Critiques de notre temps

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Morale


Cannes, le cinéma et #metoo

Cannes, le cinéma et #metoo
Par Saucratès 
Saint-Denis de la Réunion, samedi 25 mai 2024

 

Au moment de Cannes 2024, #metoo s’est réinvité violemment dans l’actualité. Il y a d’abord eu ces films et ces appels féministes à l’adoption d’une nouvelle loi #metoo. Un monde #metoo …

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/080224/le-cinema-francais-au-coeur-de-la-bataille-metoo

 

Mais qu’est-ce qu’une telle loi apporterait à notre société ? Créer un monde où on ne verrait plus d’agressions sexuelles à l’encontre des femmes, ou des hommes ? Ni de la part d’hommes de pouvoir, d’acteurs, ou de femmes de pouvoir ? Mais ce n’est pas une loi qui permettra de faire cela. C’est la société qu’il faudrait changer, les relations hommes-femmes, les comportements des hommes et ceux des femmes. 
 
Que ferait de plus une loi #metoo que toutes les lois existantes contre le harcèlement sexuel, contre les viols et agressions sexuelles ? Elle permettrait d’obliger à croire immédiatement toute victime d’une agression sexuelle, et d’emprisonner voire condamner, éliminer l’agresseur désigné ? Uniquement lorsque cela touche des agresseurs hommes … évidemment … cela va de soi. 
 
Quoi d’autre ? Obliger les gendarmes, policiers, à recevoir et à croire aux plaintes déposées par des victimes féminines d’agression sexuelle ? Obliger les juges à condamner les agresseurs masculins désignés par leurs victimes ? Incarcérer préventivement la moitié de l’humanité de sexe masculin ? Ou directement éliminer cette moitié de l’humanité puisqu’il n’y aura jamais suffisamment de places de prisons construites pour 4 milliards d’hommes à enfermer !

 
Bon vous avez compris, #metoo m’insupporte profondément. Le règne de la délation généralisée et de la condamnation et de la mise à mort médiatique immédiate. 

 

Au moment de Cannes 2024, une rumeur s’est répandue. Et le site Médiapart s’est fendu d’un magnifique article pourfendant cette rumeur imbécile selon Médiapart, au sujet de l’existence d’une supposée liste d’auteurs présumés de violences sexuelles, que Mediapart s’apprêterait à publier. C’était faux, évidemment selon Médiapart.

 

«C’est faux, évidemment. Disons-le d’emblée : Mediapart ne publie pas de « liste ». Quand nous révélons des faits à propos de violences sexistes et sexuelles, comme sur l’ensemble des sujets d’intérêt général que nous couvrons, nous publions des « enquêtes » portant sur des informations recoupées.

 

Celles-ci prennent souvent plusieurs mois, au minimum plusieurs semaines. Car le temps du recoupement des informations est incompressible, et long, tout comme celui du contradictoire (qui consiste à questionner les personnes ou les institutions mises en cause).

 

(…) La rumeur, elle, offre une esquive à celles et ceux qui ne veulent entendre ni Judith Godrèche, ni Adèle Haenel, ni Isild Le Besco et tant d’autres. Qui refusent de bousculer leurs certitudes, de questionner le cinéma, le rôle de l’image et de l’art dans nos représentations et la reproduction des rapports de domination et de pouvoir.

 

Le journalisme est précisément le contraire : enquêter, mettre au jour des faits qui nous dérangent et nous questionnent, penser contre soi-même, informer les lecteurs et les lectrices hors de tout agenda dicté par les réseaux sociaux. C’est ce que nous tentons de faire, quotidiennement, dans Mediapart.»

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/130524/metoo-la-force-tranquille-de-l-information

 
Dans une vision antérieure de cet article, Mediapart, si je ne me trompe pas, contestait la possibilité de l’existence de cette liste parce qu’aucune accusation ne pouvait reposer sur l’absence de toute preuve. Comment une simple rumeur de la sorte pouvait-elle être reprise par des sites d’information comme C8, Le Figaro ou L’Opinion sur la base de seules rumeurs et en l’absence de toute preuve.

 

Cette partie de l’article de Mediapart a été corrigée, à raison probablement, puisque c’est la forme et la fonction justement des accusations de #metoo de ne se baser que sur la rumeur, sur des accusations sans preuve, sur des faits parfois prescrits. Et que c’est bien pour cette raison que les fous et les féministes qui agitent la promulgation d’une loi #metoo veulent justement d’une telle loi : pour que leurs rumeurs tueuses et assassines puissent aboutir à la mort de leurs cibles. Parce que certains survivent parfois aux rumeurs, aux attaques des chiens.

 

Et puis voilà, malgré le démenti de Mediapart en date du 13 mai 2024, le 23 mai 2024, soit 10 jours plus tard, Mediapart avec un autre média féministe (Cheek) publient une enquête sur le comédien Édouard Baer  qui l’accuse d’harcèlement et d’agressions sexuelles sur la base de de dénonciation de six femmes entre 2013 et 2021. Les autres enquêtes démenties par Mediapart devraient suivre ; la liste existe bien.

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/violences-faites-aux-femmes/edouard-baer-accuse-par-six-femmes-de-harcelement-et-d-agressions-sexuelles-dans-une-enquete-de-mediapart-et-de-cheek_6561992.html

 

Je ne me prononcerais pas sur les faits mêmes des affaires #metoo. Le temps de la justice n’est pas celui des médias. Et la présomption d’innocence existe bien en droit, jusqu’à la condamnation définitive. #metoo ne reconnaît pas ces droits aux supposés agresseurs que les féministes et les supposées victimes dénoncent. L’existence même de ces droits, et l’usage des termes supposés ou présumés qu’ils imposent, exaspèrent les féministes de #metoo.

 
Par ailleurs, ne connaissant pas la gloire et la renommée, je n’ai pas été soumis aux mêmes tentations que tous ceux accusés par #metoo. Je ne leur jetterai pas la première pierre. J’ignore ce que j’aurais fait dans la même situation qu’eux ; aurais-je été un résistant ou un collabo ? Les femmes célèbres sont-elles d’ailleurs différentes des hommes célèbres ou bien nul ne se plaint-il jamais de leurs avances parce qu’elles savent faire croire aux hommes que ce sont eux qui ont pris l’initiative ? Et au fond, peut-être est-ce parce qu’il est plus simple d’être une femme dans les choses de l’amour, que dans n’importe quel bar, une femme qui cherche du sexe en trouvera. Et un homme non. Ou très difficilement. Ou parce que seuls les hommes cherchent du sexe … parce que cela ne les engage pas de la même manière que les femmes.

 

Il reste une chose en laquelle je suis d’accord avec les féministes. Que l’homme est fondamentalement un violeur. Que seul un vernis de culture et de civilisation occidentale nous protège de la bête qui sommeille en nous. Que le viol est inscrit dans l’ADN de l’homme, et qu’il suffit souvent du rien, la guerre, le pillage, la peur, pour qu’un certain nombre d’hommes basculent dans l’animalité. C’est pour cette raison que les terroristes du Hamas ont pu violer à la suite puis assassiner les femmes et les jeunes filles israéliennes qu’ils ont croisé. De même que les soldats russes ou ukrainiens dans la guerre en Ukraine. L’homme est un monstre. Et les féministes aussi. Le sexe, la mort et la peur les attirent comme l’odeur du sang attire les prédateurs ! Je n’ai nul espoir dans l’humanité alors qu’un simple vernis nous protège des pires instincts de l’humanité.

 
Evidemment, on a parfois de bonnes surprises, chez les hommes et chez les femmes. Le monde est rempli de justes, de bonnes personnes, de gens qui protègent et cachent les faibles, qui refusent le viol. Ils en existent partout. Mais la minorité de monstres suffit à rendre le monde dangereux. Et surtout la majorité de ceux qui laissent faire, qui applaudissent, qui se réjouissent sans participer…

 
 
Saucratès


25/05/2024
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Les premiers morts de #meetoo

Les premiers morts de #meetoo

Par Saucratès

Saint-Denis de la Réunion, mercredi 3 avril 2024

 

Le dessinateur américain Ed Piskor s’est probablement suicidé (à moins qu’il n’ait été suicidé de force) suite à des accusations vraisemblablement mensongères et fausses d’agressions sexuelles par des victimes qu’il aurait supposément agressé (ou tenté d’agresser). Merci #meetoo. Merci #balancetonporc.org.

 

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2024/04/02/le-dessinateur-ed-piskor-accuse-de-violences-sexuelles-est-mort_6225626_3382.html

 

Quand je titre sur les premiers morts de #meetoo, je me trompe évidemment. Derrière toutes ces accusations de viols et d’agressions sexuelles portées sur #meetoo, combien de fausses accusations ont-elles été portées contre des hommes innocents et combien de ces victimes se sont-ils suicidés devant leur réputation brisée en mille morceaux ? Combien de morts parmi les méchants violeurs ou supposés violeurs ? On ne les compte pas parce que ce sont des hommes hétérosexuels ? Le féminisme post #meetoo, est-ce cela ? Est-ce que seules les vies des femmes comptent ? Est-ce que les vies des hommes n’ont pas de valeur ? Est-ce que les féministes pensent que si on pouvait exterminer tous les hommes, le monde se porterait mieux ?

 

Ou bien tout simplement pensent-elles que les morts masculines ne comptent pas ?

#meetoo ne représente en aucun cas la moindre forme de justice. En matière de justice, même les pires criminels ont droit à pouvoir être défendus. Même Eichmann eut droit à des avocats lors de son procès à Jérusalem, même les nazis jugés à Nuremberg, même les criminels poursuivis pour crime de guerre devant le tribunal de la Haye, même Israël malgré les crimes de guerre perpétrés à Gaza, ont eu droit à être défendus. C’est un droit constitutionnel sacré dans nos États de droit.

 

Mais pas les hommes poursuivis pour avoir supposément agressé des femmes, leur avoir tenu des paroles considérées comme inappropriées, ou avoir eu un comportement considéré comme inapproprié ? Eux n’ont pas droit à la justice ? Ils n’ont pas droit à être défendus et jugés équitablement. Non, ces hommes-là sont immédiatement jugés comme des criminels et placardés comme des monstres, des pervers, des criminels. Sans justice, sans possibilité de se défendre, sans enquête, voire parfois ou le plus souvent pour des faits prescrits. Par des juges qui jouent les victimes ou des victimes qui font office de juges et de bourreaux. Vive #meetoo ! Vive #balancetonporc.org !

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/04/02/julien-bayou-vise-par-une-plainte-de-son-ex-compagne-demissionne-d-eelv-et-de-son-groupe-a-l-assemblee_6225583_823448.html

 

Mais tout cela, défense équitable, procès équitable, enquête non uniquement à charge, c’est la justice. Et la justice ne suffit pas aux féministes et aux tueuses sans pitié. Ce qu’elles veulent, c’est du sang. C’est une vengeance probablement pour tous les siècles où la femme fut inférieure à l’homme, sous son contrôle. Il ne s’agit pas de justice mais simplement de vengeance, de djihâd, de guerre sainte menée contre les hommes. Il leur faut du sang. Et chaque mort supplémentaire doit les remplir d’allégresse. Heureusement, je crois en une justice divine, immanente.

 
 

 

Saucratès 


03/04/2024
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Éthique et modernité

Work in progress

 
On pourrait croire que notre époque moderne est morale et éthique. À l’heure de #metoo, de #metoo-garçon désormais, à l’heure des condamnations et des plaintes incessantes pour antisémitisme ou pour islamophobie, à l’heure des multiples codes de déontologie ou de chartes éthiques que les salariés se voient imposer de respecter dans les entreprises ou les administrations, à l’heure de la nomination de déontologues dans tout ce que la France compte de grandes entreprises, de grandes administrations, jusqu’à l’Assemblée nationale ou le Sénat, on pourrait penser que notre époque est hautement morale et éthique, que l’ensemble de nos comportements sont normés, encadrés par des normes éthiques et morales inaltérables et inattaquables. 

Et pourtant, il n’en est rien. Notre monde n’a jamais été aussi loin de l’éthique. Notre monde est fracassé de partout par les jugements, par les condamnations intempestives, par l’émotivité des uns ou des autres à laquelle on nous impose d’adhérer, de donner suite, de relayer inlassablement. Il faut condamner ci ou ça. Les journaux et les médias comme Le Monde ont cessé de vouloir éclairer sur le monde qui nous entoure et se contentent, comme tout un chacun, de manipuler les plus instinct des uns ou des autres et nous enjoindre de condamner, juger, déformer les faits pour répandre la bonne parole et la sainte colère. Le gouvernement n’est pas plus en reste avec les excommunications que prononcent tels ou tels ministres à l’encontre de tels ou tels partis politiques ou homme public parfois. Tel syndicat a affiché son mur des cons. Tel spectacle d’un humoriste est antisémite. Tel geste est antisémite. Tel mot utilisé comme ‘résistant’ pour décrire un peuple comme les palestiniens est un crime antisémite. Et ainsi de suite…

 

Il peut être utile de relire le philosophe et logicien Ludwig Wittgenstein, l’auteur du Tractatus, pour se rappeler de ce qu’il écrivait sur l’éthique. 

«Or, ce que je veux dire est qu’un état d’esprit, si l’on entend par là un fait que nous pouvons decrire, n’est, au sens éthique, ni bon ni mauvais. Par exemple, si nous lisons dans notre livre du monde la description d’un meurtre avec tous ses détails physiques et psychologiques, la simple description de ces faits ne contiendra rien que nous pourrions nommer une proposition éthique. Le meurtre se trouvera exactement sur le même planque tout autre événement, la chute d’une pierre par exemple. Assurément, il se pourrait que la lecture de cette description provoque en nous de l’affliction, de la colère ou toute autre émotion, ou que nous soyons informés de l’affliction ou de la rage que ce meurtre a suscité chez d’autres personnes qui en ont entendu parler, mais il n’y aura là que des faits, de simples faits, et seulement des faits, mais non l’Ethique. Aussi dois-je dire que, si je me représente ce que devrait être vraiment l’Ethique, à supposer qu’une telle science existe, le résultat me semble tout à fait évident. Il me semble en effet évident que rien de ce que nous pouvons jamais penser ou dire ne pourrait être l’Ethique même.»

 

Conférence sur l’éthique, Ludwig Wittgenstein, 17 novembre 1929

 

En lisant la comparaison faite par Ludwig Wittgenstein entre un horrible meurtre et la simple chute d’une pierre, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec l’attaque du Hamas du 7 novembre 2023 et l’injonction impérative faite à tout un chacun de condamner cette abominable attaque terroriste. Mais en terme éthique, il eusse fallu qu’un philosophe ose rappeler à nos dirigeants outrés, à nos médias guerriers, que la description de cette attaque terroriste n’était pas differente de la description d’une simple chute de pierre. 

Evidemment, en disant cela, je me condamne à l’excommunication, aux poursuites judiciaires et pénales, comme l’aurait été le pauvre Luwig Wittgenstein si il avait osé commettre une telle déclaration en notre époque. Parce que notre époque se croit éthique. Nous sommes tenus en permanence de condamner et de juger les comportements et les actes que l’on nous désigne comme déviants, mauvais, condamnables. Un témoignage est à peine publié sur #meetoo ou désormais #metoo-garçon que le prédateur est immédiatement soumis à l’ostracisme, condamné médiatiquement, exclut de la sphère des vivants. Au delà même de la réalité des accusations, on se trouve d’abord confronté à l’interprétation des accusations. «Il a pris ma main et il m’a dit : tu me troubles !» Harcèlement sexuel évidemment ! 

https://www.lefigaro.fr/cinema/metoo-garcons-ouverture-d-une-enquete-apres-une-plainte-pour-harcelement-sexuel-contre-le-cineaste-andre-techine-20240303

 

Aujourd’hui, il ne faut surtout plus penser ! Il faut condamner ce que l’on nous dit de condamner, juger ce que l’on nous dit de juger, dénoncer ce qu’on nous dit de dénoncer. Penser par soi-même deviendra bientôt un crime. Comment laisser circuler des personnes qui pensent par elles-mêmes, des personnes qui ne condamnent pas ce qu’on leur demande de condamner, mettre à l’index ceux qu’on leur demande de mettre à l’index, huer ceux qu’on leur demande de huer ?

 
Je voudrais terminer cet article sur les dernières phrases de Ludwig Wittgenstein de sa conférence sur l’éthique :

 

«Je vois clairement et immédiatement, comme en un éclair, non seulement qu’aucune des descriptions auxquelles je pourrais penser ne décrirait vraiment ce que j’entends par valeur absolue, mais encore que je rejetterais toutes les descriptions signifiantes que quiconque pourrait suggérer ab initio, en arguant de leur sens. En d’autres termes, je vois maintenant que ces expressions absurdes ne sont pas absurdes parce que je n’ai pas encore trouvé la manière correcte de les exprimer, mais parce que leur essence même est d’être des non-sens. Car tout ce que je voulais, en les mettant en avant, était précisément aller au-delà du monde, c’est-à-dire au-delà du langage signifiant. 

 

Mon penchant, qui est aussi, à ce que je crois, celui de tous les hommes qui ont jamais essayé d’écrire sur l’Ethique ou la religion, ou d’en parler, était de buter contre les limites du langage. Buter ainsi contre les murs de notre cage est entièrement, absolument, sans espoir. L’Ethique, pour autant qu’elle provient du désir de dire quelque chose du sens ultime de la vie, du bien absolu, de la valeur absolue, ne peut être une science. Ce qu’elle dit n’ajoute rien, en quelque sens que ce soit, à notre savoir. Mais elle porte témoignage d’un penchant de l’esprit humain que, pour ma part, je ne puis m’empêcher de respecter profondément et que je ne ridiculiserais à aucun prix.»

 

Ludwig Wittgenstein - Conférence sur l’éthique - 17 novembre 1929 - Pages 18-19

 
Ce sont surtout les derniers mots de cette citation, de cette conclusion de cette conférence, prononcé par Wittgenstein il y a bientôt un siècle, que je trouve admirable. Le fait de buter contre les limites du langage lorsque l’on veut parler sur l’Ethique, le fait que l’Ethique ne puisse être dès lors qu’elle voudrait parler du Bien absolu. Et enfin de ce penchant de l’esprit humain qui cherche à trouver ce Bien absolu, ce sens ultime de la vie. Ce penchant né en Grèce antique, il y a deux millénaires et demi.

 
 
Saucratès


04/03/2024
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Aux origines de la Religion et de la Philosophie

Dieu, l’Homme et la philosophie

Par Saucratès 

Paris onzième, jeudi 14 décembre 2023

 

Qu’est-ce que Dieu ? Qui est Dieu ? Pourquoi l’homme a-t-il besoin de croire en Dieu ou en autre chose ? Ou bien en quoi pourrait-il croire s’il ne croit pas en Dieu ? Pourquoi l’Homme pense-t-il ? Et depuis quand ? Et qu’est-ce que la philosophie ?

 

Sont-ce les grandes questions métaphysiques existentielles ? La première question porte, je pense, sur la place respective de la religion et de la philosophie. La religion a-t-elle commencé avec l’invention des Dieux, au début des premières civilisations de l’écrit, ou bien la religion et la croyance en un Dieu, ou des Dieux, bienveillants ou malveillants, préexistaient-elles à ces premières civilisations de l’écrit, aux temps antérieurs au néolithique ? De la même manière, la philosophie a-t-elle démarré avec la Grèce antique, avec Socrate ou avant cela avec les philosophes présocratiques, ou bien existait-elle avant la Grèce antique, au cours des millénaires antérieurs qui se sont déroulés en Égypte, en Sumer, en Chine ou dans la vallée de l’Indus ? 
 

À la première question, sur l’existence préhistorique de la croyance en des Dieux, en des êtres surnaturels, on peut se rappeler toute la controverse sur l’existence ou non d’une croyance et d’une religion adorant une déesse mère, schématisée autour de ces multiples statuettes de déesses mères trouvées dans les grottes préhistoriques. Ces statuettes représentaient-elles, témoignaient-elles d’une adoration d’une sorte de déesse mère ? Ou bien s’agissait-il de toute autre chose, de symbole de la fécondité ou autre symbole ? Les préhistoriens ne sont pas tous d’accord sur l’objet et les symboles de ces statuettes. 
 

Il existe une autre réponse à cette question. Elle se trouve dans l’ancienneté des grandes formes des mythes des origines, qui font tous intervenir des Dieux ou des personnages légendaires et supérieurs aux humains. Et ces mythes sont extrêmement anciens, bien antérieurs aux premières civilisations de l’écrit que j’ai cité. La répartition géographique de ces mythes permet de faire remonter l’origine de ces mythes de la création du monde, de ces discours sur l’origine des sociétés et de l’homme, à plus de 100.000 ans dans le passé pour les plus anciens des mythes primordiaux. Le discours des aborigènes australiens remontent probablement aux premiers temps de leur arrivée en Australie, vers il y a 50.000 ans.

 

Et ces mythes, quelque soit la manière dont ils ont évolué, dont ils ont pu se combiner avec d’autres mythes, d’autres discours, d’autres religions, font intervenir des Dieux ou des personnages ou des animaux légendaires. La croyance en des Dieux, en des entités surnaturelles, dépassent forcément de très loin les premières traces écrites que les premières civilisations de l’écrit nous ont laissé. On sait que  l’écriture de la Bible a été influencé par les mythes babyloniens et sumériens. Vraisemblablement, ces premiers mythes sumériens ont dû également être influencés par des mythes bien plus anciens d’autres peuples dont il ne nous reste aucune trace écrite et aucun souvenir historique. 
 

A l’exception de nos peuples occidentaux urbains modernes, le reste de l’humanité croit encore aujourd’hui en des entités surnaturelles. Je fais partie d’un peuple pétri de religiosité et de surnaturel, qui croit encore à la légende de l’Ankou. Et dans ma prime enfance, certainement bercé par les contes et légendes bretonnes, j’étais persuadé que je tomberais, en soulevant les rochers pour la pêche aux coquillages, sur le roi des crabes ou le roi des poissons. Un crabe à la carapace immense, bien plus grand que le jeune enfant que j’étais. Et même si j’étais d’un caractère rêveur, je ne peux avoir été le seul à croire en l’existence de tels êtres surnaturels. De telles croyances on existait de tout temps comme nous l’enseigne les contes et légendes qui se perpétue jusqu’à nous, depuis des temps immémoriaux.

 

Si ces croyances ont existé de tout temps, vraisemblablement depuis au moins 100.000 ans, il est possible que ces croyances ne reposaient pas sur l’existence d’un Dieu unique et tout puissant, ni sur un Dieu vengeur. L’existence de croyances préhistoriques en des entités surnaturelles n’implique pas évidement que l’on puisse parler de religions préhistoriques. Pas de bible. Juste une histoire de la création du monde que l’on se transmet de générations de conteurs en générations de conteurs …

 

Pour la deuxième question posée quant à l’origine de la philosophie, cette question équivaut à se demander si la manière de se penser des égyptiens et des sumériens de l’Antiquité correspondait à un questionnement sur le but de l’homme, sur la recherche du bonheur. Les hiéroglyphes égyptiens et les pictogrammes sumériens ne nous renseignent pas sur ce problème. On y trouve des codes de lois, des inventaires marchands, des discours de la création, mais pas de traités sur le bonheur ou sur le bon fonctionnement de la cité. Une autre façon de chercher une réponse à ces questions est d’interroger les civilisations archaïques que l’on a découvert au cours des derniers siècles, au moment de leur premier contact avec l’Occident, que ce soit en Afrique, en Australie, en Nouvelle-Guinée ou dans la forêt vierge amazonienne. Les hommes et les femmes de ces sociétés archaïques avaient-ils développé une philosophie, sur le bonheur, sur les formes idéales de fonctionnement des sociétés, sur ce qu’est l’homme et l’humanité ?

 

Question à laquelle, je le crains, il n’y ait pas vraiment de réponses. Les anthropologues qui ont étudié ces peuples nouvellement découverts, qui ont été au contact de ces peuples, s’intéressaient à collecter de nombreuses informations, mais je n’ai pas lu qu’ils avaient cherché véritablement à se demander s’ils disposaient d’un discours philosophique. Mis à part Pierre Clastres qui nous a transmis de sa rencontre avec les indiens Guayakis ce qu’il a appelé ‘Le grand Parler, Mythes et chants sacrés des Indiens Guarani’, ce qu’il a appelé comme une forme de discours mélancolique des indiens Guayakis sur la fin de leur vie d’errance. 
 

Au fond, l’invention et l’usage du terme de philosophie n’est-il qu’un concept ethnocentrique de l’Occident et de ces racines qui plongent dans la Grèce antique platonicienne. N’est-ce pas uniquement parce que nous avons conquis le monde entier que nous pensons que la philosophie est une constante inamovible de la pensée humaine ? L’existence et l’invention de la philosophie ne dépendent-elles pas de la confrontation à de multiples formes de sociétés, d’organisations sociales différentes, comme cela a été le cas dans la Grèce antique, ce creuset géographique microscopique où s’inventa la cité athénienne ou spartiate, la démocratie et la tyrannie ? Des sociétés archaïques en Afrique, en Amazonie ou en Australie, qui ont réussi à maintenir inchangées et immuables des organisations sociales inchangées pendant des millénaires, qui ont réussi à rejeter toute apparition de l’Un, du pouvoir coercitif, ces sociétés pouvaient-elles avoir un discours sur la meilleure forme d’organisation de la société et de l’homme, alors que toute leur énergie passait dans le processus de maintien et de défense de leur forme de société. Le discours servait à rappeler l’origine de la tribu et l’égalité de tous contre tous, et ce discours n’aurait pas pu tolérer une réflexion philosophique sur ce que serait la meilleure forme de gouvernement, sur le rôle de l’homme, sur la recherche du bonheur …

 

La philosophie implique la possibilité d’interroger et de remettre en cause l’organisation de la société telle qu’elle fonctionne. La philosophie n’a probablement pas pu apparaître avant qu’une telle capacité de la société à accepter sa remise en cause ne soit acceptable et possible. Et probablement cette tolérance n’a pas été possible avant cet exceptionnel accident historique et géographique que fut l’apparition des premières cités de la Grèce antique. Tout comme cette tolérance n’a pas survécu, ou très difficilement survécu, aux temps obscurs du moyen-âge occidental tout comme aux siècles obscurs de l’islamisme, même si la splendeur des débuts de l’islam ont permis la redécouverte des sagesses antiques que l’Occident avait totalement oublié lors de ce même moyen-âge. 
 

Il me resterait maintenant à parler de Dieu et de l’homme …

 

 

Saucratès


14/12/2023
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Barbarie

Barbarie 

Par Saucratès 

Saint-Denis de La Reunion, dimanche 27 août 2023

 

Au début de ce mois d’août 2023, une jeune femme de 29 ans a été agressée sauvagement à Cherbourg, par un jeune migrant de 18 ans, au prénom à consonance maghrébine, Oumar N. ou Oumar M.

 

«La jeune cherbourgeoise de 29 ans a expliqué aux forces de l’ordre qu’elle venait d’être frappé et violée. Son témoignage est glaçant. (…) l’agresseur s’était introduit à son domicile pour la frapper à de multiples reprises, au visage et sur le corps, avant de la violer plusieurs fois, notamment avec un manche à balai.

  

(…) À son arrivée à l’hôpital Pasteur, la jeune femme a été plongée dans un coma artificiel et admise au bloc opératoire. Plusieurs heures de chirurgie s’en sont suivies. Violée avec un manche de balai, le colon, l’intestin grêle, le péritoine et le diaphragme de la victime ont été perforés. Elle présentait également des fractures sur les côtes. Face à la brutalité de ses blessures, certains membres du personnel ont fondu en larmes.»

  

https://www.liberation.fr/societe/police-justice/un-jeune-de-18-ans-mis-en-examen-pour-viol-avec-actes-de-barbarie-sur-une-femme-dans-la-manche-20230813_Z7723V4X75AVTCG62TRPZXYNQ4/

  

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/viol-de-cherbourg-le-lourd-casier-de-l-agresseur-presume-9880160

 

On peut évidemment s’interroger sur la barbarie de tels actes, sur l’absence de toute empathie pour leurs victimes ! Que font ces individus en France ? Sont-ils des victimes pour mériter, pour avoir le droit de séjourner en France ? Absence totale d’empathie dans la manière dont le suspect a fini par reconnaître les faits en garde à vue, sans montrer aucune émotion. Selon BFMTV, cet homme compterait déjà 17 mentions au fichier du traitement des antécédents judiciaires, dont un viol sur mineur en 2019 au sein d’un internat socio-éducatif médicalisé et une tentative d’agression sexuelle sur sa petite sœur, en 2022.

 

Ce qui choque tout autant, ce n’est pas tant la récupération politique de cette barbarie, que la négation par tous les écoles-gaucho bobos du contexte raciste de cette agression. Ne surtout pas faire le moindre lien avec le fait que le barbare est un migrant et un délinquant multirécidiviste. Faisons le procès du patriarcat, excusons le barbare, mais ne faisons surtout aucun lien avec le fait qu’un étranger migrant viole, brutalise sauvagement une jeune femme dans une de nos villes ! Surtout pas !

 

https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/viol-barbare-a-cherbourg-le-suspect-reconnait-les-faits-et-les-politiques-s-en-emparent

 

Tout aussi marquant le fait que Le Monde se garde bien de mettre une ligne dans son magnifique journal  écolo-gaucho bobo sur cette triste information, puisque Le Monde tient un discours aussi assimilassionniste que tous les politiques femino-ecolo-gaucho bobos. Mon Dieu, quand une information ne correspond pas au discours assimilassionniste du Journal, alors l’information n’existe pas, elle ne sera pas traitée par le Journal et par ses preux journalistes, mais on pourra peut-etre dénoncer ultérieurement les amalgames réalisés par les extrémistes de droite qui refusent la logique d’assimilation des millions de migrants que Le Monde appelle de ses vœux. 
 

Peut-on faire un parallèle avec le traitement du baiser volé par le Président de la fédération royale espagnole de football, Luis Rubiales, à l’encontre de Jenni Hermoso, joueuse espagnole, pendant la cérémonie protocolaire après la victoire de l’Espagne en Coupe du monde féminine ? 

 

https://www.lemonde.fr/football/article/2023/08/21/le-president-de-la-federation-royale-espagnole-de-football-s-excuse-apres-avoir-embrasse-de-force-une-joueuse_6186103_1616938.html

 

Chaque heure, chaque minute, nous découvrons un nouveau rebondissement de cette affaire. Désormais, les joueuses de l’équipe féminine championne du monde refuseront d’être sélectionnées tant que Luis Rubiales demeurera Président. Grosso modo, pour Le Monde, comme pour une partie de la presse française, cette monstrueuse agression semble mille fois pire que la barbarie d’Oumar N. ou Oumar M.

 

Evidemment. Le journal Le Monde est tellement plus à l’aise avec une abominable agression sexuelle d’un homme quadragénaire blanc, image du patriarcat, qui ose des comportements vulgaires à l’égard de femmes pouvant représenter l’étendard de la cause féminine, qu’avec la barbarie commise par un si gentil migrant d’origine étrangère. Pour Le Monde, ce pauvre jeune homme est une victime. Ah, le coupable aurait été un méchant blanc quadragénaire appartenant au monde patriarcal, cela leur aurait permis de fustiger l’abominable patriarcat. Donc là, ce genre de journalistes va mettre en cause la pornographie devant laquelle les jeunes gens sont sans défense …

 

L’Espagne semble désormais avoir lancé une guerre civile à l’encontre des hommes, comme dans les pays nordiques. Ces mêmes types d’actes auraient-ils eu les mêmes répercussions si Luis Rubiales avait eu le même comportement avec un homme. Les comportements des sportifs entre eux, à se porter en triomphe, posent-ils véritablement problème ou bien tout ceci n’est-il qu’un faux prétexte pour attaquer une nouvelle fois les hommes ? Au fond, le virilisme des sportifs n’est absolument pas compatible avec la féminisation du sport et l’absence de toute interaction possible entre les hommes et les sportives, ou avec l’appartenance à la mouvance LGBTQIA+. 
 

La solution aujourd’hui imposée est de supprimer toute forme de virilité dans le sport, pour que les femmes et les LGBTQIA+ puissent se sentir désormais chez eux. Sans oublier le petit truc bassement financier : que tout le monde, hommes, femmes ou LGBTQIA+ gagnent autant.

 

Et après tout, cette infâme agression sexuelle est tellement plus importante que la pauvre agression barbare de ce si gentil et adorable Oumar N. ou Oumar M. Combien faudra-t-il de milliers d’actes de barbarie de la sorte de la part de migrants africains pour que Le Monde s’y intéresse. Pourtant un baiser forcé de Luis Rubiales suffit bien lui !

 

 

Saucratès

 

 

Post Scriptum : Suis-je abominable ou raciste de réagir de cette manière à cet acte de barbarie, d’un barbare dont on ne connaît que le prénom et l’âge, et dont on suppose qu’il s’agit d’un jeune d’une famille de migrants ou d’immigrés ? Probablement … Mais n’est-il pas tout aussi criminel de laisser ce genre de barbare en liberté dans nos villes, en attendant qu’il attaque et agresse une autre personne, et de faire en sorte qu’aucune mesure d’expulsion ne puisse être prise contre lui, sous prétexte qu’il était mineur ou que le reste de sa famille est hébergé en France ? Et de penser qu’il sortira de prison probablement dans très peu de temps, et qu’il recommencera, et qu’il tuera ce jour-là ? Parce que notre justice, les juges, les avocats, sont laxistes et font tout pour faire sortir le plus vite possible ces barbares.

 
Et là-dessus, Le Nouvel Observateur nous pond un article pour nous demander si nous sommes dignes face aux migrants, pour nous interroger sur les raisons pour lesquelles nous privons les personnes migrantes de leur dignité. Mais combien de ces migrants, ou leurs enfants, tueront nos femmes, nos enfants, nos vieux parents ? Comment ne pas y penser avant de les laisser rentrer dans notre pays ?


https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20230808.OBS76716/sommes-nous-dignes-face-aux-migrants.html?dicbo=v2-2Hm956B

 
Dans un second temps, il y a toute une polémique sur une comparaison entre les polices françaises et allemandes, et dans leurs conceptions du maintien de l’ordre. Mais le problème n’est-il pas justement que l’on ne puisse pas simplement comparer les peuples français et allemands ? Sont-ils comparables en matière de respect des lois et des règles, que ce soit sur les routes ou dans les villes, sans même penser à nos cités et nos banlieues ghettoïsées.
 
https://www.francebleu.fr/infos/societe/violences-policieres-pourquoi-les-allemands-semblent-moins-touches-par-ce-fleau-1606922983

 

https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/lallemagne-un-modele-pour-la-police-francaise-pas-si-sur

 

Français ou Allemand, nous n’avons absolument rien de comparables face aux lois et aux règles. Les français, de toutes origines, considèrent que les lois et les règles ne les concernent pas, et ils ne les respectent le plus souvent qu’en raison de la peur du gendarme. Sans gendarmes, sans vidéo et sans contrôle, une majorité d’automobilistes, de citoyens, ne respectent pas les limites de vitesse, les interdictions de dépassement ou l’interdiction de voler dans les magasins … et cela semble encore pire chez les jeunes originaires des cités, des banlieues, tandis que face à un contrôle, les jeunes ou vieux délinquants chercheront par tout moyen à fuir les contrôles de police, au mépris de la vie des autres usagers de la route ou ailleurs, au mépris de leur propre vie. Et de toute façon, si ils meurent, leurs frères se révolteront et brûleront les villes et les poubelles.

 

Et pourtant, il suffirait qu’ils s’arrêtent et se laissent contrôler. Il suffirait qu’ils ne soient plus des barbares inculturés… 

 

C’est une question d’éducation, de morale. Accepter que l’on a violer une loi ou une règle et que l’on doit accepter la conséquence de notre faute. Ou bien, plus simplement, ne pas violer les lois et les règles et agir partout et tout le temps en fonction de ces lois et de ces règles. Être allemand en quelque sorte.


27/08/2023
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