Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Les affaires


L'affaire Dieudonné

Réflexion quatre (lundi 13 janvier 2014)
Il n'y a plus d'affaire Dieudonné !

 

Voilà, c'est fini. C'en est presque triste, Dieudonné abandonne le conflit qui l'opposait au Système, au gouvernement, aux associations antiracistes. Il n'y a plus d'affaire Dieudonné. Comment écrire sur une affaire qui n'en est plus une ? De toute façon, contre l'unanimité de droite et de gauche, contre l'unanimité contre lui de tous les bien-pensants et les empêcheurs de penser en rond, il n'avait plus aucune chance. Lorsque les plus hautes instances judiciaires françaises violent allègrement le droit public français, que voulez-vous qu'un pauvre artiste franco-camerounais hors système fasse contre tout le monde ?

 

Ah ! Ca me rappelle les histoires sur Yannick Noah ! Le fait que lorsqu'il gagnait il était «le français qui gagnait» ... Et lorsqu'il perdait, il était «le franco-camerounais qui perdait» ... Parce que combien de fois n'a-t-on pas entendu ces derniers jours, les uns et les autres, de la part des journalistes ou des associations antiracistes, cette petite antienne sur Dieudonné le franco-camerounais ... Mais certainement lui n'a-t-il pas droit aux mêmes égards que les autres opprimés !!!

 

Ceci étant dit, gageons que la curée contre Dieudonné ne prendra pas fin aussi rapidement, et que ses opposants, ses adversaires ne s'arrêteront que lorsque Dieudonné sera mort, assassiné, emprisonné ou en fuite à l'étranger. Sous couvert d'un combat contre l'antisémitisme, c'est tout un système, toute la machinerie d'un système qui s'est déchaîné, et cette machinerie a besoin de sang pour être satisfaite.

 

La rue n'est pas totalement contre Dieudonné. Evidemment, des millions de personnes bien-pensantes en France se disent dégoûtées par les blagues racistes de Dieudonné ; j'en côtois de nombreuses, et défendre Dieudonné est à leurs yeux au mieux incompréhensible, et au pire fait de toi un raciste, un antisémite et un gros con. Malgré tout, une grosse frange des français, ceux des cités, tous ceux qui sont victimes des violences sociales de notre société, chômage, licenciement, doivent, je pense, trouver une certaine jouissance à le voir combattre un système qui les a eux-mêmes exclus, broyés, rejetés ... Comment cette rue peut-elle comprendre les rodomondades de Valls et de sa clique, de la ministre de la culture et autres personnages importants de l'Etat et de la société française ?

 

Comme moi ? L'impression que toute cette histoire n'avait pour seul but que de tenter de noyer l'affaire Hollande-Gayet dont le pouvoir socialiste savait qu'elle était sur le point d'exploser ... Il aurait simplement suffi que le magazine Closer informe quelques jours à l'avance le gouvernement de cette parution ... ou que les renseignements généraux jouent leur rôle et aient transmis cette information à leur hiérarchie ... de quel ministère dépendent-ils donc au fait ? De l'intérieur ? C'est bizarre ... (pour rappel, les RG avaient été capables sous Mitterrand de masquer son aventure extraconjuguale et sa fille Mazarine) ... On appelle cela allumer un contre-feu pour étouffer médiatiquement une autre affaire très dangereuse pour le pouvoir socialiste ...

 

Et les plus récentes paroles de Manuel Valls apparaissent en regard particulièrement désagréables : «Je ne laisserai plus jamais, plus rien passer des mots qui divisent les Français (...). J'ai déclenché un mouvement parce qu'il y avait une forme d'impunité qui me révoltait» ... Ou s'arrêtera le ministre de l'intérieur contre ce qui divise les français ? Des milliers de choses divisent les français ... L'autorisation du mariage des homosexuels divise les français ... Le chômage et le fait de disposer d'un travail divise les français ... Les différences de richesse divisent les français ... Les différences de pouvoir, entre ceux qui peuvent bafouer la loi, rouler à tombeaux ouverts sur les autoroutes parce qu'ils sont ministres, gendarmes ou policiers, et ceux qui à la moindre incartade passent sous les fourches caudines de la justice (comme Dieudonné), tout cela divise les français ... Pourquoi donc ne s'attaquer qu'aux mots ? Les propos moqueurs sur les blancs, sur les noirs, sur les jaunes, sur les musulmans, sur les bretons, sur les auvergnats, bénéficieront-ils également de la même valeureuse condamnation de Manuels Valls ?
http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20140111.AFP7321/dieudonne-interdiction-du-spectacle-confirmee-a-orleans.html

 

Enfin, cette non-affaire Dieudonné continue de me laisser un goût d'insatisfaction. Insatisfaction parce que les jugements rendus par le Conseil d'Etat, notamment celui de jeudi soir, violent le droit constitutionnel français, les principes supérieurs du Droit français, ceux en raison desquels nous sommes une Démocratie, une République ... Les principes qui devraient être inviolables et sur lesquels justement le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel sont censés veiller scrupuleusement ... Et gageons que ce qui a été jugé de manière expéditive, sans possibilité pour Dieudonné d'être entendu ni même défendu, cette justice d'exception, gageons que nous nous trouverons nous aussi confronter à ces dérives, dérives d'une justice dévoyée ...

 

Alors oui, j'aimerais que cette affaire qui n'en est plus une ne s'arrête pas là. J'aimerais que la cour de justice européenne, que la cour européennes des droits de l'homme soit saisie de ce jugement du Conseil d'Etat incompréhensible, inacceptable ... J'aimerais que la liberté d'expression soit défendue ... Car on le voit bien, la fatwa du pouvoir socialiste contre Dieudonné va être lancée de la même manière contre le magazine Closer et ses journalistes qui osent s'en prendre au président de la république et à l'actrice avec lui est prêté une liaison ...

 

La boite de Pandorre a été ouverte. Et tous les bien-pensants feraient bien de réfléchir rapidement, sur le fait de savoir s'ils veulent rentrer dans une dictature des derniers bien-pensants, des plus puissants ... Le Conseil d'Etat n'a pas encore été appelé à se prononcer sur l'interdiction du magazine Closer, de la sortie de ce numéro ... ou de la fermeture administrative de ce magazine ... après tout, lui aussi est un récidiviste auquel on ne peut plus faire confiance ... Mais je suis sûr que le Conseil d'Etat saura, à la demande du même ministre de l'intérieur, prendre une nouvelle mesure expéditive et liberticide à la demande du pouvoir socialiste ... Quand je pense que des milliers de salariés protégés licenciés en conflit avec leur employeur, des milliers d'entrepreneurs en conflit avec une administration, attendent parfois des années que ce même Conseil d'Etat statue sur leur affaire ... et là, en quelques heures, en quelques dizaines de minutes, ce même Conseil d'Etat est capable de statuer ... Ca doit les laisser songeur ...

 

 

Réflexion trois (vendredi 10 janvier 2014)
La décision incompréhensible du conseil d'état dans l'affaire Dieudonné

 

A 18 heures 40 hier soir, le Conseil d'Etat, saisi en urgence par le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a cassé la décision du tribunal administratif de Nantes qui avait autorisé le spectacle de Dieudonné au Zenith de Nantes. Derrière la décision juridique sur laquelle on peut être ou non d'accord, notamment en ce qui concerne le respect ou non de la liberté d'expression et de la liberté d'opinion, je tiens à réagir sur l'enchaînement de ces événements et sur les délais invraisemblablement courts qui ont été observés dans cette affaire, lorsque l'on sait que le conseil d'état met souvent entre trois et quatre ans pour se prononcer sur les annulations d'autorisation administrative de licenciement de délégués syndicaux et de représentants du personnel.

 

Revenons sur l'enchainement de la journée d'hier.
http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20140109.OBS1800/en-direct-dieudonne-jouera-t-il-a-nantes-le-tribunal-est-reuni.html

 

A 10 heures 30 hier matin, l'audience du tribunal administratif de Nantes débute. A 14 heures 20, le tribunal administratif de Nantes décide d'annuler l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique, ce qui a pour effet de permettre la représentation du spectacle de Dieudonné le soir-même à Nantes. Un peu moins de quatre heures pour le procès et le rendu du délibéré, c'est déjà très rapide.

 

A 15 heures 10, le ministre de l'intérieur annonce la saisie immédiate du Conseil d'état. L'appel du jugement du tribunal administratif de Nantes se fera directement devant le Conseil d'Etat (et non pas devant une Cour administrative d'appel) car il s'agit d'un rejet de référé 'liberté'. Le recours n'aurait pas été suspensif : il n'aurait pas empêché l'exécution de la décision des juges.

 

A 15 heures 15, il est annoncé que l'audience en référé du conseil d'état se tiendra à 17 heures, soit avec une heure 45 minutes de délai. L'avocat de Dieudonné ne pourra pas être présent, et donc Dieudonné ne pourra vraisemblablement pas être défendu. Or, il me semblait qu'en droit français, toute personne avait le droit d'être défendue ? Sauf Dieudonné ?

 

A 18 heures 45, au bout donc de 1 heure 45 minutes de jugement et de délibéré, devant apparemment un juge unique, le Conseil d'Etat casse la décision du tribunal administratif de Nantes et donne raison au préfet de Loire-Atlantique. Le spectacle de Dieudonné est donc interdit ce soir à Nantes. 

 

Gageons qu'il s'agit d'un plus rapide jugement intervenu à la suite d'une décision d'un tribunal administratif ! Impossible de savoir si Dieudonné était représenté par un avocat/avoué devant la Conseil d'Etat et s'il a pu être défendu ? Impossible de savoir même de quel manière un rapporteur au conseil d'état a pu élaborer les conclusions du gouvernement ? Impossible surtout de savoir si les droits de cette personne, Dieudonné M'bala M'bala, ont été respectés.

 

Je n'ai jamais vu pareille parodie de justice être tenue, et je n'ai plus l'impression d'être dans un état de droit, même si tout le monde se réjouit de cette décision et de l'annulation du spectacle de Dieudonné. Pour moi, il n'y a pas eu de justice rendue dans cette affaire, aussi sordides puissent être les blagues et horreurs prononcées par Dieudonné sur les juifs. Même les pires criminels de guerre nazis avaient eu droit à un procès juste et équitable à Nuremberg !

 

Certains sont fiers d'être en France suite à ce jugement ! Moi, j'ai honte d'y vivre si la plus haute instance juridictionnelle en droit public français peut prononcer un jugement dans ces conditions, dans cette précipitation ! Gageons que la Cour européenne des droits de l'homme condamnera la France dans cette affaire !

 

 

Réflexion deux (jeudi 9 janvier 2014)
La liberté d'expression

 

A la base de l'affaire Dieudonné, pour sa condamnation ou sa défense, il me semble nécessaire de resituer ce que l'on appelle «la liberté d'expression». Quelles sont les fondements juridiques et constitutionnels de la liberté d'expression, et une personne comme Dieudonné peut-elle être condamnée publiquement et poursuivie pour des opinions, être interdit d'expression de ses opinions, même si celles-ci sont considérées comme racistes et antisémites ?

 

J'ai trouvé plusieurs fondements constitutionnels à la liberté d'expression. Le premier fondement historique, le plus ancien, se trouve dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, principes qui sont repris dans le préambule de la constitution actuelle de la France (du 4 octobre 1958) et ont donc valeur constitutionnelle. Les articles 10 et 11 traitent respectivement de la liberté d'opinion et de la liberté d'expression.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789
http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789

Article 10 : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.»

Article 11 : «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.»


A noter que les limites de la liberté d'expression doivent être prévues par la Loi. Concernant la liberté d'opinion, on notera que l'article 10 est plus restrictif avec cette référence à d'éventuels troubles de l'ordre public, notion particulièrement subjective. Il est clair que le droit fondamental à la liberté d'expression aux Etats-Unis est beaucoup plus protégé puisque le premier amendement de 1791 à la constition américaine stipule : «Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances.» (traduction : «Le Congrès ne fera aucune loi accordant une préférence à une religion ou en interdisant le libre exercice, restreignant la liberté d'expression, la liberté de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d'adresser à l'État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis.»)

 

Le deuxième fondement constitutionnel de la liberté d'expression est à chercher dans La Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée le 10 décembre 1948 par les 58 membres de l’Assemblée générale de l'Organisation des nations unies (ONU) de l'époque. Les articles 18 et 19 consacrent la liberté d'expression, conjointement à la liberté de conviction et de religion :

 

Article 18 : «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites»

Article 19 : «Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit»

 

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle (article 55 de la constitution française de 1958 : «Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie.»). Il doit être noté également que les limites à la liberté d'expression et d'opinion des personnes et des individus ne sont pas prévues dans ces articles de La Déclaration universelle des droits de l'homme, par différence avec les deux premiers textes de 1789 ; signe que les principes démocratiques ont évolué avec les siècles, même si on ne s'en aperçoit pas actuellement en France. 

 

Un troisième fondement constitutionnel de la liberté d'expression peut être trouvé dans La Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales du Conseil de l'Europe, entrée en vigueur le 3 septembre 1953, dont l'article 10 traite de la liberté d'expression :

 

Article 10 – Liberté d'expression

«1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations.

2. L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire.»

 

Il peut être noté que ce texte est plus limitatif puisqu'il prévoit des limites («formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi») pour tout ce qui a trait «à la sûreté publique, à la défense de l'ordre (...), à la protection (...) de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui (...)», certainement supposées être indispensables dans des démocraties comme les nôtres.

 

Enfin, pour ce qui constituerait une opinion politique (puisque la qualité d'humoriste de Dieudonné lui est refusée par ceux qui le contestent), la liberté d'expression est également protégée constitutionnellement par l'article 4 de la Constitution française du 4 octobre 1958 :
http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Constitution-du-4-octobre-1958

 

«Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en oeuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.»

 

Pour être clair sur ce sujet, il faudrait aussi s'intéresser à ce que l'on appelle la notion d'abus de droit, selon le principe qu'aucun droit ne devrait être absolu. Ce n'est cependant pas le cas dans le cadre des divers amendements à la constitution américaine (pourtant les américains ne s'en portent pas plus mal) ou bien si on lit La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 (l'ironie de l'histoire veut que ce texte ait été adopté à Paris, au Palais Chaillot, en un autre temps). 

 

Autre ironie de cette histoire sur Dieudonné, c'est bien que le site du Nouvel Obs puisse appliquer une politique de modération et de censure sur les opinions exprimes sur les blogs concernant cette affaire, alors l'article 10 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales du Conseil de l'Europe de 1953 indique pour la liberté d'expression «sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques (...)». L'équipe des modérateurs du Nouvel Obs n'est certainement pas une autorité publique, mais elle s'attribue un droit de censure qui est refusé aux autorités publiques. 

 

 

Réflexion une (mercredi 8 janvier 2014)
L'affaire Dieudonné

 

Que faut-il penser de cette histoire de quenelle, de Dieudonné, de son antisémitisme et de ses déboires avec le gouvernement français et tout particulièrement le ministre de l'intérieur Manuel Valls ? Je ne connais pas les spectacles de Dieudonné et je ne me suis même pas sûr que je les apprécierais. Mais cela ne suffit pas à m'interdire à prendre position dans cette affaire. Après tout, je ne connais guère plus le moindre humoriste français (autant qu'il soit possible de dire que Dieudonné est un humoriste) et il est certain par exemple que j'aime encore moins les spectacles de Jean-Marie Bigard et l'horrible slip kangourou qu'il a affiché pour un de ses spectacles. Le dernier humoriste que j'aimais bien était Coluche, et son ami Thierry Le Luron. J'ai un peu l'impression depuis cette époque qu'il n'y a eu pas un seul humoriste valable en France (à l'exception de quelques blagues de Roland Magdane). D'une certaine manière, Coluche et Thierry Le Luro étaient des humoristes engagés politiquement, plus que des simples humoristes faiseurs de blagues ... Mais évidemment, ils défendaient les 'bonnes' causes, les causes politiquement 'acceptables', et n'attaquaient pas les symboles qu'il ne faut pas aborder dans une démocratie française qui pose un certain nombre d'interdits.

 

Et c'est pour cette raison qu'il me semble qu'il faut défendre Dieudonné M'bala M'bala. Evidemment, il semble que ses spectacles soient largement occupés par des blagues ou des attaques concernant quelques personnes de la communauté juive française. On peut parler d'une obsession anti-juive de Dieudonné dans ses spectacles. En même temps, son obsession peut se comprendre s'il se croit l'objet d'une caballe des politiques et d'un lobby juif français. 
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140103.OBS1315/au-spectacle-de-dieudonne-rires-non-stop-et-obsession-des-juifs.html

 

Le problème selon moi se trouve à plusieurs niveaux. Premièrement, est-il normal en France qu'on puisse rire d'un certain nombre de choses, d'un certain nombre de gens, mais qu'il soit interdit de critiquer un certain nombre d'autres sujets, comme les juifs, comme la politique d'Israël, comme les handicapés, comme les femmes ... et j'en passe certainement quelques autres sujets. Je pense ainsi que l'on a plus le droit de se moquer des noirs sans risquer une plainte d'une association anti-racisme (notamment de celle de Lozès). Pourtant je me rappelle de certaines blagues d'un ancien humoriste qui aimait bien prendre un supposé accent africain (Michel Leeb) et je ne suis pas sûr que ses blagues ne seraient pas aujourd'hui poursuivies pénalement.

 

Voilà ce qu'écrivait Rama Yade de Michel Leeb, dans un ouvrage intitulé 'Noirs de France' :

« En jouant avec l’inconscient collectif de son public, Michel Leeb, grimé en noir et les lèvres rougies, a construit toute sa carrière d’humoriste sur ces clichés, notamment le supposé accent africain présenté comme la manifestation d’un handicap intellectuel, sans que, pendant longtemps, personne ne s’en étonne. On entend quelquefois dire que ces sketches ne sont pas racistes et que, décidément, on ne peut plus rire de rien. Pour savoir si les sketches de Michel Leeb sont drôles ou racistes, il suffirait d’imaginer, un instant, que son public soit entièrement noir »

 

De qui en France peut-on se moquer sans danger aujourd'hui ? A part des blancs, et de certains régionalismes de blancs français (les auvergnats par exemple), je ne suis pas sûr qu'on puisse se moquer ouvertement d'autres types de couleur de peau. Les chinois et les niakwés ? Je ne pense pas non plus que cela soit sans danger pénal ? Les guignols de Canal Plus se permettent simplement de se moquer des militaires américains ressemblant à Stallone se moquant des Niakwés ... Il est extraordinaire que Brice Hortefeux ait dû mentir pour travestir une de ses sorties racistes sur les arabes pour prétexter qu'il parlait en fait des 'auvergnats' ... «Un seul cela suffit ...». Personne ne l'a attaqué pour s'être attribué cette attaque et personne n'y aurait pensé. «Un seul auvergnat cela suffit ...» n'aurait été considéré comme raciste par personne. Mais l'expression «un seul magrebhin cela suffit ...» serait raciste ?

 

Mais il y a pire que de se moquer des noirs ou des magrebhins ou des niakwés. C'est de se moquer des juifs. Les premières blagues vous exposent à être poursuivis au plan civil ou pénal par les associations communautaristes noires ou antiracistes, si vous êtes un humoriste blanc. Les blagues sur les juifs ou Israël vous exposent à condamner politiquement comme antisémite par les associations communautaristes juives ou antiracistes et d'être en poursuivi et condamné par le gouvernement et par le ministre de l'intérieur. Elles vous exposent à être victime d'un déchainement de violences et d'une condamnation morale. Vous n'êtes plus un homme, ni un humoriste : vous êtes devenus un antisémite !

 

Défendre Dieudonné, c'est simplement selon moi combattre l'idée que la liberté d'expression puisse être limitée, c'est défendre l'idée que la liberté d'expression est illimitée et constitutionnellement protégée, et qu'elle ne se limite pas aux seules moqueries contre les 'hommes blancs'. Que ce n'est pas une sorte d'auto-dérision pour hommes blancs ayant le sens de l'humour, ou une catharsis pour les autres peuples ou pour les femmes qui peuvent leur faire payer des siècles de domination sans que la justice française n'y ait rien à redire. N'oublions pas que le simple fait qu'une association anti-raciste ait pu se constituer partie civile dans une histoire de racisme anti-blanc avait fait polémique il y a quelques mois.

 

Un deuxième raison me poussant à défendre la liberté d'expression de Dieudonné concerne l'acharnement de Manuel Valls à son égard. Les ministres de l'intérieur ont régulièrement des marottes. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait la marotte des organisations terroristes d'extrême-gauche et un petit groupuscule de militants (le groupe de Tarnac autour de Julien Coupat) en avait fait les frais. La ministre de l'intérieur de Nicolas Sarkozy de l'époque, Michèle Alliot-marie, avait pour objectif de s'attaquer aux groupes supposés terroristes d'extrême gauche et n'avait trouvé à s'attaquer qu'au groupe de Tarnac, supposé être le rédacteur d'un petit livret (libelle) intitulé 'l'insurrection qui vient'. J'avais condamné cette affaire comme je condamne aujourd'hui la marotte de l'antisémitisme de Manuel Valls. Comme le disait Julien Coupat à l'époque : «l'antiterrorisme est la forme moderne du procès en sorcellerie». Aujourd'hui, avec ce gouvernement socialiste, c'est plutôt l'antisémitisme qui est la forme moderne du procès en sorcellerie. Tout ceci est bassement politique et ne devrait pas occuper l'espace médiatique. Je crains que cela ne vise qu'à étouffer toute autre forme de débat sur l'impopularité de ce gouvernement socialiste et à cristalliser une opposition et une opinion publique sur des sujets moins dangereux pour un président de la république aux abois. Les chiens (en général) ont besoin d'un os à ronger ; c'est simplement tombé sur Dieudonné comme il y a quelques années c'était tombé sur Julien Coupat et son amie Yldune Levy.

 

Après cela, que dire d'autres. Il est évident qu'en défendant Dieudonné, je me suis attiré la haine de toute une partie influente de la blogosphère du Nouvel Obs autour d'Allegra et Mirage ... et d'Anna (mais est-elle encore là) et que je ne vais pas pouvoir y faire long feu. On peut parler du contenu des blagues de Dieudonné ou de ce geste condamné (la quenelle). Je n'en ai strictement aucune opinion. Mais un geste qui choque a forcément beaucoup d'attrait pour tous ceux qui veulent s'inscrire contre le système (les jeunes adolescents ou adulescents), ou qui apprécient simplement le personnage de Dieudonné, pour X raisons. Les réactions indignées provoquées par la quenelle d'Anelka, les appels au limogeage/expulsion de ce joueur m'amusent ainsi extraordinairement. La quenelle d'Anelka est ainsi simplement révélateur que toute critique à l'égard des juifs et du sionisme est ainsi impossible en Europe (du moins en France et en Angleterre) et cette impossibilité anti-démocratique devrait de fait imposer à tous ceux qui militent pour la démocratie de combattre cette histérie anti-antisémite.

 

Saucratès


08/01/2014
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L'affaire Arche de Zoé (2)


Réflexion seize (11 décembre 2012)
Le gachis de l'affaire Arche de Zoé

 

Ces jours-ci se tient la partie française du procès de l'affaire de l'Arche de Zoé, cinq ans après les faits. Deux des prévenus (Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch) se sont réfugiés en Afrique du Sud, laissant seuls leurs compagnons répondent de cette sordide et désastreuse affaire, qui ont conduit certains de leurs membres dans les geôles tchadiennes et devant la justice de ce pays, où ils furent condamnés à huit ans de travaux forcés par la cour criminelle de N’Djamena (il y a cinq ans le 26 décembre 2007).

 

Signe d'une absence d'indépendance de l'Etat tchadien, les condamnés seront extradés immédiatement après leur condamnation vers la France pour soi-disant y purger leur peine, puis ils furent grâciés par le président tchadien quelques mois plus tard, le 31 mars 2008. Je m'interroge toujours sur les pressions exercées à l'époque par l'Elysée et Nicolas Sarkozy sur le président tchadien, voire sur les dessous de cette opération.

 

Dans le cadre de ce procès apparaît clairement l'aveuglement des personnes de bonne volonté qui se lancèrent dans cette opération aux côtés d'Eric Breteau, persuadés d'oeuvrer dans la plus stricte légalité, pour le bien d'enfants en difficulté. Les témoignages présentés par Le Monde concernent Alain Peligat, logisticien, et Nathalie Cholin, infirmière urgentiste hospitalière, qui s'occupait du suivi psychologique des enfants et des membres de l'expédition.

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/12/10/arche-de-zoe-un-immense-gachis/

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/12/03/arche-de-zoe-la-detresse-dune-benevole/

 

Apparaît le côté mégalomane du leader de ce groupe, Eric Breteau, sa folie, son autisme et la dérive criminelle de son plan, qui le conduisit à prévoir d'enlever de jeunes enfants volés à leur famille pour les faire adopter en France, alors qu'initialement, il devait s'agir d'enfants orphelins du Darfour. L'histoire d'un homme ne connaissant pas grand chose à une telle aventure humanitaire et qui ne sut pas comment réagir à une faille de son plan si magique sur le papier, et qui se mua en voleur d'enfants, faisant un tord extrême à toutes les autres opérations humanitaires françaises dans le monde, créant une suspicion de vol d'enfants ...

 

Et le pire, c'est que pour un peu, il a failli réussir à voler des enfants tchadiens à leur famille, familles qui ne les aurait jamais revus s'il avait réussi à faire décoller son avion et sa centaine d'enfants.

 

Le malaise qui ressort de cette affaire, c'est que de telles opérations (de vols d'enfants de pays en développement) ont souvent eu lieu par le passé et qu'elles n'ont jamais été condamnées par la justice. L'une d'elles concerne l'affaire des enfants de la Creuse, de jeunes réunionnais qui dans les années 1950-1960, ont été de la même manière arrachés à leurs parents, à leur famille, pour être envoyés en France, dans la Creuse comme garçons de ferme, pour y être adoptés, alors qu'à leur famille il était expliqué qu'ils allaient suivre une formation. La Réunion à l'époque était pourtant un département français !

 

Alors l'indignation publique des autorités françaises dans l'affaire Arche de Zoé me fait bien rire !

 

Cette histoire fait également apparaître un ethnocentrisme marqué de ces soi-disant bénévoles humanitairement impliqués. Ainsi Alain Péligat et son épouse ont élevé sept enfants, dont trois enfants adoptés, et sont engagés dans l'accueil temporaire d'adolescents ou de femmes en difficulté. Un ethnocentrisme qui veut faire croire qu'un jeune enfant africain sera forcément plus heureux en France que de son pays d'origine, à pouvoir être élevé par une famille française que par les siens, à pouvoir bénéficier de la culture française que de se contenter de la culture africaine. Ces humanitaires semblent ne pas s'être véritablement libérés de l'impression que seule la civilisation européenne est intéressante/valorisante/valable.

 

Epilogue de cette affaire, trois ans de prison dont deux ans fermes ont été requis par la procureure contre Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch ; celle-ci ayant également demandé au tribunal de délivrer un mandat d'arrêt contre les deux prévenus qui vivent actuellement en Afrique du Sud et ne se sont pas présentés à l'audience. Des peines avec sursis ont aussi été requises contre les quatre autres prévenus : le docteur Philippe Van Winkelberg (18 mois), Christophe Lentien (12 mois), Alain Péligat (8 mois) et Marie-Agnès Peleran (8 mois). Ces derniers s'apparentent pourtant autant à des victimes abusées qu'à des coupables criminels ... De même que Nathalie Cholin, infirmière qui avait accompagné l'association au Tchad, qui était plus une victime entraînée qu'une coupable. 

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/12/11/arche-de-zoe-un-an-ferme-et-mandat-darret-requis-contre-breteau-et-lelouch/

 

D'une certaine manière, on aurait pu se retrouver embarquer facilement dans cette affaire si on avait croisé la route d'Eric Breteau et que l'on avait cru à son histoire de sauvetage d'enfants, si on avait eu envie de sauver des enfants, si on avait été tenté par l'aventure et l'humanitaire ...

 

 

 

Réflexion quinze (13 avril 2012)
Actualités récentes des aventures judiciaires des membres de l'Arche de Zoé

 

Le 27 octobre 2007, il y a quatre ans et demi, débutait les péripéties pénales de l'affaire de l'Arche de Zoé, et notamment de ses six principaux membres, Eric Breteau (37 ans à l'époque), sa compagne Emilie Lelouch (31 ans), Alain Péligat (56 ans), Dominique Aubry (50 ans), Philippe Van Winkerberg (48 ans) et Nadia Merimi (la benjamine).

Deux mois plus tard, le 26 décembre 2007, ils étaient condamnés à huit années de travaux forcés par la cour criminelle de N’Djamena au Tchad, après cinq jours de procès, ainsi qu'à verser solidairement 4,12 milliards de francs CFA (6,5 millions d’euros) aux familles des enfants.

 

Le 28 décembre, ils sont rapatriés en France pour purger leur peine. Evidemment, à ce moment-là, on comprend à la fois que le procès tchadien était une comédie autorisée par le gouvernement français pour faire semblant de respecter l'indépendance de l'état tchadien, mais on devine aussi que les six condamnés français ne purgeront pas leur condamnation. Le 28 janvier 2008, le tribunal correctionnel de Créteuil transforme la peine de travaux forcés en une peine de prison ferme. Et le 31 mars 2008, le président tchadien signe un décret leur accordant une grâce présidentielle.

 

Les membres de l'Arche de Zoé n'en ont cependant pas terminé avec la justice française. Ils demeurent poursuivis par la justice française pour escroquerie, aide à l'entrée et au séjour irrégulier de mineurs étrangers et exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption. Ils ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris par les juges d'instruction Yann Daurelle et Martine Vezant en charge du dossier (Dominique Aubry et Nadia Merimi ont bénéficié pour leur part d'un non-lieu). Le 21 septembre 2011, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris a fixer les charges retenues contre eux. Outre Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch, sont également poursuivis le médecin Philippe van Winkelberg et le logisticien Alain Péligat, ainsi que la journaliste Agnès Pelleran et un membre de l'association resté en France, Christophe Letien. Eric Breteau et Emilie Lelouch risquent dix ans de prison et 750.000 euros d'amende.

http://basse-normandie.france3.fr/info/non-lieu-pour-le-pompier-bas-normand-65537647.html

http://provence-alpes.france3.fr/info/suite-de-l-affaire-arche-de-zoe--70511346.html

 

Alain Peligat avait également fait appel de sa condamnation par l'état tchadien (il était le seul membre de l'association à conduire cette démarche). Sa condamnation a pourtant était confirmée d'abord par la cour d'appel de Paris le 19 janvier 2011, jugement au cours duquel il avait appelé les magistrats à laver son honneur («... que vous puissiez penser que nous avons été jugés correctement, ça, je ne comprends pas ... je ne vais pas accepter d'être condamné alors que je n'ai rien fait, je suis parti faire de l'humanitaire et non enlever des enfants»), puis rendu définitive par la Cour de cassation, qui a rejetté son pourvoi le 28 septembre 2011.

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110928.OBS1266/arche-de-zoe-alain-peligat-definitivement-condamne.html

 

En sens inverse, la procédure engagée par l'état tchadien pour le compte des familles des victimes pour obtenir le paiement de l'indemnité de 6,5 millions d'euros, à laquelle les six membres de l'association avait été condamnée, a été rejetée par la justice française. Le tribunal de grande instance de Digne-les-Bains a en effet débouté le 27 octobre 2011 l’association tchadienne qui réclamait 6,3 millions d’euros de dommages-intérêts au médecin de Castellane en exécution du procès de N’Djamena. «L’ordonnance du référé a débouté les plaignants sur deux plans : d’une part, sur l’irrégularité de l’arrêt tchadien (qui ne mentionne pas les noms des victimes) et, d’autre part, sur la procédure d’exequatur, c’est-à-dire l’exécution du jugement en France».
http://www.journaldutchad.com/article.php?aid=1969

http://www.lequotidiendumedecin.fr/information/le-dr-van-winkelberg-gagne-un-round

 

Cependant, derrière toutes ses péripéties judiciaires, il ne faut pas perdre de vue le sort des enfants tchadiens (ou du Darfour) totalement oubliés en France. A entendre les principaux membres de l'association Arche de Zoé, ces enfants étaient réellement des orphelins du Darfour, sans père ni mère, et ceux-ci ont depuis disparu, alors qu'ils leur promettaient une vie de rêve et de bonheur en France auprès de familles d'accueil.

 

La réalité semble être toute autre. Ibrahim Oubali Mahomet, paysan de l’ethnie masalit, est le père de trois enfants « volés » par l’Arche de Zoé : Hamza, Ami, Ahmat, aujourd’hui âgés de 10, 8 et 6 ans. «Des Tchadiens de la commune nous avaient dit que des Blancs avaient ouvert une école à Adré, pour apprendre l’arabe et le français», raconte-t-il. Marié à deux femmes, l’agriculteur a 14 enfants. Pourquoi aurait-il refusé d’envoyer trois de ses fils aux cours de l’Arche de Zoé ?

 

L’aîné (Hamza) a gardé des souvenirs de cette histoire. Il insiste sur sa grande frayeur lors de son départ vers Abéché, ainsi que sur les faux pansements dont l’avaient affublé les membres de l’Arche de Zoé dans le but de parfaire leur déguisement de réfugiés soudanais. «J’ai compris qu’on nous trompait à ce moment-là. J’ai eu peur et j’ai essayé d’avertir les autres. Puis je me suis mis à pleurer», raconte-t-il.

 

Hamza et ses frères sont désormais scolarisés à l’école d’Adré. Ibrahim Oubali Mahomet a tout de même obtenu un premier dédommagement. À chaque famille de la partie civile, l’État tchadien a versé 3,7 millions de francs CFA (environ 5 600 €) en 2008. Autant dire une petite fortune : le revenu mensuel moyen d’un fonctionnaire tchadien n’atteint pas les 100 000 francs CFA (151 €). Cet argent a permis à Ibrahim Oubali Mahomet de quitter son village à la frontière, d’acheter un terrain à Adré, de construire un abri en terre séchée et d’y installer ses proches. «Le reste de la somme a été dépensé à la scolarisation des enfants», assure-t-il.

 

Autre parent d'enfants victime, Zenaba Oubali, veuve de 35 ans, avait confié ses deux plus jeunes garçons à l’association : Youssouf, 8 ans et Mahamat, 9 ans. L'argent versé par l'état tchadien lui a permis d'ériger une clôture autour de sa maison, d'installer des latrines, de bâtir de nouvelles chambres pour ses huit enfants. La paysanne a aussi investi dans une charrette, une presse à huile, des poules, qui lui ont permis de diversifier ses faibles revenus tirés de l’agriculture pluviale.

 

Youssouf garde aussi ses distances. Chez lui aussi, visiblement, l’affaire a laissé de mauvais souvenirs. «Je vois des Blancs qui nous enseignent et qui nous mentent en même temps», lâche-t-il. Sa mère dit se réveiller en sursaut la nuit, cherchant à tâtons ses deux garçons qu’elle a cru ne plus jamais revoir. Zenaba Oubali a longtemps vécu avec un sentiment de culpabilité, voire de honte. Comment a-t-elle pu faire confiance à des étrangers ? Aujourd’hui, demeure l’amertume d’avoir été dupé par de belles paroles. «Des chefs locaux m’avaient assuré du sérieux de l’ONG», se souvient l’agricultrice qui venait de perdre son mari. «Autour de moi, beaucoup de gens voulaient inscrire leurs enfants dans cette école où ils devaient être nourris et soignés. Mes deux aînés n’ont jamais appris à lire. J’ai voulu que les deux derniers réussissent.»

http://osi.bouake.free.fr/?Les-enfants-oublies-de-l-Arche-de

 

Enfin, lire également une analyse intéressante qui remet en perspective cette affaire dans le champ de l'interventionnisme humanitaire et du déracinement. En n'oubliant pas que ce sont d'abord les ONG et les plus largement les blancs qui pâtissent de cette affaire Arche de Zoé au Tchad et en Afrique, et qui ont conduit les ONG a quitté la région frontalière entre Abéché et Adré (marquée par l'assassinat en mai 2008 de Pascal Malingre, chef de mission de l'ONG 'Save the children', alors qu’il accompagnait un convoi humanitaire vers Adré. Le Français devait mener à bien des programmes socio-éducatifs et nutritionnels dans les localités des enfants de l’Arche de Zoé)

http://humanitaire.revues.org/index198.html



Saucratès


Note précédente :
http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2110930-l_affaire_arche_de_zoe__1_.html


13/04/2012
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L'affaire Société Générale vs Kerviel

 

Réflexion quatre (4 juin 2011)
Procès en appel de Jérôme Kerviel

Il y a un peu moins de deux ans, Jérôme Kerviel avait été condamné dans le procès l'opposant à son ancien employeur, qui avait été dédouané de toute forme de responsabilité dans cette affaire et dans la perte de 4,9 milliards d'euros qui est reprochée au trader de la Société Générale.

 

Le procès en appel a commencé à Paris ce lundi 4 juin 2012.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/06/04/ouverture-du-proces-en-appel-du-proces-de-jerome-kerviel_1712048_3224.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/21/doit-on-plaindre-kerviel_1428963_3232.html

 

Je ne commenterais pas ce procès pour l'instant mais je vais essayer d'exposer un certain nombre de réflexions sur cette affaire extrêmement médiatique. La défense de la banque française, comme celle de toutes les banques qui ont perdu des millions ou des milliards d'euros ou de dollars du fait des agissements de traders désignés comme fous, consiste à déclamer que l'encadrement n'a jamais connu leurs agissements ni le fait que ces traders dépassaient les limites qui leur sont fixés.

 

Ce que je regrette dans l'enquête à charge qui a été menée par le procureur de la république dans cette affaire Kerviel, c'est que la réalité des pressions pesant sur les équipes de traders et sur l'encadrement de la banque n'ait pas été conduite dans le but de découvrir une vérité dérangeante.

 

L'encadrement de la Société Générale veut nous faire croire que toute la chaîne d'encadrement ignorait que des traders parmi lesquels Jérôme Kerviel dépassaient les limites d'engagement ! En fait, dans le métier du trading et de la banque, il n'est en aucun demander aux banquiers de contourner les règles mais il leur est demandé des résultats financiers. Et il est inutile lorsque l'on vous reproche de ne pas avoir atteint vos objectifs, de rappeler les limites d'engagements qui vous sont imposées. Cela ne concerne pas votre chef, ni les chefs auxquels lui-même devra rendre compte des résultats de son équipe. Le plus important est de respecter les objectifs assignés ; quelque soit la méthode que vous emploierez pour cela ... Mais attention à ne pas vous faire prendre à contourner les règles ! Les contrôles sont justes ce qu'il faut de suffisamment limités pour vous permettre de tricher sans vous faire prendre. Et un voile pudique sera jeté sur vos excellents résultats, sur lesquels personne n'ira s'interroger.

 

La Société Générale veut nous faire croire que le trading ne ressemble pas à cela, qu'ils sont persuadés que tout le monde respecte les règles de sécurité de limitation des engagements, et que seuls des traders fous contournent les règles.

 

En fait, c'est faux. Le fait de demander des résultats aux équipes de trading extrêmement importantes, tout en édictant des règles de sécurité très limitatives que les traders et leurs équipes d'encadrement sont appelées à transgresser pour atteindre les résultats fixés a un nom : il s'agit d'une méthode de management basée sur la shizophrènie. Le ministère public aurait dû vérifier l'existence de méthodes de management shizophrène dans les années et les mois précédant l'affaire Kerviel, puisqu'il est impossible de s'assurer du nombre de traders qui étaient en dépassement de limites avant les faits reprochés à Jérôme Kerviel. Quels messages étaient passés par les managers aux traders sur le respect des résultats ? Combien de traders ont été remerciés dans les équipes de la Société Générale les mois et les années précédents ?

 

La Société Générale était en première ligne sur les marchés des options et des produits dérivés pour gagner le plus possible ; elle communiquait sur les résultats exceptionnels de son activité de marché dans les années précédant la crise, résultats qui dépassaient largement la rentabilité de son activité de banque de détail. Mais ces résultats financiers mirobolants étaient le résultat d'un risque extrêmement important pris par la banque. Comme le rappelle Joseph E. Stiglitz dans «Le triomphe de la cupidité», ces résultats financiers mirobolants ne s'expliquent que par l'absence de prise en compte des possibilités de risques, de pertes, exceptionnelles, que le système financier essaie de faire prendre en charge par la collectivité. Un principe fondamental de banque est que l'excès de rentabilité financière n'est possible qu'en échange d'une plus grande prise de risques. En maintenant des services de trading pour compte propre, en imposant une rentabilité financière très supérieure aux taux du marché (actuellement 1% l'an des encours manipulés en l'absence de risques), l'encadrement de la Société Générale ne pouvait manifestement pas prétendre ignorer qu'ils imposaient une prise de risques plus importante à leur équipe, à leurs traders et leurs managers. Ou alors ils étaient incompétents, ce qu'ils ne devraient pas être eu égard à leurs rémunérations.

 

Plus largement, il faut rappeler que les grandes banques occidentales (dont la Société Générale) défendent becs et ongles l'absence de réglementation sur les marchés dérivés et sur les marchés non réglementés. Et ce ne sont pas les diverses affaires de trading pourri qui ont affecté leurs résultats ces dernières années qui leur font changer d'avis, comme celles qui ont touché la Barings (Nick Leeson) il y a quelques années (1995), la Société Générale (Jérôme Kerviel) en janvier 2008, UBS (Kweku Adoboli) en septembre 2011 et enfin JP Morgan (Bruno Michel Iksil) en mai 2012.

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/30/rogue-trading-des-garde-fous-peu-efficaces-face-a-l-absence-de-regulation_1636325_1581613.html

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/06/06/le-trading-illicite-devant-la-justice-combien-ca-coute_1712084_3234.html

 

Evidemment, Jérôme Kerviel a pu leur échapper, en misant sur 50 milliards d'euros, affecté par leur méthode de management shizophrène. Mais leurs systèmes de contrôle étaient du coup totalement et volontairement inefficaces s'ils n'ont pas su être alertés par de tels niveaux d'engagements. Et c'est une autre aberration de cette histoire.

 

Car une banque qui n'est pas capable de découvrir qu'elle peut être engagée à hauteur de 50 milliards d'euros, soit près de 2,5% du PIB français (l'ensemble des richesses produites en France), il y a de quoi s'inquiéter ! Lorsque la Société Générale ne sait pas découvrir un bénéfice de plus d'un milliard d'euros sur les opérations de Jérôme Kerviel à la fin de l'année précédente, il y a également des questions à se poser. Il y a là nécessité de se poser des questions sur le principe même de la financiarisation de l'économie et la complexification des établissements bancaires.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/06/06/proces-kerviel-evidemment-qu-on-est-la-pour-gagner-de-l-argent_1713103_3234.html

 

Se dédouaner de toute responsabilité du côté de la Société Générale en donnant en exemple les mesures prises depuis l'affaire Kerviel en matière de formation du management et en matière de contrôles ne me semble pas suffisant. C'est ce qui a existé avant qui doit être mis en lumière par la partie civile et par le ministère public, qui doit défendre la société fraçaise dans son ensemble et non pas la seule Société Générale, sa rentabilité et ses méthodes de management shizophrène !

 

Mais évidemment, tout cela n'intéressera pas la justice française et la présidente de la cour d'appel Mireille Filippini, qui ne va s'intéresser qu'à mettre Jérôme Kerviel en prison et non à faire le procès d'un système pourri et pervers ! Les puissants de notre terre peuvent dormir tranquillement sur leurs deux oreilles ! 

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/06/04/proces-kerviel-loffensive-eclair-de-la-presidente/

 

 

Réflexion trois (7 octobre 2010)
Une condamnation foncièrement inique

Trois ans de prison ferme, deux ans de prison avec sursis, 4,9 milliards d'euros d'indemnisation du préjudice à verser à la Société Générale : voilà le jugement rendu dans le procès Kerviel / Société générale ... Ce jugement exonère complètement la Société Générale de toute responsabilité dans cette affaire ; Jérôme Kerviel étant présenté comme un horrible trader fou, comme un escroc patenté ayant volé son entreprise sans que personne ne puisse rien voir.

Certains pourront faire valoir qu'il est invraisemblable que la Société Générale ait choisi de laisser Kerviel prendre autant de risques, qu'il n'était qu'un trader moyen (et non une star) et que ce dernier avait une tout aussi invraisemblable soif de reconnaissance de la part de son employeur ... soif de reconnaissance qui l'ont conduit à jouer à la roulette russe avec de l'argent qui ne lui appartenait pas ... une forme d'addiction comme une autre qui conduise également certains autres à perdre des dizaines de milliers d'euros au casino ...
http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/10/05/le-debile-et-la-speculation_1420416_3232.html

Mais leur argumentation ne tient pas sur plusieurs points ... Kerviel a gagné à un moment plus d'un milliard d'euros, ce qui en faisait véritablement l'as des traders de la Société Générale (et du monde) ... et la vente n'a pas eu lieu au pire moment qu'il soit ; c'est le débouclage de la position spéculative de la Société Générale du fait de Kerviel qui a conduit à cette panique boursière ... Le même schéma se serait produit quelque soit le jour retenu ... 

Il y a surtout le fait que plein de choses n'ont pu être démontrées. On ignore si de nombreux traders de la Société Générale étaient incités par leur hiérarchie à dépasser les limites, ou si l'absence de contrôles véritables à la Société Générale était une façon de les inciter à prendre des risques. On n'ignore également absolument si de telles erreurs et manquements ne peuvent pas se reproduire dans les prochains mois ou prochaines années ...
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/07/proces-kerviel-une-telle-affaire-peut-encore-arriver_1422008_3224.html

Ce qui est le plus atroce dans cette histoire, c'est qu'il s'agisse de la plus importante condamnation financière jamais prononcée par la justice française, et cela de manière totalement injuste, à l'encontre d'une personne qui est pourtant avant tout une victime de la Société Générale. Loin d'être un génial escroc, Jérôme Kerviel fut d'abord un bon trader qui gagnât beaucoup d'argent pour la Société Générale avant d'en perdre énormément ...

Les patrons français peuvent tuer leurs salariés sans encourir aucune condamnation, les entreprises françaises peuvent assassiner leurs salariés, détruire la nature, souiller les mers ou les montagnes, faire fonctionner leurs usines meurtrières ou leurs poubelles voguantes ou volantes, aucune condamnation sérieuse n'a jamais été prononcée à leur encontre et les dommages et intérêts, les amendes auxquelles ils sont condamnés ne dépassent que rarement quelques milliers d'euros ... Mais qu'un seul salarié leur fasse perdre un peu d'argent, leur fasse courir quelques risques financiers ... car l'affaire Jérôme Kerviel, c'est surtout un risque plus qu'une perte ... les 4,9 milliards d'euros auxquels il a été condamné sont nés du débouclage d'opérations financières, qui auraient même pu être bénéficiaires débouclées d'une autre manière, quelques heures plus tard ... et ce salarié est condamné à rembourser la totalité du préjudice, même la partie due à l'incompétence de la Banque, de la méthode retenue pour déboucler l'opération ...

Il y a une énorme déception à l'encontre de la justice de mon pays, à l'encontre du président de ce tribunal, Dominique Pauthe (le président du tribunal ayant précédemment jugé l'affaire Clearstream/Sarkozy/Villepin), qui rend un jugement inique, absurde. On parle souvent de la banalité du mal. On a fait un escroc d'une victime d'un système, Jérôme Kerviel, d'un système inhumain et totalement pervers, celui des marchés financiers ... Et ce système sort blanchi de cette justice partisane et autiste, dépassée par les enjeux et par la technique ... Une machinerie où les loups, les tueurs, les incompétents, se sont acharnés à se présenter comme des victimes, comme des agneaux, comme des bons samaritains ...

Je savais qu'il n'y avait pas de justice en France. Triste démonstration. Patrons assassins et pollueurs, vous pouvez dormir en paix, la justice vous protégera ...
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/06/affaire-kerviel-on-ne-peut-pas-laisser-passer-un-prejudice-de-cette-ampleur_1421218_3224.html
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/06/affaire-kerviel-la-victoire-de-l-hypocrisie-en-col-blanc_1420894_3224.html

 

 

Réflexion deux (11 juin 2010)
Quelques dernières nouvelles et aberrations ...


(...) L'ancien trader de la Société générale sera seul poursuivi dans l'affaire Société générale. Poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique, M. Kerviel encourt cinq ans de prison, 375.000 euros d'amende et 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts que lui réclame la Société générale.

Il est tellement simple pour cette banque de tout rejeter sur les épaules d'un vilain mouton noir, alors qu'il semble impossible que la banque est tout ignoré de ses prises de risque et de ses dépassements des procédures de sécurité. Si en plus le mouton noir pouvait rembourser les 4,9 milliards d'euros que le débouclage intempestif de ses positions ont coûté à la banque, ce serait merveilleux (comme quoi même les méchants banquiers croient au petit papa noël). Il a été démontré au cours de l'enquête que la Société générale avait négligé plus de soixante-dix alertes internes et externes sur le comportement de Jérôme Kerviel.

Néanmoins, pour mémoire, les 4,9 milliards d'euros de pertes sont nées de positions spéculatives de 50 milliards d'euros prises par le trader, alors que le desk (salle de plusieurs traders) sur lequel Jérôme Kerviel travaillait, ne devait pas dépasser une position cumulée de 125 millions d'euros ... Alors, soit sa hiérarchie jusqu'au sommet était au courant ... Soit vraiment, il ne faut plus seulement parler d'incompétence de toute la hiérarchie de la banque, mais d'une criminelle inutilité ... Et dans ce cas-là, il faut malgré tout s'interroger si l'absence de contrôle à ce niveau de risques n'est pas une volonté de la banque, une incitation à la prise de risques pour les traders, pour réaliser des bénéfices exorbitants tout en pouvant jurer en cas de problèmes avérés que le trader est seul responsable ... Ce qui est observé avec l'affaire Kerviel ... Un bon trader, c'est simplement celui qui est capable de prendre suffisamment de risques pour être rentable (celui qui n'en prend pas n'est pas conservé), mais pas excessivement pour ne pas perdre d'argent. Jérôme Kerviel, qui ne provenait pas de la noblesse de la banque ni n'avait fait les grandes écoles, ne connaissait peut-être pas toutes les ficelles du métier de trader, comme le fait de ne pas gagner trop d'argent pour ne pas être trop visible.

Si le procès ne se traduisait pas par la reconnaissance de l'innocence de Jérôme Kerviel, ce serait la preuve que la finance est un milieu injuste de requins. Ce qu'elle est ; dommage pour Jérôme Kerviel. Le président du tribunal est néanmoins Dominique Pauthe, le président ayant jugé l'affaire Clearstream/Sarkozy/Villepin.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/06/08/l-ex-trader-jerome-kerviel-devant-la-justice_1369228_3224.html


Réflexion une (6 janvier 2010)
Quelques aberrations en ce début de décennie ...

(...) Enfin, dernier article du Monde traitant des clients remerciés par leurs établissements bancaires sous prétexte qu'ils ne consomment pas assez de produits financiers ou qu'ils contestent les frais de gestion de leurs comptes ... Le capitalisme à l'état pur ... avec un risque assez important à terme de prise en otage des clients avec la volonté croissante des banques de se positionner en matière d'assurance dommage, automobile ou immobilière. Il n'y a pas très longtemps, ma chargée de compte (Crédit agricole) a mentionné que j'étais un client 'presque' fidèle (depuis plus de 20 ans) sous prétexte que je n'avais pas mes contrats d'assurance chez elle ...
http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2010/01/04/ces-bons-clients-remercies-par-leur-banque_1287244_3238.html


Saucratès


16/02/2011
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L'affaire du gang des barbares

 

Réflexion cinq (7 mars 2012)
Quand on pense que certains des salauds du gang des barbares, ayant participé à l'enlèvement, à la séquestration et au meurtre d'Ilan Halimi, sont déjà sortis de prison et sont peut-être déjà prêts à recommencer et à tuer !


Ilan Halimi a été atrocement torturé et assassiné en février 2006, il y a à peine six ans. Le procès avait à peine été terminé que les membres du gang des barbares étaient déjà dans la nature, dehors, prêts à recommencer. Youssouf Fofana, le leader du gang des barbares, condamné à la perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, émet de sa cellule de prison des vidéos le présentant comme un martyre des sionnistes, dans son délire antisémite.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/03/07/youssouf-fofana-posterait-des-videos-sur-internet-depuis-sa-cellule_1652897_3224.html

 

De son côté, celle qui avait joué le rôle de l'appât et qui avait attiré le jeune Ilan Halimi dans un guet-apens, Emma Arbabzadeh, a refait parler d'elle dans l'histoire du directeur de prison qui était tombé amoureux d'une prisonnière, qui avait eu des relations sexuelles avec elle, et lui avait réservé un traitement de faveur, et qui a finalement été condamné par la justice.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/15/gang-des-barbares-un-an-ferme-requis-contre-l-ex-directeur-de-prison_1643846_3224.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/14/gang-des-barbares-le-parcours-chaotique-d-emma-ballottee-par-la-vie_1465449_3224.html

 

On apprend ainsi qu'elle est sortie de prison de manière conditionnelle depuis septembre 2011, et qu'elle demeure libre malgré sa condamnation à un an de prison dont huit mois avec sursis prononcée dans l'affaire de sa relation avec cet ex-directeur de prison Florent Gonçalves. Elle avait pourtant été condamné à neuf ans de prison. Elle en aura à peine passé un peu plus de cinq en prison ! Choquant !

 

Combien d'autres membres du gang des barbares, à part Emma Arbabzadeh, ont été à ce jour libéré de prison ? La libération de ces assassins, de ces monstres me semble constituer une insulte impardonnable à la mémoire de Ilan Halimi et à son martyre. Les juges qui prononcent ses remises de peine sont eux-mêmes des monstres, des assassins en puissance, des personnes sans âme qui condamnent certains de leurs concitoyens à la mort sans aucun état d'âme, sans aucune culpabilité.

 

Il y a des assassins, des monstres, qu'il ne faudrait jamais libérer, qui devraient rester enfermer à vie, et qu'il ne faudrait en aucun cas libérer avant que leur peine soit complètement effectuée. Et cela devrait être le cas pour tous les assassins et tous les violeurs. Les membres du gang des barbares avaient démontré qu'ils n'appartenaient pas à l'espèce humaine, du moins pas à sa fraction dotée d'une âme, d'une concience. Les juges l'ont oublié, les remettant en liberté sans égard pour la vie et la sécurité des honnêtes citoyens français.

 

Nota : A noter à titre d'anecdote que l'avocat général lors des procès du gang des barbares, qui représentait le ministère public, était Philippe Bilger, qui tient notamment un blog sur la justice, intitulé «Justice au singulier» : http://www.philippebilger.com/

 

 

Réflexion quatre (13 janvier 2011)
Le gang des barbares ... Suite de l'histoire ...


Le procès en appel du gang des barbares (un gang de 27 personnes, responsables de l'enlèvement, d'actes de torture et de l'assassinat du jeune Ilan Halimi à l'hiver 2006, dans une cave d'un immeuble de la banlieue parisienne ...) s'est tenu en décembre 2010 et son verdict a été rendu le 17 décembre 2010, sans que j'en rende compte ni que je le suive.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/17/gang-des-barbares-des-condamnations-aggravees-en-appel_1455149_3224.html

 

Ce procès en appel a vu la confirmation ou l'aggravation des principales peines prononcées contre les divers accusés, même si l'un des 27 accusés a été acquitté. Pour mémoire, c'est le ministre de la justice qui imposa de faire appel dans cette histoire à la demande de l'avocat de la famille Halimi qui estimait que certaines peines prononcées n'étaient pas assez lourdes. Mais il doit être noté qu'appelait à comparaître par les avocats de la défense, elle refusa de venir arguant de la nécessaire séparation des pouvoirs entre l'éxécutif et le judiciaire.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/23/gang-des-barbares-la-lecon-d-un-verdict_1456807_3232.html

 

Pour rappel, la liste des vingt-sept membres du gang des 'barbares', responsables à un titre ou un autre de l'enlèvement puis de la mort d'Ilan Halimi ...
- Youssouf Fofana, le 'cerveau', de parents ivoiriens : 22 ans de sûreté
- Christophe Martin-Vallet dit «Moko», martiniquais,
- Jean-Christophe Soubou, alias «Zigo», tortionnaire : 18 ans de prison
- Jérôme Ribeiro, alias «coup de tête», aurait été dissuadé par ses parents de parler
- Samir Aït Abdelmalek, alias «smiler» : 18 ans de prison
- Yahia Touré Kaba, geôlier
- Fabrice Polygone, étudiant en BTS, geôlier
- Giri Oussivo N'Gazi, geôlier
- Francis N'Gazi, geôlier
- Diossin Mendy
- Nabil Moustafa, alias «Bilna», livreur de pizza et footballeur, geôlier
- Cédric Birot Saint-Yves, geôlier
- Gilles Serrurier, gardien de l'immeuble où était séquestré Ilan Halimi
- Jean-Christophe Soumbou, alias «Marc» alias «Crim» alias «Craps», ancien co-détenu de Youssouf Fofana à la prison de Nanterre
- Yassin, homme de main recruté par Jean-Christophe Soumbou
- Almane Dialo, prêteur sur gages
- Jérémy Pastisson
- Franco Louise, dit Pak-pak, ancien champion de France de boxe Thaï
- Tiffenn Gouret, bretonne, aurait fourni les «appâts»
- Emma alias «Yalda» de son prénom original «Sorour», de mère iranienne, mineure au moment des faits, elle a servit d'«appât» pour piéger Ilan Halimi le 20 janvier : 9 ans de prison
- Audrey Lorleach dite «Léa» ou «Natacha», étudiante en assistance médicale, aurait servi auparavant d'«appât»
- Murielle Izouard, amie d'Audrey, inculpée de «non-dénonciation de crime» (était admissible au moment à l'écrit du concours de gardien de la paix de la police nationale).
- Leila Appolinaire, amie de Jérôme Ribeiro, mise au courant des faits, inculpée de «non-dénonciation de crime».
- Alexandra Sisilia, aurait servi d'appât prècèdemment
- Ruth, aurait aussi servit d'«appât»
- Sarah, aurait aussi servit d'«appât»
- Isabelle Mensah, confidente de Yalda, au courant des faits, inculpée de «non-dénonciation de crime».

A noter qu'Emma alias Yalda alias Sorour continue de sévir dans son rôle d'appât et que l'on n'a pas fini d'entendre parler d'elle. En ce mois de janvier 2011, on apprend qu'un directeur de prison vient d'être mis en examen pour avoir eu des relations sexuelles avec l'appât du gang des barbares contre un traitement privilégié en prison. Mais au fait, doit-elle encore rester longtemps en prison ?... Elle a été incarcéré de manière préventive vraisemblablement en février-mars 2006 et elle devrait passer probablement 5 années en prison sur les 9 auxquelles elle a été condamnée ... Ce qui signifie qu'elle pourrait sortir dans les prochains mois !!!   
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/13/un-directeur-de-prison-mis-en-examen-pour-des-relations-sexuelles-avec-l-appat-du-gang-des-barbares_1464894_3224.html

 

 

Réflexion trois (14 juillet 2009)
Que donnera le nouveau procès Fofana ?


La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a imposé un appel du parquet contre le verdict du procès de l'affaire Halimi, conformément à la demande des parties civiles, insatisfaites des peines prononcées à l'encontre des autres accusés du procès Fofana. L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (gauche) estiment que le ministère a cédé à des pressions et a ouvert la porte à un fonctionnement politique des juridictions. Quatorze complices de Fofana seront rejugés.

Mais que diront les parties civiles si les peines prononcées sont encore plus faibles dans ce nouveau procès ?

Ce qui est inquiétant, c'est que l'Etat remette ici en cause le principe même des jurys d'assise, où les jurés émettent un jugement au nom du peuple français dans son ensemble. C'est également le principe d'individualisation des peines du code pénal français qui est ici aussi remis en cause. Les magistrats doivent apprécier leur degré de responsabilité suivant leur participation et leur personnalité.

Il faut aussi remarquer que l'appel est demandé dans le dossier Halimi sur des condamnations que l'accusation jugeait globalement conformes à son avis, alors qu'à l'inverse, aucun appel n'a été ni demandé ni déposé après l'acquittement le 4 juillet dernier du sénateur UMP Jean Faure, qui était jugé pour viols. Le parquet avait requis six à huit ans de prison dans ce dossier. Une politique gouvernementale d'appel en fonction des intérêts du parti majoritaire ?

 
Réflexion deux (11 juillet 2009)
Le réquisitoire du procès Fofana


Le verdict du procès Fofana devrait normalement être prononcé en audience public demain samedi 11 juillet en fin d'après-midi. On saura alors les peines qui seront prononcées à l'encontre de Youssouf Fofana et des autres membres du gang des barbares. Pour suivre ou retrouver le déroulement de ce procès, il est possible de lire le blog d'une journaliste du Nouvel Obs ... Elsa Vigoureux ...
http://elsa-vigoureux.blogs.nouvelobs.com/

Il m'a semblé intéressant de reprendre ici le requisitoire de l'avocat général à ce procès (Philippe Bilger), tel que le retrace Elsa Vigoureux. En effet, ce procès se déroule à huis-clos en raison de la minorité de certains des accusés, et ne se base donc que sur des informations recueillies auprès de personnes assistant au procès.
http://elsa-vigoureux.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/07/01/proces-fofana-le-requisitoire.html

« Philippe Bilger a décrit les destins, les vies, les désœuvrements et solitudes d'une bande de jeunes qui avaient sûrement envie d'un chef, d'être dominés : Une bande, un groupe de fraternités qui a œuvré pour le pire. Et qui a trouvé le chef qu'elle méritait. Des jeunes motivés par l'argent, et à n'importe quel prix. Une bande soumise attirée par le goût du lucre plus que par l'antisémitisme.

Sur eux tous, Youssouf Fofana a su exercer une sorte de fascination, a expliqué l'avocat général. Et c'est leur grégarisme qui les a conduits à cette dépendance, cette adhésion qui ressemble à une dépendance affective, comme un substitut aux éclatements des familles de ces jeunes gens. Comme si pour ces êtres là, le groupe avait à un moment représenté une sorte de famille.

Philippe Bilger s'attarde sur certains accusés. Jean-Christophe S., qui a participé à l'enlèvement d'Ilan Halimi, « un bureaucrate du crime, un mercenaire de l'enlèvement ». Jean-Christophe G., mineur à l'époque des faits, petite frappe qui violente Ilan Halimi, « animé d'un sadisme certain ». Et Yalda, l'appât, cette fille « à la personnalité complexe, qui a des états de conscience, des doutes, une mineure pas perdue, c'est une tempête dans un cœur, une jeune femme qui choisit toujours le pire ». Pour elle, Philippe Bilger requiert 10 à 12 ans de prison.

Et puis Philippe Bilger plonge la cour dans la nuit du 12 au 13 février 2006. Il raconte le départ de Youssouf Fofana à cinq heures du matin, et Ilan Halimi recroquevillé dans le coffre. Il imagine la manière dont Fofana s'en est pris à Ilan Halimi, l'a brûlé vif. Philippe Bilger évoque toutes ces forces qu'Ilan Halimi a mises pour se traîner sur 160 mètres, jusqu'au pied d'un grillage. Philippe Bilger requiert la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans pour Youssouf Fofana . 

Pour les autres, l'avocat général a requis la bienveillance de la cour pour Muriel I. et Leïla A., suggérant ainsi qu'elles soient acquittées (suivi en cela par leurs avocats).
http://elsa-vigoureux.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/07/02/les-avocats-de-leila-et-audrey-demandent-l-acquittement.html

Pour Audrey L., il a demandé qu'elle soit condamnée à trois ans de prison dont 28 mois avec sursis. Pour Alcino R., le père de Jérôme R., Philippe Bilger a demandé une peine ferme symbolique, parce que c'est le seul adulte qui avait une autorité, qui savait, mais qui n'a rien dit. Pour sa femme, Christine G., l'avocat général a requis une peine avec sursis.

Pour Jean-Christophe S. et Samir A.A, le magistrat demande 20 ans. Quinze ans pour le jeune Jean-Christophe G. avec rejet de l'excuse de minorité, 13 ans pour Nabil M., 12 ans pour Yahia K., Cédric B.S.Y, Fabrice P. Dix à douze ans de réclusion pour Jérôme R. Pour Gilles S., le gardien d'immeuble qui a fourni les clefs de l'appartement, et la « rabatteuse » Tifenn G, l'avocat général a demandé dix ans de prison. Pour les sept accusés restant, les peines requises s'échelonnent entre cinq et dix ans. »

Verdict demain.

 
 
Réflexion une (6 mai 2009)
Ce que nous enseigne l'affaire du martyre d'Ilan Halimi sur l'absence d'éthique d'une grande majorité d'entre nous ...


L'affaire du rapt et du martyre d'Ilan Halimi, également appelé affaire du gang des barbares, a démarré devant la cour d'assises des mineurs de Paris. Le rapt d'Ilan Halimi, survenu à l'hiver 2006, au cours duquel le jeune homme fut torturé à mort, avait concerné un nombre très important de personnes. Vingt-sept personnes, dix-sept hommes et dix femmes sont mises en examen dans cette affaire.

Toute personne plus ou moins sensée (ce qui exclut évidemment le chef de ce groupe, Youssouf Fofana), il me semble, devrait tenter de s'interroger sur le comportement qui aurait été le sien dans une situation comparable à l'occupation de la France au cours de la seconde guerre mondiale ... Aurions-nous été du côté des bourreaux ou des résistants à l'Innommable. En tout cas, cela m'arrive parfois, lorsqu'un évènement ou un film me conduisent à réfléchir à cette période de l'histoire de l'Europe. Je n'aurais peut-être jamais l'occasion de le savoir ; il faut mieux l'espérer, pour moi et pour ceux que j'aime.

Mais les personnes impliquées dans cette affaire, et mises en examen, ont la réponse à cette question ! Ils auraient été du côté des barbares, des miliciens, des gestapistes, des bourreaux. La très grande majorité d'entre eux auraient pu mettre fin au calvaire de Ilan Halimi, informer même anonymement la police en indiquant l'endroit où il était séquestré. Aucun ne l'a fait, pendant les trois semaines que dura son calvaire. Ilan Halimi est décédé quelques minutes après avoir été retrouvé, menotté, nu et agonisant près d'une voie ferrée.

Vingt-sept personnes au minimum auraient pu mettre fin à son calvaire. Les geôliers qui le gardaient à tour de rôle. Ceux qui l'ont porté de son premier lieu de détention (un appartement) jusqu'à la cave où son calvaire a continué. Ceux qui l'ont frappé ... Et ce silence a duré trois semaines ! Trois semaines d'absence de sens moral, pour des personnes qui auraient du avoir une conscience !... Evidemment, on a un sens moral ou on en n'a pas, on a une conscience ou on en n'a pas ! Trois minutes suffisent ... Trois semaines n'y changeront rien, comme cette histoire l'a démontré ... Par malchance pour Ilan Halimi, l'ensemble des membres de ce groupe étaient privés de tout sens moral, de toute conscience ... Et une question me taraude ? Ces 27 personnes étaient-elles des exceptions, une absence de chance tragique d'Ilan Halimi qui fit qu'il tomba sur eux ? Ou bien est-ce que l'immense majorité des jeunes habitants des cités françaises sont tout autant privés de tout sens moral, tortionnaires en puissance de toute personne suffisamment différente d'eux-mêmes et sur laquelle ils auraient tout pouvoir ? Cette question, il nous faut tous nous la poser, évidemment, mais je crains que la jeunesse d'aujourd'hui, tout particulièrement dans ces zones sensibles que sont les cités de la région parisienne, n'ait perdu tout sens éthique et moral ...

Racisme de ma part (en écrivant cela je pense à mon ami virtuel Bilou Moliets) ? Ou triste réalité comme nous le prouve cette histoire ? Cette affaire est abominable, quelque soit l'origine et le milieu social de Ilan Halimi. Vivons-nous au milieu de centaines de milliers de jeunes (ou de moins jeunes) de banlieue privés de sens moral et de conscience, de barbares, de monstres sociaux susceptibles de se transformer en tortionnaires et en geôliers ? Ce que l'on sait, en tout cas, c'est que vingt-sept personnes d'une même cité (Bagneux), de toute origine, ont commis l'irréparable, un crime contre l'humanité ... et qu'aucune peine ne sera à la mesure de leur crime.

Pour information, la liste des vingt-sept 'barbares' (ou personnes mises en examen dans cette affaire) ... Que personne n'oublie leur nom et leur rôle dans cette terrible histoire ...
- Youssouf Fofana, le 'cerveau', de parents ivoiriens,
- Christophe Martin-Vallet dit «Moko», martiniquais,
- Jean-Christophe, alias «Zigo», mineur au moment des faits, tortionnaire
- Jérôme Ribeiro, alias «coup de tête», aurait été dissuadé par ses parents de parler
- Samir Aït Abdelmalek, alias «smiler»
- Yahia Touré Kaba, geôlier
- Fabrice Polygone, étudiant en BTS, geôlier
- Giri Oussivo N'Gazi, geôlier
- Francis N'Gazi, geôlier
- Diossin Mendy
- Nabil Moustafa, alias «Bilna», livreur de pizza et footballeur, geôlier
- Cédric Birot Saint-Yves, geôlier
- Gilles Serrurier, gardien de l'immeuble où était séquestré Ilan Halimi
- Jean-Christophe Soumbou, alias «Marc» alias «Crim» alias «Craps», ancien co-détenu de Youssouf Fofana à la prison de Nanterre
- Yassin, homme de main recruté par Jean-Christophe Soumbou
- Almane Dialo, prêteur sur gages
- Jérémy Pastisson
- Franco Louise, dit Pak-pak, ancien champion de France de boxe Thaï
- Tiffenn Gouret, bretonne, aurait fourni les «appâts»
- Emma alias «Yalda» de son prénom original «Sorour», de mère iranienne, mineure au moment des faits, elle a servit d'«appât» pour piéger Ilan Halimi le 20 janvier
- Audrey Lorleach dite «Léa» ou «Natacha», étudiante en assistance médicale, aurait servi auparavant d'«appât»
- Murielle Izouard, amie d'Audrey, inculpée de «non-dénonciation de crime» (était admissible au moment à l'écrit du concours de gardien de la paix de la police nationale).
- Leila Appolinaire, amie de Jérôme Ribeiro, mise au courant des faits, inculpée de «non-dénonciation de crime».
- Alexandra Sisilia, aurait servi d'appât prècèdemment
- Ruth, aurait aussi servit d'«appât»
- Sarah, aurait aussi servit d'«appât»
- Isabelle Mensah, confidente de Yalda, au courant des faits, inculpée de «non-dénonciation de crime».
- sans compter quelques autres personnes, parents de Jérôme Ribeiro ou amis de tortionnaires ou de geôliers ...

Devant ces faits atroces, je regrette l'abolition de la peine de mort, à la manière dont Youssouf Fofana le mentionnait lors de son interview télévisée en Cote d'Ivoire, avant son expulsion pour la France. Il est insupportable que ces personnes puissent échapper à la guillotine, insupportable de penser que ces personnes pourront sortir après quelques années de prison, qu'ils pourront vivre libres. Insupportable de penser qu'ils s'en tireront comme cela, avec quelques années de prison et qu'ils sortiront à peine au bout de la moitié de leur condamnation. Et insupportable de penser que ces personnes, dénuées de tout sens moral, pourront de nouveau recommencer leur macabre expérience.

L'abolition de la peine de mort, pour laquelle Robert Badinter se batît, est-elle une bonne chose ? Ces tortionnaires ont-il eu la moindre pitié, la moindre commisération, la moindre trace d'humanité pour Ilan Halimi ? Alors, pour quelles raisons la société française leur accorderait-elle une considération et une humanité que ceux-ci n'ont pas eu pour Ilan ? Pour ma part, je ne me pose pas la question. Pour certains crimes atroces, la peine de mort demeure l'unique réponse cohérente à l'inhumanité de certains, qu'ils soient violeurs d'enfants, malades mentaux ou non, ou monstres sociaux comme Youssouf Fofana et ses comparses tortionnaires et geôliers ...


Saucratès

 

 

Articles connexes :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2078730-des_monstres___la_noirceur_de_l_ame_humaine__1_.html
2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2078766-des_monstres___la_noirceur_de_l_ame_humaine__2_.html


07/03/2012
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L'affaire Aurélie Boulet alias Zoé Shepard

 

Réflexion quatre (16 septembre 2011)
Que reste-t-il de cette affaire (suite) ?

Il y a huit mois, Aurélie Boullet avait repris le chemin du conseil régional d'Aquitaine pour y retravailler au milieu de ses collègues. Un élu CGT du personnel à la Région, Pascal Gomez, expliquait en janvier que «la base s’est sentie atteinte dans son honneur». Le syndicaliste disait ne s’être pas reconnu dans la description des tire-au-flanc employés par la mairie fictive du roman: «Il y a peut-être une poignée de paresseux parmi les 850 personnes qui travaillent au siège de la Région mais plutôt moins qu’ailleurs». Certains collègues d’Aurélie Boullet, «traumatisés», avaient même pris la parole dans le journal Sud-Ouest pour se défendre d’être des fainéants comme leurs doubles de fiction ... Je suppose qu'il s'agissait de «Simplet» et «Coconne».

http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Zoe-Shepard-a-recommence-a-travailler-252759/

 

Comme l'écrivait l'auteur du Post (Emmanuel Rehany), l'acharnement dont a été victime Aurélie alias Zoé est le résultat de la connerie humaine, de la petitesse de certains minables, dont la fonction publique territoriale semble amplement fournie ... au milieu d'autres personnes très consciencieuses et courageuses ... Je pense notamment à tous ces employés municipaux travaillant dans des écoles comme ASEM et qui sont pour la plupart surexploitées et admirables de dévouement pour les petits enfants qu'elles accueillent. Mais il y a tant d'autres embauches politiques, bénéficiaires de coups de main ou de retour d'ascenseur, ou plus bêtement tant d'autres fainéants qui s'estiment protégés depuis qu'ils ont été recrutés dans la fonction publique territoriale et qui estiment que se serait dégradant que de travailler.

http://www.lepost.fr/article/2011/06/24/2531924_que-devient-l-affaire-zoe-shepard-du-conseil-regional-d-aquitaine.html

 

Insupportable toutefois d'observer que selon le JDD, un proche du président de la Région Aquitaine, le socialiste Alain Rousset, aurait exercé des pressions au printemps 2010 sur l'éditeur Albin Michel pour la révocation d'Aurélie Boullet de la fonction publique territoriale ne soit pas médiatisée. Selon Alexandre Wickham, le directeur éditorial d’Albin Michel «un des bras droits d’Alain Rousset, le président de la Région, nous a appelés pour essayer de nous intimider. Mais la communication est un art difficile, les comportements de gros dur ne marchent pas. J’ai actionné mes réseaux et une campagne médiatique s’est déclenchée. En transformant Aurélie Boullet en victime par une réaction disproportionnée, ils ont fait le succès de son livre

 

Et cette histoire d'Aurélie Boullet trouve son prolongement, un recommencement dans la sanction (congédiement) dont a été victime cette autre jeune écrivaine, poète, Shumona Sinha, employée comme interprête à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, pour son livre «Assomons les pauvres !». Amusant encore une fois de remarquer que son livre pourrait également recevoir un accueil enthousiasmé, retenu pour les sélections des jurys des prix Renaudot et Médicis.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/15/congediee-pour-avoir-depasse-les-limites_1572516_3260.html

http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/15/shumona-sinha-et-la-trahison-de-soi_1572512_3260.html

 

Pauvre France où toute 'auto-fiction' littéraire est désormais strictement interdite dans ses administrations ... et où leurs auteurs sont désormais sous la menace de licenciement ou de congédiement dans le cas où on découvrirait leur identité ...

 

 

Réflexion trois (6 janvier 2011)
Que reste-t-il de cette affaire ?

En ce début d'année 2011, que devient Aurélie Boulet alias Zoé Shepard ? Son livre («Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire - Comment faire 35 heures… en un mois !», paru en 2010 chez Albin Michel) se vend toujours relativement bien, ce qui est tout de même une sacrée performance après presque un an ! Elle doit vraisemblablement toujours travailler dans la fonction publique territoriale, puisque la peine de suspension qui lui avait été infligé (quatre mois de suspension au lieu de deux ans comme proposé par le conseil de discipline) était terminée en septembre. Dans quelle collectivité travaille-t-elle ? Est-elle restée au milieu de ses 'victimes' outragées, Coconne, Simplet, et les autres, au conseil régional d'Aquitaine ? Je ne le lui souhaite pas.
http://www.liberation.fr/societe/01012291429-aurelie-boulet-reperes

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110104.OBS5672/zoe-shepard-retrouve-ses-chers-collegues.html

Ce qui est risible dans cette affaire, c'est l'union sacrée de toutes les victimes outragées. J'aimerais tellement connaître Coconne et Simplet. Je gagnerais obligatoirement le dîner de cons que j'organise régulièrement avec quelques amis ... Ce qui est risible, c'est que tout ce beau monde, du DGS au directeur de cabinet, du président Rousset aux élus mis en cause pour leur usage de l'argent public, des secrétaires ou responsables de service, jusqu'aux représentants syndicaux, tout ce beau monde se soit allié contre Aurélie Boulet pour tenter de la faire exclure de la fonction publique sous prétexte qu'elle l'avait critiquée.

Ce qui est triste, c'est que des représentants syndicaux aient pu voter l'exclusion durant deux ans d'Aurélie Boulet sous prétexte que certains nombres de personnes s'étaient plaintes des situations et des sur-noms, véridiques du coup mais absolument pas à leur avantage, qui étaient contenus dans le livre incriminé.  

Au fait, j'ai appris qu'il y avait eu un cas ressemblant ; celui de Corinne Maier, psychanalyste travaillant à temps partiel à EDF qui avait vendu 250.000 exemplaires de 'Bonjour Paresse' (édition Michalon), qui racontait comment en faire le moins possible dans une grande entreprise publique. EDF avait menacé de l’attaquer en justice.

Il me restera d'autres souvenirs plus personnels de cette affaire, notamment des lettres d'informations régulières du Cri du contribuable, qui avait lancé une pétition pour Aurélie Boulet que j'ai signée, mais dont les thèses anti-dépenses publiques ne correspondent pas du tout à mes idéaux.

Il restera à Aurélie Boulet de décrire dans un nouveau livre l'acharnement dont elle a fait l'objet dans cette affaire, la chasse à l'homme (ou à la femme) dont elle fit l'objet, et comment quelques fonctionnaires publics ont pu se regrouper pour l'abattre sans aucunement se remettre en cause ni reconnaître la réalité de ce qu'elle dénonça. 

 

 

Réflexion deux (22 juillet 2010)
Quelle suite à l'affaire Aurélie Boulet-Zoé Shepard ?

Rappelez-vous, Zoé Shepard, de son vrai nom Aurélie Boulet, c'est cette jeune femme, administrateur territorial au sein de la fonction publique territoriale, employée au Conseil régional d'Aquitaine, dont le président est le socialiste Alain Rousset, qui a publié un livre polémique sur la fonction publique : «Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire», paru en 2010 chez Albin Michel dont le bandeau mentionnait : «Comment faire 35 heures… en un mois !».

Suspendue pendant quatre mois en mai 2010, exclue pour une durée de deux ans par un conseil de discipline (à charge) le 1er juillet 2010, le président du Conseil régional d'Aquitaine a désormais jusqu'au 1er août 2010 pour appliquer cette sentence. Et c'est dans une collectivité locale gérée par la Gauche, par le Parti socialiste, que cette remise en cause gravissime de la liberté d'expression va avoir lieu.

A lire l'article magnifique écrit par Philippe Bilger, en défense d'Aurélie Boulet, dont on ne peut mettre en doute la compétence juridique, en tant qu'Avocat Général près la cour d'appel de Paris ... Il représentait notamment le ministère public au procès du Gang des barbares (gang dont le leader était l'immonde Youssouf Fofana).
http://www.philippebilger.com/blog/2010/07/il-faut-défendre-aurélie-boullet.html

A signer également la pétition du Cri du contribuable qui sera adressée à Alain Rousst, président du Conseil régional d'Aquitaine, pour demander l'annulation de la procédure disciplinaire enclenchée à l'encontre d'Aurélie Boulet.
http://le-cri-du-contribuable.pro-petition.fr/il-faut-defendre-aurelie-boullet/envoyez_a_vos_amis#envoyer

Pour rappel, les faits mentionnés dans son bouquin, les personnages évoquées sont certes issus de faits réels, pour partie, mais l'auteur avait pris la peine de le publier sous un nom d'emprunt, de changer les noms des personnages, de dépayser l'action dans la région parisienne, et de la faire se situer dans un autre type de collectivité. Peut-être les surnoms demeuraient-ils (simplet, coconne ...). Il faut défendre Aurélie Boulet, et il n'est surtout pas possible que le Parti socialiste s'abaisse à de telles actions menaçant la liberté d'expression de tout un chacun, sauf à vouloir prouver que ces leaders sont incapables moralement de gouverner la France, sauf à ce que l'on souhaite tomber dans une dictature après ces années de Sarkozysme. Agissez !


Réflexion une (2 juillet 2010)
Paradoxes ! L'affaire Aurélie Boulet-Zoé Shepard ...

Aurélie Boulet alias Zoé Shepard est l'auteur d'un livre dont l'action se situe dans la fonction publique territoriale :  «Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire», paru en 2010 chez Albin Michel. Son bandeau était : «Comment faire 35 heures… en un mois !».

Problème, Aurélie Boulet alias Zoé Shepard travaille comme fonctionnaire territoriale (grade d'administrateur territorial) au conseil régional d'Aquitaine, présidé par le socialiste Alain Rousset. Démasquée, elle a été suspendue à compter du 3 mai 2010 pour une durée de quatre mois. Un conseil de discipline réuni hier, 1er juillet 2010, a décidé son exclusion sans salaire de la fonction publique pour deux ans. Elle risque aujourd'hui la révocation à vie, sur décision d'Alain Rousset. Tout cela sur le fondement «de son manquement à l'obligation de réserve et de discrétion qui incombe à tout agent public».

Sacré paradoxe ! Dans une collectivité gérée par la gauche ! Aucun humour ! Des représentants syndicaux au conseil de discipline tout aussi dénués d'humour et de volonté de défendre les salariés que l'encadrement de cette assemblée. Des personnes se sont reconnues dans les personnages fictifs et inventés présents dans ce livre et se sont sentis insultés par les faits exposés ? Mais ces faits étaient-ils inventés ou véridiques ?

Il n'y aurait pas ce risque d'être révoquée ; toute cette situation serait risible ! Mais c'est le fondement même de notre démocratie qui est ici attaqué par le parti socialiste lui-même. Le fait même que la liberté d'expression soit niée à une quelconque citoyenne lambda française est terrible par ce même parti socialiste qui dénonce les risques de la politique sociale et sécuritaire de Nicolas Sarkozy.

Qu'Aurélie Boulet alias Zoé Shepard ait attaqué l'honneur de quelques fonctionnaires publics territoriaux ; je n'en disconviens pas. Mais je doute fortement que la fonction publique territoriale (que ce soit au conseil général d'Aquitaine ou ailleurs) ne contienne pas des palanquées de fonctionnaires pourris, capables de ne pas en foutre une rame des journée entières et de faire durée des semaines durant une tâche qu'ils auraient pu réaliser en quelques minutes. Et on pourrait dire tout autant la même chose d'un certain nombre de salariés du privé, surtout dans les services de très grandes entreprises (les très petites entreprises ne peuvent par contre pas supporter de tels agissements). Et à l'encontre de combien de grands patrons ou de chefs de très grands services ne pourrait-on pas dire la même chose ? Qui passent leur temps en réunion, en apéros, en repas d'affaires, en voyages, et dont le seul travail consiste à signer des parapheurs qu'ils ne lisent le plus souvent même pas, faisant confiance à ceux qui les leur présentent pour signature.

C'est un travers des administrations de permettre à des incompétents et à des fainéants de s'y installer et d'être payés à y glander ... Comme on trouve partout d'autres personnes qui sont régulièrement aussi souvent malades qu'ils en ont le droit, dès lors qu'ils sont payés. J'ai connu dans le privé des types qui comptabilisaient leurs droits à maladie de deux mois comme ils comptabilisaient leurs droits à congés annuels ... un mois par an de congés et deux mois d'absence pour maladie ... On aurait pu leur demander des prévisions de congés maladies. Et on en trouve aussi un certain nombre dans l'enseignement public.

Mais cela ne veut pas dire que tous les fonctionnaires sont des fainéants, de même que dans le privé tout le monde n'agit pas comme je l'ai décrit. Il y a des cas partout ... Même s'il est probable que la fonction publique territoriale attire plus que son lot de glandeurs et de paresseux ; cela n'aurait rien d'aberrant ... Même si on trouve aussi des agents extrêmement consciencieux et productifs ... comme partout ...

Qu'Aurélie Boulet alias Zoé Shepard reçoive ici toute ma sympathie ... Et si des gens sont à ce point privé d'humour pour ne pas supporter de voir leurs propres travers exposés de manière crue sous la lumière des projecteurs, qu'ils reçoivent ici tout mon mépris. L'incompétence et l'indécence sont à mes yeux intolérables. Surtout quand les incompétents de ce type sont justement (c'est le pire) les mieux appréciés dans ces structures administratives comme la fonction publique territoriale.

Honte au parti socialiste ! Comment voter pour des élus peut-être véreux et surtout dénués d'humour et d'esprit démocratique !
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/07/01/deux-ans-d-exclusion-preconises-pour-l-auteure-d-un-roman-critique-sur-l-administration_1381826_3224.html
http://www.sudouest.fr/2010/06/30/conseil-regional-qui-a-peur-du-pamphlet-de-zoe-shepard-129088-2780.php
http://www.sudouest.fr/2010/07/01/zoe-shepard-ce-n-est-pas-un-pamphlet-contre-la-fonction-publique-territoriale-130249-756.php

Mais Aurélie Boulet alias Zoé Shepard n'a peut-être aucune chance d'échapper à cette sanction. Le président du conseil régional d'Aquitaine peut-il laisser un administratif ayant une aussi piètre opinion de sa collectivité territoriale, et connaissant aussi intimement les travers de ses agents, rejoindre la chambre régionale des comptes d'Aquitaine où elle pourra pondre des rapports accablants sur sa gestion financière et sur son fonctionnement ? Evidemment il n'en est pas question. Honteux !

Juste pour l'histoire, il est un exemple célèbre d'une critique à peu près semblable de l'administration : la critique féroce de la Société des Nations faite par Albert Cohen, ancien fonctionnaire de la Société des Nations, dans son livre magnifique «Belle du seigneur» publié en 1968. Je souhaite à Aurélie Boulet la même renommée que celle d'Albert Cohen. Je peux juste espérer que le président de la Région Aquitaine, Alain Rousset, ait autrefois lu «Belle du seigneur» et qu'il ait de la culture à défaut d'avoir de l'humour.


Saucratès


23/12/2010
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