Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Morale


Du contrat social

 

Réflexion une (mardi 9 janvier 2018)

De l'existence d'un contrat social ou de son application dans le cadre de notre société française 

 

Qu'est-ce que le «contrat social» ? Il est sensé s'agir d'une construction mentale des philosophes des Lumières, du dix-huitième siècle, popularisé notamment par Jean-Jacques Rousseau. Le contrat social serait donc mythique, un mythe permettant d'expliciter le fait par lequel des humains accepteraient/auraient accepté de quitter la vie sauvage pour vivre en communauté, en société. À la différence des mythes des sociétés anciennes ou premières, il s'agirait d'un mythe construit pour nos sociétés modernes, sur la base d'une idée fondée sur l'organisation des sociétés premières telles qu'elles étaient observées à l'époque de Jean-Jacques Rousseau, et reposant sur une certaine image idéalisée ou non de l'homme sauvage : bon sauvage ou loup pour l'homme, selon que l'on écoute Jean-Jacques Rousseau ou Thomas Hobbes. 

 

Si on suit ces philosophes du dix-huitième siècle, le contrat social serait donc un temps précis, une époque précise, où des hommes sauvages auraient accepté la vie en société en signant un pacte, un contrat entre eux, acceptant de fait des limitations à leurs libertés en échange d'une sécurité apportée par le groupe, par le nombre, par l'instrumentalisation ou par l'institutionnalisation de la violence légitime. Pour certains de ces philosophes, l'homme était bon avant la vie en société et était devenu mauvais après (Jean-Jacques Rousseau), ou inversement (Thomas Hobbes). Pour d'autres comme Etienne de la Boetie, c'est la violence de l'un sur les autres en sein de la société, c'est-à-dire cette violence institutionnalisée, qui était incompréhensible selon lui. Ou comment un homme seul peut-il dominer un pays entier ! Des centaines, des milliers, des dizaines de milliers de sujets !

 

Des philosophes récents ont repris à leur compte cette interprétation des fondements de la vie en société. Je veux parler notamment de John Rawls. L'instant de la conclusion de ce contrat social est toujours un instant mythologique selon Rawls, mais celui-ci est surtout célèbre pour avoir théorisé la forme de la mise en forme du contrat social, de ce moment où des hommes énoncent les règles de leur future vie en société. C'est ce que John Rawls a appelé le voile d'ignorance. 

 

En effet, si on demandait à des hommes ou des femmes de définir les règles d'une société et les statuts des uns et des autres, qui ne seraient pas tentés de se voir promu roi ou reine, ou membre de la noblesse ? Le voile d'ignorance permet de théoriser une manière de s'assurer que chaque homme ou femme est ignorant de sa place exact au sein de la société, de sa force, de son sexe voire de sa santé. Et chaque homme ou femme sera alors conduit à proposer des règles de société où chacun sera plus ou moins traité de manière égale, de facon à minimiser le risque et le désappointement de tomber dans les plus bas statuts sociaux !

 

Les débats vont évidemment beaucoup plus loin ou sont beaucoup plus complexes. D'autres philosophes ont peut-être theorisé d'autres réponses ou d'autres interprétations du contrat social depuis Rawls, ce dont je doute néanmoins. Evidemment, toute une branche de la philosophie politique depuis Rousseau et depuis Rawls a démontré qu'il n'était nul besoin d'un tel contrat social, d'une analyse ou d'une approche en terme de contractualisation de la vie sociale. Il s'agit de tout le débat opposant le conséquentialisme (ou analyse de la justesse de nos choix en fonction de leurs conséquences), l'utilitarisme (où la justesse de nos actes dépend de leur utilité) qui n'est qu'une variation du conséquentialisme, la déontologie (ou science des devoirs) dont font partie les théories d'Emmanuel Kant et de John Rawls, et l'éthique des vertus (ou perfectionnisme moral).

 

Apres avoir donc explicité ce que j'entends par «contrat social» et en avoir rapidement situé les sources philosophiques, je voudrais en revenir à mon idée première, à savoir que le contrat social est un composant actuel pertinent pour définir la vie en société dans une société comme la nôtre, comme la société francaise, justement traversée par des événements comme les émeutes urbaines, comme la radicalisation islamique et terroriste d'une partie de la jeunesse d'origine immigrée, d'Afrique du Nord ou d'Afrique noire, ou parles evenements du jour de l'an où des émeutiers ont tabassé/lynché deux fonctionnaires de police sur lesquels ils étaient tombés. Car, ces comportements émeutiers, terroristes, islamiques ou agressifs ne sont qu'une et même seule chose ; le fait que ces jeunes ou moins jeunes, ces supposés ou non exclus de notre société ne se reconnaissent pas dans la société française, dans ses valeurs, dans ses principes, dans ses engagements, dans ses droits et dans ses devoirs. 

 

Ces jeunes ou moins jeunes, principalement issus des cités urbaines, principalement issus des minorités d'origine immigrés d'Afrique, de la première, de la deuxième ou troisième génération, s'estiment souvent exclus de la société, non intégrés ou non attendus dans le monde du travail, et trouvent hors des règles de la société française la reconnaissance qu'ils pourraient en attendre. D'où la radicalisation islamique de nombre d'entre eux, mais pas uniquement d'eux (puisque les radicalisés islamiques en Syrie viennent de toute origine et de tout milieu), d'où les émeutes urbaines, pendant lesquelles le fait de brûler des voitures ou d'affronter les forces de l'ordre ou les forces de secours (pompiers) devient un rite de passage marquant l'entrée dans l'âge adulte, d'où la haine des forces de l'ordre ! 

 

Derrière ces images, il s'agit simplement d'un rejet par cette jeunesse (ou ces moins jeunes) du contrat social sur lequel repose notre société. Et j'en arrive donc à cette conclusion, contrairement à ce que pouvait penser Jean-Jacques Rousseau autrefois ou John Rawls plus récemment, que le contrat social n'est pas un instant mythique, appartenant à l'histoire ancienne, une construction mythologique théorique, mais que l'adhésion au contrat social est une décision permanente, régulière pour chaque individu. Chaque individu, au cours de sa vie, au cours de la construction de son être, de sa vie et de son devenir d'adulte, se trouve confronté à ce choix d'adhérer ou non au contrat social tel qu'il l'appréhende, tel que la société française l'a construit, avec le respect de ses institutions, de ses règles, et de la place et du statut social que la société peut lui proposer.

 

Le contrat social n'est ainsi pas qu'une construction de philosophe, qu'un souvenir mythologique. Le contrat social est une décision individuelle de chacun d'entre nous, une construction mentale, et par malheur, pour notre choix, nous ne sommes pas confrontés à ce fameux voile d'ignorance. Nous savons quel rôle et quelle place nous sera réservé dans cette société, et évidemment, il doit être plus difficile d'accepter ce contrat social lorsque l'on se sait déjà exclu, originaire d'une cité urbaine en voie de déclassement, sans perspective d'avenir, brillant ou non, que lorsque l'on se sait membre de la jeunesse dorée, héritier d'une grande fortune, privilégié En un mot !

 

Et pourtant, c'est cela le contrat social. À chaque génération, pour chacun d'entre nous, nous trouvons tous autant que nous sommes confrontés à cette décision. Accepter ou non notre place dans la société. Accepter ou non de signer le contrat social qui régit la société dans laquelle nous nous insérons ! C'est un choix d'une certaine façon de tous les instants ; accepter les règles qui sous-tendent notre vie et nos relations aux autres. Accepter les règles qui nous avantagent, qui nous protègent comme celles qui nous contraignent, qui nous désavantagent. C'est un choix souvent que nous comprenons tardivement, après que nous ayons réellement fait ce choix. Par exemple, c'est un choix qu'on fait les jeunes qui ont choisi la voie de la radicalisation islamique, du terrorisme islamique. Peut-être pas simplement ceux qui ont choisi de partir faire le djihâd en Syrie. Pas forcément non plus ceux qui se sont acharnés sur les deux policiers le jour de l'an. Parce qu'ils se sont peut-être laissés emportés par la foule, par l'effet de foule, cette force qui vous fait croire que vous êtes plus forts, aptes à attaquer ceux qui représentent l'Etat, que, en cet instant, vous croyez plus fort, que vous croyez être l'ennemi.

 

Je pense donc que le contrat social est nécessairement accepté et ressigné par chacun d'entre nous, à un moment ou un autre de notre vie, par chaque génération. Ce contrat social intègre tous les droits et devoirs que la société octroie et impose à chacun d'entre nous, ainsi que l'ensemble des institutions qui représentent la société, qui donnent corps à la société. Se pose alors le probleme du comportement à adopter envers tous ceux qui n'acceptent pas ce contrat social, ou qui dévient à un moment donné, choisissant de tuer et d'être des criminels ou des voleurs ? Mais il y a surtout tous ceux qui choisissant la voie de l'exclusion, ne comprennent pas l'existence de ce contrat social putatif. Parce que c'est sûrement là qu'il y a un souci, c'est qu'à aucun moment, personne ne vient vous indiquer que ce contrat social existe et que l'on vous demande de le signer. Et que votre choix conditionnera votre vie future. Parce qu'on ne le comprend que très tard, trop tard sûrement pour beaucoup d'entre nous !

 

 

Saucratès


09/01/2018
0 Poster un commentaire

La mise en question de la fin ultime de la souveraineté (redite)

 

Saint-Denis de la Réunion - Mardi 2 janvier 2018

 

En ce début d'année 2018, je voudrais ressortir un post écrit il y a quelques années, en octobre 2010, sur la morale et la politique. Ce post avait été écrit sous l'hyper présidence de Nicolas Sarkozy, et elle interrogeait les fins ultimes de la souveraineté dans un Etat de droit démocratique.

 

Ce post n'a rien perdu de sa contemporanéité, sous la présidence d'Emmanuel Macron, qui certains médias (ou lui-même) aiment à appeler «jupitérien», ce qui renforce d'autant le rapprochement pouvant être fait avec l'Ancien Régime absolutiste royal. Je pourrais tout à fait utiliser les mêmes mots pour décrire la situation française présente. Et cette réflexion est tout autant valable pour les Etats-Unis d'Amérique sous l'ère Trump. 

 

Réflexion quarante-quatre (19 octobre 2010)
La mise en question de la fin ultime de la souveraineté
 
Il est une question que l'on ne pose pratiquement plus, comme si elle ne se posait plus, comme si on lui avait trouvé une réponse parfaite, indépassable, réponse qui résolvait tous les problèmes qui pouvaient exister auparavant. Cette question, c'est de savoir qu'elle est la fin d'un gouvernement, la fin de la souveraineté du gouvernement, la raison (ou les raisons) pour laquelle nous donnons mandat à certains d'entre nous (ou à certains) pour nous représenter, ou pour nous gouverner. Cette question était posée par certains philosophes à l'époque de l'absolutisme royal. Face à un souverain qui estimait régner par droit divin et qui détenait un pouvoir conquis par la force et par la conquête, il était nécessaire pour certains philosophes de fonder la légitimité de sa souveraineté sur autre chose que sur la force, sur l'obligation qui lui était faite de gouverner en fonction du bien public, de l'intérêt général.
 
Ainsi Pufendorf écrivait : «On ne leur a conféré (à ces souverains) l'autorité souveraine qu'afin qu'ils s'en servent pour procurer et maintenir l'utilité publique (...). Un souverain ne doit rien tenir pour avantageux à lui-même, s'il ne l'est aussi à l'Etat.» Cette mise en question est évidemment fondamentale dans le cadre des anciens régimes monarchiques où un souverain succède à un de ses parents.
 
Mais pour autant, n'est-il pas bizarre de ne plus se poser cette question dans le cadre d'un régime démocratique. Qu'est-ce qui expliquerait que cette mise en question ne se pose plus, qu'il ne soit plus nécessaire de s'interroger sur la fin ultime du pouvoir confié à quelques uns de nous représenter, de nous gouverner, même si leur légitimité provient du suffrage universel ?
 
J'aime rappeler que le terme démocratie provient du grec dhmo (dêmos - peuple) et kratia (kratos - pouvoir). Une fort belle introduction à toute réflexion sur ce concept politique et social. L'exercice que fait le président Nicolas Sarkozy du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire, le mélange des genres qu'il pratique, entre les diverses fonctions (président de la république, chef du parti majoritaire), entre les différents pouvoirs, entre les intérêts de l'état, les siens personnels et ceux des plus riches fortunes de France dont il s'affiche comme l'ami (non pas seulement lui mais de nombreux autres ministres de son gouvernement) ...
 
Tout cela doit nous permettre de souligner que le simple fait de recevoir sa légitimité du suffrage universel ne résout pas par magie toutes les interrogations que l'on peut avoir, que l'on doit avoir, sur la légitimité de la souverainté de nos gouvernants, de nos gouvernements. Certains ont pu croire que la démocratie résolvait tous ces problèmes, que le simple fait d'énoncer que le pouvoir émanait du peuple dans son entier et que ce peuple avait la possibilité de le confier à quelques uns de ses représentants était suffisant. Mais ce n'est pas vrai. La façon dont une personne a obtenu son pouvoir, la manière dont elle est devenue un gouvernant, par le biais du suffrage universel, ou par la force des armes, du poison ou par la conquête, n'a aucune incidence sur la façon dont elle gouvernera.
 
 
Saucratès

02/01/2018
0 Poster un commentaire

L'Europe et la Catalogne

 

Réflexion deux (27 novembre 2017)

L'histoire espagnole, le séparatisme catalan et les précédents franquistes

 

Au minimum deux versions et deux lectures de l'histoire s'affrontent dans cette affaire de la Catalogne. Il s'agit d'abord d'une histoire longue, ce que l'on ne comprend pas réellement à la lecture de la presse française ou en regardant les journaux télévisés français. On a en effet l'impression que la déclaration d'independance du gouvernement catalan et du peuple (ou d'une partie du peuple) catalan est un soubresaut récent de l'histoire, une sorte d'épiphénomène qui remonterait à quelques mois voire à quelques années, et absolument pas un mouvement de fond remontant au début du vingtième siècle, aux années 1920-1930 pour être exact, et se ramifiant jusqu'à nos jours.

 

Pour le comprendre, il faut lire l'excellent article paru dans Le Monde du 19-20 novembre 2017 intitulé : «L'intransigeance de Madrid nourrit le séparatisme catalan».

https://www.pressreader.com/france/le-monde/20171119/281943133179904

 

Deux versions, deux visions, deux interprétations de l'histoire ! La vision de nombre d'espagnols et d'espagnoles vis-à-vis de la sécession, de la déclaration d'indépendance de la Catalogne est sans concession. C'est un crime selon eux et ceux-ci se réjouissent de la violence policière à l'encontre des indépendantistes ... ou plutôt faudrait-il dire des catalans quelque soit leur bord politique. Ceux-ci nient toute légitimité aux indépendantistes, tout droit à se dire un peuple différent des espagnols, tout droit sur leurs terres, sur la Catalogne. Selon ces espagnols, les catalans n'ont aucune histoire commune en tant que peuple séparé de l'Espagne ; la Catalogne n'a jamais été selon eux un royaume ou une principauté. Ils leur nient aussi le droit de pouvoir déclarer la Catalogne indépendante ; ils les comparent à des locataires n'ayant aucun droit sur l'appartement où la maison où ils habitent, et dont ils veulent proclamer l'indépendance pour s'en emparer comme des voleurs !

 

Voici en quelques images la manière dont nombre d'espagnols et d'espagnols interprètent cette histoire. L'acharnement de la justice espagnole à l'encontre des membres du gouvernement séparatiste catalan les remplit d'aise, ainsi que la fermeté du premier ministre espagnol, M. Mariano Rajoy. Selon l'article cité du Monde, c'est justement pour profiter d'un gain électoral, reposant sur l'anticatalanisme cultivé en Espagne depuis 40 ans, que Mariano Rajoy a joué la carte de l'inflexibilité !

 

A ces quelques images de l'anticatalanisme véhiculé par de nombreux espagnols se rajoute une dernière (ou une autre) : «l'égoïsme d'une région riche qui cherche à garder ses richesses pour elle», comme l'écrit Le Monde. Selon des espagnols, la Catalogne est la région industrielle de l'Espagne et les catalans veulent faire un hold-up sur les entreprises espagnoles ! Le Monde cite une autre réalité : «avec 16% de la population espagnole, la Catalogne apporte 22% des recettes fiscales nationales, mais ne reçoit que 8% des investissements publics».

 

Ne fréquentant pas de catalans independantistes, je ne saurais pas présenté leur lecture de ces mêmes événements. Je ne pourrais que relever les similitudes historiques concernant le mouvement séparatiste catalan et le traitement qui lui a été appliqué par l'état espagnol.

 

La déclaration d'indépendance catalane n'est ainsi pas une nouveauté. Le 14 avril 1931, une république catalane est déclarée unilateralement par le Parti ERC, la «Gauche républicaine de Catalogne». Cette déclaration conduit Madrid a accordé un large statut d'autonomie à la Catalogne en septembre 1932. En octobre 1934, le président de la Généralité catalane, Lluis Companys, «proclame l'indépendance de la Catalogne au sein de la République fédérale d'Espagne». Comme aujourd'hui Carles Puigdemont, Lluis Companys est arrêté, accusé de rébellion militaire et traduit devant la Cour constitutionnelle. Le parquet requiert contre lui la peine de mort mais il n'est condamné qu'à 30 ans d'emprisonnement (seulement). En février 1936, il est cependant rétabli dans ses fonctions. Mais le 18 juillet 1936 a lieu le coup d'état militaire du general Franco, «qui a pour but déclaré d'éliminer sans scrupule ou hésitation ceux qui ne pensent pas comme nous». Celui-ci entreprendra la conquête du territoire espagnol région apres région, et la Catalogne paiera un lourd tribu. «Des milliers de catalans sont détenus dans des camps de concentration et leurs biens spoliés, et des milliers d'autres contraints à l'exil». Lluis Companys est arrêté en France par la Gestapo et livré aux autorités espagnoles le 13 août 1940. Une nouvelle fois accusé de rébellion militaire, il est condamné à mort par une cour martiale le 14 octobre 1940 et fusillé le lendemain.

 

On a ainsi aujourd'hui l'impression que l'histoire se répète implacablement, et que l'Espagne est toujours malade du franquisme ! Puigdemont, Companys même histoire et même combat. Puigdemont ne craint peut-être plus la peine de mort (mais c'est encore à vérifier ... il y a d'autres manières de tuer qu'en fusillant quelqu'un) mais il encoure toujours 30 années de prison !

 

En 1977-1978, l'Espagne reconnaît plus largement l'autonomie d'un certain nombre de ses régions (16 en tout dont les trois nationalités historiques : Catalogne, Pays Basque et Galice). En 1979, le statut d'autonomie de la Catalogne est adopté par référendum. Un nouveau statut de la Catalogne sera par la suite adopté en juin 2006 et ratifié par référendum en Catalogne. Mais ce statut sera dénoncé par le Parti populaire de Mariano Rajoy. Le tribunal constitutionnel espagnol, très conservateur, invalide plusieurs articles du statut de la Catalogne de 2006, notamment ceux relatifs à la perequation fiscale, et celui definissant la Catalogne comme une nation (arrêt du Tribunal constitutionnel du 28 juin 2010). Cette décision, à l'origine de laquelle on trouve le premier ministre espagnol actuel, M. Mariano Rajoy, attise un indépendantisme catalan jusqu'au boutiste.

 

Le 9 novembre 2014, c'est un économiste catalan, M. Arthur Mas, au pouvoir avec le parti politique Convergence, qui organise un referendum sur l'indépendance de la Catalogne, que le gouvernement espagnol déclare illegal, mais sans prendre les mesures drastiques prises en 2017. 37% des electeurs catalans se deplacent et votent pour l'indépendance à 80,76%. Ces resultats seront insuffisants pour permettre d'ouvrir la voie à un processus d'indépendance ! Suite à des elections anticipées en septembre 2015, M. Mas n'est pzs reconduit à la tete de la Generalité catalane et c'est M. Puigdemont qui est elu comme president de la Generalité  le 9 janvier 2016. La repression s'abat par ailleurs sur M. Arthur Mas qui est jugé et condamné à deux ans d'interdiction d'activité politique le 13 mars 2016 pour avoir appelé au referendum de novembre 2014.

 

Et on rattrape alors l'histoire actuelle. M. Puigdemont convoque le referendum du dimanche 1er octobre 2017 que nous avons connu, référendum auquel le gouvernement espagnol de M. Rajoy decide de faire echec en faisant intervenir brutalement 10.000 policiers et gardes civils espagnols, avec utilisation de tirs de balles en caoutchouc et recours excessif à la force, tout en assurant que «les violations des droits de l'homme étaient proportionnées» (interventions du PP reprises par le roi Felipe VI).

 

Voilà pour ce rappel historique tiré de cet article du journal Le Monde du 19-20 novembre 2017. La ressemblance avec les evenements des années 1930-1940 sous Franco est frappante. Les mêmes espagnols d'ailleurs qui condamnent les catalans sont aussi les mêmes qui regrettent l'époque de Franco, qui refusent de considérer que Franco ait pu être un fasciste pour le dépeindre comme un grand homme d'état ... une position proche d'ailleurs de celle du PP de M. Mariano Rajoy ! 

 

Venant de France et d'Europe, on ne peut être que choquer de ce qui se passe en Espagne et en Catalogne. L'appareil répressif espagnol à l'encontre des catalans et des dirigeants politiques catalans qui osent vouloir mettre en oeuvre des processus politiques legaux et non violents pour permettre au peuple catalan de s'exprimer laisse pantois. C'est une guerre idéologique et des procès politiques qui sont organisés par l'Espagne contre ses opposants catalans, et cette guerre est condamnable. Il n'y a guere de différences entre les purges staliniennes du passé, les purges du president turc Erdogan, et celle du premier ministre espagnol Rajoy. C'est un pays encore fascisant et non démocratique que nous avons à nos portes, à l'intérieur de l'Europe. Et ce pays n'a rien à faire en Europe, à la difference de la Catalogne, qui elle, a toute sa place en Europe.

 

 

Réflexion une (2 novembre 2017)

Du droit à l'autodétermination du peuple catalan

 

C'est un sujet brûlant pour nombre d'espagnols qui le prennent notamment particulièrement à cœur ! J'en ai notamment parlé avec certains amis espagnols, que les velléités d'indépendance de la Catalogne mettent atrocement en rage. Selon eux, c'est comme si vos locataires décidaient de faire une votation dans votre maison pour déclarer l'indépendance de votre maison, afin de la récupérer et de vous en déposséder. C'est de cette manière qu'ils interprètent et réagissent à l'affaire catalane.

 

Je ne comprends pas particulièrement leur position et je ne la partage pas. En France, nous avons déjà eu à traiter des velléités indépendantistes de la part de certains bretons, basques et corses. Et je comprends les aspirations de ces peuples à vouloir vivre dans l'indépendance. Le droit à l'autodétermination ne fait-il pas partie des droits inaliénables des peuples libres ? N'est-ce pas un principe du droit international, reconnu dans la Charte des Nations unies, qui reconnaît que les Nations peuvent développer «des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes» ? Des peuples n'ont-ils pas combattu les armes à la main contre des envahisseurs ennemis et ne sont-ils pas morts pour ce droit à vivre libre, dans leur pays, sous leurs propres lois et sous leur propre gouvernement ? Pour quelle raison le droit à l'autodétermination serait-il reconnu aux malgaches, aux vietnamiens, aux algériens, ou aux israéliens mais pas aux bretons, aux basques francais ou espagnols, aux corses ou aux catalans ? Comment peut-on défendre une telle position ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_des_peuples_à_disposer_d'eux-mêmes

 

Après cela, ce droit à l'autodétermination doit être un droit démocratique. L'ensemble des habitants de ces pays doivent pouvoir donner leur position sur leur indépendance. Et malheur à la minorité, qui devra suivre la position majoritaire de ce peuple. «Malheur aux vaincus» (ou «Vae Victis») comme l'a dit il y a bien longtemps le gaulois Brennos. Et quand une telle aspiration ne rencontre pas l'assentiment de tout un peuple, que les séparatistes sont ultra-minoritaires comme se fut le cas en Bretagne ou au Pays Basque français, voire en Corse, il ne reste alors plus à cette minorité que la voie du terrorisme séparatiste !

 

Mais même là, l'analyse n'est pas si simple. Même à Madagascar, en Algérie, en Israël ou en Indochine, au début, les indépendantistes ne furent jamais majoritaires et les vainqueurs au final dûrent d'abord choisir la voie du terrorisme pour affronter initialement leurs colonisateurs ! Même les français en 1941-1944, sous le régime de Vichy et contre l'occupant nazi, dûrent recourir au terrorisme pour combattre la milice française, la Wehrmacht et les SS !

 

Après avoir dit cela, qu'est-ce que je peux en penser ? Premièrement, même si cette situation horripile les espagnols non catalans, il me semble que les catalans ont droit à voir respecter leur droit à leur autodétermination. Et le parlement qui avait déclaré l'indépendance de la Catalogne avait été élu démocratiquement, avec une présence massive des independantistes catalans ! Les catalans ont droit de vouloir vivre sous leur propres lois, sous leur propre gouvernement, et hors de l'Espagne s'ils le souhaitent majoritairement ! 

 

Deuxièmement, les réactions du gouvernement espagnol ... mise sous tutelle et démission d'office du gouvernement catalan ... ainsi que les poursuites judiciaires enclenchées contre les membres du gouvernement catalan, sont un signe d'une absence de culture démocratique de l'Espagne. L'Espagne nous démontre désormais que ce n'est pas un pays démocratique, un État de droit, un État digne de l'Europe et des valeurs européennes des droits de l'homme. Son histoire démocratique est trop récente et celle-ci n'a toujours pas fait le solde de son passé franquiste, dirigiste, fasciste. En témoigne la fascination que tant d'espagnols gardent encore pour le personnage de Franco !

 

Enfin, je comprends le gouvernement catalan en exil face aux poursuites judiciaires dont il est désormais la victime. Evidemment, il me semble que ces hommes auraient dû prévoir les réactions du gouvernement espagnol et anticiper leurs prochaines actions, et non pas fuir à l'étranger. Comme je le disais, certains peuples ont donné la vie pour combattre pour la liberté et l'indépendance ; j'aurais aimé que les leaders catalans soient prêts à se laisser embastiller et emprisonner pour l'indépendance de la Catalogne ! Mais après, c'est facile pour moi de dire cela de derrière mon écran, lorsque je ne risque rien. Et puis, même le Général de Gaulle lui-même a également fui la France en 1940 pour se refugier en exil en Angleterre, fondant le gouvernement de la France libre, sous la protection du gouvernement de Winston Churchill. Des esprits chagrins ont évidemment critiqué sa fuite, arguant qu'il ne craignait alors rien en France ! L'Histoire décidera si le leader catalan sera un héros catalan ou un traitre espagnol !

 

Au final, l'Espagne doit respecter la volonté d'autodétermination du peuple catalan, comme du peuple basque espagnol, et elle ne doit pas poursuivre les leaders du gouvernement catalan pour des positions politiques. Sinon, l'Espagne et son premier ministre Rajoy ne valent pas mieux que les pires dictatures dans le Monde, comme la Turquie, la Russie, l'Iran ou la Corée du Nord. Ces pays ressemblent souvent à des démocraties, comme l'Espagne, mais appliquent des lois d'exception pour traquer leurs opposants ou les contestataires (ou même parfois les ont totalement erradiqués) !

 

 

Saucrates


02/11/2017
0 Poster un commentaire

Le fait religieux en politique

 

Réflexion deux (28 octobre 2017)

Islam et signe d'ouverture


Un commentaire de mon ami Nolats va m'amener à discourir sur l'islam et sur ma position vis-à-vis de cette religion. Et d'une certaine façon, le titre de cet article n'est peut-être plus parfaitement en adéquation avec son contenu. Je parle certes de la religion, mais parle-je bien de la religion et de la politique ? Sauf à considérer que tout est politique.

 

Le plus simple serait de me dire et de me penser islamophobe. Ou plutôt de me dénoncer comme islamophobe. Je dis cela pour mes lecteurs. Mais je ne suis pas sûr pourtant que les partis qui jouent avec l'islamophobie soient la bonne réponse à nos problèmes. Je ne suis pas sûr que voter Front National ou bien Marine Le Pen soit une bonne réponse, une bonne idée. Je suis même persuadé du contraire. 

 

Plusieurs années d'attentats terroristes islamistes ont donc changé mon regard sur l'islam. Auparavant, je croyais dans les écrits pronostiquant une prochaine guerre de religion à venir entre l'islam et la chrétienté, tel le choc des civilisations décrit par Samuel Huntingdon. Aujourd'hui, après ces multiples événements terroristes, j'en suis désormais persuadé. Il n'y a pas d'espoir autre qu'une prochaine guerre de religion. Elle est en cours. Elle se limite pour l'instant à nos forces de police et à nos forces armées, contre une poignée de terroristes se revendiquant de l'islam radical. Mais elle s'étend.

 

Pourtant, je ne me sens pas raciste ou islamophobe. Vu la société où je vis et mes études en anthropologie, je crois en la pluralité et en la diversité culturelles. Je crois en la tolérance vis-à-vis des autres, dès lors qu'il y a des valeurs minimales communes. Il y a quelques rares peuples qui arrivent à vivre les uns à côté des autres, en paix et en relation harmonieuse, et parmi eux les réunionnais. Non pas sans différence de couleur de peau, mais plutôt sans que cela ne soit vraiment important. Peu importe la couleur de peau dès lors que des croyances communes minimalistes existent entre les uns et les autres. Mais lorsque ces croyances communes n'existent plus, ne sont plus respectées, lorsque l'«autre» dans son altérité est nié, alors, dans ce cas, il n'y a plus de possibilité de vie commune. Et c'est ce qui est en train d'arriver entre les français et une minorité croissante islamo-afro-arabe vivant dans les cités francaises, persuadée d'être ostracisée par les «blancs». 

 

Deux exemples issus de l'actualité des semaines passées pour l'illustrer. Premièrement, les tensions à Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, où des jeunes immigrés attaquent la police pour une histoire de bavure policière. Ce même Val-Fourré où un adepte de l'Etat islamique avait tué un commandant de police et sa compagne à leur domicile. 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/11/21/la-cite-du-val-fourre-a-mantes-la-jolie-sous-tension_5218082_3224.html

 

Deuxièmement, un stage ethnique organisé par un syndicat Sud dans le 93 se basant sur la couleur de peau. Pour les «blancs», un stage réservé pour «interroger nos représentations et nos postures dominantes». Pour les autres, les «enseignant.e.s racisé.e.s», un stage également réservé pour «un récit d'expérience» interrogeant leur vie professionnelle. Faire réfléchir les sales blancs sur leur domination et aider les pauvres enseignants racisés (Lol, j'ai oublié l'écriture inclusive ... je suis contre d'ailleurs) à exprimer leur vécu malheureux. Au-delà des faits eux-mêmes, ces histoires interpellent quant à l'impossibilité de vivre ensemble. Et quand c'est relayé par des organisations syndicales.

http://www.huffingtonpost.fr/2017/11/20/jean-michel-blanquer-condamne-le-stage-antiracisme-non-mixte-dun-syndicat_a_23283106/

 

Je ne me reconnais pas dans le discours politique ambiant traitant de ce sujet. Lorsqu'il est affiché qu'il faut une certaine dose de diversité de couleur de peau au gouvernement, à l'Assemblée Nationale ou dans le paysage audiovisuel français. Ou à la tête des partis politiques français, comme par exemple au Parti socialiste. Lorsqu'il est impossible de déclarer que la France est un pays aux racines chrétiennes, la fille aînée de l'Eglise catholique! Mensonge obscurantiste ? De la même manière qu'Isrël est juive et que l'Arabie Saoudite est terre d'islam et patrie du prophète, la France est un pays de religion chrétienne. Les campagnes francaises résonnent encore du clocher de ses églises, et autrefois ceux-ci vibraient des sons des cloches et pleuraient au son du tocsin. Et pourtant aujourd'hui, ceux qui ont le malheur de dire cela sont victimes de l'acharnement médiatique des bien-pensants, des adeptes de la pensée unique, et des vendus à l'islamisme. Et ce sont les mêmes qui proclament qu'Israel est une terre juive et que la terre d'Arabie est entièrement sacrée, ou qui acclament ceux qui le défendent. Evidemment, cela ne signifie pas que d'autres religions n'aient pas de nombreux adeptes en France, dont certains de religions extrémistes prônant l'anéantissement des religions autres que la leur, celles des mécréants. De la même manière que dire qu'Israel est juive n'est pas incompatible avec le fait qu'il y existe une forte minorité d'arabes israéliens ! Et pourtant, ceux qui disent quelque chose d'identique de la France sont considérés comme des racistes !

 

L'histoire de l'islam n'est pas l'histoire d'une religion tolérante et ouverte à l'extérieur. D'une Afrique majoritairement chretienne ou juive (en éliminant tout le Sud et l'Ouest africain qui est longtemps resté animiste), l'islam s'y est imposé par les guerres et les annexions militaires. Savons nous que des royaumes chrétiens, à l'égale de Constantinople et des royaumes francs ou burgondes, se sont maintenus jusqu'au XII-XVe siècles après JC dans le Sud de l'Afrique, victimes de guerres régulières de leurs voisins islamistes. Au Soudan, dans les boucles du Nil, et en Ethiopie ... Se rappelle-t-on que l'Egypte était majoritairement copte et que le patriarcat d'Alexandrie et de Constantinople avait une influence jusqu'au fond de l'Afrique. L'islam s'est imposé très rapidement par la guerre à toute l'Afrique du Nord, puis à l'Espagne et à toute l'Afrique. L'islam est une religion de guerre, qui par malheur, n'a pas véritablement changé depuis quatorze siècles, à la différence de la chrétienté. Même si il y a encore peu, il y a à peine quelques siècles, la chrétienté elle-même s'était crue investie du devoir d'évangéliser la planète entière.

 

L'histoire de l'islam est une succession de guerre, et de peuples qui suivirent l'exemple de Mahomet. D'abord ces descendants de Medine puis d'Arabie, puis les peuples berbères qui donnèrent naissance aux civilisations des Almoravides puis des Almohades, qui occupèrent jusqu'à l'Espagne. 

 

Alors, laisser entendre que s'ouvrir à l'islam puisse être une preuve d'ouverture d'esprit me semble un raccourci sémantique problématique. C'est plus certainement une affirmation d'une confiance dans la bonté humaine, que le terrorisme islamique pourra nous épargner si on arrive à communiquer avec les musulmans que l'on pense modérés. C'est certainement une preuve de croyance en l'avenir et de foi (bizarrement le concept même de «foi» est un concept strictement chrétien). Mais pour peu que l'islam n'est pas abandonné ses objectifs d'universaliser guerrier, ce serait comme si un peuple de moutons proposait d'accueillir une horde de loups pour vivre en harmonie, ou bien comme les états européens qui cherchèrent aveuglement pendant les années 1935-1938 à sauvegarder leurs espoirs de paix face à la montée de l´Allemagne nazie, à l'époque de Munich. 

 

Vision pessimiste de notre futur, de l'islam tel que l'histoire nous permet de le voir, inchangé et toujours djihadiste ? Quelqu'un dira-t-il bientôt, comme Winston Churchill en 1938 : «Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre.» Et ce quelqu'un fera-t-il parti des vainqueurs ou bien sa phrase se perdra-t-elle dans les poubelles de l'histoire en tant qu'histoire des vaincus ? 

 

 
Réflexion une (28 octobre 2017)
Quelle place accorder à la religion


Il y a quelques années, je regardais une émission télévisée sur la montée du Front National dans l'électorat, et sur les transferts de voix entre la Gauche et l'Extrême Droite, dont la pertinence était contestée par certaines des personnes présentes. L'une des explications avancées était que certains électeurs se reconnaissaient dans les positions de plusieurs partis politiques, et pouvaient donc à la fois avoir envie de voter pour le Front National ou pour le Parti Socialiste.

 

C'est très certainement possible. En tant qu'être humain, nous ne sommes pas monolithiques. Nous faisons face à des aspirations divergentes, nous avons des opinions divergentes sur un certain nombre de sujets très divers et variés. Evidemment, nous ne pouvons pas trouver des réponses à tous les sujets qui nous préoccupent chez un seul parti politique, dans une seule église philosophique, chez un seul auteur, chez un seul représentant politique. 

 

Qu'est-ce qui fait que nous nous sentons à un moment donné proche de tel parti politique, de tel homme politique, de telle école philosophique, de telle religion ? C'est une question de construction politique, de construction d'un moi, d'une évolution personnelle intérieure. Et cette construction évolue au fil de notre vie, au fil du déroulement de notre vie !

 

On est souvent gauchiste lorsque l'on est jeune, avant de devenir réactionnaire (de droite) en vieillissant et en s'embourgeoisant. Je ne sais plus qui disait que de ne pas être de gauche en étant jeune était un signe d'absence de coeur, et ne pas être de droite en vieillissant était un signe d'absence d'intelligence ? C'était vrai autrefois, de mon temps, dans les années 1980 ; mais cela peut-il encore être vrai de nos jours ?

 

De mon temps, les jeunes pouvaient difficilement échapper aux idées de l'UNEF-ID, de «Pas touche à mon pote», de SOS Racisme ou à une participation aux mouvements estudiantins post mai 1968. C'était l'époque où François Mitterand était Président de la République, où l'on pouvait encore se reconnaitre dans les grandes idées de la Gauche, d'une Gauche qui ne s'était pas encore vendue aux néolibéraux et aux islamo-trotskistes ! Une Gauche qui parlait encore de nationalisation, d'avancée des droits sociaux pour les travailleurs, pour les pauvres et pas seulement pour les homosexuels et les transgenres. Aujourd'hui, les jeunes peuvent-ils encore de gauche tout en étant jeune ? Alors que le néolibéralisme semble triomphant en France, sous la nouvelle hyper présidence d´Emmanuel Macron, où la seule philosophie acceptable est de réformer partout, pour tout, à tout niveau, pour relancer la France, apparemment avec l'assentiment d'une majorité de francais et de la presque totalité des médias !

Alors, quid de la religion ? La dernière élection présidentielle a vu le sujet religieux être mis en avant par certains candidats, surtout à droite. François Fillon et Marine Le Pen sont deux représentants de la France catholique et François Fillon, bien plus que Marine Le Pen, se présentait en étendard de la morale chrétienne. Mais le «père la morale», héro des catholiques convaincus, ne s'appliquait pas véritablement à lui même les principes moraux catholiques voire protestants qu'il professait si fort. Même si on peut trouver invraisemblable le lynchage médiatique et l'acharnement juridique dont il fut victime (et qui s'arrêta finalement presque totalement une fois l'élection présidentielle terminée et l'homme retiré dans sa retraite), on ne peut que remarquer que les usages qu'il fit des fonds liés à l'embauche d'assistants parlementaires n'est pas si parfaitement 'catholique' que cela !

 

Et l'islam dans tout cela ? L'islam occupe déjà la scène du terrorisme islamique, qui frappe la France et plus largement l'Europe entière ... de l'Espagne à l'Allemagne ... Par ailleurs, tels les trotskistes autrefois, dans les années 1960-1970, l'islam joue aussi l'entrisme dans les formations de gauche, du Parti socialiste (ce qui était déjà le cas à l'époque de SOS Racisme et «Touche pas à mon pote») jusqu'au mouvement des insoumis. On a l'impression que dans les partis de gauche, la laïcité a plus de difficultés à s'accorder avec le catholicisme qu'avec l'islam. Comme si être catholique était une tare pour un socialiste, un signe de droitisation (mais pas de néolibéralisme ... ce qui y est par contre très bien vu et très apprécié aujourd'hui comme hier) et de sidaisation/lepenisation des esprits ... tandis qu'être musulman y est au contraire considéré comme un signe d'ouverture d'esprit, d'intelligence et un plus certain pour une carrière politique dans un Parti de gauche et devant les électeurs. De la même manière que c'est un plus certain pour devenir syndicaliste à la CFDT. 

 

 

Saucratès


26/06/2013
4 Poster un commentaire

La rage au ventre

 

Réflexion deux (17 août 2017)

Encore et toujours enragé !

 

Il me faut peut-être clarifier un point avant de continuer plus loin dans cet écrit. Si je suis à ce point déçu et critique vis-à-vis des socialistes, c'est que j'ai été longuement un ardent partisan du Parti socialiste, jusqu'au point d'écrire que sauf à être millionnaire, il faut être fou et débile pour voter pour un Parti de droite ! Cela, c'était avant 2012, avant l'arrivée de François Hollande à la Présidence et de Valls au gouvernement ! C'était avant que je comprenne que les socialistes n'aiment pas les classes moyennes, qu'ils les haïssent, qu'ils les jalousent et qu'ils n'envisagent la politique qu'à la manière dont on fait son marché : des mesures pour les étrangers, les homosexuels, les assistés, les islamistes intégristes pour lesquels on réforme l'école pour y nier tout ce qui représente la France ...

 

J'ai été un chaud partisan de François Hollande, je me suis réjoui de sa victoire en mai 2012 ... et puis ... j'ai très vite déchanté ... mon fils de 8 ans le détestait déjà, avant même l'élection, avec son projet de lui voler plusieurs semaines de vacances scolaires pour l'été et de le faire travailler une journée de plus chaque semaine. J'aurais dû l'écouter ! Nous aurions tous dû écouter nos enfants scolarisés au primaire ce jour-là ! Au moins le Parti socialiste serait encore debout et prêt à prendre le pouvoir, avec d'autres leaders à sa tête que cette bande d'oiseaux de malheur qui nous ont dirigés cinq années durant !

 

D'où la violence de mes réactions sur les politiques menées par un groupe d'imbéciles, au nom du socialisme ! Putain mais pourquoi tous ces libéraux et ces personnes haineuses et intéressées ne se sont Pas affichées comme de droite (ou plutôt comme «ni gauche ni droite») dès avant 2012 ... On aurait pu alors avoir de véritables socialistes au gouvernement et à la Présidence de la République, et non pas ces girouettes haineuses n'aimant ni les pauvres, ni les riches, ni les classes moyennes ... Qui aiment-ils ? Mis à part les homosexuels ? Aucune idée. Les pauvres assistés, tricheurs, voleurs, avec des dents ?

 

Donc nous voilà cinq ans plus tard. Entre temps, des lois scélérates ont été votées : loi Macron, loi «travail» ou loi El Konnerie, loi sur le mariage pour tous, réforme des rythmes scolaires puis de l'enseignement au collège (interdire tout ce qui intéresse les classes moyennes ... latin, grec, classes bilangue ... sous prétexte du sacro-saint égalitarisme pour niveler par le bas ... surtout pas une tête qui dépasse ... alors que les politiques socialistes bien sûr ne sont pas concernés ... ils doivent soit avoir leur propre école hors contrat ... dans l'idée de tuer la concurrence pour leurs gosses, qu'ils partent avec un avantage dans la compétition des études ?) ... Puis un ancien socialiste, brillant paraît-il se présente comme un sauveur ... ni de droite ni de gauche ... et il est élu. Tout ceci etait-il programmé à l'avance ? Tuer le Parti socialiste, le phagocytet, lui et tous les insupportables rêveurs gauchistes qui le remplissent ? Et la suite elle aussi est-elle aussi écrite. Avec François Hollande qui reste pas loin des manettes, et qui se présentera bientôt en sauveur ? La transformation en Parti islamique, puisque ces hommes politiques là n'aiment pas les français, ni pauvres, ni riches, ni classe moyenne ?

 

Tristement, la déroute vécue par le Parti socialiste ne nous a même pas mis à l'abri du dévoiement des idéaux socialistes. Les ultra libéraux sont toujours là, avec Hollande à leur tête, ses affidés et son cabinet noir (celui qui causa la perte de Strauss-Kahn et de Fillon ?), mais également ceux en embuscade à l'extérieur comme Valls chez les macronistes, avec d'autres ... Mais l'on y trouve aussi tous les identitaires, de Belkacem à Harlem Desir en passant par Bareigh ... pour lesquels priment des intérêts identitaires ou communautaristes en lieu et place de l'intérêt collectif et de la grandeur de la France. Autrefois, l'extrême gauche pouvait faire de l'entrisme au Parti socialiste ... après tout c'est ce qui fut reproché à Lionel Jospin ... Aujourd'hui je crains que ce pourra plutôt être le fait, non plus de l'extrême gauche, mais des islamistes et des communautaristes ... Au point où en est le Parti socialiste, comment pourrait-il refuser les voix de tous les musulmans de France et des banlieues ?

 

Le pire n'est toujours pas arrivé ? Peut-on tomber encore plus bas, dans les manipulations ?

 

 

Réflexion une (28 août 2015)

La rage

 

Parler de l’actualité politique de notre beau pays, c’est s’exposer à faire éclater sa rage, son écœurement, son incompréhension devant les diverses décisions de nos bons dirigeants. D’une certaine façon, l’action du gouvernement semble avoir pour objectif de se mettre à dos l’ensemble des citoyens français, tout en nous faisant croire que ce gouvernement bénéficie du soutien des français, grâce à un traitement déformé et complaisant par les médias, télévisuels notamment.

 

Ce gouvernement n’a plus rien de ‘socialiste’ au sens propre du terme, c’est-à-dire la « recherche d’une organisation sociale et économique plus juste ». Ou bien, je ne suis plus socialiste. Ce gouvernement promet toujours plus de libéralisme au pire patronat de notre temps, et en même temps il s’attaque toujours plus aux classes moyennes, afin qu’elles bénéficient le moins possible des dispositifs étatiques (allocations, services publics ...). Nous avons un gouvernement socialiste qui hait les classes moyennes, déteste les riches et méprise les pauvres (voir à ce sujet l'interview de la député socialiste réunionnaise Monique Orphé sur le quartier populaire du Chaudron), les sans-dents comme notre président aime à les appeler. Et les médias muselés sont même incapables de faire un point véritable sur l’absence de politique de ce gouvernement, se faisant simplement l’écho de la parole politique autorisée (promesses en tout sens) sans s’intéresser à la réalité de l’action gouvernementale.

http://www.clicanoo.re/487909-monique-orphe-une-elue-de-gauche-qui-s-exprime-comme-les-pires-ultras.html

 

Hausse des impôts depuis l’élection de François Hollande, diminution par 2 ou 4  des allocations familiales sous prétexte que les classes moyennes sont des riches nantis (mais je suppose que cette mise sous condition de ressources des allocations familiales ne s’applique pas aux rémunérations des parlementaires encartés au PS), volonté d’imposer à la source les salariés et de fusionner la CSG et l’impôt sur les revenus afin de pouvoir plus facilement continuer à plumer les classes moyennes, jusqu’à leur disparition et que dans un souci d’égalitarisme maladif, les classes moyennes rejoignent non pas les prolétaires de notre société (qui constituent en fait les classes moyennes d’aujourd’hui), mais le peuple des voleurs et des assistés. Pas une tête qui dépasse, semble être le leit-motif de ceux qui nous dirigent aujourd’hui, afin que les classes dirigeantes, politiques ou économiques, soient véritablement au-dessus de la foule. Une foule d’anonymes, avec une partie de serfs et d’esclaves, trimant pour tenter de survivre sans aucune aide de l’état, juste apte à payer des impôts pour faire fonctionner l’état, et une autre partie d’assistés, étrangers ou voleurs ou caids. Et un état ne servant que les intérêts de la minorité des très riches, ou faisant la machine à exclusion, payant les assistés pour que soit maintenue la paix des très riches et des politiques.

 

Alors oui, la ministre des affaires sociale, de la santé et des droits de la femme, Marisol Touraine, nous a adressé une belle lettre pour vanter sa magnifique réforme, pour nous expliquer qu’elle nous retirait les dernières miettes d’allocations auxquelles nous avions tristement droit pour plus de justice, parce que c’est clair que des gens qui ne travaillent pas, qui ne veulent pas travailler, sont bien plus importants que des sales représentants des classes moyennes, qui ont l’outrecuidance de gagner un peu trop d’argent.

 

Alors oui, quelques politiques veulent aussi imposer le prélèvement à la source des impôts sur le revenu et la fusion de la CSG et de l’impôt, et ils arguent d’un soutien des économistes de tout côté, de droite ou de gauche. Il s’agit d’un discours bien commode, puisqu’il est bien facile d’ignorer la position de ceux qui ne sont pas d’accord. Les français qui travaillent vont forcément se faire bien ‘entuber’ dans cette histoire (ceux qui ne travaillent pas ne payent de toute façon ni impôts ni CSG, ne cotisent à rien mais bénéficient de toutes les aides possibles, toutes celles que nous ne toucheront jamais). Cette belle réforme permettra au gouvernement socialiste de ponctionner encore plus les salariés et les classes moyennes, et je suis même sûr qu’un prochain gouvernement aura ensuite toute latitude pour rétablir un nouvel impôt sur le revenu, une nouvelle taxe sur les classes moyennes, dans quelques années, parce qu’il faudra bien trouver des ressources pour financer les allocations des assistés et des voleurs de notre société.

 

Dans le domaine politique, il y a aussi la réforme du collège qui me fait réagir, cette réforme du collège de cette autre pseudo-ministre issue de la diversité culturelle, dont l’objectif est d’égaliser encore plus par le bas le fonctionnement des institutions de l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur. Interdiction des classes bi-langues en sixième, interdiction de l’enseignement du latin, qui est pourtant au fondement de la langue française. Quel est le prochain pas vers la disparition de la spécificité française et la disparition du sentiment d’appartenance à notre Nation ? Le remplacement de l’enseignement du français par l’anglais ou bien par l’arabe ? L’enseignement du grec ancien et du latin me semble être des marqueurs de culture important et il est invraisemblable qu’un ministère d’incompétents veuille interdire son enseignement en France. Alors oui, le latin est aussi un vecteur de sélection sociale, mais son enseignement est ouvert à tous ; il faut juste que les enfants le sachent et acceptent de subir un enseignement supplémentaire (je le sais pour avoir dû batailler avec mon fils pour qu’il accepte de suivre cet enseignement, dont il a compris l’intérêt plus tardivement, arrivé au Bac et dans les études supérieures). Mais le latin, c’est avant tout une ouverture sur une autre pensée, antique, sur les racines de notre langue, sur la culture. Et c’est peut-être justement cela qui gêne les socialistes : la possibilité laissée de renforcer la culture et les racines françaises, la possibilité laissée aux enfants de s’élever intellectuellement. Eux ne visent qu’à faire disparaître les français dans une foule anonyme, de pauvres et de sans dents, à la merci des intégrismes. Les réformes socialistes en matière d’enseignement scolaire sont catastrophiques ; au final, la présidence de François Hollande aura été cinq années de perdues pour la démocratie française, pour le monde de l’enseignement ; et on n’a pas encore tout vu !

 

Saucratès


28/08/2015
0 Poster un commentaire