Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Morale et politique (5)

 

Réflexion quarante-six (9 janvier 2013)
Actes de repentance et actes de contrition à répétition du gouvernement français


Le dernier acte de reconnaissance et de repentance du président de la république française visant la répression sanglante d'une manifestation d'indépendantistes algériens le 17 octobre 1961 soulève une nouvelle fois la question de l'usage de ces actes de contrition.

http://www.lepoint.fr/societe/17-octobre-1961-hollande-reconnait-une-repression-sanglante-17-10-2012-1517948_23.php

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/10/17/97001-20121017FILWWW00573-hollande-reconnait-la-repression-sanglante-d-octobre-1961.php

http://www.bvoltaire.fr/benoitrayski/hollande-bagatelle-pour-un-massacre,2110

 

La France devra-t-elle s'excuser indéfiniment pour tous les actes problématiques dont son histoire est le réceptacle ? Tous les états ne se sont-ils pas constitués sur des guerres, des massacres, des morts et des martyres, et l'histoire humaine elle-même n'es-elle pas pratiquement que scènes de guerre, de viols, de vols, de tortures et de massacres ? 

 

De quoi devrons-nous, nous français, encore nous excuser ? Si notre président commence à s'excuser de la répression (même sanglante) par la police parisienne d'une manifestation de quelques dizaines (ou quelques centaines) d'indépendantistes algériens en octobre 1961, ne va-t-on pas devoir s'excuser sur des centaines ou des milliers d'autres évènements proches survenus ? Comme le site Boulevard Voltaire le rappelle, quelques mois plus tard, en mars 1962, il y eut lieu un autre massacre, cette fois de neuf communistes français, tués par la même police sous les ordres du même préfet de police (Maurice Papon). Mais il y eut aussi le meurtre de Malik Oussekine par cette même police parisienne en décembre 1986, dans le cadre des manifestations estudiantines contre le projet de loi du secrétaire d'état Alain Devaquet, ainsi que la repression violente des manifestants sur la place des Invalides, qui fera deux blessés grièvement atteints.

 

A combien d'autres milliers d'actes de contrition et de repentance ne devront pas se plier nos dirigeants (sans parler des dirigeants des autres pays européens) si on s'engage dans cette voie ? Je rejoins les hommes politiques de droite qui s'alarment de cet exemple aberrant.

 

Et à quelle période de temps s'intéresse-t-on ? Faut-il se repentir des évènements survenus pendant la Révolution française, pendant les croisades, à l'époque gallo-romaine, lors de l'invasion gauloise, à l'époque de la préhistoire ? Qui décide de la période de repentance ? Faut-il par exemple se repentir vis-à-vis des templiers, pour les actes du roi Philippe Le Bel ? Ou pour les massacres d'ouvriers dans les mines de charbon à la fin du dix-neuvième siècle, lorsque les ouvriers se battaient pour la reconnaissance du droit syndical ?

 

La commémoration par le prédécesseur de François Hollande, le président Jacques Chirac, de la rafle du vélodrome d'hiver, en juillet 1942, et la repentance qu'il avait exprimé au nom de la France pour les actes de la police française qui avait organisé cette raffle des juifs pour les envoyer vers l'extermination vers les camps de la mort ne me semble absolument pas avoir la même absence d'importance. Les actes perpétrés par la police de l'Etat pétainiste français méritaient effectivement une repentance, car c'était la France qui avait livré ces citoyens, qui avait collaboré avec l'envahisseur nazi allemand ... Se repentir de ces actions innommables en cessant de se réfugier derrière l'excuse commode que ce n'était pas la république française qui était coupable mais l'aberration de l'Etat français était quelque chose de suffisamment marquant, de suffisamment important pour que cet acte de repentance soit un évènement marquant ! Derrière la raffle du Veld'Hiv, c'est l'ensemble du comportement de la France pendant les années d'occupation qui était concerné, c'est la remise en cause du voile pudique jeté sur ces évènements et sur ces années d'horreur qui était en jeu !

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20120722.OBS7918/commemoration-des-70-ans-de-la-rafle-du-vel-d-hiv.html

 

Il n'y a rien de comparable dans les évènements d'octobre 1961. La France était un état colonial, plongé dans une guerre d'indépendance avec une de ses colonies. Evidemment, la France, ses soldats et sa police firent des choses peu reluisantes pendant ces années-là, pendant toute la période de colonisation d'ailleurs. Mais si on commence à se repentir de tels ou tels épisodes de notre histoire, autant se préparer à passer des années à expier les innombrables massacres et répressions auxquels nous avons participé ... Il y en a des centaines. Et tous les états devraient également faire de même. Rappelons-nous de la mise à mort sur le bûcher de Jeanne d'Arc par les anglais ... etc ... 

 

Tout cela n'a aucun sens. La république française doit demeurer fière de son histoire, de ses grandes dates et de ses évènements sombres. On doit arrêter d'avoir honte d'être français, et on ne peut pas vouloir avoir un devenir commun si on nourrit la haine de ceux qui sont différents, par le rappel de tous les petits évènements qui font notre histoire !

 

 

Réflexion quarante-cinq (5 août 2012)
Pour en finir avec la désobéissance - Le problème des valeurs et des normes - Et les valeurs de la Droite ...


Sur le concept de désobéissance civile, pour rappel, je contestais l'idée qu'un simple citoyen puisse s'estimer supérieur à ceux, les législateurs, qui avaient voté ces lois. Sur le fond, je reste convaincu qu'un citoyen lambda n'a pas la légitimité morale pour juger celle des lois votées, promulguées, de son Etat. Il faudrait véritablement que ces lois soient absolument contraires à la morale la plus basique, la plus évidente. D'où la nécessité de pouvoir déterminer de manière certaine, incontestable, ce que sont les valeurs, les normes et la morale. En l'absence de telles définitions, tout citoyen pourrait sinon estimer que telle ou telle ou telle loi est contraire à telle ou telle idée qu'il se fait de la morale !

 

Cette approche ignorait cependant un élément d'analyse. La majeure partie des normes légales édictées par les états ne sont pas votées par des législateurs ; elles sont édictées par de simples fonctionnaires ou personnels politiques, proches d'hommes politiques ou de groupes de pression, qui n'ont pas plus de légitimité que de simples citoyens lambda pour décider des lois. Et pourtant, les normes réglementaires qui émanent d'eux nous assaillent en permanence. Ces règles à la légitimité floue pose ainsi effectivement problème, dès lors qu'elles imposeraient des actes tendancieux, posant problème, contraires aux valeurs personnelles d'un individu. D'où une nécessité de définir non seulement ce que l'on entend par valeurs, normes et morale, mais également par le concept de légitimité. D'une certaine manière, il nous faut définir ce qui nous les rend opposables !

 

Il y a quelques jours, Le Monde avait sorti un article intéressant sur les valeurs de l'UMP. On y parlait de valeurs, même si au fond il y était essentiellement question de doctrine de gouvernement.

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/07/26/la-droite-repete-nos-valeurs-nos-valeurs-mais-lesquelles_1738800_3246.html

 

Selon l'historien Michel Winock, «la première vocation de la droite est la défense de l'autorité de l'Etat, sur le plan intérieur (l'ordre, la sécurité...) autant qu'extérieur (défense, diplomatie...). La deuxième vocation est l'affirmation de l'impératif de la production, avant la consommation et l'égalité sociale. La troisième, enfin, est un certain conservatisme des moeurs où se retrouve la trace de l'influence catholique ; à cet égard, ce n'est pas un hasard si la question du mariage homosexuel et de l'homoparentalité est un vrai point de divergence avec la gauche».

 

«Malgré les efforts ou les ruses de Marine Le Pen, son parti reste encore marqué historiquement par l'héritage du père, dont les idées néopétainistes, antidémocratiques, xénophobes, antisémites, antigaullistes sont un repoussoir pour beaucoup. Les convictions affirmées du FN contre l'euro et contre l'Europe, pour la fermeture des frontières et le protectionnisme ne peuvent faciliter davantage le rapprochement. On peut deviner que celui-ci, s'il a lieu, sera plus feutré qu'éclatant, sur la base d'accords électoraux plus que sur celle d'un programme commun de gouvernement».

 

Il apparait ainsi que l'étalage, l'usage permanent par les hommes politiques de droite, du terme 'valeurs' ne servirait en fait qu'à masquer un désert idéologique, et ne constituerait qu'une simple posture électoraliste pour laisser croire que la Droite dispose d'une sorte de monopole du coeur, des valeurs, comme si la Gauche n'en avait pas.

 

On en revient ainsi une nouvelle fois au même problème : qu'entend-t-on par valeurs, par normes, par morale ?

 

Pour citer Ruwen Ogien et Christine Tappolet («Les concepts de l'Ethique»), livre que je suis en train de lire : «Examinons le discours moral ou pratique de plus près, il s'empressera probablement de proposer une de ces classifications souvent sommaires qui sont supposées mettre un peu de clarté dans des choses confuses. Il séparera sans doute les jugements portant sur ce qui est bien ou mal, ou plus spécifiquement sur ce qui est admirable, désirable, courageux ... et ceux qui contiennent les différentes locutions ayant trait à l'interdit, l'obligatoire et le permis.

 

Il appellera les premiers 'évaluatifs' ou encore 'axiologiques' et les seconds 'normatifs' en ce sens spécifique ou, pour éviter les confusions 'déontiques'.» (pages 30-31)

 

Mais je n'ai pas encore trouvé dans ce livre de définition de ce que les auteurs entendent par jugements axiologiques (valeurs) et jugements déontiques (normes) ! Si ce n'est comme corrolaire de cette présentation que les valeurs sont du domaine de l'évaluatif (plus ou moins ceci ou cela) à la différence des normes !

 


Réflexion quarante-quatre (26 juin 2012)
Le problème de la désobéissance en démocratie ...


Cet article ne traitera pas de la légitimité de la désobéissance aux ordres injustes, que je ne mets pas en questionnement. Face à l'absence de justice dans un état de non-droit, dans une dictature, il est normal selon moi de prôner la désobéissance et la résistance armée ; il y a même une obligation de désobéir et de s'insurger !

 

Non, je parlerais simplement de la désobéissance dans nos démocraties occidentales, en me référant à un livre de Sandra Laugier et Albert Ogien, intitulé «Pourquoi désobéir en démocratie». Ce livre s'ouvre sur un certain nombre d'appels publics à la désobéissance civile, émanant soit de personnels des Assedics et de l'ANPE refusant de transmettre les noms des chômeurs étrangers aux préfectures, soit d'enseignants de l'Education nationale refusant de mettre en oeuvre certains outils (Base élèves), appelant à s'opposer aux expulsions d'enfants de sans-papiers, ou à se révolter contre le contrôle social.

 

Ce livre fait plus que m'interpeler ; je rejette totalement son parti pris affiché pour la désobéissance, que l'on retrouve même tout simplement dans son titre. Il s'agit d'un plaidoyer sur la légitimité de la désobéissance, pour mettre en avant la désobéissance, comme si ces personnes étaient de courageux révolutionnaires mettant leur vie en danger pour combattre le mal absolu. Le fait de simples révolutionnaires de pacotille ... Mais il est à craindre que ces courageux drilles se mueront en zélés concierges délateurs à la seconde même où une véritable dictature fascisante s'installera en France ...

 

Donc ce livre me gène, me pose problème, de même que ceux qui s'affichent comme désobéisseurs/désobéissants. Dans la désobéissance sociale ou syndicale, les auteurs expriment ainsi les diverses formes que peuvent prendre la contestation, et expliquent que la séquestration de patrons est une action totalement normale, au même titre que les grèves ou les occupations d'usine.

 

Dans toutes les positions des désobéisseurs/désobéissants, le point qui m'interpelle est la remise en cause de la loi votée. Je peux comme eux être interpelé par la représentativité des élus qui fabriquent les lois, au gouvernement ou à l'Assemblée nationale ! Mais cela ne me conduit pas à remettre en cause la légalité de la loi qui a été votée et promulguée. Je n'ai personnellement pas plus de compétence, de légitimité à écrire et à juger une loi que ceux qui l'ont écrite, votée, promulguée, où qui ont jugé sa conformité à la constitution ou à la jurisprudence. Je n'ai pas plus de compétence que nos politiques ou nos juges pour décider que le fait de priver une personne de sa liberté est normal ou légal, ou au contraire que c'est amoral et illégal. Ce que je reconnais comme unique règle, c'est de ne pas faire à quelqu'un une chose que je n'aimerais pas qui me soit faite ! Le fait que la loi ne fasse pas de différence entre une séquestration de patrons et une séquestration criminelle me semble suffisamment claire quant à sa conséquence morale ; il s'agit dans le deux cas d'un acte criminel.

 

De même, les autres actes de désobéissance pose le même problème de la portée générale des lois. Peut-on décider d'aider tel ou tel enfant ou adulte sans-papier sous prétexte qu'ils nous paraissent bien sous tout rapport, gentils et bien éduqués, pour leur offrir une éducation ? Pourquoi celui-là et pas un autre ? Quelle différence entre tel sans-papier que l'on va défendre et tel autre qui présenterait l'inconvénient d'avoir six femmes et une vingtaine d'enfants, ou d'appartenir à un gang de voleurs ...

 

Le problème de ceux qui se revendiquent désobéisseurs/désobéissants, c'est que leur désobéissance est fonction de la personne qui leur fait face ; tel sans-papier (ou non sans-papiers) agressif, aviné et qui agresserait un salarié de Pôle Emploi serait sans problème dénoncé à la police par le même employé qui serait signataire d'un appel à ne pas transmettre le nom des sans-papiers à la préfecture pour lutter contre le fichage des sans-papiers. De la même manière, l'enseignant refusant le fichage de la population française sera peut-être un grand distributeur d'avertissements et d'observations à ses élèves, pour se faire respecter ou parce qu'il sera de mauvaise humeur.

 

Le principe même de la loi, c'est sa portée générale, le fait qu'elle puisse s'appliquer à tous dans les mêmes conditions, avec les mêmes règles. Les formes tolérées ou légales de la contestation sociale me semblent les seules formes normales utilisables, compatibles avec la loi. Sinon, cela nous conduirait à nous prendre pour une sorte de dieu en décidant de ce que l'on aurait le droit de faire ou de ne pas faire : pourquoi ne pas décider que l'on aurait le droit de voler les uns parce qu'on aurait tel besoin, ou de tuer les autres parce que cela ferait avancer telle autre idée ou chose ? Le problème même de la désobéissance civile me semble de vouloir se substituer au législateur, voire à Dieu, pour définir ce qui est bien ou mal, ce que l'on a le droit de faire ou de ne pas faire !

 

La seule limite à ma présentation, à mon analyse, repose dans l'histoire. Ce qui est aujourd'hui considéré comme une forme normale et légale de contestation dans une société démocratique ne l'a pas toujours été dans les sociétés soi-disantes démocratiques passées. Ainsi, les grèves étaient interdites au dix-neuvième siècle, même sous la seconde ou troisième république (démocratique), et le droit de grève aujourd'hui reconnu n'est que le résultat des combats des grèves illégales de cette période de l'histoire ... De la même manière que les défilés syndicaux des 1er mai sont le résultat des luttes teintées de sang de syndicalistes américains dont certains furent pendus en 1886 pour avoir manifesté un 1er mai dans une soi-disante démocratie !

 

 

Réflexion quarante-trois (12 avril 2012)
Le président mythomane, l'élection présidentielle, les bagarres entre candidats et l'actualité politique ...


Je vais commencer ce petit tour d'horizon de la politique par l'élection présidentielle et les postures de Nicolas Sarkozy. Nous avions déjà eu des présidents de la république sujets aux troubles de mémoire pour ce qui les embêtait, mais jamais nous n'avions eu de président mythomane, et qui simplement pour s'attaquer à l'un de ses principaux adversaires, s'inventait un voyage qui n'avait jamais eu lieu. A moins que Nicolas Sarkozy ne soit pas mythomane mais simplement tellement nul en géographie qu'il ait pu confondre Tokyo et Fukushima ... Et que le simple fait de s'être trouvé à quelques centaines de kilomètres d'une zone irradiée lui ait fait tellement peur qu'il ait pu croire qu'il avait fait le voyage et qu'il avait pris des risques monstrueusement inconsidérés (probablement pour sa future progéniture).

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/11/fukushima-hollande-ironise-sur-le-voyage-imaginaire-de-sarkozy_1683592_1471069.html

Nicolas Sarkozy donne en effet un ton extrêmement agressif et polémique à cette élection présidentielle, dans laquelle il est pour l'instant encore largement distancé dans les sondages ... Même si le premier tour n'est pas encore passé et que les débats du deuxième tour de la présidentielle n'ont pas encore débuté.

 

Est-il concevable de considérer à un moment donné une proposition politique de son adversaire comme absolument nullissime et dangereuse («... c'est exactement le contraire de qu'il faut faire ... plus personne ne louera et plus personne ne construira ... cela n'a marché nulle part même à l'époque de l'Union soviétique ...»), mais quelques semaines plus tard la reprendre à son compte et retourner complètement sa veste ? C'est pourtant ce que Nicolas Sarkozy vient de faire sur le système de l'encadrement des loyers ... On a beau dire qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/11/encadrement-des-loyers-sarkozy-rejoint-hollande_1684039_1471069.html

 

En même temps, comment être encore surpris de cette nouvelle volte-face de Nicolas Sarkozy, qui a mené pendant les cinq années de son quinquénat une politique fiscale et sociale ultra-favorable au capital et aux très riches, mais qui dans cette campagne électorale, veut se grimmer en un président des pauvres, des français comme les autres, et qui ressort ses oripeaux de la précédente campagne de 2007 sur le «travailler plus pour gagner plus».

 

Dans le reste de l'actualité politique, il y a aussi cette plainte de quelques dizaines de français de la diversité contre les contrôles au faciès de la police française. Deux articles du Monde en traitent, l'un pour dépeindre le ressentiment de certains jeunes 'black' face à l'injustice ressentie face à des contrôles d'identité qu'ils estiment discriminatoires ...
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/04/11/controles-au-facies-je-suis-black-ils-n-en-arretent-qu-un-c-est-moi_1683585_3224.html

... l'autre pour expliquer l'existence de tels contrôles d'identité au faciès ...

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/11/les-controles-au-facies-sont-ils-condamnables_1682942_3232.html

 

N'étant pas moi-même issu de la diversité, ma position sur la possibilité et la légitimité de tels contrôles discriminatoires ne sera pas très fortement engagée politiquement. D'une certaine façon, je comprends la possibilité de tels contrôles. Si je ressemblais comme deux gouttes d'eau à un dangereux terroriste (par exemple Oussama Ben Laden ou bien Mesrine en son temps), devrais-je être particulièrement surpris d'être très régulièrement contrôlé par les forces de police, ou bien d'être à chaque fois fouillé lorsque je prendrais un avion ? Selon moi, ce serait idiot et pourtant il s'agirait de contrôles au faciès.

 

Il se trouve que les jeunes blacks ou arabes sont beaucoup plus souvent impliqués dans des actes de vandalisme, de vol et d'agression que les petits vieux gaulois ou les petites vieilles à fichus ... Si des policiers se mettaient à contrôler les petits vieux et les petites vieilles à la sortie des métros ou ailleurs, je crains que les réactions des passants et des contrôlés ne soient assez hostiles et que l'on s'étonne qu'ils emmerdent les passants ne présentant aucun risque plutôt que de s'attaquer à la délinquance ...

 

Le jour où de nombreux gangs de petits vieux se lanceront dans le banditisme et dans le vandalisme, je pense que ce jour-là, les contrôles au faciès toucheront alors beaucoup plus cette tranche de population, aujourd'hui un peu préservée. Cela sera-t-il incompréhensible ou injuste ?

 

Enfin, je lisais hier qu'un policier de la Brigade anti-criminalité avait été assassiné par des malfaiteurs sur un cambriolage, à Chambéry. En référence à tous ces jeunes beurs des cités qui se lancent dans la violence dès lors qu'un jeune est tué par les forces de police, je me suis amusé à penser qu'il aurait été drôle que la presse ce matin titre sur les vagues de violence ayant touché la France cette nuit avec des bandes de gendarmes et de policiers brûlant des voitures et des cités pour protester contre la mort de leur collègue.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/04/11/un-policier-de-chambery-tue-dans-un-cambriolage_1683402_3224.html

 

Tout le monde trouvant cela très naturel lorsqu'il s'agit de jeunes, qui s'estiment injustement discriminés et que les bonnes âmes excusent si facilement, il me semble qu'une telle réaction des policiers aurait été tout aussi normale et excusable, même s'il y aurait pu y avoir des dérapages et des victimes malencontreuses. Je suis déçu ! Apparemment, il ne s'est rien passé de tel dans nos beaux quartiers français. Mais peut-être que les bonnes âmes n'auraient rien compris et que certains auraient encore accusés les policiers et les gendarmes de violences discriminatoires. Il vaut mieux en rire !



Saucratès


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12/04/2012
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