Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

L'affaire Aurélie Boulet alias Zoé Shepard

 

Réflexion quatre (16 septembre 2011)
Que reste-t-il de cette affaire (suite) ?

Il y a huit mois, Aurélie Boullet avait repris le chemin du conseil régional d'Aquitaine pour y retravailler au milieu de ses collègues. Un élu CGT du personnel à la Région, Pascal Gomez, expliquait en janvier que «la base s’est sentie atteinte dans son honneur». Le syndicaliste disait ne s’être pas reconnu dans la description des tire-au-flanc employés par la mairie fictive du roman: «Il y a peut-être une poignée de paresseux parmi les 850 personnes qui travaillent au siège de la Région mais plutôt moins qu’ailleurs». Certains collègues d’Aurélie Boullet, «traumatisés», avaient même pris la parole dans le journal Sud-Ouest pour se défendre d’être des fainéants comme leurs doubles de fiction ... Je suppose qu'il s'agissait de «Simplet» et «Coconne».

//www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Zoe-Shepard-a-recommence-a-travailler-252759/

 

Comme l'écrivait l'auteur du Post (Emmanuel Rehany), l'acharnement dont a été victime Aurélie alias Zoé est le résultat de la connerie humaine, de la petitesse de certains minables, dont la fonction publique territoriale semble amplement fournie ... au milieu d'autres personnes très consciencieuses et courageuses ... Je pense notamment à tous ces employés municipaux travaillant dans des écoles comme ASEM et qui sont pour la plupart surexploitées et admirables de dévouement pour les petits enfants qu'elles accueillent. Mais il y a tant d'autres embauches politiques, bénéficiaires de coups de main ou de retour d'ascenseur, ou plus bêtement tant d'autres fainéants qui s'estiment protégés depuis qu'ils ont été recrutés dans la fonction publique territoriale et qui estiment que se serait dégradant que de travailler.

//www.lepost.fr/article/2011/06/24/2531924_que-devient-l-affaire-zoe-shepard-du-conseil-regional-d-aquitaine.html

 

Insupportable toutefois d'observer que selon le JDD, un proche du président de la Région Aquitaine, le socialiste Alain Rousset, aurait exercé des pressions au printemps 2010 sur l'éditeur Albin Michel pour la révocation d'Aurélie Boullet de la fonction publique territoriale ne soit pas médiatisée. Selon Alexandre Wickham, le directeur éditorial d’Albin Michel «un des bras droits d’Alain Rousset, le président de la Région, nous a appelés pour essayer de nous intimider. Mais la communication est un art difficile, les comportements de gros dur ne marchent pas. J’ai actionné mes réseaux et une campagne médiatique s’est déclenchée. En transformant Aurélie Boullet en victime par une réaction disproportionnée, ils ont fait le succès de son livre

 

Et cette histoire d'Aurélie Boullet trouve son prolongement, un recommencement dans la sanction (congédiement) dont a été victime cette autre jeune écrivaine, poète, Shumona Sinha, employée comme interprête à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, pour son livre «Assomons les pauvres !». Amusant encore une fois de remarquer que son livre pourrait également recevoir un accueil enthousiasmé, retenu pour les sélections des jurys des prix Renaudot et Médicis.

//www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/15/congediee-pour-avoir-depasse-les-limites_1572516_3260.html

//www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/15/shumona-sinha-et-la-trahison-de-soi_1572512_3260.html

 

Pauvre France où toute 'auto-fiction' littéraire est désormais strictement interdite dans ses administrations ... et où leurs auteurs sont désormais sous la menace de licenciement ou de congédiement dans le cas où on découvrirait leur identité ...

 

 

Réflexion trois (6 janvier 2011)
Que reste-t-il de cette affaire ?

En ce début d'année 2011, que devient Aurélie Boulet alias Zoé Shepard ? Son livre («Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire - Comment faire 35 heures… en un mois !», paru en 2010 chez Albin Michel) se vend toujours relativement bien, ce qui est tout de même une sacrée performance après presque un an ! Elle doit vraisemblablement toujours travailler dans la fonction publique territoriale, puisque la peine de suspension qui lui avait été infligé (quatre mois de suspension au lieu de deux ans comme proposé par le conseil de discipline) était terminée en septembre. Dans quelle collectivité travaille-t-elle ? Est-elle restée au milieu de ses 'victimes' outragées, Coconne, Simplet, et les autres, au conseil régional d'Aquitaine ? Je ne le lui souhaite pas.
//www.liberation.fr/societe/01012291429-aurelie-boulet-reperes

//bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110104.OBS5672/zoe-shepard-retrouve-ses-chers-collegues.html

Ce qui est risible dans cette affaire, c'est l'union sacrée de toutes les victimes outragées. J'aimerais tellement connaître Coconne et Simplet. Je gagnerais obligatoirement le dîner de cons que j'organise régulièrement avec quelques amis ... Ce qui est risible, c'est que tout ce beau monde, du DGS au directeur de cabinet, du président Rousset aux élus mis en cause pour leur usage de l'argent public, des secrétaires ou responsables de service, jusqu'aux représentants syndicaux, tout ce beau monde se soit allié contre Aurélie Boulet pour tenter de la faire exclure de la fonction publique sous prétexte qu'elle l'avait critiquée.

Ce qui est triste, c'est que des représentants syndicaux aient pu voter l'exclusion durant deux ans d'Aurélie Boulet sous prétexte que certains nombres de personnes s'étaient plaintes des situations et des sur-noms, véridiques du coup mais absolument pas à leur avantage, qui étaient contenus dans le livre incriminé.  

Au fait, j'ai appris qu'il y avait eu un cas ressemblant ; celui de Corinne Maier, psychanalyste travaillant à temps partiel à EDF qui avait vendu 250.000 exemplaires de 'Bonjour Paresse' (édition Michalon), qui racontait comment en faire le moins possible dans une grande entreprise publique. EDF avait menacé de l’attaquer en justice.

Il me restera d'autres souvenirs plus personnels de cette affaire, notamment des lettres d'informations régulières du Cri du contribuable, qui avait lancé une pétition pour Aurélie Boulet que j'ai signée, mais dont les thèses anti-dépenses publiques ne correspondent pas du tout à mes idéaux.

Il restera à Aurélie Boulet de décrire dans un nouveau livre l'acharnement dont elle a fait l'objet dans cette affaire, la chasse à l'homme (ou à la femme) dont elle fit l'objet, et comment quelques fonctionnaires publics ont pu se regrouper pour l'abattre sans aucunement se remettre en cause ni reconnaître la réalité de ce qu'elle dénonça. 

 

 

Réflexion deux (22 juillet 2010)
Quelle suite à l'affaire Aurélie Boulet-Zoé Shepard ?

Rappelez-vous, Zoé Shepard, de son vrai nom Aurélie Boulet, c'est cette jeune femme, administrateur territorial au sein de la fonction publique territoriale, employée au Conseil régional d'Aquitaine, dont le président est le socialiste Alain Rousset, qui a publié un livre polémique sur la fonction publique : «Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire», paru en 2010 chez Albin Michel dont le bandeau mentionnait : «Comment faire 35 heures… en un mois !».

Suspendue pendant quatre mois en mai 2010, exclue pour une durée de deux ans par un conseil de discipline (à charge) le 1er juillet 2010, le président du Conseil régional d'Aquitaine a désormais jusqu'au 1er août 2010 pour appliquer cette sentence. Et c'est dans une collectivité locale gérée par la Gauche, par le Parti socialiste, que cette remise en cause gravissime de la liberté d'expression va avoir lieu.

A lire l'article magnifique écrit par Philippe Bilger, en défense d'Aurélie Boulet, dont on ne peut mettre en doute la compétence juridique, en tant qu'Avocat Général près la cour d'appel de Paris ... Il représentait notamment le ministère public au procès du Gang des barbares (gang dont le leader était l'immonde Youssouf Fofana).
//www.philippebilger.com/blog/2010/07/il-faut-défendre-aurélie-boullet.html

A signer également la pétition du Cri du contribuable qui sera adressée à Alain Rousst, président du Conseil régional d'Aquitaine, pour demander l'annulation de la procédure disciplinaire enclenchée à l'encontre d'Aurélie Boulet.
//le-cri-du-contribuable.pro-petition.fr/il-faut-defendre-aurelie-boullet/envoyez_a_vos_amis#envoyer

Pour rappel, les faits mentionnés dans son bouquin, les personnages évoquées sont certes issus de faits réels, pour partie, mais l'auteur avait pris la peine de le publier sous un nom d'emprunt, de changer les noms des personnages, de dépayser l'action dans la région parisienne, et de la faire se situer dans un autre type de collectivité. Peut-être les surnoms demeuraient-ils (simplet, coconne ...). Il faut défendre Aurélie Boulet, et il n'est surtout pas possible que le Parti socialiste s'abaisse à de telles actions menaçant la liberté d'expression de tout un chacun, sauf à vouloir prouver que ces leaders sont incapables moralement de gouverner la France, sauf à ce que l'on souhaite tomber dans une dictature après ces années de Sarkozysme. Agissez !


Réflexion une (2 juillet 2010)
Paradoxes ! L'affaire Aurélie Boulet-Zoé Shepard ...

Aurélie Boulet alias Zoé Shepard est l'auteur d'un livre dont l'action se situe dans la fonction publique territoriale :  «Absolument dé-bor-dée ! le Paradoxe du fonctionnaire», paru en 2010 chez Albin Michel. Son bandeau était : «Comment faire 35 heures… en un mois !».

Problème, Aurélie Boulet alias Zoé Shepard travaille comme fonctionnaire territoriale (grade d'administrateur territorial) au conseil régional d'Aquitaine, présidé par le socialiste Alain Rousset. Démasquée, elle a été suspendue à compter du 3 mai 2010 pour une durée de quatre mois. Un conseil de discipline réuni hier, 1er juillet 2010, a décidé son exclusion sans salaire de la fonction publique pour deux ans. Elle risque aujourd'hui la révocation à vie, sur décision d'Alain Rousset. Tout cela sur le fondement «de son manquement à l'obligation de réserve et de discrétion qui incombe à tout agent public».

Sacré paradoxe ! Dans une collectivité gérée par la gauche ! Aucun humour ! Des représentants syndicaux au conseil de discipline tout aussi dénués d'humour et de volonté de défendre les salariés que l'encadrement de cette assemblée. Des personnes se sont reconnues dans les personnages fictifs et inventés présents dans ce livre et se sont sentis insultés par les faits exposés ? Mais ces faits étaient-ils inventés ou véridiques ?

Il n'y aurait pas ce risque d'être révoquée ; toute cette situation serait risible ! Mais c'est le fondement même de notre démocratie qui est ici attaqué par le parti socialiste lui-même. Le fait même que la liberté d'expression soit niée à une quelconque citoyenne lambda française est terrible par ce même parti socialiste qui dénonce les risques de la politique sociale et sécuritaire de Nicolas Sarkozy.

Qu'Aurélie Boulet alias Zoé Shepard ait attaqué l'honneur de quelques fonctionnaires publics territoriaux ; je n'en disconviens pas. Mais je doute fortement que la fonction publique territoriale (que ce soit au conseil général d'Aquitaine ou ailleurs) ne contienne pas des palanquées de fonctionnaires pourris, capables de ne pas en foutre une rame des journée entières et de faire durée des semaines durant une tâche qu'ils auraient pu réaliser en quelques minutes. Et on pourrait dire tout autant la même chose d'un certain nombre de salariés du privé, surtout dans les services de très grandes entreprises (les très petites entreprises ne peuvent par contre pas supporter de tels agissements). Et à l'encontre de combien de grands patrons ou de chefs de très grands services ne pourrait-on pas dire la même chose ? Qui passent leur temps en réunion, en apéros, en repas d'affaires, en voyages, et dont le seul travail consiste à signer des parapheurs qu'ils ne lisent le plus souvent même pas, faisant confiance à ceux qui les leur présentent pour signature.

C'est un travers des administrations de permettre à des incompétents et à des fainéants de s'y installer et d'être payés à y glander ... Comme on trouve partout d'autres personnes qui sont régulièrement aussi souvent malades qu'ils en ont le droit, dès lors qu'ils sont payés. J'ai connu dans le privé des types qui comptabilisaient leurs droits à maladie de deux mois comme ils comptabilisaient leurs droits à congés annuels ... un mois par an de congés et deux mois d'absence pour maladie ... On aurait pu leur demander des prévisions de congés maladies. Et on en trouve aussi un certain nombre dans l'enseignement public.

Mais cela ne veut pas dire que tous les fonctionnaires sont des fainéants, de même que dans le privé tout le monde n'agit pas comme je l'ai décrit. Il y a des cas partout ... Même s'il est probable que la fonction publique territoriale attire plus que son lot de glandeurs et de paresseux ; cela n'aurait rien d'aberrant ... Même si on trouve aussi des agents extrêmement consciencieux et productifs ... comme partout ...

Qu'Aurélie Boulet alias Zoé Shepard reçoive ici toute ma sympathie ... Et si des gens sont à ce point privé d'humour pour ne pas supporter de voir leurs propres travers exposés de manière crue sous la lumière des projecteurs, qu'ils reçoivent ici tout mon mépris. L'incompétence et l'indécence sont à mes yeux intolérables. Surtout quand les incompétents de ce type sont justement (c'est le pire) les mieux appréciés dans ces structures administratives comme la fonction publique territoriale.

Honte au parti socialiste ! Comment voter pour des élus peut-être véreux et surtout dénués d'humour et d'esprit démocratique !
//www.lemonde.fr/societe/article/2010/07/01/deux-ans-d-exclusion-preconises-pour-l-auteure-d-un-roman-critique-sur-l-administration_1381826_3224.html
//www.sudouest.fr/2010/06/30/conseil-regional-qui-a-peur-du-pamphlet-de-zoe-shepard-129088-2780.php
//www.sudouest.fr/2010/07/01/zoe-shepard-ce-n-est-pas-un-pamphlet-contre-la-fonction-publique-territoriale-130249-756.php

Mais Aurélie Boulet alias Zoé Shepard n'a peut-être aucune chance d'échapper à cette sanction. Le président du conseil régional d'Aquitaine peut-il laisser un administratif ayant une aussi piètre opinion de sa collectivité territoriale, et connaissant aussi intimement les travers de ses agents, rejoindre la chambre régionale des comptes d'Aquitaine où elle pourra pondre des rapports accablants sur sa gestion financière et sur son fonctionnement ? Evidemment il n'en est pas question. Honteux !

Juste pour l'histoire, il est un exemple célèbre d'une critique à peu près semblable de l'administration : la critique féroce de la Société des Nations faite par Albert Cohen, ancien fonctionnaire de la Société des Nations, dans son livre magnifique «Belle du seigneur» publié en 1968. Je souhaite à Aurélie Boulet la même renommée que celle d'Albert Cohen. Je peux juste espérer que le président de la Région Aquitaine, Alain Rousset, ait autrefois lu «Belle du seigneur» et qu'il ait de la culture à défaut d'avoir de l'humour.


Saucratès



23/12/2010
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