Critiques de notre temps

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Pourquoi un tel acharnement sur Nadine Morano

Nadine Morano a eu le malheur d’utiliser le terme de « race blanche » dans une émission télévisée et les loups se sont jetés sur elle pour la curée. Elle a aussi surtout eu le malheur de ramener le peuplement de la France à sa seule composante historique « occidentale » et aux seules religions judéo-chrétiennes.  

 

Est-ce particulièrement choquant ?

 

Pourtant, j’ai retrouvé chez de grands écrivains dont se réclament les antiracistes de toute obédience, à la fois les termes « race » et « blanc » ainsi que le terme de « négre » (ou de « négritude »).

 

«Comme, dans ces pays, classe et race se confondent - les prolétaires, c'est les nègres et l'oppresseur, c'est les blancs -, inévitablement, on décrivait un malaise social. C'était révolutionnaire. Le fait simplement d'affirmer qu'on est nègre, comme je l'affirmais, était un postulat révolutionnaire.» (Aimé Césaire, novembre 1969, dans Un poète politique : Aimé Césaire, Magazine littéraire, n° 34, François Beloux).

 

Aussi je m’interroge, qu’est-ce qui explique qu’Aimé Césaire puisse parler de « race blanche », et non pas Nadine Morano ?

 

Je suis sûr également que Léopold Sédar Senghor, notamment dans son roman « Ethiopique », a également utilisé le terme de « race noire ». 

 

En effet, en soi, qu'y a-t-il de choquant dans ces deux termes de « race blanche » et de « race noire ». Parce qu'il n'y a pas de race différente mais une seule et unique race humaine ? Tout ceci n'est qu'ineptie ! On parle de chiens de race différente, mais il n'y a qu'une espèce canine ! Selon moi, c'est le terme « espèce » qui recouvre l'ensemble de l'espèce humaine, et non pas le terme « race », même si les mots « raciste » et « raciale » ont été construit à partir de cette racine. Mais doit-on se faire étriper et lyncher pour un simple problème d'étymologie et de convenance littéraire ?

 

Qu’est-ce qui explique donc la curée médiatique dont Nadine Morano a fait l’objet ? Une députée socialiste d’une circonscription de la Réunion peut parler de sa couleur « noire » mais Nadine Morano ne pourrait pas parler de « race blanche » ?

 

Au-delà des mots exacts utilisés par Nadine Morano, ce qui est en cause dans cet épisode, c’est une nouvelle fois le « fardeau de la culpabilité de l’homme blanc ». Il est interdit à des hommes ou des femmes blancs/blanches d’user du terme de « race », de « noir » ou de « nègre » sans passer pour des racistes invétérés, alors que ces mêmes termes sont totalement acceptés lorsqu’ils sont dits par une personne (homme ou femme) de couleur. Nous nous interdisons d’utiliser ce genre de termes sous prétexte d’un passé esclavagiste et raciste ? De la même manière qu’ils nous est interdit de ne pas vouloir mettre à disposition de la nourriture halal dans nos restaurants ou dans nos cantines scolaires. Et bientôt, dans quelques décennies, le fait simplement de ne pas accepter de manger halal (ou de ne pas nous faire circoncire ou exciser) sera-t-il également considéré comme une preuve de racisme ?

 

Alors oui, je comprends ce qu’a voulu dire Nadine Morano ! Historiquement, le peuplement de la France, entre le premier ou le quinzième siècle après Jésus Christ, a été le fait de peuplades de race blanche et chevelue, gaulois, germain, francs, wisigoths, ostrogoths, vandales, entre autres, venues des confins de l'Europe et de l'Asie. Evidemment, il peut tout à fait y avoir eu des peuplements antérieurs dont on ignore la couleur de peau, ou des flux de peuplement de race sémitique ou africaine pendant ces quinze siècles. Les envahisseurs arabes ont après tout poussés jusqu’à Poitiers, et l’Espagne est restée tardivement sous la domination des maures dont la magnificence des palais et la culture dépassaient de très loin l’obscurantisme des barbares qui occupaient le reste de l’Europe.

 

Parce que parler de « race blanche » n’implique pas un jugement sur le caractère avancé ou non de telle ou telle civilisation. Les barbares blancs européens, issus des confins de l’Europe, poussés par les hordes des peuples des steppes, sont des barbares non civilisés. Encore au dix-septième siècle, même Versailles ne dispose pas d’installations sanitaires, alors qu’il existait des réseaux urbains d’eaux usées dans la Rome antique, l’Empire romain voire l'Orient ottoman. En regard , la civilisation mauresque d’Espagne notamment était une civilisation raffinée, et la religion musulmane était même très en avance sur la religion catholique pour ce qui traitait du rôle et de la place laissé aux femmes.

 

Evidemment aussi, des flux de population d’origine africaine ou asiatique sont venus s’adjoindre à la population française, tout au long des dix-huitième, dix-neuvième et vingtième siècles, pour donner naissance au peuple français tel qu’il est aujourd’hui. Mais comme Nadine Morano, je ne pense pas que cela enlève toute vérité au fait que la France a son histoire propre, qui trouve son origine dans son peuplement gallo-romain, par les apports des peuples barbares, par une histoire marquée par la rivalité avec des royaumes voisins (anglo-saxons, germains). La France repose aussi sur un héritage de la religion judéo-chrétienne, elle que l’on appelait autrefois la fille aînée de l’Eglise catholique ! La France n’a pas un passé historique lié à l’islam ! L’islam est simplement une religion pratiquée par des millions de français, migrants installés au fil des siècles en France.

 

Dire cela constitue-t-il un crime ? Est-on coupable de le penser ? Risque-t-on d’être lynché ou lapidé en place publique pour avoir pensé cela ? Où est le problème ?

 

 

Saucratès



06/10/2015
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