Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Du pouvoir de révocation des fonctionnaires


Réflexion sept (12 décembre 2010)
Les suites de l'affaire Serge Copy ou les petites haines recuites et faisandés des identitaires racistes réunionnais qui jouent à se faire passer pour des anti-racistes ...


Cela se passait dans le département de la Réunion ... Un enseignant métropolitain (en somme français et blanc) était poursuivi pour avoir eu des paroles racistes sur la place publique à l'encontre d'une jeune femme (ou d'une jeune fille) sous l'effet de l'alcool ... Il s'agit d'une des versions de l'histoire (cf. ma réflexion quatre sur ce sujet du 22 août 2010) ... Difficile de déméler le vrai du faux dans cette histoire.

Une association aussi improbable (le kollectif «non au racisme ! Respekt a nou !»)que son combat (faire exclure de la fonction publique l'enseignant Serge Copy) continue de faire des pieds et des mains pour faire aboutir sa revendication qu'elle estime juste et légitime ... Protéger les enfants des racistes ... Mais il s'agit de les protéger de tous les racistes, mêmes des racistes anti-blancs ...

Le kollectif «non au racisme ! Respekt a nou !» manifestait il y a quelques jours son indignation devant le résultat de la deuxième commission paritaire convoquée au rectorat sur le cas de Serge Copy, et sa décision de faire muter en métropole M. Copy, agrémentée d'une suspension de traitement de deux ans. Le kollectif avait pourtant eu le soutien du ministre de l'éducation ainsi que de l'outre-mer dans son combat 'méritoire' (ou raciste) contre l'enseignant ...
http://www.zinfos974.com/Mutation-immediate-et-suspension-de-salaire-pour-le-professeur-aux-propos-racistes_a23869.html
http://www.zinfos974.com/Non-au-racisme-respekt-a-nou-attend-toujours-la-revocation-du-professeur-raciste-Serge-Copy_a22154.html
http://www.zinfos974.com/Le-collectif-Non-au-racisme--Respekt-a-nou--demande-la-revocation-du-professeur-raciste_a20983.html

Je n'y comprends pas grand chose dans cette histoire. Mais toutefois, ce que je sais, c'est que ce kollectif est très proche du parti communiste réunionnais et de sa vitrine l'Alliance (sa porte-parole Sylvie Mouniata étant également membre du parti politique de l'Alliance voire du PCR, comme vraisemblablement d'autres de ces membres) ... Que les partis politiques de l'Alliance et du PCR ont à la Réunion la désastreuse image d'être eux-mêmes des partis à connotation raciste, où les zoreils blancs ne sont pas véritablement les bienvenus ni particulièrement aimés ... Pour en être sûr, il faudrait évidemment tenter de s'y inscrire et y prendre la parole ... 
http://www.lalliance.re/spip.php?article138


Et enfin que cette histoire pue la récupération politique, le battage médiatique à la recherche de boucs émissaires (les vilains zoreils) pour la crise, pour le chômage, de la part d'un parti communiste qui a perdu les dernières élections régionales face à la droite et qui tente par tous les moyens de revenir dans le jeu, et de défendre ses projets économiques et politiques, comme la Maison des civilisations (créoles) qui devait être dirigée par la fifille du patron du PCR Paul Vergès (Française Vergès) et son mari (sans que ce népotisme ne pose aucunement problème à la famille Vergès) ou le projet du tram-train (plus de deux milliards d'euros pour un axe reliant les principales villes de l'ouest et du nord ...). 

Enfin, dernière chose ... Comme le déclare le kollectif, ces membres attendent au moins la révocation de l'enseignant ... Et au mieux quoi, qu'attendent-ils ? La peine capitale par lapidation ??? Une histoire à gerber ...

 

Réflexion six (2 septembre 2010)
Aurélie Boulet alias Zoé Shepard a été finalement suspendue par le président socialiste du Conseil régional d'Aquitaine Alain Rousset, augurant de ce que sera la liberté d'expression en France si le Parti socialiste l'emportait en 2012 ...


Souvenez-vous, je vous avais parlé de cette fonctionnaire territoriale (grade d'administratrice dans la fonction publique territoriale) en poste au Conseil Régional d'Aquitaine, qui avait écrit sous le pseudonyme de Zoé Shepard (son vrai nom est Aurélie Boulet), un livre polémique sur la fonction publique intitulée : «Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire», paru en 2010 chez Albin Michel dont le bandeau mentionnait : «Comment faire 35 heures… en un mois !».

Les avis semblaient un peu partagés sur cette histoire ; certains lecteurs estimant qu'il était inacceptable de s'attaquer à la fonction publique alors que celle-ci faisait justement l'objet d'attaques de la part du gouvernement de Nicolas Sarkozy, et qu'il ne fallait donc pas s'associer à de telles attaques. Mais un sondage actuellement réalisé par le quotidien France Soir fait état qu'à 86% les internautes estiment que c'est un acte courageux et nécessaire de dénoncer les dysfonctionnements d'une administration (contre 11% seulement d'un avis contraire) ... sur 1.000 votants.

Le 1er juillet 2010, un conseil de discipline du Conseil Régional d'Aquitaine avait décidé d'infliger une suspension de deux ans de la fonction publique contre Aurélie Boullet (dire que des syndicalistes élus ont voté cette décision !). Pour mémoire, elle avait été suspendue pour une durée de quatre mois à compter du 3 mai 2010 (soit jusqu'au 2 septembre 2010). Lundi 29 août 2010, il semble qu'Alain Rousset, le président PS du Conseil Régional d'Aquitaine, est décidée de la suspendre sans salaire pour une durée de dix mois de la fonction publique , dont six mois avec sursis.
http://www.francesoir.fr/politique/affaire-aurelie-boulet-les-internautes-reagissent.15860

En somme, la suspension de Zoé Shepard, alias Aurélie Boullet, devrait prendre fin aujourd'hui ou demain ; le président du Conseil Régional d'Aquitaine ayant simplement validé le temps de suspension déjà réalisé. Elle encourrait une exclusion définitive de la Fonction publique française. Officiellement, cette fonctionnaire qui dérange a été sanctionnée «pour manquement à l'obligation de discrétion, manquement à l'obligation de réserve et comportement fautif à l'égard de sa hiérarchie». Selon le Conseil Régional d'Aquitaine en effet, «toute organisation publique ou privée est perfectible, y compris le conseil régional d’Aquitaine. Mais cela suppose confiance et respect».

Une pétition d'internautes lancée par le site internet 'Le cri du contribuable' avait recueilli près de 3.000 signatures (dont la mienne évidemment). L'affaire n'a pas terminé puisque Aurélie Boullet va en effet porter l'affaire devant le tribunal administratif. Il restera à savoir si elle reviendra au Conseil régional d'Aquitaine dès demain ... Accessoirement, cette affaire aura permi de faire une publicité monstre à son pamphlet, dont 40.000 exemplaires se sont écoulés en librairie.

Comme je l'écrivais précédemment, il n'y aurait pas eu ce risque pour Aurélie Boulet d'être révoquée, toute cette situation aurait été risible ! Mais malgré cette demi-décision prise par Alain Rousset de ne pas désavouer ses services et son cabinet, tout en ne condamnant pas trop fortement Aurélie Boulet, c'est le fondement même de notre démocratie qui demeure ici attaqué par le parti socialiste lui-même. Comme je l'écrivais, le fait même que la liberté d'expression soit niée à une quelconque citoyenne lambda française par ce même parti socialiste qui dénonce les risques de la politique sociale et sécuritaire de Nicolas Sarkozy est terrible.

D'une certaine façon, Aurélie Boulet a pu être sauvée par les multiples pressions qui se sont abattues sur le Parti socialiste pour infléchir la décision d'Alain Rousset.

Aurélie Boulet alias Zoé Shepard a certes attaqué l'honneur de quelques fonctionnaires publics territoriaux ; mais la fonction publique territoriale (que ce soit au Conseil Régional d'Aquitaine ou ailleurs) est pleine de palanquées de fonctionnaires qui n'en foutent pas une, habituer à faire durer des semaines durant une tâche qu'ils auraient pu réaliser en quelques minutes, embauchés pour des accointances politiques et qui considèrent pour cela qu'ils n'ont pas à travailler (trop dur) mais qui donneront des coups de main politiques si nécessaire.

Mais évidemment, je l'ai déjà dit, cela ne signifie pas que tous les fonctionnaires sont de la sorte ... On trouve aussi des agents extrêmement consciencieux et productifs ... comme partout ...

Aurélie Boulet alias Zoé Shepard a toujours toute ma sympathie ... Ce n'est pas sa faute si des gens sont à ce point privé d'humour qu'ils ne supportent pas de voir leurs propres travers exposés de manière crue sous la lumière des projecteurs. Il ne faut pas qu'elle oublie le précédent d'Albert Cohen, qui, dans son livre magnifique «Belle du seigneur» publié en 1968, avait présenté de manière aussi critique le personnel de la Société des Nations (SDN) d'avant guerre (les décrivant éthologiquement comme des singes), alors qu'il était un ancien haut-fonctionnaire. Comme je l'écrivais, je ne pouvais qu'espérer que le président de la Région Aquitaine, Alain Rousset, ait autrefois lu «Belle du seigneur» et qu'il ait de la culture si ce n'est de l'humour.

 

 

Réflexion cinq (1er septembre 2010)
Une enseignante d'histoire-géographie suspendue à Nancy pour avoir consacré trop de temps à l'étude de la Shoah !!!


Le monde de l'éducation nationale devient de plus en plus fou. Le Monde révèle aujourd'hui qu'une enseignante d'histoire-géographie de Nancy (au lycée Henri Loritz), Catherine Pederzoli-Ventura, âgée de 58 ans, d'origine juive, aurait été suspendue durant quatre mois de ses fonctions pour avoir manqué à ses obligations de neutralité et de laïcité dans son enseignement et lors de voyages scolaires dans des anciens camps de concentration (selon son avocate avocate, Maître Christine Tadic).
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/31/accusee-de-consacrer-trop-de-temps-a-la-shoah-une-professeure-d-histoire-suspendue-a-nancy_1405083_3224.html

C'est le monde à l'envers. Alors que le risque atroce qui nous guette en Europe, c'est l'oubli de la Shoah, que d'autres appellent l'Holocauste, mais que l'inspection de l'éducation nationale voudrait qu'elle l'appelle le 'génocide' (juif, a-t-elle le droit de le dire ?) ; une enseignante est poursuivie pour justement l'enseigner à ses élèves et pour faire vivre ses moments atroces de ce vingtième siècle maudit et expliquer cette faute immense de tout un peuple, de tout un continent, qui ont soit commis, soit laissé commettre une abomination sans nom.

Mon regret, c'est justement que ces passages de notre histoire, de ce vingtième siècle, m'ait été enseigné de manière très superficielle, sans insistance. Le risque que je vois survenir, c'est que de plus en plus de jeunes gens ne croient plus en cet épisode terrible de notre histoire, au fur et à mesure que les témoins de cette époque disparaissent peu à peu, meurent, s'éteignent. Je sais qu'un jour, il sera difficile d'être certain que ces évènements ont vraiment eu lieu. Je sais qu'un jour, des gouvernements populistes, d'extrême-droite, décideront peut-être de nier (car c'est le propre des totalitarisme de réécrire l'histoire dans leur sens) la réalité de cette atrocité commise par un régime fasciste, à laquelle l'extrême-droite française, pétainiste, au nom du régime de Vichy, aura offert sa participation en déportant les juifs français vers les camps de concentration nazis ... Aussi, je ne peux que me réjouir que des enseignantes s'imposent, se battent, pour informer, pour faire vivre, de tels évènements monstrueux.

Et je ne comprends pas que le rectorat de Nancy-Metz, que l'inspection d'académie, que la direction de son lycée, puissent s'attaquer à cette enseignante sur de tels fondements. C'est choquant, indécent, inacceptable, aberrant ! Les commentaires des inspecteurs de l'éducation nationale sont notamment particulièrement consternants : «Un temps non négligeable de préparation étant consacré au projet, des parties du programme risquent de lui être plus ou moins sacrifiées». Les auteurs notent en outre que «lors de leur entretien avec la professeure, cette dernière a prononcé quatorze fois le mot Shoah, tandis que le terme à la fois plus neutre et juridiquement fondé de génocide n'a été mentionné que deux fois, comme en passant».

Il est normal que ce terme ait pu être prononcé autant de fois par cette enseignante puisqu'il s'agissait de la raison principale de l'enquête dont elle faisait l'objet, puisqu'elle était interrogée sur la place laissée à cette partie du programme. Faudrait-il qu'elle est honte de ce terme pour utiliser des termes qui ne choquerait pas les inspecteurs ? Mais en quoi pourraient-ils être choqués ? Ce terme est-il interdit d'usage dans un cours d'histoire ? Je pensais que seul le crime de négationisme pouvait être poursuivi, et devait être poursuivi. Quel rapport les inspecteurs concernés avaient-ils avec les juifs et cette partie de notre histoire ? Ne pas oublier que cette histoire se déroule à la frontière avec l'Allemagne, avec son histoire pas toujours simple de province disputée entre l'Allemagne et la France.

L'enseignement de ce crime du régime nazie, de l'Holocauste, est indispensable, primordial, pour qu'une telle horreur ne se reproduise plus jamais, au moins en France et en Europe (puisque des génocides ont continué, et continuent encore, d'être perpétrés un peu partout, en Bosnie, au Rwanda ou au Kirghizistan ...).

Espérons que Mme Catherine Pederzoli-Ventura pourra continuer encore longtemps à faire partager et revivre ses moments terribles et douloureux de l'histoire de l'Europe à des lycéens qui ne doivent pas oublier ni ignorer cette partie de leur histoire, cette faute de nos parents ou de nos grands-parents, tous ceux qui se sont tus ou qui se sont rendus coupables de délation ou de participation à cette entreprise d'extermination généocidaire !


Réflexion quatre (22 août 2010)
Du pouvoir de nuisance de la presse lorsqu'elle transmet des informations déformées et des conséquences sur les citoyens ... Lorsque l'affaire Serge Copy ne reçoit pas du gouvernement le même appui que dans le cas des affaires Eric Woerth ... 

Où on découvre que l'affaire Serge Copy n'est peut-être qu'une pure manipulation médiatique et politique, visant à raviver les oppositions raciales au sein de la société réunionnaise ... utilisée par d'autres pour régler quelques vindicts personnels ou se débarasser d'un enseignant qui déplaît ... De la nécessité de croiser ces sources et de ne pas appeler inconsidérément au lynchage d'une personne, même si tout la désigne comme coupable ...

Il y a plusieurs versions de l'affaire Serge Copy ; cet enseignant métropolitain menacé désormais de révocation par le ministère de l'éducation nationale, qui selon certains aurait insulté sous l'emprise de l'alcool des réunionnais après avoir eu des gestes indécents sur une gamine ; insulte qu'il aurait répété devant le tribunal lors de son jugement. Cet enseignant également poursuivi pour avoir proposé un texte d'une rare violence à de jeunes lycéens saint-paulois, et qui aurait fait l'objet d'une plainte d'un parent d'élève.

Pour d'autres, et notamment l'enseignant lui-même (lire son blog : http://sergecopy/unblog.fr), toute cette histoire d'insultes et d'agression sexuelle contre une mineure relayée par les médias de la presse écrite ne serait qu'inventions. La personne concernée par les faits ne serait pas une jeune réunionnaise mineure mais une métropolitaine, née à Rennes ; les faits ne seraient pas produits comme mentionné dans la presse ; surtout, il n'y aurait  pas eu d'insultes, et celles-ci n'auraient même pas été proférées devant le tribunal comme un article de presse en faisait état.

Qui croire ? Je ne suis pas juge, ni n'ai à juger de cette affaire. Je peux juste m'interroger. Les seules informations que nous avons sur cette affaire proviennent d'articles de presse d'un journaliste, qui assistait à un procès et qui relayait des faits rapportés. Cette affaire a conduit à un obscur kollectif se réclamant d'une identité réunionnaise semblant avoir des comptes à régler avec les métropolitains que le kollectif accuse de mépriser et de ne pas respecter la population réunionnaise. C'est sûrement vrai pour certains métropolitains, mais cela nécessite-t-il de s'engouffrer dans ce genre de brêches ?

Nous nous trouvons ainsi face au risque de l'abus de pouvoir de la presse ; qu'est-ce qui nous défendra demain si ce n'est plus un autre qui est visé par de telles attaques médiatiques, mais vous ou moi ? Qui croire si la presse ne donne plus qu'une version partisane et sectaire, raciste des faits ?

Il y a enfin l'accusation visant Serge Copy de faire étudier à ces élèves des textes hyper-violents et à messages sexuellement explicites, accusation qui pour lors n'est pas contestée et est fidèlement retranscrite par la presse. Même si la demande de révocation du kollectif incriminé visant Serge Copy ne porte pas sur ce point mais uniquement sur les insultes. Et même si ce point n'est cité par les journaux que pour appuyer la nécessité de révoquer cet enseignant, comme une circonstance agravante.

J'ai lu le poème incriminé de l'écrivain Jean-Luc Raharimanana. Ce poème est violent et obscène, assurément (http://remue.net/spip.php?article2866). Correspond-il à des élèves de seconde ? Je ne peux me prononcer. Mais ce recueil de poème a apparemment déjà été présenté dans d'autres écoles, et le poète aurait même, dans d'autres académies françaises, bénéficié d'une résidence d'écriture (dans un lycée de Saint-Denis, dans le 9-3) où ce même recueil aurait été étudié par des élèves.

Par ailleurs, ce texte certes obscène est-il pire que la réalité ? Le lycée ne peut-il pas confronter nos enfants à l'horreur du monde extérieur ? Car le monde est plein d'horreur, du génocide rwandais passé, de la shoah oubliée, aux massacres récents dans la république du Kirghizistan (où des centaines d'ouzbeks ont été brûlés vifs dans leurs maisons par des miliciens, parfois leurs voisins, comme au Rwanda).

Je ne peux que m'interroger. Nous sommes rentrés dans une société de délation où seul compte la parole de quelques délateurs, qu'utilisent ceux qui soit font profession de haine, soit sont trop peureux pour avoir leur propre opinion et s'engouffrent à la suite de la multitude dans les pas des autres ...

Journalistes, bloggueurs, avant de professer la haine, vérifiez vos sources, vérifiez la réalité des faits, et demeurez mesurés dans vos attaques. Car les appels au lynchage médiatique peuvent conduire au pire.


Réflexion trois (22 août 2010)
Révoqué pour racisme ou à cause de la connerie des hommes ?

La scène se passe en juin dernier dans le département de la Réunion, à peu près 9.000 kilomètres de la France métropolitaine. Un homme aviné (alcoolisé plutôt faudrait-il dire car rien n'indique qu'il s'était saoulé au vin) un geste déplacé à l'égard d'une jeune fille, en pleine rue. Pas très intelligent il faut dire ! L'homme est un fonctionnaire métropolitain, détail qui a son importance. Placé en état d'arrestation par les forces de police informées immédiatement, l'homme (aviné il ne faut pas oublier) a eu la malencontreuse idée de prononcer devant les policiers quelques mots insultants à l'égard des personnes qui sont à l'origine de son arrestation (les passants) : «Et alors, je suis blanc. Ici, c'est que des nègres et toutes des putes».

Evidemment, c'est une insulte plus que malencontreuse et regrettable. Une insulte d'ivrogne non maître de lui. C'est comme les faits déplacés qu'il s'est autorisé. Maintenant, nul ne sait (du moins pas moi) de quelle manière cette personne a été retenue dans l'attente de la police par les témoins de la scène. Très certainement, il n'a pas été retenu par des moyens tout à fait pacifiques.

L'affaire a été mise en jugement devant un tribunal à Saint-Denis. J'ignore la peine à laquelle l'homme a été condamné pour les faits d'attouchement sur la jeune fille concernée. Mais cela ne suffit pas à un groupe de réunionnais appartenant à une association (pardon un collectif comme le LKP en Guadeloupe ou le Cospar à la Réunion) qui fleure bon l'extrêmisme : le collectif «non au racisme ! Respekt a nou !». Ce collectif avait porté plainte pour injure raciale le 22 juin dernier et demandé ensuite la révocation de l'éducation nationale de l'enseignant (mais pas la peine de mort, ouf, il s'en tire à bon compte).

C'est cette procédure de révocation qui vient d'être engagée contre l'enseignant par le ministère de l'éducation nationale et qui passera vraisemblablement devant une instance paritaire ... à la grande joie du collectif «non au racisme ! Respekt a nou !».
http://reunion.orange.fr/news/reunion/la-procedure-de-revocation-engagee,570798.html
http://reunion.orange.fr/news/reunion/le-ministere-de-l-education-confirme-la-revocation,570919.html
http://www.temoignages.re/que-la-reunion-reste-cet-exemple,45128.html

Si l'instance paritaire a lieu à la Réunion, je ne donne pas cher de la peau de ce pauvre homme, face à des syndicalistes réunionnais dont le mot d'ordre est «La préférence aux réunionnais», soit un slogan que sous d'autres lattitudes on attribue au Front national de Jean-Marie Le Pen.

Je ne peux pas défendre les actes de cette personne. Mais ses actes ont malgré tout une excuse : l'ivrognerie. S'il fallait poursuivre tous les ivrognes qui ont des paroles insultantes à l'égard des passants, nos prisons ne seraient pas seulement bondées, elles déborderaient. Par ailleurs, si ce genre d'insultes devait conduire un enseignant à être révoqué de la fonction publique, il y a un paquet d'autres personnes qui devraient aussi être révoquées. J'ai souvenir que le ministre actuel de l'intérieur a été condamné pour les mêmes faits d'injure raciale, entre autres débordements, et pourtant il n'a pas été révoqué de son poste, que je sache. A la différence d'un préfet quittant ce même département de la Réunion, qui avait été mis à la retraite d'office pour avoir eu des propos insultants à l'encontre des personnels d'une société aéroportuaire à Orly, en estimant qu'il se serait cru en Afrique.

Au-delà de ces points, il y a d'autres choses qui me gênent dans cette histoire. Il faut d'abord remarquer que la police ne s'est pas faite agressée ce jour-là lorsqu'elle est intervenue pour arrêter ce monsieur aux gestes déplacés. Les réunionnais présents n'ont pas pris à partie les forces de police, ne les ont pas insulté, comme lors des évènements beaucoup plus récents devant la mosquée de Saint-Denis, lorque la personne arrêtée n'était pas un métropolitain blanc mais un jeune musulman. Bizarre, n'est-il pas ?

Par ailleurs, je me permet de me demander si désormais toutes les injures raciales prononcées conduiront également à des demandes de révocation par ce même ministère de l'éducation nationale, ou d'autres ministères ... Il faut se promener dans les rues des villes de ce département français, où fleurissent les injures raciales à l'encontre cette fois-ci des français métropolitains, des zoreils comme ils disent là-bas : des injures telles que «zoreil déor», «La Réunion aux réunionnais» ... Il faut entendre les «maquereau de zoreil», les «languet to maman de zoreil», «retourne dans ton pays» et autres joyeusetés qui viennent agrémenter les conversations des natifs réunionnais ...

Bon, au moins, les métropolitains savent désormais, que se soit en France ou à la Réunion, que lorsqu'ils se feront injuriés par un réunionnais, surtout si cette personne est fonctionnaire, il ne faudra pas hésiter à porter plainte et à demander la révocation de cette personne de la fonction publique française. Et je ne suis pas certain que les membres de ce collectif seront aussi prompts et virulents pour demander la révocation d'un enseignant réunionnais qui aurait insulté un métropolitain ? Pas certain est évidemment un euphémisme.

La Réunion, une terre de tolérance ? Je n'en suis pas sûr. Pour moi, un endroit où le racisme anti-blanc est tout aussi développé que dans nombres de pays africains et où il ne fait pas si bon vivre lorsque l'on a la peau blanche. Peut-être que les membres de ce collectif devraient tendre l'oreille et regarder les murs de leurs villes pour découvrir la réalité de leur terre de tolérance.


Réflexion deux (22 juillet 2010)
Quelle suite à l'affaire Aurélie Boulet-Zoé Shepard ?


Rappelez-vous, Zoé Shepard, de son vrai nom Aurélie Boulet, c'est cette jeune femme, administrateur territorial au sein de la fonction publique territoriale, employée au Conseil régional d'Aquitaine, dont le président est le socialiste Alain Rousset, qui a publié un livre polémique sur la fonction publique : «Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire», paru en 2010 chez Albin Michel dont le bandeau mentionnait : «Comment faire 35 heures… en un mois !».

Suspendue pendant quatre mois en mai 2010, exclue pour une durée de deux ans par un conseil de discipline (à charge) le 1er juillet 2010, le président du Conseil régional d'Aquitaine a désormais jusqu'au 1er août 2010 pour appliquer cette sentence. Et c'est dans une collectivité locale gérée par la Gauche, par le Parti socialiste, que cette remise en cause gravissime de la liberté d'expression va avoir lieu.

A lire l'article magnifique écrit par Philippe Bilger, en défense d'Aurélie Boulet, dont on ne peut mettre en doute la compétence juridique, en tant qu'Avocat Général près la cour d'appel de Paris ... Il représentait notamment le ministère public au procès du Gang des barbares (gang dont le leader était l'immonde Youssouf Fofana).
http://www.philippebilger.com/blog/2010/07/il-faut-défendre-aurélie-boullet.html

A signer également la pétition du Cri du contribuable qui sera adressée à Alain Rousst, président du Conseil régional d'Aquitaine, pour demander l'annulation de la procédure disciplinaire enclenchée à l'encontre d'Aurélie Boulet.
http://le-cri-du-contribuable.pro-petition.fr/il-faut-defendre-aurelie-boullet/envoyez_a_vos_amis#envoyer

Pour rappel, les faits mentionnés dans son bouquin, les personnages évoquées sont certes issus de faits réels, pour partie, mais l'auteur avait pris la peine de le publier sous un nom d'emprunt, de changer les noms des personnages, de dépayser l'action dans la région parisienne, et de la faire se situer dans un autre type de collectivité. Peut-être les surnoms demeuraient-ils (simplet, coconne ...). Il faut défendre Aurélie Boulet, et il n'est surtout pas possible que le Parti socialiste s'abaisse à de telles actions menaçant la liberté d'expression de tout un chacun, sauf à vouloir prouver que ces leaders sont incapables moralement de gouverner la France, sauf à ce que l'on souhaite tomber dans une dictature après ces années de Sarkozysme. Agissez !


Réflexion une (2 juillet 2010)
Paradoxes ! Les affaires Aurélie Boulet-Zoé Shepard et Woerth-Bettencourt ...

1) L'affaire Aurélie Boulet alias Zoé Shepard


Aurélie Boulet alias Zoé Shepard est l'auteur d'un livre dont l'action se situe dans la fonction publique territoriale :  «Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire», paru en 2010 chez Albin Michel. Son bandeau était : «Comment faire 35 heures… en un mois !».

Problème, Aurélie Boulet alias Zoé Shepard travaille comme fonctionnaire territoriale (grade d'administrateur territorial) au conseil régional d'Aquitaine, présidé par le socialiste Alain Rousset. Démasquée, elle a été suspendue à compter du 3 mai 2010 pour une durée de quatre mois. Un conseil de discipline réuni hier, 1er juillet 2010, a décidé son exclusion sans salaire de la fonction publique pour deux ans. Elle risque aujourd'hui la révocation à vie, sur décision d'Alain Rousset. Tout cela sur le fondement «de son manquement à l'obligation de réserve et de discrétion qui incombe à tout agent public».

Sacré paradoxe ! Dans une collectivité gérée par la gauche ! Aucun humour ! Des représentants syndicaux au conseil de discipline tout aussi dénués d'humour et de volonté de défendre les salariés que l'encadrement de cette assemblée. Des personnes se sont reconnues dans les personnages fictifs et inventés présents dans ce livre et se sont sentis insultés par les faits exposés ? Mais ces faits étaient-ils inventés ou véridiques ?

Il n'y aurait pas ce risque d'être révoquée ; toute cette situation serait risible ! Mais c'est le fondement même de notre démocratie qui est ici attaqué par le parti socialiste lui-même. Le fait même que la liberté d'expression soit niée à une quelconque citoyenne lambda française est terrible par ce même parti socialiste qui dénonce les risques de la politique sociale et sécuritaire de Nicolas Sarkozy.

Qu'Aurélie Boulet alias Zoé Shepard ait attaqué l'honneur de quelques fonctionnaires publics territoriaux ; je n'en disconviens pas. Mais je doute fortement que la fonction publique territoriale (que ce soit au conseil général d'Aquitaine ou ailleurs) ne contienne pas des palanquées de fonctionnaires pourris, capables de ne pas en foutre une rame des journée entières et de faire durée des semaines durant une tâche qu'ils auraient pu réaliser en quelques minutes. Et on pourrait dire tout autant la même chose d'un certain nombre de salariés du privé, surtout dans les services de très grandes entreprises (les très petites entreprises ne peuvent par contre pas supporter de tels agissements). Et à l'encontre de combien de grands patrons ou de chefs de très grands services ne pourrait-on pas dire la même chose ? Qui passent leur temps en réunion, en apéros, en repas d'affaires, en voyages, et dont le seul travail consiste à signer des parapheurs qu'ils ne lisent le plus souvent même pas, faisant confiance à ceux qui les leur présentent pour signature.

C'est un travers des administrations de permettre à des incompétents et à des fainéants de s'y installer et d'être payés à y glander ... Comme on trouve partout d'autres personnes qui sont régulièrement aussi souvent malades qu'ils en ont le droit, dès lors qu'ils sont payés. J'ai connu dans le privé des types qui comptabilisaient leurs droits à maladie de deux mois comme ils comptabilisaient leurs droits à congés annuels ... un mois par an de congés et deux mois d'absence pour maladie ... On aurait pu leur demander des prévisions de congés maladies. Et on en trouve aussi un certain nombre dans l'enseignement public.

Mais cela ne veut pas dire que tous les fonctionnaires sont des fainéants, de même que dans le privé tout le monde n'agit pas comme je l'ai décrit. Il y a des cas partout ... Même s'il est probable que la fonction publique territoriale attire plus que son lot de glandeurs et de paresseux ; cela n'aurait rien d'aberrant ... Même si on trouve aussi des agents extrêmement consciencieux et productifs ... comme partout ...

Qu'Aurélie Boulet alias Zoé Shepard reçoive ici toute ma sympathie ... Et si des gens sont à ce point privé d'humour pour ne pas supporter de voir leurs propres travers exposés de manière crue sous la lumière des projecteurs, qu'ils reçoivent ici tout mon mépris. L'incompétence et l'indécence sont à mes yeux intolérables. Surtout quand les incompétents de ce type sont justement (c'est le pire) les mieux appréciés dans ces structures administratives comme la fonction publique territoriale.

Honte au parti socialiste ! Comment voter pour des élus peut-être véreux et surtout dénués d'humour et d'esprit démocratique !
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/07/01/deux-ans-d-exclusion-preconises-pour-l-auteure-d-un-roman-critique-sur-l-administration_1381826_3224.html
http://www.sudouest.fr/2010/06/30/conseil-regional-qui-a-peur-du-pamphlet-de-zoe-shepard-129088-2780.php
http://www.sudouest.fr/2010/07/01/zoe-shepard-ce-n-est-pas-un-pamphlet-contre-la-fonction-publique-territoriale-130249-756.php

Mais Aurélie Boulet alias Zoé Shepard n'a peut-être aucune chance d'échapper à cette sanction. Le président du conseil régional d'Aquitaine peut-il laisser un administratif ayant une aussi piètre opinion de sa collectivité territoriale, et connaissant aussi intimement les travers de ses agents, rejoindre la chambre régionale des comptes d'Aquitaine où elle pourra pondre des rapports accablants sur sa gestion financière et sur son fonctionnement ? Evidemment il n'en est pas question. Honteux !

Juste pour l'histoire, il est un exemple célèbre d'une critique à peu près semblable de l'administration : la critique féroce de la Société des Nations faite par Albert Cohen, ancien fonctionnaire de la Société des Nations, dans son livre magnifique «Belle du seigneur» publié en 1968. Je souhaite à Aurélie Boulet la même renommée que celle d'Albert Cohen. Je peux juste espérer que le président de la Région Aquitaine, Alain Rousset, ait autrefois lu «Belle du seigneur» et qu'il ait de la culture à défaut d'avoir de l'humour.


Saucratès



11/12/2010
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