Critiques de notre temps

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Morale


Devoir d’hospitalité - Il est si simple pour le pape de donner des leçons aux européens

Devoir d’hospitalité - Il est si simple pour le pape de donner des leçons aux européens

Par Saucratès 

 

Paris, lundi 6 décembre 2021

 


La question de l’accueil des migrants est un sujet extrêmement complexe, et en même temps extrêmement simple. Il ne s’agit que de personnes en très grande précarité, en très grande pauvreté, confrontées à des conditions de vie et de voyage extrêmement dures, pratiquement inhumaines, et qui ont risqué leur vie où celles de leurs proches et de leurs enfants, à la merci de filières parfois mafieuses ou esclavagistes.

 

Dans cette situation, le discours moraliste et excessivement simpliste du Pape François se comprend parfaitement. Pour la religion catholique, le devoir d’hospitalité à l’égard des pauvres et des précaires est un impératif catégorique. Il ne peut pas souffrir d’exceptions, de la peur de l’autre. Mais tout ceci est un absolu.

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/12/05/le-pape-francois-a-lesbos-arretons-ce-naufrage-de-civilisation_6104799_3210.html

 

Il y a une première limite à prendre en compte, qui est celle de la folie, du terrorisme islamique, qui fait que certains de ces migrants sont parfois les auteurs d’actes barbares, terroristes. Dans cette masse de migrants qui affluent aux frontières de l’Europe, venant de pays parfois gangrenés par la violence islamique (Tchétchénie, Afghanistan, Syrie ...), comment être sûrs que des terroristes, des adeptes de la haine de l’occidental, ne se cachent pas parmi eux, ne se travestissent pas au milieu d’eux ? Comment être sûr aussi que demain, après-demain, les enfants de ses migrants ne se transformeront pas eux-aussi en terroristes, comme l’assassin barbare de Samuel Paty ?

 

Il est tellement simple pour le Pape François de s’entourer de deux ou trois jeunes filles migrantes, de deux ou trois jeunes enfants, et d’en appeler à la raison des européens, de les appeler l’espoir du Monde ! Les États européens ne peuvent pas choisir parmi les migrants qui se pressent à leurs frontières, les plus jeunes, les plus photogéniques, les plus diplômés, les plus susceptibles de ressembler aux migrants et migrantes dont le Pape s’est trouvé entouré sur cette île de Lesbos.

 

S’agit-il d’un naufrage de civilisation comme le condamne le Pape ? L’Europe doit-elle et peut-elle accueillir sur son sol l’ensemble de la misère africaine, du Proche-Orient et de l’Asie ? L’idéal de l’accueil, du devoir d’hospitalité ne doit vraisemblablement avoir aucune limite aux yeux du Très Saint Père, mais il ne s’agit que d’une façon de voir le monde, de le questionner, de l’interpréter. Interessant de voir que sort en ce moment (ou ressort) un livre de Jacques Derrida intitulé «Hospitalité».

 

«La réflexion préliminaire de Derrida dans cette première année de son séminaire «Hospitalité» est structurée par la distinction rigoureuse, quoique sans opposition, entre deux logiques hétérogènes qui risquent toujours de se pervertir l’une l’autre : celle d’une hospitalité stricte et conventionnelle (toujours finie, conditionnelle et subordonnée à la maîtrise du chez soi ou de l’ipséité) et l’idée d’une hospitalité inconditionnellement ouverte à l’arrivant.»

 

Ceci est évidemment magnifique, mais cela fait peu de cas des désordres, des peurs, des assassinats et des actes terroristes, et enfin et surtout, de l’existence d’une Nation française et d’un peuple français. Que restera-t-il de la France et du catholicisme si on pousse au bout de la réflexion ces magnifiques principes d’ouverture à tous les migrants de la Terre, de l’Afrique à l’Asie en passant pour l’Irak et l’Asie ?

 

 

Saucratès 


06/12/2021
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Dilemme théologique autour du devoir d’asile et d’hébergement

Dilemme théologique autour du devoir d’asile et d’hébergement

Par Saucratès 

 

Samedi 20 novembre 2021

 

A une époque où deux conceptions du monde s’affrontent, il me semble utile de revenir sur le dilemme migratoire et sur le dilemme du devoir d’asile et d’hébergement. Des migrants venus du monde entier s’entassent à la frontière polonaise et biélorusse, et certains politiques, comme Jadot pour les Écologistes, s’emparent et s’enflamment pour ce sujet d’actualité en parlant de migrants qui meurent inhumainement de froid dans les froides forêts biélorusses. On a aussi toute cette économie parallèle des filières d’immigration qui traversent la Méditerranée sur des embarcations de fortune (normal, les véritables transports maritimes ou aériens autorisés et sécurisés demandent des papiers et des titres de séjour pour se rendre en Europe. Les passeurs font donc traverser la Méditerranée sur des embarcations surpeuplées à des migrants qui y risquent leur vie et parfois ceux de leurs enfants, et leurs espoirs reposent sur des associations européennes de secours aux migrants sans lesquelles ils ne tenteraient pas la traversée ou n’accepteraient pas de le faire de cette manière, en aussi grand nombre, parce qu‘ils sauraient qu’ils n’ont aucune chance de s’en sortir, sans être secourus au bout de quelques miles en mer par ces bateaux européens qui font d’un devoir d’assistance un pousse au crime et une filière d’immigration si simple mais néanmoins qui reste dangereuse. 

J’aurais eu aujourd’hui une quinzaine ou une vingtaine d’années, je me serais certainement enflammé pour une de ses causes. Lorsque j’avais quinze ou seize ans, je suis rentré en suivant quelques filles dans une association lycéenne pour porter secours à l’Afrique, pour creuser des puits ou aider à l’enseignement dans les écoles. J’ai oublié précisément notre combat ; je me rappelle que l’on cherchait à sauver le monde. L‘éveil d’une conscience politique … et j’ai parfois l’impression que l’Ile de La Réunion est tellement isolée du reste du monde que nos jeunes, ceux de mon époque comme mes enfants ou leurs camarades, ne se sentent pas concernés par ces combats, par ces engagements. Comme si La Reunion était à la fois préservée et humainement et géographiquement isolée. 

 
MMais aujourd’hui, personnellement, je n’ai plus quinze ou seize ans. Quarante ans plus tard, j’ai l’âge de Jadot mais je sais aussi les conséquences à plus long terme de ces flux d’immigration qui nous arrosent, qui nous pénètrent, qui cherchent parfois à détruire la France et ce qu’elle était ou qu’elle a été. Samuel Paty a été monstrueusement par un enfant de réfugiés tchétchènes qui cherchait à devenir célèbre en tuant au nom d’Allah et d’une idéologie mortifère terroriste. Tous les attentats qui ont frappés la France sont le fait d’immigrés ou d’enfants ou de petits enfants d’immigrés ou de réfugiés de ces dernières décennies. Et une immense partie de ceux étant allés chercher l’aventure et combattre auprès de l’Etat islamique ou d‘AQMI en Syrie étaient issus de l’immigration (même si on y trouvait deux frères réunionnais, les Clain, que rien ne prédestinaient normalement au terrorisme islamique et dont les ancêtres réunionnais enterrés selon les rites catholiques doivent se retourner dans leurs tombes …). 

Tout ceci représente le coût de cet afflux migratoire qui menace l’Europe et la France. À une autre échelle, on vit désormais la même chose à La Réunion, où des embarcations de fortune sont sensées traverser l’ensemble de l’Ocean Indien depuis le Sri-Lanka pour débarquer sur nos côtes reunionnaises, à près de 4.000 kilomètres de là. Et des filières d‘avocats dont on peut interroger les objectifs réels font en sorte qu’ils échappent à toute reconduite aux frontières. On retrouve ces gens dans les faits divers, mais des années après leur débarquement sur les plages réunionnaises, ses sans-papiers résident toujours dans l‘île à moins qu’ils n’aient réussi à fuir en metropole. Évidemment, on sait tous que leur traversée de l’Ocean Indien n’est pas possible, qu’ils sont venus de l’Ile de Maurice toute proche sur ces embarcations de pêche confisquées ou abandonnées. Mais ces informations ne circulent pas, ou sont très difficiles à obtenir. 

 
Lorsqu’on parle de ce cout, on oublie évidemment les centaines de milliers de migration qui n’ont posé aucun problème, de ces gens, de ces personnes que nous connaissons, qui sont nos amis et nos amies,  dont les parents ou les grands parents étaient des réfugiés politiques ou économiques, et qui aujourd’hui constituent, participent aussi à la France et à son rayonnement. Pour un tueur de Samuel Paty, ou pour un parent d’élève ayant appelé à l’assassinat de ce professeur de sa fille, pour un terroriste du Bataclan, de Charly Hebdo ou de l’Hyper-Cacher, combien y a-t-il de personnes parfaitement intégrées, dévouées, humainement irréprochables (du moins, pas moins que nous, car qui sommes nous pour nous penser irréprochables ?).

 

Mais je ne peux conclure cet article sur le devoir d’asile et sur le devoir d’hébergement, sur cette vertu religieuse pour les chrétiens, sans rappeler ces faits divers horribles et intolérables comme l’assassinat survenu le lundi 11 août 2021 d’un religieux par un migrant qu’il hébergeait dans la ville de Saint Laurent sur Sèvres en Vendée, faits divers qui posent un terrible problème d’éthique.

 

En tant qu’humain, en tant que citoyen français, cet assassinat rappelle, évoque, toute une série d’assassinats ou de meurtres perpétrés par des migrants au cours des dernières années. Mais en tant que chrétien, il me faut m‘interroger sur mes raisons de rappeler toutes ces malheureuses histoires, toutes ces morts.

 

Il est interessant de lire l’éditorial du Monde d’hier 11 août, «il y a quelque chose d’indigne dans les réactions politiques qui, au nom de la défense de l’Eglise catholique et de ses valeurs, désignent Emmanuel Abayisenga (le migrant présumé assassin) comme la preuve vivante du danger migratoire».

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/08/11/meurtre-d-un-pretre-la-douleur-et-la-colere_6091165_3232.html

 

Alors certes, un seul incident de la sorte ne peut pas suffire à démontrer le danger migratoire, même si le fait que ce migrant puisse aussi être le responsable de l’incendie de la Cathédrale de Nantes peut permettre d’interroger la capacité de la France à reconduire de tels dangereux criminels hors de ses frontières et à protéger les français du danger que cette personne représente. Incarcérer ou interner une telle personne a-t-il le moindre sens, et ne risque-t-on pas, dans quelques mois ou dans quelques années, de se retrouver avec un nouveau crime causé par cette même personne, ce même migrant, sous prétexte qu’il n’était toujours pas expulsable du fait des enquêtes en cours ou parce qu’un juge ou un psychiatre aura estimé que son discernement était aboli puis qu’il était guéri ?

 

Mais il ne s’agit pas du seul incident observé. Il y a eu régulièrement de tels incidents impliquant des migrants, en France ou dans d’autres pays européens. Des incidents impliquant des migrants et leur logeur ou des bénévoles défendant la cause des migrants et leur offrant un hébergement. Je ne parlerais donc pas des assassinats de l’église de Nice perpétrés par un migrant tunisien qui venait d’arriver en France, dont la motivation d’ailleurs était le terrorisme islamiste.

 

19 février 2021, à Pau, Pyrénées-AtlantiqueVendredi 19 février, un migrant a attaqué au couteau le responsable d’un centre de réfugiés à Pau (Pyrénées-Atlantiques). La victime est décédée et l’assaillant a été interpellé. L’assaillant était un soudanais âgé de 38 ans, arrivé sur notre territoire en 2015. L’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) avait refusé sa demande d’asile mais la CNDA, c’est-à-dire la justice administrative, avait autorisé sa présence sur le territoire national. L’assaillant aurait déjà eu des démêlés avec la justice et aurait été condamné par le passé. En apprenant qu’il était débouté du droit d’asile, il aurait alors attaqué un responsable du centre.

  

https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/pau-le-responsable-dun-centre-d-accueil-pour-refugies-tue-au-couteau_4304359.html

 

19 décembre 2018 à Joué-les-Tours, en Indre-et-Loire. Un jeune migrant ivoirien âgé de 22 ans en situation irrégulière a porté 22 (ou 28) coups de couteau à la victime de 56 ans, Bertrand Louiset, ancien directeur du Monoprix, qui l’hébergeait chez lui depuis quelques jours. Bertrand Louiset était investi dans le monde associatif tourangeau, bénévole aux Restos du cœur depuis près de 20 ans, selon sa page Linkedin, et engagé auprès d’utopia 56, une association d’aide aux migrants, depuis avril dernier.

 

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/05/97001-20190105FILWWW00047-un-migrant-tue-son-hote-a-joue-les-tours.php

 

https://www.bfmtv.com/police-justice/indre-et-loire-un-migrant-tue-de-28-coups-de-couteau-l-homme-qui-l-hebergeait-1604970.html

 

14 octobre 2017, à Oloron-Sainte-Marie, en Béarn. Une femme de 79 ans a été poignardée à son domicile de la rue Révol à Oloron-Sainte-Marie, en BéarnLe mis en cause est un Afghan d’une vingtaine d’années. La victime vivait à côté d’un appartement d’accueil des réfugiés, à Oloron-Sainte-Marie. Gravement blessée, elle se trouve toujours dans un état critique. D’après nos confrères de La République des Pyrénéesil lui aurait porté plusieurs coups de couteau au thorax et au visage. Grièvement blessée, la victime était toujours dans un état jugé préoccupant ce samedi matin. Elle a été transférée à Bordeaux.

 

 

26 septembre 2010, Götebourg, Suède. L’un des plus horribles de ces incidents avait eu lieu le 26 septembre 2010 dans la ville natale d'Elin Krantz à Göteborg. 

Elin Krantz se battait pour les droits des migrants et pour les droits des femmes. Et elle a été sauvagement violée et mutilée par un réfugié somalien de 23 ans, Efram Johannes, qui avait une femme et deux enfants. Et c’est toute l’ironie et la tragédie de cette histoire qu’une fille qui a lutté pour les droits des immigrants, soit morte et violée par un migrant somalien.

 

http://fr.nextews.com/31971740/

 

Et il est inutile de rappeler les meurtres racistes et antisémites ayant touchés de vieilles dames juives à Paris commis par des illuminés dont certains ne furent pas condamnés par la justice française parce que leur discernement aurait été altéré au moment de l’assassinat qu’ils ont commis !

 

Comme je le disais, ces choses affreuses ne concernent qu’une fraction des migrants qui pénètrent dans notre pays. Sont-ils tous dangereux ? Non bien sûr ! Une infime minorité de ces réfugiés sont des terroristes qui cherchent à commettre des attentats sur notre sol. Et même si on les arrêtait, ces attentats seraient quand même commis par d’autres illuminés dont le discernement aurait été aboli par les prêches ou les idées de fanatiques les approchant. Une infime minorité de leurs enfants donneront aussi naissance à des actes terroristes. Il y a bien plus de chance que ces migrants ou leurs enfants soient de très grands scientifiques ou de très grands penseurs qui révolutionneront le vingt-et-unième siècle ou le vingt-deuxieme siecle. Mais en même temps, comment est-il possible d’ignorer la tragédie que représentent ces assassinats, ces meurtres et ces attentats et comment ne pas comprendre qu'on puisse remettre en cause le principe même d‘hébergement des malheureux qui cherchent à pénétrer sur notre sol. La situation du Canada, protégé par l’immensité et la dangerosité de l’Océan Atlantique, et par la traversée des Etats-Unis, n’est pas comparable à celle de l’Europe. L’immigration choisie n’est pas envisageable par la France, pas plus que celle d’une science qui prévoirait à l’avance les risques criminels des migrants qu’elle accueillerait et qu’elle pourrait rejeter. 
 

Le devoir de porter assistance et le devoir d’hebergement présente un prix à payer abominable. Et celui-ci est difficile à accepter.

 

 

Saucratès


20/11/2021
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Irresponsabilité pénale et psychiatrie - Le meurtre de Sarah Halimi impuni

Saint-Denis de La Reunion, samedi 17 avril 2021

 

Pour mon article de ce jour, je vais aborder un sujet fortement médiatisé de ces derniers jour traitant du jugement de la Cour de cassation sur l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi. 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/14/mort-de-sarah-halimi-la-cour-de-cassation-confirme-l-irresponsabilite-de-son-meurtrier-qui-ne-sera-pas-juge_6076764_3224.html

 

https://www.la-croix.com/Sarah-Halimi-pas-proces-meurtrier-irresponsabilite-penale-confirmee-cassation-2021-04-14-1301150905

 

https://laregledujeu.org/2019/12/24/35468/affaire-sarah-halimi-une-terrible-et-etrange-defaite/

 

Sarah Halimi était une 'vieille' dame de religion juive, massacrée et assassinée par son voisin de religion musulmane, Kobili Traoré, simplement parce qu’elle était juive. Et pourtant, les juges de plusieurs juridictions, et en dernier ceux de la Cour de Cassation, ont estimé que le discernement de Kobili Traoré était aboli. Il était ouvertement et modérément antisémite et pourtant cela n’a pas suffit pour caractériser le crime de haine et l’assassinat terroriste.

 

Le 4 avril 2017, en pleine nuit, «Kobili Traoré, 27 ans, de confession musulmane, fait irruption chez sa voisine de 65 ans, Lucie Attal aussi appelée Sarah Halimi. Aux cris de Allahou akbar, il la roue de coups en récitant des versets du Coran, avant de la jeter par-dessus le balcon de leur HLM de Belleville, dans l’est de Paris».

 

Il n’y aura donc pas de procès pour sa famille et ses proches. Son assassin restera peut-être interné pendant une période de vingt ans en hôpital psychiatrique, ou pas, selon les décisions des psychiatres qui l’examineront. Il est peut-être même déjà dehors, à préméditer un nouveau crime. 

 

A croire d’ailleurs qu’il existe une malédiction sur les noms de famille. Ou bien qu’il existe une malédiction à porter un nom de famille juif en France. Après Ilan Halimi assassiné sauvagement pour des motifs antisémites, c’est au tour de Sarah Halimi d’être assassinée pour les mêmes motifs, parce qu’elle était juive ! Ilan Halimi avait été enlevé, séquestré et assassiné parce que les membres du groupe des Barbares croyaient que tous les juifs étaient riches ; et Sarah Halimi sera également assassiné parce que son meurtrier était persuadé que les juifs contrôlent tout, tout le monde ! Il aurait fait une crise mystique !

https://laregledujeu.org/2021/04/14/36979/les-trois-vies-perdues-dilan-halimi/

 

On ne parle pas du nom de famille Traoré, comme Kobili, ou Adama et ses frères Yssouphou, Cheikne, Bagui, Yacouba, condamnés pour des faits de délinquance, avant de devenir des symboles de la lutte contre les violences policières ou judiciaires.

 

https://www.20minutes.fr/justice/2525427-20190524-val-oise-deux-freres-adama-traore-condamnes-prison-ferme-trafic-drogue

 

https://www.leparisien.fr/faits-divers/bagui-le-frere-d-adama-traore-renvoye-aux-assises-pour-tentative-d-assassinat-02-07-2019-8108172.php

 

En parallèle, les médias donnent une grande importance au témoignage du psychiatre en milieu pénitentiaire Cyrille Canet, qui vient de démissionner de la direction du service médico-psychologique de la prison de la Santé à Paris. 

 

https://www.franceinter.fr/societe/detenus-malades-psychiatriques-le-docteur-canetti-alerte-sur-un-recours-trop-systematique-a-l-isolement


Selon Cyrille Canet, les malades mentaux n’ont rien à faire en prison et devraient être placé en hôpitaux psychiatriques pour pouvoir y être soignés. La prison ne serait pas fait pour eux, mais les moyens dévolus à la psychiatrie seraient insuffisants pour permettre d’y accueillir toutes les personnes malades mentales qui seraient de fait emprisonnées par manque d’espace en hôpitaux psychiatriques. De l’hôpital, à la rue, de la rue à la délinquance pour s’en sortir, puis de la délinquance à la prison !

 

Admirable débat à un moment extrêmement pertinent. Pour clarifier les choses, à prime abord, je suis favorable à la peine de mort pour tout assassinat abominable, pour tout crime odieux, et donc pour tout meurtre terroriste. Il ne peut y avoir aucun espoir de rédemption pour ces monstres, et seule la mort peut apporter une réponse adéquate de la part de notre société. 


Contrairement aux magnifiques idées de Cyrille Canet, la prison n’est pas là, n’est pas faite, pour réinsérer des criminels repentis ! La prison est la réponse insatisfaisante élaborée par une société beaucoup trop libérale pour isoler des criminels et pour les punir, pour leur faire payer leurs crimes. La solution russe des goulags ou chinoise des camps de redressement, voire la solution américaine d’enfermement à vie, sont bien plus pertinentes que la solution française. Les seules personnes pour lesquelles la prison française serait réellement un enfer seraient pour les personnes comme moi, des malheureux citoyens qui pourraient être condamnés éventuellement pour des accidents de la route ou de crimes de cols blancs (harcèlement moral, détournements de fonds ...) ou de petits délits mineurs.

 

Que conclure de tout cela.
—> Une absence de justice apportée à la victime de ce meurtre abominable, évidemment.

—> Un exemple offert à chaque futur terroriste, qui pourra désormais arguer de l’abolition de son discernement après chaque assassinat terroriste, aussi.

—> L’inadéquation de la réponse de la justice française, incapable de punir des terroristes et des monstres, et de la psychiatrie française, qui est confrontée à la perversion du terrorisme islamique mais qui continue à utiliser une grille de lecture marxiste et victimaire dépassée, alors que l'explication de tout ceci est l’islamisation rampante de la société française et des cités populaires. Ceci n’est qu’une guerre civile où la lutte contre les violences policières n’est qu’un outil pour faire de ces cités urbaines une zone hors du droit français, c’est-à-dire non pas une zone de non-droit, mais une zone où le droit sera le droit des gangs, le droit islamique, mais pas le droit français.

 

Certes, la psychiatrie et la psychanalyse sont capables d’offrir une grille de lecture pertinente de ce qui ne va pas chez nous, de nos psychoses, de nos désordres. Mais n’est-il pas exagéré de croire qu’elles peuvent offrir une réponse à ces gens qui sont des monstres, à ces fous meurtriers, à ces assassins qui ont goûté au sang et à la terreur de leurs victimes ? On tue bien des chiens parce qu’ils ont goûté au sang humain, pourquoi ne tue-t-on pas ces monstres qui tuent des innocents pour leur plaisir ? 

 

La justice et la psychiatrie française sont devenues folles. Ils auraient aujourd’hui à juger les responsables nazis de l’Holocauste, Hitler, Himmler ... qu’ils les considereraient comme des malades mentaux dont le dicernement était aboli pendant ces années de guerre et qui les gracieraient sous prétexte qu’ils ne seraient pas responsables de leurs actes !

 

Soyons clair, Kobili Traoré aurait dû être jugé pour le meurtre de Sarah Halimi, et dans l’absolu, il aurait du être condamné à mort. Pour la même raison que comme des millions de français, j’ai trouvé extraordinaire que le meurtrier de Samuel Paty ait été tué lors de son arrestation par les Forces de l’ordre. Il eut été abominable que des avocats, des psychiatres lui permettent d’échapper à un procès, qu’il ressorte vivant de prison pour commettre à nouveau des meurtres dans quelques années ! Ce monstre ne mérite d'ailleurs même pas que l’on se souvienne de son nom autrement qu’à travers celui de sa victime. Il est heureux qu’il ait été abattu. Et heureusement, nul avocat, nul défendeur, n’ont osé s’attaquer, porté plainte contre les  courageux policiers qui l’ont abattu. La peine de mort eusse encore exister qu’ils n’auraient pas été obligés de l’abattre pour permettre que la justice humaine soit prononcée.

 

Ce sera tout pour ce soir !

 

 

Saucratès


17/04/2021
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Justice, politique et éthique

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 11 mars 2021


La justice et la politique, entendues au sens large, que ce soit en France, ailleurs en Europe, ou dans le monde, sont-elles éthiques et appliquent-elles une éthique ? C’est une question que je me pose souvent, et à laquelle l’actualité médiatique de ces dernières heures ou de ces dernières semaines viennent fournir une réponse.

 

Est-il normal que le parlement européen puisse lever l’immunité parlementaire de M. Puigdemont et des ministres indépendantistes catalans alors que la justice espagnole menace de les condamner à une peine de prison de plus d’une dizaine ou d’une quinzaine d’années, non pas pour avoir tué, assassiné ou volé, mais simplement pour avoir proclamé l’indépendance de la Catalogne, province espagnole, conformément au souhait de nombre de catalans. Comment le parlement européen, par calcul politique, par respect des courant politiques, peut-il lever l’immunité parlementaire de certains de ses membres en faisant comme si la justice espagnole était une justice démocratique et que leur condamnation ne risquait pas d’être injuste ? Quelle éthique peut y avoir en politique en Europe ? Il y a de la noblesse et de l’inconscience dans le combat de Puigdemont et des indépendantistes catalans face à des États européens qui ne laisseront jamais aucun espoir aux velléités indépendantistes chez eux, mais seulement chez les autres, ailleurs, en Afrique, en Asie ou dans les Balkans.

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/09/apres-la-levee-de-l-immunite-de-puigdemont-l-offensive-judiciaire-espagnole-en-europe_6072508_3210.html

 

De même, la justice elle-même réfléchit-elle aux conséquences des décisions judiciaires qu’elle prend et aux jugements et aux condamnations qu’elle prononce ? Ethiquement, de nombreuses décisions judiciaires ne sont-elles pas totalement hors de propos et déplacées. N’est-elle pas astreinte à réfléchir aux conséquences éthiques de ses choix et de ses décisions judiciaires ?

 

Premier exemple, dans les plaintes concernant le piratage de cet outil de messagerie utilisé par les pires criminels, EncroChat, n’est-il pas aberrant que la justice française se range aux côtés des criminels. «EncroChat était une messagerie cryptée réputée inviolable, utilisée par des narcotrafiquants, des marchands d’armes, des réseaux de blanchiment d’argent sale et de trafic ou de traite d’êtres humains. Et la justice française malgré cela se prononce sur des requêtes en nullité qui dénoncent l’illégalité des moyens employés». La justice française, et les juges qui la composent, peuvent-ils se mettre aux côtés des pires criminels et les protéger, sans prendre en compte le fait qu’ils protègent des criminels en faisant cela ?


Que diront ces juges devant les victimes de ces criminels ? Tant pis pour vous ? J’espère surtout que demain, ces mêmes juges ne seront pas les victimes de ces mêmes criminels. Même si c’est rarement le cas. Les juges qui libèrent des assassins, des violeurs ou des pédophiles sont rarement les nouvelles victimes de ces monstres lorsqu’ils récidivent. 

Est-ce la conformité au texte de la loi, et au respect des procédures qui doit primer sur l’éthique même de la justice, et sur l’éthique de la portée des décisions judiciaires prononcées ? 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/03/10/piratage-d-encrochat-les-recours-se-multiplient-contre-la-justice-francaise_6072569_3224.html

 
On a un deuxième exemple dans cette plainte et ce jugement en cours au Pérou concernant un ancien président, Alberto Fujimori, poursuivi pour avoir mis en œuvre des stérilisations forcées de femmes boliviennes ! La justice bolivienne appelée à se prononcer sur cette plainte ne doit-elle pas réfléchir aux conséquences d’un tel procès et de l’éventuelle décision qui sera prise. La stérilisation forcée des hommes et des femmes sur notre planète n’est-elle pas la seule manière de limiter la croissance de la population terrienne et de ne pas nous retrouver à plusieurs dizaines de milliards d’humains sur Terre dans quelques décennies ?

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/10/au-perou-alberto-fujimori-devant-la-justice-dans-le-dossier-des-sterilisations-forcees_6072531_3210.html

 
On a également un troisième exemple dans le procès du siècle sur l’inaction climatique du gouvernement français. Qu’elle peut être la légitimité de la justice française pour faire condamner l’Etat français, c’est-à-dire en quelque sorte tous les français, nous tous, eux également, pour un supposé inaction gouvernementale ? N’est-il pas aberrant que la justice française condamne le gouvernement français ? Vous pensez qu’en dehors de l’Europe, voire en dehors de la France, un autre pays se condamnerait lui-même par sa propre justice ? La justice de ces pays-là n’est même pas capable (ou en etat) de juger équitablement des justiciables étrangers dès lors que leurs intérêts sont contraires aux intérêts de leurs propres ressortissants. Mais en France, la justice donne non seulement raison aux justiciables étrangers, mais elle nous condamne en plus collectivement tous ensemble, à travers le gouvernement. Qui sont donc ces juges et ces rapporteurs publics pour rendre de cette manière la justice en France ? En sont-ils simplement dignes ?

 

Ils croient peut-être faire avancer la cause de la lutte contre le réchauffement climatique, à moins que ces juges ne recherchent seulement que la gloire personnelle, laisser une trace dans l’histoire, passer à la postérité autrement que comme les traîtres ayant condamné leur propre pays et leur propre gouvernement !

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/03/climat-l-etat-condamne-pour-carences-fautives-dans-l-affaire-du-siecle_6068613_3244.html

 

Et des histoires de ce type, il y en a des millions d’autres. Mais il apparaît évident à ce moment de ma présentation que chacun d’entre nous peut avoir sa propre interprétation de ce qui devrait être l’éthique à défendre dans le cas de ces différents sujets ou jugements. Entre l’appréciation du juge et l’appréciation de chacun d’entre nous sur ce qui devrait être jugé, de ce qui devrait être condamné ou non, il peut en effet y avoir une multitude de positions antagonistes.

 

Et pourtant, en matière d’éthique, peut-il y avoir plusieurs positions sur un même sujet, sur les obligations morales qui s’imposeraient aux juges ? Peut-il y avoir des positions éthiques antagonistes ? Non, évidemment que non. Dans ces différents cas recensés, il peut y avoir des jugements ou des positions politiques se basant sur des principes juridiques, ou politiques, de primauté de tels ou tels principes, mais au fond, ces divers jugements ne sont pas conformes à l’éthique. Ils ne sont pas éthiques. Ils respectent juste un principe de primauté du droit ou des principes. Rien d’autre. Il reste à définir ce que devrait être cette éthique des juges et de la justice, ou de la politique. 

 

 

Saucratès


10/03/2021
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Djihadistes et déradicalisation, une lecture de la revue «Esprit» du mois de décembre 2019

Saint-Denis de La Réunion, mercredi 18 mars 2020

 

Le numéro 460 de la revue «Esprit» du mois de décembre 2019, qui traitait du langage et des langues, intégraient quelques articles extrêmement intéressants et pertinents sur le djihadisme, sur la mobilisation djihadiste et sur la démobilisation des djihadistes, ou déradicalisation. 

 

https://esprit.presse.fr/tous-les-numeros/quand-le-langage-travaille/884

 

Un premier article d'Eric Marlière intitulé «du communisme à l'islam - réflexions sur la violence politique» discutait de l'origine, de l'explication de la radicalisation islamiste ou djihadiste. Grosso modo, mon interprétation de cet article est que les ressorts de cette radicalisation islamique ne sont pas différents selon l'auteur des violences anarchisantes et gauchisantes des années antérieures qui avaient donné naissance à la bande à Bader ou aux Brigades rouges. 

 

https://esprit.presse.fr/article/eric-marliere/du-communisme-a-l-islam-42443

 

«Des formes de radicalisation politique dans les quartiers populaires urbains existent depuis un certain nombre d'années : contestation généralisée, méfiance étendue et révoltes urbaines. Cependant, la mise en place de l'Etat islamique apparaît comme un projet séduisant pour certains jeunes, visant à changer le monde : «si l'Etat islamique avance dans certaines régions en difficultés, c'est pour une raison simple : il ne se borne pas à promettre un changement révolutionnaire, il le met en action. Il renversé l'ordre politique et économique, en suivant, pour la conduite de la société, un code moral radicalement différent.» (Scott Atran, L'Etat islamique est une révolution, Les liens qui libèrent, 2016) Pour une extrême minorité de jeunes des quartiers, vulnérables et en rupture avec les institutions sociales, dans un contexte d'injustice, les sites de Daech ou d'Al Qaïda et leurs franchises peuvent proposer une alternative crédible.»

(page 100)

 

L'auteur pose ainsi comme diagnostic et comme question : «comment sommes-nous passés du terrorisme révolutionnaire d'extrême gauche à celui qualifié d'islamique à l'échelle du globe ? Nous partons du postulat que la violence politique extrême a changé de support - mais pas forcément de programme - et revêt de nouveaux oripeaux idéologiques.»

 

A la lecture, ce diagnostic paraît tout à fait pertinent. Je peux tout à fait me reconnaître dans une telle analyse ; de mon temps, j'aurais tout à fait pu m'associer à une lecture violente proche du terrorisme d'extrême gauche. Et je peux tout à fait m'imaginer que si l'islamisme eusse existé à cette époque ancienne, j'aurais peut-être pu me laisser séduire par son message et par son programme. C'est une question qui parfois m'interpelle, que parfois je me suis posé. Mais de la même manière que je n'ai pas été un terroriste d'extrême gauche, ou que je n'ai pas rejoint un kibboutz israélien en Terre Sainte, il n'y a pas plus de raison que j'aurais basculé dans le terrorisme djihadiste.

 

L'auteur se fatigue beaucoup pour rapprocher et expliciter la ressemblance entre la vision communiste et la vision islamique de la société et de leur message émancipateur. Cette ressemblance existe-t-elle réellement ? L'auteur conclut son article de la manière suivante :

 

«Les formes anthropologiques et les structures idéologiques proposées par le communisme révolutionnaire ou le djihadisme, malgré leurs finalités antagonistes, peuvent paraître séduisantes à celles et à ceux qui se sentent exclus et pensent ne pas avoir grand-chose à perdre. En effet, les sentiments d'injustice, de colère et de frustration peuvent trouver des réponses immédiates dans les problématiques égalitaires du djihadisme et ses projets messianiques de revanche et de justice face à un monde perçu comme inique. Autrement dit, l'islam, après le communisme, procure des réponses idéalisées à des problèmes générés par un système politique appréhendé comme corrompu et injuste.»

 

«En proposant un tel paradigme structurel, nous tenons une position d'équilibriste bien définie par Jean Birnbaum : «tous les points communs soulignés ici, entre le brigadiste d'antan et le djihadiste actuel, masquent un conflit mortel entre les deux visions du monde, deux idées de l'homme à la fois jumelle et irréconciliables.» (Jean Birnbaum, Un silence religieux - La gauche face au djihadisme, Seuil, 2016) C'est sans aucun doute l'un des grands paradoxes de notre époque, marquée par l'absence de débouchés politiques pour une partie de la jeunesse francaise.»

(page 104)

 

La vision d'Eric Marlière est certes séduisante. Mais elle oublie un certain nombre de choses. Elle explique assez bien l'existence du djihadistes et la séduction qu'elle peut opérer sur un certain nombre de personnes, pas toujours forcément de religion musulmane. Mais elle oublie que l'idéologie révolutionnaire d'extrême gauche continue d'exister, comme l'idéologie terroriste d'extrême droite. Même s'il est difficile de qualifier des penseurs d'extrême gauche comme le groupe de Tarnac et son leader Julien Coupat de terrorisme d'extrême gauche, ce qui me paraît comme particulièrement exagéré, il existe bien cependant malgré tout toujours des groupes révolutionnaires d'extrême gauche. Mais il est clair que cette vision du monde est réservée aux intellectuels et aux personnes avec un certain niveau d'éducation et de formation. Pour les jeunes des cités et les exclus du système éducatif, le terrorisme d'extrême gauche semble pratiquement inaccessible, réservé aux seuls intellectuels. Mais cela a toujours été le cas depuis Marx et Engels en passant par les situationnistes de mai 1968. Ce qui n'a pas empêché l'existence et la constitution de groupes terroristes d'extrême-gauche ! Pour les exclus  du système éducatif d'aujourd'hui, les francais de souche peuvent basculer dans les mouvements d'extrême droite, en guerre contre l'islam et les juifs, tandis que les autres français peuvent basculer dans le djihadisme et dans l'islamisme.

 

Au fond, il n'y a peut-être pas vraiment de mouvement de bascule entre islam et communisme comme semble vouloir le croire et le démontrer Éric Malière. Les deux idéologies n'ont jamais attiré les mêmes personnes et les mêmes profils. À moins de penser que le communisme révolutionnaire ne soit fermé aux non-intellectuels qui ont alors dû basculer vers l'islamisme. D'où la très grande facilité d'endoctrinement pour l'islamisme pour ces profils d'exclus.

 

Je partage encore moins d'affinités avec l'article suivant de Myriam Benraad, intitulé «Les déçus du califat - Émotions et démobilisation».

 

https://esprit.presse.fr/article/myriam-benraad/les-decus-du-califat-42444

 

Cet article de Myriam Benraad semble ainsi défendre cette idée  naïve que les djihadistes déradicalisés sont soignés d'une sorte de maladie et ont déjà été suffisamment punis par ce qu'ils ont fait et par ce qu'ils ont commis pour qu'il soit nécessaire de les punir et de les condamner. C'est grosso modo ce que je retiens de la lecture de cet article et de la démonstration de cette auteure. Les pauvres ont été tellement marqués par ce qu'ils ont vécu, par ce qu'ils ont fait, qu'ils se sont volontairement deradicalisés et qu'ils ont voulu fuir le califat et l'Etat islamique, marqués par ce qu'ils ont vu, fait et vécu.

 

«Outre leur déception vis-à-vis du projet de l'Etat islamique et de sa relaité tangible, nombreux sont ceux qui ont quitté les rangs de l'organisation terroriste sous le poids de la honte générée par une confrontation, directe ou non, avec leurs propres actes. Cela est particulièrement vrai concernant les combattants qui furent témoins d'exécutions et d'atrocités, et qui présentent tous les symptômes d'un stress post-traumatiqu. D'idéalistes croyant être partis vivre une utopie, des combattants de l'Etat islamique ont littéralement été transformés en instruments de torture, en assassins méthodiques, rendant impérative une prise en charge thérapeutique appropriée au terme de leur désaffiliation physique, pour conjurer leur identification à un mouvement pervers et ultraviolent, être en mesure d'accepter l'idée, moralement intolérable, de s'être associés au pire, même brièvement.»

(page 110)

 

Lecture qui se veut tellement naïve des crimes perpétrés par ces djihadistes. L'évocation même d'«idée moralement intolérable» me semble un complet contre-sens. C'est intolérable pour nous, ou peut-être même pour l'auteure, mais le djihadisme et ses crimes ne démontrent-ils pas eux-mêmes que leur morale islamiste n'a plus rien à voir avec notre morale judéo-chrétienne ? 

 

Lorsque des personnes ont basculé de cette manière dans le mal absolu, existe-t-il une possibilité de rachat ? Lorsque l'on a tué et torturé des personnes à cause de leur religion ou de leur origine, est-on rachetable ? C'est la peine de mort qui fut requise au tribunal de Nuremberg contre les criminels nazis qui y furent traduit, qui avaient tué, assassiné, torturé, déporté des français, des polonais, des russes, des juifs, des tsiganes, des communistes. Un djihadiste est-il capable de s'amender, de ne pas prêcher le terrorisme ou le djihâd ? Seule la mort n'est-elle pas la seule reponse tolérable à l'intolérable ? Et si notre civilisation n'est pas capable de mettre en place un tribunal comme Nuremberg pour juger les faits des djihadistes en Syrie et en Irak et partout dans le monde, confions donc leur jugement à des pays qui appliquent encore la peine de mort.

 

 

Saucratès


18/03/2020
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