Critiques de notre temps

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Syndicats


La France, une dictature ou une démocratie, si on en croit Emanuel Macron ?

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 24 janvier 2020

 

Prenons donc le Président de La République francaise à son propre jeu. Au jeu de ses propres mots. Dans des interviews données dans l'avion présidentiel (qui les ramenait de Tel Aviv à Paris) à des journalistes de trois journaux, dont Le Monde, le Président de La République aurait dénoncé «les discours justifiant la violence en France et l'affaiblissement de notre démocratie». 

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/01/24/macron-fustige-les-discours-justifiant-la-violence-en-france-et-l-affaiblissement-de-notre-democratie_6027055_823448.html

 

Voilà les mots qui lui sont attribués :

 

«Aujourd’hui s’est installé dans notre société, et de manière séditieuse, par des discours politiques extraordinairement coupables, l’idée que nous ne serions plus dans une démocratie. Qu’il y a une forme de dictature qui s’est installée. Mais allez en dictature ! La dictature c’est un régime où une personne ou un clan décide des lois. Une dictature c’est un régime où l’on ne change pas les dirigeants, jamais. Si la France c’est ça, essayez la dictature et vous verrez ! La dictature, elle justifie la haine. La dictature, elle justifie la violence pour en sortir. Mais il y a en démocratie un principe fondamental : le respect de l’autre, l’interdiction de la violence, la haine à combattre.»

 

... ou encore ...

 

«Une démocratiec’est un système politique où l’on choisit nos dirigeants. C’est un système politique où l’on choisit des représentants qui auront à voter librement les lois qui régissent la société. Cela a beaucoup d’exigence, cela veut dire que la liberté du peuple et sa souveraineté sont reconnues. Mais cela a une contrepartie, c’est que dans une démocratie, on a un devoir de respect à l’égard de ceux qui représentent et votent cette loi, parce que précisément, on a le pouvoir de les révoquer. On a l’interdiction de la haine, parce qu’on a le pouvoir de les changer !»

 

Evidemment, je connais un grand nombre de personnes, le doigt sur la couture du pantalon, qui avalent avec gourmandise ce genre d'inepties, qui partagent ce genre d'opinions, pour lesquels il ne faut surtout pas contredire ou attaquer Emmanuel Macron. Ni le critiquer. Ils représentent pas loin de 25% des électeurs qui votent aux élections nationales, européennes ou législatives. Des personnes qui comme leur maitre, opinent à grand renfort de coups de menton bravaches. 

 

Quitte à décevoir toutes ces bonnes âmes et ces braves membres de la grande famille des ultralibéraux décomplexés, je ne partage pas ce discours sur la dictature ou la démocratie à la française. L'élection d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République française est le déclencheur d'une crise de notre démocratie, le signe que cette démocratie s'est fourvoyée, que nous ne sommes désormais plus dans une démocratie, et que les critères avancés par Emmanuel Macron ne sont justement plus applicables, reconnaissables. Il est amusant que ce soit justement lui-même qui nous explique à quoi devrait ressembler une démocratie, alors que sa propre élection puis celle de sa majorité législative en est justement l'exact contraire, l'exact contre-exemple.

 

«La dictature c’est un régime où une personne ou un clan décide des lois.»  Justement, le gouvernement de la France d'aujourd'hui, c'est un groupe de personnes qui ne représentent qu'eux-mêmes, choisis parmi d'anciens députés socialistes ou de droite macro-compatibles, et des représentants soi-disant de la société civile, mais dans les faits issus du haut management des grandes entreprises francaises ou étrangères, qui décident, votent et appliquent dans leur coin des lois et des réformes que leurs maîtres décident, dont leurs maîtres ont besoin, et pour lesquels leur envoyé à la tête de la République estime avoir été élu. C'est dans le programme électoral du candidat Macron : argument ressassé régulièrement par les uns ou les autres !

 

N'y a-t-il pas un clan qui dirige la France ? Macron et le Parti de la République en Marche ne correspondent-ils pas à la définition d'un clan ? Non pas un clan mafieux, mais un clan de maçons ? Un clan dont le lien commun est l'appartenance aux réseaux de la Franc-Maçonnerie ? 

 

«Une dictature c’est un régime où l’on ne change pas les dirigeants, jamais.» Emmanuel Macron développe aussi à un autre moment la même idée sous-jacente, lorsqu'il indique également : «dans une démocratie, on a un devoir de respect à l’égard de ceux qui représentent et votent cette loi, parce que précisément, on a le pouvoir de les révoquer. On a l’interdiction de la haine, parce qu’on a le pouvoir de les changer !»

 

Mais on n'a pas en France le pouvoir de révoquer ces élus de la République en Marche, pas plus que l'on a le pouvoir de révoquer Emmanuel Macron. Ce droit n'existe tout simplement pas en France. Il existe pour les représentants du personnel élus, il existe pour les délégué syndicaux, ces personnes que le clan macroniste abhorre et méprise. Mais il n'existe en aucun cas dans la démocratie française pour les élus de la République. Et de la même manière, on n'a aucune certitude qu'on pourra changer un jour Emmanuel Macron et ses séides, qu'ils accepteront de laisser la place, ou que l'on n'élira pas à sa suite, apres un, deux, trois mandats ou plus, un autre représentant des mêmes maîtres, des mêmes décideurs, des mêmes marionnettistes ! Aucune certitude que comme son modèle Vladimir Poutine, il n'intervertira pas sa place avec son fidèle lieutenant Edouard Philippe, ou une autre des âmes damnées qui servent les mêmes maîtres que lui !

 

Je n'aurais pas le droit d'écrire cela ? Mais s'est-on posé la question des raisons pour lesquelles tous les journaux détenus par les plus grandes fortunes de France, jusqu'au Journal Le Monde, ont défendu et appuyé sa candidature et l'action de son gouvernement, dans un silence assourdissant ? S'est-on demandé ce qui relie tous ces gens qui nous dirigent, tous ces patrons des grandes entreprises, tous ces députés qui ont été choisis pour constituer l'armée d'Emmanuel Macron, s'est-on demandé quels étaient les liens qui les unissaient, qui les rassemblaient ? Une immense majorité de ces personnes appartiennent aux réseaux occultes de la Franc-Maçonnerie. C'est vrai pour les dirigeants d'un grand nombre d'administrations et d'entreprises publiques ou privées francaises. C'est très vraisemblablement vrai pour bon nombres de ces ministres, très certainement d'Emmanuel Macron lui-même, et pour nombre des députés qu'il a choisi et qui ont été élus à la suite de son élection.

 

Le fait même d'être franc-maçon n'est pas honteux ni choquant. Je dois en connaître certains. On en connaît forcément quelques uns dans notre entourage. La franc-maçonnerie est un lieu de recherche, de travail sur soi-même et sur la société. Mais certains Franc-maçons ne recherchent pas que cela. Ils recherchent avant tout le pouvoir, l'influence. Et je pense, comme nombre d'autres gens, que ce sont ces personnes qui ont pris aujourd'hui le pouvoir en France. Et comme il s'agit d'une influence souterraine, cachée, masquée, ce n'est plus un principe d'un fonctionnement démocratique.

 

«Une démocratie, c’est un système politique où l’on choisit nos dirigeants. C’est un système politique où l’on choisit des représentants qui auront à voter librement les lois qui régissent la société.» Pour cette autre définition de la démocratie donnée, utilisée par Emmanuel Macron pour définir ce que doit être une democratie, là non plus, je ne pense pas que le gouvernement et le parlement macroniste y correspondent. Les français n'ont majoritairement pas choisi librement leur dirigeant, mais leur choix, leur opinion ont été manipulés par la presse, par les médias. Lors de cette élection présidentielle, comme lors des élections suivantes, nous avons eu la démonstration que les français étaient bêtes, manipulables, influençables. Rien ne les sépare réellement de leurs homologues de 1848, qui avaient élu le premier Président de la République francaise parce qu'il portait simplement le même nom que l'empereur Napoléon Bonaparte. Plus de 160 ans plus tard, les électeurs français se sont découverts aussi bêtes, aussi majoritairement influençables, malgré l'évolution ou peut-être justement à cause de l'évolution des technologies et des médias qui permirent l'élection d'Emmanuel Macron comme nouveau Président de la République française. 

 

Ces différents exemples de ce qui devrait différencier une démocratie d'une dictature me semblent tous sujet à caution et à contestation. Et lorsqu'il nous appelle à aller vivre dans une dictature pour savoir ce que serait une vraie dictature, cela nous renvoie à ce dont il n'a pas parlé, l'action des forces de l'ordre et les opérations de maintien de l'ordre. Et il est utile de citer immédiatement cet autre article du Monde qui traite de la répression policière en France. 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/12/le-defenseur-des-droits-inquiet-d-un-renforcement-de-la-repression-en-france_5434705_3224.html 

 

Alors certes, oui, il existe évidemment des dictatures pires que la dictature macroniste/philipiste française de part le monde ! Mais est-on pour autant encore en démocratie en France ? Non et la répression policière et pénale en France à l'époque des contestations de la loi travail sous le gouvernement Hollande/Valls ou aujourd'hui lors des événements des gilets jaunes ou des contestations contre les retraites vient tristement le démontrer.  

 

Je voudrais terminer par ces quelques mots du philosophe Jacques Rancière, là-aussi tiré d'un article du Monde (Journal que je critique pour son appui à Macron et à son gouvernement, mais qui semble aussi défendre parfois d'autres positions moins favorables à ce gouvernement).

«C’est cette réalité concrète du collectif solidaire dont les puissants de notre monde ne veulent plus. C’est cet édifice qu’ils ont entrepris de démolir pièce à pièce. Ce qu’ils veulent, c’est qu’il n’y ait plus de propriété collective, plus de collectifs de travailleurs, plus de solidarité qui parte d’en bas. Ils veulent qu’il n’y ait plus que des individus, possédant leur force de travail comme un petit capital qu’on fait fructifier en le louant à des plus gros. Des individus qui, en se vendant au jour le jour, accumulent pour eux-mêmes et seulement pour eux-mêmes des points, en attendant un avenir où les retraites ne seront plus fondées sur le travail mais sur le capital, c’est-à-dire sur l’exploitation et l’autoexploitation.

 

C’est pour ça que la réforme des retraites est pour eux si décisive, que c’est beaucoup plus qu’une question concrète de financement. C’est une question de principe. La retraite, c’est comment du temps de travail produit du temps de vie et comment chacun de nous est lié à un monde collectif. Toute la question est de savoir ce qui opère ce lien : la solidarité ou l’intérêt privé. Démolir le système des retraites fondé sur la lutte collective et l’organisation solidaire, c’est pour nos gouvernants la victoire décisive. Deux fois déjà ils ont lancé toutes leurs forces dans cette bataille et ils ont perdu. Il faut tout faire aujourd’hui pour qu’ils perdent une troisième fois et que ça leur fasse passer définitivement le goût de cette bataille.»

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/23/jacques-ranciere-les-puissants-ne-veulent-plus-d-une-retraite-qui-soit-le-produit-d-une-solidarite-collective_6026922_3232.html

 

Tout n'est pas dit. On nous parle d'une réforme sensée nous donner à tous les mêmes droits. Mais nous ne sommes pas tous égaux, pas tous les mêmes. Le droit du travail français s'est construit sur la généralisation d'acquis différents. C'est parce que certaines entreprises emblématiques avaient obtenu des choses particulières, en avance sur leur temps, que nos droits collectifs ont pu évoluer, progresser. Si on suit le raisonnement du gouvernement sur cette réforme pour tous, alors il faudrait aussi abandonner tous les régimes sur-complémentaires offerts dans certaines entreprises, qui accordent à leurs salariés des avantages de retraites supérieurs au droit commun. Mais il faudrait aussi s'interdire, ou interdire aux plus riches de cotiser à des régimes supplemntaires pour leur retraite ... 

 

Il m'est difficile d'appeler à combattre ce gouvernement, puisque je ne le combats que par quelques mots, par quelques phrases. Mais il faut dire la vérité. La France n'est plus une démocratie, et elle n'en a jamais été aussi éloignée que depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Et les francais sont victimes de violences policières ; il n'est plus sans risque de faire état de son opposition au gouvernement et de le contester dans la rue ou sur internet.

 

 

Saucratès


24/01/2020
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Contestation des retraites - Est-ce aux médias de siffler la fin de la récréation ?

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 19 janvier 2020

 

Écouter et regarder les informations télévisées et les entendre évoquer l'exercice du droit du grève et les enjeux de ces grèves ou l'action des syndicats est extrêmement préoccupant, voire même insupportable. Les médias en continu, mais également les grandes chaînes televisées, ont désormais décidé que les temps des grèves contre la réforme des retraites était terminé ! Qu'au vu des concessions, extraordinaires semblent-ils penser, faites par le gouvernement, il est incompréhensible que des syndicats continuent à appeler à la grève ou continuent à bloquer une partie de l'économie francaise. Les médias télévisés croient décider de la pluie et du beau temps. Ils croient décider de ce qu'il faut faire, de ce que l'on a droit de faire. Et ils ont raison. Ils décident du sort des élections présidentielles ou législatives, comme l'élection d'Emmanuel Macron en 2017 nous le rappelle sans cesse. Ils décident de la légitimité au fond d'un mouvement de grève, de sa médiatisation. Et la grève du 5 décembre 2019 semblait apparemment avoir leur bénédiction. Mais plus aujourd'hui. C'est fini. L'état de grâce des syndicats et de la CGT est terminé. L'idylle entre les médias et la CGT semble terminée. Comment cette organisation syndicale ose-t-elle ne pas arrêter la contestation sociale alors que les médias ont sifflé la fin de la récréation ?

 

Insupportable parce que les supposées avancées du gouvernement sont de la poudre aux yeux. Même si cela semble satisfaire le syndicat CFDT duquel je relève, il est évident que cette avancée du gouvernement n'est qu'une façade, une façon de faire croire que le gouvernement recule pour mieux faire passer son projet de loi. Y a-t-il un sens à vouloir mettre en place un régime par point unique, en y intégrant tous les régimes de retraite dits spéciaux ? Ce n'est en aucun cas l'intérêt des salariés dans cette création d'un régime unique, puisque ce régime unifié entraînera un très fort recul des droits à retraite de toutes ces professions qui disposaient d'un régime particulier. L'ensemble des professions des fonctions publiques vont effectivement perdre des sommes très élevées en matière de retraite future. Dans certaines entreprises, le passage d'un régime proche de la fonction publique, dit à prestations définies (x% de la dernière rémunération ou des six derniers mois ou des cinq dernières années) au régime Général SS-ARRCO-AGIRC s'est accompagné d'une revalorisation des salaires de plus de 12% et de la mise en place d'un régime de retraites supplémentaires à cotisations définies de 8 à 9% (parfois un taux moindre pour les futurs recrutés) ! Et aujourd'hui, le gouvernement entend remplacer un tel régime par le régime général des retraites, le même pour tous les salariés, sans aucune compensation. Et la CFDT cautionne une telle mesure ! Sous prétexte que la mise en place d'un tel régime serait leur revendication depuis de nombreuses années ! Mais quelle honte ! 

 

Le secrétaire général de la CFDT se présentait également comme une pauvre victime sur les chaînes télévisées ! Il serait victime de menaces. Le siège de la CFDT serait régulièrement dégradé. Des insultes le viseraient. Selon lui et selon les médias, il est choquant que le débat public se radicalise et que toutes les personnes qui ne sont pas du même avis que les contestataires soient immédiatement traitées comme des ennemis. Je peux le comprendre. Je l'ai moi-aussi subi dans une entreprise et lorsque l'on en est victime, on ne peut que trouver détestables de telles pratiques, de telles méthodes.

 

Mais dans le cas de cette réforme des retraites, on peut vraisemblablement le déplorer, puisque de telles pratiques sont détestables, mais le fait de prendre des positions de compromission, de collaboration vis-à-vis du pouvoir, d'un gouvernement ultralibéral assumé, a également forcément des conséquences, et les dirigeants de la CFDT devaient bien en avoir conscience. Il faut bien l'assumer ! Il est incompréhensible que la CFDT fasse fi de toute l'injustice d'un tel projet. Ce projet n'est en fait qu'une gigantesque spoliation des droits de millions de fonctionnaires et de millions de salariés, ainsi que le transfert du coût des retraites des fonctionnaires de la part d'un État impécunieux vers la communauté des travailleurs, qui devront couvrir ces dépenses de retraites futures sans en avoir reçu les fonds de réserves en compensation. On ne peut pas cautionner cela !

 

  

Saucratès


19/01/2020
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Que faut-il donc penser du projet de réforme des retraites des français du gouvernement Macron

Saint-Denis de La Réunion, Dimanche 12 janvier 2020

 

Objet de la réforme des retraites, manifestations, blocages, grèves, reponses ou absence de reponses plutôt des pouvoirs publics et du gouvernement, positions des organisations syndicales, enjeux de cette réforme, enjeux obscurs de ce projet de réforme ... Que faut-il donc penser du projet de réforme des retraites des français par le gouvernement Macron ?

 

S'il y a un premier élément à retenir de cette réforme et de la méthode de travail et de fonctionnement du gouvernement LAREM et de sa majorité parlementaire, ce sont les points qui émergent au sujet des propres concepteurs de cette réforme. Jean-Paul Delevoye, le monsieur retraites du gouvernement Macron, avait caché les liens qui l'unissaient au monde de l'assurance, entre autres choses, dans sa déclaration d'intérêts. Était-ce anecdotique ? J'avais rencontré ce grand monsieur du monde de la Chiraquie il y a à peu près vingt ans alors qu'il était le président de l'Association des maires de France ; c'était un grand monsieur, qui nous avait écouté malgré le fait que nos préoccupations étaient aux antipodes de ses positions ... je n'ai pas compris comment il a pu tomber dans les mailles du filet d'Emmanuel Macron (cf. nota 1).

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/12/18/affaire-delevoye-la-haute-autorite-pour-la-transparence-de-la-vie-publique-a-decide-de-saisir-la-justice_6023348_823448.html

 

Quant au successeur au poste de «monsieur retraites» du gouvernement français, on découvre qu'ils nomment un ancien directeur des ressources humaines d'un grand groupe capitalistique francais (Auchan), qui procéda à de multiples licenciements dans sa carrière et qui fit même jeter en prison une représentante du personnel caissière qui aurait apparemment osé donner une viennoiserie à une personne qui travaillait dans la même galerie commerciale ! Il s'appelle Laurent Pietraszewski. 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/12/18/laurent-pietraszewski-nomme-secretaire-d-etat-en-charge-des-retraites-pour-remplacer-delevoye_6023238_823448.html

 

Voilà le genre de personnes dont Emmanuel Macron s'est entouré et qui constituent sa majorité parlementaire. Voilà le genre de personnes qui pondent les lois de la République francaise ! Voilà le Nouveau Monde de Macron, la nouvelle façon de faire de la politique, la raison pour laquelle nos droits sociaux sont en train d'être rognés, découpés, anéantis. Et pourtant Emmanuel Macron avait appelé les français à rejoindre son mouvement et à postuler pour les Législatives de 2017. Et c'est ce genre de personnes qu'il a retenu ? Tout ceci, toute cette manipulation, fait frémir !

 

Quant à la réponse du gouvernement français aux manifestations et aux grèves, on peut être stupéfait des tentatives de manipulation de l'opinion francaise. Que ce soit au sujet de la trêve de Noël que le gouvernement essaie d'imposer aux syndicats, et que les syndicats réformistes sont les premiers à appeler de leurs vœux (honte suprême pour une organisation syndicale que de s'humilier à quémander servilement une trêve pour démontrer son utilité, son influence au maître que l'on sert) ... Que ce soit en vue de casser un mouvement de grève en tentant de retourner l'opinion publique contre les organisations syndicales et contre les manifestants, ce qui semble pour l'instant cause perdue ...

 

Le gouvernement reculera-t-il, même très légèrement, simplement sur l'âge pivot, dans cette réforme ? Je l'imagine relativement difficilement. Je suis néanmoins assez persuadé que le gouvernement et les quelques syndicats réformistes arriveront à faire croire, que ces derniers prétendront, qu'ils sont arrivés à un accord, permettant aux syndicats réformistes de faire croire qu'ils ont obtenu des garanties sur le maintien de l'âge pivot à 62 ans ... (j'écrivais cela samedi soir et dimanche, la CFDT et le gouvernement annonce le retrait de cette mesure de l'âge pivot ...). Jeu de dupes auquel nous convient Laurent Berger et Édouard Philippe ... comment faire semblant de reculer sans reculer en faisant croire que l'un a fait reculer l'autre ...

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/01/12/retraites-le-retrait-provisoire-de-l-age-pivot-n-est-pas-un-cheque-en-blanc-avertit-laurent-berger_6025591_823448.html

 

Mais sur l'objet même de cette réforme, je ne crois pas que ce gouvernement reculera, je ne crois pas que Macron reculera ; il a été placé à ce poste pour faire passer un certain nombre de réformse ... et de toute façon, la droite à ses côtés serait tout aussi virulente pour faire passer cette réforme. C'est un truc de DRH, de patrons, de milliardaires, de hauts cadres, de hauts fonctionnaires que de faire disparaître les régimes de retraites par répartition, inutiles à leurs intérêts, inutiles aux interets du grand Kapital. 

 

Il reste aussi la question de la légitimité et du caractère ou non indispensable de cette réforme des retraites à discuter. Ne sert-elle que les intérêts de certains, de la multinationale Blackrock, bien à propos médaillé par le gouvernement (mais l'une des hauts cadres condamnés de chez Orange-France Telecom etait également «chevalier de la Légion d'honneur» ... comme si ces gouvernements français successifs n'avaient pour seul intérêt, pour seul objectif, que de décorer les pires crapules et les pires monstres de nos sociétés, dès lors qu'ils ont un peu de pouvoir et quelques connaissances bien placés, et qu'il faut les en récompenser) ... Ou bien les retraites de nos enfants et des jeunes travailleurs dans cette société sont-elles reellement menacées et qu'il s'agit, qu'il faut, d'une manière ou d'une autre, les réformer ? 

 

Personnellement, je pense que si chacun d'entre nous, travailleurs soixantenaires ou cinquantenaires, nous devions partir dès l'âge pivot de 62 ans à la retraite, nos enfants n'auraient plus de possibilités de partir à la retraite dans le futur. Il nous faut majoritairement travailler plus tard, apres l'âge légal de départ à la retraite, pour ceux qui le peuvent, qui ont encore un emploi. Mais je pense aussi qu'il doit s'agir d'un choix personnel, d'un choix individuel. La remontée de l'âge pivot ne peut pas être une décision imposée, obligatoire. Ce doit être une décision personnelle. Faire reculer l'âge pivot, l'imposer à chacun d'entre nous, c'est nier la part de choix personnel, de liberté, de décision personnelle à chacun d'entre nous ... Et tout cela pour quoi ? Pour qui ? Pour l'intérêt de qui ? La question mérite d'être posée !

 

Il reste enfin selon moi un dernier enjeu dans la contestation de ce projet de reforme des retraites. Le fait que l'Etat prévoit de transférer le paiement des retraites des fonctionnaires des trois fonctions publiques sur le nouveau régime, sans transférer les ressources correspondantes. Constitutionnellement, la constitution de la cinquième république prévoit que l'Etat ne peut transférer une charge sans transférer les produits correspondants (c'est notamment le cas vis-à-vis des collectivités locales ... article 72-2). Tous les autres régimes spéciaux de retraites se sont vus imposer de couvrir leurs engagements de retraites futures par des réserves financières correspondantes. C'est pour cela que les régimes spéciaux des avocats et de quelques autres professions voient d'un très mauvais œil la réforme actuell, car ces régimes bénéficient de finances pléthoriques qu'elles vont être obligées de transférer aux régimes généraux de retraites. Mais l'Etat français ne s'est pas astreint à cette obligation. Il ne transmettra pas de réserves financières correspondant aux droits à retraites des fonctionnaires qu'il transfère à la collectivité. Cette réforme du régime des retraites est avant tout un hold up sur les réserves financières des salariés privés pour leur faire prendre en charge le paiement des retraites des fonctionnaires des trois fonctions publiques, sous prétexte d'uniformisation des droits des uns et des autres.

 

 

Saucratès

 

 

(Nota 1) Il y a quelque chose de pourri dans le nouveau monde de la nouvelle politique de l'énarchie et de la Macronie. Un vieil guerrier de la politique comme Jean-Paul Delevoie peut être poursuivi pour avoir cavhé quelques liens et quelques activités avec des organisations du Monde l'assurance ou d'ailleurs, mais par contre, on peut avoir des anciennes et des anciens Directeurs des ressources humaines, comme députés, comme ministre du travail, ou comme Monsieur retraites, sans que cela par contre ne gène personne ? Ces gens-là peuvent faire voter des lois liberticides et détruire notre code du travail, faire passer les mesures dont ils rêvaient lorsqu'ils étaient DRH, permettre à leurs homologues encore en activité de béneficier des lois dont ils rêvaient eux-memes, et nul ne peut les poursuivre ? On peut être millionnaire, ex-tueur à gage aux ordres de patrons de CAC40, ayant licenciés et détruits des milliers d'emplois, et malgré tout avoir légalement le droit d'être élu comme député ou nommé comme ministre pour faire passer des lois liberticides. Il y a quelque chose de pourri en France, et dans le nouveau monde de la Macronie !


12/01/2020
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Manifestations, manifestants, émeutiers et retraite

Saint-Denis de la Réunion, dimanche 15 décembre 2019

 

Quelques mots sur le sujet des retraites et des manifestations. Comment pourrais-je parler du temps présent sans les évoquer ? Les syndicats ont-ils des raisons légitimes de contester ce projet du gouvernement, cette réforme promise par le candidat Macron ? Et comment pourrait-on vouloir des manifestations qui se déroulent dans le calme (et sans blocage) alors que le gouvernement met en place un programme sécuritaire monstrueux en vue de se protéger de tout potentiel dérapage (ou au contraire pour inciter à l'affrontement afin de discréditer ce mouvement social). 

 

J'écris tout ceci de très loin, à 9 ou 10.000 kilomètres de distance de Paris. Le soleil se couche, un ciel sans nuage me surplombe sur ma terrasse, et il fait très loin d'y faire les températures hivernales parisiennes. Mais il y a une semaine, j'étais au cœur de la zone occupée de Paris, à tenter de m'extraire des mailles de la nasse qui enfermait la place de La République à Paris, au cœur de l'appareil sécuritaire protégeant Macron et ses ministres, ses députés et les hauts (ou petits) fonctionnaires qui le serve. Un pouvoir qui tient par la peur et la contrainte d'un appareil policier peut-il encore être appelé un gouvernement democratique ? Je ne le pense pas. Pour la même raison que l'on ne peut pas dire que le Vénézuela de Maduro est encore un régime démocratique. 

 

Je lisais ainsi un article du Journal Le Monde qui tentait d'expliciter le phénomène «black blocs». Un article écrit par Sylvain Boulouque, enseignant à l'ESPE, intitulé «Loin des visions complotiste sur les black blocs ne sont pas une création de la police» (Le Monde du 5 décembre 2019). Son interprétation de ce phénomène «black blocs», c'est que c'est «une pratique manifestante à laquelle toute personne peut se joindre.»

 

«... Derrière les coupe-vent, les sweet-shirts noirs et les lunettes de piscine, n'importe quel manifestant - femme ou homme, jeune ou moins jeune, de toutes catégories socioprofessionnelles - pas forcément violent, peut, en adoptant cette tenue, se montrer solidaire sans participer à l'affrontement.

 

Il existe (je continue de le citer) une partie importante de la population prête à remettre en cause l'ordre imposé, soit en donnant un autre cours à une manifestation officielle soit dans des affrontements directs avec les forces de l'ordre. Il suffit de suivre certains concerts de rap ou de rock, de se pencher sur les statistiques de consultation des sites pro-insurrection ou d'observer les comportements des manifestants, pour constater qu'il existe en France actuellement une certaine sympathie pour ces pratiques.

 

La tentation émeutière demeure minoritaire mais elle attire et participe d'une nouvelle forme de révolte mondialisée, une contestation qui s'étend de Hongkong à Santiago en passant par Paris et, loin des visions complotistes, qui défie les pouvoirs.»

 

Je ne le rejoins pas totalement à ce sujet. C'est selon moi la violence policière (et accessoirement la haine d'un gouvernement considéré comme illégitime) qui créé lui-même les conditions d'apparition du mouvement «black blocs». Evidemment, je ne parle pas de la poignée de manifestants professionnels, ultra-gauchistes ou d'extrême-droite, comme il y en a toujours eu depuis les années soixante et pour lesquels combattre la police et le gouvernement est leur principale activité, leur principale raison d'être et leur raison d'exister ! Et pourtant, même pour eux, la violence policière et d'Etat est la principale explication de leur radicalisation. Ils ne combattent que parce qu'il y a une force policière à combattre. Le droit de manifester n'est plus en droit reconnu en France et l'ultra-gauche comme l'extrême-droite ne sont aujourd'hui que la résultante de ce droit bafoué ! Evidemment, les violences de l'extrême-droite préexistaient sans lien avec l'existence de la police, de même que des mouvements terroristes d'extrême gauche comme «Fraction Armée rouge» ou «La bande à Bader». Ce n'est pas ce que je dis.

 

Ce que je dis, c'est que n'importe quel manifestant pacifiste, bon père de famille, normalement constitué, peut se radicaliser, peut se transformer en un «black bloc», dans une manifestation, confronter à la violence policière, à la violence institutionnalisée et autorisée ... Ce qui n'est pas très différent de ce qu'écrit Sylvain Boulouque ... Mais là où je m'en séparerais, c'est que je ne pense pas que ces personnes «remettent en cause l'ordre imposé». Selon moi, tout manifestant peut se radicaliser et se transformer en «black bloc» face à la violence illégitime et institutionnalisée des forces de l'ordre, quelque soit son âge, son origine, son milieu social. Pour l'avoir moi-même vécu, face aux violences policières, on peut facilement basculer dans des scènes de guérillas et voir dans les militaires qui nous font face un ennemi à abattre.

 

La disproportion des moyens engagés, des deux côtés des manifestations, que j'ai pu mesurer jeudi dernier place de la République à Paris, alors qu'il fallait un sacré courage pour affluer place de la République, devant l'immensité des moyens militaires mis en œuvre pour cadenasser cette place le long de toutes les artères y menant, alors que tout avait été prévu pour les forces de l'ordre pour transformer cette place en une souricière, entourée de milliers de militaires armés de fusils mitrailleurs et de forces anti-émeutes ... cette disproportion est la principale explication de l'apparition du mouvement «black blocs».  

 

Au-delà de ces manifestations et des éventuels débordements, que puis-je écrire d'autre sur le sujet des réformes. Je citerais un livre relativement célèbre d'un grand économiste français, Thomas Piketty (livre écrit avec un autre économiste, Antoine Bozio), qui étudie et propose des pistes sur les systèmes de retraites («Pour un nouveau système de retraite: des comptes individuels de cotisations financés par répartition»).

http://piketty.pse.ens.fr/files/BozioPiketty2008.pdf

 

On pourrait croire que Thomas Piketty, qui est également à l'origine d'une autre innovation des présidents Hollande et Macron (à savoir le prélèvement de l'impôt à la source), est derrière le projet gouvernemental de réforme des retraites. Mais il n'en semble rien être, puisque Thomas Piketty est signataire d'un appel à s'associer aux mouvements jaune, vert, rouge, noir ou arc-en-ciel publié également dans le Monde du 5 décembre 2019, qui vise à soutenir «celles et ceux qui luttent» :

 

«Face aux offensives d'un gouvernement néolibéral et autoritaire, nous estimons qu'il est de notre responsabilité d'affirmer que notre présent et notre avenir émergeront des luttes sociales et politiques ...»

 

Sur le fond de ce sujet, à savoir le principe et la nécessité même d'une réforme de notre régime de retraite, il me faudra un autre article. Ce qui me semble malgré tout frappant, c'est que derrière l'idée érigée en dogme du gouvernement de créer un régime universel unique afin de faire disparaître supposément l'ensemble des régimes spéciaux, le gouvernement oublie et tait l'existence de certains régimes spéciaux auxquels ils ne s'attaquent pas, les plus iniques et les plus avantageux, comme ceux des ministres, des députés ou des sénateurs (cf. lien). Ou bien le recul très rapide du gouvernement sur le régime spécial des policiers et des gendarmes qui avaient menacé eux-aussi de rejoindre le mouvement de grève, ou plutôt de faire grève. Ce régime spécial des policiers continuera donc d'exister (cf. lien). Exit donc Le principe même d'un régime universel unique ! Comme par le passé, il existera des régimes spéciaux, mais ils concerneront seulement les nouveaux maîtres de notre société et leurs chiens de garde. Mais ces régimes spéciaux ne doivent plus profiter aux petits besogneux présentés comme des nantis, tels les cheminots, les fonctionnaires ...

 

Et aujourd'hui, le gouvernement entend faire pression sur les cheminots pour qu'ils fassent une pause pendant les fêtes de Noël ?

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/12/15/greve-dans-les-transports-la-treve-de-noel-franchement-pour-nous-c-est-non-dit-laurent-brun-de-la-cgt-cheminots_6022975_823448.html

 

Dernier commentaire sur ce projet de réforme des retraites de ce gouvernement, au sujet du hold-up que représente cette décision de transférer sur les réserves financières de tous les actifs, des caisses de retraite complémentaires, des réserves récupérées sur les régimes spéciaux, les engagements de retraites dûs au titre de la carrière passée des fonctionnaires, enseignants et autres. L'Etat français et les collectivités territoriales peuvent-ils transférer à la collectivité des engagements de retraites qu'ils se sont engagés statutairement à payer aux fonctionnaires lors de leur départ en retraite, sans verser au nouveau régime supposément universel les réserves financières correspondant aux engagements qui sont transférés ? Aujourd'hui, les retraites versées aux fonctionnaires retraités sont imputées sur le budget de l'Etat ou des collectivités territoriales. Il s'agit d'une dépense publique au même titre que le paiement des traitements des fonctionnaires. Demain, avec cette réforme prétendument universelle, les retraites des fonctionnaires seront payées comme pour tous les retraités à l'aide des cotisations perçues par l'ensemble des salariés, fonctionnaires compris vraisemblablement, mais le coût pour le budget de l'Etat en sera vraisemblablemment allégé. L'Etat peut-il transférer à des institutions privées ou un établissement public une charge sans en transférer les produits correspondants ? En transférant versement des retraites aux fonctionnaires retraités à cette nouvelle caisse, en transférant seulement des cotisations pour les droits futurs, mais sans couvrir les engagements dûs au titre des années de carrière passées de ces fonctionnaires, l'Etat ne lui transfere-t-il pas une charge future sans lui avoir fourni les recettes correspondantes ?

 

Ce «gouvernement néolibéral et autoritaire» ne craint aucune honte, aucune manipulation, aucune forfaiture !

 

 

Saucratès


15/12/2019
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Du traitement médiatique du mouvement social du 5 décembre 2019

Saint-Denis de La Réunion, samedi 7 décembre 2019

 

A quel jeu jouent les médias qui servent à nous informer ? Bien avant la grève du jeudi 5 décembre 2019, ils ne cessaient de se faire l'écho de l'importance à venir de ce mouvement social, de la convergence en cours des différentes colères, des différentes luttes, qui semblaient pouvoir se rencontrer à cette occasion, contre ce projet gouvernemental de réforme des retraites. Et, même s'il ne faut pas s'en plaindre, leur traitement de l'information le jour venu ne fut pas une occasion de minimiser une nouvelle fois les manifestations et le nombre de manifestants. Bien au contraire. Ils titraient sur «des syndicats légitimés». Puis le lendemain venu, ces mêmes médias titraient sur les réponses possibles du gouvernement. «Le gouvernement sous pression». Ils titraient même déjà sur la fin du mouvement social, comme si le gouvernement avait déjà lâché des concessions majeures.

 

Et c'est là que le danger guette. Ce mouvement social que les médias ont légitimisés, jouant contre le gouvernement, ils peuvent tout autant le rendre invisible médiatiquement, illégitime s'ils décident de considérer que de possibles annonces du gouvernement sont des avancées majeures qui retirent tout objet à la grève. Les médias n'ont-ils pas une autre raison de s'attaquer, de s'opposer à ce gouvernement que la simple bonne volonté de rendre compte, d'offrir une bonne couverture de l'information ? La raison pourrait elle en être l'institution d'un conseil de l'ordre des médias qu'ils combattent, de cette institution d'une commission de déontologie de la presse écrite ? Pour faire reculer le gouvernement sur ce conseil de l'ordre, sur ce conseil externe de déontologue, ne cherchent-ils pas à démontrer au gouvernement leur pouvoir de nuisance, pour faire reculer le gouvernement sur le sujet qui les intéresse réellement, ce conseil de l'ordre ?

 

Une manière de rappeler à ce gouvernement que, de la même manière qu'ils ont pu favoriser son élection et lui donner une légitimité, les médias peuvent tout autant donner de l'importance, offrir une caisse de résonance à ce mouvement social, aider les syndicats à mobiliser leurs troupes en présentant leur combat comme légitime. 

 

Car le traitement de la grève du jeudi 5 décembre, rompt avec le traitement de tous les autres mouvements de grève, toutes les autres manifestations depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Voilà un mouvement social qui n'est pas ridiculisé, dont l'importance n'est pas remise en cause, mais qui bien au contraire, est mis en avant bien avant le 5 décembre, de façon à ce que le gouvernement, les décideurs n'oublient pas que ce mouvement arrive et qu'il sera un obstacle majeur sur leur route. Un test majeur. Je ne peux en déduire qu'une chose. Soit les médias ont une capacité invraisemblable à capter l'essence du temps, la réalité des choses, et je ne peux là que m'extasier devant la qualité de leur capacité à appréhender le réel, les événements qui vont arriver ; soit les médias ont démontré une nouvelle fois à cette occasion leur capacité d'influencer leurs auditeurs, leurs lecteurs, leur public en arrivant à les persuader qu'il leur fallait manifester ce jour-là, malgré les risques d'affrontement.

 

Ou bien y a-t-il un peu des deux ? 

 

Car pour avoir été autour de la place de la République ce jour-là, il fallait du courage pour s'enfoncer dans ce qui ressemblait à une souricière, passer devant ces milliers de forces de l'ordre, ces milliers de fourgons alignés les uns derrière les autres dans toutes les avenues ou rues menant à la place de la République, ces gendarmes ou ces militaires armés de fusils mittrailleurs, prêts à en découdre, prêts à refermer la nasse, un peu comme un poisson qui verrait des milliers de pêcheurs converger vers un même point où justement il lui faudrait aller ! Il fallait un certain courage ou une certaine forme d'inconscience pour se jeter ce jeudi 5 décembre dans le piège de la place de la République, à Paris ! 

 

Autre interprétation possible ... Ce traitement médiatique rompt notamment totalement avec le traitement réalisé à l'occasion du mouvement des gilets jaunes. Au minimum, les médias français (même au-delà du Monde) semblent très favorables à ce mouvement de contestation, comme si ce mouvement leur était intelligible, à la différence du mouvement des gilets jaunes !

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/12/07/reforme-des-retraites-les-syndicats-maintiennent-la-pression_6022028_823448.html

 

 

Saucratès


07/12/2019
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