Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Réchauffement climatique


Réchauffement climatique (4)

 

Réflexion quarante-trois (28 novembre 2011)
La conférence de Durban en Afrique du Sud


Un an après la conférence de Cancun et deux ans après l'échec de la conférence de Copenhague en décembre 2009, se tient à Durban la dix-septième conférence des parties sur la convention climat (Cop17). L'enjeu en est de relancer les négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique et la renégociation de l'accord sur le protocole de Kyoto, signé en 1997, négociations enlisées après Copenhague.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/27/sommet-de-durban-la-planete-au-chevet-du-protocole-de-kyoto_1609846_3244.html

http://www.lemonde.fr/depeches/2011/11/27/le-temps-presse-a-durban-alors-que-kyoto-expire_1272267.html

 

Vingt années se sont écoulées depuis le premier sommet de la Terre qui s'était tenu à Rio de Janeiro au Brésil, en juin 1992, qui avait vu l'adoption par 131 chefs d'Etat de l'Agenda 21, un recueil de 2.500 recommandations pour le 21ème siècle, et où trois conventions internationales avaient été ouvertes à la signature : la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la Convention sur la diversité biologique et la Convention sur la lutte contre la désertification.


Quinze années se sont également écoulées depuis le deuxième sommet de la Terre qui s'était tenu à New-York aux USA, en juin 1997, et qui avait constaté le désaccord entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur la réduction des gaz à effet de serre (GES). Mais l'année 1997 avait également conduit à l'adoption en décembre 1997 du Protocole de Kyoto lors de la troisième conférence des parties à la convention-climat (Cop3).

 

Le protocole de Kyoto présente néanmoins des limites en raison du faible poids des états engagés par des réductions d'émission des gaz à effet de serre (GES) dans le total des émissions mondiales. Les états signataires sont les états européens et l'Australie représentent en effet à peine 30% du total des émissions mondiales. Les Etats-Unis, deuxième pollueur de la planète, n'ont jamais ratifié le protocole de Kyoto, et la Chine, désormais premier pollueur de la planète, n'était pas concerné par le protocole en tant que pays nouvellement industrialisé.

 

En cette période de crise financière et de crise de la dette, pour quelles raisons l'Union européenne accepterait-elle de s'engager unilatéralement sur la reconduction du protocole de Kyoto et sur le coût financier des mesures de réduction des émissions de GES, alors que les autres états pollueurs de la planète s'exonèrent de toute contrainte pouvant entraver leur croissance économique ? Mais l'urgence climatique n'a pas diminué, bien au contraire, même si apparemment, l'Europe tout comme les autres principaux pollueurs, ne seront pas les plus concernés par les catastrophes climatiques qui pourraient s'ensuivre d'un emballement du réchauffement climatique. Les pays en développement africains, principalement concernés par des famines consécutivement aux dérèglements climatiques, et les états iliens (en premier lieu l'état du Tuvalu dans le Pacifique ou les îles des Maldives dans l'Océan Indien), concernés eux par l'accroissement des risques cycloniques et la montée du niveau des océans.

 

Ainsi, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a indiqué la semaine dernière que la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère avait atteint en 2010 un niveau sans précédent, tandis que un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a fait état d'une menace grandissante des vagues de chaleur pour le vingt-et-unième siècle : des pluies plus fortes, davantage d'inondations, des cyclones plus puissants, des glissements de terrain et des sécheresses plus dures.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/21/la-concentration-des-gaz-a-effet-de-serre-dans-l-atmosphere-atteint-des-niveaux-record_1606916_3244.html

 

Enfin l'Agence internationale de l'énergie (AIE), bras énergétique de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a averti que la hausse des températures pourrait être comprise entre 3 et 6 degrés d'ici la fin du siècle et que les émissions de dioxyde de carbone pourraient progresser de 20% d'ici 2035 pour atteindre annuellement 36,5 gigatonnes.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/09/les-emissions-de-co2-pourraient-augmenter-de-20-d-ici-a-2035_1601285_3244.html 

 

Pour mémoire, les émissions de GES ont ainsi atteint 30,6 gigatonnes en équivalent CO² en 2010, contre 28,9 gigatonnes en 2009 et 29,3 gigatonnes en 2008. Le faible niveau enregistré en 2009 s'expliquait par la crise économique et financière mondiale. Par rapport à 2008, la hausse entre 2010 et 2008 s'établit ainsi à +4,5%.

http://www.qualipole.fr/les-articles-specialises/emissions-mondiales-de-ges-gaz-a-effet-de-serre-en-2010-un-nouveau-et-triste-record.html

 

 

Réflexion quarante-deux (20 décembre 2009)
L'échec de la conférence de Copenhague et l'avenir du capitalisme ...


La conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique s'est ainsi terminée sur un échec, ou plutôt a accouché d'une souris, malgré tous les espoirs qui étaient nourris avant son démarrage, et les mouvements de pétition grandiloquents qui étaient annoncés pour influer sur les négociations. Je ne pense pas que l'humanité soit prête aujourd'hui à prendre des mesures, radicales ou non, pour lutter contre le réchauffement climatique. Parler de l'humanité peut évidemment sembler excessif ; il pourrait sembler plus naturel de parler des acteurs économiques et politiques occidentaux. Il est certain que les peuples africains et de nombreux peuples asiatiques de pays en développement ne participent pratiquement pas au réchauffement de la planète et qu'ils ne seraient pas opposés à des mesures d'économie. Mais en même temps, l'exemple chinois permet de démontrer que les gouvernements de ces pays, s'ils devenaient des émetteurs importants de CO² en raison de leur développement, n'hésiteraient pas à refuser de s'engager à réduire leurs émissions, de peur de voir freiner leur potentiel de développement économique ...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/19/deception-a-copenhague_1282944_3232.html
http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/18/un-accord-non-contraignant-obtenu-in-extremis-a-copenhague_1282914_1270066.html

La majeure partie de l'humanité ne souhaite pas aujourd'hui diminuer son empreinte énergétique sur la planète, mais au contraire accroître le plus possible son niveau de consommation et sa richesse personnelle, d'une façon purement égoïste et individuelle, sans prendre en compte l'impact de telles décisions au niveau global. Par ailleurs, il me semble aussi qu'il n'existe aujourd'hui que bien peu de technologies permettant de suppléer aux technologies polluantes et émettrices de carbone, même hors de prix. Il n'existe même pas de technologies propres et sans risques. Je pense ainsi aux capteurs électriques photovoltaïques dont à ce jour on ne sait pas recycler les métaux utilisés (cadium) et gérer leur radioactivité. Je pense aussi aux méthodes d'enfouissage de CO² à grande profondeur terrestre, dans d'anciens gisements de gaz naturel, ou dans des veines salines, dont on ne peut ignorer les risques éventuels qui seraient observés en cas de remontée brutale de ce gaz en surface, qui pourrait alors asphixier toute une population en quelques minutes. Je pense également aux éventuelles voitures à pile à hydrogène, pour lesquelles on ne peut peut-être pas aujourd'hui prévoir les conséquences de l'émission de tant de molécules d'hydrogène libres ; personne au début du vingtième siècle n'aurait pu imaginer que les émissions individuelles de moteurs à explosion seraient capables de polluer l'atmosphère terrestre et de contribuer au réchauffement climatique ... Quels effets de ces piles à hydrogène seront découverts au vingt-et-unième siècle, alors que l'on touche à un élément fondamental à la vie humaine : le cycle de l'eau.

Il nous faudra donc attendre les prochaines négociations sur le climat (à Mexico en décembre 2010) pour voir si l'humanité peut s'engager sur la voie d'un développement plus durable, moins émetteur de gaz à effet de serre, et si les états au niveau multinational seront capables de s'entendre sur un cadre politique contraignant. En attendant, on devra supporter les rotomontades de notre hyper-président national, très doué pour se mettre en valeur et pour accaparer les bonnes idées des autres ...
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41226211@7-37,0.html
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/17/nicolas-sarkozy-conteur-de-ses-succes-diplomatiques-par-arnaud-leparmentier_1282006_3232.html

Néanmoins, peut-on dire que la lutte contre le réchauffement climatique et la poursuite de la croissance économique effrenée de l'Occident ou de la Chine ne sont pas incompatibles ? La décroissance économique n'est-elle pas l'une des seules solutions pour arriver à la diminution des émissions de gaz à effet de serre ? Evidemment, cette affirmation pose problème aux pays en développement pour lesquels le but final et indépassable du développement est la croissance économique pour elle-même. Mais le problème n'est pas d'obtenir plus de croissance économique, mais simplement un meilleur partage de la croissance économique et des richesses produites. Pour les états occidentaux développés, il est évident que l'on pourrait obtenir une meilleure répartition des richesses entre les citoyens, même avec une croissance économique négative, c'est-à-dire avec une décroissance. Evidemment, il est plus simple et moins douloureux de partager les fruits d'une croissance supplémentaire que de modifier la répartition d'une richesse en baisse ...

Le capitalisme actuel ne sait pas résoudre de telles situations. Le capitalisme crée de l'inégalité, des riches, des pauvres et des exclus au sein d'une société, et des différences de développement entre états. C'est donc clairement le capitalisme qu'il faut réformer si on veut faire face à une économie plus vertueuse en matière de développement durable. La décroissance de l'empreinte énergétique sur la Terre passera ainsi peut-être par l'adoption de nouvelles règles pour le capitalisme, imposées par des accords internationaux pour le rendre plus juste, plus humain, moins polluant, moins attentif aux besoins du seul capital et des seuls puissants ... Le principe de la décroissance n'est pas un objectif en lui-même. Dans le cas d'une planète limitée, face à des ressources naturelles déjà surutilisées, face à des écosystèmes surconsommés, la croissance de la production industrielle de biens sera très vraisemblablement prochainement limitée, d'abord dans l'optique de préserver les droits des générations qui nous succéderons sur notre planète et sur ses richesses. La décroissance ne sera alors plus un choix de société mais un fait indépassable et il faudra alors faire plus et mieux avec des richesses décroissantes.
 
 

Réflexion quarante-et-une (17 décembre 2009)
«Si le climat était une banque, on l'aurait déjà sauvé» ...


J'ai beaucoup aimé cette phrase de Hugo Chavez à la conférence de Copenhague où semble s'éloigner la perspective de signature d'un accord novateur et contraignant sur le changement climatique. Mais il ne faut pas désespérer ; avant la signature de l'accord de Kyoto, en décembre 1997, plusieurs grands sommets précédents s'étaient soldés par des échecs des négociations.
http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/17/lueur-d-espoir-sur-le-climat-apres-un-jour-de-chaos_1281871_1270066.html

Mais il y a malgré tout quelques points qui me semblent importants de mettre en évidence dans le cadre des mouvements citoyens qui s'agitent autour de ce sommet. On entend parler dans la presse de pétitions électroniques auxquelles les citoyens de tout pays sont appelés à adhérer pour influer sur les gouvernements et leurs négociateurs. Pourquoi pas ! Même si je me demande si une telle pétition aura la moindre influence sur un régime politique comme le gouvernement chinois qui n'avait pas hésité à réprimer dans le sang les manifestations de la place Tien An Men, attitude dont dépend malgré tout en dernier ressort la conclusion d'un accord sur le climat.

Sommes-nous réellement prêts, nous autres européens, français ou autres, à modifier notre mode de vie, notre consommation, notre style de vie, pour adopter un mode de vie économe pour la planète, ou faiblement émetteur de carbone ? Sommes-nous prêts à abandonner nos rêves automobiles de belles berlines puissantes pour acheter des peugeots 107 aux moteurs ridiculeusement petits, émettant peu de dioxyde de carbone et consommant peu d'essence ? Ou alors à abandonner le rêve de la maison individuelle pour se réfugier dans des barres d'immeubles dans lesquelles les coûts de chauffage sont plus faibles et où la concentration de l'habitat facilite l'approvisionnement en eau et en électricité ?

En tant que citoyen lambda d'un quelconque gouvernement européen, sommes-nous prêts à des sacrifices en terme de qualité de vie, d'image sociale, en terme financier, ou bien sommes-nous tout simplement trop égoïstes, trop enfermés dans nos petits rêves et notre petite soif de consommation et d'image, pour faire autre chose que souhaiter la signature d'un accord internatonal qui nous donne bonne conscience ... Pour la majorité d'entre nous, et moi le premier, je n'y crois pas.

Evidemment, nous serions prêts à consommer non plus éthique mais économe en rejet de CO² si cela ne devait rien nous coûter, ni en terme de qualité de vie, ni en terme de style de consommation, ni surtout en terme de pouvoir d'achat. Nous serions même prêts, pour une forte majorité, à quelques sacrifices de temps à autre ... Eviter le fois gras de canard sauf pour les réveillons ... Ce que bon nombre de personnes attendent, c'est que les gouvernements imposent de nouvelles normes d'émission aux industriels, aux producteurs d'électricité, et autres sociétés mondiales, de telle sorte que celles-ci soient obligées de modifier leurs produits pour les rendre économes, tout en espérant que la concurrence permette d'en maintenir les prix au niveau antérieur. Pas un des manifestants n'accepterait ainsi que le prix de la baguette de pain passe à 3 ou 4 euros en vertu de norme anti-pollution, ni que le prix de l'électricité ou de l'eau soit multiplié par deux ou trois ... Les mêmes manifestants manifesteraient contre le diktat des industriels ...

Et d'une certaine façon, il est amusant de comprendre que ces manifestants écolo-tiersmondistes-gauchistes sont en fait des partisans inébranlables du libre jeu de la concurrence, c'est-à-dire du capitalisme ... (mais sans le savoir ou se l'avouer évidemment ... les écolo-tiersmondistes-gauchistes seraient ainsi un peu les 'messieurs Jourdain' du capitalisme) ...

D'où mon malaise devant tous ces gens qui jouent à se donner bonne conscience en signant et en appelant à signer des pétitions sur internet, alors que dans les faits, ils ne sont pour la plupart moins égoïstes que les autres et qu'ils croient dans les faits que la pollution au CO² vient des autres, consommateurs ou industriels, mais en aucun cas de leur petite et admirable personne ...

Ce qui ne m'empêche pas de rire devant cette phrase d'Hugo Chavez, particulièrement vraie ... «Si le climat était une banque, on l'aurait déjà sauvé» ... Pour sauver une banque, ni les Etats-Unis, ni l'Europe, n'ont lésiné sur les moyens financiers, ni attendu que les autres sauvent d'abord leurs propres banques ... un autre des secrets du capitalisme ... Les intérêts du capitalisme ont réussi à devenir ceux de la société dans son entier, des gouvernants dans leur ensemble ... Ce qui est particulièrement vrai puisque même les écolo-tiersmondistes-gauchistes sont aussi gagnés par le culte des bienfaits de la concurrence ...



Réflexion quarante (3 décembre 2009)
Les enjeux du sommet de Copenhague ...

En préambule, un lien pour visionner le court-métrage diffusé par le Danemark, pays hôte de la conférence COP15, lors de la session d'ouverture du sommet de Copenhague, lundi dernier ... Ce court-métrage met en scène une fillette affrontant les éléments déchainés et suppliant les 1 200 délégués d'aider à sauver la planète.
http://www.youtube.com/watch?v=NVGGgncVq-4&feature=player_embedded

Le sommet de Copenhague se tiendra du 7 au 18 décembre 2009, dans la capitale du Danemark. Ce sera la quinzième conférence traitant du problème du réchauffement climatique, réunissant les pays (191 à l'heure actuelle) ayant ratifié la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). Les enjeux de ce sommet sont cruciaux en matière de lutte contre le réchauffement climatique à l'échelle de notre planète. La Chine est désormais devenue le premier émetteur de dioxyde de carbone (CO²) de la planète, devant les Etats-Unis d'Amérique, qui demeure toutefois le premier pollueur de la planète lorsque l'on rapporte leurs émissions au nombre d'habitants. A eux deux, ces deux pays sont responsables de plus de 40% des émissions mondiales de CO², notamment en raison de l'utilisation de centrales à charbon pour produire de l'électricité.

Copenhague a pour objectif de complèter, de prendre la suite ou de renforcer, le protocole de Kyoto qui avait été conclu en décembre 1997, pour la période 2008-2012, qui imposait aux 37 pays les plus industrialisés l'ayant ratifié de réduire leurs émuissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, au premier rang desquels on trouve le CO². Une partie du débat vient du fait de l'exonération des pays en développement des engagements contraignants souscrits à Kyoto, et tout particulièrement des plus gros pollueurs actuels que sont la Chine mais également l'Inde ou le Brésil, qui souhaitent voir la responsabilité historique des pays industrialisés dans le processus actuel de réchauffement climatique et dans l'accumulation de CO² dans l'atmosphère terrestre. La non-ratification du protocole de Kyoto par les Etats-Unis est un autre élément du débat.

Pour mémoire, la précédente conférence (la quatorzième) dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique s'était tenue à Pozman, en Pologne (conférence dite Cop14), du 1er au 12 décembre 2008. Pour une liste des précédentes conférences, voir le point 5 de mon article suivant ...
http://saucrates.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/06/14/vade-mecum-en-developpement-durable.html

A Copenhague, dans quelques jours, il faudra à la fois acter des projets de réduction précise et contraignante des émissions de gaz à effet de serre des principaux pays pollueurs de la planète, mais surtout prévoir de nouveaux mécanismes de financement pour transformer le fonctionnement énergétique des économies et soutenir l'adaptation des pays pauvres. De la même manière que le protocole de Kyoto avait créé trois mécanismes de flexibilité : le Mécanisme de développement propre (MDP), la mise en œuvre conjointe (MOC) et les permis négociables ... qui commencent cependant seulement à être mis en oeuvre et à se développer, près de dix ans après Kyoto. Il s'agira aussi et surtout pour les pays les plus riches de s'engager sur le financement du climat, à raison de centaines de milliards de dollars par an ... Challenge difficile en cette période budgétaire difficile ...

Le sommet de Copenhague sera-t-il un nouveau sommet pour rien, comme une bonne partie des précédents sommets de ces dernières années, ou permettra-t-il de faire avancer la lutte contre le changement climatique ? En tout cas, les nombreuses propositions de divers états pour des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre laissent augurer une issue favorable à cette négociation :
- baisse de 17% des émissions en 2020 par rapport à 2005 pour les Etats-Unis, de 30% en 2025 et de 42% en 2030.
- baisse de 40% à 45% des émissions par unité de PIB en 2020 par rapport à 2005 pour la Chine.
- baisse de 20% à 30% des émissions par rapport à 2005 pour l'Europe et de 80% à 95% en 2050.
- baisse de 4% des émissions en 2020 par rapport à 2005 pour la Corée du Sud.
- baisse de 25% des émissions en 2020 par rapport à 1990 pour le Japon.
- baisse de 39% des émissions en 2020 par rapport aux prévisions antérieures pour le Brésil.
- baisse de 20% à 25% des émissions en 2020 par rapport à 1990 pour la Russie.
- baisse de 20% des émissions en 2020 par rapport à 2006 pour le Canada.
- baisse de 10% à 20% des émissions en 2020 par rapport à 1990 pour la Nouvelle-Zélande.
- baisse de 50% des émissions en 2050 pour le Mexique s'il dispose de la technologie et du financement adéquats ...


Réflexion trente-neuf (19 novembre 2009)
Des émissions mondiales de 10 milliards de tonnes de carbone en 2008 ...

Ce chiffre peut faire peur. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint en 2008 un nouveau record d'émission à plus de 10 milliards de tonnes équivalent carbone (GeTC), selon les estimations d'une étude annuelle du consortium scientifique Global Carbon Project, publiée mardi 17 novembre dans la revue Nature Geoscience. Quant à la captation de ces émissions par les puits naturels de carbone (océan, végétation terrestre, etc.), elle aurait atteint 40% de ces émissions en 2008, perdant légèrement en efficacité puisqu'il y un demi-siècle, ils fixaient 45% des émissions de gaz anthropiques. Lire à ce sujet l'intéressant article du Monde.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/18/les-emissions-de-co2-ont-atteint-un-niveau-record-en-2008_1268592_3244.html

On en serait néanmoins légèrement au-delà des plus pessimistes prévisions du GIEC en matière d'émission de carbone de l'atmosphère ; ces plus pessimistes prévisions du GIEC qui envisagent, il faut le rappeler, une hausse des températures à la fin du siècle de 6 degrés celcius par rapport à aujourd'hui, et une montée des masses océaniques de près d'un mètre. L'humanité ne prend pas aujourd'hui le chemin d'une meilleure évolution énergétique. Parmi les autres enseignements à tirer de cette étude, il faut noter la part majoritaire dans les émissions prise par les pays en développement par rapport aux pays occidentaux, et l'importance des émissions de gaz à effet de serre (carbone) provenant des centrales électriques au charbon, extrêmement malpropres, de Chine notamment. Il existe pourtant des technologies 'propres' (supercritiques ou ultra-supercritiques, à lits fluidisés, ou IGCC ...) pour les centrales à charbon, néanmoins beaucoup plus coûteuses en regard des centrales normales à charbon (voir à ce sujet mes réflexions 30 et 31 d'avril 2008 sur ces technologies plus 'propres').
http://saucrates.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/12/10/rechauffement-climatique-donnees-1.html

Enfin, maigre consolation, du fait de la crise économique actuelle, les émissions de gaz à effet de serre devraient normalement baisser en 2009 par rapport à 2008 ...

Un autre article du Monde fait état de l'intérêt croissant des marchés financiers et des principales entreprises polluantes pour les crédits carbone.
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/18/les-financiers-alleches-par-le-marche-du-co2_1268756_3234.html

Mais ce n'est un secret pour personne. Nombre d'intervenants pronostiquent déjà que la prochaine bulle financière spéculative concernera les dérivés climatiques et les dérivés carbone, et les acquisitions d'entreprises dont cet article fait état en offrent une première confirmation (l'acquisition par JPMorgan d'EcoSecurities, société écossaise spécialisée dans la syndication de projets verts producteurs de crédits carbone, pour 138,5 millions d'euros - l'acquisition par Rhodia de OneCarbon International, société spécialisée dans le développement de projets forestiers en Afrique propre, pour 10 millions d'euros). Il est vraisemblable que les grandes entreprises paieront au cours des prochaines années de plus en plus chères pour mettre la main sur des projets offrant le bénéfice de crédits carbone, et de la même manière que des sociétés dotcom avaient atteint des niveaux de valorisation extrêmement élevés avant la crise de 2002-2003, de même ces projets carbone verront leur capitalisation atteindre des sommets d'ici quelques années, avant de s'écrouler d'ici quatre à cinq ans au cours de la prochaine crise financière, entraînant de nombreux grands groupes dans la tourmente.

Enfin, un dernier article intéressant concerne la liaison effectuée par le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) entre natalité galopante et réchauffement climatique. Dans son rapport 2009 publié mercredi 18 novembre, la natalité galopante des pays en développement est ainsi considérée comme l'un des principaux moteurs du réchauffement et l'un de ses premiers risques.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/18/limiter-les-naissances-un-remede-au-peril-climatique_1268626_3244.html

Cette position démographique surprend puisqu'elle est notamment totalement absente des réflexions du GIEC et des négociations internationales. Surtout, elle surprend en regard de la vision prolife des Etats-Unis et de la précédente administration républicaine américaine, qui avait notamment cessé ces financements à ce fonds des Nations unies. Elle surprend également en raison de l'opposition plus large de l'épiscopat et de l'Eglise catholique à l'égard du planning familial et de la promotion, voire de l'utilisation, des moyens contraceptifs. Mais selon l'Unfpa, une variation en plus ou en moins de 1 milliard d'habitants à l'horizon 2050 aura une influence considérable sur le réchauffement climatique. L'Unfpa défend cette position depuis de nombreuses années.


Réflexion trente-huit (5 juillet 2009)
Le plan climat que la France pourrait mettre en oeuvre et ses limites ... une gigantesque escroquerie ...


Le gouvernement français réfléchirait à la mise en oeuvre d'une taxe carbone (à l'image de la contribution climat-énergie (CCE) défendue par les écologistes. L'objectif d'une telle taxe : lutter contre le réchauffement climatique en taxant l'utilisation des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz…). Un groupe d'experts présidé par l'ancien premier ministre Michel Rocard est chargé de rendre des recommandations ; il s'est réuni pour la première fois jeudi 2 et vendredi 3 juillet à Paris. Mais l'ambition du président de la République est de permettre avant tout un allègement des charges pesant sur le travail ... "Je souhaite que nous allions le plus loin possible sur la taxe carbone. Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail" ... dans son discours devant le Congrès, lundi 22 juin, à Versailles. Il suffit pour cela de se rappeler les premiers essais du gouvernement de mise en oeuvre d'une TVA sociale pour les législatives de 2007 avant que celui-ci n'y renonce devant le retournement de l'électorat et l'opposition de l'opinion publique.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/02/la-france-pourrait-instaurer-une-taxe-carbone-des-2010_1214184_3244.html
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/02/l-impact-de-la-taxe-carbone-en-question_1214538_3244.html
http://fr.news.yahoo.com/64/20090705/twl-taxe-carbone-questions-autour-du-chq-acb1c83.html

D'après Le Monde, sur le papier, le principe de la CCE est simple : toutes les sources d'émissions de CO² doivent être taxées, à un taux ayant vocation à augmenter progressivement. Cette fiscalité carbone – grâce au "signal-prix" qu'elle introduit – doit entraîner, selon ses partisans, une diminution de la consommation d'énergies fossiles et une "migration" des achats vers des énergies et des produits moins destructeurs pour le climat. La taxe visera en priorité le secteur "diffus", c'est-à-dire les transports, le logement, l'agriculture…. Les grandes entreprises industrielles et les installations électriques (responsables d'un peu moins de 40 % des rejets nationaux) sont déjà soumises au système européen d'échange de quotas et il ne s'agit donc pas de leur infliger une "double peine".

Selon les évaluations de la direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE), l'alourdissement de la fiscalité environnementale et sa compensation par un allègement des charges sociales et d'autres impôts pesant sur les entreprises pourraient entraîner un gain de croissance compris entre 0,2 % et 0,6 % du produit intérieur brut. Cet effet positif sur la croissance a déjà été observé dans des pays qui ont introduit une taxe carbone, comme la Suède et le Danemark.

Ce seront donc essentiellement les ménages qui seront les plus touchés par cette nouvelle taxe, ce qui explique ainsi que les associations de consommateurs montent au créneau pour mettre en garde contre l'impact d'une telle taxe sur le pouvoir d'achat des ménages. Alain Bazot, de l'association UFC-Que Choisir, évoque une instrumentalisation du sentiment écologiste. «Cette taxe carbone, en réalité, a d'abord pour finalité de financer une réforme de la fiscalité des entreprises. C'est une manipulation de l'opinion publique», juge-t-il, tout en plaidant pour l'utilisation d'autres leviers (impôt sur le revenu, impôt sur le capital...). «Qu'on veuille alléger les charges, pourquoi pas, mais sans faire des consommateurs la vache à lait exclusive.» Et le président de l'association de consommateurs de s'interroger : «Comment se fait-il que l'on taxe les consommateurs d'énergie et pas les producteurs d'énergie, qui font des milliards de bénéfices ? Est-ce normal ?» ...

Une gigantesque escroquerie

L'idée que les grandes entreprises, tels les producteurs d'énergie ou les industriels, étant déjà soumis à une politique de quotas d'émission au plan européen, c'est-à-dire à des droits d'émission carbone, ne devraient pas être soumis à un double système imposition, est une gigantesque escroquerie.

Premièrement, les droits d'émission carbone auxquels les industriels sont effectivement soumis ne constituent pas un système de taxation, mais un système d'échange de quotas de droits d'émission. C'est ainsi un système à somme nulle ; les droits sont échangés entre industriels et les sommes payées par les uns sont récupérées par les autres. Si certains industriels sont effectivement soumis à une forme de taxation, il s'agit par contre d'une source de financement pour les autres, à somme nulle pour l'état.

Deuxièmement, le gouvernement n'a jamais été géné de taxer doublement ou triplement les ménages. Ainsi, les revenus soumis à CSG et à CRDS sont également soumis à l'impôt sur le revenu (augmentés de la CSG-CRDS payée), puis une nouvelle fois à la TVA (et autres taxes - TIPP, octroi de mer ...). Alors, pourquoi ce qui ne gêne pas le gouvernement dans le cas des ménages le gêne-t-il lorsqu'il s'agit des grandes entreprises ?

Evidemment, il est vain d'attendre d'un gouvernement de droite, dirigé par Nicolas Sarkozy, de défendre autre chose que les intérêts des grands groupes industriels. Ce projet de taxe carbone, s'il entre en application, n'aura pour seul conséquence, qu'une augmentation de la pression fiscale sur les ménages français et qu'une nouvelle hausse des profits des grands groupes industriels.

Ce n'est pas un système de taxation carbone de ce genre qu'il faut mettre en oeuvre, même si toute nouvelle forme de taxation sera de toute façon supportée ex-nihilo par les seuls ménages. Il faut que parallèlement, une telle réforme se double d'une politique fiscale confiscatoire des profits des entreprises et de l'enrichissement des grandes fortunes, avec des taux d'imposition qui dépassent le seuil de 90% pour les très hautes tranches de revenus ou de profits. Et seul un gouvernement de gauche pourra évidemment appliquer et assumer un tel programme fiscal.


Réflexion trente-sept (14 mars 2009)
L'urgence d'agir pour lutter contre le réchauffement climatique ...


Je suis d'accord avec le climatologue américain James Hansen sur l'urgence d'une action contre le réchauffement et sur le fait qu'il est indispensable de mettre en place un système de taxation pour réglementer les émissions de gaz à effet de serre, en lieu et place de marchés de droits d'émission, et ceci dans les plus brefs délais.

Quel est l'enjeu de ce débat sur l'organisation d'un marché de droits à polluer ou d'un système de taxation ? Comme le souligne James Hansen, les grands groupes industriels sont plutôt favorables à la mise en place de marchés de droits à polluer, qui serait une nouvelle source de financement pour une majorité d'entre elles, et qui s'apparente dans les faits d'un jeu à somme nulle ; les droits d'émission payés par les uns étant récupérés par les autres intervenants. Aux Etats-Unis par exemple, certains considèrent que le refus américain de signer le protocole de Kyoto handicape les entreprises américaines puisque ce refus interdit aux Etats-Unis de mettre en place un marché de droits à polluer et de récupérer les droits à polluer économisés à l'étranger.

Pour avoir une idée plus clair des enjeux de ces deux solutions, je reprends un de mes précédents écrits en économie de l'environnement sur ce sujet ... qui est ... l'internalisation des effets externes ...

1. L'intervention de l'état par le biais d'une taxe
 

Face à une externalité, l'état peut décider d'intervenir pour influer sur le fonctionnement du marché et l'obliger à prendre en compte d'une manière ou d'une autre, le coût social des externalités que son schéma de production (ou sa consommation produit).

C'est l'économiste Arthur Cecil Pigou qui a formalisé cette notion de taxe, que l'on a appelé 'taxe pigovienne'. « Il s’agit de mesurer le niveau de production du pollueur si celui-ci prenait en compte le coût de l’externalité (Coût marginal privé + Coût de l’externalité = Coût marginal social). La valeur du Coût de l’externalité correspondant à l’optimum social (c’est-à-dire au niveau Q*) fournit la valeur de la taxe pigovienne à appliquer à toute unité produite par A, afin que la production de celui-ci corresponde à l’optimum social. » (source Wikipédia)

Cette solution peut être retenue dans les cas notamment où il y a atteinte à l'environnement. Il est évident que le niveau fixé pour la taxe permet de désinciter plus ou moins fortement une entreprise polluante à produire dans un endroit donné, ou à rechercher des technologies plus propres. Mais les taxes environnementales peuvent simplement conduire des entreprises multinationales à effectuer leurs productions polluantes dans des états moins fiscalisés (notamment les pays en voie de développement), avec les conséquences que cela peut avoir sur l'emploi dans les pays à fiscalité environnementale.

On s'aperçoit donc ici que le traitement d'une externalité environnementale peut avoir d'autres externalités sociales, sans effet sur l'environnement mondial global (puisque la production polluante aura malgré tout lieu). Une telle solution s'apparente simplement pour les pays développés à une exportation d'activités polluantes. Pour avoir un effet valide sur l'environnement, de telles actions se doivent donc d'être appliquées au niveau multinational.

2. L'intervention de l'état par le biais d'une norme

A la place d'une taxe, l'état peut imposer des normes de pollution maximale, obligeant l'entreprise considérée à investir dans des dispositifs anti-pollutions coûteux. Cela suppose toutefois que l'état soit capable de mesurer précisément les émanations polluantes de chaque acteur et d'imposer une norme uniforme pour tous. On peut aussi imaginer que l'état fixe des normes différenciées, différentes selon les agents et les technologies de production utilisées par chacun d'eux.

Mais dans un monde où le réglementeur est incapable de mesurer précisément les émissions de chaque agent ou de connaître les technologies de production et les coûts de dépollution associés, seule la taxe est solution optimale. (source Wikipédia)

C'est la méthode de lutte contre la pollution qui semble être actuellement suivie par le gouvernement chinois. Un article du Monde du 16 janvier 2007 faisait état des menaces de sanctions agitées par celui-ci à l'égard des entreprises d'état pollueuses. La Sepa (Agence chinoise de protection de l'environnement), dont le directeur adjoint (Pan Yue) est un ancien journaliste écologiste, mesure l'activité polluante des entreprises en Chine. Les autorités chinoises avaient ainsi fixé des objectifs de réduction annuelle de 4 % de la consommation d'énergie et de 2 % pour les émissions de substances polluante. Ces objectifs n'auraient pas été atteints et la SEPA aurait annoncé des sanctions à l'encontre de quatre des cinq premiers producteurs d'électricité chinois, dressé une liste noire de quatre villes industrielles qui ont atteint leur quota de pollution et énuméré 82 projets industriels, qui ne respecteraient pas les normes environnementales.

"Le recours à un tir groupé est nouveau, d'autant plus que les sociétés d'Etat désignées sont, par exemple, cotées en Bourse à Shanghaï et, pour l'une d'entre elle, Datang International Power Generation, à Hongkong. Ce producteur d'électricité est épinglé pour ne pas avoir fermé, fin 2006, comme l'avait requis la SEPA, des générateurs obsolètes dans ses chaudières à charbon à Tangshan. Le groupe, selon son porte-parole, annonce pourtant qu'il continuera à produire de l'électricité à la demande de la ville. Tangshan, un gros foyer industriel de l'axe Pékin-Tianjin, qui fournit 10% de la production totale d'acier chinois, fait justement partie des villes que la SEPA accuse de violer de façon flagrante ses critères d'impact environnemental. Des autorités locales et des industries ont défié les politiques de régulation macro-économique du gouvernement pour poursuivre leurs propres intérêts, en développant de manière aveugle, et en toute illégalité, des secteurs hautement polluants et hautement consommateurs d'énergie, tels que l'acier, la métallurgie, l'électricité et la chimie, dénonce M. Pan."

3. Le marché des droits à polluer

Cette solution est une variante des précédentes formes de réglementation étatique. L'idée est toujours d'imposer des normes maximales de pollution, mais d'autoriser des dépassements par certains pollueurs à charge pour eux d'acheter des droits à polluer non utilisés par certains autres pollueurs.

Selon Wikipédia, la création d'un tel marché fut proposée pour la première fois par John Dales en 1968. Plusieurs marchés de ce type (tonne carbone ou tonne CO²) sont mis en oeuvre dans le monde depuis l'adoption du protocole de Kyoto, par exemple en Europe mais aussi en Corée. Il existe notamment des bourses sur les droits (d'émission de) carbone dans le monde.

Chaque état fixe « la quantité maximale de polluants qu’il souhaite émettre. Puis, il distribue ou vend des droits à polluer de façon équitable aux pollueurs. Les entreprises polluant moins que prévu par l’État (ou ayant dépollué) sont alors gagnantes : elles peuvent revendre leurs droits à polluer inutilisés à d’autres entreprises qui polluent plus que prévu, et perçoivent donc une récompense pour leur civisme. Symétriquement, les entreprises polluant plus sont perdantes, ce qui satisfait au principe pollueur-payeur.

La pollution devient d’autant plus chère que les pollueurs souhaitent polluer (par mécanisme de l’offre et de la demande de droits à polluer), tout en limitant la quantité effectivement émise à un niveau déterminé par l’État, correspondant au montant des droits émis. Cette solution a l’avantage d’être moins coûteuse à l’État qui laisse au marché le soin de déterminer de façon optimale la répartition inter-entreprises de la pollution (à l’exception de la distribution/vente initiale). » (source Wikipédia)

Pour une autre réflexion sur le processus d'internalisation des externalités et un exemple précis, voir le site suivant.


Saucratès


Mes autres écrits sur le Réchauffement climatique :
1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2012175-rechauffement_climatique__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020927-rechauffement_climatique__2_.html

3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020949-rechauffement_climatique__3_.html


04/12/2010
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Démocratie et développement durable

 

Réflexion une (22 février 2012)
De la compatibilité entre la démocratie et le développement durable

 

La lutte contre le réchauffement climatique et la mise en oeuvre d'un mode de vie et d'un mode de production économique durables pourront-ils se faire de manière non dirigiste, de manière volontaire, sans actions arbitraires ni imposées par les états ou par un quelconque organisme national ou international ?

  

Evidemment, mais il faut bien le rappeler, les styles de vie des ménages lambda chinois, américains, européens de l'ouest, congolais, ou thaïlandais, ne sont absolument pas comparables. L'américain des USA ou l'européen de l'ouest, même particulièrement ascète ou économe dans son train de vie, paraît vraisemblablement encore extrêmement pollueur et consommateur en regard de ses homologues des pays moins avancés. Mais chacun d'entre nous, dans notre coin, nous souhaitons avoir le style de vie qui nous soit le plus agréable, accessible en fonction de nos moyens financiers et de ce que nous pouvons disposer. Pour chacun d'entre nous, ce qui prime est avant tout notre confort personnel et celui de nos proches, dans l'idée d'avoir la qualité de vie la plus agréable possible. L'idée générale qui me semble représenter la plus grande partie de l'humanité, dont moi-même évidemment, c'est son caractère égoïste et aveugle aux obligations que la durabilité de notre mode de vie devrait nous imposer, quelles que soient les conséquences à long terme de notre mode de vie, de nos choix de vie. Et les chinois ou les indiens n'agiraient pas différemment des américains ou des européens en matière de consommation si leur niveau moyen de richesse était équivalent, s'ils pouvaient tous s'offrir plusieurs automobiles par couple, une maison climatisée et une piscine.

 

A ce jour, l'incidence du développement durable, de la lutte contre le réchauffement climatique, ne me semble pas encore avoir été pris en compte et intégré par les pouvoirs publics des principaux états. Bien sûr, certains d'entre eux ont pris des engagements de réduction des gaz à effet de serre, notamment les principaux pays occidentaux à l'exception notable des Etats-Unis. Mais ces engagements ont été essentiellement mis en oeuvre par des incitations fiscales, que ce soit en faveur des formes d'énergies renouvelables, d'équipements automobiles respectueux de l'environnement (filtre à particule), de motorisations automobiles électriques ou propres, ou par la mise en oeuvre de marchés de droits carbone au niveau européen. La majeure partie des états n'ont pratiquement pas pris de mesures contraignantes en matière de développement durable et de lutte contre les gaz à effet de serre. Face à des comportements individuels foncièrement égoïstes ou plutôt individualistes, il n'y a pas de consensus nationaux sur la nécessité et la possibilité d'imposer de telles mesures contraignantes.

 

Au delà de la nécessité d'user de politiques d'incitation fiscale, positives comme pour les subventions, ou négatives comme les taxes par exemple sur les carburants ou les grosses motorisations automobiles, un autre paradigme de la réflexion actuelle sur la lutte contre le réchauffement climatique concerne la croyance en l'existence de solutions scientifiques au problème du réchauffement climatique. Nous sommes tous persuadés que la science saura trouver des mécanismes nouveaux et économes pour nous permettre de continuer à consommer autant que nous le souhaiterons sans impact sur la durabilité de notre mode de vie, sur la durabilité de notre mode de développement économique. Nous autres occidentaux espérons encore en une solution scientifique au problème du réchauffement climatique, croyons toujours en la supériorité de la science moderne, de la recherche !

 

La science moderne a créé d'une certaine manière les problèmes que nous observons aujourd'hui ; nous sommes persuadés qu'elle nous apportera la réponse à ce même problème, sans intégrer d'ailleurs le fait qu'il y a de fortes chances qu'elle donnera naissance dans le futur à d'autres problèmes à venir.

 

Enfin, je pense qu'il y a un dernier paradigme que nous avons tous à l'esprit, qui nous laisse toujours croire que la réponse aux difficultés que nous observons aujourd'hui trouvera une réponse automatiquement, sans arbitraire de la part des états ... Ce dernier paradigme c'est l'efficience des marchés. Nous sommes persuadés que les problèmes du développement durable et du réchauffement climatique se traduiront dans les prix des différents produits que nous consommons et qu'ils intégreront à la fois leurs risques et leurs impacts climatiques. Cela nous permet en fait de nous déculpabiliser ; si le prix des produits que nous consommons intègre leur impact environnemental, alors nous n'avons pas à nous sentir coupables de les utiliser puisque nous payons pour cela !

 

Le paradigme de l'efficience des marchés nous permet aussi de croire que les marchés seront capables de s'auto-réguler et de faire apparaître de nouveaux produits plus économes et plus durables lorsque leur utilisation deviendra nécessaire. Ce paradigme se retrouve dans le développement de la technolgie des capteurs solaires, de moins en moins chers et de plus en plus efficients, dans le développement des motorisations électriques, que l'on nous promet pour dans quelques années, avec des batteries que l'on nous promet moins chères et de plus grande autonomie ...

 

Ce sont ces croyances en la science et en l'efficience des marchés qui nous laissent croire en une auto-adaptation de l'économie capitaliste pour intégrer les effets du réchauffement climatique et des limites à la disponibilités des ressources naturelles !

 

Dans les années ou décennies à venir, lorsque les conséquences du réchauffement climatique commenceront à avoir des effets véritablement mesurables, et lorsque la demande des populations des pays émergents créera une pression inflationniste forte sur les prix des matières premières et sur les volumes disponibles, on se trouvera alors devant une obligation d'agir au plan international. On s'apercevra alors que le mode de production capitaliste n'est pas capable de s'auto-réguler, même en étant guider par les états, et que l'empilement des égoïsmes individuels ne permet pas de changer de mode de développement et de mode de consommation.

 

Je suis persudé que des mesures violentes et arbitraires seront nécessaires pour que l'humanité puisse prendre le virage d'un développement durable sans impacts nocifs rédhibitoires sur son environnement et sur le reste du biome terrestre. Et ces mesures violentes et arbitraires me sembleront difficilement conciliables avec la démocratie telle que nous le connaissons actuellement dans nos états occidentaux. Des mesures arbitraires et violentes seront vraisemblablement également nécessaires entre états eux-mêmes, puisque le concept de passager clandestin dans la lutte contre le réchauffement climatique prendra également tout son sens ; dans un schéma démocratique, rien n'empêchera un peuple de refuser un mode de vie plus frugal, surtout si son impact au plan mondial demeure faible, et ce peuple pourra avoir tendance à vouloir profiter des efforts des autres pays de réduction de leur empreinte écologique sans en subir lui-même les restrictions !

 

De très nombreux interrogations naissent de ces quelques lignes. Par exemple, parler de lutte contre le réchauffement climatique ou d'un mode de développement durable n'est pas comparable. La lutte contre le réchauffement climatique ne vise qu'à atténuer l'impact des gaz à effet de serre sur le réchauffement du climat terrestre. Les conséquences du réchauffement climatique sont un risque de montée du niveau des océans, et donc de submersions des terres et d'îles ; un risque de disparition d'espèces animales et végétales, qui seraient incapables de s'adapter à une élévation des températures ; et un risque assurantiel d'augmentation des catastrophes climatiques ... Par contre, le développement durable intègre au réchauffement climatique l'idée d'un mode de développement économe en ressources naturelles et en matières premières, qui puisse s'inscrire dans la durée de l'existence de l'humanité, non seulement des générations actuelles qui consomment et décident, mais également des générations à venir, sur les prochaines décennies, siècles et millénaires.

 

Evidemment, ces évolutions ne se feront pas sans contestations, sans conflits sociaux, opposant des riches et des pauvres, des citoyens aux grands groupes industriels ou pétroliers, des citoyens révoltés face aux états : les émeutes de la faim d'il y a quelques années en Afrique, la Grèce d'aujourd'hui, les mouvements sociaux des Antilles, de Mayotte des dernières années ou de la Réunion de ces derniers jours ... Chaque fois que des privations ou des hausses de prix seront demandées ou imposées à une population considérant que ces sacrifices demandés sont injustes ... Ce n'est que le début d'un long processus qui conduira selon moi, soit à la disparition de l'humanité, soit à la mort de la démocratie et la naissance d'une dictature ...

 

 

Saucratès


Mes précédents écrits sur des sujets comparables :

Sur l'économie de l'environnement
1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2012146-economie_de_l_environnement__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2012185-economie_de_l_environnement__2_.html

3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2014235-economie_de_l_environnement__3_.html

4.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2014248-economie_de_l_environnement__4_.html

5.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-3710993-economie_de_l_environnement__5_.html

 

Sur le réchauffement climatique

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2012175-rechauffement_climatique__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020927-rechauffement_climatique__2_.html

3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020949-rechauffement_climatique__3_.html

4.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020964-rechauffement_climatique__4_.html

5.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-3549020-rechauffement_climatique__5_.html


22/02/2012
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Réchauffement climatique - Abécédaire

Un abécédaire des principales informations à connaître sur le réchauffement climatique planétaire, sur les théories, et sur les grandes réunions internationales qui ont traité du réchauffement climatique ...
<1> Les cycles de Milankovitch (la variation de l'excentricité de l'orbite terrestre - la variation de l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre - la précession climatique)
<2> Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ou IPCC en anglo-saxon (Intergovernmental Panel on Climate Change)
<3> Les gaz à effet de serre
<4> Le forçage radiatif
<5> L'atmosphère terrestre (troposphère - stratosphère - mésosphère - thermosphère - exosphère)
<6> Le protocole de Kyoto de décembre 1997
<7> Les principaux mécanismes de flexibilité prévu par le Protocole de Kyoto : <7> le Mécanisme de développement propre (MDP) - <8> la mise en œuvre conjointe (MOC) - <9> le marché des permis d'émission négociables
<10> Les principales réunions qui ont suivi ou précédé le Protocole de Kyoto (le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en juin 1992 - le deuxième sommet de la Terre de New York aux USA en juin 1997 - les conférences annuelles sur le climat (Cop) de 1995 (Berlin), de 1996 (Genève), de 1997 (Kyoto), de 1998 (Buenos Aires), de 1999 (Bonn), de 2000 (la Haye), de 2001 (Bonn puis Marrakesh), de 2002 (New Delhi), de 2003 (Milan), de 2004 (Buenos Aires), de 2005 (Montréal), de 2006 (Nairobi) et de 2007 (Bali)
<11> La convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC ou UNFCCC en anglais) de mai 1992
<12> Le protocole de Montréal de septembre 1987


Réflexion douze (4 janvier 2008)
Le protocole de Montréal


Signé le 27 septembre 1987 à Montréal (Québec), le Protocole de Montréal visait à réduire et à terme éliminer complètement les chlorofluorocarbones (CFC), substances industrielles qui détruisent la couche d'ozone stratosphérique. Il a été signé au total par 190 pays.

Ce protocole imposait la suppression de l'utilisation des CFC, sauf pour quelques utilisations qualifiées d'essentielles. Les CFC sont aujourd'hui définitivement supprimés à l'exception de quantités très minimes et indispensables (utilisation en médecine). Vingt ans après la signature du protocole, le projet de lutte contre cette menace de disparition de la couche d'ozone est une réussite, qui se concrétise par un arrêt total de la production des chlorofluorocarbures prévu en 2010 et une estimation optimiste de la communauté scientifique sur le rétablissement de la couche d'ozone à son état antérieur prévu normalement entre 2055 et 2065.

La tâche n'est cependant pas achevée : il est également prévu d'éliminer les hydrochlorofluorocarbures (HFC), principaux substituts des chlorofluorocarbures, d'ici à 2020 pour les pays industrialisés et 2040 pour les pays en voie de développement (amendement de Pékin au Protocole de Montréal, signé en février 2001, qui prévoit l'élimination de trois autres types de substances : les HFC, le bromochlorométhane et le bromure de méthyle).


Réflexion onze (3 janvier 2008)
La convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC)


La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC en anglais) a été adoptée le 9 mai 1992 au cours du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro et a été signée par plus de 150 pays et par la Communauté européenne. Son objectif ultime est de "stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique". Aux termes de la Convention, les Parties figurant à l'annexe I doivent s'employer à ramener en 2000 les émissions de gaz à effet de serre non réglementées par le Protocole de Montréal à leurs niveaux de 1990. La Convention est entrée en vigueur en mars 1994. Elle a été complétée par le Protocole de Kyoto en décembre 1997, après qu'il soit apparu que les engagements pris par les états dans la Convention-cadre étaient insuffisants pour prévenir les effets négatifs des activités humaines sur le climat (second rapport du GIEC de 1995).


Réflexion dix (23 décembre 2007)
Les principales réunions qui ont suivi ou précédé le Protocole de Kyoto


Les principales réunions qui ont précédé la Conférence de Kyoto correspondent notamment aux deux sommets de la Terre :
--> Le sommet de la Terre de Rio de Janeiro au Brésil, qui s'est déroulé du 3 au 14 juin 1992, où 131 chefs d'Etat adoptent l'Agenda 21, liste de 2 500 recommandations d'action pour le 21ème siècle, et où trois conventions internationales sont ouvertes à signature : la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la Convention sur la diversité biologique et la Convention sur la lutte contre la désertification.
--> Le deuxième sommet de la Terre à New York aux USA, qui s'est tenu du 23 au 27 juin 1997, qui fera le point sur les engagements pris à Rio, cinq ans auparavant, et constatera le désaccord entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur la réduction des gaz à effet de serre.

Il y eut en tout treize conférences sur le climat (plus précisément ... des Nations unies sur les changements climatiques ... encore appelée 'conférence des parties à la convention-climat' ou Cop) entre 1995 et 2007, dont la Conférence de Kyoto qui donna naissance au Protocole de Kyoto.
--> La première conférence sur le climat (Cop 1) s'est tenue à Berlin en Allemagne en mars-avril 1995, qui donna naissance à la décision connue sous le nom de 'Mandat de Berlin' (où les Parties entamèrent un cycle de négociations en vue de décider d’engagements plus solides et plus détaillés pour les pays industrialisés).
--> La deuxième conférence (Cop 2) s'est tenue à Genève en Suisse entre le 8 et le 19 juillet 1996.
--> La troisième conférence (Cop 3) s'est tenue à Kyoto au Japon entre le 1er et le 12 décembre 1997, qui vit l'adoption du Protocole de Kyoto.
--> La quatrième conférence (Cop 4) s'est tenue à Buenos Aires en Argentine entre le 2 et le 14 novembre 1998, qui voit les États-Unis d'Amérique signer le Protocole de Kyoto (ils annonceront toutefois en mars 2001 leur décision de ne pas respecter les engagements souscris dans le cadre du Protocole).
--> La cinquième conférence (Cop 5) s'est tenue à Bonn en Allemagne entre le 25 octobre et le 5 novembre 1999.
--> La sixième conférence (Cop 6) s'est tenue à la Haye aux Pays-Bas entre le 13 et le 24 novembre 2000, et dont les travaux ont repris lors à Bonn (une nouvelle fois) en juillet 2001.
--> La septième conférence (Cop 7) s'est tenue à Marrakesh au Maroc entre le 29 octobre et le 10 novembre 2001. Elle se conclura par les accords dits de Marrakech, qui présentent la traduction juridique des règles de mise en œuvre du Protocole de Kyoto.
--> La huitième conférence (Cop 8) s'est tenue à New Delhi en Inde en novembre 2002.
--> La neuvième conférence (Cop 9) s'est tenue à Milan en Italie en novembre 2003.
--> La dixième conférence s'est tenue à Buenos aires en Argentine (une nouvelle fois) en novembre 2004.
--> La onzième conférence (Cop 11) s'est tenue à Montréal au Canada en novembre 2005, qui donnera naissance au processus de Montréal. Cette conférence a vu l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto suite à la ratification par la Russie. Elle a aussi tenu lieu de première conférence des parties au protocole de Kyoto (Cop Mop 1).
--> La douzième conférence (Cop 12) s'est tenue à Nairobi au Kenya du 6 au 17 novembre 2006.
--> La treizième conférence (Cop 13) s'est tenue à Bali en Indonésie du 3 au 14 décembre 2007. Il a notamment été question du prolongement du protocole de kyoto au-delà de 2012.

Les principales décisions prises au cours de ces conférences sont essentiellement le Protocole de Kyoto (décembre 1997), les accords de Marrakesh (novembre 2001) qui mettent en place les règles détaillées de la mise en œuvre du Protocole de Kyoto, et le processus de Montréal (novembre 2005) qui concerne l'après 2012 ainsi que la mise en application et sur le financement des mécanismes de flexibilité (marché du carbone, MDP) prévus au Protocole de Kyoto.

Il faudra donc peut-être attendre fin 2009 pour qu'une nouvelle avancée soit enregistrée dans une de ces conférences sur le changement climatique.

Nota : Le texte en français du Protocole de Kyoto
http://unfccc.int/resource/docs/convkp/kpfrench.pdf



Réflexion neuf (14 décembre 2007)
Les permis négociables


Il s'agit du troisième et principal mécanisme de flexibilité prévu par le Protocole de Kyoto. Le mécanisme des permis d'émission négociables vise à encourager le plus rapidement possible l’amélioration des systèmes de production les plus polluants et les moins efficaces, et de permettre l'échange de ces permis sur un marché organisé.

En effet, tout effort de réduction des émissions dans de tels systèmes inefficaces et polluants aura un coût faible comparé à un effort de réduction des émissions dans un système déjà performant. La marge bénéficiaire, fruit de la revente des permis, reviendra donc dans un premier temps essentiellement à ceux qui amélioreront les structures les moins efficaces et les plus polluantes. Il est donc rationnel que les pays s’accordent pour maîtriser les émissions de CO2 au meilleur rapport efficacité/prix, c’est-à-dire là où les réductions d’émissions sont les moins coûteuses.

Plusieurs marchés de permis d'émission ont été mis en place à l'échelle d'entreprises, de groupes d'entreprises, ou d'États. Un système européen d'échanges de permis a vu le jour en 2005. Le prix de la tonne carbone s'y est toutefois effondré en 2006 (de 30 euros la tonne de CO² à 1 euro la tonne) en raison d'allocations de droits carbone trop larges par la Commission européenne et par les états européens. À partir de 2008, ce marché européen devait s'insérer dans le marché mondial prévu dans le Protocole de Kyoto.


Réflexion huit (11 décembre 2007)
La mise en œuvre conjointe (MOC)


La mise en œuvre conjointe (MOC) est le second mécanisme de flexibilité prévu par le protocole de Kyoto, pour permettre le financement de projets ayant pour objectif premier le stockage de carbone ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce mécanisme permet aux gouvernements des pays industrialisés, ou à leurs entreprises, de financer des projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre dans les pays en transition vers une économie de marché (pays de l’Europe centrale et orientale et Russie). En retour, ces Etats reçoivent des crédits d’émission qu’ils peuvent vendre ou déduire de leurs propres efforts nationaux.

La mise en œuvre conjointe fonctionne également entre pays développés (de l'annexe 1), pour leur permettre de procéder à des investissements visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en dehors de leur territoire national et de bénéficier des crédits d'émission générés par les réductions ainsi obtenues.

La MOC et le MDP ont été introduit dans le droit communautaire européen par la directive communautaire 2004/101 du 27/10/2004, transposée en droit français par la loi n°2005-1319 du 26 octobre 2005, publiée au Journal officiel de la République française le 27 octobre 2005, pour les dispositions d'ordre législatif.

L'intérêt des projets MOC (tout comme des projets MDP) est triple :
- un intérêt environnemental puisqu'ils permettent de promouvoir des technologies propres n'émettant pas de gaz à effet de serre,
- un intérêt économique et financier pour les entreprises des états développés, puisqu'elles peuvent satisfaire à moindre coût leurs obligations de réduction de gaz à effet de serre, en réduisant les émissions à l'endroit où elles coûtent le moins cher,
- un intérêt pour le développement économique et social du pays hôte, qui bénéficie ainsi du transfert de technologies modernes et d'un impact positif sur les populations locales.

L'un des principales critères nécessaire pour qu'un projet soit approuvé en MOC (ou en MDP) est le critère d'additionnalité : le projet doit avoir comme conséquence une réduction durable, mesurable et vérifiable des émissions, qui n'aurait pas eu lieu en l'absence du projet.

Source : http://www.effet-de-serre.gouv.fr/images/documents/c_guide_moc_bd.pdf


Réflexion sept (10 décembre 2007)
Le Mécanisme de développement propre (MDP)


Le mécanisme de développement propre (MDP), que l'on retrouve régulièrement dans la littérature du développement, est l'un des trois mécanismes de flexibilité prévus dans le cadre du protocole de Kyoto. Il permet aux états occidentaux de réaliser leurs objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre en investissant dans des projets dans les pays en développement. C'est la réponse apportée aux demandes des pays en développement pour bénéficier d’un mécanisme financier qui appuie le développement économique en adoptant des méthodes de production plus propres. Contrairement à la mise en œuvre conjointe (MOC), qui vise en priorité à lancer des projets de stockage de carbone ou de réduction d’émissions, le MDP s’adresse aux besoins du financement du développement.

Ce mécanisme génère des crédits d’émission sur la base de projets d’investissement dans un pays en développement. Ces projets, qui peuvent être le fait d’investisseurs publics ou privés, déterminent des réductions d'émissions de gaz par rapport à une situation de référence. Ces droits peuvent être stockés ou échangés et doivent faire l’objet d’un partage entre l’investisseur étranger et le pays ou le partenaire hôte. Selon le texte du protocole de Kyoto, ce mécanisme donnera lieu au prélèvement d’une taxe (pour l'instant non définie) qui devrait contribuer au financement des coûts d’adaptation des pays en développement au réchauffement climatique.

Les MDP auraient représenté 5,4 milliards de dollars en 2006 pour 508 millions de tonnes économisées. Au total, 8 milliards de dollars auraient été générés depuis 2002, pour 16 milliards d'investissement global. La Chine et l'Inde sont les deux principaux vendeurs de ces droits ; l'Afrique étant restée largement absente de ce marché.


Réflexion six (9 décembre 2007)
Le protocole de Kyoto


Le second rapport du GIEC datant de 1995 ayant affirmé que les engagements pris par les états dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC - UNFCCC en anglais) étaient insuffisants pour prévenir les effets négatifs des activités humaines sur le climat, les états ont donc décidé de négocier un nouveau protocole pour renforcer la Convention-cadre.

Le Protocole de Kyoto a ainsi été adopté le 11 décembre 1997 lors de la troisième session de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s'est tenue à Kyoto au Japon. Le protocole est entré en vigueur le 16 février 2005 pour les pays l'ayant ratifié, après sa ratification par la Russie. Bien que théoriquement en vigueur depuis le 16 février, le protocole n’est réellement entré en action au niveau mondial que le 30 novembre 2005 après l’adoption formelle de ses premières modalités de fonctionnement, lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Montréal (du 28 novembre au 9 décembre 2005).

Le protocole de Kyoto a été ratifié à ce jour par 172 pays, à l'exception notable des Etats-Unis qui en sont pourtant signataires. Il comporte des engagements contraignants, en plus de ceux qui figurent dans la CCNUCC (convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques). Les pays visés à l'annexe B du Protocole (la plupart des pays de l'OCDE et des pays à économie en transition) se sont engagés à ramener leurs émissions anthropiques de gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, HFC, PFC et SF6) à 5% au moins au dessous de leurs niveaux de 1990 pendant la période d'engagement (2008 à 2012).

Le protocole de Kyoto a prévu la possibilité de recourir à trois mécanismes dits de flexibilité, en complément des politiques et mesures que les états concernés devront mettre en œuvre au plan national. Ces mécanismes sont les suivants : échanges internationaux de permis d’émission, mise en œuvre conjointe (MOC), mécanisme de développement propre (MDP). L’action domestique doit toutefois constituer une part significative de l’effort de réduction, le recours aux mécanismes du protocole ne venant qu’en supplément. Ceux-ci permettent aux pays industrialisés de bénéficier de crédits-carbone résultant d'investissements en technologies propres dans des projets de réduction d'émissions de GES à l'extérieur de leur zone géographique.


Réflexion cinq (7 décembre 2007)
L'atmosphère terrestre


L'atmosphère représente l'enveloppe gazeuse entourant la Terre. L'atmosphère sèche est composée presque entièrement d'azote (N² ou diazote - rapport de mélange en volume de 78,1%) et d'oxygène (O² - rapport de mélange en volume de 20,9%), avec un certain nombre d'autres gaz présents à l'état de trace, dont l'argon (Ar - rapport de mélange en volume de 0,93%), le néon (Ne - rapport de mélange en volume de 0,002%), l'hélium (He - rapport de mélange en volume de 0,001%) et des gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone (CO² - rapport de mélange en volume de 0,035%) ou l'ozone (O³). En outre, l'atmosphère contient de la vapeur d'eau, dont la proportion est très variable, mais dont le rapport de mélange en volume est généralement de 1%. L'atmosphère contient également des aérosols et des poussières.

La limite externe de l'atmosphère terrestre est définie comme la distance supposée où les molécules de gaz atmosphérique cessent de subir l'attraction terrestre et les interactions de son champ magnétique, soit une altitude comprise entre environ 60.000 kilomètres au-dessus de l'équateur et 30.000 kilomètres au-dessus des pôles (valeurs indicatives impactées par les interférences gravitationnelles de la Lune et du Soleil). On distingue plusieurs couches dans l'atmosphère terrestre : la troposphère (7 à 16 kilomètres d'altitude) - la stratosphère (40 kilomètres d'épaisseur) - la mésosphère (30 kilomètres d'épaisseur) - la thermosphère (270 à 700 kilomètres d'épaisseur) - l'exosphère (29.000 à 59.000 kilomètres d'épaisseur). La plus grande part de la masse atmosphérique est proche de la surface. La troposphère contient ainsi 80 à 90% de la masse totale de l'atmosphère et la quasi-totalité de la vapeur d'eau.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Atmosphère_(Terre)


Réflexion quatre (6 décembre 2007)
Le forçage radiatif


En climatologie, le forçage radiatif peut être défini comme la différence entre l'énergie radiative reçue par un système climatique donné (dans le cas de la Terre de la part du Soleil sous forme d'ultraviolet) et l'énergie radiative émise (sous forme d'infrarouge). Ainsi, l'énergie radiative affectant le climat de la Terre provient du soleil. La planète et son atmosphère absorbent et réfléchissent une partie de cette énergie, alors qu'une autre partie est réémise vers l'espace. L'équilibre entre l'énergie absorbée et l'énergie radiative émise détermine la température moyenne. La planète est plus chaude qu'elle ne le serait en l'absence d'atmosphère. Un forçage radiatif positif tend à réchauffer le système (plus d'énergie reçue qu'émise), alors qu'un forçage radiatif négatif va dans le sens d'un refroissement (plus d'énergie perdue que reçue). Si l'on considère la Terre comme système climatique, les causes possibles de forçage radiatif sont une modification du rayonnement solaire incident ou les effets de variations des quantités de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Exprimé d'une autre façon, le terme de forçage radiatif peut être utilisé pour désigner et quantifier une perturbation d’origine extérieure imposée au bilan d’énergie radiative du système climatique. Une telle perturbation du système peut-être associée à des variations séculaires de la concentration atmosphérique de gaz à effets de serre radiativement actifs (CO², méthane, ozone ...), à des modifications de l’irradiance solaire ou de tout autre agent pouvant affecter le bilan radiatif de la planète (particules, poussières ...). Cette perturbation du bilan radiatif peut potentiellement conduire le système climatique vers un nouvel état d’équilibre caractérisé par des variables climatiques différentes (température, précipitations) . Le forçage radiatif est exprimé en unités d’énergie (joules) par seconde et par mètre carré (W/m2) et peut-être positif si il correspond à un réchauffement du système ou négatif si il correspond à un refroidissement.

On peut ainsi déterminer la capacité de forçage radiatif de chaque gaz à effet de serre et on peut comparer leur pouvoir d'influence sur le réchauffement climatique. Chaque gaz à effet de serre peut ainsi avoir des effets différents sur le bilan radiatif du climat terrestre. Ils participent au réchauffement climatique lorsqu'ils captent une partie du rayonnement infrarouge qui est renvoyé par le sol vers l'espace. Mais ils peuvent également accroître le réfléchissement énergétique direct vers l'espace, avant que cette énergie ne rencontre le sol, les océans ou la glace. L'action et le forçage radiatif du même gaz à effet de serre peut aussi être différent selon qu'il se trouve dans la troposphère ou dans la stratosphère.


Réflexion trois (5 décembre 2007)
Les gaz à effet de serre


D'après le glossaire du GIEC sur le changement climatique, les gaz à effet de serre sont des constituants gazeux de l'atmosphère (en quantités infimes, dont les teneurs sont exprimées en parties par millions - ppm), tant naturels qu'anthropiques (c'est-à-dire résultant de l'action de l'homme ou produits par lui), qui absorbent et émettent un rayonnement à des longueurs d'onde données du spectre du rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre, l'atmosphère et les nuages. C'est cette propriété qui est à l'origine de l'effet de serre. L'effet de serre est évidemment naturel et indispensable à la vie sur Terre. Sans lui, notre planète aurait été un désert de glace à la température moyenne de -18 degrés celcius (alors qu'elle atteint en moyenne 13 degrés).

La vapeur d'eau (H²O), le dioxyde de carbone (CO²), l'oxyde nitreux ou protoxyde d'azote (N²O), le méthane (CH4) et l'ozone (O3) sont les principaux gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère terrestre. L'atmosphère contient en outre un certain nombre de gaz à effet de serre entièrement anthropiques tels que les hydrocarbures halogénés et autres substances contenant du chlore et du brome, dont traite le Protocole de Montréal. Outre le CO², le N²O et le CH4, le Protocole de Kyoto traite, quant à lui, d'autres gaz à effet de serre tels que l'hexafluorure de soufre (SF6), les hydrofluorocarbones (HFC) et les hydrocarbures perfluorés (PFC).

Il faut aussi noter que le pouvoir calorifère du méthane (CH4) est 60 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone (CO²) et celui du protoxyde d'azote (N²O) est 270 fois plus élevé que le dioxyde de carbone. La durée de vie moyenne de ces principaux gaz est de 120 ans pour le protoxyde d'azote, d'un siècle pour le dioxyde de carbone, de 14 ans pour le méthane, de quelques jours seulement pour la vapeur d'eau mais qu'elle atteint 50.000 ans pour le tétrafluorométhane (CF4).


Réflexion deux (4 décembre 2007)
Le GIEC


En matière de lutte contre le réchauffement climatique, il est désormais régulièrement fait mention du GIEC et de ses rapports. Mais qu'est-ce que le GIEC

Le GIEC, en abrégé 'Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat' (ou IPCC en anglo-saxon pour 'Intergovernmental Panel on Climate Change') a été créé en 1988 par deux organismes de l'ONU, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), dans le but d'étudier le phénomène de modification du climat terrestre.

Sa création faisait suite à la tenue de la première conférence mondiale sur le climat, qui avait été organisée à Genève en 1979. Elle avait envisagé à l'époque, pour la première fois sur la scène internationale, l'éventualité d’un impact de l'activité humaine sur le climat. Elle faisait suite à un certain nombre de désordres climatiques enregistrés au cours des années 1970 (grave sécheresse en 1972 en Union soviétique - vague de froid au Brésil en 1975 - vague de chaleur en Europe de l'été 1976 - grave sécheresse en 1978 en Afrique).

Le premier rapport du GIEC date de 1990. Le GIEC y confirmait les informations scientifiques à l'origine des préoccupations sur le changement climatique. Il a incité l'ONU à établir une Convention cadre sur les changements climatiques adoptée en 1992 et entrée en vigueur en mars 1994. Son second rapport date en 1995 et a fourni les bases de négociation du protocole de Kyoto. Son troisième rapport a été publié en 2001. Son quatrième rapport a été présenté en 2007 au cours de plusieurs réunions qui se sont réunis à Paris. Selon le GIEC, la probabilité d'une influence de l'activité humaine sur le réchauffement climatique actuel est supérieure à 90%.

Le GIEC est constitué de délégations de scientifiques de tous les pays du monde, mais on y trouve également des représentants de grandes entreprises et d'associations de défense de l'environnement. Les personnes y siégeant sont accréditées par leur propre gouvernement et ont pour mandat « d'expertiser l'information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l'homme ». Le GIEC a pour mandat d'évaluer, sans parti pris et de manière méthodique, claire et objective, les informations scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles en rapport avec la question du changement climatique. Le GIEC travaille à rendre compte des différents points de vue et des incertitudes, tout en dégageant clairement les éléments qui relèvent d'un consensus de la communauté scientifique.

Le GIEC n'est donc pas un organisme de recherche, mais un lieu d'expertise visant à synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entier. Il est organisé en trois groupes de travail :
- Le groupe I étudie les principes physiques et écologiques du changement climatique
- Le groupe II étudie les impacts, la vulnérabilité et l'adaptation au changement climatique
- Le groupe III étudie les moyens d'atténuer le changement climatique

Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d'experts_intergouvernemental_sur_l'évolution_du_climat


Réflexion une (3 décembre 2007)
Les cycles de Milankovitch


Milutin Milankovitch, ingénieur et astronome yougoslave, né à Dalj en 1879 et mort à Belgrade en 1958, développa une démonstration mathématique de la théorie dite des Paléoclimats, entre 1915 et 1938, qui explique l'alternance de cycles glaciaire-interglaciaire au cours de l'ère Quaternaire. Après avoir essuyé de nombreuses critiques jusque dans les années 1960, cette théorie est aujourd'hui communément acceptée.

La théorie astronomique des climats est basée sur l'idée que les variations à long terme des paramètres de l'orbite et de la rotation terrestre engendrent des variations de l'ensoleillement (ou insolation) reçue à la surface de la Terre, ces variations pouvant entraîner des changements climatiques dont la trace est parfois enregistrée ou gravée dans certains indicateurs paléoclimatiques et séquences géologiques.

Toutes ces variations affectent l'insolation journalière et saisonnière des différentes zones de latitude de la Terre. Ainsi sur le dernier million d'années, les fluctuations d'insolation ont pu atteindre 20% de sa valeur moyenne dans les régions de haute latitude. Les périodes caractéristiques suivantes (évoquées ci-dessous) sont plus communément appelées cycles de Milankovitch.
- 100.000 à 400.000 ans pour la variation de l'excentricité de l'orbitre terrestre
- 41.000 ans pour la variation de l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre
- 19 000 et 23 000 ans pour la précession climatique

1. La variation de l'excentricité de l'orbite terrestre

Elle caractérise le degré d'aplatissement de l'ellipse par rapport à un cercle. L'attraction du Soleil donne au premier ordre un mouvement elliptique à la Terre mais l'attraction gravitationnelle des autres planètes tend à déformer cette ellipse. Chaque planète, suivant sa position et son éloignement, contribue à faire varier légèrement l'excentricité de la Terre au cours du temps.

L'excentricité de l'orbite terrestre est actuellement très faible, de l'ordre de 0.017 et les perturbations planétaires entrainent des variations lentes de celle-ci entre ~0 (excentricité nulle=cercle) et 0.06 (ellipse légèrement aplatie). En première approximation, ses variations s'inscrivent dans un cycle de 100 000 et 400 000 ans. Il est important de noter que, par exemple, de fortes excentricités entrainent conjointement une diminution de la distance la plus faible entre la Terre et le Soleil (périhélie) et une augmentation de la distance maximale entre les deux astres (aphélie), mais que la distance "directe" entre périphélie et aphélie ne varie pas car le grand axe ne change pas. C'est ce qu'a démontré Laplace en 1772.

Une autre conséquence est que les variations d’excentricité modulent les contrastes des saisons, qui sont dus au premier ordre à l'existence d'une inclinaison de l’axe de rotation de la planète sur elle-même.

L'excentricité a aussi un rôle important dans le calcul de l'insolation moyenne globale annuelle reçue sur Terre qui est inversement proportionnelle à la racine carré de (1-e2). Elle augmente très légèrement quand l'excentricité augmente mais pour la Terre, ses variations restent très limitées. Ces variations de l'excentricité de l'orbite terrestre font toutefois varier la quantité d'énergie solaire qui parvient sur la Terre. Actuellement, on enregistrerait une différence de 6% entre été et hiver. Mais lorsque l'orbite terrestre est à son maximum d'excentricité, la différence entre l'été (plus chaud car plus proche) et l'hiver (plus froid) atteindrait 20 à 30%.

2. La variation de l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre

Elle caractérise l'inclinaison de l'axe de la Terre par rapport à l’écliptique. Par définition, c'est l'angle entre l'axe de rotation et la perpendiculaire au plan orbital (ou plan de l'écliptique) moyen de la Terre. L'obliquité terrestre évolue aussi au cours du temps pour plusieurs raisons :
- A cause des perturbations planétaires, l'inclinaison du plan orbital de la Terre évolue et oscille.
- La Terre n'étant pas sphérique mais légèrement aplatie sur les pôles, les forces gravitationnelles exercées par le Soleil et la Lune tendent à faire tourner et précesser l'axe de rotation de la Terre (comme une toupie !) autour de cette perpendiculaire à l'écliptique. Le cône décrit alors par l'axe de rotation fait un tour en environ 26 000 ans.

La combinaison de ces deux effets engendre, au premier ordre, une oscillation de l'obliquité terrestre qui reste actuellement très limitée, environ 1.3° autour d'une valeur moyenne proche de 23.5°. La période principale de ces oscillations est de ~ 41 000 ans.

L'obliquité est à l'origine des saisons et module la quantité d'ensoleillement reçue aux différentes latitudes suivant les saisons. Si l'obliquité était nulle, il n'y aurait plus de saisons à la surface de la Terre. Il est aussi facile de voir que le climat des hautes latitudes est très sensible aux variations d'obliquité à l'inverse des régions équatoriales.

L'insolation annuelle moyenne en un point de latitude donnée ne dépend quasiment que de l'obliquité. Pour une obliquité donnée, elle diminue avec la latitude (il fait plus froid aux pôles !) mais augmente avec l'obliquité pour un point de latitude donnée.

3. La précession climatique

Son origine est plus complexe. L'effet précédemment décrit de "précession'' de l'axe de rotation de la Terre entraîne un décalage régulier de la position des solstices et des équinoxes. Si, à cet effet, on ajoute le fait que l'orbite elliptique terrestre "tourne" aussi progressivement autour du Soleil, la position de la Terre sur l'ellipse à un moment précis de l'année, l'équinoxe de printemps par exemple, évolue dans le temps. Ce phénomène s'effectue avec des périodes proches de 19 000 et 23 000 ans.

Plus concrètement, actuellement le solstice d'été dans l'hémisphère Nord a lieu à proximité de l'aphélie, ce qui permet de tempérer les étés, mais de créer, à l'inverse, des hivers moins rigoureux.

L'hémisphère Sud est dans la situation opposée. Il y a ~ 11 500 ans, la situation était inversée, plaçant le solstice d'été au périhélie de l'orbite et engendrant ainsi des étés très chauds et des hivers très froids dans l’hémisphère nord.

La théorie astronomique des cycles de Milutin Milankovitch permet d'expliquer d'une manière communément admise la succession de périodes glaciaires froides (correspondant à la norme) et de périodes interglaciaires chaudes (l'exception) au cours des derniers millions d'années. Le précédent maxima glaciaire date d'il y a 35.000 à 25.000 ans. Nous vivons actuellement au cours d'une période interglaciaire qui a débuté il y a environ 13.000 à 11.500 ans, avec un bref épisode de reglaciation intervenu il y a 8.200 ans (qui a duré 200 ans).

Mais si les cycles de Milankovitch permettent d'expliquer les entrées en glaciation et en période interglaciaire, il demeure toutefois un certain nombre de questions. La principale question que l'on peut se poser concerne l'influence des variations d'ensoleillement consécutives aux cycles de Milankovitch, que l'on s'accorde à considérer comme limitées. Comment des variations limitées de rayonnements solaires peuvent-ils causer de telles modifications climatiques ?


Saucratès


12/12/2010
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Réchauffement climatique (3)

Réflexion trente-six (1er décembre 2008)
Faut-il être optimiste ou pessimiste quant au processus du réchauffement climatique et sur les actions que l'humanité devrait prendre au cours des prochaines années ou décennies pour lutter efficacement contre ses conséquences les plus dommageables ?...


Je me suis intéressé très longuement à ce processus de réchauffement climatique actuellement en cours. Ses effets actuels apparaissent relativement peu visibles, tout particulièrement dans les zones géographiques les plus observées par les médias ... les pays occidentaux majoritairement soumis à des climats tempérés et à des hivers relativement froids. Les zones plus touchées par les effets du réchauffement climatique sont également les pays les plus fragiles géopolitiquement et naturellement, dans lesquels des catastrophes naturelles se produisent régulièrement depuis ces dernières décennies ... De telle sorte que la responsabilité du réchauffement climatique apparaît plus comme une explication commode.

Le réchauffement climatique est ainsi malgré tout relativement communément accepté comme source d'inquiétude, mais la faiblesse de ses conséquences actuelles sur le climat mondial (quelques étés particulièrement chauds dans quelques pays occidentaux) limite l'urgence des mesures à prendre pour le combattre efficacement ... Actuellement, des moyens financiers démesurés sont mis en oeuvre pour sauvegarder le système financier mondial, alors que la lutte contre le réchauffement climatique est la dernière préoccupation des gouvernements et des grands argentiers mondiaux, et les moyens financiers qui y sont consacrés sont pratiquement nuls.

Les technologies pour produire de l'énergie proprement ne sont pas non plus encore au point ; seuls quelques essais de capture du CO² émis sont au stade expérimental, financés par des groupes industriels privés. Et les effets de la crise financière sur le cours du pétrole comme sur les autres matières premières, en dégonflant violemment les bulles spéculatives qui s'y étaient constituées, n'incitent plus ces grands groupes industriels ou pétroliers privés à se lancer dans ce genre de recherches, pour quelques années encore.

Les politiques de lutte contre le réchauffement climatique semblent ainsi aujourd'hui dénuées d'objectifs politiques. Mais en même temps, la lutte contre le réchauffement climatique a été intégrée par de très nombreux ménages occidentaux ou par des collectivités publiques locales (communes, villes, régions, états ...), que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Il y a ainsi une très forte prise de conscience dans le public de la nécessité de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, première cause du réchauffement climatique, et en même temps, une absence de mesures prises par les états nationaux ou les instances supranationales, obnibulés par la crise financière ou les conflits armés où sont engagés des forces armées occidentales, et une absence d'implication des grands groupes industriels, auxquels nul état n'a imposé d'obligations de résultat.

Alors ? Faut-il donc être optimiste ? Ou pessimiste ? Personnellement, comme d'autres avant moi, je ne suis pas certain qu'une révolution de notre système de production et de consommation énergétique puisse réellement être conduite sous un délai d'à peine une décennie, que ce soit en Occident, où l'urgence risque de ne pas apparaître avant très longtemps, ou dans les grands pays en développement que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil, qui deviennent de très gros émetteurs de gaz à effet de serre et dont l'implication dans la politique de lutte n'est pas certaine ... Quels moyens financiers sont-ils en effet prêts à investir dans ce genre d'actions alors que leur population aspire simplement à une amélioration de leur niveau de vie quelqu'en soit le coût énergétique ?).

Pour conclure sur cette question que j'estime extrêmement importante - la capacité de l'espèce humaine à prendre des décisions politiques pour infléchir durablement son modèle de développement économique et énergétique pour freiner un processus de réchauffement climatique inéluctable dont seul l'ampleur est susceptible d'être modérée - il faut regarder la vérité en face. A ce jour, les gouvernements des pays occidentaux ont privilégié la piste du 'marché' pour réformer les processus de production, que ce soit par la mise en place de marchés de droit d'émission de gaz à effet de serre, la mise en place d'outils internationaux (mécanismes de développement propre ...) pour favoriser la diffusion de technologies dites 'propres' de production d'énergie, ou le développement incitatif d'énergies propres (éolien, solaire, biomasse ...) ou d'actions responsables (reboisement) ...

Mais le marché nous a déjà démontré son incapacité à s'autoréguler de lui-même, par lui-même ... Le résultat que l'on observe aujourd'hui, c'est la pire crise économique enregistrée depuis un demi-siècle. L'ensemble du système financier occidental se serait écroulé en l'absence d'interventions des autorités monétaires et étatiques ... et la situation n'est toujours pas assainie ... Les fonds publics qui ont été pour l'instant nécessaires à ce sauvetage dépassent déjà les 1.000 milliards de dollars. Peut-on donc faire confiance à ces mêmes marchés, à ces mêmes établissements financiers, pour réussir à réformer le modèle capitaliste de développement économique, de production et de consommation pour le rendre moins gourmand en matières premières, plus responsables écologiquement et moins émetteur de gaz à effet de serre ? Alors qu'ils ont été incapables de se réformer eux-mêmes et que leur seule logique, durant toutes ces décennies, a été la recherche du profit maximum immédiat à court terme ?

Evidemment non ! Cette crise devrait ouvrir les yeux de nos décideurs, ou à défaut les nôtres. C'est une réforme immense qui nous attend, réforme de notre système économique et de l'action publique !


Réflexion trente-cinq (17 août 2008)
Existe-t-il une source d'énergie parfaite ? Ou les défauts des sources d'énergie existantes ...


Lorsqu'on y réfléchit attentivement, à chaque fois que l'on s'intéresse à une source d'énergie, on s'aperçoit qu'elle présente un certain nombre de problèmes notamment pour l'environnement. Aucune source d'énergie ne présente ainsi absolument aucun défaut, jusqu'à ce jour. La source d'énergie parfaite n'a ainsi pas encore été inventée !

a) L'énergie hydraulique ?... Elle détruit des vallées et des écosystèmes entiers en raison de la formation des lacs induits par la construction des barrages nécessaires à son fonctionnement ... Et par ailleurs, ces barrages font courir des risques de submersion aux habitants situés en contrebas de leurs installations, dans le cas où un tel ouvrage cèderait. Et à long terme, il semblera difficile de traiter le problème de leur usure, de leur reconstruction à neuf, et des risques pour les habitations en contrebas ...

b) L'éolien ?... Autre énergie dite propre, l'éolien présente toutefois des contraintes, liés aux nuisances visuelles et sonores supportées par les riverains de ses installations, par une faible capacité de production d'électricité et par une discontinuité de leur disponibilité productive. Les réactions suscitées par l'installation de turbines éoliennes paraissent presque aussi violentes parmi les riverains que celles qui ont pu être provoquées par les projets d'implantation de centrales nucléaires, comme à Plogoff à la fin des années 1970 ... Par ailleurs, l'éolien présente l'inconvénient d'être tributaire de la force des vents, aléa non maîtrisé par les hommes; Selon Olivier, une turbine d'éolienne est en moyenne utilisable à hauteur de 25% à 30% de sa capacité théorique, même si certaines peuvent parfois atteindre 70%. L'éolien n'est donc pas une source d'énergie électrique disponible en permanence, et présente une capacité de production électrique très inférieure à celle d'une centrale nucléaire.

c) Le solaire ?... Sans compter que nos lattitudes septentrionales ne sont pas les plus adaptées à cette forme de production d'électricité, avec un ensoleillement notoirement insuffisant en hiver, les capteurs solaires (photovoltaïques) présentent par ailleurs des problèmes de disponibilité et surtout de recyclage des métaux spéciaux nécessaires pour leur fabrication et leur fonctionnement.

d) Le nucléaire ?... Source d'énergie polluante par excellence, le nucléaire présente l'avantage de ne pas participer à l'émission de gaz à effet de serre tout en permettant la fourniture d'électricité en quantité importante. Mais le nucléaire présente un problème de retraitement et d'enfouissement de ses déchets hautement radioactifs, pour des durées de temps très étendues (plusieurs milliers jusqu'à plusieurs millions d'années). Le nucléaire présente également un risque d'emballement et d'explosion du coeur de ses réacteurs, et donc un risque de retombées radioactives sur les régions environnantes, même très éloignées (jusqu'à plusieurs milliers de kilomètres dans le cas de la centrale de Tchernobyl en Ukraine). Ses réacteurs sont également sensibles en été en période de canicule, nécessitant la présence d'eau suffisamment fraiche pour le refroidissement des réacteurs ... le milieu aquatique pouvant être impacté par les rejets d'eau provenant du refroidissement des réacteurs ... Enfin, le nucléaire présente un problème de disponibilité de la ressource (l'uranium) dont les gisements connus seraient insuffisants pour approvisionner durablement un parc mondial croissant de centrales nucléaires ...

e) Le charbon ?... Le charbon est un paradoxe. Source d'énergie fossile des débuts de l'industrialisation au dix-neuvième siècle, et principal responsable de la pollution des grandes villes de cette époque, ce qui conduit à le considérer comme particulièrement polluant ... Le charbon pourrait devenir la principale source d'énergie du vingt-et-unième siècle, suite à la pénurie de pétrole qui s'annonce dans quelques décennies. Le charbon a l'avantage d'être le plus abondant des sources fossiles, avec plusieurs siècles de réserves au rythme actuel de consommation. Mais le charbon demeure une source d'énergie polluante, que ce soit lors de l'extraction (quelque soit les techniques utilisées ... épuration, mélanges charbon-eau ...) ou lors de son utilisation dans des centrales électriques à charbon, qui demeurent particulièrement polluantes, malgré les diverses améliorations apportées (supercritiques ou ultra-supercritiques, à lits fluidisés, ou IGCC ...). Les principales atteintes à l'environnement concernent les rivières, dont l'eau est utilisée comme adjuvant ou pour laver le charbon, et les milieux naturels, notamment dans les mines à ciel ouvert (je pense à la dénaturation du grand Nord canadien d'où est désormais extrait du schiste bitumeux, à ses rivières gorgées de métaux lourds remplis de poissons morts, à ses villages indiens pollués) ... Par ailleurs, les systèmes de capture des émanations polluantes de ces centrales électriques à charbon (avancées), non encore développés pour l'instant (fumées, particules, dioxyde de carbone, dioxine, soufre ...) seront énergivores (plus de 25% de la production électrique de la centrale sera utilisée pour la capture et le stockage du CO² et des fumées et particules polluantes). Enfin, il demeure le problème du traitement des rejets solides de ces centrales à charbon, même propres (cendres, boues ou scories).

f) Le gaz ?... Cette source fossile d'énergie est également polluante, le traitement des émissions de gaz à effet de serre libérées lors de son utilisation dans des centrales électriques à gaz présente les mêmes difficultés, le même coût et les mêmes dangers (lié à l'enfouissement du CO²) que dans le cas du charbon. Les installations nécessaires pour son transport (gazoducs) présentent des risques de fuites, des risques d'accidents et des risques géopolitiques. Sa disponibilité n'est pas très supérieure à celle du pétrole.

g) Le pétrole ?... La source d'énergie du vingtième siècle est évidemment polluante, que ce soit lors de l'extraction (les paysages des derricks aux Etats-Unis ou en Arabie ne sont pas les plus beaux qui soit), lors du transport (voir les diverses marées noires qui ont souillé les côtes ou les océans), ou à l'usage ... et sera bientôt rare ...

h) Les agrocarburants ?... Les agrocarburants, ou pétrole vert, présentent deux problèmes. Premièrement, les surfaces agricoles qui sont allouées à la culture de cannes à sucre ou de céréales réservées à la fabrication d'agrocarburants viennent en concurrence avec les surfaces agricoles réservées aux cultures vivrières destinées à l'alimentation humaine directe ou indirecte (via l'alimentation des cheptels animaux pour la consommation humaine). Ils sont ainsi pour partie responsables aujourd'hui de l'apparition d'une crise alimentaire mondiale et du renchérissement des prix des denrées agricoles. Deuxièmement, ces agrocarburants présentent un rapport de conversion du CO² moins favorable qu'il n'y paraissait initialement, surtout si on prend en compte le CO² émis pour la collecte mécanisée et la transformation en usine ... (dans le cas d'agrocarburants fabriqués à partir d'arbres comme le Jatropha Curcas -cf l'article sur le site d'Olivier- le rapport de conversion serait plus intéressant car le CO² capturé par la croissance de l'arbre et l'humus constitué par les feuilles en décomposition n'est pas relaché immédiatement, et que cet arbre pousserait dans des zones désertiques et ne constituerait ainsi pas un concurrent pour les cultures vivrières). Accessoirement, les agrocarburants conduisent à une déforestation massive pour augmenter les surfaces cultivables disponibles, dégradant encore leur bilan CO².

En somme, seules quelques rares sources d'énergie présentent des nuisances limitées (solaire et éolien), sans conséquences véritablement négatives ... Sauf à s'intéresser à certaines formes de production d'électricité peu développées, telles les usines marémotrices ou les installations hydroliennes (voir toujours les articles d'Olivier). Enfin, la pile à combustible (hydrogène) devrait présenter un bilan énergétique favorable, bien qu'il faille tenir compte des difficultés de stockage de l'hydrogène, des fuites des réservoirs et des circuits d'acheminement, et des besoins en énergie (eau, méthane et électricité) nécessaire à la fabrication de l'hydrogène.

En somme, la source d'énergie parfaite (non polluante, abondante, rentable, pas chère et sans risque) n'a ainsi pas encore été inventée !


Réflexion trente-quatre (9 août 2008)
De l'influence des Jeux olympiques de Beijing sur les débats sur le réchauffement climatique et le développement durable


Bizarre ... Quand je pense Jeux olympiques de Beijing ... Je pense toujours initialement d'abord Berlin ... Il ne faut pas oublier que c'est une nouvelle fois, comme en 1936, une vitrine offerte à un régime totalitaire, rejettant les droits de l'homme et menant une répression sans nom contre son propre peuple ... C'était aussi l'opinion de Daniel Cohn-Bendit ...

Ces Jeux Olympiques (29ème olympiade) auront-ils une influence sur le débat sur le réchauffement climatique et sur le développement durable ? Il faut d'abord noter que la préparation de ces vingt-neuvièmes Jeux olympiques aura entraîné à l'échelle de la planète un mouvement général de renchérissement des matières premières, en liaison avec la surchauffe de l'économie chinoise et notamment du secteur du bâtiment, accessoirement lié également avec les mouvements spéculatifs de capitaux occidentaux ... Un tel renchérissement permet de mettre en lumière le problème de disponibilité d'un certain nombre de matières premières, ce qui est justement la base du développement durable ... donner à chaque bien la valeur de sa réelle rareté, pour en diminuer les usages afin que les droits des générations suivantes à en disposer également et suffisamment ne soient pas oubliés.

Mais, une fois ces Jeux olympiques terminés, il y a un risque que les pressions exercées sur les disponibilités des matières premières ne viennent à s'atténuer, et que les prix internationaux ne s'orientent désormais à la baisse, pour certaines d'entre elles. Evidemment, les pressions à la hausse ne devraient pas diminuer sur les prix des céréales ou du riz, à destination de l'alimentation humaine, en raison du maintien des problèmes de disponibilité de ces aliments ... Mais le débat à l'échelon international sur la nécessité de prix élevés pour les matières premières n'a pas évolué positivement. Le débat ne porte actuellement que sur le coût élevé du pétrole, de ses dérivés ou des métaux, des risques de ralentissement économique qui en découlent et des difficultés d'un certain nombre d'économies en développement à pouvoir y faire face ... En aucun cas le débat n'a porté sur les bénéfices de ce renchérissement. En aucun cas, le débat n'a porté sur la nécessité de maintenir ses prix élevé, au besoin sous forme de taxes prélevés par un organisation internationale, au bénéfice des générations futures. Il ne faut pas oublier les coûts futurs de lutte contre les effets du réchauffement climatique, qui seront supportés par nous puis par ces générations futures dans quelques décennies.

Ces vingt-neuvièmes Jeux olympiques peuvent également avoir une influence sur les efforts en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Les plus gros pollueurs de la planète sont tous réunis ensemble à Beijing pour célébrer la puissance chinoise ... A l'heure où les élections préisdentielles américaines commencent à voir apparaître le sujet du réchauffement climatique, la Chine et Georges W. Bush, au nom des Etats-Unis, les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, pourront-ils demeurer les derniers réfractaires à l'idée d'une liaison entre le réchauffement climatique et l'influence industrielle et humaine ?La Chine peut-elle continuer longtemps à refuser de restreindre ces émissions de gaz à effet de serre sous prétexte qu'elle vient seulement d'amorcer son développement industriel, et que le réchauffement climatique actuellement mesuré proviendrait majoritairement des émissions des seuls pays occidentaux au cours des derniers siècles ? Même si cette argumentation présente une certaine logique, elle fait cependant l'impasse sur les conséquences à venir des émissions actuelles, dans lesquelles la part de la Chine devient prépondérante.


Réflexion trente-trois (20 mai 2008)
La conférence de Bonn et la préservation de la biodiversité


Combien d'espèces animales et végétales ont-elles disparu depuis le début du processus de réchauffement climatique liée à l'activité industrielle humaine, c'est-à-dire au cours des dix-neuvième et vingtième siècles ? Combien d'espèces sont aujourd'hui menacées par l'emballement du réchauffement climatique qui semble désormais inéluctable. On estime actuellement que 25% des mammifères, 12% des oiseaux, 33% des amphibiens et 70% des espèces végétales sont aujourd'hui menacées.

Le 19 mai 2008 s'est ouverte à Bonn, en Allemagne, la neuvième conférence des pays signataires de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (CDB). La CDB s'était donnée pour objectif en 1992 lors du sommet de la terre de Rio de Janeiro de ralentir significativement le rythme effarant d'appauvrissement de la biodiversité. Seize années plus tard, quels résultats ont été obtenus ? Pas grand chose.

Lors de cette conférence, un certain nombre de problèmes vont être évoqués ... L'un d'entre eux concerne le rôle des états en développement dans la préservation des espèces menacées.

En effet, les états en développement abritent une grande partie des espèces végétales et animales, du fait de leur positionnement principalement sous les tropiques et à l'équateur, et de la préservation jusqu'à une date récente de leur environnement, au contraire des pays développés qui ont modifié et domestiqué depuis des siècles leur environnement dans l'optique de leur industrialisation, de leur urbanisation et de la révolution de leurs méthodes agraires.

Les pays les plus pauvres de la planète ont ainsi un rôle primordial dans la préservation de la biodiversité. Il leur faut à la fois tenter de se développer en respectant leur environnement, et en même temps avoir une politique volontariste de protection de leur environnement coûteuse, et problématique pour leur population rurale. Par ailleurs, face aux coûts de cette politique de préservation de l'environnement, ils ne bénéficient aucunement de l'utilisation des ressources génétiques de leurs forêts et des connaissances de leurs communautés indigènes ... Seuls les grands groupes industriels occidentaux percevant les bénéfices de la commercialisation de nouveaux médicaments et de nouveaux produits de soins se basant sur ces ressources génétiques naturelles.

Il n'est pas exagéré de parler de 'biopiraterie'. La communauté internationale pourrait fixer des règles internationales sur l'accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation, pour la prochaine conférence de la CDB qui aura lieu en 2010 à Nagoya, au Japon.


Réflexion trente-deux (27 avril 2008)
Le charbon incontournable dans le futur (suite)


Le pétrole pourrait ne pas être irremplaçable en tant que seul carburant fossile liquide disponible. Il existe plusieurs techniques de substitution au pétrole pour obtenir un carburant fossile synthétique.

1) Les sables bitumeux

Les sables bitumineux canadiens forment des réserves potentielles en pétrole équivalentes à celles de l'Arabie Saoudite et permettent de produire du pétrole synthétique à un prix de revient guère élevé (entre 20 et 25 dollars US le baril). Des ressources du même type existent au Vénézuéla (Orénoque) et en Sibérie.

Le principal intervenant sur ce marché est Syncrude, qui existe depuis 1978 et produit 200.000 bpj (barils par jour) actuellement. Cette technologie couvre 15% des besoins en pétrole du Canada.

2) La technologie 'Coal to liquid' (CTL)

La technologie 'Coal to liquid' consiste à produire du pétrole synthétique à partir de charbon, via la réaction dite de 'Fischer-Tropsch'. Le procédé 'Fischer Tropsch' a été inventé en 1925 par deux chercheurs allemands, Franz Fischer et Hans Tropsch. Il repose sur la réduction catalytique des oxydes de carbone par l’hydrogène en vue de les convertir en hydrocarbure. Son intérêt est de produire un pétrole de synthèse (syncrude) qui est ensuite hydrocraqué afin de fournir du carburant liquide synthétique (synfuel), à partir de charbon ou de gaz (source Wikipédia).

Ce procédé a été utilisé par l'Allemagne nazie et par le Japon au cours de la Seconde guerre mondiale, et permettra à l'Allemagne nazie (pauvre en pétrole et en colonies pétrolifères, mais riche en charbon), d'être autonome en matière de combustible pendant la guerre (elle couvrera par ce procédé 90% de ses besoins en essence d'aviation et plus de 50% de son besoin total en combustibles).

Ce procédé sera repris par l'Afrique du Sud du temps de l'Apartheid, à partir des années 1950, riche en ressources de charbon, pour lui permettre d'être également autonome en matière de combustibles. La Chine actuellement s'est également lancée dans la technologie 'Coal tot liquid' pour garantir son indépendance énergétique ... Certains aux Etats-Unis militent dans le même sens. La société sud-africaine Sasol est l'un des principaux acteurs de cette filière et se développe actuellement en Chine.

La technologie 'Coal to liquid' nécessite néanmoins des investissements considérables (de l'ordre de 80.000 dollars US par baril de production journalière - bpj), ce qui donne des projets économiquement rentables dès 30 ou 40 dollars/baril. Le montant des investissements nécessaires avaient empêché jusqu'à une époque récente le développement massif de ce procédé, puisque ce n'est que récemment que le cours du pétrole a dépassé les 40 dollars (pour atteindre aujourd'hui près de 110 dollars). Le ralentissement économique que la crise financière laisse anticiper pourrait ramener le cours du pétrole largement sous ces valeurs, rendant de nouveau non concurrentiel cette technologie pour quelques années.

Cela ne sera certes pas une bonne nouvelle du point de vue des risques de pollution ou de l'effet de serre, puisqu'il serait plus intéressant de voir se développer des technologies propres et neutres pour l'environnement (filière hydrogène ou piles à combustible) ... La technologie 'Coal to liquid' présente en effet le désavantage d'un bilan CO2 très lourd (qui pourrait toutefois être limité en mettant en place des solutions de captage et de stockage du CO²) ... Mais il est à craindre que cette solution de facilité sera privilégiée dans les futurs décennies, dès que le pétrole sera moins disponible ou s'il demeure à des cours aussi élevés ...


Réflexion trente-et-une (26 avril 2008)
Le charbon incontournable dans le futur ?


Le charbon avait été la source d'énergie principale sur laquelle s'était appuyé le capitalisme occidental au dix-neuvième siècle ... Puis le pétrole a été l'énergie de base du vingtième siècle ... Le charbon redeviendra-t-il la source d'énergie principale du vingt-et-unième siècle ? C'est en tout cas l'une des hypothèses d'un bon nombre de spécialistes de la question de l'énergie.

Le charbon a l'avantage d'être abondant ... les réserves actuelles représentent entre plus d'un siècle de consommation ... environ deux cents à trois cents ans ... Et, contrairement aux apparences, il n'a jamais non plus été abandonné comme source d'énergie (hormis en France et dans certains pays d'Europe passés au nucléaire civil) ... il représente en effet aujourd'hui toujours la deuxième source d'énergie du bilan énergétique mondial (3,1 Gtep - Giga tonne équivalent pétrole), principalement dans les centrales électriques ...

Mais il a longtemps présenté l'inconvénient d'être une très grosse source de pollution atmosphérique. Pour mémoire, on estime que l'air de certaines zones industrielles françaises ou anglaises était plus pollué au dix-neuvième siècle qu'actuellement. Les principaux risques de pollution liés à l'utilisation du charbon sont les émissions de SO², de NOx, de mercure et surtout de gaz à effet de serre (CO² notamment).

Il existe aujourd'hui des technologies de centrales à charbon propres ... installations à charbon pulvérisé à cycle supercritique (rendement de l'ordre de 43% à 46%) ... ou encore à l'état de recherche ... cycle ultra-supercritique (rendement de l'ordre de 51% à 58%) ... centrales à lits fluidisés circulants (LFC), permettant la destruction complète de certains polluants mais handicapées par un rendement encore faible ... centrales à gazéification du charbon intégrée à un cycle combiné (IGCC) ...

Ces nouvelles technologies ont ou auront l'avantage de limiter les rejets de polluants dans l'atmosphère ou dans la nature ... Associées à des technologies de captage et de stockage du CO², elles permettraient de réduire l'impact de la production d'électricité sur le climat et l'environnement (mais il demeure le problème des risques liés à l'enfouissement du CO² capté et stocké ... dans des aquifères profonds ou dans des gisements de pétrole ... Quels risques transférera-t-on aux générations qui vont nous suivre ... déchets nucléaires enfouis dans le sol ... CO² enfoui ... quel futur sera le leur ?)

Ces technologies présentent toutefois l'inconvénient d'être coûteuses, ce qui en limite l'opportunité d'investissement pour les pays en développement ... ou pour la modernisation des installations existantes, que ce soit en Occident mais surtout dans les pays en développement et tout particulièrement en Chine, qui dispose d'installations extrêmement polluantes ... Une grosse vague de renouvellement des centrales électriques des pays de l'OCDE interviendra à compter des années 2020 et à partir des années 2040 dans les pays émergents ... Et d'ici là, il faudra que les technologies du genre IGCC (portées par des grands groupes industriels dans les pays occidentaux) se soient suffisamment améliorées pour pouvoir concurrencer les technologies supercritiques/ultra-supercritiques (dans laquelle investit fortement la Chine).

Le futur semble donc devoir passer par le charbon ... plus que par le nucléaire, la fusion nucléaire ou l'éolien ... et ceci même pour le carburant liquide (coal to liquid ...).


Réflexion trente (30 mars 2008)
Quelques autres données en matière de réserves d'hydrocarbure


Face à une consommation annuelle totale de pétrole (consommation primaire) de 4,3 Gtep (milliards de tonnes équivalent pétrole - chiffres 2004) au niveau mondial, de 3,1 Gtep de charbon et de 2,6 Gtep de gaz naturel, de quel ordre de grandeur sont les réserves prouvées d'hydrocarbure ?

Pour mémoire, on estimait que les réserves de pétrole totale s'élevaient à fin 2004 à 1.189 milliards de barils, soit (au taux de conversion de 7,3 barils pour une tonne de pétrole) environ 160 milliards de tonnes de pétrole ... ce qui représente actuellement 37 années au rythme de consommation actuelle (pour mémoire, la consommation d'énergie primaire pourrait atteindre entre 14 et 25 Gtep au total en 2050 contre 10,5 Gtep en 2004 avec une part du pétrole qui pourrait demeurer assez stable ... 38,6% en 2004 ... 34% en 2030 ... 30% en 2050 ... si les réserves s'avèrent suffisantes et si de nouvelles découvertes viennent reconstituer les réserves) ...

Les deux tiers des réserves mondiales de pétrole sont concentrés au Moyen-Orient et un quart des réserves mondiales sont sur le territoire de l'Arabie Saoudite.

Pour leur part, les réserves mondiales totales de gaz naturel sont évaluées à 180.000 milliards de mètres cubes (année 2004), se partageant entre le Moyen-Orient (40%) et la Russie (30%) ... Le 'peak oil' serait atteint vers 2030 (même si certains estiment que le peak oil est actuellement atteint) et le 'peak gas' serait atteint entre 2040 et 2060.

Les réserves mondiales prouvées récupérables de charbon sont évaluées en 2004 à 709 gigatonnes de charbon (soit environ 400 Gtep au taux de conversion de 1,73 tonnes de charbon pour une tonne équivalent pétrole), tandis que les ressources potentielles seraient estimées à 3.500 gigatonnes (environ 2.000 Gtep). Au rythme de consommation actuelle (3,1 Gtep d'énergie primaire), les réserves prouvées récupérables représentent 129 années de consommation au rythme de 2004 et les ressources potentielles de charbon estimées correspondraient à 645 années. Même au rythme de consommation annuelle envisagée pour 2050, qui pourrait représenter un doublement de la consommation mondiale annuelle de charbon par rapport à 2004 (dans le cadre d'un scénario moyen estimant la consommation primaire d'énergie à 22,3 Gtep), soit 6,2 Gtep de charbon, les réserves de charbon demeureront malgré tout très importantes.

Les réserves mondiales de charbon se partagent en 2004 entre l'Asie et l'Océanie (Australie notamment) qui disposent de 33% des réserves prouvées récupérables, l'Amérique du Nord (32%) et la Fédération de Russie (24%). L'ex-URSS disposerait par ailleurs de 49% des ressources potentielles en charbon.
http://www.mineralinfo.org/Panorama/Pano2000/charbon.htm


Réflexion vingt-neuf (21 mars 2008)
Quelques chiffres en matière de consommation et de production d'énergie


Pour cet article, je me baserais notamment sur un dossier publié notamment par l'Agence Française de Développement intitulé 'Regards sur la Terre n°1 - Energie & changements climatiques' paru en 2006 (un deuxième dossier est également sorti en 2007 portant sur la biodiversité). Cette publication est rédigée sous la direction de Pierre Jacquet (économiste en chef de l'Agence Française de Développement) et Laurence Tubiana (directrice de l'IDDRI, professeur à Sciences Po et ancienne présidente de SOLAGRAL). Je ne reprendrais dans cet article que les principales informations qui me sembleront pertinentes dans les différents apports des rédacteurs de ce recueil de textes. Il faudra se reporter au document lui-même pour une lecture complète et exhaustive. Le fait de réaliser un focus sur l'énergie est particulièrement intéressant en marge des processus de réchauffement climatique actuellement en cours.

En 2004, on estimait la consommation mondiale d'énergie finale à 7.893 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole - 1 tep étant égale à 41,8 milliards de joules - ou encore à 11.600 kilowatt/heure) et la consommation totale d'énergie primaire à 10.485 Mtep (source - banque de données Enerdata). L'écart entre la consommation d'énergie primaire et d'énergie finale s'explique par les autoconsommations du secteur de l'énergie, les pertes liées aux transports (réseau électrique, gazoducs) et les pertes liées à la transformation de la chaleur en électricité dans les centrales thermiques (classiques ou nucléaires).

Pour mémoire, la consommation totale d'énergie primaire s'élevait à 5,51 Mtep en 1970, ce qui correspond à un doublement de cette consommation en l'espace de 34 ans. Ce doublement s'explique essentiellement par la croissance de la population mondiale totale, alors que la consommation moyenne par habitant n'a augmenté que 20% sur la même période (1,75 tep/an en 2004 contre 1,47 tep/an en 1970). Il faut cependant rappeler qu'un américain du Nord consomme néanmoins toujours quatre fois plus d'énergie que la moyenne des habitants du monde.

Les principaux secteurs consommateurs en terme d'énergie finale, tels qu'ils apparaissent dans les bilans énergétiques mondiaux, sont l'ensemble résidentiel et tertiaire (34% de la consommation totale), l'industrie (28%, dont la part a peu augmenté depuis les années 1970) et les transports (27%). Ces trois secteurs, qui représentent environ 80% de la consommation, devraient être la principale cible des efforts d'économie d'énergie à réaliser, et tout particulièrement pour le secteur de l'habitat et du tertiaire.

En 2000, le pétrole était l'énergie dominante pour la production de l'énergie primaire (38,6% du total soit 4.300 Mtep), devant le charbon (27,5% soit 3.100 Mtep), le gaz naturel (23,0% soit 2.600 Mtep), la biomasse (11,0% soit 1.200 Mtep) et le nucléaire (7,3% soit 800 Mtep). Par biomasse (bois, déchets végétaux et animaux), il faut essentiellement entendre son utilisation traditionnelle dans les usages domestiques dans de nombreux pays en développement.

La production mondiale d'électricité (exprimée en terawatt/heure - ou milliard de kilowatt/heure) s'établit en 2004 à 17.448 terawatt/h, contre 5.250 terawatt/h en 1971 (soit une augmentation de 230% en 33 ans). Cette production était assurée à hauteur de 67% par les combustibles fossiles (dont 39% pour le charbon, 20% pour le gaz naturel et 7% pour le pétrole), à 17% par les énergies renouvelables (presque essentiellement hydraulique) et à 16% par le nucléaire. Les autres productions demeurent anecdotiques.

Les perspectives (scénario WETO) tablent sur une production mondiale nécessaire d'électricité de 60.040 terawatt/h en 2050, qui proviendrait à 51% des combustibles fossiles (dont 32% pour le charbon, 15% pour le gaz naturel et 2% seulement pour le pétrole), 25% du nucléaire, 8% par l'hydraulique et 18% par les autres énergies renouvelables (dont 11% pour l'éolien).

La répartition géographique de la consommation d'énergie primaire demeure particulièrement déséquilibrée. La part de la consommation de l'ensemble des pays industrialisés (Amérique du Nord, CEI et Europe) est ainsi passée de 71% du total en 1971 (3,9 Gtep) à 54% en 2004 (6,0 Gtep). En intégrant l'ensemble des états de l'OCDE, la consommation d'énergie primaire de 1,44 milliard d'habitants s'établit à 6,5 Gtep en 2004, lorsque les 4,9 milliards d'habitants des pays en développement consomment 4,6 Gtep. A l'intérieur de ce dernier groupe, les inégalités demeurent fortes, 3 milliards d'habitants vivant dans les métropoles et dans les pays les plus riches consommant 3,6 Gtep, tandis que les 2 milliards d'habitants des zones rurales et périurbaines ne consomment que 1 Gtep d'énergie traditionnelle (essentiellement sous forme de biomasse).

Exprimé sous forme de consommation par habitant, les déséquilibres demeurent importants ; un citoyen des Etats-Unis consommant l'équivalent de 7,9 tep/an lorsqu'un habitant d'Afrique sub-saharienne (hors Afrique du Sud) dispose de 0,4 tep/an.
(source : L'énergie dans le monde : enjeux et prospective - par Bernard Laponche)

Réflexion vingt-huit (25 novembre 2007)
Une diminution inéluctable des classes moyennes ?


Si l'on part du précepte précédent que notre organisation économique et sociale occidentale sera incapable dans la réalité de se réformer pour intégrer le concept du réchauffement climatique planétaire, ses conséquences, ainsi que de la raréfaction des ressources fossiles et minières, quelles conclusions peut-on en tirer ?

Dans cette optique, le comportement des pays émergents et des autres pays en développement devrait être relativement neutre, c'est-à-dire sans conséquence pour le devenir de l'organisation économique occidentale, si ce n'est pour celui de notre planète.

Cette vision assez pessimiste du devenir de notre société semble pourtant actuellement la plus probable, sauf modifications fondamentales de notre process de production et de consommation, et de notre organisation fiscale.

Il me semble évident que dans le cas où nos process de production et nos habitudes de consommation ne variaient pas au cours des prochaines décennies, les tensions actuelles au niveau de la disponibilité des ressources fossiles, minières, voire vivrières, s'accroîteraient de manière phénoménale, s'accompagnant d'un renchérissement de toutes les matières premières et de tous les biens produits. Evidemment, ces tensions et ces renchérissements s'accompagneront de tensions sociales croissantes un peu partout en Occident, un peu à l'image de ce qui se produit aujourd'hui en France autour de l'inflation, de la monnaie, des marges des industriels et des commerçants, et du pouvoir d'achat.

En effet, dans la réalité, est-il envisageable de voir le niveau de vie des quelques centaines de millions d'occidentaux (européens, américains, japonais, australiens ...) et leurs habitudes de consommation (car c'est cela notre style de vie) être généralisés aux quelques milliards d'autres terriens vivant actuellement avec quelques dollars par jour ? C'est bien sûr absolument impossible, à habitude de consommation inchangée. Le simple maintien de ce style de vie au cours des prochaines décennies pour les seuls occidentaux n'est même pas assuré, sans tension excessive sur les cours des matières premières. Et le développement des pays émergents permettra l'enrichissement de leurs habitants et un accroissement en nombre de leurs classes moyennes, qui permettra à ces dernières d'accéder à un style de vie et de consommation occidental, avec les tensions croissantes sur la disponibilité des ressources.

Sans changement de nos paradigmes de consommation et de production, il me semble évident que la hausse des prix des matières premières et des biens produits conduira inéluctablement à un appauvrissement des classes moyennes occidentales et des pays émergents (les salaires ne pourront pas suivre les hausses des prix), de telle sorte qu'il deviendra plus coûteux d'accéder à la majeure partie des biens (automobiles, essence, voyages aériens, biens, nourriture), au fur et à mesure que ces biens seront obligés d'intégrer dans leur prix la raréfaction des matières premières avec lesquels ils sont fabriqués, même si cela conduit à une destruction du système économique sur lequel notre monde et nos entreprises sont construits.

Si nous n'arrivons pas à modifier notre mode de développement et de consommation pour permettre sa durabilité et sa généralisation à tous les habitants de notre planète, il est à craindre que cette réforme nous sera imposée inévitablement par la pénurie croissante des matières premières dont nous avons besoin, et que notre style de vie et de consommation ne sera un jour plus accessible qu'aux plus riches d'entre nous, à une nouvelle 'uperclass' beaucoup plus restreine en nombre, qui sera alors seule capable de s'offrir ces biens renchéris. Cet appauvrissement des classes moyennes est par ailleurs déjà observée dans nos sociétés occidentales. Ce qui nous attend dans les prochaines années, c'est simplement une diminution dramatique des classes aisées en Occident et une augmentation très limitée dans les autres pays, même si cela doit s'accompagner de tensions sociales et de grèves violentes.

Cette diminution drastique des classes aisées (capables de maintenir un niveau de consommation élevé) est la principale solution pour obtenir la durabilité de notre processus de développement économique, c'est-à-dire un niveau de prélèvement stable sur les ressources de notre planète, à un rythme susceptible de se maintenir encore sur de nombreuses décennies.

Ou alors il faut que notre organisation économique et sociale soit prête à s'engager dans un processus de diminution de ce niveau de prélèvement sur les ressources énergétiques, minières et naturelles, sur une fiscalisation croissante des atteintes à l'environnement, pour arriver à mettre en oeuvre un schéma de développement durable qui puisse être entendu à tous les autres pays.

A défaut, cette réforme s'imposera à nous de manière mécanique, automatique et privilégiera les plus riches ou les plus puissants, qu'il y ait révolution ou non. Dans toute révolution, derrière l'idéologie de l'égalité de tous, il y a forcément toujours des leaders et des gagnants, et la masse des perdants, comme en 1789 ou en 1917. Il y a simplement un changement des échelles de pouvoir.

Et surtout, il me semble évident que cette réforme est déjà en oeuvre dans nos pays occidentaux, conduisant à la précarisation d'un nombre croissant de nos concitoyens, et au recours croissant à l'endettement d'une autre fraction d'entre nous pour maintenir notre niveau de vie, mais qui nous placent alors à la merci des conséquences d'une catastrophe économique, comme aujourd'hui aux Etats-Unis, où de nombreux ménages appartenant aux petites classes moyennes vont tout perdre.


Réflexion vingt-sept (18 novembre 2007)
Quelle action possible


Paradoxes. Alors qu'il n'avait jamais été fait autant mention des dangers provenant du réchauffement climatique dans nos sociétés occidentales, que ce soit à la télévision, dans les journaux télévisés, dans des émissions spéciales, que ce soit dans la presse écrite, dans les journaux ou dans les magazines spécialisées, il semble qu'il y ait très peu d'actions concrêtes qui puissent être menées. Et pourtant, pas un jour ne passe sans que les journaux télévisés nationaux traitent du réchauffement climatique ou de mesures de développement durable.

La compensation carbone semble malgré tout être essentiellement un moyen commode de se donner bonne conscience au sujet des conséquences de son mode de vie individuel et de ses modalités de déplacement, même si ce système permet de trouver des financements gratuits pour certains projets écologiques. La compensation carbone dépend d'abord du sérieux des organismes récoltant cette pseudo-taxe carbone volontaire. A la première escroquerie prouvée, le système risquera de s'écrouler. Elle est aussi fortement limitée par le nombre de projets de financements écologiques à financer, qui restreindra forcément le volume des compensations carbone que ces associations pourront accepter sans risque de tomber dans l'escroquerie.

L'achat d'électricité produite proprement (solaire, éolien ...) présente également des contraintes de même nature. Les consommateurs intéressés par les questions écologiques ne consomment pas véritablement une énergie propre (à moins qu'ils ne la produisent eux-mêmes pour leur propre usage) qui est simplement injectée dans le système global. Par ailleurs, les quantités actuellement produites sont insuffisantes en France notamment pour offrir une alternative crédible aux électricités produites avec des ressources non renouvelables (énergie fossile ou nucléaire).

Les véhicules propres demeurent une utopie en occident et les véhicules à moteur électrique demeurent peu utilisables alors que les véhicules à moteur 'hybrid' sont simplement un peu moins polluants que leurs homologues de luxe. Ils permettent juste de continuer à investir dans des véhicules haut de gamme, luxueux et puissants en ayant moins mauvaise conscience, en ne polluant guère plus qu'avec un véhicule beaucoup moins puissant. Il semble difficile à court terme si ce n'est à moyen terme de se passer des carburants fossiles pour se déplacer.

De même, l'absence de toute forme de désincitation fiscale (taxe carbone) ne peut pas conduire notre société à un mode de développement moins énergivore et polluant. Comme des millions de consommateurs, chacun d'entre nous est confronté chaque jour qui passe à se demander pour quelle raison il se priverait volontairement d'une partie du style de vie auquel il peut prétendre ou qu'il peut s'offrir, de la climatisation en été, d'un 4x4 polluant de luxe ou de puissantes automobiles (américaines ou allemandes de préférence), de voyages en avion à l'autre bout du monde pour se dépayser ...

Evidemment, quelques constructions à énergie positive (qui produisent plus qu'elles ne consomment en énergie) sont parfois réalisées dans nos villes. Mais ces constructions demeurent minoritaires dans le parc d'habitations collectives ou individuelles, dans le parc de collèges, de lycées ou d'universités ou dans le parc de nos administrations ou des grandes entreprises.

Notre monde occidental (mais ce n'est guère différent dans l'ensemble du monde en développement ou dans les grands pays émergents) semble ainsi condamné à idéaliser les mesures qui pourraient être prises pour combattre le réchauffement climatique, mais à ne rien voir être appliquer, du fait de l'impossibilité d'une action concertée au niveau international et de la prise de mesures contraignantes pour les individus et les collectivités. Mais tant que la taxe carbone sera rejetée notamment en raison de ces risques inflationnistes, aucune véritable solution ne pourra être trouvée, et notre monde foncera, comme l'agence internationale de l'énergie l'a pronostiqué récemment, vers un futur où notre approvisionnement énergétique sera compromis, ou du moins, ne sera pas soutenable.

Deuxième paradoxe. L'homme d'aujourd'hui est ainsi capable d'appréhender et de comprendre que le mode de développement que son organisation de société poursuit est en train de conduire l'humanité dans un cul-de-sac. Mais l'organisation de notre société fait qu'il lui est impossible de modifier ce cheminement.

Et le pire des paradoxes, c'est qu'une grande majorité de la population mondiale, dans les pays en développement, notamment en Afrique, n'est pratiquement pas responsable de ce réchauffement climatique et du cheminement qui a conduit nos sociétés a modifié le climat, même si les habitants de ces pays en sont déjà les premières victimes. Pratiquement non responsable parce que si leur style de vie n'est pas énergivore, leur démographie gallopante est par contre responsable d'un prélèvement plus important sur leur écosystème, énergivore en lui-même, même s'il ne se traduit pas forcément par des émissions de CO² croissantes.

On peut ainsi énoncer les trois paradoxes de la lutte contre le réchauffement climatique. Premièrement, malgré la médiatisation des conséquences néfastes du réchauffement climatique, aucune action n'est actuellement accessible à l'humanité, sauf à détruire le système de production de la partie la plus avancée économiquement de l'humanité. Deuxièmement, malgré la compréhenson du problème, l'humanité n'est pas maître de son organisation économique. Et troisièmement, les principales victimes du réchauffement climatique n'en seront pas les responsables, dont la situation pourrait inversement s'améliorer.


Réflexion vingt-six (31 octobre 2007)
La compensation carbone


Le concept de 'compensation carbone', popularisé par Yann Arthus Bertrand (par le biais de son association GoodPlanet et d'Action Carbone) dans certains de ses films (notamment sur le réchauffement climatique), consiste pour une entreprise ou un particulier à compenser les émissions de CO² induites en finançant des actions bénéfiques pour l'environnement (production d’énergie électrique renouvelable, amélioration de l'efficacité énergétique ou projets de reforestation dans les pays du Sud). Par exemple, un ménage peut calculer les émissions de C0² dû à ses trajets en voiture, puis payez cette contre-partie pour soutenir des projets écologiques. Les entreprises s'y mettent de plus en plus, notamment pour compenser les émissions annuelles de CO² provenant des systèmes de climatisation ou de chauffage. De même, cette pratique se développe pour les voyages aériens et il est maintenant communément proposé aux voyageurs de compenser les émissions de CO² découlant de leurs déplacements.

Il existe de plus en plus d'organismes qui se placent sur ce marché. En novembre 2006, l'ADEME avait recensé 31 organismes de ce type au niveau mondial, dont 7 au Royaume Uni, 8 aux Etats-Unis et 3 en France.
(http://www2.ademe.fr/servlet/getBin?name=4F829CE9F197895430A2D21C2BF8562F1171534912485.pdf)

Allemagne - Atmosfair (2005)
Australie - Greenfleet (1997) - Climate Friendly (nd)
Brésil - The Green Initiative (nd)
Canada - Pembina Institute for Appropriate Development (nd) - Offsetters (2005) - Econeutral (nd) - CleanAirPass (2005) - D. Suzuki Foundation’s carbon neutral program (nd)
France - Action Carbone (2006) - Climat Mundi (2006) - CO² Solidaire (2004)
Irlande - Driving green (2004)
Pays Bas - Green Seat (2005) - Klimat neutraal (nd)
Suisse - MyClimate™ (2002)
Royaume-Uni - Climatecare (1998) - The CarbonNeutral Company (2005) - Carbon clear (2005) - Grow a forest (2005) - TargetNeutral (2006) - ClimateBalance (2006) - CarbonAided (nd)
USA - Terrapass (2004) - Sustainable Travel International (2002) - Green Tags (2001) - Carbonfund (1999) - CarbonCounter (2002) - Native Energy (2005) - Carbon credit solutions LLC (nd) - Drive Neutral (nd)

Mais pour les critiques défavorables à ce concept, la compensation carbone n'est pas forcément une bonne idée. Elle donne d'abord la fausse impression que l'on peut continuer à polluer comme avant et que ces initiatives individuelles peuvent suffire à résoudre le problème du réchauffement climatique alors que des changements beaucoup plus profonds sont nécessaires. Les sites Internet abondent souvent dans ce sens. Ainsi, Climat Mundi propose "des chambres neutres en carbone" (pour des sociétés hôtelières) ou "des voyages neutres en carbone" (pour des agences de voyage) ...

Les adversaires à ce genre de produits mentionnent également un manque de contrôle et de transparence des entreprises qui proposent ce service. Il n'est pas évident que les sommes récoltées servent véritablement à financer de nouveaux projets pour l'environnement. Par ailleurs, l'ADEME faisait aussi apparaître que le coût à la tonne de CO² compensée variait ainsi selon les organismes en général entre 6 euros et 24 euros. On peut également craindre que "les entreprises surfent sur la vague du carbone neutre pour tenter de gagner de l'argent en exploitant le sentiment de culpabilité des consommateurs.

Liens :
- Le site de l'ADEME
http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?cid=96&m=3&id=42431&ref=19684&p1=B

- Le site d'Action Carbone
http://www.actioncarbone.org/main_fr.php

- Le site de Climat Mundi
http://www.climatmundi.fr/lng_FR_srub_32-compensation-carbone.html

- Le site de CO² Solidaire
http://www.co2solidaire.org/


Réflexion vingt-cinq (22 juillet 2007)
Existe-t-il d'autres dangers écologiques qui nous guettent ?


Aujourd'hui, le monde entier semble prendre de plus en plus conscience qu'un réchauffement climatique nous guette, et que celui-ci risque d'avoir des conséquences importantes sur le milieu naturel qui nous entoure et dont nous dépendons malgré tout, malgré toute notre science et notre technologie. Nous ne savons en effet, pas plus que nos lointains ancêtres, toujours pas nous passer d'eau ni de nourriture.

Même si les principaux états pollueurs de notre planète n'acceptent toujours pas de limiter leurs émissions de dioxyde de carbone, si les Etats-Unis refusent même de signer l'accord de Kyoto, de plus en plus de recherches scientifiques sont menées dans de nombreux pays, par de nombreux industriels, par de nombreux chercheurs, pour découvrir de nouvelles techniques de séquestration du carbone, de nouvelles sources d'énergie, pour mettre en oeuvre de nouveaux processus industriels ou de nouveaux systèmes énergétiques.

Mais il semble indispensable de s'assurer que ces diverses solutions proposées pour résoudre le problème du réchauffement climatique ne feront pas courir des risques encore plus élevés à notre planète, à notre environnement ou à nous-même.

1. Le nucléaire est redevenu la principale possibilité envisageable pour produire de l'électricité sans émission de carbone. De nombreuses constructions de centrales nucléaires sont actuellement en cours dans un certain nombre de pays (Chine, Iran, Corée, Russie, Japon ...). Mais avec le nucléaire se pose le vieux problème du recyclage des déchets radioactifs, de la prolifération nucléaire, auxquels se rajoutent aujourd'hui les risques terroristes et les risques sismiques, comme le Japon vient de se le rappeler. S'y ajoute également une interrogation sur la disponibilité en quantité suffisante du minerai nécessaire, les mines d'uranium n'étant pas si nombreuses. Les risques d'accident nucléaire (comme Three-Mile-Island ou Tchernobyl) sont-ils préférables au réchauffement climatique ?

Mais le nucléaire ne constitue peut-être pas le risque le plus dangereux qui nous guette !

2. La séquestration géologique ou océanique du carbone constitue peut-être un risque majeur futur pour l'humanité, pire encore que le nucléaire. Les dizaines de kilomètres-cube de CO² liquifié que certains envisagent de stocker dans des gisements géologiques ou en lacs au fond des océans pourraient, au cas où le moindre incident géologique se produirait, ou si les techniques utilisées n'étaient pas parfaitement au point, si les milieux naturels ne réagissaient pas exactement comme prévu (que ce soit sous terre ou dans les océans), entraîner la mort de millions ou de milliards d'hommes, d'animaux ou de plantes sur terre. Peut-on entreposer de tels quantités de poison sous terre ou sous les océans, sans respect du devenir de nos enfants, pour maintenir notre petit confort d'occidentaux privilégiés ?

3. L'économie de l'hydrogène que certains envisagent pour les transports terrestres, ne fait-il pas également courir des risques écologiques majeurs à notre planète et à notre environnement ? L'hydrogène ne se trouve dans l'atmosphère qu'à l'état de traces et sa durée de vie y est de 2 jours. Mais il s'agit d'un gaz incolore, extrêmement inflammable, très léger, qui n'entretient pas la vie et qui réagit facilement en présence d'autres substances chimiques. En raison des grandes quantités d'hydrogène qui devrait être produit pour remplacer les combustibles fossiles, une forte quantité d'hydrogène (au cours de la production, du stockage et du transport) risque de se perdre dans l’atmosphère, du fait de sa légèreté. Par oxydation, il se transformerait rapidement en vapeur d'eau mais aussi en méthane (CH4). La vapeur d'eau renforcerait alors l'effet de serre dans notre atmosphère, alors que le méthane est un gaz à effet de serre encore plus calorigène que le CO². Au niveau de la stratosphère, la vapeur d'eau réduirait la quantité d'ozone et pourrait accentuer le problème de la couche d'ozone (de 5 à 8 % au-dessus du Pôle Nord et de 3 à 7 % au-dessus du Pôle Sud - d’après les calculs effectués par Yuk Yung). Mais ces effets négatifs dûs aux fuites d’hydrogène en direction de l’atmosphère pourraient se trouver amoindris grâce à des avancées technologiques au cours des prochaines décennies.
(http://www.france.airliquide.com/fr/business/products/hydrogen/index.asp)

Il en ressort ainsi que le combustible hydrogène n'est pas forcément la panacée dont on nous parle parfois et risquera de faire courir des risques importants à notre environnement en présence de fuites importantes ...


Saucratès


04/12/2010
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Réchauffement climatique (2)

Réflexion vingt-quatre (22 juillet 2007)
Arrivé à ce point-là de notre réflexion, que peut-on en déduire et que peut-on envisager de faire ?


Le réchauffement climatique planétaire est presque certainement l'oeuvre de l'activité humaine ... les experts du GIEC en sont pratiquement sûr à plus de 90% ... même s'il existe d'autres hypothèses envisagées par certains scientifiques ...

Si la théorie de l'influence humaine sur le réchauffement climatique est vraie, les niveaux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère terrestre vont continuer à progresser au cours des prochaines décennies, et provoquer un réchauffement mondial sans précédent du climat, dont les impacts sur notre environnement, sur la faune et la flore, et sur nos moyens de subsistance seront importants si ce n'est catastrophique.

Les différentes pistes actuellement étudiées par les scientifiques et les industriels pour trouver une solution au problème des émissions des gaz à effet de serre et des émissions de carbone, semblent difficilement réalisables et nous feront peut-être même courir des risques encore pires que ceux qui nous guettent pour l'instant.

La seule hypothèse véritablement sage serait de changer fondamentalement de système de production économique et de modèle social de consommation ... mais cette hypothèse est presque inenvisageable ... le quart de l'humanité riche et développé n'acceptera jamais de mettre fin à son rêve de consommation sans limite, qui rend pourtant cette partie de l'humanité terriblement triste et malheureuse ... insatisfaite, stressée et en état limite ...

Cette hypothèse éliminée, il n'y a peut-être aucune autre solution viable qui peut être suivie ... et la race humaine se réserve peut-être un avenir de guerres et de destruction, ou pire encore, un monde où une catastrophe écologique nous annihilera, nous et l'ensemble du biotope terrestre ... on a souvent pensé aux risques d'une guerre nucléaire ... mais imaginons un futur où des kilomètres cubes de CO² mortel sont piégés sous nos pieds, qu'une catastrophe ou une arme pourraient libérer brutalement, et qui, en se répandant comme une mare à la surface de notre globe, annihileront toute vie animale et humaine sur terre ...

Si un tel futur arrive (où le CO² est stocké en grande quantité sous terre ou dans l'océan), il ne nous restera plus alors qu'à vivre en très haute altitude, en attendant que cette catastrophe se produise ... et libère le monde de l'espèce humaine, ou du moins de notre modèle de société.

Mais en attendant ce moment ou ces catastrophes, suivons quelques autres pistes sur le réchauffement climatique et sur certaines solutions imaginées ou développées par quelques uns d'entre nous ...


Réflexion vingt-trois (21 juillet 2007)
La piste de la séquestration naturelle du carbone (suite 2)

La séquestration naturelle du carbone dans les océans

La séquestration du carbone par les océans est un sujet particulièrement complexe et cette esquisse de présentation devra être prise, plus encore que pour les autres, avec une grande indulgence. Beaucoup de données sur le rôle des océans dans le cycle du carbone sont encore aujourd'hui méconnues.

La première chose que l'on peut rappeler, c'est que les océans sont le principal poumon en matière de carbone de notre système planétaire. Une mesure réalisée en 1990 des stocks de carbone (le dioxyde de carbone, mais aussi le méthane, le monoxyde de carbone ou les chlorofluorocarbones), retenus dans les différents puits de carbone terrestres, estimait la quantité de carbone séquestrée dans les eaux profondes des océans à 38.000 gigatonnes, soit près de 93% de l'ensemble du carbone en circulation dans la biosphère (hors le carbone inorganique de la croute terrestre et des sédiments au fond des océans), atmosphère comprise. En regard, les eaux superficielles des océans ne contiendraient selon ces estimations que 200 gigatonnes (à comparer également à 2.000 gigatonnes sequestrées dans le sol). Même si ces estimations ont certainement été modifiées à ce jour par rapport à ces mesures de 1990, notamment pour le sol et les gisements fossiles, elles donnent toutefois un ordre de comparaison de l'importance de la séquestration réalisée au sein des eaux profondes des océans de notre planète. La lithosphère terrestre renfermerait 20.000.000 gigatonnes de carbone, au sein des roches et les sédiments.

La séquestration du carbone dans les océans obéit à plusieurs mécanismes, parmi lesquels on trouve les coraux et le plancton (notamment phytoplancton). Le phytoplancton stocke le carbone de la même manière que la végétation terrestre par le principe de la photosynthèse. Des études ont aussi observé que le développement du phytoplancton s'accélérait en présence de minerais de fer, et qu'un atome de fer permettait d'aider à stocker de 10.000 à 100.000 atomes de fer supplémentaires. Certains scientifiques préconisent donc d'ensemencer en fer les océans (des expériences ont déjà été menées dans la région arctique) pour accroître la capture de carbone par la biomasse des océans. Les coraux participent également à la séquestration du carbone dans les océans, que cet animal microscopique utilise pour construire son squelette.

Toutefois, l'augmentation de la teneur en carbone des océans risque d'avoir une incidence sur leur PH (qui a peut-être commencé) ; l'augmentation de l'acidité des océans, qui pourrait résulter d'une hausse du carbone atmosphérique, empêchant le phytoplancton, les coraux et tous les invertébrés à coquille, de fabriquer leur squelette ou coquille ... Par ailleurs, les coraux sont également touchés par un phénomène de blanchiment, qui peut être dû à la chaleur ou à l'acidité. On estime ainsi que la grande barrière de corail australienne pourrait mourir et disparaître au cours des prochaines décennies du fait du réchauffement climatique.

Un troisième mécanisme de séquestration du carbone est appelé la 'pompe de solubilité', qui est régie par l’équilibre thermodynamique du CO² à l’interface entre l'océan et l'atmosphère. Le CO² dissout réagit avec l’eau pour donner de l’acide carbonique (H2CO3), lui-même en équilibre acido-basique avec le carbonate (CO3) et le bicarbonate (HCO3), qui représente près de 95% du carbone océanique. Schématiquement, à l'équateur, les océans sont une source de CO², dues au réchauffement des masses d’eau et à la remontée d’eau profonde riche en carbonates, tandis qu'ils sont des puits de CO² aux moyennes et hautes latitudes (du fait du refroidissement et de l'activité biologique du phytoplancton). L’océan austral serait ainsi le principal puits de CO² anthropique. Mais cette pompe de solubilité est également perturbée par l’excès de CO2 atmosphérique qui se dissout dans les eaux de surface.

Par ailleurs, la capacité de séquestration du carbone par les océans est différent entre les eaux de surface et les eaux profondes. Les eaux de surface ne représentent qu'une faible proportion de la masse océanique (de l'ordre de 2%). Elles ne disposent donc que d'une capacité de dilution du carbone négligeable, et sont en contact rapide avec l’atmosphère (de l’ordre de l’année). Le mélange avec les eaux de sub-surface, intermédiaires ou profondes est plus efficace, mais beaucoup plus lent (jusqu'à plusieurs siècles). Mais le réchauffement climatique risque justement de bloquer ces mécanismes de transfert entre les différentes strates d'eau dans les océans, avec le danger justement que des océans stratifiés ne permettent plus les échanges entre couches océaniques ni de stocker convenablement le carbone dans les eaux profondes des océans.

Enfin, le changement du climat et le réchauffement qui en découlerait pourrait modifier la circulation des courants océaniques, dans une mesure que l'on ignore encore pratiquement, et perturber notablement les champs de nutritifs et de carbonates, et donc la capacité de séquestration du carbone par les océans.


Réflexion vingt-deux (20 juillet 2007)
La piste de la séquestration naturelle du carbone (suite)

La séquestration naturelle du carbone dans les forêts et dans la végétation

Par le biais du processus de la photosynthèse, la végétation et notamment les grandes zones forestières participent à la séquestration du carbone prélevé dans l'atmosphère. Elles sont évidemment déjà à l'origine des processus de séquestration dans les sols ou les tourbières, ainsi que dans les accumulations de minerais fossiles emprisonnés il y a des centaines de millions d'années dans le sol, et qui ont été transformés au fil des millénaires en pétrole, gaz, charbon ou lignite (voire en diamants).

Les arbres notamment accumulent d'importantes quantités de carbone dans leur bois et dans l'écosystème via la photosynthèse. Ils absorbent le CO² de l'atmosphère, stockant une partie du carbone prélevé et rejetant de l'oxygène dans l'atmosphère. On estime que la biomasse des forêts représente 80 % de la biomasse continentale. Ainsi, les forêts parvenues à maturité, notamment les forêts tropicales, renferment de grandes quantités de carbone. Les forêts contiendraient ainsi de 20 à 100 fois plus de carbone par unité de surface que les terres agricoles. Un certain nombre de distinctions peuvent être opérées.
(http://www.europarl.europa.eu/workingpapers/agri/s3-2-1-a_fr.htm)

On distingue ainsi les forêts tempérées des forêts tropicales ; les premières présentant un meilleur bilan carbone que les secondes, qui seraient aujourd'hui tout juste à l'équilibre ; les rejets de carbone de leur environnement équilibrant juste leurs prélèvements de carbone. Les forêts tempérées permettraient un meilleur stockage du carbone dans le sol forestier, à de plus grandes profondeurs, permettant ainsi une séquestration du carbone plus longue et plus stable. A l'inverse, les forêts tropicales ou équatoriales, plus importantes en surface, et matures auraient séquestré une forte quantité de CO² atmosphérique mais les processus de déforestation et de dégradation de ces ensembles (incendies, pourrissement) dûs à l'homme déséquilibreraient leur bilan carbone.

On distingue également la capacité de séquestration de carbone selon les essences d'arbres. Les arbres à croissance rapide (peupliers, saules, bouleaux, conifères) que l'on rencontre principalement en zone tempérée absorbent une faible proportion de carbone, tandis que les essences à croissance lente (en siècles) et à bois durs et denses présentent une meilleure capacité de séquestration du carbone, entre 20% et 50% de poids en carbone.

Le rôle prédominant des forêts tropicales par rapport aux forêts tempérées peut ainsi être mis en évidence par l'analyse de la distribution du carbone organique dans les différents compartiments de la biomasse végétale. Ainsi, proportionnellement, la quantité de carbone organique stockée dans le bois des forêts tropicales denses est de loin supérieure à celle rencontrée dans une forêt tempérée de conifères. Dans cette dernière, la majorité de carbone organique est concentrée dans le sol.

Les forêts peuvent parfois devenir des sources de CO² (le contraire d'un puits de carbone), notamment en cas d'incendie, en cas de déforestation massive, ou provisoirement après de grandes coupes rases. Les forêts sont des réservoirs naturels de dioxyde de carbone, mais le phénomène de puits de carbone n'existe que si elles grandissent ou si leur sol s'enrichit durablement en carbone. Planter de nouvelles forêts ne suffira ainsi pas à contre-balancer l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre dûe à l'activité industrielle humaine.

Lire également
www.stihl.fr/isapi/global/filedownload.asp?filename=stihl_la_foret_tropicale.pdf


Réflexion vingt-et-une (19 juillet 2007)
La piste de la séquestration naturelle du carbone


Il existe au sein de la biosphère terrestre des mécanismes naturels de séquestration du carbone, que l'on appelle 'puits de carbone'. La photosynthèse des plantes est le principal mécanisme connu de séquestration du carbone.

Au sein des puits naturels de carbone, on retient notamment les forêts et leur végétation, les océans et le plancton océanique, les sols et les tourbières.
(source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Puits_de_carbone)

La séquestration naturelle du carbone dans les sols

On estime que les sols terrestres représentent l'un des principaux puits naturels de carbone de notre planète. Les sols contiendraient actuellement environ 2.000 gigatonnes de carbone sous forme de matière organique, soit presque trois fois le carbone atmosphérique, et quatre fois le carbone de la biomasse végétale.

Les prairies accumulent notamment d'énormes quantités de matières organiques, essentiellement sous forme de racines et micro-organismes, de manière relativement stable. Mais on observe depuis le dix-neuvième siècle a une lente destruction des surfaces de prairies, cultivées ou urbanisées, qui ont ainsi perdu par oxydation de grandes quantités de carbone. Les sols des forêts doivent aussi être analysés dans cette partie. L’augmentation du CO2 de l’air pourrait ne pas être compensé par une plus grande séquestration dans les sols. Une étude a montré que l’exposition longue à un doublement du taux de CO2 atmosphérique accélère fortement la dégradation de la matière organique des sols forestiers (acidification et stimulation de l'activité enzymatique des microorganismes du sol qui augmente la décomposition de la matière organique, et plus encore s’il y a des apports carbonés (litière)).

Les tourbières constituent un autre lieu important d'accumulation du dioxyde de carbone. Les principales tourbières (gelées) de notre planète sont situées dans la zone arctique, notamment dans les zones dites à pergélisol ou permafrost, en Sibérie, au Canada et en Alaska. En effet, dans une tourbière, les plantes en décomposition sont enfouies dans l'eau et celle-ci les isole de l'air libre et préserve le dioxyde de carbone. Le réchauffement climatique, dont les effets ne sont pas homogènes sur l'ensemble du globe mais sont justement beaucoup importants dans les régions arctiques, entraîne un dégel du pergélisol (ou permafrost) et un assèchement des tourbières dégelées. Le dégel du pergélisol et l'assèchement des tourbières entraînera l'évaporation du CO² emprisonné ainsi qu'une émission importante de méthane, un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone.

Il est toutefois évident qu'il n'est pas possible d'améliorer la capacité de séquestration du carbone des tourbières gelées, des pergélisols ou des permafrosts arctiques ou sibériens. La seule action envisageable concerne la limitation des effets du réchauffement climatique sur les climats arctiques, de façon à maintenir au maximum la surface de ces sols gelés, dont le dégel pourrait avoir pour conséquence un emballement du processus de réchauffement climatique.


Réflexion vingt (18 juillet 2007)
La piste de la séquestration artificielle du carbone


Après cette présentation d'un tableau bien sombre du futur anticipé pour notre planète, est-il utile de revenir sur le problème de la séquestration du carbone et sur les techniques de piègeage et de stockage artificielle du carbone ?

Il y a tout de même une limite à la présentation faite ci-dessous. Elle repose sur une théorie du réchauffement climatique (ainsi qu'accessoirement sur la raréfaction des ressources naturelles, minérales et fossiles) dont on ignore les conséquences exactes sur l'évolution des températures terrestres. Elle repose également sur une théorie du CO² atmosphérique que certains scientifiques rejette, pour lui préférer une théorie des cycles solaires. Si on veut être optimiste, on peut rappeler que les diverses hypothèses des scientifiques sur l'évolution des températures terrestres dépendent pour une part de la capacité des systèmes biologiques terrestres à séquestrer le carbone, ainsi que des efforts qui seront réalisés par l'homme en matière de niveau de rejet de CO².

Il me semble déjà important de déterminer le volume annuel des gaz à effet de serre, principalement le CO² qui sont actuellement rejetés dans l'atmosphère du fait des activités industrielles, de transport et de logement de l'humanité. Dans ses différents rapports, le GIEC a estimé les émissions mondiales annuelles de CO² à environ 30 milliards de tonnes, dont 45% provenant des plus importants sites industriels libérant plus de 0,1 million de tonnes de CO² par an (estimés par le GIEC à environ 8.000 sites).
(source : http://www.ipcc.ch/activity/srccs/IPCC%20F.pdf)

En retenant la masse volumique du CO² sous forme de gaz de 1,9769 kg/m3, cela représente un volume de 15.000 milliards de m3 de CO² sous forme de gaz à enfouir ou à retraiter chaque année soit encore 15.000 kilomètres cube. En retenant une masse volumique du CO² sous forme liquide de 986 kg/m3, on en revient à une estimation du volume total de CO² émis de 30,4 milliards de m3 de CO² liquide, soit environ 30,4 kilomètres cube par année. En partant du principe que seules les émissions des plus grosses installations polluantes pourront être récupérées et traitées, cela représentera ainsi un volume de CO² sous forme liquide de 13,7 kilomètres cube à traiter et à enfouir chaque année, au rythme d'émission actuel ... ce qui représente tout de même un énorme volume à stocker géologiquement , représentant l'équivalent de plusieurs grands lacs.
(http://www.france.airliquide.com/fr/business/products/carbon_diox/index.asp)

La séquestration mécanique du dioxyde de carbone sous sa forme liquide, que ce soit en stockage géologique profond ou pire en dispersion océanique, représente-t-elle une solution pérenne et acceptable ? Il suffit de se rappeler quelques accidents causés par la diffusion accidentelle de CO² par suite d'éruption volcanique comme à Nyos au Cameroun le 21 août 1986, où une énorme quantité de gaz carbonique a été libérée par les eaux du lac Nyos, gaz qui a ensuite coulé dans les vallées environnantes, en asphyxiant toute forme de vie jusqu'à 30 kilomètres autour du lac et causant la mort de 1.800 personnes du fait de cette catastrophe (voir également la catastrophe du Lac Monun en 1984 également au Cameroun).

Même si le piégeage géologique du CO² ne sera vraisemblablement pas réalisé en milieu volcanique (mais il est impossible d'en être sûr), cette solution ne présente-t-elle pas des risques trop élevés ? N'hypothèqueront-nous pas l'avenir de nos enfants ou des générations suivantes en enfouissant de tels poisons dans le sol de notre planète, même si cette solution est censée présenter une durée de vie bien supérieure à 1.000 ans ?


Réflexion dix-neuf (16 juillet 2007)
L'action des états est-elle notre dernière chance ?


Il ne semble donc y avoir aucun espoir de solutions du côté des consommateurs ou des industriels, en matière de modification de nos comportements de consommation ou de production. La seule possibilité repose par conséquent sur l'action éclairée des états de la planète, comme tout le monde l'a bien compris. Mais leur action ne réussira que si tous les états agissent ensemble pour réduire leurs émissions de CO² et des autres gaz à effet de serre, si tous oeuvrent dans le même sens. Et cela semble aujourd'hui malheureusement difficile à envisager. Les diverses actions que peuvent mener les états reposent sur l'imposition de nouvelles normes d'émission de gaz à effet de serre et de normes de fabrication, voire de récupération et de recyclage des déchets et produits usagés. En l'absence de cette unanimité, et notamment des plus grands pollueurs et des plus grands producteurs que sont la Chine et les USA, il y a de fortes chances que notre système économique continue sur sa lancée, consommant toujours plus de ressources naturelles, minérales ou fossiles, produisant toujours plus de produits, de déchets, et rejetant toujours plus de CO², de gaz à effets de serre, jusqu'à ce que ce système économique se grippe ou que notre planète ne puisse plus abriter la vie dans les mêmes conditions.

C'est un peu ce que Sir James Lovelock imagine en parlant du futur, lorsqu'il pourfend les illusions du développement durable ou des éoliennes et appelle à la décroissance des consommations matérielles, à une retraite de l'économisme, mais constate l'inertie des sociétés industrielles. Selon lui, des milliards de gens vont mourir du fait du changement climatique ? Avec le réchauffement, la plus grande partie de la surface du globe va se transformer en désert. Les survivants se grouperont autour de l'Arctique (ou de l'Antarctique). Mais la place manquera pour tout le monde, alors il y aura des guerres, des populaces déchaînées, des seigneurs de la guerre. Ce n'est pas la Terre qui sera menacée, mais la civilisation. Et cette crise se produira selon lui avant 2050, soit au cours des quatre prochaines décennies (d'après un article paru récemment dans le journal Le Monde).

Car, si l'homme n'a pas réussi au cours des prochaines années à modifier son processus de développement, de production capitaliste et de consommation, ce qui va nous attendre alors sera non seulement des cataclysmes climatiques (inondations, sécheresse, hausse du niveau des océans, famine) mais certainement également une série de guerres, de conflagrations gigantesques, pour l'appropriation des dernières ressources, des dernières technologies. Ce sera une crise sans commune mesure avec rien de ce qui a pu exister auparavant, que ce soit la première ou la seconde guerre mondiale ... des mouvements de populations sans lien avec ce qui a pu être observé dans le passé. Cette crise ne réduira pas seulement en morceaux notre système de production capitaliste et les milliards de capitaux qu'il a amassé mais qui n'ont aucune valeur en eux-même ... Cette crise risque également d'enregistrer l'anéantissement de l'homme en tant qu'espèce, et avec elle notre planète toute entière ainsi que toute la biosphère. Pour y échapper, l'homme a peu d'espoir :

1. à moins que la théorie du réchauffement climatique soit fausse
2. à moins que l'homme réussisse à changer de processus de développement économique, en s'orientant vers la décroissance économique
3. à moins que l'homme réussisse à ralentir le rythme du réchauffement climatique à capturant le CO² émis et à découvrir de nouvelles sources d'énergie non fossiles, de nouvelles mines de minerais tels les astéroïdes, de nouveaux matériaux pour remplacer les plastiques issus des dérivés du pétrole.

Sans cela, il serait étonnant que notre planète et notre espèce puisse continuer encore longtemps sur cette lancée. Il aura alors suffit d'à peine deux à trois siècles au capitalisme pour amener l'espèce humaine, après quelques millions d'années de lente évolution, vers son extinction. Un bien beau palmarès, pour un homme occidental ayant oublié la nature, conquis l'ensemble de la planète, et qui sera rattrapé justement par la nature, non pas pour se venger, mais pour mourir de ses déchets.


Réflexion dix-huit (15 juillet 2007)
Une lueur d'espoir ?


A cet endroit de la réflexion, il est intéressant de s'interroger sur les diverses possibilités de solutions qui peuvent être envisagées.

Il existe une première raison d'espérer. Cet espoir repose sur le traitement médiatique accordé aux problèmes du réchauffement climatique. Dans les années 1970 à 1980, malgré plusieurs réunions internationales consacrées au climat dont celle de Kyoto, les médias ne traitaient aucunement du sujet du rechauffement climatique et le public en ignoraient pratiquement tout, même dans les pays développés. Même l'engagement ancien d'un certain nombre d'acteurs ou de politiques contre les effets du réchauffement climatique (Léonard Di Caprio par exemple, Al Gore) était ignoré par le plus grand nombre. Au moins aujourd'hui, les effets du réchauffement climatique commencent à recevoir un important traitement médiatique qui permet au plus grand nombre d'être informé d'un certain nombre d'hypothèses qui attendent l'humanité au cours des prochaines décennies. Les conclusions des réunions du GIEC sont parfois retransmises dans les journaux télévisés. Des films d'informations, comme celui d'Al Gore ou de Yann Arthus-Bertrand bénéficient d'une large diffusion et recoivent un accueil favorable du public. Des films catastrophes (Le jour d'après, Fusion) présentent l'intérêt de décrire certaines possibilités (à un rythme toutefois extrêment accéléré en raison de l'intérêt de l'action) liées au réchauffement climatique ou à l'action de l'homme sur notre planète.

Il y a, je pense, une prise de conscience générale des conséquences que les actions de l'humanité peuvent avoir sur l'équilibre global de notre planète. La somme des actions de chaque individu vivant actuellement sur la Terre peuvent influer voire menacer la survie à long terme de notre espèce. Ce devrait normalement être la fin de l'égoïsme de l'humanité et des humains. Longtemps, les actions individuelles de chacun d'entre nous ne semblaient concerner que chacun d'entre nous et notre groupe familial. Aujourd'hui, il y a au moins une compréhension du fait que nos actions individuelles de consommation (rouler en 4x4, climatiser une maison, gaspiller ...) ont un impact global sur l'équilibre de la terre lorsqu'ils sont additionnés à l'échelle de l'ensemble d'une nation développée. Un climatiseur, ce n'est rien, mais cent millions de climatiseurs fonctionnant en même temps tout un été, c'est autre chose. Une voiture ce n'est rien, mais un milliard de voitures crachant du CO² en même temps ?

Cette compréhension des conséquences finales de nos actes de consommation n'induit pourtant pas actuellement un changement des comportements de l'humanité en matière de consommation ni de production. Evidemment, certains constructeurs fabriquent des voitures moins polluantes voire développent des technologies hybrides plus propres. Nos appareils électriques sont censés être plus économes en matière de consommation électrique ou d'eau. Mais l'industrie fabrique toujours des biens gourmands en ressources naturelles (plastiques, cuirs, métaux) dont la durée de vie est calculée de telle manière que ces biens se doivent d'être remplacés régulièrement, pour faire fonctionner optimalement le système capitaliste de production. Le monde industriel, c'est-à-dire les hommes et les femmes qui y travaillent, qui inventent ou aident à fabriquer ces biens, n'ont pas encore compris que la raréfaction des ressources de notre planète, et la difficulté de récupérer totalement les matières premières des biens usagers, vont impliquer une modification de nos systèmes de production, pour aller vers des biens inusables, indestructibles, qui pourront durer, à l'opposé de nos habitudes de production mais aussi de consommation actuelle. En effet, combien d'entre nous ne changent pas de biens non pas parce qu'ils sont usés, qu'ils ne fonctionnent plus, pas simplement parce qu'une nouvelle version leur proposera de nouvelles possibilités, voire même simplement pour le plaisir, ou pour suivre la mode. Le cas des téléphones mobiles, des jeux des enfants (PS une, PS deux, PS trois ... PSP ...), des véhicules automobiles, des vêtements, des cafetières, des meubles, des canapés, et ainsi de suite ...

Mais y a-t-il véritablement un espoir que l'humanité réussisse à modifier son comportement de consommation et de production avant qu'il ne soit trop tard, c'est-à-dire avant qu'il n'y ait pénurie de matières premières minérales ou fossiles, et avant que le réchauffement climatique n'est totalement dénaturé le climat et la biodiversité de la Terre ?

Cela me paraît pratiquement impossible. Cela ne proviendra pas seulement des consommateurs, même si certains d'entre nous peuvent être gagnés aux thèses écologistes et se résignent à diminuer leur consommation ou à s'approvisionner en énergies renouvelables.

La solution ne viendra pas facilement non plus des industriels eux-mêmes, qui recherchent malgré tout toujours le bénéfice maximum pour demeurer à la tête de leurs entreprises puisque les marchés ne pardonnent pas les diminutions de rentabilité. Ce que les marchés apprécient, ce ne sont jamais que des perspectives de bénéfices futurs, comme avec internet hier, internet, l'éolien, les biocarburants ou la biopharmacie aujourd'hui ... Il n'y a qu'une chose que les industriels et les marchés savent intégrer en les corrigeant ... les coûts futurs liés aux procès pénaux et judiciaires qui pourraient leur être fait. Ce n'est que de cette façon que les industriels et les marchés pourront intégrer le respect de notre environnement dans leur production. L'état américain de la Californie donne l'exemple en attaquant les constructeurs automobiles au sujet de la pollution due aux voitures qu'ils produisent. De cette manière, les marchés seront amenés à dévaloriser les cours boursiers des entreprises qui n'ont pas intégré la composante environnement dans leur processus de fabrication, qu'ils estimeront susceptible de courir des risques judiciaires, et au contraire à valoriser les cours boursiers et à tolérer les pertes des entreprises en pointe en matière d'environnement. Nous assisterons peut-être aussi un jour à des poursuites judiciaires intentées contre les consommateurs usant de produits néfastes pour l'environnement (véhicules automobiles, climatiseurs ...), pour rediriger leurs actions de consommation vers des produits propres. En effet, pourquoi seuls les industriels seraient-ils poursuivis pour fabriquer des produits néfastes pour l'environnement, et non pas les consommateurs qui malgré l'existence de produits conformes, préféreraient faire des économies en achetant les biens les moins écologiques et les moins chers ? Les poursuites intentées en France contre les particuliers disposant d'installations de fosses sceptiques non conformes en sont par exemple un premier signe.

La solution viendra donc peut-être seulement des états et de leurs législations, de leur capacité à infléchir les comportements de production et de consommation des acteurs économiques, en engager leur responsabilité vis-à-vis de leurs atteintes à l'environnement.


Réflexion dix-sept (12 juillet 2007)
Réchauffement climatique et épuisement des ressources disponibles


Je me suis essentiellement focalisé pour l'instant sur la notion de réchauffement climatique et sur les conséquences qui pourraient en découler. La surconsommation des ressources naturelles issues de notre environnement et du sous-sol terrestre est à la fois un problème connexe et une conséquence du processus de réchauffement climatique. Ce qui est aujourd'hui pratiquement certain, c'est que ces deux processus sont probablement tous deux issus de l'activité humaine et de l'industrialisation économique, capitaliste ou communiste, que l'homme a mis en oeuvre au cours des deux derniers siècles.

L'épuisement des ressources naturelles et de la biosphère est à la fois le résultat du processus de réchauffement climatique mais surtout le résultat de l'activité humaine, de production, de déplacement ou de consommation. Si on s'intéresse aux seules ressources tirées de la biosphère, c'est-à-dire de la faune ou de la flore, les conséquences du réchauffement climatique joue essentiellement sur certains habitats particuliers tels les milieux naturels montagneux, qui résisteront difficilement à une augmentation des températures en montagne, ou les zones arides ou désertiques, qui s'étendent du fait des modifications climatiques. On estime ainsi actuellement qu'un certain nombre d'espèces animales ou végétales ont déjà disparu, mais les principaux risques concernant le réchauffement climatique correspondent à des conséquences futures envisagées, tel l'augmentation de l'acidité des océans en raison de l'absorption croissante de CO², la disparition massive d'espèces qui est anticipée ou la fin des forêts primaires équatoriales.

Mais l'activité humaine elle-même a également un effet tout aussi important sur la richesse de la biodiversité ou la destruction des milieux naturels. En matière de biodiversité, le développement des mégalopoles ou des zones urbaines et péri-urbaines entraîne une diminution des surfaces végétales sur l'ensemble de notre planète. De même, l'adoption de techniques agricoles intensives, qui conduisent à des monocultures de certaines espèces dans de nombreuses régions (riz, maïs, arachide, colza, bétail), situation qui risque de s'aggraver avec le développement des biocarburants, fragilisent la biodiversité, voire même la nature de manière plus large.

On observe ainsi que même si le problème du réchauffement climatique pouvait être résolu par des techniques de piègeage du carbone, il n'en demeure pas moins que cela ne résoudrait pas les problèmes d'atteintes à la biodiversité du fait du système de vie et du système productif humain.

Mais l'épuisement de la nature n'est pas le principal risque encouru du fait de l'activité humaine. Il existe aussi un risque d'épuisement des ressources minérales et fossiles de notre planète. Le délai d'épuisement des carburants et des principales formes d'énergie fossiles est assez bien estimé par le milieu scientifique, même si les estimations varient sensiblement, même au niveau des 'peaks' ou pics de production. Pour les autres ressources minérales, comme les minéraux, les estimations semblent plus difficiles à réaliser, même si chacun comprend que les volumes contenus dans les différents gisements sont forcément limités sur Terre, et qu'il faudra donc forcément arriver à développer des processus de retraitement de nos déchets. Par exemple, le sabordage de vieux navires de guerre pour qu'ils servent d'atoll artificiel est-il une bonne idée, et nos descendants n'auront-ils pas besoin de récupérer les métaux contenus dans ces épaves ?


Réflexion seize (10 juillet 2007)
De quelques conséquences du réchauffement climatique et de la responsabilité possible des Etats


Il est une première chose dont les scientifiques sont actuellement certains. Les conséquences du réchauffement climatique ne seront pas en effet les mêmes partout sur notre planète. Certains endroits ont ainsi pour l'instant été pratiquement épargnés par le réchauffement climatique actuel, telles certaines zones de l'Océan Indien dans le voisinage de Madagascar et des Iles des Mascareignes, même si les eaux de surface de l'océan présentent malgré tout des températures plus élevées qu'autrefois en été, accentuant la force de convection des cyclones tropicaux touchant cette zone.

Par contre, les régions polaires, arctiques et antarctiques, les régions tropicales désertiques et les grandes forêts équatoriales ont été plus touchées par le réchauffement climatique actuel et par ses conséquences en matière de pluviométrie. Les régions polaires sont ainsi concernées par la fonte des banquises ou glaciers, ou par la disparition de lacs asséchés en été (cf. l'article du Monde du 4 juillet 2007 en commentaire) et les scientifiques estiment que c'est à ses lattitudes les plus extrêmes que les modifications climatiques seront les plus importantes, et on anticipe que d'içi quelques siècles, les banquises arctiques aient disparu en été, ce qui aura pour conséquence une diminution de l'indice albedo de la Terre, et accélérera le processus de réchauffement climatique (la glace réverbérant une part plus importante de la lumière solaire reçue que les océans ou les continents). Les régions tropicales désertiques ont également été fortement touchées par les effets du réchauffement climatique, comme l'extension croissante du Sahel dans les pays limitrophes le rappelle, poussant de plus en plus de peuples et de tribus vers l'exil ou la famine. Cela concerne également des régions comme en Anatolie, dans la région turque de Konya (cf. l'article du Monde en commentaire du 3 juillet 2007), où les effets du réchauffement climatique et les déséquilibres en matière de pluviométrie peuvent être accrus par les politiques agricoles ou urbaines des communautés humaines qui y vivent ou par les Etats (comme une ponction trop importante sur les nappes phréatiques pouvant conduire à l'asséchement de lacs, voire de fleuves). En dehors de la zone sahélienne et saharienne, l'Afrique est également touchée par ce phénomène d'asséchement de ces cours d'eau, dont souffrent à la fois les communautés humaines mais également la faune et la flore, même si cette dernière apparaît plus capable de s'adapter à cette situation. L'Australie, qui refuse pourtant de signer le protocole de Kyoto, est également particulièrement touchée par la raréfaction de la ressource en eau et par la diminution de la pluviométrie, ce qui fragilise apparemment l'approvisionnement en eau potable de certaines de ses grandes mégalopoles telles Sidney. Les problèmes liés au réchauffement climatique toucheront même de plus en plus des pays particulièrement agréables climatiquement telle la France, qui a eu à souffrir au cours de ces derniers étés, de plus en plus d'épisodes de canicule, de sécheresse, ou de diminution de l'écoulement de ses fleuves, avec notamment des conséquences connues en matière de santé publique, d'incendies ou de refroidissement de ses centrales nucléaires.

Le réchauffement climatique se conjugue ainsi aux politiques et aux comportements humains, urbains, agricoles voire énergétiques pour accroître la pression pesant actuellement sur les écosystèmes terrestres. Mais le problème de la responsabilité des Etats doit être posé. Les arguments opposés par des pays en développement ou récemment développés qui refusent de voir leur potentialité de développement économique être entravée par des normes trop strictes en matière environnementale se comprennent parfaitement. Le réchauffement climatique actuel provient en effet essentiellement des rejets de CO² émanant des pays occidentaux au cours des deux derniers siècles. Il pourrait donc être considéré comme injuste que les efforts soient sollicités de tous les Etats du Globe, et non pas seulement des principaux responsables. Même la Chine qui pourrait devenir en 2007 le premier émetteur mondial de CO² devant les Etats-Unis, n'est pas à l'origine d'importantes émissions cumulées de CO², même si elle risque malgré tout de se retrouver dans cette situation dans quelques années.

En même temps, les conséquences du réchauffement climatique risquent toutefois d'être suffisamment graves rapidement pour que tous les pays de la planète prennent des dispositions pour réduire les émanations de CO² au cours des prochaines années, à défaut de remettre en cause drastiquement leurs modèles de production, de consommation, de déplacement et leurs schémas énergétiques.


Réflexion quinze (8 juillet 2007)
La responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique


Il me semble difficile de nier la responsabilité de l'espèce humaine dans le phénomène de réchauffement climatique qui est actuellement observé sur notre planète. L'activité industrielle humaine, ainsi que les moyens mécaniques de locomotion développés par et pour l'homme, ont entraîné la production d'une énorme quantité de dioxyde de carbone (ou CO²) au cours des deux derniers siècles qui s'accumule dans l'atmosphère. Ces rejets croîssent même de manière exponentielle et les émanations de dioxyde de carbone éjectées par l'homme au cours des 30 dernières années égalent celles éjectées au cours des deux siècles précédents.

La hausse de la concentration en dixoyde de carbone dans l'atmosphère, en favorisant l'effet de serre, entraîne une hausse des températures moyennes terrestres, qui pourraient augmenter de +6 degrés au cours du prochain siècle, selon les anticipations des scientifiques reprises dans les rapports du GIEC. C'est ce même effet de serre, dû à la présence de dioxyde de carbone, de molécules de vapeur d'eau et de dioxyde de souffre, qui permet à une planète comme Vénus d'enregistrer des températures de l'ordre de 460 degrés celcius à la surface du sol, soit bien supérieures à celles enregistrées sur Mercure, la planète la plus proche du Soleil (1,869 fois plus proche) tandis que Vénus n'est plus proche du Soleil que de 1,38 fois par rapport à la Terre.

En regard de l'exemple vénusien, on peut craindre que le réchauffement climatique puisse entraîner un emballement du climat terrestre, jusqu'au point où le cycle de la vie terrestre pourrait être annihilé par un réchauffement sans retour. Une atmosphère constituée essentiellement de dioxyde de carbone (à 96%), des océans totalement évaporés, l'hydrogène de l'eau disparu, expulsé dans l'espace après dissociation des molécules d'eau entre hydrogène et oxygène ... des nuages d'acides ... et des températures presque uniformes, causées par l'effet de serre plus que par l'énergie solaire puisque la majeure partie de l'énergie solaire (double de celle arrivant sur Terre du fait d'une moindre éloignement) est réfléchie par la couche de nuages.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vénus_(planète)

Evidemment, à court terme, il y a peu de risques que la Terre se transforme en une deuxième Vénus, sauf emballement climatique ... L'humanité ignore également le fonctionnement précis de nombreux systèmes de rétroactions climatiques, qui pourraient au contraire précipiter certaines zones de la Terre dans un intermède glaciaire, notamment en raison du ralentissement des grands courants océaniques régulant notre climat mondial ... comme cela s'est déjà produit par le passé.

Je lisais récemment que l'une des explications concernant le manque d'empressement des gouvernements humains à traiter le problème du réchauffement climatique trouvait son origine dans le fait que l'espèce humaine était une créature des tropiques ayant migré sur l'ensemble de la planète, et qui en avait conservé une nostalgie de la chaleur. Le réchauffement climatique ne pose ainsi aucun problème à l'humanité, en lui permettant d'anticiper un été perpétuel sous toutes les lattitudes. L'espèce humaine a bien au contraire toujours craint les hivers et le froid, même si aujourd'hui elle sait s'en protéger efficacement. Cette explication est par ailleurs renforcée par le fait que les principaux Etats ayant le pouvoir d'imposer une législation contraignante au reste de la planète ne sont pas véritablement concernés par les effets désastreux du réchauffement climatique, tels l'extension des zones arides, la raréfaction des pluies, les famines, l'aggravation de la force des ouragans et des cyclones tropicaux (bien que !!!) ou les températures caniculaires. La situation serait vraisemblablement différente dans un autre cas.

Le problème du réchauffement climatique pose la question de la responsabilité individuelle de chacun d'entre nous. Les actions individuelles que chacun pourrait s'imposer n'ont d'intérêt que si elles sont appliquées par tous. Sinon, le principe du passager clandestin, bénéficiant des avantages de l'action des autres sans qu'il ne se soit imposé aucune restriction ni aucun coût, risque de décourager éventuellement toute action.
- Pourquoi ainsi refuser un système de climatisation chez soi et être le seul à souffrir de l'inconfort de la chaleur, même si l'on sait que la climatisation génère une consommation supplémentaire d'électricité et relache par ailleurs de l'air chaud dans l'atmosphère pour refroidir nos intérieurs ?
- Pourquoi se contenter de véhicules économes en carburant au lieu de rouler en 4x4 de luxe polluant, avec les risques accrus en cas d'accident s'expliquant par des véhicules moins lourds, moins hauts et moins solides ?
- Pourquoi se priver en matière de consommation ou de nourriture si les autres ne s'imposent pas la même frugalité ?

Nos enfants ou nos petits-enfants nous demanderont-ils, un jour, des comptes sur notre mode de consommation pendant les années 1980-2020 ? Devrons-nous être un jour comptables de nos agissements au cours de ces quelques décennies, à une époque où l'espèce humaine aurait pu modifier le fonctionnement de son système économique et son mode de consommation et de production, mais où l'égoïsme de certains politiques et la vénalité de chacun d'entre nous auront conduit la Terre vers une situation irrécupérable, avec un climat hostile à l'homme et des ressources naturelles pillées ?


Réflexion quatorze (4 juillet 2007)
Suite ...



Suite à mes réflexions sur le réchauffement climatique ... Je me suis déjà intéressé à plusieurs aspects du réchauffement climatique dans deux premiers 'articles' parus les mois précédents.

Dans un premier post, je m'étais initialement intéressé à l'explication des cycles passés du climat terrestre, ce que l'on appelle les paléoclimats. J'essayais ainsi d'apporter quelques éléments d'explication sur les cycles de Milankovitch, puis sur l'état de nos connaissances actuelles sur les alternances de glaciations et de périodes interglaciaires chaudes sur les dernières centaines de milliers d'années. Je m'étais ensuite intéressé à la théorie de Bill (William) Ruddiman sur l'influence de l'homme sur le climat dès les premières sociétés humaines (et non pas seulement depuis la révolution industrielle comme la théorie des climats standards l'estime habituellement). Pour conclure sur l'étude des paléoclimats, j'abordais également la théorie de l'inversion des pôles magnétiques, l'optimum médiéval, et je finissais par une première approche des conclusions du rapport du GIEC sur le changement climatique.

Dans un deuxième post, je continuais ma présentation des diverses approches du réchauffement climatique en m'intéressant d'abord aux diverses techniques de piégeage et de stockage du carbone auxquelles le GIEC s'était notamment intéressé, et qui me semblent être l'unique solution envisageable pour modifier le phénomène de réchauffement climatique, même si l'humanité se décidait aujourd'hui de ralentir drastiquement l'utilisation de sources d'énergie fossile (charbon, pétrole, gaz).

Je me suis aussi intéressé aux diverses évaluations financières données concernant les techniques de piégeage et de stockage du carbone (qui pourraient être estimées à environ 800 milliards de dollars par an, ce qui ne représente toutefois que 1,8% du PIB mondial ... cette estimation additionne toutefois des coûts unitaires que le GIEC ne prévoyait pas d'ajouter les uns aux autres, et elle sous-estime peut-être fortement la dernière phase de stockage géologique du carbone, pour laquelle certaines opérations actuellement à l'étude affichent des coûts unitaires très supérieurs de 500 dollars par tonne contre 8 dollars estimés). Je me suis enfin tourné vers les recherches actuelles sur la photosynthèse artificielle sur laquelle travaille des équipes de chercheurs japonais (dont celle du Docteur Hideki Koyanaka) ou sur la production de carburants de synthèse (équipes du CEA).

Que puis-je donc écrire maintenant sur ce sujet du réchauffement climatique ? A quelle autre piste de réflexion puis-je m'intéresser ? D'abord, il me faudra parler plus précisément de ce réchauffement climatique et de la responsabilité de l'homme, et tout particulièrement de la responsabilité de chacun d'entre nous. Puis il me faudra m'intéresser aux divers risques climatiques qui vont nous menacer au cours des prochaines décennies puis du prochain siècle. Et enfin, il me faudra revenir à notre (peut-être) principale possibilité de ralentir les modifications climatiques actuellement en cours : le piégeage et le stockage de carbone.


Réflexion treize (16 mai 2007)
Photosynthèse artificielle et biocarburants


En regard des risques à long terme, des coûts et de la perte d'énergie que représentent le piégeage et le stockage du carbone en couche géologique profonde ou diffusion océanique, l'une des seules autres solutions naturelles pour piéger le carbone atmosphérique serait de mettre au point un processus de photosynthèse artificielle.

C'est cette piste qui a été suivie par l'université de Tokyo, où une équipe dirigée par le Docteur Hideki Koyanaka aurait annoncé en 2007 la mise au point un procédé de photosynthèse artificielle à base de dioxyde de manganèse, qui pourrait capter le dioxyde de carbone atmosphérique 300 fois plus efficacement que les plantes. Pour atteindre ce résultat, l'équipe japonaise aurait utilisé du dioxyde de manganèse très pur, dispersé en particules de taille de plusieurs nanomètres, permettant de rendre ce matériau très réactif en matière de photosynthèse. L'utilisation de manganèse présenterait semblerait-il l'avantage de donner un produit bon marché, au vu du faible coût de la matière première.

Si cette information était confirmée, il pourrait être envisageable de transformer le CO² contenu dans l'atmosphère en sucres, eux-même transformables facilement en éthanol, c'est-à-dire en carburant (mais cette solution présenterait l'inconvénient de reinjecter du carbone dans l'atmosphère -par la combustion de l'éthanol- qu'il faudrait de nouveau transformer).

Malgré tout, cette découverte semble particulièrement prometteuse.

Dans un autre ordre d'idée, une équipe de chercheurs du CEA a réussi à démontrer la validité d'un processus de purification, à haute température, des gaz de synthèse issus de la biomasse, permettant la fabrication de biocarburants de 2ème génération.
(Voir l'article sur le site du CEA reproduit ci-dessous ...
http://www.cea.fr/presse/liste_des_communiques/biocarburants_de_2eme_generation_des_progres_r)

Selon la publication de cette équipe du CEA, il est possible, à partir de biomasse, de produire un mélange gazeux susceptible d’être transformé en carburants de synthèse par des procédés chimiques. Portés à une température d’environ 900°C, les matériaux organiques, tels que le bois, se transforment à l’aide de vapeur d’eau en un mélange gazeux contenant majoritairement du monoxyde de carbone (CO) et de l’hydrogène (H2), molécules à partir desquelles des carburants de synthèse de type gazole peuvent être produits.

Toutefois, la présence, dans le mélange gazeux, de méthane (CH4), de dioxyde de carbone (CO2), de goudrons volatils, de particules, et d’autres composés issus des cendres de biomasse est préjudiciable au procédé chimique de synthèse du biodiesel. Plutôt que d’utiliser un procédé catalytique pour purifier ce gaz, les chercheurs du CEA de Grenoble ont choisi d’explorer une solution thermique qui consiste à coupler au réacteur de gazéification une installation dite « étage haute température ». Celle-ci permet, à une température de 1300 à 1500°C, et en présence de vapeur d’eau, de « casser » les molécules de goudrons et de méthane pour ne récupérer que le CO et l’H2. L’apport d’énergie sur les deux étapes se fait par alimentation électrique.

C’est la démonstration des performances de ce « vaporeformage » du méthane à haute température qui vient d’être réalisée dans les laboratoires du CEA. L’étage haute température a fonctionné pour cet essai en mode autonome. La mise en place, début 2007, d’une liaison à 900°C entre la sortie du réacteur de gazéification et cet étage haute température permettra de conduire des expérimentations complémentaires. Celles-ci sont indispensables à l’étude de la faisabilité technico-économique de l’ensemble des procédés étudiés, qui sont tous non générateurs de gaz à effet de serre.
(source CEA)

Pour en savoir plus, consulter le magazine Clefs CEA n°50 "L'hydrogène et les nouvelles technologies de l'énergie" ...
http://www.cea.fr/energie/l_hydrogene_les_nouvelles_technologies_de_l_ene#chap12


Saucratès


04/12/2010
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