échapper à son futur de criminel et de monstre ? A l'inverse, peut-on imaginer que nous aurions également pu basculer facilement dans la criminalité si, à une époque, les faits ne s'étaient pas déroulés de la même manière, si nous n'avions pas eu peur au moment idoine, si nous nous étions retrouvé seuls avec une personne qui nous attirait sans réciprocité, si tout avait basculé un seul jour dans notre vie ?

Devient-on un 'monstre' par accident ... ou bien ces personnes étaient-elles prédestinées à être des monstres ... et le seraient-elles de toute façon devenues, ce jour-là ou un autre ?

Cette interrogation, toujours sans réponse renvoie également à un autre problème ... Qu'est-ce qui explique que face à une même situation, deux personnes réagissent suffisamment différemment, l'une pour basculer dans la monstruosité, l'autre pour fuir et pour culpabiliser ? Est-ce la peur, la crainte, qui expliquent qu'on devienne un meurtrier et un 'monstre', ou qu'on y échappe (ou plutôt qu'on en soit incapable) ... En d'autres termes, est-ce la peur et la crainte qui expliquent que l'on soit moral ... N'est-on moral que parce qu'on est trop couard pour devenir un 'monstre' ? Ou la morale a-t-elle un autre fondement que la peur ?


Saucratès



13/01/2011
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