Critiques de notre temps

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Généralités


Paris brûle-t-il ? Les gilets jaunes et la foire du grand débat !

Saint-Denis de La Réunion, dimanche 17 mars 2019

 

Le gouvernement, les politiques de droite, du centre et de gauche se demandent pourquoi les violences urbaines liées au mouvement des gilets jaunes se poursuivent ! Hier, c'était un nouveau samedi de violence sur les Champs Elysées, la vitrine de la France des riches. Le Fouquet a été vandalisé ! Le Fouquet, restaurant où Nicolas Sarkozy était venu fêter sa victoire lors de la présidentielle de 2007 ! Haut lieu de la richesse, un lieu interdit à la majeure partie des francais, dont moi. Un lieu interdit aux gilets jaunes, aux black blocks, à tous ceux qui manifestent leur rage devant ce gouvernement, les médias et les politiques.

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/17/apres-l-acte-xviii-des-gilets-jaunes-la-maire-de-paris-attend-des-explications-des-reponses_5437323_3224.html

 

Certains médias faisaient état du risque d'un durcissement du mouvement des gilets jaunes alors que le «grand débat» du gouvernement se terminait, avec le risque qu'il ne soit pas répondu à l'ensemble des questions posées par les participants. Pour ma part, je pense que le grand débat était une vaste opération médiatique d'enfumage, parce que je doute que les gilets jaunes aient pu participer à ces grands débats organisés par les élites pensantes de la République. Comme des millions de francais, je n'ai compris ni quand ni comment ces débats allaient fonctionner. Me faire confisquer le droit de m'exprimer par quelques cabinets d'experts en communication, afin de permettre seulement à certaines idées déjà arretees de s'exprimer et d'émerger de la masse des échanges canalisés ? Très peu pour moi. Très peu vraisemblablement pour des milliers d'autres gilets jaunes.

 

Et au final, que ressort-il de ce «grand débat» macroniste biaisé ? Des idées à la con. Accélérer la transition écologiste ? Repousser l'âge de depart à la retraite ? Etcétéra ... Et certains au gouvernement veulent nous faire croire que ces idées si chères aux élites françaises qui nous dirigent et aux experts/managers qui constituent cette élite qui vote macroniste sont des idées directement sorties des échanges du «grand débat», de la part des francais comme vous comme moi qui constituent le peuple francais, ce peuple que l'on retrouve parmi les gilets jaunes ?

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/17/retraites-agnes-buzyn-evoque-un-allongement-de-la-duree-de-travail_5437383_3224.html

 

Mais ce gouvernement, ces élites pensantes, nous prennent pour des demeurés ! Ils nous enfument, ils veulent nous baiser encore plus profondément, et nous faire croire que nous avons nous-mêmes choisi de nous offrir comme cela ? Opération médiatique d'enfumage que le gouvernement veut utiliser pour repartir de plus belle dans les réformes tout azimut. Macron veut utiliser le mouvement des gilets jaunes contre ceux-là mêmes qui en ont fait partie, pour conduire de nouvelles réformes, pour aller encore plus loin, en se drapant dans l'onction du vdialogue democratique avec le peuple de France !

 

Il ne peut pas gagner ! Ce n'est pas possible qu'il puisse s'en sortir de cette manière ! À nouveau, l'espoir du peuple français repose entre les mains de quelques dizaines de milliers de gilets jaunes prêts à s'opposer à ce gouvernement d'experts, de managers, de hauts fonctionnaires aveugles et bornés, issus de la France du haut, du très haut. Alors oui, je n'apprécie pas les méthodes des gilets jaunes, mais il n'y a pas d'autres solutions face à des personnes de la sorte, des personnes qui nous méprisent autant, nous issus de la France moyenne. J'aimerais qu'il en soit autrement !

 

 

Saucratès


17/03/2019
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De la laïcité à la française

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 18 janvier 2019

 

Je vais traiter aujourd'hui de nos institutions, du respect de la laïcité de l'Etat francais. Le principe de la laïcité de notre État, de notre gouvernement, est un débat immémorial. Il remonte à plusieurs siècles dans le passé, mais il a opposé historiquement les tenants de l'Etat, de l'école laique, des gauchistes aux tenants des curés, de l'école privée, de la droite ! C'est un vieux débat ancien que l'on retrouve dès lors que l'on lit des écrivains de la fin des années 1800, début des années 1900. C'est l'époque où les religieux perdent peu à peu de leur influence dans les campagnes françaises, mais aussi dans les grandes villes françaises. C'est l'époque de ceux que l'on a appelé les hussards noirs de la République. C'est une époque où le fait d'être absent de l'église lors de la messe était un signe remarqué d'athéisme. Et le mal, la condamnation, l'excommunication n'était jamais très loin à cette époque envers les athées, ceux qui n´allaient pas à l'église. 

 

C'est une opposition aujourd'hui qui semble irréelle, parce que cette opposition entre les curés et les instituteurs, les syndicalistes, les communistes, n'a plus aucun sens. La société française s'est presque totalement pacifiée aujourd'hui, et l'église s'est presque totalement sécularisée. Il ne reste presque plus d'enjeu à ce niveau ; la pratique religieuse étant devenue une pratique privée et les curés n'empiètant plus du tout sur la vie de la cité. La véhémence n'est désormais pratiquement plus que le fait que des athées, des agnostiques, qui érigent leur athéisme, leurs doutes, leur refus de la religion en étendard sanglant, comme si l'existence même, la persistance, la survivance de la religion catholique représentait pour eux une insulte, un danger, une remise en cause de leurs propres valeurs, de leurs propres façons de voir la vie.

 

Mais en même temps, un autre combat autour de la laïcité s'est développé autour de l'affichage des signes d'appartenance religieuse. Ce combat ne concerne plus en premier lieu la religion catholique, mais surtout la religion musulmane. Mais ce combat touche également par ricochet l'affichage de signes religieux catholiques. La défense de la laïcité a visé l'obligation faite aux femmes musulmanes de porter le voile islamique, la burka, c'est-à-dire de se cacher en public, de se cacher le visage ou les cheveux. Par ricochet, le port de signe extérieur religieux a aussi pu concerner le port de la croix catholique, ou pourrait concerner le port de la kipa juive. La défense de la laïcité est ainsi devenue un système empiétant sur des signes d'affichage privé d'une croyance religieuse. Et on en arrive à des situations ubuesques. Interdire à des femmes de se couvrir la tête, alors que c'était une obligation autrefois pour pénétrer dans une église en France ! Pour protéger quelques centaines/milliers/millions de femmes ou jeunes filles qui seraient forcées de se couvrir et qui ne le souhaiteraient pas, on criminalise celles qui préfèrent se couvrir, quelqu'en soit le motif ! Un peu bizarre.

 

Evidemment, ce combat a fait d'autres victimes collatérales. Sous le prétexte de la laïcité, les communes, collectivités locales n'ont plus le droit de faire, de symboliser des crèches dans l'espace public. Des nouveaux venus des grandes villes dans des petites communes rurales ont fait interdire en justice les sonneries des clochers parce que cela gênait les nouveaux venus. De la même manière qu'ils font interdire les chants des coqs. Et ils ont parfois gagné ! En même temps, sous le prétexte du respect de la diversité culturelle envers les autres religions, des symboles religieux de l'islam ont envahi les cantines de nos écoles. On réfléchit à proposer des repas halal et on y banit la viande de porc parce que les pauvres enfants musulmans ne pourraient pas manger dans nos cantines sans cela. Bientôt, on y mangera halal parce que ce sera considéré comme non incommodant pour les non-musulmans. Et pourtant, la nourriture halal est un signe religieux fondamental pour l'islam.

 

La laïcité à la française est un truc bizarre. Elle s'attaque essentiellement aux symboles de la religion catholique, comme pour démontrer que la France n'a aucune racine chrétienne et qu'elle est a-religieuse ou athée, oubliant, niant plus d'un millénaire de racines chrétiennes de celle qui était la fille aînée de l'Eglise catholique. Elle s'attaque aussi avec véhémence aux symboles de l'islam qui entravent l'émancipation des femmes occidentales, comme si le seul combat à mener contre l'islam était un combat de féministes ! Les fervents défenseurs de la laicité estiment-ils qu'ils seraient plus heureux en tant qu'athées, en tant qu'agnostiques, dans un régime islamiste que dans un pays aux racines chrétiennes ? J'en ai parfois l'impression. 

 

Dans un monde aussi profondément religieux, que je pense aux Etats-Unis, à l'Inde, au Japon et à la Chine, aux pays arabes et du Maghreb, peut-on imaginer qu'un pays au milieu de cette tempête envisage de rester athée, non religieux ? Je ne pense pas que cela soit possible. Et l'article suivant publié par BFMTV ne peut que me confirmer dans cette idée. 

https://www.bfmtv.com/societe/islam-francais-un-rapport-accablant-1038242.html

 

Avec quelques idées fortes qui en ressortent. 

 

1. «les musulmans comptent pour 5,6% des habitants de métropole (...). Mais ils sont 10% des moins de 25 ans, signe de la prégnance croissante de la deuxième religion du pays auprès des jeunes générations.»

 

2. «28% des croyants ont adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République, s'affirmant en marge de la société (... et) 29% des interrogés se sont également déclarés d'accord à l'affirmation suivante : la loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République.»

 

3. «Une écrasante majorité des musulmans interrogés ne refusent pas la mixité, acceptant de se faire soigner par un médecin (92,5%) ou de serrer la main d'une personne (88%) du sexe opposé». Mais a contrario, cela signifie que 7,5% des musulmans interrogés refuseraient de se faire soigner par un médecin du sexe opposé, et 12% refuseraient de serrer la main d'une personne du sexe opposé.

 

4. «70% des répondants déclarent toujours acheter de la viande halal (... et) 65% se déclarent favorables au port du foulard (et 24% à celui du niqab), (tandis que) 37% des personnes de culture musulmane considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée.»

 

Dans un autre article, mais il s'agissait peut-être d'un article d'un site identitaire, j'avais lu l'interview d'un responsable musulman espérant que la France pourrait devenir un État islamique sous une vingtaine d'années. «Laissez-nous rêver» indiquait-il. 

 

Mais la position inverse existe aussi, la volonté de français musulmans d'émigrer en terre d'islam pour mieux vivre leur foi musulmane. 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/19/reve-d-islam_1293760_3224.html

 

Peut-on en déduire que je suis ou non favorable à la laïcité en fait ? Je suis favorable à la laïcité parce que je n'aurais pas aimé vivre dans le totalitarisme chrétien des années 1800-1900, où les bigots, les bien-pensants surveillaient qui allait à l'église et qui n'y allait pas. Je suis aussi favorable à la laïcité parce que je n'aimerais pas vivre sous un totalitarisme islamique, pour des raisons comparables. Mais je ne suis pas favorable à la laïcité lorsque l'on méconnaît, rejette les racines chrétiennes de l'Europe et de la France, lorsque l'on veut mettre l'islam sur un plan d'égalité avec la chrétienté. L'Europe pour moi est judéo-chrétienne, et s'est construite dans la suite de la Grèce et la Rome Antique, qui ont façonné notre Monde et nos institutions. La morale, l'éthique et la méta-morale se sont construites sur des fondements chrétiens. Elles sont à mon sens inséparables de la religion chrétienne. Et en ce sens, la laïcité à la française pourrait être considérée selon moi comme une aberration, une relique du passé qui n'a plus de nécessité aujourd'hui.

 

 

Saucratès


18/01/2019
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Existe-t-il une chape de plomb médiatique autour de la dangerosité des migrants et des risques encourus ?

Saint-Denis de La Réunion, le 15 janvier 2019

Existe-t-il une chape de plomb médiatique autour de la dangerosité des migrants et des risques encourus ?

 

Est-ce qu’on nous ment sur les réfugiés demandeurs d’asile, et surtout, qui nous ment ? Quand je dis «qui nous ment ?», je cherche surtout à ne pas paraître paranoïaque et à ne pas accuser le gouvernement pour tout et n'importe quoi.

 

Sur le sujet des réfugiés, il y a un péril à éviter : vérifier au maximum ses sources pour ne pas reproduire des informations non vérifiées provenant de sites identitaires affiliés à l’extrême-droite, française ou américaine. Je ne veux pas forcement dire que ces informations sont obligatoirement fausses ; simplement qu'elles sont orientées et peuvent être grossies, déformées.

 

Néanmoins, il y a une question qui me trotte quand même dans la tête, sur l’immigration : courre-t-on un risque en France en devant accueillir assez massivement des réfugiés demandeurs d’asile, majoritairement de religion islamique ? C’est une question qui peut paraître être politisée, mais c’est une question qui me semble normale. Dans l’Ile de la Réunion, il y a désormais la même interrogation possible à se poser, au sujet des réfugiés Sri-Lankais. Ce n’est pas parce qu’une question ne plait pas à certains qu’elle est forcément illégitime ! 

 

Sur la dangerosité des réfugiés, il me semble qu’il y a un silence de l’Etat et plus largement de tout le monde, médias, associations, intellectuels. Il n’est pas politiquement correct de s’exprimer sur ce sujet, et la presse est aussi particulierement silencieuse. Un des États européens qui a apparemment très largement ouvert ces frontières et a accueilli un nombre très important de migrants est la Suède. Dans une moindre mesure, il y a également le cas de l’Allemagne. Ces deux pays sont-ils ou non confrontés à une forte progression de la délinquance du fait des migrants, et notamment des agressions à caractère sexuel (viol) ? Je me rappelle notamment des chasses aux femmes observées dans la ville de Cologne qui avaient particulièrement marqué les esprits en Allemagne il y a quelques années (la nuit de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre 2015). Un événement certes ponctuel, mais au combien choquant ! Sur lequel en fait une chape de plomb a été déposée ; les journaux français ayant soigneusement évité de donner de plus amples informations :  combien de victimes, combien d'agressions ? des couples d’hommes et de femmes ont-ils été attaqués ? Y a-t-il eu des morts ? Aujourd'hui encore, si on fait des recherches sur ces événements de Cologne, on ne trouve que des sites identitaires pour en parler. Est-ce à dire que c'est de l'intox, qu'il ne s'est rien passé à Cologne ? Ou bien est-ce à dire que les médias traditionnels n'en parlent pas, soit parce qu'il n'y a rien à en dire, soit parce que ce n'est pas politiquement correct de faire un lien entre immigrés et violences (surtout les violences sexuelles faites aux femmes) ? Où est la vérité ? 

 

Je vais prendre un exemple beaucoup plus proche et plus récent. Il concerne le meurtre d'un citoyen qui hébergeait un jeune migrant chez lui, tué avec 28 coups de couteau. L'information n'est normalement pas à prendre trop avec méfiance, puisqu'elle provient du site de BFMTV, qui, malgré ses soucis avec les gilets jaunes, donne normalement des informations fiables. Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 11 au 12 décembre 2018, et l'alerte aurait été donnée le 16 décembre 2018 au soit, après que des invités du migrant aurait découvert le corps du quinquagénaire planqué sous un lit. 

 

https://www.bfmtv.com/police-justice/indre-et-loire-un-migrant-tue-de-28-coups-de-couteau-l-homme-qui-l-hebergeait-1604970.html

 

Le défunt était apparemment bénévole aux Restos du cœur depuis près de 20 ans, et il était engagé depuis avril 2018 auprès d’Utopia 56, une association d’aide aux migrants. 

 

Ce n'est pas le fait divers sordide qui m'alerte particulièrement. Evidemment, c'est terrible d´imaginer que le migrant soit-disant en extrême difficulté que l'on peut héberger puisse être un tueur sanguinaire. Ce qui est arrivé à ce quinquagenaire aurait pu arriver à plein d'autres personnes qui veulent bien faire, être solidaire, en hébergeant des migrants. 

 

Non, ce qui est choquant, c'est d'abord l'absence de médiatisation de cette histoire, et la presque impossibilité de tomber sur des informations concernant cette affaire par le biais des moteurs de recherche, comme si il existait une chape de plomb sur ce genre d'informations, pour pas qu'elles sortent. Je ne pense pas ainsi que Le Monde en est parlé, comme s'il ne fallait pas communiquer sur des informations qui pourraient faire peur aux gens, qui pourrait leur faire prendre conscience des dangers encourus, ou bien qui pourrait rompre la bien-pensance autour de l'accueil des migrants et du gentil et malheureux migrants. À La Réunion aussi, des familles accueillent peut-être aussi des migrants Sri-Lankais ou pourraient être tentées de le faire. De telles histoires pourraient aussi arriver, même si cet incident ne concerne peut-etre qu'un seul migrant sur des centaines de milliers d'autres pour lesquels cela se passe bien.

 

Mais comment peut-on le savoir. N'y a-t-il qu'une seule histoire de ce type tue ? Pourquoi les médias ne camouffleraient pas des centaines d'affaires de ce type. Ils sont l'un de nos seuls et principaux moyens d'information sur le Monde qui nous entoure, encore aujourd'hui.

 

L'autre élément choquant de cette histoire, c'est l'absence de toute mention de cet incident sur le site de Utopia 56 ( http://www.utopia56.com/fr). Le site continue à promouvoir l'hébergement citoyen, un article traite du fondateur de l'association, mais pas un mot sur le drame ayant touché ce quinquagénaire, qui était pourtant engagé avec eux depuis avril 2018. Comment peut-on appeler le comportement de cette association, ce manque criant d'empathie ?

 

Concernant cette même association Utopia 56, les sites identitaires consultés fait état de débats autour de l'habillement conseillé aux femmes intervenant sur des camps de migrants. L'association semble leur demander de se couvrir pour respecter les coutumes des migrants. Disons qu'au delà de la légitime interrogation que cela peut poser sur les acquis des combats des féministes des decennies passées, cela met bien à contrario en valeur les risques potentiels d'agressions de la part de ces migrants à l'encontre des femmes si elles ne sont pas suffisamment couvertes ! Sous la limite que ces débats reproduits par les sites identitaires soient véridiques.

 

 

Alors oui, ce post n'est pas très politiquement correct, mais où se trouve la vérité ?

 

 

Saucratès


14/01/2019
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Elles s'appellent ou s'appelaient Rahaf Mohammed Al-Qunum, Dina Ali Lasloom, Ashwaq et Areej Hamoud, Tala et Rotana Farea ...

Saint-Denis de La Réunion, le 8 janvier 2019


Elle s'appelle Rahaf Mohammed Al-Qunun, et elle risque toujours d'être tuée par sa famille ou bien d'être condamnée à mort en Arabie Saoudite si on l'y renvoie. Son crime : avoir résisté à sa famille, s'être fait couper les cheveux, vouloir abandonner la religion musulmane, refuser de porter le hidjab ... 

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/07/menacee-par-sa-famille-une-jeune-saoudienne-demande-l-asile-depuis-l-aeroport-de-bangkok_5405917_3210.html

 

On note d'ailleurs que dans le respect des belles valeurs traditionnelles musulmanes, son frère avait tenté de la remettre dans le droit chemin en la frappant pour lui faire accepter le hidjab et de prononcer ses prières ! Vive la famille !

 

Elle a apparemment eu de la chance. À l'aeroport de Bangkok, les services de l'immigration lui avaient apparemment confisqué son passeport et ses billets d'avion et souhaitaient la renvoyer vers l'Arabie Saoudite, mais elle a réussi à alerter le Haut commissariat des Nations unies pour l'accueil des réfugiés, ainsi que la presse internationale. L'Australie, où elle avait apparemment prévu de demander asile, «a contacté le HCR et les autorités thaïlandaises pour obtenir des garanties afin qu’elle puisse accéder au processus d’obtention du statut de réfugié, a fait savoir un porte-parole du gouvernement australien».

 

Comme l'indique les services de l'immigration thailandais, selon le journal Le Monde, 

 

«Le chef de la police de l’immigration, Surachate Hakparn, avait d’abord soutenu que la jeune fille n’avait ni billet de retour, ni réservation d’hôtel et ne pouvait donc pas entrer en Thaïlande et devait retourner au Koweït, d’où elle était arrivée.

 

Le responsable de l’immigration de l’aéroport, Pruettipong Prayonsiri, avait abondé en ce sens. D’où qu’elle vienne, elle doit y rentrer, avait-il déclaré, expliquant qu’elle n’était pas une réfugiée mais une enfant que sa famille veut récupérer et que l’ambassade [saoudienne] a fait tout le travail avec nous».

 

C'est clair qu'un passager en transit ne risque pas d'avoir des réservations d'hôtel, ni de billet de retour dans le cas où cette personne veut fuir son pays ! Mieux vaut en rire !

  

Elle a eu beaucoup plus de chance que de précédentes jeunes femmes ayant elles-aussi tenté de fuir leur famille et l'Arabie Saoudite (ou d'autres pays arabes). On parle ainsi de Dina Ali Lasloom en avril 2017, qui avait été bloqué à l'aéroport de Manille aux Philippines, alors qu'elle voulait elle aussi demander asile en Australie pour échapper à sa famille saoudienne et à un mariage forcé. Mais Dona Ali Lasloom n'a pas eu autant de chance : elle avait été renvoyée par les Philippines en Arabie Saoudite, remise à ses oncles, et on n'a apparemment plus eu de nouvelles de sa part depuis cette date !

 

https://www.aufeminin.com/news-societe/mariage-force-dina-ali-saoudienne-arabie-saoudite-human-rights-watch-ong-koweit-philippines-manille-s2219245.html

 

Il y a aussi eu l'histoire des sœurs Ashwaq and Areej Hamoud, également en 2017, mais je n'ai retrouvé aucun lien, aucun article en francais sur leur histoire. Elles étaient aussi originaires d'Arabie Saoudite, elles voulaient demander l'asile en Nouvelle-Zelande apparemment, mais j'ignore ce qui leur est arrivé, si elles ont également été renvoyées en Arabie Saoudite, et dans quel pays ont-elles été interceptées (la Turquie apparemment). Et j'ignore si elles sont toujours en vie, si on a eu la moindre nouvelle de ces deux sœurs.

 

https://www.aljazeera.com/news/2017/12/saudi-sisters-fled-turkey-fear-forced-return-171222115345162.html

 

Et en 2018, il y a également eu l'affaire du décès des soeurs Tala and Rotana Farea, mortes alors qu'elles étaient sur le point d'être renvoyées en Arabie Saoudite avec leurs parents. Là aussi, pas d'articles en francais. Cela s'est passé à New-York et Il ouvrait s'agir d'un pacte de suicide passée entre les deux soeurs. 

 

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Deaths_of_Tala_and_Rotana_Farea

 

Rahaf Mohammed Al-Qunun réussira-t-elle à échapper à sa famille et à se réfugier en Australie, et pourra-t-elle y avoir la vie dont elle doit rêver ? Cette histoire nous rappelle l'histoire des passagers Sri-lankais qui débarquent à La Réunion et qui souhaitent y demander l'asile politique ? Comment déterminer ceux qui réellement risquent la mort et ceux qui ne cherchent qu'à profiter des aides sociales et bénéficier d'une plus belle vie, poussés par des réseaux mafieux de passeurs ? Comment séparer les personnes véritablement en danger de mort (pour des motifs que l'on estime injustes) de ceux qui ne sont pas en danger de mort dans leur pays d'origine ?

 

Et comment décider de ce qui est juste et injuste ? Un criminel fuyant son pays, où il risque la prison à vie ou la peine de mort, est-ce un motif juste ou injuste ? Une jeune femme rejetant la religion musulmane, ce qui est justifiable de la peine de mort en application de la charia (ce que l'on appelle l'apostasie), comment pourrait-on décider que ce motif n'est pas un motif juste ? Évidemment, j'ai comme tout un chacun, mon opinion sur ces motifs ! Mais d'autres français d'une autre religion pourraient avoir un discours totalement différent !

 

Autrement dit, est-ce que seules les jeunes filles venant d'Arabie Saoudite refusant le mariage forcé ou voulant rompre avec l'islam peuvent-elles bénéficier de l'asile politique dû aux personnes en danger ? Et pas les hommes ni les femmes avec une famille ? C'est une putain de question à laquelle je n'ai aucune réponse à donner !

 

 

Saucratès


08/01/2019
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Où l’on s’aperçoit que le monde ne tourne pas du tout rond ! (Suite)

Saint-Denis de La Réunion, le 7 janvier 2019

 

Le Monde ne tourne pas rond, mais cela ne devrait pas surprendre grand nombre de mes lecteurs. Et pourtant, ces derniers jours, j'ai lu dans la presse un certain nombre d'histoires particulièrement inquiétantes, à mon sens.

 

La première de ces histoires concerne la condamnation d'un gilet jaune à quatre mois de prison avec sursis pour menace de mort contre un député LRM, qui avait été particulièrement choqué d'avoir été menacé de mort !  Dans le cadre d'une discussion houleuse (dixit le journal Le Monde) avec un groupe de gilets jaunes, un des manifestants, gilet jaune, aurait dit à haute voix ce que des milliers de francais doivent espèrer secrètement : «la guillotine, la guillotine» en parlant d'un député LRM. Et cette phrase à été filmée par un journaliste (entre parenthèses, cela ne va pas rendre plus populaire les journalistes dans le mouvement des gilets jaunes, dès lors que leurs reportages, au lieu d'informer, servent essentiellement à la justice à poursuivre les personnes qu'ils interviewent ou filment ... oui à un journalisme d'investigation, mais pas à un journalisme de délation). S'agit-il d'une menace de mort ? En faisant référence à la guillotine en s'adressant à quelqu'un, cela peut-il être assimilé à des menaces de mort, et puni en tant que tel ? L'homme n'a pas menacé spécialement ce député LRM de le tuer ou de lui faire la peau ! Il y a un monde entre le fait d'énoncer le terme de guillotine ou d'échafaud et le fait de mettre une telle menace à exécution ! Ces gilets jaunes disposaient-ils même d'une guillotine pour mettre une telle menace à exécution ? 

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/01/03/gilets-jaunes-un-homme-condamne-a-quatre-mois-de-prison-avec-sursis-pour-menaces-envers-un-depute-lrm_5404790_1653578.html

 

Le Monde ne tourne pas rond parce que pouvoir être condamné une peine d'emprisonnement pour un si petit délit me semble totalement aberrant. La justice francaise, le parquet francais qui agit sur ordre, le gouvernement macroniste doit être particulièrement apeuré, terrorisé, pour que la simple mention de l'outil révolutionnaire par excellence, à savoir la guillotine, puisse leur faire peur à ce point là ! Ce député LRM qui exprime sa profonde blessure devant cette menace (sans rire, il s'est bien foutu des juges, ou bien il n'a pas grand chose à faire en politique celui-là !), ce gouvernement qui poursuit pour un rien, avant même parfois que tout fait délictueux ne puisse être reproché, pour le simple port de boulons ou de masque de chantier, ces députés LRM qui sont incapables d'aller sur le terrain rencontrer leurs administrés, et qui meurent de peur à l'idée de la moindre confrontation, tous ces gens-là ne devraient pas être au pouvoir, disposer du pouvoir, avoir été élu. Leur élection n'est qu'une énorme erreur, erreur de ces millions d'électeurs qui ont voulu donner une majorité parlementaire à Macron ! Il faut maintenant en payer le prix ; être représentés par des abrutis et des incompétents ...

 

Le simple fait de se référer à la guillotine est donc une menace de mort, un acte condamnable par la justice, un acte contraire à notre démocratie, à notre république ? Les personnes qui sont à l'origine de notre démocratie, de notre république, les révolutionnaires qui condamnèrent le roi, la reine, le dauphin, des milliers de nobles et des milliers d'autres contre-révolutionnaires à la guillotine, à l'échafaud, sont donc également des criminels, comme ce brave gilet jaune passablement énervé. Loin d'être les révolutionnaires courageux qui combatirent et vainquirent l'Ancien Régime, ceux qui sont à l'origine de notre démocratie et de notre république auraient donc été des criminels que cette même république et cette même démocratie à laquelle ils donnèrent vie (et pour laquelle nombre d'entre eux donnèrent leur vie) aurait dû condamner ? Notre démocratie et notre république est donc construite sur un mensonge ? Les actes héroïques qui lui ont donné naissance sont donc des actes criminels ? Notre démocratie et notre république n'existe donc pas, de même que les droits de l'homme et du citoyen ? Car comment des actes criminels pourraient donner naissance à quelque chose de bien ?

 

A la vérité, ce gilet jaune n'aurait jamais dû être condamné pour cette phrase, pour ces deux mots révolutionnaires, qui ne peuvent en aucun cas être assimilés à une menace de mort puisque cette menace de mort est inapplicable ; les gilets jaunes ne disposent pas d'une guillotine. Par ailleurs, Il ne s'agit pas d'une menace de mort mais juste d'un fait : ces personnes là, députés LRM, membres du gouvernement LRM et leurs affidés, président de la république LRM qui ne défend que les riches et les hauts managers esclavagistes, devraient être incarcérés, embastillés et condamnés par un pouvoir revolutionnaire à la peine qu'ils méritent. 

 

Ce sont juste des faits ! On ne peut usurper le pouvoir par des moyens de ruse, même s'ils sont légaux, même s'ils sont apparemment légitimes, on ne peut confisquer ce pouvoir qu'au bénéfice d'une minorité de riches et de patrons, managers esclavagistes, et ne pas devoir en payer un jour le prix ! 

 

Mais en en disant cela, moi, comme ce gilet jaune, je peux être poursuivi et condamné pour menace de mort, parce que ce gouvernement, ces députés, ces managers que l'n retrouve dans toutes nos administrations, dans toutes nos entreprises, sont morts de peur et terrorisés à l'idée d'être découverts, compris, rattrapés par ces foules contre lesquels ils s'acharnent depuis des mois, des années, des siecles, eux et leurs prédécesseurs !

 

En découvrant cette condamnation, j'ai envie de devenir gilet jaune, de devenir révolutionnaire, de faire tomber ces pleutres et ces manipulateurs, de faire tomber cette mascarade que représente le pouvoir macroniste !

 

Toujours dans la même veine, un autre député LRM a annoncé avoir reçu une lettre de menace raciste. Certes, les idées contenues dans cette lettre sont extrémistes et inacceptables, mais elles dénotent bien par contre le gouffre et le précipice qui séparent les représentants LRM élus et les électeurs lambda de notre pays, élus  en lesquels ils nous est impossible de nous reconnaître.

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/05/un-depute-lrm-recoit-une-lettre-raciste-le-menacant-de-mort_5405367_823448.html

 

Après, les idées développées dans cette lettre de menace sont inacceptables : c'est la porte ouverte au rejet de tout député qui ne serait pas suffisamment bien blanc, bien gaulois ! C'est en germe le rejet de la présence de tout député antillais, réunionnais, mahorais. Ou à l'inverse le rejet parmi ceux-ci de tout élu blanc.

 

Par contre, ce qui m'insupporte, c'est le fait de monter en épingle de telles menaces, aussi bien à propos. Comme si le but était de victimiser les députés LRM, victimes de menaces, de lettres d'insultes. C'est un peu trop parfait comme cirque médiatique ! Au trop bon moment !

 

Dernière aberration de mes lectures de ce début d'année, l'information que la Chine prépare un système de notation généralisée de l'ensemble de ses citoyens, voire de l'ensemble des citoyens du monde !

 

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/12/28/en-chine-un-systeme-de-notation-des-citoyens-encore-flou-mais-aux-ebauches-effrayantes_5403357_4408996.html

 

Plusieurs projets selon le journal Le Monde sont à l'étude ; l'un d'eux étant le «système de crédit social» (SCS) que le gouvernement entend mettre en application en 2020. Un autre systeme est appelé «système de Rongchang». Enfin, la société Alibaba, sorte d'Amazon chinoise qui vise à se répandre partout dans le Monde, a aussi développé un système de notation, intitulé «Sésame».

 

Une phrase de l'article du Monde illustre la folie de ces entreprises  : «Seront donc passées au crible la légalité et la moralité dans les domaines économiques, sociaux et politiques, avec pour but un score dont découleront des récompenses ou des sanctions. Les Chinois pourront se voir ainsi restreindre l’accès à certains emplois, prêts, écoles ou transports publics. De telles listes noires existent déjà, par exemple dans le transport ferroviaire.»

 

Ca, c'est effectivement effrayant ! Un système de score où le fait de planter des arbres et des plantes ferait partie des comportements valorisés et reposant sur la délation de leaders d'opinion, de juges pouvant influer sur les scores des uns ou des autres. Effrayant !

 

Les pays occidentaux ont-ils développé des systèmes analogues ou approchants, scorant l'ensemble de leurs administrés ? Que ce soit sur cette base ou une base différente ? Même Facebook n'est pas allé jusqu'à là ! Même les fichiers d'incidents de remboursements bancaires ne vont pas jusqu'à là, même si l'on peut se dire que le projet d'interconnections de tous les fichiers contenant des informations sur les gens, sur les francais en l'occurrence, dans un but de lutter contre le blanchiment des capitaux, contre le terrorisme, contre les actes malveillants, porte en germe un tel système de notation, de scoring ... dans lequel ce sont les forces de police, de sécurité, qui tiennent le rôle de censeurs, de leaders d'opinion !

 

 

Saucratès


07/01/2019
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