Critiques de notre temps

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Economie


Le Libra de Facebook ... ou quel sujet aborder ...

Paris, mercredi 10 juillet 2019

 

Il y a quelques jours, je m'interrogeais pour savoir quel sujet il me restait à aborder ? J'étais à Paris, dans un bar, totalement assoiffé, en attendant une bière.

 

J’avais fini de traiter du Libra de Facebook mais il m'est apparu nécessaire de revenir sur ce sujet, sous un autre angle. Pourquoi, pour quelles raisons Facebook et Mark Zuckerberg se lancent-ils dans un truc aussi compliqué que la création d’une cryptomonnaie convertible reposant sur un panier de devises ?

 

Évidemment, il s’agit d’un projet excitant. Créer une cryptomonnaie, c’est déjà particulièrement intéressant. Faire en sorte en plus qu’elle se veule être ou devenir une véritable devise, concurrente du dollar ou de l’euro, avec une association pensée comme une banque centrale, des partenaires pensés pour être chargés d’animer et de gérer son développement, c’est encore plus excitant. Et le penser à la taille de Facebook, aux plusieurs milliards d’utilisateurs, là, ça devient carrément mégalomaniaque, juste à la mesure de Mark Zuckerberg ! On peut penser que lui qui a tout réussi, pourrait seul être capable de réussir. Et Internet pourrait alors avoir une monnaie qui ne serait plus soit le dollar, soit l’euro, soit le rinminbi ! 

 

Un économiste apparemment très favorable à ce projet semblait défendre l’idée que Facebook voulait devenir la principale banque d’internet avec le Libra. «Aucune des contraintes d’une banque centrale et tous les avantages d’une banque ...», écrivait-il dans Le Monde. Or, justement, dans mon idée, c’est tout l’inverse. Les contraintes sont sur les banques, pas sur les banques centrales. Contraintes de fonds propres, de liquidité et de lutte anti-blanchiment ...

 

Un économiste qui idéalise les banques, ce n’est pas nouveau. La banque est un monde presque étranger aux économistes, dont ils n'ont pratiquement aucune idée. Pour moi, la banque est le métier le plus régulé et le plus contrôlé au monde, et aussi le plus dangereux. Fournir un réseau social à des utilisateurs est infiniment plus simple.

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/30/libra-profiter-de-tous-les-avantages-d-une-banque-sans-avoir-a-supporter-les-responsabilites-d-une-banque-centrale_5483390_3232.html

 

Les difficultés des banques naissent à partir du moment où elles doivent faire face à des fuites de leur monnaie (parce que chaque banque émet en fait sa propre monnaie ... à chacune d’elle, mais que sa monnaie est librement convertible en monnaie banque centrale). Tant qu’une banque ne fait qu’émettre de sa monnaie et que les clients échangent cette monnaie entre eux, il n’y a aucun problème et une banque pourrait en émettre autant qu’elle le voudrait. Mais dès lors que ses clients règlent des commerçants ou des entreprises en dehors de ses clients, ou lorsque ses clients virent leurs argents vers d’autres banques, les problèmes commencent. La banque doit alors disposer de monnaie banque centrale pour y faire face. 

 

Le principe même d’une banque centrale consiste en le fait d’être le prêteur en dernier ressort de son système bancaire. Et aussi, de n’avoir aucun prêteur en dernier ressort au dessus de soi, si ce n’est le Fonds Monétaire International, aux moyens très limités. 

 

Au fond, ce sont ces fuites de monnaie vers les monnaies banques centrales, ou monnaies de réserve, qui me semblent être le danger pour une banque epsilon (comme dans mon exemple) ou comme pour le Libra.

 

Une banque normale, à la différence d’une banque centrale, peut normalement toujours compter sur le prêteur en dernier ressort (dès lors qu’elle est solvable et la surveillance permanente dont elle fait l’objet par la banque centrale sert normalement à s’en assurer) et ne doit pas non plus faire face à des interrogations sur la convertibilité de sa monnaie interne en monnaie banque centrale ... Évidemment on connaît des cas qui contredisent cette théorie, comme par exemple la faillite de Lehman Brothers en 2009 ... Mais Lehman Brothers n’était pas une banque véritablement, plutôt une compagnie d’assurance, et elle était américaine ... Le fait de ne pas secourir Lehman Brothers et la mettre en faillite fut une décision politique, dont on n'avait peut-être pas parfaitement analysé toutes les conséquences à l'époque.

  

L’association Libra, en tant que banque centrale, devra pour sa part garantir la convertibilité en un panier de devises du Libra, quelque soit l’origine de ces Libras, en plus de se comporter en tant que prêteur en dernier ressort de son écosystème monétaire, avec les risques qui en découlent aussi (notamment de ne pas pouvoir récupérer ses créances sur une banque ou un établissement qui serait défaillant). Une banque centrale comme la BCE, la FED ou demain l'association Libra doit ainsi développer des outils et une législation pour lui permettre d'apprécier la solvabilité des banques relevant de sa juridiction, pour garantir les prêts de monnaie centrale qu'elles peuvent lui consentir, ceux des autres banques pour éviter qu'une catastrophe en chaîne (ou catastrophe systémique) ne s'enclenche en cas de faillite frauduleuse d'une banque, ou pour garantir tout simplement les dépôts des épargnants ou des internautes qui auraient fait confiance à cette banque. 

 

Les réseaux sociaux peuvent-ils s'épargner l'ensemble des réflexions qui sont celles des banques centrales depuis le début du dix-neuvième siècle, c'est-à-dire plus de deux siècles d'histoire monétaire et financière, plus de deux siècles de faillites et de crises financières systémiques, plus de deux siècles de réflexions sur les législations financières et les contraintes de reporting, de législation nationale et de surveillance prudentielle peu à peu imposées aux banques et aux établissements financiers ? 

 

Au fond, est-il possible de supprimer toute cette législation, toute ces contraintes imposées aux banques, et de les remplacer simplement par des «likes» et par des «j'aime» pour gérer les relations entre des banques et des millions d'utilisateurs ? C'est un peu la question. On le verra à l'apparition de la première crise financière, de la première grosse faillite commerciale dans l'écosystème du Libra ! On saura alors si les réseaux sociaux sont transparents et peuvent permettre de gérer ce genre d'activités à très gros risques, ou bien si le Libra était seulement un coup commercial ou une erreur stratégique monumentale !

 

 

Saucratès


10/07/2019
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Libra - La question n'est pas de savoir s'il va s'effondrer mais quand il s'effondrera (suite)

Saint-Denis de La Réunion, mercredi 26 juin 2019

 

Je vais donc désormais pouvoir en revenir à l'objet même de ma réflexion, à savoir expliciter les probables raisons du futur effondrement (à venir) du Libra de Facebook. Le Libra n'est pas encore créé ; il devrait être créé en cours d'année 2020. Pour une présentation de cette cryptomonnaie, voir mon précédent article.

 

https://www.zinfos974.com/Libra-La-question-n-est-pas-de-savoir-s-il-va-s-effondrer-mais-quand-il-s-effondrera_a141798.html

https://saucrates.blog4ever.com/libra-la-question-n-est-pas-de-savoir-s-il-va-s-effondrer-mais-quand-il-s-effondrera

 

Je m'étais arrêté aux raisons expliquant les alertes et la vigilance des autorités monétaires et politiques à l'égard d'un projet encore hypothétique, tournant autour des impératifs en matière de LAB-FT et de KYC et de la taille potentielle de la communauté des utilisateurs de cette monnaie lorsqu'elle serait créée. Au delà des principes et des explications, je pense que ce projet est particulierement bancal parce qu'il veut faire croire qu'on se trouve face à un projet totalement novateur alors qu'il ne s'agit au fond que de la création d'un simple moyen de paiement présenté comme une cryptomonnaie. Il ne s'agit que d'une opération marketing, mais susceptible de faire courir des risques inconsidérés et considérables au système financier ou à Facebook. La dizaine d'entreprise partenaires chargées de l'animation de cette monnaie seront ainsi regroupées au sein d'une «association Libra» faisant office de banque centrale. Mais qu'est-ce qu'une Banque centrale ? C'est d'abord le prêteur en dernier ressort d'une économie monétaire, un organisme capable d'émettre autant d'une monnaie que nécessaire pour défendre sa valeur interne ou externe, ou d'en vendre ou d'en racheter autant que nécessaire en échange de devises.

 

Mais il arrive parfois que même de très puissantes banques centrales d'un État échouent à combattre des spéculatEure, et ces banques centrales doivent alors se résoudre à laisser la spéculation contre une monnaie l'emporter, entraînant en forte baisse la valeur externe d'une monnaie. Ce fut notamment le cas lors des attaques spéculatives contre les monnaies constituant le serpent monétaire européen (SME) dans les années 1990-1993. La Banque de France (et les principales banques centrales européennes) avait alors été obligée d'accepter une dévaluation du franc et sa sortie des bandes étroites du SME. L'élargissement des bandes de fluctuations tolérées pour les monnaies européennes avait alors même conduit les médias à se moquer de cette décision européenne en observant que même le dollar dorénavant respectait les règles du SME.

 

Je doute que l'association Libra soit capable et armée pour faire face à de telles attaques spéculatives. Les banques centrales mondiales des monnaies existantes ont appris de siècles d'histoires financières et monétaires, tout au long des dix-neuvieme, vingtième et vingt-et-unième siècles et je n'imagine pas que Facebook ou ces entreprises composant l'association Libra puissent du jour au lendemain apprendre tout ceci ! Comment fera cette association à sa première attaque spéculative, face à sa première panique financière et avec quels moyens financiers et quelles reserves de change ? Quelle arme des taux d'intérêt par ailleurs pour décourager la spéculation ?

 

L'existence de ces réserves de change est mon deuxième argument. Evidemment, l'association Libra aura certainement quelques réserves de change, réserves qu'elle sera susceptible d'utiliser lorsqu'il s'agira d'acheter des Libras contre des devises pour défendre sa valeur externe, son cours de change. Mais ces réserves pourront-elles suffire ? Facebook se retrouvera ainsi devant un très vieux schéma, reposant sur une opposition entre deux écoles monétaires opposées : «banking school» contre «currency school». Il s'agit de deux théories monétaires du régime de change convertible en étalon monétaire or, qui ont été théorisées au début du dix-neuvième siècle mais qui reste selon moi toujours d'actualité. Pour la «Currency school», la masse des billets en circulation doit être égale ou corrélée aux réserves en or de la Banque centrale. À l'inverse, selon la «Banking school», «la quantité de monnaie en circulation doit avant tout dépendre des besoins des agents économique. La masse monétaire doit alors être adaptée aux besoins des affaires, l'importance de l'or et de l'argent était ici minimisée.» (source Wikipédia)

 

En quoi me direz-vous cette vieille controverse peut-elle impacter mon argumentation et concerner le Libra ? Cela fait 48 ans (depuis 1971), que le régime de l'étalon or a disparu et que les majorités des monnaies sont devenues convertibles ! Cela concerne pourtant le Libra. Soit l'association Libra, la Banque centrale, appliquera la «currency school» et detiendra dans ses coffres, dans ses comptes, l'exacte contrepartie en les diverses devises des Libra mis en circulation et existant dans l'univers de Facebook, et il n'y aura aucun risque de panique financière tant que la banque centrale du Libra appliquera le «currency principle». Mais cela pourra représenter des sommes financières phénoménales à immobiliser pour la sécurité financière du système ... 2 milliards d'utilisateurs fois plusieurs dizaines de milliers d'euros ... cela représenterait au total vingt mille milliards d'euros ou de dollars, soit vingt fois la capitalisation boursière actuelle de Facebook ou encore le quart du PIB mondial. Deuxième solution, la Banque centrale du Libra appliquera les préceptes du «banking school», comme toutes les banques centrales existantes. Ce qui semble le plus évident vu les sommes nécessaires à immobiliser pour le principe adverse.

 

Vous me direz alors qu'il n'y a pas plus de raisons de voire le Libra s'effondrer que de voir l'euro, le dollar ou le renminbi (yuan chinois) s'effondrer ! Et j'en arrive donc à ma derniere série d'argumentations.

 

Les cours de l'euro, du dollar ou du renminbi peuvent augmenter ou baisser indifféremment pour la majeure partie de leurs utilisateurs parce qu'ils ne perdent pas de pouvoir d'achat interne. Seules les entreprises importatrices ou exportatrices peuvent être concernées, mais elles sont capables de se couvrir du risque de variation des changes. L'euro, le dollar ou le renminbi servent aussi surtout à payer les impôts et les taxes émis par les États souverains. Et les monnaies nationales sont également les seules monnaies utilisables pour régler des biens et des services dans un espace géographique donné, que ce soit la France, l'Allemagne, les Etats-Unis ou la Chine. Le monopole de circulation monétaire dans une zone géographique donnée offre un pouvoir, une puissance importante à une monnaie. Lorsqu'une monnaie nationale perd son monopole et voit d'autres devises circuler et être privilegiées dans les échanges (le dollar en Amérique centrale ou en Amérique du Sud ou l'euro dans quelques pays africains comme à Madagascar), cela témoigne d'une dégradation de la situation monétaire et prélude à des hyperinflations ou des crises monétaires.

 

Le Libra sera dans une situation inverse. Aucune zone géographique où il sera la seule monnaie acceptée, pour les échanges de biens ou le paiement d'impôts édictés par Facebook ou autres (même si certains peuvent peut-être imaginé que cette zone géographique où cette monnaie pourrait être prépondérante pourrait être internet ...). Et face à des variations de cours, les possesseurs de cette monnaie s'enrichiront ou s'apauvriront.

 

Et c'est dans ce cadre que je pense forcément que l'aventure du Libra prendra fin par son effondrement. Car il est fort probable qu'à un moment où un autre, une attaque spéculative, une défiance même passagère à l'encontre de la valeur du Libra interviendra. De mauvais résultats financiers de Facebook, des interrogations sur la capacité de la Banque centrale du Libra de faire face aux demandes de conversion ... plus cette méfiance interviendra tardivement, plus les montants de Libra en circulation et le nombre de porteurs de cette cryptomonnaie progressera, et plus le risque qu'une petite fraction de ces porteurs perdent confiance dans le Libra aura des répercussions importantes, sauf si (comme je l'ai déjà mentionné) c'est le «currency principle» qui est mis en œuvre et si la Banque centrale du Libra dispose de réserves en devises égales à la masse des Libra en circulation ... En effet, les porteurs qui comme moi disposeront de quelques euros sous formes de Libra pour effectuer quelques achats peuvent parfaitement se moquer de perdre leurs quelques euros. Mais quant à ceux qui auront placé toutes leurs économies ou dont c'est la seule monnaie ?

 

Hors «currency principle» ... mais on a vu que ce dernier était insoluble ... une simple fraction des porteurs ou des possesseurs de Libra fuyant cette monnaie et cherchant par tous les moyens à convertir leurs Libra en devises suffira à créer une panique monétaire qui s'amplifiera jusqu'à l'effondrement ... dès lors que la Banque centrale du Libra ne pourra plus convertir les demandes de remboursement, on observera une panique financière digne des plus belles crises que le monde est connue, et ce seront essentiellement le cœur de cible de Facebook ... les pauvres d'Afrique qui ne disposent pas de réseaux bancaires ... qui seront les grands perdants de cette panique financière. Et je n'imagine pas l'association du Libra ou Facebook pouvoir se relever d'une telle crise financière. 

 

La question n'est pas tant de savoir si une telle crise se produira dans le futur. C'est pratiquement absolument certain. La question est plutôt de savoir quand cette crise se produira. Et jusqu'à quel impact une telle crise pourra avoir dans un monde aussi financiarisé et aussi mondialisé qu'il est aujourd'hui ! En 1929, dans un monde tellement plus archaïque et moins financiarisé, la crise financière de 1929 a failli détruire le monde. En 2007, la pire crise financière après celle de 1929 que le monde ait connu, ce ne sont que les réponses relativement justes apportés par les principales banques centrales mondiales qui ont permis d'en limiter les dégâts. Grâce également à un gouverneur de la FED, spécialiste de la crise de 1929, qui était resté obnubilé par les fautes survenues lors de cette crise. Il ne me semble pas certain qu'une panique monétaire touchant le Libra n'impacterait pas l'ensemble de l'économie mondiale, dans une mesure encore inégalée et inobservée !

 

 

Saucratès


26/06/2019
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Libra - La question n'est pas de savoir s'il va s'effondrer mais quand il s'effondrera

Saint-Denis de La Réunion, vendredi 21 juin 2019

 

Avant de vouloir pronostiquer l'effondrement du Libra, il nous faut d'abord revenir à la question primordiale : qu'est-ce que le Libra ! La nouvelle monnaie de Facebook n'est pas encore créée qu'elle agité désormais la toile entiere et le Landerneau économique et monétaire. Le Libra, qui devrait etre lancé en 2020, est sensé être une cryptomonnaie émise par Facebook et contrôlée par un ensemble d'une vingtaine de grandes entreprises mondiales. J'ai sélectionné deux articles (dont un article Wikipédia) présentant et traitant de ce projet.

 

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/06/18/ce-qu-il-faut-savoir-sur-le-libra-la-cryptomonnaie-de-facebook_5477887_4408996.html

 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Libra_(cryptomonnaie)

 

J'écoutais en fin d'après-midi une émission de France Culture traitant du Libra. Le Libra serait donc d'abord et avant tout une cryptomonnaie. Qu'est-ce qu'une cryptomonnaie ? Le Bitcoin est l'une des principales cryptomonnaies existantes, c'est-à-dire une monnaie dont les livres de comptes ne sont pas détenus par un seul établissement bancaire (comme pour nos comptes bancaires normaux) mais par l'ensemble des participants du réseau informatique. On parle dans ce cas de monnaie décentralisée par opposition aux monnaies normales qui sont des monnaies centralisées. Les principes du Libra ne sont pas très bien connus à ce jour, ni la manière dont il pourra fonctionner, mais il ne semble pas que le Libra sera véritablement une cryptomonnaie. Si un groupe très restreint d'intermédiaires du réseau réalisent et archivent les transactions sur le Libra, le Libra ne sera pas alors très différent d'une simple monnaie scripturale bancaire, c'est-à-dire reposant sur des écritures informatiques sur des livres de comptes. Mais évidemment, il est beaucoup plus moderne et vendeur de parler d'une cryptomonnaie et de blockchain que d'une simple monnaie bancaire ou d'un simple moyen de paiement !

 

Je n'ai pas non plus défini le terme de blockchain, technologie inséparable du principe de cryptomonnaie. La blockchain (ou block de chaîne) est simplement un système informatique permettant de tenir une «sorte de registre public, infalsifiable, sur lequel sont inscrites toutes les transactions». Mais il n'y a pas grand chose à voir entre le futur Libra et la plus célèbre des cryptomonnaies, le Bitcoin, rendue célèbre par le niveau de son cours (plusieurs dizaines de milliers d'euros à son plus haut niveau) mais aussi son utilisation préférentielle par de nombreux terroristes ou hackeurs informatiques pour ranconner des particuliers ou des entreprises. Le Bitcoin fait intervenir des mineurs qui fabriquent les Bitcoins et d'autres utilisateurs qui conservent des traces des blockchains et des échanges. Et toute nouvelle transaction vient s'ajouter à la chaîne des transactions déjà enregistrées. 

 

Si on lit ou on écoute la presse et les médias, les États et les Banques centrales seraient particulièrement alarmés par le développement du Libra ! Ne faisant partie d'aucunes de ces personnes, je ne peux guère répondre à cette question. 

 

https://francais.rt.com/economie/63149-libra-cryptomonnaie-facebook-qui-inquiete-etats

 

Mais il y a plusieurs raisons qui pourraient expliquer que des banques centrales et des régulateurs nationaux ou internationaux s'intéressent au projet de Facebook. L'émission de France Culture mentionnait d'abord les contraintes LAB-FT (lutte anti-blanchiment et financement du terrorisme). Les autorités de régulation internationales imposent à toutes les banques de contrôler les identités de leurs clients et de vérifier toutes les opérations de paiement ou de financement que leur clientèle ou leurs correspondants bancaires leur demandent d'exécuter. Facebook et le Libra devra donc permettre de réaliser toutes ses diligences. L'émission de France Culture que j'écoutais rappelait également les diligences KYC (Know your customer) qui doivent être realisées par les établissements bancaires - et qui se déclinent aussi en «connaitre vos intermédiaires» (KYI) et «connaître vos fournisseurs» (KYS). Pour mémoire, les autorités de contrôles nationales (ACPR pour la France) peuvent suspendre l'agrément d'un établissement financier qui ne respecterait pas ces diligences ou démettre son dirigeant. Le besoin de respect des diligences LAB-FT n'est donc pas anodin.

 

C'est une première raison. La deuxième raison citée par l'émission de France Culture avait trait aux obligations réglementaires liées à Bâle III auxquelles devraient répondre les multinationales servant de banques centrales au Libra. Ces réglementations ne s'appliquent qu'aux établissements bancaires ou financière et sont là pour protéger le système financier international des conséquences d'une possible catastrophe financiere ou de faillites en chaîne. 

 

Il y en a forcément une dernière. Facebook est une entreprise gigantesque qui veut émettre une monnaie, qui risque d'avoir une importance démesurée avec potentiellement plusieurs milliards d'utilisateurs de sa monnaie. Une faillite ou une panique financière sur le Libra aurait potentiellement un impact extrêmement important et il est du devoir des autorités monétaires ou des États de tenter de protéger au maximum ces futurs utilisateurs. Ainsi que les autres intermédiaires du système financier mondial ...

 

J'ai, il me semble, jusqu'à maintenant, grossièrement dépeint et expliqué ce que représentera le Libra. Avant d'en arriver à ma conclusion et à mon titre introductif selon lesquels la question à se poser n'était pas de savoir si le Libra allait un jour s'effondrer, ce qui me semble certain, mais plutôt de savoir quand le Libra va s'effondrer, il faut rappeler quelques débats anciens en matière monétaire et se poser quelques questions sur le futur fonctionnement de ce Libra. Ce que j'aborderais dans un prochain post.

 

 

Saucratès


21/06/2019
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Retour sur l'économie - La fièvre ultralibérale des privatisations

Saint-Denis de La Réunion, mercredi 19 juin 2019

 

Quelques mots de retour sur la science économique. Au-delà de l'actualité politique francaise du moment, j'observe actuellement un grand retour de l'ivresse ultralibérale, ce sentiment de la toute-puissance de l'argent et du capital comme lors du retour de la droite dans les années 1986-1988. Le retour du centre-droit au pouvoir en France, même s'il a pu sembler imperceptible en comparaison des années d'ultralibéralisme triomphant sous les socialistes en 2012-2017 (mais ce sont en fait les mêmes hommes plus ou moins qu'on trouvait au pouvoir entre 2012 et 2017 et depuis 2017), nous ramène maintenant à l'époque ultralibérale anglo-saxonne, aux années TINA de Margareth Tatcher («There is no alternative»). Je veux évidemment parler du grand retour de la fièvre des privatisations. 

 

Je veux parler évidemment des privatisations des Aéroports de Paris (ADP) et de la Francaise des Jeux (FDJ), mais pas seulement. Qu'est-ce qui est à l'œuvre derrière ces deux volontés de privatisations ? Répondre à l'appétit d'investisseurs étrangers ou nationaux friands d'ex fleurons monopolistiques, à des prix bradés et au potentiel de développement invraisemblable ? Répondre à une volonté munichoise ou bruxelloise de détruire des monopoles nationaux sous le prétexte que la mise en concurrence et la constitution de firmes privées est forcément toujours mieux pour le consommateur. Même si des centaines de contre-exemples comme dans le domaine de l'électricité ou le rail, devrait suffire à démontrer aux hauts fonctionnaires européens que le consommateur n'est jamais le gagnant dans les remises en cause des monopoles publics. Mais Bruxelles en a-t-elle quelque chose à faire ? Les hauts fonctionnaires européens détruisent-ils les monopoles étatiques par pure idéologie aveugle ou par pur intérêt financier, parce qu'ils trouvent ensuite à être employés par ces mêmes groupes ou ces mêmes entreprises qu'ils auront régulièrement avantagé ? Ou bien pour une quelconque autre réponse, comme de répondre à un mandat donné à ce Président et à ce gouvernement que quelques intérêts privés ont porté au pouvoir pour y effectuer certaines tâches ? 

 

Mais quand je parle de fièvre de privatisations, je pense à une volonté maladive de se partager la dépouille des services publics français. Il n'y a pas longtemps, j'entendais qu'une fraction non négligeable  de députés interrogeaient la pertinence de la privatisation du domaine autoroutiers français, cédé puis concessionnellement reconduit pour des bouchées de pain à des groupes comme Eiffage, Bouygues ou Vinci, et qui assurent la rentabilité de ces groupes. Autrefois, on faisait construire et porter par des intérêts privés des investissements collectifs hasardeux (mais éventuellement rentables) qui furent nationalisés par la suite (je pense ici aux chemins de fer dans les années 1850-1900 entre autres exemples). Aujourd'hui, depuis quelques décennies, c'est le choix inverse qui est mis en oeuvre : on fait porter un secteur public le financement d'investissements publics en permettant aux intérêts privés de s'enrichir invraisemblablement au cas ces investissements deviendraient particulièrement rentables (cas des partenariats publics privés) ou d'en profiter ulterieurement. Deuxième choix ouvert par les privatisations : on fait financer par l'Etat des investissements publics qu'on revend ensuite pour une bouchée de pain à des interets privés pour qu'ils profitent des fruits et de leur rentabilité. C'est ce que l'on appelle la socialisation des pertes et la privatisation des profits. 

 

Ainsi, j'entendais hier soir sur France Culture que les sociétés autoroutières lorgnaient désormais aussi sur les routes nationales. Après avoir mis sous coupe réglée les autoroutes françaises, dont ils assument malgré tout une partie de l'entretien et peut-être de quelques nouvelles constructions, les groupes Eiffage, Vinci et Bouygues seraient désormais candidats à accroître leurs prédations, leurs prises de contrôle sur les routes nationales qui permettent de contourner ou de poursuivre les réseaux autoroutiers ! Bientôt, la France leur appartiendra et il nous faudra payer pour pouvoir sortir de nos maisons ou de nos appartements pour nous rendre à notre travail. Une mise en couple réglée de la France, sachant que nos routes nationales, comme nos autoroutes, ont été construites avec l'argent de nos impôts, des taxes que nous payons. 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouvelles-de-leco/les-nouvelles-de-leco-du-mardi-18-juin-2019

 

https://www.marianne.net/economie/chassee-par-la-porte-la-privatisation-des-routes-nationales-revient-par-la-fenetre-lrem

 

L'ultralibéralisme est en train de s'étendre en France, désormais sans aucune limite ni aucune prudence, comme si tels des vautours, tels des charognards, ils savaient que ce gouvernement lance la mise aux enchères de l'ensemble du patrimoine public, des services publics et des instruments du pouvoir régalien. À quand la vente de l'armée francaise aux intérêts privés ou de la police et de la gendarmerie, sous le prétexte fallacieux que cela coûte trop cher à entretenir ? Une armée, une police et une gendarmerie qui n'auraient plus alors à défendre que les intérêts du grand Kapital. Ou bien le fermage des impôts comme la TVA ou de l'impôt sur le revenu, comme sous l'Ancien Régime féodal ! 

 

Il se passe quelque chose de plus de malsain au sommet de l'Etat français. C'est comme si les interrogations exprimées par certains politiques sur l'intérêt de la privatisation des sociétés autoroutières conduisaient celles-ci à actionner leurs contacts, leurs taupes au sein de l'Etat pour s'octroyer une part encore plus grande d'un gigantesque pactole, supposément pour aider bénévolement l'Etat dans l'entretien de ce réseau routier. Et le pire, c'est que c'est ce discours qui risque de nous être servis par ce gouvernement aux ordres des intérêts privés, par Macron ou Philippe ! Jusqu'à ce que l'ensemble des routes françaises deviennent payantes, voire même l'utilisation des trottoirs !

 

(soyons honnête, le projet des sociétés autoroutières ne date pas d'aujourd'hui mais de 2014, à l'époque où les ultralibéraux socialistes tels Hollande, Valls et déjà Macron étaient encore au pouvoir)

 

Il faut faire barrage à ce vent, à cette tempête de privatisations, en bloquant déjà en premier lieu la privatisation d'ADP, en attendant de pouvoir bloquer les autres. Pour cela, il faut que 4,7 millions d'électeurs signent la pétition pour demander un référendum d'initiative populaire. 

 

https://www.20minutes.fr/politique/2542967-20190618-privatisation-adp-site-referendum-recolte-plus-125000-signatures-premier-jour

 

 

Saucratès


19/06/2019
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Retour à la théorie monétaire

Saint-Denis de La Réunion, jeudi 13 juin 2019

 

Je vais en revenir à la base de ma réflexion sur l'économie, à savoir la politique monétaire. Les dernières décennies des théories monétaires ont été relativement sans intérêt, avec la victoire absolue de la théorie monétariste sur les théories divergentes, essentiellement néo-keynésiennes. La plus grande partie des banques centrales des grands pays occidentaux et la plus grande partie des grands états occidentaux mettent en œuvre depuis le milieu des années 1980 les présupposés monétaristes. Des banques centrales indépendantes des pouvoirs politiques, une uniformisation des marchés financiers pour qu'ils répondent tous, du plus court terme jusqu'au plus long terme, à un même taux indexé in fine sur le taux directeur de la banque centrale, des indicateurs de politique monétaire basés les évolutions attendues de l'inflation anticipée, reposant sur l'idée que si les agents économiques nationaux sont certains que la banque centrale ne déviera pas de ses objectifs, ils anticiperont convenablement eux-mêmes l'évolution anticipée des prix. Ce dogme monétariste, sur la base des travaux de Milton Friedmann, s'est répandu à l'ensemble de la planète finance, matinée de la theorie des anticipations rationnelles et autres théories néolibérales ou néoclassiques. 

 

Mais cela, c'était avant la crise financière des années 2007-2009. La théorie monétariste classique, telle qu'elle était mise en œuvre par le Système de Réserve Fédérale americaine (dénommée FOMC) ou par le système de Banque centrale Européenne (BCE), préconisait des baisses des taux directeurs à mesure que la croissance économique ralentissait et que les tentations inflationnistes diminuaient, et inversement des hausses des taux directeurs à mesure que la croissance économique accélérait et que les risques inflationnistes s'amplifiaient. La théorie des anticipations rationnelles rajoutait un principe à ce schéma. Les banques centrales ne doivent pas surprendre les marchés ; les banques centrales ont ainsi eu tendance à informer les marchés à l'avance de leurs décisions, de telle façon que les marchés financiers anticipent convenablement les décisions de politique monétaire à venir. On a ainsi vu les banques centrales développer un langage codé compris par les marchés financiers. On a également vu les banques centrales prévenir à l'avance de leurs futurs programmes de relèvements ou de rabaissements de leurs taux directeurs. Cette parfaite anticipation par les marchés financiers renforçait ainsi les effets des politiques monétaires, rendant pratiquement inutile les interventions elles-mêmes des banques centrales. Par contre, si pour une raison ou une autre, les banques centrales n'appliquaient pas ce qu'elles avaient prévu de faire, on pouvait se trouver face à des chocs ou à des paniques financières. La non intervention imprévue d'une Banque centrale avait ainsi le même effet que ce qui était craint jusqu'à présent : une intervention imprévue de la Banque centrale. À noter neanmoins que les marchés financiers sont aussi émetteurs de communications vers les banques centrales, et qu'il peut arriver que les marchés financiers arrivent à faire remonter aux banques centrales l'information qu'une modification des taux directeurs même prévue et sur laquelle une Banque centrale a préalablement communiqué ne serait pas nécessaire voire serait contre-productive.

 

Les banques centrales étaient ainsi devenues dans les années 2000 des émetteurs de communications sur les marchés financiers mais également des récepteurs. La véritable réussite de la théorie monétariste était ainsi cette existence de marchés financiers source d'informations, et particulierement liquides, non segmentés. Un marché presque parfait, répondant pratiquement aux préceptes de la concurrence pure et parfaite. Transparence, atomisation des acteurs.

 

Presque parfait ... Mais loin d'être parfait ... La crise financière de 2007-2009 à d'abord fait voler en éclat cet idéal d'un marché où l'information circulait de manière idéale, de manière transparente. L'existence des crédits subprimes américains et leur diffusion à l'ensemble des compartiments du marché mondial, les faillites retentissantes de quelques établissements de tailles systémiques, parce que quelques autres établissements financiers cherchaient à s'enrichir, le gel de toutes les transactions sur certains compartiments du marché financier, parce que les établissements financiers n'avaient plus confiance les uns dans les autres, les uns soupçonnant les autres de pouvoir faire faillite ; tout ceci démontra la faillite de ce marché financier presque parfait. Et cela démontra aussi la faillite de l'idéal ultraliberal d'un marché capable de s'autoreguler librement.

 

2007-2009 marque en fait la ruine du principe de la théorie monétariste, parce que la véritable réussite du monétarisme, c'était ce marché financier mondial qui était supposé capable d'autorégulation, et dans lequel les banques centrales des grands états occidentaux n'étaient sensés être que des guides et des gendarmes.

 

À partir de 2009, les grandes banques centrales des États occidentaux ont mis en œuvre de nouveaux outils de politique monétaire, dès lors que pour relancer l'activité économique et relancer les échanges sur les marchés monétaires entre banques, des taux directeurs proche de zéro n'avaient malgré tout aucun effet, et qu'une crise de l'endettement public menaçait d'éclater en Europe mais egalement aux États-Unis. Les banques centrales ont ainsi inventé les outils de politiques monétaires non conventionnels, essentiellement des achats massifs de titres d'état directement sur les marchés financiers et des prêts massifs au système financier (que l'on dénommera QE pour «Quantitative Easing».

 

Il reste néanmoins un outil non conventionnel que les banques centrales n'ont pas mis en œuvre : la monnaie hélicoptère, c'est-à-dire l'émission directement dans la rue, auprès du public, de billets de banque centrale. Après tout, la BCE ou la FED, pour ne citer que ces deux institutions, ont déversé des sommes mirobolantes à taux zéro auprès des plus grandes banques. Sommes que ces banques pouvaient ensuite prêter à vous ou moi, aux Etats ou aux entreprises, mais pas à taux zéro ! Ce que ces banques centrales ont fait vis-à-vis des grandes institutions financières, pourquoi n'auraient-elles pas pu le faire directement auprès des ménages, auprès des consommateurs ou des emprunteurs ?

 

Arrivé à ce point-là de mon raisonnement, on peut tenter de faire un point. Premièrement, la crise financière de 2007-2009 a démontré l'erreur du modèle et des principes monétaristes, même si les banques centrales americaines et européennes continuent de défendre ce modèle et ces principes, tout ayant développé des mécanismes non conventionnels de politique monétaire en total décalage avec les principes du monétarisme. Deuxièmement, cette même crise financière de 2007-2009 a aussi démontré l'importance des interventions des Etats pour réguler le fonctionnement des marchés financiers et pour empecher la survenue d'une crise financière systémique qui aurait pu être aussi violente que la crise financière de 1929 et les années de depression économique qui suivirent. Cette importance de l'intervention des États est egalement en contradiction avec la théorie monétariste et les théories neo-classiques.

 

A ce point-là, tout le monde imagine qu'on peut faire comme s'il ne s'était rien passé. On laisse repartir la machine à fric et on attend la prochaine crise financière. Et en attendant, on oblige les États à se désinvestir de l'économie, jusqu'à ce que les plus riches aient encore besoin de lui pour sauver leurs fortunes. On peut même essayer de démontrer que la crise n'est venue qu'en raison d'une insuffisante libéralisation des marchés financiers et de production.

 

Mais troisièmement, il existe une incohérence. Les masses astronomiques de liquidités émises par les banques centrales dans le cadre des outils non conventionnels de politique monétaire ne cadrent pas avec la théorie monétariste. Une telle masse de liquidités devrait être inflationniste voire hyperinflationniste.  L'absence de tendance inflationniste remet en cause la théorie monétariste. Pas de phénomène d'hyperinflation observé. Et on commence ainsi à parler d'une nouvelle théorie monétaire : La théorie monétaire moderne (TMM).

 

La TMM dont on commence à parler assez largement aux Etats-Unis reposent sur quelques principes : 

 

1. «La monnaie est une fonction sociale, et non pas une contingence à la rareté intrinsèque, contrairement ce qui raconte les théories monétarisme.»

 

2. «À ce titre, son usage doit concourir avant tout au bien public, et non pas être surdéterminé entièrement par les règles du secteur privé, et ce, d’autant plus lorsque ce dernier a si évidemment failli au rôle que la théorie dominante lui attribue.»

 

3. Tout État qui imprime sa propre monnaie ne peut, par définition, jamais faire faillite. Les États peuvent en créer autant que nécessaire pour générer de la croissance, au diable la dette et les déficits.

 

4. Si une telle baisse de la valeur de la monnaie devait d’aventure créer de l’inflation, il suffit d’augmenter les impôts et d’émettre de nouvelles obligations afin de retirer la monnaie excédentaire du circuit économique. Les impôts ne sont plus un véhicule de financement de l’État. Ils servent à gérer la masse monétaire afin d’obtenir la croissance et l’inflation voulue.

 

J'ai surtout trouvé des articles attaquant cette théorie. Mais l'idee elle-même qu'il puisse exister une autre théorie monétaire me remplit d'aise, parce qu'elle met en pièce cette fin de l'économie (de La même manière que l´on parle de la fin de l'histoire et de la victoire finale et définitive du libéralisme sur le socialisme et le communisme) que l'on nous a prédit et annoncé, démontré, certifiant que seul le monétarisme et le libéralisme ont un avenir en économie. 

 

https://insolentiae.com/la-theorie-monetaire-moderne-tmm-un-probleme-qui-va-venir-des-etats-unis-ledito-de-charles-sannat/

 

https://or-argent.eu/les-3-stades-de-la-theorie-monetaire-moderne/

 

https://www.courrierinternational.com/article/theorie-economique-cette-doctrine-peu-orthodoxe-que-wall-street-plebiscite

 

https://la-chronique-agora.com/sujet/theorie-monetaire-moderne/

 

On vit peut-être ainsi les dernières lueurs du monétarisme et de la théorie des anticipations rationnelles, voire des théories néo-classiques. J'essaierais dans un prochain post de fouiller plus avant les préceptes de cette «Théorie monétaire moderne».

 

 

Saucratès


13/06/2019
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