Critiques de notre temps

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Anthropologie


L'origine de l'Etat

1) Introduction

 

L'origine de l'Etat - L'Etat peut sembler une réalité inébranlable/indépassable/ininterrogeable à des occidentaux comme nous, une réalité qu'il n'est pas concevable de vouloir remettre en cause ou de simplement interroger. Comment pourrait-on imaginer se passer de l'Etat, vivre sans un État au dessus de nos têtes, au dessus de nos existences ? Comment pourrait-on croire que l'Etat n'est pas indispensable, imaginer nos vies et nos existences sans la protection d´un État ?

 

Peut-on vivre sans État ou bien a-t-on autrefois pu vivre sans État ? A-t-il existé des sociétés humaines sans État ? Voilà une série de questions qui me paraissent particulièrement pertinentes et intéressantes. Il existe une réponse  cette question. On sait que l'Etat n'a pas dû toujours exister, à un moment au moins de l'histoire de l'humanité. On le sait parce que les anthropologues ont découvert par le passé certaines sociétés humaines fonctionnant plus ou moins sans État, des sociétés pratiquement égalitaires. Ces sociétés existaient et pour certaines existent encore plus ou moins bien conservées, protégées de l'influence occidentale, dans les endroits les plus isolés et les moins favorables de la planète, dans les déserts sud-africains (les Bushmen dans le Kalahari), dans la forêt vierge ameridienne (les Guayakis d'Amazonie), africaine (les Pygmées) ou indonésienne ou encore en Australie (les Aborigènes australiens).

 

De nombreux livres d'anthropologie ont décrit ces peuples, certains de leurs usages et leur croyance. Pierre Clastres disait que ces sociétés, que l'on peut décrire comme primitives, n'étaient pas des sociétés sans État, mais plutôt des sociétés contre l'Etat. Selon lui, et je partage son analyse, d'après ses écrits datant des années 1970, ces sociétés disposent de règles de fonctionnement visant à empêcher l'émergence du pouvoir d'un État au bénéfice de certaines personnes du groupe. Les institutions de ces sociétés fonctionnent pour empêcher que quelqu'un ou un groupe s'imaginent pouvoir être au-dessus des autres. Ces institutions permettent à l'ensemble du groupe de leur dire : «tu es comme nous, tu as souffert comme nous dans ta chair lors de l'initiation, tu n'es pas plus que nous !».

 

Au delà de ce qu'a pu écrire Pierre Clastres, il me paraît évident que dans un passé très ancien, remontant vraisemblablement entre -100.000 et -10.000 ans, toutes les sociétés humaines fonctionnaient plus ou moins de cette manière, de manière pseudo-égalitaire, sans État à proprement parler. Ce n'est que plus récemment que des États ont pu apparaître, de plus en plus structurés, de plus en plus inégalitaires ! Sans cela, je n'imagine pas comment ces peuples primitifs auraient pu inventer leurs institutions si celles-ci ne relevaient pas de leurs traditions. 

 

Il n'y a rien de jugeant, de clivant ou d'offensant dans cette idée. Non pas qu'un peuple primitif ne puisse inventer une forme de société particulière. Mais je me pose la même question pour la cité démocratique grecque ; a-t-elle pu apparaître ex-nihilo, être inventé à un moment donné par les athéniens à partir de rien, sans que cette démocratie ne soit inscrit dans leur culture et dans leur histoire ? Il ne faut pas non plus oublier que les tribus germaines et franques fonctionnaient également de manière égalitaires, beaucoup plus tardivement, lorsqu'ils rencontrèrent  l'empire romain. Etienne de La Boetie écrivait d'ailleurs que lorsque l'Etat et le pouvoir de l'un sur la multitude est inventé, il n'y a pas de retour en arrière possible.

 

Des institutions contre l'Etat ne peuvent avoir été inventées en remplacement de l'Etat. Elles sont forcément primordiales, et elles sont suffisamment largement répandues dans les dernières zones inaccessibles de la planète, et si extrêmement éloignées les unes des autres, qu'elles constituent forcément les restes des institutions primordiales de l'humanité. Il est même presque miraculeux que l'on ait pu trouver à notre époque  des restes de sociétés humaines ayant sauvegardé/conservé cette forme primordiale d'institutions.

 

Evidemment, rien ne nous permet d'indiquer que ces formes d'institutions sociales et humaines sont celles des premières sociétés humaines. Les sociétés primitives que les anthropologues ont rencontrées et décrites, ont évidemment pu évoluer et muter par rapport à la forme des premières sociétés humaines primordiales ! Il n'existe probablement pas de formes sociales primordiales pures, de même qu'il n'existe pas une langue primordiales pure. Toutes ont forcément évolué et muté au fil des siècles, des millénaires et des dizaines de millénaires. 

 

Quelle origine commune peuvent avoir ces différentes civilisations/sociétés humaines ? Les aborigènes australiens ont vécu isolés du reste du monde pendant 40.000 ans si mes souvenirs sont exacts. De la même manière, de combien de dizaines de millénaires peuvent être séparés les tribus primitives amérindiennes des tribus primitives des jungles de Malaisie ou d'Afrique noire ? Sachant que les Amériques ont été occupées par des tribus passées par le détroit de Béring il y a au moins 20.000 ans ... Tout ceci fait remonter à il y a bien longtemps l'existence d'un peuple primordial commun disposant de ces institutions organisées contre l'apparition de l'Etat. Et laisse imaginer la date minimale où les premiers prémices de l'Etat ont pu apparaître au sein d'une société humaine ... pour donner naissance, quelques milliers ou dizaines de milliers d'années plus tard, au Monde tel que nous le connaissons !

 

2) Parle-t-on de l'apparition de l'État, des inégalités ou du pouvoir de coercition ?

 

Quel est le mécanisme, la survenue que nous recherchons ? Est-ce que nous souhaitons retracer l'apparition de l'Etat, l'apparition des inégalités ou bien l'apparition du pouvoir de coercition et de la violence étatique ? Ou bien recherchons-nous quelque chose d'encore différent ?

 

L'existence même de l'Etat est une construction forcément tardive, dès lors que l'on pense à l'institution telle que nous la connaissons, telle que nous l'imaginons aujourd´hui. Mais même si on prend une acceptation très large d'un État, forcément, on recherche l'émergence tardive d'une organisation politique bien postérieure aux autres formes d'organimation des sociétés humaines. L'apparition de l'Etat est forcément très tardive, postérieure à l'apparition des premières inégalités et premieres formes de pouvoir coercitif. Sinon, il faudrait imaginer l'existence d'un État égalitaire loin dans le passé, une sorte de cité parfaite, ce qui n'est pas impossible mais qui ne semble guère probable. 

 

L'apparition des premières formes d'inégalités sera par contre plus ancienne, et je m'appuierais pour cela sur la lecture de Brian Hayden et notamment son livre intitulé «L'homme et l'inégalité» et sous-titré «L'invention de la hiérarchie durant la Préhistoire». Enfin, la recherche des premières formes d'apparition du pouvoir de coercition pourrait offrir un découpage temporel encore different, la violence coercitive du groupe étant selon moi inhérente à toutes les formes d'organisations sociales, même les plus égalitaristes.

 

Je commencerais donc par m'intéresser à l'apparition des premières formes d'inégalités à travers le livre de Brian Hayden qui permet de poser un certain nombre de bases à cette analyse. Brian Hayden est un archéologue canadien, professeur à l'université Simon Fraser, en Colombie Britannique (Canada). Pour Hayden, l'apparition des inégalités pouvait être déduite de la présence de biens de prestige dans les tombes préhistoriques découvertes par les archéologues, et que l'on en observait de plus en plus au Néolithique, notamment des perles, sur des bracelets, sur des tuniques trouvés dans des tombes, forcément de personnages importants. C'est une partie des thèses décrites par Hayden. 

https://www.scienceshumaines.com/la-revolution-neolithique_fr_27231.html

 

Mais Hayden décrivait aussi les différents modèles explicatifs d'apparition des inégalités sociales, selon un certain nombre d'auteurs, d'archéologues ou d´anthropologues. 1) Il décrit ainsi les modèles cognitifs, sociaux, culturels et relativistes. Ces modèles s'opposent aux théories qui privilégient les facteurs matériels ou écologiques. Ce serait les valeurs culturelles ou personnelles qui mèneraient aux inégalités (Chauvin, Harrison, Isabelle, Cook, Legros).

 

2) Il décrit ensuite les modèles dits «fonctionnalistes». Les fonctionnalistes défendraient l'idée que l'apparition de la fonction des élites apporte quelque chose de positif aux sociétés humaines. On y trouve des modèles mettant en avant l'efficacité dans le traitement de l'information par les élites, d'autres qu'elles permettent une meilleure adaptation à la pénurie et aux fluctuations de nourriture ... 

 

3) Selon Hayden, on trouve ensuite des modèles démographiques, dans lesquels c'est la pression démographique, la concentration, la sédentarisation et la territorialité qui expliqueraient la survenue des inégalités sociales (Rosenberg, Carneiro). Hayden a néanmoins éliminé très vite les modèles reposant sur la pression démographique, au contraire de Pierre Clastres qui en faisait un critère probable d'organisation sociale étatique. 

 

4) Quatrième type de modèles, les modèles reposant sur le contrôle des échanges ou des ressources : contrôle du produit stocké, des biens ou des réseaux d'échange, des terres fertiles ou sur d'autres moyens de production (Testart, Bishop, Wason).

 

5) Dernier type de modèles, les modèles politiques qui reposent sur le contrôle du travail par des individus qui recherchent leur propre interet dans des contextes particuliers, en utilisant une grande diversité de stratégies, comme le prix de la mariée, l'échange, l'extorsion, la guerre, les rituels, les fêtes. C'est évidemment notamment Hayden qui utilise ce genre de modèle explicatif pour l'apparition des inégalités. 

 

Selon Hayden, des individus avec des personnalités triple A seraient à l'origine de ces apparitions des inégalités. Des individus capables d'utiliser toutes sortes de stratégies pour faire accepter par leurs concitoyens des inégalités sociales grandissantes. Et selon lui, l'apparition d'objets de prestige, c'est-à-dire des objets difficiles à fabriquer, rares, demandant un temps de travail très important pour les créer, et sans aucune utilité réelle, serait un signe d'apparition de telles inégalités. 

 

Je suis particulierement sceptique à l'égard des théories de Hayden, que ce soit les personnalités triple A, ou les biens de prestige. Les anthropologues qui ont étudié les biens de type Kula ne seraient certainement pas non plus très satisfaits de son analyse sur les biens de prestige.

 

3) Une théorie de l'origine des inégalités et de l'Etat - la société contre l'Etat

 

Puisque les analyses de Hayden ne me convainquent pas totalement, je vais donc devoir expliquer d'une autre manière l'apparition des inégalités et de l'Etat. Pour rester sur les traces de Clastres, je dirais qu'à la plus extrême limite, on trouve des sociétés de chasseurs cueilleurs vivant dans les forêts vierges les plus inaccessibles, les plus inexpugnables. Ces sociétés constituent le point 0 des sociétés étatiques humaines. Clastres avait décrit la société des Guayakis, qui au sein de la forêt amazonienne, avaient toujours vécu à l'écart du reste de l'humanité, jusqu'à croire qu'ils étaient les seuls et uniques représentants des êtres humains, des hommes. Ceux des autres tribus qu'ils avaient parfois pu croiser n'étaient pas des hommes, pas des Guayakis. Rares sont les sociétés humaines ayant vécu autant à l'écart du reste du monde, jusqu'à n'avoir jamais rencontré d'autres humains au delà de leur petit groupe.

 

Les Guayakis décrits par Clastres n'étaient pas très nombreux, quelques dizaines environ. Ils constituaient une société plus ou moins égalitaire, même si ces sociétés amérindiennes étudiées par Clastres avait un chef, et parfois un chef de guerre choisi parmi les guerriers. Ces sociétés n'étaient pas sans hiérarchie. Elles étaient simplement organisées pour empêcher que l'un d'entre ses membres en devienne le roi, pour empêcher la survenance de l'Etat, du pouvoir d'un sur les autres. Ainsi le chef avait seul le droit de parler au reste du groupe, mais aussi l'obligation. Il devait parler en certaines occasions ! Quant au chef de guerre, malheur à lui si le reste du groupe ne voulait plus faire la guerre ; le guerrier chef de guerre risquait alors d'être rejeté hors du groupe, hors du Monde, et ses chances de survie seul dans la forêt vierge étaient alors proches de zéro. Autre institution décrite par Clastres et permettant d'empêcher la survenance des inégalités, du pouvoir de l'un sur les autres, ce sont les rites d'initiation. Marquer les corps au fer rouge pour que jamais les membres du groupe n'oublient qu'ils sont tous égaux, qu'ils ont tous souffert de la même manière, et qu'ils sont tous marqués de la même façon. La violence des rites d'initiation est indispensable pour que tous les hommes se sachent égaux. Voilà ce que Clastres avait étudié en Amérique du Sud et qu'il avait dénommé des« sociétés contre l'Etat».

 

Evidemment, on ne peut trouver de telles sociétés humaines que dans des milieux extrêmement hostiles/difficiles, comme la forêt amazonienne, les forêts vierges africaines ou indonésiennes, et peut être dans certains déserts comme le Kalahari. En Amérique du Sud, Clastres avait noté que des tribus beaucoup plus nombreuses risquaient de basculer dans le pouvoir de l'un sur les autres, sur des premières formes d'Etat. Il semblait ainsi défendre une sorte de modèle démographique où c'est le nombre de membres d'une société qui expliciterait la survenue des premières formes d'Etat.

 

De façon assez clair, c'est l'impossibilité de survivre hors du groupe, à l'abri du groupe, grâce aux dangers de la forêt vierge, qui permet au groupe de se protéger des éventuels penchants dictatoriaux de certains de leurs membres. Si à l'extérieur du groupe, ce membre ne court aucun danger et peut survivre seul très facilement, il est alors beaucoup moins marquant, utile et dangereux d'exclure un de ses membres intéressés par la recherche du pouvoir.

 

On en revient aux analyses de Hayden sur les liens entre croissance démographique et montée des inégalités, ou plutôt à l'absence de liens. Selon lui, si la croissance démographique expliquait l'apparition des inégalités et de l'Etat, les peuples africains auraient développé des inégalités sociales et des États des centaines de milliers d'années avant les peuples européens, asiatiques ou américains. Puisque ce n'est pas le cas, c'est donc selon Hayden qu'il n'y a aucun lien entre croissance démographique et l'apparition des inégalités sociales. «Maintenir que la croissance démographique est un facteur constant auquel les sociétés sont inexorablement confrontées et qu'elle entraîne la domestication et l'inégalité n'est tout simplement pas tenable étant donné les données empiriques de la préhistoire». Hayden estime que «l'origine de l'accélération exponentielle du développement au cours des trente derniers millénaires fut la capacité de produire, stocker et transformer des surplus de nourriture et l'introduction concomitante d'une compétition basée sur l'économie» ainsi que l'apparition «d'aptitude de certains individus à exercer sur les autres membres de leur communauté un pouvoir politique et économique». Mais rien n'explique que cela se produise justement pendant ces trente mille dernières années et pas au cours des millions d'années précédentes, comme Hayden le juge pour la croissance démographique.

 

Expliciter cette apparition des inégalités sociales, trouver les mécanismes qui ont conduit, qui expliquent cette évolution est ainsi extrêmement complexes. «Comment de simples chasseurs-cueilleurs, démunis de tout surplus, se sont-ils transformés en chasseurs-cueilleurs complexes, disposant de surplus abondants» ?

 

Le stade des sociétés de chasseurs-cueilleurs stockeurs, pouvant pratiquement devenir sédentaires en consommant des ressources importantes, sont en effet l'un des derniers stades des sociétés pré-étatiques fortement inégalitaires selon Hayden. Parmi ces sociétés, on trouve notamment les communautés de la côte nord-américaine, basées sur le stockage des glands de chêne, ressource abondante et que l'on peut facilement stocker et consommer ultérieurement.

 

Mais avant ce stade ultime, on trouve d´autres formes de sociétés humaines. 

 

4) L'institution du service de la fiancée

 

Parmi les autres formes de sociétés humaines dans l'échelle des inégalités et du pouvoir, on trouve en effet les aborigènes australiens, les Bushmens aussi appelés peuple San, mais aussi les inuits. Ce n'est pas tant que ces sociétés aborigène, san ou inuit seraient une sorte de point 1, post 0, dans l'échelle des organisations des sociétés humaines, mais plutôt parce qu'il s'agit plus ou moins aussi de sociétés pseudo égalitaires, mais également parce qu'elle contient une institution remarquable plus ou moins tombé en désuétude : le service de la fiancée (ou service de la belle-mère dans le cas des aborigènes australiens) en lieu et place du prix de la fiancée ou de la dot de la fiancée. Le service de la fiancée est-elle une forme plus ancienne du prix de la fiancée, et la dote de la fiancée la version la plus développée ? Les aborigènes sont donc rester isolés du reste du monde pendant environ 40.000 ou 50.000 ans. Sachant que les tribus amérindiennes sont passées par le détroit de Béring pour occuper l'Amérique du Sud, ce qui représente des millénaires de déplacement pour traverser l'Asie puis les deux Amériques, les plus anciens ancêtres communs à ces peuples doivent remonter à des dizaines ou des centaines de millénaires. L'Afrique possède également parfois cette institution du service de la fiancée en lieu et place du prix de la fiancée, ce qui repousse également à une époque très reculée l'invention de cette institution, si l'on suppose qu'elle est unique et qu'elle provient d'un legs primordial. 

 

Quelle est la la différence entre le prix de la fiancée et le service de la fiancée ? Pour le prix de la fiancée, l'homme doit régler le prix convenu pour pouvoir épouser une fille ou une femme. Il s'agit d'un prix coutumier, en nourriture, en animaux domestiques ou en métaux précieux. Quant au service de la fiancée, le mari n'apporte pas des biens pour obtenir une femme, mais s'engage à servir le père ou la mère de sa femme, pendant des mois ou des années, pour pouvoir l'épouser. De quelle manière le futur mari a-t-il pu faire évoluer cette histoire de services en un paiement en une fois de sa femme, et comment ce paiement dû par le mari a-t-il pu évoluer en Occident en un paiement du père vers son gendre pour doter sa fille, au lieu de se faire acheter sa fille ?

 

Signe de son ancienneté, on trouve mention du service de la fiancée dans l'Ancien Testament ! Signe qu'il était le mode normal de prestations matrimoniales dans les temps anciens dans les tribus juives et arabes d'Arabie et de Judée, selon où on situe le lieu d'élaboration de la Bible et de l'Ancien Testament. 

 

A noter néanmoins que les prestations matrimoniales en Australie sont particulièrement compliquées et diffèrent des autres formes du service de la fiancée, tel qu'on l'observe en Afrique. Il s'agit plutôt d'un service de la belle-mère, et qu'à la différence du service de la fiancée, il n'est pas limité dans le temps. 

 

C'est l'anthropologue Alain Testart qui a longuement étudié ces mécanismes institutionnels et qui estime que ce sont ceux-ci qui expliquent l'absence de développement ou de dénaturation de la société aborigène vers une société étatique et fortement inégalitaire, comme les autres communautés humaines, au premier rang desquelles la société occidentale. C'est le maintien du service de la fiancée (ou une forme approchant ou ressemblant), chez les chasseurs-cueilleurs aborigènes comme chez les chasseurs-cueilleurs du désert du Kalahari, qui explique que ces sociétés ne se soient pas transformées en sociétés hiérarchisées à outrance, fortement inégalitaires avec l'apparition de chefs, de notables et de rois.

 

Selon Alain Testart également, l'institution du prix de la fiancée contient également en germe l'institution de l'esclavage. Parce que le prix de la fiancée peut introduire l'endettement puis l'insolvabilité de la famille du marié si celui-ci est incapable d'honorer le paiement ou le remboursement du prix de la fiancée dû à la famille de la fiancée, ou à la famille qui leur a prêté les biens demandés. Et parce que l'esclavage de la famille du marié insolvable n'est possible que parce que les familles acceptent de vendre leurs filles contre un paiement.

 

 

Saucratès


28/08/2018
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Le débat sur Israël (2)

 

Réflexion onze (28 août 2012)
L'état israëlien jugé par la justice israëlienne non responsable de la mort de la jeune pacifiste américaine Rachel Corrie, assassinée en Palestine à Gaza par Israël le 16 mars 2003 à l'âge de 23 ans ... neuf ans après les faits ... après sept années de procès et d'enquêtes (ou de non-enquêtes) ...

 

 

Il y a un peu plus de neuf ans, le 16 mars 2003, une jeune étudiante américaine de l’université d’Olympia (Etat de Washington) qui militait pour la Paix, Rachel Corrie, née le 10 avril 1979, était assassinée  par l'état israëlien, écrasée sous les chenilles d'un bulldozer de l'armée israëlienne. Avec le mouvement non-violent international de solidarité (ISM), elle participait à des actions pour bloquer les pelleteuses israeliennes qui d’abattaient les maisons des kamikazes et de leurs familles, en territoires palestiniens occupés (la bande de Gaza) pendant l'Intifada d'Al-Aqsa.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/08/28/qui-etait-rachel-corrie-morte-sous-les-chenilles-d-un-bulldozer-israelien_1752278_3218.html


Le 16 mars 2003, à la frontière de Gaza, à Rafah, Rachel Corrie et d'autres militants pacifistes tentaient une nouvelle fois de s’opposer pacifiquement à des démolitions conduits par l'armée israëlienne. Alors qu'elle était assise dans la trajectoire d'un bulldozer, elle sera recouverte de terre puis écrasée par un bulldozer Caterpillar D9 de l'armée israélienne, devant ses camarades. Elle était âgée de 23 ans. La version de l'armée israëlienne de cet assassinat est différente, démentant la documentation photographique des témoins ... Selon l'armée israëlienne, le conducteur de l’engin ne l’aurait pas vue, car elle se trouvait dans un 'angle mort'. La BBC a produit un documentaire intitulé 'When killing is easy' qui soutient la version selon laquelle Rachel Corrie aurait été tuée volontairement par l'armée israélienne.


Se souvenir également que l'un des bateaux de la flotille de Gaza, parmi ceux qui voulaient défier le blocus israëlien des territoires palestiniens, portait son nom !

Neuf ans après les faits, sept ans après que ses parents aient porté plainte contre l'état d'Israël pour cet assassinat, un tribunal israëlien, présidé par le juge Oded Gershon,  a rejeté mardi 28 août 2012 la plainte de ses parents. «Le juge a ainsi estimé que l'Etat israélien n'était pas responsable des dommages causés dans la mesure où ils s'étaient produits en temps de guerre. Je suis parvenu à la conclusion qu'il n'y a pas eu de négligence de la part du conducteur du bulldozer, a-t-il affirmé, en qualifiant la mort de Rachel Corrie d'incident regrettable».

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/08/28/l-etat-israelien-exonere-de-la-mort-d-une-pacifiste-americaine_1752135_3218.html

 

Je ne sais pas ce qu'il faut à la justice israëlienne pour reconnaître qu'il y a eu assassinat volontaire. «... Habillée d'un gilet orange fluo et armée d'un haut-parleur, Rachel Corrie bataille pendant deux heures avec les autres volontaires pour tenter d'empêcher l'avancée d'un bulldozer. Rachel a tenu tête au bulldozer seule parce qu'elle connaissait cette famille et parce qu'elle pensait que son action était juste. S'approchant de plus en plus de Rachel, le bulldozer a commencé à pousser la terre sous ses pieds. A quatre pattes, elle essayait de rester au sommet de la pile qui ne cessait de monter. A un moment elle s'est retrouvée assez haut, presque sur la pelle. Suffisamment près pour que le conducteur puisse la regarder dans les yeux. Puis elle a commencé à s'enfoncer, avalée dans la terre sous la pelle du bulldozer. Le bulldozer n'a pas ralenti, ne s'est pas arrêté. Il a continué à avancer, pelle au niveau du sol, jusqu'à lui passer sur tout le corps. Alors il s'est mis en marche arrière, la pelle toujours au sol, et lui est repassé dessus, poursuit Dreg Sha.

 

Rachel gisait sur le sol, tordue de douleur et à moitié enterrée. Sa lèvre supérieure déchirée saignait abondamment. Elle ne put que dire 'je me suis cassé le dos'. Après ça elle n'arriva plus à dire son nom ni même à parler. (...) Mais on pouvait voir son état se détériorer rapidement. Des signes indiquant une hémorragie interne à la tête apparurent bientôt. Après environ un quart d'heure des brancardiers sont arrivés et l'ont emmenée à l'hôpital, raconte Dreg Sha. Rachel Corrie est morte des suites de ses blessures à l'hôpital». Manifestement, les bulldozers israëliens ont des angles morts à de drôles d'endroits, vraisemblablement pour éviter de regarder toutes les atrocités qu'ils commettent !


Cette histoire est atroce, infâme. Dire que ces gens vivent/dorment tranquillement malgré toutes ces morts, que ce militaire ne regrette même pas ce meurtre ! Par ailleurs, pour une américaine tuée pour laquelle ses parents leur font un procès, combien de palestiniens ont également été assassinés sans aucune publicité ? Et certains osent avancer qu'Israël est une démocratie ! Ce nouvel exemple démontre une nouvelle fois qu'Israël est bien au contraire plutôt un état militaire et policier pratiquant la discrimination raciale et l'assassinat de ceux qui ne sont pas juifs ou en opposition avec ses positions. Neuf années après ces faits, Israël continue toujours sa politique terroriste envers les palestiniens, niant les droits des palestiniens à avoir un état indépendant et souverain comme initialement prévu à la création d'Israël et de la Palestine ...


Lire également la très belle histoire racontée par Noami Klein, journaliste (canadienne sauf erreur de ma part), auteure de 'No Logo' et de 'La stratégie du choc', sur les histoires de Jessica Lynch, soldate américaine, et Rachel Corrie, pacifiste américaine au lien suivant ... Elle nous rappelle que d'autres occidentaux ou membres de l'ISM avaient également été assassinés après Rachel Corrie par l'armée israëlienne, comme Brian Avery (24 ans), le 5 avril 2008, Tom Hurndall, militant britannique d’ISM, le 11 avril 2008, ou James Miller, caméraman britannique.

 

Et enfin, le beau site in mémoriam de Rachel Corrie ... J'ai lu quelques-uns des mels qu'elle échangea avec sa famille tels qu'ils ont été publié par le Guardian ...

http://www.rachelcorrie.org/

 

(j'ai déjà cité une partie de ces sources et cette histoire en octobre 2008)

http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2047528-aberrations__2_.html 

 

 

Réflexion dix (22 janvier 2012)
La question de l'accès à l'eau pour Israël et pour l'état palestinien

Un rapport parlementaire français remis en décembre par le député socialiste Jean Glavany soulève un tollé en Israël, suite à sa traduction et à des articles de presse. Ce rapport d'information pour la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée Nationale décrit «la question de l'eau comme révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen-Orient».

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/01/20/israel-palestine-le-rapport-francais-explosif-sur-la-question-de-l-eau_1631311_3218.html

 

L'article du Monde qui en rend compte décrit assez largement la problématique des restrictions mises par l'état d'Israël au libre accès et à l'utilisation des ressources aquifères pour les palestiniens. La majeure partie de l'enjeu de l'eau pour Israël concerne la Cisjordanie, puisque dans la bande de Gaza, l'enjeu concerne les palestiniens qui se situent en aval d'Israël. Le député Jean Glavany accuse ainsi Israël d'avoir délibérément visé les réserves palestiniennes en eau lors des bombardements de 2008-2009. Accusation contestée par Mark Zeitoun, chercheur universitaire anglais et Stéphanie Oudot, de l'Agence française de développement ... Cette dernière souligne «le fait que les bombardements ont épargné la digue de Betlaya qui retient un vaste lac d'eaux usées». Bonne vraisemblablement en financement de projets, mais qu'elle est sa valeur en matière de relations diplomatiques ? Ne faudrait-il pas plutôt dire qu'Israël a évité dans ce cas précis de polluer ses propres eaux territoriales par une marée d'eaux usées. 

 

L'article met en évidence que l'occupation militaire par Israël des territoires palestiniens se double d'un contrôle total qui va jusqu'à la main mise sur les ressources aquafères. Ainsi, selon les accords d'Oslo, «en Cisjordanie, tout forage doit faire l'objet d'une autorisation du 'Joint Water Committee', un comité mixte, composé d'israëliens et de palestiniens». Par ailleurs, en zone C, «les autorisations doivent en outre être approuvées par l'armée israélienne, encore plus réticente à les accorder». Il faut savoir que la zone C correspond à environ 60% des territoires palestiniens (les territoires palestiniens sont découpés en trois zones : la zone A regroupe depuis 1994, Gaza ainsi que les villes de Jéricho, Jénine, Qalqilya, Ramallah, Tulkarem, Naplouse, Bethléem (et Hébron depuis 1997), sur laquelle l’Autorité palestinienne exerce une juridiction civile incluant les pouvoirs de police ; la zone B regroupe les autres bourgades et camps de réfugiés de Cisjordanie, dans laquelle l’Autorité palestinienne exerce des compétences civiles, la sécurité intérieure étant exercée conjointement avec l’armée israélienne).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Territoires_palestiniens_occupés

 

«Le rapport parlementaire évoque la destruction systématique par l'armée israélienne des puits construits spontanément par les Palestiniens», lorsqu'il n'y a pas eu de permission accordées. Ainsi, «450 000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d'eau (222 millions de m3 d'eau) que 2,3 millions de Palestiniens qui consomment 70 millions de m3 d'eau)», selon Mark Zeitoun. Pour sa part, Stéphanie Oudot parle de «piscines et des jardins arrosés du côté des colons, tandis qu'à côté, les Palestiniens se rendent au puits avec un seau».

 

Il est évident que les palestiniens sont les victimes d'une injustice gravissime de la part du peuple israëlien : terres volées, état nation volé, hommes, femmes et enfants assassinés par une armée occupante, eau dérobée ... Tout cela pour construire un état juif batti sur le sang des innocents et sur l'injustice institutionnalisée ... Un jour, Israël paiera pour tout cela !

 

 

Réflexion neuf (4 juin 2010)
L'assault d'Israël contre la flotille au large de Gaza
La preuve attendue qu'Israël n'est pas une démocratie ...


Des tensions internationales ayant suivi l'attaque par les forces armées israëliennes de la flotille de la paix devant rallier et casser le blocus de la zone de Gaza  ; je ne m'étais pas fait l'écho. Des neuf morts, huit citoyens turcs et un citoyen américain, ayant perdu la vie au cours de l'assault contre le bateau turc Mavi Marmara, je n'ai pas plus parlé.
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article_interactif/2010/06/02/flottille-pour-gaza-retour-sur-une-semaine-de-crise_1366899_3218.html
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/03/les-neuf-morts-de-la-flottille-tous-tues-par-balles_1367098_3218.html
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/01/selon-des-rescapes-allemands-il-n-y-avait-pas-d-armes-a-bord-du-bateau-turc_1366251_3218.html
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/02/le-rachel-corrie-vient-defier-le-blocus-naval-de-gaza_1366434_3218.html
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/06/01/triple-fiasco-pour-les-israeliens_1366016_3232.html
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/03/une-deputee-arabe-israelienne-enflamme-la-knesset_1367543_3218.html
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/03/flottille-trois-nouveaux-francais-arrivent-a-paris_1367460_3218.html

Des manifestations ayant éclaté dans de nombreux pays arabes ou européens, je n'ai pas non plus parlé ... Tout juste ai-je observé, en mon for intérieur, qu'hormis en Norvège, les rassemblements semblaient ne regrouper essentiellement que des personnes issues de l'immigration, arabes à Paris, turques ailleurs. Pour ma défense, il faut rappeler que les foules des pays arabes, et les musulmans de France, se réunissent bien trop souvent pour contester à tord et à travers des propos innocents du pape ou des publications de journaux conformes à la liberté de la presse ... et que des énièmes manifestations d'allumés du bocal, de femmes voilées et de barbus islamistes ne m'enflamment plus ...

De même, on peut ne pas être d'accord avec l'opération elle-même, estimer que les personnes qui s'y lancent ne représentent pas la population française, mais uniquement sa minorité arabe et musulmane ... comme pourraient le laisser entendre les noms des français participants à cette opération navale destinée à lever le bouclage de la zone de Gaza : Salah Berbagui, Mounia Cherif, Miloud Zenasni, Ahmed Oumimoun, Youssef Benderbal ou Mouloud Bouzidi ... appartenant tous au Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP).

Néanmoins, Israël une nouvelle fois dépasse les limites acceptables en attaquant des navires étrangers dans les eaux internationales, et déroge à toutes les règles démocratiques par l'usage illégitime de la force et par la violation des droits de l'homme à l'encontre de citoyens étrangers ... Meurtres, enfermement, passage à tabac, violation des droits dans une démocratie, absence d'avocats ou de traducteurs ... Ces violations des droits de l'homme, Israël s'en était fait une spécialité à l'égard de sa minorité israëlo-palestinienne ainsi que de la population palestinienne ... Quelques citoyens étrangers, telle l'américaine Rachel Corrie (un bateau briseur de blocus porte son nom et approche désormais des forces navales israëliennes), assassinée par l'armée israëlienne le 16 mars 2003 sous les chaines d'un bulldozer alors qu'elle s'opposait avec d'autres activistes à la destruction de maisons palestiniennes ... en avaient pourtant déjà fait les frais ... Mais jamais Israël, sûre de sa totale impunité, ne s'était dévoilée de la sorte comme un état non démocratique et violent ...

C'est aujourd'hui le cas. Israël ne fait plus partie du camp des démocraties. On n'est pas une démocratie parce qu'une partie de ses citoyens a le droit d'élire librement des députés ou un président de la république ... comme voudraient le faire croire certains ... On est une démocratie lorsque l'on respecte les droits de tous dans toutes les circonstances, lorsque l'on essaie de respecter en toutes circonstances une mesure dans ses actions. Israël n'est aujourd'hui qu'un abject état de non-droit, une dictature militaire ne reconnaissant ni justice internationale, ni justice interne ... Rien ne la sépare des pires dictatures birmanes ou nord-coréennes de la planète ... Ce n'est pas parce que quelques millions de juifs y vivent fort confortablement, sans mourir de faim, que leur régime politique n'est pas une infâme dictature !

Condamner Israël ne sert à rien selon certains ? Mais renverser militairement une dictature me semblait être un devoir des démocraties, comme l'exemple irakien voulait apparemment le démontrer !

 

 

Réflexion huit (1er février 2009)

Une guerre d'indépendance peut-elle être gagnée par une puissance militaire occupante ?

Israël peut-elle continuer à occuper militairement une partie de la Cisjordanie ou les territoires palestiniens et à interdire la création d'un état palestinien pendant un temps indéterminé ?

Il y a pourtant une chose d'absolument certaine. Aucun état n'a jamais gagné durablement une guerre d'indépendance lancée par un peuple se révoltant contre un envahisseur étranger. Ni la France, ni l'Angleterre, ni l'Allemagne, ni même les Etats-Unis, quelque soit pourtant leur puissance militaire et leur supériorité technologique, n'ont réussi à gagner les guerres d'indépendance auxquelles ils ont été confrontées. La France a été en guerre en Indochine, en Algérie, et à Madagascar. L'Angleterre a été en guerre dans ses colonies américaines, puis en Inde ... Les Etats-Unis ont été en guerre en Indochine ... Ils ont tous été vaincu militairement par des armées de bric et de broc, mais qui bénéficiaient du soutien de l'ensemble de la population civile de ces pays envahis.

Seuls les états ayant exterminé leurs adversaires, les occupants initiaux et 'légitimes' des régions envahies, ont gagné de telles guerres. En disant cela, je pense notamment aux Etats-Unis qui se sont constitués en exterminant les populations indiennes qui occupaient autrefois les immenses plaines d'Amérique du Nord ... Evidemment, cela vaut aussi pour toutes les nations actuelles ou passées qui sont issues presque toujours de migrations récentes ou anciennes de populations ... que ce soit les francs ou les germains, les slaves ou les saxons, les populations indiennes d'amérique ou les hans en Chine ... Les occupants légitimes d'une région actuellement ne sont souvent en fait que les envahisseurs victorieux d'autrefois !

Mais il n'en demeure pas moins vrai que, dans l'état actuel de la couverture de l'information par les médias et de sa simultanéité, de telles exterminations seraient aujourd'hui difficilement envisageables sans condamnation internationale. Les Etats-Unis, par exemple, ne pourraient plus mener les mêmes campagnes d'extermination aujourd'hui à l'encontre des populations indiennes qui occupaient les plaines d'Amérique du Nord ...

La seule solution pour qu'Israël l'emporte en Palestine et puisse y demeurer en paix, c'est l'extermination du peuple palestinien. A défaut, Israël perdra sa guerre en Palestine. Les diverses attaques lancées par l'armée israëlienne contre les palestiniens ces dernières années visent-elles à l'extermination du peuple palestinien ?

En disant cela, je ne cautionnerais pas de tels actes. Bien au contraire. Simplement, Israël ne peut gagner sa guerre en Palestine, pas plus que la France, l'Angleterre ou les Etats-Unis ne pouvaient l'emporter dans les guerres coloniales dans lesquelles ils se sont embourbés en Indochine, en Algérie, en Amérique ou en Inde ... L'histoire de cette guerre d'Israël en Palestine est déjà écrite. Ce n'est qu'une question d'années ou de décennies. Elle s'achèvera par une défaite militaire, comme celles subies par la France, l'Angleterre, les Etats-Unis ou la Belgique dans d'uatres endroits du monde. Seule une paix courageuse avec leurs voisins arabes, permettant la création d'un état palestinien viable, permettra à l'état d'Israël de rester ad vitam eternam dans cette région dans laquelle il a tout autant le droit que ces voisins d'exister. Aujourd'hui, plus le temps passe, plus la haine grossit, obscurcissant la raison et la pensée des uns et des autres ...

 
 

Saucratès

 

 

Note précédente :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2292269-le_debat_sur_israel.html


22/01/2012
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Le cas réunionnais (2)

  

Réflexion treize (22 mars 2012)

Débats populo-économiques réunionnais - Du danger des positions populistes de certains leaders autoproclamés de la populace

 

Il y a tout juste un mois, quelques quartiers urbains à quatre coins de l'île de la Réunion explosaient socialement. Des jeunes réunionnais s'attaquaient à quelques symboles de la consommation de masse, au mobilier urbain et aux feux de circulation de leurs propres quartiers, puis affrontaient les forces de l'ordre. L'origine de cette explosion avait été un mouvement de colère des transporteurs routiers contestant la chèreté des carburants, mouvement qui a fait tâche d'huile dans la population qui contestait plus largement la chèreté de la vie et les différences de prix avec les produits métropolitains.

 

A noter une invraisemblable incompréhension entre la masse de la population, qui conteste la chèreté des prix et l'impute à l'absence de réelle concurrence dans le département, à une économie de prédation dans laquelle les patrons réunionnais sont supposés pratiquer des marges excessives pour financer leur train de vie dispendieux, et les milieux patronaux réunionnais qui ne visent qu'à obtenir toujours plus de spécificités et d'exonérations fiscales. Dans une ambiance médiatique où il est demandé par la population réunionnaise toujours plus de contrôles des prix pratiqués par le commerce, où il est demandé au gouvernement d'aller vers des prix administrés, les milieux patronaux réunionnais de leur côté tentent de faire pression sur le gouvernement pour ne plus payer d'impôt sur les sociétés, et de conserver les avantages du régime de la défiscalisation, seules solutions seon eux pour appuyer les entreprises et redresser la situation sociale du département.

 

Une très nette dichotomie entre les aspirations de la population d'un département et celles de ses élites économiques ... Une population qui attaque la richesse des élites patronales, administratives et politiques ... et un patronat qui cherche à s'enrichir toujours plus, à être toujours moins imposés fiscalement ...

 

Des aspirations en très nette dichotomie qui ne sont même pas vraisemblablement considérées par les uns et par les autres comme antagonistes ni opposées ... Il est vraisemblable que les gens du peuple et du patronat considèrent les deux aspirations comme toutes deux légitimes, et qu'ils attendent que l'Etat y réponde favorablement, sans s'intéresser au prix à payer.

 

Il y a, je pense, une véritable shizophrénie dans le débat actuellement en cours à la Réunion et plus largement dans les DOM. Toutes les parties veulent payer toujours moins d'impôts et percevoir toujours plus d'aides (subventions ou allocations) ...

 

Mais plus largement, le débat autour de la cherté des prix conduit à des positions et à des revendications aberrantes. Les leaders populistes représentant la populace réclament ainsi la disparition de tous les mécanismes de protection de la production locale (TVA et octroi de mer) pour que les prix des biens importés diminuent et coûtent moins chers à acquérir, pour accroître leur pouvoir d'achat (ou les politiques publiques comme les taxes sur les produits polluants : alcools, cigarettes, essence) sans qu'ils comprennent que ces mécanismes permettent à la fois de financer des emplois publics dans les communes (dont la population bénéficie largement), permettent de financer des infrastructures routières (grâce aux taxes sur les carburants) dont la réalisation offre des marchés aux entreprises de BTP et du travail à leurs salariés, et permettent enfin également de protéger la production locale de ces biens et créent donc de l'emploi pour les réunionnais.

 

Le souci donc de faire diminuer les prix par tous les moyens qu'agitent les leaders populistes réunionnais mais aussi quelques partis politiques extrêmistes pourraient avoir pour conséquence de faire disparaître de très nombreux emplois pour de très nombreux réunionnais, et donc pourraient créer une très grande misère et un chômage encore plus massif.

 

  

Réflexion douze (27 février 2012)

Pour quelles raisons les départements d'outre-mer explosent ?

 

Il y a trois ans, les Antilles, et surtout la Guadeloupe, avaient été mises à feu et à sang par quelques dizaines de milliers de manifestants du LKP (Lianaj Kont Profitazion) sur des slogans contre la vie chère mais surtout contre la main mise économique des békés (riches familles créoles blanches contrôlant l'économie antillaise). Un mort, des barrages dans toute la Guadeloupe et la Martinique, un racisme exacerbé contre les blancs, plusieurs mois de grève continue, des centaines d'entreprises en difficulté par la suite et des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires.

 

L'année dernière, juste avant Noël, c'était Mayotte, qui venait juste de devenir département d'outre-mer, qui était également mise à feu et à sang par les manifestants mahorais, qui eux aussi contestaient les hausses des prix des produits de première nécessité, au premier rang desquels les ailes de poulet congelées. Emeutes, barrages, racisme exacerbé, un mois de manifestations et de blocage économique : et vraisemblablement une situation économique qui a dû empirer au sortir de cette crise.

 

Et maintenant la Réunion ! Emeutes, manifestants, violences urbaines, incendies ... Aussi, je peux comprendre le sentiment désormais dominant en France métropolitaine conduisant à  s'interroger sur le devenir des départements d'outre-mer au sein de la République. Ces formes de contestations extrêmement violentes contre tout un ensemble de choses, de la cherté de la vie jusqu'à la main mise française, peuvent conduire l'opinion publique française à souhaiter voir accorder l'indépendance à ces confettis de l'empire.

 

Ainsi, l'image donnée de la Réunion par quelques centaines de transporteurs manifestants et quelques milliers de 'jeunes' casseurs présente-t-elle une image extrêmement négative et contre-productive de notre île, venant réveiller un racisme métropolitain dormant qui ne demande qu'à pouvoir s'exprimer librement.

 

Evidemment, nous qui vivons dans le département, nous savons que les émeutes des derniers jours n'ont rien à voir avec les évènements guadeloupéens ou mahorais. Quelques violences dans quelques quartiers chauds populaires de quelques-unes de nos villes, extrêmement localisées ... Grâce au travail des forces de police et de gendarmerie qui ont permis d'empêcher que cela dégénère ... Des magasins mis à sac ... Quelques voitures brûlées ... Le reste de la Réunion a vécu ces évènements de très loin, comme si cela se passait dans les cités parisiennes. Et surtout, peu de slogans racistes ... Pas de mort aux blancs ou aux békés, même si vraisemblblement il n'était pas conseillé de sortir se promener en plein Chaudron la nuit, sans risquer d'être pris à partie par l'un ou l'autre des groupes en présence ...

 

Nous savons aussi que cette image de confettis de l'empire sous perfusion des aides sociales françaises est un faux problème. Bien sûr, la Réunion consomme plus de prestations sociales qu'elle ne collecte d'impôts au budget de la France. Mais la situation de la Réunion n'est pas différente de nombreuses autres régions françaises qui n'accueillent pas d'importantes industries d'exportation, comme le Limousin ou le Massif Central. Ces régions n'ont simplement pas une démographie aussi galopante que la nôtre. Et il ne faut pas non plus oublier que ces prestations sociales sont majoritairement consommées en produits commercialisés par des firmes françaises, et contribuent à l'activité de l'industrie française.

 

Se pose enfin le problème de la sur-rémunération des fonctionnaires et de certains cadres du privé. Voilà néanmoins une revendication qui m'interpelle. Je comprendrais si celle-ci venait du gouvernement, qui pourrait être intéressé à moins payer ses fonctionnaires. Mais non, cette revendication émane des réunionnais eux-mêmes, qui estiment que les prix sont chers pour tous, et qu'il n'est pas normal que certains soient sur-rémunérés et pas eux ! Il faut savoir que la sur-rémunération concerne les trois fonctions publiques, où les postes à la Réunion sont très majoritairement occupés par des réunionnais de souche ; les métropolitains ne doivent pas en représenter plus de 25%. Voilà donc une revendication qui touchera donc majoritairement des réunionnais, portée par des réunionnais. En sachant que dans le privé et les plus hautes fonctions de l'administration, les expatriés continueront à se voir proposer des indemnités d'éloignement pour les inciter à venir. D'une certaine façon, cette revendication est une pure forme de jalousie de certains réunionnais pour obtenir la même chose que leur voisin ...

 

Pour conclure, il me faut regretter que ces évènements aient pu avoir lieu, et espérer qu'ils s'oublieront, qu'ils sortiront de la mémoire collective. La rage des jeunes de se sentir exclus du système économique peut se comprendre, mais ils ne s'en prennent pas aux bons motifs. Ce n'est pas la société qui ne veut pas les accueillir et les intégrer ; ce sont eux qui n'ont pas essayé de s'intégrer grâce à l'école. A eux maintenant de se prendre en charge, de s'imposer de s'intégrer, de se former par le biais de la formation professionnelle, afin d'obtenir des diplômes ou une qualification qui leur permettent d'entrer dans la vie, sans accuser la société, les riches de leurs échecs, de leur manque d'espoir.

 

 

  

Réflexion onze (24 février 2012)

Violences urbaines !

 

La situation se dégrade à l'île de la Réunion, où les principaux bastions communistes ou socialistes s'enflamment, d'abord le quartier du Chaudron et la ville du Port, puis les quartiers de Saint Benoît, Saint Louis et Saint André. Comment en est-on arrivé là ?

 

Certains avancent comme explication le taux de chômage extrêmement élevé des jeunes de moins de 25 ans dans le département de la Réunion, dépassant les 50%. C'est en effet beaucoup plus facile de se sentir désespéré lorsque l'on n'a pas de travail ni d'espoir d'en avoir. D'autres, très nombreux, dont beaucoup de politiques incendiaires, du modem aux écologistes, en passant par les communistes, pointent du doigt les différences de richesse énormes entre les nantis et les jeunes et les pauvres de ces quartiers. Mais selon moi, il s'agit d'excuses bidons et beaucoup trop simplistes.

 

1) Un certain nombre d'incendiaires portent une lourde responsabilité dans cette violence, la clique des transporteurs, comme les Caroupaye et compagnie, qui ont en toute connaissance de cause appelé la population à mettre le feu pour appuyer leur revendication abracadabrantesque de baisse du prix des carburants. Les discours d'incitation à la haine de ces fauteurs de troubles devraient être lourdement sanctionnés au plan pénal pour que cela serve de leçons aux futurs irresponsables populistes.

 

2) Sont également responsables tous ces réunionnais qui prennent en exemple leurs frères guadeloupéens et mahorais, en critiquant l'incapacité des réunionnais à suivre leur exemple. Il y a quelques jours, mardi matin à 7 heures, j'entendais au point presse du Rallye un pompier en uniforme qui préparait ses grilles de PMU, critiquer les transporteurs qui se retiraient de devant la SRPP en prenant l'exemple des guadeloupéens qui eux ne s'étaient pas dégonflés ! Un pompier incendiaire ! Des centaines de réunionnais tiennent ce langage, comme si la Guadeloupe était un exemple ! Comme si détruire toutes les infrastructures et les entreprises d'un département allait permettre de faire baisser le chômage.

 

3) Pour quelles raisons les incendies s'allument-ils dans les principaux bastions communistes et socialistes du département ? Ces villes sont-elles moins bien gérées, moins propres, moins agréables à vivre, ou bien la jeunesse y est-elle plus facilement influençable et endoctrinable ? Les jeunes y ont-il moins d'espoir ? Ou bien n'est-ce que l'effet de manipulations politiques ?

 

4) L'absence d'éducation et d'exemple familial chez nombre de ces jeunes explique enfin ces évènements. C'est facile d'accuser la société et les différences de richesse lorsque ces mêmes jeunes se refusent à apprendre et à accepter l'éducation à l'école, au collège ou au lycée, parce que leur seul modèle parental se résume à l'obtention du RMI, à l'alcool, à l'achat d'une voiture, au vol, aux dépradations et au travail au noir ... et parce que leur entourage leur a seriné que l'école ne sert à rien ! Evidemment, il y a des jeunes délinquants dans des familles insérées socialement, qui ont un travail, payent leurs impôts, et tentent d'éduquer convenablement leurs enfants et se battent pour eux. Evidemment aussi, il y a des jeunes qui ont tenté de travailler à l'école, ont fait des études après le bac, parfois dans des secteurs sans aucun débouchés, et qui se retrouvent au chômage et dans la misère, sans espoir de s'en sortir. Mais ils sont minoritaires dans les trajectoires de ces jeunes casseurs réunionnais. L'immense majorité de ces jeunes casseurs font peser sur la société leurs propres échecs alors qu'ils devraient plutôt s'auto-interpeller et interpeller leurs parents sur les modèles qui leur ont été donnés ! Mais pour cela, encore faut-il un minimum d'éducation et d'intelligence morale. C'est tellement plus simple d'accuser les autres et la société !

 

Le problème de la Réunion n'est pas seulement lié aux différences de richesse ! Elle est liée au pourrissement des coeurs d'une partie de ces habitants, corrompus par l'argent facile des allocations, de l'argent braguette, de l'économie souterraine, ainsi que par l'envie et la jalousie !

 

 

Réflexion dix (20 février 2012)

Sujet d'une discussion d'un soir avec un fonctionnaire réunionnais : la responsabilité des français métropolitains (les blancs de métropole) dans les difficultés sociales et économiques de leur île !

 

Conversation qui eut pour effet de m'énerver. Les blancs de métropole sont-ils responsables des 120.000 chômeurs de la Réunion ? Ces 120.000 chômeurs sont-ils le résultat d'erreurs de développement économique imprimés au département au cours des cinquante dernières années, dont seraient responsables les blancs de métropole ? Et enfin les réunionnais ne se voient-ils pas reconnaître les mêmes droits et les mêmes devoirs que leurs compatriotes blancs de métropole ? Telles étaient les thèses développées par ce fonctionnaire réunionnais, pour lesquels les blancs de métropole étaient à peu près responsables de tous les problèmes de la Réunion !

 

Ma thèse était différente. Il est ahurissant de considérer que les blancs portent cette responsabilité ... que sans les blancs de métropole, la Réunion serait devenue le phare de l'Océan Indien, le Singapour réunionnais !Les blancs portent une responsabilité dans les réussites et les échecs de l'île, évidemment. La Réunion a été construite pour partie par de jeunes métropolitains (et pour partie par de très nombreux réunionnais), arrivés comme volontaires de l'aide technique (VAT), notamment dans le domaine de la coopération agricole, et qui ont mis en place avec les agriculteurs réunionnais des structures coopératives pour organiser des filières de production végétales ou animales. Le résultat de leur labeur, ce sont aujourd'hui des filières agricoles modernes et productives, une plus ou moins grande indépendance alimentaire dans ces filières, des industries modernes, dans un système coopératif qui demeure de taille humaine et de fonctionnement plus ou moins démocratique.

 

Y avait-il dans les années 1970 ou 1980 (c'est la facilité des thèses indépendantistes, ils parlent d'un passé hypothétique non daté, d'une histoire idéalisée, fantasmée, sans que celle-ci ne puisse être confrontée à la réalité !) d'autres pistes de développement que celles qui ont été mises en oeuvre, et qui aurait permis aujourd'hui d'avoir un emploi à proposer aux 120.000 chômeurs de la Réunion. Peut-être que ce fonctionnaire réunionnais pensait-il en fait tout simplement à la piste de l'indépendance, en imaginant que la Réunion pourrait aujourd'hui être dans la situation de leurs frères mauriciens ? Je n'y ai pas pensé sur le coup !

 

Selon moi, le chômage réunionnais est la conséquence de deux éléments : une natalité explosive, qui a fait passer la population réunionnais de 250.000 habitants en 1946 à plus de 800.000 habitants aujourd'hui, soixante-six ans plus tard ... et la mise en place du régime des minimums sociaux français, qui permettent aux salaires de se maintenir à des niveaux 'relativement' élevés ... Le SMIC français et le revenu minimum d'insertion (devenu aujourd'hui le RSA) ne permettent pas de créer les emplois mal payés suffisants pour occuper l'ensemble de la population réunionnaise. Sans minimums sociaux, les salaires à la Réunion seraient vraisemblablement beaucoup plus bas, le chômage beaucoup plus faible, et les prix beaucoup plus bas ... Mais je ne suis pas sûr que les réunionnais concernés seraient beaucoup plus heureux et plus riches ! Simplement, les riches y seraient relativement beaucoup plus riches et puissants !

 

Je ne pense pas que la mesure du chômage soit un bon indicateur de la réussite ou non des politiques de développement économique et social de ce département, comme de tous les départements d'outre-mer ! Le chômage y est la conséquence de déséquilibres sociaux, démographiques et économiques, qui ne me semblent pas prêts de devoir se résorber. Evidemment, si la Réunion pouvait devenir la Silicone Valley de l'océan indien, si nous pouvions exporter vers le monde entier des produits que le monde entier nous envierait, alors évidemment nous n'aurions plus de chômage et nous observerions un afflux de main d'oeuvre pour venir travailler chez nous. Afflux qui créerait un boom immobilier ... etc ... Le développement est un cercle vertueux ! Et le sous-développement une trappe à la pauvreté !

 

Evidemment, les blancs de métropole ont quand même quelques responsabilités dans des erreurs de développement, comme les politiques et industriels réunionnais ... La première des erreurs auxquelles je pense concerne l'abandon du réseau ferré réunionnais pour développer les réseaux routiers, qui apparaît avec le recul comme une mauvaise idée ... Et je crains que cette décision n'ait été essentiellement un choix pris par quelques fonctionnaires métropolitains, que nous payons aujourd'hui au prix fort ...

 

Pour conclure sur cette discussion abracadabrante, cela m'a conduit à revisiter les concepts libéraux de l'économie. Ce qui peut expliquer l'absence de développement économique de la Réunion, malgré les réussites des politiques d'import-substitution menées dans les années 1970-1980, c'est la captation des richesses réunionnaises par une classe de petits fonctionnaires, de petits possesseurs terriens, dont l'unique objectif et l'unique mesure de la ruichesse est dans la possession de terrains, de maisons, de véhicules de luxe, dans l'encaissement de loyers ... Sans aucune prise de risque capitaliste et donc sans aucune possibilité de développement de l'économie réelle.

 

Et il ne faut pas non plus oublier que la Réunion doit son développement à compter des années 1960-1970 à l'indépendance de Madagascar et au reflux des investissements français vers l'île. Dans les années 1960-1970, les réunionnais partaient se faire soigner à Madagascar qui disposait des installations hospitalières les plus modernes ! D'une certaine façon, les réunionnais peuvent remercier les malgaches d'avoir choisi la voie de l'indépendance à leur place !

 

 

Saucratès

 

 

Précédent écrit sur le même sujet :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2072412-le_cas_du_departement_de_la_reunion___politique__p.html

a.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2086945-la_situation_antillaise__2_.html

b.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2109975-la_situation_malgache.html

c.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2109987-repression_sanglante_a_anjouan_et_aux_comores.html

d.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-3060681-la_situation_mahoraise.html


20/02/2012
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La situation mahoraise

 

Réflexion une (17 octobre 2011)

La folle équipée des révolutionnaires mahorais

Mayotte est de
venue récemment le plus récent département français et le cinquième département d'outre-mer, après la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française et la Réunion. Elle était précédemment une collectivité territoriale (territoire d'outre-mer). Ce choix avait été validée par la population locale, consultée au titre du référendum local. Les mahorais, de peuplement différent des autres départements d'outre-mer français (blancs et esclaves africains, engagisme indien ou chinois), avec des migrations venant des régions musulmanes d'Afrique de l'Est, de la péninsule arabique et de Madagascar, sont majoritairement de religion musulmane, sont polygames, et reconnaissent une justice de droit coutumier islamique (autour du personnage du cadi). 

http://www.ilemayotte.com/Guide-touristique/Decouverte-de-Mayotte/Une-population-jeune-metissee-en-pleine-croissance-et-musulmane

 

Pour quelles raisons un peuple aussi différent de la société française a-t-il choisi le rattachement à la France, à la différence des autres îles constituant l'archipel des Comores, et aujourd'hui le statut de département français ? On peut penser que c'est essentiellement pour des motifs financiers, pour l'alignement des prestations familliales et des minimums sociaux, dans une île bénéficiant d'une fécondité encore extrêmement forte.

 

Quelques milliers de mahorais manifestent désormais depuis plusieurs semaines pour contester la cherté des prix, selon un modèle de contestation inventé en Guadeloupe par le LKP et déjà repris en Martinique, à la Guyane et à la Réunion. Les syndicalistes mahorais se sont également lancés dans la surenchère contestataire, avec une population pressée d'avoir plus de prestations, des salaires plus élevés, et des prix moins chers, tout cela de préférence payés par les contribuables français (auxquels les mahorais font la chasse lorsqu'ils s'aventurent dans leur propre île ... ce qu'ils appellent la chasse aux m'zungus) ...

 

Ces manifestations, les arguments des manifestants et des syndicalistes, et les désordres et débordements qui en résultent, posent un certain nombre de problèmes et d'interrogations.

 

1) Premièrement, ces manifestations sont le signe du délitement d'une société autrefois hiérarchisée autour de certains personnages comme les cadis mais aussi les femmes, et qui bascule aujourd'hui dans la modernité. La disparition de la justice cadiale est vraisemblablement une erreur, de même que la mise en place d'un modèle du droit pénal et civil français, en opposition à l'organisation sociale mahoraise ... Plaquer sur une société de droit coranique, organisée autour de juges coutumiers, dont l'instauration remonte au quatorzième et au quinzième siècle, un droit beaucoup plus récent et totalement différent me semble une complète aberration.

 

2) Deuxièmement, ces manifestations font apparaître une population incapable de comprendre les enjeux de l'économie moderne actuelle, incapable de faire des choix difficiles et d'être patient, qui aspirent uniquement au tout et tout de suite ... La majeure partie conteste l'augmentation du prix du poulet ou du riz ... C'est un peu si en France, des responsables syndicaux et des centaines de milliers de manifestants contestaient l'augmentation du prix de la bguette de pain, réclamant le retour de la baguette à 3 francs des années 1990.

 

Ces histoires mahoraises ou antillaises témoignent de ce qui peut arriver quand des syndicalistes populistes et mal intentionnés lancent leurs adhérents et la population dans un combat raciste et indépendantiste, contre le patronat et le gouvernement considéré comme des colonisateurs.

 

3) Il est utile de rappeler que la France ou les autres départements d'outre-mer ont lancé des politiques industrielles sur de longues périodes de temps pour atteindre des objectifs. La Réunion (comme de nombreux autres états en développement) a ainsi mené depuis les années 1970 des politiques d'import substitution pour disposer d'une industrie locale et ne pas dépendre uniquement des biens importés ... Mais de telles politiues demandent des décennies pour porter leurs fruits (même si elles peuvent être défaites très rapidement) et ne se mettent pas en oeuvre du jour au lendemain, en baissant unilatéralement les prix ou autres mesurettes ...

 

4) Enfin, le discours de manifestants pose problème. A les entendre, il faut retirer les gendarmes mobiles car cela exite les manifestants ... Pareil pour l'absence de propositions de la ministre de l'outre-mer qui a donné lieu à des pillages. Je pense personnellement que les mahorais, sous couvert d'une contestation sociale, se lancent dans une économie de prédation parce qu'ils n'ont pas compris les enjeux de la départementalisation qu'ils ont choisi à une immense majorité.

 

Ils ont vraisemblablement choisi la voie de la départementalisation pour de mauvaises raisons sans en intégrer les conséquences financières. On ne peut pas avoir à la fois un niveau de vie moyen en augmentation, des salaires en hausse du fait du rattrapage du Smic, des obligations sociales et sanitaires accrues (pour imposition d'une législation extérieure), sans devoir supporter des hausses des prix et un alignement des prélèvements sociaux et fiscaux. Nous ne sommes vraisemblablement qu'au début d'une prise de conscience douloureuse des conséquences du choix de la départementalisation pour les mahorais.

 

Pour conclure, il faut rappeler que la France est régulièrement attaquée, notamment devant l'organisation de l'unité africaine, pour avoir conservé Mayotte à l'issue du processus d'indépendance des Comorres (même s'il s'agissait du choix majoritaire des mahorais de l'époque). Cela a-t-il un sens de conserver dans la république française un peuple qui n'accepte pas les règles du jeu démocratique ? Ne ferait-on pas mieux de rendre Mayotte à l'état comorien, résolvant du même coup les problèmes d'immigration clandestine monstrueux liés à cette possession française ? 

 

Saucratès

 

 

Autre article sur un sujet proche :

http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2109987-repression_sanglante_a_anjouan_et_aux_comores.html


17/10/2011
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La situation politique dans les pays arabes

 

Réflexion quatre (22 février 2011)

Répression en Libye, au Bahrein ...

 

Après la Tunisie et l'Egypte, les révolutions ont donc gagné la Libye de Mouammar Kadhafi, le Bahrein, le Yémen ainsi que le Maroc. Le pouvoir dictatorial du colonel libyen Mouammar Kadhafi est celui qui semble vacciller le plus rapidement, malgré l'usage d'une répression sauvage envers les manifestants. Tirs à balles réelles sur les manifestants, utilisations de mercenaires étrangers de pays africains pour tuer, utilisation d'avions et d'hélicoptères de combat pour tirer sur la foule dans la capitale libyenne de Tripoli ... 166 personnes auraient été tuées parmi les manifestants à Tripoli lundi 21 février ... et plus de 400 personnes auraient été abattues au cours des cinq jours précédents selon la FIDH ...

 

Mais malgré tout, les manifestations se poursuivent, des mercenaires étrangers sont capturés par la foule et lynchés ... Plusieurs villes libyennes seraient tombées aux mains des manifestants à la suite de défections dans l'armée : Benghazi, Syrte, Tobrouk, Misrata, Khoms, Tarhounah, Zeiten, Zaouia et Zouara ... Et des dignitaires musulmans, du réseau des oulémas libres de Lybie, ont rejoint la contestation, appelant tous les musulmans à se soulever contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi. Un fatwa a même été lancée par le très influent théologien qatari d'origine égyptienne cheikh Youssef Al-Qardaoui, appelant l'armée libyenne à assassiner Mouammar Kadhafi : «Que quiconque de l'armée libyenne peut tirer une balle sur Mouammar Kadhafi pour en débarrasser la Libye, le fasse».

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/02/21/libye-de-nouvelles-voix-s-elevent-contre-kadhafi-le-bilan-s-alourdit_1483323_3212.html

 

Que la Lybie bascule aussi radicalement dans la violence et dans la contestation est évidemment une surprise, à la fois parce que la Libye est le pays d'Afrique le plus riche, avec une paix sociale achetée grâce à la rente pétrolière, mais également parce qu'il s'agit du pays arabe le plus dictatorial, le moins démocratique qui soit, même pas de façade, tenu par des comités révolutionnaires omni-présents, et où la constitution de groupements ou d'organisations interdits par la loi est puni de la peine de mort.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/21/libye-bahrein-pourquoi-l-effet-domino-touche-les-pays-arabes-riches_1483156_3232.html#ens_id=1481220

 

 

Réflexion trois (13 février 2011)

Après l'Egypte, à qui le tour ?

 

Après la Tunisie, la rue a donc également gagné en Egypte ! Le président Moubarak a donc abandonné face à la contestation de la rue, et la neutralité de l'armée égyptienne ... Comme son homologue tunisien, le président égyptien aurait amassé pendant ses décennies de présidence une fortune immense se comptant apparemment en milliards de dollars. Ce qui légitimise a posteriori le combat de leurs opposants politiques et émeutiers ...
 

Après ces deux pays, c'est à l'Algérie de commencer à enregistrer des manifestations d'opposants réclamant le départ du président Bouteflika. Celui-ci n'est pas au pouvoir depuis trente ans comme ses homologues tunisien et égyptien, mais son parti contrôle la vie politique algérienne depuis l'indépendance. Comment ne pas voir également derrière ses manifestants l'influence croissante des partis islamistes tunisiens, égyptiens et maintenant algériens ? Le futur de ces pays nous renseignera sur le devenir des pays de l'arc méditérannéen et sur la place qu'y occuperont les partis islamistes ... Verra-t-on une islamisation forcée de ces pays au cours des prochains mois et années, comme en Iran il y a maintenant plus de trois décennies ... Et quelle place laissera-t-elle aux laïcs ? 

 

Algérie, Syrie, Iran, Lybie ; sont-ce les pays qui pourraient risquer de basculer dans la contestation au cours des prochaines semaines ou mois, au fur et à mesure d'une gigantesque partie de dominos causée par la fuite du président tunisien, et avant cela par le suicide d'un pauvre homme victime d'une injustice de la part de la police tunisienne ...

 

Y a-t-il une moindre possibilité que ce mouvement de contestation politique et urbain gagne la vieille Europe ? Car la Tunisie et l'Egypte étaient certes des dictatures, mais des dictatures qui respectaient plus ou moins les principes démocratiques d'élections 'régulières' apparemment libres ... La France et surtout l'Italie sont-elles véritablement différentes de la Tunisie et de l'Egypte ? Plus de liberté et une absence de torture, certes ... Un respect des règles de l'état de droit ... Mais dans ces deux pays, des présidents qui ne distinguent pas la sphère privée et leurs obligations de chef d'état, avec lesquels on peut s'interroger sur notre respectabilité internationale ... Après l'Algérie donc, après la Syrie, après la Lybie, après l'Iran, il ne serait pas invraisemblable de penser que la rue pourrait se soulever en Italie contre Berlusconi ... Et Berlusconi parti, ce serait alors au tour de la rue française de demander le départ de son pseudo-dictateur ... Mais tant que l'Italie ne bougera pas, il paraît peu vraisemblable que ce mouvement de contagion touche la France de Nicolas Sarkozy ...

 

Dans toutes ces contestations et ces émeutes, ce qui comptera sera la prise de position de l'armée, que ce soit en Algérie, en Syrie, en Lybie ou en Iran. Puis en Italie et en France ... Tout continuera de dépendre de l'armée ...

Belle démonstration en tout cas de l'effet domino ; ces pays qui les uns après les autres basculent dans la contestation puis arrivent à faire partir leurs dirigeants, dirigeants qui n'ont plus d'autres solutions que le départ face à une rue sûre de sa victoire devant l'exemple tunisien. Evidemment, nul ne sait si le futur sera mieux que le passé pour les minorités et pour les femmes ... Mais cela a-t-il la moindre importance aux yeux des hommes qui recherchent le pouvoir ? 


 

Réflexion deux (29 janvier 2010)

La notion élastique de peuple chez les émeutiers égyptiens et chez les cordonniers (qui sont, comme tout le monde le sait, les plus mal chaussés) ...

 

Les évènements de contestation du pouvoir égyptien et de son chef d'état, sur le même modèle que les évènements tunisiens qui avaient conduit à la fuite de leur président à vie Ben Ali, se transforment en des scènes d'émeutes indescriptibles. Le président égyptien pourra-t-il se maintenir au pouvoir et juguler les scènes d'émeutes qui frappent la capitale égyptienne ? Ces scènes d'émeutes montrent qu'aucun pouvoir étatique, aussi dictatorial soit-il, aussi coercitif soit-il (mais tout pouvoir étatique est coercitif), ne peut se maintenir face à la rue déchaînée dans les états arabes, et très vraisemblablement quelque soit le pays, même en Europe ou aux Etats-Unis.

 

Un certain nombre de blogueurs appuient vigoureusement la lutte de leurs frères tunisiens ou égyptiens. Pour ma part, je suis gêné. Les évènements tunisiens et plus encore égyptiens ne risquent très vraisemblablement que de conduire à l'avènement au pouvoir des partis islamistes tunisiens ou égyptiens (les frères musulmans) et je ne sais si je ne préfère pas une dictature infâme (surtout si je n'y vis pas) à un régime islamiste supplémentaire dans le monde, qui aura pour obectif l'asservissement de l'Occident, la mort des infidèles (nous-mêmes chrétiens) et le djihad ...

 

Une deuxième chose me gêne. A la suite des évènements tunisiens, des groupes de miliciens nettoient la Tunisie des militaires, gendarmes et policiers de l'ancien régime honni ! Ces scènes pour la plupart cachées par les médias conduisent à des atrocités, qui n'ont guère à envier aux scènes antérieures du régime dictatorial de Ben Ali. Ce ne sont que scènes de lynchage où seule la mort attend ceux qui sont soupçonnés d'être d'anciens gendarmes ou policiers ... Il suffit qu'une personne dans une foule désigne une personne d'en être, et la foule en délire se jette sur le malheureux, sur l'infortunée victime ... Combien de morts dans ces scènes d'émeutes et de lynchages en Tunisie ? Et combien d'innocentes victimes, victimes de règlement de compte ou autres ...

 

Enfin, une dernière chose. Qui expliquera d'ailleurs le titre de cet article ... J'entends des émeutiers égyptiens déclaraient que le peuple veut le départ du président Moubarak. Mais ils ne sont que quelques centaines de milliers de manifestants et d'émeutiers et ils considèrent qu'ils parlent au nom du peuple dans son entier ! Cette généralisation me gêne énormément. Que des émeutiers activistes puissent se croire investis d'un pouvoir les dépassant, représentant le peuple dans son entier !

 

Mais il y a quelque chose de plus risible (ou consternant) encore ... Lorsque j'entends le gouvernement français de Nicolas Sarkozy reconnaître, au détour d'une déclaration sur la situation égyptienne, qu'il faut respecter la décision du peuple, en parlant de quelques centaines de milliers d'émeutiers ... Mais il y a quelques mois, lorsque la rue française revendiquait contre la réforme des retraites, pourquoi le président français et ce même gouvernement n'ont-ils pas respecté le souhait du 'peuple' français et de ses quelques millions de manifestants ?

 


Réflexion une (26 janvier 2010)
La contagion des évènements tunisiens

 

On assiste à une situation intéressante dans les divers états méditérannéens, avec la propagation contagieuse de la chute du régime dictatorial tunisien de Ben Ali à la fois à l'Algérie de Bouteflika et à l'Egypte de Moubarak. Dans ces deux pays, ces dictatures qui ont tout l'air de démocraties organisant des élections régulières (mais aux scrutins manipulés) combattent violamment les manifestations des contestataires en nombre grandissant ... Ce qu'avait fait avant eux le régime de Ben Ali avant de s'écrouler. Pour mémoire, tous les renversements de régime reposent sur de tels événements, de l'affrontement de manifestants et des forces de l'ordre, avant que les premiers ne l'emportent. Cela a été vrai de la révolution orange en Ukraine, aux évènement de Madagascar d'il y a quelques années, jusqu'à leur ancêtre à tous, la révolution française de 1789.

 

Jusqu'où cette contagion peut-elle gagner ? Car les pays arabes de la zone méditérannéenne (et plus loin) sont presque tous des dictatures, à quelques exceptions près (notamment le Liban et l'Irak maintenant). Rien ne s'oppose ainsi à ce que la contagion ne gagne le Maroc (même si la légitimité de son souverain royal est beaucoup plus assurée que celle de ses voisins), la Lybie, la Syrie ou l'Iran (qui a connu une situation aussi conflictuelle il y a quelques mois, situation qui semble s'être calmée aujourd'hui, avec une opposition vraisemblablement muselée par un régime militaro-religieux) ... sans oublier les états monarchiques du Golfe.

 

On peut même se demander si ce vent de révolte ne pourrait pas traverser la Méditérannée pour gagner les supposées démocraties de la vieille Europe, comme la France et l'Italie, dont les dirigeants politiques contestés mènent des politiques économiques ou sociales ouvertement partisanes et gèrent nos pays comme s'ils en étaient les roitelets. Dans ces pays où la contestation et les manifestations sont une sorte d'héritage, de legs historique, où des mouvements sociaux de grande ampleur ont régulièrement lieu, ne peut-on imaginer que la jeunesse désoeuvrée des cités et les jeunes contestataires des universités ne se lancent à l'assault de pouvoirs corrompus et de présidents rejetés ?

 

 

Saucratès


22/01/2011
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