Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Du droit des non-fumeurs à ne pas être enfumés

Réflexion quatre (15 mars 2012)
Le problème des terrasses de café


Depuis janvier 2008, les restaurants, les bars, les boîtes de nuit, les lieux publics sont devenus non-fumeurs, à la grande rage des très nombreux fumeurs qui enfumaient sans vergogne tout le monde par le passé. Entre parenthèses, cela me rappelle justement le comportement des motards sur la route. Mais ces fumeurs invétérés, qui se sentent ostracisés en hiver et pour lesquels les bars et restaurants ont fermé leurs terrasses, se vengent en été en colonisant les terrasses extérieures ou intérieures des cafés et restaurants et en interdisant pratiquement l'accès aux non-fumeurs.

//www.lemonde.fr/vous/article/2012/03/13/terrasses-fermees-terrasses-enfumees_1666968_3238.html

 

Intéressant notamment de lire les réactions des lecteurs fumeurs de cet article du Monde qui estiment que la prise en compte des non-fumeurs leur est insupportable ... Pourtant, tenter d'accéder à une place en terrasse à Paris ou ailleurs en été ou par beau temps, c'est l'assurance de se faire enfumer et intoxiquer à coup sûr, comme au bon vieux temps de l'autorisation des fumeurs dans les restaurants. Et pas la peine de choisir un endroit sans fumeur apparent ; les fumeurs n'ont aucune considération pour les gens qui les entourent et se placeront n'importe où et allumeront leurs cloppes. Et tout client peut également se transformer en fumeur, même les parents accompagnés de jeunes enfants.

 

Je pense vraiment pour ma part que la loi anti-tabac va devoir être renforcée pour inclure tous les lieux accueillant du public, qu'ils soient fermés ou extérieurs. Et tant pis pour la chère liberté des fumeurs et leur horrible fumée cancérigène qu'ils adorent nous exhaler afin de nous intoxiquer et de tenter de nous tuer.

 

Accessoirement, cet article permet de clarifier le contenu de la loi, de me la rappeler. Les terrasses couvertes et fermées sont bien concernées par cette interdiction, même si ce sont des terrasses. Il suffit que les quatre côtés soient fermés, peu importe ce qui les ferme et empêche l'air de circuler.

 

A noter également que les tribunaux français ne reconnaissent pas le droit aux non-fumeurs de ne pas être enfumés, et qu'ils n'acceptent pas de condamner les bars et restaurants qui ne respectent pas la loi de 2008. Heureusement que des gens se battent pour les autres !

 

 

Réflexion trois (14 janvier 2011)
Un combat à recommencer mille fois


J'avais écrit mon premier article sur ce sujet en février 2007, et mon deuxième article un an tout juste après, il y a tout juste trois ans, après l'adoption et la mise en application de la loi interdisant la cigarette dans les lieux publics et donc dans les restaurants. Trois années se sont écoulées depuis, mais la situation n'a guère évolué en faveur des non-fumeurs. Les fumeurs ne respectent toujours pas ceux qui ne fument pas, malgré que le fait que l'on sache pourtant aujourd'hui avec certitude que le tabagisme passif tue les non-fumeurs, qu'ils nous empoisonnent lentement. Les fumeurs s'empoisonnent, et nous empoisonnent également. Il m'arrive même toujours de voir des parents, des mères, fumer en compagnie de leurs enfants, en les empoisonnant.

 

Comment est-ce possible ?

 

Dès le retour du printemps, et c'est encore pire l'été, il devient impossible pour les non-fumeurs de s'installer en terrasse des bars, des restaurants, sans risquer immédiatement de se faire empoisonner par des fumeurs arrogants, sûrs de leur bon droit, persuadés de leur supériorité, et qui grillent cigarettes sur cigarettes sans aucun respect pour les non-fumeurs qui les entourent, adultes, enfants ou bébés.

 

(il y a quelques jours, sur une terrasse couverte, je m'étais assis avec mes deux jeunes enfants à côté de deux jeunes femmes, dont une tenait dans ses bras un bébé. Naïvement, j'ai placé mes enfants à leur côté, pour les protéger des éventuels fumeurs qui pouvaient nous entourer. Quelle ne fut pas ma consternation de voir l'amie de la mère (ou la mère) se mettre à fumer sans aucun égard pour le bébé et mes enfants, ni nous demander si cela nous gênait. Après tout, si nous voulions ne pas être gêner par la fumée, il y avait deux malheureuses tables dans un coin du restaurant, sous le vent des cigarettes)

 

La situation en France à ce sujet n'a absolument pas évolué avec la loi de 2008 ; elle se serait peut-être même dégradée avec des terrasses de bars et de restaurants devenues totalement réservées aux fumeurs, sans aucun respect pour les non-fumeurs. Et comme par le passé, l'été et les chaleurs arrivant, la fumée des fumeurs des terrasses pénètre les zones non-fumeurs intérieures ... Comme par le passé dis-je puisque les fumées ne respectent aucunement les séparations entre les zones fumeurs et non-fumeurs.

 

Il va désormais devenir indispensable d'interdire totalement la cigarette dans les cafés, bars et restaurants que ce soit en salle ou en terrasse, pour en bannir définitivement les fumeurs, ou du moins le poison qu'ils répandent autour d'eux. C'était également la conclusion du sénateur Evin, auquel on doit la loi du même nom.

 

Evidemment, les fumeurs vont hurler au meurtre, à l'exclusion, au totalitarisme. Et les bistrotiers se joindront à eux, se plaignant d'avance de la perte de chiffre d'affaires qui sera la conséquence d'une interdiction de fumer.

Il y a deux races haïssables bardées de certitudes sur leur bon droit d'être au dessus des lois et d'être autorisés à emmerder les autres. Les fumeurs et les motards ! Droit d'empoisonner les autres par les fumées empoisonnantes pour les fumeurs. Droit de dépasser tout le monde et de se faufiler partout pour les motards. Et pour ces deux races, le droit d'agresser toute personne qui contesterait leur comportement ou ne les laisserait pas passer ou faire ...

 

Il y a une autre solution (pour les fumeurs ... pour les motards, leur surmortalité causée par leur conduite dangereuse s'en charge toute seule). Que les non-fumeurs attaquent au plan pénal les fumeurs qu'ils croisent à un restaurant ou dans un lieu public, et qui les empoisonne. Il y a vraisemblablement dans le code pénal une possibilité de poursuivre des personnes qui nous empoisonnent par leurs rejets et qui mettent notre vie en danger, qui abrègent notre espérance de vie. Si une seule de ces actions judiciaires portaient des fruits, si un seul tribunal condamnait un fumeur pour empoisonnement, cela ferait alors avancer les choses et le respect qui devrait être dû aux droits des non-fumeurs de ne pas être empoisonnés.


Réflexion deux (2 janvier 2008)
L'incompréhension et la mauvaise foi des fumeurs


Tous les fumeurs ont tous aujourd'hui les mêmes mots à la bouche ... Ils sont exclus de ces lieux de convivialité que sont les cafés, bars, restaurants et boîtes de nuit, parce qu'ils ne pourront plus y griller leur petite cigarette impunément, comme ils en ont pris l'habitude depuis des décennies si ce n'est des siècles.

Convivialité ... Pour être à l'aise, ils ont besoin de nous enfumer. Les présentateurs de télévision s'y mettent aussi. On les soupçonne immédiatement d'être des fumeurs concernés par cette interdiction, prêchant pour leur propre paroisse. Des docteurs, telle Micheline Benatar dans un point de vue dans le Monde, aussi ... La France deviendrait une société totalitaire parce qu'elle excluerait ses fumeurs de ses bars et restaurants ...

Restons sérieux ... Les fumeurs ne sont pas exclus des bars et restaurants parce qu'ils mettent leur santé en jeu ... La fumée des cigarettes est exclue des bars et restaurants parce que les fumeurs mettent en danger la santé des autres en les enfumant. Si tous les fumeurs étaient capables de respecter les autres (tous les autres ... pas uniquement leurs voisins de table immédiats), cette loi n'aurait pas été nécessaire. Mais je n'ai pratiquement jamais rencontré un fumeur respectueux des autres, de ceux que sa fumée incommoderait ... Le plus souvent, les fumeurs n'en ont rien à foutre des autres ... Qu'ils crèvent, doivent-ils penser ... fort à propos d'ailleurs ...

En tant que non-fumeur, cette loi me permettra enfin de pouvoir repartir au restaurant sans demander à être parqué dans une zone non-fumeur stigmatisée, et même pas respectée par certains fumeurs ... Alors vive cette loi ... Et n'oublions pas que cette loi a du être édictée parce que les fumeurs sont incapables de respecter les autres, ceux qui ne tiennent pas à être empoisonnés ...

Et même si on en arrivait un jour à faire porter un badge aux fumeurs ... puis qu'on les gazait ... malgré les horribles souvenirs que cela rappellerait à certains d'entre nous ... et les risques de totalitarisme qui en découlerait cette fois-ci à raison ... Cela ne serait toutefois que juste réciprocité, pour toutes les fois où ces fumeurs nous auraient empoisonnés l'existence et nos repas !

Je sais qu'il ne faut pas rire de cela ... Allez, bonne et heureuse année à tous ... sans fumée de cigarettes ...


Réflexion une (1er février 2007)
Le droit des non-fumeurs enfin reconnu


Aujourd'hui entre en application le décret anti-tabac. Les réactions d'un certain nombre de fumeurs restituées dans les médias, par les conversations des uns ou des autres, me donnent envie de réagir également, de donner mon opinion. Je suis heureux de cette interdiction, et je ne regrette qu'une chose ; qu'elle ne soit pas déjà étendue aux bars, restaurants et boîtes de nuit.

J'entends les fumeurs (occasionnels ou gros fumeurs) se plaindre de ce décret, qui limiterait leur (petit) droit de fumer (c'est eux qui utilise souvent ce terme de petit, d'une certaine façon pour relativiser mais aussi légitimer cette atteinte à leur liberté ... d'emmerder les autres).

Ils ne parlent que de leur propre liberté, et aucun cas de celles des autres non-fumeurs. Certains, sous prétexte qu'ils ne fument que rarement, estiment ne pas mettre en danger la vie de ceux qu'ils fréquentent.

Et pourtant, pour un non-fumeur, rentrer dans un restaurant ou un bar est un véritable calvaire. Vous avez l'impression d'étouffer avec ces nuages de fumée qui vous entourent. C'est souvent les meilleurs endroits des restaurants ou des bars qui sont réservés aux fumeurs, et les non-fumeurs qui sont parqués dans les coins les plus pourris ... La dernière fois, j'avais l'impression de ressentir cette fumée entrer dans mes poumons.

C'est un exemple parfait de droit de l'environnement, d'externalités négatives.

Les fumeurs produisent une externalité qui est supportée par les non-fumeurs. Comme il est impossible d'indemniser l'atteinte causée aux non-fumeurs, il est obligatoire d'imposer une norme aux fumeurs, leur interdisant de réduire ces externalités. L'interdiction de fumer dans les lieux publics permet d'arriver à limiter cette atteinte. Il faut cependant que les fumeurs comprennent que même chez eux, dans leur famille, ils empoisonnent leur entourage. Nul ne leur conteste le droit de se tuer à petit feu. Mais moi, je leur conteste le droit de me contaminer, de m'empoisonner avec leur addiction.

Dans les interventions médiatiques, les fumeurs interviewés comparent souvent la fumée de leurs cigarettes avec la pollution atmosphériques qui règne dans nos villes, du fait des gaz d'échappement (autre externalité négative produite par d'autres usagers). Mais cette atmosphère polluée ne se retrouvent pas véritablement dans nos maisons, dans nos bureaux, dans les batiments publics.

Ils comparent aussi le fait de fumer au fait de boire. Cette comparaison a une certaine validité. Ce sont toujours les externalités négatives causées par ces 'occupations' qui sont contrôlées par la législation. Boire en soi ne cause pas d'externalités, si on n'a pas l'alcool trop violent. L'externalité causée par l'alcool concerne la conduite en état d'ivresse, c'est-à-dire la moindre rapidité de réaction face à l'alcool. Il en est de même pour la cigarette. Ce sont les externalités causées à l'environnement qui posent problème, et face à l'irresponsabilité collective des fumeurs, il est obligatoire de légiférer pour protéger des zones des fumeurs.

Certains fumeurs préconisent le port du masque à gaz pour les non-fumeurs ... pourquoi pas une étoile de David tant qu'on y est ...

Pour conclure, en tant que non-fumeur, je me réjouis de cette loi anti-tabac et ne pense pas que l'on ait restreint les droits des fumeurs, mais au contraire, il me semble que l'on y reconnaît le droit des non-fumeurs. Il reste tout de même aux fumeurs l'ensemble de l'extérieur de notre environnement, où ils peuvent encore nous empoisonner tout leur saoul.


Saucratès



14/01/2011
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