Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Ecole et violence scolaire (4)

Réflexion vingt-neuf (3 mai 2011)
Harcèlement à l'école ... Quelle responsabilité ...

 

Un très bel article d'hier du Monde qui mérite d'être lu sur la violence à l'école.

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2011/05/02/harcelement-a-l-ecole-ca-reste-grave-dans-ma-memoire-je-n-aurai-jamais-de-bons-souvenirs-d-enfance_1515562_1473688.html

 

Cet article rappelle qu'il y a six ans, un collégien de quatrième dans la banlieue de Rouen, Sébastien, s'était pendu à la suite des moqueries, des insultes et des violences de ces 'camarades' de classe en raison de son bégaiement ... Plusieurs de ses tourmenteurs ont été condamnés par le tribunal pour enfant, et ses parents attaquent désormais l'état français pour l'absence d'intervention de l'équipe éducative qui était au courant de la situation de leur enfant mais qui n'a rien fait.

 

Ce même article cite également divers adultes aujourd'hui qui mentionnent les violences dont ils ont fait l'objet. Pour Laurent, 25 ans, le harcèlement dont il fit l'objet provenait de son homosexualité, dont il eut le malheur de parler à une amie qui le trahit. Et impossible d'en parler à ses parents sans dévoiler son homosexualité qu'il ne pouvait leur avouer.

 

Pour une autre, Aurélie Piaud, 27 ans, la raison du harcèlement dont elle fit l'objet fut son habillement : ses parents sans moyen l'habillait au secours populaire. Elle fut violenter et harceler dès les plus jeunes classes. Ce n'est qu'au lycée qu'Aurélie a cessé de se laisser faire.

 

Pour Gabriel Gonnet, 57 ans, cinéaste, fut également un élève harcelé, verbalement et physiquement, au motif que son apparence était jugée ridiculement hors de la mode. C'était dans les années 1960 à 1970. Il a réalisé un film de fiction sur le harcèlement à l'école intitulé «Kenny».

 

Ces diverses personnes racontent à la fois la futilité des raisons du harcèlement dont ils firent l'objet, l'absence de toute réaction des adultes des équipes éducatives, qui n'ont que le terme d'intégration dans la classe à la bouche, et qui donnent l'impression que cette violence 'limitée', entre pairs' est normale ... Enfin, ils rappellent également leurs tentatives de masquer, de cacher, la violence dont ils firent l'objet et expliquent que ces évènements restent marquer dans leur mémoire et qu'ils n'auront jamais de bons souvenirs de leur enfance.

 

Cela me parle vraisemblablement si fortement parce que je fis également l'objet de telles violences et d'un tel harcèlement dans la majeure partie des écoles, collèges et lycées dans lesquels je suivis ma scolarité, en changeant pourtant pratiquement tous les deux ans d'endroits. Dès mon plus jeune âge (je suis aujourd'hui âgé de 44 ans), je pense que je ne sus pas me défendre physiquement contre les autres enfants. Je n'avais rien de particulier, si ce n'est d'être souvent un nouveau arrivant. En cours préparatoire, ma mère fut malade de me voir être battu par d'autres enfants dans la cour de récréation. C'était au tout début des années 1970. Aussi, le problème de la violence ne remonte pas à hier.

 

Au collège, en sixième (cela se passait cette fois-ci à l'extrême ouest de la France, en Bretagne, dans le Finistère), je fus surnommé le sénégalais, non pas en raison de ma couleur de peau, mais parce que j'y avais passé deux ans (deux belles années de ma vie, sans violence, avec de beaux souvenirs d'enfance). Je fus une nouvelle fois un souffre-douleur, raquetté en bonbons que je volais à l'épicerie du village, violenté par quelques gamins, et toujours incapable de me défendre. Et en but également aux violences de ma mère ... 

 

Ce n'est qu'à partir de la terminale, que je passais dans un territoire lointain de l'hémisphère sud, que j'échappais à la violence de mes 'camarades' tortionnaires. Ce ne fut également qu'à l'université, toujours en Bretagne, que je rentrais dans un milieu où l'intelligence primait sur la violence ... A moins que ce ne fut qu'à ce moment-là où j'appris enfin à éviter la violence de mes condisciples, ayant atteint ma taille adulte.

 

La France est un vieux pays de violence scolaire, je ne sais pour quelle raison ... Pourquoi hier comme aujourd'hui un tel besoin d'écraser l'autre enfant, d'humilier celui (ou celle) qui est moins fort ou différent ? Et pourquoi cette incapacité des équipes éducatives à intervenir, à contrôler, à protéger, et à modérer ? Parce que sont tous d'anciens harceleurs recyclés en éducateurs ? Les harcelés ayant de trop mauvais souvenirs de leur scolarité pour y remettre les pieds ?

 

Lire aussi cet autre article du Monde sur les assises sur le harcèlement scolaire qui se tiennent actuellement à Paris.

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2011/05/02/assises-sur-le-harcelement-a-l-ecole-prevenir-une-souffrance-qui-frappe-un-eleve-sur-dix_1515626_1473688.html

 

 

Réflexion vingt-huit (17 février 2011)
Les suicides d'enfants ... et la responsabilité de l'école et des équipes éducatives ...

 

Quelques faits divers récents ont appelé l'attention sur le suicide des enfants.

 

«Un garçon de 11 ans, qui ne présentait pas de signe inquiétant mais avait reçu un avertissement scolaire au premier trimestre, est décédé mercredi 9 février après un suicide par pendaison à son domicile familial à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis. L'enfant, un fils unique, avait été retrouvé par sa mère mardi soir vers 18 heures, pendu à l'aide de deux ceintures à son lit superposé. Transporté dans un état critique à l'hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), il est mort à 10 h 15 mercredi. L'enfant était en classe de sixième, en classe sport-étude, au collège Edouard-Herriot de Livry-Gargan.»

 

«Une adolescente de 14 ans a sauté par la fenêtre du quatrième étage de son collège en Seine-Saint-Denis. Elle a frappé à une porte de classe sous le prétexte d'y récupérer un objet oublié, a traversé la salle et sauté par la fenêtre, sous les yeux de l'enseignante et de l'élève. Les raisons qui ont poussé cette jeune fille de 14 ans, scolarisée au collège Henri IV de Vaujours (Seine-saint-Denis), à se défenestrer sont encore inconnues. Souffrant de multiples fractures, la jeune fille a été transportée à l'hôpital Necker. Selon leparisien.fr, elle souffrirait de fractures aux jambes, au bassin et au fémur, ainsi que d'un traumatisme crânien, à l'issue de sa chute de 9 mètres. Elle devait se rendre à un cours de sport, en fin de matinée jeudi, quand elle a eu ce geste inexpliqué.»

 

«Le 26 janvier, à Saint-Laurent-en-Grandvaux, dans le Jura, un garçon de 11 ans était mort par pendaison. Ce décès n'était cependant pas un suicide, mais la conséquence tragique du "jeu du foulard". Dix jours plus tôt, une fillette de 9 ans, souffrant de diabète chronique, avait mis fin à ses jours en se jetant du 5e étage de l'appartement familial à Pierre-Bénite, dans la banlieue lyonnaise.»

 

Ces divers drames éclairent particulièrement l'horreur de la disparition d'un enfant. Mais le premier drame mentionné, survenu au collège Edouard-Herriot de Livry-Gargan, fait apparaître la responsabilité accablante de l'équipe éducative et de l'administration scolaire dans le suicide de cet enfant. «Ce gamin avait fait l'objet d'un avertissement pour conduite au premier trimestre» selon un inspecteur d'académie, «mais il n'y avait rien de particulièrement inquiétant». «Le garçon ne posait pas de problème particulier et avait des résultats scolaires normaux, a-t-il ajouté.» Selon RTL, un courrier de l'école sur sa conduite et la discipline avait été retrouvé sous son lit et un rappel à l'ordre datant de décembre était sur son bureau mais cela n'avait aucun lien avec le drame selon une source policière.

 

«Le recteur de l'académie de Créteil William Marois et l'inspecteur d'académie ont fait part dans un communiqué commun de leur profonde émotion. Ils expriment leur soutien à la famille de la victime et assurent la communauté éducative de leur solidarité la plus totale face à sa profonde tristesse. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place dans l'établissement (...)».

 

Ce drame m'est en lumière le complet aveuglement de l'administration scolaire. Nul ne mentionne la responsabilité dans ce décès de l'équipe pédagogique, qui est pourtant à l'origine de l'envoi d'un avertissement et d'un rappel à l'ordre à un enfant âgé de 11 ans. Et cette communauté éducative se voit assurer de la solidarité du recteur et de l'inspecteur d'académie !A la place des parents de cet enfant, j'aurais interdit la présence de l'équipe enseignante à l'équipe pédagogique responsable du décès de mon enfant ! L'enfant a sous son lit et sur son bureau cet avertissement mais cela n'a aucun lien avec le drame ?

 

De tels faits imposent selon moi de revoir complètement le principe des sanctions disciplinaires à l'école primaire et au collège, et le principe même de l'éducation et de la discipline scolaire. Pourquoi un enfant qui «(...) ne posait pas de problème particulier et avait des résultats scolaires normaux» a-t-il pu recevoir un avertissement scolaire ? Pourquoi nos enfants sont-ils victimisés au collège, reçoivent-ils observations sur observations parce qu'ils n'ont pas fait signer telle vétille ou tel papier, ou parce qu'ils ont bavardé une seconde ou dit un mot qu'il ne fallait pas, au moment où il ne fallait pas ?

 

Il faudrait également réformer les méthodes de notation et d'appréciation des enfants par les équipes éducatives au primaire et au collège ... Pourquoi ce besoin de l'éducation française de comparer les enfants, de les noter, de les classer dans des cases, dans des échelles ?

 

Alors évidemment, dans cette affaire de suicide à Livry-Gargan, c'est la responsabilité des parents, et aucunement celle de l'équipe éducative, qui sera pointée du doigt. C'est les parents qui seront responsables de n'avoir pas pu écouter et entendre leur enfant. Mais quel est notre latitude d'action, à nous parents face à l'éducation ? Si nous ne nous rangeons pas du côté des sanctions des enseignants, ceux-ci se considèrent comme agressés et se montent contre nos enfants ...

 

  

Réflexion vingt-sept (16 décembre 2010)
Sanctions et élèves perturbateurs ...

 

A lire un chat organisé sur le site internet du Monde concernant l'efficacité de la mise à l'écart des élèves perturbateurs, en relation avec le débat sur la mise en place des établissements de réinsertion scolaire voulue par le président de la république. L'intervenant est Maria Ines, éducatrice à la protection judiciaire de la jeunesse et secrétaire nationale du SNPES-PJJ.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/18/la-mise-a-l-ecart-des-eleves-perturbateurs-est-inefficace_1442043_3224.html

 

La définition qu'elle donne des 'élèves perturbateurs' est tout particulièrement intéressante. Ainsi, selon elle, «cette appellation recouvre plusieurs situations. Chacun de ces élèves a des difficultés différentes. Ce sont les élèves qui font des bêtises en classe, empêchent qu'une classe tourne bien, perturbent la vie scolaire en général».

 

Cette définition apparaît ainsi précisément subjective et relative. Elle dépend absolument de la classe considérée et du collège ou du lycée considéré. Dans une classe ne contenant que d'excellents élèves travailleurs et studieux, un bon élève légèrement dissipé pourrait ainsi être catalogué comme un élève perturbateur alors qu'il serait considéré comme un très bon élève studieux dans une autre classe moins élitiste.

C'est bien selon moi le principal problème du système d'enseignement en France : la toute-puissance absolue des enseignants dans leur classe et l'absence de tout contre-pouvoir à leur autorité au sein de leur classe. Toute-puissance qui se retrouve dans leur capacité de prise de sanctions disciplinaires mais également d'appréciation unilatérale et sans contrôle du travail des enfants. Et il est normal que cette toute-puissance revendiquée de leur part amène parfois des réactions disproportionnées et violentes de la part d'enfants concernés (pouvant aller jusqu'à des agressions) ou de leurs parents (qui de toute façon ne peuvent rien dire sans risquer que l'enseignant se retourne contre leur enfant avec un surcroît de sanctions ou l'attribution de mauvaises notes).

 

Il faudrait que l'institution scolaire française s'interroge sur la pertinence et l'efficacité des systèmes de sanctions (observations, colles, avertissements ...) qui frappent désormais sans distinction et aveuglement les élèves, et conduisent à la mise à l'écart, dans les classes, dans les établissements, des élèves considérés comme 'perturbateurs'. Redessiner les contours de l'école et de l'enseignement de nos enfants devient indispensable.

 

Je lisais en effet l'histoire de cet enseignant de 38 ans, Jean-Luc Bubert, professeur de physique-chimie au collège César-Savart de Saint-Michel-en-Thiérache (Aisne), qui s'est suicidé suite à une accusation à tort de violences de la part d'un élève. L'adolescent, Maxime C. a été condamné en novembre 2010. Mais Maxime, 15 ans, élève de troisième, était un habitué des sanctions disciplinaires. L'enseignant de son côté était prompt à distribuer heures de colle et avertissements.

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1141346

 

Mais même si cette histoire s'est conclue par le suicide de cet enseignant, combien d'autres enfants se suicident eux aussi à la suite de l'acharnement du système d'éducation à leur encontre, brisés par une machine éducative folle, par des enseignants exigeants qui se réfugient derrière la mécanique disciplinaire pour masquer leur absence de capacité à enseigner et à partager avec leurs élèves, brisés par la peur ou l'absence de joie à se rendre dans des établissements scolaires qui ne leur apporte rien et qui ne pense qu'à les briser, à les détruire ?


 

Réflexion vingt-six (14 novembre 2010)
La violence hors de l'école, au sein du milieu familial ...

 

Depuis mes premiers écrits, je me suis arrêté sur le problème de la violence au sein de l'institution scolaire, à l'encontre des enfants ou des adolescents ou du fait des enfants ou des adolescents. C'était un peu comme si je pensais que le milieu familial des enfants et des adolescents était un havre de paix, un espace de bonheur, un lieu où ils étaient protégés de toute forme de violence. Evidemment, cela n'a jamais été le cas et ce n'est pas le cas. Nos enfants subissent dans le milieu familial de multiples formes de violence, de la part de leurs parents le plus souvent ou de la part de leurs frères et soeurs.

Dans une revue intéressante traitant de l'enfance et de l'autorité (la revue Dialogue n°184 publiée par les éditions Eres), des chercheurs décrivaient les diverses formes de violence pouvant toucher des enfants de la part de leurs parents.

Ainsi, selon Bernard Golse, «la naissance d'un enfant réactive, chez tous les parents et parfois chez les professionnels eux-mêmes, les représentations mentales de l'enfant qu'ils ont eux-mêmes été. Cette identification régressive qui permet la communication analogique avec l'enfant réel est parfois douloureuse quand elle réveille les souvenirs d'une souffrance précoce effective, ou quand elle confronte l'adulte à l'enfant malheureux ou au 'mauvais' enfant qu'il croit avoir été et qui rétrospectivement lui fait peur.

S'attaquer à l'enfant qu'on a peut être ainsi, parfois, une manière de s'en prendre à l'enfant qu'on a été - ou qu'on croit avoir été - et cette attaque qui représente évidemment une impasse constitue, dans certains cas, la seule solution économique possible pour des parents en défaut d'élaboration psychique.
» 

Selon le même auteur, la maltraitance peut aussi viser l'enfant dit 'imaginaire' (à travers ses composantes 'fantasmatique', 'imaginé', 'narcissique' et 'mythique ou culturel'). L'enfant 'fantasmatique' correspond aux représentations mentales que les deux parents se sont forgées tout au long de leur vie sur le sexe, sur les relations entre hommes et femmes.

L'enfant 'imaginé' correspond aux rêveries du couple sur l'enfant qu'ils projettent d'avoir (sexe, prénom, apparence ...). Mais cet enfant imaginé ou idéalisé est forcément en décalage avec l'enfant réel, dont les premières semaines sont constituées de secrétions urinaires et fécales. Intéressant de noter que c'est l'écart entre la représentation de cet enfant et la réalité qui crée le désir des parents, mais sans que cet écart ne soit trop important, sans quoi il pourrait y avoir déception des parents. Selon l'auteur, «quand la maltraitance vise l'enfant 'imaginé', c'est au fond une maltraitance qui vise le couple et ses échecs existentiels».

L'enfant 'narcissique' est le dépositaire de tous les espoirs et de toutes les attentes de ses parents. L'enfant se trouve ainsi chargé d'accomplir et de dédommager ses parents de leurs regrets et de leurs frustrations. Mais selon l'auteur, il y a une ambivalence dans l'amour parental, car c'est une chose de souhaiter consciemment que nos enfants fassent mieux que nous, c'en est une autre de l'accepter sans rivalité ni jalousie inconsciente. «Quand la maltraitance vise l'enfant 'narcissique', c'est une maltraitance de déception fondée sur les failles narcissiques, parfois profondes, des parents qui prennent alors peur de ce que leur enfant révèle en eux».

L'enfant 'mythique ou culturel' correspond aux représentations spécifiques de l'enfance de chaque société, de chaque groupe culturel. Dans notre société occidentale, l'enfant est à la fois précieux, rare, mais il doit également être le plus rapidement possible autonome, c'est-à-dire rester le moins longtemps 'bébé'.

Ces divers éléments de lecture m'ont ouvert les yeux sur mes failles en tant que parent et en tant qu'ancien enfant. Toutes ces explications me parlent, sur mes relations avec mes enfants et sur mes difficultés commucationnelles. Il n'est pas simple d'être parent, et même si on voudrait les protéger de tout ce qui pourrait leur arriver, il est possible que l'endroit où ils soient le plus soumis à l'injustice, à la violence, soit justement dans l'espace familial où ils devraient être justement les plus protégés. Tout cela au nom de l'amour qu'on leur porte (et qui rachète peut-être une partie de nos erreurs) et de l'éducation que l'on voudrait leur donner, que l'on voudrait qu'ils reçoivent.

Ainsi, selon Bernard Benattar, autre chercheur publié dans cette revue, «la peur entendue comme crainte et respect de l'autorité ne fait d'ailleurs plus guère débat. Faut-il que l'enfant ait un peu peur de ses parents pour être contenu, guidé, édifié ? Faut-il qu'il est peur de ses maîtres, de plus grand ou plus savant que lui, pour obéir, se laisser conduire, grandir ? Faut-il qu'il ait peur de la colère et de la punition pour agir par lui-même comme on veut qu'il agisse ? Une juste peur d'enfant (bien loin de la terreur) peut paraître normale, acceptable, au moins le temps d'apprendre.»

Mais l'auteur rappelle que c'est sur la base de cette même peur que se construise toutes les autres peurs. «Quel enfant n'a pas craint démesurément la colère de ses parents suite à une bêtise, qui n'est pas rentré la peur au ventre d'avoir à avouer une mauvaise note ? Qui n'a pas redouté le courroux du père devant un mot de trop et préféré se taire longtemps ? Qui n'a pas eu, sans raison, la peur du gendarme ? Et combien d'adultes se rendent d'adultes se rendent au travail eux aussi la peur au ventre, combien craignent non pas de commettre une erreur mais, par dessus tout, la mauvaise humeur du 'puissant'.»

 

Réflexion vingt-cinq (1er novembre 2010)
Le projet de l'UMP de mettre en place un examen de passage au collège ?

 

Il y a quelques jours, sur mon blog, je considérais que le programme socialiste concernant l'éducation, concocté par Bruno Julliard, secrétaire à l'éducation du PS et ancien président du syndicat étudiant Unef, était inquiétant.


Que penser alors de la nouvelle idée de l'UMP, présentée par le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, M. Jean-François Copé, de rétablir l'examen d'entrée au collège, pour passer en sixième (idée présentée dans son club de réflexion Génération France) ?
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20101024.OBS1748/cope-favorable-a-un-examen-de-passage-en-6e.html


Evidemment, l'intention semble louable. Protéger les enfants, faire en sorte que l'écolier maîtrise les savoirs fondamentaux qu'il doit connaître au sortir de l'école primaire ! Pour au besoin réorganiser complètement le programme du primaire pour préparer les enfants, et défendre le redoublement de ceux qui échoueraient à cet examen.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101026.OBS1878/cope-ne-convainc-pas-avec-son-certif-version-2010.html
 

Mais que peut-on voir derrière cette idée apparemment si innocente, si on en croit M. Copé ? On peut d'abord s'interroger sur la possibilité de rassurer les braves gens en organisant l'élimination scolaire de tout ces jeunes issus de l'immigration dont on peut supposer qu'ils échoueront à cet examen, s'ils n'ont pas fait l'effort de s'adapter à notre école républicaine.

 

A l'inverse, on peut aussi imaginer que la mise en place d'un examen extrêmement important (conditionnant la poursuite de la scolarité) aussi tôt dans le cursus scolaire de nos bambins, imposera aux écoliers un rythme de travail et un challenge qui limitera les situations de décrochage scolaire, même dans les écoles les plus difficiles, face aux publics les plus difficiles dans des quartiers sensibles.

 

Mais on peut se poser d'autres questions. Pourra-t-on continuer à ouvrir les enfants sur les langues étrangères à l'école dès la maternelle ou le cours élémentaire, sur l'informatique, sur tant de matières nouvelles, s'il se profile un examen aussi important, qui n'appréciera que les connaissances de base (écriture et mathématiques), sur la base duquel les écoles seront notées et classées par les parents ? N'est-ce pas ce que M. Copé veut entendre en parlant de réorganisation complète du programme de primaire ?

 

Au-delà de rassurer les braves gens électeurs de l'UMP sur notre école qui fout le camp, ne risque-t-on pas de renforcer encore plus la compétition entre les enfants dès le plus jeune âge, de renforcer les possibilités de ségrégation sociale entre les écoles courues présentant les meilleurs taux de succès à ce 'nouveau certificat d'étude' et les écoles dévalorisées ? Et ne veut-on pas pousser les parents à demander toujours plus de devoirs aux enseignants, même si ceux-ci sont officiellement interdits à l'école primaire, malgré la pression qui se reportera sur nos chères têtes blondes (ou crépues) ?

 

J'ai une dernière inquiétude, celle de voir ressurgir cet examen de passage, que j'ai connu il y a très longtemps, en 1977, en Afrique (dans mon souvenir, il avait déjà disparu en France même si les journaux font remonter à 1989 la disparition du certificat d'étude), et dont on sait qu'il dépend aussi de l'état émotionnel des enfants et pas seulement de leurs compétences dans les 'savoirs fondamentaux'. Je n'ai jamais su si j'avais réussi mon examen de passage au Sénégal. Heureusement, il ne me le fallait pas pour passer en sixième en France, en 1977.

 

Bon, et puis, quel intérêt de mettre en place un examen de passage si on doit en même temps lui fixer un taux de réussite de 90% (ou de 98%), comme ce qui existe au niveau du baccalauréat ? Tout dépend en effet de ce que l'on appelle par 'savoirs fondamentaux' ? En fonction des questions posées, on peut tout autant avoir un taux de réussite de 99% ou de 10%, selon le niveau de difficultés. Alors qu'entend-on par ce socle minimum de compétences que les enfants doivent possèder ? 

 

L'un dans l'autre, on se trouve face à deux projets sur l'école, du parti socialiste et de l'UMP, tout aussi dangereux l'un que l'autre, tout aussi aberrant, l'un s'affichant comme un projet aux visées égalitaristes, visant à niveler les niveaux scolaires et généraliser la violence existant dans certaines écoles dans certains quartiers défavorisés, l'autre clairement élitiste, visant à rétablir l'école de nos parents, à améliorer la discrimination existant entre les établissements existants ...

 

Ce que j'aimerais ? Un projet dont l'objectif serait l'abolition de la violence contre les enfants (et forcément du coup contre les enseignants), que cette violence soit le fait des enfants eux-mêmes, dans les classes, dans les cours de récréation ou en dehors (il n'existe pas selon moi de petite violence normale acceptable entre pairs) ou qu'elle soit le fait des enseignants eux-mêmes ou de l'institution scolaire dans son ensemble. Un projet qui réformerait les compétences des enseignants face aux enfants, qui leur apprendrait à valoriser les enfants qu'ils ont en face d'eux et non pas à les écraser, qui réformerait l'usage et l'existence des sanctions désormais utilisées à tour de bras par les enseignants (surtout au collège mais également au primaire ... les lignes d'écriture) et qui renforcerait également les équipes éducatives pour que ces dernières ne soient pas dépassées par les enfants !

 

Mais je ne trouve pas ce projet dans les programmes des partis politiques !


 

Réflexion vingt-quatre (18 octobre 2010)
Que faut-il penser du projet socialiste de réforme de l'école ?


Le journal Le Monde présente les grandes lignes du programme sur l'éducation (intitulé «Education et formation pour l'égalité») que le Parti Socialiste va présenter à ses militants. Le texte sera ensuite proposé à la convention sur l'égalité réelle qui se tiendra samedi 11 décembre. Il constituera le socle du programme éducatif du candidat à la présidentielle en 2012. Ce projet a été mené par Bruno Julliard, secrétaire à l'éducation du PS et ancien président du syndicat étudiant Unef.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/18/education-le-ps-propose-une-rupture-dans-sa-vision-de-l-ecole_1427541_3224.html

Je dois avouer que ce texte m'inquiète. Il ne correspond pas du tout à la vision que j'ai de l'école, et encore moins à la vision que j'ai des problèmes que rencontre le monde de l'éducation nationale. Ce simple texte pourrait-il me conduire à refuser de voter pour un candidat socialiste ? Cette question mérite d'être posée car l'école est un élément important de la vie de millions de parents d'élèves, et que le cadre de l'école est ainsi un élément fondamental de leur vie et de celle de leurs enfants ...

Le premier problème vient de la personnalité de la personne à l'origine de ce projet, Bruno Julliard, dont la compétence et les motivations pour écrire un tel projet me semblent devoir être interrogées, même si celles ne semblent pas être mises en question au Parti socialiste. Ce n'est pas parce que cette personne a été président de l'Unef deux années durant qu'il est compétent pour fabriquer un projet pour l'école et l'éducation nationale. Un tel projet, qui concernera des millions d'enfants et de jeunes, ainsi que leurs parents, ne doit pas être écrit par quelques personnes seules dans leur coin, dans leur tour d'ivoire, même si elles estiment avoir un don inné. Un tel projet ne peut être écrit qu'en collaboration avec toutes les personnes (ou leurs représentants) concernées par cette réforme : fédérations de parents d'élèves, syndicats d'enseignants, représentants des enfants, des collégiens et des lycéens, représentants des proviseurs et des personnels accompagnants les enfants, représentants des pédiatres et pédopsychiatres ...

Le Parti socialiste semble s'inscrire dans un schéma de fonctionnement inquiétant, où quelques hommes politiques semblent se croire investis d'une légitimité surnaturelle qui les autoriserait à décider sur tous les domaines. Le parti socialiste semble vouloir copier le fonctionnement de Nicolas Sarkozy, qui semble avoir une opinion sur tout et vouloir tout décider. On espérait autre chose du Parti socialiste.

Les autres problèmes que soulèvent ce projet de texte concernent par exemple la volonté de revenir à une semaine de cinq jours à l'école, ainsi que la volonté d'écourter les vacances scolaires d'été de nos bambins. Sur la semaine de cinq jours, comme sur les vacances, je sais qu'un certain nombre de personnes extrêmement compétentes estiment que les écoliers seraient beaucoup plus fatigués qu'autrefois, lorsqu'ils avaient cours le samedi matin. En tant que parent d'écoliers, ayant vécu les deux situations, mon avis est très différent ; un week-end de deux jours est indispensable pour mes enfants pour se reposer de la semaine, tout comme le mercredi. Mon premier était beaucoup plus fatigué au cours de sa scolarité. Concernant les vacances scolaires, là également, j'ai des souvenirs merveilleux de mes vacances d'été, trois mois durant au cours desquels on oubliait l'existence de l'école. Il est terrible que l'on veule priver nos enfants de ce bonheur, comme si leur enfance devait se limiter à l'école, à apprendre des choses. Et pourtant, il y a trente ou quarante ans, nos résultats scolaires n'étaient pas pires que ceux des jeunes d'aujourd'hui, bien  au contraire si on en croit les tests régulièrement faits qui démontrent une dégradation lente des compétences en mathématiques et en grammaire des jeunes.

Si je n'ai que très peu d'idées sur le fait d'interdire le redoublement au collège (comme c'est déjà pratiquement le cas au primaire) ou sur la possibilité de proposer aux enseignants d'enseigner une deuxième matière au collège (ce qui est déjà le cas pour les professeurs de français et de latin, ou parfois pour certaines matières comme le dessin ou la musique), je suis par contre beaucoup plus circonspect sur la volonté du Parti socialiste de vouloir prendre des mesures contraignantes contre l'enseignement privé. Le Parti socialiste semble en train de vouloir rejouer l'opposition entre enseignement privé et public qui avait conduit aux grandes manifestations en faveur de l'enseignement libre sous François Mitterand. Je subodorre sur ce point là une vengeance personnelle de Bruno Julliard ou de quelque autre socialiste contre l'enseignement privé.

Tout aussi désastreux, dans le même ordre d'idées, représente l'idée de forcer les établissements scolaires à plus de mixité. Une belle idée, mais qui ressemble à une volonté de généraliser dans des établissements à peu près préservés les violences provenant de jeunes hyper violents en situation d'échec scolaire. La mixité sociale est une bonne chose lorsqu'elle concerne des jeunes ayant envie de réussir et des parents souhaitant la réussite de leurs enfants (ces jeunes et leurs parents sont d'ailleurs largement représentés dans de nombreuses écoles privées, non pas élitistes ... sauf certaines ... il faut cependant avoir à coeur la réussite scolaire de ces enfants pour payer un enseignement délivré gratuitement dans les établissements publics). Par contre, lorsque la mixité sociale ne vise plus que des enfants rejetant l'école et des parents considérant l'école comme une obligation, la mixité sociale n'est plus alors qu'une définition vide de sens. Il me semble tout aussi préférable que ces enfants perdus pour l'enseignement et leurs parents soient relégués dans des établissements anti-chambres du chômage et du revenu minimum d'insertion. Il me semble normal de vouloir protéger nos enfants de la violence de leur condisciples ; il est terrible de devoir pour cela avoir recours à l'enseignement privé, mais c'est pourtant une réalité, face à des équipes éducatives de l'enseignement public pour partie démissionnaires et pour le reste débordées ...

Un projet inquiétant, qui non seulement ne me conduira en aucune manière à apporter ma voix au Parti socialiste, mais pourrait même me conduire à m'enlever toute idée de voter pour leur candidat, quel qu'il soit ... Et nous sommes des millions de parents d'élèves en France à pouvoir penser de cette manière ... Et je ne parle pas seulement de ceux qui font confiance à l'enseignement privé. Ce programme ne vise-t-il qu'à faire perdre les prochaines élections présidentielles au Parti socialiste ? Bruno Julliard nous referait-il le coup du traitre Eric Besson ?


En apparté


... un très bel article publié par Le Monde sur la souffrance des adolescents, point du vue de Marie-Rose Moro (psychiatre) à lire avec délectation ... Parce que ce qu'elle dit me touche profondément et que je le ressens comme une évidence, en regard des moments rencontrés par mon pré-adolescent de fils ... Il est si dur d'être un adolescent ...
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/30/manifeste-pour-l-adolescence_1404382_3232.html



Réflexion vingt-trois (1er septembre 2010)
Le retour du thème des sanctions contre les violences faites aux enseignants ...


Une fois encore, seule la violence dont sont responsables les enfants (et vraisemblablement leurs parents) à l'encontre des enseignants, et des adultes intervenant dans les établissements scolaires, sera concernée par les nouvelles mesures de durcissement des sanctions qui devraient être prochainement prises, comme annoncé par le ministre de l'Education Nationale Luc Chatel ce 26 août 2010.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/26/chatel-toute-violence-verbale-a-l-ecole-entrainera-une-procedure-disciplinaire_1402798_3224.html
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/27/violence-scolaire-comment-monsieur-chatel-peut-il-ignorer-les-travaux-faits-par-les-equipes-educatives_1403542_3224.html
http://www.lepost.fr/article/2010/08/26/2196253_sanctions-renforcees-contre-la-violence-scolaire-pas-du-tout-educatives-ou-plus-justes.html

«Toute violence verbale à l'égard des personnels entraînera une procédure disciplinaire, et toute violence physique donnera lieu à un conseil de discipline». Le gouvernement Fillon-Sarkozy continue dans sa lancée sur les automaticités des sanctions. Après les peines plancher, les sanctions scolaires automatiques.

Au fond, il est difficile de donner tord automatiquement à Luc Chatel. Il est vrai que le problème de la violence à l'école pose problème. C'est pour cette raison que j'ai fui pour l'éducation de mes enfants les écoles et collèges publics, pour me refugier dans l'éducation privée catholique, où il existe une implication forte des équipes éducatives dans la surveillance des enfants, dans l'affirmation de valeurs, dans l'optique de protéger mes enfants de la violence des autres enfants, au milieu de l'indifférence des équipes éducatives publiques, débordées par les enfants et la violence, face à des parents qui ne voiento pas dans l'école un lieu de chance pour leurs enfants.

Mais là où je suis totalement en désaccord avec Luc Chatel, c'est sur la violence à laquelle le gouvernement s'intéresse. Ils ne voient que les violences faites aux enseignants et aux personnels scolaires. Je ne vois pour ma part que la violence faite aux enfants (plus largement qu'à mes seuls enfants), soit par leurs condisciples, soit par les enseignants eux-mêmes. Mais cet aspect du problème est totalement ignoré par le ministre de l'Education Nationale.

Dans le monde scolaire, les petites violences quotidiennes entre enfants sont considérées comme des violences entre pairs, comme un entraînement à la vie en société, comme une forme normale de relations interindividuelles entre enfants ou adolescents. Je m'insurge totalement contre une telle vision de la violence. Aucun enfant ne devrait avoir peur de partir à l'école. Je suis d'accord avec l'idée de Nicolas Sarkozy de sanctuariser l'école, mais je lui donne un autre sens : faire de l'école un havre de paix où les enfants pourraient s'épanouir et apprendre, sans peur.

Mais encore faudrait-il que le regard des communautés éducatives change sur cette violence perlée quotidienne qui agite les cours de récréation et les sorties d'établissements scolaires ... Il n'existe pas de violence normale, d'interactions agressives entre pairs tolérables ; il n'y a que la violence condamnable.

Il y a ensuite les violences verbales et institutionnelles dont sont victimes les écoliers, les collégiens ou les lycéens de la part des équipes éducatives et des personnels. La violence de l'injustice, des observations, des retenues, des mots écrits aux parents, des commentaires bien plus souvent négatifs que positifs, des appréciations vexatoires sur les enfants ... notre système scolaire sur-réagit à quelques épiphénomènes d'enfants ayant menacé physiquement ou verbalement un enseignant, mais ignore totalement les millions d'actes de violence quotidienne commis par un immense nombre de professeurs, d'enseignants, àl'encontre de millions d'enfants dans les établissements scolaires. Mais cette violence épisodique contre quelques enseignants est considérée comme naturelle, comme normale. Pire ! Elle est ignorée, comme s'il ne s'agissait pas de violences. 

Si nos enfants pouvaient mener un soulèvement populaire comme la Révolution française ; combien d'enseignants seraient guillotinés par leurs jeunes juges ?

Le deuxième problème qui naît de systèmes automatiques de sanctions correspond à l'impossibilité d'appréhender tous les comportements fautifs chez les enfants et les élèves, et introduit alors obligatoirement le biais de l'injustice et de la délation. Tous les comportements ne pouvant être détectés, certains élèves seulement seront sanctionnés, en fonction de l'humeur de l'enseignant, de sa réceptivité, de ceux qui auront été vus ou dénoncés. Par exemple, dans quelques écoles existent des systèmes de permis à point ; mais comme sur la route, il est possible pour un enfant de perdre en un seul jour la totalité de ses points scolaires sur son permis, pour avoir bavardé en classe, avoir fait tomber inintionnellement un camarade (mais l'appréciation dépend uniquement de l'adulte), avoir commis tel ou tel acte interdit par le réglement de l'école ... Ce n'est pas une école injuste et instituant la délation, que je veux pour mes enfants, même si cela correspond à la vision de la société française que Nicolas Sarkozy met en place depuis trois ans.

Je veux une école juste et sanctuarisée, dans laquelle l'adulte ne serait pas un maître tout puissant et l'élève un sujet inférieur, mais des personnes sur un pied d'égalité de traitement et dans une relation de transmission de savoir et de compétence (même si je ne suis pas certain que les enfants puissent apprendre les limites et les règles dans une telle situation d'apprentissage). Mais c'est peut-être trop demandé au système éducatif français et à ses responsables éducatifs.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/27/l-ecole-face-au-fleau-de-la-marchandisation_1403313_3232.html
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/27/contre-la-violence-a-l-ecole-le-prefet-des-etudes-est-une-innovation-aventureuse-par-christian-vitali_1403424_3232.html


Saucratès


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01/11/2010
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