Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Education


De l'enseignement

 

Réflexion trois (dimanche 5 novembre 2017)

Existe-t-il un systeme éducatif meilleur que les autres ... et que faudrait-il modifier dans notre systeme éducatif pour qu'il devienne plus performant ? 

 

Vaste question vous en conviendrez ! La question posée elle-même est tendancieuse ! Que signifie le terme de «performant» ? Pourquoi n'ai-je pas utilisé le terme de «meilleur» (qui lui ne signifie pas grand chose et n'est pas connoté) à sa place ... seulement dans l'optique d'éviter la répétition ? Le terme «performant» est un terme politiquement correct pour un macroniste, avec une dimension productiviste et de rentabilité. Ce n'est pas le bonheur des enfants qui est poursuivi par un système éducatif mais le fait de produire des travailleurs rentables et productifs, employables !

 

Quel serait donc le meilleur système éducatif possible ? Comment le définir et mesurer sa valeur (le terme politiquement correct serait «efficacité») ? Et qu'entend-on par «valeur» ? Le meilleur systeme éducatif possible est-il celui qui rend les enfants le plus heureux possible ? Est-ce le bonheur des écoliers, des collégiens ou des lycéens qui est recherché par le système éducatif ? Si oui, ce serait un constat d'échec drastique à reconnaître pour nos systemes éducatifs ! Il y a si peu d'enfants heureux à l'école, au collège ou au lycée ! 

 

Une autre mesure possible du meilleur système éducatif possible semble devoir être les résultats obtenus au cours des enquetes PISA. Le meilleur système éducatif possible serait donc mesuré au travers des résultats à des tests aléatoires sur la compréhension des mathématiques, des langues ou de la physique ? Car c'est bien là que se trouve l'une des limites des enquêtes PISA ; c'est l'aspect aléatoire du choix des élèves et des établissements interrogés. Imaginons que les meilleurs collèges de la capitale soient retenus dans l'échantillon interrogé, et que ce soit les meilleurs élèves de ces établissements qui soient retenus dans ces établissements, et que ces derniers soient suffisamment nombreux ; les résultats moyens de la France aux tests PISA deviendraient phénoménaux, et la France deviendrait le pays le plus fort aux tests PISA. Evidemment, si on retient les pires établissements scolaires francais, et dans ces établissements, les élèves les moins travailleurs et les moins attentifs, on aura des résultats médiocres, comme c'est le cas aujourd'hui. Certains pays ne trafiquent-ils pas les méthodes d'échantillonnage de l'enquête PISA pour afficher des résultats satisfaisants, et la France ne cherche-t-elle pas volontairement à faire apparaître des résultats médiocres pour pouvoir mettre en oeuvre les réformes scolaires qui l'intéressent ?

 

Si si on suit l'idéologie poursuivie par la socialiste Valaud-Belkacem au collège, qui visait à l'égalitarisme le plus pur, avec la suppression des classes bilingues en sixième, l'abandon de l'enseignement du grec et du latin, il semble que les extrémistes islamo-socialistes visaient à un nivellement dès niveaux scolaires de telle sorte que les enquêtes PISA eussent une probabilité égale de tomber sur des élèves de même niveau dans toutes les classes et tous les établissements scolaires. Cela aurait certes permis d'améliorer les résultats aux enquêtes PISA, sorte de Saint Graal pour la mesure de l'efficacité des systèmes scolaires (de la même manière que le classement de Shanghai est le Graal des systèmes universitaires français et mondiaux), mais au prix d'un nivellement des niveaux au niveau des plus faibles ! Comme si les islamo-gauchistes autour des socialistes visaient à eviter que les jeunes puis le peuple soit capable de reflechir et de les concurrencer ! Par ailleurs, ces enquêtes telles PISA ont-elles véritablement une quelconque importance, dès lors que leurs résultats dépendent aussi fortement des niveaux des établissements retenus et des niveaux des élèves interrogés ? Les collèges élitistes parisiens ou les collèges privés ont-ils la même probabilité d'être retenus dans cette enquête, que les collèges des zones d'éducation prioritaire ou des collèges professionnels ? 

 

Tout cela, c'était pour répondre à la question de savoir s'il y avait un système éducatif meilleur que les autres. Et je ne me suis intéressé qu'à la première interrogation liée à cette question qui était de savoir ce qu'il fallait entendre par «meilleur» ! Si vous m'avez suivi, j'en arrive à la conclusion qu'il n'existe aucune mesure simple du caractère «meilleur», ni aucune possibilité d'appréhender les critères permettant de définir ce «meilleur» ! Le meilleur critère possible serait le bonheur des écoliers, collégiens et lycéens. Mais même cette mesure est presque impossible à réaliser, parce que la simple impression de bonheur est divergente selon les enfants et les jeunes, selon les gens tout simplement. 

 

La deuxième question est tout aussi compliquée. Que modifier dans notre système éducatif ? Y a-t-il même quelque chose à modifier ?

 

Comme je l'indiquais hier, on ne peut pas toucher à l'économie du système éducatif français, ce serait un non-sens ... c'est-à-dire ni le nombre de semaines de vacances, ni l'organisation des semaines ou des journées de cours ... C'est évidemment celui-ci que souhaitaient détruire les islamo-socialistes Hollande et Valls, et Valaud-Belkacem, en réformant les rythmes scolaires au Primaire, en faisant travailler une demi-journée de plus les enfants, en voulant leur voler quelques semaines de vacances d'été, et en voulant mettre en place des activités périscolaires à partir de rien, avec des emplois publics aidés. Evidemment, j'étais contre ses réformes, comme mon fils qui avait huit ans en 2012, lors de l'élection d'Hollande.

 

J'en reviens donc à ma question originale. Que faudrait-il changer dans le système éducatif français pour qu'il devienne plus juste, meilleur, plus efficace ? Ne rien changer n'est pas la solution. La volonté d'amener 80% d'une classe d'âge au baccalauréat n'est pas non plus susceptible d'être remise en cause, même si dans les faits cela oblige à transformer l'épreuve du baccalauréat pour lui enlever beaucoup de sa valeur et de sa difficulté. Là encore, l'exemple allemand et sa mise en avant de l'apprentissage permettrait d'imaginer une autre solution, mais cette solution plaisait beaucoup moins aux islamo-gauchistes socialistes. 

 

Par contre, pour arriver à un système capable d'amener 80% d'une classe d'âge au baccalauréat, il fallait un système éducatif beaucoup moins sélectif, beaucoup moins tourné sur une sélection par les maths et le français, mais offrant une même pondération à toutes les matières ... Les élèves peuvent donc passer de classe en classe en étant bon en dessin, en musique, en sport ou en autre matière accessoire et sans intérêt ... S'il faut donc changer quelque chose dans le système éducatif français, c'est bien cette absence de sélection et cette mise en avant des matières sans intérêt, pour redonner une importance aux mathématiques, au français, à l'histoire-géographie, aux sciences et aux langues - ainsi qu'au latin. Le reste, avec l'arabe et l'apprentissage de l'islam, chère aux islamo-gauchistes socialistes, n'est que pipi de chat ! Soit tout le contraire de ce qui a été poursuivi par les islamo-socialistes depuis 30 ans.

 

Dernière chose que je changerais, ce sont les enseignants. Il y a tellement d'enseignants médiocres et incompétents, dont la seule competence est de faire souffrir et de se venger sur les gosses auxquels ils devraient enseigner. Pourquoi les cours de certains enseignants au collège ou au lycée sont-ils phenomenalement intéressants et unanimement appréciés, alors que participer et suivre les cours d'autres enseignants (infiniment plus nombreux), est une corvée pendant laquelle les enfants n'apprennent rien voire ne risquent que de subir des sanctions, punitions, ou mauvaises notes injustes ? Si l'on pouvait exclure du métier de l'enseignement l'ensemble des mauvais enseignants, pour ne garder et y mettre uniquement ceux qui aiment enseigner et apprendre aux enfants, alors je pense que le système educatif français y gagnerait énormément, que ce soit en efficacité, en résultats au sens PISA, et en bonheur des enfants d'aller apprendre à l'école !

 

  

Réflexion deux (samedi 4 novembre 2017)

Les comparaisons internationales ... ou comment nos politiques nous comparent toujours à ceux qui les intéressent ! 

 

Le Monde (au travers de son site «Les décodeurs») et le ministère français de l'éducation nationale s'intéressent désormais au nombre annuel de semaines de congés des écoliers, collégiens et lycéens francais. Les jeunes écoliers, collégiens et lycéens français auraient-ils donc trop de semaines de vacances par rapport à leurs homologues européens ? Ils disposeraient de 16 semaines de congés par années scolaires, dont 8 semaines en été et 8 semaines en cours d'année ! La France serait d'après le site des décodeurs largement plus généreuse que les principaux pays qui servent de modèle aux gouvernants français.

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/10/23/deux-semaines-de-vacances-a-la-toussaint-l-exception-francaise-en-europe_5204792_4355770.html

 

Parce qu'évidemment, c'est une maladie française que de toujours se comparer aux pays auxquels on voudrait ressembler, aux pays qui semblent être plus libéraux, qui semblent offrir moins d'avantages à leurs salariés, à leurs enfants, à leurs jeunes ... En effet, il y a de nombreux pays qui offrent plus de congés scolaires à leurs enfants : la Bulgarie avec 21 semaines, la Roumanie, l'Italie, l'Estonie, le Portugal et la Lettonie avec 17 semaines. La Suisse, la Suède, la Grèce et Malte octroient un nombre comparable de 16 semaines de congés scolaires. 

 

C'était la grande idée du Parti socialiste en 2012, leur grande idée pour améliorer les résultats scolaires des petits français ; leur retirer des semaines de congés scolaires pour les faire travailler plus longtemps. Ce gouvernement ultra libéral de Macron-Philippe commence également désormais à y réfléchir. 

 

Tout aussi bizarrement, on ne se compare pas à ceux qui ont le plus de vacances dans cette histoire, comme la Bulgarie, l'Italie le Portugal, la Grèce ou la Suède ... Non la France aime se comparer à ses grands voisins, comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni (13 semaines de congés scolaires). Les pays que les gens qui nous gouvernent apprécient et veulent copier.

 

Mais ce que ces gens là ne peuvent pas comprendre, c'est qu´une organisation des études, ou bien celle du Monde du travail, est un système complexe. On ne peut comprendre et modifier de tels systèmes que si on appréhende l'ensemble du système. Pour parler du système d'éducation allemand, les écoliers, collégiens et lycéens allemands peuvent avoir moins de congés scolaires que les jeunes francais parce que l'organisation de leurs études est différente, avec des cours concentrés le matin et jusqu'à midi, tandis que les après-midi sont occupés par des activités sportives ou culturelles. Il en va de même également en Espagne. Ils peuvent avoir des activités culturelles ou plutôt sportives les après-midis parce que les clubs de sport sont organisés pour le permettre de recevoir et entrainer des jeunes tous les jours de la semaine (et pas seulement le mercredi ou les soirs à partir de 17 heures comme en France). C'est aussi possible parce que les familles peuvent récupérer leurs enfants en début d'apres-midi pour les déposer, ou parce que les transports scolaires sont organisés de cette manière. Les familles peuvent s'organiser parce qu'un des deux parents dans les familles peuvent s'organiser pour être libre. C'est possible parce que les salaires moyens y sont plus élevés, et parce que le pouvoir d'achat des familles doit supporter une charge moindre des frais pour se loger (loyers plus faibles et prix du foncier en retrait). 

 

Un système national d'éducation ou législatif est un ensemble complexe. On ne peut pas copier ce qui nous intéresse dans un autre système étranger en éliminant toutes les autres composantes ou sans en tenir compte. On ne peut pas copier une partie du système éducatif allemand sans prendre en compte son ensemble. C'est ce que Hollande et les socialistes avaient souhaité faire en 2012 dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires à l'école, et qui explique que cette réforme ait échoué et qu'une majorité de communes soient revenues immédiatement sur cette expérimentation. Il fallait créer ex-nihilo l'ensemble de l'écosystème périscolaire allemand du jour au lendemain, sans associations, sans bénévoles prêts à prendre en charge ces jeunes, et sans habitude des entreprises d'autoriser leurs salariés à être bénévoles ou simplement à pouvoir récupérer leurs enfants. D'où son échec ! Ceux qui s'occupaient des activités périscolaires étaient des emplois précaires, financés par l'Etat ou par les communes, pour la plupart 

 

De la même manière, Macron semble réfléchir à des pistes pour désinciter les ménages francais à devenir propriétaires et à investir dans l'immobilier. Avec une référence à l'Allemagne ou le taux de ménages propriétaires de leur maison y est beaucoup plus faible. Il va donc augmenter des taxes, transformer l'ISF en une taxe immobilière, voire faire payer les propriétaires comme s'ils payaient un loyer fictif à l'Etat. Mais là encore, il s'agit d'un ensemble extrêmement complexe. Les prix des loyers sont beaucoup plus faibles en Allemagne qu'en France. Ne pas y être propriétaire de son logement n'est donc pas un problème ; il y a un parc très large de logements à louer à des tarifs accessibles, à la grande différence de la France où les loyers y sont extremement chers. De même, les prêts immobiliers sont une composante essentielle de l'équilibre économique des banques francaises ; faire disparaître les prêts immobiliers (ou désinciter) ou fragiliser la situation financiere des ménages emprunteurs aura un impact important sur le modèle et sur la solidité des banques françaises.

 

Dans l'ensemble de ces exemples, on se rend compte que nous avons des apprentis sorciers à la tête de notre pays et au gouvernement, qui ne sont intéressés que par l'idée de faire des réformes parce qu'il faut faire des réformes, et qu'en réformant, tout forcément va s'arranger tout seul pour s'équilibrer tout seul. La réforme des instances représentatives du personnel et du Code du travail par les ordonnances Macron repose exactement sur la meme idée. On réforme sans avoir aucune idée de ce que l'on est en train de réformer, sans comprendre les équilibres que l'on est en train de detruire, pour aider les entreprises à reprendre le pouvoir face aux syndicats, par pur principe ultra libéral, ou par amitié pour le Medef ... Tant pis si les entreprises sont désorganisées, si les personnels ne seront plus représentés ou défendus, si les droits sociaux des salaries, des hommes et des femmes régressent. Il y a un mantra libéral gouvernemental : il faut réformer et la France n'aime pas les réformes donc les réformes doivent être faites pour le bien de tous par des gens bien informés ! Par des abrutis au gouvernement !

 

 

Reflexion une (jeudi 26 octobre 2017)

Les remarques et commentaires des enseignants sur nos enfants. Portée et charge symbolique.

 

Cet article de blog m'a donné envie de confirmer cette analyse et de parler de ce sujet que sont les enseignants et leur analyse de nos enfants.

http://famille.blog.lemonde.fr/2017/10/01/pour-les-parents-accueillir-les-remarques-des-enseignants-sur-un-enfant-ce-nest-pas-toujours-simple/

 

La position de cette blogueuse (ou de ce blogueur) sur les commentaires des enseignants sur nos enfants me semble excessivement positive. Selon cette personne, en clair, La manière dont nous réagissons aux commentaires des enseignants sur nos enfants s'explique par une forme de régression des parents : «elle se fait l’écho de pas mal de parents qui, s’identifiant à leur enfant, se sentent eux mêmes en faute». Les parents font l'erreur de s'identifier à leur enfant, voire même pire d'idéaliser leur enfant. Selon cette blogueuse, «le jugement des enseignants est souvent le premier jugement extérieur, sans affects, qui sonne comme un sérieux rappel à la réalité». Jugement sans affect, extérieur, signe donc de sa neutralité ? Et de son professionnalisme ? Un rappel à la réalité ... signe donc que ce jugement se référerait donc à ce qui est reel, objectif, vérifiable, par différence avec le jugement des parents qui serait forcément affectueux, aveugle, subjectif, invérifiable, irréel ou plutôt fantasmagorique, rêvé ?

 

Tout juste cette blogueuse signale-t-elle «que si certains professeurs ont des observations constructives, d’autres ne font pas dans la nuance et assènent les choses de façon assez agressive». 

 

Ma position sur cette question sera évidemment très largement différente. Je ne suis d'ailleurs pas certain que ce blog (http://famille.blog.lemonde.fr) soit tenu par un parent d'élève. Je pencherai plutôt pour un blog tenu par un enseignant ou une enseignante, accessoirement parent d'élève peut-être. Ce billet excessivement favorable à la vision des enseignants sur les relations avec les parents d'élève me semble le démontrer amplement.

 

Pour ma part, je suis simplement un parent d'élèves, et ex-victime du système d'enseignement français. Les plus belles années de ma vie d'enfant furent passées dans le système d'enseignement sénégalais, chez les Maristes, ainsi que dans le système d'enseignement réunionnais. J'ai trouvé dans ces deux systèmes d'enseignement, calqués d'ailleurs sur le système français (La Réunion est d'ailleurs dans la France), une beaucoup plus grande tolérance envers la diversité et la difference, que je ne l'ai trouvé dans le système éducatif franco-français, ou la moindre divergence est sanctionnée de la même manière : la violence entre pairs et la violence éducative ou institutionnelle.

 

Je reconnais donc que mon point de vue ne sera pas beaucoup plus mesuré que celui de cet autre blogueur ou blogueuse.

 

J'ai rarement rencontré parmi les enseignants de mes enfants des personnes capables d'avoir des positions équilibrées entre qualité et défaut sur mes gosses. Comme l'indique la blogueuse à laquelle je me suis référée, des enseignants capables d´observations constructives. Certes, ils existent, ces enseignants merveilleux, j'en ai rencontré et c'était des amis, mais ils sont extrêmement rares. Ces enseignants merveilleux sont d'ailleurs ceux que les parents d'élève ne rencontrent pratiquement jamais. Ce sont des enseignants avec lesquels les enfants ont rarement dès problèmes ou bien qui savent les gérer directement avec les élèves, sans médiation nécessaire avec les parents.

 

Lorsque les parents sont convoqués face à un enseignant, c'est très rarement un enseignant capable d'observations constructives. Le plus souvent, pour ceux que j'ai rencontré, votre enfant porte toutes les tares de la Terre, et plus la discussion s'avance, plus le tableau est noirci. Au final, le plus souvent, l'enfant semble être devenu le Mal personnifié, Satan réincarné ! 

 

Bon, vous imaginez certainement que ce genre de discussion avec les enseignants de mes enfants se terminait le plus souvent très mal, non pas en pugilat, mais en conflit ouvert forcément. Pour l'une des premières fois, en classe de CE1, l'enseignante était persuadée que notre enfant avait un retard mental. Il nous a fallu lui faire passer un test de QI, qui a demontré qu'il avait un quotient intellectuel supérieur à la moyenne, pour qu'elle lui foute la paix et limite les punitions injustifiées. Cette enseignante avait des méthodes de gestion de la classe certainement modernes, mais injustes et inégalitaires. Donner des pouvoirs de coercition à de jeunes enfants pour faire respecter leurs autorités, et appuyer les punitions données par ces enfants, me semblent être une aberration totale.

 

Après, évidemment, quand je parle de quotient intellectuel, je ne parle pas de quotient émotionnel, et je ne suis pas sûr que ni moi ni mon enfant ne disposions d'un haut niveau de QE, ou plutôt d'un niveau de QE qui nous rende apte à gérer facilement des relations interpersonnelles. 

 

Ces enseignants pour lesquels chaque enfant est dépositaire de l'ensemble des tares de la Création imaginent-ils (ou imaginent-elles) les raclées monumentales et les punitions injustifiées dont les enfants sont victimes par leur faute, suite à ces réunions de parents d'élève où ces enseignants incompétents se sont défoulés sur leurs pauvres élèves pour oublier leur vie miserable ou leur quotidien étriqué ? Dans mon enfance, chaque rencontre parents-professeurs se soldait par des séances de martinet ou une fessée ; c'était certainement la manière de ma mère d'évacuer le trop plein d'exaspération à son syndrome d'identification à son enfant, à en croire cette chère blogueuse ! LOL !

 

Heureusement pour moi et mes enfants, je n'ai pas répété ce comportement vis-à-vis de mes enfants dans ce genre de situation. Les rencontres parents-professeurs sont juste devenues pour moi une perte de temps absolu, puisque les enseignants capables de remarques équilibrées et constructives (chaque enfant a forcément des qualités et des défauts ... en tant que parent, on n'est pas aveugle) sont extrêmement rares ; le reste des enseignants étant des incapables et des incompétents qui ne devraient pas enseigner, ou du moins, qui ne devraient pas rencontrer les parents d'élève.

 

Tout le monde n'est pas capable d'enseigner. Que ce soit à des enfants ou à des adultes. Une bien trop grande proportion des enseignants ne le font pas d'ailleurs par vocation, mais simplement parce qu´ils n'ont pas d'autres débouchés à leur étude (histoire, géographie, sport, sociologie) ou parce que c'est cela ou le chômage, ou bien simplement la peur du chômage ! Et même chez ceux qui le font par vocation, certaines personnes sont tellement formatées, excessives, rigides, qu'elles représentent également l'archétype du mauvais enseignant. Quelle tristesse qu'on n'apprenne pas d'abord aux enseignants à s'ouvrir aux autres, à écouter les autres, avant de les formater à la science de l'enseignement et de la pédagogie. Seuls des soufres-douleurs et des enfants martyrs devraient devenir enseignants. Comme dans le film «Captain America», il faut avoir été un faible pour connaître le sens du pouvoir et de la force, et pour le meriter et en faire bon usage.

 

Tous les enfants ne sont d'ailleurs pas non plus comparables. Certains connaissent intuitivement la manière de se comporter, de réagir et d'agir, que ce soit face au pouvoir institutionnalisé des enseignants ou de la hiérarchie scolaire, ou face à leurs pairs, aux autres enfants, aux forts comme aux faibles, ceux que l'on peut écraser ou devant lesquels il faut s'écraser. Et d'autres enfants ne comprendront jamais la facon dont il faut réagir et se tenir, et le feront à mauvais escient. J'ai eu deux enfants et chacun réagissait différemment. Aucun souci et une capacité d'attention en classe, ne le faisant jamais être remarqué pour le second, à la différence du premier pour lequel mon épouse était régulièrement convoquée (ils avaient apparemment compris que ce n'était pas la peine avec moi, même si j'étais régulièrement présent dans l'école).

 

Quelle part de transfert et de répétition inter-générationnelle y a-t-il dans ce domaine, que ce soit dans mon interprétation de ce genre de situation, dans ma facon de réagir, dans les comportements de mes deux enfants, dans le comportement de ces enseignants, ceux que je critique et abomine, ou ceux que je considère comme bons ou compétents ? Dans les méthodes même d'apprentissage et d'enseignement ? Tout n'est peut-être que transfert !

 

 

Saucrates


26/10/2017
0 Poster un commentaire

La réforme des rythmes scolaires

 

Réflexion deux (mardi 22 octobre 2017)
Parmi les rares bonnes décisions du gouvernement Macron-Philippe, il y a le retour en arrière sur toutes les réformes sur l'éducation nationale, dont il faut se réjouir.

 

Depuis l'installation du nouveau gouvernement Macron-Philippe et du nouveau ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, de nombreuses réformes des socialistes visant au nivellement par le bas du système éducatif français ont été remis en cause et supprimés, ce que je vis comme une véritable victoire, un ravissement, une chance, ou en d'autres termes une excellente chose. Les politiques dogmatiques des Ayatollahs socialistes (comme de la precedente ministre Najat Valaud-Belkacem) visant à  une égalité supposée des chances, du nivellement par le bas des méthodes d'apprentissage, sont enfin mis à la poubelle de l'histoire. Plus de semaine de 4 jours et demi imposée à tous, et de manière amusante, presque toutes les mairies de France ont choisi de mettre fin à l'expérience de la réforme des rythmes scolaires, sauf les pires Ayatollahs socialistes comme le maire de Saint-Denis de La Réunion, Gilbert Annette, père de l'ex-ministre d'Hollande Ericka Bareigh. 

 

Najat Valaud-Belkacem n'avait pas comme seule marotte la réforme des rythmes scolaires en école primaire. C'était même plutôt la marotte de François Hollande, du précédent ministre de l'éducation, Vincent Peillon, et du premier conseiller en matière scolaire du candidat François Hollande en 2012, Bruno Julliard (ancien syndicaliste étudiant jusqu'à un âge avancé) qui prévoyait aussi en 2012 de réduire de deux semaines la durée des vacances d'été. Non, la véritable marotte de Najat Valaud Belkacem était, sous prétexte de combattre l'impression de forte inégalité du système d'enseignement français, de supprimer l'enseignement de deux langues étrangères pour certains élèves en sixième (les fameuses classes bi-langues que mes enfants ont évidemment suivies), ainsi que l'enseignement des langues antiques (latin et grec, que mes deux enfants ont evidemment également suivies). Toute la politique conduite par Najat Valaud-Belkacem tient en quelques idées : empêcher tout enseignement qui n'est pas utilisé par tous les enfants, ou bien dont les petits africains et petits arabes ne voient pas l'intérêt dans l'école française ... mais également de fragiliser tout enseignement de la culture européenne et de ses racines antiques et chretiennes, pour survaloriser l'islam au détriment de la chrétienneté. On l'aurait laissé encore quelques années au ministère de l'éducation nationale, et elle nous aurait imposé l'usage de l'arabe comme langue d'enseignement.

http://www.lemonde.fr/education/article/2012/05/10/le-programme-hollande-pour-la-rentree-scolaire_1698891_1473685.html#0PfO7yDzFTHm3osc.99

http://www.voxe.org/education-nationale-bilan-hollande/

http://www.lemonde.fr/education/article/2017/06/08/education-jean-michel-blanquer-veut-autoriser-a-nouveau-le-redoublement_5140325_1473685.html

 

Le nouveau ministre de l'Education Nationale Jean-Michel Blanquer, ainsi que ce gouvernement Macron-Philippe, nous ont donc rétabli l'enseignement de ces matières optionnelles (latin, grec, classe bilingue), certes parfois utilisées dans un but élitiste, mais également très formatrice (je suis sûr que jeune, Emmanuel Macron a suivi des cours de latin et de grec au collège et qu'il y excellait). Il faut être un Ayatollah socialiste obtus et psychorigide pour vouloir faire disparaître ces enseignements, qui ne sont en plus même pas réservés à certains enfants ! Si tous les collégiens voulaient faire du grec et du latin, il faudrait y mettre les moyens en professeurs mais ce serait possible ! Evidemment, en regard de toutes les difficultés que j'ai eu à y faire adhérer mes deux enfants, qui comptabilisent/comptabilisaient les heures de cours qu'ils ont/avaient de plus que leurs camarades de classe, je comprends parfaitement qu'il faille d'abord que les parents soient persuadés de l'intérêt de ces enseignements pour imposer ou négocier ce choix à leurs enfants. Il faut que ces parents soient eux-mêmes déjà éduqués, ou bien qu'ils aient regretté leur absence de connaissances dans ce domaine. En même temps, si le comble de la réussite pour des parents soit que leurs enfants rejoignent Daech en Syrie, il est clair que l'enseignement du grec et du latin soit d'un faible intérêt !

 

Opposé à tous les programmes d'Hollande, de Valls et de Valaud-Belkacem sur l'école et les programmes, comme des milliers d'enseignants et de parents d'élève, je pense que les décisions des cinq dernières années sous la présidence Hollande ne répondaient en aucun cas au constat que la France était devenue «le pays avec l’école la plus inégalitaire de l’OCDE» (constat effectué par le CNESCO en septembre 2016 - Conseil National d’Evaluation du Système Scolaire)Le rétablissement de ces enseignements ne permettra évidemment pas de modifier ce constat ... Mais on peut aussi voir dans l'ecole un processus permettant aux enfants qui veulent apprendre de les laisser apprendre. D'une certaine façon, on pourra faire tout ce que l'on veut, les enfants qui ne veulent pas apprendre n'apprendront jamais rien. 

 

Il y a un deuxième grand sujet qui me faire hurler et réagir violemment ; c'est la remise en cause des programmes d'enseignement par les descendants des peuples immigrés. Combien d'entre eux remettent en cause le traditionnel «nos ancêtres les gaulois» ? Je l'ai notamment entendu dans la bouche d'une independantiste guyanaise, et-ministre de la justice du gouvernement Hollande Valls, qui expliquait sa rage et son incompréhension lorsqu'on lui parlait de ces ancêtres gaulois. Mais de très nombreux jeunes collégiens ou lycéens descendants de parents immigrés, ou simplement antillais, l'expriment egalement violemment. Comment peut-on parler de leurs ancêtres gaulois alors qu'ils sont noirs ! Cela, je ne peux pas l'entendre ! C'est une question de simple tolérance ; on se doit de respecter l'histoire du pays dans lequel on vit, dans lequel on est hébergé. J'ai suivi deux années de primaires au Sénégal dans les années 1970, et j'y ai appris l'histoire des grands empires des Almoravides et de quelques autres grands empires africains. Et cela a développé mon intérêt pour les autres histoires, notamment de celle de l'Afrique (l'Unesco a publié une histoire tres bien écrit de l'Afrique) et cela m'a aussi dinné envie de l'altérité intellectuelle, notamment par le biais d'études universitaires en anthropologie. Il ne me sera pas venu à l'idée en 1970 de contester l'histoire du Sénégal telle qu'elle était enseignée sous prétexte que j'étais un petit français blanc !

 

Et sur les réformes des programmes sous Valaud-Belkacem, la survalorisation de l'islam m'a posé un véritable problème, notamment lorsque mon enfant s'est vu imposé des contrôles notés sur l'islam, qui comportaient des questions inaccessibles et disproportionnées (combien de sourates dans le Coran et de nombreuses autres questions imposant soit une étude approfondie, soit une connaissance préalable de l'islam) et qui témoignait d'un prosélytisme intolérable de l'islamisme dans l'enseignement au collège. Cela revenait à peu près à permettre à de jeunes descendants d'immigrés musulmans d'avoir pour une fois de bonnes notes au détriment des vilains petits français blancs. Et le professeur donnait-il des points bonus lorsque le devoir était rédigé en arabe ? Et Evidemment, aucune réciprocité dans l'étude de la chrétienté ; il ne faudrait quand même pas imposer à ces charmants chérubins musulmans d'étudier l'horrible et manipulatrice religion catholique ! J´ai trouvé tout ceci lamentable, résultat de cinq années de présidence socialiste et d'actions de Najat Valaud-Belkacem !

 

Enfin, peut-on ne pas parler de l'une des autres merveilleuses idées de ayatollahs socialistes qui avaient créé la commission de fabrique des programmes, pour confier cette tache de réécriture des programmes à une commission de spécialistes ? Manifestement, les ayatollahs socialistes ne savent pas ce que Bourdieu pensait des commissions et de ce que cela entend des objectifs cachés de la création d'une commission ... affaire de spécialistes sous le vernis de la respectabilité des personnes autorisées à penser pour les autres ! Comment contester quelque chose d'écrit par les spécialistes de la chose ? 

http://www.lemonde.fr/education/article/2017/10/14/inquietudes-sur-l-independance-de-la-fabrique-des-programmes_5200980_1473685.html

 

Et mon article traitant du rôle masqué des commissions selon Pierre Bourdieu

http://saucrates.blog4ever.com/les-roles-masques-des-commissions-nommees-par-l-etat-une-lecture-de-pierre-bourdieu

 

 

Réflexion une (mercredi 18 juin 2014)
Retour sur une décision gouvernementale abracadabrante

 

Je souhaitais ensuite parler de la réforme gouvernementale concernant les rythmes scolaires. Il s'agissait d'une promesse électorale du candidat François Hollande lors de l'Election présidentielle de 2012, mais plus largement d'une idée fixe des socialistes en matière d'éducation.

 

Le premier à m'en avoir parlé il me semble en 2012 avait été mon petit garçon (on l'appellera Nicolas) qui avec sa classe tenait une sorte de journal de la campagne électorale. Il avait 8 ans à l'époque et il était en classe de CM1. Donc, Nicolas avait débarqué un jour de l'école, complètement remonté contre François Hollande, qui voulait lui voler son mercredi hebdomadaire de repos, ainsi qu'une partie de ses vacances scolaires. Du jour au lendemain, il s'est transformé en anti-hollandiste acharné et en pro-sarkoziste convaincu.

 

Je suis presque sûr que si à l'époque, les enfants scolarisés en primaire avaient eu le droit de vote, François Hollande n'aurait jamais été élu à la Présidence de la République ! J'espère juste que ces enfants n'oublieront jamais cette décision absurde de François Hollande et des socialistes.

 

Evidemment le sujet des rythmes scolaires est plus vaste que cette petite introduction familiale que j'en donne. Les décisions politiques du gouvernement s'appuient sur un certain nombre d'avis de spécialistes éclairés !

 

Il y a d'abord les avis des chronobiologistes selon lesquels les rythmes scolaires doivent être concentrés sur les créneaux horaires journaliers au cours desquels les enfants sont les plus attentifs. Selon de nombreux chronobiologistes, les trop longues coupures les week-end désynchronisent les enfants en leur permettant de se coucher plus tard, les trop longues périodes de vacances scolaires sont également néfastes aux apprentissages ... A ce sujet là, ma position est très simple.

 

- Premièrement, je suis sûr que de tels personnages défendraient également que l'esclavage était bien meilleur pour la santé des travailleurs (les week-end de deux jours qui se suivent, quelle horreur ... et les congés payés, mauvais pour la productivité des salariés et des entreprises !) que nos droits sociaux occidentaux !

 

- Deuxièmement, depuis quand considère-t-on les positions des spécialistes comme légitimes dans leur domaine de compétence ? Ferait-on confiance à un banquier ou à un financier pour tout ce qui concerne les lois sur la Finance ou la Banque, pour traiter des questions d'endettement et de finances publiques ? On les a laissé faire tout ce qu'ils voulaient pendant des décennies et ils ont failli détruire l'économie mondiale et emporter toutes nos économies dans leur folie destructrice. Pourquoi faudrait-il avoir plus confiance dans les positions des spécialistes en chronobiologie ?

 

- Troisièmement, il risque d'y avoir autant de positions divergentes que de spécialistes de la question, entre ceux qui indique une chose (les enfants sont plus attentifs le matin) et ceux qui indique autre chose (créneaux privilégiés de 9h30 à 12h et de 14h30 à 17h).

 

La deuxième analyse repose sur la dégradation de la position de la France au sein d'enquêtes internationales comparatives sur les résultats éducatifs des différents états : les enquêtes PISA et PIRLS. Pour mémoire, les enquêtes PISA (programme international pour le suivi des acquis des élèves) émane de l'OCDE et couvre une soixantaine de pays (65 en 2012), dont une trentaine de pays de l'OCDE (34 en 2012). La première enquête PISA est sortie en 2000 et la plus récente date de 2012, sur la base d'un rythme triennal. La France recule régulièrement dans les différentes enquêtes PISA successives, en 2000, 2003, 2006, 2009 et 2012. Il est ainsi intéressant de lire les différentes analyses qui ont été publiées au fil des années sur les résultats des enquêtes PISA.

 

En 2009, la France obtenait la moyenne dans les trois capacités étudiées : lecture (496), maths (497) et sciences (498). Mais les critiques les plus importantes portées contre le système éducatif français ne porte pas tant sur les résultats bruts eux-mêmes, que sur leur hétérogénéité en fonction du milieu social des enfants (les milieux favorisés réussissent mieux que les milieux défavorisés) ou leur appartenance a des minorités ethniques, de première ou de deuxième génération. Accessoirement, on observe aussi une discrimination concernant le sexe, les filles réussissant mieux que les garçons, avec un écart qui atteint 40 points en lecture (insupportable discrimination que le gouvernement évidemment ne combattra pas !). Du coup, je trouve bizarre de vouloir combattre et dénoncer des discriminations de milieu ou ethniques, mais de trouver naturelles des discriminations de genre, sous prétexte qu'elles sont favorables au sexe féminin (ce serait au bénéfice du sexe masculin, par contre, je suis sûr que les bien pensants proposeraient d'y remédier !).
http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2010/08122010-pisa.aspx

 

Je serais forcément amené à revenir sur les résultats de ces enquêtes, justement parce que les réponses qui ont voulu y être apportées par le gouvernement, le ministère de l'éducation et les clampins socialistes qui se pressent autour de François Hollande ne me satisfont pas du tout.

 

Je vais ainsi revenir sur ces différentes enquêtes, pour lesquelles je vais transmettre des liens permettant de retrouver les données brutes et des analyses de première main. J'y reviendrais dans de prochaines analyses.

- L'enquête PISA de 2000
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2001/42/2/ni0152_22422.pdf

- L'enquête PISA de 2003
http://cache.media.education.gouv.fr/file/22/0/5220.pdf

- L'enquête PISA de 2006
http://www.education.gouv.fr/cid20804/l-evolution-des-acquis-des-eleves-de-15-ans-en-culture-mathematique-et-en-comprehension-de-l-ecrit.html
http://media.education.gouv.fr/file/2008/41/7/ni0808_22417.pdf
http://media.education.gouv.fr/file/2008/92/8/NI-08-08_23928.xls

- L'enquête PISA de 2009
http://www.education.gouv.fr/cid75400/l-evolution-des-acquis-des-eleves-de-15-ans-en-culture-mathematique-et-en-culture-scientifique.html
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2010/99/6/NIMENJVA1023_161996.pdf
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2010/02/9/NI-10-23_162029.xls

L'enquête PISA de 2012
http://www.education.gouv.fr/cid54176/pisa-2012-les-performances-des-eleves-francais-de-15-ans-restent-stables-en-comprehension-de-l-ecrit-et-en-culture-scientifique.html
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/92/9/DEPP_NI_2013_31_eleves_15_ans_France_selon_PISA_2012_culture_mathematique_baisse_performances_augmentation_inegalites_depuis_2003_285929.pdf
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/92/5/DEPP_NI_2013_30_evolution_acquis_eleves_15_ans_comprehension_ecrit_culture_scientifique_Premiers_resultats_evaluation_internationale_PISA_2012_285925.pdf
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/92/0/DEPP_NI_2013_30_donnees_evolution_acquis_eleves_15_ans_comprehension_ecrit_culture_scientifique_Premiers_resultats_evaluation_internationale_PISA_2012_285920.xls
http://www.oecd.org/pisa/keyfindings/pisa-2012-results-overview-FR.pdf

 

Au delà de ces analyses à venir, je voudrais réagir sur quelques éléments. Tous ceux qui ont déjà des enfants devraient pouvoir me comprendre. Comparer les résultats de ses enfants est extrêmement difficile. Mais expliquer ces différences par des questions de milieu social ou d'appartenance ethnique est une réduction de la réalité. Il y a des critères personnels qui interviennent dans les différences observées, qu'il est réducteur de rapporter à un milieu social ou ethnique. J'ai deux enfants, l'un qui adore lire (le deuxième que j'ai appelé ici Nicolas) et l'autre, l'aîné de mes enfants, que je n'ai jamais réussi à intéresser à la lecture, qui ne lit absolument pas. Je dois surveiller les heures de coucher du deuxième et d'extinction des lumières, et pas du premier qui n'a jamais lu le soir. Même milieu social, même origine ethnique, mais une soif de lecture totalement différente, et peut-être une capacité de compréhension du français très différente au même âge. Est-ce le fait d'être aîné ou benjamin qui influe sur ce comportement, est-ce une compétence individuelle particulière en matière de lecture (le plaisir de lire ou bien une capacité à combiner imagination et lecture) ? En tout état de cause, on peut observer des différences importantes au sein d'une même famille qui s'expliquent par des raisons totalement différentes du milieu social ou du milieu ethnique. Je doute donc de la pertinence de ces mêmes seuls arguments dans le cadre d'une enquête comme l'enquête PISA, au niveau d'une nation. Les écarts de sexe, de place dans la famille ou de compétences particulières me semblent tout autant pertinentes que celles concernant le niveau social ou l'appartenance ethnique.

 

Autre élément de réaction, j'ai également lu dans l'une des analyses qui avait été faite de l'enquête PISA de 2009, que les auteurs indiquaient que c'était «comme si l'Ecole française abritait trois systèmes éducatifs différents (pour les différences en capacité de lecture entre les immigrants de première génération - à 420 en lecture - ceux de seconde génération - à 448 - et les autochtones - à 502)». Les auteurs rapprochaient ainsi ces résultats de notre système éducatif «de la Thaïlande ou de Trinidad pour les immigrants de première génération, du Chili pour les immigrants de deuxième génération, et de la Norvège pour les autochtones». Mais pour ces pays de référence, il s'agissait également de moyennes, entre des bons ou très bons résultats, et des mauvais résultats, s'expliquant aussi par toute une autre série de facteurs d'explications. La comparaison et l'analyse ne me semble ainsi n'avoir aucune pertinence !

 

Enfin, toujours sur la méthodologie scientifique, au vu de tous les croisements d'origine ethnique et de milieu social, il est possible de s'interroger sur la représentativité et la qualité statistique de ces résultats. Il ne s'agit pas d'une enquête portant sur l'exploitation des résultats à des tests de l'ensemble des enfants français. Il ne s'agit que d'un échantillonnage de quelques milliers d'enfants pour la France, choisis de manière aléatoire entre une petite centaine d'établissements scolaires dans toute la France. Autant dire que la moindre erreur d'échantillonnage, un poids un peu trop important accordé à tel ou tel type d'établissements difficiles (zone d'éducation prioritaire) aurait un impact très fort sur les résultats finaux. Vous mettez le lycée Henri IV ou celui d'une ZEP de Sarcelles, et je pense que les résultats moyens obtenus seront fort différents.

 

(nota : ainsi l'enquête PISA de 2000 portait pour la France sur 184 établissements accueillant des élèves de 15 ans. Le tirage de l'échantillon tenait compte du type d'établissement (collège, SEGPA compris, lycée professionnel, lycée agricole, lycée d'enseignement général et technologique). Dans chacun de 184 établissements, une trentaine d'élèves au maximum étaient sélectionnés aléatoirement. L'échantillon français regroupait au total 4.673 élèves).
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2001/42/2/ni0152_22422.pdf

 

Autre élément de réaction, les seules pistes de réflexion envisagées par le gouvernement pour améliorer les résultats des écoliers, collégiens et lycéens français portent uniquement sur le nombre d'heures et de jours d'école des écoliers, et sur des modifications des programmes. Pourtant, je suis certain que la meilleure piste d'amélioration des résultats scolaires de nos enfants passerait par une réduction du nombre d'enfants par classe. Dans toutes les classes où mes enfants sont passés, ils étaient à plus de 30 élèves par classe. Je n'ai pas souvenir d'avoir été dans des classes aussi chargées dans les années 1970 et 1980. Si le gouvernement voulait vraiment améliorer les résultats de nos enfants, il imposerait un nombre maximum d'enfants par classe au primaire, au collège et au lycée d'une vingtaine d'enfants par classe. Les enseignants auraient moins d'enfants à encadrer et pourraient effectuer plus de suivis personnalisés. Mais cela demanderait des effectifs enseignants supplémentaires, des classes supplémentaires, des bâtiments supplémentaires que le gouvernement n'est absolument pas prêt à concéder. Je suis ainsi persuadé que la dégradation des résultats scolaires que l'on observe depuis 2000 par le biais des enquêtes PISA, et depuis les années 1960 ou 1980 en dehors de ces enquêtes, s'explique essentiellement par les politiques d'économie budgétaire des gouvernements successifs de droite et de gauche, par le non-remplacement des enseignants, par le transfert vers les collectivités locales des efforts d'investissement en nouveaux bâtiments que l'Etat ne veut plus engager, et par le refus du gouvernement de s'attaquer au lobby des enseignants sur la question de la durée du travail des enseignants. Entre les années 1960, 1980, et 2010, on a augmenté le nombre des élèves, des collègiens et des lycéens par classe, au détriment de la qualité de l'enseignement et du transfert de compétences. Dans des classes de 32 à 33 élèves, malheur à l'enfant qui décroche ou qui ne comprend pas une notion. Face à des enseignants parfois démissionnaires, ou prompts à condamner l'incapacité de l'enfant à apprendre (et plus largement l'enfant lui-même considéré alors comme un enfant à problème), l'enfant en difficulté sur une notion est forcément perdu. J'ai découvert récemment, en classe de CM2, que mon fils (Nicolas) avait mal compris les notions de Nord et de Sud. Il avait confondu (inversé) les hémisphères, et à aucun moment, l'enseignante ne s'en est aperçue. Elle a continué à enlever des points dans les évaluations de mon enfant sans jamais s'intéresser au fait de savoir si ces erreurs ne s'expliquaient pas par une notion mal comprise. Je suppose que soit, cette enseignante ne devrait pas enseigner, soit l'explication réside uniquement dans le nombre trop élevé d'élèves par classe. Selon moi, cette histoire révèle également l'inanité des systèmes de notation et d'évaluation à la française, qui, si ceux-ci ne permettent de relever ce genre de difficultés, ne servent tout simplement à rien.

 

Enfin, et je terminerais sur ce dernier sujet, ce qui est mis en cause dans plusieurs enquêtes PISA, c'est la politique française de redoublement. Plusieurs enquêtes PISA signale bien effectivement que d'autres pays pays, affichant de meilleurs résultats que la France, ne procède pas à un système de redoublement et que tous les enfants d'une même classe d'âge se trouvent dans les mêmes cursus scolaires, dans des classes de même niveau. Un certain nombre d'enquête PISA faisaient ainsi apparaître que les résultats des enfants variaient énormément selon la classe où ils étaient, s'ils avaient redoublé ou non.

 

Voilà en quelques mots ce que je voulais dire sur ce sujet des rythmes scolaires et sur mon incompréhension vis-à-vis des réponses abracadabrantes apportées par le gouvernement socialiste français.

 

En clair, pourquoi le retard de la France observée dans les enquêtes PISA, concernant les élèves âgés de 15 ans, principal argument avancé par le gouvernement pour la réforme des rythmes scolaires, ne concerne-t-il aucun des éléments qui impacteraient directement les élèves concernés (disparition du redoublement, baisse du nombre d'élèves par classe, modification du système français de notation/jugement) mais va uniquement toucher les jeunes écoliers qui ne seront concernés que dans au mieux 4 à 5 ans par les enquêtes PISA ?

 

 

Saucratès


17/10/2017
0 Poster un commentaire

Les erreurs socialistes : la réforme des rythmes scolaires

 

Réflexion une (18 novembre 2013)
Où l'on commence à comprendre que la réforme des rythmes scolaires est une gigantesque ânerie ... Mais où l'on découvre aussi que les arguments des socialistes pour la défendre reposent une nouvelle fois sur une vieille haine rance des classes moyennes ...

 

Voilà quelques articles du journal du Monde qui traitent d'une manifestation de quelques parents et éducateurs dans la ville d'Auxere dans l'Yonne.

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2013/11/14/avec-la-reforme-des-rythmes-scolaires-les-enfants-sont-creves_3514252_1473688.html

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2013/11/14/rythmes-scolaires-les-piques-de-peillon-aux-opposants_3514249_1473688.html

http://www.lemonde.fr/education/article/2013/11/12/rythmes-scolaires-a-paris-les-animateurs-appellent-a-debrayer-ce-mardi_3511796_1473685.html

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2013/10/19/rythmes-scolaires-ce-debut-d-annee-a-ete-epuisant_3496497_1473688.html

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2013/10/31/rythmes-scolaires-des-syndicats-appellent-a-une-greve-nationale-le-14-novembre_3506576_1473688.html

 

Ces parents et éducateurs ne font que confirmer ce qui m'était apparu comme évident dès que j'avais pris connaissance de ce projet de loi socialiste sur la réforme des rythmes scolaires. Que des enfants obligés de se lever cinq jours de suite extrêmement tôt, au lieu de pouvoir se reposer le mercredi matin et de faire une grasse matinée, seront forcément beaucoup plus fatigués qu'ils ne l'étaient précédemment !

 

Mais cet article a au minimum l'intérêt de démontrer que je ne suis pas le seul à dénoncer ce genre d'incohérences et ce tissu de conneries d'un gouvernement d'incompétents et de fanatiques ! Ce n'était pas l'amélioration du bien être des enfants qui était recherché dans cette réforme ! Ce n'était même pas l'amélioration des résultats de l'école ! Ce n'était que les idées d'un groupe de fanatiques incompétents, appuyés par de soit-disant spécialistes des rythmes scolaires, mais totalement étrangers au monde de l'enfance et vivant surtout dans un monde de bisounours où l'enfant serait sensé être heureux à l'école, par opposition à un monde familial qui serait castrateur.

 

Alors c'est peut-être vrai dans certains milieux sociaux. Il est peut-être également vrai que ce serait fantastique si l'école pouvait être un monde merveilleux de douceur, de relations humaines apaisées et enrichissantes, un monde où les enfants pourraient être heureux.

 

Mais ce n'est pas le cas ! L'école est un monde de violence, entre pairs notamment, et justement encore plus au sein des écoles où les milieux sociaux défavorisés sont fortement représentés. L'école est également un lieu où les enfants sont à la merci d'adultes abuseurs et d'adultes en déshérence, qui n'ont pas trouvé d'autre occupation professionnelle et qui le font sans intérêt, sans vocation.

 

Mais il y a pire. Il y a une volonté politique des élus socialistes de s'attaquer aux classes moyennes ... à la majorité des français qui ont construit leur vie autour de leurs enfants, autour de la famille, à la différence d'une minorité pour lesquels les enfants ne sont qu'un moyen de subsistance, la certitude de recevoir les allocations familiales ... enfants que ces familles éclatées (ou non), vivant en marge de la société française, qu'ils destinent à venir grossir les rangs des délinquants et des dealers de drogue !

 

Dans le grand combat mené par les socialistes contre les classes moyennes françaises, la réforme des rythmes scolaires a été l'une des armes utilisées. Il faut arracher l'enfant au monde de ses parents, à la sécurité du cocon familial, pour le jeter dans la violence des cités. Cela se retrouve dans les arguments justement d'un simple maire de gauche d'une simple commune française (Bernard Moraine, le maire divers gauche de Joigny depuis 2008). Selon lui, l'argument des opposants à la réforme des rythmes scolaires («La désorganisation des rythmes familiaux et l'obligation pour certains enfants de devoir renoncer à des activités extrascolaires le mercredi après-midi ?») ne tient pas : «Cela concerne les enfants dont les parents ont les moyens. Les enfants du peuple, eux, n'y vont pas. Avec cette réforme, notre jeunesse va pouvoir accéder à des activités auxquelles elle ne pouvait pas accéder avant.»

 

Voilà l'image que les socialistes ont du problème. «Les enfants dont les parents ont les moyens» (de leur offrir des activités périscolaires comme le tennis, le football, la danse, le judo, le karaté ... on ne parle pas d'activités comme le golf ou le polo !) appartiendraient à une sorte de caste  de privilégiés qu'il faut combattre ... Et ces socialistes leur opposent «les enfants du peuple», une sorte majorité fantasmée de la population qui ne prendrait apparemment pas le temps ni le choix d'offrir à leurs enfants des activités périscolaires !

 

Il y a un déni de la part des socialistes de la réalité de la société française ... la croyance que la minorité d'étrangers et d'assistés qu'ils prennent pour les français, constituent la majorité de la population française. Ils n'ont rien compris ! Ils haïssent les classes moyennes et défendent une minorité d'exclus qu'ils sont tout fiers de défendre ... Tant pis si ces exclus ou ces étrangers qu'ils défendent enlèvent des enfants pour les forcer à demander l'aumône. Tant pis si pour cela, il faut accroître les prélèvements sociaux et les impôts, à condition que leurs pauvres soient épargnés.

 

Il y a une haine des classes moyennes et un mépris des enfants que je ne comprends pas venant de ces politiques véreux, incompétents et intéressés. Il faut combattre la réforme des rythmes scolaires parce que ce sont nos enfants qui vont en être les victimes, tant que ce gouvernement d'incompétents sera au pouvoir !

    
 

Saucratès

 

 

Précédents écrits sur le même sujet :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2635507-quel_programme_de_gauche_en_matiere_d_enseignement.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-9354844-quel_programme_de_gauche_en_matiere_d_enseignement.html

3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-9604748-quel_programme_de_gauche_en_matiere_d_enseignement.html


18/11/2013
0 Poster un commentaire

Ecole et violence scolaire (5)

 

Réflexion trente-et-une (26 janvier 2012)
Quelles possibilités d'action contre la violence scolaire à l'école ?

 

Le ministère de l'éducation nationale se décide à agir contre le harcèlement sur internet, et plus largement sur les microviolences entre élèves, par une grande campagne publicitaire. J'ai recensé quelques articles traitant de ce sujet.

http://www.lemonde.fr/education/article/2012/01/23/le-harcelement-entre-eleves-sur-internet-inquiete-les-enseignants-et-les-familles_1633291_1473685.html

http://www.tessolidaire.com/PAR_TPL_IDENTIFIANT/61825/TPL_CODE/TPL_ACTURES_FICHE/PAG_TITLE/Une+campagne+pour+réduire+le++harcèlement+entre+élèves/1626-fiche-actualite.htm

 

Cette campagne rompt avec le silence de l'administration qui règnait jusqu'à présent dans l'institution scolaire, voire avec le prisme déformé des syndicats enseignants et des discours politiques qui ne s'intéressaient qu'à la seule violence contre les adultes en milieu scolaire. Le regard change enfin en France en s'intéressant au 'school bullying' (violences quotidiennes entre enfants).

 

J'estime personnellement pour l'avoir vécu de manière quotidienne durant toute ma scolarité, de mes premières années au primaire à mes années de lycée, que la violence scolaire a toujours existé en France, au moins depuis les années 1970, qu'elle est généralisée et qu'elle vise les enfants un petit peu différent, un petit moins apte à trouver la bonne réponse sociale aux interactions entre individus, qu'elle vise les faibles et vise à les briser. Et cette violence n'a pas disparu dans le monde scolaire d'aujourd'hui, bien au contraire. Elle me semble encore plus présente même si elle semble avoir épargné mes propres enfants.

 

Ce que l'on retrouve dans ces articles, et qui réflète parfaitement ma pensée sur le phénomène, c'est qu'«en France, on a longtemps pensé la violence à l'école comme quelque chose d'intrusif - le fait d'éléments, d'élèves extérieurs. On sous-estimait les petites violences quotidiennes, souvent tues, sans doute par honte». Cette sous-estimation se retrouve dans la majeure partie des enquêtes sur le phénomène de la violence, comme par exemple l'enquête Sivis du ministère de l'éducation nationale, qui recense les incidents graves dont l'administration des établissements scolaires a connaissance. Ainsi les écoles maternelles et primaires publiques recensent 3,9 incidents graves pour 10 000 élèves en 2009-2010 ; une sorte de monde idyllique ! Dans le secondaire, il aurait été recensé 105 incidents graves pour 10.000 élèves en 2008-2009, soit déjà un score beaucoup plus élevé.

http://www.20minutes.fr/france/400941-France-Quels-sont-les-chiffres-de-la-violence-scolaire.php

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/06/l-exclusion-principale-reponse-a-la-violence-scolaire_1329445_3224.html 

 

On rompt ainsi enfin avec la politique de l'autruche, cette idée que ce qui ne se mesure pas n'existe pas ! Comme le rappelait Nicole Catheline, pédopsychiatre hospitalière, «Du côté des adultes, il y a eu et il y a encore une sous-évaluation de la souffrance causée par ces "microviolences (...). On se dit que c'est l'école de la vie, qu'il faut souffrir pour apprendre ... Les enfants, eux, subissent en silence, un peu par peur, un peu par honte».

 

Enfin, je voudrais terminer par l'excellent article de la revue Sciences humaines sur le problème de la violence scolaire et les différentes explications données à ce phénomène. Les auteurs rejettent d'abord les résultats des enquêtes administratives sur les violences (logiciel Signa) en partie parce qu'ils font exister le phénomène en en parlant, et parce qu'elles ne sont que parcellaires, qu'elles ne recensent qu'une partie des faits de violence. Pour eux, seules les enquêtes de victimisation donnent des résultats acceptables (même si pour un enfant, il n'est jamais simple de se reconnaître et de s'afficher comme victime, même vingt ans après les faits !).

http://www.scienceshumaines.com/la-violence-scolaire_fr_14590.html

 

Les auteurs font remonter la violence scolaire, le school bullying, à la mise en place du collège unique en 1975, début de la massification de l'enseignement secondaire et année même de la fin des trente gloriseuses et le début des années de crise. A l'irruption des enfants des milieux populaires et l'importation par certains de leur «culture de l'affrontement physique comme affirmation virile de soi et preuve de courage» ... La violence scolaire existait évidemment avant même dans les milieux aisés, ou à l'école primaire ... Cette analyse rejoint mon regard sur les efforts des classes moyennes de se disjoindre de la violence des classes populaires en recherchant à s'en séparer que ce soit dans le domaine résidentiel (d'où le danger de la dispersion de l'habitat social) ou scolaire (en investissant notamment l'enseignement privé et en fuyant l'enseignement public).

 

Par ailleurs, quelques soient les articles repris, les violences scolaires touchent souvent les mêmes cibles : les enfants différents, par leur physique ou bien par leurs résultats scolaires, ou ceux inadaptés aux conflits sociaux ...

 

Intéressant enfin aussi d'observer, comme je l'avais moi-même personnellement observé, que la violence scolaire est moins forte dans les pays moins développés (les auteurs citent le Brésil, le Burkina Faso et Djibouti), pays dans lesquels «des communautés soudées et solidaires ont subsisté» et où «les écoles bénéficient de ce lien de proximité qui produit une régulation forte» (je l'avais pour ma part observé au Sénégal et à l'île de la Réunion). Intervient aussi selon moi un autre rapport à l'école, lieu vécu comme un lieu d'ascension social, et une moindre culture de la haine de l'autre et de la différence, une plus forte acceptation des différences, où le fait d'être blanc ou noir n'est pas si important, à la différence de la France où toute différence est ostracisée et susceptible de moqueries ou pire.

 

Le problème de la violence symbolique de l'institution scolaire y est également évoqué. «Toute violence de l'institution a-t-elle pour autant disparu ? Pas sûr, si l'on en croît les spécialistes. J. Pain rappelle que l'école peut encore être le lieu d'abus symboliques d'autorité, abus dont Pierre Merle a récemment dressé un tableau dans son livre L'Elève humilié. Remarques humiliantes, ironie blessante, jugements dévalorisants font selon cet auteur encore souvent parti de l'arsenal répressif de nombre d'enseignants. Les victimes en sont le plus souvent les élèves en difficulté, c'est-à-dire majoritairement ceux d'origine sociale modeste. Certaines violences physiques peuvent aussi être une réponse à la violence symbolique de l'institution». Le système des notes et des mesures répressives courantes (observations, retenues ...) participe également de cette violence symbolique généralisée des enseignants à l'égard des enfants. L'attribution de notes extrêmement basses à des élèves me semble une forme de violence contre-productive ; face à des cartons qui s'accumulent sur des élèves, aux commentaires désobligeants des enseignants, et aux réactions de la classe (rires), l'enfant se crée le plus souvent une carapace d'indifférence forcée ... La notation ne devrait pas être utilisée de cette manière et elle devrait tenter malgré tout de promouvoir les enfants, de leur rendre confiance, plutôt que de les juger ... Les notations anglosaxonnes (de A à E) non mathématiques sont vraisemblablement moins violentes, ne correspondant pas à la simple somme du détail du barême.

 

Enfin et surtout, l'article de Sciences humaines se conclut sur le fait que «c'est dans les établissements où les équipes éducatives sont à la fois solidaires et bienveillantes que la violence des élèves est la moins fréquente». Ce que les parents d'élève des classes moyennes ont parfaitement compris ont rejoignant majoritairement l'enseignement privé, et qui n'est possible que si les effectifs des personnels dans les établissements scolaires n'est pas une variable d'ajustement des finances publiques. 

 

 

Réflexion trente (12 octobre 2011)
Détecter les comportements de violence chez les jeunes enfants ? Une bonne idée ou une aberration ?

 

La proposition du gouvernement fait grand bruit : Une à répétition des journaux télévisés nationaux, interventions des syndicats d'enseignants, des parents d'élève, de certains pédopsychiatres qui s'inquiètent de la stigmatisation des enfants concernés ...

 

Je suis rarement en accord avec les idées en matière d'éducation scolaire du gouvernement libéral actuel de la France. Que faut-il donc penser du projet gouvernemental d'évaluation de la dangerosité des enfants dès l'âge de cinq ans tel qu'il est actuellement présenté aux inspecteurs académiques ? 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/12/vers-l-evaluation-des-eleves-a-risque-des-5-ans_1586052_3224.html

 

Sur le principe même, j'étais sceptique avec l'idée de Nicolas Sarkozy de diagnostiquer dans la petite enfance les caractères déviants des enfants ; l'idée de pouvoir dire dès le plus jeune âge si cet enfant sera un délinquant ou au contraire ne le sera pas. Cette idée contenait un principe de déterminisme d'une sorte de caractère préacquis ou lié au milieu de vie d'une sorte de gène de délinquence ; déterminisme qui me semblait absolument faux et qui  enfermerait l'enfant dans un monde préétabli. Après une précondamnation, il ne resterait plus qu'à l'enfermer préventivement pour prévenir toute délinquence, sur la base d'une évaluation faite dans la petite enfance ...

 

Toutefois, l'idée actuellement présentée d'évaluer le niveau de risque d'un enfant à la fin de la maternelle, en se basant sur la forme de ses interrelations avec les autres, me semble proposer une réponse valable à un problème véritable.

 

Sur le fond, certains enfants dès la maternelle, dès la crêche, usent de la violence comme principal moyen de communication. Certains éthologues font même état que dans la très petite enfance, avant l'acquisition du langage, seuls les signaux non-verbaux sont utilisés par les enfants et les bébés, et que la violence et les signaux pour la désamorcer constituent la base des interréactions. D'une certaine manière, je pense que certains enfants ou adolescents savent émettre les bons signaux pour désamorcer les situations de violence qu'ils peuvent rencontrer, et d'autres ne le savent pas ...

 

L'acquisition du langage permet normalement de sortir de cette dichotomie (violence et signaux non-verbaux) ... Mais la violence demeure néanmoins chez beaucoup d'enfants, d'adolescents ou de jeunes adultes, leur moyen privilégié de communication, pour assurer notamment leur position sociale.

 

Il ne me semble pas exagérer de penser que l'on puisse dès l'âge de cinq ans diagnostiquer ceux qui usent exagérément de la violence dans leurs interrelations avec les autres, et ceux qui sont plutôt non-violents et useront de la parole pour résoudre des situations de différents ou d'agressivité !

 

Evidemment, je suis que les syndicats d'enseignants, les représentants des parents d'élève, seront contre ce projet gouvernemental, parce qu'ils ne diagnostiquent pas de la même manière le problème de violence qui touche l'école publique française, de la maternelle jusqu'au lycée et à l'université ... Pour ces gens-là, la violence entre pairs (comme ils l'appellent) est un mode normal d'interrelations entre enfants. Seule toute violence contre des adultes est selon eux prescrite, alors que celle-ci n'est que le pendant de la violence entre enfants, ainsi que la conséquence de l'injustice vécue et non expliquée.

 

Mesurer le risque de violence d'un enfant me semble ainsi une bonne idée, mais encore faudrait-il changer le regard des équipes éducatives sur la violence enfantine. La violence n'est pas une forme normale d'interrelations entre enfants ou entre jeunes ; c'est une déviation, et surtout une souffrance pour les enfants ou pour les jeunes qui la subissent. Si le fait de l'évaluer peut permettre de changer ce regard des éducateurs sur ces comportements, alors je pense qu'il s'agit d'une bonne mesure.

 

Que faire par la suite de ces enfants catalogués comme à risque (ou à haut risque), ou violents ? Il s'agira d'une deuxième difficulté. Les placer dans des classes ou plutôt des écoles séparées, avec un niveau d'encadrement supérieur, pourrait être assimilé à créer des ghettos pour pré-délinquants.

 

Par ailleurs, séparer les loups des agneaux n'est pas un gage de réussite, notamment sur la base d'une évalution unique réalisée à un jeune âge et qui poursuivrait cet enfant toute sa vie durant. Que deviendrait l'enfant classé à tord comme à risque (ou à haut risque) et regroupé dans une école de loups ? Par ailleurs, au sein d'une meute de loups, il y aura forcément des plus forts et des plus faibles, et le risque d'exacerber la violence de ces derniers et de la voir s'exprimer en dehors de l'école, dans la rue ou dans les cités. A l'inverse, au sein d'un troupeau d'agneaux, il y aura forcément des plus violents et des moins violents, et tel enfant peut se comporter comme un loup à l'égard des autres, sans plus forts pour le dominer. Enfin, s'agissant d'une évaluation forcément subjective réalisée par un enseignant, on risque de retrouver des proportions plus ou moins stables d'enfants considérés comme violents ou à risque quelque soit les écoles ou les classes considérées, avec des divergences importantes d'un enseignant à l'autre ou d'un milieu social à l'autre, sur la base d'un arbitraire extrêmement important de l'enseignant.

 

En somme, l'idée d'évaluer les enfants à risque à l'âge de cinq ans me semble une bonne idée, mais il reste à déterminer ce que l'on pourra faire d'une telle évaluation, et surtout la manière dont on pourra se protéger (ou plutôt protéger nos enfants) des possibilités de dérapages d'une telle évaluation et de ce qui pourra en être fait dans les prochaines années.

Pour moi, il y a néanmoins un préalable : combattre toute forme de violence à l'école et protéger les enfants des comportements violents de leurs condisciples, mais également les protéger de l'arbitraire et de l'injustice (liée à la subjectivité) de leurs éducateurs ! Tout un programme !

 
 
Saucratès


Autres écrits sur le même sujet
a.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2635507-quel_programme_de_gauche_en_matiere_d_enseignement.html

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1974902-ecole_et_violence_scolaire__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1974909-ecole_et_violence_scolaire__2_.html
3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1974914-ecole_et_violence_scolaire__3_.html

4.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1975160-ecole_et_violence_scolaire__4_.html


12/10/2011
0 Poster un commentaire

Ecole et violence scolaire (4)

Réflexion vingt-neuf (3 mai 2011)
Harcèlement à l'école ... Quelle responsabilité ...

 

Un très bel article d'hier du Monde qui mérite d'être lu sur la violence à l'école.

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2011/05/02/harcelement-a-l-ecole-ca-reste-grave-dans-ma-memoire-je-n-aurai-jamais-de-bons-souvenirs-d-enfance_1515562_1473688.html

 

Cet article rappelle qu'il y a six ans, un collégien de quatrième dans la banlieue de Rouen, Sébastien, s'était pendu à la suite des moqueries, des insultes et des violences de ces 'camarades' de classe en raison de son bégaiement ... Plusieurs de ses tourmenteurs ont été condamnés par le tribunal pour enfant, et ses parents attaquent désormais l'état français pour l'absence d'intervention de l'équipe éducative qui était au courant de la situation de leur enfant mais qui n'a rien fait.

 

Ce même article cite également divers adultes aujourd'hui qui mentionnent les violences dont ils ont fait l'objet. Pour Laurent, 25 ans, le harcèlement dont il fit l'objet provenait de son homosexualité, dont il eut le malheur de parler à une amie qui le trahit. Et impossible d'en parler à ses parents sans dévoiler son homosexualité qu'il ne pouvait leur avouer.

 

Pour une autre, Aurélie Piaud, 27 ans, la raison du harcèlement dont elle fit l'objet fut son habillement : ses parents sans moyen l'habillait au secours populaire. Elle fut violenter et harceler dès les plus jeunes classes. Ce n'est qu'au lycée qu'Aurélie a cessé de se laisser faire.

 

Pour Gabriel Gonnet, 57 ans, cinéaste, fut également un élève harcelé, verbalement et physiquement, au motif que son apparence était jugée ridiculement hors de la mode. C'était dans les années 1960 à 1970. Il a réalisé un film de fiction sur le harcèlement à l'école intitulé «Kenny».

 

Ces diverses personnes racontent à la fois la futilité des raisons du harcèlement dont ils firent l'objet, l'absence de toute réaction des adultes des équipes éducatives, qui n'ont que le terme d'intégration dans la classe à la bouche, et qui donnent l'impression que cette violence 'limitée', entre pairs' est normale ... Enfin, ils rappellent également leurs tentatives de masquer, de cacher, la violence dont ils firent l'objet et expliquent que ces évènements restent marquer dans leur mémoire et qu'ils n'auront jamais de bons souvenirs de leur enfance.

 

Cela me parle vraisemblablement si fortement parce que je fis également l'objet de telles violences et d'un tel harcèlement dans la majeure partie des écoles, collèges et lycées dans lesquels je suivis ma scolarité, en changeant pourtant pratiquement tous les deux ans d'endroits. Dès mon plus jeune âge (je suis aujourd'hui âgé de 44 ans), je pense que je ne sus pas me défendre physiquement contre les autres enfants. Je n'avais rien de particulier, si ce n'est d'être souvent un nouveau arrivant. En cours préparatoire, ma mère fut malade de me voir être battu par d'autres enfants dans la cour de récréation. C'était au tout début des années 1970. Aussi, le problème de la violence ne remonte pas à hier.

 

Au collège, en sixième (cela se passait cette fois-ci à l'extrême ouest de la France, en Bretagne, dans le Finistère), je fus surnommé le sénégalais, non pas en raison de ma couleur de peau, mais parce que j'y avais passé deux ans (deux belles années de ma vie, sans violence, avec de beaux souvenirs d'enfance). Je fus une nouvelle fois un souffre-douleur, raquetté en bonbons que je volais à l'épicerie du village, violenté par quelques gamins, et toujours incapable de me défendre. Et en but également aux violences de ma mère ... 

 

Ce n'est qu'à partir de la terminale, que je passais dans un territoire lointain de l'hémisphère sud, que j'échappais à la violence de mes 'camarades' tortionnaires. Ce ne fut également qu'à l'université, toujours en Bretagne, que je rentrais dans un milieu où l'intelligence primait sur la violence ... A moins que ce ne fut qu'à ce moment-là où j'appris enfin à éviter la violence de mes condisciples, ayant atteint ma taille adulte.

 

La France est un vieux pays de violence scolaire, je ne sais pour quelle raison ... Pourquoi hier comme aujourd'hui un tel besoin d'écraser l'autre enfant, d'humilier celui (ou celle) qui est moins fort ou différent ? Et pourquoi cette incapacité des équipes éducatives à intervenir, à contrôler, à protéger, et à modérer ? Parce que sont tous d'anciens harceleurs recyclés en éducateurs ? Les harcelés ayant de trop mauvais souvenirs de leur scolarité pour y remettre les pieds ?

 

Lire aussi cet autre article du Monde sur les assises sur le harcèlement scolaire qui se tiennent actuellement à Paris.

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2011/05/02/assises-sur-le-harcelement-a-l-ecole-prevenir-une-souffrance-qui-frappe-un-eleve-sur-dix_1515626_1473688.html

 

 

Réflexion vingt-huit (17 février 2011)
Les suicides d'enfants ... et la responsabilité de l'école et des équipes éducatives ...

 

Quelques faits divers récents ont appelé l'attention sur le suicide des enfants.

 

«Un garçon de 11 ans, qui ne présentait pas de signe inquiétant mais avait reçu un avertissement scolaire au premier trimestre, est décédé mercredi 9 février après un suicide par pendaison à son domicile familial à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis. L'enfant, un fils unique, avait été retrouvé par sa mère mardi soir vers 18 heures, pendu à l'aide de deux ceintures à son lit superposé. Transporté dans un état critique à l'hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), il est mort à 10 h 15 mercredi. L'enfant était en classe de sixième, en classe sport-étude, au collège Edouard-Herriot de Livry-Gargan.»

 

«Une adolescente de 14 ans a sauté par la fenêtre du quatrième étage de son collège en Seine-Saint-Denis. Elle a frappé à une porte de classe sous le prétexte d'y récupérer un objet oublié, a traversé la salle et sauté par la fenêtre, sous les yeux de l'enseignante et de l'élève. Les raisons qui ont poussé cette jeune fille de 14 ans, scolarisée au collège Henri IV de Vaujours (Seine-saint-Denis), à se défenestrer sont encore inconnues. Souffrant de multiples fractures, la jeune fille a été transportée à l'hôpital Necker. Selon leparisien.fr, elle souffrirait de fractures aux jambes, au bassin et au fémur, ainsi que d'un traumatisme crânien, à l'issue de sa chute de 9 mètres. Elle devait se rendre à un cours de sport, en fin de matinée jeudi, quand elle a eu ce geste inexpliqué.»

 

«Le 26 janvier, à Saint-Laurent-en-Grandvaux, dans le Jura, un garçon de 11 ans était mort par pendaison. Ce décès n'était cependant pas un suicide, mais la conséquence tragique du "jeu du foulard". Dix jours plus tôt, une fillette de 9 ans, souffrant de diabète chronique, avait mis fin à ses jours en se jetant du 5e étage de l'appartement familial à Pierre-Bénite, dans la banlieue lyonnaise.»

 

Ces divers drames éclairent particulièrement l'horreur de la disparition d'un enfant. Mais le premier drame mentionné, survenu au collège Edouard-Herriot de Livry-Gargan, fait apparaître la responsabilité accablante de l'équipe éducative et de l'administration scolaire dans le suicide de cet enfant. «Ce gamin avait fait l'objet d'un avertissement pour conduite au premier trimestre» selon un inspecteur d'académie, «mais il n'y avait rien de particulièrement inquiétant». «Le garçon ne posait pas de problème particulier et avait des résultats scolaires normaux, a-t-il ajouté.» Selon RTL, un courrier de l'école sur sa conduite et la discipline avait été retrouvé sous son lit et un rappel à l'ordre datant de décembre était sur son bureau mais cela n'avait aucun lien avec le drame selon une source policière.

 

«Le recteur de l'académie de Créteil William Marois et l'inspecteur d'académie ont fait part dans un communiqué commun de leur profonde émotion. Ils expriment leur soutien à la famille de la victime et assurent la communauté éducative de leur solidarité la plus totale face à sa profonde tristesse. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place dans l'établissement (...)».

 

Ce drame m'est en lumière le complet aveuglement de l'administration scolaire. Nul ne mentionne la responsabilité dans ce décès de l'équipe pédagogique, qui est pourtant à l'origine de l'envoi d'un avertissement et d'un rappel à l'ordre à un enfant âgé de 11 ans. Et cette communauté éducative se voit assurer de la solidarité du recteur et de l'inspecteur d'académie !A la place des parents de cet enfant, j'aurais interdit la présence de l'équipe enseignante à l'équipe pédagogique responsable du décès de mon enfant ! L'enfant a sous son lit et sur son bureau cet avertissement mais cela n'a aucun lien avec le drame ?

 

De tels faits imposent selon moi de revoir complètement le principe des sanctions disciplinaires à l'école primaire et au collège, et le principe même de l'éducation et de la discipline scolaire. Pourquoi un enfant qui «(...) ne posait pas de problème particulier et avait des résultats scolaires normaux» a-t-il pu recevoir un avertissement scolaire ? Pourquoi nos enfants sont-ils victimisés au collège, reçoivent-ils observations sur observations parce qu'ils n'ont pas fait signer telle vétille ou tel papier, ou parce qu'ils ont bavardé une seconde ou dit un mot qu'il ne fallait pas, au moment où il ne fallait pas ?

 

Il faudrait également réformer les méthodes de notation et d'appréciation des enfants par les équipes éducatives au primaire et au collège ... Pourquoi ce besoin de l'éducation française de comparer les enfants, de les noter, de les classer dans des cases, dans des échelles ?

 

Alors évidemment, dans cette affaire de suicide à Livry-Gargan, c'est la responsabilité des parents, et aucunement celle de l'équipe éducative, qui sera pointée du doigt. C'est les parents qui seront responsables de n'avoir pas pu écouter et entendre leur enfant. Mais quel est notre latitude d'action, à nous parents face à l'éducation ? Si nous ne nous rangeons pas du côté des sanctions des enseignants, ceux-ci se considèrent comme agressés et se montent contre nos enfants ...

 

  

Réflexion vingt-sept (16 décembre 2010)
Sanctions et élèves perturbateurs ...

 

A lire un chat organisé sur le site internet du Monde concernant l'efficacité de la mise à l'écart des élèves perturbateurs, en relation avec le débat sur la mise en place des établissements de réinsertion scolaire voulue par le président de la république. L'intervenant est Maria Ines, éducatrice à la protection judiciaire de la jeunesse et secrétaire nationale du SNPES-PJJ.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/18/la-mise-a-l-ecart-des-eleves-perturbateurs-est-inefficace_1442043_3224.html

 

La définition qu'elle donne des 'élèves perturbateurs' est tout particulièrement intéressante. Ainsi, selon elle, «cette appellation recouvre plusieurs situations. Chacun de ces élèves a des difficultés différentes. Ce sont les élèves qui font des bêtises en classe, empêchent qu'une classe tourne bien, perturbent la vie scolaire en général».

 

Cette définition apparaît ainsi précisément subjective et relative. Elle dépend absolument de la classe considérée et du collège ou du lycée considéré. Dans une classe ne contenant que d'excellents élèves travailleurs et studieux, un bon élève légèrement dissipé pourrait ainsi être catalogué comme un élève perturbateur alors qu'il serait considéré comme un très bon élève studieux dans une autre classe moins élitiste.

C'est bien selon moi le principal problème du système d'enseignement en France : la toute-puissance absolue des enseignants dans leur classe et l'absence de tout contre-pouvoir à leur autorité au sein de leur classe. Toute-puissance qui se retrouve dans leur capacité de prise de sanctions disciplinaires mais également d'appréciation unilatérale et sans contrôle du travail des enfants. Et il est normal que cette toute-puissance revendiquée de leur part amène parfois des réactions disproportionnées et violentes de la part d'enfants concernés (pouvant aller jusqu'à des agressions) ou de leurs parents (qui de toute façon ne peuvent rien dire sans risquer que l'enseignant se retourne contre leur enfant avec un surcroît de sanctions ou l'attribution de mauvaises notes).

 

Il faudrait que l'institution scolaire française s'interroge sur la pertinence et l'efficacité des systèmes de sanctions (observations, colles, avertissements ...) qui frappent désormais sans distinction et aveuglement les élèves, et conduisent à la mise à l'écart, dans les classes, dans les établissements, des élèves considérés comme 'perturbateurs'. Redessiner les contours de l'école et de l'enseignement de nos enfants devient indispensable.

 

Je lisais en effet l'histoire de cet enseignant de 38 ans, Jean-Luc Bubert, professeur de physique-chimie au collège César-Savart de Saint-Michel-en-Thiérache (Aisne), qui s'est suicidé suite à une accusation à tort de violences de la part d'un élève. L'adolescent, Maxime C. a été condamné en novembre 2010. Mais Maxime, 15 ans, élève de troisième, était un habitué des sanctions disciplinaires. L'enseignant de son côté était prompt à distribuer heures de colle et avertissements.

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1141346

 

Mais même si cette histoire s'est conclue par le suicide de cet enseignant, combien d'autres enfants se suicident eux aussi à la suite de l'acharnement du système d'éducation à leur encontre, brisés par une machine éducative folle, par des enseignants exigeants qui se réfugient derrière la mécanique disciplinaire pour masquer leur absence de capacité à enseigner et à partager avec leurs élèves, brisés par la peur ou l'absence de joie à se rendre dans des établissements scolaires qui ne leur apporte rien et qui ne pense qu'à les briser, à les détruire ?


 

Réflexion vingt-six (14 novembre 2010)
La violence hors de l'école, au sein du milieu familial ...

 

Depuis mes premiers écrits, je me suis arrêté sur le problème de la violence au sein de l'institution scolaire, à l'encontre des enfants ou des adolescents ou du fait des enfants ou des adolescents. C'était un peu comme si je pensais que le milieu familial des enfants et des adolescents était un havre de paix, un espace de bonheur, un lieu où ils étaient protégés de toute forme de violence. Evidemment, cela n'a jamais été le cas et ce n'est pas le cas. Nos enfants subissent dans le milieu familial de multiples formes de violence, de la part de leurs parents le plus souvent ou de la part de leurs frères et soeurs.

Dans une revue intéressante traitant de l'enfance et de l'autorité (la revue Dialogue n°184 publiée par les éditions Eres), des chercheurs décrivaient les diverses formes de violence pouvant toucher des enfants de la part de leurs parents.

Ainsi, selon Bernard Golse, «la naissance d'un enfant réactive, chez tous les parents et parfois chez les professionnels eux-mêmes, les représentations mentales de l'enfant qu'ils ont eux-mêmes été. Cette identification régressive qui permet la communication analogique avec l'enfant réel est parfois douloureuse quand elle réveille les souvenirs d'une souffrance précoce effective, ou quand elle confronte l'adulte à l'enfant malheureux ou au 'mauvais' enfant qu'il croit avoir été et qui rétrospectivement lui fait peur.

S'attaquer à l'enfant qu'on a peut être ainsi, parfois, une manière de s'en prendre à l'enfant qu'on a été - ou qu'on croit avoir été - et cette attaque qui représente évidemment une impasse constitue, dans certains cas, la seule solution économique possible pour des parents en défaut d'élaboration psychique.
» 

Selon le même auteur, la maltraitance peut aussi viser l'enfant dit 'imaginaire' (à travers ses composantes 'fantasmatique', 'imaginé', 'narcissique' et 'mythique ou culturel'). L'enfant 'fantasmatique' correspond aux représentations mentales que les deux parents se sont forgées tout au long de leur vie sur le sexe, sur les relations entre hommes et femmes.

L'enfant 'imaginé' correspond aux rêveries du couple sur l'enfant qu'ils projettent d'avoir (sexe, prénom, apparence ...). Mais cet enfant imaginé ou idéalisé est forcément en décalage avec l'enfant réel, dont les premières semaines sont constituées de secrétions urinaires et fécales. Intéressant de noter que c'est l'écart entre la représentation de cet enfant et la réalité qui crée le désir des parents, mais sans que cet écart ne soit trop important, sans quoi il pourrait y avoir déception des parents. Selon l'auteur, «quand la maltraitance vise l'enfant 'imaginé', c'est au fond une maltraitance qui vise le couple et ses échecs existentiels».

L'enfant 'narcissique' est le dépositaire de tous les espoirs et de toutes les attentes de ses parents. L'enfant se trouve ainsi chargé d'accomplir et de dédommager ses parents de leurs regrets et de leurs frustrations. Mais selon l'auteur, il y a une ambivalence dans l'amour parental, car c'est une chose de souhaiter consciemment que nos enfants fassent mieux que nous, c'en est une autre de l'accepter sans rivalité ni jalousie inconsciente. «Quand la maltraitance vise l'enfant 'narcissique', c'est une maltraitance de déception fondée sur les failles narcissiques, parfois profondes, des parents qui prennent alors peur de ce que leur enfant révèle en eux».

L'enfant 'mythique ou culturel' correspond aux représentations spécifiques de l'enfance de chaque société, de chaque groupe culturel. Dans notre société occidentale, l'enfant est à la fois précieux, rare, mais il doit également être le plus rapidement possible autonome, c'est-à-dire rester le moins longtemps 'bébé'.

Ces divers éléments de lecture m'ont ouvert les yeux sur mes failles en tant que parent et en tant qu'ancien enfant. Toutes ces explications me parlent, sur mes relations avec mes enfants et sur mes difficultés commucationnelles. Il n'est pas simple d'être parent, et même si on voudrait les protéger de tout ce qui pourrait leur arriver, il est possible que l'endroit où ils soient le plus soumis à l'injustice, à la violence, soit justement dans l'espace familial où ils devraient être justement les plus protégés. Tout cela au nom de l'amour qu'on leur porte (et qui rachète peut-être une partie de nos erreurs) et de l'éducation que l'on voudrait leur donner, que l'on voudrait qu'ils reçoivent.

Ainsi, selon Bernard Benattar, autre chercheur publié dans cette revue, «la peur entendue comme crainte et respect de l'autorité ne fait d'ailleurs plus guère débat. Faut-il que l'enfant ait un peu peur de ses parents pour être contenu, guidé, édifié ? Faut-il qu'il est peur de ses maîtres, de plus grand ou plus savant que lui, pour obéir, se laisser conduire, grandir ? Faut-il qu'il ait peur de la colère et de la punition pour agir par lui-même comme on veut qu'il agisse ? Une juste peur d'enfant (bien loin de la terreur) peut paraître normale, acceptable, au moins le temps d'apprendre.»

Mais l'auteur rappelle que c'est sur la base de cette même peur que se construise toutes les autres peurs. «Quel enfant n'a pas craint démesurément la colère de ses parents suite à une bêtise, qui n'est pas rentré la peur au ventre d'avoir à avouer une mauvaise note ? Qui n'a pas redouté le courroux du père devant un mot de trop et préféré se taire longtemps ? Qui n'a pas eu, sans raison, la peur du gendarme ? Et combien d'adultes se rendent d'adultes se rendent au travail eux aussi la peur au ventre, combien craignent non pas de commettre une erreur mais, par dessus tout, la mauvaise humeur du 'puissant'.»

 

Réflexion vingt-cinq (1er novembre 2010)
Le projet de l'UMP de mettre en place un examen de passage au collège ?

 

Il y a quelques jours, sur mon blog, je considérais que le programme socialiste concernant l'éducation, concocté par Bruno Julliard, secrétaire à l'éducation du PS et ancien président du syndicat étudiant Unef, était inquiétant.


Que penser alors de la nouvelle idée de l'UMP, présentée par le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, M. Jean-François Copé, de rétablir l'examen d'entrée au collège, pour passer en sixième (idée présentée dans son club de réflexion Génération France) ?
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20101024.OBS1748/cope-favorable-a-un-examen-de-passage-en-6e.html


Evidemment, l'intention semble louable. Protéger les enfants, faire en sorte que l'écolier maîtrise les savoirs fondamentaux qu'il doit connaître au sortir de l'école primaire ! Pour au besoin réorganiser complètement le programme du primaire pour préparer les enfants, et défendre le redoublement de ceux qui échoueraient à cet examen.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101026.OBS1878/cope-ne-convainc-pas-avec-son-certif-version-2010.html
 

Mais que peut-on voir derrière cette idée apparemment si innocente, si on en croit M. Copé ? On peut d'abord s'interroger sur la possibilité de rassurer les braves gens en organisant l'élimination scolaire de tout ces jeunes issus de l'immigration dont on peut supposer qu'ils échoueront à cet examen, s'ils n'ont pas fait l'effort de s'adapter à notre école républicaine.

 

A l'inverse, on peut aussi imaginer que la mise en place d'un examen extrêmement important (conditionnant la poursuite de la scolarité) aussi tôt dans le cursus scolaire de nos bambins, imposera aux écoliers un rythme de travail et un challenge qui limitera les situations de décrochage scolaire, même dans les écoles les plus difficiles, face aux publics les plus difficiles dans des quartiers sensibles.

 

Mais on peut se poser d'autres questions. Pourra-t-on continuer à ouvrir les enfants sur les langues étrangères à l'école dès la maternelle ou le cours élémentaire, sur l'informatique, sur tant de matières nouvelles, s'il se profile un examen aussi important, qui n'appréciera que les connaissances de base (écriture et mathématiques), sur la base duquel les écoles seront notées et classées par les parents ? N'est-ce pas ce que M. Copé veut entendre en parlant de réorganisation complète du programme de primaire ?

 

Au-delà de rassurer les braves gens électeurs de l'UMP sur notre école qui fout le camp, ne risque-t-on pas de renforcer encore plus la compétition entre les enfants dès le plus jeune âge, de renforcer les possibilités de ségrégation sociale entre les écoles courues présentant les meilleurs taux de succès à ce 'nouveau certificat d'étude' et les écoles dévalorisées ? Et ne veut-on pas pousser les parents à demander toujours plus de devoirs aux enseignants, même si ceux-ci sont officiellement interdits à l'école primaire, malgré la pression qui se reportera sur nos chères têtes blondes (ou crépues) ?

 

J'ai une dernière inquiétude, celle de voir ressurgir cet examen de passage, que j'ai connu il y a très longtemps, en 1977, en Afrique (dans mon souvenir, il avait déjà disparu en France même si les journaux font remonter à 1989 la disparition du certificat d'étude), et dont on sait qu'il dépend aussi de l'état émotionnel des enfants et pas seulement de leurs compétences dans les 'savoirs fondamentaux'. Je n'ai jamais su si j'avais réussi mon examen de passage au Sénégal. Heureusement, il ne me le fallait pas pour passer en sixième en France, en 1977.

 

Bon, et puis, quel intérêt de mettre en place un examen de passage si on doit en même temps lui fixer un taux de réussite de 90% (ou de 98%), comme ce qui existe au niveau du baccalauréat ? Tout dépend en effet de ce que l'on appelle par 'savoirs fondamentaux' ? En fonction des questions posées, on peut tout autant avoir un taux de réussite de 99% ou de 10%, selon le niveau de difficultés. Alors qu'entend-on par ce socle minimum de compétences que les enfants doivent possèder ? 

 

L'un dans l'autre, on se trouve face à deux projets sur l'école, du parti socialiste et de l'UMP, tout aussi dangereux l'un que l'autre, tout aussi aberrant, l'un s'affichant comme un projet aux visées égalitaristes, visant à niveler les niveaux scolaires et généraliser la violence existant dans certaines écoles dans certains quartiers défavorisés, l'autre clairement élitiste, visant à rétablir l'école de nos parents, à améliorer la discrimination existant entre les établissements existants ...

 

Ce que j'aimerais ? Un projet dont l'objectif serait l'abolition de la violence contre les enfants (et forcément du coup contre les enseignants), que cette violence soit le fait des enfants eux-mêmes, dans les classes, dans les cours de récréation ou en dehors (il n'existe pas selon moi de petite violence normale acceptable entre pairs) ou qu'elle soit le fait des enseignants eux-mêmes ou de l'institution scolaire dans son ensemble. Un projet qui réformerait les compétences des enseignants face aux enfants, qui leur apprendrait à valoriser les enfants qu'ils ont en face d'eux et non pas à les écraser, qui réformerait l'usage et l'existence des sanctions désormais utilisées à tour de bras par les enseignants (surtout au collège mais également au primaire ... les lignes d'écriture) et qui renforcerait également les équipes éducatives pour que ces dernières ne soient pas dépassées par les enfants !

 

Mais je ne trouve pas ce projet dans les programmes des partis politiques !


 

Réflexion vingt-quatre (18 octobre 2010)
Que faut-il penser du projet socialiste de réforme de l'école ?


Le journal Le Monde présente les grandes lignes du programme sur l'éducation (intitulé «Education et formation pour l'égalité») que le Parti Socialiste va présenter à ses militants. Le texte sera ensuite proposé à la convention sur l'égalité réelle qui se tiendra samedi 11 décembre. Il constituera le socle du programme éducatif du candidat à la présidentielle en 2012. Ce projet a été mené par Bruno Julliard, secrétaire à l'éducation du PS et ancien président du syndicat étudiant Unef.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/18/education-le-ps-propose-une-rupture-dans-sa-vision-de-l-ecole_1427541_3224.html

Je dois avouer que ce texte m'inquiète. Il ne correspond pas du tout à la vision que j'ai de l'école, et encore moins à la vision que j'ai des problèmes que rencontre le monde de l'éducation nationale. Ce simple texte pourrait-il me conduire à refuser de voter pour un candidat socialiste ? Cette question mérite d'être posée car l'école est un élément important de la vie de millions de parents d'élèves, et que le cadre de l'école est ainsi un élément fondamental de leur vie et de celle de leurs enfants ...

Le premier problème vient de la personnalité de la personne à l'origine de ce projet, Bruno Julliard, dont la compétence et les motivations pour écrire un tel projet me semblent devoir être interrogées, même si celles ne semblent pas être mises en question au Parti socialiste. Ce n'est pas parce que cette personne a été président de l'Unef deux années durant qu'il est compétent pour fabriquer un projet pour l'école et l'éducation nationale. Un tel projet, qui concernera des millions d'enfants et de jeunes, ainsi que leurs parents, ne doit pas être écrit par quelques personnes seules dans leur coin, dans leur tour d'ivoire, même si elles estiment avoir un don inné. Un tel projet ne peut être écrit qu'en collaboration avec toutes les personnes (ou leurs représentants) concernées par cette réforme : fédérations de parents d'élèves, syndicats d'enseignants, représentants des enfants, des collégiens et des lycéens, représentants des proviseurs et des personnels accompagnants les enfants, représentants des pédiatres et pédopsychiatres ...

Le Parti socialiste semble s'inscrire dans un schéma de fonctionnement inquiétant, où quelques hommes politiques semblent se croire investis d'une légitimité surnaturelle qui les autoriserait à décider sur tous les domaines. Le parti socialiste semble vouloir copier le fonctionnement de Nicolas Sarkozy, qui semble avoir une opinion sur tout et vouloir tout décider. On espérait autre chose du Parti socialiste.

Les autres problèmes que soulèvent ce projet de texte concernent par exemple la volonté de revenir à une semaine de cinq jours à l'école, ainsi que la volonté d'écourter les vacances scolaires d'été de nos bambins. Sur la semaine de cinq jours, comme sur les vacances, je sais qu'un certain nombre de personnes extrêmement compétentes estiment que les écoliers seraient beaucoup plus fatigués qu'autrefois, lorsqu'ils avaient cours le samedi matin. En tant que parent d'écoliers, ayant vécu les deux situations, mon avis est très différent ; un week-end de deux jours est indispensable pour mes enfants pour se reposer de la semaine, tout comme le mercredi. Mon premier était beaucoup plus fatigué au cours de sa scolarité. Concernant les vacances scolaires, là également, j'ai des souvenirs merveilleux de mes vacances d'été, trois mois durant au cours desquels on oubliait l'existence de l'école. Il est terrible que l'on veule priver nos enfants de ce bonheur, comme si leur enfance devait se limiter à l'école, à apprendre des choses. Et pourtant, il y a trente ou quarante ans, nos résultats scolaires n'étaient pas pires que ceux des jeunes d'aujourd'hui, bien  au contraire si on en croit les tests régulièrement faits qui démontrent une dégradation lente des compétences en mathématiques et en grammaire des jeunes.

Si je n'ai que très peu d'idées sur le fait d'interdire le redoublement au collège (comme c'est déjà pratiquement le cas au primaire) ou sur la possibilité de proposer aux enseignants d'enseigner une deuxième matière au collège (ce qui est déjà le cas pour les professeurs de français et de latin, ou parfois pour certaines matières comme le dessin ou la musique), je suis par contre beaucoup plus circonspect sur la volonté du Parti socialiste de vouloir prendre des mesures contraignantes contre l'enseignement privé. Le Parti socialiste semble en train de vouloir rejouer l'opposition entre enseignement privé et public qui avait conduit aux grandes manifestations en faveur de l'enseignement libre sous François Mitterand. Je subodorre sur ce point là une vengeance personnelle de Bruno Julliard ou de quelque autre socialiste contre l'enseignement privé.

Tout aussi désastreux, dans le même ordre d'idées, représente l'idée de forcer les établissements scolaires à plus de mixité. Une belle idée, mais qui ressemble à une volonté de généraliser dans des établissements à peu près préservés les violences provenant de jeunes hyper violents en situation d'échec scolaire. La mixité sociale est une bonne chose lorsqu'elle concerne des jeunes ayant envie de réussir et des parents souhaitant la réussite de leurs enfants (ces jeunes et leurs parents sont d'ailleurs largement représentés dans de nombreuses écoles privées, non pas élitistes ... sauf certaines ... il faut cependant avoir à coeur la réussite scolaire de ces enfants pour payer un enseignement délivré gratuitement dans les établissements publics). Par contre, lorsque la mixité sociale ne vise plus que des enfants rejetant l'école et des parents considérant l'école comme une obligation, la mixité sociale n'est plus alors qu'une définition vide de sens. Il me semble tout aussi préférable que ces enfants perdus pour l'enseignement et leurs parents soient relégués dans des établissements anti-chambres du chômage et du revenu minimum d'insertion. Il me semble normal de vouloir protéger nos enfants de la violence de leur condisciples ; il est terrible de devoir pour cela avoir recours à l'enseignement privé, mais c'est pourtant une réalité, face à des équipes éducatives de l'enseignement public pour partie démissionnaires et pour le reste débordées ...

Un projet inquiétant, qui non seulement ne me conduira en aucune manière à apporter ma voix au Parti socialiste, mais pourrait même me conduire à m'enlever toute idée de voter pour leur candidat, quel qu'il soit ... Et nous sommes des millions de parents d'élèves en France à pouvoir penser de cette manière ... Et je ne parle pas seulement de ceux qui font confiance à l'enseignement privé. Ce programme ne vise-t-il qu'à faire perdre les prochaines élections présidentielles au Parti socialiste ? Bruno Julliard nous referait-il le coup du traitre Eric Besson ?


En apparté


... un très bel article publié par Le Monde sur la souffrance des adolescents, point du vue de Marie-Rose Moro (psychiatre) à lire avec délectation ... Parce que ce qu'elle dit me touche profondément et que je le ressens comme une évidence, en regard des moments rencontrés par mon pré-adolescent de fils ... Il est si dur d'être un adolescent ...
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/30/manifeste-pour-l-adolescence_1404382_3232.html



Réflexion vingt-trois (1er septembre 2010)
Le retour du thème des sanctions contre les violences faites aux enseignants ...


Une fois encore, seule la violence dont sont responsables les enfants (et vraisemblablement leurs parents) à l'encontre des enseignants, et des adultes intervenant dans les établissements scolaires, sera concernée par les nouvelles mesures de durcissement des sanctions qui devraient être prochainement prises, comme annoncé par le ministre de l'Education Nationale Luc Chatel ce 26 août 2010.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/26/chatel-toute-violence-verbale-a-l-ecole-entrainera-une-procedure-disciplinaire_1402798_3224.html
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/27/violence-scolaire-comment-monsieur-chatel-peut-il-ignorer-les-travaux-faits-par-les-equipes-educatives_1403542_3224.html
http://www.lepost.fr/article/2010/08/26/2196253_sanctions-renforcees-contre-la-violence-scolaire-pas-du-tout-educatives-ou-plus-justes.html

«Toute violence verbale à l'égard des personnels entraînera une procédure disciplinaire, et toute violence physique donnera lieu à un conseil de discipline». Le gouvernement Fillon-Sarkozy continue dans sa lancée sur les automaticités des sanctions. Après les peines plancher, les sanctions scolaires automatiques.

Au fond, il est difficile de donner tord automatiquement à Luc Chatel. Il est vrai que le problème de la violence à l'école pose problème. C'est pour cette raison que j'ai fui pour l'éducation de mes enfants les écoles et collèges publics, pour me refugier dans l'éducation privée catholique, où il existe une implication forte des équipes éducatives dans la surveillance des enfants, dans l'affirmation de valeurs, dans l'optique de protéger mes enfants de la violence des autres enfants, au milieu de l'indifférence des équipes éducatives publiques, débordées par les enfants et la violence, face à des parents qui ne voiento pas dans l'école un lieu de chance pour leurs enfants.

Mais là où je suis totalement en désaccord avec Luc Chatel, c'est sur la violence à laquelle le gouvernement s'intéresse. Ils ne voient que les violences faites aux enseignants et aux personnels scolaires. Je ne vois pour ma part que la violence faite aux enfants (plus largement qu'à mes seuls enfants), soit par leurs condisciples, soit par les enseignants eux-mêmes. Mais cet aspect du problème est totalement ignoré par le ministre de l'Education Nationale.

Dans le monde scolaire, les petites violences quotidiennes entre enfants sont considérées comme des violences entre pairs, comme un entraînement à la vie en société, comme une forme normale de relations interindividuelles entre enfants ou adolescents. Je m'insurge totalement contre une telle vision de la violence. Aucun enfant ne devrait avoir peur de partir à l'école. Je suis d'accord avec l'idée de Nicolas Sarkozy de sanctuariser l'école, mais je lui donne un autre sens : faire de l'école un havre de paix où les enfants pourraient s'épanouir et apprendre, sans peur.

Mais encore faudrait-il que le regard des communautés éducatives change sur cette violence perlée quotidienne qui agite les cours de récréation et les sorties d'établissements scolaires ... Il n'existe pas de violence normale, d'interactions agressives entre pairs tolérables ; il n'y a que la violence condamnable.

Il y a ensuite les violences verbales et institutionnelles dont sont victimes les écoliers, les collégiens ou les lycéens de la part des équipes éducatives et des personnels. La violence de l'injustice, des observations, des retenues, des mots écrits aux parents, des commentaires bien plus souvent négatifs que positifs, des appréciations vexatoires sur les enfants ... notre système scolaire sur-réagit à quelques épiphénomènes d'enfants ayant menacé physiquement ou verbalement un enseignant, mais ignore totalement les millions d'actes de violence quotidienne commis par un immense nombre de professeurs, d'enseignants, àl'encontre de millions d'enfants dans les établissements scolaires. Mais cette violence épisodique contre quelques enseignants est considérée comme naturelle, comme normale. Pire ! Elle est ignorée, comme s'il ne s'agissait pas de violences. 

Si nos enfants pouvaient mener un soulèvement populaire comme la Révolution française ; combien d'enseignants seraient guillotinés par leurs jeunes juges ?

Le deuxième problème qui naît de systèmes automatiques de sanctions correspond à l'impossibilité d'appréhender tous les comportements fautifs chez les enfants et les élèves, et introduit alors obligatoirement le biais de l'injustice et de la délation. Tous les comportements ne pouvant être détectés, certains élèves seulement seront sanctionnés, en fonction de l'humeur de l'enseignant, de sa réceptivité, de ceux qui auront été vus ou dénoncés. Par exemple, dans quelques écoles existent des systèmes de permis à point ; mais comme sur la route, il est possible pour un enfant de perdre en un seul jour la totalité de ses points scolaires sur son permis, pour avoir bavardé en classe, avoir fait tomber inintionnellement un camarade (mais l'appréciation dépend uniquement de l'adulte), avoir commis tel ou tel acte interdit par le réglement de l'école ... Ce n'est pas une école injuste et instituant la délation, que je veux pour mes enfants, même si cela correspond à la vision de la société française que Nicolas Sarkozy met en place depuis trois ans.

Je veux une école juste et sanctuarisée, dans laquelle l'adulte ne serait pas un maître tout puissant et l'élève un sujet inférieur, mais des personnes sur un pied d'égalité de traitement et dans une relation de transmission de savoir et de compétence (même si je ne suis pas certain que les enfants puissent apprendre les limites et les règles dans une telle situation d'apprentissage). Mais c'est peut-être trop demandé au système éducatif français et à ses responsables éducatifs.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/27/l-ecole-face-au-fleau-de-la-marchandisation_1403313_3232.html
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/27/contre-la-violence-a-l-ecole-le-prefet-des-etudes-est-une-innovation-aventureuse-par-christian-vitali_1403424_3232.html


Saucratès


Autres écrits sur le même sujet
1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1974902-ecole_et_violence_scolaire__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1974909-ecole_et_violence_scolaire__2_.html
3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1974914-ecole_et_violence_scolaire__3_.html


01/11/2010
0 Poster un commentaire