Critiques de notre temps

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Morale


Les affaires de Rugy et la fabrique de l'opinion publique

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 14 juillet 2019

 

L'Etat de droit est en danger en France sous le gouvernement de Macron et Philippe. La décision du procureur de la République nommé par Macron (M. Rémy Heitz) de ne pas poursuivre trois membres de l'entourage d'Emmanuel Macron à l'Elysée pour parjure (à savoir MM. Patrick Strzoda, Alexis Kohler et Lionel Lavergne) ne peut pas se comprendre autrement sans se rappeler les circonstances de sa nomination décidée par Emmanuel Macron (cf. la tribune de Jean-Philippe Derosier, constitutionnaliste et professeur de droit public à l'université de Lille, paru dans le Monde du 9 juillet 2019).

 

«On craignait alors que ce dernier (le président de la République) n'ait pour dessein de contrôler le plus important parquet de France. Avec la décision du même Rémy Heitz concernant les trois collaborateurs du chef de l'Etat, cette crainte paraît devenir réalité : la justice est aux ordres. Ce n'est pas seulement troublant, c'est alarmant pour notre démocratie.»

 

C'est particulièrement inquiétant dans un État de droit. Tout comme les poursuites menées contre les gilets jaunes depuis novembre 2018 sont également inquiétantes, tout comme inversement l'absence de poursuites à l'encontre de tous les agents des forces de l'ordre pour les agressions, les coups, les tirs injustifiés ... Mais ces forces de l'ordre sont les seuls remparts du pouvoir macroniste, et celui-ci ne peut se permettre de perdre le soutien des forces de l'ordre. Macron, en violation du respect de l'Etat de droit, utilise la violence publique pour faire peur, contraindre et combattre les manifestants et ses contestataires et adversaires, comme par exemple les gilets jaunes ou la CGT. Sans les forces de l'ordre, Macron et son gouvernement tomberaient car, à la difference de ses prédécesseurs, il n'a absolument aucune légitimité antérieure, ni même aucune légitimité aucune. Il a été élu en raison d'une intoxication médiatique, d'une manipulation médiatique de l'opinion publique. Et à ses côtés, on trouve toute une série de traitres de droite et de gauche qui ne représentent rien si ce n'est eux-mêmes et une certaine forme de politique et de milieu social ou de caste ! Ces gens-là n'ont aucune espèce de légitimité. Ils ne tiendront qu'autant que les forces de l'ordre continueront à les protéger, eux, et la République derrière eux. Que les forces de l'ordre laissent les manifestants marcher sur l'Elysée, et c'en serait fini du macronisme et de Macron.

 

Que penser par ailleurs de l'affaire, des affaires concernant François de Rugy, révélée par le site Mediapart ? Que les puissants, comme Macron en premier lieu, continuent de mener un grand train de vie aux frais des contribuables ? Tout en nous imposant réformes et cures d'amaigrissement, tout en nous demandant toujours plus de sacrifices ? Il eusse fallu être aveugle ou ignorant pour croire que les hommes politiques étant subitement devenus des anges et des ascètes, tout comme il serait idiot de penser que Macron ou Philippe sont des anges ou des ascètes. La conversation entre Philippe et de Rugy a dû être fort intéressante ! De Rugy disant à Philippe que tu fais tous les jours les mêmes dépenses et dérapages. Et Philippe lui répondant que toi, par différence avec moi, tu as été pris ... 

 

Et l'autre enseignement de cette affaire, c'est pourquoi de Rugy, et comment se fait-il que Mediapart s'en soit pris à de Rugy et à sa directrice de cabinet ? Comment cela se fait-il que Mediapart ait pu avoir des informations compromettantes sur de Rugy. Qui l'a vendu ? Pour quelles raisons ? Car l'arrivée de Macron au pouvoir a tarri les principales sources d'informations des médias. Mediapart a-t-elle enfin réappris à faire du journalisme d'investigation ? Ou bien n'a-t-elle simplement que pu bénéficier à nouveau d'informations venant d'un tiers mal (ou bien) intentionné ? 

 

Cette affaire démontre une chose principalement. Que les traitres comme de Rugy, comme tant d'autres, ne cherchent qu'une seule chose : profiter toujours plus de l'argent public pour leur plaisir personnel et celui de leurs collègues de caste. De Rugy faisait donc de petites fêtes privées fastueuses sur les fonds de la présidence de l'Assemblée Nationale. Et il avait aussi fait procéder à des travaux onéreux dans le logement de fonction luxueux qu'il occupait avec sa famille. Il occupait également un logement social depuis des années sans plus en avoir le droit, sans répondre aux critères pour occuper un logement social. Il avait d'ailleurs viré sa directrice de cabinet pour la même raison, la veille justement. Et enfin, le lendemain, on apprenait qu'il ne déclarait pas et ne payait pas ses impôts en 2015 ou 2016.

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/14/francois-de-rugy-assure-qu-il-ne-se-laissera-pas-demolir_5489230_823448.html

 

Ces différentes affaires interrogent le rôle des médias, ce quatrième pouvoir dans une démocratie digne de ce nom. Des médias qui se sont tus ou qui étaient complices de la manipulation de l'opinion publique lors de la prise de pouvoir d'Emmanuel Macron, jusqu'aux incidents de la Place de la Contrescarpe à Paris. Des médias qui sont encore aveuglés par le pouvoir macroniste, opposés au mouvement des gilets jaunes dont ils guettent en permanence les moindres dérapages, les moindres fautes. Et surtout des médias qui ont une certaine image de la bonne politique, des bons partis détenant le pouvoir. Les médias français et plus largement européens adorent les partis de centre-droit ou de centre-gauche. Emmanuel Macron était ainsi le divin espoir de l'Europe, ayant battu/vaincu l'extrême droite française. On sait aujourd'hui que cette victoire était calculée, préparée, manipulée. Le regard médiatique sur les élections grecques du 7 juillet 2019 sont du même acabit. Les médias européens chantent ainsi la très nette victoire de Kyriakos Mitsotakis, du Parti de centre-droite Nouvelle Démocratie. «A plusieurs reprises ces dernières années, les Grecs se sont dangereusement approchés du bord de l’abîme. Les élections législatives, qui se sont tenues dimanche 7 juillet, sont, de ce point de vue, doublement rassurantes : elles marquent une maturité bienvenue de la vie politique grecque, parallèlement à l’amélioration de la situation économique, et s’inscrivent résolument dans le cadre de l’Union européenne (UE). Non seulement la Grèce se normalise, mais, après avoir été le précurseur de la crise en Europe, elle pourrait peut-être montrer la voie de la restructuration du paysage politique.»

 

Aux antipodes de la vision des médias sur son prédécesseur, Alexis Tsipras. «A gauche, la défaite du premier ministre sortant Alexis Tsipras était attendue : il paie ses promesses non tenues et surtout les douloureuses années d’austérité infligées par la profondeur de la crise grecque ... M. Tsipras sauve les meubles et, à 44 ans, peut mettre à profit cette période dans l’opposition pour construire un vrai parti de gauche moderne, structuré et solidement implanté, à partir de ce qui n’était à l’origine qu’un mouvement populiste radical. Syriza s’est assagi ...»

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/08/la-grece-un-pays-normal_5486848_3232.html

 

Il importe peu que pour l'emporter, Kyriakos Mitsotakis ait menti à ses électeurs, qu'il est promis de renégocier l'obligation d'un excédent budgétaire de 3,5% imposée aux grecs par leurs créanciers européens. Programme électoral que les dirigeants européens, dès que celui-ci fut élu, porté au pouvoir, s'empressèrent de rappeler à l'ordre. Mais Kyriakos Mitsotakis avait déjà été élu. Ces partenaires politiques de centre droite ou de centre gauche se gardèrent bien d'ailleurs d'interférer au cours de la campagne électorale et de ramener  sa promesse à son caractère mensonger. Peu importe qu'il mente si ce dernier est un parti de centre-droit, voire de centre-gauche. Les seuls mensonges, les seules demi-vérités, combattus à tout prix sont celles émanant des partis d'extrême droite ou d'extrême gauche ; il suffit de lire le site des décodeurs du Monde ...

 

Il en va de même avec la couverture médiatique des élections italiennes et du leader de la formation politique populiste de la Ligue du Nord. Pour quelles raisons les médias européens ont-ils peur des formations populistes ? Et pourquoi donne-t-on ce nom de populiste à des partis politiques qui ont pour ambition de représenter le peuple et de s'appuyer sur le peuple pour arriver au pouvoir ou pour conserver le pouvoir ? Pour quelles raisons le fait de s'appuyer sur une minorité d'énarques, de cadres, de managers, d'enseignants ou de vieux rentiers (tout en manipulant la majorité des autres) est-il considéré comme préférable au fait de s'appuyer sur la majorité du peuple ?

 

Je ne peux pour ma part comprendre un tel traitement différencié de l'actualité et de la politique. Et une telle disproportion entre les traitements médiatiques des uns et des autres. Ce n'est plus de la démocratie dont il s'agit, mais d'une fabrique de l'opinion par le mensonge et la manipulation. 

 

 

 Saucratès


14/07/2019
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Éthique et intelligence artificielle

Saint-Denis de La Réunion, samedi 26 avril 2019

L'éthique du concepteur

 

Ce sujet de réflexion est né de la participation à la soirée d'inauguration du festival du film scientifique, qui se tient du 26 avril au 11 mai 2019. Le thème de la soirée d'inauguration de ce vendredi, ainsi que de ce samedi, traitait de l'intelligence artificielle. Une autre conférence aura lieu cet après-midi à l'université en faculté de lettres.

 

Y a-t-il besoin pour commencer de décrire ces deux (ou trois) notions : «Éthique de l'intelligence artificielle» ? L'éthique est cette matière pluri-millénaire qui tente de déterminer, de caractériser ce qui constitue le but de la vie humaine. Et dans ce cadre, évidemment, elle rentre en concurrence avec l'autre moteur principal qui tente de régler les vies humaines, à savoir les religions. Et d'une certaine manière, l'éthique et la religion ne sont qu'une et même chose, même si elles sont plurielles. Il existe de nombreuses religions comme il existe plusieurs visions de l'éthique (ou de la morale, pour moi comme pour beaucoup de philosophes, ces deux termes sont relativement synonymes, équi-remplaçables), comme il existe des éthiques profanes ou des philosophies athées.

 

L'intelligence artificielle de son côté est une matière extrêmement récente, qui a quelques décennies d'ancienneté. Nous nous trouvons ainsi à la croisée, à la rencontre des deux matières aussi différentes que l'époque qui les a vu naître. Mais l'intelligence artificielle est elle-même constituée de deux notions pas si simples à caractériser ; qu'est-ce que l'intelligence ? Et qu'est-ce que l'artificiel ? 

 

Pour cette raison, certains, quand ils réfléchissent au concept de l'éthique et de l'intelligence artificielle, pensent en fait à l'éthique du concepteur de l'intelligence artificielle, à l'éthique du concepteur ou de l'apprenant de l'intelligence artificielle, à l'éthique de l'homme qui est derrière l'utilisation ou la conception de l'intelligence artificielle. C'est notamment ce qui revient souvent lorsque l'on parle de l'éthique et de l'intelligence artificielle. Lorsque l'on parle de robot tueur, on pense à l'éthique du militaire qui est derrière les ordres donnés au robot. Lorsque l'on parle de conduite autonome, lorsque l'on pense à prioriser les vies humaines dans le cas où il faudrait choisir une victime, dans le cas dans un accident (vaut-il mieux faucher une mère et son enfant en bas âge au bord de la route ou percuter une vieille dame ou un vieil homme, ou bien percuter un arbre et risquer de tuer son passager ?) c'est ce que l'on entend derrière le concept d'intelligence artificielle et de conduite autonome, et il s'agit d'une certaine manière d'éthique, mais de l'éthique entendue comme l'éthique de celui qui aura programmé le programme de conduite autonome de la voiture.

 

Dans ce cadre-là, on ne parle pas de l'éthique de la machine elle-même, on ne parle pas de l'existence de la conscience artificielle elle-même, on ne parle pas d'une éthique de cette conscience artificielle. On ne pense pas que cette machine autonome, cette intelligence artificielle, puisse avoir après coup, après l'accident, de remords ou des réflexions éthiques sur le choix qu'elle aura réalisé. Qu'est-il arrivé à la voiture autonome qui a percuté/fauché une femme à vélo qui traversait une route aux Etats-Unis ? La société qui effectuait ces essais, Uber, Google ou Tesla, ont-ils jetée cette voiture autonome à la décharge, l'étudient-ils, l'ont-ils simplement désactivée ou effacée ?

 

Mais je ne voudrais pas me limiter dans ces posts à parler de la seule éthique des concepteurs qui, soit, programment, conçoivent, réfléchissent, font apprendre à l'intelligence artificielle. Ces hommes sont forcément d'ailleurs imparfaitement moraux, éthiques ; ce ne sont que des hommes, rien que des hommes avec nos failles, nos faiblesses, nos haines, et nos envies. Non, je voudrais aussi parler du sujet de l'éthique de l'intelligence artificielle elle-même, de la manière dont elle peut apprendre, de la manière dont on peut la lui inculquer, la lui imposer !

 

Mais pour cela, encore faut-il croire qu'une intelligence artificielle puisse avoir une conscience, conscience d'elle même, réfléchir sur elle-même. Comme l'indiquait un des invités du festival du film scientifique, Antoine Cully, spécialiste de l'intelligence artificielle, «si on mettait dans une même pièce les plus grandes intelligences artificielles de la planète et qu'on les laissait une nuit complète seules, au petit matin, on ne les retrouverait pas ayant conçu un plan de domination de l'humanité mais on les trouverait plus vraisemblablement complètement désœuvrées, ou une à se rouler par terre. Au pire, on retrouverait le parquet de la pièce parfaitement propre». Selon lui, on est très loin de devoir craindre une intelligence artificielle ayant conscience d'elle-même et de ses actes. Contrairement à ce sur quoi nous mettaient en garde Elon Musk ou Stephen Hawking.

 

«Pour Wendel Wallach, un expert en éthique de l’université de Yale, ces dangers exigent une réponse mondiale. Il a également appelé à un décret présidentiel déclarant que les systèmes d’armes autonomes létales sont en violation du droit international humanitaire :

 

L'idée de base est qu'il y a nécessité d'une action concertée pour garder la technologie en bon serviteur et non de la laisser devenir un maître dangereux ...»

https://www.mieux-vivre-autrement.com/intelligence-artificielle-pourrait-devenir-une-menace-pour-humanite.html

 

Quand on parle d'éthique de l'intelligence artificielle, on se retrouve ainsi à penser l'intelligence artificielle comme un outil, comme une aide à la prise de décision. S'est-on déjà interrogé si un missile ou un marteau avait une éthique ? Evidemment non ! La réflexion éthique conduite sur l'intelligence artificielle a alors trait à l'impact énergétique ou carbone des serveurs informatiques nécessaires pour faire tourner, entraîner ou stocker les données nécessaires pour le fonctionnement de l'intelligence artificielle. Elle a également trait à l'usage qui peut être fait des milliards de kilo-octets de données récoltées sur chacun d'entre nous, sur chacun des individus qui utilisent les téléphones, les réseaux sociaux, les outils informatiques de recherche, ou les objets connectés qui commencent à envahir nos vies ou nos villes.

 

Pour cette raison, j'appelle «éthique du concepteur» cette forme de réflexion éthique sur l'intelligence artificielle. Elle est forcément à l'image de l'homme/des hommes qui conçoit ou qui possède cette intelligence artificielle, cet outil informatique. Imparfaite, dépendante des coûts et des bénéfices à attendre de cette utilisation et de ces développements ! Comme l'indiquait Antoine Cully, intervenant lors du festival du film scientifique, cette éthique (si on peut lui donner ce nom-là) dépend de la demande ou des critères imposées par les consommateurs. On peut ainsi aussi parler de prescriptions éthiques des consommateurs, sur ce qu'ils accepteront ou non de voir, d'utiliser, sur ce dont ils accepteront de se satisfaire. Mais pour moi, cette éthique du concepteur n'est qu'une fraction de la réflexion éthique qui doit être menée sur l'intelligence artificielle. Car, ces véhicules autonomes qui ont tué des passants, que conservent-ils de cet accident ? Que conserveront-ils demain de tels accidents si ceux-ci venaient à se reproduire, lorsque la conduite autonome sera entrée dans nos vies, dans nos fonctionnements ?

 

 

Saucratès


27/04/2019
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Work in progress - Réflexions personnelles sur l'éthique et la morale (suite)

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 14 avril 2019

Une conception individuelle ou infra-personnelle de la morale

 

Mes écrits de la semaine dernière sur la morale s'intéressaient à la morale en économie et en politique. Dans ma réflexion, cela signifiait de répondre à la question : qu'est-ce qu'être moral, et peut-on être à la fois puissant et moral ?

 

Comme je l'écrivais la semaine dernière :

 

«... on peut se demander si le monde que je vois existant autour de moi, composé de toutes ces grandes entreprises qui régissent d'un bout à l'autre nos vies, de tous ces chefs et dirigeants d'entreprises, de tous ces cadres et hauts managers prônant l'efficacité technocratique, si toutes ces entités, ces personnes, ces puissants connaissent la morale et agissent en fonction d'une morale immanente., supérieure à leur seul intérêt et à l'intérêt de leur caste ? Je pose la question mais j'en connais déjà la réponse : Non !»

 

https://saucrates.blog4ever.com/work-in-progress-reflexions-personnelles-sur-l-ethique-et-la-morale

 

Mais il s'agit d'une vision que je considère comme collective de la morale. C'est une vision politique ou générale des rapports sociaux et de la morale au sein de ces rapports sociaux, de ce que j'estimais être une mesure de la morale. Et en aucun cas, il ne s'agit d'une vision intime de la morale, parce que la morale, c'est aussi et avant tout cela : un rapport personnel, intime à la morale et à la moralité. On ne peut réellement répondre à la question de savoir si on est ou non un être moral, un être titulaire d'une moralité et agissant ou non en conformité à cette moralité que dans son for interieur, dans son intimité ! Une personne en dehors de nous peut estimer que l'on est ou non un être humain moral, agissant conformément à la morale, mais dans les faits, cet autre humain ne nous juge que conformement à ses propres valeurs morales. Mais cela ne répond pas véritablement à la question qui nous intéresse réellement, à savoir cet homme-là (ou cette femme-là) est-il (ou est-elle) moral ?

 

Il est ainsi tout à fait possible que des personnes telles que Carlos Ghosn de Renault, ou des tueurs, des assassins ou des terroristes de l'OEI puissent se considérer personnellement comme parfaitement moraux, même s'ils ont éventuellement pu frauder ou voler leur entreprise ou le fisc français ou japonais, s'ils ont pu tuer ou assassiner des hommes, des femmes ou des enfants ou poser des bombes. Il leur suffit de penser qu'on leur doit cet argent, que ce n'est qu'un juste retour pour leur sacrifice, ou que leurs victimes ne méritent pas de vivre ou que celles-ci n'appartiennent pas à l'espèce humaine. Ces personnes-là peuvent tout à fait se considérer comme parfaitement morales, dignes d'être admirées ou d'atteindre le Paradis céleste. 

 

Les valeurs morales ont ainsi l'inconvénient d'être strictement personnelles et ce n'est que lorsque l'on se trouve confronté au regard de l'autre, à l'altérité, voire à l'opinion publique, que l'on peut comparer nos valeurs morales à celles des autres. Et elles ont aussi un deuxieme inconvénient, elles evoluent en fonction de ce que l'on fait, de la manière dont on évolue. Les valeurs morales s'effacent au fur et à mesure que l'on agit mal, en contradiction avec elles. Jusqu'à disparaître complètement, pour ne plus laisser place qu'à une bouillie informe. Ce qui nous paraissait si amoral la première fois peut tout à fait nous paraître beaucoup moins grave à la dixième ou centième violation. Le sens moral peut s'émousser, s'étouffer au fur et à mesure que l'on se trouve confronter au Mal. 

 

On se retrouve donc toujours face à cette question primordiale et centrale que tous les philosophes se sont posées : puisque nos valeurs morales sont par essence personnelles, et qu'elles évoluent en fonction de nos propres actes, il n'existe donc aucune mesure unique de la morale, mais uniquement des valeurs communes qu'on imagine partagée par un plus grand nombre de personnes. On se construit ainsi intimement sur la base de valeurs morales que nous ont inculquées nos parents, nos proches, par la façon dont nous les avons comprises, interprétées, par les manières dont nous les avons combinées avec nos propres expériences, par les événements de notre vie, depuis notre plus tendre enfance. Ainsi, certaines personnes peuvent estimer que le plus important à leurs yeux est leur propre intérêt, leur propre confort, leur propre devenir, et que tout le reste, tous les autres ne comptent pas. Ils peuvent être très serviables, très au service des autres, mais à leurs yeux, ils ne penseront parfois qu'à eux, parce que cela seul compte pour eux. Ils pourront s'estimer parfaitement moraux parce qu'ils se sont construits ainsi. Parce qu'un sourire, la serviabilité est pour eux la première des qualités, de la moralité.

 

Qui suis-je pour m'ériger en censeur de la moralité des autres ? Qui suis-je pour imaginer que mes propres valeurs morales sont l'alpha et l'oméga de la moralité, et que tout autre comportement divergant de mes propres valeurs morales est une forme d'amoralité, une forme d'immoralité ?

 

Et pourtant, c'est notre lieu commun. Nous jugeons, nous apprécions tous les comportements de tout le monde en fonction de nos propres valeurs morales. Et ceux dont les comportements diffèrent trop de nos propres valeurs morales ne pourront être que rejetés, repoussés. Difficile d'accepter, d'être ami avec une personne dont les valeurs morales semblent pratiquement incompatibles avec nos propres valeurs, dont les actes et les comportements semblent aux antipodes par rapport à ce qui nous semble être la morale, le bien, le bon. Heureusement, c'est très rarement le cas dans la vie réelle. Il y a rarement des personnes dont les valeurs morales sont aux antipodes des nôtres. Il y a forcément très souvent des divergences, parfois importantes, d'autres fois des personnes peuvent sembler tant nous ressembler que nous pouvons nous confier et les aimer. Mais forcément, il y a des différences. Parce que nul ne peut avoir été éduqué exactement de la même manière, ni avoir vécu exactement les mêmes choses, ni surtout les avoir vécu, intégré de la même façon. 

 

Il y a aussi une dernière chose : je ne peux pas nier aux autres la faculté d'agir conformément à une morale, à une éthique, à leur morale. Même si ce sont des dirigeants de grandes entreprises, des hommes politiques ou des puissants. Je ne peux pas leur nier le droit d'être moraux ou éthiques, d'agir conformément à la morale ou l'éthique. 

 

Et on n'en arrive alors à une dernière facette de ce que j'appelle la moralité. On ne peut se considérer comme moral que si on est ouvert aux autres, si on est tolérant aux autres, aux divergences des autres. La tolérance est certainement la plus difficile des valeurs à intégrer, mais cela permet d'accepter ceux qui ont des valeurs morales differentes des nôtres, qui vivent et agissent différemment de nous. Terrible exercice que la tolérance, essentiellement parce que l'intolérance, le rejet de l'autre, est la plus simple et la plus facile des façons de vivre. Et parce que nul ne sait où peut nous mener la tolérance : ne doit-on pas en raison de la tolérance accepter les terroristes et les assassins ? Ne doit-on pas accepter qu'ils nous nient notre droit de vivre et de nous considérer comme humain ?

 

Où doit s'arrêter la tolérance ? Et où commence la moralité ? Je n'ai pas de réponse. Ce sera tout pour ce dimanche soir !

 

 

Saucratès


14/04/2019
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Réflexions personnelles sur l'éthique et la morale

Saint-Denis de La Réunion, mardi 2 avril 2019

Réflexion une - Une conception collective de la morale

 

S'il est bien un sujet qui me passionne, c'est bien le sujet de l'éthique et de la morale. Pour répondre à cette question de savoir qu'est-ce qu'une vie conforme à la morale ou à l'éthique ? Ou autrement pensé, que serait une Société humaine fonctionnant conformement à l'éthique et à la morale ? 

 

Et je vais ici citer Jean-Francois Mattéi, dans «Éthique et histoire» :

 

«On pourrait aisement soutenir, sans cultiver le paradoxe, que la naissance de l'éthique dans le monde moderne à signé la mort de la morale, ou que, à tout le moins, le renouveau contemporain de la réflexion éthique, désormais appliquée à toutes les sphères de la vie sociale, s'est accompli sur les cendres de la pratique morale traditionnelle brûlée à la flamme de l'histoire. Car c'est bien la conscience historique de l'homme moderne, appréhendée sur le mode immanent d'un devenir à la recherche de son propre sens, qui a progressivement évacué les principes moraux traditionnels fondés sur des commandements ou des absolus transcendants.»

 

Je ne sais pas si j'irais jusqu'à dire, comme le fait Jean François Mattéi, que notre monde moderne ne reconnaît plus la morale, qu'il n'y a plus de morale. Les œuvres morales des plus grands philosophes de l'histoire n'ont jamais été aussi accessibles, à quelques clics de souris, certes cachées au milieu d'un amoncellement d'informations beaucoup plus populaires, mais jamais leurs pensées n'ont été aussi accessibles. Il y a aussi foison de philosophes formés dans les universités ou écoles de tous les pays, sans que je puisse dire si l'un d'entre eux aura un jour l'importance d'Emmanuel Kant, de Camus ou de Jean-Paul Sartre. 

 

Mais c'est vrai en même temps que l'on peut se demander si le monde que je vois existant autour de moi, composé de toutes ces grandes entreprises qui régissent d'un bout à l'autre nos vies, de tous ces chefs et dirigeants d'entreprises, de tous ces cadres et hauts managers prônant l'efficacité technocratique, si toutes ces entités, ces personnes, ces puissants connaissent la morale et agissent en fonction d'une morale immanente., supérieure à leur seul intérêt et à l'intérêt de leur caste ? Je pose la question mais j'en connais déjà la réponse : Non !

 

Et pourtant, dans chacune de leurs entreprises, ces dirigeants, ces chefs d'entreprise, ces puissants, ces hauts managers, ces obscurs dépendants, bénéficiaires de la charité d'un autre plus puissant qui les a intronisé comme dirigeants d'une petite parcelle de son réseau, ont édicté et imposent à leur personnel de respecter des chartes éthiques ou des codes de déontologie, qui dans la réalité correspondent à des sommes de règles idiotes, de choses à faire, surtout de choses à ne pas faire, d'interdictions aussi diverses que variées ... et quelques obligations, comme notamment d'être de bons petits soldats .... et surtout une obligation de fidélité à l'entreprise et à ses dirigeants, pendant le temps de travail mais aussi le plus souvent en dehors, pendant les temps de repos ! Même Carlos Ghosn a dû pondre de telles chartes éthiques ou codes de déontologie pour les salariés et les employés de chez Renault ou de chez Nissan, même si lui, personnellement, n'était peut-être pas un parangon de vertu et de déontologie !

 

Donc effectivement, lorsque l'on parle du «renouveau contemporain de la réflexion éthique, désormais appliquée à toutes les sphères de la vie sociale», je ne peux m'empêcher de penser à ces multiples codes éthiques qu'il est de bon ton dans les entreprises 'in' d'arborer, comme leurs dirigeants arborent la rosette de leur légion d'honneur à leur veston. On peut peut-être considérer que la moralité de ces dirigeants et de leurs entreprises est inversement proportionnelle à l'existence d'un code éthique, qui n'existe que pour permettre à ses dirigeants de contrôler et d'avoir barre sur leurs salariés et pour pouvoir trouver une raison pour les licencier lorsqu'ils en auront envie. Et tout ceci n'est en rien pour moi synonyme d'éthique ou de morale. Il ne s'agit pas tant de morale que de contrôle !

 

Ces mêmes dirigeants (et là je ne parle pas seulement de Carlos Ghosn) sont-ils moraux, agissent-ils conformément à l'éthique et à la morale (la vraie, non pas le ramassis d'interdictions qu'ils ont pondus dans leurs codes internes) dans leur vie, dans la gestion des entreprises qu'ils dirigent et dans leurs rapports avec les autres, avec leur multitude de subalternes ? Mais évidemment je dois avant tout définir ce que j'entends par «vraie morale» et «vraie éthique», sinon je risque simplement d'opposer deux conceptions différentes de l'éthique et de la morale ! 

 

Je continuerais is en continuant de citer un philosophe, Jean-Pierre Ivaldi, préfaçant un ouvrage de Jean-Francois Mattéi :

 

«L'éthique s'est muée de nos jours en une science liée à la politique et à l'économie. L'économie en tant que système d'échanges de produits, de services et d'informations, est régulée par des contrats. Elle se doit de respecter les clauses et les termes du contrat. Si les contractants tentent de corrompre leurs vis-à-vis ou se laissent eux-mêmes corrompre, ils basculent dans l'immoralité.

 

Economie et politique souffrent de plus en plus de l'absence de l'éthique et des règles et préceptes qui sont les siens dans la vie sociale de la cité, à quelques pays qu'elle appartienne. Si bien que la conscience se fait mauvaise conscience. Cette absence qui n'échappe pas aux acteurs politiques et économiques, les taraudent insidieusement, car ils savent leurs manquements et le châtiment qu'ils encourent. Trop souvent le recours à l'éthique n'est-il qu'un faux semblant destiné à masquer ou travestir leurs turpitudes.»

 

Comme lui j'assimile les puissants aux mondes de la politique et de l'économie, les puissants et dirigeants des entreprises et du secteur public, ou aux élus. Comme moi, il considère les recours à l'éthique comme des faux-semblants destinés à camoufler l'immoralité de ces puissants, de ces acteurs économiques et politiques. Mais limiter l'éthique et la morale au seul respect des clauses et termes des contrats conclus me semblent désespérément réducteur !

 

«Mattéi se détourne du strict point de vue de l'éthique pour considérer qu'un système économique, des lors qu'il régit les échanges entre les hommes, n'est ni moral ni immoral ; il est efficace ou non, et l'efficacité ne relève pas de la morale. Ceci le conduit à constater que nous sommes face à deux difficultés. La première consiste à récuser l'autonomie de l'économie. La seconde tient à ce principe éthique supérieur qui permettrait de juger les systemes économiques selon une échelle de valeurs déterminée. Le servage serait moins immoral que l'esclavage, et le travail salarié moins immoral que le servage, bien que, en toute forme d'économie, l'homme soit contraint de s'adonner au travail. Les nécessités des échanges économiques sont indifférentes par nature, aux normes de la moralité qui sont d'un tout autre ordre. L'économie relève de la contrainte là où la morale relève de l'obligation.»

 

La morale en économie, dans le monde des affaires, dans le domaine politique, doit être bien plus large que le seule respect des clauses et termes des contrats, ou le respect des lois. De nos jours, ces deux mondes, ces deux sphères, sont amorales ; elles ne connaissent pas la morale. Et c'est pour cette raison que notre monde peut être dans cet état-là, rempli d'opulence pour un tout petit nombre et de misères pour le plus grand nombre, pour l'immense majorité. Parce que les puissants qui nous dirigent ne sont contraints par aucune réglementation morale, aucune obligation morale. Il n'existe qu'une seule règle : le laisser-faire moral, le culte de l'argent-roi, le tribunal de leurs seules envies ! 

 

Je citerai pour finir une une dernière fois Jean-Pierre Ivaldi :

 

«On attend de l'éthique une justification des pratiques et des institutions sociales. Ceux qui y sont soumis peuvent se rebeller contre elles et attendent de l'éthique qu'elle leur fournisse des arguments pour légitimer leur refus. Mais ceux qui les imposent attendent également de l'éthique qu'elle les justifie afin de légitimer leurs décisions. Cette convergence, pour ne pas dire, cette complicité, du recours à l'éthique, entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent, n'est jamais aussi apparente que dans le cas de l'impôt.»

 

On se retrouve ainsi à nouveau devant une opposition entre deux conceptions de la morale et de l'éthique. Et en quoi mon interprétation de la loi morale peut-elle etre supérieure à celle minimaliste des puissants et dirigeants de ce monde, qui se contentent de penser en terme d'efficacité, de respect des clauses et des termes des contrats, et de bienfaits de la libre entreprise et des marchés concurrentiels ?

 

Je conclurais de la manière suivante : puisque l'économie et la politique sont amorales, indifférentes à la morale, il faut donc soit qu'une force supraindividuelle leur impose des règles morales, qu'ils ne puissent transgresser, soit que les puissants et dirigeants de ces mondes soient moralement et éthiquement irréprochables.

 

Encore faut-il que l'amoralité et l'immoralité ne soit pas justement un trait distinctif de ces puissants et dirigeants de ce monde, la raison pour laquelle ils sont arrivés au sommet de la hiérarchie en écrasant et en éliminant tous leurs concurrents !

 

 

Saucratès


02/04/2019
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La France, un régime autoritaire

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 10 mars 2019

 

Les grands donneurs de leçon m´ont toujours fait me tordre de rire. Surtout quand cela eux-mêmes sont les derniers à mettre en application leurs propres recommandations. Faut faire ci. Faut faire ça. Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Dans le domaine politique, Emmanuel Macron en est un parfait exemple, ou plutôt contre-exemple. Il a donc souhaité expliquer à tous les peuples européens son projet européen ! Traduit en douze ou treize langues ! Pourquoi vos gouvernements sont nuls ou populistes. Et pourquoi mon projet européen est mieux que le vôtre (ou le leur) ! Diantre ! Quel programme ! Vive l'Europe qui ne marche que dans le sens qui m'intéresse. J'ai moi le droit de m'adresser à vos peuples pour leur donner ma bonne parole. Mais gare à vous si vous osez vouloir rencontrer certains de mes opposants, comme dans le cas de l'Italie qui a osé vouloir rencontrer un groupe de gilets jaunes francais candidats aux élections européennes ! Vive l'Europe des marchés qui ne marche que dans le sens que je decide. Mais gare à vous si l'Etat néerlandais decide de prendre également la même participation que mon pays dans une société qui se trouve etre aussi importante pour lui ! Mais l'Europe de Macron ne marche pas comme ça ! L'Europe de Macron n'est en fait pas une démocratie ! C'est une Europe qui fonctionne comme la France fonctionne. Une Europe où les Gros, les Puissants ont tous les pouvoirs, et où les petits obéissent, servilement, humblement, à leur place. Que ce soit des petits pays, et les Pays-Bas ou l'Italie sont des petits pays dans l'Europe de Macron, de même que la Hongrie d'Orbán.

 

Donc oui, Macron le donneur de leçon m'amuse. Le Macron qui reconnaît la légitimité d'un opposant politique non élu m'amuse aussi. J'imagine aussi qu'il applaudirait de la même manière un gilet jaune décrétant que ce dernier représente la France s'il se faisait investir pour la foule des Gilets jaunes en tant que Président de la République française. J'imagine ainsi très bien Macron reconnaître la légitimité d'un tel Monsieur Drouet dans ses prétentions à accéder à la présidence de la république, en dehors de tout cadre électoral !  De la même manière qu'il reconnaît la légitimité de l'adversaire autoproclamé de M. Maduro. Il accepterait de la même manière que des dirigeants politiques d'autres pays reconnaissent la légitimité de M. Drouet (par exemple) et le reconnaisse comme le véritable représentant de la France ! Sinon, pour quelle raison ose-t-il reconnaitre la légitimité du candidat des manifestants vénézuéliens contre le President Maduro au Venezuela ? 

 

Grande question en rapport : La France est-elle une démocratie ? Ou bien est-elle un Régime autoritaire, comme tous ceux que l'on condamne régulièrement dans la presse bien-pensante ? A quoi reconnait-on un régime autoritaire ? J’utiliserais pour y répondre une définition trouvée dans un article du Monde Diplomatique, pour y décrire la Guinée comme un État autoritaire. «Des forces de sécurité qui font un usage excessif de la Force contre les manifestants". Driante, j'ai l'impression que cela décrit très précisément la France de Macron, dans la volonté de son gouvernement de casser et de frapper le mouvement des gilets jaunes. Deuxieme argument utilisé par les journalistes pour décrire un État autoritaire : «des journalistes, des défenseurs des droits humains et les personnes qui s'expriment contre le gouvernement sont arrêtées arbitrairement». Là encore, cela me rappelle comme deux gouttes d'eau les arrestations arbitraires décidées dans l'ensemble de la France à l'encontre des gilets jaunes pour leur interdire de se rassembler contre la politique du gouvernement, en criminalisant le port du moindre outil ... pratiquement si les juges ne condamnent pas des automobilistes détenteurs de cric dans leur voiture, s'ils sont interceptés la veille d'un samedi ou un samedi matin ! Et quand on parle des journalistes, ce gouvernement désormais separe les bons journalistes (ceux qui sont à sa disposition, qui chantent les louanges de Macron ... comme Le Monde, Le Figaro ...) et les mauvais journalistes (bizarrement ceux qui sont à l'écoute du mouvement des gilets jaunes) ... Evidemment pas BFM TV qui filment les gilets jaunes pour mieux consigner les moindres de leurs dégradations et les transmettre aux autorités compétentes !  

 

Troisième argument relevé par les journalistes du Monde Diplomatique, pour dépeindre la Guinée (non pas la France mais cela y ressemble encore comme deux gouttes d'eau) : «l'impunité qui demeure monnaie courante». Là encore, on pourrait croire que cette description a pris la France comme cible. L'impunité des forces de l'ordre est patente malgré les blessures de manifestants. Bizarrement, les journalistes de BFM TV ou des autres médias ne prennent jamais en reportage les violences dont sont victimes les gilets jaunes ; seulement celles dont ils sont responsables ! Le gilet jaune énucléé sur Paris, pas de nouvelles. Par contre le moindre gilet jaune attrapé est prestement reconnu puis condamné, comme le boxeur de gendarmes mobiles d'un pont à Paris. Il faut aussi parler de l'impunité des politiques proches de Macron ; évidemment pas ceux qui étaient en travers de son chemin à l'encontre desquels la justice s'est prestement attaqué, et à l'égard desquels les médias rivalisaient de gros titres lorsqu'ils étaient susceptibles de battre ou de gêner l'election puis la mise en œuvre de la politique de Macron : Francois Fillon, Francois Bayrou ...

 

L'élection même de Macron en 2017 est aussi un problème. C'est un peu comme en 1848. On a compris apres coup pourquoi Louis Napoleon Bonaparte avait été élu brillamment, à l'encontre de tous les pronostics, comme premier président de la Seconde République. Parce qu'il était le neveu de l'empereur Napoleon. Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il été élu en 2017 ? Quand le découvrirons-nous ? A-t-il eu une couverture médiatique particulièrement avantageuse ? Et du fait de quelles personnes ? A-t-il bénéficié d'appui dans les deux principaux partis politiques opposés où les candidats, trop à gauche ou trop catholique, auraient conduit certains de leur camp à le rejoindre et à faire campagne pour lui, contre leur propre candidat ?

 

La France est-elle donc un État de droit ou bien plutôt un État autoritaire, où même l'élection présidentielle puis législative qui avait suivi avaient été manipulées, trafiquées ? A-t-on quelque chose à envier à La Russie de Poutine ou à La Turquie d'Erdogan. À part un comique qui se croit autoriser à donner des leçons à L'Europe entière ?

 

 

Saucratès


10/03/2019
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