Critiques de notre temps

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Un samedi soir post confinement et les métiers socialement utiles

Saint-Denis de la Réunion, samedi 16 mai 2020


Nous voici donc devant un nouveau samedi soir. Soir merveilleux entre tous de la semaine, soir de grillades au feu de bois, veille de grasse matinée et temps de repos du guerrier. Nous sommes déjà en mai 2020. Deux mois de confinement sont passés comme quelques secondes. Et deja, la vie a repris comme si rien ne s’était passé, si ce n’est quelques protocoles de lutte contre le coronavirus. 

Il me faudra revenir sur ces moments de confinement et de déconfinement, comme si je n’en avais pas suffisamment traité me direz vous. Il faudra néanmoins discuter du fait que pendant ces deux mois de confinement, le monde a tourné  parfaitement, presque comme si de rien n’était, presque sans anicroche, sans l’aide des très gros salaires, sans l’aide des patrons, juristes, avocats, spécialistes des financements structurés, avec la seule énergie des plus petits revenus et salaires de nos societes indispensables à son bon fonctionnement, à savoir les caissières de supermarché, les infirmières et infirmiers, les éboueurs, les femmes de menage ... Quelle leçon donnée aux puissants de ce monde de voir que les moins valorisés et les moins valorisées de tous sont les seuls qui sont reellement indispensables à notre vie en société, que sans eux, sans leur énergie, sans leur travail, il n’y aurait pas de vie. Mais que sans les puissants, les reconnus, les riches, ceux qui s’auto-reconnaissent grands personnages, ceux que l’on croise dans les dîners des préfets, dans les diners mondains, dans les milieux autorisés, le monde a continué à tourner et à fonctionner comme si de rien n’était, comme si ces gens-là ne servaient à rien ! C’est extrêmement important. L’importance sociale des personnes n’a absolument rien à voir avec le montant de leur salaire, de leur rémunération. Il est même inversement proportionnel ! ... Plus vous êtes payés, moins vous servez à quelque chose ... pourrait être la leçon de cette crise du coronavirus ! Merveilleuse leçon qui devrait conduire la société à essayer de rendre cohérent la valeur financière des personnes et des postes et leur utilité sociale. Est-il normal que les postes les plus utiles socialement soient ceux qui soient le moins bien rémunérés, sous prétexte qu’un chômage de masse permet d’abaisser les prétentions salariales de ces personnes ? Il en va pourtant de même pour les postes d'ingénieurs et de dirigeants. Des milliers ou des millions de prétendants pourraient conduire à réduire leurs prétentions. Mais ces gens-là se sont protégés ! Il faut une expérience en tant que dirigeant pour pouvoir prétendre à un poste de dirigeant. Nous sommes dans un monde à part, entre dirigeants, entre puissants, entre riches. Rien à voir avec les métiers socialement utiles pour lesquels ces mêmes dirigeants ne tolèrent aucune organisation, aucune protection. Seul le profit compte ! Et pour ces métiers socialement utiles, seul importe la loi du profit et le règne du moins cher.

 

Ce lumpen-proletariat a été bien sympathique d’assumer leurs tâches indispensables pendant cet épisode de confinement. Mais ne nous masquons pas la réalité ... si ces prolétaires, au vrai sens du terme, n’avaient pas obéi aux injonctions gouvernementales et à l’obligation morale imposée par la caste médiatique et télévisuelle, ils y auraient été forcés militairement ou économiquement. Le gouvernement en a d’ailleurs parlé à mots couverts. Gare à ceux qui, parmi ces métiers indispensables, seraient tentés de parler de droit de retrait du salarié et de protection et de santé ! Toute exagération serait sérieusement punie, dixit le gouvernement !

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/12/dans-la-presente-crise-sanitaire-la-france-elitaire-vient-de-montrer-ses-limites_6039390_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/11/le-startupeur-va-t-il-eclipser-de-nouveau-l-eboueur_6039308_3232.html

 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/08/aides-soignantes-caissieres-enseignantes-a-la-rencontre-de-femmes-en-premiere-ligne-dans-la-crise_6039079_3244.html

 
Mais à la différence de ces quelques articles de presse tirés du journal Le Monde, je ne crois pas en un «monde d’après» merveilleux. Nulle prise de conscience par les puissants et les riches, ni même d’ailleurs par nous-mêmes, simples salariés, qui ne nous sentons heureux qu’en croyant avoir réussi professionnellement ... La pression sur les salaires des métiers socialement utiles sera encore plus forte, entre sous-traitance au meilleur coût et argument des chômeurs qui attendent à la porte ... et nos dirigeants qui reparleront bien vite de «ceux qui ne sont rien» !

 

Voilà les quelques idées que je me suis trouvé à écrire en ce samedi soir ... écrits non voulus, non anticipés, non prévus ... en fait, je souhaitais vous parler de FaceBook et de sa Cour Suprême ... ce sera pour une autre fois ...

 

 
Saucratès



16/05/2020
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