Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Des monstres - La noirceur de l'âme humaine (2)

 

Réflexion douze (27 mars 2012)
La question de la barbarie et son actualité ...


Un article que j'ai trouvé extrêmement intéressant d'un philosophe et sociologue allemand, Jan Philipp Reemtsma, publié dans le journal Le Monde, intitulé «Les racines de la violence : réflexion sur les mécanismes de la barbarie».

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/24/les-racines-de-la-violence_1675170_3232.html

 

Article à lire ! Selon lui, les faits de barbarie que l'on observe encore régulièrement dans le monde, où qui ont pu être observés par le passé, notamment au cours de l'atrocité nazie, ne sont que le fait des hommes ordinaires, et non pas de monstres ou de sadiques.  Questionnement que j'ai déjà abordé par le passé, en m'interrogeant pour ma part sur la nature humaine pervertie. Pour lui, les racines de la violence existe dans chacune de nos sociétés, et il est selon lui merveilleux que la violence ne l'ait jamais emportée sur les forces du vivre ensemble.

 

«... Ce qui devrait au contraire nous étonner, c'est pourquoi nous n'en sommes pas restés à ce stade ; pourquoi jusqu'à aujourd'hui, la violence n'a pas eu le dernier mot dans l'histoire. Rappelons que Theodor Adorno ou Thomas Mann par exemple - au cours des années 1944-1945 - ont cru qu'il y aurait d'autre avenir que la poursuite de la barbarie.»

 

Selon Reemtsma également «aucune culture n'est violente ou non violente. Partout l'on retrouve une classifiation assez simple. La violence est prohibée, imposée ou autorisée.» Il n'y aurait pas ainsi selon lui de civilisation ou de culture supérieure à d'autres, contrairement à ce qu'a pu penser certain ministre de l'intérieur ou président de la république ! On peut peut-être selon penser que des civilisations ont connu un certain niveau d'endiguement de la violence sur les autres, par rapport à d'autres cultures ou civilisations, endiguement qui est capable pour l'instant de résister et de limiter les faits de violence à certaines situations, à certaines personnes malades mentalement, à certaines personnes déséquilibrées socialement ... Jusqu'aux prochains évènements qui feront exploser les conventions sociales, telle une guerre ou une apocalypse.

 

C'est ce que Reemtsma écrit à la fin de cet article lorsqu'il dit : «Pour ce qui est de la conscience de soi, il s'agit de se rendre compte que la restriction de la violence par l'interaction, par le contrôle des institutions et la limitation des moyens dont dispose le monopole d'Etat sur la violence a probablement représenté le plus grand progrès de l'histoire de l'humanité en termes de civilisation. Nous devons nous y tenir.

 

A ce composé de peur et de conscience de soi s'ajoute la compréhension des mécanismes susceptibles de plonger en un tour de main une société moderne dans un état de barbarie extrême, ainsi qu'une sensibilité aux conséquences que peuvent entraîner certains débats comme ceux qui prétendent relégitimer la torture.»

 

Clairement, je partage la même croyance. Que, même dans nos sociétés policées, la barbarie n'est jamais loin. Que seul le vernis de la respectabilité empêche les personnes de basculer dans la haine et dans la violence. Et je ne parle pas des quelques cas isolés de fous qui tueraient ou violeraient au hasard, comme l'islamiste de Toulouse. Non, je parle d'une bascule d'une majorité d'hommes ou de femmes dans la haine, le meurtre et les massacres, pour des différences de couleur de peau, de religion, ou de richesse ...

 

Ce à quoi conduisent, même en France, les discours révolutionnaires de certains leaders politistes, d'extrême droite ou d'extrême gauche ... Ou ce que l'on observe en Syrie, où une partie de la population dans certaines villes est victime de la répression d'un pouvoir aux abois ... et où même les médecins et les infirmiers torturent les victimes pour les faire avouer ou juste pour le plaisir, rompant en cela les préceptes les plus sacrés de la médecine et le serment d'Hypocrate. 

 

L'horreur et la barbarie ne sont jamais loin dans la nature de l'homme : aujourd'hui en Syrie, hier en Iran, en Tchétchénie, il y a une décennie au Rwanda, il y a un peu plus d'un demi-siècle en Europe dans la folie nazie ... Et cela fait froid dans le dos de penser que demain peut-être votre voisin sera votre bourreau ou celui de vos enfants !

 

A côté de cela, il y a parfois un peu d'espoir, comme cet acquittement demandé par l'avocat général et accordé par les jurés de la cour d'assise du Nord. Alexandra Guillemin a été acquittée du meurtre de son mari, qui la battait si régulièrement et qu'elle a tué, en juin 2009, alors qu'il était en rage parce qu'elle voulait le quitter.

 

Il faut lire ces quelques mots terminant la plaidoirie de Luc Frémiot, avocat général lors de son procès : «De quoi êtes-vous responsable, Alexandra Guillemin ? Quelle serait la crédibilité, la légitimité de l'avocat de la société qui viendrait vous demander la condamnation d'une accusée, s'il oubliait que la société n'a pas su la protéger ? Alors, je vais parler de légitime défense. Est-ce qu'au moment des faits, Alexandra Guillemin a pu penser qu'elle était en danger de mort ? Est-ce qu'en fonction de tout ce qu'elle a vécu, subi, elle a pu imaginer que ce soir-là, Marcelino allait la tuer ? Mais bien sûr ! Cela fait des années que ça dure. Alexandra a toujours été seule. Aujourd'hui, je ne veux pas la laisser seule. C'est l'avocat de la société qui vous le dit : vous n'avez rien à faire dans une cour d'assises, madame. Acquittez-la !»

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/03/24/femmes-battues-l-indifference-en-proces-aux-assises-du-nord_1675049_3224.html

 

C'est magnifique !

 

 

Réflexion onze (8 août 2011)
Suicide du plus ancien prisonnier de France ... Faut-il s'en réjouir ?


Pierre-Just Marny, un antillais, âgé de 68 ans, en détention depuis 1963, soit depuis quarante-huit ans, s'est suicidé ce week-end dans sa cellule, aux Antilles où il avait été transféré en 2008. Il avait été condamné à la réclusion à perpétuité pour meurtres en 1969 (échappant vraisemblalement de peu à la peine capitale), après l'attaque d'un taxi ayant fait trois morts, dont un enfant de trois ans, et quatre blessés.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/08/07/le-plus-ancien-prisonnier-de-france-se-suicide-en-cellule_1557128_3224.html

 

Je suis désolé mais je ne trouve pas injuste ce qui lui est arrivé. Certes, il était jeune lorsqu'il commit ces meurtres, à peine âgé de 20 ans, et il aura passé sa vie dans des prisons, dans des cellules, dans des unités psychiatriques pour malades dangereux ... Il n'aura rien connu de la vie, mais il aura vécu cependant plus longtemps que les personnes qu'il tua ce jour-là, il y a quarante-huit ans ... et notamment que cet enfant alors âgé de 3 ans, qui aurait eu une cinquantaine d'années aujourd'hui ...

 

Marny n'eut que justice. Et il est terrible de penser qu'il ne s'est pas suicidé par culpabilité pour les meurtres qu'il commit et les vies qu'il ôtat, mais par apitoiement sur son propre sort personnel, parce qu'il venait d'avoir 68 ans la veille ...

Cette histoire nous souligne aussi l'intérêt d'avoir fait disparaître la peine de mort, dès lors que ces personnes sont effectivement maintenues en prison pendant des décennies, jusqu'à leur mort ... Au lieu d'être exécuté immédiatement, cet homme aura vécu 48 ans en prison à repenser à son crime, ou peut-être à s'en vanter ...

 

Ce qui est sûr, n'en déplaise aux antillais qui manifestent de manière déplacée leur problème racial en contestant la longueur de sa peine, c'est qu'en restant enfermé, Marny n'aura tué personne d'autre. On ne saura simplement jamais combien de vies auront été épargnées grâce au maintien en prison de cet assassin ... zéro ou des dizaines ... Combien de vies auraient été épargnées si Bodein, dit Pierrot le fou, ou quelques autres assassins, avaient également été maintenus indéfiniment en prison, si la justice leur avait appliqué une peine suffisante, à la mesure de leur crime et de leur dangerosité, si la justice avait convenablement appliqué la peine prononcée ?

 

Alors NON, je ne trouve pas injuste que Pierre-Just Marny ait passé quarante-huit ans en prison ou qu'il y soit mort ... Je trouve cela simplement juste et normal ... Même si pour suivre Foucault, l'enfermement de ses fous n'ait peut-être pas la meilleure chose pour une société ...

 

Il faut lire par contre la manière dont les journaux antillais rendent compte de l'évènement ... De manière inappropriée pourrait-on dire ... A lire notamment le sondage à peine orienté qui est proposé aux lecteurs du journal France-Antilles : le lecteur a le choix entre quatre items : 1.

 

 

 

 

 

Réflexion dix (13 octobre 2010)
Essai d'introspection


Un ami contradicteur (inconnu), m'a accusé d'avoir une position populiste et honteuse sur la prison et les condamnations pénales. Peut-on défendre la peine de mort dans certaines situations, peut-on estimer anormal de voir sortir d'anciens condamnés pour des affaires de meurtre ou de viol, qui repassent à l'acte et retuent et (ou) reviolent ?

D'une façon générale, je trouve que la prison est un monde terrible et que c'est une malédiction d'y arriver. Les raisons qui peuvent nous conduire en prison, nous citoyens lambda plus ou moins innoccents, sont relativement nombreuses. Il y a d'abord le risque d'accidents routiers ; au volant d'une automobile, la probabilité de tuer non intentionnellement une personne est relativement élevée, piéton, autre automobiliste ou motard, même en faisant extrêmement attention. Il y a ensuite toute une série de raisons économiques, liées au travail, à la famille (pensions non payées, non présentation d'enfants ...), de plaintes diverses mais infondées (pour agressions sexuelles par exemple) ... et à ce niveau, je comprends parfaitement la position de mon contradicteur. Lorsqu'il pense suicide en prison, je pense à toutes ces personnes qui n'auraiet rien à faire en prison et qui se trouve condronter à la confiscation de leur liberté, et surtout à la violence aveugle de cet autre monde, d'un monde où se trouvent regrouper tout ce que la société a rejeté.

Car c'est cela l'horreur de la prison ; voir regrouper ce que la société a de pire dans quelques murs, des assassins et des violeurs mélangés à des gens normaux, comme nous. C'est ce qui me sépare de mon contradicteur. Quelle position doit prendre la société à l'encontre des pires criminels ? Selon moi, chacun d'entre nous avons le choix de tuer ou de ne pas tuer, de violer ou de ne pas violer, de voler ou de ne pas voler (avec violence), d'agresser ou de ne pas agresser ...

Même si plus on avance dans cette liste, plus l'opinion que l'on peut avoir peut être soumise à interprétation (vol avec violence ou sans violence ... un vol est un vol avec ou sans), plus on peut se sentir facilement concerner et donc plus le choix est contestable (on peut parfois passer très près de l'obligation de se battre, de l'envie de frapper quelque vis-à-vis dans une situation d'énervement ...) ...

Je reste intimement persuadé que chacun d'entre nous avons ce choix, et que l'humanité c'est d'arriver à dissocier le passage à l'acte du fantasme, du désir, de l'envie de passer à l'acte. Etre humain, ou rester humain, c'est résister à l'appel de la violence, de l'animalité, de la transgression des règles ... Le criminel, c'est celui qui a enfreint ces règles, qui a plongé du côté de l'inhumanité, plus ou moins longuement, plus ou moins fréquement.

Que doit faire la société dans cette situation ? Laisser sortir des criminels qui ont tué ou violé après quelques années de prison, c'est un pari que je trouve extrêmement dangereux, mortellement dangereux, pris par quelques juges des libertés mais que des citoyens lambda, innoccents, courent à leur place. La peine de mort semble à mon contradicteur une condamnation indéfendable ; pas à moi dans certains cas de meurtres extrêmement graves et choquants.

Selon moi, nous faisons tous les deux un choix (différent). Mon contradicteur et les opposants à la peine de mort partent du principe que la mort de quelques passants innocents, victimes de condamnés récidivistes, est un prix nécessaire et acceptable pour réinsérer des anciens condamnés ... De mon côté, ces morts innocentes me semblent un prix excessif à payer, et l'exécution de quelques innocents (ou le maintien en prison à vie de prisonniers réadaptables) me semblent un prix acceptable pour sauver ces quelques vies de passants (et de passantes) innocent(e)s. Divergence d'opinions et de valeurs. Mais cela fait-il de moi un populiste ?

Tout dépend de la valeur que l'on accorde à la vie de tel ou tel innocent, selon qu'il soit suspect ou simple passant. Tout dépend également du nombre de victimes. Enfin, tout dépend si on accepte que ce soit la société qui puisse être responsable de telles erreurs, ou si on refuse cette possibilité et si du coup on décide que ce seront des assassins pervers ou violeurs qui seront responsables de ces morts innocentes. Il est néanmoins à noter que dans cette perspective, j'ai accepté l'idée que la peine de mort pourrait frapper des victimes innocentes. A l'inverse, il resterait alors à me démontrer que la vie d'assassins et de violeurs vaudraient plus que celles des victimes innocentes de certains d'entre eux que leur exécution aurait pu économiser !

Evidemment, ce débat a déjà eu lieu par le passé, par de bien plus illustres et compétents avocats que moi. Je ne suis par ailleurs pas bien placé pour en discuter, n'ayant jamais eu à souffrir des agissements de tels assassins, meurtriers ou violeurs ... Que dirais-je si cela m'arrivait ? Il demeure l'aberration des peines de prison qui suppléent désormais à la peine capitale. Le fait que condamner un meurtrier à la prison à perpétuité ne suffise pas à l'envoyer en prison suffisamment longuement. Qu'il faille désormais adjoindre à leur condamnation une peine incompressible. Avec le risque que dans quelques années, ces personnes sortiront malgré tout après quelques années à peine d'emprisonnement ... J'ai connu des délinquants en col blanc, ayant simplement volé l'état, en détournant des billets qui devaient être détruits, sans aucune violence si ce n'est contre l'état, subir une plus longue peine d'emprisonnement (sept ans sans aucune réduction de peine) que de nombreux violeurs ... Conclusion, il vaut mieux violer que voler l'état ...

Un débat sans conclusion. Du même avis que mon contradicteur, on ne peut défendre la peine de mort ... Mais comment faire en sorte que la société nous protège de ces pires assassins, meurtriers, délinquants, violeurs ... de tous ceux qui choisissent de ne pas en respecter les règles ???

 


Réflexion neuf (12 septembre 2010)
Un nouveau meurtre d'une jogueuse à Marcq-en-Baroeul


Une nouvelle fois, un violeur ayant bénéficié d'une décision de mise en liberté conditionnelle est le meurtrier présumé d'une jeune femme violée et assassinée dans une ville des alentours de Lille, à Marcq-en-Baroeul. Natacha Mouguel, cadre dans le secteur de la grande distribution, âgée de 29 ans, a été attaquée et enlevée dimanche dernier alors qu'elle effectuait son jogging vers 19 heures 30 dans un parc de Marq-en-Baroeul. L'alerte a été donnée par son ami ne la voyant pas rentrer.

L'homme, âgé de 39 ans,  chauffeur-livreur travaillant pour les Restos du Coeur, avait été condamné en février 2006 par les assises des Hauts-de-Seine à dix ans de prison pour le viol d'une joggeuse sous la menace d'une arme deux ans plus tôt à Suresnes. Après avoir passé cinq années en prison, il avait bénéficié d'une remise en liberté conditionnelle en septembre 2009. Il a avoué le viol et l'assassinat de Natacha Mouguel.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20100908.FAP7927/le-meurtrier-presume-de-la-joggeuse-de-marcq-en-baroeul-mis-en-examen-et-ecroue.html
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ha3FZxIUW2kAl53D1BXNytv4D0Tw
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/marcq-en-baroeul-59-un-meurtre-repose-la-question-de-la-recidive-08-09-2010-1042278.php

Les proches de la victime ont lancé un site internet intitulé www.plusjamaisca.com. Il est incompréhensible et inacceptable que la justice continue de libérer des assassins et des violeurs alors que la moitié à peine de leur peine est écoulée. Il est déjà incompréhensible que ce monstre ait pu n'être condamné qu'à dix ans de prison pour un viol sous la menace d'une arme ; encore plus invraisemblable qu'il ait pu être libéré trois ans à peine après son procès. Je n'ose imaginer la peur de sa victime lorsqu'elle a appris la libération de son violeur, ses cauchemars ... si jamais elle l'a su ... si la justice a osé l'informer de la libération de son violeur.

La justice est devenue folle. Y a-t-il même des êtres humains, dotés de conscience, au sein de l'appareil judiciaire ? On n'en a pas l'impression. Cette histoire rappelle l'histoire tragique du meutre de Marie Christine Hodeau, âgée de 42 ans, assassinée et violentée en septembre 2009 dans l'Essonne, en France, alors qu'elle faisait un jogging à Oncy-sur-Ecole. Son assassin présumé était Manuel da Cruz, âgé de 47 ans, un violeur multi-récidiviste. Face à une justice à ce point aveugle et privée de morale, face à ces monstres sanguinaires, à ces violeurs et à ces assassins, je suis partisan de réclamer le rétablissement de la peine de mort, ou l'application de réelles peines de prison, de 50 ans, incompressibles ... afin que ces monstres soient définitivement exclus de la société ... ou exécutés.


 

Réflexion huit (10 septembre 2010)
Les monstres d'Aix-en-Provence et le cas Patrick Henry


Les monstres trop normaux d'Aix-en-Provence (Jean-Pierre Planqueel, Frank Julien, Arnaud Frapech, Aurélie Piteux et Barbara Jean-Louis) ont été condamnés à des peines de prison s'étalant de onze à dix-neuf années de prison, échappant à une condamnation à perpétuité et à une période de sûreté de 22 ans. En clair, cela signifie qu'ils feront à peu près la moitié de leur peine par le jeu des réductions de peine, et que certains de ces monstres sortiront de prison dans une ou deux années, du fait de la durée de la détention préventive déjà réalisée.

Ces évènements me ramènent à une autre histoire bien plus ancienne, celle du meurtre du petit Philippe Bertrand, âgé de huit ans, en janvier-février 1976, par le meurtrier Patrick Henry (pour une histoire de demande de rançon). Celui-ci sera arrêté et confondu le 17 février 1976 (cf. l'affaire Patrick Henry). Grâce à une plaidoirie d'anthologie de l'avocat et futur garde des sceaux Robert Badinter, Patrick Henry échappera en 1977 à l'exécution capitale (à la guillotine) pour se voir condamner à une peine de prison à perpétuité. Considéré comme un prisonnier modèle, il sera libéré conditionnellement le 15 mai 2001, soit après simplement 25 années d'emprisonnement. Il demandait depuis de nombreuses années sa libération conditionnelle. Il sera réarrêté en Espagne en 2002 pour possession de drogue (10 kilogrammes) en 2002 et condamné en 2003 à une nouvelle peine de quatre années de prison (se rajoutant à la révocation de sa liberté conditionnelle). Patrick Henry est aujourd'hui âgé de 57 ans, et je ne serais pas rassuré de le savoir en liberté et dans la capacité d'approcher un de mes enfants ...

A quoi cela sert-il de condamner des personnes à la perpétuité s'ils sortent malgré tout de prison quelques années plus tard ? Ce genre de monstres sont-ils susceptibles de s'amender ? Robert Badinter ne regrette-t-il jamais d'avoir permis à Patrick Henry d'avoir échappé à la peine de mort et de l'avoir ensuite abolie ? Robert Badinter ne ressent-il jamais de culpabilité lorsqu'il entend parler de ces meurtriers et de ces violeurs multi-récidivistes (Manuel da Cruz, Pierre Bodein dit Pierrot le Fou, Francis Evrard ...), qui violent, tuent, font quelques années de prison, ressortent et reviolent et retuent d'autres enfants ou d'autres femmes ? ... Et parfois recommencent encore et encore ...

Pourquoi la justice et la société devraient-elles faire preuve d'humanité envers des personnes qui sont incapables de faire preuve de la moindre humanité à l'égard de leurs concitoyens et concitoyennes ?


Réflexion sept (30 août 2010)
Les monstres d'Aix-en-Provence


Ces jours-ci s'ouvre devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence le procès des assassins de William Modolo, un jeune d'une vingtaine d'années, violé, torturé puis assassiné par lapidation par un groupe de six marginaux dans cette même ville d'Aix-en-Provence, il y a quatre ans, en mai 2006.
http://www.laprovence.com/article/region/assises-daix-le-proces-dune-barbarie-collective
http://www.europe1.fr/Faits-divers/Les-tortionnaires-de-William-aux-assises-259928/
http://www.laprovence.com/article/region/proces-de-lhorreur-le-combat-dune-mere

Des monstres, des barbares ? Des êtres sans aucune moralité, des bêtes ? Les mots manquent pour décrire ce que l'on peut penser de ces six individus, comme les mots manquent pour décrire ce qu'ils ont fait à ce jeune homme, William Modolo ... Les six présumés-innocents/coupables, suspectés de cet assassinat sont : Jean-Pierre Planqueel (le leader du groupe dans l'acharnement à l'égard de William Modolo), Frank Julien, Arnaud Frapech, Aurélie Piteux, Barbara Jean-Louis (jeune assistante d'une garderie de Gardanne, qui se dénoncera d'elle-même à la gendarmerie le jour même où le corps de William Modolo sera découvert) et Lucien Boursier (dit papy).

Ces six monstres encourent des peines de prison à perpétuité pour des faits qualifiés par la justice de viols aggravés, d'actes de tortures, de barbarie et d'assassinat.


Saucratès


Note précédente sur le même sujet :
http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2078730-des_monstres___la_noirceur_de_l_ame_humaine__1_.html



13/01/2011
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